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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 05:52

Après une soirée passée à faire de petits affûts sur la zone de chasse sans rien voir, je décide de rentrer. La luminosité en sous-bois n’est pas bonne et un tir serait trop aléatoire. Sur le chemin du retour, je passe par un chemin forestier qui débouche sur un petit pré, entouré de bois, qui couvre le sommet de la colline. En débouchant dans le pré, j’aperçois un chevreuil qui se détache en crête, in mange des feuilles de ronce au bout d’une ligne de 4 ou 5 chênes.

L’approche ne sera pas aisée, 50 mètre de découvert nous séparent. J’analyse rapidement la situation, un petit buisson est situé au 20 mètres du chevreuil, je vais commencer par tenter de me positionner derrière et on verra par la suite. Le chevreuil que je pensais être une chevrette et en fait un brocard, il donne des coups de tête dans les ronces et se présente de cul. J’en profite pour commencer mon approche. Je longe tout d’abord le bois sur 15 à 20 mètres pour aligner ma position, le buisson et le chevreuil puis je commence à remonter très lentement vers ce petit buisson. Le brocard s’affaire toujours autour des ronces et est complètement inconscient de ce qui se joue.

J’arrive sans difficulté derrière le petit buisson et commence à calculer mon approche quand le brocard se retourne vers moi puis commence à descendre pour passer à une quinzaine de mètres sur ma droite puis commence à biaiser en se rapprochant lentement de moi. Je ne peux plus bouger sans être repéré et je suis à découvert à quelques mètres derrière le buisson. Je me tourne extrêmement lentement pour me positionner dans l’éventualité d’une possibilité de tir et commence à monter lentement mon arc quand le brocard stoppe net et me fixe. Je suis repéré, c’est cuit. Je reste totalement immobile, mon arc levé devant moi, mon décocheur en tension… Le brocard finit par reprendre tranquillement sa marche sans m’avoir identifié.

Il se rapproche doucement alors que j’arme doucement mes 65 livres. Il arrive à 8 mètres alors que je prends ma visée. Je le suis un peu, il marche d’un pas lent. Mon viseur est calé, je décoche. Un bruit sourd retentit, la flèche fait des étincelles en touchant le sol, Je n’ai pas vu ma zone d’impact sur le brocard qui démarre en trombe et rentre à couvert dans le bois au milieu d’une zone d’épines noires. Le bruit de sa fuite s’estompe rapidement. Je reste un instant sans bouger puis, le calme revenu je pars chercher ma flèche. Je cherche dans la direction du tir mais crains qu’elle ait ricoché en touchant le sol. Rapidement j’allume ma frontale pour ma recherche car la nuit tombe vite. Les minutes passent et je ne retrouve pas ma flèche, je décide de revenir demain pour la chercher.

Je me dirige vers la zone du tir mais ne trouve pas de sang à la lueur de ma frontale, je décide donc d’inspecter la bordure du bois et trouve rapidement un peu de sang à l’entrée d’une coulée sur une branche de buisson noir. Le fond de la coulée est jonché de grosses gouttes de sang et je commence à suivre cette piste abondante sans aucune difficulté. Tout à coup alors que j’ai parcouru environ 30 mètres, un chevreuil se lève devant moi sans que je puisse le voir et fuit dans la pente pour s’écraser contre la haie en bordure de la route. Je l’entends s’agiter un moment dans la haie épaisse puis, il réussit à traverser puis à nouveau du bruit puis plus rien. J’attends un peu puis reprends ma recherche, pas de doute, c’était mon chevreuil, le sang prend la direction de fuite.

J’arrive à une haie épaisse et la traverse pour tomber sur la route. Des grosses taches de sang ponctuent le goudron de part et d’autre du passage de l’animal, ma flèche est donc bien traversante. Que faire ? Mon brocard a traversé la route puis une grosse haie de l’autre côté de la route et est maintenant rentré sur une zone interdite à la chasse où je sais qu’une recherche au sang avec un chien ne sera pas possible.

Je décide de poursuivre la recherche, il y a beaucoup de sang, les traces de frottés sont à hauteur de la cage thoracique. Rien n’est perdu même si dans d’autres circonstances je n’au rais pas insisté et fais un recherche le lendemain avec un chien de sang.

Je traverse donc la haie, poursuis à quatre pattes dans l’herbe rase d’un petit pré puis traverse encore une autre haie et retombe sur un grand pré. Le sang est toujours très abondant, la piste biaise lentement vers un bois sur ma droite. J’avance lentement, goutte à goutte et me rapproche du bois, le sang devient un peu moins important et je me redresse pour faire une petite pose quand, 10 mètres devant moi, dans une zone de pousses de petits chênes, en bordure du bois, mon chevreuil se relève et rentre au bois.

J’attends un peu et prends le temps d’analyser la situation. Mon chevreuil se couche régulièrement et j’ai beaucoup de sang, ma flèche doit avoir touché le foie, une flèche de panse ne ferait pas autant de sang et je ne trouve pas de contenu stomacal, à peine de micro fragments de végétaux dans une grosse goutte de sang. J’attends encore plusieurs minutes et me remet en marche. Le sang est encore plus abondant en rentrant dans le bois et par 2 fois le chevreuil passe sous un arbre couché en perdant alors beaucoup de sang. Je trouve par moment des caillots de sang, signe d’une hémorragie interne.

Je ressors du bois sur un chemin de terre que je traverse pour retomber dans un pré puis bifurqué vers une zone de genets en bordure du bois. Toujours beaucoup de sang et mon chevreuil prend les coulées les plus marquées. Une forte odeur de sanglier émane des genêts.

Je slalome en remontant entre les genets par les coulées biens marquées et en suivant toujours le sang un peu moins abondant. Le vent est bon, face à moi. Les genets s’éclaircissent et sont parsemés de zone d’herbes hautes. Tout à coup, à genoux au bout d’une zone d’herbe, juste au moment de rerentrer dans les genets, j’ai une impression bizarre et en redressant le faisceau de ma frontale, j’aperçois mon brocard couché juste à 1.5 mètres devant moi. Je baisse mon faisceau, attrape doucement une flèche sur mon carquois d’arc, l’encoche doucement et au moment où j’accroche mon décocheur et redresse ma frontale, le brocard se lève d’un bon et part à toute allure au milieu des genêts, esquissant une tentative d’aboiement étouffée. Ce son particulier me fait penser à une flèche qui aurait touché un seul poumon comme ma biche de l’an dernier. Je suis dégoûté, je viens de rater une occasion exceptionnelle d’en finir. J’attends un peu, tendant l’oreille mais le son de la fuite s’estompe rapidement et fait place au silence.

Après un moment d’attente, je reprends ma progression en me coulant dans les genets sur la piste de sang encore assez facile à suivre bien que de moins en moins abondante. Quelques petites hésitations sur les carrefours de coulées mais ma progression est assez rapide. Je finis par sortir sur une langue de pré entourée de buissons noir et parsemée de quelques genévriers et de quelques genets. En bas de la pente les buissons noirs forment une haie étroite qui sépare les herbes hautes d’un champ travaillé lui-même longé par un bois. Sur ma gauche, les buissons noirs forment un bosquet bas et très épais.

A la sortie des genêts, le sang semble pulvérisé en petites gouttes sur les hautes herbes un peu comme pour une atteinte artérielle. Le sang s’estompe petit à petit mais j’arrive à le suivre encore assez facilement à 4 pattes, le chevreuil a longé juste à gauche d’une belle coulée. Des craquements se font entendre dans les buissons noirs sur ma gauche. Je pense tout d’abord à mon brocard mais les bruits deviennent de plus en plus importants et sembles dispersés. Puis des souffles et des grognements se font entendre.

J’éclaire en direction des buissons mais ils forment un mur et je ne vois rien, les sangliers ne semblent pas troublés par cet éclairage nocturne et continuent à faire leur train-train. J’attends un peu, ils semblent avancer doucement dans les buissons en longeant le pré, ils sont entre 5 10 mètres au-dessus de moi. Tout à coup, je me demande s’ils ne sont pas là pour la même chose que moi, peut-être ont-ils senti mon chevreuil et se rapproche de lui. Je reprends mes recherches, le sang longe toujours au-dessus d’une belle coulée mais il se raréfie et je finis par le perdre.

Je laisse mon arc au dernier sang et tente de retrouver la piste un peu plus loin sans succès. Je reviens aux dernières traces de sang et me position dans le sens de fuite de l’animal en observant le terrain et tente de me mettre à sa place. J’ai l’intuition qu’il a pris cette belle coulée que je longe depuis un moment. Je progresse à 4 pattes, nez au sol sans marcher sur la coulée pour éviter d’effacer des traces. Je fais des allers-retours cherche au-dessus et au-dessous de la coulée dans la direction de fuite estimée quand un petit caillou de calcaire attire mon attention dans la belle coulée. Il semble retourné de frais, je m’en saisi et le retourne. Il est marqué légèrement mais c’est bien du sang. Je suis sur la bonne voie.

Je rapproche mon arc alors que les sangliers bougent toujours au-dessus dans les buissons, je le éclaire à nouveau sans qu’ils ne réagissent. Je reprends ma recherche nez au sol à partir de ce nouvel indice et finis par retrouver une belle piste de sang sur quelques mètres qu’i s’interrompt à nouveau. Les sangliers commencent à bouger de plus en plus et semblent biaiser pour venir vers moi. J’éclaire dans leur direction, ils longent au ras du pré dans les buissons puis je les entends sortir environ 10 mètres plus loin et traverser le pré vers le champ en contre bas. Je tente de les éclairer mais sans réussir à les voir.  

Je me reconcentre sur ma recherche de plus en plus ardue. Je finis par retrouver quelques indices puis plus rien à nouveau et cette fois, impossible de retrouver le sang. Je commence à désespérer. Je laisse mon arc au dernier sang et me redresse pour inspecter les alentour et tenter de comprendre la fuite de mon animal. Le clair de lune me permet de voir assez bien dans la nuit même sans ma frontale. Une masse sombre attire mon regard dans le champ, ne serait-ce pas un des sangliers ? Et alors que je fixe cette masse noire, commencent à en arriver d’autres et je finis par distinguer une vingtaine de sangliers, à une cinquantaine de mètres, à la lueur de la lune. Je m’avance un peu vers eux puis braque le faisceau de ma frontale dans leur direction pour voir leur réaction. Un souffle roque suivit d’une débandade générale accompagnée de grognements. Les sangliers rentrent au bois mais restent en lisière en grognant, l’un d’entre eux est resté à 30 mètres environ sous la haie de buisson, en bordure du champ et grogne.

Je ne pense plus retrouver mon chevreuil maintenant mais je décide de tenter le tout pour le tout et je commence à chercher à la frontale vers le bout du pré en longeant les coulées mais pas la moindre trace de sang. En arrivant au bout du pré contre le fourré de buisson noir je fais demi-tour et aperçois 2 yeux briller dans la nuit juste 10 mètres en dessous de moi. J’éclaire mieux et aperçois mon brocard couché au pied d’un gros genévrier. J’éteins alors ma frontale et reviens chercher mon arc à pas de loup. C'est incroyable, les sangliers lui ont presque marché dessus et il n'a pas bougé !

Je reviens ensuite vers le chevreuil, il n’a pas bougé, je rallume ma frontale et braque le faisceau sur ses yeux en avançant doucement vers lui. 10 mètres je tente d’armer et de viser mais impossible je ne le vois pas, la frontale fait une ombre avec mon arc et je ne vois rien. Je fais quelques pas de plus et recommence sans succès, toujours impossible de tenter un tir. Je finis par m’avancer à 4 mètres environ et hésite. Je tente une flèche ou un placage. Le placage est risqué, il risque de m’échapper avec l’énergie du désespoir et mon tir devra se faire au jugé car la visée à la frontale est très aléatoire… Je décide de tenter une flèche, j’arme, vise au jugé et décoche. Mon chevreuil est jeté au sol comme percuté par une grosse masse. Je pose mon arc et me précipite vers lui. Ma flèche que je voulais plein coffre lui a en fait sectionné la base du coup, le séchant dans son dernier gîte. Une mauvaise flèche qui me rend en fait bien service. C’est ainsi que se termine une recherche de 2 heures qui aurait pu ne pas aboutir. Ma flèche est basse et trop en arrière et ressort encore plus en arrière un peu plus haute qu’à l’entrée (décalage d’environ 15 cm), j’estime qu’elle a touché seulement la panse mais en vidant l’animal je m’apercevrai qu’elle traverse le foie et la panse.

Je rentre au clair de lune, mon chevreuil sur l’épaule en me disant que j’ai eu pas mal de chance ce soir.

Une longue recherche qui en vallait le coup, 21 octobre 2010

Atteinte :

Une longue recherche qui en vallait le coup, 21 octobre 2010

Alex

 

Trophée :

Une longue recherche qui en vallait le coup, 21 octobre 2010

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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