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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:41

Aujourd'hui c'est l'ouverture de la chasse en zone de montagne. Je décide d'aller chasser mon cerf à Sarrancolin, cette année j'ai eu, grâce à mon ami Patrick, un bracelet pour un plus de 10 cors. 5 heures le réveil sonne, je me prépare tranquillement, 5 heure 30, je charge la voiture et démarre de chez moi. Le temps est incertain et en route mes essuies-glaces balayent mon pare-brise au rythme des petites averses. Je vais chasser le secteur où j'ai prélevé mon 8 cors l'an dernier. Je connais un cerf magnifique que je croise depuis 3 ans et j'espère tomber sur lui ce matin. Je remonte les lacets du chemin qui conduit à la ferme aux patous. Il a plu ici aussi, mes phares éclairent une montagne bien humide. Arrivé au dernier virage avant la ferme, je me gare au bord de la piste et me prépare avant de remonter vers la ferme à pied pour rattraper le chemin de terre qui grimpe jusqu'à la place de brame. Je tends l'oreille dans la nuit encore bien noire mais le chant du ruisseau couvre les sons de la montagne. Le chemin qui remonte tranquillement s'éloigne peu à peu du bruit de l'eau et un premier brame retentit dans mon dos. Un beau sourire illumine mon visage.

En arrivant près de la ferme, un des 2 patous barre le chemin, j'aperçois sa masse blanche couchée en travers du passage. Il m'a vu et se redresse et commence à grogner, je décide de ne pas tester ses talents de gardien et remonte dans le pré au-dessus de la piste en escaladant le talus du chemin. Je remonte à travers la pâture pour retrouver le chemin de terre bien plus haut. Le calme de la nuit et ponctué de brames espacés et lointains. Le carillon de vaches retentit devant moi, mon arrivée a dérangé le troupeau endormi. Je me fraye un passage au milieu des bovins quand un brame retentit à 100 mètres au-dessus de moi dans les fougères près de la crête. Je continue à monter, un moment se passe, puis un second brame plus proche se fait entendre. La voie ne semble pas celle d'un grand cerf et je décide de ne pas tenter l'approche. De plus, il me faudrait attendre encore un moment que le jour se lève. Je décide de continuer sur mon idée première et rattrape le chemin de terre. Il commence à tomber une légère bruine, dans mon dos Sarroncolin encore endormi brille de tous ses lampadaires. Je fais une pose pour quitter ma veste polaire et la noue autour de mes hanches car je commence, malgré la fraîcheur du matin, a bien transpirer.

Le cerf que je laisse dans ses fougères me salue d'un dernier brame avant de remonter vers la crête. Je reprends mon ascension d'un pas lent et silencieux. Tout à coup, alors que j'arrive près d'un boulot solitaire qui pousse sur la gauche du chemin, le souffle rauque d'un sanglier me fait lever les yeux. Je me fige. L'animal se débine dans les fougères sur ma droite à quelques mètres de moi puis s'arrête à 15 ou 20 mètres de la piste. J'attends un moment immobile à l'écoute puis m'éclipse sans bruit. La luminosité croit doucement et je commence à bien y voir alors que j'arrive au bout du chemin sur la plateau. Les brames sont toujours lointains. Je remets ma veste polaire car le vent, qui devient tout à coup assez fort, n'est pas chaud. Je continue ma route vers la place de brame et passe le tunnel de noisetiers pour déboucher sur les souvenirs de l'an dernier. C'est un coin que j'adore.

Le vent est très soutenu et balaye des écrans de bruine épaisse de ma droite vers ma gauche. Je suis vite trempé. J'avance doucement au milieu des genets en direction de la piste de cailloux gris. Le secteur est très calme, pas le moindre brame si ce n'est au loin. Je décide de descendre un chemin de terre qui redescend vers ma voiture pour me mettre à l'abri de ce vent qui est assez pénible quand, tout à coup, un brame retentit à 150 mètres environ dans mon dos. Je me retourne et observe la zone de genet. Je ne vois rien, j'attends un moment, hésitant, puis décide tout de même de descendre le chemin quand un second brame retentit. Je me retourne à nouveau et balaye du regard les genets clairsemés quand mes yeux se posent sur un énorme cerf qui tête basse semble malmener un genet. C'est lui j'en suis sûr, c'est pile son secteur, c'est ce cerf auquel j'ai pensé si fort ce matin. Je me rapproche d'une bosse rocheuse couverte de genets à 100 mètres environ du cerf et l'observe. Il passe derrière une grosse touffe de genets et disparaît. C'est le moment, j'ai 70 mètres de découvert à traverser pour avoir une chance de l'approcher. Je m'élance au pas de course, comptant sur le vent fort et le sol détrempé pour effacer les bruits de mon arrivée. J'arrive rapidement près des premiers genets et commence à me faufiler entres les grosses touffes puis me cale derrière la touffe où j'ai vu disparaître le grand cerf. Je me penche doucement à gauche et je l'aperçois, il est énorme, juste à 3 mètres devant moi mais de cul, tête basse entrain de brouter. Je me décale doucement vers la droite alors qu'il pousse un brame impressionnant. Je regarde discrètement sur la gauche du genet, il broute tranquillement. J'arme mon arc et me décale doucement à découvert. Il est maintenant de 3/4 arrière, à 4 mètres devant moi l'occasion est trop belle, mon viseur se cale un peu en arrière de son épaule, assez bas pour traverser le cœur et je décoche. Ma flèche est pile où je la voulais, l'impact est très bruyant mais la flèche ne semble pas être beaucoup rentée, le cerf fait un bond spectaculaire, en raidissant ses pattes et en faisant le dos rond, normalement signe d'un flèche de cœur puis démarre en trombe en cassant ma flèche. Il franchit la zone de genets au grand galop puis s'arrête au bord du bois plein travers pour observer et comprendre ce qui vient de se passer. Puis, il fait quelques pas et se retourne à nouveau avant de s'enfoncer tête basse dans le bois. La faible pénétration de ma flèche m'inquiète un peu. Au bout d'un moment je vais récupérer le morceau de flèche resté au sol et le compare avec mes autres fléchés. Il manque 15 cm de tube et la lame. Je décide d'attendre 1 heure avant de faire ma recherche et met le réveil sur mon portable. Un grand doute m'envahit, j'aurais peut-être dû tirer plus en arrière, l'épaisseur des côtes m'a peut être joué un sale tour vu l'angle de mon tir. L'attente est longue sous la pluie et le vent, le froid m'engourdit quand un chasseur arrive avec son chien de pied. Je l'interpelle et lui demande s'il a trouvé le sanglier que j'ai croisé ce matin. Il semble que non et je lui explique où il se trouve, il repart contrôler le pied.

Il est l'heure, je pars contrôler mon cerf, la pluie ne joue pas en ma faveur pour la piste de sang. J'arrive à suivre son pied jusqu'au bois sans réellement voir du sang. Je commence à trouver les premières gouttes à l'entrée du bois et les suis doucement. Le sang ne coule que du côté droit de l'animal, je n'ai donc pas traversé comme je m'en doutais. Petit à petit, je suis la piste qui descend droit vers la piste de hèches et je la perds un moment au bord du chemin de hèches puis la retrouve sur un chemin de terre qui longe un grillage d'un enclos de régénération pour la perdre à nouveau dans une zone de fougères. Je tente de la recouper en vain sur la piste au-dessous des fougères mais la pluie est en train d'effacer tous les indices. J'appelle Patrick pour lui exposer la situation et pour qu'il me trouve un numéro de téléphone d'un chien de sang. Impossible de trouver un chien de sang dans le 65, je me rabats donc sur le Gers et finit par avoir un rendez-vous pour cet après-midi.

Patrick monte à ma rencontre alors que je redescends de la montagne. Les chasseurs de Sarrancolin ont trouvé le sanglier et je me retrouve au milieu d'une battue. Les chiens passent juste à 15 mètres sous la piste dans les fougères puis plonge dans la vallée. Je retrouve Patrick avec Pilou et d'autres chasseurs un peu plus bas. Nous discutons un peu et Patrick veut tenter une recherche avec Pilou, je ne suis pas trop favorable à cette idée mais finis par céder en lui laissant une chance sur les 40 premiers mètres de sang. Arrivé sur place, Pilou prends bien le pied du cerf puis marque une goutte de sang que je n'avais pas vu avant le bois mais il progresse ensuite trop vite et se trompe de plus en plus. Je stoppe Patrick pour ne pas perturber la future recherche. Nous recoupons juste par la piste du dessous et Pilou semble marquer un coulée qui descend droit par en bas le long d'un autre grillage. Nous arrêtons là, je ne veux pas diminuer mes chances de retrouver ce bel animal.

Nous partons pour le restaurant de Patrick, en route je passe chercher la clef de la barrière qui ouvre la piste qui nous permettra de remonter sur la zone du tir en voiture. Je ne suis pas serein, le film passe et repasse dans ma tête et je regrette de plus en plus mon choix de tir. La pizza faite par Patrick ne parvient pas à me distraire de ce mal être. Le seul point qui me semble positif c'est que le cerf ne fait que descendre alors qu'habituellement il fuit en montant. Le temps est long jusqu'à 14h30. Patrick invite le conducteur à prendre un café puis nous partons. Arrivés à la barrière, je me rends compte que j'ai oublié la clef dans ma voiture. Il nous faut faire demi-tour, la clef récupérée nous franchissons la barrière et remontons jusqu'à la zone de tir. Nous attaquons la recherche à 30 mètres avant la zone de fougères mais Rabolio (teckel à poil dur) semble décontenancé et peine à prendre la piste rincée par la pluie. Je tiens Dudule en laisse, l'herdale terrier au cas où le cerf ne serait pas mort. Le conducteur a pris sa 44 Marlin. Rabolio peine énormément dans les fougères et met beaucoup de temps à prendre la piste, il hésite revient plusieurs fois sur ses pas puis finit par prendre la voix. Il n'y a plus la moindre trace de sang et il faut faire confiance au chien. Nous ressortons sur la piste puis Rabolio tourne un peu en rond avant d'attaquer la montée. Cette fois, je n'y crois plus, nous remontons dans la montagne. Au bout d'un long moment le conducteur trouve une goutte de sang sur un bout de bois. Rabolio ne se trompe donc pas et nous continuons à monter. Je peux oublier une atteinte au cœur, j'en suis malade, comment ai-je pu blesser ce cerf à 4 mètres, comment n'ai-je pas pensé à la robustesse des côtes, mes 65 livres n'auront pas suffi, j'enrage contre moi. J'ai été trop sûr de moi au moment du tir, je le voyais trop facile. Au bout d'un moment Rabolio commence à donner de la voie et monte de plus en plus raide quand j'aperçois un animal qui se débine en prenant la courbe de niveau sur la gauche. Je pense qu'il s'agit du cerf et l'annonce au conducteur mais je me rends vite compte qu'il s'agit d'une biche qui vient de mettre Rabolio en défaut. Nous reprenons la piste au dernier sang et cette fois Rabolio la reprend bien et nous conduit à un rond de 15 cm de diamètre composée de gouttes de sang. Le cerf s'est arrêté debout à cet endroit. A nouveau plus de sang et nous suivons Rabolio qui finit par redescendre vers une grosse couche derrière un rocher mais pas un de goutte de sang, puis nous redescendons vers la piste en contrebas et Rabolio tire sur sa longe pour sauter vers le bas dans une draille fraîche au milieu des fougères. Nous décidons d'arrêter là car le cerf est certainement sur pied devant nous et il ne semble pas trop handicapé par ma flèche qui a certainement due se longer entre l'épaule et les côtes. Je suis au fond du gouffre, dure leçon que je viens de prendre en pleine figure, j'espère que ma flèche n'est pas mortelle mais qui peut le dire, comment savoir ce qui s'est passé si ce n'est en retrouvant cet animal que je crains bien de ne jamais revoir.

Je te demande pardon grand cerf....

 

Alex

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commentaires

JOUANNET 01/11/2011 12:20


désolé pour toi, chacun a eu son petit regret un jour mais cela forge l'expérience et ensuite on tire a meilleur escient ,un cerf est très costaud malgré une apparence de peau fine ,il a du sang a
revendre et tant qu'il peut va au bout, pour en avoir prélevé quelques uns et vu beaucoup j'en sais quelque chose j'ai eu ma part de déconvenue aussi A+


cyril 21/09/2011 09:27


desole de cette fleche la rancoeur que tu te porte prouve tes intention
mais on aprend de ces erreur et je sais que tu ne la fera pas deux fois
bon courage et a bientot


Franck M 20/09/2011 15:13


Durs moments que les tiens...courage....


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