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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 22:48

Ce matin, après ma première nuit en hamac dans lequel je n'ai pas trop bien dormi ne sachant pas trop comment me positionner, je me lève alors que mes collègues se réveillent. J'ai également été réveillé en sursaut en pleine nuit par la chienne de Xavier venue frotter son dos contre le mien sous le hamac. Cela fait un moment que je ne dors plus. Ce matin encore les singes hurleurs donnent de la voix au loin. Je commence par remonter mon carquois sur mon arc puis je me passe ma pommade Argel 7 sur le bras et l'épaule que je n'ai pas ménagés hier en pagayant.

Xavier nous a rejoints pour déjeuner, nous prenons un bon petit déjeuner pour prendre des forces. En levant les yeux, j'aperçois une belle termitière perdue à une branche en haut d'un arbre 

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Les termitières sont très communes en forêt au sol ou dans les arbres à toutes les hauteurs. Nous nous préparons ensuite, j'ai fait mon point GPS sur le camp hier en arrivant, je mets mon GPS et ma boussole à la poche de mon pantalon sec sorti de ma touque.  J'ai dormi habillé cette nuit avec ce pantalon et un T-shirt camo sec. Nos affaires d'hier sèchent ou plutôt essayent de sécher sur les barres du carbé.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Je mets mes bottes pour essayer de laisser sécher mes chaussures de marche encore trempées de la veille. Je ferme le brassard de mon décocheur et enfile ma cagoule remontée sur le haut de ma tête. Mon sac à dos servira à porter une bouteille d'eau et des barres de céréale. J'y fixe un brassard fluo qui permettra à Xavier de mieux me voir dans la forêt. Je prends également ma lampe d'arc et mes clés hexagonales au cas où.

Alors que mes collègues sont en train de se préparer, un éclair bleu attire mon attention dans la végétation toute proche, un gros papillon de la famille des morphos dont les ailes sont bleues et noires coté dos vient de se poser sur un palmier à moins de 10 mètres du camp.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Christophe part mettre les 3 caïmans de la veille, qu'il débarrasse de leur tête, dans la glace, avant de partir chasser. Ce matin, je vais chasser avec Xavier et Christophe va accompagner Olivier. Nos accompagnateurs qui ont déjà chassé sur le secteur ont encore les points GPS stratégiques du secteur enregistrés sur leurs GPS respectifs et savent vers où aller pour tenter de tomber sur les animaux. Nous allons chercher les pakiras (pécaris à collier) mais en profiterons pour chasser d'autres espèces si nous les rencontrons.

Je pars avec Xavier à la perpendiculaire du cours du fleuve alors qu'Olivier et Christophe partent en descendant le long du cours d'eau.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Xavier se dirige grâce à son GPS vers une zone où il a déjà vu les pakiras. Nous avançons doucement en nous arrêtant régulièrement pour regarder autour de nous. J'en profite pour observer la faune et la flore. Certains grands arbres possèdent un réseau racinaire qui part à plusieurs mètres du sol pour s'ancrer autour de ces derniers, il faut savoir que les arbres ont un réseau racinaire souvent superficiel car seule la couche superficielle mélangée à l'humus est nutritive et, vu leur taille, ils doivent compenser avec un solide réseau racinaire pour ne pas tomber au moindre vent.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Chaque arbre est colonisé par des plantes épiphytes poussant directement sur ses branches ou son tronc.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Les feuilles des palmiers sont même très souvent colonisées par des mousses et une sorte de lichen. Le sol sablonneux absorbe bien l'eau mais reste humide, les feuilles ne craquent pas. Une belle coulée bien marquée serpente dans la forêt, je demande à Xavier s'il s'agit d'un passage de tatou mais il me dit qu'il s'agit d'un sentier de fourmis champignonnistes.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

C'est impressionnant, elles ont mis le sol à nu et effectivement au niveau d'une branche tombée en travers du sentier de petits bouts de feuilles découpées, que les fourmis ont laissé tomber, couvrent le sol. Le paysage alterne entre des zones ouvertes et des zones très fermées. Xavier me laisse passer devant et me suit à distance pour me diriger en fonction des indications de son GPS. J'essaie d'avancer sans trop de bruit mais je ne suis pas habitué à chasser en forêt, mes territoires de chasse sont habituellement ouverts et je me fie normalement à ma bonne vue pour repérer les animaux de loin. Ici on voit au maximum à 20 ou 30 mètres et souvent bien moins. De plus, je ne chasse jamais avec un sac à dos sauf parfois au ragondin et ce dernier s'accroche partout dans les lianes et les branches et m'énerve rapidement.

Contrairement à chez nous, il n'y a pas de ronces dans la forêt mais certains palmiers sont couverts de longues épines 

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

et de rares lianes sont couvertes d'épines qui ressemblent aux ronces. Xavier m'a averti qu'il faut se méfier des guêpes qui font souvent leur nid sous les grandes feuilles. Il faut donc faire attention en poussant ces dernières pour passer. Le sol forestier grouille de grillons. De nombreux terriers avec une ouverture d'environ 20 centimètres de diamètre ainsi que des terriers de 2 à 10 centimètres de diamètre fréquentés ou abandonnés ponctuent le sol de la forêt. Les plus gros sont fréquentés par les tatous et les agoutis alors que les autres sont les abris de crabes terrestres et d'araignées. Les zones où poussent les petits palmiers sont très bruyantes car leurs feuilles font un bruit de feuilles cartonnées qu'on agite dès qu'on les heurte même doucement.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Tout à coup, un bruit de feuillage qui s'agite et de fruit qui chute au sol retentit. Je n'ai pas immédiatement analysé ce bruit mais Xavier lui a tout de suite compris qu'il s'agissait de singes ou de perroquets qui mangent des fruits au sommet d'un grand arbre qui dépasse de la canopée. Nous tentons de nous approcher doucement et apercevons un groupe de singes. Xavier m'indique qu'il s'agit de macaques (nom donné ici aux capucins). Nous les observons un moment et Xavier éveille leur curiosité en imitant leur sifflement. Les singes viennent nous voir tour à tour.

Au bout d'un moment nous décidons de bouger et les singes nous repèrent et donnent quelques cris d'alerte en s'éloignant avec un bruit de branches agitées. 

Nous débouchons peu après sur un marais asséché. Le sol est creusé de nombreux sillons plus ou moins profonds sur une zone assez dégagée et ponctuée de quelques flaques.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Des fleurs blanches effilées poussent sur cette zone humide.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Nous tombons sur des coups de nez de pakiras qui ont fouillé le sol sablonneux. Nous trouvons également quelques traces de pakiras. Nous nous séparons, je me dirige vers une crique partiellement asséchée. Je suis étonné de voir la quantité de petits poissons restés dans ces flaques peu profondes. Je la traverse et commence à prospecter de l'autre côté quand Xavier m'interpelle. Il a trouvé un beau terrier de pakira creusé dans le talus abrupt de la crique. L'eau boueuse et les projections de boue attestent que les animaux étaient là peu avant. J'éclaire l'intérieur du terrier sans rien voir, Xavier tente de sonder le terrier avec une longue branche que je coupe à l'aide de mon poignard. Rien ne bouge.

Nous repartons et tombons sur une bassine de pakira (nom donnée à la souille de l'animal).

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Elle a été fréquentée de très frais. Xavier décide que le mieux est de nous séparer un peu pour chasser en parallèle, espacés d'environ 30 mètres. Au moment où je pars Xavier m'arrête net, j'allais droit dans une énorme toile d'araignée au milieu de laquelle se trouve une très grosse araignée.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

J'évite l'imposante arachnide et repars, nous avançons doucement dans une zone de montagne (les montagnes ici sont en fait des zones de collines). Xavier progresse en crête alors que j'avance sur sa droite un peu plus bas. Dès que nous nous perdons de vu nous communiquons par des sifflements mais au milieu des sons de la forêt j'ai parfois du mal à reconnaître les sifflements de Xavier. Je tombe sur un magnifique papillon de belle taille posé sur un arbuste. Ses ailles repliées sont ornées d'une magnifique ocelle ressemblant à un œil.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

En avançant, je perds Xavier de vue et siffle en espérant une réponse. Je m'arrête souvent pour écouter quand, un animal me siffle à une vingtaine de mètres devant moi au pied de gros blocs de granites. Le temps de tourner la tête, une grosse biche rouge (nom donné ici au daguet rouge) démarre d'un entrelacs de lianes et de branchages d'un renfoncement entre 2 gros rochers. La belle robe rouge de l'animal tranche avec le vert de la végétation. Je n'ai pas pu voir la tête de l'animal mais vois distinctement son arrière train avec son poil blanc ébouriffé qui disparaît avec fracas dans une zone de végétation très épaisse qui longe le bas du relief. Je reste figé un moment.

Je remonte ensuite vers le sommet et retrouve Xavier qui a entendu partir l'animal sans le voir. Il décide de faire une pause, assis sur les gros rochers au pied desquels se trouvait la biche. Nous en profitons pour boire un coup, manger une barre de céréales et faire quelques photos de nous

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013
Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

et du paysage. A nos pieds, l'endroit où se trouvait la biche

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

et en face de nous l'épais fourré.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Xavier me demande si j'ai pris mon Butollo pour tenter d'attirer la biche. Je fouille dans mon sac à dos et trouve mon appeau que nous avions décidé de tester en Guyane. Je tente quelques appels mais ils ne donnent rien. Nous discutons ensuite de l'orientation, Xavier me donne un cours pour que je sache m'orienter en forêt grâce à mon GPS couplé à ma boussole. J'avais déjà testé mon GPS chez moi et le maîtrise un peu. Xavier m'explique qu'il faut choisir le point du camp et sélectionner un retour à ce point. Ensuite, il faut choisir la fonction compas qui donne la direction et la distance restant à parcourir. La boussole sert à vérifier le cap car sur le GPS, le cap indiqué est bon mais sa direction ne l'est pas forcément. Alors que nous discutons un groupe de singes hurleurs donnent des vocalises, les cris augmentent en puissance à mesure que le temps passe, ils semblent tout proches.

Xavier repart en crête et je pars pour longer le bas du relief mais la végétation très épaisse m'empêche de passer et je dois faire une boucle pour passer derrière cet obstacle. Je tombe rapidement sur une bassine de pakira fraîchement fréquentée.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Je continue tranquillement et débouche sur un bras du fleuve. Un gros poisson ou un petit caïman démarre contre la berge opposée et disparaît sous l'eau en provoquant un gros remous. Je commence à longer le cours d'eau quand je tombe sur une sorte de gros fossé de 5 mètres de long qui se termine au bord du cours d'eau. Une palme de palmier est couverte de boue au ras du sol. Ce creux se termine, à l'autre extrémité, par un beau terrier de pakira à peine masqué par la végétation.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

J'éclaire à l'intérieur mais ne vois pas d'animaux. Je continue à longer le cours d'eau mais me retrouve bloqué au pied d'un énorme rocher qui barre le passage jusqu'au bras du fleuve. Xavier au-dessus de moi m'interpelle pour que je monte le retrouver. Je trouve un passage au milieu des rochers et le retrouve. Il a trouvé une sorte de grotte très profonde et au plafond haut, assez large pour y rentrer debout, qui rentre dans le rocher. Il me dit qu'il s'agit peut-être d'une tanière occasionnelle du jaguar. Ce gros rocher est colonisé par un arbre dont les racines rampent le long de la paroi abrupte pour trouver la terre

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

et par des plantes épiphytes.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

En reculant pour prendre une photo, je heurte un arbuste ce qui fait tomber une masse au sol dans les feuilles mortes. Je baisse les yeux et aperçois un gros iule recroquevillé en boule. Xavier le prend dans sa main pour tenter de le faire se déplier mais il reste en boule.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Nous le relâchons. Nous repartons en chasse en restant en contact visuel mais au bout d'un moment, un vrombissement impressionnant et assourdissant se fait entendre. Le ciel s'obscurcit rapidement et une averse impressionnante s'abat sur la forêt. L'eau tombe au-dessus de moi et pour le moment le feuillage retient l'eau mais, tout à coup, la pluie s'abat sur moi avec une force impressionnante. Je suis immédiatement trempé. Ce vacarme ne me permet plus d'entendre les sifflements de Xavier.

Je reste un moment immobile en attendant que l'averse se calme mais comprends rapidement que je ne retrouverais pas Xavier, je décide donc de mettre la théorie en pratique et passe le cordon de ma boussole autour du cou, paramètre mon GPS puis le cap pris à la boussole que mon frère m'a offerte pour mon anniversaire, je commence à me rapprocher du camp doucement. Plus absorbé par mon orientation que par ma chasse, j'ai un peu de mal à me concentrer, je privilégie le retour au camp qui est à environ 500 mètres.

J'avance doucement en suivant mon cap, la distance diminue sur mon GPS, tout va bien. La pluie qui s'est bien calmée s'arrête brusquement alors que j'arrive sur une crique magnifique, l'eau qui contient beaucoup de tanin a une belle couleur ambrée qui se nuance en fonction de la profondeur des trous d'eau. 

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

De magnifiques arbres à contrefort poussent les pieds dans l'eau, ces appendices leur confèrent une meilleure emprise au sol et les stabilisent.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

J'avance tranquillement et tombe à nouveau sur une très grosse araignée dans sa toile identique à celle vue avec Xavier. Je contourne la toile et reprends ma progression quand des chants d'oiseaux retentissent. J'aperçois juste devant moi une multitude d'oiseaux différents de diverses espèces ce que les guyanais appelle une ronde. Il semble que les petits oiseaux adoptent cette stratégie de rassemblement pour lutter contre la prédation, on voit d'ailleurs assez peu d'oiseaux seuls dans la forêt.

En continuant, je tombe sur le fleuve et décide de le suivre et le remonter pour tomber sur le camp un peu plus haut. Xavier est déjà rentré. Nous discutons un peu en attendant les 2 autres chasseurs qui finissent par arriver sur mes pas. Ils ont vu 2 ou 3 agoutis et quelques perdrix (nom donné aux tinamous) mais n'ont rien pu flécher. Ils nous informent également que la chienne de Xavier que nous avions laissée au camp a rongé sa laisse et les a rejoint, les contraignant à faire demi-tour pour venir la rattacher.  

Nous prenons une petite collation avant de partir faire une sieste dans nos hamacs. Olivier en profite pour faire une petite prise de son à côté du camp.

Après ce petit repos nous décidons de repartir pour une petite chasse autour du camp. Il est déjà 16 heures passées et il nous reste à peine 1,5 à 2 heures de chasse. Cette fois, je pars avec Christophe. Nous décidons de traverser le bras du fleuve pour aller chasser sur l'île en face du camp. Je traverse sur un gros tronc suivi par Christophe. 

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

A un peu moins de 100 mètres notre barque est amarrée au bout du bras du fleuve.

Chronique guyanaise, première chasse en forêt, 26 mars 2013

Nous avançons tranquillement, je suis devant, Christophe me suit un peu en retrait mais rapidement nous tombons sur un mur végétal infranchissable. Nous décidons donc de retraverser pour chasser sur l'autre rive du bras du fleuve. Nous reprenons notre progression lente mais un mouvement attire mon attention. Olivier et Xavier passent à environ 15 mètres sur ma gauche, je fais signe à Christophe. Alors qu'ils passent à environ 12 mètres devant moi, je pousse un cri aigu de cochon pour surprendre les 2 chasseurs et éclate de rire mais je n'ai pas réussi à les surprendre vraiment.

Nous les rejoignons, Xavier nous indique qu'ils ont trouvé de nouveaux terriers et des bassines fraîches de pakiras. Il nous amène les voir. Effectivement de la boue fraîche et des éclaboussures ponctuent la végétation. L'eau des bassines à l'entrée des terriers est trouble. J'éclaire dans les terriers sans rien voir.

Nous nous séparons à nouveau, nous partons vers la montagne mais malgré mes pauses régulières, je ne vois pas un seul gibier. En revenant vers le camp, Christophe est passé devant et se dirige au GPS quand un bruit de pas se fait entendre. Christophe m'interpelle et me dit de me préparer, une sorte de grognement se fait entendre. Nous pensons voir sortir un tapir mais c'est en fait Olivier qui surgit en essayant de traverser la végétation.

Nous rentrons au camp juste avant la nuit, Olivier a tiré et manqué un agouti venu boire avec un compère sur une bassine. Nous mangeons avant de nous poser un peu puis nous repartons chasser le caïman comme hier. En éclairant l'eau au moment de monter dans la barque, nous apercevons de nombreux petits poissons et des petites crevettes dont les yeux scintillent en rouge. Alors que nous avons embarqué, Olivier me fait remarquer un poisson filiforme ressemblant à une aiguille de mer qui se rapproche de la berge. Nous partons en chasse mais, ce soir, les caïmans plongent très rapidement et ne nous laissent pas approcher, il nous sera impossible de tenter un tir.

Comme hier soir, les guêpes nous harcèlent et l'une d'elle va piquer Xavier à la main et lui provoquer un gonflement rapide et assez important localisé autour de la piqûre. Nous profitons de la promenade en barque pour observer la faune. Le grand phasme vu hier est encore pendu à la grosse branche qui sort de l'eau. Plusieurs petits opossums arboricoles se feront observer, leurs yeux jaunes rapprochés sont facilement repérables dans les arbres du bord du cours d'eau.

Un petit œil rouge fait repérer une sorte de serpent liane à Xavier qui nous le montre. Il pend juste au-dessus de nous accroché à une branche. Comme hier, nous remettons de nombreux poissons suicidaires à l'eau.

N'arrivant pas à approcher les caïmans en descendant le fleuve nous décidons de remonter en amont du camp mais tombons très rapidement sur un barrage étanche formé de plusieurs arbres tombés en travers du cours d'eau. Nous décidons de rentrer nous coucher. 

 

Alex

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 17:10

Ce matin, le réveil sonne à 5 heures mais cela fait déjà 1 heure que mes yeux sont ouverts. Je suis encore un peu vaseux mais ça va beaucoup mieux. Il fait encore nuit noire, Olivier lui aussi est réveillé depuis un moment. Nous nous préparons, pendant que je prends ma douche, les singes hurleurs donnent des vocalises dans la forêt au loin. Nous partons rejoindre Christophe et Xavier. La mygale n'est plus là ce matin mais un gecko escalade le mur de la maisonnette et des centaines de lucioles illuminent la savane.

Nous déjeunons puis finissons de préparer nos affaires et de les charger dans le pickup. Je badigeonne mon épaule et mon bras avec ma crème argel 7 à base d'argile verte pour soulager la douleur. Je teste ensuite l'armement de mon arc, la première tentative me provoque une décharge électrique dans le bras et m'arrête à peine la corde en tension. La deuxième tentative est la bonne, j'y arrive, on verra bien par la suite.

Nous profitons des dernières minutes avant le départ pour appeler nos proches qui n'auront plus de nouvelles pendant 3 ou 4 jours. Xavier décide de prendre avec nous sa chienne qu'il veut utiliser pour pister un éventuel animal blessé car lors du dernier séjour Christophe a malheureusement perdu une biche rouge à cause d'une grosse averse qui a effacé sa piste au sang. Je ne suis pas du tout favorable à cette idée mais étant invité, je ne dis rien. Nous l'attachons à l'arrière du véhicule avant de partir pour 1 heure de voiture vers le débarcadère où un caracara s'envole du pont pour nous laisser passer.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Arrivés sur place, nous constatons que la marée est basse laissant apparaître une large bande de vase profonde sur laquelle fuient de nombreux crabes violonistes qui tentent de rejoindre l'eau en sortant de leurs terriers découverts par la marée.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Cette espèce de crabe de petite taille est assez amusante, le mâle possède une petite pince et une autre démesurée alors que la femelle n'a que 2 petites pinces.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Nous commençons donc par recouvrir la vase d'un lit de branchages coupés dans la bande boisée qui borde le débarcadère.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Ce lit de branchage permettra d'accéder à l'eau sans trop s'enfoncer et de faire glisser la barque et le canoë jusqu'au fleuve. J'aide du mieux que je peux mais mon bras est encore très fragile et je ne peux pas faire certains mouvements. Nous posons ensuite la barque et le canoë au sol et rassemblons le matériel puis nous faisons glisser la barque vers le fleuve suivie du canoë. Nous commençons à charger les glacières dans la barque.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Nous équipons ensuite les embarcations des moteurs avant de commencer à les charger avec notre matériel.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Xavier doit partir garer son pickup et la remorque au poste de gendarmerie le plus proche et revenir en stop, il nous laisse donc terminer seul de charger les embarcations. Pour être pris en stop, il doit être un minimum présentable, il se lave donc un peu dans le fleuve pour se débarrasser de la vase puis se fait porter par Olivier et Christophe jusqu'à la terre ferme avant de nous quitter.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Nous finissons de préparer le matériel sous un soleil brûlant et les assauts des moustiques nombreux dans le secteur. Un vautour urubu tourne dans le ciel et des bandes de perroquets nous survolent. Xavier revient rapidement grâce à son arme secrète, un T-shirt des sapeurs-pompiers de Paris qui met en confiance les automobilistes. Pendant ce temps, la marée est remontée. Cette fois nous y sommes, c'est le départ pour le fleuve et l'aventure. Il est 10h20. Je monte dans le canoë avec Christophe et Olivier part avec Xavier dans la barque.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Le fleuve est pour le moment assez large. Les moustiques sont maintenant complètement absents.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Des iguanes se jettent à l'eau du haut des arbres qui bordent le fleuve sur notre passage en faisant des plats impressionnants et disparaissent aussitôt dans la végétation qui recouvre l'eau sur quelques mètres. Nous naviguons devant avec Christophe mais, rapidement, Xavier dont le moteur est bien plus puissant nous dépasse et s'éloigne rapidement. Je trouve le canoë un peu instable mais Christophe m'assure qu'il est difficile de se retourner.

Plusieurs sortes d'hirondelles que je ne connaissais pas décollent des branchages qui ressortent de l'eau à notre passage pour aller se reposer un peu plus loin, notamment l'hirondelle à ailes blanches

et l'hirondelle à ceinture blanche.

Au bout d'environ 15 minutes de navigation, nous rattrapons Xavier et Olivier arrêtés dans un virage du fleuve. Ils observent quelque chose dans les arbres. Nous nous arrêtons à leur portée. Une troupe de singes et des marails

s'agitent dans la frondaison. Nous les observons un moment, ce sont des saïmiris 

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

puis Xavier nous demande de décharger un peu le canoë pour soulager le moteur et de recharger la barque dont le moteur puissant peut encore supporter de la charge.

Je passe donc dans la barque à côté d'Olivier avec mon arc nous ne laissons qu'une touque, nos sacs à dos et mes flèches sur le canoë. Nous laissons redémarrer Christophe en premier pour le laisser passer devant. Le canoë a dérivé un peu dans le courant et se retrouve avec le nez vers l'océan, Christophe doit faire demi-tour mais, alors qu'il amorce sa manœuvre, il dose mal l'accélération du moteur et la sanction est immédiate, le canoë se retourne sur place. Heureusement la sécurité coupe immédiatement le moteur et Christophe se retrouve dans l'eau.

Xavier se jette à l'eau, heureusement Christophe ne s'est pas fait mal. Xavier récupère les affaires, heureusement nos sacs à dos flottent encore sous la barque. Xavier nous les fait passer ainsi que mes flèches dans leur tube en carton qui ayant pris l'eau commence à se déformer et la dernière touque. Xavier et Christophe retournent ensuite le canoë et commencent à écoper. Je constate alors que mes 2 flèches pêche de rechange viennent de couler, elles ne sont plus dans le tube en carton, je suis un peu dégoûté mais l'essentiel est que Christophe n'ait rien. Heureusement ma troisième flèche pêche est dans ma housse avec mon arc attachée au moulinet de pêche.

Le canoë vidé de son eau, Christophe remonte à l'intérieur, Xavier remonte sur la barque et nous attachons le canoë à l'arrière de cette dernière car le moteur s'est retourné et ne peut pas être redémarré avant de passer chez un mécanicien. Le canoë n'étant plus utilisable nous le remorquons un moment puis mes collègues le remontent sur la berge pour le cacher avec son moteur dans la forêt, mon bras ne me permet pas de les aider. Ils reviennent poursuivis par une nuée de moustiques. Xavier prends les coordonnées GPS de l'endroit pour le récupérer au retour puis nous revoilà partis à 4 sur la barque.

Nous avançons en profitant du paysage magnifique et en observant les oiseaux ou les magnifiques papillons morphos d'un bleu métallique qui traversent au-dessus du fleuve. La chienne de Xavier est à mes pieds et ne sais pas comment se mettre depuis que son espace s'est considérablement réduit avec l'arrivée de tout le matériel et de 2 passagers de plus. Elle tourne et retourne en essayant de monter sur moi.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Une petite averse nous arrose un peu mais le soleil reviendra vite.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

La chienne de Xavier commence à lâcher quelques pets très odorants avant de se soulager sur Olivier et moi et notre matériel. Elle a la diarrhée, c'est une horreur, je me lave un peu dans l'eau du fleuve et tente de nettoyer les dégâts. 

Nous faisons passer la chienne derrière nous sur les glacières pour éviter de nouveaux désagréments. Le fleuve se resserre peu à peu, des petites bandes de chauve-souris s'envolent à notre passage des bois morts qui ressortent de l'eau, de gros martins pêcheurs verts mouchetés de blanc, au ventre orange et dont la tête est surmontée d'une sorte de huppe s'envolent devant nous pour se reposer un peu plus loin et attendent notre approche pour s'envoler à nouveau. Régulièrement des criques débouchent sur le fleuve (sortes de bras morts du cours d'eau plus ou moins longs). 

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Les kilomètres de navigation s'enchaînent ainsi à observer la faune du cours d'eau quand j'aperçois un gros caïman dont seule la tête dépasse, posée sur une branche partiellement immergée. J'en avertis mes collègues. Xavier s'arrête un peu plus loin, les vagues provoquées par le passage de l'embarcation qui déferlent sur la berge agitent fortement l'eau mais le caïman, qui ne semble pas être plus perturbé que ça, est resté stoïque.

Xavier fait demi-tour un peu plus loin et repasse doucement devant l'animal qui n'a toujours pas bougé, j'en profite pour le montrer à mes collègues qui ne l'avaient pas encore vu. Nous nous calons un peu plus loin contre la berge. Christophe attrape son caméscope et je commence à monter mon moulinet de pêche sur mon arc. Je sors ma caisse à petit matériel de mon sac à dos et constate qu'elle est pleine d'eau suite à sa chute dans le fleuve, je tente de vider un peu d'eau. 

Je sors mon carquois, démonte la fixation puis monte mon moulinet mais n'arrive pas à fixer la seconde vis. Je laisse donc tomber pensant qu'avec une seule vis le moulinet ne risque pas de partir. J'encoche ma flèche pêche, Christophe se prépare puis nous nous rapprochons doucement du gros caïman qui est parti se caler près de la berge et nous tourne le dos. J'arme mon arc et attends de passer une branche qui me gêne pour tirer puis vise un peu en dessous de la partie du cou qui ressort de l'eau pour tenter de toucher la nuque.

Je décoche mais manque l'animal, ma flèche semblait pourtant arriver pile à l'endroit visé mais j'ai certainement mal estimé la position de ce dernier. Il démarre et se recale juste à 2 mètres 3/4 arrière contre la berge. Je tente de récupérer ma flèche mais mon moulinet mal fixé n'est pas évident à manipuler. Ma flèche s'accroche par la lame à une branche sous l'eau, je tente de la dégager en tirant sur le câble mais cette branche remonte en fait sous le caïman et provoque sa fuite en bougeant.

Je finis par dégager ma flèche, nous cherchons un instant le caïman mais ce dernier a disparu. Je prends maintenant le temps de bien fixer mon moulinet mais il est trop tard. Nous faisons une petite pause un peu plus loin, sur une petite plage de sable fin, pour refaire le plein et manger un petit sandwich à la saucisse sèche ariégeoise.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Nous en profitons pour nous dégourdir un peu les jambes ankylosées par les heures de barque. Nous repartons rapidement, Xavier nous donne un cours magistral sur la faune locale nous montant chaque oiseau, analysant chaque bruit chaque chant d'oiseau ou cri d'animal. La faune devient de plus en plus abondante. Le fleuve se rétrécit de plus en plus puis se divise en 2.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Nous prenons à droite et les complications commencent. Cela fait environ 5 heures que nous naviguons et nous commençons à tomber maintenant sur des arbres tombés en travers du cours d'eau. Nous passons par-dessus certains, en dessous de certains autres mais il nous faut parfois jouer de la hache ou du sabre pour dégager le passage. 

Xavier vient de nous dire de faire bien attention de ne pas perdre le sabre en le laissant échapper dans l'eau. Nous arrivons à un gros arbre couché sur le fleuve, le seul passage est sous le tronc et barré par des branchages. Xavier descend dans l'eau pour couper les branches et s'échappe le sabre qui heureusement ne le coupe pas dans l'élan. Il plonge pour tenter de le retrouver mais impossible. Christophe le rejoint et ils cherchent un moment sans résultat. Il nous faut renoncer à retrouver ce sabre et poursuivre avec le second.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Avec Olivier, je suis mis à contribution pour manoeuvrer la barque à l'aide des pagaies pour passer les passages difficiles et nous annonçons les troncs immergés que Xavier ne peut pas voir de l'arrière et qui pourraient endommager l'élice du moteur. Beaucoup de troncs sont colonisés par des insectes de toutes sortes (fourmis, sauterelles, phasmes... et autres chenilles)

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

ou des araignées qui tombent souvent sur nous à notre passage. La barque se remplit ainsi petit à petit de passagers clandestins, de feuilles et des branchages. De petites plages de sable sont parfois colonisées par des attroupements de papillons jaunes qui s'envolent à notre arrivée. La barque reste parfois en équilibre sur un  tronc et il nous faut alors descendre dans l'eau pour la pousser ou la tirer.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Alors que nous manœuvrons pour passer un obstacle, j'aperçois un petit caïman qui saute d'une petite plage enherbée dans le fleuve pour venir se caler plein travers contre la berge, laissant juste apparaître sa tête. J'annonce "caïman" et Xavier stoppe la barque. Personne n'arrive à poser les yeux sur l'animal qui joue la carte du mimétisme en restant parfaitement immobile. J'attrape mon arc, encoche la flèche pêche, vise sous la tête et décoche. Ma flèche se fiche dans la berge et mon caïman démarre sans demander son reste pour disparaître. Encore une fois je viens de manquer alors que je pensais ma flèche parfaite. Je ne comprends pas.

Je récupère ma flèche profondément fichée dans la berge puis nous voilà repartis. Les vols de chauve-souris sont de plus en plus fréquents et le nombre de martins pécheurs est incroyable. Nous apercevrons un balbuzard pêcheur nous survolant dans un virage du cours d'eau. Nous passons régulièrement des arbres en fleur au parfum envoûtant. Quelques colibris passeront près de la barque. Sur les bancs de sable couverts de végétation nous apercevons des traces de loutres. Des grosses coulées bien marquées de frais par les maïpouris (tapirs) remontent régulièrement dans la forêt.

Tout à coup, Xavier et Christophe annoncent des hoccos. Je lève les yeux et aperçois 2 gros oiseaux noirs dans un arbre penché sur le fleuve juste devant nous. Le temps que Xavier attrape son fusil Baïkal mono-coup, les 2 volatiles volettent de branche en branche pour remonter de plus en plus haut dans les arbres et nous les perdons de vue dans la forêt sur notre droite. Nous sommes calés, le nez de la barque est passé sous un tronc qui plonge dans l'eau sur notre gauche. Avec Olivier nous tenons le tronc pour maintenir la barque dans le sens de navigation. Xavier arrive rapidement dans notre dos avec son fusil et escalade pieds nus par le tronc pour atteindre la forêt, 2 mètres au-dessus de l'eau. Le tronc qui a cédé sous son poids appuie sur nos arcs et nous nous dégageons pour nous caler contre la berge pendant que Xavier est parti tenter d'intercepter les oiseaux.

Nous l'attendons un moment puis il finit par revenir sans avoir pu tirer. Nous passons le tronc puis continuons. Plusieurs heures de navigation dans ces conditions difficiles nous serons nécessaires pour arriver à l'endroit où Xavier et Christophe veulent établir notre campement. Dans une ligne droite, nous apercevons un congélateur tout rouillé qui flotte à la surface, bloqué dans les branchages sur la gauche du fleuve, je m'attendais à tout sauf à ça. Xavier nous explique qu'il s'agit de vieux congélateurs abandonnés sur des anciens camps par des chasseurs, celui-ci a dû être emporté par une crue brutale du fleuve.

Un peu avant d'arriver sur la zone du camp, nous apercevons un beau caïman posé sur la berge très pentue, tête dirigée vers l'eau. Nous manœuvrons pour tenter de le flécher mais il plonge avant que je puisse encocher ma flèche.

Un peu plus loin, un autre caïman posé sur un rocher plonge rapidement avant notre arrivée. En observant ma flèche pêche, je constate que l'encoche a disparu, le tube s'est légèrement fissuré sur le côté au niveau de l'encoche. Je suis dégoûté, je tente de retrouver mon encoche en vain et constate que mes encoches lumineuses sont trop étroites pour s'adapter à ce type de tube. Je n'ai plus de flèche pêche.

Nous arrivons sur la zone du campement vers 17h45. Nous accostons à l'arrivée d'un bras du fleuve peu profond. L'armature de notre futur carbé est déjà en place car c'est le camp utilisé par Xavier et Christophe lors de de leur séjour de janvier. De vieux congélateurs en place depuis longtemps sont dispersés autour du camp. Nous déchargeons la barque et montons le camp en recouvrant l'armature d'une bâche qui nous protégera de la pluie. Une seconde bâche plus avancée et tendue de part et d'autre d'une corde servira à abriter le feu.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Un peu plus loin, Xavier qui préfère dormir seul et à l'écart tend une sangle entre 2 arbres et la couvre d'une autre bâche qu'il tend en l'attachant aux arbustes tout autour. Nous tendons nos trois hamacs sous notre carbé. Un gros boum retentit au loin, on croirait une explosion mais c'est en fait un arbre qui vient de s'abattre au sol. 

Olivier me propose de me passer une de ses encoches lumineuses faites maison pour voir si elle s'adapterait à ma flèche pêche, elle passe nickel mais est un peu longue et en l'enfonçant au maximum, j'écrase le système d'allumage qui ne s'éteindra plus pendant 3 jours. Je colle cette encoche à la super glu en prenant bien soin de mettre ma lame à la verticale car je crains que mes loupés soient dus à une entrée à plat de la lame dans l'eau.

Je commence ensuite à vérifier mon matériel, ma caisse à matériel a pris l'eau, je vide donc un maximum d'eau et tente de sécher un peu les affaires qui doivent l'être puis mets mon sac à dos et ma housse d'arc à sécher sur les barres du carbé. 

La luminosité baisse rapidement en forêt, nous collectons un peu de bois pour allumer le feu sur lequel Xavier va faire réchauffer notre repas du soir.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Le repas pris nous nous reposons un peu dans les hamacs avant de partir pour notre première chasse de nuit au caïman sur le fleuve. Je ne suis pas trop fatigué et décide d'explorer le tour du camp avec ma frontale. La nuit vibre du chant puissant des insectes et des batraciens. Les singes hurleurs donnent de la voix au loin. Le faisceau de ma frontale fait briller des dizaines de petits yeux bleus électriques. Je me rapproche doucement et constate que ce sont les yeux des insectes et des araignées qui peuplent le sous-bois.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Quelques lucioles allument leurs lumières par intermittence, une sorte de sauterelle mange dans les peaux de fruits de la passion (maracuja) que nous avons jeté dans le bois après notre repas.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Tout à coup, j'aperçois un gros œil rouge à 20 ou 30 mètres derrière le campement. Je m'approche doucement et constate qu'il s'agit en fait d'une grosse grenouille rousse de la taille de ma main.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Vers 21 heures, nous nous préparons et partons pour la chasse équipés de nos frontales. J'ai équipé mon arc d'une lampe torche spéciale qui se visse sur l'emplacement du stabilisateur et qui s'allume par pression sur un poussoir qui se fixe sur la poignée de l'arc. J'ai pris mon carquois d'arc à la main avec 5 flèches. Xavier, qui veut monter le premier dans la barque, prend un peu trop d'élan et perd l'équilibre à peine dans l'embarcation et avec son fusil à la main, il bascule par-dessus bord pour tomber lourdement à l'eau en réussissant à sauver son fusil qu'il pose à bout de bras dans la barque dans sa chute.

A peine assis dans la barque, je balaie le fleuve avec le faisceau de ma frontale et aperçois les yeux rouges de 2 caïmans tous proches espacés de moins de 20 mètres. Je suis côté droit dans la barque et tirerait donc les animaux de mon côté alors qu'Olivier tirera de l'autre côté. Les yeux des caïmans qui brillent d'un rouge lumineux se voient de très loin.

Un premier caïman se présente de mon côté, nous l'approchons doucement à quelques mètres, il est très gros et se présente face à moi. J'allume la petite lumière de mon viseur qui illumine mon pin's, arme mon arc, prends approximativement la visée et allume ma lampe d'arc. Je prends la visée sous la tête de l'animal et décoche mais le caïman s'enfuit. C'est encore manqué, je ne comprends pas. 

Nous continuons, rapidement une autre occasion se présente, un caïman de taille moyenne se présente plein travers contre la berge. Je tente de viser le coffre mais il est sous l'eau et cette fois encore je manque mon tir et le caïman plonge et s'enfuit.

Presque immédiatement, une autre occasion de tir se présente. Un caïman moyen se présente de 3/4 face. J'aligne ma visée et décoche. Cette fois ma flèche atteint l'animal qui plonge et se débattant. Il vient se caler près de la barque sur un banc de sable peu profond. Je rembobine mon câble et tente de ramener mon caïman atteint au niveau du bassin mais ce dernier lutte comme un petit diable et tente de me mordre en surgissant de l'eau alors que je saisis ma flèche.

Je suis passé près de l'accident alors que Xavier m'avait averti. Je décide d'en finir et de l'achever d'une flèche de chasse ajustée à l'arrière de la tête. Je laisse mon câble à Xavier qui remonte mon caïman et lui décoche une flèche de 3/4 arrière qui rentre, comme je le voulais, au niveau de la nuque et lui ressort à l'arrière de la tête le séchant sur place. Il tombe immobile au fond de l'eau. Je le récupère grâce à mon câble et lui ferme immédiatement la mâchoire avec quelques tours de scotch qui éviteront une éventuelle morsure.

Nous repartons en chasse. Un grand phasme au corps fin est accroché à une branche qui sort de l'eau, prisonnier du fleuve. Régulièrement, des gros yeux bleus électriques s'allument sur les berges, en éclairant nous constatons qu'il s'agit de très grosses grenouilles. A chaque fois que la barque redémarre de petits poissons argentés et arrondis ou fuselés sautent en tous sens et finissent parfois au fond de la barque et nous passons notre temps à les remettre à l'eau. Nos lampes frontales attirent les guêpes et nous devons les éteindre régulièrement pour les détourner de nos visages. 

Cette fois c'est au tour d'Olivier, il tire un caïman moyen mais sa flèche passe juste au-dessus de la tête et ce dernier plonge pour disparaître. Quelques caïmans ne se laissent pas approcher et plongent avant notre approche.

Une nouvelle occasion se présente au milieu du fleuve dans un amas de branche. Je laisse tirer Olivier qui n'a pas pu encore prélever de caïman. Le gros caïman est calé dans l'enchevêtrement des branchages et est tourné face à nous. Il nous laisse approcher à environ 3 mètres. Olivier lui décoche sa flèche mais cette dernière est déviée par une branche et passe bien au-dessus de l'animal qui plonge. Le tir était très difficile même à cette distance.

Nous faisons demi-tour, un caïman se présente de mon côté mais je laisse à nouveau tirer Olivier. L'animal plein travers se laisse approcher très près et Olivier lui place une superbe flèche dans le cou. Le caïman se débat furieusement. Xavier le fatigue un peu puis Olivier tente de l'achever alors qu'il vient de se caler contre la berge au fond de l'eau. Sa première flèche passe juste à côté mais la seconde en pleine tête le sonne. Nous récupérons sa prise, lui fermons la bouche avec du scotch et sortons la seconde flèche chasse qui lui a traversé le crâne mais il est encore très vivace et Xavier l'achève d'un coup de sabre dans la nuque. Je récupère la première flèche chasse d'Olivier restée fichée au fond.

Juste avant le campement, un autre caïman se présente de mon côté, cette fois c'est à mon tour de tirer mais je n'arrive pas à le voir. Tout le monde me le montre mais impossible d'y poser les yeux dessus. Son œil ne brille pas. Il est tout proche alors j'allume mon viseur, arme mon arc et finis par l'apercevoir derrière une grosse branche contre la berge. Seule sa tête dépasse mais son corps est bien visible sous l'eau. Je vise son coffre et décoche. Ma flèche l'atteint juste à droite de la colonne vertébrale et le cloue au fond du fleuve. Il se débat puis se cale au fond.

Je lui décoche une flèche dans la tête qui rentre dans l’œil mais ne touche pas le cerveau. Il remonte la tête en surface. Une seconde flèche de chasse l'atteint à l'arrière de la tête en sectionnant la première flèche de chasse. Je retire ma flèche cassée et le remonte doucement par ma flèche pêche en lui fermant la bouche en l'entourant avec mon câble de pêche avant de le sortir de l'eau et de lui maintenir la gueule pour l'entourer de scotch.

La chasse est terminée pour aujourd'hui, nous rentrons nous coucher. Je prends une petite photo souvenir de mes 2 prises. Ce sont des caïmans gris, seule espèce qui semble présente sur cette partie du fleuve.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Olivier prend également la photo de son caïman de son coté.

Chronique guyanaise, la remontée du fleuve, 25 mars 2014

Christophe vide ensuite nos 3 caïmans et les lave dans le fleuve avant de les laisser égoutter dans la barque. Nous les mettrons au frais dans la glacière demain matin. Il est temps de partir dormir dans nos hamacs bercés par le crépitement du feu de camp et des bruits de la forêt.

 

Alex

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 22:56

Ce matin, c'est le grand jour, nous sommes le 23 mars et c'est aujourd'hui que nous devons partir pour Paris où nous passerons la nuit avant de nous envoler demain matin pour la Guyane par le vol Orly-Cayenne sur Air Caraïbes. Cela fait 3 semaines, dont 2 semaines de séances de kiné, que je soigne mon épaule (gros tendon endommagé cumulé à un épanchement de sang et de synovie) et mon bras suite à une mauvaise chute, lors de ma première sortie au ragondin de la saison, et tout n'est pas encore au top mais j'arrive tout de même à tirer à l'arc, chose qui m'était encore impossible il y a une semaine.  

Vers 10h30, Olivier et Christophe arrivent chez moi, après un petit café, nous chargeons ma voiture et quittons Auterrive pour rejoindre Paris. Vers 19h30, j'arrive avec Christophe chez les parents de ma compagne. Nous avons laissé Olivier en chemin, il dormira chez des membres de sa famille et nous rejoindra demain matin à l'aéroport. Après un bon repas, nous partons nous coucher.

Le lendemain matin, après le petit déjeuner et alors que nous sommes sur le départ, je me rends compte que j'ai oublié de prendre mon comprimé d'atovaquone/proganil (générique de la malarone) en traitement préventif contre le paludisme. Je devais commencer le traitement un jour avant le départ et le poursuivre plusieurs jours après mon retour à raison d'un comprimé par jour. C'est un peu juste mais bon. A peine 5 minutes après avoir pris mon cachet, je commence à être pris de nausées légères.

Tout le long du trajet jusqu'à l'aéroport, je ne me sens pas très bien. Déposés au parking de dépôt minute nous partons pour l'enregistrement de nos bagages avec Christophe puis partons attendre notre avion au quai d'embarquement où Olivier nous rejoindra un peu plus tard. Nous discutons en regardant les photos prises par Christophe lors de son séjour de préparation de janvier dernier. Je ne suis pas très bien mais mon état reste stable.

Nous embarquons vers 12h50. Un peu de temps après le décollage un repas nous est servi alors que nous survolons l'Atlantique

Chronique guyanaise, le départ, le voyage et l'arrivée, les 23 et 24 mars 2014

et, rapidement après ce dernier, je commence à être pris de très violentes nausées et finis par devoir partir vers les toilettes. Heureusement, je suis sur le siège côté couloir. Après avoir fait le tour des toilettes pour en trouver de libres. J'ai à peine le temps de rentrer et de fermer le verrou que je vomis mon repas dans la cuvette ce qui provoque une violente douleur thoracique. J'ai juste le temps de m'agenouiller au-dessus de la cuvette que je perds connaissance.

Je vais me réveiller au bout de 5 ou 10 minutes, la tête dans la cuvette, mes pieds repliés sous mes tibias ont coupés le flux sanguin et me font souffrir terriblement. Je mets un moment à me relever, je n'ai plus de sensation dans mes jambes. Je finis par me relever mais je ne suis vraiment pas bien et constate avec horreur que je me suis uriné dessus. Mon pantalon est trempé jusqu'aux genoux.

Je dois revenir à ma place pour ouvrir mon bagage et prendre un pantalon un boxer de rechange mais je n'ai plus que des pantalons camo, il faudra faire avec. J'explique ce qui vient de m'arriver à Olivier et à Christophe qui commençaient à se faire du souci en ne me voyant pas revenir. Je suis blanc comme un linge. Je repars donc aux toilettes avec de quoi me changer avant de revenir à ma place et de ranger mes affaires trempées dans un sac plastique.

Je tente de me plonger dans un film pour oublier mes nausées mais rapidement il me faut revenir aux toilettes pour finir de vider mon estomac et je suis en plus pris de diarrhée. C'est un cauchemar. Au bout d'un moment, je retourne à ma place mais je suis obligé de retourner régulièrement aux toilettes pour vomir de la bile et pour le reste. Le voyage se passera ainsi avec une visite aux toilettes toutes les heures ou les 30 minutes. Je prends donc la décision de ne pas poursuivre mon traitement en prévention du paludisme, la zone que nous allons chasser n'est pas très risquée pour cette maladie.

Sur la fin du vol les nausées se calment un peu et je peux profiter du paysage par le hublot de l'avion, le soleil est en train de se coucher alors que nous amorçons un grand virage au-dessus de la forêt amazonienne, qui s'étend à perte de vue, pour atterrir face à l'océan sur la piste de Cayenne.

Chronique guyanaise, le départ, le voyage et l'arrivée, les 23 et 24 mars 2014

Après le débarquement, nous partons chercher nos bagages sur le tapis roulant des hors gabarits. Nous sortons ensuite de l'aéroport, Xavier, l'ami de Christophe qui vit en Guyane depuis de nombreuses années nous attend pour nous récupérer. Ça va un peu mieux mais je ne suis pas en forme. Nous chargeons le pickup et partons pour Kourou. La chaleur moite de la nuit est un peu étouffante.

Avant de rentrer, il nous faut passer chercher un téléphone satellite pour pouvoir communiquer en forêt en cas de problème puis un fusil prêté à une connaissance et enfin nous passons voir l'amie de Xavier qui habite sur Kourou. Je suis à nouveau pris de violentes nausées mais ne parviens pas à vomir. Cette fois nous partons pour chez Xavier qui habite dans la campagne au milieu de la savane proche de Kourou. En route nous ne pouvons pas trop profiter du paysage car il fait déjà nuit noire mais nous entendons régulièrement une cigale au chant puissant qui ressemble au bruit d'une scie circulaire découpant un arbre.

Dans un rond-point, nous dépassons un personnage curieux, un vieux saramaka aux cheveux très longs, en dreadlocks, qui lui descendent au bas du dos, son vélo n'est pas équipé d'un guidon mais d'un petit volant en bois d'environ 15 centimètres de diamètre.

Le paysage citadin de nuit n'est pas très dépaysant, les grandes surfaces sont les mêmes qu'en métropole. En sortant de la ville, je suis très étonné car nous ne voyons pas un seul animal écrasé au bord de la route alors que chez nous on ne peut pas faire quelques kilomètres sans voir un animal victime de la circulation. En pleine campagne un tatou traverse juste devant le pickup, c'est notre premier contact avec la faune locale.

Nous arrivons enfin chez Xavier au bout d'une piste de terre où nous attendent ses chiens. Nous préparons rapidement nos affaires pour demain car nous partirons très top pour le fleuve que nous remonterons jusqu'à notre zone de chasse. Toutes les affaires qui craignent l'eau sont enfermées dans des touques (bidons plastiques étanches). Le reste voyagera dans nos sacs à dos et nos valises d'arc. J'ai la mauvaise surprise en ouvrant ma valise de constater que mon carquois d'arc est cassé au niveau de la coque rigide qui protège les lames de chasse mais il peut encore servir.

Je monte 5 lames de chasse pour équiper 5 flèches que je glisse dans mon carquois que je fixe sur mon arc puis je remets ce dernier dans sa housse en tissu qui le protégeait dans ma valise. Je garde 10 autres flèches de chasse et mes 2 flèches de pêche de rechange dans un tube en carton rigide qui protégeait mes 40 flèches dans mon sac pour le prendre avec moi demain. Je mets 2 pantalons camo, 3 T-shirts camo, un bermuda et un T-shirt et 1 sweet camo, 6 boxers et autant de paires de chaussettes dans ma touque avec mon caméscope, mon GPS, ma boussole, des médicaments et mes affaires de toilette. J'attache une de mes flèches pêche au moulinet et l'équipe d'une lame et mets le tout dans ma housse d'arc. 

Xavier a déjà mis un hamac dans chaque touque et y a réparti une partie des vivres non périssables. Je prends ma petite caisse de petit matériel et le trépied du caméscope dans mon sac à dos et mes bottes dans un grand sac à dos avec celles des autres. Je laisse mes camarades atteler la remorque sur laquelle se trouve la grande barque à fond plat en aluminium et charger le canoë sur le toit du pickup qui nous serviront à chasser et à naviguer sur le fleuve. Nous chargeons 4 grosses glacières dont 3 remplies de glace (elles serviront à la conservation du gibier chassé et des denrées périssables) dans la barque. Une grande quantité d'insectes variés tournent autour des néons, de gros crapauds buffles attirés par cette abondance tournent sur le carrelage de la terrasse couverte.

Chronique guyanaise, le départ, le voyage et l'arrivée, les 23 et 24 mars 2014

Nous chargerons le reste demain matin. Nous partons manger, Xavier qui est un très bon cuisinier nous a préparé du caïman et du pécari en fricassées. La maison de Xavier toute en bois local est vraiment splendide. La partie habitable est à l'étage. Un escalier aboutit sur un grand espace de vie avec une cuisine américaine et donnant sur 2 chambres et une salle de bain. La déco chasse et africaine des lieux leur donne un cachet très sympathique. Une baie vitrée s'ouvre sur une terrasse en bois ouverte sur la savane où nous allons manger. Je n'ai pas faim mais me force à goutter un peu des 2 plats qui sont vraiment excellents.

Après avoir discuté un moment, il est temps de partir nous coucher car nous nous levons à 5 heures demain matin. Nous partons avec Olivier pour une petite maisonnette en bois que Xavier vient juste de finir à environ 50 mètres de sa maison. Christophe dormira chez Xavier. La chambre d'Olivier est équipée d'une petite cuisine,

Chronique guyanaise, le départ, le voyage et l'arrivée, les 23 et 24 mars 2014

la mienne donne sur la salle de bain, c'est vraiment magnifique, tout en bois exotique.

Chronique guyanaise, le départ, le voyage et l'arrivée, les 23 et 24 mars 2014

Xavier nous montre une mygale arboricole sur le mur de l'habitation. Je me couche rapidement en espérant ne pas être dérangé par mes problèmes de nausées durant la nuit.

 

Alex

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 13:21

Ce matin, c'est la dernière battue de la saison sur Justian. Rendez-vous est pris à 8h30 à la salle des chasseurs de Lagardère. Le jour se levant vers 7h30, je décide d'aller faire un tour à l'approche avant de me rendre au rendez-vous. En venant de Vic Fezensac, je passe l'embranchement de Justian et poursuis ma route. Un peu plus loin, j'aperçois, sur la gauche de la route une masse rousse compacte sur la gauche d'un petit pré en bordure d'un petit bois de sapins à environ 50 mètres de la route. Je poursuis ma route et fait demi-tour un peu plus loin. Je repasse devant le petit pré, la masse rousse se déploie. C'est un beau renard qui fonce vers les sapins, sur la gauche du pré, sans attendre que je ralentisse.

Je refais demi-tour un peu plus loin et, en repassant devant le pré, j'aperçois cette fois-ci une grosse chevrette qui longe une bande étroite de sapin sur la droite du pré. Je pars me garer un peu plus loin, attrape mon arc et me dirige vers l'angle de la bande de sapins qui se termine au ras du fossé de la route côté pré. Malgré mes précautions pour approcher sans bruit, la chevrette m'a entendu et regarde vers l'angle des sapins. Je me fige et attends un moment sans bouger puis tente quelques appels de Butollo mais elle ne bouge pas. J'insiste un peu mais impossible de la faire venir.

Une impression bizarre me fait tourner la tête vers l'autre côté de la route. Un autre chevreuil est planté à environ 90 mètres au milieu de la peupleraie et m'observe. La chevrette finit par s'enfuit et rentrer dans la bande de sapins puis le second chevreuil s'enfuit en aboyant.

Je tente alors des cris de souris en posant mes lèvres sur le dos de ma main mais le renard ne venant pas, je retourne à ma voiture et poursuis ma route vers Bourras (secteur où nous faisons chaque année notre battue avec les archers). J'aperçois un très gros ragondin au bord de l'Osse au niveau du carrefour de Roques mais, l'approche est compliquée, le champ arboré est partiellement inondé. Je décide de poursuivre ma route et pars me garer au départ du chemin de terre qui traverse l'Osse en face de Bourras.

Je laisse ma voiture, traverse l'Osse puis un champ étroit et commence à longer la vielle Osse. Pas de ragondin ce matin, j'arrive au niveau de la petite passerelle qui traverse le cours d'eau et rejoint une vielle palombière au milieu d'une bande de bois étroite. Je traverse la bande de bois puis la longe vers la droite, passe un petit ruisseau rejoignant la vielle Osse et bordé d'une haie épaisse, au niveau d'un passage busé. Du bout de la haie, j'observe le grand champ de l'autre côté du ruisseau et aperçois 3 chevreuils à 150 mètres environ sur ma gauche.

Je repasse derrière la haie et la longe pour rejoindre le grand bois près duquel broutent les chevreuils dans le semé de blé. Je rentre dans le bois par une grosse coulée. Le bruit d'eau du ruisseau chargé par les fortes pluies couvre un peu le bruit de ma progression. Je biaise pour ressortir du bois sur un chemin de terre bordé, côté champ, par un talus que je pense longer pour poursuivre mon approche mais les chevreuils encore à 50 mètres et en surplomb de ma position vont me voir si je m'avance car le talus s’amenuise jusqu'à disparaître à 40 mètres environ. J'observe donc les 3 animaux un moment et constate qu'il s'agit de 3 brocards en velours, 2 très gros avec de magnifique bois dépassant allègrement les oreilles et d'un jeune brocard à peine coiffé.

Je sais que j'ai peu de chance de les faire venir mais je tente tout de même quelques coups de Butollo et quelques aboiements mais les animaux d'abord indifférents finissent par rentrer au bois.

Il est 8 heures passé, je retourne à ma voiture et pars pour le rendez-vous à Lagardère. En route, j'aperçois encore un très beau brocard. Après un petit déjeuner copieux et les consignes du jour nous partons nous poster. Nous pouvons tirer le chevreuil pour ceux qui ont encore un bracelet, c'est mon cas, le sanglier et le renard. Je pars avec un autre chasseur pour rejoindre le chemin de terre parallèle à l'Osse qui part de Justian pour rejoindre le bas de Roques.

Nous allons encercler une friche partiellement boisée et j'ai pour consigne de me poster sur l'angle gauche coté chemin de terre. Nous nous garons près d'une habitation, au départ du chemin de terre, je pars à pied et me serre pour laisser passer le gros 4x4 des marseillais qui vont se poster en dessous de moi sur le chemin. A 200 mètres environ, je quitte le chemin et biaise pour rejoindre le bord de la zone boisée de la friche où je vais me poster. Les marseillais qui viennent de se garer donnent déjà de la voix et m'interpellent en criant pour savoir si d'autres personnes vont se poster à 90° de leur ligne, obligé de répondre à voix haute, à cause de la distance, je leur réponds que oui. "En voilà 3 qui ont bien écouté les consignes". Moi qui voulais me poster discrètement, c'est raté.

Je remonte par une grosse coulée et commence à chercher un poste mais le relief et la végétation ne me permettront pas d'anticiper  sur l'arrivée du gibier et je tâtonne un instant pour me trouver un poste au pied d'un gros buisson me donnant suffisamment de champ de vue tout en me camouflant suffisamment. Entre temps, le raffut des marseillais, qui n'arrêtent pas de discuter au lieu de se poster, fait démarrer une chevrette d'une bande boisée un peu plus loin et, vu qu'ils ne sont pas prêts, elle leur passe à portée de tir sans être inquiétée pour rejoindre le bois des Arroques un peu plus loin. Je bous intérieurement quand maintenant plusieurs sangliers se débinent. Je ne les vois pas mais j'entends les marseillais commenter leur fuite. Mais où est le bouton off ?

Le calme finit par s'installer puis les traqueurs arrivent rapidement avec les chiens à environ 300 mètres devant moi. Les chiens donnent quelques coups de gueules sans conviction. Le temps passe quand, tout en coup, un cri retentit : "sanglier". Ce cri est suivit d'un coup de feu puis de nouveaux cris.

Je tente d'apercevoir le ou les animaux mais trop tard, les teckels passent déjà en aboyant en longeant le ruisseau, en bas, dans la vallée. 2 coups de feu déchirent l'air et interrompent la poursuite. Une grosse laie d'environ 70 kg vient de tomber. Les teckels arrivés à la mort pillent un moment l'animal et mettent un moment à repartir à l'encontre des traqueurs qui les appellent. Tout ce petit monde monte à travers le semé de blé pour rentrer dans la friche à 150 mètres sur ma droite. Je ne suis plus bien posté et me décale derrière des buissons noirs. Une grosse bute couverte de buissons noirs et fendue par une grosse coulée me cache la chasse. Au bout d'un moment, les chiens surgissent au sommet de la bute en me faisant sursauter, heureusement qu'il ne s'agissait pas d'un gibier tirable car j'étais très loin d'être prêt.

Les traqueurs arrivent et sonnent la fin de traque, je redescends avec eux vers le chemin de terre. Les chasseurs se rassemblent au bout du chemin de terre en attendant les marseillais qui sont partis chercher le sanglier avec leur 4x4.

Nous allons chasser maintenant dans une ancienne peupleraie. Une ligne de chasseurs ferme la route qui traverse l'Osse, mon poste est comme d'habitude, dans la traque. Je longe l'Osse sur environ 100 mètres et passe, par une grosse coulée très fréquentée par toutes sortes d'animaux, un fossé qui se jette dans le cours d'eau. Des traces fraîches de renards, blaireaux, chevreuils et sangliers me font penser que le poste qu'on m'a attribué n'est pas mauvais. Je n'ai jamais chassé ce secteur et ne connais pas du tout mon poste. Une grosse haie longe le fossé et s'interrompt à quelques mètres de la rivière qui est bordée de quelques arbres. Après quelques hésitations, je décide de me poster au milieu de quelques arbres. Je casse quelques branches pour dégager mes angles de tir et dégage le sol à mes pieds puis l'attente commence.

Devant moi, des lignes d'arbres et arbustes reliés par des herbes hautes et sèches, s'étendent jusqu'à un bosquet à 100 mètres environ.

Battue à Justian, 23 février 2014

Les chiens se font vite entendre, des geais s'affolent et se dispersent dans la traque. Le calme revient un instant puis les chiens lancent. A nouveau, les geais s'affolent et volent en tous sens en poussant leurs cris. Les coups de feu commencent à claquer, mon décocheur est accroché, je suis prêt à armer. Des merles surgissent sur ma droite et passent devant moi à toute allure, je comprends que la menée vient vers moi. Un coup de feu claque et un sanglier surgit d'où venaient les merles. Il court en longeant la rivière sur une bande enherbée qui passe juste devant moi pour rejoindre la coulée qui traverse le fossé. J'arme mon arc et le laisse venir pour le tirer au trot à environ 5 mètres. J'aperçois ma flèche traverser le sanglier trop en arrière, devant les cuissots, un peu haute. Le sanglier bifurque à l'impact et baise pour rejoindre le bord de la haie qu'il longe sur 15 mètres environ avant de la traverser.

Je m'attends à entendre des coups de feu sur la ligne au niveau de la route mais rien. Un teckel arrive en donnant de la voie et prends la trace du sanglier mais continue de mon côté de la haie pour se mettre au ferme à 45 mètres environ. Sachant que ma flèche n'est pas bien placée, je quitte vite mon poste pour aller achever le sanglier pour éviter qu'il ne blesse le chien. Je cours vers le teckel qui est ressorti de la haie pour aboyer sur place en hésitant à rentrer dans la haie. Quand j'arrive sur place, je constate que mon sanglier est presque mort, il se débat encore un peu sur le flanc et le temps d'attraper mon couteau pour l'achever, il a rendu l'âme. Le teckel, rassuré par ma présence, se jette sur mon sanglier alors que je le tire par une patte pour le sortir des épines.

Ma flèche a en fait sectionné l'artère sous colonne au niveau des reins, c'est une petite femelle de 45 kg environ, je n'avais fléché que des mâles cette année. Un autre teckel arrive avec un des traqueurs puis le second traqueur arrive. C'est la fin de la battue. Les chiens pillent mon sanglier. Je les laisse faire un peu puis je tire mon sanglier vers mon poste et cherche ma flèche que je trouve fichée au sol, maculée de sang.

Battue à Justian, 23 février 2014

Je la remets au carquois puis tire mon sanglier jusqu'à la route. Les chasseurs m'expliquent qu'ils ont vu sortir mon sanglier couvert de sang, il a fait moins de 20 mètres vers eux puis a fait demi-tour pour revenir dans la haie où je l'ai retrouvé.

Un autre sanglier a été blessé. Je pars chercher Hémo pour faire la recherche mais  mon arrivée le sanglier a déjà été retrouvé et achevé. Cette matinée s'achève sur un joli tableau de 3 sangliers. 

Battue à Justian, 23 février 2014

Alex

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 21:54

Ce soir, je pars chasser sur Traversères pour tenter de flécher un sanglier, mes invités de la semaine dernière ont eu des presque-occasions mais n'ont pas pu flécher de sanglier. En arrivant, je me gare près de la ferme du haut de mon territoire puis pars pour mon poste un peu plus loin en bordure de la coupe de bois où j'ai déjà fléché un sanglier cette saison, je sais que périodiquement un sanglier, que je juge à 70 kg environ vu son pied, passe régulièrement à ce poste. Un beau brocard broute tranquillement en bordure du bois en forme de U, devant moi, sur ma gauche. Je tente une approche pour le fun, je profite de la crête au milieu du pré pour avancer à couvert jusqu'au fond du U puis je tente de m'approcher en longeant le bois mais le brocard détale à 50 mètres devant moi et rentre au bois. Je pars pour mon poste, ce soir, le goudron n'a pas été frotté comme d'ailleurs depuis une semaine. Je me poste un petit moment mais décide finalement de partir chasser à l'approche car le vent fort qui ne m'est pas très favorable à ce poste, peu me permettre d'approcher un animal.

Je ressors du bois sur le pré, le traverse et descends dans la combe en dessous du bois pour le longer doucement en m'arrêtant régulièrement pour écouter. Je ne suis pas à bon vent jusqu'au moment où je reviens en longeant l'autre côté du U. Je progresse toujours en m'arrêtant régulièrement pour écouter alors que la luminosité baisse rapidement. Tout à coup, il me semble entendre des couinements de marcassins. Je me fige et écoute mais plus rien, je m'avance encore un peu vers une remise d'où j'ai vu sortir les sangliers en début de saison.

Un grognement retentit dans le sale à environ 50 mètres devant moi, je me rapproche doucement et me cale derrière un genet près de la remise. A peine en place, les épines noires et les genets se mettent à craquer, les sangliers émettent de petits couinements, sortent sur le pré à environ 15 mètres devant moi et biaisent pour venir vers un pied d'aubépine à un peu moins de 10 mètres.  J'en compte 7. J'arme et vise un premier petit sanglier mais il se tourne de cul, un autre sanglier de la même taille arrive et s'arrête derrière le premier, je prends la visée et décoche mais au même moment 2 autres sangliers s'alignent derrière celui que je viens de tirer.

Ma flèche frappe violemment le sanglier, tout ce petit monde démarre en trombe, tous remontent vers la remise alors que le petit sanglier touché tombe à 2 mètres derrière l'aubépine et se débat au sol avec ma flèche en travers en couinant. 2 de ses frères ou sœurs reviennent vers lui et se plante de face à une vingtaine de mètres. La nuit tombe doucement alors que mon sanglier finit par s'immobiliser. Les 2 petits sangliers finissent par repartir à couvert.

Les genets craquent de toutes part un peu plus haut, je trente une approche. Des gros sangliers sortent à 30 mètres environ devant moi mais je n'y vois plus très bien et les animaux grognent et soufflent avant de s'éloigner et de revenir à couvert. La nuit est tombée complètement. Je pars chercher mon petit sanglier. Il a cassé ma flèche et tombant, elle a presque entièrement traversé, seul l'empennage retient encore la flèche dans son corps.

 Je suis alors pris d'un gros doute, est-ce le sanglier que je tirais ou en ai-je touché 2 ? Plusieurs gros sangliers sortent du bois d'en face et le longe pour rerentrer à couvert éclairés par le clair de lune. Une grosse traînée de sang part de l'impact jusqu'au sanglier mort mais je ne trouve pas d'autre départ de piste de sang. Je cherche un peu puis récupère ma flèche et mon sanglier avant de rentrer à ma voiture.

En arrivant chez moi, je n'ai pas la conscience tranquille, je reviens donc sur place avec ma frontale puissante achetée pour la Guyane et reprends mes recherches mais pas la moindre goutte de sang. Je me dis donc que je n'ai fléché qu'un seul sanglier et je rentre m'occuper de celui que j'ai fléché. Ma flèche lui casse les 2 épaules et touche légèrement le dessous de la colonne vertébrale sans toucher les poumons. Je visais un peu plus en arrière mais le résultat est là.

Une petite bête rousse à l'approche, 15 janvier 2014

Alex

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 20:58

Ce matin, nous sommes invités à une battue au chevreuil à Saint Paul de Baïse, Laurent et Patrick sont venus passer une semaine chez moi pour chasser et Christophe nous a rejoints ce matin. Nous arrivons au rendez-vous de chasse vers 8 heures où un petit déjeuner copieux nous attend, œuf au plat et ventrèche grillée.

Je suis déjà venu chasser sur cette société de chasse qui connait donc la chasse à l'arc. Le président a décidé de nous poster en ligne dans un petit bosquet au milieu de la traque composée de plusieurs bosquets parsemés au milieu des champs. Je connais ce bosquet pour y avoir déjà été posté, j'y ai manqué un brocard. Après le petit déjeuner, les postes sont distribués et les consignes de tir énoncées. Nous partons pour nos postes en suivant un chasseur du coin. Alors que nous arrivons près du bosquet, nous apercevons 2 chevreuil qui surgissent du bois et foncent à travers champ. La voiture que nous suivons s'est arrêtée et un photographe en sort pour immortaliser la scène. Les éclairs du flash contribuent à affoler d'avantage les animaux.

Alors que nous repartons, 4 autres chevreuils s'éloignent du bosquet à travers champ en faisant des haltes pour nous regarder. Nous nous garons au coin du bosquet et partons pour nous poster suivi par le photographe. Patrick fait demi-tour pour se poster près des voitures avec son tree-stand. Gentiment, Laurent, qui préfère se poster tranquillement, dit au photographe de suivre Patrick pour le photographier en train de se poster. Christophe se poste en premier en rentrant de quelques mètres dans le bois, puis Laurent suit un peu plus loin au niveau du poste où j'ai manqué mon brocard lors de ma dernière battue dans le secteur. Je prends le dernier poste presque à la fin du bois, je m'aligne avec Laurent qui n'est qu'à 40 mètres environ. Une très grosse coulée qui vient de l'angle du bosquet passe devant moi et biaise vers Laurent. Je me place au pied d'un chêne et dégage le sol de ses feuilles mortes à mes pieds pour éviter de faire du bruit s'il me faut bouger.

Rapidement, les chiens donnent de la voix dans le bosquet sur la crête face à nous, des coups de feu résonnent. Un bruit de pas se fait entendre sur le chemin par lequel nous sommes venus nous poster. Je pense à un animal et me prépare mais il s'agit du photographe qui court pour tenter de faire une photo. Les piqueurs rappellent les chiens puis relancent, cette fois 3 chevreuils sortent du bosquet et traversent le champ pour venir vers le poste de Patrick. Rapidement, après que je les ai perdus de vu, des coups de feu claquent. Un animal pousse des cris plaintifs avant d'être achevé. 

Au bout d'un moment, alors que la battue suit son cours, un bruit de pas furtif se fait entendre près de moi, je cherche la provenance du bruit que je pense dû à un petit rongeur quand j'aperçois un putois qui se débine dans la végétation du sous-bois. Il s'arrête à environ 7 mètres au pied d'un chêne pour faire sa toilette, j'arme mon arc, vise et décoche. Le putois bondit et disparaît derrière le chêne. Je ne l'ai pas vu passer de l'autre côté de l'arbre.

J'attends un moment, tout est calme, les chiens ne poussent plus, je décide d'aller chercher ma flèche et vérifier mon tir. Je récupère ma flèche et constate que les feuilles mortes sont couvertes de sang. Un trou rentre au pied du chêne sous ses racines. Je le sonde avec ma flèche et sens quelque chose de mou. Je tente de l'accrocher pour le sortir du trou mais ne parviens qu'à extraire de la mousse et de feuilles mortes couvertes de sang. Au bout d'un moment, je décide d'éclairer le fond du trou avec la lumière de mon portable et m'aperçois que la queue du putois est proche de l'entrée du trou. J'introduis ma main dans le trou et le saisis pour l'extirper de sa tanière.

Il est mort, ma flèche lui a fait une profonde entaille à la base du coup, juste devant les épaules. Je le montre à Laurent sans rien dire car il se demandait ce que je faisais puis je retourne avec ma prise à mon poste.

Battue à Saint Paul de Baïse, 11 janvier 2014

Le temps passe, des chiens arrivent dans notre dos et ressortent du bois pour traverser le champ en direction du bosquet d'en face puis la meute des teckels arrive dans notre dos un peu avant la fin de la traque. La fin de traque est sonnée, nous retournons au rendez-vous de chasse. 7 chevreuils et un renard ont été tués. Aucun autre archer n'a eu d'occasion de tir.

Lors de la seconde traque nous n'aurons pas non plus d'occasion de tir, 10 chevreuils de plus seront mis au tableau.  

 

Alex

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 22:10

Ce soir, je pars à la chasse sans réelle conviction, il pleut depuis plusieurs jours et il fait beaucoup de vent mais ce soir le soleil semble vouloir faire une percée. Je me gare au bord de la route et me prépare alors que le ciel se couvre au loin et des rideaux de pluie qui arrosent la campagne au loin sont visibles d'ici. Je me dirige vers un bois un peu plus loin à travers une prairie puis rentre par une grosse coulée pour ne poster à 30 mètres environ du bord du bois au pied de 3 chênes. J'accroche mon arc, une flèche encochée, à une branchette d'un des chênes. Je suis à peine posté que le soleil disparaît et qu'un déluge s'abat sur moi. Je fais le dos rond en attendant que ça passe. Au bout de 15 minutes environ, la pluie cesse et le soleil revient mais un fort vent couplé aux gouttes qui tombent des arbres masquent les bruits de la forêt. Je ne peux compter que sur mes yeux. Je balaye le sous-bois des yeux quand, tout à coup, j'aperçois une chevrette plein travers à 10 mètres environ au-dessus de moi sur ma gauche. Elle sort de nulle part et regarde vers la lisière du bois, à l'opposé de ma direction.

Je tente de me retourner doucement pour attraper mon arc sur ma droite, le saisis et me retourne doucement vers la chevrette en accrochant mon décocheur. Elle regarde vers moi, je me penche très doucement pour mettre un chêne entre nos regards et arme doucement mon arc sans qu'elle ne bouge. Je prends la visée, son coffre est dégagé entre 2 petits arbres, je décoche rapidement. Ma flèche traverse la chevrette avec un bruit caractéristique d'un flèche de coffre et se fiche au sol. Elle démarre, je la perds de vue au bout d'environ 20 mètres de fuite. J'attends environ 15 minutes avant d'aller vérifier mon tir. Ma flèche plantée au sol est couverte de contenu stomacal et ne porte pas de trace de sang.

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

A peu près à l'emplacement où se trouvait la chevrette, je trouve les premières traces de sang sur les feuilles mortes. 

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

Sur la zone du tir, une grosse touffe de poil est posée au sol.

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

A peu près, à l'endroit où j'ai perdu mon chevreuil de vue, un bruit de pattes qui frappent la végétation se fait entendre. Je connais bien ce bruit et je suis persuadé que mon chevreuil est entrain de finir de mourir. Je commence donc à suivre, mon arc à la main, la piste de sang très marquée et très facile à suivre.

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

Alors que j'arrive à environ 5 mètres de mon chevreuil, ce dernier se relève et s'éloigne avec beaucoup de difficultés. Des plis d'intestin sortent par le trou de sortie de ma flèche qui semble être sortie très en arrière, juste devant le cuissot. La chevrette prend la descente du talus et disparaît. Je me fige un moment et attends un peu que le bruit cesse puis je m'approche de la couche du chevreuil qui est maculée de sang.

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

Je récupère ma flèche et retourne à mon poste pour attendre un petit moment, environ 15 minutes plus tard, je retourne à ma voiture pour chercher Hémo. Je retourne au premier sang avec Hémo qui prend timidement la piste et hésite un peu puis finit par prendre la descente du chevreuil, 5 mètres plus loin une nouvelle couche maculée de sang marque le sol. Hémo commence à donner de la voix. Il tire sur sa longe en couinant, en levant les yeux j'aperçois ma chevrette qui n'est qu'à 6 ou 7 mètres devant moi, un peu plus bas, couchée sur le ventre, tête haute, au pied de petits arbres. Hémo est comme un fou, j'attache sa longe à un arbre pour tenter une flèche d'achèvement, la chevrette ne bouge pas mais les branches m'empêchent de tenter un tir. J'essaie de me décaler mais la chevrette se relève et part péniblement sur environ 5 mètres en vacillant puis se recouche. Je m'avance doucement et cherche une fenêtre de tir mais seuls la tête et le cou de l'animal sont dégagés. Ne voulant pas risquer de la relever et voulant en finir rapidement, je vise la base du crâne et décoche mais ma flèche un peu plus basse touche toute de même les cervicales et couche ma chevrette sur place.

Je lâche Hémo qui se précipite pour piller le chevreuil qui se débat encore un peu.

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

Il ne reste plus qu'à récupérer ma flèche, mettre le bracelet et remonter le chevreuil à la voiture en essayant de faire suivre Hémo dont la longe s'accroche à tous les arbustes alors que la nuit tombe. Ma flèche rentre en fait basse à environ 15 cm du coude et ressort juste devant le cuissot puis traverse le cuissot. J'ai un peu de mal à comprendre la trajectoire de ma flèche alors que je tire ma chevrette plein travers et que je ne la vois pas réagir avant le tir.

Une chevrette à l'affût, 28 décembre 2013

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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