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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 10:37

Ce matin, je me réveille tranquillement vers 8 heures, Xavier dort encore, je décide d'en profiter pour descendre vérifier les réglages de mon arc et mon repose flèche. Ce dernier semble fonctionner à nouveau et je tire environ 15 flèches dans cibles de pécaris quand brusquement, je n'arrive plus à le bloquer en position de maintien. Malgré de nombreuses tentatives, il n'y a rien faire. Je me décide donc à l'enlever et le remplacer par le repose flèche "biscuit" que j'ai amené en secours. Une fois le nouveau repose flèche monté, je recible mon arc jusqu'à obtenir un très bon groupement. Je suis rassuré, je vais pouvoir aller chasser le capibara avec Xavier cette après-midi. Il me faut aussi ranger et vérifier un peu mes affaires car demain soir ma compagne arrive par l'avion pour une semaine de tourisme et la plupart de mon matériel ne me servira plus pour cette année. Je monte ensuite déjeuner alors que Xavier s'est levé. En fin d'après-midi, nous partons donc pour une zone d'élevage de zébus où le propriétaire autorise la chasse des capibaras. En route, nous apercevons une magnifique tayra qui traverse la route tranquillement devant nous, le temps d'attraper l'appareil photo elle a rejoint la végétation et a disparu.

Arrivé sur place, nous passons le voir pour l'avertir de notre présence et discuter un peu avec lui. Il a planté un champ de sorgho pour nourrir son bétail et il semble qu'habituellement les capibaras y fassent pas mal de dégâts mais cette année, peut être grâce à la pression de chasse de Xavier et ses amis, le champ semble peu touché.

Nous partons ensuite nous garer près des bâtiments agricoles et finissons de nous préparer avant de partir en chasse. Nous partons en longeant un chemin de terre au bout duquel nous avons décidé de nous séparer. Je vais partir sur la gauche vers un bosquet qui borde un marais et où j'ai fléché mon capibara l'an dernier alors que Xavier va partir chasser sur la droite vers une autre marais bordé d'arbres et de palmiers. Le chemin est marqué de quelques traces et crottes de capibara. Nous nous séparons donc et je m'avance tout doucement vers le bosquet dans lequel je rentre en longeant une coulée très marquée par le passage répété du bétail et des capibaras. Je progresse très lentement en regardant bien autour de moi. Les baies oranges des palmiers qui sont tombées au sol sont rongées et les crottes et empreintes de capibaras sont assez nombreuses. En arrivant près de l'eau, j'arrive sur une amas de troncs duquel je m'approche très très lentement. Arrivé contre ces derniers, je regarde bien les alentours sans rien voir mais alors que je me décale à peine à droite, 2 ou 3 capibaras, qui étaient cachés sous ce chablis, démarrent en trombe et se jettent à l'eau pour disparaître en un éclair dans les moucoumoucous. Ils m'ont bien eu. Je reste figé un instant à chercher du regard mais, ne voyant rien et la surface de l'eau se calmant, je reprends ma progression sur la droite en longeant le marais, me déplaçant d'un arbre à un autre.

Tout à coup, à environ 50 mètres, j'aperçois une masse brun-rousse et me fige. Je l'observe un peu et il me semble voir du mouvement. Je pense qu'il s'agit de capibaras et commence une approche. Quelques iguanes se mettent à se laisser tomber des arbres au-dessus de l'eau et je crains qu'ils ne donnent l'alerte mais la masse est toujours là. En me rapprochant petit à petit, je comprends qu'il ne s'agit pas de capibaras, je me décale donc plus à découvert sur le pré à ma droite et aperçois une femelle zébu couchée sur le flanc avec les pattes tendues. Comprenant que quelque chose ne va pas, je m'arrête à environ 15 mètres, au ras du bosquet qui bifurque à 90° en suivant le marais. L'animal finit par me repérer et lutte pour se remettre debout avant de se tourner face à moi l'air menaçant. Je ne bouge pas mais me prépare à éviter une charge si nécessaire. Elle tente de m'intimider en faisant mine de me foncer dessus mais ne me voyant pas bouger, elle bifurque brusquement pour partir au galop d'où je viens. C'est alors que j'aperçois une grosse masse rougeâtre qui pend de son arrière train et comprends vite qu'il s'agit d'un retournement de matrice, c'est à dire que cette vache a sorti son utérus en forçant pour mettre son veau au monde. J'ai déjà vu ça quand je travaillais au zoo de Montredon Labessoniée et je sais qu'il faut vite intervenir si on veut la sauver, j'appelle donc Xavier pour lui expliquer la situation, en lui disant qu'il faudra venir chercher le veau qui s'il ne tête pas ne vivra pas longtemps. Il raccroche et appelle le fermier pour l'en informer. Je m'éclipse pour ne pas déranger plus le secteur.

Je rentre à nouveau dans le bosquet pour continuer à suivre le marais mais ne vois pas de capibara. Les iguanes s'abattent lourdement au sol et dans l'eau. Je ressors donc du bosquet qui se termine un peu plus loin, par une grosse coulée. De grosses couches boueuses ont été creusées par les capibaras dans le coin du bosquet au milieu des moucoumoucous. Encore 2 ou 3 iguanes se jettent à l'eau dans les moucoumoucous. Alors que je m'avance tout doucement à découvert, j'aperçois 3 capibaras contre la berge à 40 mètres devant moi. Je calcule comment les approcher. Des jacanas noirs volent tout sens tout en poussant les cris et je crains qu'ils n'inquiètent les animaux.

Je recule dans le bosquet puis me décale tout doucement sur ma droite en longeant la lisière pour ressortir au sommet de la butte qui domine le marais et tenter de me cacher avec le relief. Tout à coup, du mouvement me surprend juste dans mon dos, dans une touffe de végétation très dense qui borde le bosquet. Je me retourne mais impossible de voir quoi que ce soit et je pense à un iguane mais alors que je me retourne vers le marais, un animal démarre derrière moi et fonce en cassant du bois pour se jeter à l'eau dans le bosquet. J'étais arrêté juste à côté d'un capibara. Je passe doucement derrière la butte de la prairie pour tenter une approche à 4 pattes mais sans trop y croire car les capibaras semblent regarder vers moi. Effectivement, 2 capibaras se doutant de quelque chose démarrent et nagent vers le ban de moucoumoucous situé à un peu plus de 10 mètres de la rive. Je m'avance doucement vers la crête à l'aplomb du dernier capibara mais alors que je suis encore à 25 mètres, il s'élance vers les moucoumoucous et plonge à mi-chemin pour rejoindre ces derniers dans un grand remous. Je me redresse et, de cette position haute, aperçois un gros capibara au gagnage de l'autre côté du marais à environ 400 mètres.

Je continue donc en suivant le marais dont la surface est agitée par des poissons venant régulièrement fleurter avec la surface et de nombreux oiseaux comme des jacanas qui ne cessent de crier, des petits hérons et quelques passereaux. Le marais bifurque ensuite à 90 ° à ma droite et je le suis en contournant la butte qui me cachait la vue mais masquait également ma progression. J'aperçois alors au loin une bande de capibaras au bord du marais à environ 150 mètres. Je décide de tenter l'approche en longeant le marais bordé de végétation dense m'arrivant à mi-cuisse. Je progresse très lentement, voûté mais les animaux me repèrent vite et se jettent à l'eau dans un vacarme impressionnant, il y a au moins 15 ou 20 animaux. Je tente d'avancer encore tout doucement au cas où. Une zone d'eau basse couverte de végétation est piétinée par les capibaras et ponctuées de très nombreuses couches creusées dans la boue très noire.

Chroniques guyanaises, première sortie au capibara, 10 mars 2016

Je finis par arriver là où se trouvaient les capibaras mais rien en vue. Xavier m'a demandé de pas avancer plus loin qu'en face du chemin par lequel nous sommes arrivé car les capibaras de l'autre côté du marais pourraient me voir et s'enfuir. Je fais donc demi-tour et remonte un peu dans le champ. De l'autre côté du marais, 2 grosses bandes de capibaras broutent tranquillement à environ 200 et 300 mètres. Je m'éclipse doucement pour rejoindre le bosquet et appelle Xavier, le vent lui a joué des tours. Malgré une superbe approche à quelques mètres sur un gros capibara, il n'a pas pu décocher à cause de la végétation et a fini par être trahi par le vent. Il me demande de le rejoindre plus loin près d'une barrière pour aller chasser un autre secteur à 2. Je presse donc le pas mais alors que j'arrive près du chemin de terre, j'aperçois une vache sanguinolente dans la prairie et assaillie de nombreux urubus noirs. C'est la vache vue tout à l'heure.

Quelques-uns décollent alors que je me rapproche mais les autres me laissent approcher un moment avant de décoller. Je rappelle Xavier pour lui expliquer la situation. Il rappelle vite le propriétaire. Je m'approche doucement des derniers urubus et hésite à en flécher un mais ils sont protégés et c'est malheureusement la loi de la nature. Je passe un peu à distance pour ne pas affoler la vache et ne pas risquer l'épuiser dans une dernière cavalcade.

Chroniques guyanaises, première sortie au capibara, 10 mars 2016

Je rejoins un chemin enherbé qui débouche sur la barrière où se trouve Xavier et le suis au milieu d'un grand troupeau de zébus. Je surveille les animaux en avançant car de nombreux petits veaux composent le troupeau au milieu duquel se trouvent quelques beaux taureaux. Je crains surtout la réaction des mères qui s'approchent curieuses et leur fais peur pour les éloigner un peu. Je rejoins Xavier qui me raconte un peu plus sa chasse à voix basse et m'explique comment nous allons attaquer de chasser ce secteur. Il va rejoindre un passage au milieu des moucoumoucous qu'il a ouvert au sabre lors d'une chasse précédente et s'y poster car les capibaras dérangés sur l'autre berge viennent souvent vers ce secteur. Je vais partir chasser à l'approche sur l'autre rive. Je longe donc le sommet de la butte un moment sur le chemin de terre puis passe sous la clôture pour rejoindre le bout du marais et passer de l'autre côté. Xavier lui part se poster. Je commence à avancer doucement de l'autre côté du marais en direction d'un petit bouquet d'arbre qui borde le marais. Le vent est bon.

Chroniques guyanaises, première sortie au capibara, 10 mars 2016

Les capibaras ne sont pas en vue. Xavier se débat avec un énorme taureau zébu de l'autre côté du marais car ce dernier lui barre le passage de son poste. Arrivé contre les arbres, j'avance tout doucement en longeant les moucoumoucous qui bordent l'eau mais rien vue. La bande de moucoumoucous est maintenant à quelques mètres de la berge dans l'eau et j'avance à découvert en longeant l'eau très lentement. Brusquement, j'aperçois le dos d'un capibara juste derrière le sommet de la butte qui borde le marais. Je me baisse rapidement et attaque mon approche à 4 pattes. Le relief me masque et le capibara, dont je contrôle régulièrement la position, broute tranquillement sans se douter de quoi que ce soit. Je ne suis plus qu'à 30 mètres du gros rongeur qui broute toujours sans relever la tête et en avançant d'un pas de temps en temps. Une touffe de végétation se trouve à environ 12 mètres de l'animal, entre lui et moi. Je m'approche doucement en remontant la pente, avançant le plus possible au ras du sol, toujours à 4 pattes jusqu'à arriver derrière la touffe de végétation où je me mets à genoux sans me redresser pour ne pas dépasser du petit écran végétal qui peine à me masquer. Je commence à armer doucement mes 70 livres avec mon arc parallèle au sol. Le capibara s'arrête brusquement de brouter sans redresser la tête, il écoute et risque de partir à tout moment. Je finis mon armement en me redressant très lentement sur mes genoux tout en redressant mon arc à la verticale et aligne ma visée pour décocher rapidement. Un gros crac retentit et le capibara s'effondre sur place. Ma flèche est un peu trop en avant et lui a cassé les 2 épaules. Il se débat au sol sans parvenir à se redresser tout en perdant beaucoup de sang. Je m'approche rapidement ayant peur qu'il ne parvienne à se relever. Il a cassé, dans sa chute, ma flèche restée plantée en travers de ses épaules. La lame mécanique s'est arrêtée sous la peau de l'épaule opposée au côté di tir. Le trou béant de l'entrée saigne beaucoup. Quelques capibaras se débinent un peu plus loin d'un bouquet de palmiers vers le marais.

J'ai oublié mon couteau et m'apprête à décocher une flèche d'achèvement quand j'aperçois Xavier qui arrive droit sur moi. Je lui demande son couteau pour achever le capibara. Alors que je m'approche de l'animal, il se met à claquer des dents pour m'intimider. Je dois dire que c'est assez impressionnant car il fait environ 50 kg. Je le dague au cœur et il s'immobilise rapidement. Xavier décide d'aller voir un peu plus loin pendant que je commence à vider mon capibara. Quelques urubus me survolent déjà à 15 mètres du sol. Je pose les viscères dans une touffe de végétation car les fourmis rouges sont déjà attirées et arrivent nombreuses. Je fais ensuite un tour sur moi à côté de mon capibara pour situer le tir.

C'est mon 3ième capibara, tous faits à l'arc et mon premier mâle bien reconnaissable à sa glande située sur le dessus de don museau. Je suis content de mon approche car le terrain n'était pas facile. Xavier revient sans avoir vu de capibara et nous en profitons pour faire quelques photos avant qu'il ne parte chercher le 4x4.

Chroniques guyanaises, première sortie au capibara, 10 mars 2016
Chroniques guyanaises, première sortie au capibara, 10 mars 2016

Une fois ma prise chargée nous rentrons. Les employés de la ferme ont récupéré la vache qui n'a pas survécue à ses blessures. La propriétaire des lieux nous remercie tout de même de l'avoir prévenu. Je demande si les employés ont trouvé le veau mais il semble que non, nous devons revenir demain matin de bonne heure, je jetterai un coup d'œil dans le secteur. Nous rentrons pour nous occuper du capibara que je devrai peler, démusquer (enlever quelques glandes qui donnent un goût fort à la viande si on ne les retire pas) et découper en arrivant pour le mettre au frai.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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