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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 20:44

Ce soir, je pars chasser pour la première fois de la saison sur les maïs de Saint Arroman. Je me gare à la ferme et commence à me préparer quand un des agriculteurs arrive. Nous discutons un moment des sangliers et des ragondins. Il semble que les dégâts soient conséquents cette année. Il m'annonce que les dégâts se situent plus de l'autre côté de la route mais j'ai une intuition ce soir et je lui annonce que je préfère chasser ce côté, du moins pour le moment. Je pars donc en chasse, je commence par me diriger vers une mare où les ragondins se sont, semble t-il, bien reproduits depuis que je n'y ai pas mis les pieds. Le vent soutenu va m'aider dans mes approches.

Je longe un chemin enherbée entre 2 parcelles de maïs entrecoupées de passages  de canon et surveille les passages sans voir d'animaux jusqu'à la mare. Le petit plan d'eau est bordé sur sa droite par un gros bouquet d'arbres de plusieurs mètres d'épaisseur puis pars 5 à 10 mètres de ronces qui bordent l'eau. Au moment où je passe les arbres, j'aperçois un gros ragondin au gagnage à l'autre bout de la mare dans le chaume de blé. Je décide de tenter une approche en contournant derrière le rideau d'arbres. Je fais doucement marche arrière pour ne pas l'affoler puis m'avance entre le maïs et les arbres. La culture est très abîmée, de nombreux pieds sont coupés en biseau à 30 ou 40 cm du sol par les ragondins et quelques pieds sont couchés et badigeonnés de boue par le passage d'un sanglier.

Tout à coup, un gros ragondin passe juste devant moi, tranquillement, avec un épi de maïs dans la gueule et rentre dans les ronces, au bord de la bande boisée. Je regardais loin devant moi et ne l'ai vu que sur quelques mètres. Il m'a tellement surpris que je n'ai même pas réagit. Maintenant, je suis prêt, mon décocheur est enclenché, je reprends ma progression plus lentement. Un autre ragondin sort nonchalamment des ronces au bout de la bande de bois à 20 mètres devant moi environ. Je me fige et l'observe un instant, un second ragondin sort un peu plus près. Je jette un coup d’œil dans le maïs, sur une grosse zone dévastée par les ragondins et aperçois du mouvement à 15 mètres environ sur ma droite. Ce sont 2 très gros ragondins qui mangent du maïs. Je tente l'approche en me faufilant sans bruit entre les pieds de maïs et arrive sans trop de difficultés à 6 ou 7 mètres des ragondins qui se présentent de 3/4 arrière et mangent toujours tranquillement, le vent est bon, j'arme doucement mon arc et vise le plus dégagé dont la zone vitale se trouve entre deux pieds de maïs. Je décoche, le ragondin touché reste sur place et se débat à peine.

Je réencoche rapidement, j'ai perdu son collègue de vue, je le cherche du regard un moment quand un léger mouvement attire mon regard juste à ma droite à moins de 1 mètres de mes pieds, le ragondin rampe, plaqué au sol, tout doucement pour essayer de se faire oublier et passe dans mon dos, je tente d'armer mais il presse le pas et se jette dans les ronces sans me laisser le temps de décocher, c'est un gros malin, il m'a bien eu. J'en rigole tout seul. Les autres ragondins sont partis aussi. Je vais récupérer mon gros ragondin resté sur place et ma flèche puis je continue mon approche.

Une recherche sans sang à Saint Arroman

Arrivé au bout de la bande d'arbres, j'aperçois le ragondin toujours occupé à son repas. Je pose le premier ragondin au sol. Le vent n'est pas très bon, je tente de m'approcher doucement mais le ragondin se coule dans l'eau et reste contre la berge, juste trahit par des légers remous. Je m'avance doucement caché du ragondin par le talus de la berge mais alors que je l'aperçois et que j'arme doucement mon arc, il part sur l'eau et plonge brutalement pour filer vers les terriers sur ma gauche, sous les ronces suivit par une grande traînée de bulles. Je reste un petit moment au bord de la mare, un autre gros ragondin s'avance du déversoir puis longe la berge à 20 mètres environ avant de rentrer au terrier. Je tente des cris de petits ragondins. Il ressort au bout d'un moment mais entre presque aussitôt. Un autre ragondin arrive de la berge opposée et vient droit sur moi, je me prépare mais à 25 mètres environ, il bifurque et rentre sous les ronces. Je suis la berge et me positionne en face des remous mais impossible de voir les ragondins. Je renonce, je pars chercher mon ragondin mort et pars le poser au pied d'un enrouleur pour revenir le chercher plus tard.

Je pars vers un passage de canon pour le remonter et arriver de l'autre côté de la parcelle. Je constate rapidement que de nombreux pieds de maïs ont été cassés par les sangliers, une trace d'un gros sanglier marque au sol. Les dégâts semblent tout à coup très frais et une forte odeur de sanglier me parvient aux narines. Le vent fort agite le maïs et le bruissement des feuilles couvre tout autre bruit. Je décide de quitter rapidement les lieux pour revenir plus tard. Arriver au bout de la parcelle, je longe le fossé qui la sépare d'une autre parcelle où je n'ai pas le droit de chasse. Un gros ragondin démarre brusquement dans la végétation et se précipite au fossé couvert de ronces. J'observe un  moment le fond du fossé par une trouée dans les ronces mais le ragondin ne se remontrera pas. Je reprends ma route pour rejoindre, à plusieurs centaines de mètres, un petit bosquet où chaque année les sangliers se gîtent. Ce bosquet est précédé une grande friche presque aussi importante que le bosquet, elle se comble d'année en année car les arbres repoussent et les ronces recouvrent tout. Je longe la friche pour rejoindre un chemin de terre qui la sépare du bosquet mais la végétation a beaucoup poussé cette année et le chemin semble s'être comblé. Un gros mur de ronce en barre l'entrée, je décide donc de passer par le dessus du bois pour rejoindre une grosse souille, au milieu du bosquet, dans le lit d'un petit ruisseau souvent asséché qui chaque année est fréquentée à cette saison.

Je franchis le ru qui alimente un peu plus loin un lac d'irrigation puis longe une bande boisée étroite qui précède le bosquet en direction du chemin forestier qui mène à la souille mais ce dernier est couvert de ronces et n'est plus praticable sur plusieurs dizaines de mètres. Je continue à longer le bois pour rejoindre une grosse coulée très fréquentée qui passe par des terriers de blaireaux. Le passage répétés des animaux a mis le sol à nu et permet d'avancer sans bruit. Je rejoins ainsi le chemin forestier qui est maintenant bien dégagé. J'avance doucement pour ne pas faire trop craquer les glands, feuilles mortes et autres brindilles. Le chemin fait maintenant un virage pour revenir un peu en arrière et descendre vers la souille puis tourne à nouveau pour ressortir du bois sur le chemin, envahi par les ronces, que je n'ai pas pu prendre tout à l'heure.

Je descends vers la souille et constate qu'elle a été fréquentée très récemment.

Une sorte d'éternuement ou de toux retentit dans le bois, je temps l'oreille pour voir si je n'ai pas rêvé et au milieu des cris de geais, je réentends rapidement le même son bizarre puis rapidement un bruit de bas cassant se fait entendre. Ce pas ça ne peut être qu'un sanglier. Je cherche le meilleur endroit pour me poster, le vent et le sanglier viennent de ma gauche, je décide de me poster derrière un arbre à droite de la souille mais je suis trop à découvert, trop visible, j'hésite un peu puis finalement, je me poste au-dessus de la souille derrière un très gros chêne d'où part une haie de buissons très épais  sous lesquels je peux tout de même voir le lit asséché du ruisseau par endroit. Ma position domine la souille d'environ 2 mètres et se trouve à quelques mètres de cette dernière. Le pas se rapproche tranquillement sans que je puisse réellement le localiser.

J'observe les alentours quand, tout à coup, un sanglier surgit sur le chemin forestier à 30 mètres environ. Il est plein travers et hume l'air. Trop loin pour tenter un tir. Après quelques hésitations l'animal bifurque et prend le chemin pour venir droit sur la souille et donc droit sur moi. Il avance tranquillement en serrant les ronces sur la gauche du chemin et en s'arrêtant par moment. J'arme mon arc et le laisse venir. Il arrive au ras de la souille, à 6 ou 7 mètres et s'arrête avec un léger 3/4 face, mon viseur se cale sur le haut de son épaule au départ du cou. J'hésite, ce tir n'est pas recommandé sur un sanglier mais le temps m'est compté, il risque de de me sentir ou de bouger et de ne plus être tirable. Je prends la décision de tirer. Ma flèche rentre pile où je la voulais mais ne traverse pas le sanglier, 20 cm dépassent encore quand le sanglier démarre en trombe. Il fait demi-tour, accroche la flèche dans la végétation ce qui la casse net puis fonce à travers les ronces en longeant la droite du chemin forestier avant de traverser et disparaître dans les ronces à l'endroit où il a apparu tout à l'heure. Le bruit s’intensifie et semble s'immobiliser, peut être que le sanglier est déjà mort.

J'attends un petit moment puis pars chercher le morceau de ma flèche cassée, un petit bout de viande est accroché dans les fibres de carbone au niveau de la cassure mais je ne trouve pas une seule goutte de sang sur la végétation où au sol. Je suis la trajectoire de fuite sans trouver une seule goutte de sang. A l'endroit où le sanglier est rentré dans les ronces la végétation est plus claire, une zone couverte d'un épais tapis de ronce longe une bande ou le sol est assez propre jusqu'à la lisière du bois. Je longe les ronces en cherchant des ronces tirées pour trouver l'entrée du sanglier quand je l'aperçois, il est mort juste au ras des ronces dans une légère dépression du sol, à peu près à l'endroit où j'avais localisé le gros bruit tout à l'heure. Il n'a pas fait 40 mètres. Ma flèche a traversé le cartilage de l'omoplate, touché les 2 poumons entre les 2 lobes principaux, coupant au passage des gros vaisseaux au-dessus du cœur, traversant le foie et les viscères pour s'arrêter dans l'aine sans ressortir. L’hémorragie interne est impressionnante, la cage thoracique est remplie de caillots de sang. 

Une recherche sans sang à Saint Arroman

Alex

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commentaires

cyril 24/09/2013 08:09

toujours au top de ta forme alex
felicitation

Pat 18/09/2013 23:30

Hello

T'as flèché la laie et son petit ? ^_^ en plus, elle est bien armée !!!

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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