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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 16:15

Ce matin, je décide d’aller chasser près de chez moi mais à mon réveil il pleut. Je jette un œil dehors, ça ne semble pas bien méchant. J’y vais tout de même.

Je commence par le secteur de la carrière. Je me gare au bout d’un chemin de terre et remonte par un autre chemin vers la carrière. Je passe sous le bois de pins, les lapins rentrent dans le bois à mon approche. Arrivé sur la carrière je pars jeter un œil sur la prairie côté droit. Rien ce matin. Je progresse rapidement pour rejoindre le champ de blé où j’ai fléché mon premier brocard de la saison l’an dernier. Arrivé au-dessus du champ, je ne vois pas le moindre chevreuil. Je longe pour aller jeter un œil sur un autre champ de blé séparé de celui-ci par une bande de terre jonchée de dépôts de gravas. Les lapins fusent en tous sens.

Je stoppe net, au milieu des herbes hautes un chevreuil semble me regarder. Je reste un moment immobile et il se remet à manger. Je m’éclipse doucement et amorce un grand contournement pour atteindre une vielle cabane de chantier rouillée. Je rentre à l’intérieur, des ouvertures rondes de 20 cm de diamètre me permettent d’observer le chevreuil à 40 mètres de moi. C’est un petit brocard à la silhouette fine et dont les bois ne dépassent pas les oreilles.

Je ressors de la cabane et la longe sur la droite pour atteindre à pas lent un jeune peuplier qui fera écran. J’attends un moment et observe puis je finis par m’avancer à pas calculé et en faisant presque une pose à chaque pas vers un second petit peuplier situé à 20 mètres du brocard. Arrivé au peuplier je me cale derrière et recommence à observer. Le petit brocard va et vient sur quelques mètres, se rapproche, repart, revient. Se lèche le pelage, se gratte l’oreille avec sa patte arrière… il est sans cesse en mouvement et observe souvent vers ma gauche. Je le laisse faire. Au bout d’un moment il se met à bouter en me tournant le dos. Je me mets à 4 pattes et commence à avancer lentement, baisé en tenant l’arc à la main.

La végétation sèche de l’an dernier est très cassante malgré l’humidité et à chaque avancée de genou ou presque je produis un petit craquement et le brocard relève la tête pour regarder vers moi alors que je m’écrase dans les herbes. J’avance ainsi mètre par mètre mais le brocard a changé de direction et commence à s’éloigner en broutant. Je poursuis mon approche. Le brocard est à nouveau à 30 mètres. Mon genou en se posant fait craquer bruyamment une brindille. Le brocard redresse la tête, je me plaque le plus possible au sol alors qu’il revient vers moi en cherchant l’origine de ce bruit. Il avance d’un pas saccadé et sursaute par 2 fois, prêt à fuir, mais il finit par se calmer et reprend sa quête de nourriture.

Il passe maintenant en biais au pas à 10-12 mètres. Je ne peux rien faire, je suis trop à découvert. Il s’arrête à 20 mètres et sursaute à nouveau. Il fixe son regard vers le blé de l’autre côté. Je tente de me rapprocher mais il repart en biais vers le blé puis alors que je viens à nouveau de produire un craquement il accélère puis détale en aboyant pour basculer 100 mètres plus loin vers le blé.

Il a disparu, je me redresse et pars en courant pour contourner un tas de terre et revenir à pas de loup vers le penchant en friche qui domine le blé. Je l’aperçois, il est là, il broute contre un petit roncier en compagnie d’une chevrette qui broute à quelques mètres de lui dans le blé. Je m’éclipse et reviens en arrière pour redescendre dans le blé 150 mètres plus loin.

Le relief du terrain couvre ma progression et je rentre dans le blé pour atteindre le premier passage de tracteur qui longe à 10 mètres du bord. Je progresse tout d’abord debout jusqu’à apercevoir le couple puis je me voûte pour gagner encore quelques mètres puis me mets à 4 pattes pour continuer mon approche. Les cailloux meurtrissent mes genoux, j’avance en poussant l’arc devant moi. Le brocard fait se toilette alors que la chevrette alterne les prises de nourriture et les séances de surveillance. Le champ descend maintenant et je dois m’aplatir au plus possible pour ne pas dépasser du blé qui n’est pas bien haut. J’avance avec une extrême lenteur mais le passage de tracteur devient de plus en plus étroit et le frottement du blé produit un bruit qui met en alerte la chevrette. Je dois faire de longues poses pour la laisser se calmer et mon approche se fait de plus en plus longue et douloureuse pour le dos, les cuisses et les genoux.

Je suis définitivement repéré, le brocard ne se doute de rien mais la chevrette est nerveuse elle rentre et sort du blé, regarde vers moi de long moments. Je tente de l’appeler avec une feuille de blé ente mes pouces mais à part braquer les oreilles et les yeux des 2 chevreuils dans ma direction je ne réussis pas à grand-chose. Je laisse faire un moment, la chevrette et le brocard se calment, il reprend sa toilette et sa compagne son repas. Perdu pour perdu, je pente de me rapprocher encore. Au bout de quelques mètres la chevrette sort du blé, contourne le roncier et commence à longer à 6 ou 7 mètres du blé en venant vers moi. Elle arrive à mon aplomb et me cherche en tendant le cou, son pas est nerveux et saccadé.

Le brocard interrompt enfin sa toilette et commence lui aussi à se rapproche en longeant la bordure du blé. Si tout va bien il sera à 10 mètres dans un moment. Je sors mes flèches du carquois pour éviter de faire du bruit en accrochant le blé à l’armement et encoche une flèche.

Le brocard se rapproche doucement, il me cherche mais ne semble pas inquiet. Tout à coup un aboiement retentit derrière moi. La chevrette vient de démarrer et remonte le talus d’herbes hautes en aboyant avant de s’arrêter au sommet pour regarder le brocard qui n’a pas réagi. Ce dernier finit par la suivre et tous 2 disparaissent en haut du talus en aboyant.

Je me redresse et remonte le talus alors qu’il commence à pleuvoir. Je pars en courant à la cabane de chantier pour m’abriter alors que la pluie redouble d’intensité. Je laisse passe l’averse assis sur un bidon rouillé.

La pluie se calme et je retourne à la voiture. Une piste a été ouverte sur la gauche du chemin et semble descendre aux blés sous la décharge et la SPA. Je la prends pour aller jeter un œil aux blés en bas. En fait elle s’arrête au-dessus d’un talus couvert de ronces et alors que je cherche un passage un chevreuil se lève à 5 mètres de moi dans le bosquet au-dessus de la piste. Il détale et je remonte ne trouvant pas de passage.

Arrivé en haut de la piste, j’aperçois le jeune brocard qui m’observe dans les hautes herbes au bord du petit bosquet. Le vent est mauvais et il démarre à grands bons en longeant le bois puis disparaît.

Je retourne à la voiture et pars me garer au bout d’un chemin de terre qui conduit à une ferme au milieu du territoire.

Je remonte à travers les pâturages vers le bois en haut du coteau. Des milans noir tournent au-dessus de ma tête en criant. Je suis rapidement trempé jusqu’aux hanches. Un chevreuil broute au loin au milieu de la combe sur ma gauche. Je décide de contourner le bois pour revenir au bout de la combe. Un chevreuil démarre en aboyant dans le bois.

En arrivant au bout du bois, au-dessus de la combe je ne vois plus le chevreuil. Un sillon dans l’herbe haute remonte le travers opposé. Je descends dans la combe et remonte à travers le bosquet clairsemé pour atteindre la prairie sur le plateau. J’avance doucement dans les hautes herbes. J’aperçois les oreilles de ce que j’identifie comme étant une chevrette. Plus loin, un brocard redresse la tête, c’est un petit 6 pointes. Je commence à calculer mon approche et le sens du vent quand une chevrette, plus proche de moi, redresse la tête à son tour et m’aperçoit. Je reste figé mais elle démarre, la première chevrette vue est en fait un brocard assassin. Il détale en suivant la chevrette. Le 6 pointes ne comprenant pas ce qu’il se passe, cherche du regard la source du danger. Je suis baissé dans les herbes et attends qu’il se calme mais il finit par démarrer et descend le coteau en sens opposé par rapport aux 2 autres chevreuils. Je tente de le devancer en descendant au pas de course et lève un autre chevreuil qui détale en aboyant. Trop tard il a disparu. Je remonte et longe en bordure de la prairie et du champ de blé. La prairie fait place à un bosquet puis à un semé de tournesol. Un faisan longe la bordure du bosquet en limite du tournesol. Je sors du blé pour traverser le semé de tournesol et rerentre dans un autre blé. Je suis trempé.

Je progresse rapidement vers une friche parsemée de petits chênes. Un lièvre démarre dans les hautes herbes. Je sors par le chemin de terre entre 2 bosquets sur un champ de fèveroles. Je le longe un moment puis prends un chemin forestier enherbé pour retomber sur un petit champ enclavé dans le bois. Je traverse la haie et reviens en sens inverse le long de la bande enherbée qui suit un immense champ de fèveroles. J’arrive à une maison entourée par le champ et la contourne en suivant la bande enherbée. Je fais une halte sur le point haut du champ pour observer et manger quelques cerises.

Sur le travers d’en face, il me semble voir un chevreuil au-dessus de la haie qui borde la petite route. Je laisse mes cerises et redescends vers le ruisseau mais ce n’est en fait qu’une branche sèche. Je longe entre le ruisseau et les fèveroles dans les herbes hautes. Un petit brocard daguet démarre devant moi et s’arrête 40 mètres plus loin pour m’observer puis il reprends sa course et semble traverser le ruisseau. Je poursuis ma route et le relève un peu plus loin pour le perdre rapidement de vue. Je traverse la haie qui borde le champ et traverse une pâture pour rejoindre le chemin qui monte à la ferme où j’ai laissé ma voiture. Un coup d’œil en arrière me permet d’apercevoir le petit brocard bondissant au milieu des fèveroles. Je rentre, je suis trempé.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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