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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 20:09

Aujourd'hui, j'organise une battue pour les archers sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère. Xavier, mon ami guyanais et Franck avec qui je suis parti chasser cette année en Guyane sont venus passer quelques jours à la maison pour chasser et cela fait plusieurs jours que nous chassons sur cette société de chasse où j'ai pris 4 bracelets de chevreuil. Les contacts avec les chevreuils et les sangliers ont été nombreux mais je n'ai pas réussi à leur faire flécher un animal si ce n'est un ragondin à Franck le samedi soir. Vendredi, je suis allé, avec Xavier, préparer les postes de la première traque en coupant des branches gênantes au sécateur. Seul Xavier avait pris son arc. En quittant la voiture je lui avais demandé s'il voulait le prendre et il m'avait répondu que oui, je lui avais alors répondu que c'était toujours quand on le prenait pas qu'on le regrettait, je ne croyais pas si bien dire. Garé, vers 10 heures, sur le chemin de terre qui traverse l'Osse en direction du bois de Bourras, nous partons à pied vers le bois. A peine le pont franchi, nous tombons sur de belles traces de sangliers se dirigeant vers le bois, je les suis en faisant des commentaires à voix haute quand arrivé à moins de 10 mètres de l'Osse qui borde le bois, je lève les yeux et aperçois une grosse chevrette, juste sur la rive en face, au milieu d'une trouée dans la végétation, plein travers. Elle reste sans bouger, assez de temps pour me permettre de placer une belle flèche, mais je n'ai pas mon arc. Je l'annonce à Xavier un peu plus en retrait et plus à droite, mais il n'a pas de fenêtre de tir et la chevrette se débine tranquillement sur la droite dans la broussaille. Xavier tente de se rapprocher puis de suivre l'animal. Je le laisse faire et pars sur la gauche pour préparer les postes.

Je longe l'Osse à la recherche d'endroits propices pour poster un archer. Alors que je commence à préparer le premier poste. J'aperçois un beau colvert qui me regarde, posé sur l'eau à quelques mètres de moi. Il me regarde un instant puis décolle entraînant avec un lui un congénère plus à gauche que je n'avais pas vu. Je finis de préparer ce poste puis passe au suivant un peu plus loin alors que Xavier revient. Il décide de continuer en longeant la rivière pendant que je continue à préparer les postes. Le second poste préparé, je passe au suivant, une très grosse coulée descend dans la rivière sur la berge opposée et remonte à mes pieds, des traces fraiches remontent sur la berge devant moi. Je commence à couper les branches gênantes quand un bruit de fond commence à m'intriguer. Je tends l'oreille et entends maintenant distinctement des grognements, je pense qu'il s'agit d'un plaisantin réalisant une mauvaise imitation de sanglier et je reprends la taille des banches. Mais ces grognements puissants se rapprochent tranquillement et semblent maintenant très proches. Je cherche leur source dans le bois de la berge opposée quand j'aperçois un sanglier d'environ 30 kilos à environ 12 mètres, arrivant par ma droite. Je n'en crois pas mes yeux, à plus de 10 heures du matin et ses grognements qui ne s'arrêtent pas. J'attrape vite mon portable et appelle Xavier pour lui dire de revenir vers moi puis je raccroche. Ayant parlé, je pense voir le sanglier qui m'a dépassé d'environ 10 mètres sur ma gauche, s'éloigner mais au contraire, il se rapproche pour venir se planter de face, juste en face de moi, à 6 ou 7 mètres. Nous nous observons un instant, un autre sanglier grogne plus loin dans le bois. Le petit sanglier encore partiellement roux descend sur la grosse coulée puis hésite et se cale plein travers à 5 mètres devant moi. Pourquoi je n'ai pas pris mon arc ? Cette scène surréaliste dure quelques secondes puis le jeune suidé remonte sur la berge pour continuer à longer la berge et s'éloigner sur ma gauche en direction de Xavier qui arrive vers moi. Je lui fais des signes mais il a déjà entendu les sangliers et les suit en longeant doucement la berge pour tenter de les apercevoir.

Xavier s'étant éloigné, je reprends la préparation de mes postes. J'arrive au coin de la plantation de peuplier quand Xavier revient. Les sangliers se sont enfoncés dans le bois. Je prépare les postes de la peupleraie avec Xavier et en profite pour lui montrer les différents postes le laissant choisir celui qui l'inspire le plus. Il opte pour le poste du coin du bois, au pied d'un gros arbre, c'est le dernier poste de la peupleraie. Je traverse la rivière pour finir ma ligne de poste sur la gauche du bois. Je ne sais pas encore exactement combien de chasseurs vont venir dimanche et je décide de prévoir 17 postes au cas où. Je découpe des entrées dans le bois pour créer des accès à des postes à 5 ou 10 mètres à l'intérieur du bois jusqu'à arriver au coin suivant. Je reviens ensuite vers Xavier et retraverse la rivière. Mon invité n'est plus dans la plantation de peuplier et je le retrouve plus loin, posté au bord de l'Osse. Il vient de faire une belle approche sur le sanglier revenu se dorer au soleil sur la berge opposée mais gêné par les branches, il n'a pas pu décocher et le sanglier et retourné dans le bois. Il est temps de rentrer manger, nous retournons à la voiture plein d'espoir pour dimanche.

Dimanche matin, le rendez-vous est pris sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère à 8 heures. J'attends 14 archers, le réveil sonne vers 6h20. Nous nous préparons avec Xavier et Franck qui ont dormi à la maison. L'heure tourne et le stress monte un peu, mes collègues ne sont toujours pas prêt, je leur demande de s'activer un peu, Jacques nous attends déjà près de ma voiture. Tout se bouscule un peu dans ma tête, Hémo veut venir avec nous et je l'embarque. Au moment de fermer la porte je me rends compte que j'ai oublié son harnais et reviens le chercher, cette fois nous partons et miracle, alors que je n'y croyais pas nous sommes à l'heure. Il est 7 heures. Après 45 minutes de route, nous arrivons au rendez-vous. Claude et Phil sont déjà là et les autres archers ne tardent pas à arriver. Claude m'annonce qu'un archer ne viendra pas, nous serons donc 13 pour cette battue. Christophe, Lionel, Lilian, Fred, Jacques et moi-même pour les gersois, Laurent et 2 amis à lui pour les Hautes- Pyrénées, Phil du Vaucluse, Chaude de la Haute -Garonne, Franck de Vendée et Xavier venu de Guyane. J'ai également invité Adrien pour les recherches au sang. Tout le monde étant arrivé, nous partons pour déjeuner à la salle des chasseurs de Lagardère, un peu plus loin dans le village où nous attendent des œufs et de la ventrèche cuits à la plancha ainsi que du pâté et du café. Le carnet de battue rempli, le déjeuner pris, et mes consignes données aux archers nous partons pour le bois de Bouras ou se déroulera la première traque.

En arrivant, nous apercevons 3 chevreuils au gagnage entre un bosquet en long et le bois de Bourras, de l'autre côté de l'Osse. Nous nous garons sur le chemin de terre qui traverse l'Osse et commençons à nous préparer quand un doute affreux m'envahit, je jette un rapide coup d'œil dans la voiture et me rends vite à l'évidence, j'ai oublié mon arc chez moi. Avec le stress de l'organisation de cette journée, j'ai complètement oublié l'essentiel. J'annonce la nouvelle à mes collègues et décide de repartir le chercher chez moi. Les fusils se postent le long de la route alors qu'un chevreuil se débine dans leur dos. Je pars d'abord poster mes invités avant de revenir à ma voiture et de retourner chez moi. Les sangliers ont donné des coups de nez frais tout le long des premiers postes.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

45 minutes de route pour récupérer mon arc et autant pour revenir. A mon retour les chasseurs sont en train de se déposter, la traque est terminée et les archers m'annoncent qu'ils n'ont rien tiré. Les sangliers n’étaient pas de la partie et je suis un peu dégoûté car je croyais fort dans cette première traque. Nous partons pour la seconde traque, le rendez-vous était calé aux silos de Roques où je conduis mes invités. Le président de la chasse nous demande d'aller nous poster autour d'un bosquet plus haut de l'autre côté de la route où nous avons levé beaucoup de sangliers il y a 2 ans. Nous reprenons donc nos véhicules pour aller nous garer près des bâtiments à environ 200 mètres du bois. Les chasseurs déjà présents les années précédentes connaissant les lieux je les laisse aller se poster et poster quelques archers pendant que je m'occupe de poster le reste des troupes sur le bas et la droite du bosquet. En bas du bosquet, Claude lève un chevreuil en prenant son poste. Arrivé en haut du bosquet, ma ligne postée, je tombe sur Fred, arrivé par l'autre côté et qui n'a pas de poste, je le prends donc avec moi et le poste entre Lionel et Phil puis redescends en longeant le bosquet pour me trouver un poste.

Le bord du bosquet est longé par un petit talus de terre que je longe à la recherche d'un passage. Je finis par trouver une entrée dans le bois et m'avance sans voir de posté. Le poste que je ne connaissais pas me semble parfait. Je me place sur le talus de terre dans une petite zone dégagée de ronce. Devant moi un écran de ronces me camoufle un peu, une grosse coulée sort des épines et monte droit sur moi pour bifurquer à droite juste à mes pieds derrière les ronces qui me camouflent.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je suis à peine posté que les piqueurs arrivent avec les teckels. Ils attaquent par le bas du bois et les chiens lancent rapidement. Très vite, des décoches successives retentissent sur les postes du bas du bois, 4 flèches sont décochées en suivant mais aucun impact prometteur ne retentit. Je n'entends que le claquement des flèches dans la végétation ou les branchages. Un archer annonce "chevreuil". Des coups de feu claquent au loin. Un peu plus tard, j'entends distinctement une décoche puis un impact bien audible, un archer vient de flécher quelque chose. J'entends ensuite Christophe annoncer : "Je le vois, il est mort". Il vient de flécher un jeune brocard portant encore ces bois. Les chiens donnent toujours puis un teckel se met au ferme près des archers du bas. Au bout d'un petit moment, j'entends démarrer un animal qui semble lourd et casse du bois sur le départ. Un chasseur annonce "sanglier". L'animal se débine dans les épines et s'arrête régulièrement.
Le teckel recommence à aboyer au ferme. Un piqueur se met à donner de la voix près du poste de Lionel pour appuyer le chien puis rentre dans le bois. Je suis sa progression au crissement des épines. Il finit par tirer un coup en l'air car le ferme s'éternise. Jacques en face de moi annonce "cochon". Le sanglier repart, j'entends craquer la végétation et arme mon arc en gardant ma flèche dirigée vers le sol. Le sanglier semble se rapprocher puis je l'aperçois déboucher sur la coulée qui vient vers moi. Il semble très gros, il avance doucement puis s'arrête de 3/4 face, derrière un arbuste qui masque sa zone vitale. J'aligne ma visée mais attends qu'il se dégage. Il écoute un instant le chien qui se rapproche puis redémarre et vient droit sur moi. Je le suis dans mon viseur et le flèche quasiment de face à environ 5 mètres. Il est énorme et je peux voir ses défenses qui me font penser qu'il s'agit d'un gros solitaire. Ma flèche est rentrée jusqu'à l'empennage sur le haut de son épaule. L'animal accuse le coup et bifurque brusquement à gauche pour rentrer dans les épines en direction de Phil un peu plus haut. Phil n'a pas d'occasion de tir et le sanglier sort du bosquet, essuyant 2 coups de feu avant de foncer dans la vigne où je le regarde un instant s'éloigner. J'annonce : "Il est fléché". 2 teckels se lancent à sa poursuite et craignant pour leur santé, je décide de me déposter pour aller achever, si possible mon sanglier.
J'annonce mon départ puis pars au pas de course sur les traces de l'animal blessé. Je cours dans la vigne, me dirigeant au son de la voix des chiens. Il me semble les entendre au ferme un instant puis s'éloigner. Un coup de feu retentit en bas de la vigne sur la ligne des fusils et pensant mon sanglier mort, je ralentis. Je m'annonce en arrivant à la ligne puis pars voir le tireur qui me dit avoir touché le sanglier juste avant qu'il ne rentre dans le roncier derrière lui. Les 2 teckels sont au ferme et le sanglier ne semble plus bouger. Un second chasseur fait le tour pour se poster de l'autre côté du roncier. Je décide d'aller voir si le sanglier est mort ou pour l'achever si nécessaire. Je descends, par une grosse coulée, dans un fossé profond qui borde le roncier puis le traverse et rattrape la coulée barrée de ronces qui traverse le roncier. Je progresse voûté et péniblement en écartant les ronces tout en cherchant le sanglier du regard. Il est sur ma gauche à moins de 5 mètres mais je n'arrive pas à le voir. Je distingue à peine les teckels au ferme car il bougent un peu. Je rejoins une zone à peine plus dégagée, à environ 7 ou 8 mètres du fossé, me permettant de me redresser et d'encocher une flèche. Je finis par voir un morceau du flanc du sanglier au travers des ronces. Il me semble mort et j'annonce : "Il me semble qu'il est mort". Je commence à m'avancer un peu en écrasant les ronces quand j'aperçois son œil furibond qui m'observe à environ 3 mètres. "Il est toujours vivant". Il est couché sur le ventre et tourne le dos aux chiens situés sur ma droite, à environ 3 mètres de lui.

Il me présente presque un plein travers. J'arme mon arc et cherche une micro-fenêtre au travers des ronces pour lui décocher une flèche. Je finis par décocher mais ne vois pas si ma flèche a atteint l'animal. Le sanglier se redresse et se tourne face au chien en claquant des dents. J'encoche rapidement une autre flèche, arme et vise son épaule qui s'est sensiblement dégagée. Je décoche. Touché, le sanglier claque des dents, ma flèche est restée en travers de l'animal qui se contracte alors que du sang mousse sur ses babines puis se cabre très rapidement et retombe sur le dos en cassant ma flèche. Il se débat un peu sur le flanc alors que les teckels se taisent et se jettent sur lui pour le piller. J'annonce sa mort aux chasseurs de part et d'autre de ma position. Un autre chasseur arrivé entre temps me rejoint pour m'aider à sortir l'animal alors que je commence à écraser et écarter les ronces pour atteindre mon sanglier. Je récupère les empennages de ma première flèche près du sanglier. Le chasseur me rejoint, nous écartons les ronces pour attraper le sanglier et je dégage rapidement le morceau de flèche avec la lame qui dépasse du flanc de l'animal. Je l'éloigne pour éviter la blessure et la pose près de mon arc resté dans la zone dégagée derrière nous.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous attrapons le sanglier par les pattes avant et le dégageons pour l'extraire des ronces. Nous le traînons mètre par mètres vers la coulée et prenons mon arc au passage puis nous dirigeons par à-coup vers la sortie du roncier. Aidée par les autres chasseurs nous lui faisons passer le talus abrupt du fossé. Je remonte ensuite pour examiner mon sanglier, c'est le plus gros de ma vie d'archer. Contrairement à ce que je pensais il s'agit d'une laie. Ma première flèche est restée à l'intérieur sans percer de sortie dans l'animal. Ma seconde flèche est semble t-il passée à côté et je ne l'ai pas retrouvé dans les ronces. Ma troisième flèche rentre dans l'épaule et ressort 30 cm derrière l'épaule opposée en traversant les poumons. Les 2 premiers coups de fusil sont passés à côté, le troisième rentre et ressort juste au-dessus de la peau du ventre, au milieu de la longueur de l'animal, sans toucher les organes. Nous prenons quelques photos souvenir en attendant le 4 x 4 qui doit venir charger le sanglier.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le chasseur ayant légèrement blessé mon sanglier m'explique qu'il a eu juste le temps de changer ses cartouches de plomb pour des balles et de tirer sur l'animal avant qu'il ne rentre dans le fossé. En examinant les traces du sanglier nous tombons, à l'endroit du tir sur de la graisses projetée sur l'herbe au sol.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 finit par arriver et nous ne sommes pas trop de 4 pour charger mon sanglier sur le véhicule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 repart à travers la vigne vers le bosquet et je retourne vers mon poste pour attendre la fin de la battue. A mon arrivée, les chiens sont encore derrière un renard mais nous n'arriverons pas à l'avoir à portée de tir et arrêtons la battue. Nous discutons un moment de notre chasse puis redescendons aux silos de Roques.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les animaux abattus, mon sanglier, le brocard de Christophe et une chevrette tuée au fusil ont été apportés à Justian chez le président de la chasse. Nous décidons de partir sur place pour faire une belle photo de groupe avant d'aller manger à la salle de Lagardère. A notre arrivée les chasseurs de la société sont en train de peser le sanglier que je pense faire plus de 90 kg alors que beaucoup d'archers me l'annonce bien en dessous. La pesée affiche finalement 91 kg. Nous prenons quelques photos de groupe puis repartons pour Lagardère où un bon repas nous attend.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Après un petit apéritif, nous passons à table.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le repas, comme le début de la journée se déroule dans la bonne humeur et la convivialité, comme chaque année, l'hospitalité de la société de chasse est toujours aussi exceptionnelle. Le repas démarre par une bonne garbure au cou de canard.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous aurons ensuite droit à un bon civet de chevreuil accompagné de pattes puis au traditionnel flanc aux œufs qui mérite à lui seul de participer à cette battue mixte annuelle.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Notre repas et le café pris vers 15 heures nous décidons de repartir pour une dernière petite traque avant la nuit. Le président de la chasse me demande d'aller poster les archers autour d'un bois coupé par une ligne à haute tension sous laquelle les ronces et les fougères font une très bonne remise à sanglier et en chassant cette semaine avec mes invités nous avons repéré une forte activité des suidés dans ce secteur. J'ai bon espoir que mes invités puissent en tirer un. J'envoie 8 archers se poster sur le bas du bois et prends le reste des archers avec moi pour poster le haut du bois. En chemin, Xavier qui constate que je n'ai plus que 2 flèches sur mon carquois, me propose de m'en prêter d'autres. Je refuse lui disant que j'ai déjà tiré ce matin et qu'avec 2 flèches j'en ai bien assez. Je laisse Frank en chenin dans un angle de bois ou sortent souvent les animaux puis pars poster les autres archers sur le haut du bois. Les premiers se postent près d'un chemin forestier qui traverse une bande étroite du bois qui, en forme du U, borde sur 3 côtés une prairie. J'ai décidé de ne poster les archers que sur la zone coupée par la ligne haute tension. Avec Jacques nous partons nous poster un peu plus loin sur la même ligne mais au bord de la prairie en rentrant tout de même un peu dans le bois. Je prends encore une fois un poste au hasard qui ne me laisse qu'une visibilité réduite à environ 10 à 15 mètres autour de moi. Derrière moi, une bande de buissons noirs borde la prairie et je me poste dans une bande étroite buissonneuse plus claire avant les ronces sous la ligne à haute tension.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En bas, un gros écureuil foncé escalade un chêne près de la ligne des archers. Rapidement, un piqueur arrive par le bas du bois avec les teckels et rentre dans le bois par un passage pour rejoindre les ronces sous la ligne électrique. Les chiens lancent vite un animal qui traverse au niveau des premiers postes de ma ligne sur ma gauche.

Le calme revient et le piqueur s'avance ensuite en longeant les ronces tout en encourageant les chiens. Ils finissent par lancer un chevreuil qu'il annonce. Les chiens poussent un instant puis le calme revient. Un autre piqueur arrive dans mon dos en longeant la prairie puis rentre derrière moi dans les épines pour repartir en sens inverse. Il ne tarde pas à lever un chevreuil qu'il tire au plomb sur la prairie, le blessant à une patte. "Attention, chevreuil blessé, en bas...". Le chevreuil, coursé par les chiens, fonce dans la partie de bois non postée. Les chiens finissent par l'attraper en contrebas et nous l'entendons gueuler un moment avant que le piqueur ne l'atteigne pour l'achever. Le piqueur et les chiens du bas lève, en bout de traque, un chevreuil qui se débine sans être poursuivi. "Chevreuil". Je scrute mon entourage et tend l'oreille quand un bruit furtif m'interpelle derrière moi. Je tourne doucement la tête et aperçois un chevreuil qui me semble d'abord très petit. Ses bosses sur la tête me font penser à un chevrillard. Il s'arrête à environ 10 mètres et écoute le traqueur et les chiens. Je pivote doucement pour me retourner. Le chevreuil ne m'a toujours pas vu. Il s'avance de quelques pas et s'arrête à nouveau pour écouter et regarder vers le bas. C'est un beau brocard qui a perdu ses bois. Une trouée dans les épines m'ouvre une fenêtre de tir sur la coulée sur laquelle il progresse. Il faut qu'il avance encore de quelques mètres. Il fait un pas, écoute à nouveau, j'arme doucement mon arc et aligne mon viseur sur la coulée. Encore un pas et il écoute à nouveau à 1 mètre de la trouée. Il s'avance d'un pas très lent, mon viseur se cale sur son épaule. Il est à environ 6 ou 7 mètres, je décoche. Touché bas au niveau de l'épaule, il réagit à peine et continue à avancer d'un pas lent tout en boitant sévèrement. Il fait 6 ou 7 mètres et tourne sur lui-même pour se coucher calmement face à son arrivée. A peine couché, il tombe sur le flanc et s'immobilise rapidement.

Je me retourne et reprends mon attente. Les chiens poussent au loin et des coups de feu répétés retentissent. Les sangliers viennent d'être levés hors de la zone cernée par les archers. Un chien vient se mettre au ferme sur ma droite mais finit par renoncer et s'éloigne. Le temps passe et le calme s'installe. J'appelle un des piqueurs pour lui demander si la chasse est terminée et il me dit de déposter le bois car les sangliers ont filé sous le village de Roques dans le bois de pin. Je pars donc cherché ma flèche que je peine à retrouver. Je retrouve la zone du tir avec le premier sang et une touffe de poil.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En progressant dans l'alignement du tir, je finis par trouver ma flèche posée sur le sol et couverte de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je la récupère et la remets au carquois. La piste de sang est courte mais bien marquée. Je rejoins mon chevreuil pour lui apposer le bracelet. 

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Comme je l'avais vu, ma flèche rentre basse au niveau de la patte avant et ressort au milieu de la cage thoracique. J'appelle Lionel pour qu'il déposte la ligne du bas puis tente d'appeler Jacques mais il ne répond pas. Je tire mon chevreuil hors des épines sur la prairie et lui attache mes pattes pour le charger sur mon épaule et partir déposter ma ligne. J'entends Phil et Claude discuter et comprends qu’ils ont tiré. C'est en fait Claude qui tire un chevreuil mais sa flèche est passée dans le poil du dos pour aller se ficher dans un arbre.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Une fois la lame dégagée, il trouvera du poil sur cette dernière mais pas de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Alors que Je passe devant Xavier, ce dernier en profite pour immortaliser mon retour, chevreuil sur l'épaule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous récupérons ensuite Frank à qui 3 chevreuils passent trop vite. Alors que nous rentrons aux voitures où nous attendent déjà la ligne du bas. Mon téléphone sonne, c'est le piqueur qui m'avertit qu'un sanglier blessé vient vers nous. J'en averti mes collègues qui repartent vite se poster et je finis d'arriver aux voitures avec mon chevreuil où je fais quelques photos souvenir.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les chiens arrivent au ferme et la bagarre s'engage avec le sanglier venu se caler dans les ronces sous la ligne électrique. Des chasseurs au fusil arrivent en renfort et se précipitent vers le bois. Pendant ce temps un beau renard surgit du bois et fonce à travers champ vers la digue d'un petit lac sur notre droite puis traverse la route à environ 150 mètres sur ma droite pour foncer vers les terriers situés un peu plus loin dans le bois. Le ferme s'éternise un peu puis le sanglier finit par s'éclipser et nous échapper. La luminosité baisse doucement et les archers venus de loin commencent à nous quitter. Sur cette traque en plus de mon brocard, un autre brocard et une laie de 64 kg ont été prélevée au fusil. La journée s'achève sur un exæquo fusil/arc.

Jacques raccompagne mes invités chez moi car Xavier est invité à manger ce soir et Frank doit repartir et il a de la route. Pour ma part, je vais peler mon sanglier et mon chevreuil avant de rentrer.

Un grand merci à tous les participants, à la société de chasse, les cuistots et cuisinières pour cette belle journée.

 

Alex

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commentaires

Christophe 23/12/2015 20:59

Bravo Alex!!!!! t'es un Champion.

Laurent 29/11/2015 20:29

Merci encore pour cette belle journée ;-)
Les archers du 65 .
@+

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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