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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 23:01

Cela fait plusieurs mois que je tente de flécher mon dernier chevreuil sans résultat, ce soir en sortant du boulot, je décide d'aller faire un tour sur mon secteur favori de Labéjan. Les jours ont un peu rallongé et je vais donc avoir presque une heure pour chasser. Je me gare en haut de la côte, pas loin de la ferme, me prépare rapidement puis pars à travers champ en longeant la crête en direction du chemin de terre qui suit une crête un peu plus loin. Je me dirige vers une habitation que je pense contourner par la gauche quand j'aperçois 3 chevreuils, à environ 600 mètres, au gagnage dans le colza qui remonte en suivant la droite du grand bois. Ils sont à environ 40 mètres de la lisière et semblent descendre. Il me faut faire vite si je veux les intercepter. Je passe donc derrière l'habitation en courant, dévale de talus abrupt de 4 mètres qui surplombe le chemin de terre et le traverse pour rejoindre le haut d'un bosquet un peu plus loin. Le relief m'expose à la vue des chevreuils qui sont encore à 500 mètres environ, je décide de descendre de quelques mètres dans le bois pour passer derrière la ligne de crête et avancer rapidement à couvert, je descends en suite en courant tout en me servant du relief pour rester cacher. Il me faut ainsi descendre presque jusqu'au ruisseau d'alimentation du lac puis revenir en longeant le bas du bois pour tenter d'intercepter les chevreuils.

Je marche maintenant d'un pas rapide mais ne cours plus. En arrivant un peu avant le roncier qui forme le coin du bois, je n'aperçois pas les chevreuils et comprends qu'ils ont dû remonter comme l'autre matin. Je décide donc de remonter dans le bois par une grosse coulée de blaireau très marquée. La pente est abrupte et le sol glissant, je dois me cramponner aux arbres pour arriver à monter et éviter de chuter. Arriver sur un replat, j'écoute et observe le bois sans rien voir. Je continue à remonter en suivant la coulée de blaireau. J'avance doucement pour ne pas faire craquer les feuilles mortes et les brindilles qui jonchent le sol tout en biaisant vers la lisière du bois. Je finis par apercevoir les chevreuils dans un creux du terrain. Ils semblent remonter vers le chemin de crête. Je décide de continuer à monter vers l'angle rentrant du bois. Je perds un instant les chevreuils de vue en regardant où je pose mes pieds. J'avance doucement pour essayer de rester silencieux. Tout à coup, un mouvement attire mon regard, j'aperçois un beau brocard contre la lisière du bois après l'angle du bois, j'aperçois ensuite une chevrette près de l'angle suivant du bois. Ils sont montés très vite. Je tente d'avancer encore en suivant au maximum les coulées de blaireau plus silencieuses que le tapis de feuilles mortes tout en surveillant les animaux.

Malgré mes précautions, mes pas provoquent parfois de petits craquements et le brocard se met à regarder vers moi. Je dois rester un moment sans bouger pour me faire oublier. Pendant ce temps, la chevrette passe derrière l'angle du bois et disparaît. Le brocard finit par baisser la tête et pars en longeant le bois pour rejoindre la chevrette. Je repars et essaye d'avancer le plus vite possible sans faire de bruit et rattrape une belle coulée bien dégagée et la suis. Le brocard passe lui aussi l'angle du bois et disparaît, j'en profite pour avancer plus vite et passer l'angle rentrant du bois. La coulée rejoint le chemin forestier qui monte et ressort après l'angle que viennent de passer les chevreuils. Je suis doucement le chemin qui est silencieux en essayant d'apercevoir les chevreuils. J'aperçois un premier animal à 20 mètres à droite de l'arrivée du chemin. Il est à 30 mètres environ et sera difficile à approcher. Il avance un peu et je le perds de vue. Je continue en suivant le chemin et aperçois une chevrette qui broute des feuilles de ronces cou tendu à moins de 10 mètres de la droite du chemin, elle est à 15 mètres environ, il me faut encore avancer un peu pour tenter une flèche mais c'est alors que j'aperçois le grand brocard qui ferme la marche.

Il est plus proche, à 6 ou 7 mètres de la sortie du chemin, j'avance encore un peu. Le brocard est à 10 mètres, il s'arrête, la zone vitale est dégagée entre 2 arbustes, j'arme mais hésite un peu car il me faut tirer au travers d'un peu de végétation fine. S'il avance, je n'aurais pas de meilleure occasion, je prends la visée et décoche. Mon tir est en contre plongée. Ma flèche frappe le brocard avec un bruit de coffre mais elle me semble haute et un peu trop en arrière. Les chevreuils démarrent, le brocard longent la bordure du bois sur 10 mètres puis rentre dans le bois et descend en parallèle du chemin à environ 15 mètres de moi. Je le perds de vu après 20 où 30 mètres de course dans le bois. J'entends la fuite des chevreuils un moment puis 2 d'entre eux se mettent à aboyer sur place vers le bas du bois pendant quelques secondes avant que le calme ne revienne. Je pense que ce sont les 2 chevrettes qui aboyaient à l'endroit où le brocard est tombé. J'attends un peu puis ressors sur le champ de colza en longeant le chemin forestier. Pas de sang à l'endroit du tir, pas de sang sur la direction de fuite du brocard et pas de flèche. Elle a dû retomber plus loin dans le colza mais la nuit sera vite là, je ne perds pas de temps à la chercher et tente de trouver du sang sans succès. Je cherche donc la première grosse coulée par laquelle aurait pu rentrer le brocard en tenant compte de la distance que je l'ai vu parcourir en longeant le bois. Au départ de la grosse coulée se trouve les restes d'un jeune lièvre, il ne reste plus que la colonne vertébrale, les os et le bout encore en fourrure des pattes arrières. Je suis cette coulée, mon intuition est la bonne, je trouve quelques gouttes de sang au fond du fossé qui suit la lisière à 2 mètres dans le bois.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Je suis très étonné car j'ai fléché ce chevreuil avec une lame mécanique, "rage hypodermic", c'est la première fois que je flèche un gibier avec une lame mécanique et on m'a toujours présenté cette lame comme une source de forte hémorragie. Le brocard a fait plus de 10 mètres sans perdre de sang, je suis la coulée qui remonte le talus du fossé puis descend dans le bois. Le sang est peu abondant. 

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Un peu plus bas, le brocard au sauté un arbre tombé en travers de la coulée. 2 gouttes ont marqué le tronc un peu plus bas un gros rond de gouttes de sang marque certainement une reposée debout du chevreuil peu après l'endroit où je l'ai perdu de vue.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Je reprends confiance et me dis que la piste va maintenant être plus importante mais les gouttes sont rares et espacées et s'espacent de plus en plus. La nuit tombe vite et il fait maintenant très noir dans le bois. Je dois maquer les gouttes en plantant des bouts de branche dans le sol et suivre les coulées sur plusieurs mètres pour pouvoir trouver la suivante. Mais au bout de 50 mètres environ de recherche, je n'arrive plus à trouver de sang et je décide de laisser tomber pour aller chercher Hémo pour essayer de finir la recherche. Les dernières gouttes sont marquées par un bâton planté dans le sol. Je remonte vers la lisière du bois puis pars à travers champ vers ma voiture. 20 minutes plus tard, je suis chez moi, je prends ma frontale puissante achetée pour la Guyane, le harnais, la longe et nous voilà parti avec Hémo.

Arrivé sur place, je m'avance jusqu'à l'habitation pour gagner un peu de temps, équipe Hémo, mets ma frontale puis nous partons au pas de course vers l'endroit où le brocard est rentré dans le bois. Arrivé sur place, j'encourage Hémo : "Le sang Hémo, le sang " mais il tombe sur les restes du lièvre et commence à les manger. Je dois les lui sortir pour qu'il se reconcentre. Hémo finit par prendre la piste en donnant mais à l'endroit où je me suis arrêté, il prend à gauche, suit la courbe de niveau un instant puis remonte vers le haut du bois et ressort dans le colza. Pas de sang sur la piste et pour moi le chevreuil est mort en bas du bois. Je l'arrête et reprends au début de la piste. Il a la fâcheuse tendance à suivre les pistes chaudes ou mes pas. Nous repartons, il repart comme un fou en donnant, mais cette fois, il remonte sur mes pas par le chemin que j'ai pris pour ressortir du bois. Je le stoppe, nous remontons au départ. Nouvelle tentative, encore une fois, il part comme un fou et biaise à droite pour récupérer la coulée par laquelle je suis venu et par laquelle je sais que mon brocard n'est pas passé. Je commence à perdre patience et le stoppe à nouveau. Je n'y crois plus. Nous remontons au départ et encore une fois il part comme un fou. Cette fois, il prend la piste de la première erreur à gauche mais prend vers le bas. Je lui fais confiance et le suis bien que je ne trouve pas de sang au sol. Il donne à la longe et nous bouclons vers un roncier où les animaux blessés se remisent souvent puis il part dans tous les sens sans vraiment chercher.

Je l'arrête et repars au départ mais cette fois c'est moi qui cherche et lui qui suit. Je suis à 4 pattes les gouttes de sang mais, dans la nuit noire, je peine à trouver la suite de la piste quand, tout à coup, Hémo comprend ce que je cherche et pars devant moi pour descendre droit. Environ 60 mètres plus bas hémo devient fou et tire de plus en plus sur sa laisse en donnant comme jamais. Un œil blanc apparaît dans le faisceau de ma frontale. Mon chevreuil est couché là mais l’œil clignote. Il est toujours vivant. Je m'approche un peu, attache Hémo à environ 15 mètres du brocard qui reste immobile alors qu'Hémo tire sur sa longe en aboyant au ferme. Je pars doucement pour faire une grande boule et me rapproche tout doucement du brocard par derrière Ce dernier ne bouge pas et me laisse approcher. Arrivé au ras du chevreuil, je le saisis par les bois. La flèche est passée là où je pensais, juste derrière les côtes et sous la colonne. La lame a touché la pense, et un rein. Des plis d'intestin ressortent pas le trou de sortie et ont empêché l’hémorragie. Il a à peine la force de se relever et je l'immobilise facilement et l'achève. Je le laisse un peu mordre à Hémo puis appose le bracelet, attache ses pattes ensemble avec le bout de la longe avant de le charger sur mon épaule. Il est 21h30, nous rentrons vers la voiture mais, de nuit, je me trompe et ressors au-dessus du roncier de l'angle du bois alors que je pensais sortir au coin du ruisseau. Nous remontons vers la voiture à travers le semé de blé. Nous traversons un vol d'alouettes posé au sol. Les oiseaux décollent dans le faisceau de la frontale alors qu'Hémo leur marche presque dessus. J'aperçois un oiseau à mes pieds, pris dans le faisceau de ma frontale puissante, il ne bouge pas et je parviens à l'attraper. Je le regarde puis le relâche. Un peu plus loin, j'approche à 5 ou 6 mètres une bécasse prise dans la lumière mais Hémo la fait décoller. J'arrive enfin à la voiture, mon épaule est meurtrie et il me tarde d'aller prendre une bonne douche.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Alex

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commentaires

Renaud 18/02/2015 01:05

MA GNI FI QUE
pour une fin de saison il et vraiment beau ! on dirais un petit Cerf

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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