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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:38

Ce soir le temps est orageux, le vent souffle et j'espère pouvoir en profiter pour réaliser de belles approches. Je me gare au bord de la route, sur la droite, après le bois de Bourras. Je me prépare tranquillement puis m'avance vers un chemin de terre qui remonte dans un petit bois jusqu'à une très grande parcelle de blé mélangée d'avoine. J'avance tout doucement en le suivant tout en scrutant le sous-bois et arrive au bord de la culture où je marque un arrêt pour prendre le temps d'observer le secteur. Pas de chevreuil en vue, le vent souffle de ma gauche, je décide donc de longer les céréales par la droite. Je longe tranquillement entre la culture et le bois pour rejoindre la bande boisée qui délimite la droite du champ. Alors que j'avance doucement, un chevreuil démarre sur ma droite dans la bande boisée en aboyant. Ses cris résonnent alors qu'il s'éloigne rapidement dans la luzerne en contrebas. J'attends un peu et observe la culture mais toujours rien en vue. Je continue à remonter le long de la bande boisée et arrive au bout de cette dernière sans avoir vu d'animaux. La parcelle s'élargit sur ma droite pour rejoindre des vignes en longeant une grande parcelle de luzerne de l'autre côté de la bande boisée. Je m'avance un peu dans le blé pour rejoindre un passage de tracteur qui remonte vers le haut de la parcelle puis commence à le suivre quand j'aperçois la tête d'un brocard qui dépasse du blé, en haut de la parcelle, à environ 80 mètres. Je me fige. Il mange les céréales au milieu de l'avoine qui dépasse au-dessus du blé. Le vent vient de ma gauche, il ne m'a pas vu ni senti, c'est parfait. Il baisse la tête dans la culture, j'en profite pour avancer tranquillement vers lui quand un autre chevreuil commence à aboyer rageusement sur ma gauche à environ 30 mètres mais impossible de le voir dans la culture à cause de la hauteur des céréales mais aussi du relief du champ qui descend à cet endroit. Je reste immobile un moment, les aboiements semblent se rapprocher. Le brocard que j'approchais au départ a relevé la tête et regarde vers les aboiements qui me semblent très proches. Brusquement un brocard surgit de la culture et s'éloigne à grands bons tout en aboyant. Je ne comprends pas s'il m'avait vu ou si autre chose l'a intrigué. L'autre brocard n'a pas bougé, dès qu'il rebaisse la tête, je reprends mon approche. Je gagne peu à peu du terrain en stoppant dès qu'il lève la tête et en avançant dès qu'il la baisse. J'arrive ainsi à environ 30 mètres de lui mais il relève maintenant la tête à chacun de mes pas et l'approche se complique. Pas à pas, je gagne encore 10 mètres mais brusquement, il lève la tête et regarde vers moi sans vraiment comprendre ce que je suis. Il reste un instant statique à m'observer, impossible de savoir comment est orienté son corps dans cette végétation. Il finit par se retourner et démarrer au galop sur environ 10 mètres, j'arme mon arc et préaligne ma visée. Il stoppe dans une zone plus dégagée à un peu plus de 20 mètres, ma visée se cale, je décoche mais il saute la corde et je le manque. Il démarre en trombe en aboyant pour traverser une autre petite parcelle de blé très bas juste au-dessus pour se diriger vers les vignes un peu plus loin. Je presse le pas pour remonter en crête et l'observer s'éloigner. Il s'arrête régulièrement pour regarder derrière lui et finit par disparaître dans les vignes à environ 200 mètres. Je cherche ma flèche que je trouve posée au sol sans aucune trace de sang, je tourne un peu sur le secteur sans trouver d'indice, c'est bien manqué.

Je rejoins la bordure de la vigne et la longe tranquillement sur la bande enherbée qui la sépare d'une haie épaisse bordant la grande parcelle de luzerne. J'y jette un coup d'œil par moment quand les trouées dans la haie le permettent. Je stoppe net en apercevant une masse à moins de 10 mètres dans la vigne. C'est un énorme lièvre tapi au sol. En avançant un peu plus, j'aperçois un deuxième très gros lièvre tapi de l'autre côté de rang. Je les laisse tranquilles et poursuis ma route. Arrivé au coin de la vigne, je remonte le long du dernier rang qui fait suite à un plantier de vigne qui descend jusqu'au bois en contrebas. Je rejoins ainsi la bordure d'une parcelle de blé qui descend sur une bande d'environ jusqu'à un fossé puis remonte sur environ le triple de largeur vers le village de Roques. Je rentre de quelques mètres dans la culture pour rejoindre le premier passage de tracteur et descendre vers le fossé quand j'aperçois une tête de chevreuil dépassant des céréales à environ 30 mètres sur ma gauche. Je me fige, c'est une chevrette, je tente de continuer à descendre sans l'effrayer pour aller jeter un coup d'œil sur l'ensemble du champ. Elle mange tranquillement sans me repérer. Un peu plus bas, en face du bois, j'ai une bonne vue d'ensemble sur le secteur, rien vue dans le blé nu dans le friche qui rentre dans le bois sur la droite. Je remonte donc tranquillement dans le blé le long du passage de tracteur. Cette fois-ci, la chevrette me repère et détale. Je pars faire le tour des vignes du secteur et contrôle tous les intervalles entre les rangs. Pas le moindre chevreuil, je reviens vers les blés où j'ai commencé à chasser. Cette fois, je longe le haut de la parcelle en suivant le bois de Guimas. Je surveille le blé qui s'étend jusqu'à la route et qui n'est pas mélangé à de l'avoine sur ce secteur. Alors que j'arrive à la haie qui délimite la parcelle après le bois, une chevrette surgit des hautes herbes qui bordent la haie et fonce dans le blé derrière la haie. Elle fait une grande boucle pour retraverser la haie à environ 150 mètres en contrebas. Un énorme front nuageux menaçant arrive droit sur moi. L'orage menace, la luminosité a fortement baissée.

Je fais demi-tour pour revenir vers le grand champ de blé en-dessous de Roques. Je retraverse la zone de vignes et arrive en haut des céréales que je commence à longer en direction d'une petite vigne. J'aperçois alors un chevreuil dans le blé près du fossé qui marque le fond de la combe qui revient vers le bois sur la droite du blé. Il me semble reconnaître un brocard, il est à environ 300 mètres, le vent est un peu changeant mais ne va pas vers le brocard. Je décide de rejoindre la petite vigne et la longer pour redescendre vers le fossé. J'avance doucement de rand en rang en surveillant le chevreuil qui remonte tranquillement dans le blé en direction du village de Roques. La vigne se termine et laisse place à une plantation d'arbres en friche, l'approche sera compliquée par là car les petits arbres ne me cacheront pas beaucoup. Je décide de tenter l'approche par la bordure du blé, je traverse rapidement la bande enherbée alors que le brocard a baissé la tête et a disparu dans le blé. Le vent est de plus en plus soutenu et la pluie commence à tomber. J'avance le plus rapidement possible, longeant le blé en stoppant et en me baissant à chaque fois que je brocard relève la tête. Il fait demi-tour et revient vers le fossé, j'arrive au bord de ce dernier, caché par une bande d'herbes épaisse qui le borde. Le chevreuil biaise vers le bois. Je tente de lui couper la route en avançant dans les herbes hautes mais je dois souvent stopper car il relève régulièrement la tête. Il avance assez vite et je ne vais pas avoir le temps de lui couper la route, je tente de presser le pas mais le brocard regarde vers moi, il a décelé quelque chose et fixe son regard dans ma direction. Je reste baissé dans les hautes herbes mais au bout d'un moment il démarre pour s'éloigner au trot, de cul le long de la bordure gauche du fossé. J'en profite pour prendre le pas de course et le suivre baissé dans les hautes herbes. Il stoppe pour regarder derrière lui et je me fige en me baissant dans la végétation. Il repart au trot et franchit le fossé un peu plus loin et le longe de cul, je m'élance à sa poursuite sur environ 50 mètres d'un pas rapide. Il me devance d'environ 50 mètres mais ralentit. Il continue son chemin d'un pas tranquille. Je tente de réduire la distance d'un pas rapide alors que la pluie et le fort vent couvrent le bruit de ma progression. Je stoppe dès qu'il stoppe et repart dès qu'il avance. Je réduis ainsi rapidement la distance qui nous sépare. J'arrive à moins de 15 mètres, il stoppe et regarde derrière lui. Je me fige et me baisse doucement. Il est de 3/4 arrière dans une zone dégagée. Il repart, j'arme et me redresse, j'aligne la visée en avant du cuissot alors qu'il avance d'un pas tranquille. Je décoche, touché, il fait un tour sur place puis part au galop vers le bois ou je le perds de vue alors qu'il arrive en lisière, à environ 100 mètres. Il pleut très fort et je crains que la piste de sang ne s'efface vite. Je décide d'attaquer immédiatement la recherche. Je pars chercher ma flèche que je retrouve plantée au sol. Elle a déjà été lavée par la pluie. Je la récupère et réencoche un flèche. La piste de sang est assez facile à suivre et le blé couché dans la fuite du chevreuil facilite encore le pistage. Alors que j'arrive doucement à quelques mètres de la lisière, j'aperçois une tâche rousse dans le fossé bordant le bois. C'est mon brocard, je ne vois pas la tête mais je vois distinctement ses flancs. Il n'est pas mort et respire encore, il est à 4 mètres de moi. J'hésite à le flécher mais je ne vois pas la zone vitale. Je décide d'attendre sans bouger mais le vent tourne et le brocard me sent. Il se redresse d'un bon en s'enfonce dans le bois très épais. Je n'ai pas le choix, je dois le laisser faire son hémorragie au risque que la pluie efface totalement la piste.

Il est 21 heures, il me reste une heure avant la nuit, je décide de repartir en chasse et de revenir dans une heure. Je remonte dans le blé le long de la haie qui le sépare du plantier de vigne et la traverse dès que je trouve un passage. Je longe le bois en bordure du plantier. Il pleut des trombes d'eau et je suis trempé. Je rejoins un passage dans la haie qui sépare les vignes de la luzerne un peu plus loin. Je m'avance dans la luzerne pour rejoindre le bout d'une pointe du bois qui s'avance dans la luzerne. Une tête de chevreuil surgit du blé pris entre la luzerne et la route. Il est à 200 mètres environ et impossible de dire s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je tente une approche directe au travers de la luzerne détrempée qui m'arrive à mi-cuisse et m'entrave. Le chevreuil semble longer à 10 mètres de la bordure du blé mais je le perds brusquement de vue et impossible d'y remettre les yeux dessus. Je continue à descendre mais alors que je suis à mi-chemin du blé, une chevrette surgit de ce dernier à environ 150 mètres et fonce vers le petit bois au bord duquel je suis garé, un peu plus loin. Je remonte dans la luzerne puis longe la pointe de bois pour aller voir le coin du blé. Rien, je remonte pour longer la haie et revenir vers les blés que j'ai chassés en arrivant ce soir. La pluie diminue en intensité. En arrivant près du bout de la haie, je tombe sur une belle couche de chevreuil, j'avance doucement et arrive au bout de la haie. Une impression bizarre me fait stopper net. Une chevrette m'observe à 5 mètres, contre la haie côté blé. Nous nous observons un instant sous la pluie puis je décide de continuer et casse ce tête à tête, la chevrette démarre et fonce dans le blé. Je longe le blé en bordure de la luzerne jusqu'au départ de la haie qui redescend vers la route. Je marque une pause pour observer le secteur quand j'aperçois une tête de chevreuil qui dépasse du blé, à plus de 300 mètres, sur la droite d'un petit bosquet qui s'avance dans le blé au bout de chemin de terre qui redescend à ma voiture. Je décide de longer la haie pour descendre vers le bois et mettre le bosquet entre moi et le chevreuil pour tenter de m'approcher sans être vu. Une fois caché, je descends dans le blé pour rejoindre la bordure du bosquet mais une chevrette se lève dans les céréales à environ 100 mètres devant moi. Elle détale en aboyant et fonce vers le bosquet au bout duquel se trouvait l'autre chevreuil. Mes chances d'approcher discrètement sont compromises. Je rejoins tout de même le bosquet et le contourne par la gauche, par un passage entre le bois et le bosquet. Je remonte ensuite le long du bosquet et tombe sur la chevrette dans le blé. Elle regarde vers moi puis détale. Je remonte doucement au bout du bosquet sans y croire mais le chevreuil a disparu.

La luminosité baisse, il est temps de tenter de retrouver mon brocard. Je repars vers le blé au travers des vignes. Du haut de la parcelle, j'aperçois un chevreuil au gagnage dans les céréales sur la gauche de la parcelle près de la route. Il est à plusieurs centaines de mètres et je ne sais pas s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je décide de tenter l'approche. Il se dirige vers la plantation d'arbres, je descends le long de la vigne. Arrivé au coin de cette dernière, j'observe un peu le chevreuil qui avance toujours tranquillement en mangeant. Il est calme, je presse le pas pour rejoindre un petit arbre dans la friche. Je n'ai pas été repéré, j'avance ainsi d'arbre en arbre, restant immobile dès que le chevreuil relève la tête. Il n'est maintenant plus qu'à 150 mètres, à sa carrure, c'est sûr qu'il ne s'agit pas d'un beau brocard. Je décide de laisser tomber et rejoins le fossé qui borde le blé. Le chevreuil relève la tête et me regarde m'éloigner. Je retourne au bord du bois où s'était couché le brocard. Il reste juste un peu de sang délavé au fond de sa couche. Je descends dans le fossé et rentre dans le bois très dense par une coulée en tunnel qui s'enfonce dans les ronces au milieu des petits frênes très denses. J'allume ma frontale pour tenter de trouver du sang. J'aperçois un petit frotté de sang lessivé sur un arbuste. Le sous-bois est parcouru de très nombreuses coulées en tunnel qui se croisent dans la végétation. Je progresse très lentement à 4 pattes avec mon arc tout en cherchant les traces de sang. Je dois souvent contrôler plusieurs coulées sur quelques mètres pour trouver un nouvel indice. Le sang est souvent très difficile à voir car la pluie l'a partiellement ou presque totalement lavé. Un peu de végétation couchée, une branche cassée, une empreinte au sol... M'aident parfois un peu à prendre la bonne direction. Après environ 30 minutes de recherche où je n'ai pas fait plus de 35 mètres, la nuit s'est installée et une respiration très forte se fait entendre. J'éclaire autour de moi quand j'aperçois 2 yeux qui brillent dans l'obscurité, dans le faisceau de ma lampe. Mon chevreuil est couché à environ 10 mètres au milieu des arbustes. Je peine à le distinguer et je n'ai aucune fenêtre de tir. J'attends un instant sans bouger, il regarde vers moi et reste immobile, je décide de tenter de me rapprocher un peu. Sur ma gauche une petite zone plus dégagée de quelques mètres carrés pourra me permettre de me relever. J'avance tout doucement au travers des branches. Le chevreuil n'a pas bougé et respire toujours difficilement. Je me redresse doucement, je vois le chevreuil plus distinctement mais les branches encombrent ma trajectoire de tir. J'attends un peu, le chevreuil ne semble pas vouloir bouger. Je commence à casser doucement quelques branchettes devant moi. Je fais une pause de quelques secondes entre chacune. Le brocard ne bouge toujours pas, branche après branche, je finis par dégager une petite fenêtre de tir de 15 cm par 15 cm qui le donne accès à sa zone vitale. J'arme doucement mon arc et aligne ma visée sur son défaut d'épaule. La lueur de ma frontale projette l'ombre de mon arc sur le chevreuil et je peine un peu à bien ajuster ma visée avant de décocher. Un impact retentit mais impossible de voir ma flèche et le chevreuil n'a pas réagi. Je réencoche mais après quelques seconde il tend le museau au ciel, se raidit et sa tête retombe doucement au sol puis Il se met à se débattre coincé dans les arbustes. Je pose mon arc et le rejoins rapidement pour m'en saisir aux cas où il trouverait la force de repartir mais il s'immobilise rapidement. Je dégage ma flèche qui est pile au défaut de l'épaule. Je suis soulagé, cette année est vraiment particulière, c'est le 3ième animal à la suite qui nécessite une flèche d'achèvement. Ma première flèche était un peu trop en arrière, elle casse l'os du cuissot et ressort derrière le foie. J'appose le bracelet et lui rends les honneurs avant de ressortir du bois. Je suis trempé, il est temps de rentrer, j'attache les 4 pattes et charge mon chevreuil sur mon épaule pour le ramener près de la route avant de partir chercher ma voiture par la route pour revenir faire quelques photos souvenirs avant de rentrer.

Une belle approche sous l'orage, 17 juin 2021

Alex

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 09:36

Ce soir, je me gare au bord de la route puis commence par longer par la gauche d'une parcelle de blé prise entre la route et la rivière. J'avance doucement en surveillant les céréales, en arrivant au coin du blé, un petit mouvement attire mon attention. Un jeune lièvre arrive droit sur moi en longeant la culture et stoppe à environ 50 mètres. Je tente d'attraper mon appareil photo mais il aperçoit le mouvement et fait demi-tour avant de disparaître dans les céréales. Je rejoins le premier passage de tracteur et poursuis ma progression lente en surveillant le blé et les herbes hautes qui le séparent de la bande boisée bordant la rivière. Il fait encore très chaud ce soir, aucun animal ne semble bouger pour le moment. En arrivant à environ 80 mètres du chemin de terre surélevé qui vient de la route, sépare cette parcelle de blé de la suivante et traverse la rivière au niveau d'une vielle passerelle métallique, je me fais surprendre par le brocard du secteur qui se lève à 20 mètres de moi dans le blé. Je me baisse rapidement dans la culture. Il fonce vers le talus du chemin de terre, marque un arrêt pour regarder derrière lui puis remonte le talus en aboyant et disparaît derrière la bute du chemin. Je presse le pas jusqu'au chemin, longe un peu la bute sur ma droite pour rattraper un passage qui enjambe le fossé qui la borde et remonte sur le chemin. Je scrute un instant la parcelle de blé en contrebas sans rien voir. Je descends pour rattraper le passage de tracteur qui fait le tour de la parcelle et le longe tranquillement côté rivière. Le brocard s'est volatilisé, j'arrive près de la haie qui délimite la bordure des céréales et les séparent d'une grande prairie. Je remonte en la suivant vers la route. Alors que j'arrive à environ 100 mètres de la route, j'aperçois le brocard au travers de la haie, il fonce vers la route alors qu'une voiture arrive mais traverse heureusement juste avant l'arrivée de cette dernière qui freine tout de même en l'apercevant. Il longe le blé de l'autre côté de la route par la gauche, en bordure d'une prairie et je le perds de vue un peu plus haut. Je presse le pas et rejoins la route, la traverse et remonte dans le blé par le premier passage de tracteur. J'avance doucement en surveillant le secteur quand une chevrette démarre dans mon dos, sur ma droite et fonce dans le blé à grands bons. Les céréales sont tellement hautes que je ne la vois que par intermittence, à chaque bon. Elle s'arrête par moment et je la perds donc de vue. Je reprends ma progression pour rejoindre le haut du champ alors que la chevrette continue à s'éloigner en aboyant.

Je remonte tranquillement jusqu'en haut de la culture sans revoir le brocard. Je décide de faire le tour des parcelles de vignes du secteur. J'avance doucement sur la bande enherbée, prise entre la bande boisée qui délimite le territoire sur ma gauche et la vigne sur ma droite, en contrôlant les intervalles entre les rangs. Le relief ne me permet pas de voir d'un bord à l'autre de la vigne. Arrivé en haut de la vigne sans avoir vu le moindre chevreuil, je longe le haut de la parcelle puis redescends sur l'autre côté sans plus de succès. Alors que j'arrive au niveau des derniers rangs, j'aperçois un brocard qui regarde vers moi à environ 200 mètres entre 2 rangs. Je zoome avec mon appareil photo pour mieux le voir, c'est un petit daguet que je vois régulièrement sur le secteur. 

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Je reste immobile, calé au bout du rang pour me cacher derrière le feuillage de la vigne. Le temps passe sans qu'il ne se décide à bouger. L'approche est perdue d'avance, j'attends donc sans bouger en espérant qu'il fasse une erreur. Après plusieurs minutes, il finit par se mettre en mouvement, il se tourne plein profil et passe au travers du rang à sa gauche. Je me décale doucement au bout de ce rang, le brocard avance tranquillement et passe les rangs les uns après les autres en broutant par moment. Je le suis de bout de rang à bout de rang et il commence à biaiser vers mon côté de la vigne, je me dis que la chance va enfin me sourire mais le vent tourne, il finit par me repérer et s'enfuit pour disparaître rapidement dans la vigne.

Je redescends vers le grand champ de blé et prends à droite entre la vigne et les céréales. J'avance doucement en surveillant la culture quand un bruissement me fait stopper net. Je scrute la surface du blé quand j'aperçois un mouvement qui agite la culture à environ 15 mètres de la bordure, un peu plus en avant. L'animal semble venir vers moi mais la végétation est trop haute pour le voir. J'espère pouvoir le voir au moment où il croisera un passage de tracteur. L'animal qui baisait doucement vers moi en s'arrêtant régulièrement, biaise maintenant vers l'intérieur de la culture. Mes chances de l'avoir à portée de tir s'amenuisent, je le suis un peu au bord du blé puis décide de tenter de le recouper un peu plus loin. Le champ fait une bosse, je prends le pas de course sur environ 150 mètres et perds le mouvement de vu à cause du relief du terrain. Je rentre ensuite dans la culture et rattrape un passage de tracteur que je suis pour descendre dans la culture d'environ 100 mètres avant de me caler près du passage estimé de l'animal s'il a gardé la même direction. L'attente commence, après 2 ou 3 minutes sans rien voir, je me dis que l'animal peut être bifurqué. Je tente de m'avancer doucement vers sa dernière position connue en m'arrêtant tous les 2 pas pour observer. Brusquement, le blé bouge à environ 30  mètres devant moi, l'animal vient droit sur moi, il me faut reculer pour revenir dans le passage de tracteur si je veux avoir une chance de le voir. Revenu dans le passage de tracteur, j'ai 15 mètres de passage propre pour trier puis la végétation dense ne me permettra pas de voir l'animal. Ce dernier biaise doucement et arrive au passage de tracteur mais trop bas, je m'avance un peu mais il passe dans la zone de végétation dense, un second animal suit et passe au même endroit, impossible de les voir. J'avance en parallèle à environ 15 mètres d'eux en espérant les recouper aux prochains passages de tracteur mais j'arrive trop tard au passage suivant. Je m'apprête à rentrer à nouveau dans les céréales quand les animaux font demi-tour. J'aime mon arc mais ils viennent stopper un moment à environ 10 mètres ans le passage de tracteur sans que je puisse les voir et ils finissent par m'éventer ou me voir et foncent dans la culture. Je tente de les suivre pour aller les recouper plus loin en passant en dessous d'eux pour ne pas être éventé car le vent a tourné. J'arrive à suivre un moment le mouvement puis les perds de vue et impossible de les retrouver. En cherchant je lève 2 chevrettes qui détalent vers la vigne. Je décide de laisser tomber et remonte en bordure de la vigne puis prends à droite pour revenir vers les bâtiments quand j'aperçois un gros sanglier à plus de 300 mètres, sur le chemin blanc qui remonte vers les bâtiments, entre la parcelle de blé et celle d'orge.

Je presse le pas en revenant vers les bâtiments puis rentre dans le blé pour descendre par le premier passage de tracteur à environ 10 à 15 mètres du chemin. Le sanglier a disparu, je descends assez rapidement sur 100 mètres puis ralenti et stoppe régulièrement pour regarder autour de moi, je ne sais plus où se trouvait le sanglier maintenant que je suis descendu. Brusquement, je l'aperçois à nouveau, il doit faire au moins 80 kg, il mange de l'orge de 3/4 arrière, de l'autre côté du chemin à environ 30 mètres. Je me baisser dans le blé, accroche mon décocheur et tente de me rapprocher un peu mais le sanglier se retourne et regarde vers moi. Je suis immobile, baissé, il s'avance doucement, curieux vers moi et je le perds de vue quand il arrive contre le blé. J'attends immobile en surveillant autour de moi, rapidement, le blé se met à bouger à environ 20 mètres, près du chemin. Le mouvement vient vers le passage de tracteur. Il y a 2 ou 3 animaux. Je m'avance doucement pour me rapprocher de l'endroit où je pense les voir croiser le passage de tracteur et me cale prêt à armer. Les animaux approchent doucement, j'aime mon arc alors qu'ils ne sont plus qu'à quelques mètres. Le premier sanglier stoppe dans le passage, à 8 mètres, plein travers, il est dégagé du groin à l'épaule. J'aligne rapidement ma visée et décoche. L'impact retentit, les 3 sangliers démarrent en trombe et foncent dans le blé sur ma droite. Mon sanglier s'est écarté des 2 autres en remontant légèrement et a stoppé à environ 60 mètres.

Je réencoche et reste un moment immobile en espérant voir un autre sanglier mais les minutes passent et rien ne bouge. Je m'avance donc pour aller chercher ma flèche. J'avance tranquillement dans le passage quand un sanglier démarre à environ 15 mètres devant moi, dans le blé sur la gauche du passage. Il fonce en parallèle du chemin sur environ 30 mètres, stoppe un court instant puis prend à droite et redémarre pour s'éloigner dans le blé après avoir traversé le passage de tracteur d'un bon. Je récupère ma flèche puis cherche le sang. Je trouve vite les premières gouttes. La piste est abondante et facile à suivre. La luminosité baisse vite et j'allume ma frontale pour suivre le sang plus confortablement. Alors que j'ai fait environ la moitié du chemin jusqu'à l'endroit où j'ai vu le sanglier s'arrêter, il me semble entendre une respiration forte et des grondements sourds. Je stoppe pour tendre l'oreille, cela vient de l'endroit où le sanglier s'est arrêté. Mon sanglier n'est pas mort. Un bruissement dans mon dos me fait me retourner, plusieurs sangliers arrivent vers moi dans le blé. J'éteins ma frontale et accroche mon décocheur. Ils biaisent pour passer à environ 15 mètres, un peu plus bas. Je m'avance doucement pour me rapprocher de leur trajectoire mais le passage de tracteur est encombré par la végétation et je ne peux que voir bouger le blé quand ils passent à quelques mètres de moi. Je rallume ma frontale, reviens au dernier sang et écoute mon sanglier qui grogne toujours en respirant péniblement. Après un moment, un bruissement dans mon dos me fait tourner la tête. Un autre sanglier arrive droit sur moi. J'éteins à nouveau ma frontale, accroche mon décocheur et le laisse venir. Il zigzague un peu en avançant doucement. Il n'est plus qu'à 6 ou 7 mètres et semble hésiter, il va et vient de droite à gauche. Il a dû tomber sur mon odeur et celle du sang, il finit par s'éloigner en remontant dans la culture. La nuit sera vite là, je décide de tenter d'approcher mon sanglier pour en finir avant qu'il fasse trop sombre car il ne semble pas vouloir mourir. J'avance tout doucement en suivant le sang à la lueur de ma frontale. Un trou dans le blé se dessine à environ 15 mètres et le sang se dirige droit vers cet endroit. Le souffle pénible du sanglier se fait de plus en plus présent, j'avance très lentement, décocheur accroché et arrive au ras du trou dans le blé. Mon sanglier est couché de cul sous une grosse touffe d'herbes hautes qui retombent sur lui. Je de vois que son postérieur et devine difficilement son groin. Faire un tir propre est compliqué. Je me tiens prêt à armer et reste immobile près de lui. Le vent est bon, il ne me sent pas. Au bout d'un moment, il se redresse sur ses pattes avant et se recouche, ce qui me permet de bien localiser son épaule. Il a repoussé un peu la végétation et sa zone vitale est visible. J'arme doucement, me décale un peu sur la gauche pour pouvoir tirer en 3/4 arrière, aligne ma visée et décoche. La flèche est rentrée au défaut de l'épaule. Il se redresse d'un bon et tente de fuir mais retombe à 2 mètres dans le blé où il se débat un court instant avant de s'immobiliser. Je m'avance pour dégager ma flèche qui est restée en travers, ressortant dans la gorge. Elle n'est pas cassée, j'ai eu de la chance. Ma première flèche est au niveau du cœur mais l'os de la patte l'a déviée vers l'avant et elle passe juste devant le cœur sans le toucher. Après quelques photos souvenirs, il est temps de rentrer car la nuit m'enveloppe.

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Alex

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 05:56

Aujourd'hui, c'est l'ouverture mais aussi ma première sortie au grand gibier avec mon V3 31. Comme chaque année, je n'ai pas fait de repérage sur le terrain et ce soir en sortant du boulot je pars chercher mes bracelets chez le président de la chasse de Justian avant d'aller faire un tour à la chasse. Il pleut des cordes et d'après la météo le temps ne va pas s'arranger avant la nuit mais alors que je passe Biran, le soleil fait son apparition et illumine le paysage détrempé. Alors que j'arrive bientôt à Vic Fezensac, vers 18h15, je repère une tache rousse à 100 mètres en contrebas, sur la droite de la route. C'est une chevrette au gagnage sur une bande enherbée broyée qui sépare 2 parcelles de blé. Arrivé chez le président de la chasse, il ne pleut presque pas, juste quelques gouttes éparses, j'espère que ce temps va durer. Je récupère mes bracelets et discute un peu avant de reprendre ma voiture pour aller chasser le long du chemin blanc qui relie Justian à Roques. Je me gare dans les herbes hautes, au bord de ce dernier, au coin d'un champ d'avoine et me prépare tranquillement. Le vent est tournant mais semble plus régulièrement souffler dans mon dos, je décide de remonter le chemin blanc pour chasser en revenant à bon vent. Je laisse mon appareil photo à la voiture à cause du risque de pluie et commence à longer tranquillement le chemin. Sur ma gauche une grande friche s'étend sur plus de 100 mètres de large jusqu'à une haie épaisse en face de la parcelle d'avoine j'observe alternativement les 2 côtés du chemin et arrive à un 4 chemin. Celui de gauche part vers l'Osse alors que celui à ma droite remonte dans la colline. Je fais une pause pour observer le secteur quand je repère à plus de 250 mètres, une tache rousse au milieu d'une parcelle de fèveroles sur ma droite. Elle est prise entre une pente montante boisée sur sa gauche et un chemin longeant un ru sur sa droite. Ce dernier rejoint le chemin qui remonte dans la colline en bordant le bas des féveroles après un virage à angle droit sur la gauche. Pensant qu'il s'agit d'un chevreuil au gagnage, je décide de tenter une approche. Je dépasse le carrefour et avance suffisamment pour que le talus du champ de fèveroles et le bois qui les domine me cache aux yeux de l'animal. Au moment où je perds le chevreuil de vue, plusieurs avions de chasse me survolent dans un vacarme assourdissant et je crains qu'il n'aient fait fuir le chevreuil. Je décide de finir tout de même mon approche et remonte par un passage de tracteur qui remonte dans une grande parcelle de blé pour remonter vers les fèveroles. Sachant que je suis caché, je progresse le plus rapidement possible en essayant de ne pas faire trop de bruit et rejoint ainsi le talus qui borde le chemin de terre et remonte vers les fèveroles. Je le monte doucement et n'aperçois pas de chevreuil dans la culture en arrivant au sommet, je tente de m'avancer doucement dans les fèveroles pour rapidement m'apercevoir que j'approche en fait une touffe de végétation sèche.

Je fais donc demi-tour et reviens vers le chemin blanc pour continuer à le suivre. Les parcelles au bord de l'Osse semblent semées de frais et donc peu adaptées à l'approche. Un peu plus loin un passage, dans la haie épaisse qui borde le chemin, me permet de jeter un petit coup d’œil sur une petite prairie prise entre des haies. Je décide d'aller faire un tour rapide vers l'Ose pour voir l'état des parcelles cachées par les haies. Je m'avance tranquillement sur le passage de tracteur qui longe la haie de gauche tout en surveillant la petite prairie. Un peu plus loin, un passage, entre le départ d'un bosquet qui fait suite à la haie que je longe et la haie qui ferme la petite prairie, me permet d'accéder à la prairie suivante qui est un peu plus vaste. J'avance tranquillement quand une tâche sombre à 4 mètres sur ma droite me fait stopper net. C'est une chevrette, elle regarde en arrière et reste statufiée, je bouge un peu mais elle ne réagit toujours pas, je décide de poursuivre. Je reviendrai tout à l'heure voir si elle est toujours là. Alors que j'arrive près de la haie qui délimite la prairie, un brocard surgit des herbes hautes, à environ 15 mètres de moi et fonce en longeant la haie. Sur son passage, il dérange une chevrette qui démarre à son tour et fonce sur moi pour bifurquer au dernier moment sur ma droite en m'apercevant et retourner vers le centre de la prairie.  Le brocard a stoppé à environ 80 mètres et a disparu dans les herbes hautes. Je tente une approche, mais alors que j'arrive là où je l'ai perdu de vue, impossible de le retrouver. Je fais demi-tour et reprends ma progression vers l'Osse. Les autres parcelles sont soit des prairies fauchées soit des semés de tournesol non levés. Je retourne vers le chemin blanc, la première chevrette vue a disparu, je craignais qu'elle n'ait un problème de santé. De retour sur le chemin blanc, le vent semble se stabiliser dans mon dos en direction de Roques. Je décide donc d'avancer un moment pour revenir en chassant par les coteaux avec le vent de face. La haie qui borde la gauche du chemin s'ouvre sur une prairie fauchée alors que je longe toujours le blé sur ma droite. Un peu plus loin, une haie descendant du coteau de droite sépare le blé d'un champ semé pris entre le bois des Arrauques et le chemin blanc. J'aperçois une petite boule sombre au bord du bois à environ 200 mètres. Un coup d’œil derrière la haie qui se poursuit vers l'Osse sur ma gauche, entre la prairie fauchée et un semé. Rien, je progresse tranquillement sur le chemin et identifie vite la boule sombre, c'est un lièvre.

Après le bois sur ma droite, le paysage s'ouvre sur un immense champ de poids qui couvre tout le penchant jusqu'en crête. Sur ma gauche une friche ponctuée de grosse flaques d'eau ou je cherche à repérer un animal sans succès. Je passe une nouvelle haie qui borde un petit ru qui longe la parcelle de poids pour rejoindre l'Osse. Je décide de prendre à droite pour remonter en la longeant, sur la bande enherbée qui la sépare d’une parcelle de blé. J'avance doucement dans les herbes hautes au bord des céréales quand j'aperçois le dos d'un chevreuil à environ 50 mètres, entre le blé et une parcelle de vigne. Le vent souffle sur ma droite vers le blé, le chevreuil ne devrait pas me sentir tant que je n'avance pas à son aplomb. J'avance lentement voûté quand l'animal redresse la tête, c'est un petit brocard. Je me baisse derrière le blé en attendant qu'il baisse la tête puis reprends mon approche, j'arrive sans difficulté à environ 10 mètres du brocard qui broute tranquillement. J'arme doucement mon arc mais touche involontairement mon repose flèche qui se rabat et libère ma flèche qui tombe et touche mon arc avec un petit tintement. Je me jette au sol et remet ma flèche en relevant mon repose flèche. Le chevreuil a redressé la tête et regarde vers moi sans vraiment me voir. Un merle commence à lancer des cris d'alerte dans mon dos, dans la haie. Le chevreuil devient inquiet et hume l'air puis regarde autour de lui avant de commencer à s'éloigner d'un pas saccadé. Il me tourne le dos, j'arme mon arc et me redresse pour aligner la visée. Il stoppe et pivote plein travers pour regarder vers moi, ma visée est posée, je décoche. L'impact retentit mais le chevreuil a démarré juste avant l'impact. Il rentre de quelques mètres dans le blé et fonce dans le premier passage de canon pour remonter de cul, en aboyant, vers le somment du champ. Sa course semble difficile comme si ses antérieurs peinaient à le porter. Je le perds vite de vue derrière la crête du champ, le fait qu'il aboie ainsi sans peine me fait penser que je n'ai pas touché les poumons. Le temps étant incertain, je crains que la pluie n’efface la piste, je décide donc de la suivre tranquillement. Je pars chercher ma flèche que je trouve sans difficulté, elle est plantée au sol et porte un peu de sang. Je la remets au carquois, réencoche une flèche et m'avance dans le blé à la recherche du premier sang que je trouve rapidement.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

La piste est bien fournie et suit le passage de la roue du tracteur, je la suis sans grande difficulté.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Un peu après la crête du champ le chevreuil a dû marquer un arrêt car je trouve une belle reposée debout.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Environ 20 mètres plus loin, la trace de sang prend au gauche dans le blé. Je m'avance doucement dans le passage de tracteur quand j'aperçois mon chevreuil couché en boule, de 3/4 arrière à environ 3 mètres de moi dans le blé en bordure du passage. J'arme doucement vise au niveau des épaules et décoche. Je  ne sais pas si je l'ai touché mais il se redresse d'un bon et  fonce par le passage de tracteur vers la bordure du champ avant de prendre à gauche pour s'immobiliser à environ 60 mètres, plein travers dans le blé. Je l'observe sans bouger, après quelques secondes, il se couche. Je vais récupérer ma flèche plantée au sol dans le blé et remarque une tâche de sang un peu éloignée de la couche.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Ma flèche est peu marquée par le sang. Je décide de retenter l'approche en suivant le sang et arrive dans difficulté à quelques mètres du chevreuil qui n'est toujours pas mort. Il respire péniblement et je décide d'attendre un peu. Il se couche rapidement sur le flanc. Je pose mon arc pour finir de l'approcher et le saisir par les bois pour en finir. Ma première flèche est trop basse elle semble rentrer au cœur mais passe devant ce dernier et ressort dans les muscles de la patte avant opposée. La seconde rentre dans l'épaule et ressort à la base du cou. J'appause mon bracelet et rends les honneurs avant de sortir le chevreuil du blé pour faire quelques photos souvenirs.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Je le ramène à ma voiture où je le vide avant de le charger dans ma caisse à gibier. Il reste encore un peu plus d'une heure de jour, je décide de repartir en chasse. Je retourne vers les féveroles. Cette fois, je longe la parcelle par la droite, le long du ru bordé par une haie qui le sépare d'une grande parcelle d'avoine. J'avance doucement en surveillant la culture et arrive à un fossé bordé de bandes enherbées non fauchées de part et d'autre et qui sépare la parcelle de féveroles d'une autre en U qui entoure une colline au sommet boisé. Je commence par suivre les fèveroles par le bord du ru jusqu'à la route à quelques centaines de mètres sans rien voir puis fais demi-tour pour longer la droite du fossé qui sépare les 2 parcelles de fèveroles. J'avance doucement en surveillant autant la prairie à ma gauche que la bande enherbée et les fèveroles. Rien en vue, je passe sous la clôture électrique qui me sépare de la prairie à ma gauche et traverse cette dernière pour rejoindre un passage dans la haie qui la sépare d'une parcelle de blé. Rien en vue non plus dans les céréales, par les passages de gibiers et de tracteur, je remonte jusqu'aux vignes, un peu plus haut. Toujours rien, le secteur est très découvert, autour des vignes, des prairies fauchées et des semés de tournesol à peine levés. Contre les vignes, une petite parcelle de blé bordée sur sa droite par une haie. Je la longe doucement mais toujours rien, je décide de revenir vers le chemin de terre qui redescend vers le chemin blanc. 

Alors que je sors du le blé, je longe le pied d'un petit talus en direction d'une parcelle de vigne bordant le chemin quand j'aperçois un brocard aux bois très foncés, au gagnage entre les rangs de vigne. La luminosité commence à baisser, j'avance doucement en stoppant à chaque fois qu'il relève la tête. Le talus est de moins en moins haut et je dois me baisser de plus en plus quand la végétation craque sous mes pas. Le brocard relève brusquement la tête et regarde vers moi. Je reste un moment immobile et il finit par reprendre son repas. J'attends un peu sans bouger puis le voyant calme, je reprends ma progression mais je refais du bruit un peu plus loin et il relève à nouveau la tête, me condamnant à une immobilité parfaite pendant un instant. Il finit par reprendre son repas mais alors qu'il venait vers le blé, il se retourne pour brouter en partant vers le chemin. Je finis mon approche à genoux jusqu'au bout du talus, en face du coin de la vigne. Le brocard broute la vigne, tête haute dans les feuillages, à environ 60 mètres de moi. Je tente ma chance et en profite pour avancer rapidement sur les 30 mètres de découvert qui me séparent de la vigne et me cale au bout d'un rang à genoux. Je tente d'apercevoir le brocard par en dessous du feuillage mais je peine à le voir. Je tente de me décaler un peu sur ma droite mais le brocard démarre en aboyant et fonce vers la bande de blé de l'autre côté du chemin. Je cours jusqu'au coin de la vigne, il a stoppé dans le blé et regarde vers moi un instant avant de foncer à grands bons vers le bois en aboyant. Il fera bientôt nuit, je décide de redescendre vers ma voiture. En arrivant dans le virage du chemin entre le blé à ma droite et l'avoine à ma gauche, je me fais surprendre par un renard qui démarre sur la bande enherbée broyée coté blé et fonce dans l'avoine. Je continue vers ma voiture quand je jette un coup d’œil en arrière. Une silhouette sombre se promène dans la prairie fauchée, au-dessus du blé à environ 300 mètres et s'avance vers le chemin. Je remonte au pas de course par le chemin pour ralentir en arrivant près de la haie qui borde la prairie fauchée en bordure du chemin. Je monte doucement et aperçois, entre les arbustes épars, un renard qui mulote à environ 80 mètres dans la prairie fauchée en venant vers le chemin. Je remonte un peu plus pour me positionner dans une trouée de la haie. Le renard vient plus ou moins vers moi, je l'appelle avec des cris de souris et il fonce tout de suite vers moi. J'arme mon arc et continue à appeler, il arrive à environ 15 mètres et ralentit alors que je le suis dans mon viseur. Il stoppe à environ 12 mètres, je cale ma visée sur son poitrail et décoche mais ma flèche ricoche sur sa tête. Il démarre sur ma gauche en gueulant et je le perds vite de vue derrière la haie. Je m'avance rapidement mais il a disparu. Je pars cherche ma flèche qui ne porte pas de trace de sang ni de poils. Je cherche un instant sur la direction de fuite sans trouver d'indice. Je m'apercevrais à l'entrainement que mes lame mécaniques de 100 grains groupent plus haut que mes Exodus de 150 grains ce qui explique ce tir trop haut, j'aurais dû tirer avec une Exodus. La nuit s'installe, je rentre.

 

Alex

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 06:08

Depuis quelques années, je ne chasse plus ou presque le ragondin. La chasse trop facile de cette espèce ne me passionne pas. Je tire toujours quelques ragondins à la rencontre lors de mes sorties de chasse au grand gibier mais je ne fais plus de sortie dédiée à cette espèce. Mes flèches très fines d'un peu plus de 500 grains, tube Easton Injexion ne flottent pas et m'imposent des tirs hors de l'eau ou fichant dans les berges. Ce weekend, Arnaud vient chasser avec moi et j'en profite pour organiser une journée de chasse entre amis, samedi, pour le dernier weekend de chasse de la saison. Arnaud étant arrivé le vendredi soir nous avons réalisé un affût au sanglier sur Traversères sans voir le moindre animal.

Ce matin, Lionel et Christophe nous rejoignent chez moi et nous partons pour une matinée ragondin. Je décide de commencer sur Saint Arroman. A cause du couvre-feu nous arrivons sur place après le lever du jour. Nous nous gardons à la ferme et laissons Lionel et Christophe qui vont chasser 2 mares avant de nous rejoindre au bord du Sousson en suivant un ru affluent de ce ruisseau que nous allons longer avec Arnaud. Je pars me garer au bord du ruisseau au niveau d'un passage busé enjambant le cours d'eau. Arnaud voudrait filmer notre sortie et nous emportons donc un peu de matériel vidéo avec nous. Je n'ai pas chassé dans le secteur depuis plus de 1 an et les propriétaires m'ont dit que les ragondins étaient bien présents sur le secteur, je m'attends donc à en voir un bon nombre. Nous commençons par remonter le ruisseau en amont du passage busé mais pas le moindre ragondin et l'eau du ruisseau limpide nous laisse à penser que les ragondins n'ont pas beaucoup bougé cette nuit et ce matin. Après plusieurs centaines de mètres sans rien voir à part 2 chevaliers, je décide de faire demi-tour. Je tente d'appeler dans une zone de terriers en amont du passage busé mais rien ne bouge. Nous continuons à descendre le Sousson, chacun de notre côté, mais pas le moindre ragondin.

Nous passons un deuxième passage busé et apercevons au loin nos amis qui descendent le ru. J'avance un peu sans voir de ragondin. La berge opposée devient inchassable pour Arnaud car une bande arborée lui masque le ruisseau. J'aperçois alors 2 petits ragondins à 30 mètres devant moi. Ils sont assis sur un banc de gravier dans 1 à 2 cm d'eau. J'interpelle Arnaud et l'invite à me rejoindre en faisant demi-tour pour traverser par le passage busé. Il presse le pas mais les ragondins regagnent leur terrier alors qu'un troisième surgit du terrier et y rerentre à l'arrivée de ses confrères. Arnaud me rejoint, je lui montre le terrier où sont rentrés les animaux et le laisse faire son approche. J'attrape mon appareil photo pour le filmer. Je me cale en face du terrier où Arnaud vient de voir sortir et rerentrer un petit ragondin. Je commence à filmer et à appeler, au bout d'un moment, un petit ragondin sort et je le signale à Arnaud qui arme son arc. Je zoome sur le ragondin mais je n'ai plus de batterie et mon appareil photo s'éteint juste avant le tir parfait d'Arnaud qui sèche le petit imprudent d'une belle flèche de tête. Bravo Alex, je n'ai pas pensé à vérifier l'état de la batterie hier soir. J'appelle encore un moment mais rien de vient, Arnaud descend le talus abrupt du cours d'eau et d'avance dans l'eau peu profonde pour aller récupérer sa prise. Au moment où il saisit sa flèche nous entendons démarrer un autre ragondin dans le terrier. Un filet d'eau boueuse s'échappe alors de ce dernier. Arnaud récupère flèche et ragondin avant de remonter le talus alors que Lionel et Christophe nous rejoignent.

Nous décidons d'aller jeter un coup d'œil sur un petit lac un peu plus haut. Nous remontons tranquillement la colline puis remontons doucement le talus de la digue du plan d'eau. En arrivant au sommet, j'aperçois 2 colverts sur la gauche du plan d'eau, en face de l'île à environ 100 mètres. En nous apercevant, les 2 oiseaux prennent leur envol et provoquent le démarrage de 2 gros ragondins qui se jettent à l'eau et remontent presque aussitôt en surface. J'envoie 2 de mes amis garder les 2 seuls échappatoires du petit lac. Un au niveau de la buse d'alimentation et un au niveau de la buse du trop plein sous lesquelles se trouvent les seuls terriers du plan d'eau. Lionel se positionne rapidement au niveau du déversoir au coin droit de la digue. Je presse le pas sur la rive gauche alors qu'Arnaud et en face. Un remous boueux au coin gauche de la digue me fait penser qu'un autre ragondin vient de plonger. Alors que je surveille un des ragondins qui est immobile en surface entre la berge et l'île, j'aperçois le second qui refait surface à 15 mètres de la buse d'alimentation. Je prends le pas de course pour lui couper la route et le fais plonger en arrivant au bout de la buse. Christophe décoche sur un ragondin qu'il a vu remonter contre l'île mais le manque et il plonge. Rapidement, j'aperçois un gros ragondin qui vient droit sur moi et remonte en surface à quelques mètres devant moi. Je tente d'armer rapidement mon arc mais il perçoit mon mouvement et replonge. Je reste à mon poste et observe le secteur quand un remous agite la surface sous un amas de joncs à un peu plus de 20 mètres, au bord du lac sur ma droite. Je le signale à Arnaud. Je pense le ragondin est sous la végétation mais Arnaud passe sans que le ragondin ne bouge. Je reste en alerte, assez rapidement le gros ragondin revient vers la verge à 4 mètres sur ma gauche. J'arme rapidement avant qu'il ne refasse surface et aligne ma visée sur son épaule au moment où il émerge. Je décoche, ma flèche est pile où je la voulais, arrêtée par le fond peu profond, elle est restée en travers du ragondin qui plongent se débat un instant sous l'eau en perdant beaucoup de sang. Il remonte rapidement à quelques mètres devant moi pour s'immobiliser. Le temps passe et le second ragondin est introuvable. Je laisse mon poste à Arnaud et pars faire le tour du plan d'eau par ma gauche. Je donne un coup de pied dans chaque touffe de jonc mais rien ne bouge. Je passe le poste de Lionel qui n'a rien vu passer, longe la digue puis reviens par l'autre berge. Toujours rien, arrivé au niveau de la grosse touffe de joncs où j'avais vu le remous, je donne des coups de pieds dedans quand une masse sombre démarre sous l'eau et part vers la digue. J'annonce " ragondin" à mes amis qui se préparent. Je me positionne au milieu de la berge juste après l'île, Christophe est en face. Les secondes passent et le ragondin n'est toujours pas ressorti quand Christophe, qui vient de le revoir faire surface et replonger aussitôt, devant lui, nous l'annonce. Le ragondin refait surface à environ 15 mètres devant Lionel qui arme son arc, je me décale vite sur la gauche pour lui laisser le champ libre pour décocher. Sa flèche ricoche sur l'eau et vient se ficher dans la berge près de l'endroit où j'étais. Le ragondin a plongé. Je cours vers l'angle de la digue. Le ragondin refait surface juste devant moi et mes amis ne me voyant pas armer me l'annoncent mais l'eau est trop profonde, si je le tire, je perds ma flèche. Le ragondin replonge et remonte un peu plus loin pour se diriger vers un touffe de jonc contre la berge à ma gauche. J'arme et le suis dans mon viseur en attendant un tir fichant dans la berge mais il replonge et il ne refait pas surface malgré le temps qui passe. Je m'approche doucement de la touffe de jonc. Alors que j'observe autour de cette dernière avant de tenter d'en déloger le ragondin. J'aperçois une masse sombre sous l'eau, il tente de se faire oublier, calé contre les joncs. Je l'annonce à mes amis et arme mon arc. Je prends la visée au juger sur ce qui semble être son cou puis décoche. Ma flèche plantée dans la tête et les joncs commence à s'agiter et l'eau boueuse se teinte de rouge. Je pose mon arc et attrape mon ragondin par la queue pour le dégager, extraire la flèche et l'achever. Ma flèche est entrée où je voulais et ressortie juste en arrière du sternum.

Je retourne vers l'alimentation du lac où Arnaud et Christophe ont récupéré mon ragondin et ma flèche en travers de ce dernier. C'est un gros mâle, j'ai éliminé un couple. Christophe part chercher sa flèche contre l'île à l'aide d'une barque. Sans rame, il paguaie à la main. Après avoir vérifié qu'aucun ragondin ne se cache sur l'île et avoir récupéré sa flèche, il revient vers nous. Je l'aide à replacer la barque. En examinant les ragondins, je constate que la flèche de Lionel est passée très près et a provoqué 2 petites entailles parallèles, jusqu'à l'os, sur le nez de l'animal. Je ramasse les prises et nous redescendons vers le Sousson en discutant. En arrivant au bord du ruisseau, nous apercevons les petits ragondins ressortis de leur terrier. Christophe en tire un et le touche trop en arrière, les autres sont rentrés au terrier. Le ragondin blessé tourne en rond en se mordant l'arrière train. Lionel lui décoche une autre flèche alors qu'il vient de s'immobiliser de 3/4 face. Un impact très audible retentit, le ragondin soné est resté sur place et nous le croyons mort mais il reprend ses esprits et part vers un terrier où il disparaît. Christophe descend chercher les flèches et examiner les terriers. Un ragondin grogne dans l'un d'eux mais impossible d'atteindre le petit ragondin. Je ramasse le ragondin d'Arnaud et nous retournons à nos voitures en chassant. N'ayant pas vu d'autre ragondin nous partons, avec Arnaud, rejoindre nos amis à la ferme pour changer de secteur.

Nous partons pour le canal de Labarthe. Je ne sais pas si c'est à cause du froid mordant, de la pleine lune ou d'autre chose mais je suis très étonné d'avoir vu si peu de ragondins ce matin. Nous nous garons au moulin au bout du canal. Nous nous préparons puis commençons à longer ce dernier. La première partie du canal est très dégagée sur les 2 rives mais ensuite une haie le borde sur la rive droite sur plusieurs centaines de mètres. Nous restons donc pour le moment tous les 4 côté gauche. Un gros remous nous fait croire à un ragondin mais il s'agit très certainement d'un poisson. Nous longeons maintenant en face de la bande boisée, un remous attire mon attention plus en avant. Nous nous répartissons rapidement sur la berge mais impossible de voir l'animal qui longe sous la végétation qui borde notre rive. Lionel tente de le déloger en frappant l'eau mais rien ne sort.

Nous continuons, un peu plus loin la bande boisée se termine sur la berge opposée et est remplacée par un petit plan d'eau d'où descendent des coulées très marquées vers le canal. Nous avançons doucement quand un ragondin se jette à l'eau un peu plus en avant sur la berge opposée. Nous nous répartissons sur environ 30 mètres en amont et en aval de là où nous l'avons vu plonger. Il ressort devant Christophe qui est le plus avancé. Une belle flèche le cloue à la berge en le tuant sur le coup. Nous continuons à avancer tranquillement quand je repère un gros ragondin qui prend le soleil à environ 10 mètres, un peu plus en avant, sur la berge opposée, à un mètre au-dessus de l'eau. J'arrête mes amis et arme mon arc, prends ma visée et décoche. Le ragondin, cloué à la berge, se débat dans les ronces et finit par casser la flèche et se jeter à l'eau avec les 3/4 de ma flèche en travers. Je l'ai atteint au cou mais au-dessus des vertèbres. L'eau cristalline me permet de suivre son déplacement sous l'eau, je réencoche et le suis doucement prêt à armer. Il remonte pour venir se caler contre la berge opposée, j'arme et le suis dans mon viseur. Ma seconde flèche plein cœur le cloue à la berge et l'immobilise mais au même moment un second ragondin plonge et part en arrière vers mes amis. Il nage sur le fond, Lionel et Arnaud le tirent mais, manqué, il accélère. Christophe le suis arc armé en attendant qu'il refasse surface. Je réencoche et cours pour devancer Christophe au cas où. Ce dernier décoche alors que le ragondin est près de la surface mais le manque et me lance un "A toi Alex, il va rentrer au terrier". J'arme et me précipite vers le ragondin qui arrive à l'entrée du terrier et lui jette une flèche au moment où il fonce dans son trou. Il me semble l'avoir manqué, nous décidons d'aller récupérer nos prises et nos flèches avant de continuer. Nous traversons un peu plus en amont, pendant que Lionel et Arnaud partent faire le tour du petit plan d'eau, nous nous occupons de récupérer les flèches et les ragondins avec Christophe. Un ragondin caché dans la végétation en profite pour plonger et foncer vers son terrier. Beaucoup de sang coule dans le canal à l'entrée du terrier où je pensais avoir manqué mon ragondin. Je tente de sonder le terrier mais le ragondin est entré trop profondémment, impossible de l'atteindre. Arnaud et Lionel n'ont rien vu autour du petit plan d'eau.

Nous laissons nos ragondins près du chemin qui traverse le canal et nous nous séparons en 2 groupes, Christophe et Arnaud prennent la berge de gauche et avec Lionel nous prenons l'autre. Nous avançons tranquillement en parallèle, en face, nos amis sont un peu retardés par le passage d'une barrière métallique et nous stoppons après un gros chêne pour les attendre quand plusieurs ragondins se jettent à l'eau contre la berge que nous longeons nous nous répartissons vite le long de la berge mais les ragondins rentrent et sortent de terriers sous la berge que je longe avec Lionel. Impossible pour nous de les voir, brusquement, Arnaud arme son arc et décoche. Il traverse un jeune ragondin qui se débat et de dégage de la flèche puis part dans le courant en s'immobilisant rapidement. Je réussis à le stopper un peu plus loin avec une branche et le pose sur la berge. Nous continuons quand d'autres ragondins se mettent à l'eau je m'avance un peu quand l'un d'eux remonte contre la berge opposée pour se cacher derrière une petite souche. Seule la moitié arrière du ragondin est dégagée. Je vise, décoche et le blesse sérieusement. Il s'avance de moins de un mètre et se cale contre la berge. Un autre ragondin s'éloigne en nageant contre la berge opposée. Je laisse Lionel finir mon ragondin blessé et presse le pas pour réduire la distance avec le second ragondin avant d'armer. Le fuyard est à plus de 15 mètres de cul. Ma flèche de tête le cloue sur place. Arnaud et Christophe récupèrent nos flèches et les ragondins avant de continuer à chasser. Nous prenons à droite, le long d'un petit ru avec Lionel alors que nos amis continuent à longer le canal jusqu'au Gers. Malgré de nombreuses traces de ragondins nous n'en verrons pas un seul et nos amis non plus. Nous nous retrouvons au bord du canal et rentrons à la voiture. Je récupère la flèche d'Arnaud au passage. Pas un seul ragondin sur le retour, nous décidons d'arrêter là notre matinée de chasse pour aller manger chez moi autour d'un rouleau de saucisse de gibier Grillé au feu de bois.

Un matinée bien sympathique entre potes, 27 mars 2021
Un matinée bien sympathique entre potes, 27 mars 2021

Alex

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 06:06

Très déçu par Hoyt qui a refusé de faire marcher la garantie pour mon Défiant Carbone Turbo et m'a fait attendre plus de 1 an et 1/2 pour m'annoncer cette nouvelle, j'ai décidé de changer de marque et me suis orienté vers le V3 31 de chez Mathews. Après l'avoir récupéré chez mon ami Arnaud d'Hava Archerie.

Je me suis beaucoup entraîné avec ces derniers temps et vu les résultats sur cible et le fait que je ne veux plus rien avoir à faire avec Hoyt, j'ai décidé de revendre mon Hoyt RX-4 que j'avais acheté cette année pour pouvoir chasser. Je n'ai jamais vraiment réussi à m'y faire et je n'ai jamais autant blessé et manqué que depuis que j'ai acheté cet arc. 

Ce soir, après 1 heures d'entraînement, je pars pour un affût au sanglier sur un nouveau secteur que je viens de récupérer depuis peu avec mon ami Jacques. En chemin, j'aperçois, à environ 100 mètres sur ma gauche,  2 gros ragondins au bord d'un fossé parallèle à la route et qui descend vers l'Arrats en fond de vallée. Je me gare au départ d'un chemin de terre sur ma droite. J'attrape mon V3 et traverse la route pour commencer mon approche par le chemin de terre qui se poursuit de l'autre côté pour traverser le fossé et remonter sur la crête de la colline plus en arrière. Le chemin creux me permet d'avancer caché en me baissant. Je progresse sur environ 40 mètres sans voir les ragondins cachés par la végétation basse qui borde le fossé. Alors que les dos sombres réapparaissent, je quitte le chemin et biaise doucement vers eux dans le champ travaillé. Les rongeurs cherchent leur nourriture dans le champ travaillé de l'autre côté du fossé. J'avance tout doucement en stoppant à chaque fois que l'un d'eux lève la tête, quand l'un des deux semble inquiet et revient doucement vers le fossé. Je me fige, il stoppe dans la végétation, tête haute et observe un moment puis se remet à brouter en suivant le fossé. J'avance doucement pour me rapprocher un peu et stoppe à environ 7 mètres du ragondin qui longe le fossé. Son compère est de cul, à environ 12 mètres dans le champ travaillé, il est plus dégagé. J'arme doucement mon arc, prends ma visée et décoche. Le ragondin le plus proche se jette a l'eau et fonce bruyamment dans le fossé sur 25 mètres pour rentrer au terrier. L'autre ragondin a sursauté à l'impact et fait un court instant le dos rond en position défensive puis s'élance vers le fossé mais commence vite à chanceler et chute au ras de la végétation, se débat au sol et s'immobilise. J'ai réencoché au cas où et me dirige vers le terrier ou l'autre ragondin a disparu. J'attends un instant devant mais il ne ressort pas. Je pars récupérer ma flèche et mon ragondin avant de revenir à ma voiture. Mon V3 a fait son premier gibier.

Premier gibier du V3 31, 7  mars 2021

Alex

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 22:12

Suite aux mesures que le virus du covid nous a imposées, je n'ai pas pu chasser à l'approche ma biche et mon jeune que j'avais épargnés en début de saison car les jeunes tétaient encore. Seul l'affût étant autorisé pendant un moment, j'ai préféré attendre le retour de l'autorisation de l'approche pour recommencer à chasser. Connaissant peu ce territoire, j'ai profité de mes 4 dernières sorties pour comprendre les habitudes des animaux et j'ai repéré une très belle remise où les animaux sont présents tous les matins au lever du jour. Aujourd'hui, c'est ma dernière chance de prélever un animal, j'ai en poche mes 2 bracelets et le CEM1, la biche et le jeune de mon ami Arnaud qui ne peux pas venir souvent. Je dois rendre les bracelets ce soir pour qu'ils soient fait en battue et je veux honorer mon contrat de départ de 4 animaux, j'ai donc prévu de chasser toute la journée malgré la météo qui annonce pluie et neige toute la journée. Alors que je me rapproche de Sarrancolin, la neige est de plus en plus présente dans le paysage, la pluie est soutenue. J'arrive au village de Camous vers 7 heures, je me prépare tranquillement et au vu de la neige présente sur le village, je décide d'enfiler mon camouflage neige par-dessus mon camouflage normal. Je vais remonter de nuit vers la remise pour commencer à chasser sur ce secteur à la pointe du jour. La route est verglacée et je peine à ne pas chuter en remontant en haut du village pour rattraper un chemin de randonnée qui remonte vers le haut du cirque montagneux. Il pleut et ma veste non étanche prend vite l'eau, je rattrape le départ du sentier et commence mon ascension en marchant doucement, à la lueur de la lumière rouge de ma frontale, le sol détrempé et les zones caillouteuses facilitent ma progression silencieuse. Seules quelques plaques de neige gelée craquent un peu par endroit. Curieusement, plus je monte moins la neige est présente et finit même par disparaître. Je retire donc mon camouflage neige déjà bien humide pour la mettre dans la poche arrière de ma veste camo.

La luminosité croit doucement et je décide de poursuivre sans ma frontale, après un moment, j'arrive sur un Y, un chemin rejoint le sentier sur ma gauche et repart en arrière en remontant dans la montagne. Je le prends pour remonter sous une zone de rochers, alors que je progresse tout doucement, je me fais surprendre par un grand cervidé non identifié qui surgit devant moi, à 10 mètres, sur le  chemin avant de redescendre pour disparaître derrière un chêne. Je reste figé un moment, il fait trop noir pour tirer. Ne voyant pas revenir l'animal, je m'avance un peu et l'entends avec d'autre qui démarrent en contrebas pour s'éloigner rapidement. Je reprends ma progression sur quelques dizaines de mètres quand j'entends à nouveau les animaux qui se débinent en contrebas sans parvenir à les voir. Je les laisse s'éloigner tranquillement puis avance encore un peu pour rattraper une grosse coulée qui remonte sur la gauche, vers le sommet de la montagne, au milieu des énormes rochers qui affleurent çà et là.  La pluie a cessé. Je remonte tout doucement en surveillant autour de moi même si ma visibilité est encore très limitée. Arrivant dans une répression, je dois franchir une marche haute formée par un ancien mur de grange partiellement effondré. Je le contourne doucement par le bas et commence à remonter doucement quand un animal se lève brusquement çà environ 20 mètres au dessus de moi et démarre pour foncer sur environ 15 mètres sur ma gauche. Il stoppe à environ 35 mètres alors que je me fige. J'ai du mal à l'apercevoir, je distingue tout juste une masse sombre et ne peux pas dire encore s'il s'agit d'une biche, d'un daguet ou d'un petit cerf. Intrigué, l'animal finit par revenir doucement de quelques mètres sur ses pas et stoppe partiellement caché derrière un arbre. Le tronc cache son corps en arrière de l'épaule. Je force mes yeux pour tenter de l'identifier. Après quelques secondes à regarder vers moi, il s'avance encore un peu sur un replat, partiellement caché par un rocher et je n'arrive plus à l'apercevoir tant qu'il ne bouge plus. Après encore un instant, il fait demi-tour, regarde encore un peu vers moi puis avance de quelques pas et stoppe à nouveau pour tenter de m'identifier. Je reste totalement immobile et mes yeux commencent à s'habituer à la faible luminosité qui croit doucement. L'animal, après un moment, s'avance à nouveau sur une zone d'herbe sèche et stoppe plein travers à environ 25 mètres. La tache claire formée en arrière-plan par cette végétation et l'ouverture du bois sur la prairie en dessous qui laisse entrer plus de luminosité me permettent de bien distinguer les contours de l'animal qui est une belle biche. J'arme mon arc et prends ma visée avant de décocher. Je n'ai pas pu voir le vol de ma flèche et n'ai pas vraiment entendu l'impact dans l'animal mais un bruit étrange retentit suivi d'un démarrage d'animaux et du fracas de ma biche qui dévale la forte pente sans pouvoir s'arrêter. Son faon et la bichette, qui l'accompagnaient et que je n'avais pas vu, fuient à toutes pattes dans le bois sur ma gauche. Ma biche n'en finit pas de dévaler la pente puis le calme revient.

Je réencoche une flèche, attends un peu puis m'avance pour recouper la trajectoire de la chute de ma biche. Je pense que ma flèche a touché la colonne vertébrale pour que l'animal tombe ainsi sur place. Je descends la marche de l'ancien mur de grange et trouve vite des grosses taches de sang dans les feuilles mortes retournées par la chute de ma biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021
Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En suivant les feuilles retournées et le sang, j'aperçois vite ma biche en contrebas, immobile, sur le flanc. Elle a chuté de près de 70 mètres par rapport à l'endroit du tir. Je descends à sa rencontre dans la pente raide et glissante quand, alors que je la pensais morte, elle commence à s'agiter en balançant son coup sans pouvoir se relever mais ces mouvements désespérés la font à nouveau basculer et rouler dans la pente pour finir sa course sur le chemin en contrebas. Je descends rapidement vers elle et l'achève d'une flèche cœur poumon. Qui l'immobilise rapidement. Je ne comprends pas où a tapé ma première flèche car je ne vois au premier abord aucune blessure et ma flèche n'est pas visible. En l'examinant de près je constate une blessure au niveau du cou, ma flèche trop en avant a touché les cervicales et traversé le cou de l'animal. Je ne suis pas très fier de ma flèche mais le résultat est là. Je dégage la seconde flèche, apposé le bracelet et lui rends les honneurs. Il me faut maintenant remonter chercher ma flèche qui doit être fichée dans le talus d'herbe sèche tout en haut de la pente boisée.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remonte donc jusqu'à l'endroit du tir avant de remonter dans l'axe de ma flèche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Alors que je commence à montrer,  j'aperçois vite les empennages rouges de ma flèche plantée dans le talus d'herbe sèche. Je remonte tranquillement quand, en arrivant près de l'endroit où se trouvait la biche, j'aperçois une petite plaque de neige restée sur le plateau des racines d'un gros arbre tombé au sol. Cette neige est marquée d’une empreinte sanglante laissée par la chute de la biche. Je comprends maintenant que le bruit que j'ai entendu n'était pas l'impact de ma flèche mais la chute de la biche avant qu'elle ne dévale la pente.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je monte récupérer ma flèche un peu plus haut.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La biche a chuté de quelques mètres, a buté contre la souche de l'arbre avant de basculer en arrière pour glisser le long du tronc dans une goulotte qui l'a précipité jusqu'en bas de la pente, sur le chemin.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remets ma flèche au carquois puis redescends vers ma biche pour faire quelques photos souvenir.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il est très tôt et j'hésite à poursuivre ma chasse mais je crains que les vautours ne dévorent rapidement ma prise si je la laisse sans surveillance. Je décide donc de la redescendre au village de Camous pour traiter la viande avant de repartir en chasse. Le chemin par lequel je suis monté ce matin est à 50 mètres en contrebas mais il est parfois dominé par des parois rocheuses abruptes, je décide donc de suivre le chemin pour rentrer. J'attache l'animal par le cou et un bout de bois à l'autre bout de ma corde pour faire une poignée avant de commencer à le tracter. Le chemin est presque plat sur une bonne portion, un bourrelet de feuilles et de bout de bois s'accumule sous ma biche ce qui rend la traction de ses 110 kg encore plus dure. Je m'avance pour poser mon arc plus en avant et revenir ensuite à la biche pour tirer plus à l'aise avec les 2 mains libres. Après environ 100 mètres, le bourrelet de feuilles dirige, sans que je m'en aperçoive, la biche vers le bord du chemin et la précipite dans la pente. Surpris, je ne peux rien faire pour la retenir et ne peux que la regarder dévaler la pente pour stopper au ras du chemin, accrochée dans un buis. Finalement, cet incident va m'économiser de ma peine, je récupère mon arc et descends rapidement en suivant le chemin. Je décroche ma biche et la descends sur le chemin puis recommence à descendre en la tirant derrière moi, quelques plaques de neige facilitent un peu la traction mais le bourrelet de débits végétaux se forme régulièrement et freine la biche que je surveille pour ne pas la revoir basculer dans la pente sous le chemin. Je descends parfois de plusieurs dizaines de mètres sans tracter pour poser mon arc avant de remonter pour descendre ma biche plus à l'aise dans les passages difficiles. Alors que j'arrive près du village, je dérange une biche, son faon et un daguet qui démarrent à environ 30 mètres au-dessus du chemin. Je lâche la biche et encoche une flèche mais les animaux remontent dans le bois et stoppent à environ 50 mètres pour m'observer. Ils repartent tranquillement en faisant plusieurs pauses pour m'observer puis se calent dans le taillis, à environ 80 mètres et regardent vers moi sans bouger. Je remets ma flèche au carquois et reprends ma descente sous le regard des animaux qui ne semblent plus vouloir bouger. Je quitte le chemin un peu plus loin pour descendre la biche le long de la conduite de force jusqu'à la route où j'appelle le président de la chasse pour qu'il vienne m'aider à charger ma prise et la ramener à la salle de découpe. Un radonneur arrive par le chemin qui longe le ruisseau en bac de la combe et passe en dessous de moi avec ses 2 borders collies en liberté.

Arrivé au village, je prends ma biche pour la dépecer, la vider et la découper en cartiers. Vers 12h30, les quartiers de viandes sont chargés dans ma voiture et je décide de retourner chasser quelques heures avant de rendre le reste des bracelets et de rentrer chez moi. Je retourne me garer à Camous comme ce matin et reprends le même chemin que je suis doucement quand j'aperçois 2 animaux au-dessus de moi sur la gauche, un faon et une bichette. Certainement ceux qui accompagnaient la biche fléchée ce matin. J'avance rapidement pour passer à couvert derrière les buis. Je remonte ensuite doucement au milieu de ces derniers pour me rapprocher à portée de tir. Alors que j'arrive au bout du massif de buis, j'aperçois les  2 animaux qui se débinent sur quelques mètres. Je me décale un peu sur la droite d'un buis, le faon est plein travers à environ 25 mètres au-dessus et regarde vers moi. J'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Le faon s'écrase alors pour démarrer et ma flèche, qui semblait parfaite au départ, passe au-dessus de lui pour aller se planter dans le sol. Les 2 animaux s'arrêtent 20 mètres plus loin et regardent un instant vers moi sans comprendre ce qui vient de se passer puis se débinent tranquillement en descendant vers le chemin. Je remonte chercher ma flèche et la remets au carquois avant d'en encocher une autre.

Je décide de poursuivre à flanc de montagne jusqu'à la remise, où je voulais aller ce matin, située au-dessus d'une grange habitée. En arrivant sur place, je constate que les animaux étaient là ce matin, de nombreuses traces fraîches et laissés tous frais en attestent. Je progresse doucement en ouvrant bien les yeux pour contrôler chaque massif de buis, chaque replat dans les rochers mais les animaux ne sont plus dans le secteur. Je suis quelques traces fraîches dans les zones enneigées en descendant dans la goulotte profonde qui descend vers l'habitation puis je remonte le penchant opposé en essayant de ne pas glisser sur cette pente très raide et détrempée. Les 2 chiens, type molosses, de l'habitation en contrebas de mettent à aboyer et regardent vers le bois en dessous, je stoppe et observe en pensant voir passer des animaux mais il s'agit du randonneur vu ce matin avec ses 2 borders collies qui passent sur le chemin au ras de l'habitation. Le soleil fait une timide apparition. Alors que je contourne un gros rocher par le bas et tente de passer un arbre mort tombé au sol, j'aperçois une biche, sa bichette et son faon qui démarrent au-dessus sous les rochers, au milieu des noisetiers. Ils s'éloignent tranquillement sans se retourner. Mon obstacle passé, je remonte pour recouper leurs traces que je suis un instant en remontant vers la route mais je les perds au niveau d'une piste qui débouche un peu plus haut sur la route. Je redescends tranquillement quand, en arrivant au sommet d'un talus, je me fais surprendre par les 3 animaux que je suivais. Ils sont à juste 8 mètres devant moi dans la neige, plein travers, en bordure du bois. Pas le temps de réagir, la biche regarde vers moi et c'est la panique. Elle démarre et fonce sur ma droite avec les jeunes à ses trousses. Après à peine 10 mètres de course elle effectue un bon spectaculaire en percutant au passage un arbuste épineux. Le petit groupe bifurque ensuite pour suivre le bois qui descend vers le fond de la vallée et je le perds vite de vue. J'attends un peu puis décide de tenter de les suivre un moment pour voir où ils sont allés, il est toujours instructif d'analyser les trajectoires de fuite des animaux. La zone est bien enneigée et les traces faciles à suivre. Je descends un moment en suivant le bois puis la piste biaise à droite pour descendre un talus abrupt et rattraper une piste que les animaux ont suivi un moment avant de la longer sur la gauche pour descendre ensuite dans les buis en direction du bois. Je décide de continuer à longer la piste jusqu'à l'habitation, ce qui fait de nouveau aboyer les chiens puis je bifurque à gauche sur une piste qui redescends en longeant le bois. Plusieurs pistes d'animaux plus ou moins fraîches descendent ou remontent le talus abrupt de gauche pour traverser la piste et rentrer ou sortie du bois. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux mais rien en vue.

Un peu plus bas, je rentre dans le bois sur ma droite par une belle coulée en suivant des traces étranges que j'identifie un peu plus loin alors qu'elles sont mieux dessinées dans la neiges. Ce sont des pieds de blaireau mais il doit être vraiment énorme car son empreinte fait pas moins de 10 cm de long avec les griffes sur près de 4 de large. Je perds vite les traces en suivant une belle coulée. La neige devient plus rare mais me permet encore de suivre les traces de plusieurs cervidés qui se croisent et se séparent au gré de leur recherche de nourriture. J'avance doucement et observe beaucoup le sous-bois mais rien. La neige disparaît assez vite et je suis les coulées les plus marquées en remontant doucement vers le chemin par lequel je suis monté et le rattrape, après quelques centaines de mètres, au niveau d'une grange entourée de buis. Je décide de traverser le chemin pour remonter à la recherche de la biche, du faon et du daguet vus ce matin. Je suis un peu le chemin en redescendant puis prends une montée sur la droite pour rejoindre une grange au milieu d'une clairière enherbée. Alors que j'avance doucement vers le bâtiment un mouvement, à environ 70 mètres, me fait stopper net. Le daguet et la biche sont en train de descendre dans la pointe de la clairière en broutant. Je me serre vite à gauche pour me cacher derrière le relief du terrain. Les animaux ne m'ont pas vu. Je remonte doucement vers le bois, caché par le relief du terrain et les arbres, alors que la pluie recommence à tomber. J'avance doucement d'un arbre à l'autre pour passer au-dessus des animaux puis avance doucement vers eux. Alors que j'arrive à environ 50 mètres de la biche. Elle relève la tête en ruminant, elle est tournée vers moi, le faon est à ses côtés de cul, le daguet est 20 mètres plus en retrait, plein travers et broute tranquillement. Dès que la biche baisse la tête, je reprends mon approche et gagne quelques mètres quand le vent tourne et souffle maintenant de façon soutenue dans mon dos. La sanction est immédiate, la biche relève la tête et démarre, entraînant les 2 autres animaux avec elle. Elle stoppe environ 40 mètres plus loin et pousse un cri d'alerte avant que le petit groupe se débine dans le sous-bois où je le perds de vue. Je décide de remonter jusqu'à la prairie environ 100 mètres plus haut pour longer doucement le bois. Alors que j'avance doucement sur le replat de la prairie, en lisière du bois, j'aperçois les animaux à environ 30 mètres en contrebas. J'avance doucement pour tenter de trouver un bon angle de tir et me rapprocher un peu mais le faon, que je n'avais pas vu au départ, caché par les arbres, m'a repéré et regarde vers moi. Je me fige mais trop tard, il démarre et bute dans sa mère devant lui ce qui provoque sa fuite et le départ du daguet un peu plus en arrière. Les animaux filent au galop et je pense ne plus les revoir. Après quelques secondes et le retour au calme, je reprends ma progression lente. À peine 50 mètres plus loin, j'aperçois à nouveau les animaux à environ 35 mètres en contrebas, les têtes sont cachées par les arbres. Je tente de m'approcher un peu, caché par quelques buis mais alors que je commence à voir la tête du daguet, je constate qu'il regarde vers moi. Je me fige, il est un peu loin pour tenter un tir et sur l'œil. J'attends un peu immobile mais il démarre et fait fuir le groupe. 

Plus en avant, se trouve une zone de taillis où j'espère qu'ils se sont arrêtés. Je presse donc le pas dans la prairie enneigée en m'éloignant de la lisière pour tenter d'aller recouper les animaux après les taillis. La zone est jonchée de tas de crottes de grands cervidés et de nombreuses traces parcourent le secteur. Ce doit être une bonne zone pour attendre les animaux le soir, je la signalerai à Arnaud. En traversant la prairie, je rejoins une bande de buis traversée de grosses coulées qui débouchent sur un bout de sentier pris entre 2 haies de buis. Je passe les premiers buis et descends le chemin pour déboucher dans une clairière enneigée prise entre les taillis à ma gauche et une pente plus raide et couverte de buis sur ma droite. J'avance doucement en longeant le taillis et contrôle les traces pour voir si les trois animaux sont déjà passés ou s'ils sont restés dans le taillis. Aucunes traces ne correspondent à ces trois animaux, des passages plus ou moins frais rentrent et sortent des buis et des taillis. J'observe attentivement autour de moi quand brusquement je me fige en apercevant un animal à 15 mètres, en train de brouter de 3/4 face devant moi. Je ne suis pas bien caché, il me semble reconnaître un jeune, de toute façon ce n'est pas un CEMC2, je peux donc tirer. L'animal lève la tête, regarde devant lui sans me voir et rebaisse la tête pour reprendre son repas. J'arme doucement mon arc et prends ma visée suffisamment en avant sur son épaule pour atteindre les organes vitaux puis décoche. À l'impact ma flèche me semble un peu haute. Elle traverse l'animal qui fait volte-face et s'enfuit à toutes pattes dans la pente avec un autre animal plus petit qui a surgit des fougères plus à gauche. Je comprends alors que je viens de flécher une biche. Je les perds de vue alors qu'ils sautent un talus plus abrupt. Ma flèche plantée dans la neige est bien visible. 

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il pleut de plus en plus et je crains de perdre rapidement le sang. Je décide d'attaquer rapidement la recherche que j'espère facile grâce à la neige. Ma flèche n'est presque pas marquée par le sang, j'espère que ma flèche n'est pas passée dans les muscles du dos.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche a projeté quelques goutes de sang sur la neige sur son passage.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

A l'endroit du tir, je trouve une petite touffe de poil avec un peu de sang.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je commence, à suivre le sang qui n'est pas très abondant et que la pluie est en train de laver et transforme les gouttes de sang en petites coulures rosées diluées.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Malgré le peu de sang, la piste est facile à suivre sur la neige et les traces des animaux sont bien visibles. Une touffe de poil ensanglantée est tombée dans le sillage de la biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La pluie se calme et j'arrive au sommet du talus où il me semblait avoir vu sauter la biche. Plus bas, la neige est plus clairsemée et la recherche risque de se compliquer mais c'est alors, qu'à ma grande surprise, je constate que les traces et le sang longent le haut du talus sur près de 30 mètres avant de stopper net. Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre, j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je m'avance doucement au sommet du talus et aperçois ma biche morte qui a glissé sur le chemin en contrebas.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je descends à sa rencontre, ma flèche ressortie en arrière des côtes a provoqué la sortie d'une boule d'intestins grosse comme une main ouverte. Le sang coule abondement par les naseaux de la biche, ma flèche a bien traversé les poumons et je constaterai à la découpe qu'elle a aussi touche le foie. Elle aura parcouru environ 100 mètres avant de s'effondrer.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche rentre bien dans l'épaule où je visais et a traversé l'omoplate. Alors que je m'apprête à mettre le bracelet, je m'aperçois que je l'ai oublié à la voiture. Il est près de 14h30, je fais quelques photos souvenir et laisse la biche sur place pour descendre chercher le bracelet.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En chemin, j'appelle le Président de la chasse pour l'informer de la situation et voir s'il peut, comme ce matin, venir chercher ma prise avec sa remorque. Il est disponible, je lui dis donc que je vais chercher le bracelet et que je l'appelle quand la biche est en bas au village. Le temps de descendre et remonter une dizaines de grands corbeaux et 4 ou 5 milans royaux tournent autour de la biche à faible altitudes et certains sont posés dans les arbres aux alentours. Heureusement les vautours ne sont pas encore là. Je presse le pas pour rejoindre ma biche et appose mon bracelet avant de la descendre. Le Président averti me rejoint et nous chargeons ma biche avant de partir pour la salle de découpe. Mon travail terminé vers 17h30, il est maintenant temps de rentrer pour finir de préparer la viande et la mettre au frais.

Alex

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 20:06

Ce soir, je décide d'aller faire un affût à Traversères en espérant flécher un sanglier. Cela fait un bon moment que je n'ai pas eu d'occasion de tir. Arrivé à la ferme vers 16 heures, je pars à pied vers mon poste et tombe vite sur les traces d'une bande de sangliers qui a dû passer ce matin ou cette nuit, les feuilles mortes ont été retournées sur le chemin et je suis un moment les signes du passage des suidés avant de les perdre. Je poursuis jusqu'à mon poste à mi-pente dans une zone de bois clair qui sépare 2 zones très sales. Je me place au pied d'un gros arbre penché et couvert de mousse.

L'attente commence, un petit vent souffle sur ma droite d'où viennent généralement les sangliers. J'observe les alentours et tends l'oreille en espérant entendre ou voir quelque chose. Vers 17 heures, les geais donnent de la voix sur ma gauche. Quelque chose les a dérangé, c'est peut-être Lionel qui devait venir chasser ce soir, son poste est sur le penchant boisé opposé. Les cris des geais persistent un moment quand il me semble entendre une sorte de petit couinement plus bas sur ma gauche. Je tends l'oreille mais plus rien à part les geais qui crient maintenant sur les 2 penchant boisés.

Le calme revient juste ponctué par les cris et le passage de quelques perles puis d'un pic épeiche. Au bout d'un moment les couinements se font entendre mais plus proches. Ils semblent venir de la haie qui borde un petit ruisseau à sec en bordure de la prairie qui borde mon penchant de bois. Peu de temps après, 2 chevreuils détalent en donnant de la voix sans que je puisse les voir. Quelque chose vient de les déranger sur le penchant de bois opposé, très certainement les sangliers.

Vers 17h15, une palombe vient se poser bruyamment à 35 mètres dans mon dos sur une branche basse. Elle reste un moment immobile alors que je l'observe par moment puis elle commence à s'agiter et volette de branche en branche pour rejoindre un chêne couvert de lierre où je la perds de vue. Brusquement, un bruit dans la végétation qui me semble venir de la droite me fait me retourner et accrocher mon décocheur. Je scrute le secteur mais rien ne vient quand un léger bruissement me fait tourner la tête à gauche. Un superbe renard arrive tranquillement à environ 10 mètres en contrebas. Je pivote doucement, il stoppe derrière des branchages et marque son territoire d'un jet d'urine sur un arbuste. J'arme mon arc, il repart tranquillement, je le suis dans mon viseur au travers de la végétation. Il oblique un peu pour remonter tranquillement. Un petit cri de souris étouffé en aspirant de l'air entre mes lèvres pincées et il stoppe net, presque plein travers pour regarder vers moi. Ma visée est calée, dans une trouée de la végétation, je décoche. Un impact très sonore retentit et le renard fait volte-face pour revenir d'où il venait. Je le perds de vue après un peu plus de 40 mètres de course alors qu'il rentre dans le sale. Je suis encore, un court instant, sa fuite très bruyante à l'oreille puis le calme revient après un gros fracas dans la végétation.

Je reste Immobile un moment en espérant voir arriver un sanglier avant la nuit mais la luminosité baisse vite dans le bois et je décide de quitter mon poste pour aller chercher ma flèche que je retrouve vite, plantée au sol et presque recouverte de feuilles mortes.

Première flèche de l'année, 1 janvier 2021

Je la récupère pour l'inspecter, les feuilles mortes très humides l'ont lavée mais quelques poils et un peu de sang me confirment que j'ai bien touché le renard. Je remets ma flèche au carquois et commence ma recherche mais impossible de trouver du sang. Je zigzague sur la direction de fuite pour tenter de recouper la piste à la lueur de ma frontale mais rien, pas le moindre indice. Je finis par aller droit vers l'endroit où je l'ai perdu de vue mais rien non plus. J'inspecte les coulées en éventail qui partent de ce point et finis par trouver un peu de sang à environ 10 mètres sur une feuille morte de chêne posée au sol au milieu du passage. Je poursuis ma recherche à quatre pattes car le sang est très difficile à voir sur le sol détrempé. Le sang me fait prendre à droite vers un amas d'épines noires mortes tombées au sol. Le renard semble s'être faufilé au travers de ces branches mortes et je peine un peu à démêler cette piste tortueuse au travers des épines. Je trouve une touffe de poils collée par le sang sous les épines. Heureusement, le sang devient de plus en plus abondant. Les gouttes au sol alternent avec les frottés sur les ronces et la végétation. Je retrouve mon renard après environ 70 mètres de recherche, il est mort sous un genévrier.

Première flèche de l'année, 1 janvier 2021

Je le dégage de là, ma flèche au défaut de l'épaule ressort plus en arrière au niveau des viscères qui bloquaient en partie l'hémorragie. C'est un superbe mâle, je fais quelques photos souvenirs avant de retourner à ma voiture.

Première flèche de l'année, 1 janvier 2021

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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