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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:16

Mercredi soir notre Président nous annonçait un confinement à partir du jeudi soir minuit jusqu'au 1 décembre, ce qui implique une interruption, voir la fin, de notre saison de chasse. Je décide donc d'aller faire un affût au sanglier sur Traversères le jeudi soir, en sortant du boulot. Je me gare donc vers 17h40 à la ferme, me change et pars à pied vers mon poste plus loin dans les coteaux. Mon ami Jacques est déjà en poste depuis 17h30. Je rentre dans le bois par une grosse coulée et me poste près d'un genévrier mort tombé au sol contre un petit chêne tordu. L'attente commence, la luminosité a déjà bien baissée. Le sous-bois est calme, pas de vent, je devrais entendre arriver les sangliers de loin. Rien ne bouge, même pas les petits rongeurs ou les oiseaux. La luminosité baisse vite, il ne me le reste plus beaucoup de temps, mon téléphone vibre dans la poche, c'est Jacques qui quitte son poste et alors que je lis son SMS, il le semble entendre du bruit derrière la crête à la droite. Je range vite mon portable, le bruit se rapproche. Les craquements dans la végétation m'annoncent l'arrivée des sangliers sur mon poste. Je me tiens prêt. 6 marcassins d'environ 12 kilos arrivent en tête et commencent à se frotter contre deux gros chênes à environ 8 mètres de mon poste. J'arme doucement mon arc et cherche lequel viser quand 2 bêtes rousses arrivent derrière. Elles chassent les marcassins et viennent se frotter aux chênes, une sur chacun des 2 arbres. Elles commencent à se frotter de face puis celle de droite passe devant le chêne et se frotte énergiquement le haut du dos presque couché en le montrant son ventre. J'attends toujours mon occasion mais le sanglier bouge trop puis arrête son grattage et se positionne plein travers à 8 mètres. Je cale ma visée et décoche. Touché il fonce droit devant lui dans la broussaille et c'est la débandade. Tous les sangliers partent dans tous les sens.

Rapidement, un des marcassins revient droit sur moi en grognant. Je réencoche et arme mon arc puis le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête mais il stoppe juste derrière l'arbre contre lequel je suis posté, à environ 3 mètres. Il reste un instant immobile puis repart d'où il vient en grognant au milieu de quelques baliveaux. Pas d'occasion de tir propre, je désarme. Un sanglier se débat en gémissant un peu plus haut, c'est certainement mon sanglier fléché. Cette attitude est souvent signe d'une flèche de cœur. J'attends immobile quand du bruit se fait entendre dans mon dos. Un autre sanglier revient vers moi. Je me retourne et arme mon arc. Une bête rousse se plante plein travers à 10 mètres. Ma visée se cale sur son coffre, je décoche. Un impact très sonore retentit et mon sanglier se jette dans le salle en faisant volte-face. J'attends un moment le retour du calme dans la nuit qui s'installe puis allume ma frontale et pars vers l'endroit du premier tir où je trouve ma flèche plantée au sol et rouge de sang. J'attaque ma recherche en suivant le sang très abondant. La piste fait des lacets dans les épines en remontant vers la prairie au-dessus puis devient extrêmement abondante, tout est peint de sang et je trouve vite mon sanglier mort. C'est une petite laie de 50 kg environ. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie curieusement entre les pattes avant malgré mon tir presque à plat. Elle rentre dans le haut du cœur et ressort à la pointe de ce dernier.

Je ramène mon sanglier à mon poste et récupère ma première flèche que je remets au carquois puis pars chercher la seconde que je trouve plantée presque à la verticale dans un bout de bois pourri. Elle est couverte de sang comme la première. Quelques gouttes de sang ont été projetées au sol à l'endroit du tir mais la piste semble très peu fournie. Je peine à la suivre, très peu de sang au sol, une petite goutte de temps en temps, un petit frotté sur un baliveau puis un autre un mètre plus loin mais presque pas de sang. Ça ressemble fort à une flèche de coffre ressortant dans les tripes avec un bouchon de viscères bouchant la sortie et empêchant l'hémorragie externe. En suivant les coulées, j'avance tant bien que mal d'environ 30 mètres jusqu'à quelques gouttes dans un bouquet de bruyère et de là impossible de reprendre la piste. J'insiste un moment mais rien, ne pouvant me résoudre à laisser pourrir ce sanglier, je décide de rentrer avec mon premier sanglier et de revenir le lendemain, malgré le confinement, pour tenter de retrouver le second. Après quelques photos souvenirs

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

je traîne mon sanglier attaché par le groin pour sortir du bois. Le propriétaire qui ne devait pas être là ce soir m'appelle pour me dire qu'il est rentré et je l'informe de ma prise. Il vient à ma rencontre avec son tracteur et nous ramenons le sanglier que je vide et lui donne. Malgré sa taille, elle portait 6 petits déjà bien formés.

Après une très mauvaise nuit, je repars chercher mon second sanglier. J'ai pris mon chien au cas où mais décide de tenter de le chercher sans lui dans un premier temps. Je retrouve facilement le dernier sang qui semble descendre et cherche un moment dans ce sens mais c'est une goutte sur une coulée un peu plus haut qui me remet sur la voix. Le sang devient plus abondant. À quelques mètres plus en avant un bout de tripe est accroché à des épines noires. Je continue sur la piste et retrouve vite mon sanglier mort sur le flanc. Il a fait environ 50 mètres. Comme je le pensais, ma flèche est plein coffre, un peu haute et ressort plus en arrière ce qui explique le peu de sang stoppé par le bouchon de trippe. Ma flèche a touché le foie et les poumons. Il est temps de rentrer préparer cette deuxième petite laie un peu plus petite que la première.

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

Alex

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 20:05

Depuis plusieurs semaines, mon voisin Julien m'a demandé si je pouvais l'amener chasser avec moi, il n'est pas chasseur mais est curieux de connaître la chasse à l'arc. Après plusieurs rendez-vous manqué à cause de nos emplois du temps respectifs que nous n'arrivions pas à faire concorder, ce soir, nous partons pour un affût au sanglier sur Traversères. Depuis quelques jours, une bande de sangliers s'attaque au jardin potager du propriétaire et je décide de me poster sur ce secteur pour tenter d'en flécher un. Je me gare à la ferme puis descends avec Julien sous le potager pour voir si les sangliers sont passés de frais. Le sarrasin est ponctué de quelques coups de nez récents mais pas frais. J'hésite un peu sur l'endroit où nous poster. Le vent vient de gauche, je décide d'aller vérifier quelques petites remises sur le penchant de friche boisé sur la droite du jardin. Le vent n'est pas bon mais je saurai si les sangliers sont sur le secteur. Nous partons donc vérifier 2 remises, nous faisons beaucoup de bruit en marchant sur les feuilles mortes qui ont bien séchées après quelques jours de temps sec. Pas de sanglier, nous descendons donc au bord d'une langue de luzerne, au fond de la combe et tombons sur un coulée très fréquenté qui longe le bois côté culture. Un chevreuil nous observe au bout de la langue de luzerne. De très nombreux pieds de sangliers ponctuent la coulée. Je la suis tranquillement pour voir où les animaux passent, le chevreuil détale et rentre au bois. Nous arrivons un peu plus loin à une belle coulée qui remonte, sur notre gauche, dans le penchant boisé, en dessous du potager. Le vent est face à nous, 2 belles coulées arrivent du bois d'en face à environ 20 mètres. Je décide de me poster sur un replat, sur notre gauche en bordure de la luzerne dans le penchant boisé. Nous remontons par la belle coulée jusqu'au replat puis nous nous décalons sur la droite, dégageons le sol pour éviter de faire du bruit en bougeant puis je casse quelques branches pour dégager les angles de tir et l'attente commence.

La soirée est très calme et mon voisin peu habitué à attendre sans bouger trouve le temps long. Les cris des geais dans le bois d'en face nous remettent sur nos gardes mais rien ne vient. Un rouge gorge nous tourne autour un moment et la luminosité baisse tranquillement quand le bois s'anime de chants de nombreux oiseaux (merle, troglodyte,…) pendant un moment avant le retour au calme. Les chiens de la ferme du voisin, aboient au-dessus du bois d'en face, ils ont dû entendre les sangliers mais toujours rien vue. Un petit animal de la taille d’un rat ou d’une belette dévale bruyamment la pente boisée et me passe à 2 mètre sur ma gauche pour disparaître sous le tronc d’un chêne un peu plus bas. Il va faire nuit dans quelques minutes, je commence à appeler en imitant des cris de souris. Très rapidement, une hulotte nous fonce dessus et bifurque à 50 centimètres de la tête de mon voisin pour aller se poser sur un arbre à notre droite. Je poursuis mes appels, une seconde arrive  et nous passe juste au-dessus de la tête pour aller se poser derrière nous. Je continue à appeler et c'est alors qu'un mouvement attire mon attention dans la luzerne. Un renard arrive sur nous et je le signale à mon voisin. Il s'arrête pour regarder vers nous, j'appelle à nouveau, il repart et s'arrête à environ 15 mètres derrière les branchages. J'arme doucement mon arc et rappelle, il s'avance et se présente de 3/4 face à 12 mètres en dessous de nous. Je le vois à peine dans la faible luminosité, j'aligne ma visée et décoche. Je ne vois pas l'impact mais l'entends distinctement, ma flèche est rentrée dans l'épaule et ressorti en arrière des côtes. Le renard démarre en trombe dans la luzerne. Alors que nous descendons pour aller le chercher, un animal démarre bruyamment juste à ma gauche, très certainement un autre renard que je n'avais pas entendu arriver. Je retrouve vite ma flèche plantée à l'endroit du tir, elle est couverte de sang et de poils. Nous trouvons vite le sang et je commence à le suivre pour vite retrouver mon renard, il est tombé à 6 mètres de l'impact. Après quelques photos il est temps de rentrer... mon voisin qui avait trouvé l'attente ennuyeuse me demande quand nous pourrons remette ça.

Un affût sanglier en compagnie de mon voisin non chasseur, 18 octobre 2020

Alex

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 16:19

En récupérant mes bracelets avant l’ouverture, j'avais posé une option pour un CEM2 si un se libérait. La semaine suivant le prélèvement de mon CEM1, mon téléphone sonne le jeudi midi, c’est le président de la chasse qui m’appelle pour me proposer un CEM1 et un CEM2 sur Camous, un carabinier venu chasser les jours précédent n’a pas réussi à les réaliser. C’est ma chance, après toutes ces années d’attente, j’accepte le CEM2 et Arnaud le CEM1. Vendredi matin, après avoir récupéré les bracelets, je pars chasser seul sur le secteur sous la pluie. Après 4 belles approches qui n’ont pas pu se conclure à cause des vents tournants, notamment une sur un très beau 16 cors approché à un peu plus de 20 mètres (Attendant qu’il s’avance pour dégager sa zone vitale, caché derrière un gros tronc couché au sol, le vent tournant m’a trahi et lui a permis de fuir avant que je n’ai l’occasion de le flécher), je décide de rentrer chez moi vers 11 heures, complètement trempé mais plein d’espoir pour les prochaines sorties. Le samedi matin, je retourne avec mon ami pour une journée complète de chasse, sans faire de pause pour manger le midi, j’ai arpenté en tous sens le territoire entre 7h30 et 20h30 sans m’arrêter de marcher et j’ai repéré de très nombreux cerfs de plus de 10 cors et des secteurs prometteurs pour concrétiser mon rêve. J’ai également pu réaliser plusieurs approches sur des animaux à portée de tir mais jamais l’animal convoité, 2 daguets, une bichette, 2 jeunes 10 cors. Le lendemain matin, nous repartons pour une matinée de chasse car Arnaud rentre ce soir chez lui et tuer un cerf en fin de soirée implique de finir de préparer la viande vers 2 heures du matin ou plus.

Je remonte la route qui dessert les granges du secteur et me gare presque au bout de cette dernière. Nous nous quittons donc au lever du jour pour nos secteurs respectifs, Arnaud chassera au-dessus de la route et moi en-dessous et le penchant opposé comme la veille, nous nous donnons rendez-vous vers 11 heures à la voiture. Nous nous préparons avant le lever du jour et comme la veille de nombreux cerfs brament déjà tout autour de nous. Le vent remonte vers le fond du cirque, je décide donc de redescendre à pied, par la route pour chasser en remontant, vent de face. Après quelques centaines de mètres, je bifurque à gauche sur un sentier qui redescend vers Camous à travers bois.  Le vent a tourné et souffle maintenant face à moi, je suis dégoûté mais il me faudra faire avec. Plusieurs cerfs aux brames impressionnants se font entendre sur le penchant opposé et plus bas en dessous du chemin. J'avance doucement alors que la luminosité, encore faible, croit lentement. Brusquement, un mouvement me fait stopper net au milieu du chemin. Une petite silhouette blanche descend vers moi par un passage qui remonte vers une grange abandonnée un peu plus loin. C'est un chat, il avance sans bruit en s'arrêtant régulièrement pour observer autour de lui et prend le chemin pour remonter vers moi. Je reste immobile et le laisse venir. Il vient lentement jusqu’à 2 mètres de moi de moi quand il s'aperçoit que cette masse au milieu du passage n'est pas normale. Surpris, il fait un bond spectaculaire et retombe plus de 2 mètres plus à gauche sous le chemin dans le bois avant de se réfugier sous un buis pour m'observer à environ 3 mètres de moi. Je me remets en mouvement et il me regarde passer sans bouger, tapis au sol.

Un peu plus bas quelque chose démarre bruyamment à environ 30 mètres devant moi sur la bordure gauche du chemin. Je me fige et accroche mon décocheur. Une biche et une bichette arrive pour stopper à 15 mètres en dessous du chemin et regarder vers moi. Elle reste un moment sans bouger puis se débinent tranquillement dans le sous-bois. Alors que je commence à voir les prairies un peu plus bas et entendre le ruisseau grossi par les pluies de ces derniers jours, je quitte le chemin et descends un peu pour rattraper une belle coulée et remonter doucement pour chasser dans le bois. Avec le lever du jour le brame s'est bien calmé. Les cerfs se font entendre tout de même par moment sur le flanc de montagne opposé. J'avance tout doucement en stoppant tous les quelques mètres pour observer. Plus loin je dois passer une petite combe profonde en très encaissée puis contourner un grosse roche quand un grondement sourd se fait entendre au-dessus dans le bois. Je viens de me faire repérer par un cerf mais impossible de le voir. Je me décale doucement alors que les grondements continuent mais impossible de l'apercevoir quand un brame puissant retentit un peu plus loin sur une place de brame où j'ai approché un gros 14 à 30 mètres vendredi et plusieurs gros cerfs différents hier. Je m'approche doucement caché par le relief du terrain qui forme un creux avant la place. Un bout de grillage limite mes possibilités d'approcher discrètement car pour le franchir par-dessus je dois m'exposer. Je biaise donc vers un trou dans ce dernier et le cake derrière un gros arbre alors qu'un brame puissant retentit. Je me penche doucement sur la droite du tronc et aperçois un beaux 10 pointes accompagné d'une grosse biche, d'une bichette et d'un jeune. Le vent n'est pas très bon et ne cesse de tourner. Presque immédiatement, le cerf regarde vers moi et s'éloigne tranquillement en laissant les autres animaux qui broutent tranquillement en remontant vers la prairie un peu plus haut. Je reste un moment à observer a biche et ses jeunes en espérant voir revenir le cerf mais ce petit monde remonte tranquillement vers la prairie et le mâle ne revient pas. Des brames se font entendre un peu plus loin et sur ma droite sur le penchant opposé. Je commence à bouger et immédiatement la biche, pourtant à environ 80 mètres me repère et le fixe avant de s'enfuir avec les autres animaux. Je biaise vers le ruisseau en contrebas, le traverse et rejoins la piste qui remonte vers les granges par le fond de la vallée, en suivant le ruisseau. Le bruit assourdissant du cours d'eau couvre les voix des cerfs. Je décide de suivre un moment-là piste pour rejoindre un penchant d'herbe avant de remonter vers le sommet de la montagne dur la droite de la piste. J'avance assez rapidement pour ne pas perdre de temps car mes chances de voir un cerf à découvert sont faibles. Après quelques centaines de mètres de marche rapide j'atteins le bas de la prairie et observe un instant. Pas d'animaux, je remonte et suivant le bois pour passer au-dessus de la prairie dans une pente très raide couverte d'une hêtraie très claire. Je progresse d'arbre en arbre en prenant le temps d'écouter et de bien observer. Peu à peu, le bruit du cours d'eau s'estompe et des brames commencent à se faire entendre sur ma droite. 2 cerfs semblent se répondre dont un à la voix surpuissante. J'avance toujours avec la même technique en baisant vers une combe qui descend droit vers le ruisseau. Je suis le plus possible les coulées moins bruyantes que l'épais tapis de feuilles mortes qui couvre le sol et cache de petits bouts de bois morts. Des animaux me surprennent et démarrent en contrebas dans la pente, c'est une biche, la bichette et un faon qui s'éloignent et disparaissent en passant l'arrêté du bord de la combe, à environ 80 mètres. Alors que j'arrive près de la combe un brame me fait lever les yeux sur un beau 10 pointes, à environ  100 mètres au-dessus de moi, à découvert, au milieu de la hêtraie. Je me suis figé et il ne semble pas m'avoir vu alors que je suis à découvert dans la pente couverte de feuilles mortes. Le cerf immobile un moment commence à se frotter les bois contre un tronc, j'en profite pour avancer très lentement d'un pas vers un rocher plat posé au pied d'un gros hêtre, à quelques mètres au-dessus de moi. Le cerf relève la tête, regarde autour de lui et brame. L'autre cerf lui répond de sa voix puissante plus bas et plus en retrait dans le bois. Le 10 pointes d'avance d'un pas, sa tête est cachée derrière un arbre, j'en profite et le hisse doucement vers la roche pour me caler derrière le gros tronc. À couvert j'analyse le terrain, une belle coulée passe à 15 mètres au-dessus de moi et d'autres plus haut. L'approche est quasi impossible, je décide de rester là et d'attendre en espérant que le cerf descende pour se rapprocher de moi. Je l'observe un moment à brame et à se faire les bois contre les arbres, l'autre cerf lui répond et semble se rapprocher. Je décide de tenter de l'énerver en poussant un petit brame étouffé, il regarde vers moi mais je réagit pas plus. Je retente un petit brame au bout de quelques minutes. Il me répond mais ne bouge pas. Je décide d'attendre immobile mais rapidement, un craquement attire mon regard en dessous de moi. Un énorme cerf de 10 pointes avec de très longs andouillets d'avance tranquillement sur l'autre rive de la combe à environ 30 mètres. Il stoppe à environ 25 mètres et regarde vers moi. Je suis en apnée et pense qu'il m'a vu mais il repart tranquillement sur sa lancée. Je profite de son passage derrière un arbre pour armer mon arc et aligner la visée sur son épaule. Il stoppe à environ 17 mètres en dessous de moi. Rapidement mon pin's se cale au défaut de l'épaule et je décoche mais ma flèche trop basse passe juste dessous son poitrail et se casse en touchant le sol. Je n'en reviens pas comment j'ai pu manquer ce cerf, il fait volte-face et se jette bruyamment dans la pente. L'autre cerf en a profité pour monter d'environ 50 mètres et regarde vers moi. Je descends chercher ma flèche et suis un moment les pas du cerf qui ont retournés les feuilles mortes mais pas la moindre goutte de sang, je l'ai bien manqué. Il est 10 heures et je décide donc de redescendre pour revenir en chassant vers la voiture quand des raires suivis d'un brame étouffé se font entendre un peu plus loin sur la gauche. J'observe un moment sans rien voir puis commence mon approche lente en stoppant régulièrement pour observer. Les rayures suivi de ce même brame étouffé se succèdent alors que je me rapproche peu à peu sans voir le cerf. Je suis les coulées des cervidés pour éviter de glisser dans la forte pente. Je passe une autre combe qui descend vers le ruisseau puis remonte très doucement vers une énorme roche plantée dans le flanc de la montagne. Un brame retentit, le cerf est juste au-dessus de ce gros rocher. Une goulotte ponctuée de marches naturelles dans le gros rocher me permet de l'escalader doucement. Alors que mes yeux atteignent le haut du rocher, j'aperçois le cerf, il est de 3/4 arrière, tête à droite, à environ 20 mètres et frotte ses bois contre un arbre. Ses empaumures à 3 pointes bien développées, ses merrains massifs ne laissent pas de doutes. Un compte rapide des pointes, il fait au moins 10 pointes, ce n'est pas le plus gros ni le plus beau cerf que j'ai vu en 3 sorties mais il est magnifique. Je me baisse, arme mon arc puis remonte doucement en alignant ma visée sur le cerf qui s'avance doucement tête basse de 3/4 arrière, son flanc est bien dégagé, ma visée calée, je décoche. Ma flèche rentre d'environ 30 a 40 cm dans l'animal qui accuse l'impact puis part au galop tête basse. Il stoppe 40 mètres plus loin dans un massif de buis, ses bois bouge mais je ne vois pas vraiment son corps, il titube, tente de repartir en montant mais son arrière train ne le porte plus, il chancelle puis démarre en faisant un arc de cercle pour disparaître derrière les buis. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Confiant sur la létalité de la flèche, je m'avance doucement vers les buis où je trouve de très impressionnantes traces de sang

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

et aperçois vite mon cerf couché sur le flanc côté tir, calé contre un arbre. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Il a un gros caillot de sang dans la gueule, c'est un superbe animal. J'appose mon bracelet le le dégage de l'arbre pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos avant de le descendre. Je suis enfin parvenu à prélever ce grand cerf dont je rêvais tant, je ne me lasse pas de le contempler, c'est vraiment le roi de nos forêt et quelle chasse que de l'approcher dans les décors majestueux de nos Pyrénées.

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

La pluie se met à tomber comme pour me ramener à la réalité. La pente est très raire et je crains d'endommager le trophée si je le laisse dévaler la pente, je dois donc le retenir et l'orienté pour le descendre en le calant d'un arbre à l'autre sur plusieurs centaines de mètres avant d'arriver à la piste du fond de vallée. Je laisse mon cerf dans un trou, recouvert de fougères et de branchages pour le cacher aux yeux des vautours avant de remonter vers ma voiture qui est à environ 35 à 40 minutes de marche. Je n'ai pas de réseau et je dois attendre d'arriver à mon véhicule pour avertir Arnaud et le président de la chasse qui m’envoie son fils et des jeunes chasseurs de la commune pour charger mon cerf sur leur pick-up avant de rentrer à la salle des chasseurs pour préparer mon cerf avant de rentrer chez moi.

 

Alex

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 11:34

Cette année, je voulais reprendre un bracelet de cerf sur le secteur de Camous mais tous les bracelets étaient déjà réservés, j'ai donc dû me rabattre sur le secteur de Beyrède-Jumet où j'ai pu avoir un bracelet de cerf moins de 10 cors (CEM1), une biche et un jeune pour moi et une biche et un jeune pour mon ami Arnaud Lasperches. Je ne connais pas du tout ce nouveau secteur et j'ai commencé à repérer un peu seul durant les 2 sorties que j'ai faites depuis l'ouverture de la chasse. Ce weekend Arnaud doit venir chasser mais la pluie est annoncée pour vendredi, samedi et dimanche, nous décidons de chasser quand même. Arnaud arrivé le vendredi soir, nous partons pour la chasse vers 5h20 le samedi matin sous la pluie. Arrivés sur Beyrède vers 6h30 nous prenons la piste qui remonte jusqu'en haut de la montagne. Le vent a soufflé très fort et souffle encore, la piste est jonchée de feuilles et de petites branches quand nous devons stopper. Un arbre est tombé en travers du passage. Nous devons descendre sous la pluie pour le pousser sur le bord de la piste avant de continuer. Nous arrivons au sommet vers 6h45, il pleut toujours autant et le vent souffle très fort. Il ne fera pas jour avant 30 minutes, je tente d'écouter en ouvrant ma portière mais aucun brame audible. Le bruit du vent et de la pluie coupe le son. Les 2 penchants de la montagne sont très différents, celui qui descend vers Jumet, en face de nous est couvert de prairies, de fougères et de bois de noisetiers alors de la piste remonte au travers d'une zone très boisée de hêtres et de sapins. Jusqu'à ce weekend les sols très secs rendaient l'approche difficile mais j'ai pu approcher des biches et des faons à portée de tir du côté des fougères, je décide donc de laisser ce secteur plus facile à Arnaud et d'aller chasser dans les bois. Alors que le jour commence à se lever la pluie se calme un peu et nous en profitons pour sortir de la voiture pour nous préparer mais le répit est de courte durée, la pluie se remet vite à tomber.

Nous partons chasser chacun de notre côté, je prends un petit sentier sur la gauche de la piste qui longe sous une crête rocheuse composée d'un chaos de gros rochers. Le sommet et le penchant opposé sont couverts d’une large bande de buis où les animaux semblent venir se remiser d'après ce que j'ai pu observer jusqu'à présent. Les fortes pluies de vendredi ont détrempé le tapis de feuilles mortes, ce qui rend ma progression plus silencieuse, mais les fortes rafales de vent ont fait tomber de nombreuses branches au sol et je tente de marcher doucement pour les éviter au maximum. Le sentier débute dans les buis au milieu des rochers couverts de mousse puis le paysage s'ouvre vite sur la pente descendante à ma gauche sur un bois clair de hêtres. Je m'arrête tous les 2 ou 3 pas pour bien observer autour de moi, le sous-bois est encore très sombre. Le vent violent agite les grands arbres qui craquent et grincent de façon inquiétante, aucun brame ne se fait entendre, la pluie tombe mais pour le moment ma veste non étanche me protège. Le sentier descend doucement et rejoint une combe très dégagée et couverte d'une épaisse couche de feuilles mortes, elle descend à une belle souille sur la piste à environ 100 mètres en contrebas. Je décide de la rejoindre et descends en suivant le creux de la combe. Arrivé à la piste, je prends à droite pour la suivre avec le vent dans le dos. Je continue à avancer tout doucement en m'arrêtant très souvent pour observer. Je passe deux zones de régénération ouvertes sur des zones enherbées sur ma gauche, sous le chemin. Pas un animal au gagnage, les zones de hêtres permettant de voir loin alternent avec des zones plus touffues. La droite du chemin s'ouvre sur une belle hêtraie parsemée de blocs de roche et de bouquets de buis et de houx. Alors que je passe une zone de roche qui descend jusqu'au chemin, un léger mouvement attire mon attention à environ 60 mètres, sous un bouquet de buis. Je me fige et observe, un animal tourne sous les arbustes de façon étrange. Je l'observe un instant puis tente de me rapprocher un peu en gravissant le talus rocheux du chemin. Je remonte doucement d'arbre en arbre et gagne environ 15 mètres quand l'animal se détache un peu plus à découvert. C'est un daguet malingre, il tourne un instant sur place nez au sol comme s'il cherchait à prendre une piste à la manière d'un grand chien courant. Je stoppe mon approche car ce n'est pas l'animal que je désire prélever. Le daguet se met à bondir en tous sens comme un cabri puis part nez au sol, d'un pas rapide, en parallèle de la piste. Il stoppe à environ 100 mètres contre un autre petit massif de buis puis se fait les bois contre un arbuste et recommence à sauter comme un cabri en tournant sur lui-même. Il repart nez au sol pour descendre le talus de la piste. Il stoppe en bordure du chemin alors que je suis redescendu sur le chemin, il observe un instant puis disparaît dans la pente sous la piste. Je reprends ma progression lente et aperçois un peu plus loin le daguet qui plonge dans la pente, au grand galop, entre les hêtres, à plus de 100 mètres en contrebas, il a dû me sentir.

Un peu plus loin, la piste s'interrompt. Après un coup d'œil infructueux sur le secteur, je fais demi-tour. En suivant la piste, je remarque une bande enherbée à environ 90 mètres en contrebas dans le bois de hêtres, je quitte la piste et descends pars une sorte de chemin de débardage pour rejoindre cette zone ouverte ou j'espère voir des animaux mais rien ici non plus. Je poursuis ma chasse dans les hêtres en contrebas du chemin quand des geais se font entendre un peu plus loin, j'ai remarqué lors de mes sorties précédentes qu'ils annonçaient systématiquement les grands cervidés. Je redouble d'attention en progressant d'arbre en arbre quand j'aperçois un cervidé à environ 80 mètres devant moi. Je stoppe net près d'un arbre. C'est un faon, il regarde vers moi. Je reste immobile en espérant qu'il m'oublie mais le vent tourne et sa mère que je n'avais pas vue démarre, plus à gauche, en entraînant sa progéniture pour disparaître rapidement dans le bois. Je reprends ma progression lente en essayant de ne pas trop descendre, un peu plus loin, je rejoins une zone de buis couvrant une bande de rochers couverts de mousse. Je redouble d'attention dans ce milieu fermé mais rien, je ressors dans une grande combe clairsemée de hêtres et qui descend en pente prononcée. Alors que j'observe le secteur, je me rends compte que la piste est à environ 100 mètres au-dessus de moi. Alors que je regarde vers cette dernière, j'aperçois furtivement un animal qui détale au grand galop en la suivant pour disparaître rapidement, plus à droite, derrière un bouquet d'arbre planté au bord du chemin. Je décide de remonter la pente très raide pour rejoindre la piste. Une fois cette dernière atteinte, je la suis toujours en mode chasse jusqu'à rejoindre la piste empierrée par laquelle nous sommes montés en voiture ce matin.

Je remonte doucement en suivant la bordure droite de la piste pour tenter d'apercevoir un animal dans la pente en dessous ou en dessus de cette dernière mais rien. Un peu plus loin, je jette un coup d'œil à une belle souille qui se trouve sur la droite d'un ruisselet encaissé qui descend très en pente vers le fond de la vallée. L'eau est claire, les animaux n'y sont pas venus récemment. Un peu plus haut la piste tourne en épingle à gauche pour remonter vers la voiture et une autre piste  part droit, en suivant plus ou moins la courbe de niveau, vers le col de Beyrède. Je m'avance un peu sur cette piste, au milieu de sapins immenses qui couvrent la montagne au-dessus et au-dessous du chemin. J'observe un peu sous les conifères puis prends à gauche pour remonter par un petit sentier assez raide qui grimpe jusqu'à la crête et que j'ai repéré la semaine dernière. Je remonte doucement en surveillant le secteur, les sapins font vite place aux hêtres, quand j'aperçois un beau cerf à environ 200 mètres au-dessus de moi. Il vient de ma gauche et avance tranquillement entre les arbres, il semble porter 6 gros andouillers et le bout de ses bois se finit bizarrement, comme si les dernières pointes ne s'étaient pas développées. Je décide de tenter l'approche. Il me faut faire vite car il est toujours en mouvement, je remonte d'arbre en arbre, en baisant sur la droite pour tenter de le recouper, le plus vite possible tout en essayant de rester discret. Je gagne environ 50 mètres dans cette forte pente mais le cerf presse le pas et je le perds de vue. Je tente de remonter encore au cas où quand une bichette arrive sur ses traces. Je continue à monter mais elle aussi presse le pas. Brusquement, un cerf resurgit plus en arrière que l'endroit où j'avais perdu le gros cerf de vue et les 2 animaux s'éloignent rapidement en remontant vers la crête où je les perds vite de vue. Je poursuis mon ascension vers la crête rocheuse en espérant qu'ils ne sont pas allés loin. Alors que j'arrive à un peu plus de 30 mètres de la crête et que je reviens dans les sapins, un mouvement me fait stopper net. Une bichette vient de se planter de face, à environ 40 mètres, entre deux troncs de sapins serrés et regarde vers moi. Je reste immobile et nous nous observons un instant avant qu'elle ne fasse volte-face pour se débiner derrière des rochers et les sapins. J'aperçois alors les têtes de d'autres biches, bichettes et faons qui se débinent en la suivant. Je les perds de vue derrière une énorme souche d'un sapin tombé au sol alors qu'un grondement d'alerte puissant, certainement celui d'un cerf, retentit au-dessous de moi dans la pente. Pas la peine de tenter une approche sur cet animal, j'utilise l'écran formé par le plateau de racines de la souche pour tenter de m'approcher rapidement mais je fais démarrer une autre bichette à un peu plus de 15 mètres sur ma gauche alors que je passe les sapins où se tenait la bichette de face. Alors que j'arrive à la souche, je ne peux que constater que les biches et les jeunes sont déjà loin.

Je remonte donc sur la crête rocheuse pour la suivre, en espérant surprendre des animaux de part et d'autre. La montagne sous la pluie est plongée dans le brouillard qui cache les sommets alentour et réduite la visibilité à environ 60 mètres. J'avance tout doucement sur les rochers parfois glissants et chaotiques. Le sol dur a tout de même l'avantage d'être très silencieux. Je jette un coup d’œil, à chaque fois que cela est possible, de part et d'autre de la crête quand j'aperçois un cerf au gagnage, à environ 15 mètres sur ma droite. Un rapide coup d’œil à ses bois, c'est un 8 pointes, il broute dans la pente, tête vers le bas. J'arme doucement mon arc. Le cerf s'avance un peu, tout en mangeant au sol, et pivote légèrement vers moi pour se retrouver et très léger 3/4 avant. Mon pin's est calé sur son épaule mais je ne sens pas le tir, je crains de toucher l'os de la patte avant ou l'omoplate et préfère attendre un peu en espérant que le cerf pivote à nouveau mais dans l'autre sens. Brusquement, il relève la tête et regarde vers moi. Nous restons tous 2 immobile un court instant puis il démarre et fonce dans la pente pour stopper plein travers à environ 50 mètres en contrebas. Mon viseur est sur lui mais il est trop loin, je désarme et le cerf repart en plongeant dans la pente. je me dis que je viens de laisser filer l'occasion de la journée mais me console en me disant qu'il vaut mieux ça qu'une mauvaise flèche. 

Je reprends ma progression lente au milieu des rochers. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant sur la gauche, côté feuillus, un cervidé au gagnage. Son pelage est clair et une ligne noire est bien dessinée sur son dos mais les rochers me cachent la zone vitale et la tête de l'animal qui broute au sol. Je n'ai pas le réflexe d'armer tout de suite, l'animal relève la tête et m'aperçois sans vraiment m'identifier. C'est un jeune de l'année, j'aurais dû armer mon arc car maintenant je ne peux plus bouger sans être repéré. Je reste figé et attends en espérant qu'il baisse la tête mais après un moment sans bouger, le jeune animal démarre et fuit dans la pente où je le perds vite de vue. Presque au même moment, un brame retentit un peu plus en avant. Je progresse rapidement derrière des rochers puis revient sur la gauche pour tenter d'apercevoir le cerf mais sans succès. J'avance tout doucement en ouvrant bien les yeux mais impossible de voir quoi que ce soit. J'arrive au bout des rochers un peu plus loin et descends sur un sorte de replat séparant les feuillus des conifères. Je regarde un peu les alentours puis décide de redescendre par un sentier sur le penchant des feuillus. Le chemin descend rapidement et alors que je suis à environ 70 mètres en dessous de la crête, je change d'avis et décide de prendre la courbe de niveau pour  avancer en parallèle de la crête. Je progresse doucement en suivant une belle coulée. Alors que j'arrive sous l'endroit où se trouvait le faon, je l'aperçois, dans le brouillard, couché en boule contre un gros hêtre à environ 60 mètres en contrebas. Je me fige, il regarde vers moi. Je recule tout doucement pour qu'un gros hêtre, à mi-distance entre nous, me cache de sa vue. Je descends ensuite doucement vers cet arbre pour tenter une approche sans voir le faon mais alors que j'arrive au pied du gros hêtre, le faon a disparu. Je m'approche de l'endroit où il était couché, espérant le voir mais il a disparu.

Je remonte donc vers la coulée que je suivais quand du bruit me fait lever les yeux, un cerf vient de démarrer dans les fougères à 60 mètres au dessus de moi. Il file au grand galop dans le brouillard et disparaît rapidement. Je reprends ma progression, remonte doucement vers la crête et la longe tranquillement jusqu'à rejoindre la voiture sans voir d'autre animaux. Il est près de 11 heures, je suis trempé, Arnaud n'est toujours pas revenu à la voiture, je décide donc d'aller faire un tour dans la bande de buis qui longe la crête sous laquelle j'ai attaqué la chasse ce matin. Je reprends le sentier de ce matin jusqu'à la combe que j'ai suivi pour descendre sur la piste en contrebas mais cette fois je remonte au travers du chaos de rochers couverts de mousse pour passer la crête puis me frayer un chemin au travers des buis en suivant les passages d'animaux. J'avance tout doucement quand un bruit me fait stopper net. J'aperçois alors une tâche rousse au travers des buis à environ 20 mètres. En observant plus à gauche, j'aperçois la tête de l'animal. C'est une biche, elle regarde vers moi sans réussir à m'identifier. Un mouvement plus à gauche trahit alors son jeune qui revient vers elle. Je reste immobile en attendant qu'elle s'éloigne tranquillement puis reprends ma progression. Pas d'autres animaux, je ressors dans les fougères un peu plus loin puis remonte vers la voiture. Arnaud n'est toujours pas rentré, je décide de descendre tranquillement par la piste qui descend vers Jumet pour aller jeter un coup d'œil dans les prairies en contrebas.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

La pluie s'est calmée un peu. Alors que j'avance doucement et que je vais arriver au dessus de la première prairie, un animal démarre sur la droite du chemin sous quelques noisetiers. Je me fige et accroche mon décocheur. Un cerf, portant des bois étranges de 2 pointes chacun, surgir plein travers dans les fougères au dessus des noisetiers. J'arme mon arc, il est à environ 25 mètres au dessus de moi. Le temps d'aligner ma visée, il repart et disparaît un court instant derrière un arbuste puis s'avance et se replante plein travers à découvert dans les fougères. Mon pin's se cale sur son coffre et je décoche. Touché il fait un grand bon sur place et une grosse quantité de sang jaillit de la blessure d'entrée qui me semble trop haute. Le cerf démarre ensuite pour remonter vers la crête et je le perds vite de vue.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Vu le temps et la pluie qui recommence à retomber, je décide de ne pas tarder pour attaquer la recherche car le temps va jouer contre moi. Vu la quantité de sang perdu au départ, je suis confiant sur le résultat du tir. La pluie effacera vite le sang, je remonte rapidement vers l'endroit du tir dans la pente très raide mais je ne retrouve plus l'endroit du tir. Il me faut un instant pour comprendre que je cherche un peu trop à droite, je me suis trompé d'arbuste. Je finis par me refaire la scène dans ma tête et comprends mon erreur, je trouve alors rapidement le sang qui a jaillit sur les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je trouve beaucoup de sang à l'endroit du tir et sur les premiers mètres mais la piste devient ensuite très difficile à suivre, je dois contrôler les diverses coulées pour trouver des gouttes ou traces de sang qui sont souvent espacées de plusieurs mètres et qui sont de moins en moins marquées.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Le sang s'interrompt brusquement et impossible de le retrouver. Je tourne un moment en cherchant en suivant les coulées sans trouver le moindre indice,  je m'avance donc sur les coulées quand j'aperçois mon cerf mort au travers des genêts sur ma gauche. Heureusement, il n'a pas fait plus de 40 mètres. Au moment où je perds le sang, il a pris à angle droit sur la droite, ne pouvant plus monter et est mort 10 mètres plus loin dans les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je fais le tour par une autre coulée et rejoins mon cerf qui a glissé sur le flanc pour venir se caler contre un genêt où il a perdu beaucoup de sang. Ses bois sont vraiment particuliers, il sont légèrement torsadés un peu comme les cornes d'un koudou mais moins prononcé quant même. Je suis vraiment content de mon prélèvement, c'était un cerf à éliminer.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je dégage un peu mon cerf de la végétation pour lui apposer son bracelet, ma flèche rentre plein coffre , où je visais, et ressort haute, juste en dessous du filet. Je fais quelques photos 

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

avant de le ramener à la voiture qui est à 200 mètres environ. Je remonte le cerf jusqu'à la crête, un peu plus haut, puis le traine en longeant la crête avant de descendre jusqu'à la piste où je suis garé. Arrivé à la voiture, je vide mon cerf et tente de le charger mais je dois attendre Arnaud pour le monter dans le coffre de ma voiture. J'en profite pour refaire quelques photos.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Nous sommes trempés, Arnaud n'a pas pris de rechange, nous décidons donc de rentrer après avoir dépecé et découpé le cerf à la salle des chasseurs de Beyrède

 

Alex

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 22:18

Ce soir, en sortant du boulot, je pars pour Saint Arroman. Je me gare près de la ferme mais alors que je me prépare je me rends compte que j'ai oublié ma cagoule. Il me faudra faire sans, je pars à pied en longeant les mais pour rejoindre mon poste dans un bosquet un peu plus haut. Je suis une coulée de blaireau pour rejoindre une petite clairière et me poste en bordure du sale entre 2 arbres. Devant moi, un ruisseau asséché couvert de ronces. Un ancien chemin gagné par la végétation le traverse un peu plus à ma gauche. Une belle coulée passe à 5 mètres sur ma droite pour contourner un gros arbre mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Sur ma gauche, la clairière s'ouvre sur environ 15 mètres jusqu'à un gros arbre creux où les sangliers viennent régulièrement se frotter. Une belle coulée sort du ruisseau pour rejoindre ce frottoir. Le vent n'est pas bon pour le moment mais je sais qu'il va tourner dans la soirée. Il souffle soit dans mon dos, soit sur ma droite. L'attente commence, il est 18h30. Le sous-bois est calme à peine perturbé ponctuellement par le chant d'un faisan, la chute d'un gland ou le passage d'un petit rongeur dans les feuilles mortes. Quelques oiseaux passent par moment. Vers 19 heures le vent se pose totalement, seul un infime mouvement d'air subsiste face à moi comme de l'indique la poussière terreuse que je laisse tomber entre mes doigts. Vers 19h15, des bruits de pas se font entendre dans le sous-bois en face de moi. Le pas semble lourd mais je ne saurais pas dire s'il s'agit d'un chevreuil ou d'un sanglier. J'accroche mon décocheur et me tiens prêt. Les bruits se rapprochent quand j'aperçois un petit arbuste qui s'agite à environ 30 mètres devant moi. Impossible de voir l'animal au travers de la végétation très dense. Les bruits de pas reprennent et viennent toujours vers moi. La végétation s'agite devant moi à environ 20 mètres mais toujours impossible de voir l'animal qui biaise sur ma gauche pour traverser le vieux chemin gagné par les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

L'animal traverse le chemin mais le bourrelet de végétation qui le borde m'empêche de le voir passer. Un léger mouvement dans la végétation au bout d'un gros tronc tombé au sol et couvert de végétation m'indique son passage. Très rapidement, j'aperçois le haut du dos d'un sanglier d'environ 50 kilos qui longe derrière le tronc. J'arme mon arc mais le gros tronc cache sa zone vitale. Il se tourne de face et se rapproche du tronc pour disparaitre un instant derrière. Je désarme. J'espère le voir sortir au bout du tronc à environ 8 mètres sur ma gauche car une coulée débouche sur la clairière mais il finit par repartir en longeant le ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

J'arme mon arc mais la végétation ne me permet pas un tir sûr. Je le laisse s'éloigner et désarme. Il avance doucement en suivant le lit asséché, disparaît un instant derrière les arbres puis réapparaît un instant à environ 20 mètres de 3/4 arrière mais la zone vitale est toujours caché. Il s'avance encore un peu et je le perds de vue mais l'entends un instant dans la végétation avant le retour du calme pendant un instant. Alors que le pense parti, du bruit attire mon regard vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. La végétation s'agite sur la gauche du ruisseau et le sanglier remonte le petit talus avant de venir vers moi. Il stoppe de face) environ 15 mètres et se frotte énergiquement contre un arbre puis repart vers moi jusqu'à un petit écran de houx d'environ 2 mètres de long, un peu en avant du gros arbre creux. Il bifurque à angle droit pour remonter vers le haut du bois. J'arme doucement mon arc. Il sort à découvert plein travers au bout des houx, en face du gros arbre creux. Mon viseur se cale derrière son épaule et je décoche. Touché il fait volteface pour repartir d'où il vient.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il repasse derrière le gros tronc couché

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

puis remonte le penchant opposé pour stopper à environ 50 mètres. Sa respiration suffocante et encombrée est entrecoupée de grognements. Des sifflements humides sont bien audibles ce qui me mets en confiance sur la létalité de ma flèche mais le temps passe et le sanglier tourne toujours dans le sous-bois sur une zone limité sans vouloir tomber. Refroidi par la perte de mon dernier sanglier, je décide de rester un moment sans bouger avant de faire quoi que ce soit. Après de longues minutes, le sanglier s'éloigne un peu mais continue à souffler et grogner. Je décide d'aller voir ma flèche tout doucement.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je la retrouve plantée dans le tronc, une vanne est légèrement décollée. Le fut et les vannes sont couverts de sang mais il n'est pas très abondant.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je remets ma flèche au carquois et retourne me poster tranquillement. Le sanglier se fait toujours entendre pendant un moment puis le calme revient vers 19h45. Je décide d'attendre encore un peu, je me repasse la scène dans ma tête, ma flèche me semble bonne mais quelque chose ne tourne pas rond. Avec une flèche de coffre, mon sanglier devrait déjà être mort. Vers 20 heures, je me décide à quitter mon poste pour débuter ma recherche. Je recoupe la direction de fuite près du gros arbre creux mais ne trouve pas tout de suite le sang. Je contrôle les 2 coulées possibles et finis par apercevoir des petites gouttes sur un bout de bois et quelques feuilles mortes, à quelques mètres de l'endroit du tir, à moins de 2 mètres du ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis la coulée qui descend dans le ruisseau en suivant quelques grosses gouttes espacées.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Les gouttes longent derrière le gros tronc tombé au sol. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang n'est pas extrêmement abondant mais assez facile à suivre.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sanglier a suivi une grosse coulée qui serpente au milieu des ronces puis remonte dans le bois. Le sang devient, petit à petit, de plus en plus abondant. La luminosité baisse vite dans le sous-bois et je continue ma recherche à la lueur de ma frontale.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

En le suivant, je tombe sur une reposée debout où le sanglier a fait une halte.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang devient très abondant, le sanglier a dessiné régulièrement des lignes de sang ininterrompues sur plusieurs mètres. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste très abondante s'enfonce dans les épines noires, je laisse mon arc au sol pour pouvoir avancer plus tranquillement. Les épines noires, assez serrées, me griffent les flancs et les épaules. Un peu plus haut, je tombe sur une reposée debout puis une seconde.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste toujours très abondante rentre maintenant dans un roncier inextricable. Je dois progresser à 4 pattes sur les épines dans un tunnel très étroit pour suivre le sang mais alors que j'ai juste fait quelques mètres un animal démarre juste à quelques mètres de moi. Je stoppe net, l'animal stoppe à quelques mètres plus loin. Une respiration très difficile de fait entendre. C'est mon sanglier, 45 minutes après le tir, il n'est toujours pas mort. Je reste un instant immobile à l'écouter. Il semble très mal en point et ne bouge pas. Je fais doucement marche arrière pour aller chercher mon arc. Les ronces lèvent mon T-shirt et me lassèrent le dos. Sorti des ronces, je suis le sang à contre-pied et repasse les épines noires pour récupérer mon arc avant de devenir vers les ronces. Le sanglier n'a pas bougé, il respire toujours aussi fort. Je décide de rester devant le roncier à l'écoute, en espérant que le sanglier sera vite mort et pour ne pas risquer de le pousser plus en avant si je tente de le rejoindre. Les minutes passent, posté devant ce mur de plusieurs mètres de haut de ronces alors que la nuit s'installe. Le sanglier commence à bouger un peu puis semble se débattre en grognant, pousse un gros souffle roque avant de se mettre à respirer très vite. Son souffle baisse en intensité et le sanglier bouge bruyamment sur place puis plus rien. Après quelques secondes de calme un grognement étouffé se fait entendre puis le calme s'installe. J'écoute encore un court instant le silence dans la nuit noire puis décide de reprendre ma recherche. Je recommence à suivre le sang à 4 pattes dans le tunnel de ronces. Le passage devient très étroit et je dois ramper sur un tapis d'épines pour suivre le sang. Les épines se plantent dans ma chair et le lassèrent de partout. Ma progression est très compliquée surtout avec mon arc que je dois pousser devant moi et qui s'accroche partout dans les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La coulée débouche sur une grande bauge de plus d'un mètre de diamètre. Le sol poussiéreux, bien dégagé est couvert de sang partiellement imbibé par la terre très sèche. Je traverse la bauge en rampant pour rejoindre le tunnel de ronces au fond de la couche du sanglier. Arrivé à ce dernier, le sang stoppe brusquement et le tunnel se divise en 2. Je ne peux pas me permettre de me tromper car je ne pourrai pas faire demi-tour. J'éclaire plus en avant dans les 2 passages et aperçois quelques traces de sang frotté sur des ronces à quelques mètres dans le tunnel de gauche. Je reprends ma progression sur environ 5 mètres mais le tunnel se divise à nouveau en 3. J'éclaire dans les 3 passages sans voir de sang, impossible de trouver la suite de la piste. Je n'ai pas le choix, il me faut choisir un passage et tenter de m'y avancer. La brûlure des écorchures devient insupportable mais je n'ai pas le choix. Je m'avance dans le tunnel du milieu qui tourne quelques mètres plus loin, à angle droit sur la droite pour rejoindre une nouvelle bauge où j'aperçois mon sanglier couché sur le flanc, tête à l'opposé de ma position. Une plaie sanguinolente basse est visible derrière sa patte droite. Je l'éclaire un court instant sans bouger. Il est mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je m'avance un peu pour le saisir par une patte arrière et tente de le tirer vers moi mais il est pris dans les ronces et je n'ai aucune force allongé sur le ventre.  Je laisse mon arc et m'avance dans la bauge pour tenter de dégager le sanglier. Je m'aperçois alors que la sortie de la bauge revient en arrière sur le tunnel principal. C'est le passage de droite sur j'ai laissé tout à l'heure mais le tunnel est extrêmement étroit. Je décide donc de repartir par là d'où je viens. J'attache le sanglier par le groin avec la laisse que j'ai toujours à la poche. Je pivote non sans mal et retourne le sanglier tête vers l'entrée de la bauge puis rampe vers mon arc en tirant la laisse mais je n'ai pas de force dans cette position. Je me retourne sur le dos pour tirer le sanglier sur moi et progresse ainsi en poussant mon arc devant moi et en tirant le sanglier sur mes genoux à chaque fois que j'ai parcouru un mètre sur le dos.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis griffé de partout et le contact des épines devient insupportable. Je ressors enfin du roncier vers 21h30. Il me faut encore ressortir du bois. En suivant la piste au sang à l'envers, je rejoins la clairière non sans devoir tuer quelques frelons qui attaquent régulièrement le faisceau de ma frontale. Je profite du découvert pour faire quelques photos souvenirs de mon petit ragot de 50 kilos environ.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Ma flèche entre au niveau du cœur

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

et ressort basse, 10 centimètres derrière la patte opposée.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il me faut encore tirer mon sanglier sur près d'un kilomètre jusqu'à ma voiture où j'arrive en nage. Rentré chez moi, je constate en vidant mon sanglier que ma flèche a profondément entaillé le cœur. La résistance des sangliers est vraiment incroyable.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Alex

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 08:33

Ce matin, je décide d'aller faire le tour des maïs de Saint Arroman, histoire de voir si je ne pourrais pas croiser un sanglier ou un renard. J'arrive sur place alors qu'il fait encore nuit, la pleine lune éclaire le paysage. Je me prépare tranquillement puis pars en longeant les maïs par la gauche pour arriver au-dessus des cultures au lever du jour. Je passe un premier lac puis longe un bosquet qui me sépare d'un second plan d'eau. En arrivant au bout de ce dernier, je débouche à la pointe du lac et fais décoller 2 colverts qui alertent de leurs cris d'autres canards posés plus loin, les faisant décoller à leur tour. Je passe sur la gauche du ru d'alimentation et le longe pour rejoindre le bord d'un petit bois. Arrivé en lisière, je remonte sur ma gauche en la suivant jusqu'au coin du massif d'où part un chemin enherbé qui sépare le bois d'une parcelle de maïs. Je suis doucement ce sentier en tendant l'oreille alors que le jour se lève. Un chevreuil aboie dans le bois, quelques faisans poussent leurs cris dans la friche de l'autre côté du bois. J'arrive au bout du maïs, en longeant la haie qui fait suite au bois, sans rien voir. Un coup d'œil infructueux sur la prairie fauchée qui fait suite au maïs puis je fais demi-tour pour rejoindre un passage de sanglier, un peu plus loin, qui me permet de traverser la haie non sans m'accrocher à quelques ronces. Je reviens vers les maïs en progressant doucement dans la grande friche tout en surveillant les alentours. Rien en vue, je longe maintenant le fossé qui borde le haut des maïs côté friche. Quelques élanions blancs matinaux survolent déjà la friche en quête d'une proie. Le maïs fait place à une parcelle de luzerne sur ma droite, elle-même suivie par une parcelle de sarrasin qui descend jusqu'au ru en bas de la combe. Je longe toujours le fossé et la friche fait place à un tournesol. Arrivé au bord du ru, je prends à droite et le suis. J'arrive au bord d'une mare un peu plus loin. Un petit remous agite l'eau à quelques mètres de moi dans la végétation qui borde la berge mais alors que je pense voir un ragondin, c'est une belle poule d'eau qui s'avance sur l'eau. Elle met quelques secondes avant de se rendre compte de ma présence et de plonger. Elle rentre dans un terrier sur la droite du petit plan d'eau. Je m'approche du bord alors que l'eau s'agite sous la végétation pendante qui borde la berge de droite. La poule d'eau refait surface à environ 2 mètres du terrier, contre la berge puis replonge en m'apercevant. Je tente des cris de petit ragondin. Presque immédiatement, l'eau s'agite à environ 7 mètres contre la berge de gauche puis une ligne de bulles se dessine à la surface de la mare. J'arme mon arc mais le ragondin rentre directement dans un terrier de la verge opposée sans faire surface. Je poursuis un peu les appels mais l'eau s'agite un court instant devant le terrier puis le calme revient.

Je quitte mon poste et continue à longer le ru en bordure d'un chaume qui remonte jusqu'au maïs sur ma droite. Une parcelle de sarrasin longe l'autre rive du ru. A une centaine de mètres devant moi, une silhouette étrange m'interpelle, il s'agit d'un héron qui finit par décoller. Alors que je suis en train de le dire que je n'ai vraiment pas vu grand-chose ce matin, j'aperçois un gros ragondin qui grignote un épis de maïs à environ 80 mètres sur ma droite, au coin de la parcelle bordée par un chemin de terre qui rejoint la ferme un peu plus loin. En face du coin du maïs se trouve une grande mare dont la berge haute est bordée par une bande boisée. Un gros chêne sur la bordure droite du chemin, à environ 20 mètres du coin du maïs, fera un écran parfait pour une approche. Je m'avance de quelques mètres le long du ru pour positionner l'arbre entre moi et le gros rongeur puis je remonte rapidement droit sur le chêne sans voir le ragondin. Alors que je ne suis plus qu'à 10 mètres du chêne, j'aperçois un second ragondin qui semble énorme. Il vient de sortir de la bordure arbustive de la mare et se dirige vers l'angle du maïs en traversant le chemin. Je le perds vite de vue derrière l'arbre. Une fois le chêne atteint, je me décale doucement sur sa droite mais le premier ragondin que j'avais vu au départ retourne tranquillement vers la mare avec son épi à la gueule. Je tente d'avancer doucement mais il accélère et disparaît dans la végétation qui borde le plan d'eau puis se met à ronner. Le second ragondin est toujours au coin du maïs, de cul, tête haute, à l'écoute. Je reste immobile et attends un peu, il baisse la tête et ne peut plus me voir, je commence à m'avancer vers lui mais il commence à se débiner vers la mare. Je me fige. Il sort du maïs d'environ 2 mètres, stoppe, écoute un court instant puis fait demi-tour et retourne dans le maïs. Je reprends mon approche lente alors qu'il se dresse de dos, sur ses pattes arrière, en appui sur un pied de maïs qu'il commence à couper à grand coup de dents. Je m'approche à environ 10 mètres. À peine le pied de maïs au sol, il se décale plus à droite et se redresse sur ses pattes arrière pour couper un second pied de maïs. J'arme mon arc et m'avance encore de 2 pas alors qu'il attaque le pied qu'il vient d'abattre. J'aligne ma visée sur lui et attends une occasion de tir propre. Il se positionne de face derrière quelques feuilles de maïs et ronge le pied abattu puis arrache l’épi avant de commencer à revenir vers la mare avec sa prise dans la gueule. Je le suis dans mon viseur, il se présente de 3/4 face à environ 8 mètres, bien dégagé sur le chemin. Ma visée se cale sur son épaule et je décoche. La flèche le traverse en propulsant une grande quantité de sang sur le maïs. Le ragondin lâche l’épi, accuse le coup et fait le dos rond. Je me précipite pour le positionner sur la coulée qui revient à la mare et ainsi lui barrer la route. En m'apercevant, le ragondin sonné et qui perd beaucoup de sang se gonfle sur ses pattes tendues et prend une posture menaçante puis charge. Il se jette sur moi gueule ouverte pour me mordre. Je le stoppe en lui donnant un grand coup de pied dans la tête, ce qui le fait rouler bouler vers le maïs. À l'impact, je ressens un choc sur la cheville et entends un bruit cassant. Le ragondin, un peu sonné, se redresse et se remet en position d'attaque mais il perd beaucoup de sang et commence à vaciller. Il tente de repartir mais il chute, tente de se relever, rechute et finit de mourir au milieu du chemin à quelques mètres de moi.

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

Je pars chercher ma flèche qui est couverte de sang. Le maïs est également couvert de sang sur la zone du tir.

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

Je remets ma flèche au carquois. Je vais ensuite voir mon ragondin. J'ai cassé une de ses dents de devant en repoussant son attaque.

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

C'est un beau mâle qui doit faire environ 7 kilos. Ma flèche entre dans l'épaule au niveau du cœur et ressort en arrière des côtes. 

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

Je le laisse sur place et retourne au bord du ru qui sépare 2 parcelles de tournesol jusqu'à la route. Je passe la chaussée pour suivre la droite du ru, le long des maïs jusqu'au Sousson. Au coin du maïs, je prends à droite pour remonter le long du ruisseau en surveillant les passages de canon successifs. Un peu plus loin, un faisan se débine devant moi avant de rentrer dans la culture. Un peu plus loin, je dérange une poule d'eau dans le ruisseau. J'arrive au bout des maïs sans voir autre chose. Du coin de la culture, j'aperçois un couple de chevreuils au gagnage, à environ 250 sur ma gauche, en bordure du bois, dans une pente en prairie. Je retourne vers ma voiture en passant la route puis en longeant les maïs, poussant un moment un jeune coq faisan devant moi avant qu'il ne s'envole au-dessus de la culture.

 

Alex

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 11:20

Hier soir, en sortant du boulot, je retourne sur Traversères pour un affût sanglier. Ayant dérangé mon poste habituel, je décide d'aller me poster sur un autre secteur, le vent souffle très fort, face à moi alors que je remonte la combe. Un brocard sur git de la haie que je longe à ma droite, stoppe un instant à un peu plus de 15 mètres devant moi  puis redémarre brusquement en m'apercevant. Il traverse la bande de pré au galop puis stoppe en remontant dans le bois, derrière un genet. Je reste immobile, plus loin sur ma droite, derrière la haie, un autre chevreuil aboie en s'éloignant. Le brocard sur ma gauche repart, je l'aboie et le stoppe, il me répond, nous discutons un instant avant qu'il ne s'enfonce dans le bois en protestant. Je reprends ma route, un peu plus loin c'est une chevrette au gagnage que j'aperçois à environ 150 mètres à l'ombre du bois sur la droite de la combe. Je longe un peu le bois en me rapprochant d'elle alors qu'elle broute paisiblement puis remonte dans le bois  sur ma droite. Je longe un moment le bas du bois pour me poster près d'une grosse coulée qui ressort dans la combe mais le vent biaise en remontant dans le bois. Je décide alors de me poster plus haut dans le bois pour ne pas griller une remise qui est sous le vent. Je me poste donc au milieu du penchant, au pied d'un gros arbre couvert de mousse et regarde vers le bas du bois. Le temps passe le vent très fort agite les feuillages et il me semble régulièrement entendre arriver des animaux qui n'en sont pas. Je passe mon temps à regarder autour de moi car je sais que je n'entendrai pas arriver les sangliers. Une palombe vient se poser au-dessus de ma tête puis part se poser un peu plus loin. Un moment plus tard les geais commencent à donner de la voix sur le penchant opposé puis 2 merles passent à toute vitesse devant moi en venant de la remise de droite. Je me tiens prêt mais rien ne vient. Les cris des geais se décalent vers la droite et semblent se rapprocher mais toujours pas de sanglier en vue.

Vers 20 heures, alors que je tourne la tête à droite et suis surpris d'apercevoir un jeune renard qui passe à 5 mètres de moi en sortant de nulle part. Le temps d'armer mon arc, il passe derrière un arbre puis s'éloigne tranquillement dans la végétation en remontant dans le sous-bois. Je n'ai pas de possibilité de tir et finis par le perdre derrière un gros arbre.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je tente de l'appeler mais il ne bouge pas et reste caché. Au bout d'un moment, il réapparait et continue à monter, je l'appelle à nouveau et cette fois il regarde vers moi puis commence à venir. Il stoppe à environ 20 mètres dans la végétation, je rappelle, il vient à environ 15 mètres et stoppe à nouveau. J'arme doucement mon arc et rappelle, il démarre et arrive d'un pas décidé, je le suis dans mon viseur. Il stoppe à 8 mètres de face. Je cale ma visée sur le bas de son cou et décoche. Il démarre vers moi, sa tête vient heurter le sol, sa patte avant gauche est cassée. Il bifurque à 5 mètres de moi et par sur une coulée sur ma droite où je le perds vite de vue. Je pars chercher ma flèche et trouve un bout de poumon collé à la végétation à l'endroit du tir.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Ma flèche est posée au sol 10 mètres plus haut.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je la remets au carquois et suis le sang, peu abondante sur quelques mètres, la piste devient vite facile à suivre.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je retrouve sans difficulté mon renard qui a fait environ 40 mètres.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

C'est un jeune de l'année, ma flèche rentre où je visais et ressort en arrière des cotes. Je fais quelques photos souvenir

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

avant d'aller reprendre mon poste. 20 minutes, en tournant la tête à droite, j'aperçois un sanglier d'environ 50 kg qui se retrouve à 8 mètres sur ma droite un peu dans mon dos. Lui aussi a surgit de nulle part, je ne l'ai entendu arriver à cause du vent. Sa zone vitale est dégagée dans la fourche d'un arbre mais le temps d'armer, il avance d'un pas et je ne peux plus tirer. Il avance encore un peu, bifurque et vient droit sur moi, je le suis dans mon viseur. Il stoppe à 5 mètres et se tourne plein travers. Je décoche, ma flèche semble très bonne, il couine et fonce droit devant lui sur 10 mètres environ puis bifurque à droite vers la broussaille. Confiant sur l'issue de mon tir, je vais voir ma flèche qui est couverte de sang. 

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je la remets au carquois, la piste de sang est très fournie et je décide de la suivre tant qu'il fait encore jour.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je tombe vite sur un bout de poumon

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

mais alors que je suis au ras du taillis, des craquements se font entendre, je pense que mon sanglier finit de mourir. Le passage est trop encombré pour continuer avec mon arc à la main je le pose donc au sol, au ras du taillis pus continue à suivre le sang.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

La piste prend vite à gauche dans un roncier inextricable et suis une coulée sur laquelle je tombe sur une couche pleine de sang.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

J'ai relevé mon sanglier, il y a tellement de sang que je décide de continuer à suivre la piste qui s'enfonce dans les épines qui me lassèrent de partout. Je tourne et retourne dans les épines en suivant le sang abondant et parfois quelques morceaux de chair pris dans les épines. Le sanglier suit plus ou moins les coulées mais je dois parfois ramper  ou défoncer des ronces pour arriver à le suivre. Les épines me déchirent la peau et mon T-shirt. La voie ne cesse de bifurquer, de monter, descendre mais le sang très abondant est toujours facile à suivre. Après plusieurs centaines de mètres de recherche, je finis par remonter assez raire et ressortir au-dessus du bois sur une prairie d'herbe sèche. Le sang frotté sur les herbes jaunes est assez facile à suivre jusqu'à une bande de bois très épaisse qui borde la route en contrebas. J'y rentre et suis encore un peu le sang pour tomber sur un petit bout de foie tombé sur le sol. Le sang devenant moins abondant, je laisse tomber pour ce soir et appelle mon ami Adrien pour une recherche le lendemain mais son téléphone ne capte pas et je lui laisse un message.

Après une nuit presque blanche à me refaire la chasse dans ma tête, je me lève vers 5h30 et envoie un texto à Adrien qui me répond de suite. Rendez-vous est pris pour 6h45. En route j'aperçois un  magnifique solitaire qui rentre tranquillement au bois. Nous reprenons la recherche en haut du bois, au départ dans la prairie. Igor prend bien le sang mais après près de 2h30 de recherche dans les épines avec du sang tout le long et la découverte d'une autre couche de la veille, couverte de sang sec, nous perdons la trace du sanglier et décidons de stopper la recherche. Le sanglier nous a fait faire plus de 1,5 km dont une grande partie à genoux. Je ne comprends pas ce qui s'est passé et pourquoi je n'ai pas retrouvé ce sanglier.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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