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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 13:52

Nous avions arrêté depuis un moment la date de 8 février pour réaliser notre deuxième battue à l’arc avec l’ASCA32, elle devait se dérouler sur le secteur de Riscle, mais la tempête Klaus en a décidé autrement. Suite aux gros dégâts provoqués par cette catastrophe naturelle notre secrétaire qui organisait cette chasse a préféré l’annuler et notre préfet a mis tout le monde d’accord en interdisant la chasse sur tout le département une semaine après le passage de la tempête, cherchez l’erreur !

 Je prévoyais de faire une battue en échange sur le secteur de Pavie, peu touché par les intempéries mais j’ai dû me résigner à tout annuler suite à cet arrêté préfectoral. Finalement, le préfet à lever l’interdiction de chasser sur les secteurs les moins touchés quelques jours avant le 8 février, j’ai dont relancé l’invitation et ai réussi à trouver 24 archers motivés, 4 venant de l’Aude, 2 de la Haute Garonne, 1 du Tarn et les autres du Gers.

Rendez-vous est pris pour 8 heures sur la place d’Auterrive ou j’habite et qui se situe à moins de 5 minutes du territoire de chasse. Les premiers arrivés sont les archers de l’Aude, 7h30 et bien sur le dernier est un Gascon pour ne pas faire d’entorse à notre quart d’heure local. Nous partons pour le lieu de chasse. Nous allons chasser sur un petit territoire privé de 90 hectares. La zone est vallonnée, couverte en grande partie de pâturages, de petits bosquets et de haies.

Nous avons la possibilité de flécher 3 chevreuils, le sanglier et le renard. Deux chasseurs sont venus pour nous donner main forte au fusil, mais ils décident finalement de se placer en observateurs et de ne pas sortir leurs armes.  

Une fois le déjeuner pris, les consignes données, nous élaborons le plan d’attaque : nous posterons l’ensemble du territoire pour cette première traque. Une partie des archers part se poster sur les consignes du président de la chasse et de deux autres chasseurs qui nous accueillent alors que je pars poster une ligne d’archers en crête, sur la bordure droite du territoire, le long d’une haie épaisse bordant une zone de friche partiellement boisée du côté extérieur au territoire.

Je répartis les posters en fonction des passages de gibier. De là nous pouvons voir toute la chasse, 4 archers se sont postés en face, eux aussi en crête, le long de la carrière. Un en bas à la haie, le long du petit ruisseau, sur un passage très fréquenté. 2 sur la traversée du ruisseau alors que les autres sont répartis sur les passages, le long des haies.

Je suis le dernier à me poster. De mon poste, contre un gros chêne, sur un passage au milieu des ronces, je peux voir une grande partie de la chasse. Au bout de 5 minutes j’aperçois Jean, que j’ai posté à 200 mètres, entouré par un groupe de génisses curieuses lui faisant écran et lui interdisant toute possibilité de tir, je décide donc d’intervertir nos poste. Je pars en courant à sa rencontre et l’envoie à mon poste.

La traque a déjà commencé, le président de la chasse qui nous fait aujourd’hui le traqueur avec sa beagle et sa bleu a repéré 3 chevreuils couchés derrière la ligne de la carrière, le long d’une haie. Il tente de les contourner pour les rabattre vers les postés quand 5 chevreuils et non pas 3 se lèvent et filent vers les 4 postés.

Ils arrivent tout d’abord à Christian qui caché derrière les genets se prépare. Ils sont presque à portée de tir, Christian se redresse, les chevreuils le repèrent et amorcent un virage alors que Christian décoche sa flèche. Manqué, ils accélèrent et passent à quelques mètres de Lucien qui les jugeant trop rapides retient sa flèche, ils traversent la ligne et s’enfuient par la carrière.

Ces chevreuils ont surpris les archers qui ne s’attendaient pas à une entrée en matière si rapide. Heureusement, les chiens n’ont pas suivi. La traque se poursuit, j’aperçois les chiens et les traqueurs, le petit Nicolas accompagne son père. Ils longent les bois, les haies mais les chiens ne prennent rien. Ils finissent par arriver sur ma gauche en longeant la haie contre laquelle j’ai posté ma ligne.  

Je décide de laisser mon poste et de partir traquer avec eux, Nous longeons la haie jusqu’au roncier où j’étais posté au départ. Nous passons sur le dessus du bosquet qui fait suite aux ronces pour nous diriger vers la palombière. Les chiens donnent quelques coups de gueule mais rien de sérieux.

 Nous ressortons sur la prairie au niveau de la palombière, descendons jusqu’à un autre petit bosquet très clair semé en suivant les chiens qui sont de plus en plus excités. Le bosquet se termine par une bande boisée fourrée qui abrite souvent les chevreuils.

Nous étions justement en train de nous dire que s’ils n’étaient pas là il y avait maintenant peu de chance de les relever quand la beagle suivie par la bleu prennent la voie et entre dans les ronces en donnant de la voix. Un brocard magnifique, encore en velours et un grosse chevrette sortent et traverse le pré à 40 mètres de nous.

Voyant qu’ils prennent la direction du poste de Jean, je ne bouge pas, mais ils changent brusquement de direction pour traverser le pré sur nos traces et disparaître dans le bois de Mondo. Les chiens donnent toujours de la voix mais partent à l’opposé des premiers cervidés. Ils descendent dans la combe en herbe puis remonte en face sur un penchant une friche clairsemée de petits chênes.

Ils sont derrière une autre chevrette qui faisant une boucle semble vouloir passer vers le poste de Jean. Je pars en courant pour l’empêcher de suivre les autres mais j’arrive trop tard, je vois arriver les chiens. La chevrette a traversé le bosquet, trop loin pour Jean et est maintenant également dans Mondo les chiens derrière elle.

Je décide d’essayer de les suivre en restant sur la crête, espérant voir revenir un chevreuil. Mais, petit à petit, la menée s’éloigne et je finis par ne plus rien entendre. Je descends dans le bois, arrive au chemin forestier qui ressort chez le propriétaire de la propriété de Mondo pour tenter de déloger des chevreuils de la friche en dessous de ma ligne de postés et de les rabattre vers les archers.

J’arrive donc à la maison puis entre, sous l’antenne télécom, dans les petits buissons noirs, heureusement pas trop épais. Ça pique tout de même pas mal. En arrivant au bout des buissons, j’aperçois un brocard et deux chevrettes se débinant devant moi. Je sors donc dans le champ en contre bas pour leur couper la retraite vers le Gers. Je cours le plus vite possible vers le passage qu’ils empruntent normalement. C’est bon, ils ne sont pas sortis.  

Je poursuis un peu vers le premier poste puis commence donc à longer le dessous de la friche en donnant de la voix. Tout à coup, j’aperçois des traces fraîches qui semblent faire une boucle dans le champ et entrer dans la friche, je décide de les suivre.

Je siffle, donne de la voix, tape dans mes mains et traque méthodiquement la friche pour tenter de les faire remonter vers la haie et les postés. Mais tous mes efforts ne seront pas payants, ils vont se débiner à quelques dizaines de mètres devant moi en restant toujours hors de ma vue et finiront par se caler dans le sale en me laissant passer près d’eux sans bouger.

Deux postés placés au niveau d’une trouée dans la haie ont observé la scène avec beaucoup d’amusement et m’ont demandé plus tard si je les suivais à l’odorat vu ma progression en parfaite concordance avec celle des chevreuils. Ne sachant pas où ils sont, je donne de la voix en longeant la haie pour ressortir à l’avant dernier poste de ma ligne, là où la haie rejoint le bois de Mondo.

 J’arrive au niveau d’Eric qui n’a rien vu passer. Il est midi, je décide de déposter, nous avons perdu les chiens, les traqueurs sont rentrés mettre la table. Sur le chemin du retour, nous sommes au milieu du pré, non loin des génisses. Jean m’explique où est passé la chevrette quand nous apercevons un chevreuil au grand galop faire le chemin inverse des trois de tout à l’heure, puis un second arriver du coteau opposé et venir à sa rencontre.

Lucien, nous apercevant, m’appelle pour me demander si c’est terminé mais voyant revenir les chiens sur le pied du chevreuil, je lui conseille d’attendre un peu avant de se déposter. Les chiens finissent par prendre le contre-pied de la chevrette de tout à l’heure et perdent la voix. Nous rentrons.  

Nos hôtes nous ont fait une surprise, la table est mise et ils nous ont préparé un bonne soupe au choux, nous mangeons un bout avant de repartir chasser en début d’après-midi.  

Pour cette deuxième traque nous passons de l’autre côté du Gers sur une zone de culture au milieu des habitations et entrecoupée de haie. Je poste une ligne en U en doublant le font du U. Les postes sont le long des haies, sous des arbres, sur des passages.

Mon entonnoir en place, je pars avec deux traqueurs, Nicolas et Laurent, vers une haie à 1 km de là environ, où se remise entre 6 et 8 chevreuils. Je poste Laurent pour couper la retraite des animaux vers les jardins des habitations alors qu’avec Nicolas nous partons pour pousser la haie. Nicolas qui veut faire des Photos reste côté dégagé et je traverse la haie quand, à peine ressortis, j’aperçois une chevrette à 50 mètres qui me regarde. Je l’annonce à Nicolas et lui dit de courir vers le bout de la haie.

Nous piquons un sprint, pour éviter que les chevreuils ne partent en arrière mais ma chevrette nous échappe tout de même au travers des habitations en traversant les haies de laurrines et du thuya. 5 chevreuils ont tout de même pris le chemin des postés et entrent dans l’entonnoir. 2 passent le font du U et 1 sera manqué par un posté alors que trois nous reviennent dessus avant de biaiser pour traverser les jardins, la route de Las Pachères puis La D929.

Ils buttent contre un grillages, font demi-tour évite une collision, puis reviennent vers leur point de départ alors que nous nous déployons pour les tourner de nouveau vers la ligne. Je presse le pas et arrive à me placer derrière eux pour les pousser vers la haie mais, au lieu de rentrer dans la haie, ils me font face et finissent par me foncer dessus.

Le brocard et le jeune me passe à quelques mètres à droite alors que la chevrette me passe à gauche et filent se réfugier dans les jardins. Pour éviter une collision routière, je décide d’abandonner là. Les deux autres chevreuils ont poursuivi en longeant le Gers vers Auterrive.

Nous retournons vers les postés qui cherchent la flèche alors qu’un posté m’annonce avoir vu deux chevreuils s’arrêter au milieu du champ mais un seul partir. J’interroge le tireur puis la flèche mais non c’est bien manqué.

Tout ce petit monde motivé par cette belle chasse décide de ne pas en rester là. Ils veulent rechasser le dessous de la carrière de ce matin. Je n’y crois pas trop mais bon, quelques chasseurs nous laissent alors que ceux qui restent partent se poster pour fermer le dessous de la carrière sur une ligne en forme de 2 retourné.    

Robert me porte avec 3 autres traqueurs au-dessus de la carrière. Nicolas et Laurent vont pousser dans un sens et avec Frank nous pousserons dans l’autre, les deux groupes progressent en arc de cercle vers le milieu de la ligne.

Nous traversons un petit bois de pins colonisé par les blaireaux et les lapins alors que les autres traversent un bois de chênes. Ils lèvent des animaux qui partent directement à l’opposé des postés alors que nous levons 3 chevreuils qui nous contournent pour éviter la ligne repérée ce matin. Arrivés avant eux, nous attendons l’arrivée des 2 autres traqueurs puis sonnons la fin de traque.

Nous rentrons tranquillement quand en face une chevrette descend des coteaux au grand galop. Je pense savoir où elle va passer, je redéploie quelques archers sur la droite alors qu’elle arrive au ruisseau bordé d’arbres qui nous masquent, mais elle les comprend en traversant et par sur notre gauche. Je pars en courant pour l’intercepter mais il est trop tard. Nous la regardons s’éloigner alors que la luminosité baisse petit à petit. C'est ainsi que se termine une belle journée de chasse sous un soleil radieux.

Battue du 8 février 2008 avec l'ASCA32

Alex

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:38

Depuis 1 mois et ½, je préparai cette journée en essayant de penser à tout, c’était notre première journée de chasse pour l’ASCA32 et je n’avais aucune expérience dans la chasse à l’arc en battue.

Le territoire étant relativement vaste j’ai pensé inviter un maximum d’archers, j’ai donc invité les associations de l’Aveyron, du Tarn, des Hautes Pyrénées et du Tarn et Garonne mais seul le président de l’ASCAR (12) a pu faire le déplacement et je l’en remercie vivement.

Les invitations lancées sur Archasse.com et sur Sangliers.net ont tout d’abord enthousiasmé puis je me suis vite rendu compte que les personnes susceptibles de venir ne seraient pas nombreuses. J’ai donc décidé, une fois le nombre d’archers fixé (30 postés et 7 rabatteurs) de chasser le territoire en plusieurs morceaux.

Lundi 24, je suis allé avec Dominique (Gers sur le forum Archasse), notre vis président, matérialiser les postes. Nous avions prévu, dans un premier temps, de poster une ligne de 25 archers le long d’une piste forestière pour intercepter les chevreuils et sangliers que les rabatteurs allaient déloger d’un très grand maïs en poussant vers le bois. Dans un second temps, de déposter 9 archers auxquels se seraient rajouter 5 autres archers qui auraient été traqueurs dans le maïs pour fermer le bois qui a une forme triangulaire et forme donc un entonnoir naturel entre un petit ruisseau encaissé en partie basse et la piste forestière en partie haute.

Les chasseurs de la société du Touzan, curieux de connaître notre mode de chasse, devaient se poster sur une crête en observateurs et pour tirer d’éventuels sangliers qui échapperaient à la traque.

Malheureusement le vendredi 28 entre le milieu d’après-midi et le début de soirée, 10 archers se sont désistés pour diverses raisons. Le déjeuner prévu pour 45 a été un peu trop copieux pour nous et les postes prévus au départ pour 30 archers n’ont pas pu tous être occupés, laissant des failles permettant au gibier de se débiner sans être vu.

Vendredi soir, j’ai accueilli chez moi Caryx que j’ai eu plaisir à connaître, j’espère qu'il n’a pas attrapé froid car j'étais en panne de chauffage depuis 3 semaines.

Samedi matin, le rendez-vous est pris à 7h30 sur la place de Seissan pour le gros des troupes. Par commodité pour certains participants nous avons organisé un ramassage entre chez moi et le lieu de chasse.

Rendez-vous à 7h15 chez moi pour 4 participants, nous partons pour Seissan où nous retrouvons le gros des troupes et nous voilà parti, encore 4 chasseurs sur la route à Panassac puis le dernier à Arrouède et nous voilà au complet.  

Un cortège impressionnant de voitures arrive chez Jeannot le trésorier de la société de chasse du Touzan dont la cours a été transformée en parking pour l’occasion et qui nous a généreusement invité à entrer pour déjeuner. Christian a apporté une cible 3D pour que certains puissent s’entrainer un peu.

Les consignes données, nous voilà parti, Dominique va poster la première ligne en laissant quelques trous puisque pour 25 postes il n’a que 20 archers. Et je pars, accompagné des 6 traqueurs, deux chiens en laisse et des 3 membres de la société du Touzan pour rabattre le maïs.

Un peu de marche, nous voilà à 50 mètres du maïs quand un chevreuil couché dans le chôme de tournesol se lève pour filer vers le maïs. Jeannot reste au coin du champ qu’il va longer en observateur, nous nous répartissons le long du champ, un tout les 50 mètres, car nous ne sommes pas assez nombreux pour mieux faire et au coup de trompe du dernier en place nous lançons la traque.

J’avance bras écarté pour toucher les pieds de maïs en donnant de la voie, mes voisins avancent également en faisant du bruit. De nombreuses traces fraîches et plus anciennes, des souilles et des épis de maïs mangés seront aperçus mais pas le moindre animal. Nous sortons du maïs, notre observateur nous dit ne rien avoir vu. Nous attendons un moment pour laisser le temps à d’éventuels fuyards de traverser la ligne d’archers puis je laisse les traqueurs pour aller déposter 6 archers pour les poster sur la deuxième ligne. Les fusils du Touzan partent se mettre en place.

En progressant sur le chemin forestier, j’aperçois des taches fluo qui m’indiquent, en plus du petit bout de rubalise mis en place le lundi pour matérialiser les postes, la présence des archers bien camouflés dans la végétation. Je passe devant les 6 premiers en leur demandant s’ils ont vu quelques choses.

Un chevreuil aurait longé, les trois premiers postes avant le début de traque sonné par Dominique, dernier posté de la ligne. Aucun regret à avoir, il est passé trop vite. Je remonte avec mes 6 archers et parts les poster. Un membre de mon association (membre stagiaire sans arc) posté en observateur au premier poste n’a rien vu passer, le chevreuil semble être resté dans l’enceinte. Je le poste en haut d’une combe qui lui permet de voir les animaux passer et je pars poster ma ligne.

Je suis obligé de laisser des trous mais je poste ce qui me semble être les meilleurs emplacements puis retourne avec les traqueurs sans savoir que 3 chevreuils viennent de se dérober, vu par les « fusils » et sont sortis de la traque. Je remonte le plus vite possible et arrive un peu essoufflé en sommet de côte. Je répartis les traqueurs en ligne et nous voilà repartis, avançant en donnant de la voie et en faisant du bruit.

A peine rentré dans le bois, Nikko31 tombe sur le chevreuil vu par la ligne en début de chasse mais ce dernier lui passe dans le dos et ne lui laisse pas le temps de prendre une photo pour ensuite franchir la ligne que je viens de poster. Un des posté a juste vu la tête puis le chevreuil s’est éclipsé pour passer dans le dos d’un deuxième posté et nous échapper.

Nous nous attendons un moment pour être bien en ligne puis nous repartons en laçant nos cris de guerre. Deux chevreuils se débinent et arrivent à la première ligne, deux postés auront la chance de les voir, le premier se prépare arme son arc mais sa flèche se désencoche et lui tombe de l’arc alors que les deux chevrettes lui passent au pas à 2 mètres sans le voir, le deuxième posté peu expérimenté et un peu loin à son goût préfère ne pas lâcher sa flèche ce qui est tout à son honneur.

Nous arrivons au bout de l’entonnoir. Dominique n’a rien vu mais Christian posté plus haut a vu trois chevreuils sur le penchant d’en face se débinant vers un bosquet d’épines noires.

Nous décidons donc de remonter au-dessus du bosquet pour le rabattre vers les chasseurs. Après une escalade un peu raide nous voilà en place, nous nous éparpillons pour rabattre Mais les postés aux fusils nous annoncent que les chevreuils ont déjà traversé. Je rentre tout de même à 4 pattes dans les épines pour traverser le massif dans sa longueur les autres rabatteurs se dispersent. Mais nous ne lèverons rien dans ces épines, il est 11h30 nous sonnons la fin de battue alors que la pluie se met à tomber.

Nous rentrons manger, plusieurs archers nous quittent mais quelques motivés veulent rechasser cette après-midi. Jeannot nous prête une ancienne étable pour manger à l’abri. J’ai oublié mon repas de midi mais ce n'est pas grave, avec les restes du déjeuner, il y a de quoi faire et puis notre ami Nikko31 a une femme en or qui a préparé une quiche lorraine et un gâteau chocolat, je l’en remercie, c’était un régal.

Nous terminons de manger alors que la pluie s’arrête. Il ne reste que 9 archers et 3 traqueurs, je décide de traquer le bois vers lequel ont fuient les 3 chevreuils de ce matin. Christian est chef de ligne, il part poster les archers en V le long du bois et je pars, cette fois arc en main, avec Nikko31 et Caryx pour traquer le bois.

Nous traversons un pré au milieu des vaches et nous éparpillons dans le bois qui semble assez épais. Je sonne le début de battue. A peine entré dans le bois, une belle bécasse me démarre à 3 mètres devant les pieds. Nous progressons en donnant de la voie et en tentant de nous frayer un chemin au travers des épines, des ronces et de la végétation très épaisse par endroit.

Je suis un ruisseau au fond du bois et alors que j’arrive au niveau d’une combe encaissée perpendiculaire à ce petit cours d’eau, j’entends des pas dans les feuille mortes qui s’éloignent en prenant le fond de combe dans le sens opposé à la ligne de postés, certainement un chevreuil mais je n’arrive pas à le voir. Plusieurs coulée très fréquentées et des traces fraîches attestent du passage répété et fréquent des animaux.

Quelques arbres portent des traces de boue et les feuilles retournées de la nuit sur 20 centimètres de large sur une belle coulée me font penser que les sangliers étaient là cette nuit. Nous finissons par ressortir dans le grand champ de luzerne qui délimite le fond du territoire bordé par le Gers. Christian au dernier poste n’a rien vu. Le soleil est sorti et maintenant bien présent.

Je décide de faire une dernière traque sur un petit bosquet très fourré, ancienne coupe de bois où j’ai bon espoir de trouver les sangliers. Je laisse donc Christian en bas et pars déposter les autres archers pour poster le bas du massif.

Je laisse mes collègues traqueurs au départ de la future traque et parts déposter toute la ligne. Je retrouve deux archers en train de discuter sur le banc du ball-trap de la société. Ils ne sont plus trop motivés mais finissent par accepter de se reposter pour cette dernière traque. Le posté suivant me dit avoir vu passer un chevreuil au poste laissé vacant par les bavards.

Tous les postés descendent retrouver Christian qui va les poster alors que je redescends retrouver Nikko31 et Caryx. Les deux bavards ne veulent pas se poster en bas et préfèrent rester en haut du massif, à mauvais vent, prétendant que les animaux vont monter, je n’insiste pas trop et les laisse faire. Je me déploie avec les autres traqueurs et sonne le début de battue les deux autres traqueurs donnent de la voie alors que je lutte encore pour franchir une hais de genets très épaisse. A force d’insister, je finis par la traverser et me retrouver pendu au barbelé posé dernière au-dessus d’un à pic de 3 mètres et finis par chuter lourdement dans les ronces en contre bas. Elles ont amorti ma chute mais je suis sur le dos, dans la pente, la tête en bas sans pouvoir me relever.

Mon arc n’a rien, je suis rassuré. Je le pose et prends mon poignard pour couper les ronces qui me retiennent quand elles cèdent enfin mon poids m’entraîne dans un roulé-boulé qui se termine contre un petit chêne. Je me relève, à part quelques égratignures et un choc sur une main je n’ai rien.    

Je récupère mon arc et commence à traquer en luttant pour progresser au milieu des ronces et des épines. Caryx a renoncé et fait demi-tour car sa zone est impénétrable. Un chevreuil qu’il a dérangé est remonté vers les 2 bavards de tout à l’heure toujours en pleine discussion et a fait demi-tour pour revenir à couvert en les voyant. Ils avaient raison, il est bien monté mais bon, ils n’étaient pas prêts.

Nous finissons par ressortir de cet enfer avec Nikko31. Le posté sur qui je tombe n’a rien vu. Je sonne la fin de traque. Il part chercher le dernier de la ligne alors que je discute avec Nikko31. Ils arrivent tous deux en courant, un chevreuil c’est arrêté au ras du poste mais n’est pas sorti. Je leur dit de repartir se poster et pars chercher les autres mais ils sont déjà partis. Nous tentons donc de pousser avec Nikko31 en rabattant vers les deux chasseurs. Nikko31 se jette dans les ronces en forçant tant qu’il peut pour entrer, moi derrière, je coupe les ronces qui le retiennent.

A force nous arrivons à entrer et nous nous séparons pour pousser. Je monte assez haut et Nikko31 reste en bas. Nous donnons de la voie quand Nikko m’appelle, il a vu bouger dans les ronces entre nous, je crie « attention devant » et force la voie mais tous nos efforts resteront vains, rien ne sortira.

Je sonne la fin de traque et nous rentrons. Une belle journée sans résultat pour le tableau mais c’est aussi ça la chasse.

Merci encore à tous pour votre participation.

Battue du 29 novembre 2007 avec l'ASCA32

Alex

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 10:25

Ce soir, Vers 18 heures, je sors du boulot en courant et je me dépêche de rentrer. 10 minutes de route, je me change en vitesse et me voilà parti. 18H45, j’arrive sur mon lieu de chasse, un magnifique territoire peu chassé et couvert de bois de chênes bordés de genets épais et entrecoupés de langues étroites de prairies naturelles. Au milieu des bois, un lac dont le déversoir, petit ruisseau, est très fréquenté par les sangliers, les souilles y sont très nombreuses.

Je stoppe ma voiture dans la cours du propriétaire des lieux et après avoir fini de m’équiper, je file à grande enjambée vers le lac, je n’ai pas fait 300 mètres que je dérange 5 chevreuils au gagnage. Le brocard, la chevrette et ses 3 petits, ils rentrent au bois dans un craquement de bois sec, je continue à courir un peu et j’aperçois à 200 mètres un autre brocard qui broute tranquillement.

Je n’ai pas de bracelet mais je décide d’essayer une petite approche pour me mettre en jambe. Il est à une trentaine de mètres de la bordure du bois qui est lui-même bordé d’une haie de genets qui fera un parfait écran de camouflage. Je parviens à rejoindre cette haie sans être repéré, mon chevreuil est de cul, je commence mon approche mais même en faisant de mon mieux, je ne parviens pas à marcher sans bruit à cause de la végétation sèche et mon approche se termine à 35 mètres environ du brocard. Il vient de repérer un crissement et après un moment à regarder dans ma direction sans me voir, il finit par s’enfuir vers le bois. 

Je reprends un pas rapide jusqu’au lac, j’escalade le talus du coteau qui surplombe le lac et commence à progresser à pas feutrés au milieu des genêts, des genévriers et des chênes pour rejoindre une bande de genets en demi-lune où plusieurs fois déjà j’ai aperçu les sangliers.

Du haut du coteau, je peux voir deux chevreuils brouter paisiblement au bord des genêts, signe que rien ne bouge encore à l’intérieur, deux autres pâturent sur le coteau d’en face. Je poursuis ma progression pour arriver sur un chemin qui redescend au bas des genets et les sépare du bois de chênes clair semé dans lequel je progresse.

Je prends ce chemin sur 30 mètres pour bifurquer sur une très grosse coulée qui traverse la zone de genets. Ma progression est très lente, je marque de nombreux arrêts pour espacer les bruissements de feuilles au maximum et les faire passer pour un mouvement de campagnol, très nombreux dans le coin et surtout très brillants par intermittence. Mais, 300 mètres plus loin, alors que je me faufile entre 2 buissons, je suis repéré par un gros brocard que je n’avais même pas vu à 10 mètres de moi. Il fuit en poussant des aboiements et en marquant de nombreux arrêts, il n’a pas réellement identifié le danger, mais il fait profiter de sa suspicion tout le voisinage et fait déguerpir les deux groupes de chevreuils que j’avais vu tout à l’heure. Je renonce à continuer au milieu des genets qui s’épaississent de plus en plus.

Je traverse la bande de genets qui me sépare de la langue de prairie pour longer le ruisseau alimenté par le déversoir du lac. Le relief en cuvette fait souvent tourner le vent mais, ce soir, il est constant et de face. Sur le retour, je me retrouve avec le vent de dos. J’avance sans trop y croire quand, au niveau du chemin de terre, j’entends un raffut de tous les diables dans le bois au-dessus des genêts, puis des grognements, des couinements et des souffles puissants qui se dirigent droit sur moi.

Après plusieurs hésitations, je décide de me positionner derrière des buissons noirs, à bon vent par rapport aux trois sorties des coulées qui traversent les genets dans la direction que vient de prendre la harde. Au milieu d’un clair, j’aperçois un sanglier qui me semble de bonne taille, ils sont à 50 mètres mais le bruit se rapproche de plus en plus jusqu’à ce que j’aperçoive la tête d'un sanglier pointer à 20 mètres de moi au bord des genêts. J’arme lentement mon arc mais, au même moment, une dizaine de marcassins de 10 à 15 kg sortent de la végétation.

C'est une laie meneuse, je reporte donc mon choix vers un des petits mais ils n’arrêtent pas de bouger et ne se présentent jamais bien. Ils s’éloignent, mes chances de réaliser un tir s’amenuisent, je désarme. Mais ils semblent revenir, je réarme quand un autre sanglier, une laie non suitée cette fois sort à son tour, j’ajuste mon viseur, elle est à 10 mètres environ et je décoche. Ma flèche part bien mais la corde vient frapper la manche de ma chemise ce qui provoque la fuite de la compagnie. Il me semble tout de même voir ma flèche frapper le sanglier en plein coffre juste avant qu’il ne fasse volte-face puis le voir s’enfuir avec la flèche plantée mais le doute m’envahit.

Il me semble aussi avoir entendu un bruit d’os et non le bruit sourd d’une flèche de coffre. Je laisse tout ce petit monde s’éloigner. 5 minutes passent puis 10 et il fait pratiquement nuit, suffisamment en tout cas pour ne plus voir les traces de sang éventuelles.

Je pars donc chercher une lampe pour regarder s’il y a des traces de sang au départ. Je reviens 30 à 40 minutes plus tard mais mes recherches restent vaines, pas de sang, pas de flèches, je ne vais pas plus loin que la bordure des genets et je rentre pour contacter le conducteur de chien de sang. Mes doutes sont de plus en plus importants. Pas de sang, aucune trace et ce bruit de fracture qui résonne dans ma tête. Le rendez-vous est pris pour midi. Ce matin, en sortant du boulot, je retrouve le conducteur de rouge qui habite seulement à 5 minutes de mon lieu de tir.

Nous arrivons sur place, je prends la laisse du «chien forceur» et lui celle du teckel. A l’endroit du tir, pas de sang. Le chien tourne et retourne pour finir par trouver du sang 50 mètres plus loin. Le conducteur me demande de le suivre et alors que je sors des genets j’aperçois mon sanglier, 30 mètres plus haut et en averti le conducteur qui concentré sur le travail du chien ne l’avait pas vu.

Le teckel part complètement à l’opposé mais nous décidons de le laisser faire. Il va faire 10 mètres puis revenir en arrière en obliquant quasiment à 180° et arriver sur le sanglier qui avait roulé dans la monté sur 10 mètres et s’était arrêté contre un petit chêne. Félicitations au chien et nous rentrons. Moi qui n’y croyais pas, je rentre avec un sanglier de 60 à 65 kg. Ma flèche est très bien placée, elle rentre au-dessus du cœur au niveau des poumons et s’arrête dans l’os de la patte opposé malgré mes 65 livres.

Sanglier express, 23 octobre 2007

Alex

 

Atteinte :

Sanglier express, 23 octobre 2007

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 10:12

Mardi soir, pour changer un peu de mes sorties chevreuil, je me suis décidé à aller faire un petit tour pour tenter de flécher quelques ragondins, depuis plusieurs semaines, je vois un groupe de 3 ragondins de bonne taille qui broute au milieu des vaches le long du Gers. Ce soir, ils sont là, 2 ensemble et un 30 mètres plus loin mais le vent est très mauvais pour une approche, il vient de ma droite et pousse mon odeur vers les ragondins. Je suis encore à plus de 100 mètres des trois rongeurs, mais ce vent soutenu vient de me trahir. Le plus gros des 3 lève la tête, hume l’air et file sans demander son reste en entraînant les 2 autres vers la rivière. Je décide tout de même d’aller voir. Je progresse en biais pour que le vent ne porte plus les effluves vers les ragondins.

Arrivé au niveau de la petite digue qui longe le cours d’eau, je monte au sommet marqué par le passage des vaches et je commence à longer la haie entrecoupée de ronciers qui bordent le Gers. En arrivant à l’endroit où les ragondins sont rentrés, j’entends quelque chose démarrer dans la haie, un ragondin vient de se jeter à l’eau mais, à ma grande surprise, à 2 mètres devant moi, un second ragondin joue la carte du mimétisme. Immobile au milieu des arbustes, il me tourne le dos, j’arme et lui décoche une flèche qui rentre au-dessus de la queue pour ressortir entre les pattes avant.

Après s’être roulé sur place, il se précipite vers l’eau où je l’entends chuter lourdement. Je me fraye un passage au milieu des épines et aperçois ma flèche qui semble planté dans la berge à un mètre au-dessous de mes pieds (la berge est assez raide) mais en regardant mieux je m’aperçois qu’elle est toujours plantée dans mon ragondin qui dans un dernier effort a tenté de se caché sous un tronc calé contre la berge. Non sans mal je récupère mon ragondin en le hissant par la flèche. Je décide alors de longer un tout petit ruisseau, affluent du Gers et truffé de galeries pour tenter de décocher quelques flèches supplémentaires. Je commence à longer le petit cours d’eau quand un ragondin que je n’avais pas vu rentre en hâte à son terrier.

Quelques pas plus loin, j’aperçois à 30 mètres plusieurs ragondins qui vaquent à leurs occupations dans le lit du cours d’eau, je me dissimule en progressant voûté derrière la végétation et parcours 10 mètres pour pouvoir me redresser derrière un petit sureau. Un gros ragondin est à moitié sorti de son terrier, j’arme lentement et lui décoche une flèche. A l’impact, mon ragondin se débat dans tous les sens et finit par se dégager de la flèche pour disparaître dans son terrier.

En arrivant au terrier où j’entends gronder mon ragondin, plusieurs petits ragondins qui s’étaient cachés dans les herbes commencent à regagner le terrier, les deux premiers rentrent, j’encoche une flèche quand j’aperçois le troisième. Juste le temps d’armer et je le sèche net à l’entrée du terrier, un quatrième rentre au terrier puis un cinquième le temps que je sois à nouveau prêt.

Le sixième petit dérouté par la présence de son frère mort se met à longer dans le ruisseau au lieu de rentrer comme les autres. Ma flèche part et le clou sur place dans un triste bruit métallique. En récupérant mes trois flèches je me rends compte que deux trilames sont foutues, les galets sous la vase leur ont été fatals. Je ramasse mes trois ragondins et je rentre à ma voiture pour faire la tournée des lacs.

Je passe devant une mare qui est souvent fréquentée par les ragondins, je m’arrête à distance et commence à me préparer quand j’aperçois un magnifique brocard qui traverse le chemin et passe de l’autre côté de la mare. 150 mètres nous séparent, je ne suis pas vraiment en tenue de camouflage, j’ai un pantalon camo mais ma chemise kaki à manches courtes n’est pas des plus recommandée pour approcher un brocard.

Je tente tout de même le coup, la végétation au milieu de laquelle il progresse me permet d’avancer assez rapidement sans qu’il ne me voit pour arriver à 15 mètres de lui dissimulé en partie par un chêne dont une des branches basses voûtées me fait une parfaite fenêtre de tir, il est plein travers entrain de brouter.

J’arme, j’aligne ma visée, ma flèche part pour le frapper très bas dans le poitrail, juste derrière la patte avant, dans un bruit sourd. Il démarre et disparaît en contournant un gros sapin. Après avoir attendu 10 minutes, je vais contrôler mon tir, le sang est abondant, 2 mètres après la zone du tir.

La piste est relativement facile à suivre, les gouttes sont nombreuses (sang foncé). A peine 20 à 25 mètres de recherche vont me conduire à mon brocard couché dans l’herbe, c’est un joli 7 pointes. Ma flèche est rentrée 20 centimètres derrière le coude, a traversé le cœur et est ressortie au niveau du coude opposé.

Des ragondins au brocard, 26 juin 2007

Alex

 

Atteinte :

Des ragondins au brocard, 26 juin 2007

Trophée :

Des ragondins au brocard, 26 juin 2007

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 10:07

Après plusieurs sorties effectuées depuis le premier juin, et de belles approches infructueuses, ce soir, la chance sera avec moi.

Vers 19 heures, je me rends sur une des 3 parties du territoire morcelé sur lequel j'ai pu obtenir mon bracelet de tir d'été. Depuis plusieurs jours, les approches deviennent de plus en plus belles, notamment sur un très grand brocard que j’ai pu approcher 3 fois à portée de tir sans pouvoir décocher ma flèche.

 

Flash-back :

La semaine dernière après une belle averse orageuse d’un quart d’heure suivie d’un magnifique soleil, je me suis rendu sur le terrain pour tenter une approche. Le territoire vallonné se compose de trois langues de pré encore non fauchées, séparées par trois butes boisées.

Je décide de commencer en longeant le bois le plus à ma droite qui délimite le territoire. Le vent régulier vient de face, les conditions sont bonnes. Après 5 minutes de marche mon regard se pose sur un magnifique brocard à environ 200 mètres qui regarde dans ma direction.

Je me fige mais il est trop tard, je suis repéré, quelques secondes s’écoulent, aucun de nous deux ne bouge. Il se décide enfin mais, à ma grande surprise, il vient droit sur moi. Je profite d’un passage où le relief du terrain lui cache ma silhouette pour progresser rapidement de 50 mètres et me mettre à genoux derrière une grosse touffe d’herbe.

C’est à ce moment que je le vois, il est magnifique, ses bois sont impressionnants, il progresse lentement, il me cherche du regard et tente de repérer mon odeur. Il n’est plus qu’à 20 mètres et passe derrière une grosse touffe d’herbe ce qui me permet d’armer mon arc mais il marque un temps d’arrêt et les secondes s’égrainent sans qu’il ne daigne faire le pas qui le sépare de ma flèche.

Je devine sa forme, je distingue bien ses bois et ses oreilles mais tenter une flèche dans ces conditions est bien trop risqué. Mon cœur commence à s’affoler et la tension de la corde devient de plus en plus dure à tenir. Je me risque donc à désarmer mon arc pour reposer un peu mes muscles meurtris et c’est juste le moment qu’il choisit pour faire ce pas que j’espérais tant mais qui vient de me trahir car mon mouvement même très lent ne lui a pas échappé.

Il est sur l’œil et me fixe un instant avant de détaler à toutes pattes en me lançant une série d’aboiements bien rauques et finit par disparaître dans le bois à une centaine de mètres.

 

Ce soir, à 20h30, je n'avais toujours pas vu un seul chevreuil, de plus ce territoire est une zone de nidification pour les milans noir qui s'empressent à chacune de mes sorties de se positionner à ma verticale et d'annoncer ma présence par des cris stridents, et ce soir, particulièrement harcelé par ce manège, je me suis décidé à partir sur la deuxième partie du territoire où d'ailleurs j'ai réalisé mon tir d'été l'an passé au milieu des tournesols.

20h45, je suis sur place, je commence à descendre un chemin forestier qui me mène directement sur un champ de blé immense entouré par les bois et bordé d'une bande enherbée.

Un brocard dans les blés, 20 juin 2007

En lisière du bois, j'effectue une rotation du regard pour scruter cette mer de blé où détecter la présence d'un brocard n'est pas chose facile, quand je l'aperçois, il n'est qu'à 40 mètres. Paisible, occupé à sa toilette, il ne m'a pas repéré. Le vent est bon, je me mets à genoux et caché par la hauteur du blé je m'approche de la bordure du champ.

Je suis à 30 mètres, je me redresse pour le situer, il n'a pas bougé, je me décale de 10 à 15 mètres en longeant le blé de nouveau à genoux et me voilà à 20 mètres grand maximum, mon chevreuil est toujours dans sa toilette.

Je vois bien son poitrail découvert par un rond de blé couché par les pluies abondantes de ce printemps.

 
Un brocard dans les blés, 20 juin 2007

Il se lèche l'épaule opposée et sa tête est donc cachée, il ne me voit pas, c'est le moment. Avec un calme qui m'étonne encore, j'arme mon compound, aligne ma mire et mon œilleton. Ma flèche part pour le frapper en pleine poitrine, il sursaute, les 2 poumons sont percés, après 30 mètres de course dans le blé, il franchit la bande enherbée, traverse la bordure du bois et son fossé pour disparaître dans le bosquet.

Confiant dans l’efficacité de mon tir, je décide, après 5 minutes, de commencer la recherche, la pistes est facile à suivre, le sang est très abondant et contraste bien avec le jaune paille du blé, de petit bouts de poumon projetés sur le blé à l’endroit du tir me conforte dans la qualité de ma flèche.

5 minutes de recherche me conduisent à ce corps sans vie auquel, après avoir apposé le bracelet, je rends les honneurs avant de le charger sur mes épaules pour rentrer. Mon brocard n’a pas parcouru plus de 40 mètres. La pluie commence à tomber alors que je suis sur le chemin du retour

Un brocard dans les blés, 20 juin 2007

Alex

 

Trophée :

Un brocard dans les blés, 20 juin 2007

Atteinte :

Un brocard dans les blés, 20 juin 2007

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 10:25

J'ai réalisé ce tir lors de ma première sortie dans un parc, accompagné du propriétaire, il m'a laissé seul pendant 1 heure. Je commence par longer une clôture en sommet d'un talus couvert de genets.    

J'aperçois mon premier daim, 1 mâle à robe claire plus gros que mon prélèvement qui, à plus de 300 mètres, s'enfuit de suite, mon approche silencieuse me permet de me retrouver à 50 mètres d'un mâle noir couché. Je tente de me rapprocher mais ma route croise une seconde clôture que je n'avais pas remarqué et qui m'obligeant à passer par dessous, donnant l'occasion à mon daim de s'enfuir.    

Je reprends ma progression sur 200 mètres et j'aperçois une femelle couchée en avant d'une harde de 8 femelles adultes, 2 jeunes femelles et 3 daguets. Bien que je ne sente pas l'approche facile, je tente ma chance en descendant plus bas pour me cacher en dessous de la cassure du terrain. Mon approche me mène à moins de 50 mètres de la harde mais, en levant les yeux, je me retrouve nez à nez avec une des femelles venue en éclaireur et qui en s'enfuyant entraîne la harde qui s'arrête à 60 mètres environ et me regarde. Une harde toutes oreilles et yeux braqués vers moi, c'est foutu.    

Le propriétaire me rejoint et me conseille de me poster le long d'un grillage et décide de m'envoyer des animaux. Posté derrière une touffe de genets, à bon vent par rapport à une magnifique coulée, j'aperçois au travers des branches une trentaine d'animaux se dirigeant vers moi. Très méfiants, ils finissent par venir à une trentaine de mètres. Je les entends souffler, je me prépare. Je me décide à tirer un daguet car les mâles sont derrière. J'arme mais au dernier moment tout le monde fait demi-tour et s'enfuit dans mon dos à toute allure.    

C'est alors que j'aperçois un groupe de 4 gros mâles qui rentrent dans un petit bosquet sans en ressortir. Je laisse tout ce petit monde se calmer et disparaître et je rejoins mon rabatteur. Nous décidons d'attaquer sur ces 4 mâles. Un grillage en arrondi laisse un passage de 2 mètres très fréquenté au sommet du fourré. A genoux derrière un arbuste depuis quelques secondes, j'aperçois deux mâles qui viennent vers moi. Ils sont à 5 mètres mais derrière le grillage et au dernier moment font demi-tour pour foncer droit vers le rabatteur. Je ne comprends pas mon erreur. J'étais à bon vent et je n'ai pas fait le moindre mouvement.  

Le rabatteur m'appelle d'un long sifflement. Il me montre un gros massif de genets au-dessus de nous et m'explique qu'un mâle noir s'y cache. Je commence à gravir la pente pour rentrer dans le massif à bon vent mais, d'un sifflement, il attire mon attention et me fait signe "plus loin". Je longe donc les genets et me faufile par une belle coulée sur 20 mètres pour l'apercevoir, il est couché là à 15 mètres, plein travers, j'arme et lâche la flèche qui tape un peu en arrière des poumons et traverse le foie.

Mon daim se lève en sursaut et démarre en trombe. Une daine sort en premier des genets et je crains d'avoir fait une erreur de tir car je ne voyais pas vraiment la tête de l'animal au moment de décocher. Mon daim finit par sortir des genêts, descend le talus à toute allure et s'effondre en remontant le penchant opposé.

Je récupère ma flèche et pars chercher mon daim avec le propriétaire du parc qui me rejoint.

Première expérience en parc, mars 2007

Alex

 

Atteinte :

Première expérience en parc, mars 2007

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 10:20
Après un long affût au sanglier, au milieu des bois, la luminosité, sous le couvert forestier, se faisant trop faible pour tenter une flèche propre, je redescends vers la langue de pré qui borde le bois.
Je longe le bord du bois qui forme deux angles droits successifs et arrive juste au deuxième virage quand j’aperçois deux chevrettes qui se dirigent dans ma direction, je ne bouge plus la première semble être la mère, elle avance paisiblement tout en broutant, la seconde, certainement sa fille, toute folle, se met à courir dans tous les sens en bondissant puis se dirige vers mois pour passer à 15 mètres sur ma gauche.
J’arme mon arc, la suis dans mon viseur et la voilà plantée à 15 mètres en train de me regarder, je décide de ne pas lâcher ma flèche et elle s’en retourne auprès de sa mère à une cinquantaine de mètres, je désarme.   
Mais quelques secondes plus tard la voilà de retour, mais cette fois elle ne se préoccupe plus de moi, elle n’a pas identifié le danger et sa mère, qui ne m’a pas remarqué, continue à brouter paisiblement ce qui la met encore plus en confiance, elle est arrêtée, j’arme, vise et décoche ma flèche alors que ma chevrette fait un pas en avant.
Qu’elle erreur ! Dans l’action, j’ai sous-estimé la distance qui est d’au moins 30 mètres et voilà ma chevrette qui reçoit la flèche en plein cuissot avec un bruit de fracture. Elle détale, ma flèche en travers du cuissot, en poussant de petits cris plaintifs alors que je la regarde s’éloigner impuissant et furieux contre moi-même.
Elle décrit une courbe qui la conduit exactement à l’endroit d'où je suis sortie du bois. Elle franchit d’un bon un fossé de fond de combe mais à la réception un bruit étrange attire mon attention, ses cris redoublent alors qu’elle disparaît dans le bois après une fuite d’au moins 100 à 120 mètres. Quelques craquements et puis plus rien.

Mes espoirs sont bien maigres mais je décide d’aller chercher une lampe à la fermer voisine où j’ai garé ma voiture. Je suis de retour 30 minutes plus tard et il fait déjà nuit noire. Je me dirige vers l’endroit du tir mais je ne trouve pas une seule trace de sang, je tente donc de trouver l'entrée au bois.

Après quelques tâtonnements, je trouve des traces importantes de sang, je tente de les suivre sur quelques mètres, la piste est très abondante, elle est très facile à suivre.
Je continue donc à la suivre mais le sang bien rouge du départ fait suite à du bol alimentaire et du contenu intestinal, puis je retrouve accroché à la végétation un morceau d’intestin, puis un autre, et toujours beaucoup de sang.
Au bout de 40 mètres une grosse flaque de sang et 2 mètres en surplomb ma chevrette est là, inanimée, les intestins pendants, un triste spectacle. La flèche semble avoir ouvert l'abdomen durant sa course et a touché le foie, j'ai vraiment eu beaucoup de chance.
Un coup de chance pour une erreur de débutant, 4 décembre 2006
Alex

Atteinte :
Un coup de chance pour une erreur de débutant, 4 décembre 2006

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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