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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 14:16

Ce matin, le ciel est bien dégagé, il a gelé. J'ai prévu d'aller chasser le chevreuil mais je décide de commencer par aller faire un tour rapide au ragondin en attendant les premiers rayons du soleil. En descendant vers le lac, j'aperçois 3 chevreuils au gagnage dans le chaume de maïs sur ma gauche. Je me gare sous la digue du lac et change de programme. Je vais directement attaquer par les chevreuils on verra les ragondins un autre jour.

Je prends un bracelet à la poche et sors sans bruit de la voiture pour attraper mon arc. Un bouquet d'arbres me cache pour l'instant de la vue des chevreuils qui remontent vers le sommet du coteau. Je referme doucement ma voiture, enfile ma cagoule. C'est alors que j'aperçois 2 autres chevreuils qui m'observent en crête sur le coteau d'en face.

Je décide de commencer par les 3 autres avant de tenter quoi que ce soit sur ces 2. Ils auront le temps de m'oublier. Sachant que j'ai peu de chance de réussir à remonter la côte sans être vu, je tente le tout pour le tout. Je remonte par la route comme le ferait un promeneur. Les chevreuils mettent un bon moment à me repérer puis les 3 têtes se tournent vers moi et m'observent. Je fais comme si je ne les avais pas vu et continue ma route mais les chevreuils deviennent nerveux et l'un d'eux redescend vers le ru. Je reste sur mon idée de départ et ne me retourne pas, j'arrive au sommet du coteau et fais décoller 6 perdreaux du sorgho moissonné.

Je bifurque à droite sur un chemin goudronné qui mène à une résidence secondaire puis dépasse la maison pour arriver sur la crête du coteau. Les chevreuils ont détalé, ils sont à 400 mètres au pied de la colline et s'éloignent. Je redescends donc vers le passage de débardage au coin du bois puis je remonte en longeant le bois vers les autres chevreuils.

Arrivé presque en haut du bois, je biaise pour arriver à l'angle de l'autre bosquet puis longe le bord vers l'endroit où se trouvaient les chevreuils.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Dans la courbe, j'aperçois un chevreuil plein travers à 50 mètres environ qui tourne le dos au bois. J'ai fait un pas de trop et il regarde vers moi. Je reste un moment sans bouger puis, voyant qu'il finit par se remettre à manger, je me serre contre le bois et y rentre doucement en essayant de rester silencieux malgré les obstacles végétaux.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je me positionne derrière un gros arbre au pied du talus qui descend dans le bois et calcule mes possibilités de tir. Le poste semble bon. L'attente commence, un ballet incessant de mulots anime le sous-bois, je les observe en essayant de rester attentif. Ils plongent sous les feuilles, ressortent un peu plus loin, jouent les équilibristes sur le branches mortes posées au sol... ils font un bruit impressionnant pour leur taille. Un rouge gorge toujours en mouvement vient également me tenir compagnie.

Le temps passe et je ne vois rien venir, je décide de me décaler un peu et de m'avancer vers la dernière position du chevreuil. Je me faufile dans la végétation sans faire trop de bruit puis je me cale à nouveau, 20 mètres plus loin, derrière un écran végétal. L'attente reprend, mais rapidement un léger craquement au milieu de la végétation me fait poser les yeux sur un beau sanglier en train de se lever. Il était gîté à seulement 12 mètres de mon poste et reste figé, les oreilles braquées vers moi.

J'arme doucement et prends la visée au travers d'une fenêtre dans la végétation. Je décoche, un impact sourd et le sanglier démarre doucement au petit trot. Rapidement, il émet un souffle puissant. Je tends l'oreille et suis sa fuite au bruit de feuilles mortes. En bas du bois, à nouveau un souffle puissant puis le calme revient.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

J'attends un moment puis je vais contrôler mon tir. Je trouve le gîte du sanglier et 2 petites gouttes de sang dont l'une contient des débris alimentaire.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Pas de sang sur la direction de fuite du sanglier, je crains que ma flèche ne soit pas bonne. En regardant plus loin j'aperçois ma flèche. Elle est couverte de sang et de résidus alimentaires. Le sanglier était plein travers à la décoche, ma flèche doit être trop en arrière. Je décide de planter ma flèche droite et de m'éclipser pour revenir plus tard avec un conducteur de chien de sang.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je jette un coup d'œil dans le bois clair aux alentours sans descendre plus puis je remonte pour partir en longeant le haut du bois pour ne pas faire trop de bruit et risquer de relever l'animal. 

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

En descendant vers la voiture, j'appelle un premier conducteur de chien de sang mais je tombe sur son répondeur et laisse un message. Je décide d'aller faire le tour du lac pour me changer les idées. Les ragondins sont déjà rentrés. Le temps passe, toujours pas de réponse. Je tente de rappeler, toujours le répondeur. J'appelle alors le second conducteur qui lui me répond. Je lui explique la situation et nous convenons d'un rendez-vous vers 10h45.

Je remonte le ruisseau d'alimentation du lac pour tenter de voir un ragondin. Une grande aigrette décolle juste devant moi et s'éloigne en passant par-dessus le bois en poussant des cris de mécontentement.

Arrivé au passage busé, j'aperçois 3 chevreuils en crête. Ils m'ont vu. Je recule et me cale derrière les arbres qui bordent le ruisseau. Un premier chevreuil se lance en direction du bois qui borde le lac puis les 2 autres le suivent. Je reviens rapidement sur mes pas pour tenter de trouver un passage et traverser le ruisseau pour me caler dans le bois. Mais alors que je m'apprête à traverser, un gros plouf dans mon dos me fait me retourner. Un gros chevreuil vient de traverser le ruisseau et détale en remontant le coteau. Il marque un temps d'arrêt presque à moitié champ et m'aperçois. Il redémarre et s'éloigne au galop.

Je me décale un peu espérant voir arriver les 2 autres mais rien ne vient. J'ai encore 1 heure à tuer, je décide de revenir à la voiture pour aller chasser sur un autre lac. Arrivé au niveau de la digue, j'aperçois un animal au milieu du champ qui sépare le bois du bosquet où j'ai fléché mon sanglier. J'ai le soleil dans les yeux et la grande distance ne m'aide pas à l'identifier rapidement mais je finis par comprendre qu'il s'agit d'un sanglier. Il semble se déplacer difficilement et s'arrête souvent.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je décide de tenter une approche, je redescends pour longer le ru. Je presse le pas car mon sanglier se rapproche du bois et je suis encore loin. Il s'arrête tous les 2 ou 3 pas et fait le dos rond. Il semble avoir beaucoup de mal à se déplacer. Je finis par le dépasser et profite d'un bout de haie pour courir sur 100 mètres, passer hors de son champ de vision, caché par le coin du bois avant de traverser le ru et de remonter vers l'angle du bois.

Arrivé à l'angle du bois, je commence à remonter doucement en longeant le bord du bois. Je ne vois plus le sanglier et pense qu'il est rentré au bois quand un peu plus loin, je l'aperçois de cul, collé contre la bordure du bois, prostré et faisant le dos rond. Je me colle contre le bois et commence l'approche. J'arrive facilement à environ 40 mètres du sanglier mais plus je me rapproche plus je dois tenir compte du bruit. Je calcule chaque pas en asseyant d'éviter les glands, les feuilles mortes gelées et les brindilles. Je ralentis de plus en plus alors que la distance s'amenuise.

Arrivé à 30 mètres environ, le sanglier perçoit un léger craquement sous ma chaussure et tourne légèrement la tête côté champ. Je me fige et attends qu'il rebaisse la tête puis je recommence à avancer. Quelques pas de plus et à nouveau le sanglier tourne légèrement la tête côté champ, je vois son œil et attends qu'il rebaisse la tête puis recommence à avancer sur la pointe des pieds. Encore par 4 fois le sanglier tourne doucement la tête et je dois attendre immobile qu'il rebaisse la tête.

La tension monte à mesure que je me rapproche, je crains de le voir détaler d'un moment à l'autre. J'arrive à 12 mètres environ et arme mon arc. Le sanglier tourne légèrement la tête vers le bois, je gagne encore 2 mètres en le visant au cas où puis je me calle, vise l'anus et décoche. La flèche rentre jusqu’à l'empennage au ras de l'anus. Le sanglier démarre, un jet de sang impressionnant surgit de la plaie. L'animal bascule dans le bois, intérieurement bordé par un fossé très profond (5 mètres environ), descends le talus abrupt et tente de remonter en face mais il n'arrive pas à monter et chute lourdement pour rouler sous un arbre couché où il se débat un peu avant de s'immobiliser.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Il y a beaucoup de sang en haut du talus.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

La tension redescend, c'est fini. Je rappelle le conducteur de chien de sang pour annuler puis je pars chercher ma flèche laissée à l'endroit du tir. J'en profite pour tenter de suivre la piste de mon sanglier. Il est facile de suivre ses pas dans les feuilles mortes retournées mais pas une goutte de sang !

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je tombe sur d'autres gîtes plus ou moins récents. Il semble qu'il soit dans le secteur depuis un moment.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je retourne à mon sanglier, le premier conducteur de chien de sang me rappelle. Je lui dis qui ce n'est plus la peine de venir puis je descends le talus couvert de sang pour arriver à mon sanglier resté calé sous l'arbre. C'est un joli ragot.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Beaucoup de sang sur le talus d'en face sur les 3 mètres environ que le sanglier a pu parcourir.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je l'attrape par une patte arrière et le tire jusqu'au bout du fossé puis le ramène à la voiture.

Au dépeçage, je constate qu'il parte de nombreuses entailles faites par les défenses d'un gros sanglier, certainement celui dont j'ai vu le pied plutôt dans la saison. La première flèche touche légèrement le foie, coupe la rate en 2 et traverse l'estomac. La deuxième flèche s'arrête juste au-dessus du cœur entre les poumons.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Alex

 

Atteinte :

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

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commentaires

cyril 29/11/2010 18:27


depuis le temps que tu les chercher (les sangliers) et voila c'est fait
felicitation


Patrick Morel 28/11/2010 17:52


Bravo p'tit gars, belle action, beau récit !!!


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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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