Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:36

Ce matin, je suis retourné faire le même tour que la veille au soir. Au bout du petit pré, un cerf me grogne dessus alors que je passe sous une zone de buis épaisse. Je m'éclipse tranquillement pour ne pas le déranger plus. Je ne verrai pas un seul animal de toute la matinée à par un vautour qui va me décoller juste au-dessus de la tête alors que je remonte la piste avant d'arriver chez Patrick.

Cet après-midi, nous avions décidé de partir tôt mais le temps s'est bien détérioré, il pleut dans la vallée et les nuages remontent dans la montagne apportant par moment une petite bruine. Nous partirons finalement en fin d'après-midi pour chasser un morceau du territoire situé de l'autre côté de la départementale. Une zone de forêt de hêtres et de plantations de résineux. Nous faisons un petit tour en voiture de ce territoire magnifique et Patrick en profite pour m'expliquer les limites qui sont un peu compliquées entre les enclaves des autres sociétés de chasse et les différentes domaniales.

Nous décidons de chasser une grande plantation de résineux. Un troupeau de belles gasconnes nous accueille.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Nous commençons par remonter sur la bordure gauche du territoire pour ensuite nous séparer et chasser en redescendant en biais vers la piste.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Peu d'indices de présence jusqu'à présent. Je laisse Patrick et continue à monter. Il m'a parlé d'une crête plus haut. Je monte tranquillement, le sol, souvent couvert de mousse et encore humide, est assez silencieux. Je monte toujours quand le brouillard commence à descendre à ma rencontre. L'ambiance est magique, chasser dans un décor aussi beau, dans un silence qui n'est troublé que par le chant de quelques oiseaux et maintenant dans un silence total enveloppé dans ce brouillard.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Je slalome entre les sapins quand, tout à coup, en relevant la tête, j'aperçois une belle biche solitaire à 20 mètres devant moi. Je ne suis pas là pour elle mais je décide de me tenter l'approche. Elle regarde un long moment vers moi alors que je reste immobile, accolé à un gros sapin. Elle finit par se désintéresser de moi et se remettre en marche tranquillement en me tournant le dos. J'en profite pour me décaler vers un autre sapin. Je m'immobilise, elle regarde à nouveau vers moi, elle est cette fois à 30 mètres. Puis elle reprend son ascension d'un pas lent. Je me redécale vers un autre arbre. Elle bifurque à gauche puis s'arrête à nouveau et regarde aux alentours sans vraiment me chercher. Elle se remet en marche et passe derrière une rangée serrée de petits sapins. J'en profite pour rapidement partir me positionner au bout de la rangée.

Je m'avance doucement et tombe, nez à nez, à 5 mètres de la biche que je ne pensais pas si près. Surprise, elle fait demi-tour au petit trot puis s'immobilise rapidement pour regarder vers moi avant de redescendre un peu dans la pente. Je la laisse disparaître puis recommence mon approche en allant d'une cache à une autre mais elle reste à plus de 40 mètres et je n'arrive plus à approcher d'avantage. Elle finit par se retourner vers moi. Un geai vient de se poser derrière moi et, s'apercevant de ma présence, il décolle en poussant un cri, la biche se met alors à pousser quelques cris d'alerte et  disparaît dans le brouillard.

Je reprends mon ascension, je commence à trouver pas mal de crottes de grands cervidés et un peu de chevreuils. Je pars un peu en biais pour rejoindre la crête La forêt s'éclaircie de plus en plus et je ne peux plus avancer en me cachant, je décide de redescendre un peu puis de repartir en biaisant vers la piste où la voiture de Patrick est garée. En descendant, je fais redémarrer la biche qui s'était arrêtée un peu plus bas.

Je progresse lentement. Les vaches semblent monter jusqu’ici, de nombreuses bouses jonchent le sol, il y a de nombreux laissés de grands cervidés mais je progresse un long moment à pas lent en observant bien les alentours sans rien voir. Il me semble entendre bramer au loin.  Je finis par rejoindre une piste de terre et il me semble voir passer quelque chose entre les arbres, 50 mètres plus bas. Je reste un moment sans bouger à observer mais rien ne bouge. Je me remets en marche, un biche démarre et descend sous la piste au milieu d'une zone très claire de grands sapins. Je rejoints la piste et la longe un moment en suivant la biche qui longe 80 mètres plus bas. Je décide de la dépasser puis de tenter de lui couper la route mais je tombe sur une zone plus prometteuse tapissée de fougères. Plusieurs cerfs brament plus bas.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Je m'avance doucement dans les fougères en direction d'un brame qui semble tout de même assez lointain quand plus bas un autre cerf se met à bramer plus près de moi. Je descends donc vers lui. Je retourne sous les hauts sapins où le sol est moins bruyant et descends droit sur le cerf. Tout à coup, j'aperçois une biche à 45/50 mètres, elle regarde vers moi. Plein travers au milieu des fougères, juste à gauche d'une petite crête rocheuse elle fait demi-tour et descends dans les fougères et le relief me la cache vite. Au milieu des arbres, il me semble voir une autre tâche rousse de l'autre côté de la petite barre rocheuse. Je me décale lentement et aperçois le cerf qui me regarde. Je n'ai pas le temps de le prendre en photo, il descend en suivant la biche.

Sur ma droite un brame puissant retentit. Je me dirige vers ce cerf qui à la voix semble impressionnant. Très lentement j'arrive au pied d'un petite bute et entends un bruit de pas qui monte de l'autre côté. J'allume mon appareil photo, alors que le cerf se met à bramer, pour couvrir le bruit de la sonnerie d'allumage. Je m'avance très lentement vers le sommet de la bute quand j'aperçois les bois magnifique de ce cerf. Il regarde vers moi, je ne suis qu'à 5 mètres de lui. Je décide de m'avancer doucement pour voir plus que ses bois et tenter une photo mais il pousse un grondement sourd et fait demi-tour pour s'arrêter plein travers à 15 mètres, la tête cachée derrière un arbre. Je me tiens prêt à le prendre en photo dès qu'il va s'avancer mais les batteries me lâchent et mon appareil s'éteint !

Je range mon appareil maintenant inutile et reste à regarder ce cerf magnifique quand, devant lui, à 30 mètres, j'aperçois une biche et son faon. Ils ne m'ont pas repéré. Je recule doucement, repasse derrière la bute et la contourne doucement et sans bruit pour ressortir un peu plus loin sur un piste forestière. Le cerf pousse quelque grondement sans s'enfuir puis énervé par un congénère qui brame plus bas, il se remet à bramer. Je ne vois pas la biche et le hère. A chaque fois que le cerf regarde par en bas ou se met à bramer, je m'avance d'un pas lent et gagne ainsi, petit à petit, du terrain. Quelques sapins bas me servent d'écran de camouflage. En arrivant au dernier sapin, alors que le cerf pousse un brame, j'aperçois la biche et le hère un peu en retrait, il sont à 15 mètres sous moi. La biche qui est de cul regarde vers moi, le hère et 3 mètres plus à gauche, plein travers mais un tout petit sapin masque un peu la zone vitale.

Je me décale extrêmement lentement, la biche est nerveuse et descend un peu dans la pente puis se tourne plein travers. La zone vitale du hère est bien dégagée maintenant, il n'a pas bougé. Le cerf brame toujours. J'arme très doucement mon arc, prends la visée sur le coffre du hère et décoche. L'impact est bien audible. Je vois ma flèche haute et le hère se raidit puis démarre avec sa mère. Je reste immobile. Le cerf n’a rien compris et met un moment à démarrer alors que la biche et son petit sont déjà bien descendus. 100 mètres plus loin environ, je les entends ralentir puis hésiter dans leur route en zigzagant un peu puis plus rien. Le cerf démarre à son tour et descend pour passer entre 2 gros sapins, un sapin mort couché barrant sa route au-dessus.

J'attends un moment puis descends voir la zone du tir. La luminosité baisse rapidement et je n'arrive pas à voir grand-chose. Une forte odeur de cerf en rut se dégage de la végétation. Je finis par chercher à la lueur de mon portable mais impossible de trouver du sang quand tout à coup je trouve ma flèche posée à la verticale sur des fougères, lame vers le bas. Je la ramasse, elle est toute poisseuse au touché, je la sens sans trouver d'odeur de contenu stomacal, je l'éclaire avec mon portable, elle est couverte de fibres musculaires et ne présente que très peu de sang. Je tente d'appeler Patrick au portable mais il ne capte pas. Je siffle et hurle de toutes mes forces mais pas de réponses. Je plante ma flèche au sol et repère les environs pour la recherche.

Au bout d'un long moment, je finis par avoir Patrick au téléphone. Je lui explique la situation et il me dit de descendre vers la piste en dessous de moi. Je descends droit et marque la piste de plusieurs brisées bien vertes. Je me refais la scène dans ma tête en attendant Patrick et arrive à la conclusion que ma flèche n'est pas mortelle, j'ai dû passer dans les muscles du dos. Nous rentrons chez Patrick chercher ma frontale et une lampe avant de revenir sur place avec Pilou pour faire la recherche.

Je remonte directement vers la zone de tir, trouvant au passage un vieux bois de cerf tout rongé, puis je commence à chercher le sang au départ. Pas une goutte, j'inspecte la flèche. C'est bien de la fibre musculaire. Patrick lui me rejoint par une piste de débardage qui remonte de la piste carrossable puis coupe à travers bois pour me rejoindre. Je le guide avec ma lampe et en lui parlant. En venant vers moi, il tombe sur le sang et m'appelle. Je le rejoins et nous commençons à suivre le sang avec Pilou mais la piste s'éternise. Les zones où l'animal s'est arrêté sont très marquées mais en général il y a peu de sang et c'est du sang de muscle. Nous croisons régulièrement des salamandres. Au bout de plusieurs centaines de mètres nous perdons tous la piste. Je suis démoralisé, j'espère que cet animal s'en sortira sans trop de séquelles. Demain, je rentre dans le Gers et cette mauvaise flèche est dure à encaisser. Nous redescendons à travers bois vers la piste de débardage puis la voiture. Nous rentrons.

 

Alex

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

Réponses à mes détracteurs :

https://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

SALON VIRTUEL INTERNATIONAL DE LA CHASSE DE DE LA PECHE

 

POURVOIRIE DU LAC SUZIE

 

PYRENEES CHASSES D'APPROCHES

https://www.facebook.com/pyreneeschassesapproches

 

FOURNISSEURS

 

GRANDS GIBIERS HORS FRANCE METROPOLITAINE

Buffle murrah (Argentine)
Guanaco (Argentine)
Chèvre sauvage (Majorque)
Pécari à collier (Guyane)
Capibara (Guyane)
Caïman rouge (Guyane)
Caïmans gris (Guyane)

 

Forums Specialises

GRAND CHELEM FRANCAIS

Cerf élaphe

 

Chevreuil
Mouflon
Chamois
Isard
Sanglier
Blaireau
Renard
Répartition des prélèvements