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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 13:10

Ce soir, je retourne faire un petit tour à la chasse mais décide de me poster sur un secteur où j'ai manqué un renard il y a 2 semaines. Je me poste donc dans un penchant boisée sur un carrefour de coulées et attends jusqu'à 17 heures environ, mais la pluie et le vent froid ont raison de moi. Je décide de terminer la soirée en faisant un peu d'approche. Je fais une grande boucle à travers champ sans rien voir puis rattrape un chemin de terre qui revient vers ma voiture à travers bois. J'avance tranquillement sur le chemin quand une silhouette s'élance en sous-bois, je me fige mais trop tard. Un  chevreuil vient de démarrer à 20 mètres devant moi et de disparaître en un éclair dans le bois.

Le jour commence à tomber, une pluie fine tombe en permanence et l'humidité commence à passer mes couches de vêtements. Je reviens vers ma voiture mais avant de partir, je décide d'aller voir un peu plus loin dans un petit pré bordé d'une haie de chênes car j'y ai souvent vu un chevreuil à cette heure-ci. Mais, alors que je remonte vers ce petit pré, je jette un coup d’œil derrière moi et aperçois une tache sombre dans un petit semé de blé en contrebas à 300 mètres environ, je décide donc de faire demi-tour pour descendre en direction de cet animal non identifié pour le moment.

Je descends à travers une friche pour rattraper la bordure du bois qui couvre la moitié de la pente jusqu'au ruisseau qui coule au fond de la combe puis le bois remonte sur le penchant suivant. Je longe assez rapidement le bois car le jour tombe rapidement mais alors que j'arrive au bout du bois, 2 chevreuils démarrent juste à 20 mètres en dessous de moi et semblent rentrer au bois. Je me fige un instant et observe mais je les ai perdu de vue. Tout à coup, les piaulements d'un jeune chevreuil qui appelle sa mère se font entendre un peu plus bas au milieu des ronds d'épines et de ronces qui parsèment la friche.

Je tente de me rapprocher doucement mais aperçois un chevreuil qui se débine et rentre au bois sur le penchant opposé à environ 30 mètres. Il semble biaiser vers la bordure du bois sur ma gauche et continue à piauler. Je me décale doucement pour tenter d'aller me positionner sur la bordure du bois en suivant le chevreuil à l'oreille. Je rattrape un chemin de terre enherbé qui longe le bois et commence à le suivre quand une impression bizarre m'envahit. Je me fige et tourne doucement la tête. Un chevreuil m'observe dans des herbes hautes, sur la gauche un petit îlot d'arbres situé en haut du talus du chemin. Il est plein travers à 30 mètres environ. Je suis à découvert en plein milieu du chemin et ne peux plus bouger. Je reste immobile.

Le chevreuil, m'observe un moment puis se met à brouter un court instant, relève la tête et m'observe à nouveau un moment, broute à nouveau puis s'ébroue, projetant un nuage de gouttes d'eau autour de lui avant de se tourner face à moi. Le chevreuil, tout en m'observant de face, baisse son arrière train et se met à uriner pendant plusieurs secondes puis, son besoin assouvit, il se redresse et commence à descendre vers moi. Il avance de quelques pas, s'arrête pour m'observer, s'avance encore, s'arrête, il avance ainsi tout doucement. Je profite d'un moment d'inattention du chevreuil pour armer mon arc alors qu'il avance encore en biaisant doucement pour arriver plein travers à 10 mètres environ s'il continue dans cette direction. Mon tir sera alors plus fichant car pour le moment le chevreuil plus haut que moi se détache bien sur le gris du ciel.

Il est maintenant à 12 mètres environ, presque plein travers. Des piaulements retentissent, un autre chevreuil arrive de derrière la bute et se dirige vers le chevreuil qui vient vers moi. Mon chevreuil tourne la tête et regarde vers son confrère. La tension de l'arc qui s'éternise commence à devenir moins confortable. J'hésite à décocher, j'espère le voir se rapprocher un peu plus et se présenter plus plein travers. Rapidement le chevreuil que j'ai dans mon viseur, s'avance un peu et se plante plein travers à environ 10 mètres. Il prend la pause, je cale tranquillement ma visée alors qu'il regarde à nouveau vers son confrère qui s'est mis à brouter à 15 mètres de lui.

Je décoche, ma flèche rentre bien au défaut de l'épaule avec un bruit sourd. Le chevreuil fait volte-face et part en trombe pour disparaître dans les herbes hautes où il broutait tout à l'heure. Dans sa fuite, j'ai aperçu des plis d'intestin qui sortaient du trou de sortie en arrière des côtes. Son confrère a filé. J'attends un peu puis remonte pour chercher ma flèche que je retrouve au sol peu marquée par le sang mais avec du contenu stomacal.

Je me dirige ensuite vers les herbes hautes et les contourne quand 2 chevreuils démarrent de l'autre côté de la butte. Je me fige, l'un des chevreuils s'arrête à environ 50 mètres de 3/4 arrière et m'observe. Je reste immobile. A ma grande surprise encore une fois le chevreuil revient vers moi, il remonte de 10 mètres de 3/4 face puis bifurque comme pour venir se positionner plein travers. Il avance doucement et s'arrête régulièrement. Il biaise doucement pour se rapprocher tranquillement. J'arme doucement mon arc alors qu'il est à 20 mètres environ ce qui ne l'inquiète même pas. Il finit par se planter en contrebas à 12 mètres environ plein travers. J'aligne ma visée et décoche. Le chevreuil fait un bon comme pour éviter ma flèche qui l'a certainement juste frôlé sous le poitrail. Il part en trombe, remonte un talus abrupt et disparaît dans des genets et des épines. Il s'arrête un peu plus loin et se met à aboyer furieusement avant de se taire et de repartir au galop, je ne peux plus le voir mais je l'entends un moment.

Je pars vérifier mon tir mais ne retrouve ni flèche ni sang. La nuit s'installe, il est temps d'aller chercher l'autre chevreuil, je m'avance dans les hautes herbes à la recherche de sang. Une odeur très caractéristique de contenu stomacal envahit mes narines, je finis par tomber sur mon chevreuil couché contre un petit genet en cherchant du sang. Il a fait à peine 20 mètres et est tombé là où je le perds de vue. C'est un chevrillard femelle, je le pensais plus gros en le fléchant. Effectivement ma flèche rentre au défaut de l'épaule mais sort en arrière de la panse dans les intestins.

Un chevrillard inconscient, 18 novembre 2013

Je reviendrai le lendemain après ma matinée de boulot mais je ne trouverai pas plus d'indices qui pourraient me faire penser que j'ai touché l'autre chevreuil. Pas de flèche non plus, elle est perdue. 

 

Alex

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 12:48

Sortie du matin : 

 

Ce matin, je pars pour Labéjan autour de mon lac favori pour tenter une approche sur un chevreuil, cette année les chevreuils semblent beaucoup moins nombreux sur la commune et, lors de mes sorties répétées, je vois peux de chevreuils, j'espère en voir d'avantage quand les maïs seront moissonnés bien que l'approche sera alors beaucoup plus compliquée. Malgré cela, j'ai cette année un taux de réussite assez important vu que je ne sors plus autant qu'avant.

En route, alors qu'il fait encore nuit, j'aperçois un chevreuil dans mes phares alors que j'arrive au pont qui franchit le Sousson en limite de Durban et de Labéjan. L'animal qui s'apprête à traverser le pont en direction de Duban fait volte-face et saute dans le champ sur la droite de la route. Je le regarde s'éloigner en direction du stade de foot de Labéjan situé à quelques centaines de mètres. Il s'agit certainement d'une chevrette que j'ai pu observer plusieurs fois cette année à un peu toutes les heures de la journée. Son gîte doit se trouver dans la bordure boisée du ruisseau.

Je poursuis ma route mais au lieu de remonter comme d'habitude par la route qui longe le bois du Turc, je poursuis jusqu'à la suivante pour aller me garer près de la ferme pour chasser au lever du jour la petite parcelle de maïs isolée qui redescend sur le penchant opposé à celui qui descend vers le lac. Je suis un peu en avance et attends que le jour se lève un peu en me préparant puis je pars vers la culture mais elle a été moissonnée. Je jette tout de même un coup d’œil pour tenter de voir des chevreuils mais le coin semble désert. Un vent soutenu souffle ce matin. 

Je fais demi-tour et reviens vers la route que je longe un moment en crête avant de prendre à travers champ pour redescendre entre un bosquet et le bois qui borde une partie de la parcelle de maïs restante. Arrivé au coin du bois, je jette un coup d’œil sur la bande enherbée, pas de chevreuil, je commence à longer le maïs à mauvais vent. Le sol détrempé est très bruyant, chaque pas fais un bruit terrible dans la boue. J'arrive doucement au coin du maïs et jette un coup d’œil sur le côté suivant mais pas de chevreuil. Je redescends donc tranquillement vers le ru. Je jette un coup d’œil au premier passage de canon, pas de chevreuil. Alors que j'arrive au second passage de canon, un animal démarre dans le maïs sans que je puisse le voir. Je poursuis jusqu'au passage mais ne vois rien, à quelques mètres du passage une large bande de maïs a été moissonnée, je regarde pour voir si je peux voir traverser quelque chose mais rien.

Je reviens sur mes pas et m'avance doucement dans le passage de canon, un peu plus loin un lièvre traverse à 30 mètres devant moi. Arrivé au milieu du passage, je fais demi-tour et pars pour longer le second passage, au bout du second passage de canon sans avoir vu d'animaux, je décide partir chasser autour d'une autre petite parcelle de maïs à environ 500 mètres près d'un autre lac.

Je traverse la route, longe le lac puis remonte en suivant le grand chaume de maïs pour rejoindre la route de crête que je traverse pour redescendre vers le bout du lac entouré de bois avant de remonter vers le maïs. Je longe doucement la largeur puis la longueur du bas du champ sans rien voir à part quelques volées de pinsons dont le décollage me fait parfois croire à un animal qui démarre dans la culture. Je retombe sur la route et reviens vers la route de crête avant de reprendre à travers champ vers quelques bosquets où se trouvent souvent des chevreuils. Je rattrape la bordure d'une longue bande de bois et commence à la longer, par le haut, avec le vent de face, quand un animal démarre tout près sur ma gauche, dans les épines noires. Il casse pas mal de bois puis le bruit s'arrête, je tente de rentrer sans bruit dans le bois assez clair mais je ne vois rien, je cherche le gîte de l'animal sans succès, pensant qu'il s'agissait d'un gros sanglier puis je reprends ma route. Je contourne un grand bois puis remonte à travers champ vers un chemin de terre en crête qui revient vers la ferme. Pas le moindre chevreuil en vue jusqu'à ma voiture.

Je décide de rentrer, il est presque 10 heures. Sur le retour, je décide tout de même d'aller faire un tour vers le stade de foot au cas où le chevreuil vu ce matin serait toujours par là. Je suis donc la route qui longe les champs qui bordent le Sousson quand j'aperçois une chevrette dans une petite parcelle coincée entre un fossé bordé d'arbustes et de ronces sur sa gauche et un ru bordé de grands arbres sur sa droite. Le chevrette avance vers la bordure du fossé, je poursuis ma route comme si de rien n'était et me gare à environ 300 mètres près du stade. Le vent est bon, il longe le Sousson en venant face à moi. Je longe sous le talus du champ en suivant un chemin de terre qui poursuit le chemin goudronné où je me suis garé et traverse le Sousson au niveau d'un passage à gué. Je remonte ensuite le talus pour longer le ruisseau en me plaquant le plus possible à la bordure d'arbres qui le longe.

La bordure de ronces et de buissons me masque la chevrette, j'avance tout de même assez rapidement craignant la voir sortir à découvert en traversant le fossé. Je suis encore à 150 mètres environ quand j'aperçois du mouvement derrière le fossé. Je me fige et aperçois 2 chevreuils qui partent au trot vers la bordure du ruisseau, je les perds rapidement de vue. Je tente de me rapprocher rapidement mais j'aperçois vite les chevreuils qui me regardent arriver au bord du ruisseau. Je me fige, ils redémarrent pour s'arrêter au bord du ru au niveau de son arrivée au Sousson. Je tente de m'avancer un peu, ils hésitent un peu puis franchissent le ru grossi par les fortes pluies de ces derniers jours.

Je décide de changer de stratégie, je reviens rapidement vers la route puis la longe jusqu'à la haie qui borde le ru. Cette dernière fait un angle droit au bord de la voirie et la longe un petit moment. Je jette un coup d’œil au travers de la haie et aperçois les 2 chevreuils arrêtés au bord du Sousson à environ 100 mètres du ru. Je traverse la route et descends dans un fossé profond en contrebas de la chaussée qui me permet d'avancer à couvert, un peu voûté, sur 200 mètres environ dans l'eau jusqu'à mi mollet. Mes chaussures de marche sont pleines d'eau. Je surveille par moment, en me redressant, la position des chevreuils mais ces derniers sembles paisibles et ont même recommencé à brouter. Je rattrape rapidement le bout d'une haie qui descend vers la route et passe derrière à couvert pour faire un grand détour car le niveau du fossé qui rattrape doucement celui de la route ne va plus me permettre d'avancer caché. Je jette un coup d’œil aux chevreuils qui restent calmes puis je remonte dans les coteaux caché derrière la haie. Je profite du relief du terrain pour rejoindre une haie parallèle qui redescend vers la route. Je passe derrière, les chevreuils semblent m'avoir vu mais la forte distance ne les rend pas plus inquiets que ça.

Voûté au maximum pour profiter de la haie et du relief du terrain, je rejoins à travers une prairie le bout d'une haie épaisse qui borde la route. Je fais une pause assez longue pour observer les chevreuils. Il me faut traverser la route sans être vu. La chevrette observe les voitures qui passent sur la route mais restent tranquille. Je tente ma chance, je traverse la route et rentre dans un autre fossé assez profond qui borde la droite de la route pour rejoindre le Sousson. Il me semble que la chevrette qui est à plus de 150 mètres regardait vers moi. J'avance d'environ 30 ou 40 mètres dans le fossé plein d'eau puis escalade un peu le talus pour observer les chevreuils, ils sont toujours tranquilles et avancent doucement en broutant vers le pont. Je continue à avancer rapidement en les surveillant tous les 30 mètres environ. Toujours aucun signe d'inquiétude.

J'arrive au niveau du pont, la courbure sortante du ruisseau me permet de sortir à découvert sur la route sans être vu, caché par les arbres qui bordent le Sousson. Je traverse doucement la route, descends le talus et rentre dans la bordure boisée du ruisseau, le vent soutenu est face à moi. J'avance très doucement en calculant mes pas et en tentant d'apercevoir les chevreuils. Je slalome entre les chênes en collant la bordure du cours d'eau au maximum. Je finis par apercevoir les chevreuils après environ 40 mètres d'approche, il s'agit d'une chevrette et de son jeune, un petit mâle reconnaissable aux petites bosses sur son crâne. J'avance très doucement à leur rencontre alors qu'ils avancent tout doucement en broutant. J'avance ainsi jusqu'à 5 mètres environ un petit virage sortant du ruisseau et me poste en observation. La chevrette observe souvent vers la route alors que son jeune insouciant broute tranquillement. Le chevrillard rejoint sa mère et s'en suit une petite séance de toilettage mutuel. Ils sont à environ 25 mètres.

La chevrette finit par reprendre sa marche, je sors mon carquois pour éviter d'accrocher une branche à l'armement mais la fixation qui force un peu lâche d'un coup et produit un petit bruit en heurtant ma cuisse. Je me fige, la chevrette regarde vers moi mais ne me voit pas puis elle se tranquillise rapidement. Je reste immobile et pose mon carquois au sol en appui contre un arbuste. Je surveille régulièrement le vent en lâchant de petites feuilles en l'air, il souffle presque face à moi, un peu en biais vers le ruisseau, tout va bien. Tout à coup, alors que je surveille le chevrillard, je perds la chevrette de vue. Je la cherche un moment du regard puis aperçois la tache blanche de son postérieur entrain de rentrer dans la bande boisée du bord du ruisseau. Le chevrillard, resté en retrait, s'avance pour la suivre. Le ruisseau est en crue et je ne pense pas les voir traverser mais au cas où, je reprends mon carquois à la main et m'avance un peu pour pouvoir les tirer dans le ruisseau si ils décident de traverser mais les chevreuils se ravisent et reviennent sur leur pas pour reprendre la bande enherbée et revenir vers moi.

Je suis toujours dans la bande boisée qui suit le Sousson. Je pose mon carquois, m'agenouille doucement dans un creux du terrain et laisse venir. Une grosse touffe d'herbe posée sur un bourrelet de terre me fait un bon écran de camouflage. La chevrette arrive d'un pas lent, sa tête passe derrière la touffe d'herbe, j'arme mon arc, elle ressort à découvert plein travers alors que mon viseur se pose au défaut de son épaule, elle n'est qu'à 5 mètres, je décoche. Ma flèche rentre pile où je la voulais, les 2 chevreuils démarrent brusquement et remontent à toutes pattes vers la route mais rapidement la chevrette vacille, un bout de poumon sort par le trou de sortie à peine un peu plus bas et en arrière que le trou d'entrée. Elle chute à 40 mètres environ, tente de se relever, se débat un peu puis s'immobilise. Le chevrillard continue sans se retourner et ralentit juste en arrivant à la route qu'il traverse au pas. Il s'arrête un moment de l'autre côté de la chaussée mais ne se retourne toujours pas puis descend le talus et s'éloigne en remontant le coteau le long de la haie que j'ai utilisé pour faire ma boucle tout à l'heure.

Je quitte mon poste et pars droit sur ma chevrette qui est déjà morte. Le bout de poumon s'est détaché dans la chute et gît à 1 mètre de la chevrette. Je cherche un peu ma flèche mais sans parvenir à la retrouver. J'appose donc le bracelet et charge la chevrette sur mes épaules pour revenir à la voiture.   

Une très belle approche, 18 novembre 2013

Alex

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:14

Aujourd'hui, la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère invite les archers, comme chaque année, pour une battue mixte (arc/arme à feu). J'étais chargé d'inviter les archers, 9 archers devaient venir mais 2 se désistent le matin même à cause de la pluie qui tombe depuis hier soir. Je me lève vers 5h30 pour aller faire le plein d'essence avant l'arrivée de Christophe qui doit me rejoindre chez moi. Il pleut des trombes d'eau, la journée s'annonce mal. Christophe arrive vers 6h50, nous partons pour rejoindre Manu qui nous attend sur la route à Saint Jean Poutge. Alors que je roule sur la N124, dans une côte à 3 voies, je passe en feux de croisement alors qu'une voiture arrive en face. Nous apercevons à peine le cul d'un chevreuil qui traverse juste au ras de mon pare-chocs et le temps de nous dire que nous sommes passés à 2 doigts de l'accident, un second chevreuil arrive droit dans ma portière, nous apercevons à peine sa tête puis un choc latéral impressionnant retentit. Je freine et fais demi-tour un peu plus loin mais pas de chevreuil sur la route ni sur le bas-côté, nous reprenons la route et retrouvons Manu à Saint Jean Poutge, je profite pour regarder ma voiture, la carrosserie est à peine enfoncée en bas de la portière arrière.

Nous poursuivons notre route pour retrouver les autres archers (Lucien, Vincent, Lionel et Gilles) qui nous attendent sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère. Le vent est toujours très fort mais la pluie s'est calmée. Nous partons à pied vers le rendez-vous de chasse dans les petites ruelles du village. Après un déjeuner et les consignes de sécurité, le carnet de battue complété, nous partons pour la première traque de la matinée. Je suis responsable des archers et c'est moi qui dois les poster. Nous allons chasser à "Bouras" sur la commune de Roques. Comme souvent, je me trompe de chemin en partant de Lagardère et fais un gros détour pour arriver à la zone de chasse. Les chasseurs au fusil sont déjà postés à notre arrivée. Je laisse 2 archers que le traqueur va se charger de poster en retour au départ de la traque, je pars en remontant la vielle Osse pour poster le reste des archers. Manu et Christophe prennent leurs postes habituels des années précédentes avant la peupleraie, je laisse ensuite Gilles au niveau d'un passage peu profond de l'ancienne rivière, dans la peupleraie, au bord du cours d'eau, juste en face de l'angle du bois que nous allons chasser. Je traverse la rivière avec Lionel puis le laisse au milieu de la largeur du bois, il rentre par une coulée et se poste dans le bois. Je prends le pas de course pour aller me poster au-dessus du bois au départ d'une haie épaisse qui part de la traque pour rejoindre un autre bois un peu plus haut. Je ne suis pas encore au poste que les premiers coups de feu résonnent. Je cours pour arriver au poste alors que les chiens poussent déjà.

Je me poste essoufflé alors que les chiens poussent en se rapprochant rapidement. Les traqueurs donnent de la voix, tout à coup des craquements se font entendre tout près, les teckels surgissent des épines et passent devant moi puis s'élancent dans le pré en donnant avant de rerentrer au bois. Les menées partent en tous sens dans le bois et quelques coups de feu résonnent. J'espère que les autres archers voient du gibier. Un des traqueurs suivi du conducteur de chien de sang, auquel je fais souvent appel, qui a été invité pour cette chasse, arrivent en suivant la bordure du bois, je les aperçois au travers de la haie au départ de laquelle je suis posté. Ils se rapprochent puis la traversent à 15 mètres dans mon dos, je me signale à vive voix pour être repéré au cas où. Le conducteur tient son herdale terrier en laisse. Ils s'arrêtent un peu plus loin alors que les chiens donnent dans le bois. Le vent souffle très fort et il est difficile de suivre la chasse à l'oreille à part les voix des chiens quand ils ne sont pas trop loin. Il semble qu'une autre équipe chasse dans mon dos, certainement Courensan.

Au bout d'un moment, la menée revient vers moi mais elle passe dans le sale à 20 mètres environ, j'aperçois à peine un chien. Le chevreuil va sortir du bois 40 mètres plus loin et être tiré par un  posté au fusil. Les voix des chiens se calment peu a peu puis au loin il me semble entendre les 3 coups de corne de fin de traque. Je tends l'oreille et réentends la sonnerie. J'appelle le traqueur qui me confirme la fin de chasse et me dit de rassembler les archers pour partir vers les silos à grains sur la route de Vic Fezensac juste un peu plus loin. Je me déposte rapidement et repars par où je suis venu pour déposter. Lionel a vu des chevreuils mais trop loin pour pouvoir décocher, Gilles a manqué un chevreuil qui a démarré au moment du tir, sa flèche a juste touché le sabot de l'animal, ce qui a tordu une des lames de sa flèche. Les autres archers n'ont rien vu. 3 chevreuils ont été tués par les postés au fusil mais aucun sanglier n'a été levé ce qui est très étonnant sur cette traque.

Nous reprenons les voitures et retrouvons les chasseurs près des silos. A peine arrivés, le président nous envoie nous poster autour d'un petit bosquet situé au milieu des vignes à 300 mètres environ de l'autre côté de la route. Je ne connais pas ce secteur que je n'ai jamais chassé. Les consignes sont simples, nous devons nous poster autour du bois, les fusils se posteront plus loin autour des vignes. Le propriétaire du secteur se plaint régulièrement de dégâts fait par les sangliers à ses plans de vignes, il semble que la bête noire raffole de la paraffine qui protège les greffons des plantons et arrache les plans pour s'en nourrir.

Nous prenons les voitures pour aller nous garer près de la ferme à 100 mètres environ du bosquet qui me semble maintenant minuscule, il fait à peu près 50 mètres de long par 30 de large. Un vent fort souffle de gauche à droite, ne voulant pas risquer de lever les animaux avant que les fusils ne soient en place, je décide de poster les archers avec le vent de face sur 3 côté du bois. Je laisse 2 archers en bas du bosquet où sortent de nombreuses coulées très marquées puis nous longeons une grosse haie, qui part rejoindre un autre bosquet un peu plus loin, en cherchant un passage pour la traverser et poster les 2 autres côtés du bois. Je finis par trouver un passage à 30 mètres environ du bois. Nous traversons donc la haie qui suit un fossé recouvert par la végétation arbustive. Une grosse coulée suit le fossé dans la haie. Je sens bien le poste et je m'y serais posté si j'avais été le seul archer. C'est Gilles qui va prendre ce poste. Manu et Christophe se postent en suivant.

Des coulées impressionnantes sortent du bois qui semble très épais, nous remontons avec Lucien pour chercher nos postes. Nous arrivons au coin du bois et faisons une pause pour voir où Lucien allait se poster quand nous apercevons 3 gros sangliers à quelques mètres de nous juste en bordure du bois. Le temps de réagir, les animaux font volte-face et se dispersent dans le bois. Je laisse Lucien se poster et parts en courant vers l'angle suivant. L'angle est assez clair sur quelques mètres et couvert de fougères, écrasées par le passage des animaux, qui bordent un énorme roncier impénétrable. Mais alors que je m'avance dans les fougères pour me poster, j'aperçois Lionel qui est monté se poster là alors que je le pensais sur le bas du bois. Je lui annonce que les sangliers sont dans le bois mais il ne comprend pas tout de suite et me parle d'une chevrette qu'il vient de voir sortir du bois. J'insiste en lui répétant que les sangliers sont dans le bois quand un gros sanglier d'environ 60 ou 70 kg surgit des ronces et nous passe juste à côté pour sortir du bois et s'élancer dans les vignes. Lionel décide de repartir rapidement se poster plus bas et je me poste rapidement en bordure du bois juste derrière un petit chêne penché qui retombe sur les fougères et les ronces.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je suis à peine posté que le piqueur arrive avec les chiens qui lancent immédiatement. La menée monte vers moi Le roncier se met à craquer, malgré le vent très fort j'entends le sanglier monté droit sur moi, j'arme mon arc en dirigeant la flèche vers le bas, le bruit se calme un moment, je décide de désarmer mais au même moment, un sanglier d'environ 60 kg surgit du roncier à 4 ou 5 mètres au même endroit que celui de tout à l'heure et fonce droit sur moi. Je tente d'armer mon arc rapidement mais il m'aperçois et bifurque à 90° sur ma gauche pour partir au trot vers l'angle du bois. J'ajuste ma visée rapidement et décoche alors qu'il est à environ 10 mètres mais je passe derrière et le sanglier sort dans la vigne et ralentit immédiatement avant de commencer à slalomer entre les pieds de vigne en redescendant dans mon dos vers la route.

Les chiens donnent toujours, au loin des coups de feu résonnent, je réencoche rapidement et me reconcentre. Assez rapidement une bagarre éclate dans les ronces, à nouveau le sanglier remonte vers moi mais plus à droite, pile derrière le chêne penché. Il arrive au ras du roncier avec les chiens au derrière, j'arme mon arc mais au moment de sortir il fait rageusement volte-face en grognant comme pour repousser les chiens puis il ne fait plus un bruit pendant un moment. Je désarme. Rapidement les ronces se mettent à bouger et à craquer, le sanglier biaise doucement comme pour sortir là où me sortent les 2 autres sangliers. Je réarme, une tête s'avance à découvert mais le sanglier reste en parti dans les ronces, j'aligne rapidement ma visée mais au moment où je décoche le sanglier redémarre et ma flèche passe à côté, je rage, c'était un cadeau. Mais en voyant le sanglier foncer dans les fougères suivi de 2 petits jaunes d'environ 10 kg et encore un peu rayés je constate qu'il s'agit d'une laie qui allaite encore. Bien que nous ayons comme consigne de tout tirer à cause des dégâts, je n'aurais pas été très fier d'afficher une belle laie aux tétines pleines au tableau.

Je regarde s'éloigner la laie et un petit dans la vigne tout en réencochant. A nouveau des coups de feu sur la ligne un peu plus loin. Les chiens donnent toujours, au bout d'un moment le roncier se remet à bouger, je réarme mais le sanglier finit par sortir à 30 mètres environ vers le fond du bois et fonce à travers la vigne. Je désarme. Il fait environ 50 kg, un petit moment plus tard, un coup de feu résonne sur la ligne, le sanglier a été tué. Les chiens n'ont pas suivi et donnent toujours, tout à coup, une petite silhouette jaune se débine furtivement dans les ronces sur ma droite, j'aperçois une petite queue dressée entre 2 fougères. J'arme l'arc et aligne ma visée alors que le petit sanglier d'une dizaine de kilogrammes surgit de derrière le petit chêne, je le tire de 3/4 arrière à moins de 3 mètres sur ma gauche alors qu'il passe au trot mais je passe dessous et le manque. Je ne le vois pas sortir du bois.

Les chiens donnent toujours et je réencoche mais au bout d'un petit moment la menée s'éloigne. Je pars rapidement tenter de retrouver mes flèches mais ne retrouve que la dernière qui ne porte aucune trace suspecte. Je confirme donc mon impression, j'ai manqué. Il ne me reste que 2 lames neuves au carquois. Je reprends mon poste et réencoche. Au bout d'un petit moment les teckels reviennent à la charge dans le roncier devant moi. Les traqueurs font le tour du bois et arrivent dans mon dos. Le conducteur de chien de sang qui les suit a semble t-il tiré un sanglier à la sortie du bois à les entendre discuter et ce dernier vient se poster juste derrière moi au bord du bois derrière un gros chêne alors que les carabines étaient sensées rester loin de la traque. De plus, il a lâché son herdale qui passe et repasse devant moi en suivant, de l'extérieur, les chiens qui poussent dans les ronces. Cette situation m'énerve un peu mais je reste calme et garde mon poste comme si de rien n'était.

Une grosse bagarre éclate dans le roncier à moins de 10 mètres, le sanglier grogne, souffle et charge les chiens. Les ronces craquent et s'agitent de façon impressionnante. Le sanglier, un beau ragot d'environ 90 kg finit par sortir sur ma droite des ronces et longe au pas entre le roncier et les fougères. J'arme mon arc et le suis, une branche m'empêche de décocher puis le chêne, le sanglier sort au pas à découvert au gauche du chêne. J'ajuste trop rapidement ma visée et décoche en pensant déjà au moment où il va sortir sur le découvert et essuyer les tirs de carabine du conducteur de chien de sang. Je me suis trop pressé pour décocher et je n'ai pas vu partir ma flèche mais j'ai nettement entendu l'impact.

Le gros sanglier continue au pas et sort tranquillement du bois comme si de rien n'était puis bifurque à 90° alors qu'il vient de rentrer dans la vigne pour passer plein travers au posté dans mon dos à 30 mètres environ. La balle claque puis le silence, je suis dégouté. Rapidement le conducteur de chien de sang se déposte alors que j'entends grogner quelques teckels dans mon dos. Je me retourne et aperçois le gros sanglier mort à environ 80 mètres dans le rang de vigne. Le tireur le rejoint alors que l'herdale arrive sur la carcasse.

Je pars chercher ma flèche plantée au sol et constate qu'elle est couverte de sang. Je la récupère et retourne à non poste. Au bout d'un moment, le tireur revient et je lui demande où a tapé ma flèche, il me répond qu'il n'a pas vu de trace de flèche et je lui dis que ma flèche est couverte de sang. J'essaie de me reconcentré mais cette mésaventure me laisse un goût très amer. Des teckels recommencent à donner dans le roncier qui s'agite en tous sens sur ma droite, un sanglier fait ferme avec fureur puis il démarre en cassant tout sur son passage et en longeant à 10 mètres dans le roncier pour surgir comme une balle avec l'herdale terrier au fesses à 25 mètres de mon poste et foncer tout droit dans la vigne. Il est monstrueux et bien armé. Il ne pourra pas être tiré à cause de l'herdale qui lui colle au train et le mort aux pattes arrière.

Le président de la chasse arrive avec un des chasseurs et tout le monde discute derrière moi. Agacé par la situation, je me déposte et parts voir le sanglier avec un autre chasseur. Je constate rapidement que ma flèche a éraflé le dessous du ventre

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

et a traversé la patte avant à l'opposé du côté tiré.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je ne trouve pas de trace du tir à balle et le sanglier ne saigne pas par la gueule ni ailleurs que par la plaie à sa patte. Il a par contre une grosse plaie de quelques jours ouverte de 10 cm de long par 5 de large par un coup de défense juste derrière ses côtes sur le flanc droit, certainement l'œuvre du très gros mâle que j'ai vu tout à l'heure. De l'écume blanche couvre ses babines, il devait être en plein rut.

Nous attachons une corde autour de son groin derrière les grès pour le traîner jusqu'à la voiture du président. Le tireur me raconte un peu son tir et m'annonce qu'il m’a vu tirer. Je n'ai plus envie de chasser et décide d'accompagner le président pour ramasser les sangliers morts et les ramener cher lui. Une femelle est déjà dans le coffre du Cadi, nous chargeons le gros mâle et partons chercher un autre sanglier tué un peu plus loin. J'analyse la situation dans ma tête, je ne peux pas croire que ce soit ma flèche qui soit à l'origine de la mort du sanglier mais il est vraiment bizarre de ne pas voir de trace du tir à balle et surtout de ne pas voir de saignement autre que celui dû à ma flèche. J'analyse également le tir à la carabine et ne comprends pas comment il a été possible, le tir était très loin d'être fichant et aurait pu être dangereux pour les postés un peu plus loin. Je n'arrive pas à digérer cette action de chasse, tout d'abord mes tirs répétés et ratés puis le tir de ce sanglier juste après ma flèche mais je me conforte un peu en me disant que ma flèche n'était pas bonne et que ce tir a évité de faire souffrir trop longtemps l'animal.

Le 3ième sanglier récupéré, nous partons chez le président de la chasse où un invité est déjà en train de peler les 3 chevreuils, cette personne vient aux battues juste pour peler les animaux à mesure qu'on les lui apporte. Je réalise une photo du sanglier avant de lui amener près du palan. Je fais cette photo un peu à contre cœur et en estimant que je ne suis pas responsable de la mort du ragot mais bon.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je demande au "peleur" de bien examiner l'animal une fois dépecé et de m'informer de l'atteinte d'une hypothétique balle de carabine puis nous repartons pour le site de la traque.

A notre arrivée, Lionel est remonté à mon poste, le conducteur de chien de sang est parti, je lui raconte ma chasse et lui explique que j'ai perdu des flèches, nous commençons à les chercher quand les chiens recommencent à donner, je dis à Lionel d'aller se poster à mon poste de tout à l'heure et continue à chercher un peu mais me rendant compte que la menée vient sur nous, je décide de me poster rapidement à environ 15 mètres de Lionel dans son alignement pour lui permettre de tirer. J'encoche une flèche. Le vent fort couvre les bruits, tout à coup, le sanglier sort juste dans les pieds de Lionel qui ne l'a pas entendu venir, juste au moment où je tourne la tête vers lui. Surpris, il n'a pas armé son arc. J'arme rapidement alors que la sanglier a bifurqué et vient droit sur moi, je tente d'aligner ma visée mais le sanglier est déjà sorti du bois à plus de 20 mètres sur ma gauche. Je le suis dans mon viseur mais alors que je décide de désarmer, ma flèche m'échappe et part dans la vigne en passant juste derrière le sanglier. Il part droit sur la ligne mais personne ne tire car les postés ont déjà déposté.

La fin de chasse est sonnée et je reprends mes recherches de flèches sans succès mais alors que je cherche dans la vigne, je tombe sur le pied du sanglier que j'ai fléché et un peu de sang. 

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je suis un peu le sang dans la vigne et trouve l'endroit où a bifurqué le sanglier, marqué par quelques grosses gouttes de sang.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je pars ensuite à contre sens en suivant le sang, je trouve quelques gouttes sur la bande enherbée qui sépare le bois de la vigne, Lucien et Lionel qui m'ont rejoints me confortent dans l'idée que mon tir est responsable de la mort du sanglier au vu du sang perdu mais je n'arrive pas à y croire.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je sais qu'une atteinte musculaire peut faire beaucoup de sang sans toutefois être mortelle et je reste sur ma réserve. A l'entrée du bois, je trouve un peu de sang et un des traqueurs qui nous a rejoint m’annonce qu'il voit une fougère couverte de sang un peu plus loin.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je trouve également un peu de sang dès l'endroit du tir. Il ne me reste plus qu'à attendre le résultat de l'autopsie pour en savoir plus.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je ne trouve pas mes flèches et décide de laisser tomber, nous partons retrouver les autres archers qui se sont regroupés en bas du bois. Nous refaisons un peu la chasse, tout le monde a eu des animaux pas loin, Gilles à même éraflé le dos d'un sanglier de 40 kilos mais personne n'a pu tuer d'animaux. Nous partons pour la salle des chasseurs de Lagardère où nous attends un bon repas chaud préparé par les épouses des chasseurs. Avant le repas, on m’annonce que le seul trou dans le sanglier était celui de ma flèche, n'y croyant pas je demande confirmation au "peleur" mais il est formel. On m'attribue donc la mort du plus gros sanglier de la battue. Un petit discours pour remercier la société de chasse, son président, les cuisinières et le peleur puis nous passons à table. Les archers semblent ravis de leur journée ce qui me remonte un peu le moral.

Nous sortons de table vers 16h30 et nous rentrons tranquillement avec Christophe, en route nous contrôlons pour savoir si le chevreuil tapé ce matin n'est pas dans le champ ou le fossé mais rien. Le miracle de cette flèche de patte me tracasse et le soir même je rappelle le président de la chasse en lui demandant si on ne m'a pas fait une blague mais il me confirme que non, ainsi que quelques chasseurs venus prendre l'apéro chez lui. Personne n'a vu d'entrée de balle malgré les diverses expertises et je me mets à croire à l'impossible.

Ce n'est qu'une semaine plus tard que le verdict tombera lors de l'exposition canine de Tarbes où j'ai amené Hémo et où je retrouve le président de la chasse de Justian et un des piqueurs, c'est lors de la découpe du sanglier que les traces du tir à la carabine seront découvertes. La balle rentrée en arrière des côtes a traversé vers l'épaule opposée et est donc la cause de la mort de ce très bel animal.

 

Alex

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 11:35

Ce matin, je change un peu de secteur de chasse, toujours sur Labéjan, je décide de chasser sous le cimetière. Arrivé au lever du jour, je me prépare puis observe du cimetière la combe que je domine. Des vaches ont été mises dans la pâture au tour du lac. Je sais que j'ai donc peu de chance de voir des chevreuils dans le secteur. Je descends donc rapidement et rattrape le ruisseau qui suit le fond de la combe et le longe. Un bois sur ma droite, un champ travaillé qui remonte à ma gauche vers un autre bois à 70 ou 80 mètres qui commence à mi pente et couvre la crête et le penchant suivant, pas de chevreuil en vue.

J'arrive au bout du bois et me poste un peu à couvert puis commence à appeler un moment au Butollo mais rien ne vient. Je continue à longer le ru puis traverse le champ travaillé pour rejoindre le bout du bois qui remonte sur le versant de gauche. En arrivant au coin du bois j'aperçois 2 chevreuils à environ 200 mètres qui descendent le penchant suivant couvert de luzerne et se dirigent vers le bois. Je tente de les appeler au Butollo mais, au lieu de venir, ils regardent un moment vers moi puis pressent le pas pour rejoindre le bois. Je longe un peu le bois puis remonte par une coulée pour rattraper la crête du bois et le suis pour tenter de recouper les chevreuils un peu plus loin mais je vais traverser le bois dans la longueur sans voir les chevreuils.

Je rejoins ensuite la route de crête pour passer sur le versant suivant mais je m'avance un peu trop vite, une chevrette en lisière du bois qui sortait m'aperçois et rentre à couvert. Je traverse la pâture des vaches inoccupée actuellement et rejoins le bois un peu plus bas que l'entrée du chevreuil. Une fois dans le bois, je me cale derrière un gros arbre puis commence à appeler au Butollo. Assez rapidement, un galop retentit dans mon dos, dans une langue de pré qui rentre dans le bois en contrebas mais caché par le talus du bois. Je me retourne et continue à appeler mais de chevreuil que je n'ai pas pu voir a fait demi-tour et repart en aboyant.

Je quitte mon poste, traverse la langue de pré et remonte le penchant de bois qui suit le pré. J'appelle à nouveau, un animal remonte dans les ronces près de mon ancien poste. Je ne peux pas le voir mais entends les craquements. Le calme revient rapidement, je progresse dans le bois en appelant tous les 100 mètres environ sans résultat. Je ressors du bois puis traverse un champ labouré puis la route et descend vers le lac du Lion à travers champ. Je rejoins le petit ru qui démarre dans la combe du champ, encaissé dans une bande boisée et rejoint le lac. Un vol de colverts décolle du lac, un vol de cormorans passe également au-dessus du plan d'eau et l'un d'eux poser sur le lac prend son envol en pédalant sur l'eau. Je longe le lac par la droite puis remonte vers le bois en crête et recommence à appeler en suivant, sous la crête, un chemin forestier en m'arrêtant régulièrement.

Pas de chevreuil, arrivé au bout du bois le terrain descend sur une pente raide qui aboutit sur un chemin de terre qui rejoint la N21 à une route de crête qui surplombe le lac du Lion. Je rejoins ce chemin de terre puis le remonte vers la route de crête. Sur ma droite, le terrain remonte vers un bois en crête, Le chemin de terre m'amène au coin de ce bois. Un chemin longe le bas du bois mais la végétation semble avoir bien poussé et l'approche risque d'être compliquée. Je décide de passer par le dessus du bois. Tout à coup, alors que j'arrive à l'autre angle du bois, j'aperçois le cul d'une chevrette qui broute au sommet d'un talus qui domine le chemin d'environ 2,5 mètres.

Elle est à 20 mètres environ, de cul et me domine, l'approche ne sera pas facile, si le chevreuil relève la tête, il me verra forcement. Il me faut faire vite pour me rapprocher mais rester silencieux. Je me rapproche donc rapidement aidé par un vent de face soutenu, le sol mouillé est silencieux. J'arrive sans difficulté à 10 mètres, arme mon arc, la chevrette est de 3/4 arrière assez fermé presque de cul. Je prends la visée devant le cuissot droit et décoche. Ma flèche frappe la chevrette qui démarre aussitôt. Son estomac, son foie et une partie de ses viscères pendent par le trou d'entrée de la flèche. La chevrette s'éloigne péniblement, descend le talus, traverse le chemin, descend un autre talus et se fige à quelques mètres dans le semé de blé. Elle n'a pas fait 20 mètres, elle commence à chanceler et lutte par ne pas repartir en marche arrière, ses pattes ne la portent plus. Je crains que ma flèche ne lui ait juste ouvert le flanc. Je réencoche au cas où puis reste immobile et observe impuissant pour ne pas la stresser et risquer de la faire fuir. Rapidement, la chevrette fait demi-tour et revient vers le chemin pour disparaître derrière le talus qui longe le champ. J'attends un peu puis m'avance doucement arc armé, la chevrette agonise, couché sur le ventre, de 3/4 face, au pied du talus. Je ne vois que sa tête, je décide de ne pas prendre de risque et de la reflécher, elle est à 8 mètres environ, je vise la base de la tête tournée plein travers et décoche. L'impact retentit, la chevrette n'a pas réagi au tir, elle se contracte, lève la tête au ciel puis se couche sur le flanc, c'est terminé pour elle.

Je me rapproche et analyse mon tir avant de poser mon bracelet et de vider ma chevrette par l'ouverture phénoménale causée par ma flèche qui rentre devant le cuissot, ouvre l'abdomen et le coffre jusqu'à 15 cm derrière l'épaule et coupe toutes les côtes sauf les 2 premières en remontant vers la colonne vertébrale

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

coupant au passage le foie en 2 et touchant un poumon avant de ressortir entre les omoplates au départ du cou. Cette sortie montre que le chevreuil n'a réagit qu'une fois la flèche passée.

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

Ma seconde flèche, qui me semble maintenant inutile (la première suffisait largement), a traversé la tête de part en part au niveau de la mâchoire inférieure

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

et est fichée au sol avec une vanne partiellement décollée par le passage de l'os. Elle est un peu trop basse et trop à gauche. Je pars ensuite chercher ma première flèche que je retrouve fichée au sol à environ 20 mètres d'où se trouvait le chevreuil. Il ne me reste plus qu'à charger ma chevrette sur l'épaule et à retourner à ma voiture qui n'est pas toute proche.

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

Alex

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 10:21

Acte I : (21 septembre 2013)

 

Ce matin, nous inversons avec Cyril les secteurs de chasse. Hier soir j'ai fléché un chevrillard au bois du Turc et j'ai vu pas mal d'animaux, Cyril lui n'a pas vu grand-chose, j'espère que ce secteur lui sera favorable ce matin. Il se gare aux poubelles, en haut du bois du Turc, dans un virage à 90°. Je pars à pied pour remonter vers la crête puis rejoindre le versant suivant et descendre vers le lac à travers champs. Je n'ai pas fait 50 mètres que j'aperçois 2 chevreuils (chevrette et chevrillard) qui descendent vers la route en broutant, je fais rapidement demi-tour et rejoins Cyril qui se prépare et l'en averti puis je repars, baissé au maximum pour ne pas dépasser du talus du champ qui borde la gauche de la route et ne pas être repéré par le chevreuil puis me redresse derrière une haie épaisse et rejoins la crête où la route retourne à 90°.

Je passe la crête et redescends vers le ru à travers une luzerne, pas de chevreuil en vue.

Je rejoins le ru qui longe le bois puis arrive entre les parcelles de maïs, toujours rien, j'arrive presque au bout du maïs quand j'aperçois du mouvement dans le ru au pied d'un arbuste. Un petit ragondin traverse le ru et disparaît sous la berge de mon côté. Je me poste et attends un moment. Le petit ragondin retraverse rapidement sans me laisser le temps de tirer, l'eau bouge devant le terrier, au bout d'un moment une tête ressort puis une seconde. Un ragondin s'avance et se cale au bord de la berge de mon côté, j'arme doucement, sise et décoche le clouant sur place.

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Je descends pour l'achever puis remonte avec ma petite prise. Un coup d’œil sur les bandes enherbées, toujours pas de chevreuil.

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Un petite photo souvenir et je laisse le ragondin au bord de la route pour tout à l'heure avant de partir chasser la parcelle de maïs sur la droite du lac.

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Le brouillard s'intensifie peu à peu sur le secteur. Je longe tranquillement entre le maïs et le lac jusqu'au bout de la culture. Le maïs fait place à un champ travaillé vallonné. J'avance tranquillement quand la silhouette d'un chevreuil se découpe dans le brouillard à environ 100 mètres du lac. L'animal avance tranquillement vers le maïs, je suis en plein découvert à 100 mètres environ du maïs. Je passe rapidement derrière le talus du lac partiellement asséché par la campagne d'irrigation puis tente de revenir rapidement vers la culture. Le chevreuil regarde vers moi et je crains qu'il ne m'ait vu. Il repart d'un pas plus rapide. Je presse le pas et arrive au coin du maïs, le relief du champ me cache le chevreuil, je remonte rapidement le talus du lac et prends le pas de course sur environ 70 mètres en longeant la culture avant de rentrer rapidement au troisième sillon de maïs pour continuer à avancer à couvert.

Juste à temps, je suis à peine dans le maïs qu'un brocard apparaît à 40 mètres environ au sommet d'une vague du champ travaillé qui m'a permis d'avancer à couvert. Il marque un temps d'arrêt en crête, une chevrette arrive derrière lui. Il reprend sa marche et biaise comme pour rejoindre un passage de canon situé à 40 mètres devant moi. Il avance tranquillement, la chevrette flâne derrière lui en broutant paisiblement. Je tente de couler, accroupi, doucement, pour le recouper mais les feuilles de maïs sont très bruyantes et je dois me déplacer avec une infinie lenteur. Malgré cela le brocard repère un bruit et se fige en regardant vers moi. Je me fige également et attends. Il finit par repartir, j'en fais de même, il reprend sa progression, je te tente d'avancer encore un peu mais à nouveau il se fige et regarde de vers moi un moment. Il finit par se tranquilliser et repartir... ce manège va durer un moment, à ce jeu du 1 2 3 soleil, j'arrive au ras d'un passage de canon à une dizaine de mètres de mon point de départ. Il m'est impossible de le traverser sans être vu et le brocard devient de plus en plus méfiant.

La chevrette le rejoint et il biaise toujours en s'éloignant, comment faire. Je décide de tenter de petits aboiements. Le brocard se fige un bon moment puis finit par revenir un peu vers mes aboiements, le chevrette observe et reste en retrait. Il se fige à nouveau et observe un moment avant de revenir sur ses pas vers la crête, la chevrette le suit. Ils passent presque derrière la crête et je pense les voir s'éloigner mais ils reviennent mais cette fois ils biaisent vers l'angle du maïs du côté lac. Je tente de revenir sur mes pas moi aussi mais le bruit des feuilles de maïs rend le brocard nerveux, il s'arrête souvent pour regarder vers moi et je ne peux avancer que très lentement. Tout à coup, alors qu’il avance lentement en regardant vers moi, il pose la patte avant sur un lièvre gîté qui surgit comme une fusée et se précipite vers le maïs. Le brocard surpris s'enfuit au galop entraînant la chevrette avec lui en crête. Arrivé à la crête, il se retourne et tente d'apercevoir l'origine de sa peur.

Il avance doucement en scrutant le sol puis recommence à descendre mais cette fois il biaise pour venir droit sur moi. je me prépare mais arrivé à environ 35 mètres, le brocard bifurque et remonte un peu la pente en direction du lac comme pour appeler la chevrette restée en arrière puis il longe à mi-pente en direction du lac, la chevrette le suit. Je les laisse faire un moment puis tente de me rapprocher un peu mais le bruissement des feuilles me trahit encore. Le brocard regarde à nouveau vers moi et je dois me figer. Il finit par repartir et se rapproche de la bordure du maïs alors que la chevrette s'en éloigne doucement. Je laisse le brocard arriver au bout du maïs, près du lac puis profite du brouillard épais pour ressortir de la culture et tenter une approche en la longeant. La chevrette s’arrête à 40 mètres environ du maïs en haut du talus du lac. Le brocard descend au coin du maïs sous le talus du lac et je le perds de vue. J'avance en surveillant la chevrette qui me tourne le dos et broute tranquillement et m'arrête à chaque fois qu'elle lève la tête. Je vais tout de même faire un pas de trop alors que la chevrette tourne la tête vers moi. Elle m'a vu.

Je suis encore à 70 mètres d'elle environ. Elle regarde alternativement vers le brocard puis vers moi puis démarre au galop et disparaît derrière la bosse du champ très vite rattrapée par le brocard. Je les perds donc rapidement de vue. J'attends un peu sans bouger au cas où ils reviendraient en arrière mais ne les voyant revenir, je remonte doucement la butte et aperçois les chevreuils qui biaisent dans le creux du champ à 90 mètres environ, vers la route de crête à ma droite. Je repasse derrière la butte et prends le pas de course et fais environ 100 mètres derrière la butte puis remonte doucement vers la crête de la butte. J'observe un moment les chevreuils mais ces derniers bifurquent lentement pour revenir vers le ruisseau qui alimente le lac. Je n'ai plus qu'une chance de tenter une approche, je repasse à couvert derrière la bute et remonte vers la route de crête jusqu'à la limite du champ travaillé et d'une pâture qui remonte jusqu'à la route. Je longe alors tranquillement la clôture électrique qui sépare les 2 parcelles. Les chevreuils sont à 120 ou 130 mètres en contrebas et longe le ruisseau bordé par une haie qui longe les 2 côtés du ruisseau, le brouillard semble masquer ma progression.

Je rattrape le bas d'un petit bosquet qui remonte vers une crête du relief du champ, je le suis et passe à couvert derrière cette grande butte alors que les chevreuils longent le ruisseau. Je cours alors en direction du ruisseau en suivant le creux derrière la butte en m'éloignant des chevreuils au maximum pour rester masqué par le brouillard en repassant à découvert alors que la butte s'amenuise en direction du cours d'eau. Il me faut rejoindre le passage busé qui traverse le ruisseau où j'espère voir arriver les chevreuils mais alors que je me rapproche du ruisseau, j'aperçois une chevrette et son chevrillard qui broutent juste derrière la haie au niveau du passage busé.

J'arrive jusqu'au bord de la haie qui longe le ruisseau sans que la chevrette et le chevrillard me voient. Je commence à longer le ruisseau en direction des chevreuils que la courbure de ma haie me masque. Je suis à 100 mètres environ du passage busé, j'avance rapidement sur la bande enherbée qui longe le ruisseau et amortit le bruit de mes pas. Arrivé à environ 30 mètres de la chevrette, je décide de ne pas tenir compte d'elle et de rapidement me poster au niveau du passage busé. La chevrette et son jeune qui m'ont vu détalent dans le champ derrière la haie. La chevrette pousse un aboiement au loin. Je presse le pas et passe le passage busé puis longe doucement derrière la haie pour chercher une fenêtre de tir au travers de cette dernière mais, tout à coup, j'aperçois le brocard au travers de la haie, il est au ras du ruisseau à portée de tir. Je me fige mais il a détecté le mouvement et démarre pour s'arrêter à environ 18 mètres plus dans le champ, j'arme mon arc mais les branches me gênent, je ne peux pas tirer sans risquer un tir aléatoire.

Le brocard redémarre au pas en longeant à quelques mètres de la haie, je désarme et suis de l'autre côté de la haie très épaisse puis le devance un peu et me positionne au niveau du passage. Le brocard arrive, j'arme mon arc, il se présente de 3/4 arrière à 17 ou 18 mètres et s'arrête, je vise rapidement et décoche. Ma flèche part bien mais le brocard s'écrase pour démarrer et ma flèche tape le haut de ses épaules juste sous la peau et est déviée, rabattue au sol juste derrière le brocard. Je sais que ma flèche est bien trop haute pour avoir une chance de coucher mon brocard et je le regarde s'éloigner en aboyant. Il s'arrête à 60 mètres et lève sa patte avant gauche pour regarder vers moi. La chevrette le rejoint et il repart en aboyant et en boitant légèrement. Il biaise vers le ruisseau, passe la clôture électrique qui sépare le champ travaillé d'une prairie puis rejoint le ruisseau et rentre au bois toujours en aboyant.

Je suis dégoûté, une si belle approche pour en arriver là, j'attends un peu puis pars examiner ma flèche, elle est plantée au sol et couverte de fibre musculaire mais présente très peu de sang. Je trouve les premières gouttes de sang à 15 mètres environ de la zone du tir. Je plante une vielle flèche sur la zone du tir et une au premier sang puis suis le sang pas très abondant mais assez facile à suivre jusqu'à la prairie où le sang devient très peu abondant, je trouve à peine 3 petites gouttes sur 20 mètres. Je marque le passage sous la clôture à l'aide d'une plante posée à l'envers sur le fil. Je décide d'appeler le conducteur de chien de sang pour contrôler tout de même, tout en connaissant l'issue de cette recherche. 

Rendez-vous est pris pour le début d'après-midi. Cyril a fini de chasser et me rejoint. Nous rentrons pour manger et retrouver Eric qui doit arriver ce midi. Je préfère ne pas tenter une recherche avec Hémo qui n'est pas encore assez fiable et risquer de détruire la piste. Je récupère mes flèches et les remplace par 2 branchages feuillus visibles de loin. Sur le chemin du retour nous verrons plusieurs chevreuils.

En début d'après-midi, le conducteur me rappelle, je dois le rejoindre chez lui et c'est Mélina qui doit m'y amener car je n'ai pas mon permis pour ce weekend. Nous partons donc pour Labéjan, le C 15 est chargé, car un autre Alexandre nous accompagne, il n'a pas l'âge de chasser mais il est déjà passionné. Raboliot, le teckel à poil dur pour la recherche, Fannie, teckel à poil lisse et Dudule, l'herdale terrier, chiens forceurs sont à l'arrière avec Alexandre. Arrivé sur place, je prends Dudule en laisse, Alexandre prends Fannie et nous voilà partis à pied vers la zone de tir. J'explique mon tir au conducteur et il décide de reprendre la recherche là où je l'ai arrêté. Je le conduit au passage sous le clôture électrique que j'ai pris soin de marquer. Raboliot va hésiter un moment avant de prendre la piste puis il va nous mener dans le bois là où j'ai vu mon brocard rentrer de loin puis il traverse le ruisseau, hésite, revient sur ses pas, retraverse puis commence à remonter la pente assez raide du bois. Nous suivons avec les chiens forceurs. En  remontant peu après le ruisseau, j'aperçois 2 petites gouttes de sang côte à côte sur la coulée. J'en informe le conducteur qui cherche désespérément du sang depuis le début de la recherche. Raboliot hésite beaucoup sur cette piste au sang quasi inexistant mais petit à petit nous remontons, traversons le chemin forestier puis remontons vers le haut du bois.

Au bout d'un moment Raboliot semble perdu, il cherche et recherche à démêler la piste. Le conducteur nous dit de lâcher les chiens en espérant qu'ils retrouvent et maîtrise le brocard. Dudule, tourne en cercle de plus en plus grand autour de nous quand, tout à coup, il donne de la voix au-dessus de nous. Je regarde vers le bruit et aperçois un chevreuil qui fonce droit sur nous à une vitesse incroyable, je le reconnais d'abord à ses bois. Il nous passe juste à 10 mètres. Une grosse trace rouge sanguinolente marque le haut de ses épaules, c'est bien mon brocard. Fannie et Dudule l'ont pris en chasse. Je tente de suivre la menée en courant. Je rattrape le chemin forestier et le suis, Dudule qui reste muet est déjà loin mais j'arrive à suivre Fannie très en retard qui donne de la voix en poussant. Je ressors du bois puis arrive au passage busé alors que Fannie longe dans le ruisseau mais elle ressort de l'autre côté du cours d'eau et se tait. Le temps de traverser par le passage busé, je l'ai perdu de vue. Je poursuis jusqu'à la voiture que nous avons laissée au coin du champ de maïs et aperçois alors Dudule puis Fannie qui reviennent du haut du champ en longeant la culture. Ils ont perdu le chevreuil, j'examine tout de même Dudule à son arrivée mais il ne présente pas de tache de sang sur son poil. J'appelle le conducteur pour lui dire que j'ai retrouvé les chiens puis je le vois arriver avec Alexandre un court moment après en longeant le lac.

Je vais souvent revenir chasser sur ce secteur sans revoir ce brocard que j'espère encore vivant et en voie de guérison. 

 

Acte II : (4 novembre 2013)  

 

Ce matin, il pleut des cordes et j'ai décidé d'aller chasser le bois du Turc au Butollo comme je le fais 2 ou 3 fois chaque année. Je me gare dans une des allées du bois puis pars à pied sur la gauche du bois pour me poster là où j'ai fléché une chevrette l'année dernière http://(http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/article-une-chevrette-dedicacee-a-vincent-et-eric-10-novembre-2012-112522339.html). Le jour se lève doucement, je suis au bord d'un ruisseau asséché, posté près de quelques grands arbres, la pluie tombe abondement et le bruit des gouttes qui tombent des arbres couvrent les bruits du sous-bois. Il fait maintenant assez jour, je commence mes appels mais ils restent sans réponse. Je me décale de 150 mètres environ et me reposte mais toujours rien, un peu plus loin, alors que je suis en train d’appeler, j'aperçois furtivement un gros putois qui arrive vers moi avant de bifurquer pour rentrer à couvert dans un taillis épais devant moi, le bruit de la pluie a masqué ses petits bons sur les feuilles mortes détrempées et j'aurais pu ne pas le voir si je n'avais pas tourné la tête à ce moment-là. C'est le seul animal que mon Butollo fera venir ce matin, après avoir fait une grande partie du bois en appelant régulièrement, je retourne vers la voiture vers 9h30. Près de la piste, je dérange un vol de palombes posé sur quelques grands sapins. Le soleil est de retour, c'est un temps idéal pour voir sortir les chevreuils à découvert.

Je reprends ma voiture et pars vers la zone de maïs près du lac, alors que je descends vers le lac je constate que les 2/3 du champ qui longe le lac ont été moissonnés et que la parcelle à gauche du ru est entièrement récoltée. J'aperçois également 2 chevreuils au gagnage au bord du lac, au bout de la haie de peuplier qui borde la bande enherbée côté maïs. Ils sont à environ 150 mètres de la route, je poursuis ma route sans ralentir et me gare sous la digue, à l’abri de leurs regards. Je laisse mon Butollo à la voiture et décide de tenter une approche. Vu leur position, j'ai bon espoir qu'il longe le chaume pour venir passer au coin de la digue pour rejoindre les maïs de l'autre côté de la route. Je me dirige donc vers le coin de la digue. 

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Je suis la route puis prends le chemin de terre à gauche qui part vers l'angle de la digue. 3 corbeaux picorent les restes de la moisson à 100 mètres dans le champ et je crains que leur fuite me fasse repérer. Ils finissent par décoller et j'espère que les chevreuils que je ne vois pas encore ne se sont pas enfuis. Arrivé derrière la digue je dépasse à peine ma tête pour tenter d'apercevoir les chevreuils mais je ne peux pas les voir d'ici, je m'avance doucement et descends dans le lac partiellement asséché pour avancer doucement et sans bruit vers le départ de la haie de peupliers qui masque ma progression. Arrivé au départ de la haie, je me cale contre un petit peuplier et tends la tête pour voir les chevreuils. Un gros vol d'étourneaux décolle du chaume et j'aperçois les têtes des 2 chevreuils qui arrivent droit sur moi au galop par la bande enherbée. Je me positionne bien à couvert, à mi-pente du talus du lac, pour ne pas être vu et me prépare mais, à 40 mètres environ, les 2 chevreuils stoppent net et commencent à remonter vers le reste du champ de maïs au sommet du champ. Ils regardent un moment le vol d'étourneaux qui tourne et retourne avant de se reposer.

La chevrette en tête s'avance de 20 mètres environ dans le chaume mais le second chevreuil qui semble être un jeune brocard sans bois ne bouge pas. Une tache sombre m'intrigue sur ses épaules et je me mets à repenser à ce brocard que j'ai blessé il y a plus d'un mois. C'est peut être lui qui a perdu ses bois, il serait donc toujours vivant. Je pense les voir remonter tous les 2 et je ne peux pas approcher sans être vu mais tout à coup, le brocard reprend sa course en longeant la bande enherbée et la chevrette fait demi-tour pour le rejoindre. Ils arrivent tous les 2 droit sur moi au galop avant de se planter plein travers à 15 mètres environ. Ils regardent en arrière et j'en profite pour armer mon arc et aligner rapidement ma visée sur le brocard qui est plus proche de moi que la chevrette. Au moment où je décoche, le brocard retourne la tête, aperçois le mouvement et tente de démarrer mais ma flèche est déjà là et le frappe à la base du coup pour ressortir au niveau de l'omoplate opposée. Le brocard s'effondre sur place et tente de se relever en se plaignant. La chevrette démarre en trombe et s'éloigne en direction du bois au loin sans s'arrêter.

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Je me rapproche rapidement pour l'achever, ma flèche restée en travers s'est cassée lors de la chute de mon brocard. Un sang noir s'écoule abondamment de l'entrée de ma flèche.

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

C'est bien le brocard que j'ai tiré le 21 septembre, il a perdu ses bois, la plaie est en voie de guérison mais est encore bien ouverte.

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Lors du dépeçage, je constate que le chevreuil possède un énorme abcès de la taille d'une mandarine à la pointe avant du sternum et une chaîne d'abcès de 3 à 4 cm de large qui remonte de ce gros abcès en suivant les côtes jusqu'à la plaie du dos. Un des poumons collé aux côtes semble mort. Le chevreuil semble avoir pas mal souffert de ma première flèche. Je suis vraiment content d'avoir pu le flécher. C'est mon 100ième chevreuil prélevé à l'arc et un grand souvenir de chasse. 

Mon centième chevreuil à l'arc, 4 novembre 2013

Alex

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 22:01

Ce soir, en sortant du boulot, je retourne sur mon site de chasse favori sur Labéjan. Je me gare au pied de la digue du lac puis me prépare, j'enfile ma tenue camo et attrape mon arc puis pars en remontant la route vers la ferme pour rejoindre la petite parcelle de maïs où le brocard s'est joué de moi lors de ma dernière sortie. Je jette tout de même un coup d’œil le long du ru entre les 2 parcelles de maïs puis au premier passage de canon et aperçois un chevreuil au gagnage au milieu du passage à 100 mètres de la route environ. Ce soir le vent est soutenu et souffle dans le sens opposé à d'habitude (vers le lac). Les conditions sont idéales pour réaliser une approche. Je quitte la route, franchit le fossé puis le petit talus du champ et me colle contre la culture sur la gauche du passage. Le chevreuil est toujours là, entrain de brouter.

 J'analyse rapidement la situation et décide de tenter une approche par le côté droit du passage, je traverse rapidement le passage sans être vu puis rentre dans le premier sillon. J'avance ainsi à couvert mais à l'aveugle sur environ 40 mètres assez rapidement en profitant du vent qui fait claquer les feuilles de maïs et couvre le bruit de ma progression.

J'arrive dans une zone où il manque une dizaine de pieds de maïs sur le côté gauche du sillon, je profite de cette fenêtre pour me pencher doucement pour tenter d'apercevoir le chevreuil mais ce dernier n'est plus là. Soit il m'a entendu et s'est enfuit soit il est rentré en mangeant dans la culture et risque de ressortir rapidement. Je décide de tenter ma chance, je ressors sur le passage de canon et avance tranquillement en collant le côté gauche quand ta tête du chevreuil ressort du maïs à 20 mètres environ. Je me plaque contre le maïs et attends. La chevrette s'avance au milieu du passage en broutant. Puis reste un moment à écouter sans bouger avant de bifurquer pour venir droit sur moi d'un pas calme. Elle s'arrête de temps en temps pour brouter ou se lécher le dos. Elle est maintenant à environ 10 mètres de face et marque une pause. Elle tourne la tête en arrière, j'en profite pour armer et reste coller au maïs. Elle reprend sa marche puis bifurque à nouveau à 8 mètres environ, comme pour rerentrer dans le maïs. Elle s'arrête, plein travers, avec la tête dans le maïs. C'est un cadeau, je fais rapidement un pas pour me retrouver au milieu du passage tout en ajustant ma visée au défaut de l'épaule et décoche. Ma flèche traverse la chevrette et se fiche au sol. La chevrette fait volte-face, le sang coule très abondamment du trou de sortie situé au ras du sternum à environ 20 cm derrière le coude. La chevrette fonce dans le maïs et disparaît dans un grand fracas de feuilles qui claquent et de pieds de maïs qui craquent.

Le calme revient rapidement. Confiant, je m'avance rapidement vers la zone du tir, une grosse tache de sang marque au sol l'endroit où se trouvait la chevrette et du sang a été projeté sur 2 mètres environ.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Ma flèche est fichée au sol et couverte de sang.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je la récupère puis jette un coup d’œil aux premiers indices, une feuille de maïs tachée de sang présente quelques poils de mon chevreuil.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je jette ensuite un coup d’œil à l'entrée du chevreuil dans le maïs. Le sang au sol est bien visible et la recherche semble facile.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je m'avance donc dans le maïs, il y a beaucoup de sang au sol mais aussi très régulièrement sur les pieds de maïs et je progresse rapidement.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Après environ 20 mètres, la piste bifurque brutalement à gauche et suit un sillon de maïs, le sang est très marqué au sol et le suivre est toujours aussi facile.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je retrouve, à environ 20 mètres plus loin, mon chevreuil mort sur la gauche du sillon. C'est une jeune chevrette de l'année dernière. Elle est déjà en poil d'hiver.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Ma flèche est rentrée pile au défaut de l'épaule et ressort là où je pensais, en arrière du coude. Au dépeçage, je constaterai que j'ai traversé le cœur et que ma chevrette porte 2 canines bien développées (fleurs de lys).  

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Il est encore tôt, la chasse n'a pas durée 10 minutes, je décide de continuer à chasser un peu en attendant la nuit. Je suis donc mon idée première, après avoir mis la chevrette dans le coffre de ma voiture, je remonte vers la ferme pour chasser la petite parcelle de maïs. Le vent étant opposé au sens habituel, Je vais attaquer la descente en longeant le maïs côté colza et non côté bosquet. J'avance tranquillement sans voir de chevreuil puis arrivé au fond de la parcelle, je bifurque et suis la culture doucement quand un aboiement me fige sur place. Un chevreuil démarre, j'arme mon arc mais il surgit du maïs bien trop loin et bien trop vite. C'est le brocard que je cherchais, il fonce vers le grand bois qui couvre le penchant à ma droite et disparaît rapidement à couvert.

Je reprends ma progression lente mais pas d'autre chevreuil dans le secteur, je décide de rejoindre un autre bosquet un peu plus loin et de le longer pour remonter vers la route côté tournesol. Une haie en L part du grand bois sur environ 40 mètres puis bifurque pour rejoindre le bas du bosquet suivant. Un aboiement de chevreuil retentit derrière la haie sans que je puisse le voir. Je rejoins cette dernière et décide de la loger du côté droit. J'avance tranquillement et péniblement dans un labour. A 100 mètres plus loin environ, un beau brocard surgit de l'autre côté de la haie à 3 ou 4 mètres à ma gauche, il s'était gîté dans cette dernière. On dirait le brocard de tout à l'heure mais sa fuite rapide ne m'a pas laissé vraiment le temps de l'admirer.

Je poursuis, un peu plus loin, à 35 mètres environ du coin du bosquet, la bordure du bois est rentrante et un bout de haie poursuit l'angle du bosquet. Un gros lièvre est assis au bout de ce morceau de haie. Il m'a vu mais reste figé. Je tente une approche pour m'amuser. Je suis doucement la bordure du bois et le bout de haie finit par me cacher aux yeux du lièvre, j'en profite pour avancer à couvert mais arrivé au bout de la haie, le lièvre n'est plus là, je remonte vers la route en longeant le bois. Pas de chevreuil mais j'aperçois furtivement le lièvre qui se débine dans la culture, arrivé à la route je redescends vers la parcelle où j'ai fléché ma chevrette. Je longe la parcelle en jetant un œil sur les passages de canon mais pas de chevreuil. J'arrive au bord du ru et le longe doucement quand j'aperçois à 150 mètres environ un chevreuil qui sort de la parcelle de droite pour s'avancer vers le ru. Je me fige contre la maïs, le chevreuil disparaît derrière un morceau de haie qui borde le ru. Je presse le pas et rejoins le bout de haie, traverse le fossé puis longe doucement la haie. Mon décocheur est accroché, je m'attends à voir le chevreuil d'un moment à l'autre, j'avance tout doucement en calculant tous mes pas mais alors que j'arrive au bout du bout de haie, je ne vois toujours pas de chevreuil. Brusquement, un mouvement me fige sur place, le chevreuil était juste derrière un buisson à 35 mètres environ. Curieux et ne m'ayant pas clairement identifié, il vient vers moi et se plante à moins de 20 mètres derrière un gros arbuste touffu. C'est une chevrette. Je l'aperçois tout juste au travers des branchages. Il regarde vers moi, nous restons ainsi plusieurs minutes à nous observer puis je décide, perdu pour perdu, de tenter une approche très très lente. Je bouge avec une infinie lenteur et marque une pause à chaque petit pas quand un second chevreuil surgit du maïs à 40 mètres environ. C'est un chevrillard, il se fige et regarde vers moi.

Je suis à découvert sur la bande enherbée et ne peux plus bouger sans provoquer sa fuite. Le temps passe, les 2 chevreuils m'observent, le moment semble interminable.

Tout à coup, la chevrette devient nerveuse, elle s'agite puis franchit le ru d'un bon, j'arme mon arc alors  qu'elle s'arrête contre le maïs à 12 mètres environ. Elle regarde le chevrillard et ne s'occupe pas de moi. Je prends la visée mais alors que je m'apprête à décocher. Elle repart  au galop, en sens inverse, sans regarder vers moi et retraverse le ru pour foncer dans le maïs, le chevrillard l’imite et rentre aussi à couvert. Je retraverse le ru et longe le maïs à ma droite, le ru est maintenant longé par une haie qui s'interrompt au bout de la culture, près d'un bois au niveau d'un passage busé qui permet de traverser le ru. J'arrive au bout de la haie quand j'aperçois une chevrette au gagnage au bord du champ de maïs de gauche. Impossible de l'approcher en traversant le ru sans être vu. Elle est de cul à 100 mètre environ. Je fais rapidement demi-tour et retraverse le ru à l'autre bout de la haie puis reviens vers le chevreuil en longeant le maïs. Arrivé au coin du maïs, je me cale et observe la chevrette qui regarde fixement devant elle en tournant le dos au maïs, elle est plein travers à environ 80 mètres. Impossible de l’approcher, le vent est tombé et les feuilles de maïs sèches m'interdisent une approche dans la culture. Je décide d'attendre, la chevrette semble de plus en plus inquiète et finit par démarrer pour longer le maïs et venir droit sur moi mais rapidement elle biaise pour s'éloigner et rejoindre la bordure du bois. Elle s'arrête plusieurs fois pour regarder au loin. Elle est à 30 mètres, j'arme mais elle est trop loin, j'espère encore mais elle repart et s'éloigne encore et arrive à 50 mètres environ au bord du bois, marque un arrêt puis franchit le ru d'un bon et disparaît dans le sous-bois. Je désarme et pars me poster au pas de course, au coin du bois, au départ d'un chemin de débardage et attends un peu mais la nuit tombe doucement et le chevreuil ne ressortira pas. Je rentre.

 

Alex

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 20:22

Ce soir, je pars chasser autour du lac entouré de maïs sur Labéjan. Le vent est soutenu et va faciliter l'approche. Je gare ma voiture sous la digue et décide de faire un grand tour sur le territoire avant de revenir chasser les maïs. Je remonte la côte qui monte vers la ferme tout en jetant un coup d’œil dans les passages de canons de la parcelle de gauche. Arrivé au sommet de la côte, je laisse le chemin qui part à droite vers la ferme et escalade le talus pour atteindre un champ travaillé. Un rapide coup d’œil sur les environs mais pas de chevreuil. Je me dirige donc vers une petite parcelle de maïs toute en long qui redescend en longeant un bosquet sur sa gauche et un champ de colza à sa droite. J'y ai vu une chevrette et ses 2 chevrillards il y a quelques temps. Je longe le haut de la culture et regarde dans les 2 passages de canon mais pas de chevreuil, je fais donc demi-tour et descends entre le bois et le maïs. J'avance tranquillement, le vent souffle vers le bois. J'arrive sans voir de chevreuil au bout de la parcelle et biaise un peu à l'intérieur de la culture pour éviter une zone de mouillère au coin du champ. Je commence ensuite à longer le bas du champ quand un beau brocard surgit des herbes hautes, à moins de 10 mètres de moi, juste contre le maïs et fonce dans la culture en aboyant. Je reste immobile au cas où sa curiosité lui ferait faire demi-tour mais il baise vers le milieu du champ comme pour traverser le champ de colza.

Le temps passe, le brocard ne sort pas du champ et cesse d'aboyer, je reprends ma progression. Au coin du maïs, je remonte au travers le colza pour rejoindre le chemin de crête que je longe ensuite sur plusieurs centaines de mètres tout en surveillant les alentours. Je le quitte pour rejoindre une petite parcelle de tournesol en contre bas qui s’imbrique dans un bois. Pas de chevreuil, je pars vers une grande prairie qui borde le grand bois du coin mais toujours pas de chevreuil, je longe donc le bois pour revenir vers les maïs et arrive sans voir d'animaux au départ du lac que je me mets à longer.

Alors que j'arrive à 40 mètres environ du coin du maïs qui borde la rive du lac jusqu'à la route, j'aperçois à 150 mètres environ, un chevreuil qui sort du maïs sur ma gauche. Je passe rapidement sous le talus du lac qui est presque à sec et avance baissé derrière ce talus qui me cache aux yeux du chevreuil. Je le surveille un peu tout en avançant. Il s'est figé et semble regarder vers moi. Je passe l'angle de la culture et perds de vu le chevreuil caché par le maïs puis remonte sur la bande enherbée qui longe le lac et avance jusqu'au coin du champ. Le chevreuil que j'ai perdu un instant de vue a disparu. Le vent latéral souffle vers le maïs.

Je tente tout de même une approche, je remonte doucement en longeant le maïs dont la bordure n'est pas régulière, des zones où le maïs n'a pas poussé creuse par endroit le bord de la culture. En arrivant près de l'endroit où se tenait le chevreuil, un léger bruit dans la culture me fait stopper net et, tourné vers le maïs, je cherche du regard la cause du bruit quand du coin de l’œil, j'aperçois un mouvement sur ma gauche. Je tourne doucement la tête et aperçois une chevrette qui vient droit sur moi entre 2 rangs de maïs. Je suis en plein milieu d'une zone où le maïs n'a pas poussé qui avance dans la culture. Je suis à découvert et ne peux plus bouger sans être vu. Je décide de ne pas bouger de place et de laisser venir la chevrette. Elle n'est qu'à 12 mètres environ et avance doucement et s'arrêtant régulièrement. Elle s'arrête un moment à 10 mètres environ de 3/4 face et tourne la tête pour se lécher le pelage au niveau de l'épaule opposée à ma position. J'en profite pour armer mon arc et tenter de prendre la visée mais les pieds de maïs assez serrés ne laissent qu'une fenêtre de tir réduite. Je décide d'attendre pour tenter un tir, la chevrette finit par reprendre son chemin qui la rapproche de moi. Pas à pas, elle se rapproche du bord de la zone sans maïs et donc risque de me repérer à tout moment. Je la suis dans mon viseur. Il me faut prendre la prochaine occasion de tir, 10, 9, 8... 7 mètres, la chevrette se présente pratiquement de face au bord du maïs. Son poitrail est dégagé, mon pin's se place sur l'avant de son épaule droite et je décoche.

A l'impact, la chevrette fait volte-face et sort du maïs pour courir à découvert le long du champ. Une partie de son estomac sort en arrière de son sternum. Sa course semble désordonnée. A 40 mètres environ, la chevrette bifurque à 90 ° et fonce dans le maïs dans un fracas impressionnant. Un second chevreuil sort brusquement du maïs et traverse le champ travaillé à la course pour disparaître un peu plus loin derrière le relief du terrain. Les pieds de maïs claquent sur place ce qui me fait penser que mon chevreuil est déjà au sol. Le bruit cesse rapidement. Je m'avance tranquillement vers la zone du tir où je vois déjà le premier sang à l'endroit où se trouvait la chevrette. 

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Ma flèche est fichée au sol un peu plus loin. 2 mètres plus loin, 2 pieds de maïs sont maculés de sang. Cette piste très abondante me fait penser à une flèche de cœur.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Le long du maïs, la piste est impressionnante et visible sur au moins 20 mètres, de grosses giclées sont reliées par de grosses gouttes de sang.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Je ne vais pas plus loin et pars chercher Hémo à la voiture pour le faire travailler un peu bien que je n'ai pas besoin de lui pour retrouver mon chevreuil mais il me faut le faire travailler un peu pour qu'il ne perde pas les bonne habitudes. Je retourne donc à la voiture à 300 mètres environ et tombe sur mon ami Patrick qui est venu chasser ce soir, je lui ai cédé 2 de mes bracelets pour qu'il puisse chasser sur Labéjan car cette année, il n'a pas de bracelet chez lui. Nous discutons un peu puis Patrick repars chasser dans les maïs sous la digue du lac alors que je pars, avec hémo, faire ma recherche. Hémo comme à son habitude est surexcité et tire comme un fou sur sa longe, je dois le freiner sans cesse, "doucement hémo, doucement...". En arrivant au premier sang, j'ai toutes les peines du monde à lui faire prendre la piste qu'il finit par prendre mais il la perd rapidement et je le retiens un moment pour qu'il se calme un peu en insistant : "le sang hémo, le sang..." Il finit par suivre tant bien que mal la piste mais le vent est face à nous et l'odeur du chevreuil lui parvient aux narines, il prend rapidement la solution de facilité et prends le vent, nez en l'air. J'ai beau insister, rien à faire, nous longeons rapidement le maïs puis rentrons près de l'endroit où le chevreuil était rentré. Quelques pieds de maïs sont maculés de sang.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

J'aperçois rapidement le chevreuil qui n'a pas fait 5 mètres dans le maïs et Hémo après avoir tourné un peu le repère aussi et commence à lécher le sang qui coule au niveau de l'entrée de la flèche. A 3 mètres du chevreuil, un peu plus a en avant dans le maïs, un gros rond de sang marque le sol, c'est là que la chevrette est tombé puis a du se relever pour retomber presque de suite où elle se trouve maintenant.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Je pars examiner mon chevreuil, un gros doute m'envahit tout à coup, ma chevrette possède 2 petites bosses sur la tête semblables à la poussée des bois chez les chevrillards mâles. Je vérifie entre les pattes arrières et confirme ma première impression c'est bien une chevrette. Hémo est tout content mais moi beaucoup moins de son travail. J'ai retrouvé mon chevreiul mais je n'avais pas trop de doutes sur l'issue de la recherche mais depuis qu'Hémo est resté 15 jours en vacances à Justian pendant mon séjour en Corse il a pris l'envie de chasser plus que de rechercher sur des pistes de sang et multiplie les fautes en recherche, j'ai de plus en plus de mal à lui faire confiance.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

J'appose le bracelet puis ramène Hémo et ma chevrette à la voiture avant de repartir faire un petit tour avant la tombée de la nuit. Je ne verrai pas d'autres animaux. Ma flèche, comme je le pensais a traversé le cœur, entrée en haut du cœur et sortie à la pointe, ma chevrette a fait environ 40 mètres. 

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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