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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 19:52

Ce soir, je repars chasser sur Labéjan. Je me gare en haut de la cote après le lac, me prépare et décide de partir chasser au-dessus du grand bois qui précède le lac. Je remonte le talus du fossé de la route et suis la crête tout en surveillant la pente sur ma gauche. Rien pour le moment le long de la haie qui borde le bas du champ. Je décide de tenter de décocher quelques flèches en billebaude pour vérifier si mon arc est toujours bien réglé car depuis ma chute au chamois du 5 novembre, je n'ai pas vérifié mes réglages. Tout semble normal, mes flèches vont où je veux, j'avais pris mon cube de mousse et mes clés hexagonales au cas où dans la voiture. Je continue donc l'esprit tranquille, je passe au-dessus du bosquet, le vent souffle face à moi, rien derrière ce dernier dans le chaume de maïs, je continue vers le chemin de terre qui longe la crête mais en regardant l'heure, je me ravise, il ne me reste qu'une heure avant la nuit. Je décide d'aller chasser le secteur où j'ai fléché le brocard avec l'abcès à la joue. Je descends donc en suivant le bosquet puis pars à mauvais vent pour longer sous la haie qui sépare l'ancienne parcelle de maïs de l'ancienne parcelle de tournesol, toutes les 2 aujourd'hui travaillées. La haie rejoint un bois qui remonte vers la crête, je longe le fond de ce dernier et aboutis à un passage entre lui et une grosse haie qui descend vers le ruisseau à environ 150 mètres sur ma droite. En traversant le passage je regarde alternativement à droite et à gauche en avançant tout doucement pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais rien en vue. J'avance encore sur environ 50 mètres pour jeter un coup d'œil derrière un petit bosquet tout en long qui descend aussi vers le ruisseau en s'éloignant doucement de la haie. Toujours rien, je fais demi-tour et reviens vers la haie quand je me rends compte qu'une chevrette est sortie du bois à environ 100 mètres sur ma droite. Je me fige, elle regarde vers moi, le relief du terrain me cache en partie, nous restons un moment à nous observer.

Au bout d'un moment, elle baisse la tête, j'en profite pour me baisser et me cacher derrière le relief du terrain puis avance rapidement voûté vers le bord du bois. En arrivant contre ce dernier, je jette un coup d'œil sur la chevrette qui n'a pas bougé et regarde à l'opposé de ma position. Je me cale contre le bois et commence à avancer doucement, la légère courbure sortante du bois et le relief vallonné du terrain me cache pour le moment le chevreuil et me permettent d'avancer à couvert. J'arrive ainsi à environ 45 mètres de la chevrette. Au moment où je l'aperçois, elle regarde vers moi. Je suis partiellement caché derrière une branche basse qui sort de la bordure du bois. Je me suis figé, partiellement voûté et sur mes jambes partiellement fléchies. Le temps passe et la position devient de plus en plus douloureuse. Je tente de tendre mes jambes doucement une après l'autre sans me redresser et sans bouger le haut de mon corps en les étirant vers l'arrière pour stopper cette douleur mais je dois ensuite reprendre ma position et la douleur revient. Le temps me parait interminable, le chevrette reste à regarder fixement vers moi, ses oreilles pivotent pour écouter autour d'elle. Après de longues minutes, elle finit par faire volte-face tranquillement et rentre au bois. Je me redresse alors avec un grand soulagement et m'approche doucement de l'endroit où elle est entrée à couvert pour tenter de l'apercevoir au travers des feuillages mais elle a disparu. Je m'avance alors tranquillement et rejoins une bande claire et très étroite de bois, d'environ 15 mètres, qui relie les 2 bois rectangulaires. L'un décalé à droite de la bande étroite et l'autre à gauche. Je commence à traverser la bande de bois étroite quand j'aperçois ma chevrette qui ressort, à environ 45 mètres devant moi, du bois à ma gauche qui remonte vers la crête. Elle s'avance tranquillement, s'arrête, regarde vers moi, repart tranquillement tout en biaisant doucement pour descendre vers la bordure du bois à ma droite. Je tente de m'avancer jusqu'au bord de la bande boisée pour gagner quelques mètres au cas où la chevrette déciderait de se rapprocher plus que prévu. Je fais 2 ou 3 pas et elle s'arrête net pour regarder vers moi, je me fige à nouveau. Elle finit par repartir en pressant un peu le pas puis se remet à brouter près de la bordure du bois. Je me décale au coin du second bois pour surveiller la chevrette et aperçois 3 autres chevreuils à environ 150 mètres, vers lesquels elle se dirige.

Je reste un moment caché derrière les arbres puis décide de tenter une approche alors que la chevrette qui a rejoint le petit groupe s'est tranquillisée et broute tranquillement. Je pense qu'ils mangent des glands. Je profite d'un moment d'inattention de la bande de chevreuil en plein repas pour sortir sur la luzerne et commencer à suivre tout doucement le fossé qui longe la bordure du bois. A chaque fois qu'un animal relève la tête, je me fige et attends que tous soient inattentifs pour recommencer à avancer. J'arrive ainsi à environ 70 mètres des chevreuils. Cette bande m'a déjà eu plusieurs fois mais je les ai toujours attaqués par le haut de la luzerne. Ce soir c'est différent et mes nombreux échecs m'ont permis de les observer, je sais qu’ils remontent souvent vers le chaume de maïs labouré en crête par une sorte de petite combe qui part du bois pour arriver en crête. Ce passage fréquent est situé à mi-distance entre moi et les chevreuils. J'hésite, un buisson sort du bois et me fait un bon écran de camouflage mais, même si j'ai déjà vu les chevreuils venir jusque-là, je crains de les voir bifurquer trop loin, mais je ne peux pas contourner ce buisson sans m'exposer à découvert et être repéré par l'un des 4 chevreuils dispersés sur 15 mètres dans la luzerne au bord du bois. Je décide de me poster provisoirement derrière ce buisson en attendant de voir ce que vont faire les animaux. Je les observe donc un moment, je pense identifier 2 chevrettes et 2 chevrillards. Certains des animaux remontent de 5 à 20 mètres dans la luzerne, reviennent vers le bois, viennent vers moi, repartent en arrière, 2 chevreuils jouent à se repousser tête contre tête... finalement 2 d'entre eux rentrent au bois. Les 2 restants semblent être 2 chevrillards et je pense les voir suivre les 2 autres. J'attends donc ce moment pour tenter de me rapprocher mais contre toute attente ils commencent à venir vers moi en broutant.

Le premier avance vers moi à environ 5 mètres de la bordure du bois, je me serre au maximum contre le bois mais je crains qu'il ne me voit avant que je puisse armer. Il fait régulièrement des haltes pour manger, alors qu'il se rapproche, il me semble voir des petits bois entre ses oreilles et je commence à douter de mon identification, il s'agit certainement d'un brocard. C'est donc certainement une chevrette qui le suit à environ 20 mètres en arrière. Pourtant, il me semblait beaucoup plus petit que les 2 rentrés au bois. Tout à coup, le brocard biaise vers le bois puis recommence à vernir vers moi, cette fois l'arbuste me cache d'avantage. Petit à petit, il arrive à environ 10 mètres mais le buisson m'empêche de tenter une flèche, c'est alors qu'il bifurque à nouveau pour s'avancer plein travers dans la luzerne. J'arme mais il détecte le mouvement et regarde vers moi en avançant d'un pas saccadé. Je le suis dans mon viseur en attendant que la zone vitale se dégage. Il stoppe plein travers, bien dégagée, ma visée est calée je décoche mais, inexplicablement, ma flèche dévie à droite et le frappe dans le cuissot, le brocard s'effondre sur place et se retourne en rampant pour revenir vers le bois. Je me précipite vers lui et le plaque au sol, ses 2 fémurs sont cassés, je dégage ma flèche et me positionne derrière lui pour éviter de prendre des coups de pattes. Un geyser de sang jaillit de la plaie d'entrée dans son cuissot et il s'immobilise rapidement. Ma flèche qui était restée en travers de l'animal, a sectionné les artères fémorales en plus de casser les fémurs. La chevrette qui a fui vers le bois au moment où le brocard est tombé au sol pousse une sorte d'aboiement plaintif et répétés un moment dans le bois comme pour appeler son compagnon qui ne la suivra plus. Je dois dire que c'est la première fois que j'entends un tel aboiement et qu'il ne me laisse pas indifférent. J'examine ma flèche et comprends rapidement ce qui s'est passé, il s'agit de la flèche tirée sur mon deuxième chamois manquée, la lame avait cassé au ras de l'insert et ayant réussi à sortir le bout restant, je l'avais équipé d'une lame neuve sans faite attention que l'insert s'était légèrement mis en travers ce qui a dévié ma flèche. J'ai eu beaucoup de chance aujourd'hui malgré 2 flèches douteuses que j'ai du mal à digérer, j'ai tout de même retrouvé mes 2 chevreuils.

Un chevrillard le matin, un brocard le soir, 9 novembre 2014

Alex

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 12:21

Ce matin, le temps est menaçant, il risque de pleuvoir, je décide de changer un peu de secteur de chasse. Juste avant que le jour ne se lève, je me gare près de la barrière en bois qui barre la seconde allée du bois du Turc, me prépare en enfilant ma tenue 3D puis pars à pied sur l'allée pour rejoindre le haut du bois et chasser autour des bosquets qui précèdent ce grand bois. La luminosité croit doucement alors que je suis l'allée enherbée et arrive en bordure du bois. Un coup d'œil sur la première allée qui rejoint la seconde à ma droite, rien. Un coup d'œil à droite et à gauche après la bordure du bois, dans le chaume, toujours rien. Je pars à droite, à bon vent, en longeant le bois dont la bordure fait plusieurs angles droit sortants. En arrivant tranquillement au niveau du premier angle, je me penche lentement pour tenter d'apercevoir un chevreuil caché derrière la bordure du bois quand j'aperçois un magnifique renard qui longe le bois à environ 50 mètres et se dirige vers l'angle rentrant du bois. Je me prépare et tente de l'appeler avec mes lèvres sur le dos de ma main. Il s'arrête à 10 mètres environ de la lisière à environ 50 mètres de moi, regarde un instant vers moi, J'insiste et continue à appeler, il repart tranquillement, s'arrête au ras du bois un court instant. Je continue à appeler, il rentre tranquillement au bois. J'insiste un moment mais il ne ressort pas, je décide alors de me décaler en revenant un peu sur mes pas pour tenter de trouver un passage pour rentrer sans bruit dans le bois et reprendre mes appels. C'est alors que le renard démarre juste à 1 mètre de moi au ras du découvert dans l'entrée d'une grosse coulée de sanglier qui ressort presque à mes pieds sur le champ. Je viens de me faire avoir comme un débutant.

Je reprends ma progression en longeant le bois, rien derrière l'angle suivant, un peu plus loin, je jette un coup d'œil sur une souille qui ne semble pas avoir été fréquentée de frais. Elle se compose d'un flaque persistante, formée dans une ornière laissée pas un tracteur près du second angle rentrant du bois. Je repars jusqu'à l'angle suivant où le chaume laisse sa place à une prairie qui englobe la ligne des bosquets qui démarre sur ma gauche en crête et finit en contrebas près du ruisseau qui délimite le bas du bois du Turc. Je décide de continuer à longer le bois à bon vent et pars à droite puis, ne voyant pas de chevreuil, je biaise vers le dernier bosquet. Arrivé à l'angle du petit bois, je jette un coup d'œil sur la bande de prairie délimitée par le ruisseau à environ 50 mètres à ma droite. Rien, je passe l'angle du bosquet et longe le bas du massif parallèlement au ruisseau. En arrivant au coin suivant, je me penche doucement et aperçois 3 chevreuils en train de sortir du bosquet suivant qui surplombe celui que je longe. Une chevrette s'avance à 30 mètres de la lisière en broutant, ses chevrillards sont encore au ras du bois. Ils sont à environ 90 mètres. Je ne peux pas approcher à découvert sans être vu. Je fais donc demi-tour sur environ 20 ou 30 mètres puis remonte doucement sur la bordure clairsemée du bosquet composé de genévriers espacés parsemés que quelques petits chênes rabougris. J'avance doucement car je suis presque à découvert. La chevrette regarde vers moi, je me fige. Elle reprend son repas, je me décale rapidement jusqu'à perdre les chevreuils de vue, derrière le bosquet, pour passer à couvert et tenter de m'approcher plus vite. Les chevreuils qui semblaient vouloir rejoindre une haie arrondie qui borde le talus qui remonte vers un autre bosquet qui remonte vers la crête, semblent maintenant remonter vers le haut du bosquet d'où ils semblent venir.

J'approche un moment du coin du second bosquet sans voir les chevreuils et au moment où je l'atteins, je me penche doucement et m'aperçois qu'ils ont disparu. Avec un peu de chance, ils sont juste derrière l'angle suivant, je longe donc le bosquet le plus rapidement possible en essayant de rester silencieux. Je ralentis en arrivant au coin suivant, une petite voix dans ma tête me dis d'armer mais je ne l'écoute pas et me penche doucement pour apercevoir le dernier chevrillard, planté en plein découvert, plein travers au ras du bois à environ 12 mètres. Sa tête est cachée par la végétation, je tente d'armer doucement mais il démarre et remonte dans le bois. Et oui, j'aurais dû armer avant. J'entends les chevreuils se débiner dans le bois qui remonte sur une pente assez raide. Impossible de les voir, je désarme alors que le bruit de pas cesse. Je tente de m'avancer doucement en longeant le bosquet mais les chevreuils ont disparu. Je suis à mauvais vent, je presse le pas pour tenter de les intercepter plus haut, dans l'angle opposé du bosquet mais je ne vois rien à mon arrivée. J'attends un peu sans rien voir. Je décide de redescendre vers le ruisseau bordé d'une bande boisée pour le longer tranquillement. Le terrain est vallonné, je surveille devant moi et à ma gauche les alentours de 2 bosquets qui couvrent les côtés d'une combe qui descend vers le ruisseau. Pas de chevreuil, je constate que l'eau du ruisseau est très boueuse et que le secteur semble fréquenté par les ragondins. J'avance doucement en tentant d'en voir un quand, tout à coup, je stoppe net, 2 chevreuils sont en vue à environ 300 mètres devant moi à environ 40 mètres sur la gauche du ruisseau. Continuer à longer le ruisseau sans être repéré est impossible, je fais donc demi-tour pour trouver un passage et traverse le ruisseau d'un bon et recommence à le longer à couvert de la haie épaisse qui borde sa rive droite.

J'avance ainsi un moment assez rapidement en essayant de surveiller les chevreuils au travers des trouées de la haie mais je les perds assez rapidement de vue. Je finis par retraverser le ruisseau et continue à le longer tranquillement. Le terrain est un peu vallonné, tout à coup, j'aperçois les têtes de 2 chevreuils au sommet de la bosse du terrain à moins de 40 mètres devant moi. Je me fige mais ils font volte-face et s'éloignent au galop, ils remontent du creux puis je les perds de vue derrière la bosse suivante. J'attends un peu sans bouger puis recommence à longer le ruisseau quand j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards qui avancent tranquillement en me tournant le dos et en broutant à environ 150 mètres, ils sont à environ 30 mètres de la bordure boisée du ruisseau et semblent biaiser doucement vers le cours d'eau. Je reste un instant sans bouger, ils ne m’ont pas vu, je traverse le ruisseau et la bande boisée pour tenter une approche à couvert. J'avance tranquillement en les surveillant au travers des feuillages mais alors que j'arrive à environ 70 mètres des animaux, la bande boisée qui est percée par un passage busé ne me permet pas d'avancer à couvert. Les chevreuils, au sommet de la bute, au-dessus du ruisseau, me dominent. Je suis à environ 40 mètres du passage busé. Je décide d'attendre, les chevreuils qui biaise doucement vers la bande boisée et disparaissent finalement derrière les arbres. La chevrette en tête puis un chevrillard puis le second qui en retard arrive au trot. Je repars rapidement sur environ 20 mètres quand les 2 chevrillards réapparaissent, ils longent le haut de la bande boisée et viennent vers moi. Je me fige mais ils m'ont vu. Je m'agenouille tout doucement et attends mais ils font demi-tour et disparaissent à nouveau derrière les arbres. Je tente de m'avancer rapidement et passe le passage busé pour recommencer à longer doucement la droite du ruisseau en essayant d'apercevoir les chevreuils au travers des feuillages mais je ne peux que les entendre se débiner sur le talus abrupt. Ils semblent avancer devant moi à une quarantaine de mètres puis semble remonter et les bruits de pas cessent. Ils ont dû remonter sur le champ. Effectivement, la bande boisée s'éclaircie mais les chevreuils ont disparu.

Je reste sur la droite du ruisseau, passe une haie puis passe entre un petit plan d'eau et un bois pour remonter vers une pâture ou se trouvent des vaches. Peu de chance de voir des chevreuils avec ses ruminantes dans le secteur. Je rejoins un peu plus loin la bordure d'un bois qui entoure un lac et la suis pour remonter vers un champ de tournesol bio tellement envahi par les mauvaises herbes que l'agriculteur ne s'est même pas donné la peine de le moissonné, faisant le bonheur des oiseaux qui ont déjà pratiquement mangé toutes les graines de petites têtes desséchées. Je passe une haie et débouche dans le champ quand j'aperçois 2 chiens de chasse qui vadrouillent en bordure du bois à environ 50 mètres. Je remets ma flèche au carquois, enlève ma cagoule et me mets bien en vue dans le champ en avançant. Un peu plus loin, j'aperçois un chasseur entouré de nombreux chiens. Je me dirige vers lui pour me signaler. Nous discutons un instant, il chasse le lièvre. Nous nous quittons en nous souhaitant bonne continuation. Je finis de traverser le champ, passe une clôture et redescends dans une combe parcourue de petits bois entourés de pâtures puis remonte vers la route de crête que je traverse pour redescendre vers le lac autour duquel je chasse habituellement. En descendant au travers d'une friche, je scrute le paysage très dégagé et aperçois 2 taches suspectes, sur ma gauche, à environ 700 mètres au bord du ru alimenté par le déversoir du lac. Je les fixe et m'aperçois qu’elles se déplacent. Ce sont 2 chevreuils qui longent le ru en direction du lac. Je presse le pas et rejoins le champ de colza qui remonte du lac. Arrivé au bord du lac partiellement asséché, je remonte vers le ruisseau d'alimentation et le traverse un peu plus haut pour longer le lac sur la berge d'en face, à couvert du bosquet qui borde le départ du lac. Des pieds frais de sanglier longe le ruisseau dans la boue. Le relief du terrain me cache les chevreuils, j'avance rapidement vers la digue. Arrivé au coin de cette dernière, j'aperçois 2 chevreuils arrêtés à l'entrée du chemin de débardage, au coin du grand bois en L qui remonte sur la droite du ru. Ils sont à environ 300 mètres. Ils ne semblent pas inquiets, je descends et rejoins la route pour me cacher derrière quelques arbres qui ont poussé au bord de la voirie au départ du ru coté chaume de maïs.

En regardant sur la gauche des arbres, j'aperçois de nouveau les chevreuils qui ne semblent pas vouloir bouger. Je décide de tenter l'approche. La bordure droite du ru est longée par des morceaux de haies épaisses plus ou moins espacés. Je descends doucement le talus du bord de route pour rejoindre le chaume de maïs. Les chevreuils sont toujours là. J'aligne entre eux et moi un petit morceau de haie de 5 ou 6 mètres situé à environ 90 mètres puis avance rapidement vers lui pour rester cacher du regard des animaux. Alors que j'ai fait environ la moitié du parcours, un mouvement attire mon regard à 150 mètres dans le champ à droite du ru. Je me fige, une chevrette descend vers le ru, le terrain qui formais un creux me la cachait jusqu'à présent. Je suis à découvert pour elle dans le chaume et pense qu'elle va me voir. Elle s'arrête à environ 45 mètres du ru, se lèche le dos un moment puis reprend sa progression. J'attends qu'elle passe derrière le bout de haie vers lequel je me dirige puis une fois à nouveau caché par les arbres, j'avance rapidement en décalant progressivement vers la droite pour rester cacher alors qu'elle avance vers le ru. Arrivé contre le bout de haie, je le suis doucement en essayant d'apercevoir la chevrette ou les 2 autres chevreuils mais ils ont tous disparu. Je longe doucement le ru jusqu'au morceau de haie suivant de plusieurs dizaines de mètres de long. Arrivé au bout de la haie, je me penche doucement à droite sans rien voir puis à gauche et aperçois le chevreuil qui a traversé le ru et semble s'avancer doucement dans le chaume de maïs. Je traverse le ru et longe assez rapidement par la droite de la haie. En arrivant près d'une zone où elle s'interrompt pour reprendre 30 mètres plus loin, je ralentis pour tenter d'apercevoir le chevreuil avant qu'il ne me voit. J'avance sur la pointe des pieds au milieu des feuilles mortes et des brindilles quand j'aperçois la chevrette, elle est plantée à environ 40 mètres et regarde vers moi, elle a dû m'entendre malgré mes précautions pour ne pas faire de bruit. Je me fige et l'observe au travers des branchages. Elle reste un long moment sans bouger à regarder vers moi puis finit par démarrer au pas de course en faisant de grands bons. Il y a de fortes chances qu'elle rentre dans le bois par le chemin de débardage après avoir traversé le ru par le passage busé situé juste au coin du bois.

Je la laisse disparaître derrière la haie puis prends moi aussi le pas de course pour tenter de l'intercepter au coin du bois. Alors que je cours, j'aperçois 2 chevreuils rentrer au coin du bois, une chevrette bien grise et un chevrillard roux qui ne semble pas bien gros. Arrivé au bout de la haie, au niveau du passage busé, je constate que la chevrette a disparu. Je décide donc de remonter en longeant le bois pour aller me poster sur une coulée très fréquentée qui relie 2 angles rentrants du bois. Arrivé au niveau de l'angle du bois, je rentre dans ce dernier par la coulée et la suis tout doucement en surveillant le bois tout autour de moi. J'arrive au coin rentrant du bois qui débouche sur une prairie et me poste au pied de quelques arbres. J'attends un moment en surveillant le bois autour de moi mais rien ne vient, je décide alors de continuer à longer un peu la coulée qui longe le pré à quelques mètres dans le bois. C'est alors que j'aperçois une forme qui m'interpelle immédiatement, une tache sombre, arrondie se trouve entre 2 arbres à environ 20 mètres plus dans le bois. Je suis presque sûr qu'il s'agit d'un chevreuil, j'avance doucement pour me rapprocher un peu et constate que cette silhouette bouge légèrement, c'est sûr, il s'agit d'un chevreuil. J'avance encore un peu quand il me semble que le chevreuil a relevé la tête et m'observe au travers de la végétation. Je suis à environ 15 mètres, le chevreuil est relativement dégagé dans la végétation. C'est un chevrillard. Je crains de le faire partir à vouloir m'avancer plus. J'arme doucement, vise et décoche mais ma flèche dévie, mon encoche lumineuse rouge me permet de suivre sa trajectoire. Le chevrillard démarre en poussant un cri alors que ma flèche semble être passée bien devant. Un impact sourd de ma flèche heurtant un arbre ou une grosse branche retentit. Le chevrillard se débine et je le perds rapidement de vue dans la végétation. Je réencoche une flèche. Alors que je m'apprête à m'avancer, il réapparaît en poussant de petits piaulements comme s'il appelait sa mère et vient alors vers moi. Je reste immobile et le laisse venir, il se rapproche tranquillement en appelant, j'arme doucement mon arc et il vient se planter plein travers à environ 12 mètres. Je prends la visée et décoche mais ma flèche est trop basse et le heurte au niveau du coude d'une patte avant avec un bruit caractéristique d'os qui casse. Le chevrillard déséquilibré manque de chuter puis il démarre en boitant et se débine doucement toujours en appelant. Il se dirige vers l'angle sortant du bois.

Je sors rapidement sur le pré et m'avance rapidement en longeant le bois pour lui couper la route au coin du bois, un peu plus loin. Je ralentis en arrivant au coin du bois et aperçois le chevrillard arrêté à environ 10 mètres au bord du bois. Des ronces épaisses me gênent pour décocher, j'arme mon arc en espérant pouvoir le tirer dès qu'il va s'avancer mais il démarre en trombe malgré sa patte avant cassée au niveau du coude et qui se balance complètement désarticulée. Je le suis dans mon viseur mais il est déjà trop loin et va trop vite, aucune chance de le toucher, je désarme. Il remonte vers un petit bosquet relié en crête par une haie au bois d'où je viens. Il s'arrête, au ras du bosquet, un moment, pour regarder vers moi puis je le regarde, impuissant, rentrer à couvert. Je décide de ne pas le poursuivre pour le moment. Je pars donc chercher mes flèches et vérifier si ce chevrillard qui ne semblait pas blessé avant mon second tir est bien celui tiré au départ car ce cri qu'il a poussé m'a paru bizarre, pourquoi aurais t'il crié si je l'ai manqué ? Je tourne et retourne dans le bois sans trouver ni flèche ni indice. Je décide de revenir à l'endroit du tir pour me remémorer l'angle du premier tir quand des voix se font entendre en bas du bois. Presque immédiatement, des bruits de pas se font entendre dans le bois et j'aperçois une chevrette et ses 2 petits qui se débinent assez rapidement dans le bois. A environ 30 mètres de moi, ils biaisent et remontent vers la bordure du bois pour sortir sur la prairie. J'arme mon arc, la chevrette s'arrête plein travers à 20 mètres environ mais sa zone vitale est masquée par des troncs, les chevrillards en retrait ne sont pas mieux placés. Ils repartent, la chevrette et un chevillard s'arrête au ras du pré alors que le 3ième chevreuil bifurque et longe la bordure du bois en direction de l'angle où est sorti le chevrillard blessé. Trop loin, pas de fenêtre de tir, la chevrette fait brusquement volte-face et tout ce petit monde par au galop pour sortir à l'angle du bois et disparaître. Je désarme et repars chercher un moment mes flèches mais toujours sans succès. Je décide d'aller voir si je ne retrouve pas mon chevrillard couché dans le bosquet, je ressors donc sur la prairie et remonte vers le bosquet pour remonter par la coulée qu'il a emprunté pour rentrer à couvert. Pas de sang à l'entrée du bosquet, je suis la coulée et arrive dans une zone épaisse quand des bruits de pas se font entendre. Impossible de voir l'animal. Le bruit finit par cesser. Je remonte pour ressortir sur la prairie et aperçois à environ 150 mètres, le chevrillard de 3/4 arrière, planté au dans une trouée, juste derrière une petite haie à peine marquée qui sépare 2 parcelles. Il est presque en crête et repart pour disparaître derrière le relief du terrain. Je pars en courant pour tenter de voir où il part mais à mon arrivée au sommet de la bosse, il a disparu. Je pars prospecter une zone de friche couverte de ronces avant un autre bois mais rien en vue, je reviens alors sur mes pas et traverse la haie qui longe la crête pour jeter un coup d'œil dans une autre friche mais elle est immense et j'ai peu de chance de le retrouver.

Je décide d'aller chercher Hémo qui est resté dans le coffre de ma voiture dans le bois du Turc. Je redescends donc vers le ruisseau en contrebas, le traverse puis remonte vers la route de crête avant de redescendre vers le bois du Turc où je rattrape l'allée et la longe pour retomber sur ma voiture. Je pars me garer sous la digue du lac. Puis me prépare, j'enlève ma tenue 3D qui risque de me gêner dans ma recherche, prends Hémo, lui mets son harnais et la longe. J'hésite un peu mais décide de ne pas prendre mon arc. Nous partons en longeant le ru. La meute de chiens vue ce matin et 2 chasseurs reviennent vers la route par l'autre côté du ru. Je les salue et file vers le bois où je rentre par le passage de débardage. Je biaise ensuite vers la zone du premier tir où Hémo prend vite une piste. Je le laisse faire, il tourne un peu puis remonte et part droit vers l'angle du bois où est sorti le chevrillard. Il semble motivé et tire sur sa longe. Il suit le parcourt du chevrillard jusqu'au bord du bosquet mais longe sous le bosquet au lieu de prendre la coulée. Je le laisse faire un peu puis pensant qu'il a peut être pris la piste des 3 autres chevreuils, je le coupe et lui fait prendre la coulée, il démarre tout de suite comme un fou et se met à donner à la longe, Il bifurque à gauche pour descendre dans un creux du terrain puis remonte vers le bord du bois avant de repartir en sens inverse. Il donne toujours et j'aperçois quelques gouttes de sang sur les feuilles mortes qui couvrent le sol. Je suis obligé de le freiner un peu à cause des épines qui me lacèrent les mains et le visage. Nous tournons et retournons ainsi dans le petit bosquet puis finissons par ressortir en bas du bosquet où Hémo reprend sa voie de départ qui longe sous le bosquet puis biaise vers la crête, cette fois, je le laisse faire et nous arrivons là où j'ai perdu le chevrillard de vue. Hémo commence maintenant à hésiter, il tourne et retourne puis pars vers les ronces de la friche en contrebas, je le suis mais après avoir tourné et retourné un moment dans la friche il repars en arrière, je comprends qu'il a été trompé par mon odeur quand je suis allé voir le secteur tout à l'heure. Il coupe et recoupe maintenant dans le champ mais ne retrouve pas la voie. Je décide de remonter en crête pour longer la haie car j'ai le pressentiment que ce chevrillard a passé la crête par un passage très fréquenté par les chevreuils.

Effectivement, Hémo bifurque brusquement et traverse la haie au niveau de ce passage et recommence à donner. Il fonce vers la grande friche puis biaise vers la haie et commence à chercher près d'un gros rond d'épines noires. Je le laisse faire quand, dans les herbes hautes et sèches qui bordent la haie, j'aperçois la tête de mon chevrillard qui se redresse à 3 mètres d'Hémo. Le chevrillard tente de se relever sans succès et disparaît à nouveau dans les herbes hautes. Sans réfléchir, je lâche la longe d'Hémo et cours vers le chevrillard puis me jette sur lui à la manière un rugbyman qui aplati dans le camp adverse. Je manque de peu le chevrillard qui se relève mais je lui saisis les pattes arrière et le plaque au sol. Hémo se jette sur lui et je dois un peu freiner ses ardeurs avant qu'il ne me le mette en pièces. Je tiens alors le chevrillard par le cou d'une main et lâche ses pattes arrière pour attraper Hémo avec ma main libre. Le chevrillard en profite pour me frapper de toutes ses forces avec ses pattes arrière au niveau du bras pour tenter de se dégager et je dois vite rattraper ses pattes qui me lassèrent. Je l'achève rapidement en félicitant hémo que j'ai réussi à calmer mais qui me grogne maintenant dessus pour me dire que ce chevrillard est le sien. Cette réussite d'Hémo me procure une telle joie qu'elle arriverait presque à effacer l'amertume de cette très mauvaise flèche que je ne comprends toujours pas. Je félicite mon chien puis l'attache un peu en retrait pour pouvoir apposer mon bracelet avant de rentrer avec mon chevrillard sur l'épaule vers la voiture. C'est la deuxième vraie réussite d'Hémo en recherche au sang et je suis d'autant plus fier de lui que cette recherche était loin d'être facile.

Une mauvaise flèche bien rattrapée par Hémo, 9 novembre 2014

Ma flèche n'a fait que casser la patte au niveau du coude.

Une mauvaise flèche bien rattrapée par Hémo, 9 novembre 2014

Elle aura eu le mérite de me redonner confiance dans mon chien en qui je ne croyais plus après plusieurs mauvaises recherches.

Une mauvaise flèche bien rattrapée par Hémo, 9 novembre 2014

Alex

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:05

Cette nuit, épuisé par nos journées de chasse et le manque de sommeil, j'ai mieux dormi et c'est le réveil de 5h15 qui me tire de mon sommeil. Il a plu des trombes d'eau toute la nuit et je crains de revivre une journée de chasse sous cette pluie battante et glaciale. Le feu de la cheminée est tombé durant la nuit et beaucoup de mes affaires ne sont pas sèches. Je ravive le feu et mets à sécher, juste devant l'âtre, mes chaussures et ma veste sur une chaise. Le T-shirt fait par Laurent est encore trempé et nous voulions faire une photo de groupe en les portant, je suis dégoûté. Je le laisse donc sur l'étendoir. Ma tenue 3D a tout de même bien séché, je me prépare avec du change sec que j'avais pris au cas où en laissant finir de sécher quelques affaires pendant le déjeuner. Patrick qui a consulté le radar météo pense que la pluie va s'arrêter vers 8 heures, difficile à croire à entendre ce qui tombe. Nous finissons de nous préparer et nous voilà partis pour notre dernier jour de chasse. En route, je décide qu'aujourd'hui je chasserai non-stop toute la journée sans faire une pause pour manger à midi. C'est ma dernière chance de prélever un chamois et je veux l'exploiter à fond. Je laisse à Laurent le choix de son secteur de chasse, il décide d'aller chasser sur "Filouse" avec Patrick, je décide de revenir chasser là où j'ai fini de chasser hier matin.

Les 2 chevreuils ne sont pas là ce matin. Pat me dépose au pied du petit sentier qui remonte vers le chemin forestier. Comme l'avait annoncé Patrick la pluie a cessé à notre arrivée sur le territoire de chasse. Je finis de me préparer puis commence à remonter tranquillement, le bruit de la chute d'eau en contrebas a grossi depuis hier. En arrivant au départ du chemin forestier une petite silhouette sombre se débine sous les sapins, sur la gauche du chemin, je pense à un merle mais il s'agit d'un écureuil qui disparaît en remontant sur un sapin et en passant derrière le tronc.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Je remonte tout doucement en contrôlant alternativement le dessous et le dessus du chemin.

Très rapidement, je me fais surprendre par 3 chamois qui démarrent sous le chemin, ils s'arrêtent un court instant dans les houx à environ 35 mètres puis repartent et disparaissent dans le bois. Je regarde si je ne les vois pas traverser le chemin mais à moins de 50 mètres, un léger virage du chemin et la végétation m'empêchent de voir plus loin. Je reste un moment sans bouger puis commence à avancer doucement sur environ 10 mètres quand un chamois revient vers moi par le dessous du chemin. Je me fige derrière un arbre et le laisse venir, il s'arrête de temps en temps puis repart et se rapproche tranquillement sans me prêter attention. Alors qu'il arrive à environ 30 mètres, il biaise doucement vers le bas. J'arme mon arc et me décale doucement en reculant de quelques mètres, il arrive dans une belle fenêtre de tir mais s'arrête à environ 35 mètres de 3/4 arrière en contrebas. Je prends la visée mais il est trop bas et son identification n'est pas certaine bien que je sois presque sûr qu'il s'agisse d'un mâle. Il repars, je désarme et remarque maintenant qu'il semble boiter d'un postérieur. Il disparaît un peu plus bas et semble se diriger vers le pré qui couvre le bas de la combe. J'attends un peu, il ne remonte pas, je décide de descendre de 20 mètres pour me poster derrière un houx mais alors que j'ai fait environ 15 mètres, un mouvement attire mon regard à ma gauche. Un chamois, apparu comme par magie, descend du chemin et s'arrête à 15 mètres sur ma gauche derrière un arbre. Il a dû me repérer et ne me laisse pas le temps de réagir, il démarre et pars plus à gauche au trot et disparaît derrière une bosse du terrain à environ 40 mètres. J'attends un peu sans bouger puis décide de descendre encore un peu et de me poster. Le temps passe et rien ne vient, je décide de remonter vers le chemin quand un chamois surgit dans mon dos, passe à 10 mètres sur ma droite et remonte pour traverser le chemin et disparaître de l'autre côté dans les houx. Je commence à me demander s'ils ne se moquent pas de moi.

Je me reconcentre, c'est aujourd'hui ou jamais. Je remonte sur le chemin et reprends ma progression lente en surveillant les 2 côtés du chemin. J'arrive au niveau du chemin qui remonte vers le parcours sportif et le dessous de la falaise. Je le remonte doucement mais ne vois rien jusqu'en haut. Je fais donc demi-tour et décide de redescendre doucement pour trouver une belle coulée dégagée pour progresser sans bruit vers la barre rocheuse qui surplombe le chemin. Je la trouve un peu plus bas et commence à biaiser en remontant vers les premiers rochers. J'avance doucement et m'arrête pour observer un moment. Mon regard balaye le sous-bois autour des rochers quand un mouvement attire mon regard. Un beau chamois, à environ 60 mètres, avance tranquillement en broutant sous la barre rocheuse et remonte en slalomant entre les arbres pour passer au-dessus des rochers. Il s'arrête derrière des arbres, repart et disparaît derrière un rocher, il vient vers moi. J'en profite pour remonter me caler près des roches et attends que le chamois passe au-dessus de moi. Vu sa trajectoire, je pense le voir passer au-dessus des rochers à moins de 10 mètres sur ma droite. Il réapparaît, mon décocheur est accroché, je suis prêt mais il avance d'environ 5 mètres puis bifurque et repars en arrière en remontant la pente en broutant puis je le perds de vue dans le bois. Je ne peux pas passer au-dessus des rochers sans me faire repérer, je décide de tenter le tout pour le tout, je me baisse, ramasse un caillou et le jette dans la pente. Il roule bruyamment sur les rochers. Immédiatement un galop se fait entendre. Juste le temps de me redresser et de raccrocher mon décocheur, le chamois surgit à 15 mètres devant moi, plein travers, au bout du rocher sous lequel je suis posté, derrière un bouquet d'arbres. Il se fige, observe les alentours. C'est un mâle, j'en suis quasi certain et puis pourquoi une femelle serait venue de cette façon. J'arme doucement mon arc puis me fige en pré-visée. Il tente de passer sous une branche fourchue mais renonce et la contourne puis arrive de face droit sur moi en observant son environnement, cherchant la source du bruit. Je n'arrive pas à y croire, je suis devant lui et il ne me voit pas. Mon viseur est sur lui, je le laisse venir quand, tout à coup, je réalise qu'il n'est plus qu'à 4 mètres devant moi.

Ma visée est calée, je décoche. Un gros crac retentit, le chamois s'effondre sur place avec ma flèche plantée qui dépasse encore en partie et roule dans la pente me présentant son fourreau pénien qui ne me laisse plus le moindre doute. C'est bien un mâle, je ne me suis pas trompé. Il se cale dans les branches à 20 mètres plus bas.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Il bouge à peine et s'immobilise rapidement. Je me revisionne la scène dans ma tête en revisualisant l'endroit du tir

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

et me mets à trembler comme une feuille. Je n'ai jamais eu autant d'émotion à la chasse après un tir. Le temps de reprendre mes esprits, je descends voir moi chamois tant espéré. En roulant, il a laissé de belles traces de sang au sol.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

En chutant, il a cassé ma flèche, son sang coule abondement de la plaie d'entrée.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Je m'agenouille devant lui, remonte ma cagoule et caresse son pelage d'hivers bien fourni et constate qu'il est envahi par les tiques dont une énorme sur le côté de son museau. Ma flèche rentre dans le cou et je pense que le morceau avec la lame est toujours à l'intérieur. Le reste de ma flèche gît contre la tête de l'animal et je le récupère pour le remettre au carquois.
C'est Patrick qui a le bracelet, le temps de reprendre mes esprits, j'envoie un texto et à Pat et Laurent pour les avertir et reste à coté de mon chamois sans oser le déplacer même d'un mètre tant qu'il n'est pas bagué. Patrick met un moment à me répondre, j'en profite pour envoyer un texto à tous mes amis. Patrick me rappelle au bout d'un moment, il a prévenu le président qui va venir m'apporter le second bracelet de mâle d'ici 10 minutes là où il m'a laissé ce matin dans le village. Je descends donc rapidement vers le chemin au plus court, casse une branche de hêtre au-dessus du chemin pour marquer l'endroit puis descends au pas de course vers le village. J'arrive rapidement au-dessus de la chute d'eau et ralenti car le terrain du sentier devient boueux et pierreux sur les 70 derniers mètres. Je suis à 30 mètres environ du rendez-vous quand je glisse et chute lourdement. Mon arc est tombé sur une came et les encoches de mes flèches, la fixation du carquois s'est légèrement défaite et ce dernier a un peu pivoté. Une encoche lumineuse s'est tordu sans casser et je la redresse en me relevant et réenclenche mon carquois. Un rapide coup d'œil à mon arc mais il ne semble pas avoir été abîmé. Je finis de descendre au même moment, le pickup du président de l'ACCA arrive. Il était remonté un peu plus haut pour observer la combe herbeuse et m'annonce qu'il vient de voir un gros bouc, je lui dis que c'est peut être celui vu ce matin qui boitait. Il me demande si mon bouc est gros et beau et je lui réponds que pour moi il est magnifique mais que je n'y connais pas grand-chose. Il me laisse le bracelet et un couteau car j'ai oublié le mien puis part rapidement car il doit aller travailler. Je remonte donc avec mon bracelet vers mon chamois. Les textos des amis arrivent et certains m'appellent, je remonte donc en discutant au téléphone et fais démarrer des animaux sur et sous le chemin sans les voir. Je retrouve facilement ma brisée qui pends au-dessus du chemin et fais une pause avant d'attaquer la montée raide. Je suis au téléphone avec Christophe et discute à voix haute quand un bruit me fait lever les yeux vers la barre rocheuse à 60 mètres environ  au-dessus du chemin, légèrement sur ma gauche. 2 gros chamois se coursent et arrivent vers le chemin à toute allure. J'en informe Christophe et fait silence pour les observer. Les 2 chamois ont stoppé net à 30 mètres environ puis le premier s'avance au travers des houx et vient droit sur moi pour m'observer. Il se coule doucement dans la végétation en s'arrêtant régulièrement pour regarder vers moi, je décris la scène à voix basse à Christophe, je n'arrive pas à y croire. J'attrape mon appareil photo et réussi à le prendre alors qu'il s'arrête à 10 mètres, plein travers, au-dessus de moi.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Il s'avance encore et se plante en plein découvert, m'observe un instant puis comprend le danger et repart pour disparaître, son collègue que je ne regardais plus a lui aussi disparu.

Je remonte droit vers mon chamois et appose le bracelet puis le dégage doucement des branchages avant de le descendre au bord du chemin pour une petite séance photo.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Je lui attache ensuite les 4 pattes ensemble et le porte sur mon épaule pour descendre vers le village où j'attendrai que Pat et Laurent aient fini de chasser pour venir me récupérer. En chargeant le chamois, je me rends compte qu'une plaie de sortie est visible sous l'animal, entre la patte et le coffre, la flèche est donc ressortie mais je n'ai pas vu le morceau manquant. Ce n'est pas grave, je décide de laisser tomber et de descendre. Habitué à porter des chevreuils sur mon épaule, mon chamois ne me semble pas plus lourd. Je suis aux anges, je n'en reviens pas encore, je viens de réaliser mon premier chamois et complète ainsi mon tableau de grand gibier français qui se composait déjà du chevreuil, sanglier, cerf et mouflon. En descendant tranquillement, je rappelle des amis qui ont essayé de me joindre. Arrivé en bas, je pose mon chamois contre un petit muret couvert de mousse et l'admire encore un moment, il semble encore vivant.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014
Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

La pluie commence à tomber, je profite du temps passé à attendre pour faire quelques photos de ce cadre magnifique, le belvédère vu par-dessus les toits du village, 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

le départ de la combe par-dessus laquelle j'ai fait mon chamois,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

puis me tourne vers "Falouse"

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

où j'espère entendre claquer un coup de carabine car j'ai maintenant presque honte, je viens une fois et je fais mon bouc alors que Laurent qui vient depuis plusieurs années n'a pas encore concrétisé son rêve. Vers midi, Laurent m'appelle pour me demander où j'en suis. Je lui dis que je les attends où ils m’ont laissé ce matin et ils arrivent un court instant plus tard en me félicitant. Patrick pense que mon chamois a 6 ou 7 ans. Je conseille à Laurent de chasser là où j'ai fait mon chamois cette après-midi car il semble que le secteur soit très fournis en animaux contrairement à ce que pensait le président de l'ACCA qui ne les voyant plus brouter dans la combe de chez lui pensait qu'ils s'étaient déplacés vers une autre zone du massif et ne nous avait pas conseillé le secteur pour chasser. Laurent décide de repartir chasser tout de suite et jusqu'à la nuit si nécessaire, il embarque sa carabine et 2 barres chocolatées et part en remontant le sentier glissant pour rejoindre le chemin forestier.

Je charge mon chamois puis nous partons pour la fabrique de ruche pour montrer le chamois au président. Ce dernier pense également qu'il a 6 ou 7 ans puis nous partons pour la cabane de chasse pour faire quelques photos et vider le chamois avant d'aller manger. Après une bonne séance photo dirigée par Patrick, nous pesons le chamois qui fait juste 30 kg et le pendons cul vers le bas pour le vider et le laisser s’égoutter le temps du repas.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Ma flèche a en fait sectionné les vertèbres cervicales mais ne semble pas avoir touché les organes vitaux alors que je pensais qu'elle aurait touché le cœur. Mon chamois vidé, je me change puis nous mangeons ensuite un peu en discutant et en espérant entendre ce coup de carabine de Laurent annonciateur d'une réussite.

La pluie tombe de plus en plus fort et toujours pas de nouvelle de Laurent, je suis content d'avoir fléché mon chamois ce matin et j'ai une grosse pensée pour Laurent qui doit être trempé. Je décide de remettre mon animal dans la voiture pour éviter qu'il ne soit trop mouillé. Le temps passe et 16 heures approchent, la pluie s'est calmée, nous décidons de commencer à partir vers l'endroit où nous récupérerons Laurent. Patrick est en train de mettre ses chaussures quand un coup de feu résonne dans la cuvette entourée de relief. Le temps de réaliser que c'est certainement Laurent qui vient de tirer, un second coup de feu résonne. Nous nous regardons avec Patrick et pensons à la même chose : 2 coups de feu, ça ne sent pas bon. Le téléphone de Patrick sonne, c'est le président qui lui dit avoir entendu tirer puis le téléphone sonne à nouveau, c'est Laurent, il nous informe qu'il a tiré mais avec l'émotion, il ne sait plus s'il a tiré 2 fois le même animal ou 2 animaux différents. Patrick rappelle le président de l'ACCA et l'informe de la situation. Laurent aurait tiré sur un ou 2 jeunes animaux, nous nous rechangeons et partons pour le bas du chemin pour lui amener les bracelets. Patrick superstitieux, décide de ne prendre qu'un bracelet, nous montons le chemin et trouvons Laurent un peu plus haut, il n'a pas bougé depuis le tir. Il nous informe qu'il pense avoir tiré 2 animaux après s'être refait le film dans sa tête, un éterlou et un cabri. Il Nous explique qu'il était en train de descendre, ayant hotté sa cagoule, pensant sa chasse terminée, il a glissé et en se rattrapant, il a vu bouger au-dessus du chemin, s'est figé et a aperçu une grosse femelle chamois qui semblait suitée. Après avoir hésité, elle est venue s'arrêter plein travers à découvert sous les roches au-dessus de lui puis plusieurs animaux sont arrivés et il aurait tiré un éterlou sous les roches à environ 30 mètres, au-dessus du chemin puis l'ayant perdu de vu, il a aperçu descendre un jeune animal qui est venu se planter à 6 mètres devant lui, campé sur le talus, à la gauche du chemin ou il a marqué un temps d'arrêt avant de basculer dans la pente. Il a alors tiré, pensant doubler son animal du premier tir, l'animal a démarré pour s'arrêter dans son dos et avant qu'il puisse le répéter, il pense l'avoir vu basculer en arrière dans la pente.

Je pars chercher des indices à l'endroit du tir au-dessus du chemin, guidé du chemin par Laurent. Il pense avoir vu sursauter l'animal au moment du tir. Je ne trouve pas de sang et commence à suivre les coulées sous la roche sans rien trouver, Patrick qui cherchait sous le chemin me rejoint et me chuchote qu'il a trouvé le cabri mais qu'il a fait croire à Laurent qu'il n'avait rien vu, nous cherchons tous 2 sans rien trouver quand Laurent arrive dans notre dos et nous informe qu'il vient de trouver son chamois, c'est en fait un autre cabri. C'est incroyable, sa balle rentre au défaut de l'épaule, touchant les poumons et ressort au niveau de la pense, il a eu la force de remonter sur 15 mètres une pente très raide et n'a pas perdu de sang. Nous le félicitons et Patrick lui dit qu'il vient de faire un doublé et lui indique la position du second animal. Il appelle le président de l'ACCA pour l'informer puis nous laisse et part chercher le second bracelet à la voiture. Laurent bague le premier et le descend sur le chemin puis nous partons chercher le second qui est environ 20 mètres sous l'endroit où Laurent l'a vu basculer. Il a fait environ 40 mètres avec une balle qui rentre et sort derrière les épaules traversant les poumons et n'a perdu de sang que sur les derniers mètres. Je suis stupéfait par la résistance de ces petits animaux qui font à peine plus de 15 kg chacun. Patrick revient avec le bracelet et Laurent bague son second cabri puis je les prends par les pattes avant et nous redescendons alors que la luminosité baisse. Laurent va chuter au même endroit que moi ce matin en glissant dans la boue du chemin à environ 30 mètres de la voiture. Nous chargeons son doublé puis partons faires quelques photos de groupe, près du cabanon de chasse avant que la luminosité ne soit trop faible. Je regrette que mon T-shirt Deam Team soit resté mouillé chez Patrick.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Patrick est super content d'avoir atteint son but, nous faire tirer des chamois. La luminosité baisse et il est temps de rentrer, demain matin, je rentre dans le Gers, la tête pleine d'images et de souvenirs. Un grand Merci à Pat pour son invitation et son dévouement et à Laurent pour son T-shirt qui m'a porté chance. Toujours autant de plaisir à retrouver mes amis pour une bonne partie de rigolade et une belle partie de chasse.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 5 novembre 2014

Alex

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:04

Cette nuit, j'ai encore mal dormi, d'une part à cause du stress et de l'excitation de la chasse mais aussi à cause du chat de Pat qui a passé sa nuit à faire sa toilette au ras de ma figure. Le réveil sonne vers 5h15, nous nous préparons, déjeunons puis c'est le départ pour la chasse. La météo annonce de grosse intempéries pour aujourd'hui, nous prenons des habits de rechanges au cas où. Laurent qui vient déjà depuis plusieurs années sans avoir la chance de prélever un chamois a décidé de changer d'arme, il va prendre sa carabine 7x64 ce matin, son but est un beau bouc. En arrivant sur l'ACCA au lever du jour nous apercevons, comme hier, les 2 chevreuils dans le petit pré en contrebas de la route. Il pleut un peu mais rien de méchant. Ce matin nous laissons Laurent à "Filouse" avec sa carabine et partons avec Patrick pour chasser autour de la Via Ferrata. Patrick gare sa voiture dans le village et nous partons par un petit chemin au milieu des maisons pour rejoindre un chemin forestier qui rejoint la Via Ferrata. En chemin il me montre l'endroit où il a fléché son beau bouc il y a déjà quelques années. Nous arrivons au pied d'une grande falaise blanche, le chemin prend à gauche nous le suivons jusqu'à une sorte de barrière faite avec un arbre mort à troncs multiples marqué d'un croix rouge faite à la peinture. Patrick prend à droite pour chasser sous les barres rocheuses et me réindique le chemin à suivre qu'il m'a déjà indiqué d'en bas pour ma chasse du matin. Je passe la barrière et commence à remonter en avançant tout doucement, ma flèche est encochée, je surveille alternativement le dessus et le dessous du chemin mais pas de chamois pour l'instant. Je rattrape la ligne de poste n° 5 facilement reconnaissable à son gros 5 dessiné à la peinture blanche sur le tronc d'un arbre. Ce chemin plus étroit remonte au plus raide vers le sommet de la montagne. Patrick m'a dit de remonter cette ligne pour passer au-dessus d'une grande combe qui descend du sommet. Je bifurque donc et commence à remonter tout doucement en m'arrêtant régulièrement.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 4 novembre 2014

Alors que je viens de m'arrêter un instant pour observer, je repars quand un bruit me fait tourner la tête à ma droite. Un chamois vient de surgir de derrière une bosse du relief. Il se plante plein travers à environ 20 mètres. Je me fige mais il m'a vu et regarde vers moi. Il siffle une première fois, fait quelques pas, se fige à nouveau en regardant vers moi, siffle à nouveau puis démarre et repasse à couvert derrière le relief. Je pense qu'il s'agissait d'un mâle sans en être vraiment sûr. Ce n'est pas la peine de le suivre, il ne va pas m'attendre, je tente de rester un moment immobile mais il ne reviendra pas.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 4 novembre 2014

Je recommence mon ascension lente. J'avance tout doucement, le bois est souvent épais et j'ai remarqué que les chamois se tiennent plutôt dans des endroits dégagés. Pas de mouvement, tout à coup, la gauche du chemin se couvre de sapins sous lesquels la visibilité est meilleure. J'avance en surveillant sous les sapins mais rien en vue.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 4 novembre 2014

Le secteur ne semble pas très fourni en coulées. Je ne sens pas trop ce secteur de chasse. Je continue à monter doucement mais sans y croire vraiment, la ligne de postes croise un premier sentier perpendiculaire. Je ne sais plus si c'est celui-là que je dois prendre. Il me semble que je ne suis pas encore beaucoup monté et continue à remonter.

Plus haut, je tombe sur un chemin plus large et prends à droite pour le suivre doucement. Les 2 côtés du chemin sont couverts d'un bois très épais et ma visibilité est très limitée. Je tente de rester concentrer et me force à avancer doucement tout en surveillant autour de moi mais j'y crois de moins en moins. Plus loin, le paysage se dégage sur une grande combe, tapissée de feuilles mortes et plantée de grands êtres espacés, qui descend sous le chemin. La visibilité est bonne mais maintenant un peu trop car même si je vois un chamois, il me sera très difficile de faire une approche. Pas le moindre animal de toute façon, le chemin s'enroule autour de la combe dans une grande boucle, au-dessus de ce dernier les sapins sont majoritaires et le paysage est un peu moins dégagé. Je suis toujours le chemin qui serpente maintenant en décrivant de grands lacets. Pas de chamois pour le moment. Je tombe plus loin sur une ligne de postes qui semble remonter vers la crête, je décide de la prendre pour voir comment est le paysage un peu plus haut. Je remonte donc doucement mais toujours pas d'animaux. En haut, je débouche sur un bois clair qui semble déboucher un peu plus loin sur un grand pré. Je décide d'aller voir. Je m'avance doucement jusqu'à la lisière et observe sans voir d'animaux. Patrick ne m'a pas parlé de ce pré, je suis certainement trop remonté et je suis peut être sorti du territoire. Au cas où, je remonte ma cagoule sur mon front et range ma flèche sur mon carquois. Je sors sur le pré et le longe vers la gauche pour voir si je trouve des indices de présence des animaux ou si je pourrais voir un animal mais rien en vue. Le pré semble se diviser en plusieurs langues qui s'enfoncent dans les bois. Je décide de suivre la première d'entre elle en observant l'intérieur du bois et aperçois de gros amas rocheux en sous-bois. Mes chaussures prennent vite l'eau dans cette herbe mouillée. Me disant que ça peut être un bon coin pour les chamois, je rentre doucement dans le bois en surveillant un gros amas rocheux quand j'aperçois furtivement un gros chamois qui se défile au sommet du monticule et disparaît entre 2 rochers. Il ne semblait pas inquiet, je décide de tenter une approche sans intention de le tirer car je ne sais pas vraiment si je suis encore dans les limites du territoire. Je rabaisse ma cagoule et pars doucement vers les rochers mais malgré mes précautions, quelques branches craquent sous le tapis de feuilles mortes. Arrivé là où je perds le chamois de vue, impossible d'y reposer les yeux dessus. Je cherche un instant aux alentours mais il s'est volatilisé. 

Je décide de quitter le secteur pour redescendre et revenir vers le territoire de l'ACCA. Je pars donc à travers bois en baisant à gauche, pensant retomber sur le chemin que j'ai pris pour remonter. Un peu plus loin, je débouche sur une plantation de sapins partiellement exploitée. Le sol est très humide et de nombreuses traces de sangliers jonchent le terrain. De nombreuses souches de sapins semblent avoir été coupées de cette année et de gros tas de branches ponctuent çà et là le sous-bois. Je tombe sur un chemin boueux où les engins ont laissé de profondes ornières. En tentant de le traverser, je m'enfonce jusqu'à la cheville dans la boue. Les sangliers ont eux aussi traversé le chemin dont un qui a laissé une belle empreinte. Je tombe sur quelques vertèbres, un os du bassin, un fémur et un tibia au pied d'un sapin sans vraiment pouvoir identifier l'espèce d'appartenance (certainement un animal plus ou moins de la taille d'un chevreuil). Je continue à biaiser à gauche et finis par retomber sur un sentier et commence à le descendre mais je ne reconnais pas le paysage. Je ne m'occupe plus des chamois, ma priorité est de me retrouver, plus bas, je tombe sur un chemin perpendiculaire suivant la courbe de niveau, je le suis vers la gauche, il croise plusieurs chemins qui descendent mais je les laisse jusqu'à ce que le chemin s'arrête et se poursuive par une espèce de coulée. Je tente de descendre par le dernier chemin mais aboutit au-dessus d'un précipice à moins de 60 mètres, je fais donc demi-tour et prends la coulée qui poursuit le sentier. Elle m'amène au bord d'un barbelé rouillé, le pré est visible à environ 20 ou 30 mètres de ce dernier. Je le longe et tombe sur une grosse coulée pierreuse qui redescend. Je la suis et tombe sur un gros chemin forestier qui redescend vers la droite. Je décide de le suivre, je suis complètement perdu mais en bas, il doit y avoir le village et je dois à nouveau être sur le territoire de l'ACCA et ce doit être le chemin dont m'a parlé Patrick qui revient par l'autre côté de la Via Ferrata.

Je recommence à chasser en suivant doucement le chemin, je serre le talus à ma droite et surveille la pente au-dessus de moi. Le secteur est très sympathique, une barre rocheuse marque un décroché dans la pente entre 50 et 70 mètres du chemin et semble se rapprocher doucement de ce dernier. Je reprends espoir de voir des chamois. Il est déjà 11 heures passées et j'ai rendez-vous avec Patrick en bas au village vers midi. Je décide de ne pas me stresser et de continuer à chasser, je verrai bien, si il faut, je les rejoindrais à pied au cabanon de chasse. Je biaise de temps en temps vers la gauche pour surveiller le dessous du chemin et essayer de surprendre un chamois. Tout à coup, alors que je viens de regarder sous le chemin et que je reviens vers le talus de droite, des animaux démarrent sous le chemin devant moi. Je m'avance rapidement sans pouvoir les voir, tout juste les entendre dévaler la pente sur quelques dizaines de mètres. J'hésite un peu, continuer à longer le chemin ou remonter à travers bois vers la barre rocheuse. Mon instinct me dicte de remonter pour chasser sous les roches. J'escalade donc le talus puis commence une lente ascension en surveillant les alentours pour me poster contre un arbre près des roches. J'observe un moment autour de moi sans bouger si ce n'est la tête. Les gouttes de pluie sont toujours aussi peu abondantes mais le bruit des gouttes qui tombent des arbres sur le tapis de feuilles mortes rythment le temps qui passe. Après un petit moment d'attente, je décide de tenter de jeter quelques pierres dans la pente et d'attendre encore un peu pour tenter d'attirer un bouc. Rien ne venant, je commence à avancer très doucement en surveillant les alentours quand une silhouette sombre attire mon attention contre une grosse souche d'un arbre tombé au sol. Je me fige et observe, c'est sûr, il s'agit d'un chamois mais je ne vois que 2 pattes jointes et une partie du corps, il est à environ 50 mètres. Je pense que sa tête est cachée derrière la souche.

Je décide de tenter une approche très lente mais très rapidement, la tête du chamois se redresse mais à l'opposé de là où je l'attendais. Je me fige net dans une position peu confortable. Un pied levé et mon dos à moitié voûté. Je repose très lentement mon pied mais reste voûté, je suis sur un rocher en plein découvert et m'attends à voir déguerpir l'animal qui reste figé et m'observe. Au bout d'un moment, il se décide et commence à remonter la pente, la position étant très inconfortable, je me redresse très très lentement puis me fige, décocheur accroché et prêt à armer s'il le faut. Le chamois passe derrière des arbres, s'arrête plein travers à 45 mètres, m'observe, avance à nouveau, passe derrière un rocher et s'arrête à nouveau puis il bifurque et remonte droit sur moi en m'observant, je n'arrive pas à y croire. Je reste immobile, il arrive tranquillement, à 35 mètres, il baisse la tête et broute un peu puis repars en me fixant, 30 mètres, il broute à nouveau puis repars et biaise doucement pour se présenter 3/4 face à environ 15 mètres. Il regarde vers moi, je ne peux pas bouger. Intrigué par un bruit dans la vallée, il se tourne plein travers et écoute vers la pente, perché sur un rocher. C'est un mâle. L'occasion serait trop belle mais, je ne peux pas armer. Le vent n'est pas très bon et je crains qu'il ne m'évente mais ce bruit semble l'inquiéter et il fait demi-tour. J'en profite pour monter doucement mon arc et armer doucement en ligne mes 70 livres. Il s'arrête de 3/4 arrière à environ 20 mètres. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche passe 10 centimètres sous son poitrail et il repart en remontant la pente pour disparaître un peu plus loin dans les rochers en se débinant tranquillement. Je suis dégoûté, qu'est ce qu'il m'arrive, encore une fois l'alignement du point visé est parfait mais ma flèche trop basse. Je n'aurais pas tous les jours d'aussi belles occasions que les 2 manquées en 2 jours. J'ai entendu ma lame heurter un rocher. Je descends chercher ma flèche, la lame a cassé juste au ras de l'insert. Aucune trace suspecte sur le fût ou les vannes, mon impression était bonne, j'ai fait un beau loupé. Je remets ma flèche au carquois et réencoche une flèche neuve.

Je remonte au-dessus des rochers où poussent des houx. Le sol a été mis à nu par le passage répété des animaux par endroit. Les crottes de chamois sont assez nombreuses. Je progresse doucement en suivant le haut des rochers, je progresse ainsi et rejoins un chemin pierreux que je commence à suivre en remontant vers une grande falaise abrupte. Des crottes fraîches jonchent ce chemin, les chamois ont dû passer ce matin. Un peu plus haut, je tombe sur des indications, une flèche vers en bas "retour au village par chemin" et 2 autres "chemin difficile" et un dessin représentant un bonhomme pendu dans le vide à une corde. Je sais maintenant que je suis sur la bonne voie pour rentrer. Je remonte jusqu'à la falaise et m'avance un peu en la suivant pour me rendre compte que je surplombe un grand précipice. Je fais demi-tour en suivant le chemin pierreux et rejoins le chemin forestier que je longeais tout à l'heure. Je recommence à progresser en suivant le talus de droite et en contrôlant par moment la pente sous le chemin. Tout à coup, une pierre se met à rouler derrière moi et me suit en faisant du bruit. Un animal démarre à 45 ou 50 mètres au-dessus du chemin et dévale la pente pour traverser le chemin à environ 45 mètres devant moi. Il s'arrête sur le bord gauche du chemin puis bascule rapidement dans la pente et disparaît. J'avance tranquillement pour aller voir si je peux le revoir quand je reçois un texto de Patrick, il est presque arrivé au village et me demande si je suis déjà en bas. Je lui réponds que non. Je continue à descendre tranquillement, Patrick qui vient d'arriver à la voiture me demande s'il m'attend ou s'il va chercher Laurent. Je lui dis d'aller chercher Laurent car je ne sais pas vraiment pour combien de temps j'en ai encore. Je finis de descendre tranquillement, un bruit d'eau se fait entendre, j'arrive au-dessus d'une sorte de chute d'eau puis sors du bois. Le village est en dessous. Je finis de descendre et manque de tomber en glissant sur de la boue puis rejoins la route goudronnée et la suis dans le village en jetant un coup d’œil lointain au secteur que j'ai chassé ce matin.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 4 novembre 2014

Je rejoins le point de rendez-vous à l'intuition car je ne suis jamais venu ici. La pluie commence à tomber de plus en plus et je m'abrite sous un avant toit en attendant Patrick et Laurent. Le propriétaire du gîte sort en levant les mains et en me demandant de ne pas tirer. Nous rigolons, une chèvre m'observe, les 2 pattes avant dans sa mangeoire de sa bergerie à côté du gîte. On croirait quelle est empaillée, elle ne bougera pas d'un millimètre le temps que Patrick revienne me chercher 10 ou 15 minutes plus tard. 

Quand j'annonce à mes collègues que j'ai encore tiré et encore manqué, je ne manque pas de me faire charrier. Patrick a vu quelques animaux, Laurent aussi mais pas d'occasion de tir pour eux. Nous allons manger dans la fabrique de ruches du Président de l'ACCA. Nous en profitons pour essayer de faire sécher nos affaires près du poêle à bois car bien que la pluie ne soit pas tombée en abondance, nos vêtements sont tout de même bien mouillés. La pluie tombe maintenant de façon soutenue. Après manger, nous repartons chasser sous une pluie battante. Laurent part à pied pour aller chasser sur le "belvédère" tout proche, nous partons avec Pat pour chasser le même secteur qu'hier soir. Pat se gare au même endroit qu'hier. Il va partir à pied pour rattraper le départ de la chasse que j'ai faite hier et m'explique comment faire le parcours qu'il a fait hier. Nous nous séparons donc, je remonte à travers une friche pour rejoindre le bois. Je n'ai pas fait 30 mètres que je suis trempé, cette chasse en sous-bois sous cette pluie diluvienne me fait penser à la Guyane, l'eau froide en moins.

Je progresse doucement en remontant pour rejoindre une barre rocheuse, les feuilles qui tombent des arbres et la pluie battante me font rêver des mouvements imaginaires dans le sous-bois parsemé d'amas rocheux. Je progresse très lentement sans rien voir et finis par m'apercevoir au bout d'un moment que je suis au-dessus d'une falaise et pense être trop remonté. Je redescends donc pour passer sous la falaise mais comprends alors qu'elle démarre trop bas et que ce n'est certainement pas celle dont parlait Patrick, je remonte donc pour continuer à remonter bien plus haut. L'eau coule maintenant sur ma peau. Je finis par regagner le dessous d'une autre falaise que je commence à longer tout doucement mais le secteur est calme aujourd'hui. Au bout d'un bon moment, en regardant vers le bas, j'aperçois furtivement un chamois sur quelques mètres. Cette chasse est plus un calvaire qu'un plaisir, au bout d'un moment, je tombe sur une "gouluse" graveleuse assez large qui redescend, je la suis et retombe sur le chemin forestier par lequel nous sommes rentré hier. Ne voyant pas Patrick, je décide d'aller me poster là où j'ai tiré mon chamois hier soir. Le temps passe sous cette pluie glacé quand un sifflement répété m'interpelle dans mon dos. C'est Patrick sur le chemin, je monte le rejoindre et nous repartons trempés jusqu'aux os vers la voiture où nous nous changeons en partie avant de partir finir de nous changer au cabanon de chasse. Patrick reçoit un message de Laurent, il est à la fabrique de ruches. Nous partons le rejoindre avant de rentrer. Il a vu quelques chamois mais n'a pas pu identifier les animaux. Patrick n'a rien vu. Notre seconde journée de chasse est terminée. Nous verrons quelques renards dont un entrain de chasser un lièvre dans les phares et quelques chevreuils sur le chemin du retour. En arrivant chez Patrick, il allume un bon feu de cheminée pour tenter de faire sécher nos affaires complètement trempées que nous étendons devant sur des étendoirs posés sur un lit de journaux vites détrempés par les gouttes d'eau.

 

Alex

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:00

Cette année, j'ai pu prendre une semaine de congés pour répondre à l'invitation de mon ami Pat pour aller chasser le chamois Franc-Comtois dans le Doubs. Je n'ai jamais eu l'occasion de chasser ce gibier et je n'ai eu que très peu d'occasion d'en voir dans le milieu naturel. L'avantage de cette espèce est son activité diurne qui permet de la croiser toute la journée contrairement au chevreuil et surtout au sanglier qu'on croise plus sur les premières et dernières heures de la journée. Parti le 1 novembre à 6h45 de chez moi et après avoir fait une halte chez mon ami Arnaud qui tient Hava Archerie à Concots dans le Lot pour faire l'entretien de mon arc et changer mon repose flèche, je suis arrivé à destination vers 18h30 pour retrouver Pat et Laurent, ce dernier est arrivé environ 1 heure avant moi. Laurent nous a fait une belle surprise, il nous a concocté des T-shirts spéciaux, un pour chacun. Sur une base de camo prédator noir blanc et marron, une inscription The Dream Team avec un massacre de brocard sur le devant

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et un gros 32 dans le dos surmonté d'un "Alex du Gers" pour ma part,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

un 28 surmonté de "Lolo du Perche" pour Laurent et un 25 surmonté de "Pat du Doubs" pour Patrick. Nous discutons Chamois en prenant notre repas avant d'aller nous coucher. Demain, le réveil sonne vers 5h45 car nous avons environ 1 heure de route pour aller chasser en Haute Saône où nous sommes invités à une battue (chevreuil, sanglier et une biche). Le lendemain notre journée de chasse ne donnera rien, ni pour les archers ni pour les carabines, malgré un accueil fort sympathique de l'équipe de chasse et des 2 archers de cette équipe (Thomas et son père).

Le 3 novembre le réveil sonne à 5h30 car nous avons 1h30 de route pour aller chasser et nous devons aller chercher les bracelets chez le président de l'ACCA. L'attribution cette année est de 2 mâles et 3 jeunes. Ma nuit aura été très agitée car l'excitation de la chasse mêlée au stress de ne pas savoir reconnaître un mâle ou une femelle sur le terrain m'ont réveillé plusieurs fois dans la nuit et vers 4 heures du matin, impossible de me rendormir. J'ai bossé ma théorie avant de venir mais, sur le terrain, je sais que reconnaître un mâle ou une femelle ne sera pas chose aisée, pour les jeunes ce sera beaucoup plus facile mais bon on verra bien sur place. Après environ 1h30 de route nous arrivons sur l'ACCA, nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux en route mais 2 chevreuils broutent en contrebas de la route dans un petit près en bordure du bois. Le territoire et magnifique, le village est situé au fond d'une sorte de cuvette entourée de monts boisés laissant apparaître par endroit de belles falaises rocheuses. Les bois ont revêtu les couleurs ocre, jaunes et brunes d'automne qui donnent encore plus de beauté à ce paysage. Nous arrivons chez le président de l'ACCA qui fabrique des ruches et produit du miel, l'accueil est chaleureux nous discutons un peu puis récupérons un bracelet de mâle et 2 de jeune que Patrick gardera sur lui puis nous partons vers le cabanons de chasse pour y laisser quelques affaires avant de partir chasser. Le président de l'ACCA nous dit que le rut a bien commencé, c'est une bonne chose pour nous car c'est la période de l'année où les animaux sont le plus actifs. Ce cabanons est situé au pied d'un mont rocheux boisé magnifique appelé "le belvédère".

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Du cabanon de chasse Patrick nous explique un peu et nous situe le secteur que nous allons chasser, il s'agit de "Falouse".

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Nous partons ensuite en voiture pour le secteur que nous allons chasser ce matin. Patrick gare sa voiture sur un petit parking au pied d'une piste forestière

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

qui remonte dans un grand bois de sapin surmonté d'un bois de hêtres qui remonte jusqu'à la crête. Nous nous préparons, c'est la première fois que je vais chasser à l'approche avec ma nouvelle tenue 3D. Nous commençons notre a remonter le chemin forestier à la queue leu leu.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Sur la droite du chemin s'étend un bois de sapin qui remonte vers le sommet de la montagne

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et qui redescend sur la gauche du chemin vers la route. Un peu plus haut Patrick me dit de biaiser à travers les sapins sur la droite pour rejoindre, un peu plus haut, un chemin qui suit la courbe de niveau. Au bout de ce chemin, je devrais remonter vers la crête puis longer sous cette dernière pour ne pas la franchir car elle délimite la limite de l'ACCA. Laurent lui remontera tout droit pour aller se poster sous une barre rocheuse alors que Patrick partira sur la gauche pour chasser à l'approche en revenant vers Laurent. Que ce soit Patrick ou moi, si nous dérangeons des chamois, ils peuvent passer sur le poste de Laurent. Une fois le chemin atteint, je le longe tout doucement. Il marque une limite assez nette entre le bois de sapins en dessous

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et un bois de feuillus au dessus.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je chasse très rarement en sous-bois et j'ai beaucoup appris en chassant en Guyane, il faut beaucoup observer et peu marcher pour voir avant d'être vu, je vais essayer de me servir de ces enseignements. Le chemin est barré par un arbre tombé en travers du passage.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je m'arrête un instant pour observer puis contourne l'arbre par la droite et reprends ma progression très lente quand un mouvement attire mon attention à environ 20 mètres à quelques mètres au-dessus du chemin. Je me fige, un chamois regarde vers moi, arrêté plein travers, partiellement caché par un arbre, il est magnifique mais je suis incapable de dire s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Il repart tranquillement sans vraiment avoir compris ce que je suis. J'attends un peu puis me décale sous le talus, sur la gauche du chemin et avance tout doucement en essayant d'apercevoir à nouveau ce chamois. Une masse noire m’apparaît entre des branchages et il me semble reconnaître un arrière train noir et poilu, peut-être un chamois bien qu'il me semble que je devrais voir une tache blanche. Je me décale un peu pour passer à couvert des arbres et chercher un passage pour monter le talus du chemin puis remonte doucement dans le bois en essayant sans succès de reposer les yeux sur cet hypothétique chamois.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Le sol caillouteux et couvert des feuilles mortes et de brindilles est assez bruyant, je calcule chaque pas et teste mes appuis avant d'avancer pour éviter de faire du bruit. J'ai dû rêver car je n'ai rien vu partir ni bouger, je continue à remonter très doucement en m'arrêtant souvent pour observer le sous-bois un instant à la recherche d'un animal. Je jette de temps en temps un coup d'œil derrière moi au cas où. Je remonte ainsi doucement en biaisant légèrement à droite et rejoints ainsi une sorte d'arrête, cassure dans la pente qui est après cette dernière beaucoup plus prononcée. Je me poste un instant en limite de la cassure pour observer cette pente surmontée d'une belle falaise de roche blanche.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Rien en vue, je continue mon ascension très lente en suivant la cassure en surveillant la pente.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je m'arrête souvent pour surveiller tout autour de moi mais pas de chamois en vue pour l'instant. Il pleut un peu mais pas assez pour vraiment être mouillé, le vent souffle face à moi. Je finis par rejoindre la crête quand un avion chasse déchire le silence, le bruit est assourdissant et en levant les yeux, je le vois passer très près au-dessus de moi. Je me dis que ce vacarme a dû affoler les animaux, je suis la crête un instant pour tenter de surprendre un chamois en dessous de cette dernière.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

J'avance ainsi sur environ 70 mètres

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

puis je fais demi-tour et repasse sous la crête et reprends ma progression lente ponctuée d'arrêts d'observation.

Je progresse toujours avec la même technique à plus ou moins 20 mètres sous les roches abruptes qui délimitent la crête. La pente très caillouteuse par moment est assez glissante et j'essaie de ne pas faire rouler trop de pierre pour rester le plus discret possible. Je fais tout de même rouler quelques pierres. Tout à coup, des pierres dévalent la pente à environ 15 mètres dans mon dos, je me retourne et aperçois un gros bouc qui dévale la pente en provenance de la crête. Il s'arrête sur une bute rocailleuse derrière des arbres et des houx, impossible de tenter une flèche. Il passe rapidement derrière la bute et je suis un instant sa course au bruit des cailloux qui roulent dans la pente alors que je ne le vois plus. Je décide de rester poster un instant sans bouger. Je suis au pied d'un gros rocher à peu près aussi haut que moi et au-dessus duquel se trouvent quelques gros arbres. Je suis tourné face à la crête et regarde vers où est arrivé le bouc quand une grosse pierre roule au-dessus de moi sur ma gauche. Je tourne la tête et aperçois un lynx qui progresse d'un pas lents, il longe à quelques mètres des roches de la crête à moins de 30 mètres sur ma gauche et se rapproche tranquillement. Je suis tellement surpris de cette apparition que je reste figé sans penser à prendre mon appareil photo. Il s'arrête à environ 15 mètres et je pense qu'il va me voir mais il reprend sa progression, passe derrière les arbres puis s'arrête à nouveau à 6 ou 7 mètres au-dessus de moi avant de repartir. Je n'arrive pas à y croire, je viens de voir un lynx pour mon premier jour de chasse c'est incroyable. Ma tenue 3D semble très efficace. 

Je reprends ma progression lente ponctuée de pauses sans arriver à voir des chamois. En avançant, je repense au bouc de tout à l'heure, il est arrivé juste quand j'ai fait rouler des pierres, nous sommes en plein rut et peut être que c'est justement le bruit des pierres qui l'a attiré à la recherche d'une partenaire. C'est peut-être quelque chose à exploiter en chasse. Je continue à progresser doucement en essayant de rester à moins de 20 mètres sous les roches de la crête mais, le terrain devenant dangereux, je descends un peu et rejoins une grosse coulée que je longe doucement. Encore un avion de chasse qui déchire le silence en passant au-dessus de moi, ce bruit contraste vraiment avec cette belle chasse à l'approche et cette belle nature. En arrivant au pied d'un gros arbre, je fais un bon car je viens de me rendre compte que quelque chose a bougé à 3 mètres devant moi. Tellement pris par ma chasse et l'observation du terrain je n'avais même pas vu Laurent sur qui j'arrivais droit ce qui le fait bien rire. Nous discutons un instant à voix basse, Laurent n'a pas vu de chamois mais lui aussi a vu le lynx qui est passé à environ 20 mètres au-dessus de lui et s'est arrêté à 30 ou 35 mètres avant de repartir vers moi. Laurent averti Pat que je suis arrivé au niveau de son poste, il nous informe qu'il vient de voir 2 chamois dont un viendrait vers nous. Laurent me dit de remonter pour rejoindre Patrick en longeant la barre et il reste posté. Je remonte donc doucement mais les pierres roulent parfois, la pente est très raide. Je rejoins enfin un replat très étroit qui semble passer entre 2 falaises, ayant le vertige et n'osant pas m'aventurer sur les rochers glissants, je décide de faire demi-tour et reviens vers Laurent.

Laurent envoie un message à Patrick pour l'en avertir, Finalement, il remonte un peu pour se poster plus près de la falaise alors que je descends un peu pour me poster au pied d'un gros arbre. Patrick vient vers nous à mauvais vent, nous resterons postés en l'attendant au cas où il nous enverrait un chamois. Le temps passe quand une grosse pierre roule dans mon dos, je me retourne et aperçois un chamois qui remontait vers Laurent qui dévale maintenant la pente à la course et disparaît à environ 50 mètres dans le bois. Il arrivait sous le vent et a certainement senti Laurent, je ne m'attendais pas à voir arriver un animal dans notre dos alors que le vent souffle face à nous. Je n'ai pas entendu de décoche mais peut être que Laurent que je ne vois pas de mon poste a en fait décoché. Patrick arrive au bout d'un moment mais je l'entends alors qu'il n'est qu'à 15 mètres de moi alors qu'il vient de passer une bosse du terrain qui coupait le bruit de son arrivée. Nous discutons un peu de la chasse et Laurent nous rejoint. Patrick est dégoûté de ne pas avoir vu le lynx, il rentre d'un séjour à Gap où il est le seul à ne pas avoir vu les loups sur sa bande d'archers et, aujourd'hui, il est à nouveau le seul a ne pas avoir vu le lynx. Il a tout de même vu quelques chamois sans avoir d'occasion de tir. Alors que Laurent nous rejoint, nous redescendons vers la voiture car il est déjà midi, Laurent n'a même pas vu le chamois qui montais sur lui. Nous avons commencé à chasser tard ce matin. Nous rentrons au cabanon de chasse pour manger un bout.

 

En début d'après-midi, nous nous préparons pour repartir en chasse, une partie du secteur que nous allons chasser est visible du cabanon de chasse, le reste est caché derrière le relief.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Patrick nous explique comment nous allons procéder. Je vais attaquer par la droite du secteur, Patrick par la gauche et Laurent va se poster entre nous 2 pour essayer de profiter du déplacement des animaux. Il ne pleut plus cet après-midi mais un vent très fort s'est levé. Patrick dépose Laurent qui doit rattraper une piste forestière pour aller se poster puis part me déposer au bout de la zone de chasse avant de repartir se garer là où il a déposé Laurent et attaquer sa chasse en remontant pour longer les barres rocheuses au-dessus du poste de Laurent. Je commence mon ascension au-dessus de la route, le vent qui semblait vouloir m'être favorable vient de tourner et souffle maintenant en sens inverse, je vais chasser avec le vent dans le dos. Le terrain est pour l'instant couvert de sapins.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Comme ce matin, j'avance très lentement en faisant de nombreuses pauses d'observation. Plus haut, les essences d'arbres se diversifient et les sapins font peu à peu place à des feuillus (hêtres et houx en majorité).

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je baise doucement à ma droite et retombe sur la route qui monte en décrivant de grands lacets. Je suis un peu le bitume puis reprends la pente du bois. La route en dessous de moi est vite masquée par les arbres qui sont à nouveau majoritairement des sapins. 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Un peu plus haut, j'aperçois, sur ma gauche, la barre rocheuse sous laquelle je dois chasser sur les consignes de Patrick. 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

A ma droite, le secteur me semble prometteur et je me poste un instant en observation pour profiter du fait que je sois encore à bon vent car dès que je vais attaquer de longer la barre rocheuse le vent ne me sera plus favorable.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Rien ne bouge, au bout d'un moment, je remonte par une grosse coulée vers la falaise. Un avion de chasse me survole et décrire le ciel. Je longe doucement la roche, les animaux semblent en faire régulièrement de même, une grosse coulée plus ou moins marquée longe la falaise.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Le vent dans mon dos ne me donne pas vraiment d'espoir de surprendre un animal devant moi mais peut-être pourrais-je en voir en dessous de moi. La coulée est de plus en plus marquée, les animaux semblent être passés de très frais. Malgré la pluie de ce matin le secteur est très sec et les feuilles mortes craquent au sol sous mes pas, le vent fort couvre un peu ma progression mais pas assez je crains. De plus sous la falaise qui protège le sol des chutes d'eaux, le terrain est encore plus sec. Je suis toujours la coulée, montant et descendant au grès du relief tout en faisant des pauses fréquentes pour observer. Je tombe un peu plus loin sur une sorte de grosse faille triangulaire de 5 ou 6 mètres de profondeur, formée par un gros rocher posé près de la falaise, cette faille semble déboucher à 20 mètres environ au pied de la falaise sur laquelle descendent des sortes de lianes de lierre.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Un peu plus loin la coulée remonte dans un coin de falaise derrière une grosse souche d'un arbre tombé dans la pente, le poste m'inspire et je décide de rester un moment-là. Sur ma gauche, la visibilité est plus réduite mais suffisante pour voir arriver des animaux sur 30 à 50 mètres 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et sur ma droite j'ai une bonne vision sur le creux en dessous de moi et une grosse coulée qui passe en dessous.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

J'entends là un moment en observation mais rien ne vient. Je finis par quitter mon poste et redescends dans le creux en longeant la falaise sur un tapis de feuilles très sèches et craquantes. A peine l'angle de la falaise passé, 20 mètres plus loin, un sifflement me fait lever la tête, Je me fige à l'écoute, je crois d'abord à une blague d'un de mes collègues mais au second coup de sifflet, je localise sa provenance sur un monticule rocailleux en face de moi.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

J'ai juste le temps d'apercevoir 2 chamois passer derrière les rochers, certainement une femelle et son jeune, vu la différence de taille entre les 2 animaux. Je les entends faire rouler des pierres de l'autre côté du monticule rocheux, puis le bruit cesse, un nouveau coup de sifflet puis le bruit de pierres reprend un instant avant le retour au calme. J'attends un moment sans bouger au cas où un autre animal se montrerait. Je n'avais jamais encore entendu ce sifflement d'alerte du chamois dont m'avaient parlé Patrick et Laurent. Je reprends ensuite ma progression lente et constate qu'une coulée pierreuse descend derrière le monticule rocheux, elle semble très fréquentée. Un peu plus loin, la falaise est creusée d’une faille triangulaire d'environ 4 mètres de haut, 3 mètres de profond avec une base de 2 à 3 mètres de large couverte de graviers qui fait peut être un bon abri pour les animaux lors des intempéries. 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Le paysage devient alors chaotique, très vallonné et ponctué de gros blocs rocheux au milieu desquels je suis toujours la coulée principale assez marquée.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

L'endroit est magnifique, Patrick m'avait dit qu'il aimait beaucoup cet endroit, je comprends maintenant pourquoi. J'observe bien autour de moi mais aucun animal en vue, de plus ce vent qui souffle dans mon dos et que le relief canalise risque de me faire repérer et de faire fuir les animaux bien avant que je puisse les voir.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je continue tout de même à avancer très lentement en admirant du paysage. Au pied de la falaise, j'aperçois une sorte de terrier et me plais à penser qu'il s'agit peut-être de la tanière d'un lynx.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Les monticules rocheux se suivent comme des sculptures dans un musée,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

je profite du paysage. Au bout d'un moment passé à descendre petit à petit en suivant la falaise, je me suis beaucoup rapproché de la rivière qui coule en dessous de moi et je suis une bande étroite à flanc de falaise qui semble canaliser le passage des chamois

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

à en croire les nombreuses traces plus ou moins fraîches laissées dans la poussière de roche grise accumulée au pied de la falaise et restée humide.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je suis cette belle coulée qui descend tranquillement vers le bord de la rivière.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

La falaise se rapproche de plus en plus de la rivière puis s'interrompt brutalement, un passage étroit et abrupt remonte vers le bois de sapins au-dessus de la falaise, c'est un passage presque obligé pour les chamois et le fond de cette goulotte appelée ici "gouluse" est très marqué par le passage répété des animaux qui ont laissés de nombreuses empreintes, il s'agit certainement d'un bon poste, Patrick m'avait parlé de ce passage et qu'il me fallait le prendre pour remonter vers le chemin forestier qui doit se diviser en 3 au-dessus de moi et sous le poste de Laurent. Je remonte donc doucement en suivant la gouluse et atteins le bois au-dessus de la falaise. Je me poste un instant au-dessus de ce passage fréquenté pour tenter d'apercevoir un animal mais rien ne vient.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Derrière moi un bois de sapins très haut et un sol partiellement couvert d'un tapis de ronces. Je décide de suivre lentement la coulée des animaux qui est très visible et facile à suivre. Elle remonte sur le chemin en longeant une zone assez épaisse sur ma droite qui contraste avec le bois de sapin très clair. Une fois le chemin atteint, je reviens sur ma gauche pour trouver l'endroit où il se divise et le trouve à moins de 100 mètres. Je me poste là un instant en observation, la gouluse est en dessous de moi à 70 mètres environ et le bois clair me donne une bonne visibilité sur environ 80 mètres.

C'est là que je dois retrouver Patrick et Laurent, au bout d'un moment, ne voyant arriver personne, je décide de faire demi-tour pour avancer doucement en suivant le chemin. En arrivant au niveau de la zone plus dense en dessous du chemin, un mouvement attire mon attention à environ 100 mètres devant moi, quatre tâches noires déboulent sur la gauche du chemin et le traversent en un éclair. Ce sont des chamois, je n'ai pas l'impression que ce soit moi qui les ai affolé. L'un d'eux marque une pause au ras du chemin puis repart sans regarder vers moi. Je suis à bon vent, je fais vite demi-tour puis descends rapidement dans le bois de sapins, plusieurs ronces s'accrochent à ma tenue 3D et crissent, j'ai peur que les chamois m'aient entendu mais je continue à descendre rapidement. Au travers de la zone sale, j'aperçois un des chamois à environ 50 mètres. Ils semblent se rapprocher. Je me fige, il repart, je reprends ma descente et arrive à environ 15 mètres d'une cassure dans la pente qui s'accentue après une sorte de talus sous lequel les sapins font place à une bande de feuillus. J'observe les alentours sans trop savoir quoi faire quand les chamois surgissent sur ma gauche à 40 mètres en contrebas. Il s'arrête à la queue leu leu. Je reste figé, ils repartent, le premier s'arrête à environ 30 mètres juste en dessous de moi, il me semble reconnaître une femelle. Le second s'arrête 15 mètres derrière, c'est sûr il s’agit d’un mâle, son pelage ébouriffé, il parait énorme. Il hume l'air en retroussant sa lèvre supérieure, tête remontée et penchée en arrière. Derrière, le mâle à environ 15 mètres de ce dernier, 2 animaux ont stoppés, il semble que ce soit une autre femelle suivie d'un jeune. Le premier animal repart et passe derrière des petits sapins à ma droite. La tête du mâle est derrière un arbre et les 2 autres regardent vers le bas, j'en profite pour m'avancer d'environ 10 ou 12 mètres et me cale au bord du talus. Le mâle s'avance et s'arrête plein travers à 16 ou 17 mètres, sa zone vitale bien dégagée. J'arme vise et décoche mais ma flèche est trop basse, je ne pense pas l'avoir touché. Ma flèche a dû passer juste sous le cœur, l'axe était bon mais pas la hauteur. Il démarre et je jette vers en bas dans la pente,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

les 2 derniers chamois, font volte-face et repartent d'où ils viennent. La femelle qui s'était arrêté à seulement 4 ou 5 mètres sur ma droite, derrière des petits sapins, démarre et semble partir vers le bas mais je la perds très vite de vue.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je réencoche et attends un moment sans bouger mais rien ne bouge, je pars donc chercher ma flèche que je retrouve fichée au sol, le tube et les vannes n'ont aucune trace de sang ou de viande, j'ai bien manqué, je récupère ma flèche et constate que la lame terreuse porte des poils coincés dans les lames. Je suis passé dans les longs poils sous le poitrail.

Je remonte me poster un moment en haut du talus et regarde par moment dans mon dos où je finis par apercevoir Patrick sur le chemin au-dessus de moi. Je le rejoins et il appelle Laurent qui tarde à descendre. Patrick a vu une grosse dizaine d'animaux et c'est certainement lui qui m'a envoyé les 4 chamois. Il a même pu photographier une belle femelle avec une corne cassée qu'il avait déjà photographiée cet été à environ 2 km de là.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Laurent finit par nous rejoindre, il n'a rien vu. Nous rentrons par le chemin pour rejoindre la voiture.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Notre première journée de chasse est terminée et je viens peut être de rater l'occasion de mon séjour. Sur le retour nous verrons plusieurs renards dans les champs au bord de la route.

 

Alex

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 21:32

Depuis que les maïs ont été moissonnés, la chasse du chevreuil est devenue assez difficile car ils me voient arriver de loin, voire de très loin et pour ne rien arranger le sol très sec, à cause des températures anormalement élevées, est très bruyant, les bordures de bois sont tapissées de glands, les champs travaillés jonchés de débris végétaux craquent sous mes pas, les sous-bois croustillent comme un tapis de chips. Il me reste encore 4 bracelets à boucler et c'est loin d'être gagné, de plus, on change bientôt d'heure et la chasse en sortant du boulot sera vite réduite à de très courtes sorties. Ce soir, il fait beau mais le vent souffle très fort et peut me permettre d'approcher plus facilement. Je décide donc de tenter ma chance en sortant du boulot. Je pars donc pour Labéjan et me gare en crête près des chaumes de maïs, me prépare puis escalade le talus du fossé de la route pour longer le haut des anciens champs de maïs dont une partie à peine récolée a déjà été retournée. Un coup d’œil sur le secteur, pas de chevreuil.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

J'avance tranquillement et passe le bosquet que les maïs entouraient il y a encore quelques temps, rien non plus dans le chaume.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Je continue un peu et jette un coup d’œil sur les chaumes au loin sur ma droite sous le lac.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Rien vu non plus, je continue en crête vers le chemin de terre un peu plus loin

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

puis le longe en direction du bosquet sous lequel j'ai fléché le brocard malade et une chevrette cette année. Je quitte le chemin et biaise vers le bosquet à travers le semé de colza puis longe le petit bois sans rien voir. Arrivé au bout de ce dernier, je jette un coup d’œil sur le bas du bosquet en me penchant doucement, caché derrière l'angle. Rien en vue, je décide de changer un peu de mon tour habituel et de faire le tour du grand bois pour revenir à bon vent vers le lac mais pas le moindre chevreuil dans le secteur, tout juste quelques palombes qui s’envolent à mon arrivée. J'arrive au passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac et le franchis pour remonter vers un bosquet près de la ferme où j'ai vu une chevrette et son chevrillard il y a quelques jours. Le haut du bosquet a subit une grosse coupe qui n'a laissé que quelques arbres mais une bande épaisse est encore présente en bas du bois, j'avance doucement dans la partie claire pour essayer de voir des animaux mais sans succès. Je remonte vers la crête. Mon téléphone sonne, je suis loin des chevreuil, je décide de répondre, c'est Renaud. Nous discutons un moment alors que j'avance en longeant la crête mais alors que je passe au-dessus du bosquet qui était dans les maïs avant la moisson, j'aperçois des chevreuils près de la haie qui bordait le bas du champ de céréale. Je coupe donc court à notre conversation pour tenter une approche.

Le vent souffle dans mon dos et les chevreuils avance nez au vent vers le bas du bosquet. Je n'ai pas le temps de les contourner, je décide donc de tenter une approche culottée. Je fais marche arrière, passe derrière le bosquet puis descends le champ au pas de course jusqu'au pied du bosquet. Un coup d’œil, les chevreuils ne sont pas encore en vue, le relief du champ me les cache, je reprends ma course à travers un champ travaillé, en direction d'une haie qui remonte, à la perpendiculaire, sur environ 70 mètres, du grand bois qui remonte sur le penchant opposé, avant de bifurquer à 90° pour suivre le fond de l'ancien champ de maïs à environ 40 mètres de l'autre angle bas du bosquet. Je pensais ensuite suivre la haie pour intercepter les chevreuils mais alors que je suis au milieu du champ, à découvert, une chevrette et ses 2 chevrillards arrivent au galop dans le champ travaillé de l'autre côté de la haie. Je me fige mais la pente du terrain leur permet de me voir par-dessus la haie. Ils se figent également et m'observent. Je ne bouge pas pendant un bon moment, ils sont à 80 ou 90 mètres, la chevrette finit par se remettre à manger, j'attends un peu mais elle ne semble plus faire attention à moi, j'avance doucement pour passer derrière la haie puis remonte vers le grand bois. Je vois toujours les chevreuils qui avancent vers le bois. Je rentre dans le bois par un chemin de débardage et me dirige doucement, en essayant de ne pas faire trop de bruit, en suivant les coulées, vers l'endroit où je pense les voir entrer dans le bois mais, malgré mes précautions, je fais trop de bruit et je ne les reverrai pas. Je traverse la bordure épaisse du bois par une grosse coulée et ressors sur le champ travaillé. Les chevreuils ont disparu.

Je rejoins la haie qui borde le haut de la parcelle puis la longe pour rejoindre le bas d'un bois et aboutis ensuite à un passage, entre le bord du bois et une grosse haie épaisse, qui débouche sur des champs labourés. J'avance doucement en passant le passage et regarde alternativement à droite et à gauche. A gauche, le champ labouré et vallonné remonte en suivant le bord du bois, à ma droite un petit bosquet, à environ 30 mètres de la grosse haie, biaise doucement pour s'éloigner de la haie sur environ 100 mètres et délimite ainsi une bande étroite de labour s'ouvrant ensuite sur un grand champ. Au fond de la parcelle, à environ 200 mètres, coule un ruisseau pris dans une bande boisée qui part du grand bois dans lequel j'ai tenté une approche tout à l'heure. En avançant tout doucement, j'aperçois, à ma droite, un brocard et une chevrette qui semble sortir de la haie pour s'avancer dans le labour en direction du bout du bosquet. Je me recule doucement au bout de la grosse haie et me poste pour les observer. Le brocard est à 30 mètres environ devant la chevrette. Pensant les voir passer derrière le bosquet, j'attends ce moment-là pour m'avancer au bout du bosquet pour tenter une approche mais 2 chevrillards surgissent de la haie et rejoignent la chevrette qui reste avec eux près de la haie alors que le brocard décide de bifurquer et de venir droit sur moi.

Je ne bouge pas et le laisse venir. Il avance tout doucement en faisant des pauses pour brouter quelques rares herbes dans le labour. Il se rapproche peu à peu alors que la chevrette biaise maintenant avec ses petits vers le ruisseau au fond du champ. Je crains de voir le brocard les rejoindre alors qu'il s'arrête pour regarder vers eux mais il se remet à brouter puis reprend sa progression vers moi, quelque chose de bizarre m'intrigue au niveau de sa tête. Il biaise maintenant vers le bosquet tout en broutant à environ 50 mètres mais, brusquement, il bifurque à nouveau et part vers la haie en biaisant pour s'éloigner doucement toujours en broutant de temps en temps. Arrivé près de la haie, il se ravise et revient vers le milieu de la bande de labour entre la haie et le bosquet puis se remet à venir doucement vers moi. Il avance doucement puis à environ 45 mètres se met à gratter le sol et se couche tourné face à moi, il semble avoir une joue gonflée. Impossible de l'approcher, le temps passe, il regarde par fois derrière lui vers la chevrette et ses petits. Après de longues minutes, il se relève mais se tourne et part de 3/4 arrière comme pour rejoindre la haie. Il avance lentement en broutant, sa tête semble déformée par une masse au niveau de la joue.

Je décide de tenter l'approche bien que je n'ai pas grand espoir la réussir. Je m'avance très lentement en collant la haie et m'arrête à chaque fois qu'il relève la tête mais il ne regarde jamais vers moi, par contre je dois surveiller également la chevrette et ses chevrillards qui broutent plus loin et m'arrêter aussi dès qu'ils relèvent la tête. De 3/4 arrière, tête basse la masse sur le côté de sa tête est bien visible. Je profite de chaque fois qu'il se tourne de cul pour avancer plus vite et gagner du terrain mais lui aussi avance doucement et je peine à le rattraper car le terrain sec est bruyant et, malgré le vent très fort, je crains d'être repéré. Tout à coup, le brocard s'immobilise de 3/4 arrière tête haute, il semble regarder vers la haie, c'est alors que j'aperçois une autre chevrette qui sort de la haie avec ses petits, j'en profite pour avancer assez rapidement et arrive à environ 30 mètres du brocard qui n'a pas bougé. Une branche qui sort de la haie va m'obliger à m'écarter de la haie pour avancer sans bruit mais je risque d'être repéré. Tout se précipite, le brocard repars plein travers vers la haie, il est malade et je n'aurais pas de meilleure occasion de tir, de plus la luminosité baisse, j'arme mon arc, prends la visée un peu en avant sur le brocard qui avance d'un pas très lent et décoche. L'impact retentit mais je n'ai pas clairement identifié mon atteinte. Le brocard fait volte-face et part vers le bout du bosquet avec une course saccadée puis s'effondre dans le labour au bout du bosquet environ 50 mètres plus loin. Il se débat un peu puis s'immobilise. Les chevrettes et les chevrillards s'enfuient et disparaissent derrière le bosquet.

Je décide de remonter pour passer derrière le bosquet pour tenter de voir où ils vont quand j'aperçois un autre chevreuil qui descend par le labour et semble venir vers moi. Je profite du relief vallonné du terrain qui me le cache pour me poster au bout du bosquet, j'attends un moment sans bouger mais la luminosité baisse et ma patience a déjà été mise à rude épreuve ce soir. Je décide de m'avancer doucement et aperçois un lièvre qui revient vers le bois, le chevreuil est encore à 100 mètres environ. Je décide de laisser tomber et pars chercher mon brocard. Je sais où il est et pars directement vers lui sans chercher le sang. Une ligne de sang est très marquée sur les 15 derniers mètres avant le chevreuil.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

C'est alors que j'aperçois les 2 chevrettes et les 4 chevrillards qui me regardent sans bouger à environ 60 mètres comme s'ils attendaient le brocard. Ils se décident enfin à partir après un moment alors que j'essaie de les photographier, sans arriver à avoir une photo nette. 

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Ils filent vers une haie à environ 400 mètres. J'observe alors mon brocard, ma flèche est plein cœur. Une masse mole de la taille d'un pamplemousse gonfle sa joue. Je m'apercevrais au dépeçage qu'il s'agit en fait d'un très gros abcès qui a creusé une cavité derrière son orbite.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

J'attache ses 4 pattes ensemble, le charge sur mon épaule puis remonte vers ma voiture alors que la nuit tombe.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Alex

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 20:14

Ce soir le temps est menaçant, en sortant du boulot, je pars chasser sur Labéjan. Sur la route, il commence à pleuvoir, en arrivant à 300 mètres de l'endroit où je me gare habituellement, j'aperçois 2 chevrillards qui sortent du bois à ma gauche et viennent vers la route. En apercevant ma voiture, ils font demi-tour et reviennent au galop vers le bois. Je ne ralentis pas et pars me garer puis je me change rapidement alors que la pluie s'est déjà calmée. Je reviens rapidement par la route vers les chevrillards, le vent souffle dans mon dos mais ils sont déjà à couvert quand j'arrive. Je quitte donc la route, j'escalade le talus du fossé puis pars à travers champ vers le bois qui domine les maïs. Je rejoins la bordure de ce dernier qui se poursuit par une grosse haie épaisse rejoignant un petit bosquet carré. Au niveau de ce bosquet, je profite d'une grosse coulée pour y rentrer. La pluie a mouillé le sol et ramolli les feuilles mortes ce qui me permet de traverser le petit bois sans trop de bruit, de plus les gouttes qui tombent des feuillages font pas mal de bruit et couvrent ma progression lente. Pas de chevreuil, je ressors dans un pré fauché et le traverse en biais pour rejoindre le coin rentrant du bois en L. Arrivé dans le coin, je rentre dans le bois par une grosse coulée et la longe doucement. A ma droite, le bois est assez dense et descend doucement vers le ru du déversoir du lac en amont. A ma gauche, il est assez clair et remonte vers la crête. J'observe le sous-bois en avançant tout doucement mais ressors de ce dernier dans un coin rentrant du bois qui borde maintenant les maïs sans avoir vu de chevreuil. Le vent s'intensifie et souffle vers moi, la pluie recommence à tomber également. Les conditions sont parfaites pour réaliser une approche.

Je descends vers le ru en longeant le maïs, rien dans le premier passage de canon, rien dans le second, rien sur la bande enherbée qui borde le ru. Je traverse ce dernier au coin du bois par un passage busé, rien de l'autre côté de la haie qui longe le ru, sur la bande enherbée qui borde l'autre parcelle de maïs. Je remonte donc en suivant la bordure du second maïs, je jette un coup d'œil rapide au trois passages de canon successifs sans succès de la bordure puis, après avoir jeté un coup d'œil sur le haut de la parcelle qui borde une parcelle travaillée, je fais demi-tour, hésite un peu puis décide de commencer par longer le passage de canon du milieu où j'ai fléché un pigeon colombin incapable de s'envoler le 5 octobre.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

La pluie s'intensifie, le vent fort se lève face à moi et je suis très vite trempé. J'ai fait à peine 40 ou 50 mètres dans le passage qu'un chevreuil surgit sur la droite du passage à environ 150 mètres devant moi. Je rentre rapidement dans le premier sillon de maïs à ma droite et commence à le remonter rapidement en profitant des conditions météo exécrables qui cachent totalement le bruit de ma progression.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Je surveille, en me penchant doucement entre les pieds de maïs à ma gauche, de temps en temps, le chevreuil qui semble vouloir venir vers moi. C'est un brocard, peut être celui vu et approché le 5 octobre dernier, au bord du bois, un peu plus loin.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres, je jette à nouveau un coup d'œil au brocard, il est toujours paisible, je reprends ma progression rapide et me repenche à environ 10 mètres de lui, il vient vers moi sur 2 mètres environ puis se tourne plein travers la tête à droite dans le maïs, j'avance d'environ 2 ou 3 mètres, me penche doucement à gauche pour tirer entre les pieds de maïs en armant mon arc et prends vite ma visée pour décocher. Ma flèche frappe le brocard en avant de l'épaule, trop en avant, j'ai tiré trop vite, un bruit de fracture retentit et le brocard sursaute en poussant un cri rauque. Il rentre dans le maïs dans un grand fracas avec ma flèche en travers et semble se débattre sur place puis démarre pour foncer à toute allure dans le sillon à ma droite et chuter juste à côté de moi en plantant son nez dans la boue. Il se débat un court instant au sol et s'immobilise. Heureusement qu'il n'a pas pris mon sillon car il m'aurait fauché au passage car tout s'est passé si vite que je n'aurais pas eu le temps de l'éviter.

Je pose mon arc dans le passage pour marquer la position de mon brocard et pars chercher ma flèche que je trouve brisée en 2 morceaux, 2 mètres après le tir dans le maïs.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Pas mal de sang est visible dès le départ du brocard malgré la pluie très forte.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Je retourne à mon brocard mort sur le flanc. Ma flèche lui a cassé les 2 pattes avant et n'a pas touché les poumons ni le cœur. Il est difficile de comprendre comment il pouvait courir aussi vite avec les 2 pattes brisées.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

J'appose mon bracelet puis le sors sur le passage pour faire quelques photos toujours sous une pluie battante. Je le traîne ensuite au bord du maïs coté route, le terrain trempé et argileux glisse et je peine à avancer. Je le laisse juste au bord du champ derrière le premier rang de maïs pour venir le chercher en voiture tout à l'heure. Le temps est idéal pour l'approche, je décide de reprendre ma chasse.

Je rejoins la route et repars vers la parcelle de l'autre côté du ru pour prospecter le long des passages de canon. Il me faut à chaque fois revenir à bon vent pour commencer mon approche et je dois contourner la parcelle pour démarrer côté bois. Des traces toutes fraîches de chevreuil me donne espoir dans le premier passage de canon mais leur propriétaire est introuvable. Une fois les 2 passages de cette parcelle faits, je retraverse le ru pour prospecter le passage le plus près du ru sur l'autre parcelle. J'arrive au bout sans rien voir, je décide donc de prospecter le dernier passage en haut de la parcelle mais je n'ai pas le courage de repartir en arrière pour attaquer à bon vent. Je remonte donc coté route le long du maïs, jette un coup d'œil sur le passage où j'ai fléché mon brocard sans rien voir puis poursuis ma route jusqu'au passage suivant et commence à le longer toujours sous une pluie assez intense. Très rapidement, un démarrage se fait entendre dans le maïs, à ma gauche, je fais rapidement demi-tour et me rends compte que le vent dans mon dos remonte un peu vers le haut du champ. j'ai dû être senti, je remonte au coin de la parcelle et aperçois une chevrette qui regarde vers moi, plein travers à 30 mètres environ dans le champ travaillé. Je suis à mauvais vent, elle m'aboie, je lui réponds, elle aboie à nouveau mais finit par démarrer, remonte vers la crête au galop et disparaît derrière le relief en se dirigeant vers la route. Je la vois réapparaître à 400 mètres environ dans le champ de colza vallonné de l'autre côté de la route alors qu’elle remonte après un creux du champ. Elle est plantée et ne bouge plus. Je décide de revenir dans le passage pour tenter d'apercevoir un autre chevreuil. J'avance doucement en surveillant les premiers rangs perpendiculaires au passage quand j'aperçois un chevrillard qui se débine dans une zone étroite d'herbes vertes, d'une 15ène de mètres de long, où le maïs n'a pas poussé. J'avance pour le suivre. Il bifurque pour remonter vers le haut du champ et s'arrête de cul à environ 12 mètres, j'arme mon arc et prends la visée mais je ne sens pas le tir et le chevrillard en profite pour repartir et disparaître dans les céréales. Je poursuis ma progression dans le maïs pour tenter d'apercevoir un autre chevreuil mais ne voyant rien je reviens à bon vent par le haut du champ mais le chevrillard ne se remontrera pas. La pluie s'est calmée, je suis complètement trempé et mes habits collent à ma peau et le frottement est assez irritant. 

Je remonte vers ma voiture par la route alors que la luminosité baisse rapidement pour tenter d'approcher un chevreuil de l'autre côté de la crête où le maïs a été presque totalement moissonné. Ne reste qu'une bande étroite sur la droite du bosquet que le maïs bordait des 2 côtés. Je passe la crête et me dirige vers ce reste de maïs. Je jette un coup d'œil sur le haut de la parcelle puis pars en longeant doucement le bosquet mais il fera vite nuit. Pas de chevreuil ce soir. En arrivant au coin bas de la bande étroite de maïs, j'aperçois 2 chevreuils sur la bande enherbée. Ils m'ont vu avant que je les vois et remonte vers le bois. Il fait presque nuit. Je les perds vite de vue, 4 autres chevreuils passe la crête longée par le chemin de terre et rejoignent les 2 chevreuils que je viens de voir mais il fait trop sombre pour que je puisse les voir sur le champ travaillé. Je retourne à ma voiture et pars chercher mon brocard avant de rentrer.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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