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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:24

Ce matin, je pars de chez Patrick et descends le chemin de la Soule en voiture quand, dans une ligne droite, j'aperçois un petit sanglier qui fouille le talus de son groin, tête vers la route. Je stoppe la voiture et l'observe un instant, il ne semble pas effrayé. J'attrape ma housse d'arc dans mon dos et en sorts mon arc puis descends de la voiture et commence une approche très lente en serrant le talus tout en encochant ma flèche. Le petit sanglier finit par faire volte-face et remonter doucement le talus pour rentrer dans la bande boisée qui sépare 2 prés et arrive jusqu'à la route. Je me fige et observe à environ 10 mètres. Il fait encore un peu sombre et je ne vois pas tout de suite mon sanglier sous les noisetiers. Je m'avance doucement d'encore de 2 pas et attends un instant quand j'aperçois d'autres sangliers, ils sont 3 ou 4 et fouillent le sol couvert de feuilles mortes sous les noisetiers. Le plus proche est de face à environ 8 mètres. J'arme doucement mon arc, prends ma visée sur lui et attends qu'il se tourne plein travers. Le petit sanglier fouille le sol et se décale doucement pour se présenter progressivement plein travers. Mon pin's se cale sur son défaut d'épaule et je décoche. Ma flèche le traverse pile ou je visais et le sanglier démarre pour partir en longeant la bande boisée alors que ses frères et sœurs s'enfoncent rapidement dans la bande boisée. J'attends un peu puis monte voir ma flèche plantée dans le tronc d'un noisetier. Impossible de la dégager rapidement, je reviendrais plus tard avec un gros couteau. Elle est couverte de sang et une belle piste au sang, facile à suivre se dessine dès l'endroit du tir. Je la suis assez facilement et retrouve mon sanglier à environ 30 mètres, couché sur le flanc dans le pré. Je le ramasse et reviens à ma voiture pour le charger avant de poursuivre ma route. Il faut que je presse l'allure, je me suis mis en retard.

Je reprends ma voiture et finis de descendre le chemin de la Soule puis traverse Sarrancolin avant de prendre à gauche sur le chemin de Panets où je me gare dans le dernier virage avant la ferme. J'attrape mon arc puis remonte rapidement vers la ferme avant d'attaquer l'ascension vers le col. Les animaux ne semblent pas de sortie ce matin et je n'entends qu'un brame timide sur le flanc de montagne opposé durant la montée. Pas d'animaux sur le replat en haut du chemin. Je poursuis vers la col en passant sur la gauche de la régénération de hêtres. Toujours rien. Arrivé au col après le tunnel de noisetiers et de houx. Quelques brames timides résonnent sur le penchant de droite qui appartient à la société de chasse voisine mais toujours pas d'animaux en vue. Je traverse la pelouse et rejoins la piste de gravier que je suis un instant jusqu'à rattraper la piste taillée dans la roche qui rejoint l'enclos de régénération sur ma gauche. Je bifurque et la prends en progressant doucement tout en regardant par moment dans la pente à ma gauche. Arrivé à l'abreuvoir avant l'enclos, je me désaltère puis continue sur le chemin pour traverser l'enclos et continuer un peu après sur le chemin. Toujours rien, je fais demi-tour quand un brame retentit dans les buis à environ 70 mètres au-dessus du chemin. Tenter l'approche sur les feuilles mortes en montant droit dessus n'est pas envisageable. Je continue donc à avancer tranquillement sur le chemin.

Un peu plus loin je décide de prendre le chemin qui biaise pour remonter au-dessus du grillage de l'enclos. Je longe un instant le grillage jusqu'à un passage dans ce dernier et décide de continuer sur un chemin enherbé qui coupe la pointe haute de l'enclos. Je commence à m'avancer sur ce chemin quand j'aperçois en contrebas, contre le bosquet de noisetiers qui borde le fond de l'enclos et redescend vers l'abreuvoir, une biche, une bichette et un faon qui sont habitués du secteur. Ce n'est pas la première fois que je les vois ici. Je me fige, partiellement caché derrière la bosse du chemin mais la biche a vu le mouvement et regarde vers moi. J'observe immobile, cherchant du regard un éventuel cerf dans les parages. Les secondes passent sans que personne ne bouge quand un brame retentit dans mon dos à environ 30 mètres. Je me retourne rapidement et me fige en apercevant un superbe 8 cors qui descend vers le passage par lequel je suis rentré dans l'enclos. J'accroche mon décocheur et pivote doucement pour me placer en position de tir. Le cerf qui descendait d'un bon pas se fige à moins de 20 mètres et regarde vers moi. Il a vu mon mouvement, il est de 3/4 face et derrière le grillage, tenter un tir ne serait vraiment par raisonnable. Je reste figé en espérant qu'il va descendre, il s'avance alors curieux de quelques pas puis se fige à nouveau avant de faire volte-face de fuir au grand galop pour remonter vers les buis et disparaître. J'ai manqué de chance, notre rencontre ne s'est pas faite au bon endroit et au bon moment mais je sais qu'il est dans les parages.

Je me retourne vers la biche qui est toujours au même endroit mais commence à couler vers les noisetiers. Je reprends ma progression sur le chemin en regardant vers le bas quand une chevrette surgit, comme par magie, au milieu du chemin à environ 80 mètres devant moi. Je me fige. Un beau brocard surgit à son tour des genêts, dans le talus au-dessus du chemin et rejoint le chevrette au milieu du chemin. Ils m'observent un peu avant de démarrer en aboyant pour foncer vers les noisetiers. Je reprends ma progression, ce raffut a fait redémarrer la biche, la bichette et le faon qui remontent vers le chemin en longeant le fond de l'enclos. Je progresse lentement et péniblement au travers des ronces qui barrent le chemin et observe les 3 animaux qui sautent le chemin et disparaissent dans le bosquet au-dessus de ce dernier. Je rejoins tranquillement le grillage partiellement écrasé et le franchis pour rejoindre un chemin de terre. Les cervidés ne sont plus là. Je suis le chemin de de terre jusqu'à rejoindre une combe qui redescend vers la piste de gravier qui remonte du col en lacets. Pas d'animaux dans le secteur ce matin, je descends donc dans la combe et passe à côté de belles souilles bien fréquentées avant de rejoindre la piste et de redescendre tranquillement vers le col. Ne voyant pas de cervidés, je décide de passer le col pour revenir vers le chemin par lequel je suis monté. Alors que je me dirige vers le tunnel de noisetiers, j'aperçois sur ma gauche un chevreuil qui m'observe à environ 80 mètres, en lisière du bois. Je ne suis pas là pour lui et poursuis ma route, le faisant démarrer et rentrer au bois.

Arrivé sur le replat avant le chemin qui redescend vers la ferme sans avoir vu d'animaux, je décide de remonter vers la crête par le bois à ma gauche. Je traverse donc la bande de fougères et de genets sur la gauche du chemin enherbé qui remonte vers la crête et rejoins le bois puis commence à avancer doucement par les coulées fréquentées en faisant de nombreuses pauses observatoires. Le sol couvert de feuilles mortes de hêtre et de petits cailloux est assez bruyant et je biaise pour descendre vers les résineux pour avancer plus silencieusement sur un sol plus dégagé. Je progresse tranquillement jusqu'à une cassure du terrain qui précède une forte pente puis remonte doucement vers la lisière du bois occupée par des houx. En me frayant tranquillement un chemin dans les branchages, je stoppe net quand j'aperçois du mouvement sur ma droite. Une chevrette glane quelques bouchées au sol à environ 12 mètres de moi. Je l'observe sans bouger, elle s'avance de quelques pas dans un petit découvert et se présente plein travers. Elle s'avance à nouveau de quelques pas et s'arrête dans les branchages plus à droite quand une seconde chevrette s'avance pour la suivre. Je les laisse s'éloigner un peu avant de sortir du bois. Il commence à être tard et je décide de rentrer chez Patrick pour m'occuper du sanglier. Je redescends à travers un penchant de noisetiers et de boulots qui domine ma voiture. Pas d'animaux en vue malgré la forte fréquentation des lieux. Ma voiture rejointe, je repars. Arrivé chez Patrick, je fais quelques photos souvenir avant de préparer ma prise.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Vers 14 heures, nous partons avec Xavier pour rejoindre le bout du chemin de la Soule où je me gare. Xavier va prendre à droite pour rejoindre le sentier qui le conduira au col au-dessus de la ferme de Panets pour aller poser son tree-stand au-dessus d'une souille que je lui ai indiqué. Je prends à gauche sur le sentier de randonnée. Je passe entre 2 habitations puis commence à remonter tranquillement. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant un faon sur la gauche du sentier à environ 40 mètres devant moi. Il me regarde sans bouger, je ne vois pas sa mère et tente de m'approcher un peu, tout doucement en serrant la gauche du sentier. Au bout de quelques mètres je me fais surprendre par le démarrage de 2 ou 3 chevreuils dans le pré en dessus du chemin. Je les aperçois au travers des branchages qui disparaissent dans la pente à moins de 20 mètres sur ma gauche. Je gagne encore quelque mètres, je ne suis plus qu'à 30 mètres environ quand la biche remonte sur le chemin, je me fige, le faon inquiet la rejoint puis il traverse le chemin pour remonter en montagne et disparaître rapidement dans la forêt. Je poursuis un moment sur le chemin avant de le quitter pour prendre à droite et remonter à travers un grand pré vers la falaise qui délimite le haut de la montagne. J'aperçois à plus de 100 mètres une chevrette qui part tranquillement sur ma droite en broutant. Je monte par tranche de quelques mètres et fait des pauses pour observer les alentours. Je finis par rejoindre la falaise et commence à la longer, les averses se succèdes et je suis vite trempé. Je rejoins le pas du cerf qui marque la fin de la falaise et un gros passage de gibier plusieurs centaines de mètres plus loin. Ce passage leur permet de passer d'un flanc de montagne à l'autre.

Je décide de descendre doucement en suivant plus ou moins la crête en jetant régulièrement un coup d'œil côté gauche sur le versant nord. Une bande de buis épaisse se dessine sur la crête et une autre un peu plus bas sur ma droite. Ces bandes délimitent un couloir de plusieurs dizaines de mètres de large, composée de chênes épars sur une zone enherbée. Je descends doucement d'un arbre à l'autre quand j'aperçois le cul d'un grand cervidé dépassant d'un petit bouquet de buis. Je me cache vite derrière un arbre et observe sans vraiment l'identifié. Je décide de tenter l'approche et me rapproche d'arbre en arbre pour me positionner à une vingtaine de mètres de l'animal qui vient de sortit à découvert pour brouter. C'est une belle biche, une bichette est plus en retrait sur la droite près de la bande de buis à environ 30 mètres. Je la laisse avancer prêt à armer mais un souffle de vent tournant me fait repérer, elle lève la tête sans me voir et démarre en repartant vers la bichette. J'arme mon arc, elle stoppe à un peu plus de 20 mètres, j'hésite un peu mais aligne ma visée et décide de décocher. Ma flèche l'atteint assez bas au niveau de l'épaule avec un impact cassant et retombe dans la végétation derrière. La biche fait volte-face et fonce sur ma gauche vers la crête, en biaisant vers le bas de la montagne, suivie par la bichette. Je la suis un moment du regard quand, environ 50 mètres plus loin, elle trébuche et fait un incroyable soleil, retombant très lourdement au sol où je la perds de vue derrière un arbre alors que la bichette poursuit sa course folle. J'attends un peu mais la pluie recommence à tomber de plus belle et craignant que la piste ne s'efface, je décide de commencer ma recherche. Je pars vers la zone du tir où je retrouve ma flèche ensanglantée. L'adaptateur en aluminium qui me permet de visser mes lames est tordu.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Je ramasse ma flèche et commence à suivre le sang car je n'ai pas vu, de loin, ma biche à l'endroit où je l'ai vu tomber. Le sang n'est pas très abondant et commence à se lessiver, j'essaie d'avancer au plus vite. Je passe l'endroit où la biche a chuté mais la piste continue et s'intensifie un peu par moment pour rentrer dans les buis un peu plus loin. La piste devient plus tortueuse et tourne régulièrement. Je regarde bien devant moi, une flèche encochée au cas où elle ne serait pas morte. Tout à coup, juste au niveau de la crête, à 7 ou 8 mètres devant moi, j'aperçois l'arrière d'un grand cervidé dépassant derrière un bouquet d'arbres. Je me fige, il semble vaciller et je pense qu'il s'agit de ma biche en train de mourir. J'observe sans bouger, il me semble entendre du bruit derrière la crête quand, brusquement, la tête de l'animal surgit de l'autre côté des arbres et regarde vers moi. C'est en fait un très gros 4 pointes muni de 2 grandes dagues d'environ 60 cm avec 2 petits andouillets de massacre. Nous sommes aussi surpris l'un que l'autre et avant que je n'ai le temps d'armer, il fait demi-tour et bascule dans la pente à grand bruit, faisant rouler les pierres. Je ne m'explique pas pourquoi je n'ai pas armé mon arc avant, je viens de manquer une occasion en or de flécher mon C1. Je reprends ma recherche en suivant le sang jusqu'à la crête et aperçois ma biche morte en contrebas. C'est certainement elle que j'entendais ce débattre ou peut être la bichette. Le cerf était en train de la regarder avant qu'il ne me repère.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Elle est tombée au bas d'une barre rocheuse de quelques mètres de haut et je ne pourrai pas la remonter, il va me falloir la descendre par l'autre côté de la montagne. Je cherche un passage pour descendre et la rejoindre. Une grosse plaie est ouverte sur son épaule gauche et je pense qu'il s'agit de ma sortie de flèche mais en regardant de plus près, je trouve mon entrée et ma sortie de flèche un peu plus en arrière. Mon atteinte est très basse et ma flèche est passée dans le bas des poumons au ras du cœur. L'autre plaie est en fait le résultat de sa chute pendant sa fuite. La chair est ouverte jusqu'à l'os, la tête de l'humérus est cassée, très certainement par une pierre qui a réalisé cette blessure lors de son soleil.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

En l'observant plus en détail je remarque que le tour des yeux est blanc, c'est une dépigmentation anormale du pelage mais elle est presque symétrique et très localisée.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

J'appelle Patrick qui a le bracelet avec lui, je n'avais pris que le bracelet pour le cerf, il monte avec sa moto trial par le sentier qu'a pris Xavier pour monter. Ce sentier passe très en dessous de moi. Patrick me cache le bracelet sous quelques pierres du sentier et m'indique l'emplacement par téléphone, il ne me reste plus qu'à aller le chercher avant de remonter chercher ma biche. Le bracelet apposé, je commence à la descendre. Le temps s'améliore et le soleil fait son apparition. Je retrouve Xavier plus bas dans un grand pré, il prend mon arc et nous descendons par le chemin qui débouche au centre du village de Sarrancolin.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Je tire la biche derrière moi et croise plusieurs salamandres que la pluie a fait sortir puis, plus bas, 2 grosses laies avec 4 marcassins qui me regardent arriver sur le chemin sans bouger un instant puis finissent par fuir en remontant sur la gauche du chemin alors que j'avance vers eux en tirant ma biche. Nous arrivons à la nuit au village où Patrick vient nous chercher, je traîne ma biche depuis 17h30 et trempé, le froid me prend vite, il est temps de rentrer. Patrick me remonte à ma voiture. Nous nous retrouvons ensuite chez Patrick, j'ai encore du boulot pour préparer ma biche.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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