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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 21:42

Ce matin, je pars pour tenter de flécher un renard que je vois très souvent vers 7 heures au bord de la route dans un chaume de blé qui entoure une parcelle de tournesol. En passant, je ne vois pas le renard, je tourne un peu plus loin sur un chemin et me gare au bord d'une friche. Je me prépare puis traverse la friche tranquillement pour arriver au bord d'une grande haie pas très haute et percée de nombreux passages qui permettent de voir dans le chaume juste derrière. Je me poste donc derrière cette haie à environ 70 mètres du tournesol. Je m'apprête à porter le dos de ma main à ma bouche pour tenter des cris de souris pour essayer de faire venir le renard quand sur ma gauche un mouvement attire mon regard à 200 mètres environ.

Un chevreuil arrive au trot de la bordure de la route, je ne peux pas voir de bois de ma position mais l'attitude de l'animal me fait penser à un brocard, il se rapproche rapidement d'un trot régulier tête basse, cou parallèle au sol, nez relevé à la manière d'un brocard qui suit une chevrette en chaleur. Il biaise peu à peu dans ma direction et s'arrête à 80 mètres environ sous un gros chêne au milieu du chaume pour glaner quelques feuilles en levant la tête. Je ne vois toujours pas les bois. Le chevreuil reprend rapidement son trot et continue à venir vers moi sur 20 à 30 mètres puis bifurque à nouveau.

Il trotte maintenant parallèlement à la haie pour me passer à environ 35 mètres, je vois maintenant les bois, c'est un petit brocard. Alors qu'il est encore un peu sur ma gauche, je décide de tenter 2 petits aboiements discrets. Au premier, le brocard stoppe net et tourne la tête vers moi, ses oreilles cherchent à localiser la provenance de l'appel. Au deuxième aboiement, il vient vers moi d'un pas décidé et je me prépare à armer mais il stoppe à 30 mètres environ et reste un petit moment à analyser la situation avant de reprendre sa route au petit trot à 30 mètres environ de la haie.

Alors qu'il vient juste de me dépasser, je retente de petits aboiements, il stoppe à nouveau au premier mais cette fois au deuxième, il fonce droit sur moi au galop. J'arme mon arc, le brocard ralentit peu à peu en arrivant à la haie et stoppe 3/4 face à 7 ou 8 mètres de moi. Je cale ma visée et décoche mais j'aperçois ma flèche rentrer derrière l'épaule alors que je la voulais devant puis se planter au sol.

Le brocard fait volte-face et démarre en trombe, il s'arrête rapidement à 45 ou 50 mètres au milieu du chaume en faisant le dos rond. J'attends immobile de longue minutes mais le chevreuil reste sur ses pattes. Au bout d'un moment, je décide de tenter de m'éclipser pour revenir plus tard mais le chevreuil me repère et tente de fuir, il démarre mais chancelle et peine à avancer. Je m'éloigne rapidement et rejoins la voiture où j'attends un peu avant de revenir chercher ma flèche et quelques indices.

Ma flèche est introuvable, je tente de trouver du sang mais sans succès, je décide donc de longer la bordure du tournesol pour trouver l'entrée du chevreuil qui semblait s'y diriger mais toujours rien, je retourne dans le chaume à l'endroit approximatif où se trouvait le brocard après mon tir et cette fois je trouve du sang et le suis tranquillement jusqu'au tournesol qui se trouve derrière un petit talus de terre. Au moment où je suis au sommet du talus, un chevreuil démarre à moins de 3 mètres devant moi et s'enfonce dans la culture. 2 grosses taches de sang marquent sa couche. Je décide de laisser faire l’hémorragie et de revenir plus tard avec Hémo. 

Je reviens sur place quelques heures plus tard, il fait déjà très chaud. J'amène Hémo à la reposée maculée de sang et tente de lui faire prendre la piste du chevreuil mais il tourne et retourne en s’entortillant dans les pieds de tournesol avec sa longe. Je finis par renoncer et l'attache pour faire moi-même la recherche. Le sang n'est pas très abondant mais facile à suivre sur 10 mètres environ en ligne droite puis s'interrompt brusquement, je cherche un moment à quatre pattes puis finis par me rendre compte que le chevreuil a bifurqué à angle droit pour longer entre 2 rangs de tournesol. La piste est facile à suivre. Je retrouve rapidement mon brocard allongé sur le flanc, il a déjà commencé à gonfler. Le bracelet apposé, il est temps de rentrer pour s'occuper de le vider et de le découper. Je pars chercher Hémo puis nous retournons à la voiture. Ma flèche rentre derrière l'épaule, effleure un poumon, touche le foie, traverse tous les viscères et ressort entre les cuissots à 5 cm sous l'anus en coupant la jonction des muscles entre les 2 pattes ce qui explique ses difficultés à marcher.   

Un petit brocard matinal, 29 aout 2013

Alex

 

Trophée :

Un petit brocard matinal, 29 aout 2013

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 12:58

Ce soir, Michel, un ami qui chasse a l'approche le chevreuil mais à la carabine m'a invité à chasser avec lui avec mon arc sur L'Isle en Dodon. Je connais très peu ce secteur situé sur la Haute Garonne et limitrophe du Gers, j'y suis allé une fois avec lui pour l'accompagner à la chasse il y a 2 ans. Nous nous retrouvons vers 19 heures dans le village où je laisse ma voiture. Nous partons avec son petit fourgon pour une chasse au Butollo. Il fait beaucoup de vent ce soir. Nous nous arrêtons sur un premier secteur boisé. Nous prenons un chemin enherbé qui borde à gauche un bois assez clair et à droite une plantation de pins. Un peu plus loin, Michel se poste dans les pins et moi dans le bois où je commence à appeler. Au bout d'un moment, ne voyant rien venir, je le rejoins puis nous tentons quelques appels dans les pins sans succès.

Nous retournons au fourgon puis partons pour un autre secteur. Michel se gare au bord de la route puis nous partons en longeant un chemin de terre. Sur notre droite un champ de tournesols remonte jusqu'à la crête, il est suivi d'une luzerne ponctuée d'un petit îlot et remontant jusqu'à un bois qui longe la crête. Sur notre gauche, un champ de maïs couvre le penchant opposé et précède une prairie qui remonte jusqu'à un autre bois qui longe également la crête. Michel est entrain de m'expliquer qu'il voit tout le temps une chevrette dans le secteur quand j'aperçois justement un chevreuil à 250 mètres environ dans la luzerne près du chemin. Michel le jumelle, c'est une chevrette, elle remonte vers la crête. Ne voulant pas l'affoler nous remontons vers la crête à travers le tournesol et perdons la chevrette de vue. Arrivés près de la crête, nous traversons la haie qui sépare le tournesol de la luzerne puis partons nous poster au bord du bois contre sur la crête. Nous regardons vers le penchant opposé, à notre droite le bois redescend dans la luzerne et un passage de débardage rentre en longeant la crête dans une petite friche entourée par le bois. Personnellement, je me serais posté dans la friche mais le champ de vue pour la carabine serait trop réduit. J'ai remarqué depuis longtemps qu'un brocard vient beaucoup plus facilement quand on appelle à l'intérieur du bois qu'à découvert à part si le brocard est en vue sur le découvert.

La cassure du terrain, à 30 mètres environ, nous cache une partie de la luzerne. Le temps passe et rien ne vient, nous quittons notre poste pour rejoindre l’îlot boisé en contre bas et reprendre les appels mais toujours rien. Nous n'avons pas vu passer la chevrette et nous la pensons couchée dans la luzerne, nous nous décalons sur la droite de l’îlot boisé et observons la luzerne. Michel vient d'apercevoir quelque chose dans ses jumelles mais il n'arrive plus à y mettre les yeux dessus. Je finis par apercevoir les oreilles de la chevrette. Elle est couchée dans la luzerne plus haute du bas de pente. Je tente de l’appeler pour m'amuser mais elle ne réagit pas. Le vent fort et face à nous ne lui permet peut être pas de m'entendre. Je tente d'alterner mes appels avec des aboiements, la chevrette commence à tourner les oreilles vers nous puis se redresse et commence à venir d'un pas lent dans notre direction. J'alterne les appels et les aboiements avec des moments de calme. Petit à petit, la chevrette vient vers nous en s'arrêtant régulièrement pour manger. La scène est surréaliste. Nous sommes debout, en plein découvert à 15 mètres de l'îlot et la chevrette continue à monter droit sur nous, sans nous regarder alors que nous discutons à voix haute. Elle finit par se planter à moins de 20 mètres de 3/4 face, regarde autour d'elle puis se remet à manger. Michel me lance : " Et si on allait chasser. " Nous nous remettons en marche pour redescendre vers le chemin de terre, cette fois la chevrette démarre et file à toutes pattes vers les tournesols qui font suite à la luzerne. 

Nous revenons au fourgon et Michel repart par les petits chemins pour arriver près d'un petit bois entouré de tournesols. Nous nous arrêtons, Michel par se poster contre le bois et je me cache dans le tournesol au bord d'un fossé mais rien ne vient à mes appels et nous reprenons la route. Un peu plus loin Michel me montre un secteur de prairie et de bois qui me plait beaucoup mais la présence d'un tracteur qui charge des balles de foin le dissuade de s'arrêter. Il poursuit sa route mais je parviens à le persuader de tenter d'appeler dans le grand bois un peu plus loin. Nous nous garons au coin du bois, à l'opposé du tracteur puis partons en longeant le bois pour rattraper un chemin forestier à 200 mètres environ qui rejoint une langue de prairie d'environ 30 à 40 mètres de large qui rejoint la prairie où travaille le tracteur. L'endroit me plait beaucoup. Michel se poste au bord du bois sur la droite et je m'avance un peu plus pour trouver un passage pour monter me poster dans le bois. Une coulée très fréquentée est piétinée de nombreux pas de chevreuil, la terre est à nue suite aux passages répétés. Je remonte par cette coulée et me poste un peu au-dessus de Michel dans le bois derrière un arbre. Je suis dans une sorte de cirque de 50 mètres de diamètre, tout autour de moi le terrain remonte de 5 ou 6 mètres très rapidement. Je commence mes appels, au bout d'un moment un bruit de pas résonne dans le sous-bois, je continue mes appels mais le bruit finit par cesser, je module le son de mes appels et insiste un moment mais rien ne vient. Je finis par renoncer et rejoint Michel qui a lui aussi entendu le pas craquant. Nous retournons au fourgon.

En route, j’aperçois au loin, en contrebas, au bord d'un bois qui borde un chaume de blé, plusieurs chevreuils mais les perds rapidement de vue derrière la haie éparse qui borde la route. Je l'annonce à Michel puis les lui montre un peu plus loin au travers d'une trouée dans la haie. Nous nous garons plus loin au bord de la route, au niveau du bord du bois, après le chaume de blé dans un virage puis revenons doucement sans arme vers la haie qui borde la route. Les chevreuils sont là à 70 ou 80 mètres, une chevrette et ses 2 jeunes qui broutent tranquillement. Nous les observons un instant, un jeune finit par rentrer au bois puis sa mère et le second suivent peu de temps après. Nous repartons vers le fourgon et Michel reprend la route. Nous allons vers un secteur où il connait un couple de chevreuils qu'il voit régulièrement.

Arrivés près du secteur, la route descend vers le village, en nous cherchons un endroit où nous garer pour attaquer la chasse en remontant mais impossible de trouver une place, nous faisons demi-tour et remontons quand, tout à coup, j'aperçois 2 chevreuils au gagnage dans un pré derrière une haie qui les sépare d'un petit chaume de blé. Je l'annonce à Michel mais la haie les cachent maintenant, nous poursuivons notre route et nous nous garons mais le vent descend vers le village, nous reprenons le fourgon et redescendons vers le village mais impossible de trouver un accès au travers des habitations. Michel décide alors de partir se garer bien plus haut et de tenter une approche en contournant la colline. Nous nous garons donc bien plus loin près d'un chemin de terre qui redescend vers le village. Michel en profite pour me narrer ses chasses passées dans le secteur. Nous quittons le chemin pour longer au sommet du talus de ce dernier et commençons à contourner la colline. Je finis par apercevoir un chevreuil à 400 mètres environ contre la haie qui sépare le chaume d'un chemin de terre qui remonte vers la route, Michel l'observe dans sa lunette sans pouvoir identifier son sexe. Impossible d'approcher en plein découvert, nous rejoignons une grosse haie qui descend vers la route puis la longeons un instant avant de la traverser pour avancer à couvert jusqu'à un autre passage qui nous permet de retraverser. Nous reprenons notre approche derrière la haie qui sépare le chaume du pré et avançons rapidement jusqu'à une trouée dans cette dernière. Les chevreuils sont à 200 mètres environ et reviennent en broutant vers le milieu du pré. Je décide de continuer notre approche, nous nous décalons rapidement sur la droite et alignons un gros figuier entre nous et les chevreuils pour avancer rapidement vers ces derniers sans être vu. Le vent souffle toujours assez fort face à nous et masque le bruit de notre progression. Nous gagnons ainsi un peu de terrain, la haie se termine à ce figuier mais à 15 mètres environ se trouve un petit buisson dans son prolongement. Les chevreuils avancent toujours vers le milieu du découvert. Nous nous baissons et avançons jusqu'au buisson. Je me poste juste derrière et Michel se poste un peu en arrière sur ma droite. Il observe les chevreuils dans la lunette et me confirme la présence d'un brocard. Il me laisse la priorité du tir. Les chevreuils sont à environ 90 mètres, une formalité pour lui. La luminosité commence à baisser.

Je me cale bien et commence mes appels, un des chevreuils réagit rapidement et arrive au trot puis d'un pas rapide comme pour venir sur ma droite puis s'arrête. Il regarde vers nous et cherche d'où viennent les appels. Je relance quelques appels, il redémarre au galop et revient brusquement sur ma gauche. Il s'arrête et regarde un moment. Je reprends mes appels, cette fois il arrive d'un pas rapide sur ma gauche, il n'est plus qu'à 40 mètres, 30 mètres, 20 mètres... j'arme doucement mon arc. Le chevreuil se positionne plein travers à 12 mètres, je ne vois pas tout de suite les bois et hésite un long moment avant de voir ses petits bois au moment où il baisse les oreilles. Michel est prêt, il a positionné sa visée, je vise le coffre de l'animal et décoche. Je vois nettement ma flèche rentrer dans le coffre du brocard et entends distinctement l'impact. Le brocard démarre en trombe, je le perds un instant de vue derrière une ligne de balles rondes de paille parallèle à la haie puis il bifurque et traverse, dans une trouée, la haie qui borde le chemin qui remonte à la route. Je me retourne vers Michel qui n'a pas compris ce qui vient de se passer, c'est la première fois qu'il assiste à un tir à l'arc. Je lui explique que le chevreuil est certainement déjà mort, que j'ai bien vu l'atteinte de ma flèche et qu'elle semble très bonne mais il reste un peu incrédule. La nuit commence à tomber. Je pars chercher ma flèche mais ne la trouve pas. A la lumière de mon portable, je retrouve les premières gouttes de sang et commence à les suivre alors que la nuit s'installe. Michel qui ne croit pas trop à ma recherche de nuit à la lumière de mon portable me propose d'aller chercher son chien de sang au fourgon mais je lui dis que j'ai l'habitude et poursuit ma recherche. Le sang n'est pas très abondant mais j'arrive à le suivre facilement. La piste me conduit, environ 80 mètres plus loin à la trouée dans la haie, nous traversons le chemin de terre puis longeons sur quelques mètres le talus, très abrupt et de plusieurs mètres de haut qui borde la route pour retrouver mon brocard mort en essayant de remonter vers la route. Je remercie vivement Michel pour cette soirée de chasse et j'ai une grosse pensée pour mon ami Arnaud d'HAVA Archerie qui a passé son dimanche après-midi à réviser mes arcs, j'ai eu pas mal de problèmes avec mes 2 arcs ces temps-ci et j'espère que la malchance est terminée.

Ma flèche traverse les 2 poumons, Un grand merci à Arnaud et à Michel grâce à qui j'ai pu flécher ce brocard.

Merci Michel pour ton invitation, 1 aout 2013

Alex

 

Trophée :

Merci Michel pour ton invitation, 1 aout 2013

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 13:17

Ce matin, je repars en chasse sur Justian. Je me gare près du vieux moulin, au bord de l'Osse pour partir en longeant le chemin de terre que j'attaque vers 6 heures. Ce matin, le temps est couvert et le jour peine à se lever. Le chemin démarre en sous-bois et très rapidement, un pas retentit sur ma gauche un peu plus haut dans le bois. Il fait trop sombre, je ne peux pas voir de quoi il s'agit et me poste doucement, au bord du chemin, derrière un chêne pour attendre qu'il fasse un peu plus clair. Le pas semble lourd et casse du bois, c'est peut être un sanglier.

Le temps passe et le bruit s'estompe, au bout d'un moment, je quitte mon poste et poursuis ma route. Un peu plus loin, arrivé au coin du bois qui fait place à la friche sur ma gauche, j'entends démarrer un chevreuil et l'aperçois furtivement dans les hautes herbes. C'est certainement le brocard du secteur. Je me positionne derrière un des arbres du bord du chemin alors que le chevreuil aboie à 50 mètres environ dans la bande boisée qui borde le haut de la friche et rejoint le bois que je viens de longer. Je commence à appeler au Butollo, un galop retentit dans les hautes herbes sans que je puisse voir le chevreuil puis plus rien malgré mes appels si ce n'est les aboiements. Je passe un petit moment à aboyer et à appeler à l'appeau sans pouvoir faire venir ce chevreuil. Je quitte mon poste et m'éloigne alors que les aboiements s'éloignent doucement.

Je suis le chemin, passe à nouveau en sous-bois puis ressors pour longer une friche à ma gauche et une haie épaisse à ma droite qui surplombe une grande prairie fauchée au bord de l'Osse. Je la longe et regardant par les trouées mais pas le moindre chevreuil, les renards ne sont pas non plus au rendez-vous. Je longe le chemin de terre jusqu'à l'entrée du champ sur ma droite, rien en vue, je poursuis jusqu'à un autre chemin de terre perpendiculaire au premier. Je me poste derrière un gros chêne et appelle un moment sans que rien ne bouge.

Je fais demi-tour et reviens vers le bois que le chemin de terre traverse mais au départ du bois, je prends à droite et remonte dans une friche entourée par le bois. Je fais régulièrement des pauses pour appeler mais rien ne vient. Je décide donc de ressortir à droite dans une prairie fauchée. Je traverse une bordure boisée épaisse minée de galeries de lapins et de blaireaux et ressors sur la prairie fauchée quand j'aperçois, à 150 mètres environ sur ma gauche, un jeune brocard qui arrive au trot en longeant la bande boisée. Il vient droit sur moi sur 40 mètres puis ralentit et broute un peu avant de se remettre à avancer d'un pas rapide vers moi. Je recule un peu contre les arbres et donne 2 coups de Butollo, le chevreuil lève la tête puis reprend le galop droit sur moi. Ma position n'est pas bonne, il va me voir avant que je puisse tirer, je tente de remonter un peu le talus pour me poster à couvert mais je perds ainsi le chevreuil de vue. Je reprends mes appels mais le temps passe et rien ne vient, je n'ai qu'une vision très réduite du secteur et ne peux voir le chevreuil que lorsqu'il arrivera à 15 mètres. Au bout d'un moment, je m'avance à nouveau à découvert et constate que le brocard s'est volatilisé.

Je remonte donc vers la route de crête puis la longe un moment avant de la traverser et de longer une haie épaisse en direction d'un grand bois.

Je longe la lisière un instant puis trouve l'entrée d'un chemin forestier, je le longe un peu et rentre de 30 mètres environ dans le bois pour me poster contre une zone assez salle dans mon dos et me tourne à bon vent vers une zone plus claire où je pourrais tirer si un brocard arrive. Je commence mes appels, assez rapidement, un galop retentit dans mon dos. Je me tourne doucement. J'entre-aperçois, un chevreuil qui traverse le chemin de terre que je viens de prendre pour me poster. Il vient se positionner dans le salle devant moi à 10 ou 15 mètres, je continue mes appels en les espaçant un peu plus mais le chevreuil tourne et retourne dans le sale et finit par s'éloigner sans vraiment se montrer par ma gauche. Je tente un moment de le rappeler mais rien n'y fait, je quitte mon poste et reviens en bordure du bois.

Je longe un moment ce dernier quand je lève les yeux sur une chevrette à moins de 30 mètres devant moi. Surprise, elle fait volte-face et rentre au bois. Je tente quelques appels dans un autre bois un peu plus loin mais rien ne vient, je rattrape la route qui revient à la route de crête et la suis un instant avant de reprendre la bordure du bois suivant pour aller me poster un peu plus loin et reprendre mes appels. Toujours rien, je ressors du bois dans une grande friche et aperçois une belle chevrette qui file à travers les hautes herbes vers la bois un peu plus loin. Elle s'arrête un moment pour m'observer alors qu'elle arrive à environ 30 mètres du bois puis repart et rentre à couvert alors que je reprends ma progression. Je coupe à travers la friche pour rejoindre la route de crête puis rattrape un chemin qui redescend vers Justian.

Je longe la route entre 2 bois puis débouche sur une zone de cultures. A ma gauche, j'aperçois un chevreuil qui broute contre le bois en bas d'une grande parcelle de blé moissonnée à environ 250 mètres mais il me semble qu'il s'agit d'une chevrette, je jette un coup d’œil sur l'autre penchant et aperçois un chevreuil couché au fond de la combe à environ 200 mètres dans un chaume de blé, je suis presque sûr qu'il s'agit d'un brocard. L'animal est couché à 40 mètres environ du bord du bois, près d'un fossé qui démarre de l'angle bas du bois. Une approche directe sans être vu, même en longeant le bord du bois n'est pas envisageable, le vent est face à moi. Je fais donc demi-tour au pas de course, repasse entre les bois puis, arrivé au bout du bois, je descends vers le brocard en logeant une bande enherbée coincée entre le bois et un champ de tournesol qui couvre le penchant à ma droite.

J'avance assez rapidement sur les 100 premiers mètres puis ralentit en arrivant dans une légère courbe sortante du bois qui masquait pour l'instant mon approche. Je me serre un peu contre la bordure du bois et avance tranquillement en cherchant mon brocard du regard quand, tout à coup, alors que je le cherchais dans le chaume à 50 ou 60 mètres, je l'aperçois à moins de 20 mètres devant moi et me fige. Il est juste dans la végétation au bord du bois et regarde vers moi. C'est bien un brocard, je ne vois que sa tête, il porte des bois très droit et serrés. Il regarde vers moi et je suis un peu trop à découvert, perdu pour perdu, je tente de me serrer d'avantage contre le bois très doucement mais le brocard qui ne m'a pas identifié réagit immédiatement et se précipite sur moi. Il stoppe net à moins de 10 mètres et fait immédiatement demi-tour pour disparaître derrière l'angle du bois sans que je n’aie eu le temps de réagir.

J'attrape rapidement mon Butollo et commence à appeler, rapidement le brocard réapparaît au coin du bois mais fait à nouveau demi-tour et disparaît à nouveau. Je continue mes appels et commence à l'entendre arriver dans le bois d'un pas lent et cassant. Il s'arrête souvent. Je me décale doucement en face d'une trouée dans la végétation et continue à appeler de façon espacée et me prépare. J'aperçois furtivement le brocard au travers des feuillages à 15 mètres environ, il s'arrête à couvert, j'appelle, il repart et s'arrête derrière un arbre, j'appelle un coup bref, il repart sur quelques mètres, j'arme mon arc. Il stoppe entre 2 arbres à 12 mètres environ, la zone vitale est dégagée. Je prends la visée et décoche. J'entends nettement l'impact sourd mais je n'ai pas pu voir mon atteinte. Le brocard disparaît en quelques bons et le calme revient.

Au bout d'un petit moment, je m'avance dans le bois vers la zone de tir. Je ne trouve ni flèche ni sang. Je m'avance un peu sur la direction de fuite estimée, toujours pas de sang puis je recoupe plusieurs fois la direction de fuite et tombe sur du sang avec une tache de contenu intestinal liquide et marron (gros intestin). Vu la position du chevreuil à la décoche, cela ne m'inspire pas trop confiance mais il a peut-être bougé avant l'impact. J'écoute un moment le sous-bois, rien ne bouge.

Le sang est très abondant, je décide de le suivre. La piste ne comporte que des taches de sang et plus de contenu intestinal et remonte, en zigzagant dans le bois, vers la route entre les 2 bois. Le sang est très abondant par moment et la piste est constante, j'arrive facilement à la route après environ 100 mètres de recherche environ au milieu des fragons dans un sous-bois assez clair. Les taches de sang sont bien visibles sur le goudron et me conduisent à une coulée qui remonte un talus très abrupt de plusieurs mètres de haut. Le chevreuil est monté là, peu de chance que ses poumons soient touchés. J'escalade difficilement le talus puis reprends ma piste un peu moins abondante mais toujours facile à suivre.

Sur une quarantaine de mètres, les arbres très espacés et le sol plat couvert d'herbes facilitent ma progression mais la piste s'enfonce ensuite dans une bande étroite (40 à 50 mètres environ) de bois épais. Je progresse au milieu des buissons noirs, des ronces et d'une végétation arbustive dense qui pousse entre les chênes. Le sang se suit assez facilement, je tombe sur plusieurs reposées debout marquées de gros ronds de gouttes tombées sur place à la verticale alors que l'animal faisait une pause. Déjà les premières mouches vertes suivent le sang. Je progresse en écoutant car je m'attends à entendre repartir mon chevreuil et effectivement, au bout de 100 mètres supplémentaires de recherche environ, j'entends démarrer devant moi, un animal se débine dans les fourrés. Je me fige et écoute, le bruit dure quelques secondes puis le calme revient. Est-ce mon chevreuil ?

J'attends un instant puis repars doucement en suivant les traces de sang, je parcours environ 40 ou 50 mètres de plus et entends un démarrage suivit d'un grand boum. L'animal vient de percuter un arbre et repart doucement en cassant beaucoup de bois, c'est certainement mon chevreuil et il ne doit pas être au meilleur de sa forme. Le bruit finit par s'estomper. J'attends un peu puis reprends ma progression, je retrouve beaucoup de sang au pied d'un chêne comme si le chevreuil était tombé là puis un gros frotté sur les branches d'un arbre mort dont le chevreuil a traversé la ramure desséchée. Le sang suit maintenant une grosse coulée bien dégagée mais commence à s'espacer et plusieurs mètres séparent parfois les gouttes de sang. Je finis par perdre la piste quelques dizaines de mètres plus loin et décide de ne pas insister plus, plusieurs coulées parcourent la bande de bois qui ne fait plus que 30 à 40 mètres de large.

Hémo qui m'attend à la voiture n'est pas prêt à faire une piste aussi difficile, je décide donc d'appeler le conducteur de chien de sang habituel mais ce dernier n'est pas libre avant le soir. Je pars faire un tour un peu plus loin pour réfléchir et finit par décider de donner sa chance à Hémo, de toute façon, si j'attends ce soir, le chevreuil sera inconsommable vu la chaleur qu'il fait déjà à 9h30 du matin. Je repars donc chercher ma voiture puis reviens me garer au coin du bois ou j'ai perdu le chevreuil.

Je prends mon arc, met sa longe à Hémo puis part en longeant la route quand, rapidement, Hémo s'agite et bifurque brusquement à droite pour escalader le talus de la route, arrivé au bout de sa longe, il fait demi-tour, redescend et traverse la route pour tenter de rentrer au bois sur le contre-pied. Je ne m'étais pas rendu compte que j'étais déjà arrivé à l'endroit où mon brocard avait traversé la route mais Hémo semble bien parti pour faire la recherche. Effectivement, c'est bien la coulée très abrupte que j'ai suivie tout à l'heure. J'escalade donc le talus de la route et appelle Hémo qui vient rapidement et repart directement sur la piste. "C'est bien Hémo, le sang... ". Il file à toute vitesse et rentre dans le bois épais, je tente de suivre le plus vite possible mais les ronces me lassèrent et mon arc m'entrave dans la végétation, hémo tire sur sa longe et s'emmêle parfois dans la végétation en m'attendant. Il me faut alors le libérer pour repartir. Je n'ai pas besoin de l'encourager, il court sur la piste et je dois même le freiner un peu car je n'arrive pas à le suivre. Alors que je tente de me libérer d'une ronce qui me tient par l'oreille, Hémo s'impatiente et donne de la voix en tirant sur sa longe, c'est la première fois qu'il me fait ça. Une fois libéré, je repars au pas de course, je vois bien le sang par terre par moment, Hémo ne se trompe pas. En arrivant où je perds le sang, il prend la coulée qui remonte vers la bordure de la bande boisée et je retombe sur du sang un peu plus loin. Je suis épaté et félicite Hémo : "C'est bien Hémo, c'est bien...". La coulée propre rentre à nouveau dans les buissons noirs et j'aperçois un peu plus loin mon chevreuil allongé sur le flanc. Je suis tellement fier de mon petit Hémo, c'est sa première vraie recherche car cette fois je ne savais pas où était le chevreuil et sans lui la recherche aurait été compliquée. Je le laisse partir au chevreuil qu'il commence à piller alors que je tente de me frayer un chemin dans les épines.

Arrivé à mon chevreuil, je félicite vivement Hémo et le laisse piller un peu l'animal déjà couvert d’œufs de mouches avant de mettre le bracelet et de ressortir de ces buissons. Je descends le chevreuil jusqu'au chaume de blé en contre bas à 20 mètres environ et fais une petite pause pour récupérer, je suis trempé de sueur et griffé de partout.

Une mauvaise flèche, une recherche magnifique...merci Hémo, 27 juillet 2013

Hémo lui est surexcité. Je le félicite encore puis je charge le chevreuil sur mon dos et nous rentrons à la voiture pour une petite séance de photos avant de rentrer à la maison. C'était mon dernier tir d'été sur la société de Justian/Roques/Lagardère. Ma flèche rentre en fait très basse devant le cuissot et ressort en face très basse aussi et traversant le cuissot, je ne touche que les intestins.  

Une mauvaise flèche, une recherche magnifique...merci Hémo, 27 juillet 2013

Alex

 

Trophée :

Une mauvaise flèche, une recherche magnifique...merci Hémo, 27 juillet 2013

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 12:25

Ce matin, je suis parti chasser un secteur où je connais plusieurs brocards mais je n'ai rien vu de la matinée à part une chevrette et 2 ragondins et je suis en train de revenir vers la voiture. J'ai fait le tour du secteur en appelant au Butollo sans faire venir un seul brocard. Je traverse l'Osse par la petite passerelle d’accès à une palombière et débouche dans un champ de tournesol tout en long très souvent fréquenté par les chevreuils ou les sangliers. La voiture n'est plus qu'à un peu plus de 100 mètres. Il est environ 9 heures et je décide de tenter un dernier petit coin. Je longe l'Osse sur ma gauche tranquillement pour arriver à la pointe du champ de tournesol qui précède un petit bosquet en pointe, coincé entre la vielle Osse et le lit actuel de la rivière.

Un pied de tournesol frotté de frai par les bois d'un brocard attire mon attention.

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

Je rentre doucement dans le bois dont le sol a été lavé par les crues de ce printemps,

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

ce qui me permet d'avancer silencieusement jusqu'à un bouquet de quelques arbres derrière lequel je me poste. Cette position me permet de tirer à pratiquement 360°. Je commence à appeler régulièrement. Assez rapidement un pas se fait entendre dans mon dos sur ma gauche. Je tourne doucement la tête et aperçois un énorme brocard qui arrive d'un pas rapide en longeant la rivière, nez au sol comme un chien qui suit une piste. J'arme mon arc alors qu'il passe à 12 mètres sur ma gauche. Je le suis dans mon viseur mais le brocard ne semble pas vouloir s'arrêter et il va un peu trop vite pour tenter une flèche au milieu de la végétation et des arbres.

Je le laisse faire. Il parcourt environ 10 mètres puis bifurque brusquement pour venir se planter face à moi à 6 ou 7 mètres. Il est magnifique, ses bois sembles immenses, j'aligne rapidement ma visée entre 2 arbres qui me camouflent et décoche. Je vois ma flèche rentrer au défaut avant de l'épaule, juste un peu à gauche de mon point visé. Le chevreuil qui n'a même pas réagi à la décoche, fait volte-face et s'effondre sur place, se relève, fait quelques mètres, s'effondre à nouveau, se relève avance péniblement en titubant sur quelques mètres, s'effondre à nouveau puis se traîne à nouveau sur quelques mètres et tombe cette fois sans pouvoir se relever.

Le chevreuil n'a pas fait 15 mètres, je quitte discrètement mon poste et pars chercher Hémo qui m'attend dans la voiture. Je longe la rivière par la bande enherbée et retrouve Hémo moins de 300 mètres plus loin. Je lui mets sa longe et nous voilà partis. En chemin, je me rends compte que les pieds de tournesol frottés et mangés de ce côté du champ sont assez nombreux.

Arrivé sur la zone de tir, Hémo prends tout de suite la piste. "Le sang Hémo, le sang... " Il tourne un peu puis prends la direction de fuite et tombe très vite sur mon chevreuil mort. A chaque fois que mon chevreuil est tombé au sol ce dernier est marqué d'une grosse tache de sang. Je regarde un peu mon atteinte alors qu'Hémo pille un peu mon brocard. 

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

La flèche rentre bien où je la voyais et ressort sous le ventre juste devant le cuissot opposé et sectionne le genou au passage ce qui explique ses difficultés pour fuir. Ma flèche est introuvable, je calme un peu Hémo, appose mon bracelet avant de repartir vers la voiture avec mon brocard.  

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

Alex

 

Trophée :

Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013
Un magnifique brocard au butollo pour mon 90ième à l'arc, 22 juillet 2013

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 11:41

Ce matin, le réveil sonne vers 4h40, je me lève, me prépare rapidement. 5h10, nous voilà partis avec Hémo, nous arrivons sur place vers 5h50 alors que la luminosité commence juste à croître. Je me gare près du vieux moulin de Justian, au bord de l'Osse et laisse hémo à la voiture avant de partir par un chemin de terre encore détrempé depuis les dernières pluies de juin. Je me suis pulvérisé copieusement de produit anti-moustique car cette année c’est l'enfer on se croirait presque en Camargue. Je passe un petit bosquet à ma gauche qui laisse place à une grande friche, la droite du chemin est bordée par une haie épaisse. J'avance doucement en surveillant la friche, à peine caché par quelques gros frênes espacés mais pas de chevreuil ce matin. Cette année est spéciale pour moi, je n'ai jamais eu autant de difficultés à faire mes chevreuils, je vois beaucoup moins de brocards que d'habitude, la végétation leur permet de se cacher facilement et je viens de passer 15 jours à manquer tous mes tirs à cause d'un problème sur mon Turbo Hawk, ce matin j'ai pris mon Carbonne Elément que j'ai remis en service vendredi soir en fléchant 3 ragondins en 3 flèches.

 

Flash-back :

Je longe à 5 mètres de la vieille Osse dans une plantation de peupliers quand j'entends un bruit venant du lit du cours d'eau, je m'approche doucement et aperçois une belle genette lovée dans le creux d'un tronc d'arbre tortueux. Elle me fixe intensément mais ne bouge pas, je m'approche tout doucement pour la prendre en photo avec mon téléphone portable car je n'ai pas pris l'appareil photo, ma résolution est très faible et je tente de m'approcher au maximum. Arrivé à 5 mètres, la genette n'a pas bougé et je prends une photo

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

mais voyant le résultat, je tente de me rapprocher encore pour en prendre une autre mais la mémoire de mon portable est pleine et le temps de chercher une ou 2 photos à effacer, la genette a filé. Juste le temps de baisser les yeux et de les relever elle était plus là. C'est alors que je regarde le lit de la rivière asséchée et aperçois un gros ragondin, tête relevée juste en-dessous de la genette. J'encoche ma vielle flèche, arme vise et décoche, touché derrière la tête le ragondin reste sur place mais 2 petits ragondins surgissent de derrière ce dernier et se cachent dans les racines partiellement immergées. La genette avait peut être décidé d'en faire son repas du soir et la femelle ragondin les défendait. Je m'approche de la flaque et récupère ma flèche. Un petit ragondin remonte la tête à ma droite. Mon tir le sèche net, le second est dans les racines, je l'en déloge avec le pied, récupère ma flèche et le sèche également sur le coup. Les ragondins laissés au bord de la rivière avaient disparu le lendemain 

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

Arrivé au bout de la friche, le chemin bifurque à 90° sur la droite pour traverser la bordure basse d'un grand bois, les premiers moustiques sont déjà à l'œuvre malgré le produit. Le chemin débouche ensuite sur une friche qui remonte à ma gauche en longeant le grand bois. Rien en vue, je jette un coup d’œil au travers de la haie épaisse qui borde la droite du chemin. Le pré en contrebas au bord de l'Osse a été fauché et j'aperçois un gros renard qui trottine en direction du bras mort de l'Ossse bordé d'arbres au bord du bois. Je me décale rapidement vers une trouée un peu plus loin dans la haie craignant de le voir disparaître. Arrivé à mon poste, j'aperçois à nouveau un renard mais qui me semble beaucoup plus petit. Il est de dos à environ 100 mètres, affairé à essayer de déloger un campagnol. Je tente de le faire venir en essayant d'imiter des cris de souris en posant mes lèvres sur le dos de ma main. Le renard met un moment à réagir, semblant plus préoccupé par son campagnol puis il se décide et vient droit sur moi au petit trot. Il parcourt rapidement la moitié du chemin alors que je l’appelle toujours puis s'arrête, regarde vers moi. J'encoche mon décocheur et poursuis mes appels juste avec la bouche pour pouvoir armer rapidement. Le renard repart et vient s'arrêter à 35 mètres environ juste derrière la cime d'un arbuste de la haie. Je ne le vois plus et poursuis mes appels mais il finit par faire demi-tour et s'enfuit, le vent était bon, il a dû me voir.

Mes appels m'ont laissé un sale gout dans la bouche à cause du produit anti-moustique et ces insectes suceurs de sang ont profité de mon arrêt pour m'assaillir. Je suis un moment le chemin puis bifurque vers le grand pré fauché par le passage qui permet aux engins d'y accéder. Pas le moindre animal en vue. Je me retourne, traverse le chemin de terre et remonte une luzerne fauchée récemment. Arrivé sur le plateau un peu plus haut, je constate qu'une grande partie de la friche a été fauchée également. Je tente quelques appels de Butollo au bord d'une haie puis biaise pour rattraper la route de crête. En bordure du bois quelques lapins assis m'observent de loin puis finissent par rentrer au bois.

Je rattrape la route et la longe un moment quand j'aperçois un chevreuil, au bord d'une haie épaisse, à 150 mètres environ, dans un champ de soja sur ma droite. Je me cale derrière la haie qui borde le bord de la route et tente des appels de Butollo, le chevreuil regarde vers moi, hésite, se rapproche un peu en broutant puis se fige et ne semble pas vouloir venir. Je tente de longer un peu la haie pour rattraper l'autre haie perpendiculaire qui descend vers le chevreuil mais ce dernier fait volte-face et part en aboyant. Je le perds de vue dans la haie.

Je reprends ma progression sur la route, un peu plus loin je tente quelques appels dans un bois qui longe la route mais pas de réponse puis, encore un peu plus loin, je m'avance dans une friche pour tenter quelques appels et fais démarrer une chevrette que je n'avais pas vue, elle s'arrête à 80 mètres environ, regarde vers moi puis repart et rentre au bois. Je m'agenouille dans la végétation haute et tente des appels de Butollo mais rien ne vient. Je reprends la route et bifurque à gauche sur une petite route qui redescend vers chez le président de la chasse.

J'avance doucement entre 2 bois puis rentre doucement dans le bois de droite pour commencer à appeler, pas de résultat, je retourne à la route et poursuis ma route. Les bois font place à un grand chaume de blé sur ma gauche et un semé de tournesol à peine levé sur ma droite. J'avance en direction d'un petit bosquet souvent bien fréquenté par les chevreuils un peu plus loin en bordure droite de la route. Un gros lièvre est fièrement assis au bord du grand bois dans le chaume. Arrivé au coin du bosquet, j'aperçois un chevreuil au bord du bois où je viens d'appeler. Il est immobile et regarde côté champ. Je tente de me couler à couvert en bordure du bosquet. Le chevreuil n'a pas bougé, il est à environ 100 mètres de moi. Je commence à appeler mais il ne réagit pas, tout juste regarde t'il vers moi. J'insiste un peu mais voyant qu'il ne viendra pas, je me coule doucement dans le bosquet pour ressortir sur la route. Je longe doucement la route pour revenir vers le bois mais je ne vois plus le chevreuil. Arrivé au coin du bois, je le longe doucement mais le sol travaillé qui a séché est craquant. Le chevreuil était à environ 70 mètres plus bas derrière une avancée du bois dans le champ et ne peut pas me voir arriver mais il risque de m'entendre. Arrivé à l'avancement boisé, je m'avance doucement dans le bois puis commence à appeler mais rien ne vient. Je continue à descendre et juste au moment de passer l'avancée boisée, j'aperçois une chevrette qui sort du bois en broutant la végétation qui pousse le long du fossé de bas de combe. Elle est à 30 mètres environ. Je tente quelques appels, elle redresse la tête et regarde vers moi. Le temps passe et je décide d'arrêter de jouer. Je sors à découvert et la chevrette fait demi-tour pour rentrer au bois.

Je passe le bois et remonte à travers les tournesols vers le chemin de crête suivant, pas de chevreuil. Arrivé en crête, je passe la route et rentre dans un autre champ de tournesol très clair semé. J'y ai vu un chevreuil en venant chercher mes flèches tirées sur mon premier brocard de la saison et je suis presque sûr qu'il s'agit d'un petit brocard mais je n'ai pas pu l'approcher à moins de 50 mètres. Je remonte vers la bordure du bois qui longe la crête suivante. Un lièvre démarre devant moi dans le tournesol.

En arrivant à environ 40 mètres de la bordure du bois, j'aperçois un chevreuil qui broute des feuilles, tête haute, juste en bordure du bois. Il est tourné face à moi. Je m'immobilise et l'observe. Je pense tout d'abord à une chevrette mais décide de tenter une approche au cas où. J'avance doucement sans me baisser en m'arrêtant tous les quelques pas. Je gagne peu à peu du terrain alors que le chevreuil semble complètement serein. Arrivé à 20 mètres environ, je stoppe net, il regarde vers moi, je vois ses oreilles braquées sur moi derrière un pied de tournesol. Il reprend son repas, je reprends ma progression avec une infinie lenteur et en calculant chaque pas mais toujours sans me baisser. Il va regarder plusieurs fois vers moi, je stoppe net à chaque fois mais il ne s'affole pas et reprend à chaque fois son repas. Plus je me rapproche et plus je le trouve petit. Je commence à me demander s'il ne s'agit pas d'un chevrillard. Arrivé à 6 mètres environ, je l'observe un moment alors qu'il m'observe de temps en temps entre 2 prises de nourriture.

2 petites bosses pointent sur sa tête et son front est bien noir, je ne vois pas de points sur son pelage. Le chevreuil s'avance et se positionne plein travers à 6 mètres de moi environ. C'est un jeune brocard de l'année dernière mais j'ai trop attendu, le jeune brocard fait 2 bons tranquillement et disparaît en bordure du bois. Je m'avance tout doucement et l'aperçois à nouveau, il est juste à 4 ou 5 mètres devant moi dans un creux au bord du bois, plein travers et regarde vers moi. Il tourne la tête, je monte doucement mon arc pour armer mais mes flèches se coincent dans un tournesol, je les dégage très lentement et commence à armer mais il regarde à nouveau vers moi et je stoppe mon mouvement. Il retourne la tête, cette fois, j'arme rapidement et prends la visée. Ma flèche part et l'impact retentit suivit d'un bruit de bois creux.

Le chevreuil démarre en trombe, il me semble que ma flèche est un peu en arrière. Je perds mon chevreuil un instant de vue puis il réapparaît en bordure du champ à 40 mètres environ, fait le dos rond, vacille puis je jette dans le bois.

Je pars chercher ma flèche et n'arrive pas à la trouver puis chercher des traces de sang mais sans succès. Je longe le bois en direction de l'endroit où le chevreuil s'est arrêté et commence à trouver du sang en grosses taches, la rentrée dans le bois est bien marquée, le chevreuil perd maintenant beaucoup de sang, je fais à peine 10 mètres dans le bois et l'aperçois étendu sur le flanc 10 mètres plus loin. Un chevreuil démarre plus bas en aboyant. Je me poste un peu plus à droite derrière quelques arbres et tente quelques appels de Butollo, les aboiements se calment mais le chevreuil ne vient pas. Je quitte le secteur pour aller chercher Hémo et lui faire chercher mon chevreuil. Je retourne à la route puis coupe à travers champ vers une ferme plus bas. Sur ma droite un chevreuil détale à 100 mètres environ. Je presse le pas, passe sous la ferme puis me poste 300 mètres plus loin, au bout d'une haie pour tenter quelques appels qui resteront sans réponse. Je redescends vers la route qui longe l'Osse et qui revient à ma voiture quand j'aperçois un chevreuil au gagnage dans un blé à 150 mètres environ de l'autre côté de la route. Je traverse le fossé sur ma droite, d'un pas rapide, je passe à couvert derrière une haie qui le longe jusqu'à la route, traverse cette dernière et aligne un bouquet d'arbres entre moi et le chevreuil. J'avance ainsi très rapidement jusqu'au bouquet d'arbres en retraversant le fossé. Du bout du bouquet d'arbres, j'aperçois à nouveau le chevreuil mais c'est une chevrette, je donne 2 coups de Butollo pour m'amuser, la chevrette se précipite vers moi sur 10 mètres et se plante à 30 mètres, je fais demi-tour. La chevrette repart à grands bons pour disparaître un peu plus loin dans une haie qui sépare le blé d'un champ de colza qui borde l'Osse.

Je rejoins la route et la longe mais à 200 mètres de ma voiture, un mouvement dans le colza m'interpelle, un animal semble rejoindre le bord de la rivière. Je presse le pas et contourne le colza en longeant un petit bosquet pour arriver à la bande enherbée mais rien ne vient et je fais demi-tour.

Arrivé à ma voiture, je prends la route et me gare au bord de la route la plus proche du bois où mon chevreuil est mort. Je mets la longe à hémo et nous voilà partis. Arrivé à la zone de tir, j'attaque ma recherche : "le sang Hémo, le sang...". Hémo hésite et cherche sans vraiment sembler comprendre ce qu'il cherche. Je l'encourage, il rentre et sort du bois puis finit par longer le bois vers l'entrée du chevreuil. Cette fois il prend la piste très nettement mais à l'endroit où j'ai bifurqué pour me poster et appeler, il suit mes pas et non le sang et commence à tourner dans tous les sens. Je n'ai pourtant pas marché dans le sang, je fais toujours attention à ne pas abîmer ses pistes. Au bout d'un moment, je le stoppe et le remets sur une grosse tache de sang qu'il lèche un peu, "le sang, allez le sang,...", mais Hémo tourne dans tous les sens. Il finit par revenir vers le chevreuil mais sans réellement suivre sa piste. Je suis un peu déçu mais bon, c'est le métier qui rentre. Je le félicite tout de même alors qu'il lèche la plaie de sortie.

Le chevreuil est déjà couvert d’œufs de mouches et de mouches vertes. Je me dépêche de mettre le bracelet et de revenir vers la voiture. En fait ma flèche rentre bien au défaut de l'épaule et ressort au milieu des côtes de l'autre côté, j'ai touché un poumon et le foie, coupant l’entrée de la panse au passage.

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

Alex

 

Trophée :

Un petit brocard à bouttons, 14 juillet 2013

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 23:58

Ce soir, un couple d'amis de Belgique est passé nous voir pour 2 jours, Massoud n'est pas chasseur mais il a très envie de m'accompagner lors d'une de mes chasses. En rentrant du boulot, nous nous préparons, je lui prête une tenue de camouflage puis nous partons pour mon territoire de tir d'été. Le temps est idéal pour la chasse, il ne fait pas trop chaud et le vent souffle. Nous arrivons sur place vers 19h30, nous allons chasser une petite zone de blé, de vigne et de friche autour d'un petit lac et d'un petit bois. Je me gare sur un chemin de terre au-dessus du lac. Je contrôle le vent qui vient de notre gauche, nous partons donc, au travers d'une vigne entourée du blé, face au vent et rejoignons la bordure du blé que nous longeons un instant en direction de l'angle droit de la vigne. Une mare, formée par les fortes pluies autour de quelques arbres près de la vigne, abritait quelques canards qui s'envolent face au vent. Nous rentrons dans le blé, je m'arrête régulièrement pour scruter la surface des céréales quand j'aperçois la tête d'une chevrette qui émerge. Je me baisse rapidement en la montrant à Massoud. Nous nous avançons rapidement vers le passage de tracteur dans lequel se trouve la chevrette. Nous nous baissons régulièrement mais la chevrette n'est pas inquiète et ne regarde même pas les alentours quand elle relève la tête. Nous arrivons rapidement au passage de tracteur puis commençons à le longer en nous baissant à chaque fois que la chevrette redresse la tête. Elle est à environ 80 mètres, le vent latéral ne lui permettra pas de nous sentir. 

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

Massoud me suit et prend des photos et des petits films avec son téléphone et sa vision de non chasseur tout en commentant par moment les événements à voix basse. Petit à petit, nous nous rapprochons de la chevrette en nous baissant régulièrement puis cette dernière reste un long moment sans remonter la tête et nous avançons vers elle tout doucement. J'aperçois par moment le mouvement du blé qui la trahit mais brusquement, alors que nous sommes à 30 mètres environ, elle relève la tête et regarde vers nous. Je me baisse mais trop tard, elle démarre et fuit à grand bon. Je l'abois et la stoppe ainsi un court instant puis elle reprend sa course et nous la perdons de vue. Pendant sa fuite, j'en profite pour jeter un coup d'œil aux alentours mais pas d'autre chevreuil en vue.

Nous rejoignons une bande enherbée bordée d'arbres sur notre gauche puis la longeons en direction d'une ruine. Arrivés près du bâtiment partiellement effondré, je me retourne pour regarder en arrière et aperçois la tête d'un chevreuil qui traverse tranquillement le blé de l'autre côté de la bande enherbée pour rejoindre cette dernière. J'interpelle Massoud et lui montre l'animal. A sa démarche, je suis presque sûr qu'il s'agit d'un brocard. Le brocard arrive à la bande enherbée où je le perds un court instant de vue puis il m’apparaît à nouveau au pied d'un des gros arbres. Je presse le pas et nous rejoignons le premier des arbres sur la bordure droite de la bande enherbée puis avançons rapidement d'arbre en arbre. Leur alignement masque notre progression. Au pied d'un des arbres, je me penche pour observer et aperçois le chevreuil qui vient droit sur nous par le milieu de la bande enherbée. J'avance rapidement jusqu'au dernier arbre puis regard à nouveau mais le chevreuil a disparu, je le cherche un instant puis traverse la bande enherbée pour observer à nouveau, caché derrière un autre arbre. Je fais signe à Massoud de rester là puis commence à avancer doucement sur la gauche de la bande d'herbe. Le vent souffle de ma droite. Je m'attends à voir le brocard à tout moment mais impossible d'y mettre les yeux dessus quand, tout à coup, il surgit du blé à 2 ou 3 mètres sur ma gauche et fonce à travers la culture.

Je tente de m'agenouiller et d'aboyer mais je suis à mauvais vent et le chevreuil ne veut pas s'arrêter. Je reviens en courant vers Massoud espérant pouvoir le couper plus loin mais il file trop vite et je le laisse s'éloigner. Nous revenons vers le chemin de terre au bout duquel nous sommes garé pour rejoindre la route et descendre vers Justian pour réattaquer le territoire à bon vent. Nous avançons tranquillement sur le chemin et je jette un coup d’œil dans le blé sur notre gauche et sur le petit lac, au milieu de la culture, où pataugent un ragondin, des foulques et des canards. Massoud m'interpelle, il a vu un chevreuil devant nous. Je me fige et observe, c'est bien un chevreuil qui fait sa toilette à environ 50 mètres devant nous. Je l'observe un instant et m'aperçois qu'il s'agit d'une chevrette. Nous nous calons contre la haie qui borde la droite du chemin et commençons à nous rapprocher alors que le chevrette traverse elle aussi le chemin pour venir brouter quelques feuilles dans la haie. 

Nous avançons tranquillement et la courbe du chemin me fait perdre un moment la chevrette de vue. Je pense qu'elle a traversé la haie pour rejoindre la vigne au-dessus mais je finis par l'apercevoir à nouveau. Elle regarde un moment vers moi et je me fige pour l'observer puis elle reprends son repas et me tourne le dos pour s'avancer un peu. Je me rapproche encore un peu et arrive à environ 30 mètres de la chevrette. Je me fige et fais signe à Massoud de me rejoindre puis le fais passer à ma droite pour le faire passer devant et lui faire tenter l'approche. Je lui montre la chevrette puis il commence à s'avancer. Il est vite repéré et je lui chuchote de s'arrêter, ce qu'il fait puis la chevrette reprends son repas et Massoud son approche mais des brindilles qui cassent sous ses pas le font repérer à nouveau et la chevrette se tourne vers lui. Malgré cela, il poursuit son approche et la chevrette détale pour traverser le chemin puis la haie de gauche pour rejoindre le blé autour du lac.

Nous rejoignons la route et descendons vers Justian jusqu'à un chemin de terre qui prend à gauche sous une petite peupleraie. Nous le longeons tranquillement, rien dans le blé de droite. Nous passons une haie sur notre droite puis arrivons dans un pré ponctué de balles rondes. Au loin sur notre droite, un chien fouille le foin près d'une habitation. Pas de chevreuil, nous traversons le pré et rejoignons une bande boisée que nous traversons pour arriver dans une friche d'herbes hautes et de repousses de frênes. Le terrain remonte doucement vers une petite crête quand j'aperçois sur la gauche de la friche, derrière la cassure du terrain, les bois et le front d'un beau brocard qui dépassent. Je me fige et chuchote à Massoud de se baisser. 

Je me mets à genoux et commence ainsi mon approche en direction de la crête, le vent est bon, le brocard biaise doucement vers moi tout en s'arrêtant pour brouter par moment. 

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

En arrivant près de la crête je continue mon approche à 4 pattes en m'arrêtant pour regard la progression du chevreuil et arrive ainsi juste derrière la crête où je me poste pour laisser venir le brocard. Ce dernier biaise un peu vers le bois et s'éloigne donc de ma position, il passera maintenant à environ 20 mètres de moi. Je tente de bouger un peu mais il aperçoit le mouvement. Je me plaque au sol. Le brocard reste un moment figé à regarder vers moi, je reste immobile et le brocard se remet à brouter mais reste inquiet et regarde souvent dans ma direction en se léchant les naseaux. Constatant une faille dans sa garde, je tente de me redresser pour armer mais à nouveau il repère le mouvement et commence à devenir très nerveux. Il regarde vers moi, tape du sabot, se lèche les naseaux, hésite, fait mine de partir puis revient un peu puis se retourne à nouveau. Il est un peu loin 20 à 23 mètres environ mais alors qu'il se positionne en 3/4 arrière, je me redresse, arme mon arc, prends la visée et décoche. Le brocard a bougé au même moment mais j'entends l'impact sans pouvoir voir l'atteinte.

Le brocard démarre avec une course très saccadée. Il décrit une boucle par ma droite en aboyant et s'arrête à environ 40 mètres plein travers pour chercher à comprendre ce qui vient de se passer avant de redémarrer au galop. C'est alors que j'aperçois ma flèche plantée dans son arrière train et qui dépasse d'environ 30 cm. Je le perds rapidement de vue dans mon dos, derrière le relief du champ. Je ne suis pas très confiant sur la rapidité avec laquelle mon brocard va succomber à une telle blessure.

Je me redresse et me retourne vers Massoud qui vient à ma rencontre, je commence à lui expliquer un peu ce qu'il s'est passé et mon sentiment sur ma flèche quand 2 chiens de l'habitation la plus proche (200 mètres environ) arrivent vers nous en aboyant. Je crains qu'ils ne relèvent mon chevreuil s'il n'est pas encore mort. J'expliquais justement à Massoud que, vu ma flèche, nous allions attendre un peu que l’hémorragie se fasse mais devant le risque que représente ses 2 chiens j'hésite à faire la recherche immédiatement. Nous commençons par chercher le premier sang que je trouve rapidement en recoupant la trajectoire de fuite du brocard. Une ligne de gouttes sombres est bien dessinée sur la végétation. Je plante une vielle flèche à cet endroit puis, voyant que les chiens se rapprochent de plus en plus, je décide d'attaquer la recherche. J'encoche une flèche au cas où en demandant à Massoud de ne pas marcher sur le sang si possible puis nous suivons le sang qui est assez abondant sur environ 30 mètres, l'arrêt du chevreuil est marqué par une grosse tache de sang au sol puis les gouttes s'espacent de plus en plus et leur diamètres n'est pas toujours très important. J'avance tout de même assez rapidement en pointant les gouttes du doigt pour les montrer à Massoud.

Nous arrivons ainsi au bord de la bande boisée où l'herbe haute se mélange à des repousses de petits frênes. Les gouttes nous mènent au une trouée qui traverse un petit ru. La pénombre relative du bois rend difficile la vue des gouttes de sang et j'allume la lampe de mon portable pour continuer la recherche. Nous enjambons le ru et, focalisé par ma recherche au sol, je ne vois pas le chevreuil allongé sur le flanc à 15 mètres devant nous au pied d'un gros chêne. C'est Massoud qui le voit en premier et me le fait voir. Je suis soulagé, nous nous rapprochons de l'animal sans le toucher alors que les chiens donnent toujours de la voix.  

Hémo nous attends dans la voiture et j'aimerai lui faire retrouver ce chevreuil si possible. Massoud reste sur place à garder le chevreuil au cas où les chiens arriveraient jusqu'à lui et je pars chercher mon petit teckel. Je finis de traverser la bande boisée et ressors dans le pré au milieu des balles de foin puis presse le pas pour rejoindre la route et ma voiture. Je reviens me garer au départ du chemin de terre puis sors Hémo qui est tout excité, je lui mets sa longe puis nous voilà partis. Arrivé près de la zone de tir, Hémo se met à chercher dans tous les sens puis pars un peu au hasard dans toutes les directions, je dois le gronder plusieurs fois et le stopper sur la voie ensanglantée pour le calmer avant qu'il ne prenne le sang. Hémo zigzague sur la voie et je l'encourage : "C'est bien Hémo, le sang, le sang...". Il me conduit ainsi au pas de course vers l'entrée dans la bande boisée et je lâche sa longe pour traverser le ru. Après une petite boucle dans le bosquet Hémo par droit sur le chevreuil alors que je le rejoins en le félicitant. 

Il est temps de rentrer les filles nous attendent pour un fondue de chevreuil. Je charge mon chevreuil sur l'épaule sans sortir la flèche que je pense restée dedans et constate alors qu'elle ressort à peine sur le flanc droit du chevreuil. Je sors donc ma flèche et nous voilà parti vers la voiture pour une petite photo souvenir. Au dépeçage nous constaterons qu'elle traverse la panse, le foie et un poumon. Le chevreuil aura parcouru moins de 100 mètres. 

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

Alex

 

Trophée :

Un brocard en chasse accompagnée, 20 juin 2013

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:05

Ce matin, je repars pour mon territoire de tir d'été. Arrivé vers 5h30 sur le secteur que je pense chasser, je me gare et attends un peu que le jour se lève puis me prépare et pars en chasse en longeant un chemin de terre qui rejoint le bas du village de Roques. Le secteur est bien calme, rien dans les cultures de part et d'autre du chemin. Un peu plus loin, je quitte le chemin principal et bifurque à droite pour prendre un sentier qui remonte vers les vignes. Rien à droite dans l'avoine, rien à gauche dans le blé, le chemin poursuit au bord du bosquet sur ma droite et d'un semé de tournesol à gauche. Rien en vue, j'arrive à la première parcelle de vigne entourée de parcelles de blé. Toujours rien, le secteur est habituellement très bon. Au bout de la parcelle de vigne s'étend un grand champ de blé qui remonte jusqu'à la route de crête, c'est le secteur d'un grand brocard que je connais depuis plusieurs années et j'espère le revoir.

Je m'avance dans la culture bordée par une haie sur ma droite qui bifurque à 90° et s'avance un peu dans le blé. Je traverse cette avancée de la haie par un passage très fréquenté et rejoins un passage de tracteur en bordure droite du blé pour remonter vers une parcelle de vigne, au bord de la route sur ma droite. J'avance doucement sans rien voir et mon attention baisse. Je marque un arrêt alors que la parcelle de blé rejoint la vigne sur ma droite. J'aperçois trop tard la tête d'un brocard qui dépasse de la culture à environ 40 mètres sur ma droite. Il m'a vu et regarde vers moi. Je m'agenouille doucement et attends. Il reste un long moment immobile, fait 2 pas vers moi puis se ravise et fait volte-face pour rejoindre la vigne à grands bons où je le perds de vue.

Je décide d'essayer de le recouper à la route, je me redresse et presse le pas pour rejoindre la route de crête mais le chevreuil qui s'était arrêté dans la vigne repart en aboyant. Arrivé à la route, je longe la vigne et scrute les sillons mais le chevreuil est introuvable, seul un lapin me regarde passer sans bouger au pied d'une souche de vigne. Je renonce et fais demi-tour pour traverser la route et faire le tour d'un grand bois où j'ai fléché un beau six l'an dernier mais pas le moindre chevreuil ce matin, tout juste quelques lièvres. Je finis par traverser le bois par un chemin forestier et ressortir dans une parcelle de blé coupée en 2 par une haie qui remonte vers la route de crête.

Je la longe et retraverse la route pour partir au travers des vignes vers une petite parcelle de blé à environ 400 mètres et bordant un petit bosquet. J'observe les alentours mais toujours rien, je ne comprends pas, je ne suis pas habitué à faire si peu de rencontres. J'ai vu peu de chevreuils depuis l'ouverture. Arrivé au coin du bosquet, je le longe à environ 4 ou 5 mètres de la lisière par un passage de tracteur dans le blé quand 2 animaux détalent devant moi à moins de 5 mètres et se précipitent vers le bois. Je me fige, le mouvement dans les céréales s'arrête au ras du bois puis le blé bouge sur place pendant un instant avant que le mouvement reprenne. Les animaux ont fait demi-tour en grognant, je ne les vois pas mais, aux sons émis, je sais maintenant qu'il s'agit de blaireaux. L'un d'eux décrit une boucle pour venir droit sur moi puis passe juste devant moi sans que je puisse le voir pour rejoindre la bordure du bosquet. Il s'arrête juste à la sortie du blé à 3 mètres sur ma gauche en laissant dépasser sa tête, son coup et ses épaules. Il reste un instant à l'écoute puis démarre avec fracas, traverse des repousses épaisses de colza, longe le bas du bois puis rentre à couvert, le bruit s'arrête rapidement. A 10 mètres environ, un peu plus haut le second blaireau surgit du blé et s'arrête plein travers entre la culture et le bosquet. Il regarde un instant vers moi puis rentre au bois.

Je remonte au coin haut du bois pour voir si un chevreuil ne se trouverait pas dans le blé mais, ne voyant rien, je fais demi-tour. Je redescends vers un champ d'orge mais toujours rien, je traverse le petit ruisseau du fond de combe par un passage busé qui traverse une haie épaisse puis remonte le long d'un champ de blé. Arrivé en crête, je tente d'apercevoir une tête de chevreuil mais toujours rien. A ma gauche une petite parcelle de poireaux semence rentre dans le blé et délimite une parcelle d'orge un peu plus loin. Je me dirige vers la parcelle d'orge et la remonte par un passage de tracteur dont les ornières sont encore remplies d'eau. Le sol est jonché de pieds de sanglier, certainement 2 laies avec des petits de 10 à 20 kg ceci pourrait expliquer que les chevreuils soient si peu nombreux dans le secteur. Je suis les traces qui reviennent vers un retour du champ de blé qui borde une bande boisée à 150 mètres environ. De gros ronds de blé ont été couchés par les sangliers et de nombreuses drailles se répartissent dans les céréales en direction du bois. 

Je pars sur la gauche vers la bande boisée en croissant en prenant un passage de tracteur qui bifurque pour longer à environ 10 mètres du bois. J'avance doucement sur le plateau, les sangliers ont fait des passages partout et des drailles toutes fraîches rentrent au bois. Plus loin le champ redescend vers le chemin de terre qui revient à la voiture. Un mouvement attire mon attention. Un petit brocard broute tranquillement dans une bande enherbée qui suit le font de la combe qui remonte vers la crête d'où j'arrive et sépare les deux penchants de blé. Le vent vient d'en bas et si je poursuis sur le passage de tracteur le chevreuil va me sentir avant que je sois à distance de tir. De plus, je suis au-dessus de lui et le blé n'est pas très haut. Descendre droit vers lui à travers blé est impossible sans être repéré et le chevreuil avance doucement en s'arrêtant régulièrement pour brouter. Je tente tout de même de descendre par le passage de tracteur en me baissant régulièrement à chaque fois qu'il s'arrête de brouter. Le vent masque bien le frottement du blé sur mes vêtements.

Un craquement plus important du blé fait relever la tête à mon petit brocard, heureusement j'ai juste eu le temps de me m'accroupir derrière le blé. Le chevreuil reprend sa quête de nourriture et je reprends mon approche mais un peu plus loin, alors que le brocard n'est plus qu'à 35 mètres, un nouveau craquement retentit, je me baisse rapidement mais le chevreuil inquiet me cherche un bon moment et finit par me sentir car le vent n'était plus trop à mon avantage. Il détale en suivant les herbes hautes puis semble remonter dans le blé sur mon penchant. Je remonte au pas de course pour tenter de l'intercepter mais je m'aperçois qu'il a bifurqué sur l'autre penchant. Il s'arrête un instant, m'aperçois et détale pour disparaître derrière la crête du champ.

Je redescends au pas de course pour tenter d'aller l'intercepter plus loin mais en arrivant au chemin de terre, j'aperçois un mouvement sur ma gauche. Un chevreuil file en longeant le chemin, j'aperçois à chaque bon ses oreilles au-dessus de la parcelle de blé sur ma gauche. Je renonce à couper le petit brocard en me disant que je le reverrais certainement bientôt et me décale sur le chemin que je prends en courant pour voir de plus près ce chevreuil. 100 mètres plus loin, je l'aperçois qui remonte dans le blé et qui rentre au bois. C'était une chevrette. Il est 8h30 environ et j'ai promis de ne pas rentrer trop tard, je retourne donc vers la voiture.

Un peu plus loin, je marche tranquillement alors que je viens de passer un petit bosquet sur ma droite qui abrite chaque année un brocard et n'ayant pas vu de chevreuil, je relâche mon attention. Tout à coup, sur ma gauche, dans le blé, un grognement me fait sursauter, je suis incapable de dire de quoi il s'agit. Je regarde dans le blé, quelques brins bougent dans un trou de la culture à 2 mètres environ mais impossible de voir l'animal. Je cherche un moment à l'apercevoir en essayant de ne pas me faire voir quand un grondement familier retentit. C'est un ragondin, je reviens un peu sur mes pas tout doucement pour me positionner en face de la draille qui biaise vers le trouée et aperçois la tête du ragondin plaquée au sol. J'arme mon arc, vise la tête et décoche. Le ragondin sursaute en grognant et se débat avec ma flèche en travers de la tête, je ne vois que mes vannes s'agiter au-dessus du blé. Ma flèche s'immobilise à 4 mètres environ alors que le ragondin gronde furieusement. Je m'avance rapidement à sa rencontre, il essaye de fuir sur quelques mètres mais entravé par ma flèche, il choisit de faire face et se met de côté, sur le dos en posture de défense mais je l'attrape rapidement par la queue, dégage ma flèche dont la lame a cassé au ras de l'insert et l'achève d'un coup sec.

Je rentre avec ma prise, une femelle pleine de 8 kg, je ferai mieux une prochaine fois. 

Un gros ragondin faute de chevreuil, 15 juin 2013

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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