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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 12:37

Vendredi soir, en sortant du boulot, je passe rapidement à la maison pour prendre mes affaires préparées la veille et Hémo puis pars pour le Lot où je vais passer 2 jours à chasser le renard et le chevreuil chez Thierry qui m'a invité. Je commence par m'arrêter à Concots, chez Arnaud qui tient HAVA Archerie pour changer la corde de mon arc qui, après 2 ans de loyaux services et 2 séjours en Guyane, commence à être bien fatiguée. J'arrive chez Arnaud vers 20 heures et il se met rapidement au travail. La corde changée et mon arc reréglé, Arnaud m'invite à manger un bout avec lui et sa femme et je décolle vers 23 heures de chez eux pour arriver chez Thierry vers minuit. En route, j'ai croisé plusieurs renards. Je retrouve également Renaud avec qui Thierry était venu s'essayer à la chasse du chevreuil dans le Gers suite au gain de ce séjour de chasse à la tombola d'Archasse. Thierry habite en plein milieu des bois. Nous discutons un peu sur la terrasse en prenant un verre avant de décider d'aller nous coucher. La nuit sera courte car le réveil va sonner à 5 heures demain matin.

Ne trouvant pas rapidement le sommeil et m'étant réveillé plusieurs fois pendant la nuit, le réveil est un peu dur. Je me prépare rapidement avant de descendre retrouver mes collègues pour le déjeuner et le débriefing du matin. Un ami de la famille de Thierry, encore trop jeune pour avoir son permis de chasse va nous accompagner à la chasse durant ce séjour. Renaud est surexcité, il a dormi à la belle étoile et a été dérangé par des animaux pendant la nuit. Des chevreuils ont aboyé pas loin et un petit sanglier ou un blaireau est passé près de lui, le temps d'allumer sa lampe, il a juste vu son arrière train disparaître dans la végétation. Le déjeuner pris et les derniers préparatifs réalisés, nous partons à pied de chez Thierry qui habite en plein milieu de son territoire. Nous prenons tous les 4 un chemin forestier avant de former des groupes de 2 un peu plus loin. Thierry m'accompagne. Nous prenons un chemin forestier, la luminosité croit doucement, le temps est couvert. Nous nous arrêtons un peu plus loin pour observer une parcelle de luzerne à environ 100 mètres en contrebas du chemin. Une zone dégagée la précède en 2 parcelles de bois. Le bois de gauche est bordé par une petite plantation de grands noyers sous lesquels le sol est à nu. Nous avons donc une très bonne vision du secteur. Thierry repère un chevreuil aux jumelles dans la luzerne près du bois qui la borde en limite basse. Un lièvre traverse la zone dégagée et rentre au bois de droite. Nous décidons de tenter une approche, le vent est bon, nous longeons le bois de droite en essayant de rester silencieux puis au bout de 50 mètres, Thierry me laisse partir seul. Le chevreuil avance tranquillement vers la lisière du bois que je longe et passe derrière un gros tas de branches. J'en profite pour presser le pas mais le lièvre surgit du bois et part en trombe vers le chevreuil qui est encore à 60 mètres environ. Ce dernier relève la tête et me voit ce qui provoque immédiatement sa fuite vers le bois en aboyant. Je tente quelques appels aux Buttolo mais les aboiements s'éloignent et rien ne vient. Je remonte. Il m'a semblé que c'était une chevrette et demande confirmation à Thierry qui confirme mon impression. Nous reprenons le chemin en surveillant les zones dégagées sur ses côtés.

Pas d'autre chevreuil malgré quelques pauses pour appeler au Buttolo. Nous arrivons sur une route, Thierry appelle Renaud qui est surexcité, un beau brocard venu à l'appeau vient de lui passer au trot à 2 mètres et lui tourne autour. Nous décidons de le laisser chasser et partons de notre côté. Les pauses pour appeler s’enchaînent sans succès. Thierry décide que nous aurons plus de chance en nous séparant sur un secteur qu'il pense prometteur. Il me dirige vers un chemin de terre qui longe à droite d'une friche et un bois sur ma droite.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Thierry m’a dit que nous retrouverions au niveau d'un champ au bout du chemin, il part à ma gauche sur un autre chemin de terre de l'autre côté de la friche. J'avance doucement en essayant de ne pas faire crisser les cailloux du chemin puis bifurque pour rentrer un peu dans le bois en pente qui descend vers une grande parcelle de luzerne. Je tente d'appeler un moment mais rien ne vient et je retourne sur le chemin pour continuer à avancer. La friche fait place à un bois et le chemin est maintenant bordé sur ses 2 côtés par la forêt. J'avance doucement et aperçois un peu plus loin un lièvre assis sur le chemin.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Je m'approche doucement par le chemin, appareil photo à la main et arrive ainsi à environ 25 mètres du lièvre toujours assis mais qui m'a repéré.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Il finit par démarrer et s'éloigne rapidement en suivant le chemin. Je le perds vite de vue dans le virage. Un peu plus loin, le bois de chêne est assez clair sur ma gauche. Je décide de tenter un petit affût Buttolo. Ne voyant rien venir, je quitte mon poste et reprends ma progression sur le chemin. Peu à peu la bande boisée de droite se rétrécit et laisse apparaitre la luzerne au travers des branchages. Je cherche une tache rousse au milieu du vert quand des coups de Buttolo retentissent sur ma droite et rapidement des aboiements se font entendre et s'éloignent. Je comprends vite que Renaud n'est pas loin, il tente de faire revenir le brocard en aboyant et en jouant du Buttolo mais les aboiements s'éloignent rapidement et avec eux mes espoirs de voir un chevreuil dans cette luzerne qui me semblait prometteuse.

Un peu plus loin, le chemin débouche sur le champ en herbe annoncé par Thierry. Je n'ai pas pensé à demander à ce dernier où nous devions nous retrouver et je prends donc à gauche pour tenter de recouper son chemin forestier. J'avance tranquillement dans la prairie quand j'aperçois une chevrette et son faon qui passent le sommet de la butte du champ à environ 70 mètres. Le temps de prendre mon appareil photo, elle se tourne et me voit ce qui provoque sa fuite immédiate vers le bois à ma droite. Je me dirige vers l'entrée au bois puis m'avance doucement à couvert et tente des appels qui restent sans réponse. Je ressors donc du bois quand un coup de Buttolo retentit un peu plus loin à environ 40 mètres. En tournant la tête j'aperçois Thierry et le rejoins, il avance toujours sur son chemin de terre. Il vient de faire venir une chevrette au Buttolo à 10 mètres. Il décide que nous allons partir prospecter une autre partie du territoire de l'autre côté d'une grande départementale, nous traversons donc cette route un peu plus loin puis passons le long de bâtiments agricole pour rejoindre un chemin de terre qui longe des bois à droite et des parcelles ouvertes à gauche. En arrivant près d'une bande de bois de 20 mètres de large environ qui rejoint le chemin à gauche, nous entendons marcher dans les feuilles mortes et tentons d'apercevoir l'animal sans succès. Je m'avance doucement sur le chemin en surveillant l'intérieur du bois mais impossible de voir cet animal qui pourtant avance toujours. C'est peut être un merle. Arrivé au bout de la bande boisée, je me cale derrière quelques arbres qui longent le chemin. J'ai une bonne vision sur une grande friche entourée de bois et ponctuée de buissons. Au cas où, je tente quelques appels au Buttolo et très rapidement, un bruit de galop retentit dans le bois sur la droite de la friche. Une chevrette déboule dans la friche, je continue à appel en prenant mon appareil photo. Elle vient s'arrêter à 7 ou 8 mètres derrière les arbres qui me camouflent. Encore un appel et elle s'avance

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

et se plante à découvert, elle regarde vers moi et tente de m'apercevoir en baissant relevant alternativement la tête.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet
Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Au bout d'un moment, la chevrette se retourne et part au pas pour s'immobiliser à nouveau derrière les arbres qui me cachent. Je passe rapidement mon appareil photo en mode vidéo tout en redonnant un coup de Buttolo et commence à filmer au travers des feuillages. La chevrette se ravise et revient se positionner comme tout à l'heure et regarde vers moi un moment puis repart tranquillement derrière les arbres pour s'arrêter à nouveau et m'observer.

Pendant ce temps, Thierry s'est rapproché et je lui montre du doigt la chevrette qui finit par repartir d'où elle venait en aboyant. Elle aboiera un moment dans le bois alors que nous reprenons notre progression. Un peu plus loin, le chemin forestier fait un T et nous décidons de tenter de rappeler au Bottolo, Thierry pars se poster à genoux à gauche à environ 15 mètres de moi, plaqué contre le bois sur la droite du chemin alors que je reste au carrefour, contre le bois. Je commence à appeler et, rapidement, je vois que Thierry se prépare, je n'ai pas encore entendu l'animal mais visiblement quelque chose arrive, je cale mon appeau contre la poignée de mon arc pour pouvoir continuer à appeler même si j'arme mon arc et continue à appeler en le pressant contre mon arc par petits à-coups espacés. Thierry arme son arc et je stoppe un instant mes appels mais le temps passe sans qu'il ne décoche, je recommence donc à appeler mais brusquement, l'animal qui a vu ou senti quelque chose fait volte-face et s'enfuit pour traverser le chemin à environ 35 mètres après Thierry et s'enfoncer dans le bois de l'autre côté. Il m'a semblé voir une chevrette, Le chevreuil aboie rageusement en contrebas. Je reprends mes appels et les aboiements se rapprochent un moment mais finissent pas s'éloigner et nous décidons de quitter notre position pour continuer notre progression.

Plus loin, nous débouchons sur un petit chaume et, quelque peu déconcentré de notre chasse, nous discutons à voix basse quand, à 7 ou 8 mètres devant nous, un renard surgit de derrière quelques arbres qui bordent le chaume également délimité par une clôture à mouton. Il stoppe à découvert contre le grillage et Thierry qui l'a vu avant moi m'interpelle, immédiatement, je tente d'armer mon arc mais alors que je termine mon armement le renard déguerpit dans la friche arbustive de l'autre côté du grillage. Nous partons vite nous poster de l'autre côté du grillage derrière quelques buissons et je tente de le rappeler mais sans succès. Nous repartons et reprenons un chemin dans le coin gauche du chaume. Un peu plus loin, ce chemin descend vers un petit pré enclavé dans le bois et j'aperçois un renard au travers des branchages. Il est entrain de muloter, je le montre à Thierry et décide de tenter une approche. Je descends rapidement le chemin jusqu'à arriver près du pré et me poste derrière quelques buissons à la fin du chemin.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Le renard est à environ 80 mètres, je commence à appeler en posant mes lèvres sur le dos de ma main et en aspirant pour imiter un petit animal blessé. Immédiatement, le renard lève la tête et fonce vers moi, j'accroche mon décocheur et me prépare mais il arrive d'un pas décidé et ne semble pas vouloir s'arrêter, il est à 20 mètres, j'arme mon arc. Il passe devant moi à moins de 10 mètres et je le suis dans mon viseur mais il continue et prend le chemin pour monter sur moi et je comprends qu'il ne s'arrêtera pas, je le suis toujours dans mon viseur et décoche alors qu'il vient de face droit sur moi à environ 7 mètres. Ma flèche le traverse trop en arrière dans le dos et ressort dans la patte arrière droite. Le renard fait volte-face et part péniblement vers la bordure gauche du bois. Il vacille au ras du bois puis rentre dans la végétation qui s'agite, à 15 mètres de moi, un court instant sur place avant que le calme s'installe.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Je me retourne vers Thierry et lui fais signe que c'est bon mais de sa position il a pu voir toute la chasse. Ma flèche est plantée au sol à l'endroit du tir et je pars la récupérer. Elle ne porte quasiment pas de trace de sang.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Je remets ma flèche au carquois et pars vers l'endroit où j'ai perdu de vue le renard. Des taches de sang ponctuent sa trajectoire de fuite de façon espacées, si je n'avais pas vu la scène je ne serais pas si confiant pour la recherche.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Je retrouve mon renard à peine 1 mètre à l'intérieur de la végétation du bord du bois. Quelques photos souvenir avant de repartir en chasse.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Nous repartons par le chemin forestier et débouchons un peu plus loin sur un grand chaume de blé encerclé de bois. Thierry part se poster sur la droite de l'arrivée du chemin, contre le bois et je décide de tenter de me poster sur la gauche dans une petite cache, derrière les restes d'une vielle balle de foin, au milieu de buissons noirs. Le vent vient de ma droite. Thierry est prêt, j'attaque les appels en surveillant le chaume mais, immédiatement, un galop retentit dans les feuilles mortes, un chevreuil arrive à ma gauche mais le vent n'est pas bon, je tente tout de même le coup en espérant qu'il va sortir à découvert et me tourne vers lui pour tenter de l'apercevoir au travers des épines épaisses mais il me sent rapidement, alors qu'il est à moins de 10 mètres et s'enfuit. Nous nous dépostons rapidement et faisons demi-tour pour nous reposter un peu plus loin dans le bois et tenter de le refaire venir mais mes appels resterons sans réponse. Le temps qui était couvert et relativement frais laisse peu à peu place à un grand soleil et la température grimpe vite. Nous décidons de commencer à rentrer.

Nous repartons vers le chaume puis le remontons jusqu'à la route en crête. Un bosquet en long sur notre droite semble prometteur et nous y rentrons pour nous poster. Je me place au bord d'une petite clairière et Thierry se place à environ 15 mètres sur ma gauche dans un passage ouvert dans la végétation. Alors qu'il est en train de se positionner, j'entends aboyer un chevreuil à ma droite en bas du bosquet. Thierry posté, je commence à appeler et rapidement un chevreuil se rapproche en aboyant. Je finis par le voir passer à environ 40 mètres, dans le champ devant moi au travers des branchages, c'est une chevrette et son faon. Je continue mes appels et elle rentre dans le bois pour venir vers moi en faisant beaucoup de bruits mais arrivé à environ 15 mètres dans les épines, elle fait volte-face et repars en aboyant dans le champ et déguerpit en suivant le bois, suivie par son jeune. Cette fois, nous rentrons, il fait maintenant très chaud et nous retrouvons Renaud et son apprenti chasseur qui de leur côté ont vu des brocards mais n'ont pas pu en flécher un.

Ce soir, après un bon repas et une bonne sieste pour récupérer de la courte nuit précédente nous nous préparons pour repartir en chasse. Cette fois, nous partons tous les 4 en voiture pour un autre secteur. Nous commençons par nous arrêter en haut d'un beau secteur mais le vent n'étant pas favorable, nous décidons d'attaquer cette zone par le bas. Nous laissons Renaud et son apprenti près d'une zone de grands champs de blé puis partons nous garer un peu plus loin pour chasser de notre côté. Le sol grillé par le soleil de la journée est très craquant. Nous commençons par nous poster contre un bosquet pour tenter quelques appels de Buttolo mais rien ne vient et nous continuons. Plus loin, nous rentrons dans un bois clairsemé et dont le sol est couvert d'herbe encore verte. Le secteur semble prometteur et nous nous postons à 10 mètres d'intervalle pour tenter quelques appels mais ici aussi rien ne vient.

Nous quittons donc nos postes et descendons vers le pré en contre bas puis commençons à longer le bois sur la droite quand j'aperçois une masse sombre au bord du bois et arrête Thierry pour la lui montrer, nous l'observons un moment et comprenons alors qu'il s'agit d'un très gros lièvre et j'en aperçois même un second à peine visible contre le bois.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Nous reprenons notre progression contre le bois et finissons par être repéré, les 2 gros lièvres s'élancent et rentrent à couvert dans le bois de l'autre côté de pré. En arrivant au bout du bois, nous tombons sur un chemin de terre séparant ce bois du suivant, nous le prenons et remontons en suivant le muret de pierres blanches qui borde la gauche du chemin. Le bois de gauche fait maintenant place à une prairie, une haie qui borde le muret nous camoufle. Thierry qui est devant moi m'interpelle tout à coup, il a vu 2 autres gros lièvres. En m'approchant, j'aperçois le premier sur sa droite par-dessus son épaule.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet
Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Le second est plus à gauche près de la bordure du bois.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Nous franchissons le muret de pierres et faisons déguerpir les 2 lièvres puis nous longeons le bosquet de gauche qui se termine dans un chaume de blé. Nous avançons tranquillement, le long d'une petite haie qui fait suite au bosquet et sépare le chaume de la prairie dans laquelle nous progressons et apercevons encore 2 autres lièvres dans le chaume. La densité de ces animaux est assez importante dans le secteur.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet
Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Nous continuons et sommes assez rapidement repéré par les animaux qui s'enfuient en remontant le chaume. Plus loin, nous rejoignons une route et prenons à gauche pour la suivre à bon vent. En arrivant au coin d'un petit bosquet qui borde la voirie, Thierry aperçois un renard dans un petit chaume de blé, ponctué de balles rondes de paille, qui fait suite au bosquet. Il est à environ 90 mètres dans le coin du chaume près du bosquet et avance vers les herbes hautes qui bordent le fond du champ. Nous décidons de tenter de nous rapprocher un peu pour l'appeler. Le renard s'est assis dans les hautes herbes au bord du chaume, nous nous avançons un peu puis rentrons un peu dans le bosquet clairsemé et dont le sol est couvert d'herbes hautes pour nous poster à genoux. Je décide de laisser tirer Thierry et me poste plus en arrière et plus près du chaume que lui. Sur la droite du bosquet un troupeau de brebis broute tranquillement. Je commence à appeler tout en surveillant le renard mais ce dernier ne s'intéresse pas du tout à nous, j'insiste un moment quand un bruit me fait tourner la tête à droite. Un autre renard s'était rapproché à quelques mètres de Thierry qui regardait comme moi vers le premier renard et nous a vu avant de faire brusquement demi-tour et de s'enfuir. Je continue d'appeler mais il ne revient pas et son compère assis dans les herbes hautes ne veut pas bouger. Je décide de tenter une approche et commence à longer le bois en direction du renard, le sol est craquant et je dois avancer très doucement pour limiter le bruit de ma progression. Une balle de paille s'aligne rapidement entre moi et lui et me permet d'avancer à couvert mais alors que je ne suis plus qu'à 40 mètres environ du renard, ce dernier se décide à se lever et s'éclipse tranquillement dans les herbes hautes. Je m'agenouille et tente de nouveau d'appeler mais il ne vient pas. Je fais demi-tour et rejoins Thierry resté en retrait.

Nous reprenons la route et avançons encore un peu jusqu'à dépasser un autre bois qui rejoint la route après le chaume. Un grand chaume s'étend de l'autre côté et nous regardons un moment sans y voir le moindre animal. Une des habitations à environ 250 mètres, sur la gauche du chaume, est animée, les éclats de voix fusent autour d'un barbecue. Nous décidons de tenter d'appeler au Buttolo dans le bois et passons la clôture à mouton puis nous nous avançons dans le sous-bois clair couvert d'herbe pour nous caler un peu plus loin en décalé comme à notre habitude pour augmenter nos chance de tir. Je commence les appels et immédiatement, un galop retentit en contrebas devant nous. Je regarde Thierry sur ma droite et constate qu'il a également entendu l'animal. Je reprends mes appels et aperçois une chevrette qui passe à un peu plus de 25 mètres devant nous au pas de course. Je continue mes appels, elle biaise pour remonter vers moi en faisant des pauses pour regarder dans ma direction puis arrivée sur ma gauche, elle me contourne en se rapprochant toujours en marquant des pauses d'observation et en repartant à chaque appel. Elle finit par arriver à quelques mètres de moi derrière des arbres et alors que je me penche doucement à gauche pour la voir, elle m'aperçois et déguerpit.

Nous quittons notre poste traversons la route pour nous poster dans une friche arborée, derrière nous un petit bosquet et devant nous une bande de pré puis un bois. Je commence les appels mais rien ne vient nous nous remettons donc en route et traversons le chaume où nous avons vu les 2 derniers lièvres. Un autre gros lièvre se promène près du bois qui délimite le haut de la prairie séparée du chaume par une clôture barbelé et une haie de quelques arbustes chétifs. Nous passons la clôture et le lièvre s'enfuit puis nous traversons la prairie desséchée pour rejoindre un chemin de terre qui remonte dans le bois. Rapidement sur notre droite un passage s'ouvre sur un champ de blé moissonné pris dans le bois et nous apercevons 2 renards mulotant au fond du chaume. Nous nous positionnons rapidement à genoux derrière le léger talus et les quelques herbes qui bordent le chemin. Je suis caché derrière les arbres du coin droit du passage et Thierry est décale sur ma gauche en face du passage. Je commence à appeler et, immédiatement, le premier renard s'élance, il fonce sur nous, nous nous préparons mais il stoppe à 30 mètres et bifurque brusquement pour rentrer au bois sur notre gauche, je continue à appeler et le second renard arrive au galop mais il prend le même chemin que le premier. Nous nous sommes postés trop vite et n'avons pas pris le temps de réfléchir, le vent souffle dans notre dos. Un autre renard est sorti du bois tout au fond du chaume à environ 150 mètres, nous ne pouvons plus bouger sans être vu et je tente donc de l'appeler mais il ne se rapproche que de 10 ou 15 mètres puis se fige et ne veut plus bouger. J'insiste un bon moment puis nous nous redressons pour partir et faisons ainsi démarrer le renard qui rentre vite au bois.

Nous continuons à suivre le chemin et débouchons un peu plus loin sur une sorte de friche de végétation rase et desséchée ponctuée de petits ronds d'arbustes. Au-dessus se trouvent plusieurs habitations à environ 150 mètres. Thierry décide de se poster au coin du bois et je remonte un peu pour me poster derrière un gros rond d'arbustes sur la gauche du chemin. Des dizaines de lapins courent en tous sens dans la friche. Une fois posté, je commence mes appels au Buttolo mais au bout d'un moment j'arrête car rien ne vient et je décide de tenter des cris de souris. Des lapins se promènent tout autour de moi et les appels font déguerpir un lapin qui était caché tout près de moi dans les arbustes et d'autres dans la bande boisée derrière moi. Tous ces lapins font pas mal de bruit et il est difficile d'entendre arriver un chevreuil où un renard si on ne le voit pas. Au bout d'un moment, je quitte mon poste et rejoins Thierry qui me fait des signes. Il a entendu bouger quelque chose dans le bois et m'annonce qu'un renard est venu droit sur moi par le chemin de terre avant de faire demi-tour sans que je puisse le voir. Je me cale et reprends mes appels au Buttolo un moment mais rien ne vient.

Nous quittons notre poste et progressons dans la friche qui s'ouvre peu à peu vers le haut, une langue de friche ponctuée de petit ronds d'arbustes descend en se rétrécissant dans le bois en suivant un chemin de terre qui la coupe en 2 par la moitié. Je décide de descendre pour nous poster de part et d'autre du chemin de terre derrière des ronds d'arbustes. Une fois posté sur la gauche du chemin, je contrôle que Thierry, posté plus en retrait de l'autre côté du chemin, soit prêt puis je commence mes appels au Butollo. Rien ne venant, au bout d'un moment, j'arrête le Buttolo et commence des cris de souris pendant un moment mais rien ne vient et je quitte mon poste pour rejoindre Thierry et me rends compte en le voyant que quelque chose a dû se passer. Il m'annonce qu'en quittant mon poste et en arrêtant mes appels, j'ai fait partir un renard qui était arrivé tout près de lui. Nous continuons à suivre le chemin et nous apercevons que la bande de bois du bas et étroite et ouverte par un passage débouchant dans un champ moissonné. Thierry me laisse passer devant et je m'avance doucement dans le passage quand j'aperçois une chevrette et ses 2 petits. Elle me regarde à environ 70 mètres sur ma droite, près du bois, j'en informe Thierry qui ne peut pas les voir de sa position. La chevrette fuit rapidement en entraînant ses petits dans le bois où ils disparaissent. Je ne sais plus du tout retrouver la voiture mais Thierry m'annonce qu'elle n'est pas loin sur la gauche du champ. Nous partons donc vers elle et décidons de la prendre pour aller nous garer plus loin près d'un petit champ de maïs qui me semblait prometteur. En passant en voiture, nous apercevons une chevrette au gagnage dans le chaume près du bosquet où nous avons tenté d'appeler au Buttolo en quittant la voiture.

Nous nous garons prêt du petit maïs repéré à l'aller. Thierry me laisse passer devant et je pars me poster un peu plus loin en bordure de la culture. Un lièvre s'éclipse vers le bois à ma droite, séparé du maïs par une bande de pré de 30 à 40 mètres de large. Mes appels ne donnant rien nous revenons vers la voiture puis décidons de tenter d'aller voir un peu plus loin en longeant un chemin de terre qui quitte la route sur la droite de la route et descend vers une zone de cultures à sa gauche et une prairie à sa droite séparée du chemin par une haie. Nous surveillons les alentours sans voir de chevreuil. Le chemin amorce un virage à gauche et la haie de droite se perse d'un passage qui permet d'accéder à une grande prairie de luzerne séparée de la prairie que nous longions par une grande haie qui remonte vers la crête de la colline. Nous nous avançons dans le passage et en observant ce grand champ vallonné, j'aperçois tout au fond, un chevreuil en lisière du bois qui broute en longeant tranquillement les arbres. Alors que je le montre à Thierry, nous nous rendons compte qu'il y en a en fait 2. La luminosité commence à baisser rapidement. J'explique à Thierry qu'il faut que nous montions contre le bois en crête sur notre droite pour rejoindre le coin du bois à environ 150 mètres et tenter d'appeler au Buttolo. Il me dit qu'il va rester dans le passage de la haie et qu'il me laisse tenter ma chance, il ne me reste pas longtemps avant que la nuit tombe. Je remonte rapidement, voûté, en suivant la haie pour rejoindre le bord du bois en crête. Le relief me cache rapidement le chevreuil et j'en profite pour finir mon ascension au pas de course. Arrivé contre le bois, je le longe rapidement en surveillant les chevreuils qui n'ont pas beaucoup bougé et arrive comme prévu au coin du bois où je me poste à genoux contre la végétation. Devant moi, le terrain redescend dans une vallée qui prend à droite dans un chaume de blé. Les chevreuils sont sur le penchant opposé à plus de 300 mètres contre la bordure du bois. Je commence mes appels, le chevreuil de droite reste indifférent mais, rapidement, son collègue commence à venir vers moi au rythme des appels.

Il s'arrête régulièrement pour écouter et regarder mais arrive d'un pas décidé. Je commence à voir des pointes blanches entre les oreilles, c'est un jeune brocard. Il descend rapidement jusque dans la vallée puis longe le chaume, commence à ralentir puis commence à remonter tranquillement en faisant des pauses pour brouter. Mes appels ne semblent plus vraiment l'intéresser mais il se rapproche toujours pas à pas. La luminosité baissant, j'ai peur de ne pas pourvoir décocher quand il va arriver. Il n'est plus qu'à 40 mètres, mais commence à biaiser et se rapproche de moins en moins. Il finit par progresser plein travers à environ 25/30 mètres de la bordure du bois contre lequel je suis posté. J'ai espacé mes appels mais tente de garder son attention. Il lève parfois la tête mais ne semble pas plus intéressé et continue à avancer en parallèle du bois. Je pivote doucement sur mes genoux pour me positionner dos au bois et hésite, il est à plus de 20 mètres mais je ne le ferai pas venir plus près et le temps m'est compté. Je décide de tenter ma chance, j'arme mon arc mais au même moment, il décide de se tourner de cul et de descendre un peu sur quelques mètres. Je désarme et reprends mon Buttolo pour lancer quelques appels. Le brocard se retourne et revient se planter plein travers où il était tout à l'heure. Il baisse la tête et remet à brouter. Je réarme, vise un moment et décoche. Il m'a semblé entendre l'impact mais le brocard disparaît en un éclair en aboyant dans la pente.

Je me redresse rapidement et aperçois le brocard en contrebas, il aboie furieusement en regardant vers le sommet de la colline. Il ne semble pas touché. Je commence à aboyer pour lui répondre et la réaction ne tarde pas, il démarre pour décrire une boucle sur le penchant de la colline et remonter vers moi par ma droite mais, méfiante, il hésite à remonter aussi prêt. La nuit sera vite là et je décide de tenter de me rapprocher. Je me baisse et profite de sa position basse dans la pente pour approcher à 4 pattes sans qu'il ne me voit. Il devient vite inquiet et je tente quelques appels de Butollo mais il fait volte-face et part droit sur Thierry, vers le passage dans la haie. Je décide de laisser faire pour laisser sa chance à Thierry. Le brocard lui part droit dessus et je le perds un court instant de vue alors qu'il semble assez proche de Thierry puis le voit remonter vers le bois en aboyant et en suivant la haie que j'ai suivi pour monter à mon poste. Je tente de le recouper au pas de course en suivant le bois mais il traverse vite la haie et s'enfuit. Je redescends donc pour tenter de retrouver ma flèche mais sans succès. Thierry vient à ma rencontre et me raconte sa vision de la chasse. Il a armé et a eu l'occasion de tirer mais, avec la faible luminosité, il n'a pas vu les bois du brocard malgré les 10 mètres qui les séparaient et a donc décidé de ne pas tirer. Nous rentrons alors que la nuit s'installe et partons chercher nos collègues un peu plus loin avec la voiture. Ils sont bredouilles eux aussi.

Après une nuit plus longue que la veille mais encore un peu courte, le réveil sonne à 5 heures et je me prépare avant d'aller déjeuner avec mes collègues. Ce matin nous allons changer les équipes, c'est moi qui accompagnerai Renaud. Après le déjeuner et les discutions sur le lieu de la chasse, nous partons tous en voiture pour un secteur jouxtant le secteur chassé hier soir. Le jour se lève tranquillement alors que nous arrivons sur le site. Nous apercevons un renard dans un chaume sur la gauche du chemin mais nous ne pouvons pas nous arrêter dans le secteur sans être vu. Nous continuons donc pour nous garer environ 200 mètres plus loin, au bord de la route. Alors que nous sortons de la voiture, j'aperçois 2 chevreuils dans une très grande prairie sur la gauche de la route. Ils sont à environ 400 mètres mais nous ont vu nous garer et regarde vers nous un moment puis se tranquillisent et se remettent en mouvement et se suivent, très certainement un brocard et une chevrette. La chevrette s'éloigne mais une autre chevrette surgit d'un creux en friche faisant suite à une petite bande boisée partant du bord de la route. Nous nous préparons rapidement et je pars avec Renaud pour tenter une approche en suivant rapidement la route en direction de la bande boisée. Je progresse en tête en surveillant les chevreuils qui ne semblent pas très inquiets et nous arrivons assez rapidement au niveau de la bande boisée que nous dépassons pour commencer à la longer en direction des chevreuils. Nous avançons doucement en nous suivant. Arrivés au bout de la bande boisée notre approche se complique sérieusement et les chevreuils sont encore à environ 300 mètres au bout du creux en friche. Je décide de tenter des appels au Butollo mais le brocard ne réagit pas.

J'insiste et poursuis mes appels quand un mouvement sur ma droite me fait tourner doucement la tête. La chevrette qui s'était éloignée revient vers nous tranquillement. Je stoppe mes appels pour ne pas l'affoler et risquer qu'elle ne donne l'alerte. Elle avance tranquillement vers la friche en passant à environ 15 mètres devant moi. En la voyant, le brocard semble vouloir se rapprocher mais il part en fait vers la seconde chevrette restée au bout du creux de la friche.

La chevrette descend dans la friche et je finis par la perdre de vue derrière la bande boisée. Je décide de tenter une approche pour me rapprocher du brocard, je progresse à 4 pattes ou en rampant dans les hautes herbes sous la cassure de la pente en friche. Je progresse très lentement en observant les chevreuils au loin, la chevrette a disparu, je donne en avançant quelques appels au Buttolo mais les chevreuils ne veulent pas se rapprocher. Après avoir gagné 50 ou 60 mètres, la pente descendante m'expose à la vision des chevreuils, je tente des aboiements mais le brocard me regarde un moment puis, la chevrette s'éloignant, il commence à la suivre, mes aboiements le stoppe quelque fois mais la chevrette continuant d'un pas décidé, il finit par accélérer pour la rejoindre et passer tous les 2 derrière le sommet du champ et disparaître.

Je fais demi-tour et rejoins Renaud resté en retrait, nous retournons vers la voiture où nos collègues ont observé la scène. Thierry nous conseille de partir de l'autre côté de la route. Nous partons donc par la route vers le chaume où se trouvait le renard ce matin. En arrivant près du chaume nous ne le voyons pas et 3 gros chiens de la propriété sur notre droite se précipitent vers nous en aboyant. Nous sommes contents qu'un grillage nous sépare. Nous bifurquons à gauche et prenons une route qui remonte dans les coteaux. Nous pressons le pas pour ne pas réveiller tout le quartier car les chiens sont comme fous. Plus haut, la route longe un bois sur sa gauche et je décide d'y rentrer pour tenter quelques appels. Un petit passage descend dans le bois et rejoint une sorte de clairière sableuse, circulaire et sans arbres. J'hésite à me poster puis décide finalement de partir me poster avec Renaud sur la droite de la clairière mais en arrivant près des arbres, nous faisons démarrer un chevreuil qui nous a repéré. Nous nous postons rapidement contre les arbres et je commence à appeler tout en surveillant le sous-bois. Au bout d'un moment, le chevreuil, qui était revenu silencieusement au sommet du talus en face de nous, démarre en aboyant et j'ai juste le temps de l'apercevoir, sans pouvoir dire s'il s'agit d'un mâle, au moment où il repasse derrière le talus. Il s'éloigne en aboyant un moment.

Nous nous avançons dans le bois pour remonter vers l'endroit où se trouvait le chevreuil et trouvons une zone dégagée bordée par une bande épaisse qui surplombe un grand creux. Nous nous postons dans la bande de végétation épaisse et retentons des appels mais rien ne vient, nous décidons donc de continuer. Sur la droite du creux, il me semble qu'il y a un petit sentier de terre et nous nous dirigeons vers lui pour pouvoir avancer plus silencieusement que sur les débris de végétation très secs. Arrivé sur le sentier, je me rends compte qu'il s'agit d'une coulée de blaireaux, le secteur est miné de terriers et semble vraiment très fréquenté. Nous continuons en suivant une des belles coulées des blaireaux. Plus loin nous tentons quelques appels dans une zone de bois clair enherbé mais sans succès. Nous ressortons donc du bois un peu plus loin, près d'une ferme. Le secteur est envahi de lapins, où que se posent nos yeux, il y a un ou plusieurs lapins. Nous traversons la route, faisant fuir quelques lapins puis observons les alentours. Un pré nous sépare d'un bois en L en nous décidons de partir nous poster dans l'angle rentrant de ce bois pour tenter d'appeler. Nous avançons donc dans le pré quand, sur notre gauche, dans un creux du terrain où la végétation est plus haute, un animal démarre, du coin de l'œil, j'aperçois un cul blanc et pense à un chevreuil mais je me rends vite compte qu'il s'agit d'un gros lièvre. Nous rejoignons le coin du bois où rentre un chemin de terre. Renaud se poste contre le bois sur la droite du chemin et moi sur la gauche. Je commence à appeler et rapidement des aboiements retentissent.

Un chevreuil vient vers moi en aboyant et je finis par distinguer un jeune brocard, je continue mes appels. Il avance pas à pas toujours en aboyant en marquant de longues pauses observatoires. Petit à petit, il se rapproche tout de même jusqu'à environ 12 mètres mais ne cesse de regarder vers moi et je ne peux par armer mon arc que je monte tout de même doucement pour être prêt si besoin. Le brocard est toujours partiellement masqué par les troncs et ne dégage jamais sa zone vitale. Au bout d'un moment de cache-cache, il finit par devenir de plus en plus inquiet et fait demi-tour pour fuir à travers bois. Mes appels n'y changeront rien, il disparaît en protestant et ne reviendra pas. Nous décidons de nous déposter et de partir sur ses traces. Nous traversons ainsi le bois pour tomber sur une bande de friche que nous traversons pour rejoindre un autre bois en face. Le brocard aboie encore au loin. Nous rentrons dans le bois et longeons sa bordure à la recherche d'un poste pour tenter d'appeler. Des gratis au sol me font penser que le secteur est bon et nous nous postons. Je commence à appeler et immédiatement, j'aperçois des chevreuils, à environ 100 mètres sur ma gauche, qui viennent vers nous au galop. Je fais signe à Renaud qui est un peu plus en retrait et reprends mes appels. Une chevrette et ses 2 faons déboulent sur ma gauche et elle m’aperçoit aussitôt. Elle bifurque et s'arrête devant moi à moins de 10 mètres dans une zone de végétation épaisse avec ses jeunes. Mes appels ne la feront pas bouger et elle finit par faire demi-tour pour repartir d'où elle venait.

Nous nous dépostons, le soleil monte de plus en plus et la température grimpe vite, un peu plus loin nous faisons une pause au niveau d'une bande de bois coupée en repousse et décidons de nous poster pour retenter d'appeler. Renaud se poste un peu plus en avant que moi et aperçois un animal qui traverse un sentier qui monte dans le bois. Il me fait signe, nous nous postons rapidement et je commence à appeler mais au bout d'un moment sans que rien ne vienne, nous décidons de continuer. Plus loin nous traversons une bande de bois étroite pour rejoindre une friche entourée de bois. Nous nous postons sur un bord de la friche mais là encore les appels ne donnent rien. Nous repartons et rejoignons la route un peu plus bas. Nous la traversons et rentrons dans une très grande prairie entourée de bois. De nombreux lapins nous regardent arriver près d'un îlot boisé sur notre droite et de la lisière du bois de gauche puis rentrent les uns après les autres à couvert. Un peu plus loin nous tentons des appels en bordure du bois de droite sans succès. La prairie est pâturée par des vaches, peu de chance de voir un chevreuil à découvert. Nous tentons un dernier coin plus loin en rentrant un peu dans le bois mais là encore les appels ne donneront rien. Il fait maintenant très chaud et nous décidons de rentrer. Nous repartons vers la route.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Nous traversons le troupeau de vaches et prenons la route. En chemin nous ne résistons pas à retenter quelques appels dans un bois que traverse la route. Je me poste sur la gauche et Renaud à droite et je commence à appeler mais là encore rien. Nous reprenons la route et retombons sur un petit hameau. Thierry nous appelle et nous lui donnons notre position avant de l'attendre assis à l'ombre. Il ne tarde pas à arriver et nous voilà partis pour rentrer à la maison mais alors que nous passons devant le champ où se trouvaient les 3 chevreuils à notre arrivée, nous apercevons un renard entrain de muloter. Nous partons vite nous garer où nous nous étions garés ce matin. Nous sortons vite de la voiture mais c'est alors que j'aperçois des joggers qui arrivent droit sur nous, il faut faire très vite. Je me prépare rapidement et pars au pas de course me poster en bordure du champ. Je me prépare et m'apprête à appeler quand le renard s'enfuit en courant vers le creux de la friche. Mes appels n'y feront rien, il fonce se mettre à l'abri. En tournant la tête, j'aperçois les joggers qui passent devant le champ et qui viennent de faire fuir le renard. Cette fois, nous rentrons, je dois rentrer ce midi dans le Gers puis repartir ce soir pour le Tarn où m'attend un bracelet de tir d'été. Avant le départ, nous en profitons pour faire une petite photo souvenir des participants.

Chevreuils et renards lotois, merci Thierry, 11 et 12 juillet

Alex

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 22:54

Ce soir, un vent soutenu souffle enfin car depuis un moment l'approche sur terrain sec et craquant et sans vent est compliquée. De plus, les moissons sont en route et, très vite, il ne restera plus de blé où d'orge ce qui va encore compliquer l'approche car les chevreuils me verront de loin où seront invisibles dans les tournesols qui eux sont de plus en plus hauts. Je décide d'aller faire un secteur en limite du territoire où j'ai repéré quelques brocards. Je me gare au bord de la route, près d'un planton de vigne, me prépare et pars en suivant la route tout en surveillant les intervalles entre les rangées. Le vent n'est pas bon et souffle vers la zone que je veux chasser, je décide donc de faire un grand tour pour revenir chasser à bon vent. Il fait encore très chaud ce soir. Je longe un moment la route, la vigne a fait place à un très grand champ de tournesols que je longe un moment avant d'y rentrer. Je progresse entre 2 rangs sur plusieurs centaines de mètres tout en surveillant les alentours jusqu'à rejoindre une bande boisée qui vient de la route à environ 100 mètres sur ma droite. Les arbres font de l'ombre sur la culture, je commence à longer la bande boisée par le premier passage de tracteur. Les tournesols ne semblent pas mangés dans le secteur. Les arbres bifurquent à gauche et le les suis toujours, je progresse maintenant face au vent. J'avance doucement sur environ 400 mètres sans voir de chevreuil. La bande boisée qui s'élargissait petit à petit s'interrompt sur 30 mètres pour reprendre ensuite sous forme d'un bosquet en L d'environ 100 mètres de long et où j'ai vu un brocard le 6 juin.

Arrivé au bout de la bande boisée je commence à voir des tournesols mangés ou frottés et j'espère tomber sur le brocard du secteur. Je traverse le passage entre la bande boisée et le bosquet. Je rejoins le bosquet et le longe par la droite mais toujours pas de brocard, je traverse donc le tournesol et arrive en limite d'un chaume de blé et le longe en suivant les tournesols sur environ 300 mètres. Les tournesols s'interrompent alors qu'une haie commence à longer le chaume sur environ 200 mètres, je la suis par la gauche. Le chaume s'interrompt et laisse place à une bande de friche, la haie bifurque à 90° à gauche tout en suivant la friche. Je continue à suivre la haie et tombe sur un monticule de terre qu'un blaireau a déblayé à l'entrée de son terrier dans la friche près de la haie. Je traverse la haie de chênes un peu plus loin puis descends vers la route en contrebas à travers une autre friche. Arrivé à la route, je la suis en prenant à gauche, passe une résidence secondaire puis prends à gauche pour progresser dans une bande d'herbes hautes de 20 à 40 mètres de large coincée entre le bois à ma gauche et le chaume de blé de l'autre côté du fossé à ma droite. Le vent souffle face à moi, j'avance doucement tout en surveillant le secteur lors de pauses d'observation répétées car j'ai vu plusieurs chevreuils dans le secteur le 6 juin. Rien sur environ 200 mètres, je me rapproche d'une haie qui barre la prairie entre le bois et le fossé laissant juste un passage de quelques mètres au bord du fossé. Un chevreuil démarre dans le bois à ma gauche en aboyant, je l'entrevoie entre les branchages des premiers arbres, il biaise pour remonter vers le haut du bois à travers une grande friche entourée par les arbres.

J'avance tranquillement jusqu'au passage qui traverse la haie puis prends à gauche pour la suivre quand une chevrette démarre à quelques mètres de moi dans les herbes hautes pour biaiser vers le bois et disparaître. Je me fige contre la haie et décide de tenter quelques appels au Butollo que j'ai pris pour la première fois ce soir. Dès les premiers appels, un chevreuil surgit du bois et fonce vers moi en suivant la lisière. J'aperçois rapidement des bois, c'est un brocard, un six pointes pas très haut. Le temps de me rendre compte que je ne suis pas bien caché et de me baisser à genoux dans les herbes hautes, le bocard vient se planter à 12 mètres, sur ma gauche, plein travers. Il regarde vers moi un moment puis baisse la tête dans les herbes hautes, j'en profite pour armer mon arc. Il relève la tête, je reste en visée, le Butollo tenu sur la poignée de mon arc. Je tente d'appeler un peu mais il ne bouge pas. Il regarde un moment vers moi puis s'avance de 2 pas et baisse la tête pour renifler la végétation plein travers. J'en profite pour décocher, aucun impact audible, le brocard fait volte et repart sur ses traces pour rentrer au bois en aboyant comme un fou. Il s'arrête un moment pour aboyer à couvert puis repars en aboyant en remontant vers le haut du bois s'arrêtant plusieurs fois pour protester. Je vais contrôler mon tir dont je connais déjà le résultat, pas de sang à l'endroit du tir ni sur la trajectoire de fuite ni à l'entrée du bois. C'est manqué.

Je décide de changer de secteur, je reprends ma progression lente dans les hautes herbes sans voir d'animaux jusqu'à la route puis prends à gauche pour remonter vers les vignes au-dessus de la friche boisée à ma gauche. Je m'avance de quelques mètres quand un animal, très certainement un chevreuil démarre derrière des arbustes. Je me cale rapidement et tente de l'appeler un moment mais rien ne vient. Je me remets en marche et rejoins ma voiture au bout des vignes. Je pars me garer, contre les tournesols, sur le chemin de terre qui traverse l'Osse pour rejoindre le bois de Bourras. Je quitte ma voiture, passe le pont qui enjambe l'Osse, traverse le tournesol puis longe vers la droite la vielle Osse, la traverse un peu plus loin par la passerelle qui rejoint la palombière, passe cette dernière et ressort sur l'orge qui a été moissonnée. Rien en vue, je prends à droite, passe un passage dans la haie qui rejoint le bois de Bourras et celui qui remonte à ma gauche vers la limite du territoire de Courensan. La moissonneuse batteuse est entrain de battre l'orge du grand champ où j'ai fléché mon premier brocard de la saison. Sur ma gauche, à environ 70 mètres, j'aperçois une chevrette qui rejoint doucement le bois en glanant les grains laissés par la moissonneuse.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Je l'observe un moment puis décide de tenter de m'approcher un peu en longeant la haie mais au bout de 20 mètres, je provoque sa fuite rapide vers le bois.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Je continue à longer le bois et rejoins le petit lac en bordure du massif faisant décoller plusieurs milans noirs posés sur les grands arbres qui bordent le bois. Cet envol fait également plonger 2 ou 3 gros ragondins qui filent directement au terrier sans refaire surface. Je jette un coup d'œil sur le chemin couvert d'herbes hautes après le lac où je me suis déjà fait avoir 2 fois par un jeune brocard. Il n'est pas de sortie et je décide de traverser à travers bois pour rejoindre les vignes de l'autre côté. Je rentre donc dans le sous-bois et passe le ru qui alimente le petit lac puis me poste pour appeler un peu au Butollo. Rien ne vient, je me déposte et avance par les coulées dégagées pour limiter les craquements de brindilles et de feuilles mortes. Je m'arrête plusieurs fois pour appeler sans résultat puis ressors dans les vignes.

Je m'avance doucement entre 2 parcelles et surveille les intervalles entre les rangs perpendiculaires à ma progression à ma droite et à ma gauche. Pas de chevreuil mais alors que j'arrive au bout de la parcelle, j'aperçois, à moins de 40 mètres, un chevreuil massif, arrêté près de la vigne, sa tête et cachée par la vigne mais la largeur de son coup ne trompe pas, ça ne peut être qu'un brocard. Il s'avance et passe à couvert derrière la vigne. J'accroche mon décocheur et commence une approche rapide et silencieuse vers le coin de la vigne. Les 3 derniers rangs sont plus courts de 5 à 10 mètres et forment donc un biais. J'avance doucement en suivant le bout des rangs pour essayer d'apercevoir le chevreuil. Je finis par l'apercevoir, il est plein travers et regarde à l'opposé de ma position à environ 15 mètres. Je me fige, il repart et je le perds à nouveau de vue derrière la vigne, j'arme mon arc et m'avance jusqu'au dernier rang et me penche doucement. Il arrive vers le dernier rang de vigne et s'arrête plein travers avec la tête rentrée dans le rang. J'en profite, prends rapidement la visée et décoche.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Touché, le brocard gueule, se propulse entre les 2 premiers rangs et s'effondre. Il se débat au sol dans un grand nuage de poussière puis reprends une impulsion avec ses pattes arrière et traverse le rang suivant à la deuxième tentative. Comprenant qu'il y a un problème, je me précipite vers lui dans le troisième rang. Il est couché et tente de se relever sans y parvenir perdant beaucoup de sang. Me voyant, il parvient à filer au travers du rang qu'il vient de passer et part en se propulsant avec ses pattes arrière pour filer en passant les rangs dans de grands nuages de poussière. Je le suis le plus vite possible en passant sous les fils de fer qui tiennent les ceps et le rattrape 10 mètres plus loin, l'immobilise et l'achève.

Ma flèche lui a cassé les 2 épaules, c'est un vieux brocard qui ravale, son pelage est tout mité et laisse apparaître sa peau par endroit. Il semble très gros et accusera plus de 31 kg à la pesée. Je pose mon arc avec mon brocard et pars chercher ma flèche. Je retrouve le côté empennage à l'endroit de la première chute du brocard au milieu d'une grosse tache de sang.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

L'autre partie est restée appuyée contre la vigne au niveau du premier rang où le chevreuil a cassé ma flèche restée en travers de ses épaules. Le feuillage est marqué de grosses taches de sang.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Me flèche récupérée, je retourne à mon brocard pour quelques photos souvenir.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

J'attache les pattes de mon chevreuil et le charge sur mon épaule pour rentrer. En arrivant au coin du bois sur ma droite, j'aperçois un chevreuil couché à 120 mètres environ, près d'une balle ronde de foin. Je pose mon chevreuil et m'approche du coin du bois et tente des appels au Buttolo alors que le chevreuil s'est levé. C'est une chevrette, elle regarde vers moi sans bouger et mon appareil photo n'arrive pas à faire la netteté.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Je recharge mon brocard sur mon épaule et finis de rentrer à la voiture, la nuit tombe, il est temps de rentrer.

 

Alex

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 10:56

Ce matin, le réveil sonne à 4h30, le temps de me préparer rapidement et de déjeuner un peu, me voilà parti avec Hémo qui ne tient pas en place et veut venir avec moi. En route, un renard traverse dans mes phares sur la route de Barran. J'arrive sur place vers 5h40, Je me gare sous 2 gros noyers, en face du hameau du Carreté, pour que la voiture reste à l'ombre pour Hémo qui va m'y attendre. Le jour se lève doucement, le temps est couvert, je me prépare rapidement et pars par la route qui descend vers le ruisseau en contrebas. La route serpente en descendant, dans un virage à gauche une bande boisée est percée d'un passage qui débouche sur une prairie où j'ai vu un brocard accompagné d'une chevrette, à cette heure-ci, la dernière fois que je suis venu chasser ici. J'avance donc doucement pour arriver en bordure du passage. La petite prairie en contrebas a été fauchée et le brocard est couché en plein découvert à 60 mètres environ. Il regarde vers moi, j'ai certainement fais du bruit en marchant sur la route couverte de graviers qui crissent sous les pieds. L'approche est impossible mais je tente tout de même le coup, comptant sur la luminosité encore faible. J'avance tout doucement pour traverser le passage et me coller à la haie qui borde la droite de la prairie et rejoint la bande boisée qui la ferme. Alors que j'arrive au milieu du passage, le brocard, qui ne m'a pas quitté des yeux se lève, démarre, fait 20 mètres vers la bande boisée, s'arrête et regarde vers moi puis se met à aboyer avant de redémarrer. Je lui réponds mais il rentre à couvert où il continue à aboyer.

Je reprends ma progression sur la route, sur ma droite un tournesol encore très bas me donne une visibilité correcte, saur ma gauche, une haie épaisse me cache le champ de blé qui fait suite à la prairie. Arrivé au bout de la haie, la vue se dégage et je constate que le blé a été moissonné, l'approche va devenir de plus en plus compliquée car depuis un moment, il ne fait pas ou presque pas de vent et le sol très sec craque sous les pas. Le brocard recommence à aboyer en s'éloignant. Pas d'animaux en vue, j'arrive au ruisseau qui est couvert par une bande boisée. Je jette un coup d'œil de l'autre côté et aperçois la silhouette d'un chevreuil couché à environ 70 mètres dans le chaume de blé. Je ma baisse et avance à 4 pattes dans la végétation haute qui borde le fossé de la route puis tente de traverser le fossé mais le chevreuil se lève. C'est une chevrette, je me redresse et m'avance pour longer le ruisseau, elle démarre pour rejoindre le bois qui surplombe le chaume à ma droite. Elle fait une pause pipi et me regarde un instant à 10 mètres de la bordure du bois puis repart et disparaît dans le bois. Je longe un moment la bande boisée du ruisseau jusqu'à un passage à gué où elle s'interrompt sur 20 mètres environ. Je traverse le ruisseau pour jeter un coup d'œil sur le grand chaume de l'autre côté. Pas d'animaux en vue. Je reviens donc par l'autre côté du ruisseau pour rejoindre la route. Un lièvre assis me regarde arriver dans le chaume à 30 mètres de la route puis démarre et remonte vers le sommet du champ avant de bifurquer à 90° pour passer à environ 100 mètres parallèlement au ruisseau. Je continue, arrive à la route puis la traverse pour longer à nouveau le ruisseau maintenant bordé par un champ de tournesol. J'ai à peine fait 20 mètres qu'un chevreuil se lève dans une bande d'herbes hautes qui borde la bande boisée qui suit le ruisseau. L'animal traverse la bande d'arbres et disparaît rapidement.

De nombreux pieds de tournesol ont été en partie mangés par les chevreuils. Je longe doucement la bordure des tournesols en cherchant du regard les chevreuils mais j'arrive à une haie perpendiculaire au ruisseau. Je la traverse par un passage d'animaux très fréquenté et débouche sur un champ de blé. Je continue à progresser le long du ruisseau sur une bande enherbée fauchée en regardant la surface du blé pour tenter d'apercevoir dépasser une tête.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Pas de chevreuil en vue, le champ d'orge qui faisait suite au blé a été moissonné. Je continue à avancer quand j'aperçois une chevrette qui regarde vers moi à environ 100 mètres, juste en bordure du blé, sur le chemin enherbé qui sépare le blé du chaume d'orge.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Je continue à avancer sans me cacher mais la chevrette reste immobile et m'observe toujours. Alors que j'arrive au bout du champ de blé, j'aperçois quelque chose bouger dans la végétation du chemin et me rends vite compte qu'il s'agit d'un faon. Il sautille inconscient près du blé et semble brouter par moment.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Je les observe un moment puis continue à avancer, la chevrette démarre et remonte le chemin sur 30 mètres puis s'arrête alors que le faon qui n'a pas compris est parti en sens inverse droit vers moi. Il fait environ 15 mètres puis s'arrête, regarde autour de lui et finit par voir sa mère derrière lui et remonte la rejoindre. Tous 2 partent ensuite au galop en longeant au-dessus du blé.

Je continue ma chasse quand j'aperçois une tache sombre allongée dans le chaume à environ 300 mètres. Je la fixe en pensant qu'il s'agit peut-être d'un chevreuil couché quand il me semble voir une tête se relever puis se rebaisser. Je me rapproche vite du bord du ruisseau pour dissimuler la silhouette contre les arbres. Le ruisseau fait un virage à droite et me permet d'avancer à couvert mais je perds de vu l'animal un moment. Arrivé au bout du virage, je marque une pause d'observation mais l'animal a disparu. Tout à coup, je l'aperçois à nouveau alors qu'il fait un bon, c'est un renard qui chasse dans les andains de paille. Je m'avance un peu et trouve un passage pour traverser le ruisseau et me poster dans les arbres de la berge opposée. Ce poste me donne une bonne visibilité sur le chaume et une belle fenêtre de tir devant moi. J'enlève mon carquois et le pose à terre à ma gauche appuyé sur une petite branche.

Je commence mes cris de souris avec mes lèvres posées sur le dos de ma main. Malgré la grande distance, le renard réagit immédiatement et fonce vers moi. Je me rends alors compte que quelques branchettes me gênent et je les casse. Un animal démarre à ma gauche au même moment et plonge dans le ruisseau. L'eau est agitée d'un remous et je pense à un ragondin. Je reprends mes appels alors que le renard s'est arrêté à 150 mètres, ses oreilles braquées vers moi, Le renard redémarre mais bifurque à 90° pour partir vers le ruisseau. C'est alors qu'un mouvement attire mon regard, un vison d'Amérique noir nage juste en dessous de moi puis bifurque et escalade le talus pour venir vers moi. Il s'arrête à 1 mètres environ et me renifle, me présentant la tache blanche de son menton puis fait demi-tour et longe un peu la berge sur ma droite et s'arrête à nouveau pour humer l'air. Je cherche le renard du regard au travers des branchages sans arriver à le voir. Je reprends mes appels, le renard réapparaît, il vient droit sur moi en longeant le ruisseau. Le vison lui est juste à mes pieds et cherche toujours la provenance du bruit. Le renard arrive d'un pas décidé, il n'est plus qu'à 20 mètres, j'arme mon arc, il s'arrête à 7 ou 8 mètres sur ma gauche mais la fenêtre de tir entre 2 troncs de frêne est limitée. Le vison me tourne toujours autour. Je décide de laisser avancer encore le renard mais il décide de bifurquer et descend dans le ruisseau, saute sur un tronc courbe couché sur le ruisseau et court dessus pour foncer sur moi. Il va trop vite et je ne peux pas l'aligner dans la végétation. Il saute du tronc et percute mon carquois, à 1 mètre sur ma gauche, qui retombe 2 mètres plus loin devant moi faisant fuir le vison. Le renard qui s'est fait peur tout seul fait vite demi-tour et retraverse le ruisseau pour partir au galop en le longeant. Il s'arrête à 30 mètres et regarde vers moi, je tente de le rappeler mais il repart et disparaît.

Je viens de vivre un moment magique et n'en reviens toujours pas. Je quitte mon poste et retraverse le ruisseau pour continuer à le longer. Au bout du chaume de blé, un gué permet de traverser le ruisseau pour accéder à un chaume de blé. Le renard est là à 200 mètres de moi et 30 mètres de la bordure du bois. Je me serre dans la végétation du bord du ruisseau et tente de l'appeler à nouveau mais il ne se fera pas avoir 2 fois et continue sa chasse sans s'occuper de moi. Je décide de continuer car l'approche est impossible. Dès que je suis à découvert, le renard regarde vers moi puis file dans le bois. Je longe un chaume de blé par la droite pour arriver dans une zone de vignes. 2 parcelles sont séparées par un chemin enherbé que je commence à suivre tout en regardant alternativement à droite et à gauche entre les rangs de vigne. J'aperçois rapidement un gros lièvre à ma gauche, il broute en boule, je continue. Quelques rangs plus loin, j'aperçois furtivement un arrière train de chevreuil qui traverse un rang de vigne à contre sens de ma progression. Je fais donc demi-tour pour tenter de l'apercevoir, j'avance doucement d'un rang à l'autre quand je l'aperçois au 3ième rang. C'est une chevrette, elle est à 60 mètres environ, je la suis un peu en longeant la vigne pour la photographier mais elle presse subitement le pas et je n'arrive pas à la prendre en photo entre les rangs. Je la laisse partir et reprends ma progression en surveillant les rangs. Un peu plus loin, j'aperçois furtivement un animal passer à 100 mètres, au bout des rangs de vigne. A la démarche, il m'a semblé reconnaître un lièvre. J'avance pour l'apercevoir à nouveau et confirme mon impression, c'est un lièvre.

En progressant au milieu des vignes, je finis par déboucher sur un chemin de terre et commence à le suivre en direction d'un champ de blé en long qui s'élargit pour finit entre 2 bosquets, un en crête à gauche, un couvrant le basfond et remontant vers les vignes à droite. J'aperçois une tête de chevreuil dans cette parcelle de blé que je surplombe. Je me fige, c'est un brocard, je réfléchis vite à la meilleure façon de l'approcher quand une seconde tête apparait derrière la première, c'est la chevrette. Sa présence va encore compliquer l'approche. Les têtes disparaissant dans le blé, je me décale rapidement sur la droite du chemin dans une friche retournée où le sol souvent à nu n'est pas trop bruyant. Je me positionne ainsi hors de vue des animaux car une haie qui rejoint le bosquet fait écran. Je progresse ainsi doucement pour ne pas faire trop de bruit et rejoins le bout de la haie sans voir les animaux. Je me cale au bout de la haie pour observer un instant et constate que les animaux sont remontés et se dirigent vers le bord du blé qui débouche sur une zone de terrain nu. Je suis en difficulté, les chevreuils baissant la tête dans le blé, je tente de m'avancer à découvert sur une bande de prairie fauchée de 35 mètres de large pour rejoindre le bord du blé. Le relief du terrain fait que le brocard en tête est passé dans un creux et ne peux plus me voir mais la chevrette en retrait lève la tête. Je me fige accroupi en boule, elle regarde un moment vers moi puis devant elle le brocard et se tranquillise, elle avance et passe elle aussi dans le creux.

Je me relève et pars vite vers le bord du blé puis le suis rapidement en direction du chemin de terre tout en surveillant les animaux mais je suis toujours hors de leur vue. Arrivé au chemin, je le longe et rejoins une parcelle de vigne qui borde le blé sur environ 50 mètres. Le relief du terrain me cache toujours les chevreuils, je commence à suivre le bas des rangs de vigne quand j'aperçois le dos et la tête basse de la chevrette, elle remonte vers le haut de la vigne, le vent descend vers le blé. Je décide de tenter de remonter le rang de vigne devant lequel je me trouve pour tenter d'intercepter les animaux plus haut mais le relief du terrain ne me permettait pas d'apprécier la longueur de cette vigne qui fait plus de 100 mètres. Je décide de continuer tout de même, le sol jonché de fragments de sarments est craquant et je ne peux pas avancer trop vite si je veux rester discret. Arrivé au bout de la vigne, je longe à nouveau à 90° des rangs pour rejoindre le coin de la parcelle. Le relief du terrain ne me permet pas de voir les animaux, je longe doucement la vigne pour redescendre vers le blé. Arrivé au milieu de la vigne, j'aperçois la chevrette qui redescend vers le blé, je n'aurais pas dû monter. Je passe derrière le premier rang de vigne et continue à descendre doucement quand j'aperçois le brocard. Tout à coup, alors que je suis encore à 70 mètres de lui, il lève le nez, le vent ne semble pourtant pas aller vers lui mais il devient inquiet, regarde la chevrette puis fonce dans le blé et je perds les chevreuils de vue dans le creux du terrain. Je descends rapidement au fond de la vigne et vois les animaux qui se sont arrêtés au milieu du blé à 150 mètres environ.

Ils repartent, le brocard remonte en aboyant vers le bosquet de gauche et la chevrette part en descendant vers le bosquet du bas. Je traverse le blé pour longer le bosquet du bas un moment alors que la chevrette traverse à grands bons puis remonte vers le coin de bosquet de crête alors que le brocard aboie toujours. Je passe au-dessus du bosquet longé par des tournesols, plusieurs pieds de tournesol ont été pelés par les bois d'un brocard. Le brocard aboie toujours plus en avant. Je passe une haie perpendiculaire au bosquet et débouche sur un grand champ d'orge. Pas de brocard en vue, je pars vers le Hameau du Carreté puis longe la route pour retomber à ma voiture. Je décide de faire un petit tour dans les grands chaumes de blé avant de changer de secteur. Je longe entre les vignes et un bosquet puis tombe au coin d'un chaume. Pas de chevreuil, je descends vers une habitation en rénovation puis la passe et débouche sur le haut des grands chaumes de blé. Une bande de bois descend dans le chaume, je biaise vers le bout de cette dernière puis observe derrière. Une tache blanche en bordure du bois en contrebas attire mon regard, c'est un chat, il regarde vers moi. Pas de chevreuil en vue, je traverse le chaume pour rejoindre un chemin forestier qui démarre près du chat. Un très gros lièvre part dans mes pieds, son oreille gauche est en lambeaux. Il lève et baisse les oreilles en détalant. Le chat rentre dans le bois. Je rejoins le chemin forestier puis le longe et débouche sur une clairière surmontée d'une résidence secondaire, je longe le bas de la clairière et débouche sur une zone humide piétinée par les sangliers et couverte de souille au bord du haut du très grand chaume de blé. Un coup d'œil aux alentours, pas de chevreuil, je redescends donc vers le ruisseau. Une chevrette surgit du haut du chaume, de la bande boisé le séparant de la clairière et rentre au bois un peu plus loin.

Je décide de revenir à la voiture et de changer de secteur. Mon téléphone vibre, ma compagne veut que je la rappelle, il y a peu de chance qu'un chevreuil soit de sortie dans le secteur. Je la rappelle en rejoignant le ruisseau puis discute avec elle tout en longeant le cours d'eau quand une masse me fait stopper net. J'averti ma compagne que je vois un chevreuil mais je me rends compte qu'il s'agit en fait d'un très gros renard à 150 mètres devant moi, nous coupons la conversation mais il m'a vu et file vers le bois. Un gros lièvre est campé comme ce matin près de la route. Je me cale à genoux dans la haie au bord du ruisseau et tente des cris de souris mais c'est le lièvre qui vient, pas le renard. Je me redresse et fais partir le lièvre venu à environ 45 mètres. Je rappelle ma compagne et retourne vers ma voiture. Un chat noir est couché là où était le brocard ce matin dans la prairie fauchée. Hémo est content de me voir revenir et me fait la fête, le temps est toujours gris, il est environ 9h, je décide de partir chasser sur le secteur de Bourras où nous organisons chaque année la battue des archers. Je me gare au bord de la route, sur un petit parking contre un bois pour être à l'ombre au cas où la chasse s'éterniserait puis je pars par la route un moment avant de prendre à droite et de prendre en bordure d'une parcelle de tournesol en traversant le fossé de la route. Des pieds de tournesols sont mangés de frais. Je rejoins le bord de l'Osse puis longe la bande enherbée entre la rivière et les tournesols. Pas de chevreuil, je rejoins un petit pont qui me permet de traverser l'Osse. Je continue à longer les tournesols par l'autre rive jusqu'à une plantation de peupliers, je continue à suivre les tournesols et rejoins le bord de la Vieille Osse qui serpente et borde le bois. Je la suis jusqu'à un ponton qui l'enjambe pour rejoindre une vielle palombière que je traverse pour ressortir de la bande boisée sur un champ d'orge. Pas de chevreuil, je prends à droite pour rejoindre la bordure d'un grand bois qui remonte vers le territoire de Courensan. Je passe une haie qui descend du bois. Pas de chevreuil dans le grand champ d'orge où j'ai fait mon premier brocard de la saison.

Je commence à suivre la droite de la haie en direction du bois. Une tête dépasse de l'orge au loin sur ma droite, c'est certainement la chevrette vue à cet endroit le soir où j'ai fléché mon premier brocard de la saison. Je la laisse et continue. Je longe maintenant le bois et rejoins la bordure d'une grande mare encastré dans la bordure du bois. J'aperçois vers le bout de la mare, contre la berge opposée dans une zone dégagée de végétation un gros ragondin. Il commence à descendre vers l'eau et s'arrête. Je change ma flèche pour une équipée d'une vieille lame. Je m'approche doucement pour me positionner en face de lui mais alors que je suis prêt à armer, le ragondin se coule dans l'eau et se cale sous un creux de la berge, partiellement caché par une grosse racine. Seule sa tête et son dos dépassent de l'eau, il est à environ 15 mètres. J'arme doucement, vise la tête et décoche. Le ragondin touché en pleine tête est séché net. Impact cassant très bruyant a réveillé le jeune brocard du secteur qui était couché sur le chemin couvert de végétation en bordure du bois. Il a redressé la tête et regarde vers moi, j'encoche doucement une flèche mais il se lève et rentre dans le bois. Je m'avance tout doucement mais en arrivant là où je l'ai vu disparaître, je l'entends démarrer. Je regarde au travers des branchages et le vois s'arrêter de cul à environ 45 mètres dans le bois. Je l'aboie mais il hésite un peu puis se débine et disparaît. Je rentre donc dans le bois pour aller chercher mon ragondin et le retrouve grâce à ma flèche qui dépasse de sous la berge.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Après avoir pris une petite photo de ma prise, dans le bois, près de la mare,

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Je repars à travers le bois vers le champ d'orge au-dessus de la palombière. Je pose mon ragondin que je récupérerai tout à l'heure au bord du bois puis pars en longeant le bois vers une prairie fauchée ponctuée de balle ronde de foin pour remonter vers les vignes qui bordent la gauche du haut du grand bois en limite de Courensan. Pas de chevreuil dans le secteur je pars donc vers un autre secteur de vigne et tourne autour des parcelles pour tenter d'apercevoir un chevreuil entre les rangs. Toujours rien, je redescends vers la route en contrebas en longeant le grand chaume d'orge. Toujours rien, les silos de Roques sont en pleine activité en cette période de moisson. Des camions sont entrain de charger des céréales.

Je traverse la route et prends un chemin de terre, entre 2 parcelles de blé, qui part vers une passerelle métallique qui enjambe l'Osse. Tout à coup, une poule faisane décolle à ma droite et me fais sursauter avant d'aller se reposer dans le blé. Arrivé au bord de l'Osse, je la longe sur la bande enherbée qui la sépare du blé. J'avance tranquillement quand j'entends plonger un ragondin, je ne le vois pas remonter et continue quand l'eau s'agite devant un terrier de la berge opposée. Arrivé au bout du blé, je reviens vers la route à travers une friche épaisse. De nombreuses couchettes de chevreuils et des zones couchées par les sangliers ponctuent la friche. Je rejoins une mare où j'ai vu des ragondins un soir de la semaine. Un gros saule pleureur couvre le départ de la mare, je contourne ce gros arbres quand j'aperçois plusieurs ragondins s'éloigner en longeant la berge de droite, un moyen et 4 petits. Je m'approche tranquillement, un retardataire se met à l'eau et suit la famille quand j'aperçois un autre petit ragondin qui est resté sur la berge à environ 8 mètres. J'arme, vise la tête et décoche. Ma flèche atteint le ragondin où je visais et ce dernier sursaute à peine à l'impact se retrouvant pendu au-dessus de l'eau sur ma flèche fichée dans la berge. Je pose mon arc et pars chercher ma prise.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Des remous agitent encore la mare un peu plus loin, je fais le tour par l'autre berge et aperçois une jeune poule d'eau qui remonte sur la berge et un petit ragondin calé contre la berge. La flèche sera impossible à récupérer, je ne tire pas et repars chercher mon premier ragondin. Il est bientôt 11 heures, il est temps de rentrer. Je reprends la route puis pars à travers champ. Des pieds de sangliers datant de la dernière pluie ont marqués le sol en tous sens (certains sont tout petits, il doit y avoir des marcassins) entre les petits pieds de tournesol à peine levés. Je traverse la vielle Osse au coin du bois, la longe sous les peupliers et ressors dans les tournesols pour rejoindre la palombière et récupérer mon ragondin.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Sur le retour, alors que je vais passer le pont de l'Osse, j'aperçois une grosse tache rousse contre la rivière et quelque chose bouge derrière, je pose mes ragondins, le vent s'est levé et souffle fort face à moi. Je décide de tenter l'approche derrière le premier rang de tournesol mais, l'animal fais volte-face et rentre dans les tournesols tranquillement, c'est une chevrette suitée de son faon. Je récupère donc mes ragondins et rentre à la voiture.

Hémo commençait en avoir marre, nous rentrons, sur le retour une chevrette mange tranquillement dans les blés de Saint Jean Poutge. En arrivant à la maison Hémo est tout fier de m'aider à décharger mes prises et s'emporte le petit ragondin pour le manger. Je vais garder le gros pour des personnes qui m'ont commandé 4 ragondins pour les manger.

Le vison, le renard et... les ragondins, 27 juin 2015

Alex

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 05:57

Ce soir, je retourne chasser autour de chez le président de la chasse. Il fait très chaud et le vent ne souffle pas ou presque pas, depuis plusieurs jours, les températures sont très chaudes et tout est sec. Le sol est très craquant et sans vent les approches sont assez compliquées. Je me gare, vers 19 heures, près du petit château d'eau puis descends par la route vers le champ de blé de gauche.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Arrivé au bout du bois qui longe les 2 côtés de la route, je remonte le talus de droite et jette un rapide coup d'œil sur le secteur. Rien en vue, je fais demi-tour et traverse la route pour rentrer, en face, dans l'autre champ de blé par le passage de tracteur. Je fais une pause pour observer les alentours. Pas de chevreuil en vue.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je suis tranquillement le passage de tracteur qui suit le haut du champ, près du bois, tout en surveillant la surface des céréales.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

J'ai décidé d'aller me poster un moment au bord du bois en contrebas, en bordure de la luzerne qui suit le blé, d'où sort tous les soirs et tous les matins un brocard.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

J'aperçois maintenant la luzerne dans le fond et tente d'apercevoir une tache suspecte au milieu du vert mais le brocard ne semble pas encore sorti.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je continue à avancer et passe au-dessus de la petite friche terminée par le gros bout de haie. La chevrette coutumière du secteur n'est pas de sortie. Je biaise pour prendre un passage de tracteur qui passe plus près de la friche et avance tranquillement jusqu'au coin de la friche, au bout de la haie où je fais une pause d'observation. Toujours pas le moindre chevreuil en vue.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je continue à suivre le passage de tracteur et rejoins la bordure du bois en bas du blé et la longe en direction du coin du bois, à la limite du blé et de la luzerne. J'avance tout doucement quand une chevrette surgit du blé à 5 mètres, juste en bordure du bois devant moi et se débine pour rentrer à couvert sans un bruit. Heureusement que ce n'était pas le brocard car je n'aurais rien pu faire.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je continue à descendre tranquillement vers l'angle du bois ou je tombe sur un rond de plumes de geai. Cet oiseau a dû faire les frais d'une attaque d'autour ou d'épervier.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je m'arrête un instant au coin du bois pour jeter un coup d'œil à la luzerne où se trouve souvent le brocard que je cherche mais il n'est pas de sortie ce soir.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Ayant remarqué qu'il sort et rentre souvent du bois sur les 100 premiers mètres après l'angle du bois, je décide de tenter de me poster un moment à l'intérieur du bois juste en lisière du massif. Je longe donc très doucement un peu le bois en suivant un passage broyé en bordure de la luzerne et trouve un passage qui rentre dans le bois, il me permet d'entrer à couvert sans faire trop de bruit. L'intérieur du bois est assez clair sur une bande de 10 à 20 mètres le long de la lisière et de nombreuses coulées bien marquées se dirigent vers la luzerne et le blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je rejoins une coulée et la suis doucement, le sol dégagé est assez silencieux. Une sorte de ruisseau asséché se creuse peu à peu à ma droite entre moi et la lisière, la coulée le longe. Un peu plus loin des coulées traversent ce ruisseau qui fait maintenant environ 1,5 mètres de profondeur pour ressortir dans la luzerne. Je décide de traverser pour me poster juste en lisière, dos à la luzerne vers où se dirige le vent. Il est environ 19h30. J'ai une bonne vision du sous-bois sur environ 40 mètres.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Rapidement, un bourdon roux arrive et commence à me tourner autour avant de se poser sur moi, il semble apprécier ma sueur qu'il lape avec sa longue langue. Je le laisse faire un moment alors qu'il est sur mon T-shirt mais il finit par venir sur ma main et je décide de le chasser mais il s'envole et revient aussitôt à la charge et j'ai beau essayer de le chasser, il insiste et revient toujours et pour rester discret, je dois me contraindre à le laisser faire.

Je surveille par moment la luzerne au travers du feuillage malgré qu'elle soit à mauvais vent. Le temps passe sans que rien ne bouge et n'étant pas très patient à l'affût, je décide de me déposter vers 20h30. Je sais qu'une mare se trouve un peu plus loin à l'intérieur d'une avancée du bois sur la friche qui suit la luzerne. Je décide d'aller m'y poster un instant pour attendre que la forte chaleur passe un peu avant de repartir à l'approche. Je ressors donc sur la luzerne puis longe le bois sur la bande broyée en direction de l'avancée du bois. La luzerne fait vite place à une friche, couverte, le long du bois, par des pousses de frênes qui colonisent le secteur en rangs serrés. J'arrive très doucement au coin de l'avancée du bois et fais une pause pour tenter d'apercevoir un animal au travers des branchages. N'ayant rien vu, je me remets en mouvement quand le brocard démarre en aboyant près de la mare à 15 mètres environ. J'ai juste le temps de l'apercevoir avant qu'il rentre dans une zone plus épaisse où il s'arrête un moment à environ 35 mètres pour aboyer avant de repartir en protestant et de s'éloigner rapidement. Je suis le bois et rejoins le passage qui permet de rejoindre la mare. La végétation est marquée de boue séchée de la lisière jusqu'à la mare. Un sanglier est venu se baigner ces jours-ci. Je rejoins le petit plan d'eau pour examiner le tour qui semble assez fréquenté.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Le brocard ne reviendra pas et je décide de changer de secteur. Je ressors dans la friche et biaise pour rejoindre la luzerne puis la bordure du blé et remonte vers la route de crête. Je descends alors le talus au bord de la voirie pour la rejoindre et la longer un moment. A ma gauche un petit bosquet descend un peu dans les cultures et longe la route. En arrivant au bout du bosquet, du bruit me fait tourner la tête à gauche et j'ai juste le temps d'entrevoir un chevreuil faisant demi-tour. Il venait droit vers la route par un passage débouchant sur la route et m'apercevant, il a fait volte-face. Le bruit de sa fuite cesse rapidement. Je continue mon chemin et rejoins la bordure du bois. Cette fois je prends à gauche pour prospecter la combe de l'autre côté de la route. Je remonte le talus de la route en longeant le bois et fais une pause pour observer le blé à ma gauche. Le chevreuil dérangé tout à l'heure, aboie dans le bosquet.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Pas de chevreuil en vue, je descends en suivant le bois qui fait une avancée sur les cultures un peu plus bas au niveau du bas de la parcelle de blé. J'en profite pour surveiller le penchant d'en face couvert de blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je passe le coin de l'avancée du bois, une bande semée de tournesols puis une bande de blé et rejoins le fossé du fond de la combe que je traverse pour remonter en longeant entre le tournesol à ma droite et le blé à ma gauche tout en essayant d'apercevoir un chevreuil. J'arrive ainsi au coin d'un bosquet et marque une pause pour observer le blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Rien vue, je bifurque donc à gauche pour suivre le bas du bosquet par un passage de tracteur. J'avance doucement. Le bosquet fait place à une friche puis le blé remonte maintenant jusqu'à une autre route de crête. Je bifurque donc au coin de la friche et remonte vers la route. Je passe devant les terriers de blaireaux creusés dans un sol sablonneux et dont les entrées sont marquées de nombreuses traces. Arrivé à la route, je la traverse et rejoins l'angle d'une autre grande parcelle de blé à ma gauche et d'un grand champ de tournesol à droite, ponctué de petits bosquets. Le vent souffle dans mon dos. Je scrute un moment la surface du blé sans succès.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je prends à droite dans les tournesols

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

et contourne 2 des bosquets pour rejoindre une haie qui sépare cette parcelle d'une parcelle de blé qui longe un bois à droite. Je me suis fait aboyer plusieurs fois dans le secteur sans voir le chevreuil mais ce soir ni chevreuil ni aboiement. Arrivé au bout de la haie, je passe dans la parcelle de blé et prends le passage de tracteur du milieu pour rejoindre la vigne à l'autre bout. Rien en vue, je longe ensuite sous la vigne en contrôlant les intervalles entre les rangs. Arrivé au coin de la vigne, je surveille un instant la friche mais toujours rien. Je fais demi-tour et décide de faire une grande boucle par les vignes pour revenir à bon vent en longeant un fossé au fond d'une combe dont les 2 penchants sont couverts de blé. Je descends donc vers ce fossé par la droite des parcelles de blé puis traverse ce dernier pour longer la parcelle de droite bordée par une bande de terre à nue. Sur ma gauche le blé est bordé par une bande d'herbes hautes, j'espère ne pas voir surgir un brocard au dernier moment. Ce soir, le vent est quasi inexistant, le sol craquant, l'approche est compliquée. Tout à coup, je repère des bois qui dépassent du blé à environ 100 mètres devant moi, à 10 mètres environ de la bordure du blé sur ma droite. Je commence l'approche et gagne facilement 50 mètres sur la pointe des pieds, voûté, sans me faire repérer. Je me positionne ensuite à genoux, le vent très léger vient de ma droite, c'est parfait, je continue mon approche sur les genoux lentement, en essayant de ne rien faire craquer.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Petit à petit, je m'avance, sur les genoux ou à 4 pattes et gagne du terrain tout en surveillant le brocard. Il ne dépasse pas du blé, seul ses bois et ses oreilles font régulièrement surface et il ne peut donc pas me voir. Le sol très dur et marqué par les crampons d’une roue de tracteur meurtrit mes genoux. Les rares fois où le brocard dépasse un peu plus du blé et pourrait me voir je stoppe et me baisse sous le niveau du blé. Je finis par me positionner à l'aplomb du brocard, devant moi, la bande de terre nue se couvre d'herbe haute et l'approche risquerait de devenir plus bruyante. Je suis à environ 10 mètres du brocard mais ne vois toujours que ses bois et ses oreilles. J'accroche mon décocheur et me prépare à armer mais il me faut d'abord savoir où tirer. Je laisse donc faire le brocard pour voir dans quel sens il est tourné, il avance un peu et je confirme alors mon impression par rapport au sens des bois, sa tête est à gauche et son arrière train à droite, il est plein travers. Je me prépare à armer mais il relève la tête et regarde vers moi. Je me baisse sous le blé. Au bout d'un moment, il reprend son repas sous le niveau de céréales. Je me reprépare à armer mais, à nouveau, il lève la tête et regarde vers moi et je me rebaisse. Mon cœur commence à accélérer, ce qui ne m'arrive pas souvent et il me faut me concentrer. Le brocard rebaisse la tête et s'avance très lentement pas par pas. J'arme mon arc, je vois à peine son dos et le devine au travers du blé, je me redresse, prends rapidement la visée sur ce que je devine être son poitrail et décoche. Il me semble avoir entendu l'impact et mon brocard surgit du blé pour filer à grands bons en remontant vers la route puis disparaît brusquement entre 40 et 50 mètres dans le blé. Il m'a semblé voir du rouge sur sa robe rousse.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Pensant mon brocard mort, je ne tarde pas à aller contrôler mon tir. Ma flèche est introuvable et je ne trouve pas tout de suite du sang. Je recoupe un peu plus loin la trajectoire de fuite et trouve rapidement le premier sang qui a repeint quelques épis dorés en rouge.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

La piste continue est très facile à suivre, le rouge tranche bien avec le doré du blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Le sang est de plus en plus abondant et alors que le chevreuil passe un premier passage de tracteur, je trouve beaucoup de sang projeté sur le blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

La traversée du passage de tracteur suivant est tout aussi marquée.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Un peu plus en avant, j'aperçois un rond de blé couché et en m'approchant, je distingue mon brocard couché sur le flanc. Il a amorcé un virage avant de tomber et le blé est couvert de sang.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je m'approche de mon brocard et constate que ma flèche est basse, elle a traversé le cœur.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

J'appose mon bracelet et fais quelques photos souvenir.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Dans mon dos, le soleil baisse sur l'horizon et il est temps de rentrer.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Alex

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 22:49

Ce soir, pris par un rendez-vous, je n'ai pas pu me libérer avant 19h45, j'arrive donc sur mon territoire vers 20h30. Je me gare au bord d'un chemin de terre et me prépare. Le vent soutenu vient de ma gauche, ça tombe bien, je voulais commencer par chasser la gauche du chemin. Je pars en longeant un peu le sentier puis remonte sur la gauche pour longer une vigne en surveillant entre les rangs mais j'arrive au bout de la parcelle sans avoir vu de chevreuil. De l'autre côté du chemin un lac se trouve au milieu d'une prairie, des ragondins sont à la surface avec quelques foulques et canards. Je bifurque à gauche en remontant le long de la vigne face au vent pour arriver au bord d'un grand champ de blé. Le temps est orageux et le vent soutenu est parfait pour l'approche.

Une chasse express, 8 juin 2015

Un coup d'œil sur le blé, rien en vue, je me décale tranquillement à droite vers une mare asséchée entourée d'arbres, prise d'ans une avancée des céréales. Les sangliers ont défoncé le sol autour et dans cette dernière. Je prends un de leurs passages pour m'avancer doucement dans le blé, au bout de 50 mètres environ, je rejoins un passage de tracteur et j'aperçois des oreilles à la surface des céréales à environ 40 mètres sur ma gauche. Je me fige et observe l'animal, je me rends vite compte qu'il s'agit d'une chevrette. Les oreilles sont braquées vers moi et je reste immobile quand la chevrette démarre pour venir vers moi. Elle fait rapidement 20 mètres sous le niveau du blé puis s'arrête et se fige à nouveau pour écouter.

Une chasse express, 8 juin 2015

La chevrette repars après un court arrêt, elle avance rapidement à couvert sur environ 10 mètres et vient se planter devant moi à environ 10 ou 12 mètres plein travers pour écouter à nouveau mais son comportement m'interpelle. Ses oreilles sont braquées droit devant elle comme si elle écoutait quelque chose dans le blé devant moi. Je commence donc à parcourir la surface du blé du regard quand j'aperçois à environ 20 mètres de la chevrette, un peu plus à ma droite, un mouvement dans le blé. Un animal vient vers moi sans dépasser du blé et je pense à un blaireau, un renard ou peut être un sanglier et décide de me décaler légèrement pour me caler presque en face du mouvement dans le passage de tracteur. Je laisse venir l'animal qui avance par tranches de quelque mètres puis reste un moment sur place agitant à peine les épis par moment puis repart mais à environ 10 mètres de moi, il bifurque et prends vers la chevrette qui est toujours à environ 15 mètres plus à gauche et qui est toujours plantée à l'écoute. Je décide de tenter une approche et commence à m'avancer tout doucement dans le blé en écartant les céréales du bout du pied pour ne pas les faire craquer.

Je progresse ainsi jusqu'à 6 mètres de l'animal qui bouge un peu sur place mais n'avance plus. Je le fixe et finis par apercevoir 2 pointes blanches au niveau du blé. C'est un brocard, j'accroche mon décocheur, et reprends mon approche, je gagne encore 1 mètres mais alors que je tente d'avancer encore d'un pas, un léger craquement du blé fait relever la tête du brocard. Seuls le bout de ses bois et la moitié de ses oreilles dépassent des céréales, il regarde droit vers moi. Je n'ai plus le choix, j'arme doucement et tente d'aligner la visée. Je distingue à peine son cou au travers du blé, il est de face ou de 3/4 face à 4 mètres environ. Je vise le point que j'estime être proche de la base du cou et décoche. Un crac retentit et le chevreuil s'effondre sur place sans un mouvement. Je m'avance rapidement et trouve mon chevreuil couché sur le flanc. La flèche est restée en travers, le sang coule de façon très abondante par la plaie d'entrée.

Une chasse express, 8 juin 2015

Je pose mon arc et me baise pour l'achever. J'examine ensuite l'animal. C'est un jeune 4 pointes. Ma flèche rentre dans le cou en sectionnant la colonne vertébrale et ressort derrière l'épaule droite. Je dégage ma flèche, appose mon bracelet, attache ses pattes et le charge sur mon épaule pour le ramener à la voiture. En route je fais une pause au pied d'un des gros chênes qui entourent la mare asséchée pour faire quelques photos.

Une chasse express, 8 juin 2015

En route vers la voiture, je constate qu'un ragondin est sorti au bord du lac, sur la prairie pour brouter.

Une chasse express, 8 juin 2015

Je pose mon chevreuil dans le coffre de ma voiture puis repars faire un tour dans les blés mais je ne verrai pas d'autre chevreuil. Les sangliers ont fait pas mal de dégâts dans les cultures. Je reviens vers ma voiture par le chemin de terre. Plusieurs ragondins broutent au bord du lac, je suis à mauvais vent et pas équipé pour m'occuper d'eux, je rejoins ma voiture puis décide de partir faire un tour sur un autre secteur du territoire. Je pars vers les silos de Roques puis remonte à gauche, juste après les silos, un chemin de terre qui remonte vers des bâtiments en pierre au milieu des vignes. Sur la gauche du chemin s'étend un grand champ d'orge massacré par les sangliers et à droite un grand champ de blé ponctué de trous faits par les sangliers. Je me gare près des bâtiments et pars vers l'angle droit d'un bosquet séparé des vignes par un chemin de terre. Arrivé au coin du bois, je biaise, rejoins le bord de la vigne et commence à la longer doucement espérant revoir le renard vu sortant du bois l'autre soir. Je n'ai pas fait 30 mètres que 2 renardeaux surgissent de la vigne, à environ 25 mètres devant moi, en se chamaillant, le premier roule et se retrouve sur le dos, l'autre le mordille au niveau de la gorge à cheval sur lui puis ils repartent en un éclair vers la vigne. Je ne pense pas qu'ils m'aient vu et j'avance doucement en surveillant les rangs en espérant les revoir. Tout à coup, un renard adulte surgit de la vigne et se plante de 3/4 arrière au bord du bois à environ 15 mètres. Il se retourne, regarde vers moi puis fonce dans le bois en un éclair sans que j’aie le temps de réagir. La nuit sera vite là, je fais un petit tour mais je ne verrai rien à part des lièvres. La nuit tombe, il est temps de rentrer.

 

Alex

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 07:27

Ce matin, je décide de chasser sur Justian, autour de chez le président de la chasse. Je me gare juste avant le lever du jour près d'un petit château d'eau entre 2 bois, sur le premier chemin qui descend vers Justian en arrivant de Marambat par la route de Valence sur Baïse. Je me prépare tranquillement puis commence à descendre vers la fin des bois. Sur ma gauche, un grand champ de blé bordé par le bois sur 2 côté et une partie du 3ième, entoure une petite friche bordée par une morceau de haie épais abritant souvent un chevreuil. Je décide de tenter de faire le tour du champ de céréale. Je rentre par le passage de tracteur sortant sur la route et le longe tranquillement sur le haut du champ puis bifurque par un autre passage pour me rapprocher de la friche et de la haie. Alors que je passe au-dessus du bout de la haie, une chevrette surgit des hautes herbes contre les arbres et plonge dans la haie en un éclair.

Je continue mon chemin dans le blé pour rejoindre le bas du champ où les céréales font place à une parcelle de luzerne prise entre le bois en bas et la route de crête, une bande boisée à mi-pente coupe cette parcelle, laissant une bande de 30 mètres entre les arbres et le blé. Je me suis fait surprendre par un brocard dans le secteur lors de ma première sortie du premier juin. Arrivé au coin du bois, je jette un coup d'œil sur la luzerne mais pas de brocard en vue. Je fais donc demi-tour pour revenir vers la route mais alors que j'arrive au-dessus de la haie, j'aperçois le brocard en plein milieu de la luzerne, entre la bande boisée et le bois. Je repars donc vers l'angle du bois où le blé jouxte la luzerne. Arrivé sur place à couvert du bois, je m'avance tout doucement et me poste au coin de bois et aperçois le chevreuil au gagnage à environ 50 mètres. L'approche est délicate, je décide de tenter d'aboyer. Le brocard me fixe un moment puis fait volte-face et s'enfuit en aboyant. Il faut dire que je l'ai déjà aboyé lors de notre première rencontre.

Je remonte donc vers la route. En arrivant en haut du blé, près de la route, je me retourne et aperçois une silhouette rousse dans la petite friche au milieu de la culture. Je la fixe un instant et reconnait une chevrette et décide de continuer sans tenter l'approche. Je rejoins la route et la longe en revenant vers ma voiture pour prendre à gauche et longer le bois en bordure d'un autre champ de blé. Un coup d'œil sur le champ, pas de chevreuil, je descends, débouche sur un semé de tournesol étroit et encore non levé puis prends le passage de tracteur à 5 mètres du bois pour traverser une bande de blé. Toujours rien, je franchis un fossé et arrive sur une bande enherbée couverte d'herbes hautes. A ma droite un champ de blé remonte vers la route de crête en incluant un bosquet dans son angle haut droit, à ma droite, des tournesols clairsemés et peu montés qui remontent vers la route. Je remonte entre les 2 cultures vers l'angle du bois puis le suis en prenant à gauche dans le passage de tracteur. 100 mètres plus loin une résurgence a créé une zone humide dans le blé qui attire les animaux. De nombreuses traces de blaireaux, chevreuils et sangliers ponctuent le sol. Plus loin le bosquet fait place à une petite friche puis le blé remonte vers la route et je le suis, toujours pas de chevreuil en vue. Plusieurs terriers de blaireaux ont été creusés en limite de la friche et du blé dans un sol sablonneux et le secteur semble très fréquenté, de nombreuses coulées très marquées partent dans le blé. Plus haut les blaireaux ont couché un gros rond de blé juste avant la route.

Je quitte le blé, traverse la route puis descends vers la combe suivante en longeant entre un grand champ de blé à ma gauche et un tournesol incluant plusieurs bosquets dont un accolé au blé à environ 30 mètres devant moi. Je passe le long du bosquet en surveillant le blé puis continue à suivre la culture sans voir de chevreuil à sa surface. Je passe ensuite une haie au bout d'une bande boisée finissant en pointe et continue au milieu d'une petite parcelle de blé délimitée par la haie qui tourne à ma gauche et par le bois à ma droite. Une fois cette parcelle traversée, je rejoins une vigne que je longe en surveillant les rangs qui remontent vers la crête. Plusieurs lapins déguerpissent vers la haie plus haut mais pas de chevreuil. Au bout de la vigne débute une friche fermée par les haies en haut et en bas puis par le bois au fond. Je me cale au coin de la vigne et observe sans rien voir. Je tente des cris de souris un moment mais toujours rien, je fais donc demi-tour et en arrivant au départ de la vigne, je me fige. Un mouvement a attiré mon regard dans la petite parcelle de blé que j'ai traversée tout à l'heure. Le haut de la tête d'un sanglier dépasse du blé. Il a peut-être été dérangé ou attiré par les cris de souris. Il reste un court instant immobile puis démarre au galop pour rejoindre la pointe boisée à l'autre bout du blé et disparaît rapidement.

Je retourne à la route à travers champ, la traverse et redescends par un chemin de terre vers la combe de tout à l'heure. Un coup d'œil sur une vigne et une parcelle d'avoine à ma droite puis je continue à descendre et aperçois au loin, 400 mètres environ, au milieu du blé couvrant le penchant d'en face, un chevreuil immobile près du gros chêne qui pousse au milieu de la culture. Je descends rapidement et passe le fossé du fond de combe par un passage busé. Je prends à droite en suivant la haie qui le borde. Le chevreuil est toujours là mais il semble qu'il s'agisse d'une chevrette. Elle semble prostrée et me tourne le dos, je me rapproche encore en longeant la haie puis arrivé à son aplomb, je l'observe un instant.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Je reprends ma progression le long de la haie, la chevrette finit par m'apercevoir, m'observe un instant puis se baisse dans la culture et disparaît. Plus loin, je rejoins la route de Justian et aperçois un chevreuil à gauche au bord d'un champ de tournesol à environ 200 mètres. Je traverse la route et prends un chemin de terre sur environ 60 mètres pour rejoindre rapidement une haie perpendiculaire qui part à droite vers le tournesol en alignement du chevreuil. Je suis maintenant doucement la haie en surveillant le chevreuil qui mange tranquillement. J'arrive au bout de la haie, à plus de 100 mètres du chevreuil. Je ne peux plus avancer sans être vue, je reste un moment en observation et constate qu'il s'agit d'une chevrette. Je me décale à peine à droite pour la prendre en photo mais elle me repère et s'enfuit en biaisant au galop vers l'Osse qui coule sur ma gauche à environ 50 mètres.

Je retourne à la route et la suis un peu pour arriver au bord d'un champ de tournesol en long coincé entre la route et l'Osse. La route surplombe la culture de 1 à 2 mètres et me donne une bonne vision d'ensemble mais me met aussi bien en vue. Pas de chevreuil, un chemin de terre coupe le tournesol un peu plus loin et traverse la rivière sur un petit pont. Je le prends et traverse l'Osse pour jeter un coup d'œil de l'autre côté de la haie qui borde la rivière, sur des parcelles de tournesol et une petite parcelle de blé. J'ai vu un très gros brocard avec sa chevrette un matin dans le secteur mais il n'est là ce matin. Je fais demi-tour et retraverse la route pour remonter le chemin de pierres blanches de "Las Tachoires" qui remonte chez le président de la chasse. J'ai fait démarrer un beau brocard, avec des bois longs à petits andouillets, penchés en arrière, juste au bord du chemin, sur la gauche dans la friche qui remonte vers une haie à environ 40 mètres, le matin où j'ai vu le très gros brocard. Il n'est pas là ce matin. Je continue, un peu plus loin le chemin tourne à angle droit sur ma droite et longe un grand champ de lin déjà en graines.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Je décide de tenter de m'avancer dans la culture en longeant le fossé à ma gauche. J'avance doucement quand une tête de chevreuil surgit d'un îlot de végétation haute qui dépasse au-dessus du lin qui lui ne m'arrive pas aux genoux. Je me fige. C'est une chevrette, elle regarde vers moi à environ 80 mètres quand mon regard est attiré par du mouvement plus loin, à environ 200 mètres dans la culture. Un autre chevreuil descend vers le fossé, il est au-dessus d'une ligne de quelques gros chênes poussant dans le lin. Je suis à découvert mais décide de tenter l'approche en alignant les chênes entre lui et moi pour tenter de masquer ma progression. La chevrette se baisse dans la végétation et disparaît. J'avance ainsi assez rapidement en surveillant le brocard de temps en temps et en m'arrêtant quand il relève la tête et qu'il risque de me voir. Il biaise doucement en zigzagant au gré de ses prises de nourriture pour venir vers les chênes. Une fois suffisamment près des chênes, je biaise doucement à droite pour les rejoindre.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

J'aperçois par moment le brocard, il a changé de trajectoire et semble lui aussi se diriger vers les chênes, j'essaie d'avancer le plus vite possible tout en restant silencieux. Tout à coup, je perds le chevreuil de vue. Je continue à avancer et arrive aux chênes. Je me cale contre l'un d'eux et observe les alentours. Rien en vue, le chevreuil s'est volatilisé. Il n'a pas pu fuir si vite, il est certainement couché dans le lin. Je m'avance vers le chêne du centre et me cale. Il me semblait, de loin, que le chevreuil n'était pas loin de ce dernier la dernière fois que je l'ai vu. J'accroche mon décocheur et pense à armer mais je n'y crois qu'à moitié. Je lance un aboiement. Le brocard surgit du lin et se plante dans un léger 3/4 face à un peu plus de 20 mètres. Je regrette de ne pas avoir armé, une erreur de débutant. Il cherche d'où venait l'aboiement en restant sur place. Je reste immobile, il ne semble pas me voir. le temps passe quand le brocard tourne la tête pour se frotter le flanc opposé à ma position avec ses bois. J'arme rapidement mon arc et tente de prendre la visée mais le brocard retourne la tête vers moi et continue à chercher son concurrent du regard. Les secondes semblent très longues. Il finit par devenir plus inquiet et se tourne un peu comme s'il allait partir puis se ravise et regarde à nouveau vers moi. Il est maintenant plein travers. Encore quelques secondes interminables et il retourne la tête vers la crête, je monte mon arc, prends la visée et décoche mais c'est alors que ma flèche vole qu'il se tourne pour partir. Ma flèche le frappe avec un bruit peut commun. Il démarre et c'est alors que j'aperçois ma flèche plantée de 15 cm environ au niveau de son anus. Elle est peu rentrée j'ai dû toucher un os. Le brocard fonce vers les chênes puis bifurque à 90° pour les longer et fonce droit sur moi. Pas le temps de réencocher. Il m'aperçoit et freine des 4 pattes à 10 mètres devant moi puis bifurque à 90° pour passer entre les chênes et fonce vers le fossé en contrebas. Il contourne une petite mare couverte de masselottes à environ 35 mètres et disparaît brusquement derrière au pied d'un petit arbre.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Je suis loin d'être confiant sur la létalité de ma très mauvaise flèche et décide d'attendre un peu sans bouger. Au bout d'un moment les masselottes du bord opposé de la mare s'agitent puis plus rien. Peut-être est-il mort. Je décide de m'avancer jusqu'au bord de la mare tout doucement et avec une flèche encochée. Arrivé au bord du plan d'eau, impossible de voir quoi que ce soit tant la végétation est dense. Je fais alors doucement le tour et aperçois alors le brocard couché de 3/4 arrière, en bordure de la mare, dans l'eau, jusqu'à mi-flanc. Je ne vois pas sa tête mais son cou semble encore tonique, il est certainement toujours vivant. Il est à 4 mètres de moi en contrebas, je décide de ne pas risquer de le perdre, j'arme, vise entre les épaules et décoche. Ma flèche rentre où je la voulais mais reste en travers du brocard qui gueule en faisant un grand bon pour retomber en plein milieu de la mare et s'immobiliser à nouveau. Je l'ai perdu de vue. Je me décale un peu à droite et le cherche au travers des masselottes quand une tache rousse m’apparaît. Le brocard est là immobile au milieu de la mare.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

S'il n'est pas mort, il doit être très mal en point. Je décide d'aller le chercher, je pose mon portable, mon appareil photo bien qu'il soit étanche, mon arc, mes clés sur la berge puis écarte les masselottes et descends dans l'eau au milieu des lentilles d'eau. Cela me rappelle les recherches de capibaras en Guyane. J'avance dans l'eau d'où se dégage une forte odeur de végétaux fermentés. En arrivant au brocard, je constate qu'il est toujours vivant, seuls la ligne du dos, les oreilles, les bois, les yeux et les naseaux dépassent de l'eau. On croirait un ragondin, il est à 2 mètres devant moi, je m'avance doucement et le saisis par les bois, mais alors qu'il n'a pas réagi jusque-là, il commence à se débattre avec l'énergie du désespoir. Il fait des bons dans l'eau mais je tiens bon, c'est alors qu'il me frappe à la main avec sa patte arrière qu'il passe par-dessus sa tête. Ce coup me fait lâcher prise, je ne sens plus ma main et me précipite pour le rattraper par les bois prenant 2 autres coups de patte dans la main. Impossible de le maîtriser avec de l'eau jusqu'en haut des cuisses. Commence alors une vraie bagarre aquatique mais je finis par lui saisir les pattes arrières et suis contraint de le maintenir sous l'eau avec mon pied car je ne peux pas le servir dans cette position. Heureusement, il s'immobilise rapidement, c'est alors que je constate qu'une grosse tache de sang grandit dans l'eau à ma droite alors que le chevreuil est à ma gauche. Je me rends compte alors que mon majeur droit est très profondément entaillé par 2 déchirures parallèles espacées de 7 à 8 millimètres. Je ne sens toujours pas ma main qui semble anesthésiée et comprends alors que le sabot du chevreuil s'est imprimé dans ma chair qu'il a enfoncé jusqu'à l'os avec un de ses coups.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Les onglons arrière ont dessiné 2 encoches dans mon index. Le sang coule de façon continue et abondante. Ma flèche restée en travers est cassée, je sors la partie empennage encore dans le chevreuil, la lame est au fond de l'eau, heureusement pour moi car elle aurait pu ajouter aux dégâts. Je dégage facilement ma première flèche puis reviens à sec avec mes flèches et mon brocard. La première s'est arrêtée dans le bassin, la seconde a frôlé la colonne vertébrale, est passée au travers des poumons et est ressortie à la base du cou. C'est le brocard vu l'autre jour au bord du chemin de pierre blanche dans la friche ses bois sont caractéristiques et sa robe d'un roux très clair. C'est mon 125ième chevreuil à l'arc et je m'en souviendrai.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

L'action terminée, je commence à pas me sentir très bien et dois me poser un peu avant d'attacher les 4 pattes du chevreuil pour le charger sur mon épaule avant de remonter chez le président tout en laissant une belle piste au sang qui coule toujours autant de mon doigt. En arrivant aux habitations, je tombe sur le fils du président de la chasse et sa compagne, son père n'est pas là, je pose mon chevreuil et lui explique la situation, il se propose de me faire un bandage compressif alors que je dois m’asseoir pour ne pas faire un malaise. Un morceau de sucre va me faire du bien puis un désinfectant sur les plaies et le bandage en place, il va arrêter l'hémorragie. Mon infirmier improvisé va ensuite me ramener à ma voiture avec la voiture de la chasse car je suis trempé et tout sale. Mon véhicule récupéré, je retourne chercher mon chevreuil pour rentrer chez moi, le vider, le mettre au frais, me doucher et me changer avant de partir aux urgences où je passerai 4 heures pour ressortir sans points, avec 2 strips qui tiendront juste quelques heures.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Alex

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 23:22

Ce soir, je pars faire un tour pour chasser le chevreuil sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère où j'ai récupéré 5 bracelets pour le tir d'été. Je décide de prospecter un secteur en limite du territoire. Je gare ma voiture au bord de la route, au pied d'un bois, me prépare puis rejoins un chemin qui traverse ce bois pour déboucher dans un champ de blé. Alors que j'avance tranquillement sur ce chemin, un animal démarre en contrebas sur ma gauche. Je me décale rapidement sur le bord du chemin mais le bruit a cessé et l'animal est introuvable. Je continue donc mon chemin en longeant la gauche du chemin sans rien voir et débouche plus loin sur un grand champ de blé. Je marque une pause pour observer la culture. Pas de chevreuil en vue. Je me remets donc en marche et biaise tranquillement vers une haie épaisse qui délimite la droite du champ. Arrivé contre cette dernière, je la longe doucement. En arrivant au bout de la haie, je fais démarrer un chevreuil caché à l'intérieur. Il fonce dans le blé de l'autre côté en aboyant. Je contourne vite la haie pour tenter de l'apercevoir en m'avançant dans le blé mais le terrain est vallonné et le chevreuil a disparu.

Je reprends donc ma trajectoire initiale et continue à monter vers la crête à travers blé. Je rejoins ainsi un talus rocheux percé de terriers. Les alentours ont été nettoyés, les terriers doivent être occupés cette année par des renards ou des blaireaux. Je passe ce talus et baise à gauche vers un pré non fauché, fermé sur 3 cotés par un bois en forme de U. Un coup d'œil sur le pré mais rien en vue. Je baise vers la bordure droite du pré. Le vent est face à moi, je surveille les herbes hautes sans voir de chevreuil et arrive au bout du pré où démarre un chemin forestier qui traverse la bande de bois. Je ressors au bout sur un autre pré et le traverse en biais pour rejoindre l'angle bas d'un champ de blé. Arrivé au coin de la culture, j'hésite, le bas du blé est bordé par une bande d'herbes hautes longée par un fossé qui la sépare d'une bande enherbée broyée bordant un champ de tournesol. Il y a de fortes chances qu'un chevreuil soit couché dans les herbes hautes mais la progression dans cette végétation sera certainement plus bruyante que la bande enherbée broyée. Je m'avance un peu dans les herbes hautes quand une chevrette surgit de son gîte à quelques mètres devant moi et file au galop en suivant le blé puis traverse la route à environ 100 mètres avant de remonter dans la friche du penchant d'en face où elle s'arrête 2 ou 3 fois pour regarder vers moi avant de disparaître.

Je décide de traverser le fossé et de longer la bande broyée car j'ai maintenant peu d'espoir de voir un autre chevreuil dans ces herbes hautes. Je rejoins la route et la traverse pour longer maintenant un long fossé en progressant dans de hautes herbes qui bordent des parcelles de blé sur ma gauche, morcelées par des haies. Sur ma droite une prairie étroite, d'environ 30 à 40 mètres de large, longe une bande boisée couvrant le penchant de la colline. J'avance tout doucement car ma visibilité est limitée à une courte distance. Je surveille les herbes hautes et la surface du blé. Après environ 100 mètres de progression, l'herbe agitée par le vent semble bouger de façon anormale à 20 mètres devant moi. Je me fige et observe un moment mais plus rien, j'ai peut-être cru voir quelque chose. Je reprends ma progression lente en essayant de repéré l'hypothétique animal quand une chevrette surgit devant moi et traverse le fossé d'un bon pour rejoindre le bois à ma droite.

Je continue à avancer toujours doucement et en surveillant les alentours. 300 mètres plus loin, 2 chevrettes surgissent des hautes herbes à environ 15 mètres. La premier part dans le blé et s'arrête à environ 40 mètres pour écouter. Seules ses oreilles dépassent des céréales.

Un gros brocard à l'approche dans les blés, 06 juin 2015

La seconde chevrette a franchi le fossé et s'est immobilisée 3 mètres plus loin dans les herbes hautes. Je décide de tenter de l'approcher pour la prendre en photo mais sa collègue a étiré son cou et sa tête dépasse au-dessus du blé. Elle regarde vers moi et m'a vu.

Un gros brocard à l'approche dans les blés, 06 juin 2015

Je tente de m'approcher encore un peu, provoquant la fuite de la première chevrette qui démarre et remonte vers la route. La seconde chevrette finit par franchir à nouveau le fossé et suivre sa consœur. Je reprends ma chasse et rejoins doucement la route le long de laquelle je suis garé à environ 1 km. Je la suis en prenant à droite, passe devant une résidence secondaire puis remonte une combe enherbée en suivant le bois pour rejoindre un grand champ de blé en crête. Pas de chevreuil, j'avance tranquillement dans les céréales en longeant la pente boisée sur ma droite et sous laquelle je chassais tout à l'heure. Je suis maintenant à mauvais vent et espère voir un chevreuil plus à ma gauche pour éviter qu'il ne me sente. J'aperçois alors un chevreuil qui sort dans les tournesols d'un bosquet en L à environ 350 mètres sur ma gauche, à son allure, je suis presque sûr qu'il s'agit d'un brocard, il commence à manger les tournesols encore bas et qui ne le couvrent pas à moitié. Je presse le pas en longeant le bois tout en surveillant le brocard qui ne m'a pas vu. Le bois fait une avancée vers les tournesols 200 mètres plus loin, en alignement de la barre du L du bosquet où broute le chevreuil. Je rejoins rapidement cette avancée et la longe jusqu'au bout puis me fige pour observer le chevreuil qui est encore à 150 mètres environ. L'approche me semble très compliquée et je décide de tenter de le faire venir en aboyant. Je me cale pour pouvoir tirer et me prépare puis commence à aboyer. Le brocard lève la tête et regarde vers moi un moment avant de se débiner vers le bosquet.

Raté, j'attends un peu mais il ne ressort pas, je fais donc une grande boucle dans le tournesol pour revenir à bon vent tout doucement vers le bosquet où est rentré le brocard. Une fois au bord du petit massif, je le longe très lentement en essayant d'apercevoir l'animal au travers de la végétation mais il a disparu. Je laisse tomber et pars vers des vignes un peu plus loin mais en arrivant je constate qu'un tracteur est entrain de broyer l'herbe entre les rangs de vigne. Je ne risque pas de voir un chevreuil dans le secteur, je décide de redescendre vers la route et coupe au travers de la friche boisée. Je descends tranquillement en surveillant les alentours puis baisse ma garde à 40 mètres de la route. C'est alors qu'un brocard en profite pour sortir à découvert à 10 mètres sur ma droite. Nous nous surprenons mutuellement et il fait volte-face pour fuir en trombe en aboyant. Je rejoins la route et la traverse pour longer les tournesols par la bande enherbée broyée. Je continue sous le bois et rejoins à son coin une petite parcelle de blé que je traverse par un passage de tracteur pour rejoindre des vignes.

J'avance tranquillement en surveillant les intervalles entre les rangs quand 2 lièvres partent sur ma gauche en suivant le rang. Plus loin, la gauche de la vigne est bordée par une parcelle de blé. Je décide de prendre le passage de tracteur le plus au bord du blé pour pouvoir surveiller les rangs de vigne à ma droite et les céréales à ma gauche. J'avance ainsi sur environ 150 mètres quand les bois et les oreilles d'un petit brocard surgissent du blé à 5 mètres de moi. Il m'a entendu mais pas identifié. Je ne connais pas la position de son corps et décide d'attendre qu'il bouge. S'il fait 1 ou 2 pas, il se dégagera dans une petite zone de blé couché. J'attends donc immobile sans me baisser. Le temps passe et le brocard bouge à peine les oreilles quand, tout à coup, il commence à devenir nerveux, il cherche autour de lui, le mouvement de ses oreilles et ses bois trahissent ses mouvements de tête, puis il démarre à grands bons vers la vigne. Le vent a tourné et il vient de me sentir. Il marque un temps d'arrêt sur la bande enherbée de la vigne et regarde vers moi puis redémarre et s'arrête à environ 50 mètres entre la vigne et le bois plus en contrebas. Je décide de tenter une approche et gagne très lentement 15 mètres, je le vois sous le feuillage des vignes entre 2 ceps mais il redémarre en longeant le bois et en aboyant. Je suis ainsi sa fuite au son sur environ 200 mètres puis ressors du blé pour longer la vigne et revenir vers un grand champ de blé qui redescend vers la route où je suis garé.

En arrivant en bordure du blé, je jette un coup d'œil sur ce grand champ doré mais rien ne dépasse. Au loin, 600 mètres environ, de l'autre côté de la route, au-dessus du bois de Bourras, plusieurs formes bougent au milieu des balles rondes d'une prairie fauchée. Je décide d'aller voir s'il n'y aurait pas un renard dans ce secteur où ils se trouvent souvent. J'attrape un passage de tracteur et le suis pour redescendre à la route, la traverse puis prends un chemin de terre, entre 2 parcelles de tournesol, qui traverse l'Osse sur un petit pont. De l'autre côté de la rivière se trouve une autre parcelle de tournesol coincée entre l'Osse et la vieille Osse qui borde le bois de Bourras. Je traverse le tournesol, rejoins la vieille Osse et la longe en partant à droite. Je rejoins un peu plus loin une petite passerelle qui enjambe la vieille Osse et la traverse. Je passe au travers d'une vieille palombière située au milieu du bois étroit et ressors dans un champ d'orge. Au-dessus des céréales s'étend un grand bois qui remonte vers Courensan. Je prends à gauche et rejoins une haie épaisse qui rejoint le bois de Bourras au grand bois et la traverse par un passage pour ressortir dans la prairie fauchée ponctuée de balles rondes. Contre la haie, j'observe les alentours et constate que les animaux vu de loin sont en fait des hérons. Pas de renard, je m'avance en longeant la haie ce qui fait progressivement s'envoler tous les hérons.

Je rejoins plus haut une zone de vigne et progresse en surveillant les rangs. Pas de chevreuil en vue. J'arrive à la route qui passe en haut du bois et la suis pour contourner le bois puis la quitte pour redescendre en longeant le bois. Je suis à mauvais vent et n'ai plus qu'à espérer que les chevreuils seront plus à gauche dans l'orge. Je progresse doucement, la bande enherbée devient dense et au détour d'un virage du bord du bois, j'aperçois un jeune brocard planté plein travers à 10 mètres. Je me fige mais trop tard, il regarde déjà vers moi et reste immobile. Je tente, sans y croire, d'armer tout doucement mon arc mais il démarre en suivant la bande enherbée puis semble gravir le talus à sa gauche pour rentrer dans l'orge. Je me décale doucement à gauche et passe dans l'orge pour avancer doucement mais le brocard réapparaît rapidement en dessus du talus. Pas le temps de réagir, il rentre au bois. La luminosité baisse rapidement et je décide de revenir vers la voiture. Je reviens vers le bois de Bourras mais me ravise, pour une fois, je ne vais pas repasser par la palombière mais longer la vielle Osse à gauche pour rejoindre la route à plusieurs centaines de mètres.

J'avance doucement en bordure de l'orge quand je repère une tête de chevreuil qui dépasse des céréales à environ 100 mètres de moi, à environ 40 mètres de la rivière. J'avance doucement en longeant le cours d'eau jusqu'à l'aplomb du chevreuil pour être à bon vent et constate qu'il s'agit très certainement d'une chevrette. Au cas où, je décide de tenter une approche. J'avance doucement voûté par un passage de tracteur qui passe à 10 mètres du chevreuil et arrive sans difficulté à 10 mètres de la chevrette qui ne m'a pas détecté. Je décide de faire demi-tour et me fait repérer, la chevrette me regarde repartir vers la rivière puis la longer sur plus de 70 mètres avant de se décider à partir à grands bons dans la culture. Je continue mon chemin. Plus loin, une masse sombre m'intrigue à environ 70 mètres au milieu de l'orge, elle ne bouge pas mais mon intuition me dit qu'il s'agit d'un animal et je commence une approche. Le vent est bon, j'avance sans trop me baisser dans le culture ici très clairsemée quand l'animal lève la tête et me laisse voir ses bois. C'est un brocard, je suis encore à 50 mètres. Je reste immobile, la luminosité baisse maintenant très vite et le vent s'est relevé. Il rebaisse la tête et s'avance un peu, j'en profite pour avancer rapidement de 20 mètres environ. Il relève la tête, je me fige. Il reprend son repas en avançant doucement, j'en profite pour continuer mon approche assez rapide et arrive sans difficulté à 15 mètres de l'animal. J'arme mon arc et continue à avancer un peu, le brocard mange toujours complètement inconscient. Arrivé à 10 mètres, ma visée est calée, le brocard est plein travers, je décoche. Touché le brocard s'effondre sur place en gueulant. Je me précipite sur lui pour l'immobiliser et l'achever.

Ma flèche lui a cassé les 2 épaules et a touché le dessous de la colonne vertébrale. Il a cassé ma flèche en chutant. Je récupère mes morceaux de flèche et appose le bracelet avant de faire quelques photos avant qu'il ne fasse nuit.

Un gros brocard à l'approche dans les blés, 06 juin 2015

Il ne me reste plus qu'à lui attacher les pattes et le charger sur l'épaule avant de partir rejoindre la route. C'est un très gros brocard car il accusera presque 32 kg sur la balance. Ses bois sont particuliers, ils sont très épais mais très courts.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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