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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 22:12

Suite aux mesures que le virus du covid nous a imposées, je n'ai pas pu chasser à l'approche ma biche et mon jeune que j'avais épargnés en début de saison car les jeunes tétaient encore. Seul l'affût étant autorisé pendant un moment, j'ai préféré attendre le retour de l'autorisation de l'approche pour recommencer à chasser. Connaissant peu ce territoire, j'ai profité de mes 4 dernières sorties pour comprendre les habitudes des animaux et j'ai repéré une très belle remise où les animaux sont présents tous les matins au lever du jour. Aujourd'hui, c'est ma dernière chance de prélever un animal, j'ai en poche mes 2 bracelets et le CEM1, la biche et le jeune de mon ami Arnaud qui ne peux pas venir souvent. Je dois rendre les bracelets ce soir pour qu'ils soient fait en battue et je veux honorer mon contrat de départ de 4 animaux, j'ai donc prévu de chasser toute la journée malgré la météo qui annonce pluie et neige toute la journée. Alors que je me rapproche de Sarrancolin, la neige est de plus en plus présente dans le paysage, la pluie est soutenue. J'arrive au village de Camous vers 7 heures, je me prépare tranquillement et au vu de la neige présente sur le village, je décide d'enfiler mon camouflage neige par-dessus mon camouflage normal. Je vais remonter de nuit vers la remise pour commencer à chasser sur ce secteur à la pointe du jour. La route est verglacée et je peine à ne pas chuter en remontant en haut du village pour rattraper un chemin de randonnée qui remonte vers le haut du cirque montagneux. Il pleut et ma veste non étanche prend vite l'eau, je rattrape le départ du sentier et commence mon ascension en marchant doucement, à la lueur de la lumière rouge de ma frontale, le sol détrempé et les zones caillouteuses facilitent ma progression silencieuse. Seules quelques plaques de neige gelée craquent un peu par endroit. Curieusement, plus je monte moins la neige est présente et finit même par disparaître. Je retire donc mon camouflage neige déjà bien humide pour la mettre dans la poche arrière de ma veste camo.

La luminosité croit doucement et je décide de poursuivre sans ma frontale, après un moment, j'arrive sur un Y, un chemin rejoint le sentier sur ma gauche et repart en arrière en remontant dans la montagne. Je le prends pour remonter sous une zone de rochers, alors que je progresse tout doucement, je me fais surprendre par un grand cervidé non identifié qui surgit devant moi, à 10 mètres, sur le  chemin avant de redescendre pour disparaître derrière un chêne. Je reste figé un moment, il fait trop noir pour tirer. Ne voyant pas revenir l'animal, je m'avance un peu et l'entends avec d'autre qui démarrent en contrebas pour s'éloigner rapidement. Je reprends ma progression sur quelques dizaines de mètres quand j'entends à nouveau les animaux qui se débinent en contrebas sans parvenir à les voir. Je les laisse s'éloigner tranquillement puis avance encore un peu pour rattraper une grosse coulée qui remonte sur la gauche, vers le sommet de la montagne, au milieu des énormes rochers qui affleurent çà et là.  La pluie a cessé. Je remonte tout doucement en surveillant autour de moi même si ma visibilité est encore très limitée. Arrivant dans une répression, je dois franchir une marche haute formée par un ancien mur de grange partiellement effondré. Je le contourne doucement par le bas et commence à remonter doucement quand un animal se lève brusquement çà environ 20 mètres au dessus de moi et démarre pour foncer sur environ 15 mètres sur ma gauche. Il stoppe à environ 35 mètres alors que je me fige. J'ai du mal à l'apercevoir, je distingue tout juste une masse sombre et ne peux pas dire encore s'il s'agit d'une biche, d'un daguet ou d'un petit cerf. Intrigué, l'animal finit par revenir doucement de quelques mètres sur ses pas et stoppe partiellement caché derrière un arbre. Le tronc cache son corps en arrière de l'épaule. Je force mes yeux pour tenter de l'identifier. Après quelques secondes à regarder vers moi, il s'avance encore un peu sur un replat, partiellement caché par un rocher et je n'arrive plus à l'apercevoir tant qu'il ne bouge plus. Après encore un instant, il fait demi-tour, regarde encore un peu vers moi puis avance de quelques pas et stoppe à nouveau pour tenter de m'identifier. Je reste totalement immobile et mes yeux commencent à s'habituer à la faible luminosité qui croit doucement. L'animal, après un moment, s'avance à nouveau sur une zone d'herbe sèche et stoppe plein travers à environ 25 mètres. La tache claire formée en arrière-plan par cette végétation et l'ouverture du bois sur la prairie en dessous qui laisse entrer plus de luminosité me permettent de bien distinguer les contours de l'animal qui est une belle biche. J'arme mon arc et prends ma visée avant de décocher. Je n'ai pas pu voir le vol de ma flèche et n'ai pas vraiment entendu l'impact dans l'animal mais un bruit étrange retentit suivi d'un démarrage d'animaux et du fracas de ma biche qui dévale la forte pente sans pouvoir s'arrêter. Son faon et la bichette, qui l'accompagnaient et que je n'avais pas vu, fuient à toutes pattes dans le bois sur ma gauche. Ma biche n'en finit pas de dévaler la pente puis le calme revient.

Je réencoche une flèche, attends un peu puis m'avance pour recouper la trajectoire de la chute de ma biche. Je pense que ma flèche a touché la colonne vertébrale pour que l'animal tombe ainsi sur place. Je descends la marche de l'ancien mur de grange et trouve vite des grosses taches de sang dans les feuilles mortes retournées par la chute de ma biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021
Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En suivant les feuilles retournées et le sang, j'aperçois vite ma biche en contrebas, immobile, sur le flanc. Elle a chuté de près de 70 mètres par rapport à l'endroit du tir. Je descends à sa rencontre dans la pente raide et glissante quand, alors que je la pensais morte, elle commence à s'agiter en balançant son coup sans pouvoir se relever mais ces mouvements désespérés la font à nouveau basculer et rouler dans la pente pour finir sa course sur le chemin en contrebas. Je descends rapidement vers elle et l'achève d'une flèche cœur poumon. Qui l'immobilise rapidement. Je ne comprends pas où a tapé ma première flèche car je ne vois au premier abord aucune blessure et ma flèche n'est pas visible. En l'examinant de près je constate une blessure au niveau du cou, ma flèche trop en avant a touché les cervicales et traversé le cou de l'animal. Je ne suis pas très fier de ma flèche mais le résultat est là. Je dégage la seconde flèche, apposé le bracelet et lui rends les honneurs. Il me faut maintenant remonter chercher ma flèche qui doit être fichée dans le talus d'herbe sèche tout en haut de la pente boisée.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remonte donc jusqu'à l'endroit du tir avant de remonter dans l'axe de ma flèche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Alors que je commence à montrer,  j'aperçois vite les empennages rouges de ma flèche plantée dans le talus d'herbe sèche. Je remonte tranquillement quand, en arrivant près de l'endroit où se trouvait la biche, j'aperçois une petite plaque de neige restée sur le plateau des racines d'un gros arbre tombé au sol. Cette neige est marquée d’une empreinte sanglante laissée par la chute de la biche. Je comprends maintenant que le bruit que j'ai entendu n'était pas l'impact de ma flèche mais la chute de la biche avant qu'elle ne dévale la pente.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je monte récupérer ma flèche un peu plus haut.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La biche a chuté de quelques mètres, a buté contre la souche de l'arbre avant de basculer en arrière pour glisser le long du tronc dans une goulotte qui l'a précipité jusqu'en bas de la pente, sur le chemin.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remets ma flèche au carquois puis redescends vers ma biche pour faire quelques photos souvenir.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il est très tôt et j'hésite à poursuivre ma chasse mais je crains que les vautours ne dévorent rapidement ma prise si je la laisse sans surveillance. Je décide donc de la redescendre au village de Camous pour traiter la viande avant de repartir en chasse. Le chemin par lequel je suis monté ce matin est à 50 mètres en contrebas mais il est parfois dominé par des parois rocheuses abruptes, je décide donc de suivre le chemin pour rentrer. J'attache l'animal par le cou et un bout de bois à l'autre bout de ma corde pour faire une poignée avant de commencer à le tracter. Le chemin est presque plat sur une bonne portion, un bourrelet de feuilles et de bout de bois s'accumule sous ma biche ce qui rend la traction de ses 110 kg encore plus dure. Je m'avance pour poser mon arc plus en avant et revenir ensuite à la biche pour tirer plus à l'aise avec les 2 mains libres. Après environ 100 mètres, le bourrelet de feuilles dirige, sans que je m'en aperçoive, la biche vers le bord du chemin et la précipite dans la pente. Surpris, je ne peux rien faire pour la retenir et ne peux que la regarder dévaler la pente pour stopper au ras du chemin, accrochée dans un buis. Finalement, cet incident va m'économiser de ma peine, je récupère mon arc et descends rapidement en suivant le chemin. Je décroche ma biche et la descends sur le chemin puis recommence à descendre en la tirant derrière moi, quelques plaques de neige facilitent un peu la traction mais le bourrelet de débits végétaux se forme régulièrement et freine la biche que je surveille pour ne pas la revoir basculer dans la pente sous le chemin. Je descends parfois de plusieurs dizaines de mètres sans tracter pour poser mon arc avant de remonter pour descendre ma biche plus à l'aise dans les passages difficiles. Alors que j'arrive près du village, je dérange une biche, son faon et un daguet qui démarrent à environ 30 mètres au-dessus du chemin. Je lâche la biche et encoche une flèche mais les animaux remontent dans le bois et stoppent à environ 50 mètres pour m'observer. Ils repartent tranquillement en faisant plusieurs pauses pour m'observer puis se calent dans le taillis, à environ 80 mètres et regardent vers moi sans bouger. Je remets ma flèche au carquois et reprends ma descente sous le regard des animaux qui ne semblent plus vouloir bouger. Je quitte le chemin un peu plus loin pour descendre la biche le long de la conduite de force jusqu'à la route où j'appelle le président de la chasse pour qu'il vienne m'aider à charger ma prise et la ramener à la salle de découpe. Un radonneur arrive par le chemin qui longe le ruisseau en bac de la combe et passe en dessous de moi avec ses 2 borders collies en liberté.

Arrivé au village, je prends ma biche pour la dépecer, la vider et la découper en cartiers. Vers 12h30, les quartiers de viandes sont chargés dans ma voiture et je décide de retourner chasser quelques heures avant de rendre le reste des bracelets et de rentrer chez moi. Je retourne me garer à Camous comme ce matin et reprends le même chemin que je suis doucement quand j'aperçois 2 animaux au-dessus de moi sur la gauche, un faon et une bichette. Certainement ceux qui accompagnaient la biche fléchée ce matin. J'avance rapidement pour passer à couvert derrière les buis. Je remonte ensuite doucement au milieu de ces derniers pour me rapprocher à portée de tir. Alors que j'arrive au bout du massif de buis, j'aperçois les  2 animaux qui se débinent sur quelques mètres. Je me décale un peu sur la droite d'un buis, le faon est plein travers à environ 25 mètres au-dessus et regarde vers moi. J'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Le faon s'écrase alors pour démarrer et ma flèche, qui semblait parfaite au départ, passe au-dessus de lui pour aller se planter dans le sol. Les 2 animaux s'arrêtent 20 mètres plus loin et regardent un instant vers moi sans comprendre ce qui vient de se passer puis se débinent tranquillement en descendant vers le chemin. Je remonte chercher ma flèche et la remets au carquois avant d'en encocher une autre.

Je décide de poursuivre à flanc de montagne jusqu'à la remise, où je voulais aller ce matin, située au-dessus d'une grange habitée. En arrivant sur place, je constate que les animaux étaient là ce matin, de nombreuses traces fraîches et laissés tous frais en attestent. Je progresse doucement en ouvrant bien les yeux pour contrôler chaque massif de buis, chaque replat dans les rochers mais les animaux ne sont plus dans le secteur. Je suis quelques traces fraîches dans les zones enneigées en descendant dans la goulotte profonde qui descend vers l'habitation puis je remonte le penchant opposé en essayant de ne pas glisser sur cette pente très raide et détrempée. Les 2 chiens, type molosses, de l'habitation en contrebas de mettent à aboyer et regardent vers le bois en dessous, je stoppe et observe en pensant voir passer des animaux mais il s'agit du randonneur vu ce matin avec ses 2 borders collies qui passent sur le chemin au ras de l'habitation. Le soleil fait une timide apparition. Alors que je contourne un gros rocher par le bas et tente de passer un arbre mort tombé au sol, j'aperçois une biche, sa bichette et son faon qui démarrent au-dessus sous les rochers, au milieu des noisetiers. Ils s'éloignent tranquillement sans se retourner. Mon obstacle passé, je remonte pour recouper leurs traces que je suis un instant en remontant vers la route mais je les perds au niveau d'une piste qui débouche un peu plus haut sur la route. Je redescends tranquillement quand, en arrivant au sommet d'un talus, je me fais surprendre par les 3 animaux que je suivais. Ils sont à juste 8 mètres devant moi dans la neige, plein travers, en bordure du bois. Pas le temps de réagir, la biche regarde vers moi et c'est la panique. Elle démarre et fonce sur ma droite avec les jeunes à ses trousses. Après à peine 10 mètres de course elle effectue un bon spectaculaire en percutant au passage un arbuste épineux. Le petit groupe bifurque ensuite pour suivre le bois qui descend vers le fond de la vallée et je le perds vite de vue. J'attends un peu puis décide de tenter de les suivre un moment pour voir où ils sont allés, il est toujours instructif d'analyser les trajectoires de fuite des animaux. La zone est bien enneigée et les traces faciles à suivre. Je descends un moment en suivant le bois puis la piste biaise à droite pour descendre un talus abrupt et rattraper une piste que les animaux ont suivi un moment avant de la longer sur la gauche pour descendre ensuite dans les buis en direction du bois. Je décide de continuer à longer la piste jusqu'à l'habitation, ce qui fait de nouveau aboyer les chiens puis je bifurque à gauche sur une piste qui redescends en longeant le bois. Plusieurs pistes d'animaux plus ou moins fraîches descendent ou remontent le talus abrupt de gauche pour traverser la piste et rentrer ou sortie du bois. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux mais rien en vue.

Un peu plus bas, je rentre dans le bois sur ma droite par une belle coulée en suivant des traces étranges que j'identifie un peu plus loin alors qu'elles sont mieux dessinées dans la neiges. Ce sont des pieds de blaireau mais il doit être vraiment énorme car son empreinte fait pas moins de 10 cm de long avec les griffes sur près de 4 de large. Je perds vite les traces en suivant une belle coulée. La neige devient plus rare mais me permet encore de suivre les traces de plusieurs cervidés qui se croisent et se séparent au gré de leur recherche de nourriture. J'avance doucement et observe beaucoup le sous-bois mais rien. La neige disparaît assez vite et je suis les coulées les plus marquées en remontant doucement vers le chemin par lequel je suis monté et le rattrape, après quelques centaines de mètres, au niveau d'une grange entourée de buis. Je décide de traverser le chemin pour remonter à la recherche de la biche, du faon et du daguet vus ce matin. Je suis un peu le chemin en redescendant puis prends une montée sur la droite pour rejoindre une grange au milieu d'une clairière enherbée. Alors que j'avance doucement vers le bâtiment un mouvement, à environ 70 mètres, me fait stopper net. Le daguet et la biche sont en train de descendre dans la pointe de la clairière en broutant. Je me serre vite à gauche pour me cacher derrière le relief du terrain. Les animaux ne m'ont pas vu. Je remonte doucement vers le bois, caché par le relief du terrain et les arbres, alors que la pluie recommence à tomber. J'avance doucement d'un arbre à l'autre pour passer au-dessus des animaux puis avance doucement vers eux. Alors que j'arrive à environ 50 mètres de la biche. Elle relève la tête en ruminant, elle est tournée vers moi, le faon est à ses côtés de cul, le daguet est 20 mètres plus en retrait, plein travers et broute tranquillement. Dès que la biche baisse la tête, je reprends mon approche et gagne quelques mètres quand le vent tourne et souffle maintenant de façon soutenue dans mon dos. La sanction est immédiate, la biche relève la tête et démarre, entraînant les 2 autres animaux avec elle. Elle stoppe environ 40 mètres plus loin et pousse un cri d'alerte avant que le petit groupe se débine dans le sous-bois où je le perds de vue. Je décide de remonter jusqu'à la prairie environ 100 mètres plus haut pour longer doucement le bois. Alors que j'avance doucement sur le replat de la prairie, en lisière du bois, j'aperçois les animaux à environ 30 mètres en contrebas. J'avance doucement pour tenter de trouver un bon angle de tir et me rapprocher un peu mais le faon, que je n'avais pas vu au départ, caché par les arbres, m'a repéré et regarde vers moi. Je me fige mais trop tard, il démarre et bute dans sa mère devant lui ce qui provoque sa fuite et le départ du daguet un peu plus en arrière. Les animaux filent au galop et je pense ne plus les revoir. Après quelques secondes et le retour au calme, je reprends ma progression lente. À peine 50 mètres plus loin, j'aperçois à nouveau les animaux à environ 35 mètres en contrebas, les têtes sont cachées par les arbres. Je tente de m'approcher un peu, caché par quelques buis mais alors que je commence à voir la tête du daguet, je constate qu'il regarde vers moi. Je me fige, il est un peu loin pour tenter un tir et sur l'œil. J'attends un peu immobile mais il démarre et fait fuir le groupe. 

Plus en avant, se trouve une zone de taillis où j'espère qu'ils se sont arrêtés. Je presse donc le pas dans la prairie enneigée en m'éloignant de la lisière pour tenter d'aller recouper les animaux après les taillis. La zone est jonchée de tas de crottes de grands cervidés et de nombreuses traces parcourent le secteur. Ce doit être une bonne zone pour attendre les animaux le soir, je la signalerai à Arnaud. En traversant la prairie, je rejoins une bande de buis traversée de grosses coulées qui débouchent sur un bout de sentier pris entre 2 haies de buis. Je passe les premiers buis et descends le chemin pour déboucher dans une clairière enneigée prise entre les taillis à ma gauche et une pente plus raide et couverte de buis sur ma droite. J'avance doucement en longeant le taillis et contrôle les traces pour voir si les trois animaux sont déjà passés ou s'ils sont restés dans le taillis. Aucunes traces ne correspondent à ces trois animaux, des passages plus ou moins frais rentrent et sortent des buis et des taillis. J'observe attentivement autour de moi quand brusquement je me fige en apercevant un animal à 15 mètres, en train de brouter de 3/4 face devant moi. Je ne suis pas bien caché, il me semble reconnaître un jeune, de toute façon ce n'est pas un CEMC2, je peux donc tirer. L'animal lève la tête, regarde devant lui sans me voir et rebaisse la tête pour reprendre son repas. J'arme doucement mon arc et prends ma visée suffisamment en avant sur son épaule pour atteindre les organes vitaux puis décoche. À l'impact ma flèche me semble un peu haute. Elle traverse l'animal qui fait volte-face et s'enfuit à toutes pattes dans la pente avec un autre animal plus petit qui a surgit des fougères plus à gauche. Je comprends alors que je viens de flécher une biche. Je les perds de vue alors qu'ils sautent un talus plus abrupt. Ma flèche plantée dans la neige est bien visible. 

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il pleut de plus en plus et je crains de perdre rapidement le sang. Je décide d'attaquer rapidement la recherche que j'espère facile grâce à la neige. Ma flèche n'est presque pas marquée par le sang, j'espère que ma flèche n'est pas passée dans les muscles du dos.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche a projeté quelques goutes de sang sur la neige sur son passage.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

A l'endroit du tir, je trouve une petite touffe de poil avec un peu de sang.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je commence, à suivre le sang qui n'est pas très abondant et que la pluie est en train de laver et transforme les gouttes de sang en petites coulures rosées diluées.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Malgré le peu de sang, la piste est facile à suivre sur la neige et les traces des animaux sont bien visibles. Une touffe de poil ensanglantée est tombée dans le sillage de la biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La pluie se calme et j'arrive au sommet du talus où il me semblait avoir vu sauter la biche. Plus bas, la neige est plus clairsemée et la recherche risque de se compliquer mais c'est alors, qu'à ma grande surprise, je constate que les traces et le sang longent le haut du talus sur près de 30 mètres avant de stopper net. Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre, j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je m'avance doucement au sommet du talus et aperçois ma biche morte qui a glissé sur le chemin en contrebas.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je descends à sa rencontre, ma flèche ressortie en arrière des côtes a provoqué la sortie d'une boule d'intestins grosse comme une main ouverte. Le sang coule abondement par les naseaux de la biche, ma flèche a bien traversé les poumons et je constaterai à la découpe qu'elle a aussi touche le foie. Elle aura parcouru environ 100 mètres avant de s'effondrer.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche rentre bien dans l'épaule où je visais et a traversé l'omoplate. Alors que je m'apprête à mettre le bracelet, je m'aperçois que je l'ai oublié à la voiture. Il est près de 14h30, je fais quelques photos souvenir et laisse la biche sur place pour descendre chercher le bracelet.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En chemin, j'appelle le Président de la chasse pour l'informer de la situation et voir s'il peut, comme ce matin, venir chercher ma prise avec sa remorque. Il est disponible, je lui dis donc que je vais chercher le bracelet et que je l'appelle quand la biche est en bas au village. Le temps de descendre et remonter une dizaines de grands corbeaux et 4 ou 5 milans royaux tournent autour de la biche à faible altitudes et certains sont posés dans les arbres aux alentours. Heureusement les vautours ne sont pas encore là. Je presse le pas pour rejoindre ma biche et appose mon bracelet avant de la descendre. Le Président averti me rejoint et nous chargeons ma biche avant de partir pour la salle de découpe. Mon travail terminé vers 17h30, il est maintenant temps de rentrer pour finir de préparer la viande et la mettre au frais.

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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