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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 11:02

Après une première sortie où je n'ai pas vu de cerf, juste 2 brocards, un petit sanglier, 2 biches et un faon, je retourne chasser, ce matin, sur le même secteur. Je me gare un peu avant 7 heures en haut de la piste avant qu'elle ne redescende vers Jumet. Il fait du crachin épais, ce sera parfait pour la chasse. J'ouvre la portière pour écouter la montagne mais pas le moindre brame. J'attends le lever du jour puis pars par la piste en redescendant vers Jumet. J'avance tout doucement en surveillant régulièrement en dessous et en dessus de la piste mais rien ce matin. Apercevant une voiture garée près d'une grange en contrebas, je décide de faire demi-tour pour aller chasser le long d'un petit sentier qui longe sous la crête rocheuse et où j'ai vu les 2 brocards et le petit sanglier dimanche dernier.

Petit brocard portant 2 dagues aperçu à environ 100 mètres en contrebas du sentier le 12 septembre

Petit brocard portant 2 dagues aperçu à environ 100 mètres en contrebas du sentier le 12 septembre

Vieux brocard amaigri venu s'arrêter à 20 mètres de moi un peu plus loin sur le sentier le 12 septembre

Vieux brocard amaigri venu s'arrêter à 20 mètres de moi un peu plus loin sur le sentier le 12 septembre

Les nuages semblent vouloir se dissiper et laisser place à un ciel dégagé. Je repasse à côté de ma voiture et quitte la piste sur la droite pour le petit sentier qui s'enfonce dans le bois. J'avance tout doucement avec le vent dans le dos en espérant voir les animaux en-dessous et en-dessus du chemin.

je n'ai pas fait 30 mètres au milieu des noisetiers épais qu'un animal démarre en-dessous de moi en faisant rouler des pierres. La faible luminosité et l'épaisseur de la végétation ne me permettent pas de l'apercevoir. Je suis sa progression à l'oreille un court instant avant le retour au calme. J'avance un peu plus sur le chemin quand un autre animal démarre, cette fois au-dessus du chemin. C'est une biche. Elle vient se planter à 7 ou 8 mètres de moi, en plein milieu du sentier. Nous nous regardons un court instant puis elle démarre et remonte bruyamment dans les éboulis de blocs de granite qui dominent le chemin. Elle s'éloigne en poussant des cris d'alerte. Je reprends ma progression très lentement en m'arrêtant tous les quelques pas pour observer et écouter. La biche donne toujours l'alerte et avance en avant de moi. Un peu plus loin, un animal démarre à environ 40 mètres au-dessus de moi sans que je puisse dire s'il s'agit de la biche ou d'un autre grand cervidé. Les cris de la biche semble venir de plus loin et finissent par stopper. Le bruit des gouttes d'eau qui tombent des arbres couvrent un peu les bruits du sous-bois.

La grande hêtraie s'éclaircie peu à peu et je débouche sur une grande clairière couverte de feuilles mortes et de débris de bois mort.  Je la traverse doucement pour rejoindre une crête rocheuse qui redescend sur la gauche et la passe pour progresser très lentement entre les hêtres et les houx. Un peu plus loin, j'aperçois du mouvement en contrebas à un peu plus de 100 mètres. Une biche et son faon sont au gagnage entre quelques gros hêtres, ils tournent et retournent sur le secteur. Je les observe un moment puis reprends ma progression lente. La biche ne tarde pas à me repérer et démarre en entraînant son faon pour disparaitre un peu plus loin dans le bois. 

Je décide de redescendre tranquillement vers une large piste en contrebas. J'avance toujours très lentement avec le vent sur ma gauche qui biaise vers le bas. Alors que j'arrive à environ 70 mètres de la piste j'aperçois un sanglier de plus de 60 kg qui fouille le sol forestier, je n'ai pas l'autorisation de le tirer mais je décide de tenter l'approche. J'avance tout doucement, vers l'animal absorbé par son repas en bordure basse de la piste. Alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres, il lève la tête et regarde vers moi, je me fige et aperçois alors une petite bête rousse d'environ 20 kg qui fouille le sol un peu plus à gauche sous la piste. Le sanglier recommence à fouiller le sol, j'avance encore un peu et me rends compte qu'il y a d'autres sangliers, un autre gros de la même taille que le premier fouille le sol un peu en avant du premier que j'avais vu et plusieurs bêtes rousses sont dispersés en-dessous de la piste. J'avance doucement, je ne suis plus qu'à 20 mètres. Un des gros relève la tête. Je stoppe net derrière un gros hêtre, il observe un court instant et se remet à fouiller le sol. Un autre gros sanglier arrive bruyamment plus en arrière quand un brame retentit en contrebas. Les 2 premiers gros sangliers, prennent la piste et s'avancent tranquillement nez au sol puis biaisent pour remonter le talus et venir stopper à environ 12 mètres de moi, ce sont 2 laies, je m'avance un peu vers elles quand une bête rousse prend la piste pour les rejoindre et aperçois mon mouvement. Je me fige, elle démarre en soufflant mais mais ralentit vite en voyant les deux adultes qui fouillent tranquillement le sol. Elle remonte le talus et vient fouiller le sol juste en avant d'eux, à environ 10 mètres de moi. Les autres bêtes rousses fouillent les feuilles mortes en-dessous de la piste avec le troisième gros, j'en compte 5 de plus, soit 9 sangliers. Le vent n'est pas bon et souffle vers le trio de sangliers à ma droite. Il finissent par me sentir, une laie souffle puissamment puis gronde avant de démarrer, les sangliers démarrent tous mais s'arrêtent rapidement éparpillés sur et sous la piste pour humer l'air et observer tète haute, la laie gronde à nouveau et fonce dans le bois sous la piste, les gros et une partie des bêtes rousses la suivent et disparaissent. Une bête rousse retardataire démarre plus à gauche, sous la piste, en grognant et stoppe plusieurs fois avant de disparaitre elle aussi.

Je descends doucement vers la piste pour tenter de trouver le cerf qui a bramé en espérant que la débandade des sangliers ne l'ait pas fait fuir. Alors que je m'avance au bord de la piste, je stoppe net en apercevant un énorme cerf couché à environ 60 mètres en contrebas. Impossible de voir les bois, je n'ai qu'un bracelet pour un moins de 10 cors. Je décide de tenter de me rapprocher. J'avance tout doucement vers 2 gros hêtres un peu plus à gauche à 10 mètres en contrebas. Je calcule chaque pas mais rapidement le cerf regarde vers moi. Je me fige un instant, il tourne la tête, j'avance très lentement de 2 ou 3 pas, il regarde à nouveau vers moi. Le premier gros hêtre n'est qu'à 3 mètres. Je reste immobile, il détourne le regard, j'avance vers le hêtre et arrive derrière quand il regarde à nouveau vers moi et se relève. Il regarde fixement vers moi et je ne peux plus avancer, je ne vois pas bien ses bois. Il est à environ 50 mètres, je tente d'imiter un raire de jeune cerf. Le grand cerf commence à monter vers moi de quelques pas en baisant vers la droite pour prendre le vent. Il stoppe à environ 45 mètres et sa tête se dégage, c'est un 14 cors, il est trop gros pour mon bracelet. Je décide de voir si je peux le faire venir encore un peu. Je pousse un second raire, il s'avance encore de quelques pas et stoppe à environ 40 mètres mais croise mon odeur et démarre bruyamment pour foncer dans la pente et disparaître.

Je remonte sur la piste et la suis doucement en surveillant au-dessus et en-dessous. Je marche un moment sans rien voir des geais donnent de la voix plus bas, signe qu'un animal se déplace mais je décide de suivre la piste plus silencieuse que le tapis de débris végétaux qui couvre le sous-bois. Des souilles très fréquentées ponctues la piste. Alors que j'arrive sous la grande clairière traversée tout à l'heure. Un bruit de bois cassé me fait lever les yeux au dessus de la piste. Un grand cervidé est remonté au travers du bois et je l'ai perdu de vue derrière quelques gros hêtres, juste sous un éboulis de blocs de granit qui remonte vers la crête. J'avance tout doucement sur le chemin et finis par apercevoir une jeune biche au travers des arbres. Elle regarde vers moi à environ 100 mètres puis démarre pour croiser la piste à environ 200 mètres et disparaître dans le bois en contrebas.

Je poursuis ma progression très lente en stoppant régulièrement pour écouter et observer. Plus loin, je stoppe net en apercevant une tâche rousse à 8 mètres sous la piste. Je recule tout doucement et comprends qu'il s'agit d'un chevreuil dont je ne vois que l'arrière train au travers des branchages. Il reste un court instant immobile puis démarre dans la pente, c'est une chevrette. Au même moment, un gros bruit de branches et de feuilles qui s'agitent plus en avant se fait entendre. Je tente d'en déterminer la provenance alors qu'un chevreuil about en contrebas au milieu des cris de geais. Pensant qu'il s'agit d'un cerf qui frotte ses bois, je tente de m'approcher doucement mais impossible de voir l'animal qui s'est éclipsé. Les soules boueuses ont été fréquentés cette nuit et une énorme coulée très marquée remonte dans le talus au milieu de la végétation dense. 

Je continue à suivre la piste et rejoins celle que j'ai prise pour monter en voiture ce matin. Je remonte en la suivant tout en surveillant le secteur sans succès. Dans un virage en épingle qui remonte vers ma voiture sur ma gauche, je quitte la piste principale pour en prendre une autre qui s'enfonce dans les sapins. Je la suis un instant tout en surveillant le sous-bois. Rien, je décide de faire demi-tour quand je remarque une grosse salamandre morte sur la piste. Des spasmes agitent encore sa queue, une voiture a dû lui rouler dessus récemment. Je la dépose dans le bois pour lui éviter de finir totalement aplatie puis fais demi-tour. Juste avant de rejoindre la piste principale, je prends un chemin qui remonte droit vers la crête sur ma droite. Je progresse doucement dans la forte pente, des pieds frais de cerf descendent en la longeant. Les geais s'agitent plus haut, peut être des animaux en mouvement. Je remonte en ouvrant bien les yeux mais rien en vue. Alors que j'arrive dans une petite zone de fougères, juste en-dessous de la crête, une biche, cachée par la végétation, démarre à quelques mètres de moi et passe la crête pour stopper à environ 100 mètres en contrebas. Elle observe un peu autour d'elle puis repart et disparaît. 

je remonte en suivant la crête tout en observant alternativement les fougères sur le penchant de gauche et le sous-bois de conifères sur l'autre côté. Un peu plus haut, je biaise à droite pour contourner la pointe rocheuse de la montagne par le sous-bois de sapins. J'avance doucement par les coulées de cerfs et de sangliers, au milieu d'un paysage de blocs granitiques couverts d'une mousse bien verte et de sapins morts tombés au sol.

Seconde sortie de la saison à Beyrède-Jumet, 17 septembre 2021

Malgré deux petits sapins frottés de frais et quelque tas de crottes, je ne verrai pas d'animaux. Les geais donnent de la voix plus bas. Arrivé au bout de la pointe rocheuse, je remonte vers la crête puis rattrape un sentier mal marqué qui redescend vers la piste qui descend à Jumet. Au départ le sentier et plus composé de plusieurs coulées plus ou moins parallèles. Je suis tout doucement l'une d'entre elles dans le sous-bois brumeux de feuillus.

Au bout d'un moment, je suis surpris par un jeune 4 pointes qui remonte sur la coulée que je suis, à environ 30 mètres de moi et démarre pour descendre en la suivant. Il stoppe à environ 40 mètres plein travers et regarde vers moi. J'attends immobile, il repart et stoppe à environ 100 mètres, regarde encore un instant vers moi puis redescend en donnant l'alerte, stoppe sur un replat un peu plus bas. Il pousse un second grondement puis disparaît dans la végétation. Je m'avance doucement pour me rapprocher un peu au cas où il ne serait pas allé loin mais focalisé sur ce cerf, je n'avais pas vu le second, couché à environ 20 mètres en-dessous de moi dans quelques buis épars. Il se lève, c'est un petit 8 ou 10 cors, et descend pour disparaitre dans le bois. Je l'entends un moment casser du bois sans qu'il ne semble s'éloigner beaucoup. Je tente de descendre un peu mais il a disparu, je rejoins ainsi le vrai chemin et le suis pour descendre en surveillant autour de moi.

Alors que je suis bientôt à la piste, je remarque une grosse couche au milieu du chemin. Elle est sèche alors que le sol est détrempé. Un animal était là il y a peu. Je redouble de vigilance et continue à descendre quand je tombe nez à nez avec un faon seul au milieu du chemin à 10 mètres de moi. Il démarre et remonte dans les fougères sur ma gauche. Il est 10 heures, je décide de rentrer, je rejoins la piste et remonte vers ma voiture tout en jetant un denier coup d'œil autour de moi mais pas d'autres animaux.

Seconde sortie de la saison à Beyrède-Jumet, 17 septembre 2021

Alex

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 23:32

Ce soir, vers 19 heures, je pars pour tenter de chasser le sanglier à l'approche dans les maïs, à Saint Arroman. Les propriétaires du secteur m'ont dit que les sangliers semblaient présents sur une parcelle qui borde le Sousson. Je me gare au bord du ruisseau, près d'un passage bétonné qui le traverse et me prépare tranquillement. Un agriculteur est en train de presser des bottes de foin plus en aval sur la droite du cours d'eau. J'espère que cette activité ne dérangera pas les animaux. Le ciel est très nuageux et un vent très soutenu agite les maïs de part et d'autre du ruisseau en remontant ce dernier. J'aurais le vent de face pour chasser, c'est parfait. Alors que je vais quitter la voiture pour aller jeter un coup d'œil au bord du Sousson en espérant y voir un ou 2 ragondins, le vacarme d'une moto lancée à pleine allure se fait entendre. Un motard dévale le bois d'en face à vive allure et prend le chemin pour venir droit sur moi. Il passe le passage bétonné, nous nous saluons puis il prend la bande enherbée le long du ruisseau pour s'éloigner à très vive allure. Bon, pour les ragondins s'est raté et toute cette activité me fait un peu regretter mon choix du secteur de chasse. J'hésite un peu puis décide tout de même de rester sur mon idée première. Je pars en longeant la gauche du cours d'eau envahi par la végétation. Je scrute la berge opposée à la recherche d'un ragondin. L'épaisse végétation est régulièrement parcourue de coulée très marquée et de zone de végétation écrasée, signes d'une grosse fréquentation des lieux mais pas le moindre myocastor en vue. Un peu plus loin, le cours d'eau s'élargit un peu sur quelques mètres et la végétation moins abondante me permet d'observer la surface de l'eau. Une entrée de terrier encore boueuse est bien visible contre la berge opposée. L'eau s'agite sous la végétation, en-dessous de moi. J'accroche mon décocheur et tente des cris de petit ragondin en détresse mais les remous cessent et rien ne vient. Je poursuis mon chemin entre les 2 parcelles de maïs qui bordent le ruisseau. Je contrôle en passant les passages de canon sans succès. Plus loin, le maïs fait place à une prairie fauchée où le tracteur tourne pour presser les bottes de foin et en face le maïs que je longe laisse place à une grande parcelle de tournesol semence.

Je passe le secteur et rejoins un autre passage bétonné que j'emprunte pour traverser le Sousson et longer une autre parcelle de tournesol. Toujours pas de ragondin. J'arrive à la route et la traverse pour longer la bande enherbée qui borde la parcelle de maïs ou seraient les sangliers, sur la gauche du cours d'eau. Le vent fort, face à moi, couvre le bruit de mes pas. J'avance tranquillement en surveillant les passages de canon. De l'autre côté du cours d'eau se trouve un bois qui borde un moment le Sousson puis s'en éloigne pour laisser place à une grande friche et une haie en pointillés bordant le cours d'eau. Je repère plusieurs coulées très marquées qui descendent du bois pour traverser la friche et sauter le ruisseau. La terre meuble du bord de la culture est ponctuée de nombreuses traces de sangliers, le secteur me semble prometteur. J'hésite à m'y poster mais il fait un temps à chasser à l'approche. Je continue mon chemin jusqu'à un fossé qui remonte sur ma gauche entre cette parcelle de maïs et la suivante. Les sangliers ont retourné de frais toute la bordure de la culture le long du fossé. Je remarque une coulée boueuse qui descend dans le fossé sous des branches basses. Je tente de la suivre et passe dans la végétation pour déboucher sur une coulée très marquée qui longe le ruisseau dans la haie sur environ 15 mètres puis remonte le talus opposé pour ressortir dans la friche. Je remonte sur ma gauche pour longer la parcelle de maïs suivante. Un tapis de ronces est traversé de plusieurs coulées qui rentrent dans le maïs. Je le traverse pour rejoindre le bord de la culture et la longer quand une chevrette surgit du maïs a plus de 100 mètres et vient droit sur moi par la bande enherbée. J'avance doucement vers elle en serrant la bordure de la culture. Alors que j'ai gagné environ 30 mètres, elle bifurque vers le ruisseau et disparaît dans la végétation. Je continue à avancer tranquillement et croise des coulées boueuses qui remontent du ruisseau. Les sangliers semblent venir sur ce secteur également. Arrivé à l'endroit où j'ai perdu la chevrette de vue, je la fait démarrer. Elle traverse le cours d'eau et remonte au pas de course dans la friche en aboyant. Je continue jusqu'au bout du maïs et croise encore des coulées très marquées.

Je fais demi-tour pour quitter le secteur en comptant revenir plus tard en espérant voir les sangliers. Je reviens à la route et la traverse pour revenir en bordure du ruisseau mais côté maïs. Je descends le talus abrupt de la route, saute le fossé puis commence à longer la culture. Un lièvre est sorti dans le penchant de prairie fauché qui remonte derrière les tournesols. J'avance tranquillement le long du maïs. Alors que j'arrive presque au coin de la culture, le vent qui a tourné à 90 degrés me porte une forte odeur de sanglier aux narines. Je stoppe et accroche mon décocheur et tends l'oreille mais le vent soutenu agite le maïs et couvre tout bruit d'un éventuel animal dans la culture. J'avance tout doucement vers le coin du maïs et perçois de nouveau des relents d'odeur. Le sanglier est tout proche mais impossible de l'entendre ou de le voir. Je passe très lentement le coin du maïs. Rien le long de la bande enherbée qui le sépare d'un petit ru qui descend vers le Sousson. Je remonte tranquillement en suivant la culture et en contrôlant les coulées qui traversent le bourrelet de ronces qui borde le petit cours d'eau. Rien ne semble être passé de frais. Le sanglier doit encore être dans la culture. Les ragondins ont couché çà et là quelques pieds de mais le long de la bande enherbée. Un peu plus haut je saute le ru par une belle coulée pour longer le tournesol. 2 lièvres broutent tranquillement dans la prairie fauchée derrière les tournesols de l'autre côté du ruisseau. J'avance doucement en suivant les tournesols avec le vent de face quand des geais s'agitent et donnent de la voix dans les saules qui bordent le ru un peu plus haut. Ils ont repéré quelque chose. J'accroche mon décocheur et redouble de vigilance en m'approchant du secteur quand j'aperçois un chat blanc taché de noir sortant du tournesol et sautant le ru pour se diriger vers un passage de tracteur coupant la parcelle de maïs en 2. Je regarde s'éloigner le petit félin puis traverse le ru pour aller jeter un coup d’œil au maïs. Au travers des premiers rangs à ma gauche, j'aperçois une grande zone de culture couchée par les sangliers. Une forte odeur de sanglier m'est portée par le vent. Les sangliers sont dans le secteur. Je décide de longer la culture côté ru, j'avance doucement en jetant un coup d’œil à chaque passage de canon. Alors que j'arrive au dernier, j'aperçois une chevrette au gagnage à environ 30 mètres. Elle broute contre le maïs, sur la gauche du passage. Je l'observe un instant puis passe le passage de canon discrètement pour ne pas la déranger et aller jeter un coup d’œil au-dessus de la culture. Rien, je fais demi-tour, le chevrette mange toujours, mais, cette fois, la tête plongée dans le maïs.

Je retourne au passage de tracteur, cette fois je le longe doucement. Le vent fort me porte toujours cette forte odeur de sanglier. Un peu plus loin, le passage rejoint un second passage enherbée qui remonte en coupant à nouveau la parcelle. Je prends se second passage et le suis en rejetant un coup d’œil au passage de canon toujours rien. Je reviens sur mes pas vers le tournesol. Alors que j'arrive à environ 25 mètres du ru, un léger mouvement me fait lever les yeux vers le tournesol. Je me fige mais trop tard. Un énorme sanglier démarre au bord du tournesol et fonce dans les grosses fleurs jaunes et cassant plusieurs pieds qui craquent bruyamment sur son passage. Très certainement le premier sanglier que j'avais senti en bas de la parcelle, je reste un moment immobile à surveiller le secteur. Le mouvement dans les tournesols a stoppé en environ 50 mètres de la bordure de la culture. J'espère sans trop y croire que le sanglier ne m'a pas identifié et qu'il va revenir curieux ou qu'un autre va sortir du maïs mais le temps passe et rien ne vient. Je décide de laisser le coin tranquille et de revenir un peu plus tard, je fais demi-tour et suis le passage de tracteur pour ressortir à la route, la traverse puis longe une parcelle de maïs à ma gauche pour passer quelques habitations et rejoindre un des passage de canon d'un maïs que j'ai prospecté tout à l'heure et redescendre au bord du Sousson. La luminosité commence à baisser et je décide de presser le pas pour descendre vers le cours d'eau au travers des daturas qui ont colonisées le passage. Arrivé à la bande enherbée qui borde le ruisseau je prends à gauche pour le longer mais pas de sanglier dans le secteur ni dans les passages de tracteur. Je repars donc vers la route et la traverse pour recommencer à longer la parcelle par le bas.

Arrivé au bord du ru, je remonte en suivant le maïs. A environ 100 mètres du passage de tracteur, une très forte odeur de sanglier emplit mes narines et, au même moment, il me semble entendre des animaux se débiner dans le maïs malgré le bruit des feuilles de la culture agitées par le vent soutenu. Je stoppe et tends l'oreille, effectivement le bruit remonte vers le passage de tracteur, ce sont les sangliers, je presse un peu le pas et rejoins le passage de tracteur. Alors que je me penche doucement pour observer dans le passage, je surprends un beau sanglier qui pousse un grondement et un souffle puissant avant de revenir d'où il vient en un éclair. Je me cale derrière le coin du maïs. Une partie des sangliers est déjà passée de l'autre côté et s'affaire dans la zone de culture couchée. J'entends des pieds de maïs se casser et les grognements des animaux. Je suis presque sûr que le sanglier que je viens de voir va les rejoindre. Mon décocheur est accroché, je suis prêt. Il ressort rapidement à 5 mètres de moi mais fonce droit devant lui pour rejoindre ses congénères. Le maïs craque sur ma droite, d'autres animaux arrivent, la luminosité baisse vite, il ne me reste que quelques minutes de relative clarté. Un pied de maïs craque à environ 30 mètres devant moi, je me penche à gauche et aperçois un sanglier plein travers, à environ 25 mètres, au ras du maïs. La luminosité est trop faible, il est trop loin pour tirer. Rapidement, il s'avance de quelques pas puis bifurque pour venir droit sur moi tranquillement. J'arme mon arc et le laisse venir. A environ 6 mètres, il se tourne plein travers et avance au pas vers la zone de culture couchée. Je tente d'aligner ma visée mais la faible luminosité me complique la tâche. Il stoppe juste avant de rentrer au maïs, plein travers. Je cale ma visée et décoche. Je n'ai pas vraiment vu mon atteinte mais ma flèche semblait au niveau du coffre. A l'impact, l'animal démarre en poussant un grondement de surprise et fonce dans le maïs mais, très rapidement, je l'entends se débattre et grogner dans le maïs. Ses coups de pattes résonnent quelques secondes puis ses souffles s’arrêtent et le bruit cesse. Je m'avance vers la zone du tir et éclaire ma flèche avec ma frontale, elle est couverte de sang et plantée au sol au ras du maïs. Très rapidement des grognements se font entendre sur la zone et j'entends des animaux se déplacer, j'éteins ma frontale. Les autres sangliers entourent leur congénère mort. Certains semblent venir vers moi et je réencoche. J'attends un peu mais la nuit sera vite là. Je tente une approche, couvert par le vent fort, je m'avance par le passage des sangliers pour atteindre la zone couchée. Impossible de les voir mais il me semble entendre des animaux se diriger vers le passage de tracteur. Je me recule à découvert pour profiter des dernières minutes de clarté mais les sangliers tournent et retournent dans le maïs sans sortir. Il ne fait plus assez jour pour tirer, j’allume ma frontale, récupère ma flèche, la remets au carquois puis tente de trouver du sang sans succès. 

Une chasse au nez, 16 août 2021

Je m'avance dans le maïs. Un premier sanglier passe à 5 mètres devant moi puis disparaît dans la culture, j'éclaire autour de moi et aperçois du sang sur ma gauche.

Une chasse au nez, 16 août 2021

Plusieurs sangliers tournent dans le maïs au ras de la zone couchée en grognant. il ne sont qu'à quelque mètres mais il fait nuit. Je commence à suivre le sang qui est assez abondant.

Une chasse au nez, 16 août 2021
Une chasse au nez, 16 août 2021
Une chasse au nez, 16 août 2021

Je retrouve vite mon sanglier mort, il n'a fait que 35 mètres environ. Ma flèche est plein cœur. C'est un jeune mâle qui accusera 61 kg à la pesée.

Une chasse au nez, 16 août 2021

Je fais quelques photos souvenir avant de le sortir du maïs.

Une chasse au nez, 16 août 2021

Je l'attache ensuite par le groin et le tire sur le passage de canon puis sur la bande enherbée qui borde le rue. 2 yeux verts se dessinent dans la noirceur de la nuit, dans le faisceau de ma frontale, à environ 50 mètres. J'avance vers eux en tirant mon sanglier et me rends vite compte qu'il s'agit d'un beau brocard qui finit par détaler et rentrer au maïs. Dès que mon sanglier est accessible en voiture je pars la chercher pour le charger avant de rentrer m'en occuper chez moi.

 

Alex

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 15:18

Ce weekend, je suis parti chasser chez mon ami Thierry dans le Lot à Cuzance. Je suis arrivé hier soir, notre première sortie n'a pas donné grand-chose, nous avons juste vu une chevrette et son faon venus à l'appeau mais il faisait très chaud et ce sera bientôt la pleine lune, les animaux en profite pour sortir de nuit, pour profiter de la fraîcheur. Ce matin, levés vers 5h30, nous nous préparons tranquillement et partons pour le secteur qu'a choisi Thierry. Nous nous garons au départ d'un chemin de terre et nous nous préparons avant de commencer à suivre tranquillement le chemin. Nous n'avons pas fait 100 mètres que j'aperçois un brocard qui, sortant du bois sur la gauche du chemin, s'avance dans la luzerne sur la droite du chemin. Je le montre à Thierry qui me dit de tenter ma chance. J'hésite à tenter l'approche mais il y peu de végétation le long de la clôture qui longe le chemin, pour se camoufler. Je tente tout de même de me rapprocher un peu pour atteindre une boule de ronces à environ 30 mètres mais le brocard regarde vers moi. Je m'immobilise mais il ne me lâche pas du regard. J'attrape mon Butollo et lance un appel. Après un second appel qui semble attirer son attention, je recule doucement de quelques pas pour me cacher derrière une autre boule de ronces plus petite. Caché, je commence à appeler, le mouvement l'a intrigué et il ne m'a pas identifié. Il commence à venir mais rapidement je sens le vent sur ma nuque et le brocard stoppe net à 80 mètres pour revenir au petit trop d'où il vient.

Nous reprenons notre progression, un peu plus loin Thierry trouve un secteur propice pour appeler. Il se cale sur la droite du chemin près d'une prairie fauchée prise sur sa droite par un bois alors que je me cale entres des arbres au coin du bois d'où est sorti le brocard et qui s'ouvre en contrebas sur une clairière herbeuse. Mon ami me fait signe il est prêt, je commence à appeler au Butollo. J'insiste un moment mais rien ne vient quand alors que je regarde Thierry, il me fait signe puis commence à imiter des cris de souris. Je comprends qu'il a vu un renard. Il insiste et appelle encore mais le renard ne semble pas vouloir venir, je tente de l'appeler à mon tour mais rien. Je finis par quitter tout doucement mon poste pour me rapprocher de Thierry. Je me cale derrière un arbre qui borde le chemin le renard est en contrebas près du bois. Je décide de tenter d'appeler avec mon appeau à renard Nordic mais cette tentative fait fuir le renard qui disparaît dans le bois.

Nous quittons le secteur et longeons le chemin pour rejoindre un autre poste quand j'aperçois un renard qui vient vers nous à plus de 100 mètres, dans la prairie fauchée sur la gauche du chemin, au milieu des balles rondes de foin. Je le montre à Thierry et me cale contre la clôture bordée de quelques buissons qui borde la prairie. Je commence à appeler et immédiatement le renard arrive vers nous. J'arme mon arc et le laisse venir mais il passe à juste quelques mètres de moi derrière la clôture. Je le suis dans mon viseur mais impossible de tenter une flèche au travers du grillage. Le renard continue son chemin vers la pointe de la prairie et le passage qui permet d'y entrer derrière nous, à environ 70 mètres. Je désarme et me tourne vers le passage, espérant voir venir le renard mais je me dis que, s'il arrive par-là, je suis trop à découvert et qu'il va me voir. Je tente d'avancer un peu mais une haie de buissons m'empêche de voir au travers du grillage. Je reviens donc à mon poste de départ et recommence à appeler. Immédiatement, j'aperçois, au travers de la bande de buissons, le renard qui revient vers moi. J'arme mon arc et le suis dans mon viseur au travers de la végétation. Il vient stopper à 3 mètres de moi derrière un buisson, je n'ai pas de fenêtre de tir. Se doutant de quelque chose, il démarre et stoppe plein travers à environ 10 mètres mais le grillage et la végétation complique mon tir, le temps de trouver une fenêtre il repart et stoppe à environ 20 mètres plein travers. Cette fois il est en plein dans une ouverture de la haie et je peux le tirer par-dessus le grillage. Mon viseur se cale rapidement et je décoche. J'aperçois nettement l'impact qui engendre une grosse plaie rouge au niveau du cou, après avoir touché le renard ma flèche dévie et monte en l'air pour passer par-dessus une haie de chênes. Le renard démarre en trombe et rentre dans une bois de l'autre côté de la prairie après 20 mètres de course à découvert. 

Je décide l'aller contrôler mon tir et me dirige vers l'endroit où le renard est rentré au bois. A quelques mètres du grillage qui borde le bois, je trouve du sang sur un pied de luzerne.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je trouve un peu de sang sur la trajectoire du renard mais décide de ne pas perdre de temps dans cette recherche pour le moment. Nous partons à travers la prairie fauchée pour rejoindre le prochain poste d'appel. Après quelques appels infructueux, nous arrivons dans une plantation de noyers qui s'étend de part et d'autre du chemin de terre. Thierry m'envoie me poster dans la plantation, sur la gauche du chemin, pour appeler, alors que lui restera posté sur la droite du chemin. Je m'avance donc dans la plantation mais le secteur semble très compliqué pour se camoufler un minimum.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

En avançant à la recherche d'un poste, je repère une belle luzerne un peu plus en avant et décide de m'avancer doucement vers cette dernière pour tenter d'apercevoir un chevreuil. Je me dirige vers un petit chêne en bordure de la culture pour observer caché derrière ce dernier. Rien en vue, je m'agenouille dans les herbes hautes, sous les branches basses du petit arbre pour tenter quelques appels. Une clôture barbelée me sépare de la luzerne. Je commence à appeler et rapidement, j'aperçois un brocard surgissant du bois, de l'autre côté de la luzerne à environ 200 mètres. Il arrive à grands bons vers la clôture.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je fais une pause dans mes appels et me redresse pour me caler derrière le chêne. Le brocard stoppe et cherche la provenance des appels du regard au milieu de la culture. Je reprends mes appels, il part droit vers la clôture et stoppe contre cette dernière à environ 50 mètres, caché par une boule de ronce, à environ 15 mètres devant moi, contre la clôture. Je continue à appeler de façon plus espacée pour ne pas le voir arriver au galop. Il remonte doucement le long de la clôture et je le vois à nouveau. Il arrive à environ 25 mètres. Je pose mon Buttolo sur ma poignée d'arc et arme ce dernier. Je continue mes appels espacés en pressant mon appeau contre mon arc. Pas à pas le chevreuil se rapproche de moi et je le suis dans mon viseur mais la clôture me gêne pour ajuster mon tir. Pas à pas le voilà qui se présente juste à 3 mètres sur ma gauche, un fil de la clôture est en travers du coffre, je préfère ne pas tirer mais le brocard démarre brusquement et fonce le long de la clôture pour stopper derrière les ronces à environ 15 mètres. Je le rappelle, cette fois plus méfiant, il hésite puis se décale plus à gauche dans la luzerne avant de revenir de quelques pas vers la clôture et se présenter plein travers à environ 12 mètres. Je peux tirer par-dessus la clôture, j'aligne ma visée et décoche. Le brocard prend la flèche et démarre. Je n'ai vraiment vu mon atteinte mais comprends vite que ma flèche est bonne. Il fait environ 20 mètres puis commence à ralentir et zigzaguer sur environ 10 mètres avant de chuter dans la luzerne.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je pars chercher Thierry en remontant au travers des noyers. Il avait entendu la décoche et se doutait que j'avais tiré un chevreuil. Nous partons chercher ma flèche que je trouve assez rapidement dans la luzerne. Elle est couverte de sang.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

La piste de sang est impressionnante.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je rejoins très facilement mon brocard couché sur le flanc dans la luzerne. Ma flèche est sortie basse, dans le dernier tiers de la cage thoracique.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

En examinant mon chevreuil, je constate que l'entrée de ma flèche est à la base du cou. Il a certainement démarré au moment de la décoche. Au dépeçage, nous constaterons que ma flèche a taillé le haut du cœur. Thierry appose le bracelet.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je ramène mon brocard contre la clôture pour lui rends les honneurs et fais quelques photos souvenirs.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Thierry est décidé à chasser encore un moment. Je vide mon chevreuil et nous le pensons par les pattes arrières au petit chêne pour le laisser se vider de son sang à l'ombre pendant que nous finirons notre chasse.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Après quelques appels infructueux, nous décidons de stopper notre chasse vers 8 heures et de rentrer pour préparer mon brocard. Thierry me propose d'aller chercher la voiture pendant que je fais la recherche de mon renard. Je reviens donc au premier sang trouvé tout à l'heure et commence à le suivre. Le renard a pris une coulée qui passe sous un grillage qui borde le bois.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je passe sous le grillage en suivant le sang. La piste n'est pas très abondante mais se suit assez facilement. Je progresse tranquillement sur une coulée bien marquée.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021
Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Petit à petit, le sang devient plus abondant.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je retrouve mon renard au bout de 30 mètres de recherche environ. Il aura parcouru environ 50 à 60 mètres. Ma flèche un peu trop en avant lui a tranché la gorge.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

Je fais quelques photos 

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

puis tente d'aller chercher ma flèche qui est passée par-dessus les chênes qui bordent la prairie et derrière lesquels se trouve une autre prairie non fauchée. Je tourne et retourne sans la trouver. Je laisse tomber et reviens vers le chemin avec mon renard et rejoins Thierry qui est en train d'arriver. Nous partons ensuite chercher mon chevreuil et faire quelques photos souvenirs avant de rentrer.

Une matinée dans le Lot, 23 juillet 2021

De retour chez Thierry, nous décidons de réaliser une vidéo explicative sur comment préparer un chevreuil.

Alex

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 08:48

Ce matin, j'ai décidé d'aller sur un secteur chassé en début de saison mais les fauches et les moissons n'ont pas laissés beaucoup de couvert et je crains de ne pas revoir les 3 brocards repérés sur ce grand secteur du territoire. Je gare ma voiture près du vieux moulin et prends le chemin de terre qui délimite le territoire entre la bande boisée qui suit la rivière à ma droite et un bois à ma gauche. Après environ 200 mètres, le bois à gauche laisse place à une grande friche partiellement colonisée par des petits frênes de 1 à 2 mètres de haut. Je scrute un instant la friche, du bord du chemin, caché derrière les arbres qui le bordent. Rien en vue mais la luminosité est encore faible. Une bande de bois avance dans la friche à environ 80 mètres au-dessus de moi. Je remonte doucement au travers de la friche dans l'herbe détrempée de rosée pour rejoindre cette bande boisée puis la longe sur la droite vers son extrémité. J'y marque une pause pour observer le secteur, rien au-dessus de la bande boisée, rien sur ma gauche au-dessus de la friche vers une petite parcelle de vigne, rien en avant. J'hésite un passage a été girobroyé à moitié friche, un autre le long du grand bois dont une langue s'avance dans la friche. J'hésite à prendre celui du haut mais me décidé à prendre l'autre. J'avance doucement dans la friche pour rejoindre le passage puis le longe doucement en suivant la lisière du bois. Un peu plus loin le passage descend sur la droite en suivant le bois. Alors que je commence à descendre, je stoppe net en apercevant un chevreuil qui broute contre le blé mêlé de fèveroles à environ 90 mètres, sur le haut de la friche près de la grosse haie qui en longe la partie haute.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

J'ai de la chance qu'il ne m'ait pas vu. Je me cale contre les petits frênes et observe. Rapidement, il lève la tête. C'est un brocard. Si j'étais passé par le passage girobroyé du haut j'aurais pu l'approcher facilement à moins de 10 mètres. Tenter l'approche d'ici est compliqué d'autant plus que le vent tourne régulièrement. Je décide de tenter quelques appels. Le brocard qui avait repris son repas relève la tête et regarde vers moi sans bouger. J'insiste un peu mais j'aperçois au loin dans la culture, derrière lui, une chevrette qui vient droit sur moi. J'attends un peu avant de réappeler mais je sais déjà que je viens de bousiller ma chasse. La chevrette a stoppé à environ 300 mètres et regarde vers moi. Foutu pour foutu, je reprends mes appels. La chevrette redémarre et fonce droit sur le brocard qui surpris fait un grand bon de côté en aboyant et disparaît dans la végétation. Je stoppe un instant mes appels alors que la chevrette surprise également est remontée pour stopper contre la haie, en haut de la friche. Je ne la vois pas car elle est cachée par la végétation haute de la friche. Je cherche du regard le brocard sans succès. Ma seule chance est qu'en faisant venir la chevrette j'arrive à le faire suivre. Je reprends mes appels, la végétation s'agite et la chevrette fonce vers moi pour stopper à environ 20 mètres. Elle regarde vers moi, j'arrête d'appeler et attends en espérant voir arriver le brocard mais la chevrette redémarre en aboyant et disparaît derrière le bois dans mon dos. Je reprends rapidement les appels pour la maintenir autour de moi. Elle revient immédiatement mais reste à distance. Elle tourne et retourne en aboyant mais le brocard ne vient pas. Elle finit par fuir vers la haie alors que le vent tournant vient de me trahir. Elle disparaît rapidement et aboie un instant avant le retour au calme. C'est alors que j'aperçois le brocard dans les petits frênes, à environ 70 mètres, plein travers. Il regarde fixement vers le bas de la friche. Il est magnifique, un très gros six pointes. Je n'ai pas le choix, ma dernière chance, je tente une approche. Je remonte doucement au travers des petits frênes en poussant un petit coup de Butollo par moment pour distraire le brocard et lui faire penser que je ne suis pas un humain. J'avance tout doucement mais je rencontre vite un tapis de jeunes ronces d'environ 60 à 80 cm d'épaisseur. Ce tapis bruyant m'oblige à faire de grands pas en levant bien les pieds. J'avance très lentement  mais ne peux pas éviter le bruit. Curieusement, le brocard ne regarde presque pas vers moi et reste fixé sur quelque chose en bas de la friche, au bord du bois. J'arrive ainsi à environ 40 mètres de lui. La zone de frênes s'épaissit, il me faut encore avancer en essayant de mettre les arbustes entre moi et le chevreuil. Le vent n'arrête pas de tourner et finit par me trahir. Le brocard démarre alors que je suis encore à 35 mètres et fonce vers le bois en contrebas en aboyant.  Je presse le pas pour tenter de l'apercevoir mais il remonte déjà dans le bois, toujours en aboyant. J'ai tout fait à l'envers mais c'est aussi ça la chasse, je n'ai pas fait les bons choix et ça m'a coûté cet échec. Si je ne tue pas un brocard ce matin, je me promets de revenir sur le secteur pour me confronter à ce superbe animal. 

je remonte vers le bout de la haie et rattrape une coulée très marquée qui remonte vers la route. Alors que j'avance tranquillement. J'aperçois la chevrette qui m'observe à environ 100 mètres contre la haie. Elle finit par se débiner alors que je poursuis ma progression. La coulée débouche un peu plus haut sur un énorme chaudron. Une laie a fait ses petits dans le secteur ce printemps. La coulée continue vers le sommet de la colline et je la suis pour arriver à la route de crête. Je prends à droite en suivant la route pour rejoindre le coin d'un bois que je suis tranquillement pour redescendre dans le bas de la combe en surveillant le secteur très dégagé. Le blé du penchant opposé est moissonné sur la partie basse. J'arrive au coin du bois et jette un coup d'œil sur le blé puis sur la bande d'herbes hautes qui borde le bas du bois. Rien, je remonte par une coulée de sanglier dans le blé jusqu'au bord d'un bosquet. Je prends à gauche pour le longer sur une coulée très marquée, les nombreux passages de sangliers ont défoncé le sol où les pieds de toutes tailles sont encore visibles. Un peu plus en avant, une zone humide partiellement desséchée a servi de souille assez récemment. Je m'avance pour l'observer quand une chevrette surgit du blé à environ 30 mètres et fonce dans la culture. Je continue à longer le bois puis une petite friche à l'angle de laquelle je remonte vers la route de crête par un passage de blaireaux dont je passe les terriers en bordure de la friche sur ma droite. Arrivé à la route, je la traverse  pour redescendre sur le penchant suivant sur la droite d'un petit bosquet. Rien sur ce secteur, je descends jusqu'à une haie qui rejoint un bois sur ma droite et prends à gauche pour la longer, elle laisse vite place à une rangée d'arbres espacés qui suivent un fossé séparant 2 parcelle de luzerne. Une revenant vers le bois à droite et l'autre partant vers un blé et les vignes sur ma gauche. J'avance doucement mais toujours rien. J'arrive sur un chemin de terre enherbé qui longe le bas de la combe. Rien dans la prairie rentrant dans le bois sur ma droite. Rien dans la prairie remontant derrière une grosse haie sur le penchant opposé et jouxtant une vigne revenant vers moi. Je prends à gauche sur le chemin. Habituellement, je remonte toujours avant une vigne qui s'étend jusqu'à la route. Ce matin, quelque-chose me dit de longer le bas de la vigne pour en contrôler les rangs avant de remonter. Un lièvre est au gagnage entre 2 rangs. Arrivé à la route, je remonte tranquillement en contrôlant les rangs de plus en plus courts et alors que j'arrive au dernier rang, j'aperçois un jeune brocard longeant le haut de la vigne à environ 70 mètres.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Il a stoppé juste avant le dernier rang et je sens qu'il va bifurquer pour descendre entre les 2 derniers rangs. Je me décale rapidement pour dépasser le dernier rang et revenir le plus vite possible au bout de ce dernier. Calé contre le premier cep de vigne, je me penche doucement à gauche. Le brocard est là, de face, au bout du rang et regarde vers moi sans me voir.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Je reste immobile, il reste un moment sans bouger puis il commence descendre vers moi en suivant le rang sur environ 10 mètres. Il commence alors à brouter paisiblement tout en avançant, zigzaguant entre les 2 rangs. Il se rapproche ainsi lentement d'une vingtaine de mètres puis commence à descendre vers moi en suivant le rang de gauche. Il avance d'un pas décidé sur environ 10 mètres, s'arrête pour brouter puis continue à descendre d'un pas rapide. Il n'est plus qu'à 20 mètres. Je me penche derrière le rang pour armer mon arc à couvert et me recule d'un pas puis me penche doucement à gauche pour l'aligner dans mon viseur. Je le suis alors qu'il se présente de 3/4 face. Il ralentit doucement, il n'est plus qu'à 8 mètres au pas lent. Je cale mon pin's sur le défaut avant de l'épaule et décoche. Ma flèche semble bonne et le traverse, cassant une patte arrière au-dessus du genou au passage. Il démarre en trombe et prend à gauche pour traverser le rang au bout duquel je suis et se jeter dans une haie à ma droite. Empêtré dans la végétation, il se débat et s'immobilise rapidement. Le pensant mort, je remonte chercher ma flèche quand j'entends un gros bruit dans mon dos. En me retournant, j'ai juste le temps de voir passer mon chevreuil, ventre à terre, qui rentre dans la vigne. Je ne comprends plus rien, je continue à monter et trouve ma flèche posée au sol derrière le rang de gauche.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Elle n'est pas maculée de sang et ressemble à une flèche d'attente musclaire, je la remets au carquois puis réencoche une flèche pour entamer ma recherche. Je longe tranquillement le premier rang de vigne après la haie et trouve rapidement du sang.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Un passage dans la vigne coupe les rangs à peu près à la moitié de leur longueur. La piste est très fournie,  et rentre dans la vigne à environ 10 mètres du passage. Je la suis facilement en contournant chaque rang par le passage puis en revenant entre les rangs suivants pour recouper le sang.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021
1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Après avoir passé quelques rangs, le chevreuil a laissé une touffe de poils ensanglantée sur une motte de terre en passant le rang suivant.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

La piste est de plus en plus abondante.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021
1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021
1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Après environ 25 mètres de recherche dans la vigne, je retrouve mon chevreuil couché entre 2 rangs et finissant de mourir. Il n'a pas fait 50 mètres depuis l'endroit du tir. Je reste sans bouger. Il s'immobilise rapidement.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Je pars le récupérer et apposer mon bracelet avant de lui rendre les honneurs pour quelques photos souvenirs.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Ce n'est pas un grand trophée mais, à l'arc, il faut savoir prendre les occasions quand elles se présentent. Je chasse mes chevreuils d'été uniquement à l'approche et à la rencontre sans m'acharner sur les grands trophées. C'était mon dernier bracelet sur ce territoire, on verra si je recroise le grand brocard l'an prochain, il aura encore cet été pour assurer sa descendance. Je le vide et l'examine alors qu'un brouillard épais enveloppe le paysage. Ma flèche rentre au défaut avant de l'épaule mais ne rentre pas dans la cage thoracique. Elle a entaillé les côtes sur 20 cm en bas du coffre et décollé l'épaule des côtes en sectionnant au passage l'artère qui alimente la patte avant. Elle ressort ensuite au niveau du sternum et casse la patte arrière au passage. J'attache les pattes du chevreuil et le charge sur mon épaule pour retourner à la voiture. Sur le retour, je rencontre un justianais curieux qui, interpellé par les aboiements de son chien alors que je longe sa clôture, vient à ma rencontre pour discuter un peu de ma façon de chasser. J'en profite pour poser un moment le chevreuil avant de repartir. Sur le retour en voiture, je croise un beau brocard à plus de 100 mètres dans les blés d'Ordan-Larroque. Il rejoint sa chevrette au  bord d'une haie qui borde la culture, je m'arrête pour tenter de le prendre en photo dans le brouillard.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Alex

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 06:55

Ce soir, il fait gris et il ne fait pas trop chaud, je décide de partir un peu plus tôt pour aller faire un tour dans un secteur de vignes où j'ai repéré un bel assassin qui s'est déjà joué de moi par deux fois. La première fois, je l'ai approché à 10 mètres dans un grand blé et je suis resté un moment près de lui sans pouvoir voir plus que ses oreilles et ses bois dépassant des céréales avant que le vent tourne et ne le fasse partir. La seconde fois, je l'avais repéré de loin alors qu'il rentrait dans le tournesol attenant au même champ de blé. Alors qu'il avançait en frottant ses bois sur quelques pieds de tournesol et broutait les feuillages de la haie bordant la culture, j'ai commencé à l'approcher au travers des tournesols mais encore une fois le vent tournant m'a trahi et il s'est enfui vers le blé où j'ai tenté de l'approcher une autre fois mais encore une fois le vent m'a trahi alors que j'étais à une trentaine de mètres de lui.

Je me gare, vers 19 heures, au bord de la route contre une plantation de chênes américains. Avant d'attaquer le secteur de vigne, je décide de traverser la route pour aller prospecter une zone de luzerne où je n'ai pas encore mis les pieds cette année. Je remonte le talus du fossé de la route et m'avance dans la luzerne en biaisant vers une grosse haie qui la sépare d'une parcelle de tournesols.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En arrivant au coin de la haie qui bifurque à gauche à angle droit, j'aperçois quelque chose en bas de la parcelle près d'une bande boisée. Je stoppe un moment pour tenter s'identifier l'animal que je pense tout d'abord être un renard mais qui est en fait un très gros lièvre. C'est alors qu'en tournant la tête à gauche, j'aperçois à environ 200 mètres, un chevreuil dans la luzerne près de la haie. Sa carrure élancée me fait d'abord penser à une chevrette couchée qui regarde vers moi.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je reste immobile et l'observe un instant. Alors que le chevreuil tourne la tête, il me semble distinguer de petits bois. Ce serait donc un brocard. Il se met à brouter tranquillement, la hauteur de la luzerne est trompeuse, il est en fait sur pieds. Je décide de tenter une approche mais la faible hauteur de végétation ne va pas me faciliter les choses. C'est alors que je remarque une belle coulée de blaireau dans la bordure interne de la haie. Elle va me permettre de tenter une approche.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je m'avance tout doucement en suivant la coulée tout en surveillant le petit brocard entre les troncs des arbres qui bordent la luzerne. Le sol est jonché de feuilles mortes et de bout de bois morts, je dois calculer chacun de mes pas pour ne pas faire trop de bruit. Le chevreuil broute sur place. Alors que je suis à environ 80 mètres du chevreuil, la coulée est barrée par des buissons, je ne peux plus avancer à couvert. Je dois contourner tout doucement un gros arbre au travers d'une touffe de végétation, en bordure de la luzerne avant de revenir sur la coulée juste après.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je reprends ma progression lente et il me faut maintenant passer sous le tronc d'un arbre tombé dans la haie.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je ne suis plus qu'à 60 mètres du brocard qui a à peine bougé. Un merle décolle bruyamment devant moi et je me fige mais le chevreuil ne semble pas avoir entendu. J'attends un instant puis recommence à avancer. Je gagne encore 10 mètres mais à nouveau la coulée s'interrompt et il le faut sortir à découvert pour continuer mon approche. Je décide de tenter d'appeler au Butollo. Je lance deux appels brefs espacés. Le brocard relève la tête et regarde vers moi mais ne bouge pas. J'attends un moment, il reste immobile un instant puis se remet à brouter. Je tente 2 appels de plus mais le brocard regarde à nouveau vers moi mais refuse de venir. Je reste immobile un moment, le brocard finit par se remettre à brouter mais se tourne de cul. Il s'éloigne doucement en baisant vers le bas de la luzerne et en broutant tranquillement. Je sors sur la luzerne sur quelques mètres puis reprends la coulée, j'essaie de réduire la distance mais il poursuit son chemin et le sol bruyant ne me permet pas de presser le pas. Il me distance et arrivera au bois dans 40 mètres. Je ressors mon appeau alors qu'il est à environ 100 mètres. Dès les premiers appels, il redresse la tête et se retourne. Je lance quelques appels de plus et le voilà qui revient. J'arrête d'appeler un instant, il avance tranquillement en broutant en suivant une parallèle à 40 mètres de la haie. Je suis un peu trop dégagé, je me recule doucement pour me caler contre un gros arbre. Alors qu'il a fait environ 30 mètres, je tente de rappel. Il regarde vers moi puis repart et cette fois il monte droit sur moi. Il avance d'un pas lent et s'arrête par moment pour chercher du regard. Il zigzague un peu mais continue à se rapprocher. Il n'est plus qu'à 25 mètres et je n'ai pas encore armé. Il baisse la tête et détourne un court instant son regard. Je monte mon arc et l'aligne vers lui. Il redresse la tête et poursuis son chemin. Je profite d'une baisse d'attention pour armer tout doucement mes 71 livres. Il n'a pas remarqué mon mouvement et monte toujours sur moi de 3/4 face. Je le suis dans mon viseur et le laisse venir jusqu'à 8 mètres. Ma visée est calée sur son épaule, je décoche. Ma flèche le traverse et il fait volte-face pour foncer vers la bande boisée en contrebas. Des jets de sang sortent de son flanc gauche. À mi-pente il semble partir à gauche mais se ravise vite et continue à descendre pour disparaitre dans la bande boisée au moment où il semblait vaciller.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'ai oublié mon appareil photo à la voiture, je pars le chercher avant d'attaquer ma recherche, j'en profite pour prendre quelques photos en revenant vers la zone du tir. La draille du chevreuil est bien visible dans la luserne. Je trouve vite le premier sang.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je cherche maintenant ma flèche que je retrouve assez rapidement plantée au sol.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je la remets au carquois et commence à suivre le sang dans la luzerne. La draille du chevreuil et le sang sont bien visibles et facile à suivre.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

À la sortie de la luserne, la piste est toujours bien visible sur l'herbe rase.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En franchissant le ru qui borde la bande boisée, chevreuil a laissé pas mal de sang dans la végétation.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Il a éclaboussé le tronc d'un gros arbre de l'autre côté.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

La piste s'intensifie dans la bande boisée en prenant à gauche et j'aperçois vite mon chevreuil mort sur le flanc un peu plus loin.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je m'approche de mon brocard, ma flèche est rentrée dans l'épaule et ressort juste avant la panse.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'appose mon bracelet et lui rends les honneurs avant de faire quelques photos souvenir.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je jette un coup d'œil rapide dans la luserne de l'autre côté de la bande boisée, pas de chevreuil. Je vide mon brocard et le remonte à ma voiture. Il est 20 heures quand je le mets dans le coffre, je décide de repartir en chasse. Je repars dans la luzerne mais cette fois je prends à droite pour rejoindre une haie qui borde l'autre côté de la grande parcelle. En descendant, je tombe sur un beau terrier de blaireau qui semble bien fréquenté et qui a été creusé en plein découvert. 

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je rejoins le ru qui délimite le bas de la combe et remonte vers la bande boisée où j'ai retrouvé mon brocard à environ 200 mètres sur ma gauche. Je passe le ru et un passage dans la haie, sur ma droite, qui permet d'accéder à une bande de prairie prise entre la bande boisée du ru et une grosse haie plus haut sur la droite. Je continue en longeant la haie pour prospecter le reste de la zone de luzerne. J'avance tout doucement en surveillant le secteur mais rien. Après quelques 300 mètres de marche, j'arrive dans une zone qui me donne un bon point de vue d'ensemble du secteur. J'observe un moment sans rien voir puis fais demi-tour pour revenir vers le passage. Je presse un peu le pas quand je dérange un animal dans la haie que je longe. C'est un chevreuil qui se met à aboyer dans sa course un peu plus loin, je tente de l'apercevoir au travers de la haie sans succès. Je m'avance jusqu'au passage et l'emprunte pour m'avancer dans la prairie d'herbes hautes. Je longe tranquillement, par une coulée de blaireau, la haie de gauche qui suit le ru. Alors que la bande boisée tourne un peu à gauche, j'aperçois une chevrette à environ 60 mètres devant moi. Elle est à environ 15 mètres de la haie et regarde derrière elle. Je reste un moment immobile à l'observer puis m'avance et la fais fuir. Elle remonte pour disparaître dans la haie qui délimite la prairie sur ma droite. Le chevreuil recommence à aboyer derrière la haie en s'éloignant. Je continue ma progression en observant autour de moi. Alors que j'arrive près d'une petite mare prise dans la végétation au bout de la prairie, le chevreuil redémarre en aboyant dans la bande boisée sur ma gauche. Je m'avance un peu et me cale pour tenter d'appeler à l'appeau. Immédiatement, j'entends revenir le chevreuil vers moi dans la végétation dense. Je poursuis mes appels mais le chevreuil semble avoir stoppé à environ 20 mètres et impossible de le faire venir plus. J'attends un peu puis retente d'appeler mais rien ne bouge. J'attends encore un peu puis quitte mon poste pour m'avancer vers le blé qui fait suite à la prairie derrière la mare et quelques arbres. C'est alors que le chevreuil, qui était resté immobile dans la végétation, redémarre pour fuir en aboyant sans que je puisse le voir. Je m'avance en bordure d'une bande étroite de blé prise entre la bande boisée à ma gauche et une pointe de bois avançant dans la culture sur ma droite. Je stoppe alors que la culture s'élargir pour remonter vers la route de crête et observe un instant le secteur. Rien en vue, l'agriculteur du coin est en train de sortir bruyamment ses brebis au pré qui fait suite au blé à environ 200 mètres. Je remonte doucement vers la route par le passage de tracteur de ceinture. J'arrive à la route sans avoir rien vu, je la traverse pour aller prospecter une petite parcelle de vigne prise dans une grande parcelle de blé. Je n'y aperçois qu'un lièvre assis entre 2 rangs. Au bout de la vigne, j'observe un moment le grand blé partiellement moissonné. Rien non plus, je fais demi-tour pour aller faire le tour d'une autre vigne. Je longe la route, le vent souffle dans mon dos. Alors que la route fait un virage à angle droit à gauche, je la quitte pour prendre un passage enherbé entre des rangs de vigne qui descendent vers la haie qui domine la prairie que je suivais tout à l'heure et des rangs parallèles au passages qui remonte vers la route de crête. Je commence par contrôler les rangs du bas un à un mais n'aperçois qu'un lièvre assis. Arrivé au dernier rang, je remonte le long d'une haie pour contrôler les autres rangs à bon vent. Encore un lièvre assis entre 2 rangs, alors que je suis presque à la route c'est une chevrette, couchée à environ 35 mètres dans la vigne, qui me regarde passer sans bouger.

Je traverse la route pour maintenant aller chasser sur le secteur des vignes, sur la gauche d'un très long massif boisé. Vu le vent, je pars plus à droite pour inspecter les rangs à bon vent en longeant une autre bande boisée plus petite. Pas de chevreuil mais encore un lièvre. Je continue en inspectant les diverses parcelles de vigne en essayant de les attaquer à bon vent en tenant compte de l'orientation des rangs. Le ciel devient de plus en plus menaçant et quelques gouttes éparses commencent même à tomber alors qu'un superbe arc en ciel se dessine au loin.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Alors que je longe une parcelle de vigne, je me fais surprendre par une chevrette qui montait droit sur moi entre 2 rangs. Elle fait demi-tour et s'enfuit au galop, stoppe un peu plus bas regarde vers moi puis repart au galop et disparaît. Un vent soutenu se lève avec l'orage qui menace. J'espère qu'il ne va pas pleuvoir car mon appareil photo n'est pas étanche. Je rattrape un chemin herbeux qui descend vers le bas de la combe et l'emprunte pour contrôler les rangs de vigne perpendiculaires à ce dernier. La vigne est sur ma gauche comme le sens du vent, j'avance doucement quand j'aperçois un chevreuil de 3/4 arrière, qui broute tête basse contre le rang de gauche, à environ 70 mètres. Je passe derrière le rang suivant et commence une approche très lente tout en surveillant l'animal par moment par-dessus le feuillage. Il broute toujours tranquillement et j'arrive facilement à 8 mètres de ce dernier. Pas de testicules en vue, il s'agit d'une chevrette. Son poil n'est pas joli et parsemé d'épis. Elle finit par relever la tête et regarder vers moi. Intriguée, elle me fixe puis se gratte la tête avec une patte arrière avant de se retourner et de venir droit sur moi sur quelques pas avant de stopper. J'en profite pour la prendre en photo par-dessus les feuillages.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Curieuse et intriguée par ce mouvement elle passe dans le rang suivant

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

et continue à venir vers moi. Je décide de m'éclipser tranquillement pour ne pas l'affoler et en faisant demi-tour, j'aperçois à plusieurs centaines de mètres, un chevreuil qui broute tranquillement au milieu d'une grande parcelle de vigne, au-dessus du grand blé et des tournesols où j'ai déjà vu l'assassin. Quelque-chose me dit que c'est lui. Je rejoins le chemin herbeux et descends pour rejoindre les tournesols alors que j'ai perdu le chevreuil de vue entre les rangs. Je passe les tournesols, le fossé qui les borde et remonte la bande enherbée rapidement pour me coller à la vigne et commencer à inspecter entre les rangs. À chaque bout de rang, je me penche doucement pour tenter d'apercevoir le chevreuil mais rien. C'est alors que j'arrive au dernier rang que je le vois traverser la bande enherbée de quelques mètres qui le sépare d'une parcelle de féveroles rabougrie, mélangée de blé et de gros îlots de chardons cotonneux. Il traverse d'un pas rapide à environ 100 mètres et je le perds de vue derrière un gros îlot de chardons dans la culture. Il s'est certainement arrêté derrière. Le terrain remonte, je traverse rapidement la bande enherbée et remonte tranquillement vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. Alors que j'arrive aux chardons, j'aperçois le haut de son dos. Il broute tranquillement juste derrière à environ 30 mètres.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Le vent soutenu de travers est une vraie bénédiction. Je rentre doucement dans la culture et commence mon approche lente, prêt à me baisser s'il relève la tête. Alors que je suis à à peine plus de 20 mètres, il relève la tête et regarde vers moi. Je reste immobile dans la végétation, à moitié baissé. Après quelques secondes, il rebaisse la tête et se remet à brouter en faisant 2 pas. J'avance encore de quelques mètres mais il relève la tête à nouveau et je suis en équilibre sur un pied. Impossible de le reposer sans me trahir et impossible de me baisser non plus. Il observe un instant le secteur puis rebaisse la tête. Je suis à environ 17 mètres, je repose mon pied, arme mon arc, aligne ma visée et décoche. J'entends distinctement l'impact mais je n'ai pas vu mon atteinte même si la direction de la flèche semblait bonne. Le brocard fait volte-face, ressort sur la bande enherbée au galop et amorce un arc de cercle pour stopper dans la végétation à environ 50 mètres devant moi. Il commence à reculer, avancer, reculer encore et je le perds de vue.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je prends quelques photos de l'endroit du tir quand mon appareil photo tombe en panne de batterie. Je vais devoir faire les dernières photos avec mon téléphone portable qui fait des photos de très mauvaise qualité. Je m'avance dans la direction estimée du tir et trouve rapidement les premières gouttes de sang.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En zigzaguant un peu dans la direction du tir, je retrouve ma flèche posée au sol. Elle ne porte presque pas de sang ce qui m'inquiète un peu.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Comme j'ai vu disparaitre le chevreuil dans la végétation, je suis quand même assez confiant. Je commence à chercher la suite du sang et trouve vite d'autres gouttes.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En passant, le chevreuil a frotté contre les chardons.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Comme je l'avais vu, la piste ressort sur la bande enherbée et revient vers la culture. Le sang est assez abondant et facile à suivre.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Le sang devient très abondant en rerentrant dans la culture et je retrouve rapidement mon chevreuil mort sur le flanc à côté d'une grande tâche de sang. Le sang a également énormément coulé en dessous de lui.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'appose mon bracelet et lui rends les honneurs avant de faire quelques photos souvenirs. C'est alors que je me rends compte qu'il est borgne, son oeil gauche est totalement blanc.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'ai du chemin pour revenir à ma voiture. J'attache les 4 pattes du brocard et le charge sur mon épaule pour rentrer. En chemin, j'appelle mon ami Renaud pour lui raconter ma chasse. Je laisse mon chevreuil au bord d'un fossé, non loin de la route puis pars chercher ma voiture tout en discutant quand un chevreuil surgit des chênes américains près desquels je suis garé et fonce dans les vignes. Je récupère ma voiture et pars chercher mon chevreuil avant de rentrer pour aller faire quelques photos de meilleure qualité après avoir un peu rechargé ma batterie puis m'occuper de mes 2 brocards avant d'aller me coucher.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Alex

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:38

Ce soir le temps est orageux, le vent souffle et j'espère pouvoir en profiter pour réaliser de belles approches. Je me gare au bord de la route, sur la droite, après le bois de Bourras. Je me prépare tranquillement puis m'avance vers un chemin de terre qui remonte dans un petit bois jusqu'à une très grande parcelle de blé mélangée d'avoine. J'avance tout doucement en le suivant tout en scrutant le sous-bois et arrive au bord de la culture où je marque un arrêt pour prendre le temps d'observer le secteur. Pas de chevreuil en vue, le vent souffle de ma gauche, je décide donc de longer les céréales par la droite. Je longe tranquillement entre la culture et le bois pour rejoindre la bande boisée qui délimite la droite du champ. Alors que j'avance doucement, un chevreuil démarre sur ma droite dans la bande boisée en aboyant. Ses cris résonnent alors qu'il s'éloigne rapidement dans la luzerne en contrebas. J'attends un peu et observe la culture mais toujours rien en vue. Je continue à remonter le long de la bande boisée et arrive au bout de cette dernière sans avoir vu d'animaux. La parcelle s'élargit sur ma droite pour rejoindre des vignes en longeant une grande parcelle de luzerne de l'autre côté de la bande boisée. Je m'avance un peu dans le blé pour rejoindre un passage de tracteur qui remonte vers le haut de la parcelle puis commence à le suivre quand j'aperçois la tête d'un brocard qui dépasse du blé, en haut de la parcelle, à environ 80 mètres. Je me fige. Il mange les céréales au milieu de l'avoine qui dépasse au-dessus du blé. Le vent vient de ma gauche, il ne m'a pas vu ni senti, c'est parfait. Il baisse la tête dans la culture, j'en profite pour avancer tranquillement vers lui quand un autre chevreuil commence à aboyer rageusement sur ma gauche à environ 30 mètres mais impossible de le voir dans la culture à cause de la hauteur des céréales mais aussi du relief du champ qui descend à cet endroit. Je reste immobile un moment, les aboiements semblent se rapprocher. Le brocard que j'approchais au départ a relevé la tête et regarde vers les aboiements qui me semblent très proches. Brusquement un brocard surgit de la culture et s'éloigne à grands bons tout en aboyant. Je ne comprends pas s'il m'avait vu ou si autre chose l'a intrigué. L'autre brocard n'a pas bougé, dès qu'il rebaisse la tête, je reprends mon approche. Je gagne peu à peu du terrain en stoppant dès qu'il lève la tête et en avançant dès qu'il la baisse. J'arrive ainsi à environ 30 mètres de lui mais il relève maintenant la tête à chacun de mes pas et l'approche se complique. Pas à pas, je gagne encore 10 mètres mais brusquement, il lève la tête et regarde vers moi sans vraiment comprendre ce que je suis. Il reste un instant statique à m'observer, impossible de savoir comment est orienté son corps dans cette végétation. Il finit par se retourner et démarrer au galop sur environ 10 mètres, j'arme mon arc et préaligne ma visée. Il stoppe dans une zone plus dégagée à un peu plus de 20 mètres, ma visée se cale, je décoche mais il saute la corde et je le manque. Il démarre en trombe en aboyant pour traverser une autre petite parcelle de blé très bas juste au-dessus pour se diriger vers les vignes un peu plus loin. Je presse le pas pour remonter en crête et l'observer s'éloigner. Il s'arrête régulièrement pour regarder derrière lui et finit par disparaître dans les vignes à environ 200 mètres. Je cherche ma flèche que je trouve posée au sol sans aucune trace de sang, je tourne un peu sur le secteur sans trouver d'indice, c'est bien manqué.

Je rejoins la bordure de la vigne et la longe tranquillement sur la bande enherbée qui la sépare d'une haie épaisse bordant la grande parcelle de luzerne. J'y jette un coup d'œil par moment quand les trouées dans la haie le permettent. Je stoppe net en apercevant une masse à moins de 10 mètres dans la vigne. C'est un énorme lièvre tapi au sol. En avançant un peu plus, j'aperçois un deuxième très gros lièvre tapi de l'autre côté de rang. Je les laisse tranquilles et poursuis ma route. Arrivé au coin de la vigne, je remonte le long du dernier rang qui fait suite à un plantier de vigne qui descend jusqu'au bois en contrebas. Je rejoins ainsi la bordure d'une parcelle de blé qui descend sur une bande d'environ jusqu'à un fossé puis remonte sur environ le triple de largeur vers le village de Roques. Je rentre de quelques mètres dans la culture pour rejoindre le premier passage de tracteur et descendre vers le fossé quand j'aperçois une tête de chevreuil dépassant des céréales à environ 30 mètres sur ma gauche. Je me fige, c'est une chevrette, je tente de continuer à descendre sans l'effrayer pour aller jeter un coup d'œil sur l'ensemble du champ. Elle mange tranquillement sans me repérer. Un peu plus bas, en face du bois, j'ai une bonne vue d'ensemble sur le secteur, rien vue dans le blé nu dans le friche qui rentre dans le bois sur la droite. Je remonte donc tranquillement dans le blé le long du passage de tracteur. Cette fois-ci, la chevrette me repère et détale. Je pars faire le tour des vignes du secteur et contrôle tous les intervalles entre les rangs. Pas le moindre chevreuil, je reviens vers les blés où j'ai commencé à chasser. Cette fois, je longe le haut de la parcelle en suivant le bois de Guimas. Je surveille le blé qui s'étend jusqu'à la route et qui n'est pas mélangé à de l'avoine sur ce secteur. Alors que j'arrive à la haie qui délimite la parcelle après le bois, une chevrette surgit des hautes herbes qui bordent la haie et fonce dans le blé derrière la haie. Elle fait une grande boucle pour retraverser la haie à environ 150 mètres en contrebas. Un énorme front nuageux menaçant arrive droit sur moi. L'orage menace, la luminosité a fortement baissée.

Je fais demi-tour pour revenir vers le grand champ de blé en-dessous de Roques. Je retraverse la zone de vignes et arrive en haut des céréales que je commence à longer en direction d'une petite vigne. J'aperçois alors un chevreuil dans le blé près du fossé qui marque le fond de la combe qui revient vers le bois sur la droite du blé. Il me semble reconnaître un brocard, il est à environ 300 mètres, le vent est un peu changeant mais ne va pas vers le brocard. Je décide de rejoindre la petite vigne et la longer pour redescendre vers le fossé. J'avance doucement de rand en rang en surveillant le chevreuil qui remonte tranquillement dans le blé en direction du village de Roques. La vigne se termine et laisse place à une plantation d'arbres en friche, l'approche sera compliquée par là car les petits arbres ne me cacheront pas beaucoup. Je décide de tenter l'approche par la bordure du blé, je traverse rapidement la bande enherbée alors que le brocard a baissé la tête et a disparu dans le blé. Le vent est de plus en plus soutenu et la pluie commence à tomber. J'avance le plus rapidement possible, longeant le blé en stoppant et en me baissant à chaque fois que je brocard relève la tête. Il fait demi-tour et revient vers le fossé, j'arrive au bord de ce dernier, caché par une bande d'herbes épaisse qui le borde. Le chevreuil biaise vers le bois. Je tente de lui couper la route en avançant dans les herbes hautes mais je dois souvent stopper car il relève régulièrement la tête. Il avance assez vite et je ne vais pas avoir le temps de lui couper la route, je tente de presser le pas mais le brocard regarde vers moi, il a décelé quelque chose et fixe son regard dans ma direction. Je reste baissé dans les hautes herbes mais au bout d'un moment il démarre pour s'éloigner au trot, de cul le long de la bordure gauche du fossé. J'en profite pour prendre le pas de course et le suivre baissé dans les hautes herbes. Il stoppe pour regarder derrière lui et je me fige en me baissant dans la végétation. Il repart au trot et franchit le fossé un peu plus loin et le longe de cul, je m'élance à sa poursuite sur environ 50 mètres d'un pas rapide. Il me devance d'environ 50 mètres mais ralentit. Il continue son chemin d'un pas tranquille. Je tente de réduire la distance d'un pas rapide alors que la pluie et le fort vent couvrent le bruit de ma progression. Je stoppe dès qu'il stoppe et repart dès qu'il avance. Je réduis ainsi rapidement la distance qui nous sépare. J'arrive à moins de 15 mètres, il stoppe et regarde derrière lui. Je me fige et me baisse doucement. Il est de 3/4 arrière dans une zone dégagée. Il repart, j'arme et me redresse, j'aligne la visée en avant du cuissot alors qu'il avance d'un pas tranquille. Je décoche, touché, il fait un tour sur place puis part au galop vers le bois ou je le perds de vue alors qu'il arrive en lisière, à environ 100 mètres. Il pleut très fort et je crains que la piste de sang ne s'efface vite. Je décide d'attaquer immédiatement la recherche. Je pars chercher ma flèche que je retrouve plantée au sol. Elle a déjà été lavée par la pluie. Je la récupère et réencoche un flèche. La piste de sang est assez facile à suivre et le blé couché dans la fuite du chevreuil facilite encore le pistage. Alors que j'arrive doucement à quelques mètres de la lisière, j'aperçois une tâche rousse dans le fossé bordant le bois. C'est mon brocard, je ne vois pas la tête mais je vois distinctement ses flancs. Il n'est pas mort et respire encore, il est à 4 mètres de moi. J'hésite à le flécher mais je ne vois pas la zone vitale. Je décide d'attendre sans bouger mais le vent tourne et le brocard me sent. Il se redresse d'un bon en s'enfonce dans le bois très épais. Je n'ai pas le choix, je dois le laisser faire son hémorragie au risque que la pluie efface totalement la piste.

Il est 21 heures, il me reste une heure avant la nuit, je décide de repartir en chasse et de revenir dans une heure. Je remonte dans le blé le long de la haie qui le sépare du plantier de vigne et la traverse dès que je trouve un passage. Je longe le bois en bordure du plantier. Il pleut des trombes d'eau et je suis trempé. Je rejoins un passage dans la haie qui sépare les vignes de la luzerne un peu plus loin. Je m'avance dans la luzerne pour rejoindre le bout d'une pointe du bois qui s'avance dans la luzerne. Une tête de chevreuil surgit du blé pris entre la luzerne et la route. Il est à 200 mètres environ et impossible de dire s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je tente une approche directe au travers de la luzerne détrempée qui m'arrive à mi-cuisse et m'entrave. Le chevreuil semble longer à 10 mètres de la bordure du blé mais je le perds brusquement de vue et impossible d'y remettre les yeux dessus. Je continue à descendre mais alors que je suis à mi-chemin du blé, une chevrette surgit de ce dernier à environ 150 mètres et fonce vers le petit bois au bord duquel je suis garé, un peu plus loin. Je remonte dans la luzerne puis longe la pointe de bois pour aller voir le coin du blé. Rien, je remonte pour longer la haie et revenir vers les blés que j'ai chassés en arrivant ce soir. La pluie diminue en intensité. En arrivant près du bout de la haie, je tombe sur une belle couche de chevreuil, j'avance doucement et arrive au bout de la haie. Une impression bizarre me fait stopper net. Une chevrette m'observe à 5 mètres, contre la haie côté blé. Nous nous observons un instant sous la pluie puis je décide de continuer et casse ce tête à tête, la chevrette démarre et fonce dans le blé. Je longe le blé en bordure de la luzerne jusqu'au départ de la haie qui redescend vers la route. Je marque une pause pour observer le secteur quand j'aperçois une tête de chevreuil qui dépasse du blé, à plus de 300 mètres, sur la droite d'un petit bosquet qui s'avance dans le blé au bout de chemin de terre qui redescend à ma voiture. Je décide de longer la haie pour descendre vers le bois et mettre le bosquet entre moi et le chevreuil pour tenter de m'approcher sans être vu. Une fois caché, je descends dans le blé pour rejoindre la bordure du bosquet mais une chevrette se lève dans les céréales à environ 100 mètres devant moi. Elle détale en aboyant et fonce vers le bosquet au bout duquel se trouvait l'autre chevreuil. Mes chances d'approcher discrètement sont compromises. Je rejoins tout de même le bosquet et le contourne par la gauche, par un passage entre le bois et le bosquet. Je remonte ensuite le long du bosquet et tombe sur la chevrette dans le blé. Elle regarde vers moi puis détale. Je remonte doucement au bout du bosquet sans y croire mais le chevreuil a disparu.

La luminosité baisse, il est temps de tenter de retrouver mon brocard. Je repars vers le blé au travers des vignes. Du haut de la parcelle, j'aperçois un chevreuil au gagnage dans les céréales sur la gauche de la parcelle près de la route. Il est à plusieurs centaines de mètres et je ne sais pas s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je décide de tenter l'approche. Il se dirige vers la plantation d'arbres, je descends le long de la vigne. Arrivé au coin de cette dernière, j'observe un peu le chevreuil qui avance toujours tranquillement en mangeant. Il est calme, je presse le pas pour rejoindre un petit arbre dans la friche. Je n'ai pas été repéré, j'avance ainsi d'arbre en arbre, restant immobile dès que le chevreuil relève la tête. Il n'est maintenant plus qu'à 150 mètres, à sa carrure, c'est sûr qu'il ne s'agit pas d'un beau brocard. Je décide de laisser tomber et rejoins le fossé qui borde le blé. Le chevreuil relève la tête et me regarde m'éloigner. Je retourne au bord du bois où s'était couché le brocard. Il reste juste un peu de sang délavé au fond de sa couche. Je descends dans le fossé et rentre dans le bois très dense par une coulée en tunnel qui s'enfonce dans les ronces au milieu des petits frênes très denses. J'allume ma frontale pour tenter de trouver du sang. J'aperçois un petit frotté de sang lessivé sur un arbuste. Le sous-bois est parcouru de très nombreuses coulées en tunnel qui se croisent dans la végétation. Je progresse très lentement à 4 pattes avec mon arc tout en cherchant les traces de sang. Je dois souvent contrôler plusieurs coulées sur quelques mètres pour trouver un nouvel indice. Le sang est souvent très difficile à voir car la pluie l'a partiellement ou presque totalement lavé. Un peu de végétation couchée, une branche cassée, une empreinte au sol... M'aident parfois un peu à prendre la bonne direction. Après environ 30 minutes de recherche où je n'ai pas fait plus de 35 mètres, la nuit s'est installée et une respiration très forte se fait entendre. J'éclaire autour de moi quand j'aperçois 2 yeux qui brillent dans l'obscurité, dans le faisceau de ma lampe. Mon chevreuil est couché à environ 10 mètres au milieu des arbustes. Je peine à le distinguer et je n'ai aucune fenêtre de tir. J'attends un instant sans bouger, il regarde vers moi et reste immobile, je décide de tenter de me rapprocher un peu. Sur ma gauche une petite zone plus dégagée de quelques mètres carrés pourra me permettre de me relever. J'avance tout doucement au travers des branches. Le chevreuil n'a pas bougé et respire toujours difficilement. Je me redresse doucement, je vois le chevreuil plus distinctement mais les branches encombrent ma trajectoire de tir. J'attends un peu, le chevreuil ne semble pas vouloir bouger. Je commence à casser doucement quelques branchettes devant moi. Je fais une pause de quelques secondes entre chacune. Le brocard ne bouge toujours pas, branche après branche, je finis par dégager une petite fenêtre de tir de 15 cm par 15 cm qui le donne accès à sa zone vitale. J'arme doucement mon arc et aligne ma visée sur son défaut d'épaule. La lueur de ma frontale projette l'ombre de mon arc sur le chevreuil et je peine un peu à bien ajuster ma visée avant de décocher. Un impact retentit mais impossible de voir ma flèche et le chevreuil n'a pas réagi. Je réencoche mais après quelques seconde il tend le museau au ciel, se raidit et sa tête retombe doucement au sol puis Il se met à se débattre coincé dans les arbustes. Je pose mon arc et le rejoins rapidement pour m'en saisir aux cas où il trouverait la force de repartir mais il s'immobilise rapidement. Je dégage ma flèche qui est pile au défaut de l'épaule. Je suis soulagé, cette année est vraiment particulière, c'est le 3ième animal à la suite qui nécessite une flèche d'achèvement. Ma première flèche était un peu trop en arrière, elle casse l'os du cuissot et ressort derrière le foie. J'appose le bracelet et lui rends les honneurs avant de ressortir du bois. Je suis trempé, il est temps de rentrer, j'attache les 4 pattes et charge mon chevreuil sur mon épaule pour le ramener près de la route avant de partir chercher ma voiture par la route pour revenir faire quelques photos souvenirs avant de rentrer.

Une belle approche sous l'orage, 17 juin 2021

Alex

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 09:36

Ce soir, je me gare au bord de la route puis commence par longer par la gauche d'une parcelle de blé prise entre la route et la rivière. J'avance doucement en surveillant les céréales, en arrivant au coin du blé, un petit mouvement attire mon attention. Un jeune lièvre arrive droit sur moi en longeant la culture et stoppe à environ 50 mètres. Je tente d'attraper mon appareil photo mais il aperçoit le mouvement et fait demi-tour avant de disparaître dans les céréales. Je rejoins le premier passage de tracteur et poursuis ma progression lente en surveillant le blé et les herbes hautes qui le séparent de la bande boisée bordant la rivière. Il fait encore très chaud ce soir, aucun animal ne semble bouger pour le moment. En arrivant à environ 80 mètres du chemin de terre surélevé qui vient de la route, sépare cette parcelle de blé de la suivante et traverse la rivière au niveau d'une vielle passerelle métallique, je me fais surprendre par le brocard du secteur qui se lève à 20 mètres de moi dans le blé. Je me baisse rapidement dans la culture. Il fonce vers le talus du chemin de terre, marque un arrêt pour regarder derrière lui puis remonte le talus en aboyant et disparaît derrière la bute du chemin. Je presse le pas jusqu'au chemin, longe un peu la bute sur ma droite pour rattraper un passage qui enjambe le fossé qui la borde et remonte sur le chemin. Je scrute un instant la parcelle de blé en contrebas sans rien voir. Je descends pour rattraper le passage de tracteur qui fait le tour de la parcelle et le longe tranquillement côté rivière. Le brocard s'est volatilisé, j'arrive près de la haie qui délimite la bordure des céréales et les séparent d'une grande prairie. Je remonte en la suivant vers la route. Alors que j'arrive à environ 100 mètres de la route, j'aperçois le brocard au travers de la haie, il fonce vers la route alors qu'une voiture arrive mais traverse heureusement juste avant l'arrivée de cette dernière qui freine tout de même en l'apercevant. Il longe le blé de l'autre côté de la route par la gauche, en bordure d'une prairie et je le perds de vue un peu plus haut. Je presse le pas et rejoins la route, la traverse et remonte dans le blé par le premier passage de tracteur. J'avance doucement en surveillant le secteur quand une chevrette démarre dans mon dos, sur ma droite et fonce dans le blé à grands bons. Les céréales sont tellement hautes que je ne la vois que par intermittence, à chaque bon. Elle s'arrête par moment et je la perds donc de vue. Je reprends ma progression pour rejoindre le haut du champ alors que la chevrette continue à s'éloigner en aboyant.

Je remonte tranquillement jusqu'en haut de la culture sans revoir le brocard. Je décide de faire le tour des parcelles de vignes du secteur. J'avance doucement sur la bande enherbée, prise entre la bande boisée qui délimite le territoire sur ma gauche et la vigne sur ma droite, en contrôlant les intervalles entre les rangs. Le relief ne me permet pas de voir d'un bord à l'autre de la vigne. Arrivé en haut de la vigne sans avoir vu le moindre chevreuil, je longe le haut de la parcelle puis redescends sur l'autre côté sans plus de succès. Alors que j'arrive au niveau des derniers rangs, j'aperçois un brocard qui regarde vers moi à environ 200 mètres entre 2 rangs. Je zoome avec mon appareil photo pour mieux le voir, c'est un petit daguet que je vois régulièrement sur le secteur. 

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Je reste immobile, calé au bout du rang pour me cacher derrière le feuillage de la vigne. Le temps passe sans qu'il ne se décide à bouger. L'approche est perdue d'avance, j'attends donc sans bouger en espérant qu'il fasse une erreur. Après plusieurs minutes, il finit par se mettre en mouvement, il se tourne plein profil et passe au travers du rang à sa gauche. Je me décale doucement au bout de ce rang, le brocard avance tranquillement et passe les rangs les uns après les autres en broutant par moment. Je le suis de bout de rang à bout de rang et il commence à biaiser vers mon côté de la vigne, je me dis que la chance va enfin me sourire mais le vent tourne, il finit par me repérer et s'enfuit pour disparaître rapidement dans la vigne.

Je redescends vers le grand champ de blé et prends à droite entre la vigne et les céréales. J'avance doucement en surveillant la culture quand un bruissement me fait stopper net. Je scrute la surface du blé quand j'aperçois un mouvement qui agite la culture à environ 15 mètres de la bordure, un peu plus en avant. L'animal semble venir vers moi mais la végétation est trop haute pour le voir. J'espère pouvoir le voir au moment où il croisera un passage de tracteur. L'animal qui baisait doucement vers moi en s'arrêtant régulièrement, biaise maintenant vers l'intérieur de la culture. Mes chances de l'avoir à portée de tir s'amenuisent, je le suis un peu au bord du blé puis décide de tenter de le recouper un peu plus loin. Le champ fait une bosse, je prends le pas de course sur environ 150 mètres et perds le mouvement de vu à cause du relief du terrain. Je rentre ensuite dans la culture et rattrape un passage de tracteur que je suis pour descendre dans la culture d'environ 100 mètres avant de me caler près du passage estimé de l'animal s'il a gardé la même direction. L'attente commence, après 2 ou 3 minutes sans rien voir, je me dis que l'animal peut être bifurqué. Je tente de m'avancer doucement vers sa dernière position connue en m'arrêtant tous les 2 pas pour observer. Brusquement, le blé bouge à environ 30  mètres devant moi, l'animal vient droit sur moi, il me faut reculer pour revenir dans le passage de tracteur si je veux avoir une chance de le voir. Revenu dans le passage de tracteur, j'ai 15 mètres de passage propre pour trier puis la végétation dense ne me permettra pas de voir l'animal. Ce dernier biaise doucement et arrive au passage de tracteur mais trop bas, je m'avance un peu mais il passe dans la zone de végétation dense, un second animal suit et passe au même endroit, impossible de les voir. J'avance en parallèle à environ 15 mètres d'eux en espérant les recouper aux prochains passages de tracteur mais j'arrive trop tard au passage suivant. Je m'apprête à rentrer à nouveau dans les céréales quand les animaux font demi-tour. J'aime mon arc mais ils viennent stopper un moment à environ 10 mètres ans le passage de tracteur sans que je puisse les voir et ils finissent par m'éventer ou me voir et foncent dans la culture. Je tente de les suivre pour aller les recouper plus loin en passant en dessous d'eux pour ne pas être éventé car le vent a tourné. J'arrive à suivre un moment le mouvement puis les perds de vue et impossible de les retrouver. En cherchant je lève 2 chevrettes qui détalent vers la vigne. Je décide de laisser tomber et remonte en bordure de la vigne puis prends à droite pour revenir vers les bâtiments quand j'aperçois un gros sanglier à plus de 300 mètres, sur le chemin blanc qui remonte vers les bâtiments, entre la parcelle de blé et celle d'orge.

Je presse le pas en revenant vers les bâtiments puis rentre dans le blé pour descendre par le premier passage de tracteur à environ 10 à 15 mètres du chemin. Le sanglier a disparu, je descends assez rapidement sur 100 mètres puis ralenti et stoppe régulièrement pour regarder autour de moi, je ne sais plus où se trouvait le sanglier maintenant que je suis descendu. Brusquement, je l'aperçois à nouveau, il doit faire au moins 80 kg, il mange de l'orge de 3/4 arrière, de l'autre côté du chemin à environ 30 mètres. Je me baisser dans le blé, accroche mon décocheur et tente de me rapprocher un peu mais le sanglier se retourne et regarde vers moi. Je suis immobile, baissé, il s'avance doucement, curieux vers moi et je le perds de vue quand il arrive contre le blé. J'attends immobile en surveillant autour de moi, rapidement, le blé se met à bouger à environ 20 mètres, près du chemin. Le mouvement vient vers le passage de tracteur. Il y a 2 ou 3 animaux. Je m'avance doucement pour me rapprocher de l'endroit où je pense les voir croiser le passage de tracteur et me cale prêt à armer. Les animaux approchent doucement, j'aime mon arc alors qu'ils ne sont plus qu'à quelques mètres. Le premier sanglier stoppe dans le passage, à 8 mètres, plein travers, il est dégagé du groin à l'épaule. J'aligne rapidement ma visée et décoche. L'impact retentit, les 3 sangliers démarrent en trombe et foncent dans le blé sur ma droite. Mon sanglier s'est écarté des 2 autres en remontant légèrement et a stoppé à environ 60 mètres.

Je réencoche et reste un moment immobile en espérant voir un autre sanglier mais les minutes passent et rien ne bouge. Je m'avance donc pour aller chercher ma flèche. J'avance tranquillement dans le passage quand un sanglier démarre à environ 15 mètres devant moi, dans le blé sur la gauche du passage. Il fonce en parallèle du chemin sur environ 30 mètres, stoppe un court instant puis prend à droite et redémarre pour s'éloigner dans le blé après avoir traversé le passage de tracteur d'un bon. Je récupère ma flèche puis cherche le sang. Je trouve vite les premières gouttes. La piste est abondante et facile à suivre. La luminosité baisse vite et j'allume ma frontale pour suivre le sang plus confortablement. Alors que j'ai fait environ la moitié du chemin jusqu'à l'endroit où j'ai vu le sanglier s'arrêter, il me semble entendre une respiration forte et des grondements sourds. Je stoppe pour tendre l'oreille, cela vient de l'endroit où le sanglier s'est arrêté. Mon sanglier n'est pas mort. Un bruissement dans mon dos me fait me retourner, plusieurs sangliers arrivent vers moi dans le blé. J'éteins ma frontale et accroche mon décocheur. Ils biaisent pour passer à environ 15 mètres, un peu plus bas. Je m'avance doucement pour me rapprocher de leur trajectoire mais le passage de tracteur est encombré par la végétation et je ne peux que voir bouger le blé quand ils passent à quelques mètres de moi. Je rallume ma frontale, reviens au dernier sang et écoute mon sanglier qui grogne toujours en respirant péniblement. Après un moment, un bruissement dans mon dos me fait tourner la tête. Un autre sanglier arrive droit sur moi. J'éteins à nouveau ma frontale, accroche mon décocheur et le laisse venir. Il zigzague un peu en avançant doucement. Il n'est plus qu'à 6 ou 7 mètres et semble hésiter, il va et vient de droite à gauche. Il a dû tomber sur mon odeur et celle du sang, il finit par s'éloigner en remontant dans la culture. La nuit sera vite là, je décide de tenter d'approcher mon sanglier pour en finir avant qu'il fasse trop sombre car il ne semble pas vouloir mourir. J'avance tout doucement en suivant le sang à la lueur de ma frontale. Un trou dans le blé se dessine à environ 15 mètres et le sang se dirige droit vers cet endroit. Le souffle pénible du sanglier se fait de plus en plus présent, j'avance très lentement, décocheur accroché et arrive au ras du trou dans le blé. Mon sanglier est couché de cul sous une grosse touffe d'herbes hautes qui retombent sur lui. Je de vois que son postérieur et devine difficilement son groin. Faire un tir propre est compliqué. Je me tiens prêt à armer et reste immobile près de lui. Le vent est bon, il ne me sent pas. Au bout d'un moment, il se redresse sur ses pattes avant et se recouche, ce qui me permet de bien localiser son épaule. Il a repoussé un peu la végétation et sa zone vitale est visible. J'arme doucement, me décale un peu sur la gauche pour pouvoir tirer en 3/4 arrière, aligne ma visée et décoche. La flèche est rentrée au défaut de l'épaule. Il se redresse d'un bon et tente de fuir mais retombe à 2 mètres dans le blé où il se débat un court instant avant de s'immobiliser. Je m'avance pour dégager ma flèche qui est restée en travers, ressortant dans la gorge. Elle n'est pas cassée, j'ai eu de la chance. Ma première flèche est au niveau du cœur mais l'os de la patte l'a déviée vers l'avant et elle passe juste devant le cœur sans le toucher. Après quelques photos souvenirs, il est temps de rentrer car la nuit m'enveloppe.

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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