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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 06:14

Ce matin, je me réveille encore amer de ma mauvaise flèche d'hier soir. Nous nous retrouvons pour déjeuner comme tous les matins sous la bâche "cuisine" et discutons de notre journée à venir. Mon doigt va mieux mais je prends encore un cachet d'antibiotique. Nous allons tous partir avec la barque pour tenter de recouper les pécaris que Xavier n'a pas pu intercepter hier. Le repas terminé, nous partons préparer nos affaires, je rééquipe mon arc pour la chasse. Xavier ne retrouve pas son décocheur et nous comprenons qu'il a dû le perdre pendant la chasse d'hier soir certainement en plongeant pour aller chercher mon pac blessé puisqu'il venait juste de l'enlever avant de plonger. Je décide de lui prêter mon décocheur de rechange que j'avais pris au cas où. Nous finissons de nous préparer, le pantalon de ma tenue 3D ne ressemble plus à rien, je tente de le maintenir un peu en fermant mes guêtres par-dessus. Vérification du petit matériel, les piles de mon GPS sont faibles, je décide les changer avant de tomber en panne. Je garnis mes poches : caméscope entouré de sa poche plastique, GPS, boussole, opinel, cordelette puis c'est le départ. Le fleuve a bien baissé depuis ces derniers jours car il n'a pas vraiment plu. Xavier me donne les coordonnées GPS du coin où il a repéré les bassines de pécaris hier et j'enregistre ce point. Nous embarquons tous dans la barque. Nous partons en aval sur un peu plus d'un kilomètre. En chemin nous dérangeons des ibis posés au bord du fleuve. Des perroquets survolent le fleuve. Nous accostons un peu plus loin au départ d'une belle crique. J'allume mon GPS et fait le point sur la barque. Nous allons partir 2 par 2, "Scarabée" et Xavier partent en biaisant à gauche.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Nous devons traverser la crique avec Daniel pour aller retrouver le secteur des pécaris. Nous nous servons de la barque pour traverser puis partons en nous suivant à 20 ou 30 mètres d'intervalle. Le temps est incertain et la pluie menace. Je cale mon GPS sur mon but et pars devant en longeant la crique. J'avance doucement en faisant des pauses observatoire pour tenter d'apercevoir un gibier. Je me retourne régulièrement pour voir si Daniel me suit. Rapidement, la végétation s'épaissit et je me décale un peu sur la droite de la crique pour trouver un passage plus facile. Il commence à pleuvoir un peu. Je perds vite Daniel de vue mais ne m'inquiète pas et continue ma progression. Au bout d'un moment, il me semble que je me rapproche du fleuve, je contrôle mon GPS et comprends que j'ai fait une boucle sans m'en rendre compte. J'ai perdu du temps et décide donc de partir GPS en main vers le point indiqué par Xavier.

Je prends le cap avec ma boussole puis avance d'un pas rapide en contrôlant souvent ma direction et finis par retrouver Daniel un peu plus loin. Il a continué à avancer tranquillement en chassant et a vu des singes. Je me rends alors compte que j'ai cassé mon décocheur, la pince est tombée, ne reste que la tige filetée accrochée à mon brassard. Ma journée commence bien, Daniel me propose de me prêter le sien mais ne voulant pas le priver d'un jour de chasse, je refuse son offre. Si j'ai une occasion de très près je pourrais essayer de tirer sans décocheur. Nous décidons de continuer à progresser ensemble, son GPS est équipé de la carte topographique et hydrographique de la Guyane contrairement au mien. Cette carte lui facilite la navigation en forêt. Nous arrivons au pied d'une colline que nous longeons pour rejoindre notre destination. Nous passons ensuite un sommet puis redescendons pour tomber dans un marais où nous trouvons, comme indiqué par Xavier, des coups de nez dans une zone sableuse puis des bassines de pécaris et des coulées marquées de traces. Nous décidons de nous poster sur le secteur en nous éloignant un peu l'un de l'autre.

Daniel, repart en arrière vers la colline alors que je m'enfonce doucement dans la végétation en suivant la coulée très marquée par les traces des pécaris. Des gouttes de boue ont été projetées sur la végétation mais ne semblent pas fraîches bien que l'eau des bassines soit encore très boueuse. Les traces non plus ne semblent pas très fraîches. La pluie se met à tomber très fort. Je trouve une zone un peu dégagée au milieu d'une végétation épaisse, un tronc tombé au sol me servira de siège. Je me poste là un moment mais rien ne vient. La pluie s'est calmée mais le temps passe et je perds patience. Je décide de reprendre ma progression lente et prospecte dans le secteur sans plus de succès avant de tenter sans succès de retrouver Daniel. Nous ne nous sommes pas entendu sur le retour et me dis donc qu'il a dû partir de son côté. Je programme mon GPS pour un retour vers la barque et commence à suivre le cap indiqué. Je suis le bas de la colline mais dois parfois remonter pour éviter des zones trop fourrées. Tout à coup, alors que je longe un marais, un grand tinamou se débine tout doucement à quelques mètres devant moi. J'hésite à armer mon arc mais me dis que, sans décocheur, j'ai peu de chance de toucher cette cible en mouvement et ne veux pas prendre le risque de le blesser. Il disparaît un peu plus loin dans la végétation épaisse du marais. Je tente de le suivre mais n'arrive pas à le retrouver. Prenant conscience que, sans décocheur, je n'ai pas la moindre chance de faire un tir propre, je décide de rentrer sans chasser.

Je suis mon cap qui me fait suivre plus ou moins des vallées de criques mais je tombe sur une zone impénétrable barrée par les arbres tombés au sol et enchevêtrés de végétation épaisse. Je passe un long moment à chercher à contourner cet obstacle d'environ 30 mètres de long puis parviens, non sans mal, à le franchir. Je commence à ressentir un picotement au niveau de mon genou droit, le frottement répété de mon pantalon mouillé est en train d'entamer la peau. Je passe maintenant une grande colline. Je ne reconnais pas vraiment le paysage mais fais confiance à mon GPS sur lequel la distance à parcourir décroit. Je dois parfois vérifier mon cap avec ma boussole mais la progression est pour le moment facile. Le terrain s'aplanit. Je tombe un peu plus loin sur une crique, il semble qu'il me faille la traverser, je trouve donc un gros tronc tombé en travers et joue les équilibristes pour arriver sur l'autre rive. Un peu plus loin, il me faut traverser une nouvelle crique, je retrouve donc un gros tronc et traverse mais un peu plus loin, une autre crique se présente et je commence à me demander où je suis car je n'ai pas dû traverser tous ces obstacles au départ. Je finis par rejoindre le fleuve mais alors que mon GPS m'indique la barque toute proche, je ne la trouve pas. Je tourne et retourne sur le secteur et traverse et retraverse les criques qui serpentent dans le secteur. Levant au passage plusieurs grands tinamous et un beau héron agami, magnifique oiseau, 

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

qui se lèvera plusieurs fois dont une fois à juste 3 mètres alors que j'arrive au bord d'une crique en contournant une zone de végétation épaisse. Je ne comprends plus rien. Je ne peux pas toujours arriver au bord du fleuve à cause de la végétation très épaisse de certains secteurs et en cherchant un passage pour le rejoindre, je longe une pointe de végétation très épaisse. Je trouve enfin un passage en franchissant un gros tronc puis me fraye un chemin dans la végétation en tentant de longer le fleuve mais me retrouve vite dans une impasse. Des piqûres m'irritent la peau des bras et je constate que je suis attaqué par des termites que j'ai dû déranger en franchissant le tronc. Je m'en débarrasse puis me pose un moment pour faire le point et réfléchir.

C'est alors que de l'autre côté du fleuve, j'aperçois, au travers des branchages, des bâches bleues. Ne s'agirait-il pas du camp ? Je prends mon GPS et change le point de destination pour celui du camp. Le GPS affiche 40 mètres environ en face de moi, c'est donc bien notre campement. Tout s'éclaire, je n'ai certainement pas assez attendu après avoir allumé mon GPS pour faire le point de la barque et le satellite ne devait pas encore avoir été repéré, il a donc fait un point proche du dernier point où je l'avais allumé : le camp. Nous nous étions donné rendez-vous à 15 heures à la barque et il est 15 heures. Mes collègues doivent être arrivés à la barque.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Que faire ? Mes collègues vont commencer à s'inquiéter. En longeant le fleuve sur plus d'un kilomètre, je retrouverai mes camarades mais il me faut traverser de nombreuses criques dont certaines très larges et très profondes sans avoir l'assurance de trouver des troncs pour passer à sec de plus, il va me falloir un moment pour les rejoindre. Je décide de traverser le fleuve pour rejoindre le camp et tenter de rejoindre mes camarades en empruntant le canoë. J'enlève donc ma tenue 3D que je pose au bord de l'eau avec mon arc et mon petit matériel pour éviter de le mouiller puis cherche un passage peu profond en longeant le fleuve. Je finis par repérer 2 gros troncs immergés en travers du fleuve. Je prends mon courage à 2 mains et m'avance donc sur l'un d'eux en luttant contre le courant assez fort à cet endroit. J'ai vite de l'eau jusqu'à mi-torse. Je m'aide un peu en me tenant au 2ième tronc plus haut sur la seconde moitié du fleuve en m'y accrochant et finis par rejoindre la rive opposée et remonter le talus abrupt en me cramponnant à la végétation.

Je pars vite vers le canoë, le détache, relève le moteur puis pars à la rame en descendant le courant. Je me suis positionné à l'avant pour bien voir les troncs mais, du coup, je n'ai pas choisi la facilité pour manœuvrer l'embarcation dont je perds souvent le contrôle et dois alors pagayer de toutes mes forces pour me remettre dans le sens du courant et éviter les troncs. Rapidement, j'entends le ronron du moteur de la barque qui vient vers moi. Mes collègues reviennent à ma rencontre. Xavier a eu l'intuition que je m'étais perdu et que j'avais eu l'idée de revenir au camp. 

Xavier me taquine un peu et m'annonce sur le ton de la plaisanterie que mes collègues s'étaient déjà partagés mon matériel, me pensant perdu. Daniel monte ensuite avec moi et nous partons chercher mon matériel alors que Xavier et "Scarabée" rentrent au camp. Le bras principal du fleuve est barré par plusieurs barrages végétaux. Nous passons le premier assez clair facilement mais le second est plein de sorte de lianes acérées de petits piquants crochus les recouvrant totalement et capables de déchirer la peau. Nous luttons un peu pour passer au travers, j'y laisse la peau du haut de mon oreille droite. Le barrage suivant est infranchissable et Nous accostons pour que je parte chercher mes affaires à pied. J'ai tellement tourné sur le secteur que je me retrouve même sans mon GPS malgré les détours à faire pour trouver les troncs nécessaires pour traverser les 3 criques qui me séparent de mes affaires. Une fois mes affaires récupérées, je me dirige à la voix en communiquant avec Daniel. Une fois le canoë retrouvé nous repartons vers le camp. J'apprends alors que Xavier, qui souffre beaucoup de ses vers macques, a décidé de partir ce soir de nuit pour aller voir le médecin demain matin.

Nous commençons donc à ranger nos affaires en gardant juste nos hamacs et nos bâches que nous plierons au dernier moment. Xavier lui essaie de dormir un peu. La nuit tombera vite. Ce soir c'est Xavier qui est à la cuisine pour nous préparer son fameux caïman. Nous prenons un petit apéro pendant la cuisson en discutant. Daniel me dit que j'ai assuré cet après-midi et qu'il ne connait pas grand monde qui aurait eu la présence d'esprit de revenir au camp. Cela m'étonne car je ne pense pas avoir fait quelque chose d'extraordinaire mais me fait tout de même plaisir. J'aurais tout de même droit à quelques gentilles plaisanteries qui alimenteront la bonne humeur de la soirée. Mes pieds très flétris me font souffrir de plus en plus et j'ai du mal à marcher. De plus mon genou est entamé et le contact du pantalon est très désagréable, je remonte donc le côté droit au-dessus de mon genou bien brûlé qui suinte. Je prends un dernier cachet d'antibiotique car mon doigt semble bien guéri. Le caïman est prêt et nous servons les assiettes.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Xavier avait raison, son caïman est excellent et nous nous régalons tout en discutant. Le repas terminé, nous nous reposons un peu puis finissons de plier le camp et de tout nettoyer pour laisser les lieux le plus propres possible. Il est nécessaire de respecter cette forêt et de ne pas laisser derrière soit des détritus non biodégradables comme on le voit souvent près d'autres carbés sur le bord du fleuve. Lors des crues ses déchets sont parfois entraînés vers l'océan où polluent l'eau et les sols. Nos affaires rangées, nous les rapprochons des embarcations puis les chargeons. Je vais partir avec Xavier en tête, nos collègues nous suivront avec 30 minutes de décalage pour que nous puissions tous chasser en descendant le fleuve. Je suis assis à l'avant, avec la pagaie, sur une glacière glissante, au-dessus des rebords de la barque et comprends vite que je ne vais pas finir le voyage sans tomber à l'eau. Nous réorganisons donc un peu le rangement pour que je puisse m’asseoir dans la barque. Xavier a pris le fusil pour tirer les pacs car il m'a rendu mon décocheur et n'a donc plus de décocheur, moi j'ai pris mon arc équipé du moulinet de pêche et mon carquois de flèches de chasse. Il m'annonce que, s'il voit un tapir, il le tire. Je suis un peu dégoûté car c'est un rêve d'en tirer un à l'arc.

Sur le secteur chassé tous les soirs, les caïmans plongent tous loin devant nous sans nous laisser approcher sauf le petit caïman d'environ 60 cm qui, comme hier, nous laisse passer sans bouger. Les obstacles sont faciles à passer et nous progressons relativement vite. Xavier repère et me montre une caurale soleil posée sur une branche au-dessus du fleuve. Elle s'envole à notre passage. Comme chaque soir, les gros yeux des grenouilles brillent sur les berges et ceux des rainettes sur les branchages au-dessus du fleuve. Xavier me montre un gros héron agami posé au bord du fleuve et je lui dis que j'en ai vu un ce matin d'aussi près en cherchant mon chemin. L'oiseau ébloui nous laisse passer sans bouger, nous aurions presque pu l'attraper à la main. Un peu plus loin, ce sont deux autres caurales soleil posées juste au-dessus du fleuve sur une branche basse. Xavier décide les prendre en photo mais le temps de prendre son appareil elles s'envolent. Nous dérangeons aussi régulièrement de gros matins pêcheurs qui décollent dans les faisceaux de nos lampes frontales.

Quelques caïmans nous laissent passer sans plonger, nos collègues auront peut-être la chance de les voir. Un peu plus loin, Xavier repère un pac et nous accostons. Il part à sa poursuite alors que je tiens la barque. Il va le retrouver sur ma gauche, caché dans des branchages et le tuer d'un seul coup de fusil. Le temps qu'il revienne nos collègues nous rattrapent. Nous discutons un peu, ils n’ont pas eu d'occasion de tir, puis ils décident de partir devant. Xavier finit par revenir avec son gros pac, c'est un beau mâle plus gros que la femelle fléchée la veille. Nous repartons et rattrapons assez rapidement nos collègues entrain de manœuvrer pour que "Scarabée puisse flécher un caïman. Je dis à Xavier de s'arrêter pour ne pas les déranger et nous les observons un instant à environ 10 mètres. "Scrarabée" galère pour trouver une fenêtre de tir au travers des branches. Son caïman est très coopératif, il reste un long moment sans plonger et "Scarabée" finit par trouver une fenêtre de tir mais le manque. Le caïman n'a même pas plongé mais alors qu'il tente de dégager sa flèche prise dans les branches, le reptile finit par sonder et remonte vite derrière le canoë.

Nous décidons de poursuivre et de laisser nos collègues à leur chasse. La pluie se met à tomber assez fort. Nous enfilons nos tenues de pluie. Nous repérons un ou 2 boas de Cook pendus dans les branches au-dessus du fleuve. Nous passons de temps en temps devant un caïman mais ils sont bien moins nombreux que l'an dernier. Plus loin, Xavier repère un pac qui se jette vite à l'eau. Il remonte vite à la surface pour nager en ne laissant dépasser que le haut de sa tête et ses gros yeux rouges. Le temps d'attraper mon arc et d'armer, il plonge. Nous attendons un peu mais il ne refera pas surface. Nous repartons. Nous arrivons plus loin au niveau de l'énorme arbre qui barre le fleuve qui nous a posé des problèmes à l'allée. Nous nous dirigeons donc vers le petit passage à droite. Xavier n'y croit pas trop, je lui dis que je pense que ça va passer, il se lance mais la barque passe à moitié et se cale sur un autre tronc de l'autre côté. Je descends à l'eau et pousse la barque vers le milieu du fleuve et réussi à dégager la barque alors que nos collègues nous rattrapent. Nous finissons de passer l'obstacle et repartons. Un peu plus loin nous nous retrouvons bloque sur un tronc juste sous la surface, la barque s'est posée dessus. Nos collègues en profitent pour prendre la tête. Nous nous dégageons et retrouvons nos collègues coincés dans des branchages, ils ont essayé de passer à gauche nous prenons à droite, ils n'ont pas besoin de nous pour se dégager, nous reprenons la tête à nouveau.

Je rejette à l'eau les petits poissons qui effrayés par le moteur sautent en tous sens et tombent souvent dans la barque. Xavier m'annonce qu'un gros lézard est tombé dans la barque. Dans un virage, je repère les yeux d'un pac qui disparaissent avant que Xavier n'ait pu les voir. Je lui annonce le pac, nous accostons et il part pour tenter de l'intercepter mais la forêt est claire et le rongeur est déjà loin. Il revient sans l'avoir vu. Nous repartons, la navigation est toujours assez facile et les martins pêcheurs dérangés par notre passage s'envolent en suivant le fleuve. Par moment, de nombreux poissons sautent autour et dans la barque. Ayant pitié d'eux qui se débattent sur le fond de la barque je les remets à l'eau. Alors que nous approchons d'un petit obstacle, je sens quelque chose qui remonte dans la jambe droite de mon pantalon et je tente de stopper cet intrus et de le déloger en secouant ma jambe. Xavier qui voit arriver l'obstacle et croyant que je m'occupe des poissons me dit : "laisse ces poissons !". Je lui dis qu'un animal me monte dans le pantalon, il comprend alors et ralentit alors que je parviens à me débarrasser de l'animal. Je réalise alors qu'il s'agissait peut être du gros lézard que Xavier a vu tomber dans la barque. Je reprends ma pagaie et aide Xavier à passer l'obstacle.

Nous continuons sans trop de difficulté. Plus loin, nous faisons le tour d'une sorte de lac donnant sur un virage du fleuve et ponctué d'un îlot de verdure en son centre. Des dizaines de poissons jaillissent de l'eau et je dois en remettre quelques-uns à l'eau. Plus loin Xavier accoste pour attendre nos collègues qui mettent un instant à arriver. Il ne pleut plus et j'en profite pour enlever ma tenue de pluie qui me fait transpirer. Nos collègues arrivent, nous discutons un peu et leur montrons notre prise. "Scarabée" a manqué 3 fois son caïman et a fini par renoncer à le flécher le trouvant finalement trop petit. Ils n'ont rien vu d'autre, les caïmans vus ont dû plonger derrière nous.

Nous intervertissons les équipes pour que "Scarabée" ait plus de chance de flécher quelque chose. Je quitte donc la barque avec mon arc et monte avec Daniel dans le canoë. J'ai toujours aussi mal aux pieds.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Xavier me conseille d'attacher mon arc au canoë en cas de chavirage et trouvant l'idée bonne, je m'exécute.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Nous sommes prêts à partir, "Scarabée" est super motivé.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

La barque part devant et prend de l'avance. Nous partons ensuite. Le fleuve bien dégagé s'élargit peu à peu et nous filons sans encombre mais la barque est déjà loin. Au bout d'un moment, la voix de Xavier nous interpelle. Nos collègues nous attendent au bout du raccourci qu'ils n'ont pas pu prendre à cause du niveau d'eau trop bas. Xavier nous dit de passer par ce passage peu profond car il pense que le canoë peut passer. Nous prenons notre élan et je pagaie aussi fort que je peux mais le canoë part trop à gauche et se plante sur le fond dans quelques centimètres d'eau. Nos collègues sont morts de rire. Il nous faut faire marche arrière après nous être dégagé du fond sur lequel nous sommes plantés. La seconde tentative sera la bonne.

Nous repartons, la barque prends très vite de l'avance. Plus loin Daniel retrouve, malgré la nuit noire, le second raccourci et nous le prenons, vers la fin du passage nos collègues ont dû couper un arbre pour passer. Le fleuve étant maintenant bien dégagé, je n'ai plus besoin de prendre la pagaie et la range. Je quitte ensuite mes chaussures et mes chaussettes pour soulager mes pieds qui me font vraiment souffrir. J'ai de plus en plus mal aux fesses sans bouger sur l'assise métallique du canoë et essaie de bouger souvent pour soulager cette douleur insupportable. Je finis par mettre ma housse d'arc sous mes fesses pour essayer d'arranger ça mais j'ai encore très mal et je dois décoller régulièrement mon postérieur de l'assise pour faire circuler le sang. Le retour me semble interminable, de plus je suis trempé et l'air est frais, j'ai presque froid. Nous finissons par arriver au débarcadère mais il nous faut encore continuer sur le fleuve jusqu'au village où Daniel a laissé la voiture. Daniel m'avait dit que nous risquions de voir de gros caïmans à lunettes dans cette zone brassée par la marée mais ce soir la marée est haute et les reptiles sont restés dans les marais de part et d'autre du fleuve. Ils viennent, à marais basse, se nourrir des poissons et des crabes refoulés par les chenaux alimentés par la baisse des marais.

Nous finissons par arriver au village vers 7 heures du matin alors que le jour se lève et que les oiseaux se réveillent et s'envolent en sortant des arbustes qui couvrent les berges. C'est avec un immense soulagement que je quitte le canoë après avoir remis mes chaussures trempées. Nos collègues ont déjà chargé le pickup et mis la barque sur la remorque et nous aident à ranger les affaires du canoë et le charger sur le toit du pickup. Nous sommes prêts à rentrer. "Scrarabée" n'a pas eu plus de chance, il n'a pas eu d'occasion de tir. Nous faisons une halte pour prendre des sandwichs et des cafés au village. Nous demandons avec "Scarabée" une garniture sans piment mais alors que nous commençons à manger nous nous apercevons que le cuistot n'a pas dû comprendre car nos sandwichs sont très relevés. "Scrarabée" va renverser son café entre les sièges avant du pickup.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Je dis à mes collègues que mes pieds me font vraiment souffrir et il me demande de les leur montrer. Ils sont tout fripés et gorgés d'eau.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Je reste donc pieds nus pour le retour. Quand nous arrivons chez Xavier, ses chiens nous accueillent gaiement. Nous partons nous reposer un peu avant de nous occuper de nos affaires. J'en profite pour appeler mon amie et lui donner des nouvelles car il n'y a pas de réseau en forêt. Daniel nous quitte pour rentrer chez lui. Après une bonne douche durant laquelle je me retire une tique de l'épaule gauche et une autre de la cheville droite, je pars me coucher. Je me réveille quelques heures plus tard, il fait un beau soleil. Je commence à trier mes affaires salles pour que Xavier puisse aller faire une lessive en ville tout à l'heure. Je sors mon arc de sa housse pour le faire sécher un peu et prends mes chaussures en sortant leurs semelles pour les faire sécher. Quand mes collègues se lèvent nous finissons de ranger nos affaires puis nous allons peler les caïmans et gratter les pacs (cet animal s'ébouillante pour retirer le poil car la peau se mange). Alors que je vide les pacs, Xavier me demande de récupérer les cœurs et les langues pour des analyses car il participe à un programme d'étude sur ce gibier. Il part ensuite pour Kourou pour aller voir le médecin avec qui il a pris rendez-vous ce matin et faire notre lessive. N'ayant plus rien à faire, je décide de partir faire une petite sieste. Xavier en rentrant en profite pour immortaliser l'instant.

Chroniques guyanaises, une longue journée, 18 et 19 mars 2015

Quand je me lève, la lessive est étendue. Mes pieds et mon genou ont bien séchés et ne me font plus mal. Xavier est revenu de chez le médecin avec 4 cachets qui auront raison des vers macaques en 3 heures. Les douleurs vives sont terminées, il ne restera plus qu'à les extraire dans les prochains jours. Après une fin d'après-midi à nous reposer nous partons manger en soirée sur Kourou avec l'amie de Xavier et son fils dans une petite paillote.  Avant de partir, nous devons nous enduire de produit anti-moustique car en ville règne le chikungunya véhiculé par le moustique tigre. Nous laissons au passage un des 2 pacs à un ami brésilien de Xavier, sa femme va le préparer pour un repas entre chasseurs que nous devons faire demain soir. Ce repas sympathique termine cette journée. Nous partons nous coucher chez Xavier pour une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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