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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 21:33

Ce matin, le réveil sonne vers 5h30, j'allume la lumière et me rends compte que je dormais sous une grosse araignée postée sur le montant de la fenêtre au-dessus de la tête de lit.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Cette nuit les chiens de Xavier ont aboyé plusieurs fois et m'ont réveillé. Le jaguar, qui chasse régulièrement les chiens dans les jardins du secteur, est peut-être passé dans le quartier. Nous devons aller chasser le capibara dans une zone de savane marécageuse. En descendant pour préparer mes affaires, j'aperçois un gros cafard sur la terrasse couverte de Xavier, ces charmantes bêtes sortent souvent la nuit pour venir se noyer dans les restes de verres ou chercher quelques miettes.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Nous partons, en route Xavier nous donne quelques conseils de tir en nous encourageant à tirer de la lame mécanique et de viser le cœur en évitant surtout de percer l'estomac et les intestins. Nous avons un peu traîné ce matin et arrivons sur place un peu en retard, le jour s'est déjà levé. Nous nous préparons pour la chasse, je décide de ne pas mettre mon pantalon de ma tenue 3D et n'enfile que la veste, ma cagoule et mes gants. Nous distribuons les secteurs de chasse, nous allons suivre un chemin de terre au bout duquel je partirai à gauche et mes collègues à droite.

Je suis prêt avant mes collègues et décide d'aller prospecter un petit secteur derrière les bâtiments où nous avons chassé l'an dernier. Je pars donc devant par le chemin de terre et tombe sur le propriétaire que je salue. Nous discutons un peu puis je prends à gauche sur une langue d'herbes hautes, de 20 à 40 mètres de large en environ 150 mètres de long, surélevée de quelques mètres au-dessus des marécages en U, couvert de moucoumoucous qui la borde. Les herbes hautes sont marquées par de nombreuses coulées très marquées de capibaras. Je zigzague pour surveiller alternativement les 2 penchants de la langue enherbée qui donnent sur les marais pour tenter d'apercevoir un animal mais sans succès. Le vent souffle fort et face à moi, il commence à pleuvoir mais l'averse s'arrête rapidement. Le temps est idéal pour l'approche. Une odeur de cadavre me parvient et je tombe un peu plus loin sur un grand trou où pourrissent des carcasses de zébus. J'arrive au bout de la langue et aperçois à environ 200 mètres, de l'autre côté du marais, 1 puis 2, 3, 4, 5 capibaras qui broutent sous un gros arbre. Ils sont hors de portée pour le moment, nous verrons plus tard. Je fais demi-tour et reviens vers le chemin de terre où mes collègues sont en train de passer. Je presse le pas, arrive sur le chemin de terre et accélère encore pour les rattraper. De nombreuses traces de capibaras plus ou moins anciennes ponctuent ce chemin marqué de profondes ornières remplies d'eau boueuse.

Je rattrape mes collègues alors qu'ils passent une barrière qui barre le chemin de terre, nous l'ouvrons, la passons puis la refermons. Nous arrivons ensuite au bout du chemin. Un morceau de réacteur de fusée est posé sur le sol à notre gauche près d'une mare semi-asséchée au départ d'une bande boisée qui borde l'autre côté du marécage que je longeais tout à l'heure par la langue d'herbes hautes, de l'autre côté du chemin un petit lac creuse le terrain. Nous nous séparons, je pars donc comme prévu à gauche avec le vent de face qui souffle de façon soutenu. Je rentre dans la bande boisée assez claire. Le sol piétiné par le bétail est souvent dépourvu de végétation. Je tombe rapidement sur des traces de capibaras plus ou moins fraîches.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015
Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je suis tout doucement ces traces en observant les alentours et tombe sur quelques fruits de palmier à moitié mangé de frais. Je continue et tombe un peu plus loin sur un gros rond de ces fruits oranges tombés devant un buisson. J'avance doucement et me rends compte que certains sont mangés de frais.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

En me décalant doucement sur la droite du buisson, j'aperçois 2 gros capibaras assis de dos, à environ 8 mètres, au bord du marais. Je me fige, les animaux m'ont vu mais n'ont pas compris ce que j'étais. Ils se lèvent et s'avance un peu vers l'eau, j'arme mon arc, le plus proche, s'arrête de 3/4 arrière à environ 10 mètres. Je vise et décoche, touché, l'animal démarre avec ma flèche, équipée d'un Rage Hypodermic, plantée au 3/4 dans le cuissot. Les 2 capibaras disparaissent à grands bons dans le marécage boisé.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Les conseils de Xavier n'ont pas été trop respectés, avec cette flèche, je suis sûr d'avoir touché les intestins et l'estomac. Je m'avance au bord de l'eau pour tenter d'apercevoir mon capibara au travers des arbres. Plusieurs iguanes se laissent tomber dans l'eau de la cime des arbres. Je l'aperçois rapidement qui finit de mourir à environ 15 mètres dans le marais.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

La chasse aura à peine duré 10 minutes, j'appelle Xavier pour lui annoncer mon capibara. Il me dit que je peux continuer à chasser pour tenter de flécher un autre animal. Je décide de laisser mon capibara dans le marais pour ne pas me mouiller tout de suite. Je reprends donc ma progression en suivant le marais dans la bande boisée mais plusieurs iguanes se laissent tomber dans l'eau en m'apercevant et font un bruit incroyable. Je décide donc de me décaler un peu plus à droite pour longer plus loin de l'eau. J'avance tranquillement quand j'aperçois un gros mâle capibara, reconnaissable à la grosse glande sombre sur son museau, il est à moins de 70 mètres de l'endroit où j'ai fléché mon capibara. Je me fige et l'observe à couvert de quelques branchages feuillus. Il s'avance doucement, en broutant, vers la prairie au-dessus de la bande boisée puis s'assoie à environ 10 mètres du marais.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je décide de tenter l'approche en redescendant un peu vers le marais pour essayer d'avancer en me cachant derrière les quelques arbres clairsemés. Je me décale donc sur la gauche des branchages mais me rends alors compte qu'il n'y a pas 1 mais 6 capibaras. Ils sont couchés, repartis sur quelques mètres entre le bord de l'eau et les derniers arbres.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je commence mon approche très très lente en surveillant tous les animaux. Petit à petit, je gagne du terrain, les animaux commencent à se douter de quelque chose, j'essaie de mettre les arbres entre eux et moi pour parfaire mon camouflage mais les troncs sont minces contrairement à moi. 2 capibaras reviennent doucement vers l'eau et s'arrêtent au bord du marais de 3/4 arrière à environ 30 mètres. Les autres sont plus près et commencent se lever. Je continue mon approche très lente. Le plus proche des animaux, une femelle de belle taille, s'est assise et commence à pousser des cris d'alerte mais me laisse approcher sans bouger. Petit à petit la distance diminue et, en me décalant, j'ai placé sa tête derrière un tronc. Sa zone vitale est dégagée dans le V dessiné par 2 petits troncs. Je ne suis plus qu'à 8 mètres. Le capibara donne toujours l'alerte sans bouger et certains de ses congénères lui répondent. J'arme doucement, vise le cœur en pensant à ce que m'a dit Xavier et décoche mais ma flèche part trop basse et semble taper les pattes avant de l'animal juste sous le poitrail. L'animal démarre, emportant ma flèche en travers de ses pattes. C'est la débandade, tous les capibaras se jettent à l'eau et disparaissent en un éclair dans le marécage.

Je ne suis pas du tout confiant sur l'issue de ma flèche, je m'en veux, j'aurais dû n'écouter que mon instinct habituel et viser le défaut de l'épaule comme à mon habitude. Je m'avance doucement. Le sol est jonché de crottes de capibaras toutes fraîches.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je trouve une petite goutte de sang au bord de l'eau sur une feuille morte. Plusieurs iguanes se jettent à l'eau à mon approche. Je scrute la surface de l'eau à la recherche d'un indice ou d'un mouvement. J'aperçois alors la moitié de ma flèche, côté empennage, cassée à 3 mètres de bord dans les moucoumoucous. Pas de capibara en vue, je pars chercher une longue branche pour récupérer ma flèche que je ramène facilement. Elle a été lavée et ne comporte pas le moindre indice. Je décide de laisser le secteur tranquille et de revenir chercher plus tard. Je laisse la branche pour marquer la direction de fuite. Mon téléphone vibre, c'est Xavier, je décroche, il m'annonce qu'un très gros groupe de capibaras est de l'autre côté du marécage et me demande de ne pas aller les chasser car, de leur côté, ils sont à mauvais vent et peinent à approcher les animaux.

Je continue à longer le marais. Le bois s'épaissit et je décide de contourner cette zone sale en longeant par la prairie. En arrivant doucement au bord du marécage, je me fais surprendre par un gros capibara qui surgit du bourrelet de végétation qui borde l'eau et plonge rapidement pour disparaître sous l'eau et la végétation de surface. Un peu plus loin, je peux suivre un instant son trajet car il heurte sous l'eau les moucoumoucous en faisant une courbe vers ma gauche. Le calme revient et je reprends mes esprits. Cet animal solitaire m'intrigue, ces rongeurs sont habituellement en groupe et je pense qu'il s'agit peut-être du capibara que j'ai blessé, de plus sa fuite semblait se rabattre vers la berge sur ma gauche. Je m'avance donc pour chercher son gîte et d'éventuelles traces de sang mais je ne trouve pas le moindre indice pouvant confirmer mon hypothèse. Je regarde vers la gauche mais la végétation est trop épaisse et je ne vois rien. Je laisse tomber en me disant que cet animal était très vif et ne semblait pas blessé.

Je repars donc en longeant le marécage,

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

de nombreux jacanas volettent au-dessus des zones de végétation basse du marais.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

J'avance tout doucement en suivant la berge qui fait une boucle très fermée à droite. La pluie se met à tomber très fort, j'aperçois un gros capibara par-dessus les moucoumoucous de l'autre côté du marais, exactement où Christophe en avait repéré un l'an dernier avant que nous fassions notre approche qui s'était concrétisée par le prélèvement de mon premier capibara. Je comprends alors que c'est peut être une sentinelle du groupe repéré par Xavier.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je ne pensais pas être déjà si près de la bande et décide de m'éloigner voûté en suivant ce côté du marécage. Xavier m'a vu de loin et m'appelle au téléphone pour me dire de ne pas continuer à chasser dans le secteur car il pense que je vais effrayer les animaux. Je décide donc d'aller chercher mes capibaras. Les zébus, intrigués par ce buisson qui marche, arrivent à ma rencontre et j'aperçois un beau taureau gascon dans le troupeau.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Les vaches et les veaux viennent se planter et m'observent à environ 25 mètres.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je les contourne pour revenir vers la bande boisée.

Pendant ce temps, mes collègues ont repéré une bande de capibaras.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015
Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

"Scarabée" tente une approche

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

qui se termine à 4 pattes avec son arc sur le dos (la dite technique de la tortue)

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Il réussit ainsi à approcher un capibara et à le flécher à 16 mètres. L'animal mortellement touché part dans le marécage et meurt à environ 30 mètres de la zone du tir. Xavier qui observait la scène en retrait l'a vu se débattre dans l'eau avant de s'immobiliser et guide donc "Scarabée" pour sa recherche. Il part donc pour faire le tour du marais pour aller chercher son capibara puis s'avance dans l'eau.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Le capibara ayant coulé, il le retrouve à tâtons avec les pieds, puis le ramène au bord.

Xavier prend quelques photos souvenir.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

"Scarabée" attache ensuite sa prise par les pattes avant et le traîne pour revenir à la voiture alors que Xavier porte les arcs.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

De mon côté, revenu au bord du marais, je pose mon arc, quitte ma veste de la tenue 3D et sors tout le petit matériel de mes poches quand Xavier m'appelle pour m'annoncer que finalement ils ont réussi à flécher un animal, il me demande où j'en suis et je lui dis que je m'apprête à aller chercher mon premier capibara. Xavier n'est pas content, il pensait que je l'avais déjà ramené au bord et a peur que mon animal soit perdu. Il me dit qu'il faut toujours s'occuper du premier avant de continuer à chasser mais je lui dis que je sais exactement où il est et que je ne voulais pas me tremper tout de suite. Nous convenons de nous retrouver avec nos prises au départ du chemin de terre où nous nous sommes séparés tout à l'heure pour y laisser les capibaras avant de repartir chasser. Nous raccrochons et je pars chercher ma bête. Je m'avance doucement dans cette eau croupie noirâtre. Mes pieds qui s'enfoncent, sous l'eau, dans la vase font remonter une odeur de putréfaction. Je progresse lentement en cherchant mon capibara du regard mais je ne le vois pas. 2 gros iguanes tombent dans l'eau près de moi. L'eau monte peu à peu jusqu'à mes fesses et je slalome entre les moucoumoucous pour progresser en contournant parfois un trou d'eau plus profond. J'essaie de poser mes pieds près des troncs d'arbre ou de moucoumoucous où les racines raffermissent le sol vaseux. J'aperçois vite mon animal qui flotte en surface entre les moucoumoucous. Son dos dépasse à peine de l'eau.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

J'attrape l'animal par une patte arrière et le soulève un peu. J'aperçois ainsi ma flèche plantée dans l'animal, je la retire facilement en tirant dessus puis ramène ma prise sur la berge en la tirant derrière moi par la patte avec ma flèche dans l'autre main. Arrivé au bord, je remets ma flèche au carquois, laisse mon capibara sur place avec mon matériel et pars vite vers l'autre zone de tir quand je tombe sur un gros iguane engourdi par un séjour dans l'eau. Il vient de remonter sur la berge et commence doucement à revenir dans l'eau en m'apercevant. Je tente d'attraper mon appareil photo mais il plonge et s'éloigne sous la surface en se dandinant avant que je puisse le photographier. Il remonte quelques mètres plus loin, ne laissant dépasser que sa tête pour prendre sa respiration, le temps de zoomer, il plonge à nouveau et cette fois ne remontera plus dans mon champ de vision. Je poursuis jusqu'à la branche laissée en repère, regarde autour de moi si des indices ne m'auraient pas échappés mais, ne trouvant rien, je m'avance dans le marais, ici couvert de lentilles d'eau, pour tenter d'apercevoir mon animal. Des iguanes pleuvent des moucoumoucous et des arbres, j'avance doucement en scrutant les alentours pendant un moment mais sans rien voir. Je remarque qu'un chenal profond part en biais dans les moucoumoucous, les lentilles d'eau ont été déplacées sur sa trajectoire et je comprends que des animaux sont passés par là mais, malgré mes recherches, je ne trouve pas mon capibara. Je décide de laisser tomber pour le moment et de revenir à mon premier animal pour faire quelques photos.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je prends ensuite ma cordelette et attache mon capibara par les dents de devant puis récupère un gros bout de branche au centre duquel j'enroule la cordelette pour m'en faire une poignée de traction. Je ramasse toutes mes affaires puis commence à tracter mon animal. Le terrain monte tout d'abord sur environ 40 mètres, jusqu'à ce que j'arrive sur la prairie, et je peine un peu à avancer. Le relief s'aplanit ensuite et j'avance un peu plus vite quand j'aperçois un vautour urubu qui décrit des cercles au-dessus de moi.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je rappelle Xavier car je ne sens pas de laisser les capibaras sans surveillance avec ses charognards dans le secteur. Xavier me donne raison et me dis de continuer jusqu'à la voiture avec mon rongeur. Je prends donc le chemin, ouvre et passe le portail puis le referme derrière moi et commence à tracter mon capibara au milieu du chemin de terre mais il roule sur le côté et tombe dans une ornière remplie d'eau. Je constate alors que la traction est beaucoup plus facile et j'accélère le pas. En avançant le capibara pousse l'eau devant lui et me permet ainsi de le tracter sans trop d'effort sur plusieurs mètres après l'interruption de la flaque. Il passe ainsi de flaque en flaque jusqu'à ce que le terrain remonte. Je recommence alors à peiner pour remonter jusqu'au bâtiment, de plus le chemin n'est presque pas ombragé et le soleil plombe. Je finis par arriver en haut de la côte et fais une pause en regardant derrière moi. Les zébus regardent tous vers la droite et je comprends vite que quelqu'un arrive. J'aperçois rapidement mes collègues qui se rapprochent de la barrière. Je pars poser mes affaires au pickup et passe le coin des bâtiment en passant devant une employée du domaine qui prépare un tracteur pour partir travailler. Je la salue alors qu'elle me regarde passer amusée.

Je reviens ensuite à mon animal et finis de le tracter jusqu'à la voiture et le laisse là. Je décide d'aller aider mes collègues et pars donc à leur rencontre. Xavier est déjà arrivé au coin du bâtiment et discute avec l'employée. Ils parlent des abeilles sauvages qui font leurs nids dans le secteur et qui sont, semble t-il, très agressives. L'employée annonce que c'est la première cause d'accident sur le domaine et que les employés sont régulièrement attaqués, Xavier lui raconte qu'il a été attaqué lors de sa dernière chasse au capibara dans le secteur et que ces insectes l'ont poursuivi sur environ 300 mètres. Je pars à la rencontre de "Scarabée". Il s'est arrêté essoufflé au pied de la côte, son capibara d'environ 35 kg gît à ses pieds et je vois vite qu'il est plus petit que le mien. Vu que j'ai dû subir les petites moqueries de mes camarades en forêt au sujet de la taille de mes "lézards", je fais mine de chercher son capibara sans le voir puis de l'apercevoir enfin. "Ha, mais ce n’est pas un capibara que tu as fléché, c'est une marmotte !"

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Nous rigolons un peu, Xavier lui a, semble t-il, déjà dit qu'il détenait le record du plus petit capibara fléché sur le secteur. Je le félicite tout de même pour son premier capibara et pour sa belle flèche. "Scarabée" me dit que Xavier est allé chercher la voiture, nous l'attendons donc.

Il finit par arriver et je charge le capibara pendant que "Scarabée" charge et range les arcs. Je remonte à pied le temps que mes collègues finissent de se préparer et remontent avec la voiture. Xavier se gare devant les bâtiments, "Scarabée" vide son animal puis nous le pendons sur le côté du pickup pour le rincer avant que j'attaque de vider le mien. C'est un véritable carnage à l'intérieur, ma flèche est rentrée en traversant le cuissot, a traversé les intestins, l'estomac, le foie, les poumons et s'est arrêtée dans l'épaule opposée au côté de l'entrée.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Une fois le gros rongeur vidé, je passe donc un moment à le nettoyer puis nous mettons nos prises dans la glacière avant d'aller prendre un petit déjeuner sur la table réservée aux employés alors qu'un déluge s'abat sur le domaine. Nous repartons ensuite chasser, la pluie a cessé et un soleil de plomb brûle la savane. Nous partons vers l'endroit où j'ai fléché mon capibara l'an dernier. Nous longeons doucement le marécage quand une tâche brune, dans l'herbe rase, proche de l'eau, nous interpelle à environ 100 mètres. Nous nous immobilisons et identifions un cabibara. Comme "Scarabée" n'a eu qu'une occasion de tir ce matin, Xavier lui dit de se tenter l'approche. Nous le laissons donc partir en longeant le marais et nous nous décalons à droite sur le sommet d'une bute pour observer la scène à distance.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

"Scarabée" avance doucement en longeant l'eau et gagne petit à petit du terrain. Arrivant dans une zone trop dégagée, il descend doucement dans l'eau pour longer la berge à l'intérieur des moucoumoucous. Le vent soutenu lui est favorable et agite la végétation, masquant ainsi encore un peu sa progression. Nous avons parfois du mal à le voir. Nous observons également le capibara et nous apercevons qu'ils sont en fait plusieurs. D'autres animaux sont couchés en bordure du marais dans la végétation. "Scarabée" s'arrête alors que les moucoumoucous laissent place à une zone dégagée. Le capibara est maintenant assis à un peu plus de 15 mètres, de dos par rapport à lui, il arme son arc, le capibara se lève et s'avance un peu pour s'arrêter plein travers. "Scarabée" décoche et atteint le capibara qui se précipite vers l'eau, entraînant dans sa fuite les autres animaux qui se lèvent et foncent dans les moucoumoucous. J'ai bien suivi des yeux sa trajectoire dans les moucoumoucous grâce à leur agitation et pense savoir à peu près où est mort l'animal.

Nous partons retrouver notre collègue puis commençons à chercher des indices. Rapidement, nous trouvons du sang sur la trajectoire de fuite. Pas mal de gouttes ont été projetées quand l'animal a traversé la végétation du bord de la berge.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

La végétation aquatique de surface porte également des gouttes de sang mais la piste s'interrompt vite, l'animal a dû plonger. "Scarabée" s'engage dans le marais, je quitte ma veste 3D et pose mes affaires et mon arc au sec puis le suis. J'essaie de partir dans la direction de fuite du rongeur mais à mesure que je m'enfonce, doucement, en regardant bien autour de moi dans les moucoumoucous, je perds vite mes repères par rapport à la berge. Il me semble que je suis trop à gauche et je biaise à droite, alors que je m'arrête un instant pour regarder les coulées dans la végétation, j'aperçois le capibara mort sur ma droite. Il flotte, coincé dans les moucoumoucous. J'annonce ma trouvaille à mes collègues. J'attrape ensuite l'animal par une patte arrière et commence à revenir vers la berge. "Scarabée" vient à ma rencontre alors que j'ai fait environ 5 mètres. Il demande à Xavier, resté sur la berge, de télémétré la distance et se montre en levant la main au-dessus des moucoumoucous. L'appareil affiche 25 mètres, il a donc fait 30 mètres environ avec une belle flèche au défaut de l'épaule. Ce capibara est légèrement plus gros que le premier mais un peu plus petit que le mien.

Nous regagnons la berge, contents d'avoir si vite retrouvé ce capibara car au même endroit l'an dernier, malgré une fuite moins longue, nous avions mis à 4 plusieurs heures pour le retrouver. Pour ma part, je suis content pour mon collègue mais ne digère pas le fait d'avoir blessé mon second capibara.

Pendant que "Scarabée" cherche sa flèche dans le marais, nous partons avec Xavier un peu plus loin pour voir si d'autres animaux seraient dans le secteur. Ne voyant rien d'autre que des jacanas, nous faisons demi-tour. Nous rejoignons notre collègue qui n'a pas retrouvé sa flèche puis faisons quelques photos souvenir avant le retour.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

De l'autre côté du marais, un employé à cheval vient s'occuper des zébus.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015
Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015
Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

"Scrarabée" attache avec ma cordelette son capibara par les pattes avant malgré mes recommandations de l'attacher par les dents. Il le traîne un moment mais les dents de l'animal accrochent la végétation et le freine. Il finit par m'écouter et change sa façon d'attacher le capibara. Avec Xavier, nous l'aidons à tirer l'animal en tenant la cordelette les uns derrière les autres. Un peu plus loin "Scrarabée" trouve une grosse branche courte et en fait une poignée, Xavier prend alors les arcs et nous tirons tous les 2 l'animal. Nous sommes loin de la voiture et le soleil est brûlant, les gouttes de sueurs tombent de nos fronts. En passant près des zébus, je dis à mes collègues de se méfier car les bovins n'aiment pas trop l'odeur du sang et 2 gros taureaux gascons sont parmi les vaches zébus. Je les surveille en avançant.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Constatant que les animaux restent tranquilles, je les quitte des yeux.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Nous finissons par arriver au départ du chemin de terre où nous sommes séparés ce matin. Je demande à mes collègues s'il est possible d'aller chercher un peu mon second capibara. Nous laissons donc le capibara en bordure du bosquet puis partons vers l'endroit du tir. En arrivant près de l’eau, nous faisons plonger des iguanes et Xavier aperçois un beau caïman qui plonge près de lui. Il nous annonce le reptile juste avant que nous rentrions dans l'eau, histoire de nous mettre en confiance. Xavier n'est pas très en forme et je m'enfonce dans le marais avec "Scarabée", nous nous séparons pour couvrir plus de terrain mais malgré nos recherches le capibara reste introuvable. L'eau est couverte de lentilles d'eau mais la végétation est claire et permet de voir relativement loin. Le temps passe et nous décidons de laisser tomber. "Scarabée" revient au bord, je décide de prendre à gauche pour suivre la berge à 20 mètres dans l'eau. Des iguanes tombent près de moi et ne voyant rien, je finis par laisser tomber et rejoins mes collègues. Je suis dégoûté, Nous revenons à la voiture puis décidons de rentrer. C'est alors que "Scarabée" s'aperçoit qu'une sangsue s'est accrochée à sa cheville.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015
Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Après qu'il a décroché, nous laissons les viscères des 2 premiers animaux plus loin dans un fourré reculé où les charognards auront vite fait de les faire disparaître puis reprenons la route.

En route, j'aperçois une masse sombre dans la savane. Je la fixe intrigué et me rends compte qu'il s'agit d'un tamanoir. Je l'annonce à mes collègues, c'est un rêve d'en voir un de près. Xavier fait demi-tour un peu plus loin et se gare au bord de la route à la hauteur de l'animal qui est à 60 ou 70 mètres de la chaussée. Je pars pour l'approcher mais il a disparu, j'avance assez rapidement vers une petite zone de végétation épaisse où j'aperçois l'animal. Il est à peine visible dans les hautes herbes.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Je mets mon appareil photo en fonction caméra, je suis juste à quelques mètres de lui et appuis sur le bouton pour commencer à filmer. L'animal sort à découvert et passe devant moi puis s'arrête pour gratter, dans une touffe d'herbe, une petite fourmilière dont il extrait les fourmis avec sa longue langue. Il progresse ainsi en faisant des pauses. Il ne fait pas du tout attention à moi, le vent est soutenu. Il progresse ainsi en se nourrissant et s'éloigne peu à peu de moi. Je profite d'une de ses pauses alimentaire pour me rapprocher à nouveau tout en filmant. Il finit par repartir et s'éloigner. Je coupe mon film et décide de tenter une nouvelle approche. Cette fois je l'approche à juste 2 mètres et me fais repérer. L'animal surpris s'éloigne un peu d'un pas décidé puis fait une boucle pour venir se présenter à 6 mètres environ, plein travers et ébouriffé, une patte avant levé. C'est une posture d'intimidation. Je recommence à le filmer. Il reste figé un moment puis repars et s'éloigne de cul. Je coupe mon film et décide de le laisser partir.

Je suis super content et reviens vers mes collègue en leur faisant des signes comme quoi j'ai fait un super film mais alors que j'arrive à la voiture et que je décide de leur montrer mon film, je me rends compte que je n'ai que le second film très court. Le premier film n'a pas marché, je suis dégoûté, je n'arrive pas à y croire. Nous repartons, heureusement "Scarabée" a assuré et a filmé mon approche.

De retour chez Xavier, nous nous attelons à la préparation de la venaison de nos prises. Daniel nous rejoint pour s'occuper du 3ième capibara qu'il va récupérer pour le cuisiner. Les capibaras sont prêts, en partant vers son appartement, "Scrarabée" aperçois un serpent : "C'est quoi ce serpent ?". Nous nous dirigeons vers lui avec Daniel qui tente d'attraper le serpent vert par la queue et le manque. Il nous annonce qu'il s'agit d'une couleuvre, le serpent commence à monter dans un arbre. Je l'attrape alors par la queue et le dégage des branchages puis lui saisis la tête. Je pars chercher mon appareil photo pour le photographier avant de le relâcher. J'apprendrais plus tard qu'il s'agit d'une espèce de couleuvre venimeuse et dangereuse pour l'homme.

Chroniques Guyanaises, une journée au capibara, 20 mars 2015

Nous partons ensuite manger puis je décide d'aller préparer les crânes des capibaras et du gros caïman de "Scarabée". Je prépare avant ma touque pour notre sortie de demain où nous repartons pour 2 jours de forêt. Je fais donc bouillir les têtes dans une bassine métallique sur un feu de bois et décharne peu à peu les têtes ce qui me prendra une bonne partie de l'après-midi. Les têtes presque prêtes, je les mets hors de portée des chiens qui se sont régalés des morceaux de viande bouillis. Je pars ensuite et me doucher faire une petite sieste. La soirée sera animée par un repas très sympathique avec des amis de Xavier dont José et Marcel qui lui ont appris à chasser en Guyane. Nous dégusterons ainsi un des 2 pacs tué par Xavier et que la femme de José nous a préparé. C'est vraiment très bon. La soirée se termine tranquillement et il nous faut maintenant aller dormir car demain nous repartons en forêt.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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