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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:00

Cette année, j'ai pu prendre une semaine de congés pour répondre à l'invitation de mon ami Pat pour aller chasser le chamois Franc-Comtois dans le Doubs. Je n'ai jamais eu l'occasion de chasser ce gibier et je n'ai eu que très peu d'occasion d'en voir dans le milieu naturel. L'avantage de cette espèce est son activité diurne qui permet de la croiser toute la journée contrairement au chevreuil et surtout au sanglier qu'on croise plus sur les premières et dernières heures de la journée. Parti le 1 novembre à 6h45 de chez moi et après avoir fait une halte chez mon ami Arnaud qui tient Hava Archerie à Concots dans le Lot pour faire l'entretien de mon arc et changer mon repose flèche, je suis arrivé à destination vers 18h30 pour retrouver Pat et Laurent, ce dernier est arrivé environ 1 heure avant moi. Laurent nous a fait une belle surprise, il nous a concocté des T-shirts spéciaux, un pour chacun. Sur une base de camo prédator noir blanc et marron, une inscription The Dream Team avec un massacre de brocard sur le devant

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et un gros 32 dans le dos surmonté d'un "Alex du Gers" pour ma part,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

un 28 surmonté de "Lolo du Perche" pour Laurent et un 25 surmonté de "Pat du Doubs" pour Patrick. Nous discutons Chamois en prenant notre repas avant d'aller nous coucher. Demain, le réveil sonne vers 5h45 car nous avons environ 1 heure de route pour aller chasser en Haute Saône où nous sommes invités à une battue (chevreuil, sanglier et une biche). Le lendemain notre journée de chasse ne donnera rien, ni pour les archers ni pour les carabines, malgré un accueil fort sympathique de l'équipe de chasse et des 2 archers de cette équipe (Thomas et son père).

Le 3 novembre le réveil sonne à 5h30 car nous avons 1h30 de route pour aller chasser et nous devons aller chercher les bracelets chez le président de l'ACCA. L'attribution cette année est de 2 mâles et 3 jeunes. Ma nuit aura été très agitée car l'excitation de la chasse mêlée au stress de ne pas savoir reconnaître un mâle ou une femelle sur le terrain m'ont réveillé plusieurs fois dans la nuit et vers 4 heures du matin, impossible de me rendormir. J'ai bossé ma théorie avant de venir mais, sur le terrain, je sais que reconnaître un mâle ou une femelle ne sera pas chose aisée, pour les jeunes ce sera beaucoup plus facile mais bon on verra bien sur place. Après environ 1h30 de route nous arrivons sur l'ACCA, nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux en route mais 2 chevreuils broutent en contrebas de la route dans un petit près en bordure du bois. Le territoire et magnifique, le village est situé au fond d'une sorte de cuvette entourée de monts boisés laissant apparaître par endroit de belles falaises rocheuses. Les bois ont revêtu les couleurs ocre, jaunes et brunes d'automne qui donnent encore plus de beauté à ce paysage. Nous arrivons chez le président de l'ACCA qui fabrique des ruches et produit du miel, l'accueil est chaleureux nous discutons un peu puis récupérons un bracelet de mâle et 2 de jeune que Patrick gardera sur lui puis nous partons vers le cabanons de chasse pour y laisser quelques affaires avant de partir chasser. Le président de l'ACCA nous dit que le rut a bien commencé, c'est une bonne chose pour nous car c'est la période de l'année où les animaux sont le plus actifs. Ce cabanons est situé au pied d'un mont rocheux boisé magnifique appelé "le belvédère".

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Du cabanon de chasse Patrick nous explique un peu et nous situe le secteur que nous allons chasser, il s'agit de "Falouse".

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Nous partons ensuite en voiture pour le secteur que nous allons chasser ce matin. Patrick gare sa voiture sur un petit parking au pied d'une piste forestière

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

qui remonte dans un grand bois de sapin surmonté d'un bois de hêtres qui remonte jusqu'à la crête. Nous nous préparons, c'est la première fois que je vais chasser à l'approche avec ma nouvelle tenue 3D. Nous commençons notre a remonter le chemin forestier à la queue leu leu.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Sur la droite du chemin s'étend un bois de sapin qui remonte vers le sommet de la montagne

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et qui redescend sur la gauche du chemin vers la route. Un peu plus haut Patrick me dit de biaiser à travers les sapins sur la droite pour rejoindre, un peu plus haut, un chemin qui suit la courbe de niveau. Au bout de ce chemin, je devrais remonter vers la crête puis longer sous cette dernière pour ne pas la franchir car elle délimite la limite de l'ACCA. Laurent lui remontera tout droit pour aller se poster sous une barre rocheuse alors que Patrick partira sur la gauche pour chasser à l'approche en revenant vers Laurent. Que ce soit Patrick ou moi, si nous dérangeons des chamois, ils peuvent passer sur le poste de Laurent. Une fois le chemin atteint, je le longe tout doucement. Il marque une limite assez nette entre le bois de sapins en dessous

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et un bois de feuillus au dessus.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je chasse très rarement en sous-bois et j'ai beaucoup appris en chassant en Guyane, il faut beaucoup observer et peu marcher pour voir avant d'être vu, je vais essayer de me servir de ces enseignements. Le chemin est barré par un arbre tombé en travers du passage.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je m'arrête un instant pour observer puis contourne l'arbre par la droite et reprends ma progression très lente quand un mouvement attire mon attention à environ 20 mètres à quelques mètres au-dessus du chemin. Je me fige, un chamois regarde vers moi, arrêté plein travers, partiellement caché par un arbre, il est magnifique mais je suis incapable de dire s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Il repart tranquillement sans vraiment avoir compris ce que je suis. J'attends un peu puis me décale sous le talus, sur la gauche du chemin et avance tout doucement en essayant d'apercevoir à nouveau ce chamois. Une masse noire m’apparaît entre des branchages et il me semble reconnaître un arrière train noir et poilu, peut-être un chamois bien qu'il me semble que je devrais voir une tache blanche. Je me décale un peu pour passer à couvert des arbres et chercher un passage pour monter le talus du chemin puis remonte doucement dans le bois en essayant sans succès de reposer les yeux sur cet hypothétique chamois.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Le sol caillouteux et couvert des feuilles mortes et de brindilles est assez bruyant, je calcule chaque pas et teste mes appuis avant d'avancer pour éviter de faire du bruit. J'ai dû rêver car je n'ai rien vu partir ni bouger, je continue à remonter très doucement en m'arrêtant souvent pour observer le sous-bois un instant à la recherche d'un animal. Je jette de temps en temps un coup d'œil derrière moi au cas où. Je remonte ainsi doucement en biaisant légèrement à droite et rejoints ainsi une sorte d'arrête, cassure dans la pente qui est après cette dernière beaucoup plus prononcée. Je me poste un instant en limite de la cassure pour observer cette pente surmontée d'une belle falaise de roche blanche.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Rien en vue, je continue mon ascension très lente en suivant la cassure en surveillant la pente.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je m'arrête souvent pour surveiller tout autour de moi mais pas de chamois en vue pour l'instant. Il pleut un peu mais pas assez pour vraiment être mouillé, le vent souffle face à moi. Je finis par rejoindre la crête quand un avion chasse déchire le silence, le bruit est assourdissant et en levant les yeux, je le vois passer très près au-dessus de moi. Je me dis que ce vacarme a dû affoler les animaux, je suis la crête un instant pour tenter de surprendre un chamois en dessous de cette dernière.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

J'avance ainsi sur environ 70 mètres

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

puis je fais demi-tour et repasse sous la crête et reprends ma progression lente ponctuée d'arrêts d'observation.

Je progresse toujours avec la même technique à plus ou moins 20 mètres sous les roches abruptes qui délimitent la crête. La pente très caillouteuse par moment est assez glissante et j'essaie de ne pas faire rouler trop de pierre pour rester le plus discret possible. Je fais tout de même rouler quelques pierres. Tout à coup, des pierres dévalent la pente à environ 15 mètres dans mon dos, je me retourne et aperçois un gros bouc qui dévale la pente en provenance de la crête. Il s'arrête sur une bute rocailleuse derrière des arbres et des houx, impossible de tenter une flèche. Il passe rapidement derrière la bute et je suis un instant sa course au bruit des cailloux qui roulent dans la pente alors que je ne le vois plus. Je décide de rester poster un instant sans bouger. Je suis au pied d'un gros rocher à peu près aussi haut que moi et au-dessus duquel se trouvent quelques gros arbres. Je suis tourné face à la crête et regarde vers où est arrivé le bouc quand une grosse pierre roule au-dessus de moi sur ma gauche. Je tourne la tête et aperçois un lynx qui progresse d'un pas lents, il longe à quelques mètres des roches de la crête à moins de 30 mètres sur ma gauche et se rapproche tranquillement. Je suis tellement surpris de cette apparition que je reste figé sans penser à prendre mon appareil photo. Il s'arrête à environ 15 mètres et je pense qu'il va me voir mais il reprend sa progression, passe derrière les arbres puis s'arrête à nouveau à 6 ou 7 mètres au-dessus de moi avant de repartir. Je n'arrive pas à y croire, je viens de voir un lynx pour mon premier jour de chasse c'est incroyable. Ma tenue 3D semble très efficace. 

Je reprends ma progression lente ponctuée de pauses sans arriver à voir des chamois. En avançant, je repense au bouc de tout à l'heure, il est arrivé juste quand j'ai fait rouler des pierres, nous sommes en plein rut et peut être que c'est justement le bruit des pierres qui l'a attiré à la recherche d'une partenaire. C'est peut-être quelque chose à exploiter en chasse. Je continue à progresser doucement en essayant de rester à moins de 20 mètres sous les roches de la crête mais, le terrain devenant dangereux, je descends un peu et rejoins une grosse coulée que je longe doucement. Encore un avion de chasse qui déchire le silence en passant au-dessus de moi, ce bruit contraste vraiment avec cette belle chasse à l'approche et cette belle nature. En arrivant au pied d'un gros arbre, je fais un bon car je viens de me rendre compte que quelque chose a bougé à 3 mètres devant moi. Tellement pris par ma chasse et l'observation du terrain je n'avais même pas vu Laurent sur qui j'arrivais droit ce qui le fait bien rire. Nous discutons un instant à voix basse, Laurent n'a pas vu de chamois mais lui aussi a vu le lynx qui est passé à environ 20 mètres au-dessus de lui et s'est arrêté à 30 ou 35 mètres avant de repartir vers moi. Laurent averti Pat que je suis arrivé au niveau de son poste, il nous informe qu'il vient de voir 2 chamois dont un viendrait vers nous. Laurent me dit de remonter pour rejoindre Patrick en longeant la barre et il reste posté. Je remonte donc doucement mais les pierres roulent parfois, la pente est très raide. Je rejoins enfin un replat très étroit qui semble passer entre 2 falaises, ayant le vertige et n'osant pas m'aventurer sur les rochers glissants, je décide de faire demi-tour et reviens vers Laurent.

Laurent envoie un message à Patrick pour l'en avertir, Finalement, il remonte un peu pour se poster plus près de la falaise alors que je descends un peu pour me poster au pied d'un gros arbre. Patrick vient vers nous à mauvais vent, nous resterons postés en l'attendant au cas où il nous enverrait un chamois. Le temps passe quand une grosse pierre roule dans mon dos, je me retourne et aperçois un chamois qui remontait vers Laurent qui dévale maintenant la pente à la course et disparaît à environ 50 mètres dans le bois. Il arrivait sous le vent et a certainement senti Laurent, je ne m'attendais pas à voir arriver un animal dans notre dos alors que le vent souffle face à nous. Je n'ai pas entendu de décoche mais peut être que Laurent que je ne vois pas de mon poste a en fait décoché. Patrick arrive au bout d'un moment mais je l'entends alors qu'il n'est qu'à 15 mètres de moi alors qu'il vient de passer une bosse du terrain qui coupait le bruit de son arrivée. Nous discutons un peu de la chasse et Laurent nous rejoint. Patrick est dégoûté de ne pas avoir vu le lynx, il rentre d'un séjour à Gap où il est le seul à ne pas avoir vu les loups sur sa bande d'archers et, aujourd'hui, il est à nouveau le seul a ne pas avoir vu le lynx. Il a tout de même vu quelques chamois sans avoir d'occasion de tir. Alors que Laurent nous rejoint, nous redescendons vers la voiture car il est déjà midi, Laurent n'a même pas vu le chamois qui montais sur lui. Nous avons commencé à chasser tard ce matin. Nous rentrons au cabanon de chasse pour manger un bout.

 

En début d'après-midi, nous nous préparons pour repartir en chasse, une partie du secteur que nous allons chasser est visible du cabanon de chasse, le reste est caché derrière le relief.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Patrick nous explique comment nous allons procéder. Je vais attaquer par la droite du secteur, Patrick par la gauche et Laurent va se poster entre nous 2 pour essayer de profiter du déplacement des animaux. Il ne pleut plus cet après-midi mais un vent très fort s'est levé. Patrick dépose Laurent qui doit rattraper une piste forestière pour aller se poster puis part me déposer au bout de la zone de chasse avant de repartir se garer là où il a déposé Laurent et attaquer sa chasse en remontant pour longer les barres rocheuses au-dessus du poste de Laurent. Je commence mon ascension au-dessus de la route, le vent qui semblait vouloir m'être favorable vient de tourner et souffle maintenant en sens inverse, je vais chasser avec le vent dans le dos. Le terrain est pour l'instant couvert de sapins.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Comme ce matin, j'avance très lentement en faisant de nombreuses pauses d'observation. Plus haut, les essences d'arbres se diversifient et les sapins font peu à peu place à des feuillus (hêtres et houx en majorité).

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je baise doucement à ma droite et retombe sur la route qui monte en décrivant de grands lacets. Je suis un peu le bitume puis reprends la pente du bois. La route en dessous de moi est vite masquée par les arbres qui sont à nouveau majoritairement des sapins. 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Un peu plus haut, j'aperçois, sur ma gauche, la barre rocheuse sous laquelle je dois chasser sur les consignes de Patrick. 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

A ma droite, le secteur me semble prometteur et je me poste un instant en observation pour profiter du fait que je sois encore à bon vent car dès que je vais attaquer de longer la barre rocheuse le vent ne me sera plus favorable.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Rien ne bouge, au bout d'un moment, je remonte par une grosse coulée vers la falaise. Un avion de chasse me survole et décrire le ciel. Je longe doucement la roche, les animaux semblent en faire régulièrement de même, une grosse coulée plus ou moins marquée longe la falaise.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Le vent dans mon dos ne me donne pas vraiment d'espoir de surprendre un animal devant moi mais peut-être pourrais-je en voir en dessous de moi. La coulée est de plus en plus marquée, les animaux semblent être passés de très frais. Malgré la pluie de ce matin le secteur est très sec et les feuilles mortes craquent au sol sous mes pas, le vent fort couvre un peu ma progression mais pas assez je crains. De plus sous la falaise qui protège le sol des chutes d'eaux, le terrain est encore plus sec. Je suis toujours la coulée, montant et descendant au grès du relief tout en faisant des pauses fréquentes pour observer. Je tombe un peu plus loin sur une sorte de grosse faille triangulaire de 5 ou 6 mètres de profondeur, formée par un gros rocher posé près de la falaise, cette faille semble déboucher à 20 mètres environ au pied de la falaise sur laquelle descendent des sortes de lianes de lierre.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Un peu plus loin la coulée remonte dans un coin de falaise derrière une grosse souche d'un arbre tombé dans la pente, le poste m'inspire et je décide de rester un moment-là. Sur ma gauche, la visibilité est plus réduite mais suffisante pour voir arriver des animaux sur 30 à 50 mètres 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

et sur ma droite j'ai une bonne vision sur le creux en dessous de moi et une grosse coulée qui passe en dessous.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

J'entends là un moment en observation mais rien ne vient. Je finis par quitter mon poste et redescends dans le creux en longeant la falaise sur un tapis de feuilles très sèches et craquantes. A peine l'angle de la falaise passé, 20 mètres plus loin, un sifflement me fait lever la tête, Je me fige à l'écoute, je crois d'abord à une blague d'un de mes collègues mais au second coup de sifflet, je localise sa provenance sur un monticule rocailleux en face de moi.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

J'ai juste le temps d'apercevoir 2 chamois passer derrière les rochers, certainement une femelle et son jeune, vu la différence de taille entre les 2 animaux. Je les entends faire rouler des pierres de l'autre côté du monticule rocheux, puis le bruit cesse, un nouveau coup de sifflet puis le bruit de pierres reprend un instant avant le retour au calme. J'attends un moment sans bouger au cas où un autre animal se montrerait. Je n'avais jamais encore entendu ce sifflement d'alerte du chamois dont m'avaient parlé Patrick et Laurent. Je reprends ensuite ma progression lente et constate qu'une coulée pierreuse descend derrière le monticule rocheux, elle semble très fréquentée. Un peu plus loin, la falaise est creusée d’une faille triangulaire d'environ 4 mètres de haut, 3 mètres de profond avec une base de 2 à 3 mètres de large couverte de graviers qui fait peut être un bon abri pour les animaux lors des intempéries. 

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Le paysage devient alors chaotique, très vallonné et ponctué de gros blocs rocheux au milieu desquels je suis toujours la coulée principale assez marquée.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

L'endroit est magnifique, Patrick m'avait dit qu'il aimait beaucoup cet endroit, je comprends maintenant pourquoi. J'observe bien autour de moi mais aucun animal en vue, de plus ce vent qui souffle dans mon dos et que le relief canalise risque de me faire repérer et de faire fuir les animaux bien avant que je puisse les voir.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je continue tout de même à avancer très lentement en admirant du paysage. Au pied de la falaise, j'aperçois une sorte de terrier et me plais à penser qu'il s'agit peut-être de la tanière d'un lynx.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Les monticules rocheux se suivent comme des sculptures dans un musée,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

je profite du paysage. Au bout d'un moment passé à descendre petit à petit en suivant la falaise, je me suis beaucoup rapproché de la rivière qui coule en dessous de moi et je suis une bande étroite à flanc de falaise qui semble canaliser le passage des chamois

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

à en croire les nombreuses traces plus ou moins fraîches laissées dans la poussière de roche grise accumulée au pied de la falaise et restée humide.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je suis cette belle coulée qui descend tranquillement vers le bord de la rivière.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

La falaise se rapproche de plus en plus de la rivière puis s'interrompt brutalement, un passage étroit et abrupt remonte vers le bois de sapins au-dessus de la falaise, c'est un passage presque obligé pour les chamois et le fond de cette goulotte appelée ici "gouluse" est très marqué par le passage répété des animaux qui ont laissés de nombreuses empreintes, il s'agit certainement d'un bon poste, Patrick m'avait parlé de ce passage et qu'il me fallait le prendre pour remonter vers le chemin forestier qui doit se diviser en 3 au-dessus de moi et sous le poste de Laurent. Je remonte donc doucement en suivant la gouluse et atteins le bois au-dessus de la falaise. Je me poste un instant au-dessus de ce passage fréquenté pour tenter d'apercevoir un animal mais rien ne vient.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Derrière moi un bois de sapins très haut et un sol partiellement couvert d'un tapis de ronces. Je décide de suivre lentement la coulée des animaux qui est très visible et facile à suivre. Elle remonte sur le chemin en longeant une zone assez épaisse sur ma droite qui contraste avec le bois de sapin très clair. Une fois le chemin atteint, je reviens sur ma gauche pour trouver l'endroit où il se divise et le trouve à moins de 100 mètres. Je me poste là un instant en observation, la gouluse est en dessous de moi à 70 mètres environ et le bois clair me donne une bonne visibilité sur environ 80 mètres.

C'est là que je dois retrouver Patrick et Laurent, au bout d'un moment, ne voyant arriver personne, je décide de faire demi-tour pour avancer doucement en suivant le chemin. En arrivant au niveau de la zone plus dense en dessous du chemin, un mouvement attire mon attention à environ 100 mètres devant moi, quatre tâches noires déboulent sur la gauche du chemin et le traversent en un éclair. Ce sont des chamois, je n'ai pas l'impression que ce soit moi qui les ai affolé. L'un d'eux marque une pause au ras du chemin puis repart sans regarder vers moi. Je suis à bon vent, je fais vite demi-tour puis descends rapidement dans le bois de sapins, plusieurs ronces s'accrochent à ma tenue 3D et crissent, j'ai peur que les chamois m'aient entendu mais je continue à descendre rapidement. Au travers de la zone sale, j'aperçois un des chamois à environ 50 mètres. Ils semblent se rapprocher. Je me fige, il repart, je reprends ma descente et arrive à environ 15 mètres d'une cassure dans la pente qui s'accentue après une sorte de talus sous lequel les sapins font place à une bande de feuillus. J'observe les alentours sans trop savoir quoi faire quand les chamois surgissent sur ma gauche à 40 mètres en contrebas. Il s'arrête à la queue leu leu. Je reste figé, ils repartent, le premier s'arrête à environ 30 mètres juste en dessous de moi, il me semble reconnaître une femelle. Le second s'arrête 15 mètres derrière, c'est sûr il s’agit d’un mâle, son pelage ébouriffé, il parait énorme. Il hume l'air en retroussant sa lèvre supérieure, tête remontée et penchée en arrière. Derrière, le mâle à environ 15 mètres de ce dernier, 2 animaux ont stoppés, il semble que ce soit une autre femelle suivie d'un jeune. Le premier animal repart et passe derrière des petits sapins à ma droite. La tête du mâle est derrière un arbre et les 2 autres regardent vers le bas, j'en profite pour m'avancer d'environ 10 ou 12 mètres et me cale au bord du talus. Le mâle s'avance et s'arrête plein travers à 16 ou 17 mètres, sa zone vitale bien dégagée. J'arme vise et décoche mais ma flèche est trop basse, je ne pense pas l'avoir touché. Ma flèche a dû passer juste sous le cœur, l'axe était bon mais pas la hauteur. Il démarre et je jette vers en bas dans la pente,

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

les 2 derniers chamois, font volte-face et repartent d'où ils viennent. La femelle qui s'était arrêté à seulement 4 ou 5 mètres sur ma droite, derrière des petits sapins, démarre et semble partir vers le bas mais je la perds très vite de vue.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Je réencoche et attends un moment sans bouger mais rien ne bouge, je pars donc chercher ma flèche que je retrouve fichée au sol, le tube et les vannes n'ont aucune trace de sang ou de viande, j'ai bien manqué, je récupère ma flèche et constate que la lame terreuse porte des poils coincés dans les lames. Je suis passé dans les longs poils sous le poitrail.

Je remonte me poster un moment en haut du talus et regarde par moment dans mon dos où je finis par apercevoir Patrick sur le chemin au-dessus de moi. Je le rejoins et il appelle Laurent qui tarde à descendre. Patrick a vu une grosse dizaine d'animaux et c'est certainement lui qui m'a envoyé les 4 chamois. Il a même pu photographier une belle femelle avec une corne cassée qu'il avait déjà photographiée cet été à environ 2 km de là.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Laurent finit par nous rejoindre, il n'a rien vu. Nous rentrons par le chemin pour rejoindre la voiture.

Les Chroniques Franc-Comtoises, 3 novembre 2014

Notre première journée de chasse est terminée et je viens peut être de rater l'occasion de mon séjour. Sur le retour nous verrons plusieurs renards dans les champs au bord de la route.

 

Alex

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commentaires

garnier Fabrice 08/02/2015 18:53

Bravo Alex toujours autant de plaisir a voir tes récits ,

Fabrice

SAM 10/11/2014 19:12

Superbe récit avec la rencontre du lynx pour ne rien gâcher... Tout le monde n'a pas cette chance de prélever un chamois aussi vite et de vivre ce que tu as vécu y compris chez les autochtones...
En tout cas, les plus chanceux maintenant, c'est nous car ta narration est un breuvage divin et nous plonge dans ton acte de chasse.
Merci,
SAM (lupum addictus)

marthieu079 08/11/2014 19:12

hâte de lire la suite! en tout les cas j'aime beaucoup la conception du T-shirt

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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