Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 06:10

Ce matin, je me réveille alors que le jour n'est pas encore tout à fait levé, je m'extirpe de mon hamac. Xavier dort encore mais Lauro s'affaire déjà. J'en profite pour préparer mes affaires et m'habiller. J'enfile le T-shirt que mon ami Laurent m'a confectionné pour notre chasse au chamois dans le Doubs en espérant qu'il me portera chance. Xavier finit par se lever un peu après alors que Lauro part déjà pour sa journée de pêche. Nous déjeunons et finissons de nous préparer puis chargeons nos affaires dans le canoë et partons pour un nouveau secteur de chasse. Ce matin nous remontons le fleuve pour rejoindre un secteur que Xavier connaît pour y avoir déjà chassé.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Ce matin, je regarde mieux les berges pour tenter d'apercevoir des animaux et Xavier m'interpelle pour me montrer des hoazins. Ils semblent inadaptés au vol et peinent à voleter sur les moucoumoucous qui forment un mur vert au bord du fleuve avant de rejoindre la forêt où ils se cachent pour nous laisser passer. Nous apercevrons par 3 fois ces oiseaux mais aussi quelques gros martins pêcheurs dont les diverses espèces d'apparence très proche sont difficiles à différencier en vol ou de loin,

des caciques cul-rouge près de leurs longs nids tissés qui pendent au dessus du fleuve

et quelques anis.

Nous accostons un peu plus loin au départ d'une crique. Xavier me dépose avec mes affaires en m'expliquant comment je dois chasser sur ce secteur. Il m'a prêté son GPS où sont enregistrés des points indiquant des bassines à pakira (non local du pécari à collier) ou des terriers. Il repart ensuite avec le canoë, un peu plus loin pour aller chasser de son côté. Le départ en forêt est facile car un vieux layon permet d'y entrer.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je dois partir plein ouest pour rejoindre le pied d'une colline pour chasser ensuite vers la droite entre cette colline et la crique. Je vérifie mon cap sur le GPS après avoir fait le point du retour puis commence à m'avancer en forêt. Je progresse très lentement en essayant de suivre des zones un peu dégagées. Rapidement un mouvement à mes pieds m'interpelle et je peine un instant à retrouver le petit crapaud feuille au milieu des feuilles mortes.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je fais régulièrement des pauses pour observer les alentours et m'enfonce peu à peu dans la jungle. Je finis par arriver près d'un grand marécage asséché, les arbres font place à d'immenses palmiers dont les palmes mortes jonchent le sol. Au milieu de ces débris végétaux, je dérange un gros crapaud feuille et m'attarde un instant pour l'observer.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

C'est alors que j'aperçois, à environ 15 mètres, un petit animal brun qui se déplace au sol, je reconnais vite cette démarche et m'approche rapidement. C'est une magnifique mygale (téraphosa blondi), la plus gosse araignée du monde qui peut atteindre 25 cm de diamètre. Celle-ci n'atteint pas cette taille mais son envergure est déjà impressionnante. Elle se fige à mes pieds et se prête à une petite séance photo.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je laisse la mygale à sa promenade matinale et reprends ma progression. Un peu plus loin, je tombe sur un champignon bizarre, il semble sortir d'une boule et est drapé d'un filet blanc. J'ai remarqué chaque année qu'on voyait peu de champignons en Guyane malgré le climat humide et mis à part les champignons plats qui poussent sur quelques troncs pourris, c'est un des premiers que je vois poussant au sol.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je progresse un petit moment avant de contrôler mon GPS, je pensais avoir bifurqué à droite et progressé entre la crique et la montagne mais je me rends vite compte que je reviens vers mon point de départ et cherche à reprendre ma progression dans le bon sens. Une fois mon cap repris je range mon GPS et poursuis ma progression lente en direction d'un point indiqué par Xavier pour être une bassine à pakira. Je progresse tranquillement quand je me rends compte que je suis en train de revenir vers le bord de la crique. Je me dis que la suivre un moment me permettra de ne pas faire demi-tour. Je contrôle donc mon cap et continue à avancer. En arrivant dans une zone marécageuse encombrée de troncs pourris enchevêtrés où la crique a creusée des avancées en forêt aujourd'hui asséchées, je slalome entre les obstacles quand le bruit d'un animal se jetant à l'eau retentit. Au bruit, je pense immédiatement à un tapir et tente de m'approcher de la crique pour mieux voir au travers des troncs et des arbres qui la bordent. J'aperçois ainsi une tête ronde en surface, ce n'est pas un tapir, l'animal plus petit semble avoir la taille d'un chien. Je le perds de vue derrière les arbres. J'attrape mon appareil photo et le mets en mode caméra, c'est alors que j'aperçois au moins 6 têtes dans l'eau, les animaux étirent leurs cous au-dessus de l'eau pour me voir et me flairer. Leurs poitrines sont marbrées de taches blanches et je reconnais alors des loutres géantes, c'est la première fois que j'en vois des vivantes à l'état sauvage mais j'en avais déjà vu au zoo d'Agelès Gazos dans les Pyrénées. Elles se déplacent tranquillement en regardant vers moi et en humant l'air sans que je n'arrive à faire la netteté avec mon appareil photo. Je les perds régulièrement de vue derrière les arbres quand elles se mettent à pousser des cris puissants assez graves. Elles s'éloignent vers en descendant la crique et finissent par disparaître d'un coup.

Je reprends ma progression en consultant mon GPS pour me diriger vers la bassine. La zone est assez dense et ma progression se complique, je cherche à contourner ce secteur et tombe sur un tas de branches couvert par la végétation en forme de tipi aplati. De gros trous permettent de voir l'intérieur où le sol a été dégagé et mis à nu, c'est une tanière de pakira et elle semble bien fréquentée, j'ai bon espoir d'en voir dans le secteur.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

j'examine bien tous les recoins de cet immeuble à pécari avec ma frontale mais ils ne sont pas dans le secteur, je continue donc ma progression. J'ai beaucoup de mal à garder un cap en marchant et je dois régulièrement consulter mon GPS, j'essaie de rester dans les zones pas trop denses pour limiter le bruit de ma progression et à chaque fois que je consulte mon GPS, je constate que j'ai beaucoup dévié et peu avancé. Je débouche sur une petite clairière barrée par un énorme enchevêtrement de troncs tombés au sol et stoppe pour consulter mon GPS face aux troncs quand un léger craquement sur ma gauche me fait tourner la tête. Un mouvement dans la végétation attire mon regard sur une grosse patte noire qui s'avance perpendiculairement aux troncs. Le temps semble suspendu, je suis comme hypnotisé, une seconde patte s'avance puis une petite trompe se dégage de la végétation. "Un tapir", je n'arrive pas à y croire car il est assez rare de les voir en plein jour. Je lute pour remettre mon GPS dans ma poche de ma veste 3D sans quitter le tapir des yeux alors qu'il s'avance toujours au ralenti. Il est énorme et doit faire au moins 200 kg, son poil ras très foncé, presque noir semble mouillé. Le vent souffle le long du tas de tronc et va vite me trahir. Le tapir est maintenant bien dégagé et alors que mon GPS rentre enfin dans ma poche, il me sent et démarre en trombe sans me laisser le temps d'armer mon arc. Le bruit de son galop résonne dans la forêt au rythme de ses pattes qui martèlent le sol à la manière d'un cheval au galop. Les branches craquent sur son passage et je le perds de vue après quelques dizaines de mètres de course.

Cette rencontre n'aura duré que quelques dizaines de secondes mais elle m'a semblé beaucoup plus longue et ses images tournent en boucle dans ma tête. Je viens de manquer l'occasion magique de flécher un magnifique tapir mais rien ne peut altérer le bonheur d'avoir pu en voir un dans son milieu naturel, c'était un de mes rêves guyanais. Mes esprits revenus, je tente de retrouver sa trace mais malgré sa taille impressionnante, il n'a pas laissé la moindre empreinte sur sa trajectoire de fuite que je tente de suivre tout de même un moment en essayant de me la remémorer. Je reviens ainsi vers la crique mais le tapir est très certainement loin. Je décide de reprendre mon GPS pour me diriger vers les points qu'il indique (terriers et bassines de pakira). Je progresse donc GPS à la main et finis pour trouver une des bassines au milieu d'une zone de végétation très dense. L'eau est boueuse mais les traces ne sont pas d'aujourd'hui.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je tourne un moment dans le secteur et trouve des terriers d'où sont rentrés et sortis des pécaris il y a quelques jours. Les traces ne sont pas fraîches, j'examine tout de même, avec ma frontale, l'intérieur des terriers situés près d'une fourmilière de fourmis champignonnistes (ou fourmis manioc), au pied d'une petites butes. Ces insectes de couleur orange terne découpent le feuillage pour l’entraîner sous terre dans de longues processions et le stockent ensuite pour s'en servir de support pour la culture d'un champignon dont elles se nourrissent. Je tourne et retourne sur ce secteur sans trouver les pécaris et retombe sans le vouloir sur la première bassine. L'heure avance et je décide de retourner tranquillement vers le point de rendez-vous où Xavier doit revenir me chercher. Je longe plus la crique qu'à l'aller et traverse plusieurs petits bras morts quand, alors que je cherche un passage pour traverser, j'aperçois une belle tortue d'eau (Rhinoclemmys punctularia) fouillant le fond vaseux au milieu des feuilles mortes.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je l'attrape facilement pour l'examiner un instant avant de la relâcher.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Une fois remise à l'eau elle ressort doucement de sa carapace puis s'avance avant de commencer à s'enfouir dans la vase.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Petit à petit, GPS à la main et en contrôlant régulièrement ma boussole, je reviens au point de rendez-vous où assis sur un vieux congélateur laissé là à pourrir en forêt depuis des années par des chasseurs professionnels, je vide ma bouteille d'eau et ma boite de maquereaux en sauce en attendant Xavier. Des singes s'agitent un peu plus loin au bord du fleuve en poussant des cris. Un morpho barré passe et repasse sans me laisser le temps de le filmer. C'est un grand papillon bleu et noir côté dos et brun foncé avec des ocelles côté ventre. Xavier finit par arriver, nous discutons de notre chasse, il a vu de nombreuses traces et indices de présence de pakiras mais n'a pas pu les voir.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Nous rentrons au camp où nous retrouvons Lauro qui a fait pêche. Il a attrapé des aymaras, des acoupas et des poissons-chats. Nous nous posons un peu et en profitons pour faire un brin de toilette avant de préparer le repas. Ce soir ce sera filet mignon de tapir (maïpouri) avec des pâtes à la façon Xavier. Pendant que Xavier prépare le repas, je prépare mes affaires pour ce soir car je vais partir chasser à l'affût sous le mobin repéré la veille. Xavier m'envoie en suite chercher du bois pour le feu, puis, le bois trouvé et le feu allumé, j'en profite pour ramasser une bonne partie des nombreux déchets laissés sur le camp par d'autres chasseurs avant nous, je ramasse ainsi des piles usagées, des plastiques, des bouteilles en verre et plastique et autres déchets que je rassemble pour les emporter à notre départ. Je n'arrive pas à comprendre que des gens puissent être aussi salles et polluent ainsi la forêt et le fleuve. Des perroquets se posent en poussant des cris sur les arbres derrière le camp, certains de leurs camarades ont fait les frais de cette proximité car des plumes de perroquets jonchent le sol près du coin feu. Les chasseurs avant nous ont dû les tirer.

Le repas prêt nous dégustons en discutant de notre journée les filets de maïpouri. Comme toujours c'est délicieux, Xavier est un as de la cuisine. Le repas terminé, je finis de me préparer pour aller chasser puis nous partons avec Xavier après 17h30 pour le secteur du mobin ou il va me déposer pour venir me rechercher vers 22h. Une fois sur place, je laisse Xavier qui repart au camp pour dormir un peu et m'enfonce dans la jungle par le layon boueux en prenant pour cap le point "mobin" enregistré sur le GPS. J'avance tout doucement, espérant surprendre un animal en chemin. Il n'y a pas de nouvelles traces de tapir mais le carapa rongé a disparu, un pac a dû venir le finir. Je suis ainsi le layon sans voir d'animaux puis le quitte sur la droite pour retrouver rapidement le mobin dont les fruits qui pourrissent au sol embaument l'air. Arrivé sur la zone couverte de fruits, je constate qu'il ne semble pas avoir été touché depuis l'autre jour et cela ne me donne pas grand espoir de voir un animal. Je cherche une zone un peu dégagée avec 2 arbres assez proches puis attache un hamac de corde prêté par Xavier pour me poser et attendre. J'accroche mon sac à dos à une branche proche de mon hamac. Avec la nuit qui vient doucement, arrivent les moustiques en grand nombre. Je tente de me protéger en me badigeonnant de produit sur la figure, les mains et en aspergeant mes vêtements avec le produit spécial textile ce qui me vaut d'en respirer une bonne dose qui me brule la gorge. Je tente de ne pas tousser. L'attente commence avec la nuit qui arrive tranquillement. Malgré le produit, les moustiques m'assaillent de toute part et je passe mon temps à les écraser assis sur mon hamac.

La nuit noire s'installe et je me pose sur le hamac à l'affût du moindre bruit car je suis maintenant aveugle. Ma frontale sur mon front est éteinte et ne doit être allumé qu'au dernier moment. Le chant des insectes et des tinamous se mélangent au vrombissement des moustiques et le temps passe. C'est une expérience un peu déroutante à laquelle je ne suis pas habitué en métropole. Se retrouver ainsi seul, de nuit, en pleine jungle amazonienne peuplée d'animaux dont certains peuvent être assez dangereux et que je ne peux pas voir venir. Je sais que nombre de prédateurs comme les serpents, les araignées, les scorpions, les scolopendres, les félins... chassent souvent de nuit et j'ouvre donc grand mes oreilles. Les piqûres de moustiques s'enchaînent, surtout au niveau de mon dos car couché sur le hamac, mes vêtements sont plaqués à ma peau. Après plus de 2 heures de cette torture et n'entendant rien venir, je décide d'allumer ma frontale pour jeter un coup d'œil autour de moi, les arbres qui semblaient pourtant espacés de jour, font un écran à quelques mètres et renvoie la lumière ce qui m'empêche de voir plus loin. Je décide de renoncer et de rentrer vers le bord de la crique en suivant le layon doucement, espérant voir un animal. Je rassemble donc mes affaires et quitte mon poste puis rejoints le layon et le suis doucement.

Rien en vue pendant un moment quand des yeux rouges s'illuminent à 15 mètres sur la gauche du chemin. J'accroche mon décocher et prends en main l'interrupteur de ma lampe d'arc puis commence une approche très lente. Je pense d'abord à un pac, l'animal ne bouge pas et je me rends vite compte qu'il ne s'agit pas de cet animal, c'est un pian (opossum), une espèce chassable, à moitié caché dans une palme sèche.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Il me laisse approcher à 1 mètre sans bouger et c'est alors que je constate qu'il est blessé. Une plaie béante ouvre son épaule, j'hésite à le flécher mais y renonce, préférant laisser faire la nature et espérant qu'il s'en sorte.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je m'éclipse doucement sans que le pian ne bouge. Je continue à suivre le layon et arrive au point de rendez-vous un peu plus loin sans voir le moindre gibier. Un autre pian se débine dans la végétation et disparaît dans un tas de troncs pourris. En regardant autour de moi, j'aperçois des yeux dans la végétation. Une rainette arboricole est perchée sur une tige et regarde vers moi.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

En me rapprochant, je constate qu’elle est de couleur camouflé, des grosses tâches vertes plus ou moins foncées ponctuent sa peau.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016
Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

De nombreux petits yeux brillent dans le sous-bois, en me rapprochant, je constate qu'il s'agit de criquets ou d'araignées. Ici tous les insectes et arachnides ont des yeux brillants dans le faisceau de la frontale.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

Je fais donc un petit tour en attendant Xavier et repère une autre rainette

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

et plusieurs autres arthropodes dont une drôle d'araignée blanche en boule au bout d'une feuille.

Chroniques guyanaises, un rêve éveillé, 6 mars 2016

J'attends en suite un moment dans le noir à l'affût du moindre bruit mais toujours rien. Le ronron du moteur du canoë se rapproche enfin. Xavier arrive, j'embarque avec mes affaires, nous rentrons au camp pour dormir un peu avant la prochaine journée de chasse.

 

Alex

Partager cet article

Repost0
25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 19:02

Ce matin, après une courte nuit, nous nous réveillons tranquillement alors que le jour se lève. Lauro est le premier debout et s'affaire déjà. Je sors de mon hamac et commence à préparer mon arc et mes flèches pour ma première chasse en forêt. Je dévisse mon moulinet de pêche et sors ma lampe d'arc avant de monter mon nouveau carquois 2 points confectionné par Fred de "Le Barbare Archerie" puis j'équipe 4 flèches de chasse, 2 avec des lames mécaniques (Rage Hypodermic) et 2 avec des trilames fixes (Cabela's lazer suprème). Notre campement est adossé à un grand marécage très dense et la végétation semble former un mur à quelques mètres derrière notre carbé. Le soleil rentre sur le camp par la trouée sur le fleuve.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Alors que je termine de préparer mes affaires en essayant de ne rien oublier pour le premier jour (boussole, GPS, couteau, lames de rechange), un ban de ce que je pense être des petits poissons-chats se rapproche de la berge en agitant l'eau. La grosse boule se déplace en surface et vient buter contre la berge devant le camp. Je me rapproche pour les voir de plus près et constate qu'il s'agit en fait de gros têtards. Ils se séparent alors que je tente de les prendre en photo et plongent vers le fond de l'eau peu profonde, au bout d'un court instant ils remontent petit à petit en surface et s'accrochent dispersés à la végétation.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Xavier étant levé, nous nous rassemblons pour déjeuner avant de finir de nous préparer. Pendant que nous déjeunons le soleil, qui monte doucement, rentre sur le camp et de petits lézards grimpent sur les troncs qui tiennent les bâches pour prendre un bain de lumière.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Je ne résiste pas à l'envie d'en attraper un pour le voir de plus près avant de le relâcher.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Le déjeuner terminé nous nous équipons pour la chasse. Je mets une bouteille d'eau dans mon sac à dos, 4 barres de céréale, ma tenue 3D puis termine de me préparer, un pantalon camo et un T-shirt camo de chez Décathlon, mes chaussures de marche montantes en toile, mes guêtres en matière silencieuse. Je mets mon GPS et ma boite de lames de rechange dans ma poche de pantalon, ma boussole autour du cou, mon couteau à la ceinture... ça y est, je suis prêt, il est temps de partir. Nous partons tous les 3 en descendant le fleuve. Un peu plus loin Lauro nous arrête et nous demande de nous rapprocher de la berge, il descend pied nu, seulement vêtu d'un petit short et d'un T-shirt à manches courtes. Il se fraye un chemin au travers de la végétation, les pieds dans l'eau puis remonte sur la berge et s'avance dans une jungle épaisse où nous le perdons vite de vue. Rapidement, nous entendons du bruit puis nous l'apercevons au travers des branches, il revient vers nous en traînant un vieux canoë jaune qu'il laisse sur place pour se déplacer sans utiliser l'essence du moteur. Il le met à l'eau puis part de son côté. Il va aller pêcher ce matin. Nous avions décidé de remonter le fleuve ce matin mais vu l'heure, nous décidons de partir chasser juste un peu plus en aval.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

En chemin, Xavier m'interpelle pour me montrer des oiseaux mais, ne sachant pas où regarder, je ne les vois pas. C'étaient des hoazins, gros oiseaux colorés se nourrissant de végétaux et possédant comme les ruminants une panse, les jeunes ont des griffes à la pliure des ailes, vestiges reptiliens, dont ils se servent pour grimper dans les arbres. Je suis un peu déçu de ne pas les avoir vus.

Nous accostons plus loin à l'entrée d'une crique et débarquons sur un ancien campement d'où part un beau layon. Nous nous préparons en discutant quand j'aperçois un animal noir de la grosseur d'un jeune renard qui vient juste de sortir d'un trou au pied d'un arbre. J'identifie vite une tayra, gros mustélidé guyanais, je la montre vite à Xavier et nous la regardons quelque peu incrédules se débiner, à à peine 10 mètres, entre les arbres puis disparaître. Je suis ravi, c'est la première tayra que je vois de ma vie.

Je bois, laisse mon sac à dos et ma housse d'arc dans la végétation puis nous partons en suivant le layon. Le départ du sentier est très boueux et nous tombons sur un grand nombre de traces d'animaux, 3 tapirs ont suivi un moment le chemin avant de bifurquer à droite sur une grosse coulée qui rentre dans le fourré. Il s'agit très certainement d'un mâle, d'une femelle et de son jeune dont les traces sont plus petites. Des traces de biche et de pacs traversent le chemin, un gros carapa (fruit à coque dure, de la taille d'une grosse orange et contenant des grosses graines de la taille de marrons) a été rongé de frai au milieu du layon et des fruits de mobin jonchent le sol. Le secteur semble prometteur, nous nous suivons un moment sur le layon avant de nous séparer mais nous n'avons pas fait 100 mètres que Xavier stoppe net et m'interpelle alors que le chemin amorce un virage à 90° à gauche. "Hoccos", mon oreille ne s'est pas encore habituée au dissocier les bruits de la forêt. Je stoppe et tends l'oreille, un pic pic pic léger se fait entendre, c'est le cri d'alerte de cet oiseau.

Les hoccos sont au-dessus de nous dans la pente de la colline, je décide de laisser Xavier s'en occuper et m'avance doucement en suivant le chemin. Xavier tente une approche directe, je m'arrête juste un peu plus loin pour le regarder faire et aperçois les 3 hoccos qui s'envolent pour se percher dans les arbres. En levant la tête vers une trouée dans le feuillage, je vois passer, comme dans un rêve, une magnifique harpie, c'est également la première fois que j'en vois une, c'est immense aigle chasseur de singes et de paresseux chasse surtout à la cime des arbres et on n’a pas souvent la chance de l'apercevoir.

Xavier s'avance à la poursuite des hoccos qui se débinent devant lui, je poursuis ma route en suivant le chemin qui bifurque maintenant à droite pour remonter en suivant la pente de la colline. Au sommet de ce relief, je décide de quitter le chemin pour rentrer dans la forêt et tombe rapidement sur un parterre de fruit de mobin, ces fruits jonchent le sol sur plusieurs dizaines de mètres, je décide de marquer cet endroit sur mon GPS pour pouvoir y revenir car ces fruits sont très appréciés par les animaux de la forêt.

Ma chasse commence, je progresse très lentement au milieu de la végétation en faisant de nombreuses pauses pour observer autour de moi. En marchant, je dérange quelque chose de jaune à mes pieds qui fait un bon puis se fige. C'est un dendrobate à tapirer. Je tente de réaliser une belle photo de cette petite grenouille d'environ 5 cm de long mais elle commence à fuir en bondissant et en cherchant le couvert. Je la suis et finis par réussir un cliché potable alors qu'elle stoppe au pied d'un arbre.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Elle redémarre rapidement puis commence à grimper sur le tronc avant d'entamer de faire le tour de l'arbre en sautant latéralement pour se cacher à ma vue comme le ferait un écureuil en métropole. Je tente de la reprendre en photo mais je renonce car elle va trop vite et je n'arrive pas à faire la netteté en tournant autour de l'arbre.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Je reprends ma chasse et alors que je viens de m'arrêter, des bruits de feuillages attirent mon attention. Des singes se déplacent à la cime des arbres à environ 50 mètres à la recherche de fruits. Je finis par distinguer des capucins bruns et tente de les siffler pour les faire venir. J'aperçois alors quelques curieux descendre un peu plus à découvert pour regarder vers moi tout en restant à bonne distance avant de remonter d'un étage. Ils semblent méfiants et continuent leur progression. Je finis par reprendre ma progression lente. Je lève par 2 fois des bandes de 2 ou 3 hoccos sans pourvoir tenter une flèche car ces derniers volent rapidement vers les premières branches des arbres et même s'ils sont parfois bien dégagés, je décide de ne pas risquer un tir aérien. Le temps passe, un grand tinamou surgit de la végétation et vole un instant pour disparaître dans la jungle.

Je tente un instant de le retrouver, sachant qu'il ne s'est pas posé bien loin mais je finis par renoncer et poursuis ma chasse. Le paysage est assez vallonné et je progresse en enchainant les montées et les descentes en faisant des pauses observatoires régulières plus ou moins longues. Un moment passe sans que je voie d'animaux, j'en profite pour faire une pause et manger une barre de céréale puis en début d'après-midi alors que je monte au sommet d'une petite colline des hoccos décollent dans la pente sur ma droite et se branchent. Je me fige pour tenter de les apercevoir, le pic pic pic d'alerte se fait entendre mais les feuillages me les masquent, je tente alors de me décaler doucement quand un bruit me fait tourner la tête. A à peine 15 mètres de moi, un animal gris de taille moyenne se lève et par de cul tête basse puis il se tourne plein profil, en partie masqué par la végétation basse, et redresse la tête. Je ne vois pas sa tête mais aperçois ses oreilles tournant pour capter un bruit avant qu'il ne redémarre et disparaisse. C'était un cariacou, le plus petit cervidé guyanais. J'ai lu sur le guide du vrai broussard que sa curiosité le faisait parfois revenir pour identifier ce qui l'avait fait fuir. Je reste donc un moment sans bouger alors que les hoccos se sont éloignés.

Rien ne venant, je décide de continuer mais le temps passe et le gibier n'est plus de sortie. Je contrôle l'heure sur mon GPS et constate que le rendez-vous est dans environ 2 heures. Je commence donc à revenir vers la barque mais comme d'habitude, voulant essayer de chasser en rentrant, je n'arrive pas à avancer droit et tourne en rond en forêt. Je dois laisser tomber la chasse et me focaliser sur la navigation mais la distance diminue puis augmente alors qu'il me semble aller tout droit. Je décide de changer de point d'arrivée et mets le mobin en espérant retomber sur le layon. Cette fois la navigation est plus facile car la végétation est moins dense. Je retombe sur les capucins bruns qui s'agitent dans les feuillages et les observe un moment avant de continuer. Je finis par récupérer un layon et commence à le suivre, mon GPS indique que la distance diminue. Je continue donc à suivre ce layon levant un tinamou de couleur rouille puis plusieurs autres de part et d'autre du chemin avant que le layon ne se termine dans un amas de troncs. Il me semble voir un autre layon plus à droite, au travers de la végétation et m'avance vers lui. Je retombe ainsi sur le layon par lequel nous sommes arrivés et le suis pour arriver à la barque, je lève encore 2 perdrix avant d'arriver près du fleuve. Je récupère mes affaires et me pose. Je profite de ce moment de calme pour observer en vidant ma bouteille d'eau.

Xavier finit par arriver et nous discutons de notre chasse, c'est amusant car il a vu quasiment les même choses que moi, il a pu photographier un dendrobate à tapirer.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016
Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016
Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Les photos prises par son appareil photo plus récent que le mien sont plus nettes. Il a également vu tourner autour d'un arbre pour se cacher. Il a vu également des hoccos, les singes et un cariacou mais n'a pas pu flécher de gibier.

Nous rentrons, en chemin nous décidons de nous aventurer dans une belle crique pour faire du repérage pour une éventuelle sortie aux caïmans de nuit et nous nous arrêtons au bout d'un moment car elle est barrée par un arbre mort.

Nous faisons demi-tour, arrivé au camp

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

nous nous changeons et préparons le repas, ce sera pâtes et poulet boucané. Nous décidons de ne pas chasser ce soir car nous sommes fatigués et de nous coucher tôt pour bien nous reposer et être en forme pour la chasse de demain. Nous discutons donc de notre journée en mangeant.

Chroniques guyanaises, première chasse en forêt, 5 mars 2016

Ma première journée aura été riche en nouvelles rencontres.

 

Alex

Partager cet article

Repost0
22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 06:55

Ça y est, c'est le grand jour, je pars ce matin pour la Guyane. Avec le stress du départ, je me réveille vers 3h30 et impossible de me rendormir jusqu'à la sonnerie du réveil vers 5h30. C'est ma compagne qui doit m'amener à l'aéroport, nous nous levons, nous préparons rapidement et chargeons la voiture, direction l'aéroport de Blagnac pour prendre un premier vol avec Easy jet vers 8 heures. Un petit déjeuner pris avec ma compagne à l'aéroport puis mon bagage en soute enregistré, nous nous dirigeons vers la douane. Elle viendra me rejoindre dans une semaine pour une semaine de tourisme. Nous nous séparons donc à la douane puis je pars vers la porte d'embarquement pour attendre mon vol. Mon avion est à l'heure et le premier vol se passe bien, arrivé à Orly vers 10 heures, je presse le pas pour aller récupérer mon bagage puis pour aller le réenregistrer avant de repasser les douanes pour aller attendre mon second vol prévu vers 13 heures. Vers midi, je suis à la porte d'embarquement, tout va bien mais mon vol va avoir un peu de retard. Mon avion décolle vers 13h30.

Alors que je regarde un premier film, je commence à m'endormir mais c'est alors qu'on nous sert le repars. Il me faut donc remettre à plus tard ce petit somme réparateur. Le repas pris, impossible de me rendormir et je vais enchaîner les films pour passer le temps. J'arrive à Cayenne vers 18h30 (heure locale) soit à 22h30 (heure métropolitaine). Passage de la douane puis attente interminable de ma valise au tapis roulant. J'en profite pour appeler Xavier, il m'attend en dehors de l'aéroport avec son pickup chargé car nous partons directement pour notre séjour en forêt.

Chroniques guyanaises, une journée interminable, 4 mars 2016

Une fois ma valise récupérée, je pars donc à sa rencontre. La nuit est arrivée sur la Guyane en même temps que moi, le sol est détrempé car il a pas mal plu cette après-midi, il fait très chaud et le chant des oiseaux, venus se poser dans les palmiers et autres arbres de l'aéroport, emplit l'air moite accompagné de quelques chants d'insectes. Je retrouve mon ami Xavier. Nous chargeons mes affaires et partons pour Régina, en route j'ouvre la vitre pour m'imprégner de cette ambiance guyanaise nocturne faite de sons et d'odeurs. Nous arrivons environ une heure plus tard chez un ami de Xavier, un ancien chasseur professionnel brésilien dénommé Lauro avec qui nous allons partir en forêt. Je prépare vite mes affaires que je réparti dans une grande touque et mon sac à dos puis nous discutons un peu devant un bon jus de fruit local et une ou 2 cochignes (sorte de baignet conique local à la viande). Je demande à Xavier s'il pense que je dois préparer mon arc mais il me dit qu'il y a peu de chance que nous chassions en remontant le fleuve cette nuit et je décide de ne pas monter mon moulinet de pêche. Lauro parle peu français et utilise principalement le créole et le portugais, j'appréhende un peu la communication sur le camp.

Nous partons ensuite pour le débarcadère où nous chargeons la barque de Lauro que nous équipons avec un moteur de Xavier. Un bec en ciseaux

et des chauves-souris pêcheuses rasent la surface de l'eau, dans la faible lueur de l'éclairage public, à la recherche d'une proie. Les cris puissants d'oiseaux de mer résonnent du haut d'une immense antenne rouge et blanche. La barque chargée, nous équipons le canoë de son moteur et l'attachons derrière la barque puis Xavier par garer son pick up chez Lauro et nous embarquons à son retour. Nous allons remonter l'Approuague vers notre camp de chasse. Lauro s'installe à l'avant et Xavier pilote la barque. Ce dernier me dit de m'installer sur les sacs contenant les filets au milieu de l'embarcation et de m'y coucher pour essayer de dormir un peu. Je m'exécute mais j'ai du mal à dormir, régulièrement des gouttes d'eau viennent mouiller mon visage, je somnole tout de même un peu. Au bout d'un moment Xavier annonce "caïman", je sursaute et attrape ma housse d'arc, cherche mes affaires éparpillées dans la barque puis commence à monter mon moulinet de pêche. Lauro a déjà attrapé son fusil et tire sur le caïman que je n'ai même pas regardé, trop occupé avec la visserie de mon arc. Le caïman n'a même pas bougé, les plombs ont touché les moucoumoucous au milieu desquels il se trouve. Mon moulinet monté, j'attache ma flèche pêche au câble, monte ma lame de pêche, ma lampe d'arc... ça y est après de longue minutes de préparation, je suis prêt. Nous manœuvrons la barque pour nous approcher du caïman qui ne bouge toujours pas et nous laisse approcher à quelques mètres.

Chroniques guyanaises, une journée interminable, 4 mars 2016

C'est un gros caïman rouge, le premier que je vois en Guyane où je n'ai vu que des caïmans gris pour le moment. Seule sa tête dépasse de l'eau et j'essaie d'imaginer la position de son corps. J'attrape mon arc, allume la led de mon viseur, attrape interrupteur déporté de ma lampe d'arc et arme. Je prends la visée en estimant la position du caïman et décoche mais je passe juste au ras et le saurien bouge à peine. Je rembobine mon câble pour tenter une seconde flèche mais ma lame s'est prise dans un moucoumoucou et je ne peux pas la récupérer malgré mes efforts. Je décide de tenter une flèche de tête avec une lame de chasse. Je sors donc une flèche de chasse de mon tube de transport, cherche une lame dans mes affaires puis la visse avant d'armer mon arc et de prendre la visée. Je décoche, touché le caïman plonge et remonte rapidement contre la berge, dans la vase, au milieu des moucoumoucous poussant assez serrés. Ma flèche a disparu. Nous luttons un moment avec Lauro pour extirper ma flèche pêche du moucoumoucou puis je réencoche et réarme en essayant de trouver une fenêtre de tir avant de décocher. Je manque encore le caïman mais cette fois j'arrive à récupérer ma flèche, le tir suivant est le bon. Le caïman est harponné et se cale contre les moucoumoucous.

Lauro décide d'aller le chercher, je tends mon câble pour maintenir le saurien d'environ 1,5 mètre à sa place. Lauro se met à l'eau pieds nus. L'eau n'est pas très profonde mais la progression dans la vase et les moucoumoucous est difficile. Il se fraye un chemin avec son sabre et rejoins le caïman qu'il frappe de son sabre à la nuque pour le tuer mais le coup n'est pas assez fort et énerve l'animal qui réussit à se dégager de ma flèche pêche, ce que je n'aurais jamais pensé possible. Lauro nous fait comprendre que ma flèche de chasse est encore dans le caïman. Le reptile blessé se recale un peu plus loin et Lauro le suit. Son coup de sabre suivant tranche la nuque du caïman dans un bruit cassant mais l'animal à la force de replonger dans le fleuve au milieu des moucoumoucous. Lauro sonde l'eau peu profonde avec son sabre et fait démarrer plusieurs fois le caïman qui se recale rapidement dans la vase. Xavier décide d'aller l'aider et part lui aussi dans les moucoumoucous. Ils sondent l'eau, le caïman refait surface par moment et lutte pour rester en surface en cherchant son air, sa tête pointée vers le ciel à la verticale avant de replonger. Xavier et Lauro le perde un moment avant qu'il ne ressorte en pleine eau, près du moteur de la barque. Il se débat un instant en surface puis coule. Xavier tente de le retrouver et sonde le fond avec ses pieds mais l'eau est plus profonde à cet endroit et le caïman reste introuvable. Lauro et Xavier finissent par remonter sur la barque, nous attendons un moment que le caïman refasse surface mais plus rien ne bouge et nous devons renoncer. Nous repartons donc pour remonter le fleuve en regardant un moment derrière nous.

Le séjour commence mal, c'est la première fois que je perds un caïman et, vu son état, ses chances de survie sont nulles. En chemin nous apercevons régulièrement des yeux rouges de part est d'autre du fleuve et annonçons "caïman". Xavier m'approche des sauriens alors que je me prépare mais ce sont généralement de très jeunes individus, trop petits pour être tirés et nous continuons. Un peu plus loin, nous repérons un autre caïman et réussissons à nous approcher très près. Je suis armé et attends de voir sa taille. C'est un caïman à lunette, sa taille est correcte mais il est caché dans les moucoumoucous et je ne vois que sa tête de face. J'hésite à décocher, quelque peu refroidit par ma première aventure et l'animal en profite pour se débiner plus profondément dans sa forteresse végétale. Nous laissons tomber et continuons. Les caïmans deviennent peu à peu moins nombreux et sont toujours aussi petits. Nous finissons par rejoindre le camp et accoster après plusieurs heures de navigation. Lauro descend pour attacher la barque puis nous lui faisons passer les affaires avant de descendre. Il nous faut maintenant tendre les bâches sur la structure du carbé déjà existante. Le camp est envahi par des grosses cigales, nous sommes en plein milieu d'une éclosion, de nombreuses mues de larves sont accrochées aux arbres et quelques jeunes cigales encore vertes font sécher leurs ailes sur les branches.

Chroniques guyanaises, une journée interminable, 4 mars 2016

Nous sommes assaillis par les cigales qui foncent sur les faisceaux de nos frontales pendant que nous posons les bâches et se coincent sous ses dernières où elles se débattent dans un terrible vrombissement. Le camp monté, les affaires rassemblées, il est temps de monter les hamacs équipés de moustiquaire et d'aller dormir un peu pour nous reposer avant la chasse de demain matin.

Chroniques guyanaises, une journée interminable, 4 mars 2016

Alex

Partager cet article

Repost0
27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 16:53

Ce matin, nous avons décidé d'aller chasser sur le lac des Coteaux de Gascogne avec Manu, Christophe et Jacques. Nous arrivons juste avant le lever du jour et nous nous garons au dépôt de gravier au niveau du carrefour de Noilhan. Nous nous préparons tranquillement puis descendons vers le lac à pied. Je prends avec Jacques la droite du lac alors que nos compères prennent l'autre côté en longeant le ru qui alimente le plan d'eau. En arrivant au départ du lac, nous apercevons un ragondin qui se débine sur le lac. Nous pressons le pas pour rejoindre les terriers et couper la route aux fuyards. Le ragondin a sondé. Je poste Jacques qui connaît mal le secteur, c'est alors que j'aperçois le ragondin qui a refait surface près de mon côté de berge. Il biaise pour rejoindre la berge, je me décale dans le champ pour revenir sur lui sans être vu et lui couper la route mais, alors que je me rapproche, arc armé, de la berge, où le ragondin a dû arriver, je l'aperçois furtivement monter sur la berge et rentrer dans les ronces. Je descends le talus et constate qu'un nouveau terrier a été creusé et que le ragondin y est rentré. Pendant ce temps, nos collègues décochent en face.

Le lac semble très calme ce matin, Je décide d'en faire le tour pour essayer de déloger un ragondin. Alors que j'avance sur la digue enrochée, une masse sombre m'intrigue au bord de l'eau. Je m'approche doucement mais le ragondin qui était posé un rocher se met à l'eau et part vers le milieu du lac. Je l'annonce à mes collègues. Il part d'abord vers Christophe et Manu puis se ravise et biaise vers Jacques. Je fais demi-tour. Jacques est en plein découvert, je lui dis de se cacher derrière l'arbuste tout proche de lui mais il ne bouge pas. Le ragondin part droit sur lui et j'avance doucement pour le pousser vers Jacques. Mais alors qu'il est presque à portée d'arc, il fait demi-tour et vient sur moi avant de plonger pour disparaître. Jacques n'était pas à bon vent et le ragondin a dû le sentir. Nous attendons un moment mais il ne ressortira pas. Nous décidons de changer de secteur. Christophe et Manu ont fait un gros ragondin chacun. Nous partons pour un petit lac de Saint Michel.

En arrivant Manu se poste sur les terriers au départ du lac alors que Christophe par se poster à la digue et Jacques part en longeant la berge de droite. Christophe me signale des ragondins contre la berge de gauche et je tente une approche mais ils plongent avant que je puisse décocher. Ils remontent à la surface, à environ 15 mètres de la berge et filent vers la berge opposée. Je décoche sur le plus proche. Touché, il plonge alors que son sang rougit le lac et ses 2 collègues l'imitent. Je sors mon lancer pour récupérer ma flèche et mon ragondin. Un ragondin ressort à Manu qui le flèche et le tue. Jacques qui a fait demi-tour lève le dernier ragondin qui s'était calé contre la berge et alors que Manu l'avertit de la présence du rongeur, il ne le voit pas assez tôt et le ragondin plonge pour remonter sur la gauche de Manu qui le manque. Le ragondin surgit de l'eau et fonce dans un des terriers.

Il n'y a plus de ragondin sur ce lac nous récupérons nos prises pour changer de secteur. Nous partons vers Moncassin alors qu'il commence à pleuvoir. Je m'arrête un peu plus loin au bord de la route car Christophe m'a dit qu'il avait vu des ragondins au bord d'une mare en passant. Je n'ai pas d'autorisation de tir sur cette mare et j'y vais donc sans arc. Pas de ragondin en vue en arrivant au bord de l'eau. Je tente des cris de petit ragondin et un ragondin de taille moyenne se montre dans les ronces sur la berge opposée. Je le laisse rerentrer à couvert et retourne à la voiture. Nous ne verrons pas grand-chose par la suite et la pluie nous encourage à rentrer.

Sortie collective sous la pluie, 27 février 2016

Alex

Partager cet article

Repost0
25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 21:06

Ce soir, en sortant du boulot, je décide d'aller faire une petite sortie a ragondin. Le vent souffle fort et je crains de ne pas voir beaucoup d'animaux mais ça me fera marcher un peu. Je décide de commencer par une mare sur Moncassin où j'ai récupéré l'autorisation de les tirer entre midi et deux. En passant devant la mare, j'aperçois au moins 2 gros ragondins au travers de la haie qui la borde au bord de la route. Je me gare un peu plus loin puis reviens doucement vers la mare, caché par la haie, puis je m'avance sur le chemin goudronné qui dessert l'habitation un peu plus loin et passe juste au bout de la mare. Les ragondins sont toujours là, un juste au bord de l'eau et l'autre 30 mètre plus loin en train de brouter dans la pelouse. Je commence mon approche en longeant très doucement la mare mais le premier ragondin me repère et se met vite à l'eau inquiétant le second qui relève la tête un instant. Je me fige et attends puis recommence à avancer un peu alors qu'il reprend son repas. Je gagne 10 mètres environ quand le rongeur décide de revenir vers la mare, il biaise vers moi et je reste immobile en espérant le voir se rapprocher suffisamment. Il marque un temps d'arrêt à environ 20 mètres alors que j'arme mon arc puis repars en longeant la mare pour rejoindre une coulée qui descend dans l'eau à environ 15 mètres. Je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il va passer, de 3/4 face, derrière une touffe de joncs au niveau de la coulée. Il se dégage de ma flèche restée plantée au sol et plonge. Je me précipite en réencochant mais il a disparu dans les terriers, je récupère ma flèche couverte de contenu stomacal et la lave dans la mare avant de revenir vers ma voiture un peu dégoûté.

Je pars maintenant pour le centre équestre de Saint Michel. Arrivé sur place, je me gare près de l'entreprise de travaux publics et attaque en longeant le fossé qui borde la gauche de la propriété. Les ragondins ne sont pas de sortie aujourd'hui. Arrivé au coin de la propriété, je bifurque et la suis en direction de la mare située un peu plus loin. J'aperçois de loin 3 ragondins au gagnage à 20 mètres dans la culture sur la gauche de la mare. Je descends dans la fossé a sec qui alimente la mare et commence mon approche. J'arrive facilement au bout de la mare où la haie qui borde la gauche de la mare me cache un peu. Les ragondins broutent toujours mais alors que je tente de remonter dans la culture, une ronce crisse sur mon pantalon et les ragondins se précipitent vers le petit plan d'eau. Je fais vite demi-tour et cours me poster au bord de la mare, en face des terriers mais les ragondins semblent tous rentrés. Tout à coup, j'en aperçois un immobile dans les ronces, sur la berge opposé un peu au-dessus de l'eau. J'arme, vise et décoche. Un gros crac retentit et le ragondin sursaute puis glisse sur le tube de ma flèche pour rester pendu à ma flèche. Un autre ragondin mieux caché sous les ronces démarre et rentre au terrier. Je fais le tour pour aller chercher ma prise.

Une soirée venteuse, 25 février 2016

Je dégage mon ragondin et ma flèche dont la lame n'a pas aimé le contact avec les cailloux de la berge puis prends une petite photo avant de revenir vers ma voiture pour changer de secteur.

Une soirée venteuse, 25 février 2016

Je tente de chasser sur un fossé à Moncassin, le long d'un ruisseau à Clermont Pouguyilles mais pas le moindre ragondin et la luminosité commence à baisser. En rentrant, je décide de tenter une dernière mare au milieu de la pelouse d'une résidence secondaire. Je me gare à l'entrée du chemin barré par une chaîne puis pars vers la mare. La montée du terrain cache mon approche et en arrivant près du bord j'aperçois un ragondin à environ 15 mètres sur le bord dans le coin de la mare. Je recule et me baisse pour m'approcher à couvert. Je rejoins ainsi un massif de laurières qui remonte jusqu'au bord du plan d'eau et m'approche doucement en le suivant, arc armé. Le ragondin est à 6 mètres environ, un peu masqué par une touffe de jonc. Je vise mais il démarre et plonge. Je désarme et cours vers les terriers situés dans l'angle du fond vers où se dirige l'animal. Je me poste à mi-chemin des terriers pour pouvoir surveiller les terriers des 2 coins de la mare. Le ragondin refait surface près de moi mais m'aperçoit et replonge pour repartir d'où il vient. Il refait vite surface, j'arme, vise rapidement et décoche mais le manque de peu. Il plonge, ma flèche a disparue sous l'eau dans la vase, elle est perdue. Je réencoche vite. Le ragondin refait surface à plus de 10 mètres de dos. J'arme, vise et décoche rapidement. Cette fois un impact violent retentit et ma flèche semble stopper net par le ragondin qui semble avoir été foudroyé. Je me rends alors compte que dans la précipitation, j'ai décoché ma flèche équipée de ma Blunt Cut Edge.

Le ragondin reprend un court instant ses esprits alors que je m'approche, se débat un peu puis s'immobilise. Je le récupère, avec ma seconde flèche restée piquée dans son dos, grâce à une branche mais impossible de trouver ma seconde flèche.

Une soirée venteuse, 25 février 2016

Je retrouverai mon premier ragondin le lendemain en rentrant de ma tournée du matin. Il était ressorti pour mourir et flottait contre la berge de la mare.

Une soirée venteuse, 25 février 2016

Alex

Partager cet article

Repost0
23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 07:06

De retour d'une matinée de chasse non fructueuse à la biche dans les Pyrénées, nous partons en début d'après-midi avec Manu pour chasser le ragondin du côté de Clermont Pouyguilles. J'ai repéré plusieurs ragondins sur ce secteur en passant tous les jours durant mes heures de boulot. En montant la côte de la route de Moncassin, j'aperçois les ragondins, fidèles à leur coin, en train de brouter dans le blé au bord d'un fossé partant du bois et alimentant le ru qui se jette plus en aval dans le Sousson. Nous nous garons, environ 600 mètres plus loin, près d'un petit cabanon de pompage des Coteaux de Gascogne et partons à pied par la route pour rattraper, un peu plus loin, un petit chemin de terre qui descend vers le ru que nous allons longer pour chasser. De l'autre côté du ru se trouve une mare au bord de laquelle broute souvent un gros ragondin. Nous commençons par jeter un coup d'œil à cette mare mais pas de ragondin pour le moment. Nous partons donc en longeant le ru mais les ragondins ne sont pas de sortie. Arrivé près du bois nous quittons le bord du ru pour longer le bois jusqu'au départ du fossé. Les ragondins sont maintenant en vue à environ 100 mètres, à mi-chemin entre le bois et le ru. Nous en distinguons au moins 2 gros côté gauche du fossé. Nous ralentissons le pas pour nous rapprocher du départ du fossé et nous rendons compte qu'il y a en fait 4 gros ragondins, un à 30 mètres du départ du fossé et 40 mètres plus loin, 2 ensemble puis 1 un peu plus loin.

Malgré notre approche lente nous finissons par nous faire repérer en arrivant près du fossé et le ragondin le plus proche fuit vers le fossé. Nous stoppons un moment puis repartons mais les 2 ragondins suivant reviennent vers le fossé. Nous stoppons, le premier rentre dans le fossé, le second stoppe juste au bord de ce dernier, hume un instant l'air puis se ravise et fait demi-tour pour retourner brouter alors que le quatrième ragondin broute toujours. Nous avançons tout doucement et passons côté droit du fossé pour commencer une approche très lente. Manu est devant et je le suis. Nous stoppons dès que l'un des ragondins arrête de brouter ou lève la tête. Petit à petit, nous gagnons du terrain et arrivé à environ 15 mètres du ragondin Manu décide de tenter sa chance, je pensais que nous approcherions plus et que je pourrais tirer le second mais il est encore trop loin. J'arme mon arc au cas où. Manu décoche et touche son ragondin très bas et très en arrière et je ne peux que le regarder fuir au terrier avec ses viscères pendantes car manu, devant moi, m'empêche de décocher. Le second ragondin a fui vers son terrier.

Je laisse Manu à son ragondin que j'entends couiner et se débattre dans le fossé et presse le pas pour dépasser l'endroit où l'autre ragondin est rentré. J'enjambe le fossé un peu plus loin puis reviens doucement vers le terrier devant lequel l'eau bouge. Je me poste en face du terrier et rapidement la tête d'un très gros ragondin s'avance. J'arme doucement mon arc et lui décoche une flèche qui le cloue sur place. Le ragondin se débat un moment et parvient à sortir du terrier avec ma flèche en travers puis se débat un instant sans arriver à avancer. Je lui décoche alors une seconde flèche armée d'une Cut Edge en plein coffre. Ma flèche a à peine pénétré malgré les 2 mètres qui nous séparent et mes 70 livres mais le ragondin sonné s'est immobilisé. J'en profite pour le saisir par la queue et dégager mes flèches avant de l'achever d'un coup sec. Ma première flèche lui a entaillé le dessus de la tête avant de rentrer dans le coffre en touchant la colonne. Manu est toujours posté devant son terrier mais est resté de l'autre côté du fossé.

Je m'approche doucement et aperçois la tête de son ragondin à l'entrée du terrier d'où s'échappe une eau rouge de sang. Je fais signe à Manu de ne pas bouger et me prépare à armer mon arc mais Manu, qui n'a pas compris mon geste, quitte son poste faisant rentrer le ragondin dans son terrier. Je lui fais signe de venir se poster devant le terrier où l'eau bouge encore. Il me montre du doigt la berge à côté de moi où j'aperçois les intestins du ragondin restés accrochés dans les ronces. Manu me rejoint, je le laisse en poste et pars examiner les autres terriers du secteur mais pas de ragondin en vue. Le temps passe et le ragondin ne veut pas sortir. Au bout de plus de 45 minutes, je vais voir Manu pour savoir ce qu'il veut faire. Il veut encore attendre un peu mais le temps passe et le ragondin ne veut pas sortir, je lui propose d'essayer de le sortir avec une branche car un très léger frémissement agite l'eau à l'entrée du terrier signe qu'il respire encore. Je le laisse donc à son poste et pars chercher une branche. Je trouve un tas de branches d'environ 2 mètres de long que l'agriculteur a coupé au bord du ru dans la haie qui le borde. Je prends l'une d'elle et casse les branches secondaires à 15 cm du tronc pour qu'elles jouent un rôle de grappin puis reviens au terrier où j'introduis ma branche et commence à sonder le trou où j'agrippe vite le ragondin. Je lutte pour le rapprocher de l'entrée. Sa tête et son épaule sont bien visibles, je me penche au maximum sur le côté pour que manu puisse le flécher. Il lui décoche une flèche en plein coffre. Le ragondin se débat et menace de m'échapper, Manu attrape ma flèche équipée de la Cut Edge et la lui décoche en pleine tête. Le ragondin se met à saigner très abondamment mais force pour s'échapper et se dégage. J'ai juste le temps d'attraper les flèches et le retiens ainsi un instant avant qu'il ne réussisse à se dégager et à s'enfoncer dans le terrier ne me laissant que les flèches à la main que je tends à Manu.

Je dégage et agrandis l'entrée du terrier en creusant un peu avec ma branche puis sonde un moment le terrier. Le ragondin ronne furieusement mais impossible de l'accrocher et je lutte un moment. Manu me remplace mais impossible de le sortir. Je pars chercher d'autres branches en espérant en trouver une plus adaptée et nous nous relayons avec une ou 2 branches pendant un long moment puis Manu finis pas accrocher le ragondin et le ramener mort. Je n'arrive pas à y croire, la flèche l'a ouvert du sternum à l'anus et il a lutté dans une eau boueuse pendant tout ce temps après avoir perdu l'intérieur de son abdomen. Je suis content que nous ayons pu le récupérer mort. Je pars chercher mon ragondin laissé au bord du fossé puis nous repartons vers le bois pour le longer.

Une sortie ragondin de retour des Pyrénées, 22 février 2016

En arrivant au coin du bois, j'aperçois 2 ragondins au gagnage de l'autre côté du ruisseau à environ 100 mètres au bord du cours d'eau. Je les montre à Manu qui me dit que cette fois c'est moi qui vais mener l'approche. Je passe donc devant et rejoins le bord du ruisseau avant de commencer à le longer doucement en surveillant les ragondins. Je stoppe par moment alors qu'ils relèvent la tête mais gagne facilement du terrain. Un arbuste au bord du ruisseau nous camoufle maintenant et les ragondins ne sont plus qu'à 12 mètres de l'autre côté de ce petit arbre. Je dis à Manu de rester de ce côté de l'arbuste au cas où les ragondins décideraient de rentrer par là au ruisseau et continue mon approche. Un des ragondins se débine doucement et rentre dans le ruisseau. Le second relève un moment la tête puis se remet à brouter, je m'avance doucement pour me placer en face de lui. Il broute tranquillement de face à environ 8 mètres, j'arme doucement mon arc mais ne sens pas le tir. Je fais un peu de bruit en faisant claquer ma langue contre mon palais pour tenter de le faire revenir vers l'eau. Il relève immédiatement la tête mais méfiant, il décide de faire le tour du buisson pour revenir au ruisseau et part ainsi droit sur Manu qui arme son arc et lui décoche une flèche à 4 mètres qui passe juste en dessous. Le ragondin sursaute sur place puis se jette d'un bon dans le ruisseau et rentre en un éclair au terrier. Je traverse le ruisseau et me poste un moment devant le terrier mais rien ne bouge.

Nous quittons le secteur et nous dirigeons vers la mare un peu plus loin. En nous rapprochant, j'aperçois le gros ragondin qui broute tranquillement de l'autre côté de la mare. Je décide de tenter l'approche par la gauche du plan d'eau et Manu tente par l'autre côté. J'avance doucement mais alors que j'arrive à environ 20 mètres du ragondin, celui-ci inquiet revient vers la mare. J'arme mon arc, il fait un arrêt au sommet de la digue, à environ 15 mètres avant de plonger. Je décoche et le touche. Il tombe lourdement à l'eau et disparaît un instant avant de refaire surface. Manu se précipite alors que je réencoche mais il s'immobilise très vite. Je pars récupérer ma prise et nous retournons à la voiture pour changer de coin. Nous passons devant une mare à Moncassin où j'ai repéré depuis longtemps des gros ragondins et, les voyant dehors, je décide d'aller demander l'autorisation de les tirer au propriétaire qui habite tout près mais il n'est pas là et nous repartons en regardant les ragondins nous narguer. Les autres secteurs de la soirée ne donneront rien, nous rentrons.

Une sortie ragondin de retour des Pyrénées, 22 février 2016

Alex

Partager cet article

Repost0
20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 19:41

Ce soir, en sortant du boulot, je pars faire un petit affût au sanglier. En arrivant, je me gare près de la ferme puis me change rapidement, attrape mon arc et descends vers le ruisseau qui coule sous le lac.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

Je traverse le ruisseau, la bande de genets qui couvre le replat qui borde la colline puis remonte le penchant en friche en suivant les coulées. Le sol couvert de feuilles sèches est bruyant mais je n'ai pas le temps d'y prêter attention, je n'ai pas une heure devant moi avant le coucher du soleil. Je rejoins rapidement une cassure dans la pente et me poste, au pied d'un talus d'environ 1,5 mètre de haut, au pied de chênes, en bordure d'un replat couvert de genets et genévriers qui poussent entre les chênes. Je dégage le sol des feuilles mortes pour pouvoir bouger en silence. A ma droite, sur le replat du terrain, la végétation est épaisse et s'éclaircie sur ma gauche.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

Le replat fait environ 30 à 40 mètres de large puis la pente devient à nouveau abrupte, les animaux passent souvent sur cette zone plate et je suis posté entre 2 remises à sanglier. Le vent souffle en descendant la pente face à moi. Je surveille les alentours, le soleil se couche dans mon dos sur ma gauche.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

La friche dans mon dos me donne une bonne vision presque jusqu'au bas de la pente.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

Rapidement, un bruit de pas léger se fait entendre. Un animal arrive par ma droite, sur le replat. Je pense à chevreuil et n'arme pas mon arc mais c'est alors que j'entre-aperçois un renard qui arrive au milieu des genévriers. Le temps d'accrocher mon décocheur, il est déjà devant moi et s'arrête a environ 4 mètres alors que j'arme doucement mon arc en ligne. Mes 70 livres se font bien sentir. Il regarde vers moi sans vraiment comprendre mais alors que je termine d'armer, il démarre et s'éloigne de cul au milieu des genets puis bifurque prêt du fond du replat avant de bifurquer à gauche pour s'éloigner tranquillement. Je désarme.

Rapidement, un autre renard donne de la voix au loin sur ma droite. Il pousse des yap yap yap à intervalles réguliers et semble se rapprocher tranquillement. à environ 30 mètres, il redonne de la voix puis un bruit de pas résonne. J'arme mon arc et me tiens prêt sur la coulée où est passé l'autre renard mais le renard surgit de la végétation à environ 3 mètres sur ma droite. Il s'arrête à la moitié du talus et hume l'air. Je reste figé. Il fait demi-tour et remonte pour prendre la coulée au pas. J'aligne ma visée et le suis en attendant une bonne fenêtre de tir. Elle se présente devant moi entre 2 chênes. Je décoche. Je n'ai pas vue mon atteinte mais le renard se tord comme pour mordre son assaillant en grognant puis démarre en trombe en se tordant en tous sens.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

Il fonce en ligne droite vers le bas de la friche et je le perds de vue à environ 50 mètres.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

J'attends un moment sans bouger à l'écoute alors que le calme s'installe puis pars chercher ma flèche sans arriver à la trouver. Le temps de la chercher, la luminosité baisse rapidement et je décide de commencer ma recherche à la lueur de ma lampe. Je trouve vite des gouttes de sang à environ 10 mètres du tir sur la trajectoire de fuite.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

La piste continue et assez abondante est assez facile à suivre. Je tombe sur plusieurs frottés à 30 cm du sol environ puis la piste devient très abondante. Ma recherche se termine dans les genets au pied de la colline. Mon renard, qui a fait environ 90 mètres, est mort sur le ventre au milieu des genêts. Je le dégage de cette végétation abondante pour faire quelques photos souvenir et constate qu'il est pelé sur une bande étroite d'environ 15 cm de long au niveau du coup. Une plaie est entrain de cicatriser sur sa nuque. Je comprends alors qu'il s'agit du renard que j'ai tiré il y a 2 ou 3 semaines lors d'un affût au même poste. Il était arrivé à la tombée de la nuit en donnant de la voix comme ce soir mais était arrivé par le sommet de la colline et je l'avais fait venir à 4 mètres plein travers avec des cris de souris. Il me semblait l'avoir touché car il avait fait un bond spectaculaire en grognant à l'impact mais je n'avais pas trouvé de sang et ma flèche ne portait aucune marque présageant d'une blessure.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

Ce soir, je l'ai fléché dans l'autre sens à quelques mètres de l'endroit où je l'ai tiré l'autre soir. Ma flèche est un peu trop en arrière et traverse le foie, l'estomac et les intestins. Je récupère mon renard et retourne à la voiture dans la pénombre.

Quand les renards arrivent à la queue le leu, 20 janvier 2016

Alex

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

Réponses à mes détracteurs :

https://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

SALON VIRTUEL INTERNATIONAL DE LA CHASSE DE DE LA PECHE

 

QUELQUES BLOGS DE CHASSE A L'ARC

 

 

PYRENEES CHASSES D'APPROCHES

https://www.facebook.com/pyreneeschassesapproches

 

FOURNISSEURS

 

 

 MATERIEL :

 

GRANDS GIBIERS HORS FRANCE METROPOLITAINE

ARGENTINE
Buffle murrah
Guanaco

 

MAJORQUE
Chèvre sauvage

GUYANE
Pécari à collier
Capibara
Caïman rouge
Caïmans gris

 

Forums Specialises

GRAND CHELEM FRANCAIS

Cerf élaphe

 

Chevreuil
Mouflon
Chamois
Isard
Sanglier
Blaireau
Renard
Répartition des prélèvements

AUTRES PRELEVEMENTS :

Répartition des prélèvements petits gibiers
Ragondin
Rat musqué

 

Lièvre
Lapin de garenne
Martre
Putois
Vison d'Amérique
Faisan commun
Canard colvert
Foulque macroule
Bécasse
Guyane
Iguane vert
Tourterelle rouviolette
Hocco alector

 

Singe hurleur
Aymara
Argentine
Lièvre
Renard gris
Tinamou élégant