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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 20:57

Ce matin, je dois aller chasser avec Laurent qui est nouveau dans le monde de la chasse à l’arc et membre de notre association, l’ASCA32. Je vais essayer de lui montrer comment je chasse le ragondin. Le rendez-vous est pris à Auterrive avant le lever du jour.

Nous prenons ma voiture et partons pour Labejan, au Tuco, un lac où les ragondins sortent souvent très tôt. Nous nous garons contre les bâtiments de la ferme et descendons vers le lac. J’explique à Laurent où se positionner pour favoriser ses chances de tir mais ce matin le lac est vide de ragondins.

Le propriétaire a positionné des pièges cages, dans l’un d’eux un rat a été pris. Nous partons à pied pour un grand lac un peu plus haut où nous n’aurons pas plus de succès. Sur le chemin du retour, nous discutons quand j’aperçois, sur la bordure du premier lac, un sillon qui longe la berge. J’identifie rapidement un ragondin. Il bifurque et se colle à la berge à 30 ou 40 mètre de l’angle du lac où se trouve son terrier.

Je laisse Laurent aux terriers et tente une approche malgré le vent dans mon dos. J’espère qu’il va plonger pour ressortir au niveau de Laurent mais rapidement, il se glisse dans l’eau à 20 mètres devant moi et revient tranquillement vers les trous. Je me cale derrière un buisson, le ragondin est à 10 mètres sur l’eau, il marque un temps d’arrêt, il a compris le piège. Il reste un instant sans bouger alors que je suis armé et plonge pour disparaître. Nous attendons un instant mais il ne remonte pas. Nous partons pour un autre lac de Labéjan.  

En arrivant, je repère un ragondin en contrebas de la route. Il broute sur le semé de blé entre la mare et le lac. Je me gare après le lac et nous décidons que Laurent restera en arrière en observateur. Nous descendons au lac par le dessous de la digue. Laurent reste sur la digue et je commence mon approche par la bordure droite du lac.

Le ragondin broute à 80 mètres devant moi. Je m’applique d’autant plus dans mon approche que j’ai un observateur, j’avance doucement quand, tout à coup, un gros plouf retentit à moins d’un mètre. Un gros ragondin, caché dans les ronces vient de plonger à mon arrivée.

J’arme et attends un peu mais rien, il ne remontera pas. Ma cible première n’a pas bougé. Je poursuis mon approche quand, tout à coup, un autre ragondin surgit de la végétation de la rive. Je stoppe net, il regarde vers moi. Puis il commence à s’avancer pour rejoindre son compère à 15 ou 20 mètres de la berge dans le semé de blé.

Je change d’objectif, celui-ci est plus près. J’avance de plus en plus lentement en marquants quelques brefs arrêts quand le ragondin regarde vers moi. J’arrive finalement à moins de 10 mètres et arme mon arc. J’avance encore de quelques pas mais, tout à coup, le ragondin me présentant son arrière train, stoppe son repas et tourne la tête dans ma direction.

Sans réfléchir, je vise et décoche rapidement ratant de peu ma cible qui se jette à l’eau entraînant son compère avant que j’ai eu le temps de réarmer. Ils rentrent aux terriers sans refaire surface. Je rejoins Laurent qui de loin n’a pas pu apprécier les subtilités de l’approche. Je décide de le guider sur la prochaine approche en le suivant.

Nous partons pour Saint Arroman sur le bord du Cédon.

Sortie du 18 février 2010

Je me gare et nous partons en longeant le ruisseau. Au loin, 4 masses sombres se détachent sur le champ de colza. Des ragondins ! Le vent est bon. Nous tentons une approche, Laurent passe devant, je lui emboîte le pas. Nous avançons d’abord tranquillement, ils sont à 200 mètres environ. Arrivé à 100 mètres environ nous ralentissons l’allure, notre approche se fait de plus en plus lente à leur approche.

J’arrête Laurent dès que cela me semble nécessaire. Un petit ragondin rejoint les 4 gros. Nous restons parfois un moment sans bouger à observer les ragondins. 2 d’entre eux se coursent maintenant et finissent par revenir vers l’eau. Un gros ragondin broute sur la berge opposée. Nous reprenons l’approche alors que les ragondins restant se sont remis à leur repas.

Notre progression est de plus en plus calculée, Laurent est crispé sur son arc. L’approche est de plus en plus difficile, les ragondins vont et viennent du ruisseau au colza, multipliant les occasions de nous repérer. Finalement, les ragondins rejoignent l’eau tranquillement ne laissant qu’un de leurs compères à brouter sur le champ.

Nous voyons maintenant le fond du ruisseau au niveau des terriers. De nombreux ragondins de toutes les tailles nagent en tous sens. Il est très difficile d’approcher sans être vu. Le gros ragondin sur le colza arrache un plan de colza et part le manger juste à la cassure du talus de la berge. Un autre gros ragondin ressort pour brouter sur la bande enherbée, ils sont encore à plus de 25 mètres.

Nos arrêts sont de plus en plus fréquents et longs. Nous avançons encore un peu quand un ragondin moyen longe dans le lit du ruisseau en venant droit vers nous pour venir se caler contre la berge à 10 mètres environ. Un peu loin pour Laurent qui fait encore quelques pas arme et décoche. Sa corde frappe la manche de sa veste ce qui dévie son tir, le ragondin plonge et rentre au terrier.

Laurent reste au terrier et je pars un peu plus loin. Tout à coup, un ragondin vient vers moi puis monte sur la berge. Il ne m’a pas repéré, j’avance doucement vers lui. Il plonge et remonte le courant pour rentrer au terrier. J’avance vers le terrier et attends un peu.

Le ragondin sort son museau du terrier. Je vise le haut du trou et décoche ma flèche qui atteint le ragondin à la tête. Il se débat un moment puis plus rien. Je fais signe à Laurent de rester un peu devant les terriers au cas où et je pars en repérage un peu plus loin le long du ruisseau.

Mon ragondin que je croyais mort dans un dernier sursaut  sort du terrier avec la flèche et s’immobilise rapidement pour être maintenant emporté par le courant. Je pars un peu plus loin en aval pour le récupérer dans une zone peu profonde avant de repartir en repérage.

Au détour d’un virage du ruisseau, j’aperçois 2 gros ragondins au gagnage dans le colza. Je fais demi-tour pour aller chercher Laurent. Nous revenons rapidement jusqu’au virage puis commençons une approche lente en longeant la berge du ruisseau. Mais à 50 mètres environ de nos ragondins, ils décident de revenir à l’eau.

Nous les laissons descendre le talus puis nous avançons rapidement en nous éloignant du bord pour revenir sur les terriers cachés par le dénivelé. Au bord du ruisseau, je me rends compte que les terriers sont 10 mètres plus loin, l’eau est agitée par l’activité des ragondins.

Nous nous éloignons à nouveau de la berge pour revenir au contact un peu plus loin. Un petit ragondin longe la berge d’en face et vient sur nous, un gros ragondin est calé contre la berge à quelques mètres. Je le montre à Laurent et lui demande si la distance est bonne, ayant cru que je parlais du petit, il le trouve un peu loin et nous ne pouvons bouger sans être vus.

J’arme donc et décoche sur le gros ragondin qui disparaît au terrier. Ma flèche est là où je visais mais il semble que j’ai manqué mon ragondin. Nous attendons un peu, rien ne bouge. Je récupère ma flèche et nous repartons quand un petit ragondin sort d’un terrier pour rerentrer dans le terrier juste à côté, nous laissant sans réaction.

Nous rentrons. Sur le chemin du retour, j’aperçois 3 ragondins broutant dans un chôme de maïs au bord du Cédon. Je me gare et nous partons en chasse. Nous faisons un bon détour pour rejoindre le bord du Cédon avec le vent face à nous. Les ragondins sont de l’autre côté d’une haie claire de grands arbres. Nous longeons doucement le ruisseau.

Le plus petit des ragondins se dirige d’un pas rapide vers la haie qui borde en fait un fossé. Il disparaît. Les 2 autres ne semblent pas troublés et poursuivent leur repas. Nous avançons toujours, Laurent devant et moi sur ses pas. Tout à coup, les ragondins se séparent, l’un vient vers le fossé l’autre part vers le ruisseau.

Ils ne nous ont pas repérés mais il semble que ce soit l’heure de rentrer aux terriers. Le fossé est à 20 mètres environ, trop loin pour le tradi de Laurent. J’arme mon compound et laisse venir le ragondin. Il se rapproche du fossé, le longe un moment puis commence à descendre le talus du fossé. Je vise l’arrière de la tête et décoche. Le vol de ma flèche est parfait et frappe le ragondin entre les deux omoplates. Un petit couinement et il se sort de la flèche pour sauter au fossé.

J’en reste incrédule, je fais rarement des tirs à une telle distance. Nous avançons rapidement vers l’endroit où le fossé rejoint le ruisseau. L’eau troublée ne trompe pas le second ragondin est caché sous la berge en face l’arrivée du ruisseau. Je laisse Laurent à surveiller, au cas où le ragondin ressortirait et je pars contrôler mon tir.

Le ragondin est mort dans le fossé, foudroyé par ma flèche. Je la récupère et longe un peu le fossé dont l’eau très boueuse atteste du passage d’un ou plusieurs ragondins. Tout à coup, un ragondin démarre sans que je n’aie le temps de réagir. Je le croie au terrier mais il redémarre à mon approche et rentre cette fois au terrier.

J’enjambe de fossé et me poste face aux terriers, l’eau frémit devant plusieurs cavités. Laurent m’appelle, je pars le rejoindre croyant qu’il a fléché le second ragondin. Mais à mon arrivé, je suis stupéfait. Laurent a décoché trois flèches qui sont plantées en alignement parfait et espacé de quelques centimètres juste au-dessus de la tête du ragondin qui nous regarde sans bouger.

J’arme, vise et décoche. Dans un gros bruit d’os, ma flèche frappe violemment le ragondin à la tête. La flèche frémit à peine, le sang se répand dans l’eau du ruisseau. Laurent descend chercher flèches et ragondin. Je venais de lui expliquer, sur la route, que quand un ragondin pointe juste le bout de son museau devant son terrier, suivant l’angle de tir, on pouvait essayer de le tirer au travers de la terre pour atteindre la tête ou le coffre. Il a appliqué mes conseils à la lettre sauf que le talus trop abrupt a arrêté ses flèches malgré ses corrections successives de tir.

Nous rentrons. Notre dernière sortie sera à Seissan sur les bords du Gers où nous apercevrons 3 ragondins sans pouvoir les flécher.

Sortie du 18 février 2010

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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