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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 15:06

Ce matin, je pars chasser sur Sarrancolin, dans ma tenue camo-neige, pour tenter de fermer le bracelet du Cerf C1 que Patrick n'a pas encore réalisé. Il a beaucoup neigé ces jours-ci et le chemin de la Soule est en partie verglacé. Je me gare donc au niveau des premières maisons vers 7 heures et attends dans ma voiture que le jour se lève un peu. Vu la hauteur de neige tombée sur les hauteurs les animaux doivent être descendus. Je décide d'attaquer par la crête rocheuse qui remonte vers le Pas du cerf sur la droite des habitations. Un vent très puissant s'est levé et les bourrasques soufflent latéralement vers la crête rocheuse. Alors que la luminosité commence à croître, je quitte mon véhicule après avoir fini de m'équiper et prends un passage qui communique avec une prairie derrière le lotissement. Je remonte en suivant le penchant boisé qui borde la prairie, le vent puissant qui me fouette le visage accentue l’impression de froid déjà mordant. Il fait -6°C, le ciel est bien dégagé. La neige est marquée de traces plus ou moins fraîches. Alors que j'ai fait environ 300 mètres, un animal que je n'avais pas vu démarre à 15 mètres sur ma droite, au-dessus de moi dans les buis qui couvre cette zone du penchant boisé. Le vent qui couvrait le bruit de ma progression lui a porté mon odeur. Le fracas produit me fait penser qu'il s'agissait d'un cerf, je continue un peu pour rejoindre une belle coulée qui va me permettre de remonter vers la crête entre les buis et les rochers. Des traces fraîches remontent et je les suis plus ou moins en ouvrant bien les yeux mais j'arrive en crête sans avoir vu d'animaux. Je suis maintenant plus ou moins la crête au grès des obstacles en observant aléatoirement des 2 côté mais toujours pas d'animaux. Plusieurs pistes de sangliers, de cervidés et de renards passent la crête pour s'enfoncer dans le bois à ma droite. Après les restes rouillés d'une vielle palombière, je redescends vers la grange de Tahouens alors que le vent commence à se calmer.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Le secteur est marqué de quelques pistes fraîches qui remontent toutes vers la crête. Je rejoins doucement l'angle des bâtiments, où est passé un grand cervidé, puis la piste qui traverse le bois pour ressortir dans une prairie avant le chemin de la Soule. Sur ma gauche, les sangliers ont retourné la neige et les feuilles mortes pour chercher à manger à environ 10 mètres sous la piste. Je suis la piste au-dessus de la Prairie pour rejoindre la route puis redescends par cette dernière pour reprendre les pistes forestières de chez Patrick. Je peine à rester debout sur la route verglacée et tombe régulièrement, je finis par marcher dans la neige du bas-côté. Je rejoins ainsi un petit pré, sur la droite de la voirie, d'où partent 2 pistes forestières ouvertes par Patrick. Je descends tout en bas du pré pour prendre la plus basse et commence à la suivre tranquillement tout en observant alternativement la pente en escalier en dessous et le penchant de ronce au-dessus. Le vent s'est posé, ne reste qu'un petit vent qui remonte à 90° de la piste. Très vite je tombe sur une très grande quantité de traces fraîches de cervidés qui suivent la piste et redouble d'attention en les suivant. Le replat sous les noisetiers, sur le bord de gauche de la piste a été gratté à plusieurs endroits par les cervidés en recherche de nourriture. Je rejoins la descente de la première piste du pré que je n'ai pas prise tout à l'heure, leur jonction forme une plateforme en dessous d'un penchant couvert de chênes américains. Je stoppe un moment pour bien observer le secteur mais rien en vue.

Je poursuis ma marche tranquillement sur la piste quand un très gros daguet démarre à la fin des chênes américains dans un creux de la pente et baise doucement vers la route au-dessus. Je le perds de vue dans les noisetiers un peu plus loin. J'hésite à le suivre par la piste qui remonte chez Patrick mais décide finalement de prendre une piste qui redescend. Les pistes de gibier semblent se séparer entre les 2 pistes et une partie des animaux semblent avoir pris la pente sur la gauche en quittant la piste. J'avance doucement quand je tombe, plus bas, sur la carcasse d'un faon totalement dévoré par les renards et les sangliers qui ont tassé la neige en piétinant tout autour. Ne restent plus que la colonne vertébrale, le haut des côtes, les os des pattes arrière et le crâne avec encore un morceau de peau.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Un peu plus loin j'arrive la piste se sépare en deux, une branche descend et l'autre remonte, j'hésite puis décide de descendre. J'avance doucement quand je perçois du mouvement en contrebas. Je me rapproche du bord de la piste et aperçois une biche, une bichette et un faon qui viennent stopper à 45 mètres en dessous de moi. La biche regarde un court instant vers moi puis repart suivie par les 2 autres animaux, ils disparaissent vite dans le bois. Je fais vite demi-tour pour tenter d'aller les recouper un peu plus loin. Je remonte la piste et reviens vers les chênes américains avant de descendre, en suivant des traces fraîches, vers le bas de la montagne. Plusieurs animaux sont descendus et ont gratté la neige à la recherche de nourriture, des crottes gelées ponctuent la piste, ce sont des cervidés. Plus bas je tombe sur un replat sur lequel les animaux ont gratté la neige jusqu'à la terre pour confectionner plusieurs couchettes. Je suis le replat dans le sens des traces et tombe un peu plus loin sur une grange à moitié effondrée, les animaux ont aménagé des couchette sous la zone où le toit tient encore. Je contourne cette grange par la droite et tombe sur une piste qui remonte vers les chênes américains. Je la suis un moment jusqu'à trouver une petite piste qui descend dans les buis sur la droite et commence à la suivre pour descendre vers le ruisseau mais rapidement la végétation alourdie par la neige me barre le passage. Je descends donc tranquillement par une coulée entre les buis. Un peu plus bas un animal démarre dans les buis en dessous de moi, je me fige et me prépare au cas où mais un jeune grand cervidé déboule à environ 20 mètres devant moi dans un clair puis bifurque à droite pour disparaître dans les buis en un éclair. Je reste immobile un instant à surveiller autour de moi quand je repère, à ma grande surprise, un renard assis qui me regarde en bordure des buis à environ 12 mètres au-dessus de moi. Je me tourne doucement face à lui et commence à armer mon arc sans vraiment y croire mais à ma grande surprise il ne bouge même pas. Est-ce grâce à ma tenue camo-neige ? J'aligne ma visée et décoche mais je n'entends qu'un impact sur un rocher en arrière de l'animal et voit le renard fuir dans les buis indemne. Je réencoche et monte voir ce qu'il reste de ma flèche qui a explosée sur le rocher en arrière du renard, pas de sang, pas de trace sur la flèche, je l'ai manqué lamentablement.

Je finis de descendre vers le ruisseau et débouche sur un sentier jonché de traces. Je suis les traces en remontant le ruisseau. Les traces semblent fraîches mais pas d'animaux en vue. Je rejoins ainsi un sentier qui remonte vers les grandes pistes avant que le sentier que je suis ne débouche sur une prairie enneigée. Je bifurque et remonte en suivant les lacets de ce sentier tortueux. Toujours beaucoup de traces, je suis encore dans l'ombre de la montagne mais remonte vers le soleil qui inonde le sous-bois.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

De nombreuses couches sur les abords du sentier attestent de la fréquentation des lieux.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Il va être 10 heures, je décide de remonter vers chez Patrick en suivants les pistes. Alors que je remonte par la piste qui passe sous chez mon ami, je croise la piste d'un sanglier d'environ 40 kg qui remonte vers chez mon ami puis, un peu plus loin, j'aperçois un superbe brocard en velours qui traverse la piste à environ 40 mètres devant moi et disparaît dans la pente. Je m'approche doucement en serrant la droite du chemin, côté monté pour rester caché par le replat de la piste puis reviens doucement sur la gauche un peu avant l'endroit où est descendu le brocard. Je surprends le chevreuil qui était resté à à peine 3 mètres sous le chemin. Il détale vers le bas en suivant la piste et disparaît vite dans la végétation enneigée.

Je poursuis mon chemin et rejoint une branche du chemin qui remonte vers le portail de chez Patrick et le chenil. Je remonte, salue sa chienne griffon au passage puis passe le portail pour rejoindre mon ami qui me fait renter pour discuter un peu. Il est décidé à tuer le cerf aujourd'hui ou le jeune et me propose de faire la traque du penchant boisé au-dessus de chez lui. Il décide de prendre sa carabine et d'aller se poster entre une de ses pistes et le lacer de la route à environ 1 km en arrière de chez lui alors que j'attaquerai la traque au-dessus de son habitation, arc à la main en avançant doucement vers lui. Je lui ai parlé de la piste du sanglier et Patrick décide de remonter avec moi pour voir si ce dernier a passé le chemin d'accès à son habitation. Seules des pistes de renards passe le chemin, Patrick décide de recouper par une piste qui rejoint celle que j'ai prise pour monter puis d'aller se poster par cette dernière. Le sanglier semble parti vers les chênes américains entre la piste et la route. Je laisse Patrick aller se poster et commence à remonter le penchant assez raide et très enneigé pour rejoindre une ancienne piste qui rentre dans le penchant boisé en parallèle du chemin de la Soule qui passe plus haut. Le secteur est marqué de nombreuses pistes de renards. J'avance tranquillement sur la piste avec de la neige au-dessus du genou. Chaque pas est un sacré effort, mes pieds s'enfoncent d'abord dans la neige fraîche puis jusqu'au sol quand je fais un pas. La neige est de plus en plus haute alors que je monte tranquillement. Je tombe après environ 10 mètres sur la piste d'un cerf. Patrick m'a dit d'attendre 11 heures pour attaquer ma traque en partant au-dessus de sa maison. J'avance 10 mètres par 10 mètres en faisant des pauses pour observer le secteur.

J'arrive au-dessus de sa maison, avec le vent dans mon dos, vers 10h45 et décide d'avancer encore un peu sur les traces du cerf. Les remises sont plus loin. J'avance encore d'environ 40 mètres en faisant toujours des pauses tous les 10 mètres avant de stopper pour attendre 11 heures. Alors que j'observe autour de moi, planté dans la neige jusqu'à l'entrecuisse, mes yeux se posent sur un jeune 6 cors en train de brouter un buisson de houx à environ 25 mètres en contrebas un peu plus en avant de ma position. Je me fige et l'observe, son corps et visible au travers du houx, il est de 3/4 face, le tir est trop risqué, je décide d'attendre.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Au pire, s'il me sent, il partira vers Patrick sinon, s'il avance un peu je pourrais peut-être décocher. L'animal mange paisiblement et regarde parfois autour de lui sans se soucier de moi bien que son regard croise plusieurs fois ma direction. Cette tenue neige est vraiment très efficace. Au bout d'un moment, le cerf se décide à avancer et se plante plein travers à un peu plus de 20 mètres alors que j'arme mon arc. J'aligne ma visée sur le défaut d'épaule et décoche. Touché, le cerf bondit en l'air au-dessus de la neige. Je n'ai pas bien vu mon atteinte et me dépêche de réencocher. Le cerf qui n'a pas compris ce qui vient de lui arriver monte droit sur moi. J'arme mon arc alors qu'il sort sur la piste à 3 mètres de moi. Le sang coule du défaut d'épaule et le cerf se tourne de cul pour descendre sur mes traces avec de la neige jusqu'au poitrail ce qui accentue son effort. Je décide de ne pas décocher, confiant sur ma première flèche et le laisse filer. Il s'éloigne d'un peu moins de 20 mètres sur la piste avant de sauter dans la pente et de disparaître derrière le léger virage de la piste.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Très rapidement, au bruit, l'animal semble s'immobiliser et vaciller puis il me semble l'entendre tomber. Le bruit de sa respiration difficile se fait entendre un court instant avant le retour au calme. Sachant que mon cerf est mort, j'attaque ma recherche. Le sang, bien que peu abondant au sur la piste, est facile à suivre sur la neige.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

La piste de sang s'intensifie rapidement.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019
Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019
Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Dans la descente, de nombreuses petites gouttes de sang gelées ont roulé comme des billes sur la neige et j'aperçois très vite le cerf qui a roulé à environ 30 mètres en dessous de la piste dans un creux du terrain. Je descends le rejoindre en tentant d'appeler Patrick mais il ne répond pas. Je jette un rapide coup d’œil à mon cerf mort partiellement recouvert de neige avant de partir chercher Patrick pour éviter qu'il ne tire un autre cerf et qu'il me passe le bracelet pour baguer mon cerf.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Nous revenons ensuite vers mon cerf et je le bague avant de le descendre sur le chemin d'accès de l'habitation pour faire quelques photos souvenir.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Nous chargeons le cerf sur le pickup de Patrick avant de partir le peler et le vider un peu plus loin dans un virage du chemin de la Soule, au bord de la route dans un petit pré appartenant à Patrick. Les vautours qui prennent les ascendants du matin sont juste au-dessus de nous ils ont déjà repéré leur futur repas.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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