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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 06:24

Ce soir, je pars chasser dans un bas fond, au bord d'un ruisseau. Les parcelles sont semées de tournesols ou de luzerne et l'endroit est propice pour voir quelques chevreuils. Je me gare près de la dernière ferme du chemin goudronné et contrôle le vent. Il souffle dans mon dos, je vais donc avancer un peu à mauvais vent pour descendre ensuite vers le ruisseau que je vais suivre doucement. Je discute un moment avec le propriétaire des lieux tout en me préparant puis je pars en longeant la vigne. En contre bas, je longe un petit bois et quitte la vigne en direction du ruisseau. Arrivé au bord de l'eau, je rentre dans le bosquet et le traverse tranquillement en suivant une belle coulée. Au coin opposé du bois, je tombe sur une zone de terriers très fréquentés puis ressors sur un champ de tournesol.

Je longe doucement le cours d'eau sur la bande enherbée, le sol est craquant à cause des feuilles mortes des chênes qui bordent le cours d'eau. Je me décale donc vers le tournesol où le sol meuble est plus silencieux. Un peu plus loin, un animal démarre dans le Tournesol de l'autre côté du ruisseau. Je tourne la tête et aperçois un grand brocard qui rentre au bois. Je laisse tomber, il m'a vu et ne sera pas approchable. Un peu plus loin les tournesols font place à une luzerne idéale pour voir de loin mais qui ne facilite pas les approches à cause de la faible hauteur de végétation.

J'avance tranquillement quand j'aperçois un chevreuil au gagnage le long d'un fossé bordé d'herbes hautes et qui descends perpendiculairement au ruisseau. Je suis à découvert pour une approche. J'observe un moment l'animal à 100 mètres environ. Il semble que ce soit un brocard Je me rapproche un peu alors qu'il broute, la tête plongée dans le végétation et me cale sous un grand chêne, dont les branches qui descendent assez bas, me camouflent un peu.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je l'observe à nouveau tout en me demandant comment je vais bien pouvoir attaquer mon approche sans être repéré. Quelque chose me choque, son arrière train semble verdâtre. Il est certainement malade. Ce n'est pas la première fois que je vois un cas de ce style, ça arrive de temps à autre, le chevreuil atteint de diarrhées aiguës se sèche petit à petit jusqu'à ressembler à un squelette et meurt d'épuisement. C'est décidé, je vais peut-être y passer ma soirée mais ce sera lui ce soir et pas un autre. Le tir d'été est fait avant tout pour ça même si on a facilement tendance à l'oublier.

Le brocard s'avance un peu et rentre dans les hautes herbes. Que faire ? Si je tente de me rapprocher maintenant, je risque de me retrouver à découvert au mauvais moment. Je le laisse faire. Au bout d'un moment, il traverse le fossé et s'avance dans la luzerne. Il avance de quelques pas, broute un peu puis reprend sa progression. Il semble remonter vers un petit carré de friche sous une ferme un peu plus haut. Il va bientôt passer derrière une bosse du champ et disparaître. Ça y est, il a disparu, j'en profite pour quitter mon poste, je longe la bande enherbée et passe le fossé pour remonter vers le sommet de la bosse et tenter d'apercevoir le brocard que je pense dans la friche.

En me rapprochant du sommet, je ralentis et tente d'apercevoir le chevreuil. La friche semble bien calme, il s'est peut être couché ? Tout à coup, je l'aperçois, il est en fait redescendu vers le ruisseau et broute tranquillement dans le creux du champ. Je fais donc doucement demi-tour et redescends en longeant le fossé puis je suis doucement le ruisseau pour tenter une approche que je sais assez compliquée car je n'ai pas grand-chose pour me cacher.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je remonte doucement dans la luzerne le plus voûté possible et finis par apercevoir les bois du chevreuil qui dépasse de la cassure du champ. Je m'immobilise, il ne m'a pas vu et se remet à brouter. Je m'agenouille et continue un peu mon approche sur les genoux. Il est là, juste à 25 mètres sous moi. Je m’aplatis un maximum dans la luzerne et analyse son comportement. Il avance doucement entre 2 prises de nourriture, redresse régulièrement la tête et semble vouloir passer plein travers à 18 mètres. Je tente de me rapprocher encore un peu presque à plat ventre et me cale sur mes genoux, baissé contre le sol.

Il arrive doucement mais, tout à coup, il commence à biaiser et à s'éloigner. Il est à 20 mètres, tête baissée, j'arme mon arc et pends la visée mais je ne le sens pas. Le brocard qui ne m'a pas vu se tourne de cul tout en broutant. Je désarme et m’aplatis au sol mais le brocard qui vient de relever la tête a vu quelque chose et fixe son regard dans ma direction. Je ne bouge plus, presque en apnée. Le chevreuil commence à se lécher l'arrière train, baisse et relève la tête plusieurs fois, fais semblant de se lécher l'épaule et m'épie par-dessus... bref, il tente de me feinter pendant un bon moment puis ne voyant rien bouger, il décide de reprendre tranquillement sa progression en direction d'un vieux saule très touffu. Je reste parfaitement immobile. Il me lance encore quelques regards en s'éloignant puis repart d'un pas serein.

Il rentre sous le saule à 30 mètres du ruisseau, au bord d'un fossé qui rejoint une mare un peu plus haut et disparaît.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je reste encore un moment sans bouger. Quelques branches basses s'agitent puis plus rien. J'attends un peu puis ne le voyant pas ressortir. Je m'éclipse doucement et repasse à couvert derrière la bute pour revenir vers la bande enherbée en longeant le fossé bordé d'herbes hautes. J'avance tranquillement le long du ruisseau, mes yeux braqués sur le saule quand, tout à coup, j'aperçois le brocard qui s'éloigne paisiblement dans la luzerne.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je regagne rapidement un gros chêne et me cache derrière pour observer puis je contourne l'arbre pour traverser le fossé par une grosse coulée et me positionne derrière un écran végétal.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Le chevreuil biaise doucement vers un long fossé bordé de chênes. Il a perdu toute méfiance et ne regarde pas autour de lui, il avance tête basse vers son objectif. Je quitte ma cachette et m'avance sur la bande enherbée pour tenter de réduire la distance. Je progresse voûté et m'arrête régulièrement pour ne pas me faire voir car un chevreuil zigzague un peu dans la luzerne. Il finit par rejoindre le fossé et se met à brouter de cul, la tête enfoncée dans la végétation. J'en profite pour m'avancer et me positionner derrière lui contre la bordure du ruisseau.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je me pose à genoux et observe un bon moment. Le chevreuil finit par s'enfoncer dans les herbes hautes et rentre dans le fossé. C’est l'occasion ou jamais. Je m'avance voûté, assez rapidement dans la luzerne jusqu’à 30 mètres du fossé. La position du chevreuil est repérée grâce aux mouvements de la végétation. Je finis mon approche à genoux. J'avance plus doucement tout en surveillant la position estimée du chevreuil. Je gagne petit à petit de la distance et alors que j'arrive à 15 mètres du fossé, j'aperçois le chevreuil qui s'avance à travers les herbes hautes. Je me fige et m’aplatis au sol. Il passe derrière une touffe épaisse, j'en profite pour gagner encore un peu de distance. 12 mètres, tout s'accélère, le chevreuil s'avance et ressort doucement du fossé sur ma droite.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

J'arme mon arc, prends la visée. Mon viseur se cale et je décoche sur le brocard qui avance au pas.

L'impact est bien audible. Le chevreuil démarre en trombe, il fait 20 mètres et tente d'aboyer sans ne pouvoir sortir qu'un sorte de râle et chute lourdement 30 mètres plus loin en pleine course, au milieu de la luzerne, à quelques mètres du fossé.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je sais que c'est terminé pour lui, je me redresse et pars vers la zone du tir. Je commence par chercher ma flèche sans succès puis je cherche des indices. Dès l'impact, je trouve un peu de sang.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je suis la piste qui n'est curieusement pas très importante. Les gouttes sont tout de même assez faciles à suivre mais sont relativement espacées.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Ayant vu tomber l'animal, je prends grossièrement la piste et regardant tout de même le sang et me dirige vers mon chevreuil. Quelques tiges de luzernes sont frottées de sang.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je retrouve mon chevreuil mort où je l'avais vu tomber. Mon atteinte est plein défaut d'épaule et ma flèche doit traverser au minimum les 2 poumons voir le haut du cœur ou sectionner les arrivées des artères.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Comme je m'en doutais, le chevreuil n'est pas en forme, son arrière train est ses pattes postérieures sont couverts d’excréments liquides et de plaques d’œufs de mouches.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Son poil n'est pas joli, il a encore des touffes de poils d'hiver grisonnants et semble perdre son pelage par endroit. Il est très décharné, ses yeux sont rentrés dans les orbites, ça me fait vraiment mal au cœur de voir un si bel animal dans un état aussi pitoyable et je suis content d'avoir réussi à lui abréger son calvaire après une si belle approche.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Alex

 

Trophée : 

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Atteinte :

Tir sanitaire, 11 juin 2011

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commentaires

H

Toujours aussi envoûtant tes récits! merci!


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C

Sage décision de prélever ce pauvre brocard.
Reste-t-il encore des ragondins dans le Gers ???? Tu as fais une écatombe cette année !!!!!
Au plaisir de te revoir cette année !!!!


Répondre
A


Salut,


oui il en reste encore pour en tuer encore plus l'an prochain, à plus



C

bravo alex
très sage décision de prélever ce brocard
très belle approche
c'est bien ce que je disais dans mon précédent commentaire tu doit être le descendant d' ARTEMIS la déesse de la chasse

encore bravo


Répondre
J

bravo beau prelevement dans les regles de l'art


Répondre

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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