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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:25

Ce matin, je suis parti chasser un secteur où je connais plusieurs brocards mais je n'ai rien vu de la matinée à part une chevrette et 2 ragondins et je suis en train de revenir vers la voiture. J'ai fait le tour du secteur en appelant au Butollo sans faire venir un seul brocard. Je traverse l'Osse par la petite passerelle d’accès à une palombière et débouche dans un champ de tournesol tout en long très souvent fréquenté par les chevreuils ou les sangliers. La voiture n'est plus qu'à un peu plus de 100 mètres. Il est environ 9 heures et je décide de tenter un dernier petit coin. Je longe l'Osse sur ma gauche tranquillement pour arriver à la pointe du champ de tournesol qui précède un petit bosquet en pointe, coincé entre la vielle Osse et le lit actuel de la rivière.

Un pied de tournesol frotté de frai par les bois d'un brocard attire mon attention.

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

Je rentre doucement dans le bois dont le sol a été lavé par les crues de ce printemps,

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

ce qui me permet d'avancer silencieusement jusqu'à un bouquet de quelques arbres derrière lequel je me poste. Cette position me permet de tirer à pratiquement 360°. Je commence à appeler régulièrement. Assez rapidement un pas se fait entendre dans mon dos sur ma gauche. Je tourne doucement la tête et aperçois un énorme brocard qui arrive d'un pas rapide en longeant la rivière, nez au sol comme un chien qui suit une piste. J'arme mon arc alors qu'il passe à 12 mètres sur ma gauche. Je le suis dans mon viseur mais le brocard ne semble pas vouloir s'arrêter et il va un peu trop vite pour tenter une flèche au milieu de la végétation et des arbres.

Je le laisse faire. Il parcourt environ 10 mètres puis bifurque brusquement pour venir se planter face à moi à 6 ou 7 mètres. Il est magnifique, ses bois sembles immenses, j'aligne rapidement ma visée entre 2 arbres qui me camouflent et décoche. Je vois ma flèche rentrer au défaut avant de l'épaule, juste un peu à gauche de mon point visé. Le chevreuil qui n'a même pas réagi à la décoche, fait volte-face et s'effondre sur place, se relève, fait quelques mètres, s'effondre à nouveau, se relève avance péniblement en titubant sur quelques mètres, s'effondre à nouveau puis se traîne à nouveau sur quelques mètres et tombe cette fois sans pouvoir se relever.

Le chevreuil n'a pas fait 15 mètres, je quitte discrètement mon poste et pars chercher Hémo qui m'attend dans la voiture. Je longe la rivière par la bande enherbée et retrouve Hémo moins de 300 mètres plus loin. Je lui mets sa longe et nous voilà partis. En chemin, je me rends compte que les pieds de tournesol frottés et mangés de ce côté du champ sont assez nombreux.

Arrivé sur la zone de tir, Hémo prends tout de suite la piste. "Le sang Hémo, le sang... " Il tourne un peu puis prends la direction de fuite et tombe très vite sur mon chevreuil mort. A chaque fois que mon chevreuil est tombé au sol ce dernier est marqué d'une grosse tache de sang. Je regarde un peu mon atteinte alors qu'Hémo pille un peu mon brocard. 

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

La flèche rentre bien où je la voyais et ressort sous le ventre juste devant le cuissot opposé et sectionne le genou au passage ce qui explique ses difficultés pour fuir. Ma flèche est introuvable, je calme un peu Hémo, appose mon bracelet avant de repartir vers la voiture avec mon brocard.  

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

Alex

 

Trophée :

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013
Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 11:41

Ce matin, le réveil sonne vers 4h40, je me lève, me prépare rapidement. 5h10, nous voilà partis avec Hémo, nous arrivons sur place vers 5h50 alors que la luminosité commence juste à croître. Je me gare près du vieux moulin de Justian, au bord de l'Osse et laisse hémo à la voiture avant de partir par un chemin de terre encore détrempé depuis les dernières pluies de juin. Je me suis pulvérisé copieusement de produit anti-moustique car cette année c’est l'enfer on se croirait presque en Camargue. Je passe un petit bosquet à ma gauche qui laisse place à une grande friche, la droite du chemin est bordée par une haie épaisse. J'avance doucement en surveillant la friche, à peine caché par quelques gros frênes espacés mais pas de chevreuil ce matin. Cette année est spéciale pour moi, je n'ai jamais eu autant de difficultés à faire mes chevreuils, je vois beaucoup moins de brocards que d'habitude, la végétation leur permet de se cacher facilement et je viens de passer 15 jours à manquer tous mes tirs à cause d'un problème sur mon Turbo Hawk, ce matin j'ai pris mon Carbonne Elément que j'ai remis en service vendredi soir en fléchant 3 ragondins en 3 flèches.

 

Flash-back :

Je longe à 5 mètres de la vieille Osse dans une plantation de peupliers quand j'entends un bruit venant du lit du cours d'eau, je m'approche doucement et aperçois une belle genette lovée dans le creux d'un tronc d'arbre tortueux. Elle me fixe intensément mais ne bouge pas, je m'approche tout doucement pour la prendre en photo avec mon téléphone portable car je n'ai pas pris l'appareil photo, ma résolution est très faible et je tente de m'approcher au maximum. Arrivé à 5 mètres, la genette n'a pas bougé et je prends une photo

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

mais voyant le résultat, je tente de me rapprocher encore pour en prendre une autre mais la mémoire de mon portable est pleine et le temps de chercher une ou 2 photos à effacer, la genette a filé. Juste le temps de baisser les yeux et de les relever elle était plus là. C'est alors que je regarde le lit de la rivière asséchée et aperçois un gros ragondin, tête relevée juste en-dessous de la genette. J'encoche ma vielle flèche, arme vise et décoche, touché derrière la tête le ragondin reste sur place mais 2 petits ragondins surgissent de derrière ce dernier et se cachent dans les racines partiellement immergées. La genette avait peut être décidé d'en faire son repas du soir et la femelle ragondin les défendait. Je m'approche de la flaque et récupère ma flèche. Un petit ragondin remonte la tête à ma droite. Mon tir le sèche net, le second est dans les racines, je l'en déloge avec le pied, récupère ma flèche et le sèche également sur le coup. Les ragondins laissés au bord de la rivière avaient disparu le lendemain 

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

Arrivé au bout de la friche, le chemin bifurque à 90° sur la droite pour traverser la bordure basse d'un grand bois, les premiers moustiques sont déjà à l'œuvre malgré le produit. Le chemin débouche ensuite sur une friche qui remonte à ma gauche en longeant le grand bois. Rien en vue, je jette un coup d’œil au travers de la haie épaisse qui borde la droite du chemin. Le pré en contrebas au bord de l'Osse a été fauché et j'aperçois un gros renard qui trottine en direction du bras mort de l'Ossse bordé d'arbres au bord du bois. Je me décale rapidement vers une trouée un peu plus loin dans la haie craignant de le voir disparaître. Arrivé à mon poste, j'aperçois à nouveau un renard mais qui me semble beaucoup plus petit. Il est de dos à environ 100 mètres, affairé à essayer de déloger un campagnol. Je tente de le faire venir en essayant d'imiter des cris de souris en posant mes lèvres sur le dos de ma main. Le renard met un moment à réagir, semblant plus préoccupé par son campagnol puis il se décide et vient droit sur moi au petit trot. Il parcourt rapidement la moitié du chemin alors que je l’appelle toujours puis s'arrête, regarde vers moi. J'encoche mon décocheur et poursuis mes appels juste avec la bouche pour pouvoir armer rapidement. Le renard repart et vient s'arrêter à 35 mètres environ juste derrière la cime d'un arbuste de la haie. Je ne le vois plus et poursuis mes appels mais il finit par faire demi-tour et s'enfuit, le vent était bon, il a dû me voir.

Mes appels m'ont laissé un sale gout dans la bouche à cause du produit anti-moustique et ces insectes suceurs de sang ont profité de mon arrêt pour m'assaillir. Je suis un moment le chemin puis bifurque vers le grand pré fauché par le passage qui permet aux engins d'y accéder. Pas le moindre animal en vue. Je me retourne, traverse le chemin de terre et remonte une luzerne fauchée récemment. Arrivé sur le plateau un peu plus haut, je constate qu'une grande partie de la friche a été fauchée également. Je tente quelques appels de Butollo au bord d'une haie puis biaise pour rattraper la route de crête. En bordure du bois quelques lapins assis m'observent de loin puis finissent par rentrer au bois.

Je rattrape la route et la longe un moment quand j'aperçois un chevreuil, au bord d'une haie épaisse, à 150 mètres environ, dans un champ de soja sur ma droite. Je me cale derrière la haie qui borde le bord de la route et tente des appels de Butollo, le chevreuil regarde vers moi, hésite, se rapproche un peu en broutant puis se fige et ne semble pas vouloir venir. Je tente de longer un peu la haie pour rattraper l'autre haie perpendiculaire qui descend vers le chevreuil mais ce dernier fait volte-face et part en aboyant. Je le perds de vue dans la haie.

Je reprends ma progression sur la route, un peu plus loin je tente quelques appels dans un bois qui longe la route mais pas de réponse puis, encore un peu plus loin, je m'avance dans une friche pour tenter quelques appels et fais démarrer une chevrette que je n'avais pas vue, elle s'arrête à 80 mètres environ, regarde vers moi puis repart et rentre au bois. Je m'agenouille dans la végétation haute et tente des appels de Butollo mais rien ne vient. Je reprends la route et bifurque à gauche sur une petite route qui redescend vers chez le président de la chasse.

J'avance doucement entre 2 bois puis rentre doucement dans le bois de droite pour commencer à appeler, pas de résultat, je retourne à la route et poursuis ma route. Les bois font place à un grand chaume de blé sur ma gauche et un semé de tournesol à peine levé sur ma droite. J'avance en direction d'un petit bosquet souvent bien fréquenté par les chevreuils un peu plus loin en bordure droite de la route. Un gros lièvre est fièrement assis au bord du grand bois dans le chaume. Arrivé au coin du bosquet, j'aperçois un chevreuil au bord du bois où je viens d'appeler. Il est immobile et regarde côté champ. Je tente de me couler à couvert en bordure du bosquet. Le chevreuil n'a pas bougé, il est à environ 100 mètres de moi. Je commence à appeler mais il ne réagit pas, tout juste regarde t'il vers moi. J'insiste un peu mais voyant qu'il ne viendra pas, je me coule doucement dans le bosquet pour ressortir sur la route. Je longe doucement la route pour revenir vers le bois mais je ne vois plus le chevreuil. Arrivé au coin du bois, je le longe doucement mais le sol travaillé qui a séché est craquant. Le chevreuil était à environ 70 mètres plus bas derrière une avancée du bois dans le champ et ne peut pas me voir arriver mais il risque de m'entendre. Arrivé à l'avancement boisé, je m'avance doucement dans le bois puis commence à appeler mais rien ne vient. Je continue à descendre et juste au moment de passer l'avancée boisée, j'aperçois une chevrette qui sort du bois en broutant la végétation qui pousse le long du fossé de bas de combe. Elle est à 30 mètres environ. Je tente quelques appels, elle redresse la tête et regarde vers moi. Le temps passe et je décide d'arrêter de jouer. Je sors à découvert et la chevrette fait demi-tour pour rentrer au bois.

Je passe le bois et remonte à travers les tournesols vers le chemin de crête suivant, pas de chevreuil. Arrivé en crête, je passe la route et rentre dans un autre champ de tournesol très clair semé. J'y ai vu un chevreuil en venant chercher mes flèches tirées sur mon premier brocard de la saison et je suis presque sûr qu'il s'agit d'un petit brocard mais je n'ai pas pu l'approcher à moins de 50 mètres. Je remonte vers la bordure du bois qui longe la crête suivante. Un lièvre démarre devant moi dans le tournesol.

En arrivant à environ 40 mètres de la bordure du bois, j'aperçois un chevreuil qui broute des feuilles, tête haute, juste en bordure du bois. Il est tourné face à moi. Je m'immobilise et l'observe. Je pense tout d'abord à une chevrette mais décide de tenter une approche au cas où. J'avance doucement sans me baisser en m'arrêtant tous les quelques pas. Je gagne peu à peu du terrain alors que le chevreuil semble complètement serein. Arrivé à 20 mètres environ, je stoppe net, il regarde vers moi, je vois ses oreilles braquées sur moi derrière un pied de tournesol. Il reprend son repas, je reprends ma progression avec une infinie lenteur et en calculant chaque pas mais toujours sans me baisser. Il va regarder plusieurs fois vers moi, je stoppe net à chaque fois mais il ne s'affole pas et reprend à chaque fois son repas. Plus je me rapproche et plus je le trouve petit. Je commence à me demander s'il ne s'agit pas d'un chevrillard. Arrivé à 6 mètres environ, je l'observe un moment alors qu'il m'observe de temps en temps entre 2 prises de nourriture.

2 petites bosses pointent sur sa tête et son front est bien noir, je ne vois pas de points sur son pelage. Le chevreuil s'avance et se positionne plein travers à 6 mètres de moi environ. C'est un jeune brocard de l'année dernière mais j'ai trop attendu, le jeune brocard fait 2 bons tranquillement et disparaît en bordure du bois. Je m'avance tout doucement et l'aperçois à nouveau, il est juste à 4 ou 5 mètres devant moi dans un creux au bord du bois, plein travers et regarde vers moi. Il tourne la tête, je monte doucement mon arc pour armer mais mes flèches se coincent dans un tournesol, je les dégage très lentement et commence à armer mais il regarde à nouveau vers moi et je stoppe mon mouvement. Il retourne la tête, cette fois, j'arme rapidement et prends la visée. Ma flèche part et l'impact retentit suivit d'un bruit de bois creux.

Le chevreuil démarre en trombe, il me semble que ma flèche est un peu en arrière. Je perds mon chevreuil un instant de vue puis il réapparaît en bordure du champ à 40 mètres environ, fait le dos rond, vacille puis je jette dans le bois.

Je pars chercher ma flèche et n'arrive pas à la trouver puis chercher des traces de sang mais sans succès. Je longe le bois en direction de l'endroit où le chevreuil s'est arrêté et commence à trouver du sang en grosses taches, la rentrée dans le bois est bien marquée, le chevreuil perd maintenant beaucoup de sang, je fais à peine 10 mètres dans le bois et l'aperçois étendu sur le flanc 10 mètres plus loin. Un chevreuil démarre plus bas en aboyant. Je me poste un peu plus à droite derrière quelques arbres et tente quelques appels de Butollo, les aboiements se calment mais le chevreuil ne vient pas. Je quitte le secteur pour aller chercher Hémo et lui faire chercher mon chevreuil. Je retourne à la route puis coupe à travers champ vers une ferme plus bas. Sur ma droite un chevreuil détale à 100 mètres environ. Je presse le pas, passe sous la ferme puis me poste 300 mètres plus loin, au bout d'une haie pour tenter quelques appels qui resteront sans réponse. Je redescends vers la route qui longe l'Osse et qui revient à ma voiture quand j'aperçois un chevreuil au gagnage dans un blé à 150 mètres environ de l'autre côté de la route. Je traverse le fossé sur ma droite, d'un pas rapide, je passe à couvert derrière une haie qui le longe jusqu'à la route, traverse cette dernière et aligne un bouquet d'arbres entre moi et le chevreuil. J'avance ainsi très rapidement jusqu'au bouquet d'arbres en retraversant le fossé. Du bout du bouquet d'arbres, j'aperçois à nouveau le chevreuil mais c'est une chevrette, je donne 2 coups de Butollo pour m'amuser, la chevrette se précipite vers moi sur 10 mètres et se plante à 30 mètres, je fais demi-tour. La chevrette repart à grands bons pour disparaître un peu plus loin dans une haie qui sépare le blé d'un champ de colza qui borde l'Osse.

Je rejoins la route et la longe mais à 200 mètres de ma voiture, un mouvement dans le colza m'interpelle, un animal semble rejoindre le bord de la rivière. Je presse le pas et contourne le colza en longeant un petit bosquet pour arriver à la bande enherbée mais rien ne vient et je fais demi-tour.

Arrivé à ma voiture, je prends la route et me gare au bord de la route la plus proche du bois où mon chevreuil est mort. Je mets la longe à hémo et nous voilà partis. Arrivé à la zone de tir, j'attaque ma recherche : "le sang Hémo, le sang...". Hémo hésite et cherche sans vraiment sembler comprendre ce qu'il cherche. Je l'encourage, il rentre et sort du bois puis finit par longer le bois vers l'entrée du chevreuil. Cette fois il prend la piste très nettement mais à l'endroit où j'ai bifurqué pour me poster et appeler, il suit mes pas et non le sang et commence à tourner dans tous les sens. Je n'ai pourtant pas marché dans le sang, je fais toujours attention à ne pas abîmer ses pistes. Au bout d'un moment, je le stoppe et le remets sur une grosse tache de sang qu'il lèche un peu, "le sang, allez le sang,...", mais Hémo tourne dans tous les sens. Il finit par revenir vers le chevreuil mais sans réellement suivre sa piste. Je suis un peu déçu mais bon, c'est le métier qui rentre. Je le félicite tout de même alors qu'il lèche la plaie de sortie.

Le chevreuil est déjà couvert d’œufs de mouches et de mouches vertes. Je me dépêche de mettre le bracelet et de revenir vers la voiture. En fait ma flèche rentre bien au défaut de l'épaule et ressort au milieu des côtes de l'autre côté, j'ai touché un poumon et le foie, coupant l’entrée de la panse au passage.

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

Alex

 

Trophée :

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 23:58

Ce soir, un couple d'amis de Belgique est passé nous voir pour 2 jours, Massoud n'est pas chasseur mais il a très envie de m'accompagner lors d'une de mes chasses. En rentrant du boulot, nous nous préparons, je lui prête une tenue de camouflage puis nous partons pour mon territoire de tir d'été. Le temps est idéal pour la chasse, il ne fait pas trop chaud et le vent souffle. Nous arrivons sur place vers 19h30, nous allons chasser une petite zone de blé, de vigne et de friche autour d'un petit lac et d'un petit bois. Je me gare sur un chemin de terre au-dessus du lac. Je contrôle le vent qui vient de notre gauche, nous partons donc, au travers d'une vigne entourée du blé, face au vent et rejoignons la bordure du blé que nous longeons un instant en direction de l'angle droit de la vigne. Une mare, formée par les fortes pluies autour de quelques arbres près de la vigne, abritait quelques canards qui s'envolent face au vent. Nous rentrons dans le blé, je m'arrête régulièrement pour scruter la surface des céréales quand j'aperçois la tête d'une chevrette qui émerge. Je me baisse rapidement en la montrant à Massoud. Nous nous avançons rapidement vers le passage de tracteur dans lequel se trouve la chevrette. Nous nous baissons régulièrement mais la chevrette n'est pas inquiète et ne regarde même pas les alentours quand elle relève la tête. Nous arrivons rapidement au passage de tracteur puis commençons à le longer en nous baissant à chaque fois que la chevrette redresse la tête. Elle est à environ 80 mètres, le vent latéral ne lui permettra pas de nous sentir. 

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

Massoud me suit et prend des photos et des petits films avec son téléphone et sa vision de non chasseur tout en commentant par moment les événements à voix basse. Petit à petit, nous nous rapprochons de la chevrette en nous baissant régulièrement puis cette dernière reste un long moment sans remonter la tête et nous avançons vers elle tout doucement. J'aperçois par moment le mouvement du blé qui la trahit mais brusquement, alors que nous sommes à 30 mètres environ, elle relève la tête et regarde vers nous. Je me baisse mais trop tard, elle démarre et fuit à grand bon. Je l'abois et la stoppe ainsi un court instant puis elle reprend sa course et nous la perdons de vue. Pendant sa fuite, j'en profite pour jeter un coup d'œil aux alentours mais pas d'autre chevreuil en vue.

Nous rejoignons une bande enherbée bordée d'arbres sur notre gauche puis la longeons en direction d'une ruine. Arrivés près du bâtiment partiellement effondré, je me retourne pour regarder en arrière et aperçois la tête d'un chevreuil qui traverse tranquillement le blé de l'autre côté de la bande enherbée pour rejoindre cette dernière. J'interpelle Massoud et lui montre l'animal. A sa démarche, je suis presque sûr qu'il s'agit d'un brocard. Le brocard arrive à la bande enherbée où je le perds un court instant de vue puis il m’apparaît à nouveau au pied d'un des gros arbres. Je presse le pas et nous rejoignons le premier des arbres sur la bordure droite de la bande enherbée puis avançons rapidement d'arbre en arbre. Leur alignement masque notre progression. Au pied d'un des arbres, je me penche pour observer et aperçois le chevreuil qui vient droit sur nous par le milieu de la bande enherbée. J'avance rapidement jusqu'au dernier arbre puis regard à nouveau mais le chevreuil a disparu, je le cherche un instant puis traverse la bande enherbée pour observer à nouveau, caché derrière un autre arbre. Je fais signe à Massoud de rester là puis commence à avancer doucement sur la gauche de la bande d'herbe. Le vent souffle de ma droite. Je m'attends à voir le brocard à tout moment mais impossible d'y mettre les yeux dessus quand, tout à coup, il surgit du blé à 2 ou 3 mètres sur ma gauche et fonce à travers la culture.

Je tente de m'agenouiller et d'aboyer mais je suis à mauvais vent et le chevreuil ne veut pas s'arrêter. Je reviens en courant vers Massoud espérant pouvoir le couper plus loin mais il file trop vite et je le laisse s'éloigner. Nous revenons vers le chemin de terre au bout duquel nous sommes garé pour rejoindre la route et descendre vers Justian pour réattaquer le territoire à bon vent. Nous avançons tranquillement sur le chemin et je jette un coup d’œil dans le blé sur notre gauche et sur le petit lac, au milieu de la culture, où pataugent un ragondin, des foulques et des canards. Massoud m'interpelle, il a vu un chevreuil devant nous. Je me fige et observe, c'est bien un chevreuil qui fait sa toilette à environ 50 mètres devant nous. Je l'observe un instant et m'aperçois qu'il s'agit d'une chevrette. Nous nous calons contre la haie qui borde la droite du chemin et commençons à nous rapprocher alors que le chevrette traverse elle aussi le chemin pour venir brouter quelques feuilles dans la haie. 

Nous avançons tranquillement et la courbe du chemin me fait perdre un moment la chevrette de vue. Je pense qu'elle a traversé la haie pour rejoindre la vigne au-dessus mais je finis par l'apercevoir à nouveau. Elle regarde un moment vers moi et je me fige pour l'observer puis elle reprends son repas et me tourne le dos pour s'avancer un peu. Je me rapproche encore un peu et arrive à environ 30 mètres de la chevrette. Je me fige et fais signe à Massoud de me rejoindre puis le fais passer à ma droite pour le faire passer devant et lui faire tenter l'approche. Je lui montre la chevrette puis il commence à s'avancer. Il est vite repéré et je lui chuchote de s'arrêter, ce qu'il fait puis la chevrette reprends son repas et Massoud son approche mais des brindilles qui cassent sous ses pas le font repérer à nouveau et la chevrette se tourne vers lui. Malgré cela, il poursuit son approche et la chevrette détale pour traverser le chemin puis la haie de gauche pour rejoindre le blé autour du lac.

Nous rejoignons la route et descendons vers Justian jusqu'à un chemin de terre qui prend à gauche sous une petite peupleraie. Nous le longeons tranquillement, rien dans le blé de droite. Nous passons une haie sur notre droite puis arrivons dans un pré ponctué de balles rondes. Au loin sur notre droite, un chien fouille le foin près d'une habitation. Pas de chevreuil, nous traversons le pré et rejoignons une bande boisée que nous traversons pour arriver dans une friche d'herbes hautes et de repousses de frênes. Le terrain remonte doucement vers une petite crête quand j'aperçois sur la gauche de la friche, derrière la cassure du terrain, les bois et le front d'un beau brocard qui dépassent. Je me fige et chuchote à Massoud de se baisser. 

Je me mets à genoux et commence ainsi mon approche en direction de la crête, le vent est bon, le brocard biaise doucement vers moi tout en s'arrêtant pour brouter par moment. 

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

En arrivant près de la crête je continue mon approche à 4 pattes en m'arrêtant pour regard la progression du chevreuil et arrive ainsi juste derrière la crête où je me poste pour laisser venir le brocard. Ce dernier biaise un peu vers le bois et s'éloigne donc de ma position, il passera maintenant à environ 20 mètres de moi. Je tente de bouger un peu mais il aperçoit le mouvement. Je me plaque au sol. Le brocard reste un moment figé à regarder vers moi, je reste immobile et le brocard se remet à brouter mais reste inquiet et regarde souvent dans ma direction en se léchant les naseaux. Constatant une faille dans sa garde, je tente de me redresser pour armer mais à nouveau il repère le mouvement et commence à devenir très nerveux. Il regarde vers moi, tape du sabot, se lèche les naseaux, hésite, fait mine de partir puis revient un peu puis se retourne à nouveau. Il est un peu loin 20 à 23 mètres environ mais alors qu'il se positionne en 3/4 arrière, je me redresse, arme mon arc, prends la visée et décoche. Le brocard a bougé au même moment mais j'entends l'impact sans pouvoir voir l'atteinte.

Le brocard démarre avec une course très saccadée. Il décrit une boucle par ma droite en aboyant et s'arrête à environ 40 mètres plein travers pour chercher à comprendre ce qui vient de se passer avant de redémarrer au galop. C'est alors que j'aperçois ma flèche plantée dans son arrière train et qui dépasse d'environ 30 cm. Je le perds rapidement de vue dans mon dos, derrière le relief du champ. Je ne suis pas très confiant sur la rapidité avec laquelle mon brocard va succomber à une telle blessure.

Je me redresse et me retourne vers Massoud qui vient à ma rencontre, je commence à lui expliquer un peu ce qu'il s'est passé et mon sentiment sur ma flèche quand 2 chiens de l'habitation la plus proche (200 mètres environ) arrivent vers nous en aboyant. Je crains qu'ils ne relèvent mon chevreuil s'il n'est pas encore mort. J'expliquais justement à Massoud que, vu ma flèche, nous allions attendre un peu que l’hémorragie se fasse mais devant le risque que représente ses 2 chiens j'hésite à faire la recherche immédiatement. Nous commençons par chercher le premier sang que je trouve rapidement en recoupant la trajectoire de fuite du brocard. Une ligne de gouttes sombres est bien dessinée sur la végétation. Je plante une vielle flèche à cet endroit puis, voyant que les chiens se rapprochent de plus en plus, je décide d'attaquer la recherche. J'encoche une flèche au cas où en demandant à Massoud de ne pas marcher sur le sang si possible puis nous suivons le sang qui est assez abondant sur environ 30 mètres, l'arrêt du chevreuil est marqué par une grosse tache de sang au sol puis les gouttes s'espacent de plus en plus et leur diamètres n'est pas toujours très important. J'avance tout de même assez rapidement en pointant les gouttes du doigt pour les montrer à Massoud.

Nous arrivons ainsi au bord de la bande boisée où l'herbe haute se mélange à des repousses de petits frênes. Les gouttes nous mènent au une trouée qui traverse un petit ru. La pénombre relative du bois rend difficile la vue des gouttes de sang et j'allume la lampe de mon portable pour continuer la recherche. Nous enjambons le ru et, focalisé par ma recherche au sol, je ne vois pas le chevreuil allongé sur le flanc à 15 mètres devant nous au pied d'un gros chêne. C'est Massoud qui le voit en premier et me le fait voir. Je suis soulagé, nous nous rapprochons de l'animal sans le toucher alors que les chiens donnent toujours de la voix.  

Hémo nous attends dans la voiture et j'aimerai lui faire retrouver ce chevreuil si possible. Massoud reste sur place à garder le chevreuil au cas où les chiens arriveraient jusqu'à lui et je pars chercher mon petit teckel. Je finis de traverser la bande boisée et ressors dans le pré au milieu des balles de foin puis presse le pas pour rejoindre la route et ma voiture. Je reviens me garer au départ du chemin de terre puis sors Hémo qui est tout excité, je lui mets sa longe puis nous voilà partis. Arrivé près de la zone de tir, Hémo se met à chercher dans tous les sens puis pars un peu au hasard dans toutes les directions, je dois le gronder plusieurs fois et le stopper sur la voie ensanglantée pour le calmer avant qu'il ne prenne le sang. Hémo zigzague sur la voie et je l'encourage : "C'est bien Hémo, le sang, le sang...". Il me conduit ainsi au pas de course vers l'entrée dans la bande boisée et je lâche sa longe pour traverser le ru. Après une petite boucle dans le bosquet Hémo par droit sur le chevreuil alors que je le rejoins en le félicitant. 

Il est temps de rentrer les filles nous attendent pour un fondue de chevreuil. Je charge mon chevreuil sur l'épaule sans sortir la flèche que je pense restée dedans et constate alors qu'elle ressort à peine sur le flanc droit du chevreuil. Je sors donc ma flèche et nous voilà parti vers la voiture pour une petite photo souvenir. Au dépeçage nous constaterons qu'elle traverse la panse, le foie et un poumon. Le chevreuil aura parcouru moins de 100 mètres. 

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

Alex

 

Trophée :

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:05

Ce matin, je repars pour mon territoire de tir d'été. Arrivé vers 5h30 sur le secteur que je pense chasser, je me gare et attends un peu que le jour se lève puis me prépare et pars en chasse en longeant un chemin de terre qui rejoint le bas du village de Roques. Le secteur est bien calme, rien dans les cultures de part et d'autre du chemin. Un peu plus loin, je quitte le chemin principal et bifurque à droite pour prendre un sentier qui remonte vers les vignes. Rien à droite dans l'avoine, rien à gauche dans le blé, le chemin poursuit au bord du bosquet sur ma droite et d'un semé de tournesol à gauche. Rien en vue, j'arrive à la première parcelle de vigne entourée de parcelles de blé. Toujours rien, le secteur est habituellement très bon. Au bout de la parcelle de vigne s'étend un grand champ de blé qui remonte jusqu'à la route de crête, c'est le secteur d'un grand brocard que je connais depuis plusieurs années et j'espère le revoir.

Je m'avance dans la culture bordée par une haie sur ma droite qui bifurque à 90° et s'avance un peu dans le blé. Je traverse cette avancée de la haie par un passage très fréquenté et rejoins un passage de tracteur en bordure droite du blé pour remonter vers une parcelle de vigne, au bord de la route sur ma droite. J'avance doucement sans rien voir et mon attention baisse. Je marque un arrêt alors que la parcelle de blé rejoint la vigne sur ma droite. J'aperçois trop tard la tête d'un brocard qui dépasse de la culture à environ 40 mètres sur ma droite. Il m'a vu et regarde vers moi. Je m'agenouille doucement et attends. Il reste un long moment immobile, fait 2 pas vers moi puis se ravise et fait volte-face pour rejoindre la vigne à grands bons où je le perds de vue.

Je décide d'essayer de le recouper à la route, je me redresse et presse le pas pour rejoindre la route de crête mais le chevreuil qui s'était arrêté dans la vigne repart en aboyant. Arrivé à la route, je longe la vigne et scrute les sillons mais le chevreuil est introuvable, seul un lapin me regarde passer sans bouger au pied d'une souche de vigne. Je renonce et fais demi-tour pour traverser la route et faire le tour d'un grand bois où j'ai fléché un beau six l'an dernier mais pas le moindre chevreuil ce matin, tout juste quelques lièvres. Je finis par traverser le bois par un chemin forestier et ressortir dans une parcelle de blé coupée en 2 par une haie qui remonte vers la route de crête.

Je la longe et retraverse la route pour partir au travers des vignes vers une petite parcelle de blé à environ 400 mètres et bordant un petit bosquet. J'observe les alentours mais toujours rien, je ne comprends pas, je ne suis pas habitué à faire si peu de rencontres. J'ai vu peu de chevreuils depuis l'ouverture. Arrivé au coin du bosquet, je le longe à environ 4 ou 5 mètres de la lisière par un passage de tracteur dans le blé quand 2 animaux détalent devant moi à moins de 5 mètres et se précipitent vers le bois. Je me fige, le mouvement dans les céréales s'arrête au ras du bois puis le blé bouge sur place pendant un instant avant que le mouvement reprenne. Les animaux ont fait demi-tour en grognant, je ne les vois pas mais, aux sons émis, je sais maintenant qu'il s'agit de blaireaux. L'un d'eux décrit une boucle pour venir droit sur moi puis passe juste devant moi sans que je puisse le voir pour rejoindre la bordure du bosquet. Il s'arrête juste à la sortie du blé à 3 mètres sur ma gauche en laissant dépasser sa tête, son coup et ses épaules. Il reste un instant à l'écoute puis démarre avec fracas, traverse des repousses épaisses de colza, longe le bas du bois puis rentre à couvert, le bruit s'arrête rapidement. A 10 mètres environ, un peu plus haut le second blaireau surgit du blé et s'arrête plein travers entre la culture et le bosquet. Il regarde un instant vers moi puis rentre au bois.

Je remonte au coin haut du bois pour voir si un chevreuil ne se trouverait pas dans le blé mais, ne voyant rien, je fais demi-tour. Je redescends vers un champ d'orge mais toujours rien, je traverse le petit ruisseau du fond de combe par un passage busé qui traverse une haie épaisse puis remonte le long d'un champ de blé. Arrivé en crête, je tente d'apercevoir une tête de chevreuil mais toujours rien. A ma gauche une petite parcelle de poireaux semence rentre dans le blé et délimite une parcelle d'orge un peu plus loin. Je me dirige vers la parcelle d'orge et la remonte par un passage de tracteur dont les ornières sont encore remplies d'eau. Le sol est jonché de pieds de sanglier, certainement 2 laies avec des petits de 10 à 20 kg ceci pourrait expliquer que les chevreuils soient si peu nombreux dans le secteur. Je suis les traces qui reviennent vers un retour du champ de blé qui borde une bande boisée à 150 mètres environ. De gros ronds de blé ont été couchés par les sangliers et de nombreuses drailles se répartissent dans les céréales en direction du bois. 

Je pars sur la gauche vers la bande boisée en croissant en prenant un passage de tracteur qui bifurque pour longer à environ 10 mètres du bois. J'avance doucement sur le plateau, les sangliers ont fait des passages partout et des drailles toutes fraîches rentrent au bois. Plus loin le champ redescend vers le chemin de terre qui revient à la voiture. Un mouvement attire mon attention. Un petit brocard broute tranquillement dans une bande enherbée qui suit le font de la combe qui remonte vers la crête d'où j'arrive et sépare les deux penchants de blé. Le vent vient d'en bas et si je poursuis sur le passage de tracteur le chevreuil va me sentir avant que je sois à distance de tir. De plus, je suis au-dessus de lui et le blé n'est pas très haut. Descendre droit vers lui à travers blé est impossible sans être repéré et le chevreuil avance doucement en s'arrêtant régulièrement pour brouter. Je tente tout de même de descendre par le passage de tracteur en me baissant régulièrement à chaque fois qu'il s'arrête de brouter. Le vent masque bien le frottement du blé sur mes vêtements.

Un craquement plus important du blé fait relever la tête à mon petit brocard, heureusement j'ai juste eu le temps de me m'accroupir derrière le blé. Le chevreuil reprend sa quête de nourriture et je reprends mon approche mais un peu plus loin, alors que le brocard n'est plus qu'à 35 mètres, un nouveau craquement retentit, je me baisse rapidement mais le chevreuil inquiet me cherche un bon moment et finit par me sentir car le vent n'était plus trop à mon avantage. Il détale en suivant les herbes hautes puis semble remonter dans le blé sur mon penchant. Je remonte au pas de course pour tenter de l'intercepter mais je m'aperçois qu'il a bifurqué sur l'autre penchant. Il s'arrête un instant, m'aperçois et détale pour disparaître derrière la crête du champ.

Je redescends au pas de course pour tenter d'aller l'intercepter plus loin mais en arrivant au chemin de terre, j'aperçois un mouvement sur ma gauche. Un chevreuil file en longeant le chemin, j'aperçois à chaque bon ses oreilles au-dessus de la parcelle de blé sur ma gauche. Je renonce à couper le petit brocard en me disant que je le reverrais certainement bientôt et me décale sur le chemin que je prends en courant pour voir de plus près ce chevreuil. 100 mètres plus loin, je l'aperçois qui remonte dans le blé et qui rentre au bois. C'était une chevrette. Il est 8h30 environ et j'ai promis de ne pas rentrer trop tard, je retourne donc vers la voiture.

Un peu plus loin, je marche tranquillement alors que je viens de passer un petit bosquet sur ma droite qui abrite chaque année un brocard et n'ayant pas vu de chevreuil, je relâche mon attention. Tout à coup, sur ma gauche, dans le blé, un grognement me fait sursauter, je suis incapable de dire de quoi il s'agit. Je regarde dans le blé, quelques brins bougent dans un trou de la culture à 2 mètres environ mais impossible de voir l'animal. Je cherche un moment à l'apercevoir en essayant de ne pas me faire voir quand un grondement familier retentit. C'est un ragondin, je reviens un peu sur mes pas tout doucement pour me positionner en face de la draille qui biaise vers le trouée et aperçois la tête du ragondin plaquée au sol. J'arme mon arc, vise la tête et décoche. Le ragondin sursaute en grognant et se débat avec ma flèche en travers de la tête, je ne vois que mes vannes s'agiter au-dessus du blé. Ma flèche s'immobilise à 4 mètres environ alors que le ragondin gronde furieusement. Je m'avance rapidement à sa rencontre, il essaye de fuir sur quelques mètres mais entravé par ma flèche, il choisit de faire face et se met de côté, sur le dos en posture de défense mais je l'attrape rapidement par la queue, dégage ma flèche dont la lame a cassé au ras de l'insert et l'achève d'un coup sec.

Je rentre avec ma prise, une femelle pleine de 8 kg, je ferai mieux une prochaine fois. 

Un gros ragondin faute de chevreuil, 15 juin 2013

Alex

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:37

Cette année, pour la première fois depuis mon arrivée dans le Gers en 2005, je n'ai pas fait l'ouverture du chevreuil en tir d'été. Le premier juin, j'étais sur Paris avec ma copine. Après des heures de routes nous voilà de retour dans le Gers vers 16 heures. Le temps de nous poser un peu, je prépare mes affaires et embarque Hémo que j’espère prêt pour sa première recherche, je l’entraîne depuis des mois sur des pistes artificielles et me voyant prendre sa longe et changer de tenue, il comprend vite ce qui l'attend.

J'arrive à Justian vers 18h45, je fais un petit tour en voiture pour voir le territoire où je n'ai pas mis les pieds depuis début décembre 2012. Les inondations de ce weekend ont bien touché le bord de l'Osse encore partiellement noyé qui est bordée par des colzas et des semés de tournesol à peine levés. Je ne crois pas trop à une réussite dans ce secteur ce soir. Les collines entre le village et chez le président de la chasse sont couvertes de parcelles de blé très haut et très touffus cette année et de semés de tournesol à peine levés. C'est le secteur où je compte chasser ce soir bien que voir les chevreuils et les approcher n'y sera peut-être pas chose facile. Je pars me garer chez le président pour récupérer mes bracelets vers 19 heures. Après avoir un peu discuté, je pars en chasse vers 20 heures.

Je pars directement à pied de la maison et rejoins une grande friche qui borde un grand bois. Hémo va m'attendre chez le président de la chasse. Vu l'eau tombée ce weekend, je m'attendais à des sols détrempés mais la surface a déjà bien séchée et craque comme des chips, l'approche ne sera pas facile. Je rattrape le bord du bois qui borde le fond de la combe et remonte sur le penchant opposé. J'avance tranquillement dans les herbes hautes parsemées d'orchidées et de repousses de frênes, quand, à plusieurs centaines de mètres dans le champ de blé qui remonte en face de moi, j'aperçois une tache rousse sur la droite d'un fossé qui remonte au milieu de la parcelle vers un bout de haie très large et épais au milieu de la pente dans la culture.

Je m'arrête et attends un moment, la tache bouge, c'est un chevreuil qui remonte doucement de cul, en broutant vers la haie. Juste sous la haie j'aperçois un autre chevreuil plein travers qui semble regarder vers moi. Le premier chevreuil rentre un peu plus haut dans le blé et le second se met à brouter. J'en profite pour me coller contre le bois et avancer rapidement sans voir les chevreuils mais à l'abri de leurs regards. J'avance tranquillement en longeant le bois et me décale doucement par moment pour surveiller les chevreuils et arrive ainsi au coin du bois. Je reste un peu en retrait, caché par des branches basses. Les chevreuils sont à environ 150 mètres. Le premier chevreuil rejoint le second en remontant à travers blé puis tous 2 s'avancent doucement vers le fossé pour y disparaître derrière quelques pieds de colza qui ont poussé là.

Je quitte alors ma cachette et commence à suivre le fossé doucement en essayant de ne pas faire trop de bruit mais le sol et la végétation craquent, de plus le ruissellement des eaux a déposé des vieux pieds de tournesol très craquants de l'an dernier dans le fossé. Malgré mes efforts, je produits par moment de petits craquements mais rien ne bouge devant moi. J'avance sans voir les chevreuils et commence à penser que le bruit de mes pas les aura fait fuir. Arrivé au bout de la haie, j'aperçois 2 oreilles à la surface du blé à 40 mètres environ au-dessus de moi sur ma droite. C'est une chevrette, je me fige et observe. D'abord inquiète, elle se calme et se remet à brouter dans le blé. Je cherche l'autre chevreuil que j'espère être un brocard et l'aperçois droit devant moi à 50 mètres environ caché dans quelques pieds de colza. C'est aussi une chevrette.

Les 2 animaux sont sur l’œil et je reste un moment sans bouger à les observer puis décide de tenter une approche sur la 2ième chevrette pour m'amuser. La première démarre et s'arrête 40 à 50 mètres plus loin, se retourne vers moi puis repart, sort  du blé et rentre au bois sous les yeux de la seconde. Je me fige et attends un court instant avant de reprendre ma progression mais je suis rapidement repéré et la chevrette s'élance pour rejoindre le bois. Alors que je la regarde s'éloigner, un mouvement à 15 mètres devant moi me fait baisser les yeux. La tête d'un brocard vient d'émerger du blé. Il regarde droit devant lui et se trouve plein travers. Je ne suis pas bien positionné pour décocher une flèche et fais doucement pivoter mes pieds produisant quelques petits craquements. Le brocard tourne brusquement la tête vers moi et je pense le voir partir. Je suis immobile mais débout au milieu du blé. Le brocard se tranquillise et reprend sa pause de départ. J'arme doucement mon arc sans qu'il ne réagisse, je prends la visée et décoche mais ma flèche est déviée par le blé après la décoche et rate sa cible. Le brocard démarre au galop, je réencoche en aboyant. Le brocard s'arrête de cul à environ 50 mètres et regarde vers moi. Il hésite un moment alors que j'aboie toujours puis bifurque à 90 °, fait 30 mètres à grands bons en aboyant puis s'arrête plein travers en me regardant puis redémarre et fonce vers le bois pour disparaître en aboyant.

Je vais vérifier mon tir même si je suis pratiquement sur du résultat. Je retrouve ma flèche fichée au sol sans aucune trace d'impact, Je suis la trajectoire du brocard jusqu'à son premier arrêt dans le blé au cas où mais pas la moindre goutte de sang. C'est bien ce que je pensais, je l'ai manqué. Je sors du blé et le longe pour rejoindre la route de crête un peu plus loin.

Arrivé à la route, je la traverse et rejoins l'angle du bois qui redescend sur ma droite vers le bas de la pente. Il borde un semé de tournesol qui n'a pas encore levé. J'observe un petit moment la parcelle de blé qui couvre le penchant opposé sans voir de chevreuil. Je descends en longeant le bois et rejoins l'angle de la culture qui démarre de l'angle bas du bois. Toujours pas de chevreuil en vue, je remonte doucement en longeant la bordure du blé qui borde un autre champ de tournesol à peine levé puis un petit bosquet qui sépare le blé d'un enclos où pâture un beau cheval baie. Toujours rien, j'arrive à la route de crête suivante, j'observe un instant le semé de tournesol bordé par un grand bois le long de la crête suivant et ponctué de 2 îlots boisés sur ma gauche. Pas de chevreuils. Je descends vers le fond de la combe pour rattraper la bordure du grand bois dont le retour se termine au bas du penchant opposé à 150 mètres sur ma gauche. Je longe ensuite une grosse haie qui fait suite au bois. J'aperçois de l'autre côté une parcelle de blé. J'avance doucement et finit par arriver au bout de la haie qui s'élargie petit à petit pour faire maintenant 10 mètres de large environ.

J'observe le blé devant moi et commence à réfléchir à comment aborder la culture. Sur ma gauche à environ 40 mètres, la crête du champ me permettrait d'avoir une meilleure vue d'ensemble sur le champ et je m'apprête à remonter vers ce point stratégique quand je jette un rapide coup d’œil sur ma droite. Un léger mouvement attire mon regard, je me fige et chose qui ne m'était pas arrivée depuis longtemps mon cœur s'emballe. Un beau brocard broute tranquillement au coin de la haie dans le dégagement d'un petit ru qui sépare 2 parcelles de blé et fait suite à la haie, seule sa tête dépasse. Je suis un peu trop avancé, à découvert et ma cagoule est remontée sur le haut de ma tête. Je reprends rapidement mes esprits et abaisse ma cagoule, me recule doucement à couvert derrière la haie puis m'avance tout doucement contre cette dernière, juste derrière l'angle pour voir sans me faire remarquer. Le brocard s'avance en broutant complètement inconscient du danger. J'arme mon arc, le brocard passe derrière un arbre qui masque sa zone vitale, broute un peu puis avance encore et se dégage plein travers à un peu plus de 10 mètres. Je cale ma visée et décoche mais le brocard fait un pas au même moment et j'aperçois ma flèche qui rentre trop en arrière.

Le brocard sursaute, démarre et fait à peine 10 mètres puis s'arrête pour regarder autour de lui un moment. J'en profite pour réencocher. Il a traversé le ru et se trouve maintenant dans le blé à moins de 10 mètres, seule sa tête dépasse du blé et tenter un tir est très aléatoire. Je me tiens prêt à armer, au bout de quelques secondes le brocard, commence à remonter le blé en suivant un passage de tracteur, j'arme mon arc et le suis espérant trouver une fenêtre de tir, d'abord au pas sur 2 ou 3 mètres, il accélère progressivement et prend finalement le galop en décrivant une boucle pour foncer droit sur moi. Je le suis dans mon viseur. Le brocard vient se figer à 4 mètres environ devant moi en m'apercevant, je lui décoche ma flèche au même moment sans lui laisser le temps de réfléchir. L'impact retentit et le brocard redémarre en trombe pour me passer à quelques mètres de moi et rentrer dans la haie où je l’entends tomber à 10 mètres environ puis se débattre un court instant sur place.

Je m'éloigne rapidement de la zone de tir et appelle le président de la chasse pour qu'il m’amène Hemo puis je remonte l'attendre à la route de crête. Au bout d'un moment, il arrive. J'attrape Hémo et sa longe, il a compris ce qui se trame et est excité comme une puce. Je lui mets sa longe de travail puis nous redescendons vers la zone du tir. Je calme Hémo en lui disant "doucement" c'est l'ordre pour le tenir aux pieds. Il se calme immédiatement et reste à mes pieds jusqu'au coin de la haie, je n'en reviens pas, c'est plutôt rare. Je le prends ensuite dans mes bras pour ne pas lui faire croiser la rentrée au bois qui est couverte de sang puis le repose sur la zone du premier tir. "Le sang Hémo, le sang". Il prend immédiatement la trajectoire de fuite mais dépasse la traversée du fossé puis il revient sur ses pas et tente de traverser le fossé mais il s’emmêle dans un petit roncier et finit par se rebuter. C'est sa première recherche au naturel et je ne veux pas le rebuter. Je lui fais traverser le fossé, il reprend alors la piste et rentre rapidement dans la haie.

Je le suis en essayant de me frayer un chemin dans les épines qui me griffent. Je rejoins Hémo, à 5 ou 6 mètres, qui peine à passer un mur de ronces et en me redressant j'aperçois mon chevreuil étendu sur le flanc un peu plus loin. J'encourage Hémo. "Allez Hémo, le sang..." Il finit par passer l'obstacle et arrive au chevreuil qu'il sent d'abord prudemment puis alors que je me rapproche et le félicite de vive voix, il commence à mordiller la patte puis s'attaque à la plaie de la première entrée de flèche. Je suis content de cette première soirée pour moi mais surtout pour Hémo, sa recherche était très facile mais c'est ce que j'espérais pour sa première. J'appose le bracelet et sors mon brocard de la haie. Ma première flèche est bien en arrière mais ressort derrière les poumons entaillant même légèrement l'un d'eux et traversant le foie, la seconde rentre au-dessus de l'épaule et ressort à côté de la première entrée, au milieu du chevreuil. Elle coupe les vaisseaux au-dessus du cœur, entaille les poumons, traverse le foie, la rate et la panse.

Je charge mon chevreuil sur l'épaule et remonte vers la route de crête. Il n'a pas fait plus de 20 mètres depuis ma première flèche.

Première sortie de la saison, première recherche réussie pour Hémo, 4 juin 2013

Alex

 

Trophée :

Première sortie de la saison, première recherche réussie pour Hémo, 4 juin 2013
Première sortie de la saison, première recherche réussie pour Hémo, 4 juin 2013

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 18:09

Ce soir, je pars faire un petit tour au ragondin, je fais une première halte sur un lac de Durban. Je me gare au bord de la route puis descends tranquillement vers le ruisseau d'alimentation. Un remous attire mon attention au départ du lac au bord d’une zone marécageuse couverte de joncs sans pouvoir distinguer l'animal qui cause cette agitation. Quelques canards sortent des joncs un peu plus loin puis s'envolent. J'ai repéré un petit ragondin quelques jours plus tôt et je pense qu'il s'agit de lui. Je rejoins le bord du ruisseau et le longe doucement pour rejoindre le passage bétonné qui traverse le cours d'eau. Un mouvement sur la berge opposée, c'est un petit ragondin qui remonte sur le berge et se met à brouter. Il est à moins de 10 mètres, il me semble également apercevoir un autre petit ragondin contre la berge et j'hésite sur la future cible de ma flèche. Le petit ragondin qui broute devient inquiet et revient à l'eau passant sur ce que je croyais être un congénère mais qui n'est qu'un bout de bois. J'arme doucement, vise le petit ragondin qui s'est immobilisé au bord de l'eau contre un vieux tronc coupé à un mètre au-dessus de l'eau. Je décoche et cloue le ragondin sur place, le bruit d'impact de ma flèche me fait penser à un choc avec du bois mais je suis passé à côté du tronc. Mon ragondin se débat furieusement et saigne beaucoup mais le temps de faire le tour pour l'achever, il est mort. Ma flèche est plein cœur et, vu sa taille, je suis surpris qu'il se soit agité aussi longtemps.

Je comprends vite l'origine du bruit, le vieux tronc bifurque à 90° sous l'eau et revient contre la berge et le petit ragondin était en fait posé dessus. Ma lame est fichée dans le tronc et je dois la dévisser pour récupérer ma flèche. Je la récupère ainsi que ma petite prise puis pars voir les joncs où l'eau s'agitait tout à l'heure mais je n'y vois pas de ragondin. Le lac est calme, je décide de remonter à la voiture pour changer de secteur. Je cherche une lame dans ma voiture et trouve une lame bon marché de chez HAVA ARCHERIE et remplace ma lame laissée dans le tronc. Je sais que ces lames sont très fragiles et je ne m'en servirais que si je dois achever un ragondin. La route le long du Cédon est déserte, pas le moindre ragondin, une petite halte sur une mare un peu plus loin puis sur le lac du Fourcès ne donneront rien. En partant vers le grand lac autour duquel je chasse régulièrement le chevreuil sur Labéjan, j'aperçois un gros ragondin au gagnage au bord d'une mare entourée de végétation arbustive et d'arbres près d'un lac. Je me gare au bord de la route, me prépare et descends pour tenter d'approcher le ragondin.

Je suis à découvert en haut du coteau et doit descendre sur 150 mètres environ pour rejoindre la mare. Je tente de rejoindre le troupeau de vaches qui broutent un peu plus loin en crête pour me fondre dans la masse avant de descendre mais le ragondin rentre à couvert alors que je suis à mi-pente. Je continue à descendre, un autre ragondin de petite taille sort de la mare et se met à brouter. Je tente de m'approcher doucement en essayant de cacher ma silhouette en alignant quelques petits arbustes qui poussent le long d'une clôture électrique à 30 mètres de la mare mais encore une fois, le ragondin disparaît brusquement dans la végétation qui borde la mare. Un gros terrier que je connais bien remonte dans la prairie sur une zone broutée à ras par les ragondins. J'arme mon arc et m'approche doucement de la gueule du terrier prêt à décocher. Dans la pénombre du terrier, j'aperçois trop tard un gros ragondin qui s'éclipse avant que je puisse aligner ma visée. A 1 mètre de l'entrée, le terrier se divise en 2 galeries, le ragondin a pris celle de gauche. Je tente de le faire revenir avec des cris de petits ragondins mais rien n'y fait.

 

Je me rapproche doucement du bord de la mare mais le plan d'eau est très encombré, la bordure est barrée par une haie épaisse et buissonneuse et un arbre mort est tombée dans la mare, un tir n'est pas évident et récupérer une flèche ou un ragondin est quasiment mission impossible. J'aperçois quelques petits ragondins près de la berge de mon côté mais je dois les laisser rentrer à couvert sans pouvoir décocher. Je me décale sur la droite vers une zone ouverte où la mare avance dans le pré. Un petit ragondin laisse juste dépasser son museau de sous la berge, le tir est trop compliqué, je tente de me décaler sur sa gauche au-dessus de quelques terriers et tente quelques cris de petit ragondin mais l'effet n'est pas celui espéré. Des petits ragondins surgissent de la berge opposée et reviennent vers moi pour rentrer dans les terriers à mes pieds sans que je puisse tenter un tir au travers des branchages.

Je laisse tomber la mare et me dirige vers le lac. La végétation qui entoure la mare rejoint la bordure du lac au niveau de quelques saules dont 2 sont tombés sur le lac. C'est la zone où se trouvent les terriers sur ce lac. Je suis en train de repérer les terriers quand j'aperçois un gros ragondin qui vient droit sur moi puis un second le suit, je n'ai pas vu d'où ils arrivaient. Je les laisse venir mais ils biaisent vers le déversoir du lac sur ma droite. Je tente de me décaler un peu pour me poster plus vers le déversoir derrière un gros saule. Les ragondins ont repéré le mouvement et plongent l'un après l'autre, je reviens vers les terriers mais ne les vois pas venir. J'attends un peu et aperçois 2 autres gros ragondins qui reviennent vers moi. Méfiants, ils s'arrêtent souvent pour observer, je tente d'appeler avec des cris de petit ragondin mais ils plongent et disparaissent eux aussi. Encore 2 autres ragondins, l'un part vers le déversoir, l'autre vient vers les terriers, ils plongent mais cette fois je pense bien voir sortir l'un d'eux vers les terriers et me tiens prêt. Le temps passe, tout à coup, quelques bulles remontent à la surface à quelques mètres du bord et le mouvement des algues sous l'eau semble biaiser vers la gauche. J'arme mon arc, la tête du ragondin remonte dans les joncs immergés sur ma gauche. Je prends la visée rapidement au travers des branches des saules et décoche. Touché, le ragondin se débat avec ma flèche en travers. Le temps de me sortir des ronces pour aller achever mon ragondin, ce dernier plonge encore une fois en se débattant mais cette fois, il remonte juste à mes pieds.

J'ai encoché la flèche avec la lame d'HAVA ARCHERIE, j'arme doucement, le ragondin n'a pas bougé, je vise la tête et décoche. Le ragondin séché sur place flotte en surface. Je le récupère ainsi que mes flèches, la lame d'achèvement a perdu une lame en traversant le crâne du ragondin. Je fais demi-tour pour ressortir des ronces. Mon téléphone sonne, c'est ma copine qui m'appelle, je décroche et commence à discuter. Alors que je lui annonce que j'ai fait 2 ragondins, elle me dit que ça suffit pour ce soir en rigolant, c'est alors que je remarque un léger remous contre la berge, sous un tronc couché sur l'eau. Notre discussion terminée, je m'approche doucement du remous mais n'aperçois pas le ragondin assez tôt, il plonge. Je passe un moment à le chercher sans le voir remonter à la surface puis longe la bordure vers le déversoir pour voir comment les ragondins ont pu m'échapper. Je ne vois pas de terrier mais comprends vite que les ragondins ont dû fuir par le déversoir.

Je fais un tour du lac sans voir d'autre ragondin puis un tour de la mare où j'aperçois quelques petits ragondins perchés sur l'arbre mort couché sur l'eau. Le tir n'est pas évident, et je n'ai pas envie de perdre une flèche. Je remonte à la voiture. Je poursuis vers le lac où je pensais aller chasser avant de m'arrêter et me gare sous la digue. La luminosité décroit rapidement. A cette heure, les ragondins doivent être au gagnage sur la rive de droite. Je la longe donc tranquillement en direction d'un grand champ de colza qui borde le dernier 1/4 du lac. Des canards s'envolent régulièrement et avec eux mes espoirs de voir un ragondin. Au bout d'un moment, j'aperçois un sillon qui longe la berge en direction du colza, j'observe un peu puis, alors que le sillon se stoppe contre la berge, je reprends ma progression tranquillement. En arrivant au coin de la culture, j'aperçois un ragondin qui remonte sur la berge et commence à brouter sur la bande enherbée qui sépare le lac du colza. Un passage de tracteur longe à 5 mètres de la bordure du colza et va me permettre d'approcher sans bruit. Je réussis à le rejoindre sans être vu puis ayant à peu près repéré l'emplacement du ragondin, je progresse doucement en aveugle car la hauteur de la culture me masque le ragondin.

Arrivé à l'aplomb estimé du ragondin, je tente de m'en rapprocher en m'avançant doucement au travers de la culture mais j'entends le ragondin plonger juste devant moi. Je me précipite au bord du lac et me prépare à armer. Le ragondin ressort à environ 8 mètres. J'arme et prends rapidement la visée pour lui décocher une flèche à environ 10 mètres. Le ragondin de cul plonge au même moment et je donne un léger coup de bras vers le bas pour tenter de le toucher tout de même et y parvient. Le ragondin emporte ma flèche mais remonte rapidement pour revenir rapidement vers la berge et se plaignant. Je le pense mort dans les joncs quand un autre gros ragondin curieux vient vers moi par ma droite comme pour rejoindre le ragondin fléché qui est calé contre la bordure à 30 mètres sur ma gauche. Je m'agenouille et le laisse venir mais il s'arrête rapidement à environ 25 mètres, je lance des petits cris de ragondins, le ragondin repars et vient vers moi mais il biaise brutalement pour longer à 12 mètres environ de la berge, j'arme mon arc et prends la visée mais à la décoche, il plonge et évite ma flèche pour remonter un peu plus loin et partir en direction des terriers sur la berge opposée.

Je vais alors chercher mon ragondin que je pense mort mais alors que je l'aperçois à 5 mètres de moi dans les joncs, il repart en longeant la berge. La faible luminosité complique la visée et je décide de le laisser se recaler un peu plus loin mais, au moment où je m'approche pour en finir, il repart. Ce manège va se répéter encore 2 ou 3 fois puis le ragondin viens se caler au pied d'un peuplier. Cette fois, il me laisse avancer vers lui mais si je tire, je vais encore laisser une lame dans l'arbre. Je me décide tout de même à tirer tant que j'y vois encore un peu mais c'est à ce moment que le ragondin repars pour contourner le tronc. Au moment où il passe sur la droite du tronc, je lui décoche une flèche qui le cloue à une grosse branche du peuplier ressortant de l'eau. Le ragondin gémit et se débat et je me dépêche de le dégager en le prenant par la queue et en évitant ses dents pour l'achever d'un coup sec après avoir dégagé ma première flèche. Je dois encore laisser une lame dans l'arbre pour récupérer ma flèche. En me redressant, je suis surpris de voir que le ragondin que je pensais au terrier revient droit vers moi, certainement attiré par les plaintes du ragondin que je viens d'achever. Je n'ai plus assez de luminosité pour le tirer et malgré mes tentatives d'approches, je dois le laisser. La nuit tombe, il est temps de rentrer.

3 ragondins pour le 3 avril 2013

Alex

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 06:34

Ce matin, j'ai laissé ma copine à l'aéroport de Blagnac à 5 heures du matin, ce qui fait 4 heures de l'ancienne heure, elle part pour un weekend parisien jusqu'à mardi soir, je vais donc passer le weekend seul. Après une journée passé à glandouiller et à récupérer de cette courte nuit, je décide d'aller faire un tour au ragondin vers 18 heures. Je pars par Lasseube Propre, Durban, Loubersan sans voir de ragondin. Je fais une halte sur le petit lac avant Clermont Pouyguilles où nous avons fléché 2 ragondins avec Jean Pascal. Je me gare un peu après au bord de la route et gravit le talus du fossé pour m'approcher du lac. Une buse décolle du bord du lac puis plusieurs canards. Je me précipite au bord du plan d'eau et observe un gros remous qui est certainement dû à un ragondin qui vient de plonger. Je me poste rapidement entre le déversoir et les terriers mais un buisson me gêne sur ma droite si le ragondin ne refait pas surface avant de rentrer au terrier du déversoir et bien sûr, j'aperçois un sillon boueux qui fonce vers ce terrier. Le temps de me précipiter, le ragondin est rentré au terrier d'où sort un remous boueux. J'attends un peu et tente des cris de petits ragondins mais rien ne bouge.

Je repars à ma voiture. Je passe Clermont Pouyguilles et passe devant la mare aux ânes où j'aperçois un gros ragondin qui broute sur le talus qui remonte vers l'usine de textile au-dessus mais aussi un colvert posé sur la mare qui risque de compromettre une approche. Je fais demi-tour un peu plus loin puis reviens me garer à 400 mètres de la mare, au bord de la route. Je longe la route dans le semé de blé au bord de la route en direction de la mare. De loin, j'aperçois un second gros ragondin qui sort de la mare et rejoint le premier. Les ânes sont à l'autre bout du pré et ne risquent pas de me casser la chasse. Je me sers des arbres qui poussent le long de la berge opposée pour avancer sans être vu en alignant les ragondins derrière les troncs. Je parviens ainsi à arriver au bord du ruisseau mais le colvert décolle. Les 2 ragondins relèvent la tête. Je reste figé et attends un moment. Ils se remettent à manger. Je parviens à descendre lentement le talus du ruisseau. Un ragondin relève la tête, je me fige, il se remet à manger. Le premier ragondin broute de dos, le second est plein travers. Je franchis le ruisseau d'un bon et me fige. Les ragondins n'ont rien vu.

Je remonte doucement le talus et parviens à me positionner au bord de la mare sans alertés les ragondins qui sont à 10 mètres environ. Ils sont masqués par les branchages des arbres, je me décale doucement pour trouver une fenêtre de tir. Le ragondin de cul est partiellement masqué par un arbuste mais avance doucement. J'arme mon arc et lui décoche une flèche au moment où il se dégage. Sérieusement touché, il peine à se dégager de ma flèche restée fichée au sol. Le second revient vers la mare et s'arrête au ras de l'eau. J'ai le temps d'encocher une flèche. Il se met à l'eau et traverse tranquillement, j'arme vise et décoche. Ma flèche le touche en plein coffre, il plonge et disparaît un moment. J'ai peur qu'il soit rentré dans un terrier. L'autre ragondin se traîne et s'arrête au bord de l'eau derrière un arbre. J'encoche une flèche et me décale doucement en armant, je vise et décoche mais lui effleure la tête. Il réagit à peine d'un hochement de tête. Je réencoche rapidement et cette fois ma flèche pleine épaule sèche le ragondin sur place.

Pendant ce temps l'autre ragondin refait surface et tente de reprendre son souffle en levant la tête au ciel puis replonge et coule pour s'immobiliser sur le tapis d'algues à 50 cm sous la surface. Je fais le tour et le récupère avec mon lancer puis récupère le second ragondin et mes flèches. Je retourne à la voiture avec mes prises, une grosse femelle pleine et un beau mâle. Je pars maintenant vers la mare aux fraises de Loubersan. Je me gare au bord de la route et commence à descendre vers la mare. D'en haut, j'aperçois un gros ragondin qui se promène sur la mare au milieu des quelques colverts. Je me colle à la haie qui borde la droite du champ et rejoins la bordure du bosquet qui précède la mare. Je longe doucement le bosquet et aperçois un second ragondin au gagnage sur la berge à 30 mètres devant moi. Je me décale un peu vers le champ pour tenter une approche caché par le talus du plan d'eau mais il se met à l'eau.

Je me fige, il rejoint le ragondin qui tourne sur la mare et ils commencent à se chamailler en se tournant autour l'un de l'autre, l'un d'eux plonge par moment et l'autre le rejoint à chaque fois qu'il remonte et recommence à le taquiner. Occupés, ils me laissent descendre le talus jusqu'au bord de l'eau puis m'approcher au bout du pylône EDF qui sert de passerelle pour aller sur l'île au milieu de la mare. Un des ragondins vient vers moi en contournant un arbuste couché sur l'eau qui pousse sur l'île alors que l'autre disparaît derrière l'île. J'arme l'arc, le ragondin se présente plein travers à 8 mètres environ. Je vise son épaule et décoche. Il plonge et disparaît. Alors que j'attends, un autre ragondin se met à l'eau au coin de la digue à 30 mètres sur ma gauche. J'arme et le laisse venir mais il plonge trop loin. Je désarme. Une impression bizarre me saisit, je baisse les yeux et aperçois la tête d'un ragondin qui m'observe sous le pylône à l'entrée d'un terrier contre l'île. J'arme doucement et prends la visée, ma flèche se plante dans le ragondin qui plonge et emporte ma flèche, je le suis grâce à la traînée de bulles qu'il laisse derrière lui. Il surgit de l'eau et se traîne au milieu de l'île où il se couche. J'attends un peu puis traverse sur le pylône pour m'apercevoir que le ragondin est toujours vivant et tourné face à moi. Je l'achève d'une flèche de tête.

Je jette un coup d'œil sur des terriers qui remontent sur l'île à ma gauche et aperçois l'autre ragondin fléché que j'achève également d'une flèche de cou. Je récupère mes flèches et mes prises et remonte vers la voiture. Je pose mes ragondins dans le coffre de ma voiture et descends vers le lac de l'autre côté de la route. Je ne vois pas de ragondin sur le lac par contre plusieurs canards sont à la surface du plan d'eau dont quelques souchets qu'il est rare de voir dans le département. Au moment où les canards décollent un plouf retentit. Je cherche d'où vient ce bruit et aperçois un remous contre la berge opposée, le ragondin refait surface et la longe. Un autre ragondin s'est mis à l'eau au niveau de la digue et vient vers moi. Je me décale pour me camoufler derrière un arbuste mais le ragondin m'a vu et refuse de venir. Il plonge. J'attends un peu mais ne le voyant pas ressortir, je décide de faire le tour par la digue pour tenter de retrouver le ragondin d'en face mais le second ragondin qui s'était calé au coin de la digue plonge.

Je repars vers l'arbuste mais le ragondin ne ressort pas, les terriers étant sous l'eau, il est difficile de voir rentrer les ragondins. Je repars vers le ragondin d'en face mais alors que je suis au milieu de la digue, je le vois traverser le lac en biaisant vers les terriers du départ du lac. Je pars en courant pour l'intercepter mais il plonge à mon arrivée et disparaît. La nuit tombe doucement, je fais un tour du lac au cas où mais pas le moindre ragondin, je remonte à la voiture.

 

Le lendemain matin au lever du jour, je pars à Labéjan pour le lac du Lion. Le temps est à la pluie. Je me gare près des habitations et descends vers le lac mais pas le moindre ragondin près des terriers. Je traverse le ru au travers des ronces et commence à longe le lac. Au niveau des derniers peupliers, 2 gros ragondins se mettent à l'eau. Je fais vite demi-tour pour me poster en face des terriers. Le temps passe et rien ne vient. Je repars où les ragondins ont plongé et les cherche en longeant les ronces. Au bout de la bande de ronces un remous me fait penser qu'un ragondin s'était caché et a plongé mais au bout d'un moment rien n'a bougé. Je fais le tour du lac, en passant sur la digue, je lève 6 chevreuils en contrebas. Ils filent vers le haut du coteau en s'arrêtant régulièrement pour m'observer. Je poursuis ma route, en arrivant à 50 mètres des terriers, j'aperçois un sillon résiduel qui rejoint les ronces au pied des peupliers, je finis d'arriver au départ du lac. Une eau boueuse sort d'un des terriers. Un ragondin est rentré à couvert. Je traverse le ru et pars là où je pense trouver un ragondin. Le sillon résiduel longe maintenant la bordure de ronces. J'arrive au bout des ronces et à nouveau le même remous que tout à l'heure.

Je reste un moment en observation sans rien voir, j'insiste dans les ronces et aperçois un colvert qui s'avance doucement sur l'eau et plonge pour disparaître. Il se met à pleuvoir, au bout d'un moment je décide de longer les ronces sans succès puis je renonce et pars pour faire un dernier tour du lac. Arrivé en face de l'endroit où a plongé le ragondin, je l'aperçois calé contre la berge, immobile à juste 10 mètres devant moi, plein travers. J'arme, vise et décoche. Touché derrière l'épaule le ragondin met un moment à réagir puis il se dégage et longe doucement la berge, je lui décoche rapidement une seconde flèche en pleine tête qui le laisse sur place. Je récupère mes flèches et mon ragondin. Ma première flèche n'a traversé que l'épaule sans traverser le coffre. Le reste de la matinée sera calme, je ne verrai pas d'autre ragondin.

Les ragondins de Pâques, 31 mars et 1 avril 2013

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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