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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 22:36

La nuit en hamac n'a pas été si mauvaise, la fatigue aidant, j'ai assez bien dormi. Il a encore plu cette nuit et les gouttes tombent encore des arbres alors que le jour se lève. Des singes hurleurs poussent leurs cris caractéristiques au loin de l'autre côté du fleuve. En me levant, je constate que mon petit doigt blessé hier est tout gonflé et me fait mal surtout au niveau de l'articulation, près de la paume de ma main. J'ai beaucoup perdu en mobilité. Je pars poser mon caméscope sur son trépied près du fleuve pour tenter d'enregistrer le chant des singes hurleurs.

Je commence ensuite à rééquiper mon arc comme hier pour la chasse de ce matin avant de rejoindre mes collègues pour aller déjeuner. Je décide de prendre un comprimé d'antibiotique que j'ai pris avec moi au cas où pour ne pas prendre le risque de voir ma blessure s'aggraver. Nous déjeunons tranquillement en discutant de la journée à venir. Xavier et "Scarabée" vont repartir ensemble pour aller chasser de l'autre côté du fleuve un peu plus en amont alors qu'avec Daniel, nous partirons, comme hier, du camp pour chasser dans le secteur. En ce qui me concerne, je vais chasser en partant le long du fleuve de l'autre côté de la crique. Le déjeuner terminé, je pars faire quelques photos de mon caïman de la veille avant de le mettre au frais.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Je pars me préparer comme hier matin. Mes affaires mouillées d'hier matin n'ont bien sûr pas séché, je garde donc mon pantalon d'hier soir qui a séché sur moi cette nuit et un nouveau T-shirt avant d'enfiler ma tenue 3D qui est encore un peu humide. Mes chaussures sont encore bien humides. Je reprends mon petit matériel : GPS, boussole, opinel, cordelette, appeau, frontale et vérifie l'état des piles de mon GPS avant de partir en enclenchant la fonction de retour au camp. J'éteins à nouveau mon GPS pour économiser mes piles. Une fois prêt, je salue mes collègues et leur souhaite bonne chasse avant de partir vers la crique. L'eau a baissé depuis hier mais le tronc est toujours immergé, je dois donc, comme hier, manœuvrer la barque pour la positionner et l'attacher pour m'en servir de passerelle. Je traverse la crique et pars pour la chasse en biaisant à droite vers le fleuve, je suis le bas des collines et perds doucement de vu le fleuve. Je fais régulièrement des pauses pour observer les alentours. Les moustiques en profitent pour m'assaillir et je dois les écraser pour avoir la paix.

Assez rapidement, je ressens 2 brûlures distinctes sur mon flanc gauche et relève mon T-shirt et ma tenue 3D pour en déterminer la provenance. J'aperçois alors 2 petites fourmis rouges espacées de 30 cm qui sont accrochées à ma peau, elles me mordent avec leurs mandibules et forment un petit C pour me piquer en même temps avec leur dard près de l'endroit où elles me mordent. Je m'empresse de les écraser entre mes doigts pour m'en débarrasser. Je repars ensuite en chasse mais rapidement une nouvelle brûlure touche ma cuisse et je dois à nouveau m'arrêter, défaire ma ceinture et baisser mon pantalon pour écraser une autre fourmi rouge qui s'acharne sur le devant de ma cuisse. Je me demande bien comment elle a pu arriver là. La chasse reprend, toujours avec la même technique, et je finis pour arriver sur une magnifique crique encaissée entre 2 collines. 

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Je décide de suivre un moment cette crique tout en continuant à chasser pour trouver un passage et la traverser mais la crique est assez large et souvent bien en eau. Plus loin, je finis par tomber sur un grand barrage formé par un gros arbre tombé au sol et des amas de bois et de branches. Je remonte vers le sommet de la colline en suivant ce barrage pour trouver un passage. En arrivant au bout du gros tronc, je constate qu'il est creux. J'éclaire l'intérieur avec ma frontal mais rien en vue. Je me poste un instant dans le secteur mais, rien ne venant, je commence à redescendre vers le fond de la vallée quand je constate que le sol est parsemé de fruits oranges ressemblant à de gros abricots mais assez fermes. Certains sont rongés ou mangés. L'endroit me semble bon pour un affût et commence à chercher le poste idéal. Plus bas se trouve un grand marais où la végétation est très épaisse, il est parsemé de grands palmiers. Un gros tronc me barre la vue mais laisse un passage à son bout, je m'avance et découvre, derrière ce gros tronc, une petite clairière dégagée d'environ 15 mètres sur 15 mètres. Le sol est parsemé de fruits oranges, l'endroit me plait beaucoup et décide de m'y poster.

Le vent descend vers le marais. Je regarde les alentours et décide de partir me poster dans l'angle opposé de la clairière, je suis donc le gros tronc puis pars à 90° vers l'angle bas de la clairière. Je me poste avec le marais dans le dos, entre 2 arbres à contrefort de petit diamètre. Je dégage quelques grosses feuilles de palmier qui me bouche un peu la vue mais en laisse suffisamment pour me camoufler un peu puis l'attente commence. Le vent souffle face à moi.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Il commence à pleuvoir, le bruit des gouttes sur la végétation étouffe les bruits de la forêt. Au bout d'environ 20 minutes d'affût, un mouvement attire mon regard au bout du gros tronc, dans le passage que j'ai emprunté pour rentrer dans la clairière. Un petit animal gris cendré foncé s'avance d'un ou 2 mètres, tourne un peu sur place et s'assied en me tournant le dos. Il semble ne produire aucun bruit, ou si léger que la pluie le masque. Il me faut un petit moment pour le reconnaître, c'est un jaguarondi, je n'en reviens pas, je n'aurais jamais pensé en voir un. Ce petit félin de la forêt amazonienne plus grand et plus élancé qu'un gros chat domestique est très élancé, sa petite tête, sa longue queue et son pelage uniforme sont caractéristique, il ressemble un peu à un puma miniature. Il est très discret habituellement et c'est une chance incroyable d'en voir un d'aussi près. Je décide de le prendre en photo, j'attrape mon appareil et tente un premier cliché de l'animal assis de dos mais la photo est floue.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Je tente à nouveau mais impossible de faire la netteté. Il finit par humer l'air et se remettre debout, il continue à flairer les alentours et commence à devenir inquiet, il a peut-être flairé mon odeur. Il commence alors à repartir mais à ma grande surprise et ne sachant pas où je me trouve, il vient droit sur moi d'un pas soutenu mais sans un bruit, j'essaie toujours de le prendre en photo sans arriver à le cadrer ou à faire la netteté. Il vient me passer à 1,5 mètre devant les pieds en biaisant vers le marais. Je le suis dans mon appareil photo et le siffle pour tenter de l'arrêter alors qu'il arrive dans une petite zone dégagée mais il accélère alors et disparaît en quelques bons dans le marais. C'est alors que je me dis que j'aurais dû le filmer au lieu d'essayer de faire une photo. Je suis blasé mais tellement heureux d'avoir pu voir ce magnifique animal dans son milieu naturel.

La pluie continue à tomber de façon peu abondante. Cette apparition est-elle un bon ou un mauvais signe, si un jaguarondi se promène au sol dans le secteur c'est certainement signe que ces proies passent par ici mais son passage n'aura t-il pas laissé une odeur qui va décourager un potentiel gibier. Je décide de rester à mon poste. Au bout d'environ 15 minutes, un petit mouvement d'une plante attire mon attention au milieu de la clairière et mes yeux se posent sur une grosse tortue de terre qui descend de la colline. Je pose mon arc et m'avance vers elle pour la capturer et la ramener à mon poste. Son bec est couvert de pulpe de fruit qu'elle vient certainement de manger. Elle doit peser 4 ou 5 kg. Elle rentre dans sa carapace alors que je la saisis. Sa carapace rentrante au niveau du ventre m'indique qu'il s'agit d'un mâle. C'est une tortue charbonnière,  reconnaissable à ses taches orangées sur la tête, espèce qui peut être consommée légalement en Guyane mais pas commercialisée. Xavier a eu la chance d'assister à un accouplement de 2 beaux spécimens avant notre arrivée.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015
Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015
Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015
Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015
Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Je la ramène à mon poste pour une séance photo. Je la pose à mes pieds et fais une première photo alors qu'elle est encore dans sa carapace. Puis elle commence à sortir son museau avec des mouvements d'avant en arrière comme si elle hésitait.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Elle finit par ressortir sa tête mais ne sort pas encore ses pattes.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

C'est alors que je remarque 2 grosses tiques, de la taille de l'ongle du petit doigt, accrochées sur sa carapace. Je n'en reviens pas, ces arachnides suceurs de sang ont réussi à perforer sa peau entre les écailles de sa carapace pour s'abreuver de son sang. Alors que je les prends en photo, la batterie de mon appareil photo me lâche.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Je suis un peu blasé car le séjour n'est pas terminé, habituellement ma batterie tient plus longtemps. Je repose la tortue dans la clairière, tournée face à la colline. Petit à petit, elle se tranquillise et se remet en marche, elle s'éloigne doucement en longeant le bas de la clairière puis je la perds de vue alors qu'elle arrive près du gros tronc. Je pense alors à une histoire que m'avait racontée Xavier, il parait que certains amérindiens, quand ils trouvent une tortue, la prennent avec eux en lui promettant de la relâcher s’il tue un gibier et de la manger dans le cas contraire. Je viens peut être de laisser partir ma chance d'attraper quelque chose aujourd'hui. De toute façon j'aime trop les tortues pour en manger une. La tortue disparue, je me reconcentre sur mon affût.

Au bout d'un moment, une sorte de grognement ressemblant à celui d'un sanglier se fait entendre sur ma droite. Je pense à des pécaris et me prépare. Je scrute les alentours sans voir d'animaux alors que le bruit se rapproche. Je n'ai encore jamais entendu ça. Mais un bruit de feuillage finit par me faire lever les yeux, se sont en fait des singes hurleurs qui passent à environ 40 mètres au-dessus de moi dans les arbres et produisent cette espèce de grognement. Je les regarde passer puis ils finissent par disparaître et s'éloigner. La pluie cesse, quelques gouttes tombent encore des arbres. Le temps passe et rien ne vient. J'hésite, rester où partir de ce poste. Je consulte l'heure sur mon GPS et décide de rester encore un peu mais le temps passe et rien ne bouge, je craque et décide de quitter mon poste vers 13 heures.

Je reprends ma chasse mobile et commence par traverser le marais où je tombe sur une empreinte de tapir vieille de quelques jours puis sur une trace de cariacou qui semble plus récente. J'avance doucement en regardant bien autour de moi mais les feuilles des jeunes palmiers font un bruit d'une feuille cartonnée qu'on agite dès qu'on les touche et le sol est jonché de grandes feuilles de palmier sèches et de brindilles très craquantes et bruyantes. Mon approche est loin d'être silencieuse. Plus loin, je passe une colline et redescends dans une zone dégagée au sol mais très sombre car les feuillages ne laissent presque pas passer la lumière. Je tente quelques coups d'appeau à pécari mais très vite ce sont des toucans qui arrivent et tournent en criant à moins de 10 mètres au-dessus de ma tête. Après avoir soufflé dans mon appeau un moment sans plus de résultat, je décide de reprendre ma progression lente tout en faisant régulièrement des pauses d'observation. J'avance ainsi un moment en forêt sans voir autre chose que des papillons, insectes, petits oiseaux et autres lézards ou grenouilles.

Vers 14h heures, je décide de rentrer et consulte mon GPS pour commencer à prendre la direction du camp. Quelque chose se déplace sur mon bras quand la douleur d'une piqûre me fait relever ma manche. Une tique se balade sur mon bras, je la saisis et l'écrase entre mes ongles. Je commence à regretter de ne pas être resté à mon poste de tout à l'heure, la patiente aurait peut être payée. Alors que je me rapproche du camp, je tombe sur la crique, je n'ai plus qu'à la longer pour trouver le camp, ce que je commence à faire mais la végétation devient peu à peu inextricable, des amas de bois morts et de lianes impénétrables me barrent la route et je dois bifurquer pour les contourner. Je galère de plus en plus pour revenir vers le camp et en sautant par-dessus un gros tronc le sur-pantalon de ma tenue 3D s'accroche à une sorte de liane couverte de petits piquants très acérés et avec l'élan je déchire le tissu de ma hanche jusqu'à ma cheville. Je pousse un cri de colère, je suis dégoûté. Daniel qui est déjà au camp m'a entendu tellement j'ai crié fort.

Je finis par me dépêtrer de cette végétation et le terrain se dégage un peu. De gros fruits à coque dure jonche le sol, ce sont des carapas, certains sont rongés et mangés de plus ou moins frais très certainement par des pacs ou des agoutis, le coin serait peut être bon pour un affût de nuit. De plus, de nombreux terriers sont présents dans les environs. Je finis d'arriver au camp en traversant sur la barque. Notre fée des carbés s'active déjà depuis un moment. Daniel a fabriqué une "salle de bain", il a mis en place des marches pour descendre à la crique pour se laver et des marches pour accoster par le bras du fleuve avec le canoë. Je discute un peu de la chasse avec lui, il n'a pas eu d'occasion de tir, je lui raconte mon affût magique puis pars me changer près de mon hamac. En posant mon arc, je constate que j'ai perdu ma flèche munie de ma blunt. Elle a dû s'accrocher dans la végétation et tombée du carquois. Je retire ma tenue 3D et la mets à sécher sur ma corde à linge avec le reste de mes affaires qui tentent déjà de sécher.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Je repars ensuite sans mon arc pour tenter de retrouver ma flèche que je pense avoir perdu sur les 100 derniers mètres. Je tente de reprendre ma trace en sens inverse en m'aidant de mon GPS mais c'est loin d'être chose facile. Au bout de 15 minutes de recherche, je laisse tomber et retourne au camp. Alors que je saute de la barque sur la berge, je marche sur quelque chose qui traverse ma semelle et s'arrête juste sous mon pied, je pense à un bout de bois avec un clou mais je constate qu'il s'agit en fait d'un bout de carapace de tortue, un morceau du bord du plastron avec une épine acérée de 4 cm environ formée par la cassure de la partie qui relie le plastron au haut de la carapace. Je retire cet os de ma semelle et le montre à Daniel avant de le jeter dans la crique. J'ai eu beaucoup de chance de ne pas me traverser le pied. Nos collègues ne sont pas encore rentrés et Daniel décide de nous préparer un petit sandwich à basse d'une fricassée d'abats de hocco mijotée avec des oignons. Je lui amène donc les abats du hocco qui étaient au frais dans la glacière puis par me laver dans notre nouvelle salle de bain. Je reviens un moment après lavé et changé, mets mes affaires du jour à sécher puis pars rejoindre Daniel sous la bâche "cuisine".

En attendant la fin de la cuisson, je mange quelques fruits en discutant avec Daniel. Je retire mes pieds flétris de mes chaussures mouillées pour essayer de les faire un peu sécher. Un vrombissement arrive dans mon dos. Je me retourne et aperçois un scarabée rouge métallisé qui vient voir notre bassine métallique, qui nous sert à la vaisselle et à la récupération d'eau, avant de repartir d'où il vient. Le sandwich prêt, nous le dégustons, c'est encore un délice. La pluie commence à tomber puis c'est un véritable déluge qui s'abat sur le camp, je ne suis pas mécontent d'être à l’abri. Daniel positionne la bassine métallique sous le bord de la bâche pour récupérer de l'eau claire. Les averses se succèdent ainsi alors que nous attendons nos collègues. Ils finissent par arriver, le bruit d'une pagaie heurtant le canoë trahit leur arrivée silencieuse. Nous partons à leur rencontre et les aidons à accoster et débarquer le matériel. Ils ont vu des animaux mais n'ont pas pu flécher de gibier. Xavier a repéré un endroit, presque en face du camp, où les pécaris sont passés peu avant son arrivée mais n'a pas pu les recouper. Il nous montre les photos des bassines boueuses,

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

des traces fraîches,

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

des coups de nez,

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

mais aussi des empreintes de jaguar qui semblent suivre les pécaris et sont peut être la cause de leur départ,

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Et d'un nid de tinamou d'où a décollé l'oiseau qui lui a frôlé le visage au passage.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Il a aussi photographié une graine que j'ai moi aussi vu durant ma chasse, cette dernière ressemble étrangement à la graine de l'arbre sacré (Eywa) dans le film Avatar.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Il a également manqué une biche rouge, surpris par une décoche intempestive. Il souffre de plus en plus de ses vers macaques et n'arrive pas bien à dormir la nuit. Il demande à Daniel de tenter de les lui extraire après le bain. Ils partent avec "Scarabée" se laver dans le fleuve et étrenner la salle de bain de Daniel.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Une fois lavé, Daniel commence à lui couper les cheveux au-dessus des boutons qu'il a derrière la tête puis lui applique une pommade sur tous les boutons avant de les couvrir avec des bandages pour tenter d'étouffer et tuer les vers qui doivent garder un orifice ouvert dans la peau pour respirer ponctuellement.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Les premiers effets de l'humidité ambiante se font sentir, les genoux de "Scarabée" sont entamés par le frottement du pantalon humide lors de la marche. Il doit désinfecter après le bain et laisser sécher en se mettant en bermuda. Daniel décide d'attaquer la préparation d'un blaf d'acoupa, poisson carnassier argenté de rivière pêché par Xavier avant notre arrivée.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Il récupère le poisson que Xavier a amené dans la glacière et déjà écaillé, enlève les nageoires puis le découpe en darnes épaisses et le met dans la gamelle avant de préparer le blaf et de le mettre à cuire sur le réchaud à gaz. En tranchant la tête, il a ouvert le crâne d'où sont sortis de sortes de pierres très dures, ils nous les montrent et nous explique qu'elles servent à la localisation dans l'espace pour le poisson. C'est la première fois que je vois de telle "pierres". Pendant que le blaf mijote nous partons nous reposer un peu. La nuit tombe doucement. La cuisson terminée nous passons à table, Je prends mon cachet d'antibiotique pour mon doigt, le poisson sera agrémenté de riz. Les assiettes sont bien remplies, nous attaquons notre repas du soir. C'est vraiment délicieux et nous nous régalons, ce poisson légèrement citronné est fondant en bouche. La bonne humeur règne sur le camp. Les fruits amèneront une petite touche sucrée à la fin du repas.

"Scarabée" et Daniel vont partir chasser en canoë sur le secteur que je chasse depuis 2 jours avec Xavier. Xavier, lui, fatigué par ses mauvaises nuits décide de rester dormir pour se réserver pour demain matin. Pour ma part, je décide de tenter de partir chasse autour du camp. Je me prépare puis pars vers la crique. La grosse grenouille dont les yeux brillent en rouge dans la lumière, s'échappe à mon arrivée en rentrant dans son terrier. L’œil du petit caïman brille dans le faisceau de ma frontale sur le bras du fleuve en aval de l'entrée de la crique. Un petit œil rouge bille à l'entrée de la crique sur la berge opposée. Je traverse la crique en passant sur la barque puis pars vers ce petit œil rouge et constate qu'il s'agit d'un tout petit caïman. Je me baisse et approche doucement ma main pour le saisir mais je le manque en l'effleurant à peine. Il se laisse tomber dans l'eau et disparaît. Je décide de tenter d'approcher le petit caïman en longeant la berge mais ce dernier, comme à son habitude plonge. Je continue à longer un peu le fleuve et tombe sur une grosse flaque enherbée. Un œil rouge brille en son centre. Je m'approche doucement et aperçois un second petit caïman. Je le laisse tranquille pour le moment et m'approche du fleuve, le caïman est remonté mais il plonge rapidement. Je pars ensuite sur mes traces de ce matin mais n'arrive pas à trouver un passage dégagé et renonce. Je reviens vers la flaque et attrape le petit caïman en m'approchant tout doucement et en l'éblouissant avec ma frontale.

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

Il pousse de petits cris pour appeler sa mère.

Je décide de le ramener au camp pour le montrer à mes collègues. Je retraverse la crique sur la barque et jette un coup d'œil dans l'eau. Un poisson dont les yeux brillent en rouge dans le faisceau de ma frontale est calé sur le fond près de la berge. Il fait environ 25 cm, c'est un patagaye, poisson carnassier,

Chroniques guyanaise,  Un petit affût fructueux, 16 mars 2015

cousin de l'aïmara que nous devons aller pêcher à l'arc durant notre second séjour en forêt. J'hésite à le flécher mais ne sachant pas si ce poisson est bon, je le laisse et pars mettre le petit caïman dans mon sac à dos.

Je pars ensuite en traversant le camp pour aller chasser dans la bande de terre coincée entre le fleuve et la crique. J'essaie de rester à moins de 10 mètres du fleuve et avance tout doucement en éclairant autour de moi, rapidement la végétation s'épaissit et ma progression commence à être plus aléatoire et j'avance en suivant les zones les plus dégagées pour essayer de ne pas faire trop de bruit bien que, de nuit, la progression est toujours plus bruyante. Je dois m'éloigner du fleuve, tout à coup, dans une zone très salle, j'aperçois les yeux rouges d'un pac mais le temps de me préparer à armer, il a disparu en se débinant sur 1 ou 2 mètres. Je m'avance doucement pour tenter de le retrouver mais impossible, il a disparu. J'ai beau tourner et retourner dans le secteur, il s'est volatilisé. Je continue donc ma route. Un peu plus loin, un œil blanc s'illumine dans ma frontale, c'est un petit pian (opossum).

Un peu plus loin encore, j'arrive sur une crique asséchée et la traverse mais de l'autre côté la végétation est trop dense et je décide de faire demi-tour et de rentrer au camp. Je prends mon GPS et active le retour au camp mais me rends compte que j'ai oublié ma boussole. De nuit, la navigation avec seulement le GPS n'est pas évidente. Je commence mon retour mais tombe sur une zone très salle et tente de la contourner mais me rends compte que je m'éloigne anormalement du camp et essaie de reprendre mon cap mais ne trouve plus de passage dans la végétation épaisse, je tente de forcer au travers des lianes. Une perdrix décolle dans le faisceau de ma frontale, je la suis avec mon faisceau, éblouie, elle heurte plusieurs fois les branchages avant d'arriver à s'éloigner et disparaître. Des guêpes m'attaquent en visant ma frontale et je dois l'éteindre en attendant qu'elles s'éloignent. Je reste un moment dans le noir, planté dans les lianes, puis rallume ma frontale et commence à me dégager mais les guêpes reviennent à la charge. Je dois à nouveau éteindre et rester un long moment sans lumière.

Je galère un bon moment à tourner dans cette végétation impénétrable puis finis par retraverser la crique asséchée, cette fois mon GPS semble indiquer une distance décroissante, j'avance avec peine dans une végétation épaisse mais finis par retrouver le camp. Les collègues ne sont pas encore rentrés, je pars me coucher en les attendant. Ils finissent par arriver. Nous nous levons avec Xavier pour les accueillir. "Scrarabée" qui avait équipé son tradi avec la flèche pêche a réussi à flécher un gros caïman mais le manque de puissance lui a joué des tours car le caïman juste piqué dans la chair a réussi à se dégager et lui échapper. Nous discutons un peu puis repartons nous coucher.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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