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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 13:52

Nous avions arrêté depuis un moment la date de 8 février pour réaliser notre deuxième battue à l’arc avec l’ASCA32, elle devait se dérouler sur le secteur de Riscle, mais la tempête Klaus en a décidé autrement. Suite aux gros dégâts provoqués par cette catastrophe naturelle notre secrétaire qui organisait cette chasse a préféré l’annuler et notre préfet a mis tout le monde d’accord en interdisant la chasse sur tout le département une semaine après le passage de la tempête, cherchez l’erreur !

 Je prévoyais de faire une battue en échange sur le secteur de Pavie, peu touché par les intempéries mais j’ai dû me résigner à tout annuler suite à cet arrêté préfectoral. Finalement, le préfet à lever l’interdiction de chasser sur les secteurs les moins touchés quelques jours avant le 8 février, j’ai dont relancé l’invitation et ai réussi à trouver 24 archers motivés, 4 venant de l’Aude, 2 de la Haute Garonne, 1 du Tarn et les autres du Gers.

Rendez-vous est pris pour 8 heures sur la place d’Auterrive ou j’habite et qui se situe à moins de 5 minutes du territoire de chasse. Les premiers arrivés sont les archers de l’Aude, 7h30 et bien sur le dernier est un Gascon pour ne pas faire d’entorse à notre quart d’heure local. Nous partons pour le lieu de chasse. Nous allons chasser sur un petit territoire privé de 90 hectares. La zone est vallonnée, couverte en grande partie de pâturages, de petits bosquets et de haies.

Nous avons la possibilité de flécher 3 chevreuils, le sanglier et le renard. Deux chasseurs sont venus pour nous donner main forte au fusil, mais ils décident finalement de se placer en observateurs et de ne pas sortir leurs armes.  

Une fois le déjeuner pris, les consignes données, nous élaborons le plan d’attaque : nous posterons l’ensemble du territoire pour cette première traque. Une partie des archers part se poster sur les consignes du président de la chasse et de deux autres chasseurs qui nous accueillent alors que je pars poster une ligne d’archers en crête, sur la bordure droite du territoire, le long d’une haie épaisse bordant une zone de friche partiellement boisée du côté extérieur au territoire.

Je répartis les posters en fonction des passages de gibier. De là nous pouvons voir toute la chasse, 4 archers se sont postés en face, eux aussi en crête, le long de la carrière. Un en bas à la haie, le long du petit ruisseau, sur un passage très fréquenté. 2 sur la traversée du ruisseau alors que les autres sont répartis sur les passages, le long des haies.

Je suis le dernier à me poster. De mon poste, contre un gros chêne, sur un passage au milieu des ronces, je peux voir une grande partie de la chasse. Au bout de 5 minutes j’aperçois Jean, que j’ai posté à 200 mètres, entouré par un groupe de génisses curieuses lui faisant écran et lui interdisant toute possibilité de tir, je décide donc d’intervertir nos poste. Je pars en courant à sa rencontre et l’envoie à mon poste.

La traque a déjà commencé, le président de la chasse qui nous fait aujourd’hui le traqueur avec sa beagle et sa bleu a repéré 3 chevreuils couchés derrière la ligne de la carrière, le long d’une haie. Il tente de les contourner pour les rabattre vers les postés quand 5 chevreuils et non pas 3 se lèvent et filent vers les 4 postés.

Ils arrivent tout d’abord à Christian qui caché derrière les genets se prépare. Ils sont presque à portée de tir, Christian se redresse, les chevreuils le repèrent et amorcent un virage alors que Christian décoche sa flèche. Manqué, ils accélèrent et passent à quelques mètres de Lucien qui les jugeant trop rapides retient sa flèche, ils traversent la ligne et s’enfuient par la carrière.

Ces chevreuils ont surpris les archers qui ne s’attendaient pas à une entrée en matière si rapide. Heureusement, les chiens n’ont pas suivi. La traque se poursuit, j’aperçois les chiens et les traqueurs, le petit Nicolas accompagne son père. Ils longent les bois, les haies mais les chiens ne prennent rien. Ils finissent par arriver sur ma gauche en longeant la haie contre laquelle j’ai posté ma ligne.  

Je décide de laisser mon poste et de partir traquer avec eux, Nous longeons la haie jusqu’au roncier où j’étais posté au départ. Nous passons sur le dessus du bosquet qui fait suite aux ronces pour nous diriger vers la palombière. Les chiens donnent quelques coups de gueule mais rien de sérieux.

 Nous ressortons sur la prairie au niveau de la palombière, descendons jusqu’à un autre petit bosquet très clair semé en suivant les chiens qui sont de plus en plus excités. Le bosquet se termine par une bande boisée fourrée qui abrite souvent les chevreuils.

Nous étions justement en train de nous dire que s’ils n’étaient pas là il y avait maintenant peu de chance de les relever quand la beagle suivie par la bleu prennent la voie et entre dans les ronces en donnant de la voix. Un brocard magnifique, encore en velours et un grosse chevrette sortent et traverse le pré à 40 mètres de nous.

Voyant qu’ils prennent la direction du poste de Jean, je ne bouge pas, mais ils changent brusquement de direction pour traverser le pré sur nos traces et disparaître dans le bois de Mondo. Les chiens donnent toujours de la voix mais partent à l’opposé des premiers cervidés. Ils descendent dans la combe en herbe puis remonte en face sur un penchant une friche clairsemée de petits chênes.

Ils sont derrière une autre chevrette qui faisant une boucle semble vouloir passer vers le poste de Jean. Je pars en courant pour l’empêcher de suivre les autres mais j’arrive trop tard, je vois arriver les chiens. La chevrette a traversé le bosquet, trop loin pour Jean et est maintenant également dans Mondo les chiens derrière elle.

Je décide d’essayer de les suivre en restant sur la crête, espérant voir revenir un chevreuil. Mais, petit à petit, la menée s’éloigne et je finis par ne plus rien entendre. Je descends dans le bois, arrive au chemin forestier qui ressort chez le propriétaire de la propriété de Mondo pour tenter de déloger des chevreuils de la friche en dessous de ma ligne de postés et de les rabattre vers les archers.

J’arrive donc à la maison puis entre, sous l’antenne télécom, dans les petits buissons noirs, heureusement pas trop épais. Ça pique tout de même pas mal. En arrivant au bout des buissons, j’aperçois un brocard et deux chevrettes se débinant devant moi. Je sors donc dans le champ en contre bas pour leur couper la retraite vers le Gers. Je cours le plus vite possible vers le passage qu’ils empruntent normalement. C’est bon, ils ne sont pas sortis.  

Je poursuis un peu vers le premier poste puis commence donc à longer le dessous de la friche en donnant de la voix. Tout à coup, j’aperçois des traces fraîches qui semblent faire une boucle dans le champ et entrer dans la friche, je décide de les suivre.

Je siffle, donne de la voix, tape dans mes mains et traque méthodiquement la friche pour tenter de les faire remonter vers la haie et les postés. Mais tous mes efforts ne seront pas payants, ils vont se débiner à quelques dizaines de mètres devant moi en restant toujours hors de ma vue et finiront par se caler dans le sale en me laissant passer près d’eux sans bouger.

Deux postés placés au niveau d’une trouée dans la haie ont observé la scène avec beaucoup d’amusement et m’ont demandé plus tard si je les suivais à l’odorat vu ma progression en parfaite concordance avec celle des chevreuils. Ne sachant pas où ils sont, je donne de la voix en longeant la haie pour ressortir à l’avant dernier poste de ma ligne, là où la haie rejoint le bois de Mondo.

 J’arrive au niveau d’Eric qui n’a rien vu passer. Il est midi, je décide de déposter, nous avons perdu les chiens, les traqueurs sont rentrés mettre la table. Sur le chemin du retour, nous sommes au milieu du pré, non loin des génisses. Jean m’explique où est passé la chevrette quand nous apercevons un chevreuil au grand galop faire le chemin inverse des trois de tout à l’heure, puis un second arriver du coteau opposé et venir à sa rencontre.

Lucien, nous apercevant, m’appelle pour me demander si c’est terminé mais voyant revenir les chiens sur le pied du chevreuil, je lui conseille d’attendre un peu avant de se déposter. Les chiens finissent par prendre le contre-pied de la chevrette de tout à l’heure et perdent la voix. Nous rentrons.  

Nos hôtes nous ont fait une surprise, la table est mise et ils nous ont préparé un bonne soupe au choux, nous mangeons un bout avant de repartir chasser en début d’après-midi.  

Pour cette deuxième traque nous passons de l’autre côté du Gers sur une zone de culture au milieu des habitations et entrecoupée de haie. Je poste une ligne en U en doublant le font du U. Les postes sont le long des haies, sous des arbres, sur des passages.

Mon entonnoir en place, je pars avec deux traqueurs, Nicolas et Laurent, vers une haie à 1 km de là environ, où se remise entre 6 et 8 chevreuils. Je poste Laurent pour couper la retraite des animaux vers les jardins des habitations alors qu’avec Nicolas nous partons pour pousser la haie. Nicolas qui veut faire des Photos reste côté dégagé et je traverse la haie quand, à peine ressortis, j’aperçois une chevrette à 50 mètres qui me regarde. Je l’annonce à Nicolas et lui dit de courir vers le bout de la haie.

Nous piquons un sprint, pour éviter que les chevreuils ne partent en arrière mais ma chevrette nous échappe tout de même au travers des habitations en traversant les haies de laurrines et du thuya. 5 chevreuils ont tout de même pris le chemin des postés et entrent dans l’entonnoir. 2 passent le font du U et 1 sera manqué par un posté alors que trois nous reviennent dessus avant de biaiser pour traverser les jardins, la route de Las Pachères puis La D929.

Ils buttent contre un grillages, font demi-tour évite une collision, puis reviennent vers leur point de départ alors que nous nous déployons pour les tourner de nouveau vers la ligne. Je presse le pas et arrive à me placer derrière eux pour les pousser vers la haie mais, au lieu de rentrer dans la haie, ils me font face et finissent par me foncer dessus.

Le brocard et le jeune me passe à quelques mètres à droite alors que la chevrette me passe à gauche et filent se réfugier dans les jardins. Pour éviter une collision routière, je décide d’abandonner là. Les deux autres chevreuils ont poursuivi en longeant le Gers vers Auterrive.

Nous retournons vers les postés qui cherchent la flèche alors qu’un posté m’annonce avoir vu deux chevreuils s’arrêter au milieu du champ mais un seul partir. J’interroge le tireur puis la flèche mais non c’est bien manqué.

Tout ce petit monde motivé par cette belle chasse décide de ne pas en rester là. Ils veulent rechasser le dessous de la carrière de ce matin. Je n’y crois pas trop mais bon, quelques chasseurs nous laissent alors que ceux qui restent partent se poster pour fermer le dessous de la carrière sur une ligne en forme de 2 retourné.    

Robert me porte avec 3 autres traqueurs au-dessus de la carrière. Nicolas et Laurent vont pousser dans un sens et avec Frank nous pousserons dans l’autre, les deux groupes progressent en arc de cercle vers le milieu de la ligne.

Nous traversons un petit bois de pins colonisé par les blaireaux et les lapins alors que les autres traversent un bois de chênes. Ils lèvent des animaux qui partent directement à l’opposé des postés alors que nous levons 3 chevreuils qui nous contournent pour éviter la ligne repérée ce matin. Arrivés avant eux, nous attendons l’arrivée des 2 autres traqueurs puis sonnons la fin de traque.

Nous rentrons tranquillement quand en face une chevrette descend des coteaux au grand galop. Je pense savoir où elle va passer, je redéploie quelques archers sur la droite alors qu’elle arrive au ruisseau bordé d’arbres qui nous masquent, mais elle les comprend en traversant et par sur notre gauche. Je pars en courant pour l’intercepter mais il est trop tard. Nous la regardons s’éloigner alors que la luminosité baisse petit à petit. C'est ainsi que se termine une belle journée de chasse sous un soleil radieux.

Battue du 8 février 2008 avec l'ASCA32

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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