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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 18:39

Ce matin, c'est le grand jour, nos professeurs nous pensant près à chasser seuls vont nous laisser partir chacun de notre côté. Cette nuit, j'ai dormi avec des habits légèrement mouillés pour tenter de les sécher car, sur les barres du carbé, ils ne séchaient pas. J'ai mis un pantalon beaucoup plus ample qu'hier et mes irritations de la veille ne me font plus souffrir. Comme chaque matin la cigale du camp commence ses vocalises. 

Alors que nous nous préparons, le bruit d'un souffle retentit dans le fleuve en face du camp. Nous pensons tous à la même chose, c'est certainement le maïpouri. J'attrape mon arc et pars rapidement vers le bord de l'eau mais rien en vue. Je descends un peu le long du fleuve mais toujours rien. Il doit déjà être remonté en forêt. Je retourne vers le camp pour masser mon bras et faire quelques étirements. Je constate alors que ma visette d'arc est de travers, elle a glissé d'un côté, je la redresse, sans difficulté, en espérant qu'elle est revenue comme avant et que cette mésaventure ne faussera pas ma visée. Certaines de mes encoches lumineuses ont fonctionné toute la nuit et sont maintenant faibles. La journée commence bien. Comme tous les matins, nous nous retrouvons autour d'un petit déjeuner puis nous nous dispersons pour aller chasser.

Christophe va prendre la barque pour aller chasser sur l'autre rive du fleuve alors que nous nous dispersons en forêt. Je pars pour tenter de retrouver les terriers et les bassines trouvés avant hier soir en remontant le long du bras du fleuve qui démarre devant le camp. Juste à 40 mètres du camp, je tombe sur une bande de petits singes sombres à la queue préhensile et les observe un instant avant de repartir. Alors que les autres chasseurs viennent de quitter le camp, la chienne se met à hurler au perdu. 

J'essaie d'avancer doucement et de m'arrêter souvent pour observer mais à part des insectes, je ne vois pas d'animaux. De plus, impossible de retrouver les terriers et les bassines, je n'ai pas marqué les coordonnées sur mon GPS.

Je laisse donc tomber et bifurque pour rentrer en forêt. Rapidement, le relief devient plus prononcé et je tombe dans la pente sur une bassine qui ne semble pas fréquentée, les restes d'un crabe terrestre jonche le sol au départ de la bassine.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Alors que j'observe les reliefs de ce repas, une tache sombre, sous l'eau, à l'opposé de la bassine attire mon attention, on dirait une carapace de tortue. Je m'avance, et ramasse l'objet qui est bien une petite tortue d'eau noire et jaune dont le long cou vient se replier contre l'une de ses pattes avant. C'est une platémyde à tête orange, espèce intégralement protégée en Guyane.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014
Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014
Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Je repars ensuite et tombe sur un gros morceau de branche entièrement couvert de plantes épiphytes, on ne voit même plus l'écorce. Le poids de ces dernières fait parfois chuter les branches ou même les arbres.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Une belle orchidée trône au milieu de ce feuillage bien vert.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Un peu plus loin sur une clairière crée et barrée par la chute d'un gros arbre qui en a abattu d'autres plus petits. De grosses lianes possédant une ligne sinueuse sombre ressemblant à un serpent ont été rabattues au sol.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Le sol grouille comme souvent de grillons mais un criquet aux ailes rouges attire mon attention en s’envolant au milieu de ce grouillement. Il saute plusieurs fois en déployant ses ailes pour venir se poser sur une branche couverte de mousse un peu plus loin.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Je fais une petite pause d'observation sur le secteur mais au bout de quelques minutes, ne voyant rien venir, je reprends ma progression lente. Les pauses d'observation se succèdent mais pas le moindre gibier, je commence à ne plus y croire.

A part la biche rouge vue lors de la première sortie en forêt je n'ai pas vu le moindre animal chassable. Olivier lui a pu voir des agoutis et quelques oiseaux et je commence à douter de mes capacités à chasser en Guyane. De plus, mon sac à dos qui s'accroche partout ne m'aide pas à être discret et me fait perdre patience voir à sérieusement m'énerver. Ma motivation est en berne.

J'essaie de me reprendre et de recommencer à chasser alors qu'un magnifique morpho vient se poser près de moi.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Un gros tronc creux est posé au sol, je m'approche doucement et éclaire l'intérieur qui n'est habité que par des araignées-scorpions.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Un mouvement attire mon regard à l'entrée d'un terrier, c'est une belle mygale noire avec des rayures claires verticales au niveau des articulations des pattes. Le temps d'attraper mon appareil photo, elle est déjà rentrée au fond de son terrier, effrayée par les vibrations du sol provoquées par mes pas et transmises par le tunnel de soies qui tapisse l'entrée de sa tanière.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Je ne comprends pas que je sois capable de voir le moindre insecte dans le sous-bois mais que je sois incapable de voir du gibier. Ai-je la poisse ou ma technique de chasse n'est-elle pas la bonne ? Je redescends maintenant vers un marais asséché au milieu des bruits de la forêt.

Les cris d'un toucan qui passe au-dessus de ma tête me font lever les yeux sur lui qui vient de se poser à la cime d'un grand arbre dégagé.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Arrivé sur la zone du marais plus dégagée, j'observe bien les alentours mais toujours rien, pourtant un gros œuf bleu de perdrix mangé par un prédateur ou éclos est posé sur le fond d'un chenal asséché.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Je reviens tranquillement vers le bord du fleuve, je ne suis plus très motivé pour chasser ce matin. Arrivé au bord du cours d'eau, je commence à le remonter pensant tomber sur le camp mais alors que je vérifie mon GPS je me rends compte que je m'éloigne du camp. Je repars en sens inverse et longe toujours le fleuve, mon GPS m'indique que je me rapproche du camp, tout va bien. Le grondement de la pluie résonne au loin et je presse le pas pour essayer d'arriver au camp avant qu'elle ne me rattrape. 

Au bout d'un moment, je regarde à nouveau mon GPS qui m'indique à nouveau que je m'éloigne du camp. La pluie m'a rattrapé et s'abat avec force sur moi. Je vérifie le cap avec ma boussole qui me fait repartir en forêt. Je me fis donc au cap de la boussole, la distance diminue mais, rapidement, elle augmente à nouveau. Je n'y comprends plus rien, je ne retrouve pas mon chemin et le temps passe, parfois je m'éloigne du fleuve parfois j'y reviens. 

Au bout d'un moment, je me rends compte que je tourne en rond grâce à un gros nid de guêpe accroché au ras du sol sur une petite liane, je suis passé déjà 3 fois à cet endroit. Le nord de ma boussole ne semble pas constant. Je ne sais plus quoi faire. J'essaye de me calmer et de réfléchir. J'ai lu quelque part que la boussole pouvait être perturbée par certaines roches magnétiques.

Je tourne depuis un moment dans un marais coincé entre le fleuve et 2 criques. 2 pigeons que la pluie a contraint de se poser au sol, décollent et se posent à moins de 2 mètres du sol sur un buisson au bord du fleuve. J'arme et vise le plus dégagé mais me ravise car je n'ai aucune idée d'où peut partir ma flèche. Il finit par s'éloigner.

Je décide de sortir du marais et de reprendre ensuite mon cap boussole et GPS. Ma stratégie marche, je me rapproche maintenant du camp. Eprouvé par cette expérience très désagréable, je décide de rentrer en ne me concentrant que sur mon cap et rejoints le camp en environ 30 minutes. Je me change et mets mes affaires à sécher sur les barres du carbé avant de me poser dans mon hamac en attendant le retour de mes collègues. Je suis un peu dégoûté, le séjour ne commence pas comme je l'espérais, je ne vois pas ou peu d'animaux chassables alors que les autres voient tout de même quelques petits animaux chassables. Je ne comprends pas. Je remarque que la chienne a complètement rongé sa laisse, elle a dû partir à notre recherche et a encore dû perturber les animaux.

Mes collègues finissent par revenir, Olivier comme d'habitude a vu des perdrix Christophe a trouvé une zone de marais avec beaucoup de fruit et très fréquentée par les tapirs. Xavier a lui attrapé une sorte de plaque rouge dans le dos dont certaines zones plus ou moins étalées ressortent en relief. Nous pensons à une allergie car cette zone le démange fortement mais il s'agit en fait d'un ascaris, une sorte de vers parasite qui sera diagnostiqué par son médecin quelques jours après notre départ. Et Xavier devra prendre un anti-parasitaire (Zentel) pour s'en débarrasser. Durant les prochains jours ces plaques ressortiront régulièrement dans son dos.

Nous mangeons un morceau avant d'aller nous laver au fleuve. N'étant pas trop fan du bain en pleine eau dans la nature, j'opte pour récupérer de l'eau dans une grande bassine et de me laver avec.

Nous faisons également un peu de lessive pour ne pas ramener demain des affaires trop sales. Alors que Christophe revient vers le camp avec la grande bassine métallique, un scarabée rhinocéros d'un rouge métallique éclatant fonce droit dans cette dernière. Je le récupère et tente de le prendre en photo mais il se dégage avec ses pattes puissantes et s’envole. Nous partons nous reposer un peu.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Ce soir, Xavier nous prépare un demi aymara.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Il ouvre ce gros poisson aux allures préhistoriques sur le dos car la peau du ventre plus dure tiendra mieux la cuisson.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Nous allumons le feu puis préparons une petite grille improvisée avec des bouts de branche soutenus par 2 branches elles-mêmes soutenues par 4 branches en Y. Le poisson est une femelle pleine d’œufs.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Xavier pose le poisson côté ventre sur notre grille improvisée puis entaille la chair et l'arrose de jus de citron vert, sel, ail et s'est parti pour la cuisson.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Après un moment, il recouvre le poisson avec de grandes feuilles pour éviter que le poisson se desséché.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Nous changeons les feuilles à chaque fois qu'elles sèchent trop et prenons un petit apéro devant notre repas entrain de cuire. Au bout d'un moment nous commençons notre repas par des toasts d’œufs d'aymara sur des tranches de pain de mie.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Nous attaquons ensuite le poisson en le décortiquant directement sur le grill avec les doigts. C'est excellent, Xavier est vraiment un bon cuisinier, il nous régale régulièrement avec ses plats à base de gibiers et de poissons locaux. Il nous a déjà fait manger du caïman et du pécari, un vrai délice.

La nuit tombe doucement alors que nous nous régalons.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Après le repas nous nous posons un moment et nous préparons pour partir chasser en forêt. Olivier remarque une petite grenouille en tenue camouflage posée sur la lanière de son sac à dos mis à séché sur le carbé et la prend en photo,

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

au bout d'un moment, dérangée par la séance, elle finit par bondir et s’agripper à la corde de son arc tout proche pour commencer à la remonter.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Je vérifie mon matériel et constate que la petite lumière latérale qui éclaire la fibre optique de mon viseur ne marche plus. Je tente alors de changer les piles mais me rends compte que je n'ai pas les bonnes piles. J'ai pris en référence les piles de l'autre éclairage beaucoup moins discret et fixé directement sur le rond du viseur et ces dernières ne sont pas les mêmes. Je ferai donc avec l'autre éclairage. Je fixe ma lampe d'arc sur l’emplacement du stabilisateur. Xavier décide de rester dormir.

Je pars donc avec Christophe et Olivier en barque pour traverser le fleuve et rejoindre le secteur chassé par Christophe ce matin. Une fois sur la rive, nous nous répartissons, 1 tous les 30 ou 40 mètres et commençons à avancer. Je me retrouve rapidement en difficulté, la végétation est trop épaisse et je galère pour avancer. Je fais un bruit terrible, de plus, ma lampe frontale n'éclaire pas assez et je ne vois pas très loin.

Rapidement pour rajouter au reste, les guêpes viennent m'attaquer en visant ma frontale. J'appelle mes collègues qui avancent plus rapidement pour ne pas les perdre et leur explique que mon secteur est impraticable. Je n'ai même plus envie de chasser et décide de laisser Christophe et Olivier chasser tranquilles. Ils me rédépose au camp avec la barque.

Un opossum reste un moment dans la lumières de nos frontale sur un arbre de l'île en face du camp puis je les laisse repartir et pars faire juste un petit tour autour du camp. Je pars en suivant le fleuve, les yeux d'un opossum attirent mon regard au pied d'un arbre. Il reste un instant puis disparaît derrière le tronc. Les yeux des insectes brillent de partout au milieu des lucioles. Une grosse araignée type mygale se laisse approcher de très près.

Chronique guyanaise, première sortie en solo, 28 mars 2014

Il fait très chaud, je transpire à grosses gouttes. Après un petit tour dans la forêt, je décide de rentrer et allume mon GPS qui me conduira au camp non sans difficultés car de nuit les repères sont encore moins faciles que de jour et les obstacles plus compliqués.

Olivier et Christophe reviendrons un peu plus tard alors que je suis déjà dans mon hamac. Ils n'ont rien fait mais ont vu pas mal de caïmans, Christophe en a même attrapé un petit dans un marais avant de le relâcher.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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