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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 06:30

Ce soir, je dépose Xavier sur le secteur où j'ai fléché mon premier sanglier en espérant qu'il pourra flécher le sien et je pars chasser autour de Bourras. Je me gare au départ du chemin de terre qui s'avance, entre 2 parcelles de blé, sur environ 70 mètres pour sauter l'Osse et rejoindre une autre parcelle de blé prise entre l'Osse et la vielle Osse qui était inondée, recouverte de 15 à 20 cm d'eau courante ces derniers jours. L'eau a presque disparue, en alignement du chemin, une coulée très marquée et bien fréquentée par les sangliers, chevreuils et blaireaux traverse vers la vielle Osse. Je la suis puis longe la rivière en direction de la passerelle qui permet d'accéder à la vielle palombière. Je traverse la rivière, passe la palombière et ressort sur un champ d'orge pris entre ce bois et le suivant qui remonte jusqu'en limite du territoire. Pas d'animaux en vue, le vent soutenu est face à moi, je décide de longer le grand bois par la droite en bordure d'un immense champ d'orge qui n'est plus sur le territoire de chasse. En passant près d'une grande mare prise dans la bordure du bois, je fais décoller 2 colverts mais aucun chevreuil en vue jusqu'à la route qui délimite la fin du territoire. Je prends à gauche sur la chaussée pour aller prospecter les vignes de l'autre côté du bois. Je tourne un instant dans ces plantations sans le moindre contact avec les chevreuils. Je longe maintenant un autre bois pour me diriger vers une parcelle de colza située derrière une grande haie revenant vers le bois de Bourras et la séparant d'une grande prairie qui fait suite aux vignes et s'étend jusqu'au bois de Bourras. J'avance doucement en bordure du colza où une ancienne coulée de boue a laissé un passage propice à l'approche. Autour de moi la végétation est très dense et très haute mais quelques trous me laisse espérer d'apercevoir un animal. Tout à coup, quelque chose démarre dans la végétation à quelques mètres sur ma gauche puis de débine bruyamment dans le colza. Je pense à un sanglier mais c'est une belle chevrette qui surgit à environ 20 mètres pour traverser d'un bon le passage que je suis et disparaître dans le colza.

Je fais le tour de la parcelle sans voir autre chose puis part voir une petite parcelle de blé de l'autre côté du bois, au bord de la route. Rien, je reviens en traversant le bois, assailli par une nuée de moustique et ressors dans la grande prairie. Je longe la grande haie qui descend vers le bois de Bourras puis longe le bois avant de remonter en suivant une autre haie parallèle qui me sépare du champ d'orge où je suis sortie du bois après la palombière. Je cherche le passage permettant de traverser cette haie mais la végétation a tellement poussé qu'il est devenu invisible. Je traverse donc un peu plus haut le coin du grand bois par une grosse coulée très fréquentée et ressors dans l'orge sous un merisier sous lequel les sangliers et les blaireaux semblent venir régulièrement. Il fait encore très chaud, il sera bientôt 20 heures. Je décide de revenir vers la voiture pour aller chasser de l'autre côté de la route. J'avance tranquillement par un passage de tracteur au milieu de l'orge en direction du passage de la palombière quand un mouvement me fait stopper net. Un sanglier arrive sur ma gauche par le passage entre un bout de haie descendant du grand bois et le bois de bourras. Je suis à découvert et avec le vent de dos, je tente de me rapprocher un peu de la haie puis de descendre vers le sanglier très doucement. J'arrive à gagner quelques mètres sans être vu par le suidé très certainement ébloui par le soleil descendant. Alors que je suis encore à 30 mètres, il lève le nez et recule de 2 mètres comme s'il allait s'enfuir puis se ravise et avance nez au sol en cherchant à manger. Je tente d'approcher encore un peu mais cette fois, le sanglier devient inquiet et fait demi-tour pour disparaître derrière la haie en grognant. Je tente de me rapprocher le plus rapidement possible du passage en essayant de ne pas faire trop de bruit. Le grondement sourd du sanglier résonne dans la haie ou derrière puis le bruit de plusieurs animaux au trot retentit. Alors que je passe la haie ils ont disparu. Je trouve vite leur trace dans un passage de tracteur boueux et comprends qu'il s'agissant d'une laie avec plusieurs jeunes d'environ 15 à 20 kilos.

Je fais demi-tour et retraverse le bois de Bourras et la vielle Osse pour prendre à gauche et suivre un passage de tracteur pour chercher un animal dans le blé mais je me rends vite compte que le secteur, en plus d'être pourri de moustiques, est partiellement inondé. Je fais donc demi-tour pour reprendre le pont au-dessus de l'Osse et traverser la route pour aller chasser dans un très grand champ de blé qui couvre le penchant jusqu'à la crête de la colline. Je rattrape un passage de tracteur pour le longer en direction d'un bois qui avance dans la culture sur ma gauche. Au loin, au-dessus du bois, la tête d'une chevrette émerge des céréales et semble regarder vers moi. Arrivé près du bois, le relief me cache la chevrette qui me regardait approcher sans bouger. Je suis le haut du bosquet puis une bande boisée, un peu plus loin, qui remonte vers une parcelle de féveroles en crête. Je longe ensuite les féveroles vers la droite pour rejoindre les vignes. Les sanglier ont défoncé le sol par endroit et taillé de grosses coulées dans la culture. Je traverse une zone de vigne sans voir de chevreuil puis monte un petit talus pour arriver en bordure d'une très grande parcelle de luzerne envahie de mauvaises herbes et d'avoine. Je descends doucement en bordure de la luzerne, un bois fait suite à la vigne. J'aperçois alors un brocard en contrebas à environ 450 mètres. Il avance tranquillement en broutant dans la luzerne en s'éloignant doucement du fossé qui marque le bas du penchant que je descends et celui d'en face qu'il remonte. Je serre contre le bois dans l'épaisse végétation assez haute et commence mon approche et repère alors une chevrette un peu plus à droite qui est elle aussi au gagnage avec le brocard. J'avance tranquillement mais ma progression est un peu bruyante, j'espère que le vent me couvre mais le brocard lève rapidement la tête ver moi. Je me fige et attends, au bout d'un moment il se remet à brouter mais relève vite la tête avant de se remettre à son repas en avançant de quelques pas. Je me décale doucement vers une touffe d'avoine très haute. Le brocard relève la tête et regarde vers moi un moment, regarde vers sa chevrette qui s'éloigne de lui puis regarde à nouveau dans ma direction. L'approche va être compliquée, je suis à plus de 300 mètres. Il finit par reprendre son repas. Je tente de bouger mais il regarde à nouveau vers moi. Je comprends que je n'arriverai pas à approcher et décide d'aboyer pour tenter de le provoquer. Baissé derrière la végétation, je commence mes vocalises. Il se retourne vers moi et me répond. La joute verbale s'installe mais il ne semble pas vouloir s'approcher. Je tente d'agiter bruyamment la végétation mais rien n'y fait et il finit par battre en retraite et rejoindre le bois en aboyant.

Je sors de ma cachette et descends rapidement alors qu'il aboie dans le bois. Je lui réponds en avançant pour tenter de le fixer sur place. La chevrette que j'avais perdu de vue surgit de la végétation et s'enfuit vers le bois. Je rejoins la coulée par laquelle est entré le brocard et rentre dans le bois de pins en traversant une frange de pousses de frênes assez épaisses en suivant la coulée très marquée des sangliers. J'avance doucement en sous-bois mais le chevreuil a fui. Je ressors de l'autre côté dans la grande parcelle de blé et reviens vers la route alors que la luminosité baisse vite. Je n'ai pas le temps d'aller chasser ailleurs et décide de revenir chercher Xavier. Il fera nuit le temps de le rejoindre. Sur la route, je l'appelle pour lui dire que j'arrive et alors que je coupe la conversation, un mouvement attire mon attention sur ma gauche. 4 sangliers d'environ 50 kilos avancent tranquillement dans la prairie à environ 50 mètres de la route. Le temps de réaliser je les ai dépassés d'environ 70 mètres. Je stoppe la voiture et fais doucement marche arrière pour me garer dans un chemin de terre débouchant sur la route. Je coupe le contact et éteins mes phares. Les sangliers sont arrêtés et regardent vers moi puis le premier repart, presse un peu le pas puis ralentit vite dans l'herbe rase broutée par les vaches. Les autres regardent encore quelques secondes vers moi puis lui emboîtent le pas. Je sors doucement de la voiture, attrape mon décocheur, ma cagoule, mon arc et m'équipe tranquillement alors que les sangliers s'arrêtent en face de ma voiture sous un gros chêne et commencent à fouiller le sol dénudé par le piétinement des vaches. Une fois équipé, je traverse doucement la route et avance droit vers les sangliers qui ne semblent pas vouloir bouger. Je passe la clôture électrique qui borde la route puis avance doucement vers les sangliers. Ces derniers relèvent plusieurs fois la tête et m'observent durant quelques secondes avant de reprendre leur fouille du sol. Je m'arrête à chaque fois qu'ils regardent vers moi et avance quand ils ont le nez au sol. C'est une approche surréaliste en plein découvert. J'arrive sans difficulté à environ 15 mètres des sangliers, au bord d'une autre clôture électrique. Je suis a bonne distance pour tenter une flèche, saute la clôture me ferais certainement repérer. J'arme doucement mon arc, un des sangliers s'avance de 2 mètres vers moi, lève la tête vers moi puis se remet à fouiller le sol. J'aligne ma visée et attends qu'il se tourne. Le sanglier relève à nouveau la tête et semble un peu inquiet, semble démarrer mais s'arrête presque immédiatement plein travers, nez au vent. J'aligne ma visée et décoche. Ma lame mécanique en s'ouvrant à l'impact produit une étincelle. Le bruit de l'impact retentit et le sanglier démarre et fait volte-face pour s'arrêter un peu plus loin.

Les autres sangliers sursautent puis démarrent et s'arrête à quelques mètres avant le sanglier touché à moins de 20 mètres. J'encoche une autre flèche et réarme mais décide de ne pas en tirer un autre. Je désarme et les sangliers finissent par partir en biaisant vers la rivière. Le sanglier touché est à la traîne, ses collègues l'attendent un peu puis le distancent et fuient. Mon sanglier s'est arrêté à environ 80 mètres, de cul en faisant le dos rond et ne semble pas vouloir se coucher. Je décide de tenter une approche. J'avance doucement, il tourne par moment la tête sur le côté gauche tour surveiller ses arrière avant de la retourner devant lui. Je stoppe à chaque fois qu'il tourne la tête et avance dès qu'il ne peut plus me voir. Je gagne facilement du terrain mais alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres environ, il se tourne et part en titubant dans la direction de fuite de ses collègue mais se couche 5 mètres plus loin dans l'herbe rase. Je reprends mon approche et arme mon arc alors que j'arrive à environ 20 mètres mais il démarre et part au galop. Je me lance à sa poursuite, il fera bientôt nuit. Il me distance vite et je le perds de vue à plus de 100 mètres alors qu'il descend dans un fossé. Je presse le pas, saute une clôture électrique et me rapproche du fossé. La luminosité est maintenant très faible. En me rapprochant du fossé, j'aperçois quelque chose qui bouge mais ne sais pas identifier l'animal. Je m'approche tout doucement et comprends vite qu'il s'agit de mon sanglier assis dans l'eau et a bout de force. Il agite la tête, J'arme mon arc et m'approche très doucement à environ 15 mètres. Je tente d'aligner ma visée mais la luminosité très faible me complique la tâche. Je me dis qu'au pire je ne peux qu'aggraver son cas et faciliter ma recherche. Je finis par aligner tant bien que mal ma visée sur l'animal de dos et décoche. Le sanglier hurle à l'impact et tente sans succès se relever. Il piétine sur ses pattes avant, son arrière train ne répond plus, il tombe vite sur le flanc en criant et s'immobilise vite après avoir cassé ma flèche restée en travers. Ma flèche a sectionné la colonne vertébrale et touché un rein et l'artère sous colonne. Je pose mon arc, récupère le morceau de flèche et sort mon sanglier du fossé. Je constate alors que ma première flèche est toujours en travers de l'animal. Elle rentre aux dernières cotes et est ressortie bizarrement dans le cuissot opposé. Ma lame s'est dévissée durant sa fuite et est tombée. Il ne me reste plus qu'à tirer ce joli mâle jusqu'à ma voiture avant d'aller chercher Xavier. De son côté, il a vu les sangliers de l'autre côté de la rivière sans pouvoir les flécher.

Second sanglier et toujours pas de brocard, 11 juin 2018

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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