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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 08:54

Ce matin, le réveil sonne vers 4 heures, nous nous préparons avec Olivier puis partons rejoindre Christophe et Xavier pour déjeuner. Nous finissons ensuite de préparer nos affaires et de les charger sur la barque et le pickup.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Cette fois nous y sommes, nous partons pour 1 heure de route, de nuit, pour arriver juste au lever du jour au bord du fleuve. Nous avions regardé les heures des marées hier soir et cette fois le fleuve est haut et facilite la mise à l'eau des embarcations.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Les affaires déchargées et les moteurs en place, Xavier part garer son pickup et la remorque près du poste de gendarmerie le plus proche. Pendant ce temps Christophe et Olivier partent devant et j'attends au débarcadère le retour de Xavier. J'en profite pour observer les oiseaux, les insectes et la végétation. Une petite plante amusante pousse au milieu des herbes.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Ses feuilles composées se ferment comme les ailes d'un papillon au moindre contact.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Je termine de charger quelques affaires quand je m'aperçois qu'une très grosse araignée a élu domicile dans le creux d'un des renforts d'une valise d'arc juste à la hauteur de mon dos quand je vais m’asseoir. Je débarque donc la valise et tente de la déloger. Très agressive, elle attaque la branche qui me sert à la sortir de son trou mais je finis par l'expulser. Je n'ose pas imaginer si je ne l'avais pas vu et quelle m'avait mordu pendant le trajet.

Au bout d'un moment, Xavier est de retour, nous embarquons et partons sur le fleuve. La lumière du matin est magnifique.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous avançons vite mais Olivier et Christophe dont le moteur est moins puissant ont dû déjà faire pas mal de chemin et il va nous falloir un moment pour les rattraper.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Au bout d'un moment Xavier bifurque et prends un petit bras perpendiculaire au fleuve. Je pense qu'il veut chasser en remontant le fleuve ou observer quelque chose mais c'est en fait un raccourci qui nous permet de couper une grande boucle du fleuve et de rattraper un peu notre retard sur Christophe et Olivier.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Un gros canard de barbarie se lève devant nous pour se reposer plus loin, nous le relevons ainsi plusieurs fois, il a rejoint 2 autres canards plus petits. Nous les perdons de vue dans un virage. Ils se sont en fait posés dans un arbre et passent par-dessus la cime des arbres à notre passage.

Un peu plus loin plusieurs toucans traversent le fleuve, un après l'autre, au niveau de la cime des arbres, leur silhouette est très caractéristique avec leur gros bec et leur vol ressemble à celui des pics. Des anis posés près de l'eau nous laissent passer juste à côté d'eux sans s’envoler.

Nous apercevons par moment quelques perroquets qui nous survolent au niveau de la cime des arbres. Ces oiseaux colorés volent souvent par 2. Un peu plus loin Xavier me montre une sorte d'aigle blanc posé sur la cime d'un arbre mort.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous finissons par rattraper Christophe et Olivier arrêtés contre la berge pour refaire le plein.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous accostons à côté d'eux et attendons un moment que Christophe ait fait son plein et qu'il redémarre le moteur puis nous repartons cette fois nous passons devant et gagnons vite du terrain grâce au moteur puissant.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous devrons ralentir plus loin à cause des obstacles. Olivier et Christophe nous rattrapent. Petit à petit, le fleuve se resserre,

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Xavier est impressionnant, il voit tout et entend tout. Malgré le bruit du moteur, il entend tous les cris de la forêt et m'annonce des singes ou des oiseaux alors que j'ai vraiment du mal à entendre quoi que ce soit à part le ronron du moteur.

Les obstacles commencent à arriver mais pour le moment nous les franchissons sans trop de difficulté. Nous ralentissons, Olivier et Christophe nous rattrapent et nous suivent maintenant de près. Nous finissons par arriver à l'endroit où le fleuve se dédouble, cette fois nous prenons à gauche.

Le niveau est beaucoup plus bas que lors du séjour de Christophe et Xavier en janvier et ils pensent que nous ne pourrons pas remonter aussi haut qu'ils ne l'avaient fait. Les obstacles commencent à s’enchaîner.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Les choses sérieuses commencent, je dois jouer de la pagaie, de la machette et de la hachette pour nous frayer un passage et Xavier doit parfois sortir sa petite tronçonneuse. Mon bras me fait mal et je n'ai pas de force dès que je dois couper une branche sur le côté ou un peu en arrière et je galère souvent pour couper une simple liane.

Nous arrivons sur un grand arbre tombé en travers du fleuve et détectons un passage sur la gauche sous le tronc.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Il me faut jouer un peu du sabre pour couper quelques branches

puis nous nous baissons pour passer sous l'arbre alors que Xavier remet les gaz.

Olivier et Christophe suivent notre sillage. Après plusieurs autres obstacles passés avec plus ou moins de difficulté, nous tombons sur un énorme embâcle. Quelques gouttes de pluie se font sentir. Il nous faut traverser plusieurs mètres de branchages pour le passer.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous cherchons un moment le passage le plus facile puis commençons à couper les branchages et les troncs pour avancer.

Xavier met les gaz

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

mais la barque se cale sur les branchages. Nous sommes complètement enchevêtrés dans la végétation,

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

je coupe les branchages à ma portée au sabre

alors que Xavier a sorti la tronçonneuse,

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

nous devons couper pas mal de branches et descendre de l'embarcation avant de la pousser et réussir à avancer.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous avons fait un véritable couloir dans la végétation et il nous faut maintenant passer sous un gros tronc. Je me baisse et passe dessous alors que Xavier essaye d'avancer avec le moteur mais rapidement les branchages freinent l’hélice et nous devons avancer à la force des bras en tirant et poussant sur les troncs et les branches

Nous finissons par passer le tronc mais je dois descendre de la barque pour la tirer en marchant sur les troncs immergés.

Xavier m'aide en poussant avec ses jambes sur les troncs.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous finissons par nous dégager et Xavier peut se resservir du moteur. Olivier et Christophe n'ont plus qu'à emprunter notre passage pour nous suivre.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Très rapidement un nouvel obstacle se présente.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous pensons pouvoir passer sur la gauche et nous décalons pour prendre le passage, la pagaie à la main, je suis prêt mais malgré mes efforts et l'accélération du moteur la barque vient se caler sur le tronc immergé et je dois descendre de la barque.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Je n'arrive pas à dégager la barque et alors que le canoë nous rejoint,

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Xavier doit sortir, encore une fois, la tronçonneuse pour ouvrir le passage.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Une fois le passage fait, nous repartons. Les obstacles continuent à s’enchaîner  et il faut parfois que Christophe et Olivier viennent nous aider pour que nous arrivions à passer. La barque se remplit peu à peu de feuilles et de bout de bois. Quand je ne suis pas en train de pagayer ou de tirer la barque sur un haut fond, je joue du sabre.    

Alors que je suis dans l'eau au milieu des branchages, j'aperçois un piranha de 20 cm de long environ qui passe près de moi sans me prêter attention. Xavier nous a affirmé qu'en Guyane il ne s'attaque jamais à l'homme mais bon, ça fait tout de même bizarre surtout quand on sait que ces poissons se déplacent en bande. De nombreux insectes et araignées nous tombent dessus. Une curieuse mante religieuse blanche et toute fine se promène sur ma cuisse.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Un peu plus loin, une jeune mante fleur très trapue tombe sur la housse de mon arc posé à côté de moi mais impossible de la prendre en photo. Dès que le fleuve se dégage nous avançons plus vite que le canoë et l'attendons dès que nous le perdons de vue.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous profitons d'une de ces pauses pour manger un bout tous ensemble puis nous repartons devant avec Xavier pour ouvrir la voie.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Le temps passe et les obstacles s’enchaînant, Xavier et Christophe décident de chercher une zone pour établir un camp bien que nous soyons encore loin de leur camp de janvier. Nous avons été arrosé par quelques petites averses mais il fait un soleil radieux cette après-midi. Les traces de maïpouri semblent moins nombreuses que sur l'autre secteur que nous avons chassé la semaine dernière. Ici le relief est plus prononcé dès le bord du fleuve. Nous nous arrêtons au départ d'une première crique, le secteur est magnifique mais le sol de la forêt est trop bas et c'est un gros risque en cas de crue du fleuve, Xavier décide de continuer.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Un peu plus loin nous nous arrêtons sur un nouveau secteur lui aussi magnifique mais La présence de grands arbres morts qui risquent de nous tomber dessus dissuade Xavier et Christophe d'établir notre campement ici. Nous repartons et nous arrêtons un peu plus loin dans une magnifique crique mais encore une fois le secteur ne convient pas à Xavier pour le camp.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous repartons. Le fleuve se sépare en 2 bras nous prenons à gauche sans trouver d'emplacement puis nous nous arrêterons finalement sur le bras de droite, au départ d'une belle crique vers 15 heures.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

A peine descendu, Xavier attrape son fusil et fonce dans la forêt sans que nous comprenions ce qu'il a vu. Nous attendons son retour en discutant quand, alors que Xavier est à 15 mètres environ, une grosse perdrix démarre juste à 5 mètres de nous, Xavier la pensait partie en forêt alors qu'elle était venue se caler au pied d'un arbre juste à côté de nous. Le relief plat de la plage enherbée de la crique remonte brusquement au niveau d'un talus pour s’aplanir à nouveau.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous déchargeons nos affaires. Alors que nous déposons une glacière avec Olivier, 2 basilics se coursant nous passent dans les pieds et s'éloignent dans le sous-bois dans un grand bruit de feuilles sèches. Un  beau papillon vient se poser sur des feuilles sèches dans les branchages au-dessus de nous.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Il s’envole et se repose rapidement sur un arbuste alors qu’Olivier le prend en photo.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous finissons de débarquer nos affaires puis cherchons un emplacement pour le carbé. Une zone assez dégagée loin des arbres morts possédant 3 arbres pouvant constituer 3 piliers sur 4 est choisie pour sa construction.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Je commence à couper un arbre gênant, à la hachette car la tronçonneuse a pris l'eau et ne démarre plus, alors que mes collègues coupent les petits arbustes bien au ras, sur l'emplacement du carbé, pour éviter de buter dans les racines en marchant et de se faire mal.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Mon arbre abattu va être recoupé pour constituer le pilier manquant. Nous l'enfonçons dans le sol par à-coups successifs puis coupons 2 arbustes fourchus pour le maintenir. D’autres arbres fourchus sont coupés pour tenir les barres horizontales du carbé plaquées contre les piliers.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

2 barres horizontales parallèles posées les 2 autres peuvent être posées, calées sur les 2 premières et attachées par des liens. Le carré du carbé fait, je pars chercher la barre qui maintiendra la bâche en son centre pour faire 2 bonnes pentes pour évacuer la pluie. Ma première barre est trop courte, je pars en chercher une autre. Nous posons cette barre au milieu du carré du carbé

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

puis passons la bâche par dessus.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Cette barre est ensuite remontée à l'aide de branches fourchues pour former les pentes. La bâche est ensuite attachée et tendue grâce aux petits arbustes du tour du carbé.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Notre carbé est presque terminé.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous nous apercevons que des zones de la bâche ne sont pas bien tendues et risquent de provoquer une accumulation d'eau pouvant écrouler le carbé à cause du poids. Nous tendons donc la bâche à l'aide de d'autres longues barres dont le bout est couvert d'une chaussette mouillée lors de notre voyage pour éviter de percer la bâche.

Nous nous occupons ensuite de l'abri de Xavier qui dormira à nouveau seul. Nous tentons une sangle entre 2 arbres et tendons une bâche dessus puis faisons le même abri entre notre carbé et l'abri de Xavier pour abriter le feu et notre lieu de repas. Nous tendons nos hamacs et rassemblons nos affaires.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Notre camp et terminé.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous coupons un arbre mort près du carbé qui pourrait être dangereux, débarrassons le tour du carbé des morceaux de troncs pourris qui pourraient abriter des habitants dangereux puis ramassons une réserve de bois pour le feu. Un magnifique colibri vert métallique en profite pour venir inspecter le carbé, il tourne autour des piliers, inspecte les hamacs puis repart aussi vite qu'il est arrivé. Un peu plus tard un autre, plus petit et de couleur brune vient à son tour inspecter le carbé. Ces oiseaux sont très curieux, ils viennent souvent nous tourner autour quand nous sommes immobiles en forêt.

Nous nous posons ensuite un peu avant de manger. Xavier aperçoit un petit singe, une sorte de tamarin noir avec le bout des pattes orange.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Olivier en profite pour le filmer.

Je pars ensuite pour aller voir la crique de plus près et constate qu'elle est peuplée de nombreux poissons dont certains de taille suffisante pour être péchés à l'arc.

Je pars donc chercher mon arc et tente d'en attraper quelques-uns ce qui me permet de tester correctement ma flèche pêche avant une prochaine sortie au caïman. Je n'attraperai pas le moindre poisson, ils sont trop rapides et pas très gros, mais ma flèche pêche semble bien sortir. Nous allons chasser à tour de rôle avec Olivier un soir sur 2 pour tenter de flécher un gros caïman. Ce soir c'est moi qui vais partir chasser avec Christophe en canoë.

Après le repas, nous nous reposons un moment alors que la nuit est tombée. Vers 21 heures, nous partons avec Christophe pour descendre le fleuve à la pagaie. Je m'aperçois alors que l'éclairage de mon viseur ne marche plus, je change mes piles mais rien n'y fait. Il va être très difficile de viser avec un pin's non lumineux car ma fibre optique est très fine.

Je fabrique donc un éclairage de mon pin's avec ma frontale dont j'entoure la sangle autour de la poignée de mon arc et la bloque, braquée sur le pin's, avec un gros élastique prêté par Christophe. Je compte sur l'éclairage de la frontale très puissante de Christophe pour nous éclairer mais c'est sans compté que ma présence au bout du canoë coupe le faisceau. Je n'y vois rien et Christophe non plus du même coup. Nous percutons tous les obstacles du fleuve et la situation devient dangereuse, nous risquons de chavirer. Je dois remettre ma frontale à sa place sur mon front et garder mon pin's éteint. Ça commence mal.

Nous passons près d'un caïman repéré de loin grâce à son œil rouge, il est posé sur un amas de branches calé contre une branche qui tombe dans l'eau, je suis armé mais Christophe le trouve trop petit et ne dit de ne pas tirer. Les autres caïmans ne se font pas attendre mais ils plongent très vite et ne se laissent pas approcher à part certains trop petits pour être tirés.

Il faut éviter de heurter le canoë avec l'arc ou la pagaie car l'onde sonore est très audible sous l'eau. Mais il m'est difficile de ne pas faire de bruit en jonglant entre la pagaie et l'arc posé sur mes genoux. De plus, quand les caïmans se laissent approcher, c'est le courant trop fort qui nous entraîne trop vite et m'empêche d'aligner ma visée. Je m'aperçois également que ma frontale de 70 lumens n'est pas assez puissante, je n'y vois pas grand-chose, et que ma lampe d'arc n'éclaire pas très bien. Elle est pleine de buée et je dois la démonter pour essuyer la vitre.

C'est la galère, rien ne va. Un gros caïman finit par se laisser approcher, j'arme mon arc mais j'ai beaucoup de mal à prendre ma visée alors que le canoë dérive trop vite. Juste au moment où ma visée est prise, il plonge. Christophe râle et me dit d'être plus rapide et je lui explique que j'ai beaucoup de mal avec mon matos qui n'est pas au top. Nous passons près d'un couple de grands phasmes en pleine action. Un peu plus loin, en passant sous un arbre penché au-dessus de nous, une énorme fiente d'oiseau tombe dans l'eau juste à côté de moi, je viens d’échapper à un bon shampoing. Les obstacles, jusque-là assez faciles à passer, commencent à se compliquer et nous décidons de faire demi-tour.

Christophe allume le moteur et nous remontons doucement vers le camp. Les petits poissons commencent à sauter en tous sens et il me faut régulièrement en remettre à l'eau alors qu'ils tombent dans le canoë.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Les caïmans plongent toujours aussi vite. Je galère toujours pour viser et décide de tenter d'enlever la réduction interchangeable de ma visette truglo ce qui va considérablement améliorer ma visibilité à la visée. Je mets ma réduction à la poche et ferme la fermeture pour ne pas la perdre.

Alors que nous longeons la rive un gros poisson chien d'environ 30 cm saute par-dessus le canoë. Et alors Christophe est entrain de dire qu'on aurait pu le prendre dans la figure, il bondit à nouveau pour ressauter par-dessus l'embarcation en sens inverse mais cette fois il me percute au passage en plein visage pour retomber lourdement au fond du canoë. Pensant que nous pourrons le manger, je l'achève avec le talon de ma chaussure.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Au bout d'un moment, nous retrouvons le caïman du début posé sur son tas de branches, je suis armé mais le reconnais et dit à Christophe : "C'est le petit" mais, cette fois, il le trouve plus gros et me dit de tirer. Je vise et décoche. Je pense ma flèche bonne mais, en ramenant mon câble, je constate que mon caïman n'est pas au bout de ma flèche. Il est calé contre la berge, il est remonté de suite après le tir et nous pensons que je l'ai blessé.

Nous faisons donc demi-tour pour nous repositionner. J'arme alors que nous passons à 7 ou 8 mètres du caïman qui nous tourne le dos et craignant de le voir plonger, je décoche en visant sous sa tête qui dépasse de l'eau. A l'impact, le caïman disparaît et Christophe qui pense que je l'ai manqué me dit que j'aurais dû attendre. Je lui réponds que la dernière fois il trouvait que j'avais trop attendu alors cette fois j'ai décoché.

En ramenant mon câble, je sens une résistance. Je l'ai eu. Je lutte un peu pour le remonter puis lui passe quelques tours de câble autour de la gueule pour lui fermer la bouche avant de l'attraper et de le hisser sur le canoë. Je constate alors que ma première flèche lui a entaillé le dos. Je lui tiens la gueule fermée à la main, détoure mon câble et entoure son museau avec du scotch puis l'achève d'un coup de machette derrière la tête.

Nous repartons mais de nuit, nous nous trompons de bras du fleuve. Nos collègues nous rappellent à l'ordre et nous éclairent. Nous faisons demi-tour et reprenons le bon chemin avant d'arriver à la crique. Xavier ne manque pas de me charrier sur la taille de mon caïman. Il nous dit que le poisson que nous avons ramené n'est pas mangeable car plein d'arrête. Il est donc mort pour rien, je m'en veux un peu.

Une petite photo souvenir avant d'aller dormir.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Olivier prend également une photo magnifique, de près, de l'œil de l'animal.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Nous prendrons une autre photo demain matin avant de vider l'animal. Il est effectivement loin du gros caïman que j'espérais flécher, c'est même le plus petit fait sur notre séjour.

Chronique guyanaise, La seconde remontée du fleuve, 2 avril 2014

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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