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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 16:19

En récupérant mes bracelets avant l’ouverture, j'avais posé une option pour un CEM2 si un se libérait. La semaine suivant le prélèvement de mon CEM1, mon téléphone sonne le jeudi midi, c’est le président de la chasse qui m’appelle pour me proposer un CEM1 et un CEM2 sur Camous, un carabinier venu chasser les jours précédent n’a pas réussi à les réaliser. C’est ma chance, après toutes ces années d’attente, j’accepte le CEM2 et Arnaud le CEM1. Vendredi matin, après avoir récupéré les bracelets, je pars chasser seul sur le secteur sous la pluie. Après 4 belles approches qui n’ont pas pu se conclure à cause des vents tournants, notamment une sur un très beau 16 cors approché à un peu plus de 20 mètres (Attendant qu’il s’avance pour dégager sa zone vitale, caché derrière un gros tronc couché au sol, le vent tournant m’a trahi et lui a permis de fuir avant que je n’ai l’occasion de le flécher), je décide de rentrer chez moi vers 11 heures, complètement trempé mais plein d’espoir pour les prochaines sorties. Le samedi matin, je retourne avec mon ami pour une journée complète de chasse, sans faire de pause pour manger le midi, j’ai arpenté en tous sens le territoire entre 7h30 et 20h30 sans m’arrêter de marcher et j’ai repéré de très nombreux cerfs de plus de 10 cors et des secteurs prometteurs pour concrétiser mon rêve. J’ai également pu réaliser plusieurs approches sur des animaux à portée de tir mais jamais l’animal convoité, 2 daguets, une bichette, 2 jeunes 10 cors. Le lendemain matin, nous repartons pour une matinée de chasse car Arnaud rentre ce soir chez lui et tuer un cerf en fin de soirée implique de finir de préparer la viande vers 2 heures du matin ou plus.

Je remonte la route qui dessert les granges du secteur et me gare presque au bout de cette dernière. Nous nous quittons donc au lever du jour pour nos secteurs respectifs, Arnaud chassera au-dessus de la route et moi en-dessous et le penchant opposé comme la veille, nous nous donnons rendez-vous vers 11 heures à la voiture. Nous nous préparons avant le lever du jour et comme la veille de nombreux cerfs brament déjà tout autour de nous. Le vent remonte vers le fond du cirque, je décide donc de redescendre à pied, par la route pour chasser en remontant, vent de face. Après quelques centaines de mètres, je bifurque à gauche sur un sentier qui redescend vers Camous à travers bois.  Le vent a tourné et souffle maintenant face à moi, je suis dégoûté mais il me faudra faire avec. Plusieurs cerfs aux brames impressionnants se font entendre sur le penchant opposé et plus bas en dessous du chemin. J'avance doucement alors que la luminosité, encore faible, croit lentement. Brusquement, un mouvement me fait stopper net au milieu du chemin. Une petite silhouette blanche descend vers moi par un passage qui remonte vers une grange abandonnée un peu plus loin. C'est un chat, il avance sans bruit en s'arrêtant régulièrement pour observer autour de lui et prend le chemin pour remonter vers moi. Je reste immobile et le laisse venir. Il vient lentement jusqu’à 2 mètres de moi de moi quand il s'aperçoit que cette masse au milieu du passage n'est pas normale. Surpris, il fait un bond spectaculaire et retombe plus de 2 mètres plus à gauche sous le chemin dans le bois avant de se réfugier sous un buis pour m'observer à environ 3 mètres de moi. Je me remets en mouvement et il me regarde passer sans bouger, tapis au sol.

Un peu plus bas quelque chose démarre bruyamment à environ 30 mètres devant moi sur la bordure gauche du chemin. Je me fige et accroche mon décocheur. Une biche et une bichette arrive pour stopper à 15 mètres en dessous du chemin et regarder vers moi. Elle reste un moment sans bouger puis se débinent tranquillement dans le sous-bois. Alors que je commence à voir les prairies un peu plus bas et entendre le ruisseau grossi par les pluies de ces derniers jours, je quitte le chemin et descends un peu pour rattraper une belle coulée et remonter doucement pour chasser dans le bois. Avec le lever du jour le brame s'est bien calmé. Les cerfs se font entendre tout de même par moment sur le flanc de montagne opposé. J'avance tout doucement en stoppant tous les quelques mètres pour observer. Plus loin je dois passer une petite combe profonde en très encaissée puis contourner un grosse roche quand un grondement sourd se fait entendre au-dessus dans le bois. Je viens de me faire repérer par un cerf mais impossible de le voir. Je me décale doucement alors que les grondements continuent mais impossible de l'apercevoir quand un brame puissant retentit un peu plus loin sur une place de brame où j'ai approché un gros 14 à 30 mètres vendredi et plusieurs gros cerfs différents hier. Je m'approche doucement caché par le relief du terrain qui forme un creux avant la place. Un bout de grillage limite mes possibilités d'approcher discrètement car pour le franchir par-dessus je dois m'exposer. Je biaise donc vers un trou dans ce dernier et le cake derrière un gros arbre alors qu'un brame puissant retentit. Je me penche doucement sur la droite du tronc et aperçois un beaux 10 pointes accompagné d'une grosse biche, d'une bichette et d'un jeune. Le vent n'est pas très bon et ne cesse de tourner. Presque immédiatement, le cerf regarde vers moi et s'éloigne tranquillement en laissant les autres animaux qui broutent tranquillement en remontant vers la prairie un peu plus haut. Je reste un moment à observer a biche et ses jeunes en espérant voir revenir le cerf mais ce petit monde remonte tranquillement vers la prairie et le mâle ne revient pas. Des brames se font entendre un peu plus loin et sur ma droite sur le penchant opposé. Je commence à bouger et immédiatement la biche, pourtant à environ 80 mètres me repère et le fixe avant de s'enfuir avec les autres animaux. Je biaise vers le ruisseau en contrebas, le traverse et rejoins la piste qui remonte vers les granges par le fond de la vallée, en suivant le ruisseau. Le bruit assourdissant du cours d'eau couvre les voix des cerfs. Je décide de suivre un moment-là piste pour rejoindre un penchant d'herbe avant de remonter vers le sommet de la montagne dur la droite de la piste. J'avance assez rapidement pour ne pas perdre de temps car mes chances de voir un cerf à découvert sont faibles. Après quelques centaines de mètres de marche rapide j'atteins le bas de la prairie et observe un instant. Pas d'animaux, je remonte et suivant le bois pour passer au-dessus de la prairie dans une pente très raide couverte d'une hêtraie très claire. Je progresse d'arbre en arbre en prenant le temps d'écouter et de bien observer. Peu à peu, le bruit du cours d'eau s'estompe et des brames commencent à se faire entendre sur ma droite. 2 cerfs semblent se répondre dont un à la voix surpuissante. J'avance toujours avec la même technique en baisant vers une combe qui descend droit vers le ruisseau. Je suis le plus possible les coulées moins bruyantes que l'épais tapis de feuilles mortes qui couvre le sol et cache de petits bouts de bois morts. Des animaux me surprennent et démarrent en contrebas dans la pente, c'est une biche, la bichette et un faon qui s'éloignent et disparaissent en passant l'arrêté du bord de la combe, à environ 80 mètres. Alors que j'arrive près de la combe un brame me fait lever les yeux sur un beau 10 pointes, à environ  100 mètres au-dessus de moi, à découvert, au milieu de la hêtraie. Je me suis figé et il ne semble pas m'avoir vu alors que je suis à découvert dans la pente couverte de feuilles mortes. Le cerf immobile un moment commence à se frotter les bois contre un tronc, j'en profite pour avancer très lentement d'un pas vers un rocher plat posé au pied d'un gros hêtre, à quelques mètres au-dessus de moi. Le cerf relève la tête, regarde autour de lui et brame. L'autre cerf lui répond de sa voix puissante plus bas et plus en retrait dans le bois. Le 10 pointes d'avance d'un pas, sa tête est cachée derrière un arbre, j'en profite et le hisse doucement vers la roche pour me caler derrière le gros tronc. À couvert j'analyse le terrain, une belle coulée passe à 15 mètres au-dessus de moi et d'autres plus haut. L'approche est quasi impossible, je décide de rester là et d'attendre en espérant que le cerf descende pour se rapprocher de moi. Je l'observe un moment à brame et à se faire les bois contre les arbres, l'autre cerf lui répond et semble se rapprocher. Je décide de tenter de l'énerver en poussant un petit brame étouffé, il regarde vers moi mais je réagit pas plus. Je retente un petit brame au bout de quelques minutes. Il me répond mais ne bouge pas. Je décide d'attendre immobile mais rapidement, un craquement attire mon regard en dessous de moi. Un énorme cerf de 10 pointes avec de très longs andouillets d'avance tranquillement sur l'autre rive de la combe à environ 30 mètres. Il stoppe à environ 25 mètres et regarde vers moi. Je suis en apnée et pense qu'il m'a vu mais il repart tranquillement sur sa lancée. Je profite de son passage derrière un arbre pour armer mon arc et aligner la visée sur son épaule. Il stoppe à environ 17 mètres en dessous de moi. Rapidement mon pin's se cale au défaut de l'épaule et je décoche mais ma flèche trop basse passe juste dessous son poitrail et se casse en touchant le sol. Je n'en reviens pas comment j'ai pu manquer ce cerf, il fait volte-face et se jette bruyamment dans la pente. L'autre cerf en a profité pour monter d'environ 50 mètres et regarde vers moi. Je descends chercher ma flèche et suis un moment les pas du cerf qui ont retournés les feuilles mortes mais pas la moindre goutte de sang, je l'ai bien manqué. Il est 10 heures et je décide donc de redescendre pour revenir en chassant vers la voiture quand des raires suivis d'un brame étouffé se font entendre un peu plus loin sur la gauche. J'observe un moment sans rien voir puis commence mon approche lente en stoppant régulièrement pour observer. Les rayures suivi de ce même brame étouffé se succèdent alors que je me rapproche peu à peu sans voir le cerf. Je suis les coulées des cervidés pour éviter de glisser dans la forte pente. Je passe une autre combe qui descend vers le ruisseau puis remonte très doucement vers une énorme roche plantée dans le flanc de la montagne. Un brame retentit, le cerf est juste au-dessus de ce gros rocher. Une goulotte ponctuée de marches naturelles dans le gros rocher me permet de l'escalader doucement. Alors que mes yeux atteignent le haut du rocher, j'aperçois le cerf, il est de 3/4 arrière, tête à droite, à environ 20 mètres et frotte ses bois contre un arbre. Ses empaumures à 3 pointes bien développées, ses merrains massifs ne laissent pas de doutes. Un compte rapide des pointes, il fait au moins 10 pointes, ce n'est pas le plus gros ni le plus beau cerf que j'ai vu en 3 sorties mais il est magnifique. Je me baisse, arme mon arc puis remonte doucement en alignant ma visée sur le cerf qui s'avance doucement tête basse de 3/4 arrière, son flanc est bien dégagé, ma visée calée, je décoche. Ma flèche rentre d'environ 30 a 40 cm dans l'animal qui accuse l'impact puis part au galop tête basse. Il stoppe 40 mètres plus loin dans un massif de buis, ses bois bouge mais je ne vois pas vraiment son corps, il titube, tente de repartir en montant mais son arrière train ne le porte plus, il chancelle puis démarre en faisant un arc de cercle pour disparaître derrière les buis. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Confiant sur la létalité de la flèche, je m'avance doucement vers les buis où je trouve de très impressionnantes traces de sang

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

et aperçois vite mon cerf couché sur le flanc côté tir, calé contre un arbre. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Il a un gros caillot de sang dans la gueule, c'est un superbe animal. J'appose mon bracelet le le dégage de l'arbre pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos avant de le descendre. Je suis enfin parvenu à prélever ce grand cerf dont je rêvais tant, je ne me lasse pas de le contempler, c'est vraiment le roi de nos forêt et quelle chasse que de l'approcher dans les décors majestueux de nos Pyrénées.

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

La pluie se met à tomber comme pour me ramener à la réalité. La pente est très raire et je crains d'endommager le trophée si je le laisse dévaler la pente, je dois donc le retenir et l'orienté pour le descendre en le calant d'un arbre à l'autre sur plusieurs centaines de mètres avant d'arriver à la piste du fond de vallée. Je laisse mon cerf dans un trou, recouvert de fougères et de branchages pour le cacher aux yeux des vautours avant de remonter vers ma voiture qui est à environ 35 à 40 minutes de marche. Je n'ai pas de réseau et je dois attendre d'arriver à mon véhicule pour avertir Arnaud et le président de la chasse qui m’envoie son fils et des jeunes chasseurs de la commune pour charger mon cerf sur leur pick-up avant de rentrer à la salle des chasseurs pour préparer mon cerf avant de rentrer chez moi.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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