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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 13:21

Ce matin, c'est la dernière battue de la saison sur Justian. Rendez-vous est pris à 8h30 à la salle des chasseurs de Lagardère. Le jour se levant vers 7h30, je décide d'aller faire un tour à l'approche avant de me rendre au rendez-vous. En venant de Vic Fezensac, je passe l'embranchement de Justian et poursuis ma route. Un peu plus loin, j'aperçois, sur la gauche de la route une masse rousse compacte sur la gauche d'un petit pré en bordure d'un petit bois de sapins à environ 50 mètres de la route. Je poursuis ma route et fait demi-tour un peu plus loin. Je repasse devant le petit pré, la masse rousse se déploie. C'est un beau renard qui fonce vers les sapins, sur la gauche du pré, sans attendre que je ralentisse.

Je refais demi-tour un peu plus loin et, en repassant devant le pré, j'aperçois cette fois-ci une grosse chevrette qui longe une bande étroite de sapin sur la droite du pré. Je pars me garer un peu plus loin, attrape mon arc et me dirige vers l'angle de la bande de sapins qui se termine au ras du fossé de la route côté pré. Malgré mes précautions pour approcher sans bruit, la chevrette m'a entendu et regarde vers l'angle des sapins. Je me fige et attends un moment sans bouger puis tente quelques appels de Butollo mais elle ne bouge pas. J'insiste un peu mais impossible de la faire venir.

Une impression bizarre me fait tourner la tête vers l'autre côté de la route. Un autre chevreuil est planté à environ 90 mètres au milieu de la peupleraie et m'observe. La chevrette finit par s'enfuit et rentrer dans la bande de sapins puis le second chevreuil s'enfuit en aboyant.

Je tente alors des cris de souris en posant mes lèvres sur le dos de ma main mais le renard ne venant pas, je retourne à ma voiture et poursuis ma route vers Bourras (secteur où nous faisons chaque année notre battue avec les archers). J'aperçois un très gros ragondin au bord de l'Osse au niveau du carrefour de Roques mais, l'approche est compliquée, le champ arboré est partiellement inondé. Je décide de poursuivre ma route et pars me garer au départ du chemin de terre qui traverse l'Osse en face de Bourras.

Je laisse ma voiture, traverse l'Osse puis un champ étroit et commence à longer la vielle Osse. Pas de ragondin ce matin, j'arrive au niveau de la petite passerelle qui traverse le cours d'eau et rejoint une vielle palombière au milieu d'une bande de bois étroite. Je traverse la bande de bois puis la longe vers la droite, passe un petit ruisseau rejoignant la vielle Osse et bordé d'une haie épaisse, au niveau d'un passage busé. Du bout de la haie, j'observe le grand champ de l'autre côté du ruisseau et aperçois 3 chevreuils à 150 mètres environ sur ma gauche.

Je repasse derrière la haie et la longe pour rejoindre le grand bois près duquel broutent les chevreuils dans le semé de blé. Je rentre dans le bois par une grosse coulée. Le bruit d'eau du ruisseau chargé par les fortes pluies couvre un peu le bruit de ma progression. Je biaise pour ressortir du bois sur un chemin de terre bordé, côté champ, par un talus que je pense longer pour poursuivre mon approche mais les chevreuils encore à 50 mètres et en surplomb de ma position vont me voir si je m'avance car le talus s’amenuise jusqu'à disparaître à 40 mètres environ. J'observe donc les 3 animaux un moment et constate qu'il s'agit de 3 brocards en velours, 2 très gros avec de magnifique bois dépassant allègrement les oreilles et d'un jeune brocard à peine coiffé.

Je sais que j'ai peu de chance de les faire venir mais je tente tout de même quelques coups de Butollo et quelques aboiements mais les animaux d'abord indifférents finissent par rentrer au bois.

Il est 8 heures passé, je retourne à ma voiture et pars pour le rendez-vous à Lagardère. En route, j'aperçois encore un très beau brocard. Après un petit déjeuner copieux et les consignes du jour nous partons nous poster. Nous pouvons tirer le chevreuil pour ceux qui ont encore un bracelet, c'est mon cas, le sanglier et le renard. Je pars avec un autre chasseur pour rejoindre le chemin de terre parallèle à l'Osse qui part de Justian pour rejoindre le bas de Roques.

Nous allons encercler une friche partiellement boisée et j'ai pour consigne de me poster sur l'angle gauche coté chemin de terre. Nous nous garons près d'une habitation, au départ du chemin de terre, je pars à pied et me serre pour laisser passer le gros 4x4 des marseillais qui vont se poster en dessous de moi sur le chemin. A 200 mètres environ, je quitte le chemin et biaise pour rejoindre le bord de la zone boisée de la friche où je vais me poster. Les marseillais qui viennent de se garer donnent déjà de la voix et m'interpellent en criant pour savoir si d'autres personnes vont se poster à 90° de leur ligne, obligé de répondre à voix haute, à cause de la distance, je leur réponds que oui. "En voilà 3 qui ont bien écouté les consignes". Moi qui voulais me poster discrètement, c'est raté.

Je remonte par une grosse coulée et commence à chercher un poste mais le relief et la végétation ne me permettront pas d'anticiper  sur l'arrivée du gibier et je tâtonne un instant pour me trouver un poste au pied d'un gros buisson me donnant suffisamment de champ de vue tout en me camouflant suffisamment. Entre temps, le raffut des marseillais, qui n'arrêtent pas de discuter au lieu de se poster, fait démarrer une chevrette d'une bande boisée un peu plus loin et, vu qu'ils ne sont pas prêts, elle leur passe à portée de tir sans être inquiétée pour rejoindre le bois des Arroques un peu plus loin. Je bous intérieurement quand maintenant plusieurs sangliers se débinent. Je ne les vois pas mais j'entends les marseillais commenter leur fuite. Mais où est le bouton off ?

Le calme finit par s'installer puis les traqueurs arrivent rapidement avec les chiens à environ 300 mètres devant moi. Les chiens donnent quelques coups de gueules sans conviction. Le temps passe quand, tout en coup, un cri retentit : "sanglier". Ce cri est suivit d'un coup de feu puis de nouveaux cris.

Je tente d'apercevoir le ou les animaux mais trop tard, les teckels passent déjà en aboyant en longeant le ruisseau, en bas, dans la vallée. 2 coups de feu déchirent l'air et interrompent la poursuite. Une grosse laie d'environ 70 kg vient de tomber. Les teckels arrivés à la mort pillent un moment l'animal et mettent un moment à repartir à l'encontre des traqueurs qui les appellent. Tout ce petit monde monte à travers le semé de blé pour rentrer dans la friche à 150 mètres sur ma droite. Je ne suis plus bien posté et me décale derrière des buissons noirs. Une grosse bute couverte de buissons noirs et fendue par une grosse coulée me cache la chasse. Au bout d'un moment, les chiens surgissent au sommet de la bute en me faisant sursauter, heureusement qu'il ne s'agissait pas d'un gibier tirable car j'étais très loin d'être prêt.

Les traqueurs arrivent et sonnent la fin de traque, je redescends avec eux vers le chemin de terre. Les chasseurs se rassemblent au bout du chemin de terre en attendant les marseillais qui sont partis chercher le sanglier avec leur 4x4.

Nous allons chasser maintenant dans une ancienne peupleraie. Une ligne de chasseurs ferme la route qui traverse l'Osse, mon poste est comme d'habitude, dans la traque. Je longe l'Osse sur environ 100 mètres et passe, par une grosse coulée très fréquentée par toutes sortes d'animaux, un fossé qui se jette dans le cours d'eau. Des traces fraîches de renards, blaireaux, chevreuils et sangliers me font penser que le poste qu'on m'a attribué n'est pas mauvais. Je n'ai jamais chassé ce secteur et ne connais pas du tout mon poste. Une grosse haie longe le fossé et s'interrompt à quelques mètres de la rivière qui est bordée de quelques arbres. Après quelques hésitations, je décide de me poster au milieu de quelques arbres. Je casse quelques branches pour dégager mes angles de tir et dégage le sol à mes pieds puis l'attente commence.

Devant moi, des lignes d'arbres et arbustes reliés par des herbes hautes et sèches, s'étendent jusqu'à un bosquet à 100 mètres environ.

Battue à Justian, 23 février 2014

Les chiens se font vite entendre, des geais s'affolent et se dispersent dans la traque. Le calme revient un instant puis les chiens lancent. A nouveau, les geais s'affolent et volent en tous sens en poussant leurs cris. Les coups de feu commencent à claquer, mon décocheur est accroché, je suis prêt à armer. Des merles surgissent sur ma droite et passent devant moi à toute allure, je comprends que la menée vient vers moi. Un coup de feu claque et un sanglier surgit d'où venaient les merles. Il court en longeant la rivière sur une bande enherbée qui passe juste devant moi pour rejoindre la coulée qui traverse le fossé. J'arme mon arc et le laisse venir pour le tirer au trot à environ 5 mètres. J'aperçois ma flèche traverser le sanglier trop en arrière, devant les cuissots, un peu haute. Le sanglier bifurque à l'impact et baise pour rejoindre le bord de la haie qu'il longe sur 15 mètres environ avant de la traverser.

Je m'attends à entendre des coups de feu sur la ligne au niveau de la route mais rien. Un teckel arrive en donnant de la voie et prends la trace du sanglier mais continue de mon côté de la haie pour se mettre au ferme à 45 mètres environ. Sachant que ma flèche n'est pas bien placée, je quitte vite mon poste pour aller achever le sanglier pour éviter qu'il ne blesse le chien. Je cours vers le teckel qui est ressorti de la haie pour aboyer sur place en hésitant à rentrer dans la haie. Quand j'arrive sur place, je constate que mon sanglier est presque mort, il se débat encore un peu sur le flanc et le temps d'attraper mon couteau pour l'achever, il a rendu l'âme. Le teckel, rassuré par ma présence, se jette sur mon sanglier alors que je le tire par une patte pour le sortir des épines.

Ma flèche a en fait sectionné l'artère sous colonne au niveau des reins, c'est une petite femelle de 45 kg environ, je n'avais fléché que des mâles cette année. Un autre teckel arrive avec un des traqueurs puis le second traqueur arrive. C'est la fin de la battue. Les chiens pillent mon sanglier. Je les laisse faire un peu puis je tire mon sanglier vers mon poste et cherche ma flèche que je trouve fichée au sol, maculée de sang.

Battue à Justian, 23 février 2014

Je la remets au carquois puis tire mon sanglier jusqu'à la route. Les chasseurs m'expliquent qu'ils ont vu sortir mon sanglier couvert de sang, il a fait moins de 20 mètres vers eux puis a fait demi-tour pour revenir dans la haie où je l'ai retrouvé.

Un autre sanglier a été blessé. Je pars chercher Hémo pour faire la recherche mais  mon arrivée le sanglier a déjà été retrouvé et achevé. Cette matinée s'achève sur un joli tableau de 3 sangliers. 

Battue à Justian, 23 février 2014

Alex

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 21:54

Ce soir, je pars chasser sur Traversères pour tenter de flécher un sanglier, mes invités de la semaine dernière ont eu des presque-occasions mais n'ont pas pu flécher de sanglier. En arrivant, je me gare près de la ferme du haut de mon territoire puis pars pour mon poste un peu plus loin en bordure de la coupe de bois où j'ai déjà fléché un sanglier cette saison, je sais que périodiquement un sanglier, que je juge à 70 kg environ vu son pied, passe régulièrement à ce poste. Un beau brocard broute tranquillement en bordure du bois en forme de U, devant moi, sur ma gauche. Je tente une approche pour le fun, je profite de la crête au milieu du pré pour avancer à couvert jusqu'au fond du U puis je tente de m'approcher en longeant le bois mais le brocard détale à 50 mètres devant moi et rentre au bois. Je pars pour mon poste, ce soir, le goudron n'a pas été frotté comme d'ailleurs depuis une semaine. Je me poste un petit moment mais décide finalement de partir chasser à l'approche car le vent fort qui ne m'est pas très favorable à ce poste, peu me permettre d'approcher un animal.

Je ressors du bois sur le pré, le traverse et descends dans la combe en dessous du bois pour le longer doucement en m'arrêtant régulièrement pour écouter. Je ne suis pas à bon vent jusqu'au moment où je reviens en longeant l'autre côté du U. Je progresse toujours en m'arrêtant régulièrement pour écouter alors que la luminosité baisse rapidement. Tout à coup, il me semble entendre des couinements de marcassins. Je me fige et écoute mais plus rien, je m'avance encore un peu vers une remise d'où j'ai vu sortir les sangliers en début de saison.

Un grognement retentit dans le sale à environ 50 mètres devant moi, je me rapproche doucement et me cale derrière un genet près de la remise. A peine en place, les épines noires et les genets se mettent à craquer, les sangliers émettent de petits couinements, sortent sur le pré à environ 15 mètres devant moi et biaisent pour venir vers un pied d'aubépine à un peu moins de 10 mètres.  J'en compte 7. J'arme et vise un premier petit sanglier mais il se tourne de cul, un autre sanglier de la même taille arrive et s'arrête derrière le premier, je prends la visée et décoche mais au même moment 2 autres sangliers s'alignent derrière celui que je viens de tirer.

Ma flèche frappe violemment le sanglier, tout ce petit monde démarre en trombe, tous remontent vers la remise alors que le petit sanglier touché tombe à 2 mètres derrière l'aubépine et se débat au sol avec ma flèche en travers en couinant. 2 de ses frères ou sœurs reviennent vers lui et se plante de face à une vingtaine de mètres. La nuit tombe doucement alors que mon sanglier finit par s'immobiliser. Les 2 petits sangliers finissent par repartir à couvert.

Les genets craquent de toutes part un peu plus haut, je trente une approche. Des gros sangliers sortent à 30 mètres environ devant moi mais je n'y vois plus très bien et les animaux grognent et soufflent avant de s'éloigner et de revenir à couvert. La nuit est tombée complètement. Je pars chercher mon petit sanglier. Il a cassé ma flèche et tombant, elle a presque entièrement traversé, seul l'empennage retient encore la flèche dans son corps.

 Je suis alors pris d'un gros doute, est-ce le sanglier que je tirais ou en ai-je touché 2 ? Plusieurs gros sangliers sortent du bois d'en face et le longe pour rerentrer à couvert éclairés par le clair de lune. Une grosse traînée de sang part de l'impact jusqu'au sanglier mort mais je ne trouve pas d'autre départ de piste de sang. Je cherche un peu puis récupère ma flèche et mon sanglier avant de rentrer à ma voiture.

En arrivant chez moi, je n'ai pas la conscience tranquille, je reviens donc sur place avec ma frontale puissante achetée pour la Guyane et reprends mes recherches mais pas la moindre goutte de sang. Je me dis donc que je n'ai fléché qu'un seul sanglier et je rentre m'occuper de celui que j'ai fléché. Ma flèche lui casse les 2 épaules et touche légèrement le dessous de la colonne vertébrale sans toucher les poumons. Je visais un peu plus en arrière mais le résultat est là.

Une petite bête rousse à l'approche, 15 janvier 2014

Alex

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 19:54

Ce soir, en sortant du boulot, je décide d'aller chasser à Traversères, je n'ai que très peu de temps pour chasser car il fera vite nuit. Je viens de tourner vers Sansan quand j'aperçois un gros sanglier qui arrive au galop par ma droite en longeant le Gers, il traverse la route à 40 mètres devant ma voiture juste avant le pont qui enjambe le Gers puis fonce dans la peupleraie en biaisant comme s'il voulait traverser la rivière. Je profite de l'arrivée d'une voiture en face sur le pont qui ne permet le passage que d'un véhicule à la fois pour m'arrêter et l'observer s'éloigner. La voiture passée, je reprends la route, passe le pont puis arrive sur un Té et prends à gauche vers Traversères tout en surveillant les champs au cas où le sanglier aurait traversé le Gers mais rien. Je me dépêche un peu. Arrivé à la ferme, je me gare, me change rapidement, garde mes chaussures de ville pour gagner un peu de temps, attrape mon arc et pars au pas de course vers le ruisseau du déversoir du lac situé un peu plus loin à ma droite.

Je passe une bande boisée, traverse le ruisseau puis rejoints, au travers d'un passage girobroyé dans les genets, un chemin de terre qui longe au pied d'un penchant boisé, un peu plus loin, je quitte le chemin et remonte le penchant boisé par une grosse coulée qui biaise vers un chemin de terre qui passe à mi-pente. Malgré le bruit de mes pas sur les feuilles mortes, je presse le pas et arrive au chemin de terre au niveau d'un grand carrefour de coulée où j'ai mis du goudron sur les arbres. Ils ont tous été frottés quelques jours en arrière. Je remets rapidement un peu de goudron puis me poste au pied d'un chêne, derrière un petit genévrier.

Je suis à peine posté qu'un sanglier souffle au loin en dessous du chemin. Rapidement un animal descend le coteau derrière moi. Un gros genévrier sur ma droite me cache l'animal. Je me tourne doucement en essayant de ne pas faire trop de bruit dans les feuilles mortes. Le bruit de pas stoppe net. Je me tiens prêt mais rien ne vient. Un bruit de pas et des craquements se rapprochent rapidement dans mon dos en dessous du chemin, je me retourne doucement et surveille une zone d'herbes hautes sèches qui dégage la vue sur 15 mètres environ en dessous du chemin. Le bruit s'éloigne sans que je puisse voir l'animal.

Le bruit reprend dans mon dos et arrive sur moi. Je me retourne à nouveau. Le bruit arrive derrière le gros genévrier, j'arme mon arc, un beau ragot stoppe, plein travers, à 10 mètres environ un peu au-dessus de moi. Je prends rapidement la visée et décoche, mon encoche lumineuse disparaît basse au niveau de la patte avant de l'animal. A l'impact, le sanglier couine et démarre, fait environ 15 mètres et bifurque comme pour remonter le coteau pour s'effondrer sur place. Il se débat un peu sur place puis le calme revient. J'attends un peu puis pars chercher mon sanglier dans la nuit noire qui s'est installée.

Ma flèche rentre au niveau du coude et ressort un peu plus haut dans la patte opposée. Je récupère ma flèche couverte de sang et plantée au sol juste à 2 mètres de la zone d'impact. J'éteints mon encoche puis je rentre en traînant mon sanglier. Ce vendredi 13 m'aura souri, la chasse aura duré moins longtemps que le retour à la voiture. Ma flèche a sectionné les gros vaisseaux au-dessus du cœur. 

Le sanglier du vendredi 13 décembre 2013

Alex

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 20:18

Ce soir, après une petite séance d'entrainement sur cible, je décide d'aller faire un tour sur Traversères pour chasser le sanglier, cela fait 2 semaines que je n'y ai pas mis les pieds. J'arrive vers 15h45 près d'une habitation non occupée depuis plusieurs mois et me gare au bord de la route dans une friche. Je me prépare tranquillement puis pars en longeant la route vers l'habitation. Dans la combe en contrebas, les sangliers ont bien retourné le semé de blé depuis mon dernier passage, ils ne doivent pas être loin. Je longe l'habitation pour rejoindre une prairie bordée par un bois en forme de U ouvert vers la route. Je pars vers la gauche. Un gros massif de genets et d'épines précède le bois et couvre le penchant descendant à ma gauche, c'est une très bonne remise pour les sangliers surtout à cette saison car il est exposé au soleil le matin. Un chevreuil broute tranquillement dans la friche qui couvre le bas de la combe. Le vent est face à moi ce qui n'est pas très bon car je veux me poster un peu plus loin dans une coupe de bois à environ 70 m de la remise. Je me décale vers le milieu du pré pour m'éloigner du bord du bois et ne pas être repéré puis je reviens un peu plus loin vers le bois et rentre par une grosse coulée pour rejoindre mon poste. De nombreux coups de nez de petits sangliers marquent le sol

En descendant, je constate que le goudron que j'ai mis il y a 3 semaines a été frotté de très frais, des coups de dent marquent l'écorce des petits chênes, les pieds d'un sanglier d'environ 50 kg semblent partir vers le fond du bois mais quelques traces partent vers la remise. Je remets un peu de goudron aux endroits frottés puis descends un peu plus bas pour me poster. La coupe de bois a quelques années et tous les arbres n'ont pas été ramassés, les ronces ont repoussé par-dessus et limitent la visibilité

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

mais le débardage de quelques arbres cette année a créé 2 passages assez propres de chaque côté de la coupe. Je me poste au bord du plus éloigné de la remise aux pieds de quelques chênes. Je dégage mes angles de tirs en coupant quelques petites branches gênantes. Je teste l'armement de mon arc puis enlève mon carquois que je pose au sol en appui contre un arbre avant d'accrocher mon arc contre le tronc d'un chêne à une petite branche coupée à 15 cm du tronc et effeuillée.

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

Je nettoie le sol à mes pieds pour enlever toutes les brindilles ou les feuilles qui pourraient faire du bruit s'il me faut bouger. Cette fois, je suis prêt, il est 16h10. Je contrôle le vent, il descend vers le fond de la coupe, je suis donc à bon vent si les sangliers arrivent face à moi ou dans mon dos. L'attente commence. 

Au-dessus de moi passent de grosses coulées dans une bande de bois non exploitée qui longe le pré à 20 mètres environ,

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

au-dessous de moi le passage de débardage me donne environ 20 mètres de visibilité. Les geais s'affolent dans mon dos. Je me retourne et me prépare. J'attrape mon arc mais les geais s'éloignent et le calme revient. C'est maintenant sur le penchant opposé que les geais s'affolent, les vaches traversent le bois pour rejoindre le pré en crête près du petit cimetière et sa chapelle. Un bruit d'eau vient de la mare au pied du bois dans la prairie du fond de combe en dehors du territoire que je peux chasser. Les chênes non coupés me cachent cette mare où se souillent souvent les sangliers. Au bout d'un bon moment, le calme revient. Je raccroche mon arc sur l'arbre. Je contrôle régulièrement le vent qui reste constant et toujours bon pour moi. 

Un pic épeiche vient troubler la quiétude du bois et frappe sur les troncs entre 2 vols bruyants accompagnés de cris puis vient se poser au sommet d'un chêne au-dessus de moi et commence à pousser ces cris sans s'arrêter pendant plusieurs minutes. Le calme revient enfin, le beau soleil de cette après-midi descend doucement. La fraîcheur s’installe tranquillement. Vers 17h10, un bruit en face de moi me fait attraper mon arc, une branche craque dans le bois en bordure de la coupe puis un bruit de pas se rapproche. Mon cœur s'affole, chose que je ne connais que très rarement à l'approche, je me calme un peu et me prépare mais un souffle puissant retentit puis les craquements descendent doucement vers le bas du bois avant de s'arrêter. Je contrôle le vent, il est toujours bon, le sanglier n'a pas pu me sentir.

Je tends l'oreille, de nouveaux craquements se font entendre mais cette fois plus haut dans le bois, le bruit se rapproche, à nouveau mon cœur s'emballe un peu mais je me calme rapidement. Le pas se rapproche, l'animal très bruyant semble vouloir longer le haut du bois au-dessus de la coupe. Je finis par l'apercevoir, c'est un sanglier d'environ 50 kg il avance doucement en fouillant les feuilles mortes du sol. Il marque un temps d'arrêt pour fouiller le sol à environ 18 mètres de 3/4 face puis recommence à avancer, il est partiellement masqué par la végétation. J'arme mon arc mais le sanglier fait demi-tour tout en fouillant le sol et semble repartir d'où il vient. Je désarme, je le perds un moment de vue alors qu'il descend vers la coupe mais je suis sa progression bruyante à l'oreille.

Il finit rapidement par réapparaître. Il arrive maintenant d'un pas tranquille en longeant les ronces du bord de la coupe et revient vers moi. Je réarme doucement mon arc et le laisse venir, j'aligne ma visée alors qu'il se présente à découvert de 3/4 face, il avance encore un peu et se présente presque plein travers à 8 mètres, ma visée se cale sur le défaut de son épaule, je décoche. Je vois mon encoche lumineuse (je teste actuellement mes encoches lumineuses pour la Guyane car je ne chasse habituellement pas avec ce dispositif) traverser l'animal qui démarre en trombe. Le bruit de l'impact est caractéristique d'une flèche de coffre mais il m'a semblé voir ma flèche un peu en arrière. Mon encoche bleue me signale ma flèche fichée au sol. Le sanglier remonte le talus, fait un pause de quelques secondes sur un replat au-dessus de moi et se met à souffler bruyamment puis il prend la descente, je le suis des yeux jusqu'à le perdre de vue en sous-bois, je le suis encore un peu à l'oreille puis le calme revient. Je reste un moment à mon poste au cas où un autre animal arriverait et pour laisser le temps à l’hémorragie de se faire.

Après une petite attente immobile, je décide d'aller contrôler mon tir avant que la nuit ne s'installe, je remets mon carquois sur l'arc. Ma flèche est couverte de sang, je la remets sur le carquois puis tente de trouver du sang au sol mais sans succès. Je décide d'aller voir directement à 10 mètres où le sanglier s'est arrêté avant de prendre la descente. Je trouve du sang, quelques grosses gouttes et commence à les suivre mais rapidement le sang me fait défaut, dans la pente les feuilles mortes et l'humus sont retournés ce qui indique que le sanglier a dû passer par là je prends la coulée et retrouve du sang un peu plus loin au pied du talus. Le sang n'est pas très abondant, et descend doucement en biaisant à peine sur la courbe de niveau. J'avance doucement et la nuit tombe, je dois allumer la lampe de mon portable pour suivre la piste, des ronces et petits balivots couchés et tirés sont couvert de sang, la piste se ponctue maintenant de grosses taches de sang reliées par de grosses gouttes et redescend droit vers le pré en contrebas, il semble que le sanglier ait heurté plusieurs arbres maculés de sang. La piste bifurque à gauche comme pour revenir vers la remise puis je le retrouve à environ 10 mètres couché sur le flanc orienté comme s'il voulait s'éloigner à nouveau de la remise. Ma flèche rentre pile au défaut de l'épaule et ressort un peu plus bas de quelques centimètres et en arrière des côtes, je touche les 2 poumons au-dessus du cœur et le foie, il a fait environ 50 ou 60 mètres. Il ne reste plus qu'à revenir à la voiture en tirant ce jeune sanglier mâle d'environ 50 kg.   

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

Alex

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:14

Aujourd'hui, la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère invite les archers, comme chaque année, pour une battue mixte (arc/arme à feu). J'étais chargé d'inviter les archers, 9 archers devaient venir mais 2 se désistent le matin même à cause de la pluie qui tombe depuis hier soir. Je me lève vers 5h30 pour aller faire le plein d'essence avant l'arrivée de Christophe qui doit me rejoindre chez moi. Il pleut des trombes d'eau, la journée s'annonce mal. Christophe arrive vers 6h50, nous partons pour rejoindre Manu qui nous attend sur la route à Saint Jean Poutge. Alors que je roule sur la N124, dans une côte à 3 voies, je passe en feux de croisement alors qu'une voiture arrive en face. Nous apercevons à peine le cul d'un chevreuil qui traverse juste au ras de mon pare-chocs et le temps de nous dire que nous sommes passés à 2 doigts de l'accident, un second chevreuil arrive droit dans ma portière, nous apercevons à peine sa tête puis un choc latéral impressionnant retentit. Je freine et fais demi-tour un peu plus loin mais pas de chevreuil sur la route ni sur le bas-côté, nous reprenons la route et retrouvons Manu à Saint Jean Poutge, je profite pour regarder ma voiture, la carrosserie est à peine enfoncée en bas de la portière arrière.

Nous poursuivons notre route pour retrouver les autres archers (Lucien, Vincent, Lionel et Gilles) qui nous attendent sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère. Le vent est toujours très fort mais la pluie s'est calmée. Nous partons à pied vers le rendez-vous de chasse dans les petites ruelles du village. Après un déjeuner et les consignes de sécurité, le carnet de battue complété, nous partons pour la première traque de la matinée. Je suis responsable des archers et c'est moi qui dois les poster. Nous allons chasser à "Bouras" sur la commune de Roques. Comme souvent, je me trompe de chemin en partant de Lagardère et fais un gros détour pour arriver à la zone de chasse. Les chasseurs au fusil sont déjà postés à notre arrivée. Je laisse 2 archers que le traqueur va se charger de poster en retour au départ de la traque, je pars en remontant la vielle Osse pour poster le reste des archers. Manu et Christophe prennent leurs postes habituels des années précédentes avant la peupleraie, je laisse ensuite Gilles au niveau d'un passage peu profond de l'ancienne rivière, dans la peupleraie, au bord du cours d'eau, juste en face de l'angle du bois que nous allons chasser. Je traverse la rivière avec Lionel puis le laisse au milieu de la largeur du bois, il rentre par une coulée et se poste dans le bois. Je prends le pas de course pour aller me poster au-dessus du bois au départ d'une haie épaisse qui part de la traque pour rejoindre un autre bois un peu plus haut. Je ne suis pas encore au poste que les premiers coups de feu résonnent. Je cours pour arriver au poste alors que les chiens poussent déjà.

Je me poste essoufflé alors que les chiens poussent en se rapprochant rapidement. Les traqueurs donnent de la voix, tout à coup des craquements se font entendre tout près, les teckels surgissent des épines et passent devant moi puis s'élancent dans le pré en donnant avant de rerentrer au bois. Les menées partent en tous sens dans le bois et quelques coups de feu résonnent. J'espère que les autres archers voient du gibier. Un des traqueurs suivi du conducteur de chien de sang, auquel je fais souvent appel, qui a été invité pour cette chasse, arrivent en suivant la bordure du bois, je les aperçois au travers de la haie au départ de laquelle je suis posté. Ils se rapprochent puis la traversent à 15 mètres dans mon dos, je me signale à vive voix pour être repéré au cas où. Le conducteur tient son herdale terrier en laisse. Ils s'arrêtent un peu plus loin alors que les chiens donnent dans le bois. Le vent souffle très fort et il est difficile de suivre la chasse à l'oreille à part les voix des chiens quand ils ne sont pas trop loin. Il semble qu'une autre équipe chasse dans mon dos, certainement Courensan.

Au bout d'un moment, la menée revient vers moi mais elle passe dans le sale à 20 mètres environ, j'aperçois à peine un chien. Le chevreuil va sortir du bois 40 mètres plus loin et être tiré par un  posté au fusil. Les voix des chiens se calment peu a peu puis au loin il me semble entendre les 3 coups de corne de fin de traque. Je tends l'oreille et réentends la sonnerie. J'appelle le traqueur qui me confirme la fin de chasse et me dit de rassembler les archers pour partir vers les silos à grains sur la route de Vic Fezensac juste un peu plus loin. Je me déposte rapidement et repars par où je suis venu pour déposter. Lionel a vu des chevreuils mais trop loin pour pouvoir décocher, Gilles a manqué un chevreuil qui a démarré au moment du tir, sa flèche a juste touché le sabot de l'animal, ce qui a tordu une des lames de sa flèche. Les autres archers n'ont rien vu. 3 chevreuils ont été tués par les postés au fusil mais aucun sanglier n'a été levé ce qui est très étonnant sur cette traque.

Nous reprenons les voitures et retrouvons les chasseurs près des silos. A peine arrivés, le président nous envoie nous poster autour d'un petit bosquet situé au milieu des vignes à 300 mètres environ de l'autre côté de la route. Je ne connais pas ce secteur que je n'ai jamais chassé. Les consignes sont simples, nous devons nous poster autour du bois, les fusils se posteront plus loin autour des vignes. Le propriétaire du secteur se plaint régulièrement de dégâts fait par les sangliers à ses plans de vignes, il semble que la bête noire raffole de la paraffine qui protège les greffons des plantons et arrache les plans pour s'en nourrir.

Nous prenons les voitures pour aller nous garer près de la ferme à 100 mètres environ du bosquet qui me semble maintenant minuscule, il fait à peu près 50 mètres de long par 30 de large. Un vent fort souffle de gauche à droite, ne voulant pas risquer de lever les animaux avant que les fusils ne soient en place, je décide de poster les archers avec le vent de face sur 3 côté du bois. Je laisse 2 archers en bas du bosquet où sortent de nombreuses coulées très marquées puis nous longeons une grosse haie, qui part rejoindre un autre bosquet un peu plus loin, en cherchant un passage pour la traverser et poster les 2 autres côtés du bois. Je finis par trouver un passage à 30 mètres environ du bois. Nous traversons donc la haie qui suit un fossé recouvert par la végétation arbustive. Une grosse coulée suit le fossé dans la haie. Je sens bien le poste et je m'y serais posté si j'avais été le seul archer. C'est Gilles qui va prendre ce poste. Manu et Christophe se postent en suivant.

Des coulées impressionnantes sortent du bois qui semble très épais, nous remontons avec Lucien pour chercher nos postes. Nous arrivons au coin du bois et faisons une pause pour voir où Lucien allait se poster quand nous apercevons 3 gros sangliers à quelques mètres de nous juste en bordure du bois. Le temps de réagir, les animaux font volte-face et se dispersent dans le bois. Je laisse Lucien se poster et parts en courant vers l'angle suivant. L'angle est assez clair sur quelques mètres et couvert de fougères, écrasées par le passage des animaux, qui bordent un énorme roncier impénétrable. Mais alors que je m'avance dans les fougères pour me poster, j'aperçois Lionel qui est monté se poster là alors que je le pensais sur le bas du bois. Je lui annonce que les sangliers sont dans le bois mais il ne comprend pas tout de suite et me parle d'une chevrette qu'il vient de voir sortir du bois. J'insiste en lui répétant que les sangliers sont dans le bois quand un gros sanglier d'environ 60 ou 70 kg surgit des ronces et nous passe juste à côté pour sortir du bois et s'élancer dans les vignes. Lionel décide de repartir rapidement se poster plus bas et je me poste rapidement en bordure du bois juste derrière un petit chêne penché qui retombe sur les fougères et les ronces.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je suis à peine posté que le piqueur arrive avec les chiens qui lancent immédiatement. La menée monte vers moi Le roncier se met à craquer, malgré le vent très fort j'entends le sanglier monté droit sur moi, j'arme mon arc en dirigeant la flèche vers le bas, le bruit se calme un moment, je décide de désarmer mais au même moment, un sanglier d'environ 60 kg surgit du roncier à 4 ou 5 mètres au même endroit que celui de tout à l'heure et fonce droit sur moi. Je tente d'armer mon arc rapidement mais il m'aperçois et bifurque à 90° sur ma gauche pour partir au trot vers l'angle du bois. J'ajuste ma visée rapidement et décoche alors qu'il est à environ 10 mètres mais je passe derrière et le sanglier sort dans la vigne et ralentit immédiatement avant de commencer à slalomer entre les pieds de vigne en redescendant dans mon dos vers la route.

Les chiens donnent toujours, au loin des coups de feu résonnent, je réencoche rapidement et me reconcentre. Assez rapidement une bagarre éclate dans les ronces, à nouveau le sanglier remonte vers moi mais plus à droite, pile derrière le chêne penché. Il arrive au ras du roncier avec les chiens au derrière, j'arme mon arc mais au moment de sortir il fait rageusement volte-face en grognant comme pour repousser les chiens puis il ne fait plus un bruit pendant un moment. Je désarme. Rapidement les ronces se mettent à bouger et à craquer, le sanglier biaise doucement comme pour sortir là où me sortent les 2 autres sangliers. Je réarme, une tête s'avance à découvert mais le sanglier reste en parti dans les ronces, j'aligne rapidement ma visée mais au moment où je décoche le sanglier redémarre et ma flèche passe à côté, je rage, c'était un cadeau. Mais en voyant le sanglier foncer dans les fougères suivi de 2 petits jaunes d'environ 10 kg et encore un peu rayés je constate qu'il s'agit d'une laie qui allaite encore. Bien que nous ayons comme consigne de tout tirer à cause des dégâts, je n'aurais pas été très fier d'afficher une belle laie aux tétines pleines au tableau.

Je regarde s'éloigner la laie et un petit dans la vigne tout en réencochant. A nouveau des coups de feu sur la ligne un peu plus loin. Les chiens donnent toujours, au bout d'un moment le roncier se remet à bouger, je réarme mais le sanglier finit par sortir à 30 mètres environ vers le fond du bois et fonce à travers la vigne. Je désarme. Il fait environ 50 kg, un petit moment plus tard, un coup de feu résonne sur la ligne, le sanglier a été tué. Les chiens n'ont pas suivi et donnent toujours, tout à coup, une petite silhouette jaune se débine furtivement dans les ronces sur ma droite, j'aperçois une petite queue dressée entre 2 fougères. J'arme l'arc et aligne ma visée alors que le petit sanglier d'une dizaine de kilogrammes surgit de derrière le petit chêne, je le tire de 3/4 arrière à moins de 3 mètres sur ma gauche alors qu'il passe au trot mais je passe dessous et le manque. Je ne le vois pas sortir du bois.

Les chiens donnent toujours et je réencoche mais au bout d'un petit moment la menée s'éloigne. Je pars rapidement tenter de retrouver mes flèches mais ne retrouve que la dernière qui ne porte aucune trace suspecte. Je confirme donc mon impression, j'ai manqué. Il ne me reste que 2 lames neuves au carquois. Je reprends mon poste et réencoche. Au bout d'un petit moment les teckels reviennent à la charge dans le roncier devant moi. Les traqueurs font le tour du bois et arrivent dans mon dos. Le conducteur de chien de sang qui les suit a semble t-il tiré un sanglier à la sortie du bois à les entendre discuter et ce dernier vient se poster juste derrière moi au bord du bois derrière un gros chêne alors que les carabines étaient sensées rester loin de la traque. De plus, il a lâché son herdale qui passe et repasse devant moi en suivant, de l'extérieur, les chiens qui poussent dans les ronces. Cette situation m'énerve un peu mais je reste calme et garde mon poste comme si de rien n'était.

Une grosse bagarre éclate dans le roncier à moins de 10 mètres, le sanglier grogne, souffle et charge les chiens. Les ronces craquent et s'agitent de façon impressionnante. Le sanglier, un beau ragot d'environ 90 kg finit par sortir sur ma droite des ronces et longe au pas entre le roncier et les fougères. J'arme mon arc et le suis, une branche m'empêche de décocher puis le chêne, le sanglier sort au pas à découvert au gauche du chêne. J'ajuste trop rapidement ma visée et décoche en pensant déjà au moment où il va sortir sur le découvert et essuyer les tirs de carabine du conducteur de chien de sang. Je me suis trop pressé pour décocher et je n'ai pas vu partir ma flèche mais j'ai nettement entendu l'impact.

Le gros sanglier continue au pas et sort tranquillement du bois comme si de rien n'était puis bifurque à 90° alors qu'il vient de rentrer dans la vigne pour passer plein travers au posté dans mon dos à 30 mètres environ. La balle claque puis le silence, je suis dégouté. Rapidement le conducteur de chien de sang se déposte alors que j'entends grogner quelques teckels dans mon dos. Je me retourne et aperçois le gros sanglier mort à environ 80 mètres dans le rang de vigne. Le tireur le rejoint alors que l'herdale arrive sur la carcasse.

Je pars chercher ma flèche plantée au sol et constate qu'elle est couverte de sang. Je la récupère et retourne à non poste. Au bout d'un moment, le tireur revient et je lui demande où a tapé ma flèche, il me répond qu'il n'a pas vu de trace de flèche et je lui dis que ma flèche est couverte de sang. J'essaie de me reconcentré mais cette mésaventure me laisse un goût très amer. Des teckels recommencent à donner dans le roncier qui s'agite en tous sens sur ma droite, un sanglier fait ferme avec fureur puis il démarre en cassant tout sur son passage et en longeant à 10 mètres dans le roncier pour surgir comme une balle avec l'herdale terrier au fesses à 25 mètres de mon poste et foncer tout droit dans la vigne. Il est monstrueux et bien armé. Il ne pourra pas être tiré à cause de l'herdale qui lui colle au train et le mort aux pattes arrière.

Le président de la chasse arrive avec un des chasseurs et tout le monde discute derrière moi. Agacé par la situation, je me déposte et parts voir le sanglier avec un autre chasseur. Je constate rapidement que ma flèche a éraflé le dessous du ventre

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

et a traversé la patte avant à l'opposé du côté tiré.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je ne trouve pas de trace du tir à balle et le sanglier ne saigne pas par la gueule ni ailleurs que par la plaie à sa patte. Il a par contre une grosse plaie de quelques jours ouverte de 10 cm de long par 5 de large par un coup de défense juste derrière ses côtes sur le flanc droit, certainement l'œuvre du très gros mâle que j'ai vu tout à l'heure. De l'écume blanche couvre ses babines, il devait être en plein rut.

Nous attachons une corde autour de son groin derrière les grès pour le traîner jusqu'à la voiture du président. Le tireur me raconte un peu son tir et m'annonce qu'il m’a vu tirer. Je n'ai plus envie de chasser et décide d'accompagner le président pour ramasser les sangliers morts et les ramener cher lui. Une femelle est déjà dans le coffre du Cadi, nous chargeons le gros mâle et partons chercher un autre sanglier tué un peu plus loin. J'analyse la situation dans ma tête, je ne peux pas croire que ce soit ma flèche qui soit à l'origine de la mort du sanglier mais il est vraiment bizarre de ne pas voir de trace du tir à balle et surtout de ne pas voir de saignement autre que celui dû à ma flèche. J'analyse également le tir à la carabine et ne comprends pas comment il a été possible, le tir était très loin d'être fichant et aurait pu être dangereux pour les postés un peu plus loin. Je n'arrive pas à digérer cette action de chasse, tout d'abord mes tirs répétés et ratés puis le tir de ce sanglier juste après ma flèche mais je me conforte un peu en me disant que ma flèche n'était pas bonne et que ce tir a évité de faire souffrir trop longtemps l'animal.

Le 3ième sanglier récupéré, nous partons chez le président de la chasse où un invité est déjà en train de peler les 3 chevreuils, cette personne vient aux battues juste pour peler les animaux à mesure qu'on les lui apporte. Je réalise une photo du sanglier avant de lui amener près du palan. Je fais cette photo un peu à contre cœur et en estimant que je ne suis pas responsable de la mort du ragot mais bon.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je demande au "peleur" de bien examiner l'animal une fois dépecé et de m'informer de l'atteinte d'une hypothétique balle de carabine puis nous repartons pour le site de la traque.

A notre arrivée, Lionel est remonté à mon poste, le conducteur de chien de sang est parti, je lui raconte ma chasse et lui explique que j'ai perdu des flèches, nous commençons à les chercher quand les chiens recommencent à donner, je dis à Lionel d'aller se poster à mon poste de tout à l'heure et continue à chercher un peu mais me rendant compte que la menée vient sur nous, je décide de me poster rapidement à environ 15 mètres de Lionel dans son alignement pour lui permettre de tirer. J'encoche une flèche. Le vent fort couvre les bruits, tout à coup, le sanglier sort juste dans les pieds de Lionel qui ne l'a pas entendu venir, juste au moment où je tourne la tête vers lui. Surpris, il n'a pas armé son arc. J'arme rapidement alors que la sanglier a bifurqué et vient droit sur moi, je tente d'aligner ma visée mais le sanglier est déjà sorti du bois à plus de 20 mètres sur ma gauche. Je le suis dans mon viseur mais alors que je décide de désarmer, ma flèche m'échappe et part dans la vigne en passant juste derrière le sanglier. Il part droit sur la ligne mais personne ne tire car les postés ont déjà déposté.

La fin de chasse est sonnée et je reprends mes recherches de flèches sans succès mais alors que je cherche dans la vigne, je tombe sur le pied du sanglier que j'ai fléché et un peu de sang. 

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je suis un peu le sang dans la vigne et trouve l'endroit où a bifurqué le sanglier, marqué par quelques grosses gouttes de sang.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je pars ensuite à contre sens en suivant le sang, je trouve quelques gouttes sur la bande enherbée qui sépare le bois de la vigne, Lucien et Lionel qui m'ont rejoints me confortent dans l'idée que mon tir est responsable de la mort du sanglier au vu du sang perdu mais je n'arrive pas à y croire.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je sais qu'une atteinte musculaire peut faire beaucoup de sang sans toutefois être mortelle et je reste sur ma réserve. A l'entrée du bois, je trouve un peu de sang et un des traqueurs qui nous a rejoint m’annonce qu'il voit une fougère couverte de sang un peu plus loin.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je trouve également un peu de sang dès l'endroit du tir. Il ne me reste plus qu'à attendre le résultat de l'autopsie pour en savoir plus.

Battue mixte à Roques, 10 novembre 2013

Je ne trouve pas mes flèches et décide de laisser tomber, nous partons retrouver les autres archers qui se sont regroupés en bas du bois. Nous refaisons un peu la chasse, tout le monde a eu des animaux pas loin, Gilles à même éraflé le dos d'un sanglier de 40 kilos mais personne n'a pu tuer d'animaux. Nous partons pour la salle des chasseurs de Lagardère où nous attends un bon repas chaud préparé par les épouses des chasseurs. Avant le repas, on m’annonce que le seul trou dans le sanglier était celui de ma flèche, n'y croyant pas je demande confirmation au "peleur" mais il est formel. On m'attribue donc la mort du plus gros sanglier de la battue. Un petit discours pour remercier la société de chasse, son président, les cuisinières et le peleur puis nous passons à table. Les archers semblent ravis de leur journée ce qui me remonte un peu le moral.

Nous sortons de table vers 16h30 et nous rentrons tranquillement avec Christophe, en route nous contrôlons pour savoir si le chevreuil tapé ce matin n'est pas dans le champ ou le fossé mais rien. Le miracle de cette flèche de patte me tracasse et le soir même je rappelle le président de la chasse en lui demandant si on ne m'a pas fait une blague mais il me confirme que non, ainsi que quelques chasseurs venus prendre l'apéro chez lui. Personne n'a vu d'entrée de balle malgré les diverses expertises et je me mets à croire à l'impossible.

Ce n'est qu'une semaine plus tard que le verdict tombera lors de l'exposition canine de Tarbes où j'ai amené Hémo et où je retrouve le président de la chasse de Justian et un des piqueurs, c'est lors de la découpe du sanglier que les traces du tir à la carabine seront découvertes. La balle rentrée en arrière des côtes a traversé vers l'épaule opposée et est donc la cause de la mort de ce très bel animal.

 

Alex

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 20:44

Ce soir, je pars chasser pour la première fois de la saison sur les maïs de Saint Arroman. Je me gare à la ferme et commence à me préparer quand un des agriculteurs arrive. Nous discutons un moment des sangliers et des ragondins. Il semble que les dégâts soient conséquents cette année. Il m'annonce que les dégâts se situent plus de l'autre côté de la route mais j'ai une intuition ce soir et je lui annonce que je préfère chasser ce côté, du moins pour le moment. Je pars donc en chasse, je commence par me diriger vers une mare où les ragondins se sont, semble t-il, bien reproduits depuis que je n'y ai pas mis les pieds. Le vent soutenu va m'aider dans mes approches.

Je longe un chemin enherbée entre 2 parcelles de maïs entrecoupées de passages  de canon et surveille les passages sans voir d'animaux jusqu'à la mare. Le petit plan d'eau est bordé sur sa droite par un gros bouquet d'arbres de plusieurs mètres d'épaisseur puis pars 5 à 10 mètres de ronces qui bordent l'eau. Au moment où je passe les arbres, j'aperçois un gros ragondin au gagnage à l'autre bout de la mare dans le chaume de blé. Je décide de tenter une approche en contournant derrière le rideau d'arbres. Je fais doucement marche arrière pour ne pas l'affoler puis m'avance entre le maïs et les arbres. La culture est très abîmée, de nombreux pieds sont coupés en biseau à 30 ou 40 cm du sol par les ragondins et quelques pieds sont couchés et badigeonnés de boue par le passage d'un sanglier.

Tout à coup, un gros ragondin passe juste devant moi, tranquillement, avec un épi de maïs dans la gueule et rentre dans les ronces, au bord de la bande boisée. Je regardais loin devant moi et ne l'ai vu que sur quelques mètres. Il m'a tellement surpris que je n'ai même pas réagit. Maintenant, je suis prêt, mon décocheur est enclenché, je reprends ma progression plus lentement. Un autre ragondin sort nonchalamment des ronces au bout de la bande de bois à 20 mètres devant moi environ. Je me fige et l'observe un instant, un second ragondin sort un peu plus près. Je jette un coup d’œil dans le maïs, sur une grosse zone dévastée par les ragondins et aperçois du mouvement à 15 mètres environ sur ma droite. Ce sont 2 très gros ragondins qui mangent du maïs. Je tente l'approche en me faufilant sans bruit entre les pieds de maïs et arrive sans trop de difficultés à 6 ou 7 mètres des ragondins qui se présentent de 3/4 arrière et mangent toujours tranquillement, le vent est bon, j'arme doucement mon arc et vise le plus dégagé dont la zone vitale se trouve entre deux pieds de maïs. Je décoche, le ragondin touché reste sur place et se débat à peine.

Je réencoche rapidement, j'ai perdu son collègue de vue, je le cherche du regard un moment quand un léger mouvement attire mon regard juste à ma droite à moins de 1 mètres de mes pieds, le ragondin rampe, plaqué au sol, tout doucement pour essayer de se faire oublier et passe dans mon dos, je tente d'armer mais il presse le pas et se jette dans les ronces sans me laisser le temps de décocher, c'est un gros malin, il m'a bien eu. J'en rigole tout seul. Les autres ragondins sont partis aussi. Je vais récupérer mon gros ragondin resté sur place et ma flèche puis je continue mon approche.

Une recherche sans sang à Saint Arroman

Arrivé au bout de la bande d'arbres, j'aperçois le ragondin toujours occupé à son repas. Je pose le premier ragondin au sol. Le vent n'est pas très bon, je tente de m'approcher doucement mais le ragondin se coule dans l'eau et reste contre la berge, juste trahit par des légers remous. Je m'avance doucement caché du ragondin par le talus de la berge mais alors que je l'aperçois et que j'arme doucement mon arc, il part sur l'eau et plonge brutalement pour filer vers les terriers sur ma gauche, sous les ronces suivit par une grande traînée de bulles. Je reste un petit moment au bord de la mare, un autre gros ragondin s'avance du déversoir puis longe la berge à 20 mètres environ avant de rentrer au terrier. Je tente des cris de petits ragondins. Il ressort au bout d'un moment mais entre presque aussitôt. Un autre ragondin arrive de la berge opposée et vient droit sur moi, je me prépare mais à 25 mètres environ, il bifurque et rentre sous les ronces. Je suis la berge et me positionne en face des remous mais impossible de voir les ragondins. Je renonce, je pars chercher mon ragondin mort et pars le poser au pied d'un enrouleur pour revenir le chercher plus tard.

Je pars vers un passage de canon pour le remonter et arriver de l'autre côté de la parcelle. Je constate rapidement que de nombreux pieds de maïs ont été cassés par les sangliers, une trace d'un gros sanglier marque au sol. Les dégâts semblent tout à coup très frais et une forte odeur de sanglier me parvient aux narines. Le vent fort agite le maïs et le bruissement des feuilles couvre tout autre bruit. Je décide de quitter rapidement les lieux pour revenir plus tard. Arriver au bout de la parcelle, je longe le fossé qui la sépare d'une autre parcelle où je n'ai pas le droit de chasse. Un gros ragondin démarre brusquement dans la végétation et se précipite au fossé couvert de ronces. J'observe un  moment le fond du fossé par une trouée dans les ronces mais le ragondin ne se remontrera pas. Je reprends ma route pour rejoindre, à plusieurs centaines de mètres, un petit bosquet où chaque année les sangliers se gîtent. Ce bosquet est précédé une grande friche presque aussi importante que le bosquet, elle se comble d'année en année car les arbres repoussent et les ronces recouvrent tout. Je longe la friche pour rejoindre un chemin de terre qui la sépare du bosquet mais la végétation a beaucoup poussé cette année et le chemin semble s'être comblé. Un gros mur de ronce en barre l'entrée, je décide donc de passer par le dessus du bois pour rejoindre une grosse souille, au milieu du bosquet, dans le lit d'un petit ruisseau souvent asséché qui chaque année est fréquentée à cette saison.

Je franchis le ru qui alimente un peu plus loin un lac d'irrigation puis longe une bande boisée étroite qui précède le bosquet en direction du chemin forestier qui mène à la souille mais ce dernier est couvert de ronces et n'est plus praticable sur plusieurs dizaines de mètres. Je continue à longer le bois pour rejoindre une grosse coulée très fréquentée qui passe par des terriers de blaireaux. Le passage répétés des animaux a mis le sol à nu et permet d'avancer sans bruit. Je rejoins ainsi le chemin forestier qui est maintenant bien dégagé. J'avance doucement pour ne pas faire trop craquer les glands, feuilles mortes et autres brindilles. Le chemin fait maintenant un virage pour revenir un peu en arrière et descendre vers la souille puis tourne à nouveau pour ressortir du bois sur le chemin, envahi par les ronces, que je n'ai pas pu prendre tout à l'heure.

Je descends vers la souille et constate qu'elle a été fréquentée très récemment.

Une sorte d'éternuement ou de toux retentit dans le bois, je temps l'oreille pour voir si je n'ai pas rêvé et au milieu des cris de geais, je réentends rapidement le même son bizarre puis rapidement un bruit de bas cassant se fait entendre. Ce pas ça ne peut être qu'un sanglier. Je cherche le meilleur endroit pour me poster, le vent et le sanglier viennent de ma gauche, je décide de me poster derrière un arbre à droite de la souille mais je suis trop à découvert, trop visible, j'hésite un peu puis finalement, je me poste au-dessus de la souille derrière un très gros chêne d'où part une haie de buissons très épais  sous lesquels je peux tout de même voir le lit asséché du ruisseau par endroit. Ma position domine la souille d'environ 2 mètres et se trouve à quelques mètres de cette dernière. Le pas se rapproche tranquillement sans que je puisse réellement le localiser.

J'observe les alentours quand, tout à coup, un sanglier surgit sur le chemin forestier à 30 mètres environ. Il est plein travers et hume l'air. Trop loin pour tenter un tir. Après quelques hésitations l'animal bifurque et prend le chemin pour venir droit sur la souille et donc droit sur moi. Il avance tranquillement en serrant les ronces sur la gauche du chemin et en s'arrêtant par moment. J'arme mon arc et le laisse venir. Il arrive au ras de la souille, à 6 ou 7 mètres et s'arrête avec un léger 3/4 face, mon viseur se cale sur le haut de son épaule au départ du cou. J'hésite, ce tir n'est pas recommandé sur un sanglier mais le temps m'est compté, il risque de de me sentir ou de bouger et de ne plus être tirable. Je prends la décision de tirer. Ma flèche rentre pile où je la voulais mais ne traverse pas le sanglier, 20 cm dépassent encore quand le sanglier démarre en trombe. Il fait demi-tour, accroche la flèche dans la végétation ce qui la casse net puis fonce à travers les ronces en longeant la droite du chemin forestier avant de traverser et disparaître dans les ronces à l'endroit où il a apparu tout à l'heure. Le bruit s’intensifie et semble s'immobiliser, peut être que le sanglier est déjà mort.

J'attends un petit moment puis pars chercher le morceau de ma flèche cassée, un petit bout de viande est accroché dans les fibres de carbone au niveau de la cassure mais je ne trouve pas une seule goutte de sang sur la végétation où au sol. Je suis la trajectoire de fuite sans trouver une seule goutte de sang. A l'endroit où le sanglier est rentré dans les ronces la végétation est plus claire, une zone couverte d'un épais tapis de ronce longe une bande ou le sol est assez propre jusqu'à la lisière du bois. Je longe les ronces en cherchant des ronces tirées pour trouver l'entrée du sanglier quand je l'aperçois, il est mort juste au ras des ronces dans une légère dépression du sol, à peu près à l'endroit où j'avais localisé le gros bruit tout à l'heure. Il n'a pas fait 40 mètres. Ma flèche a traversé le cartilage de l'omoplate, touché les 2 poumons entre les 2 lobes principaux, coupant au passage des gros vaisseaux au-dessus du cœur, traversant le foie et les viscères pour s'arrêter dans l'aine sans ressortir. L’hémorragie interne est impressionnante, la cage thoracique est remplie de caillots de sang. 

Une recherche sans sang à Saint Arroman

Alex

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:56

Ce matin, je dois amener Hémo chez le président de la chasse de Justian chez qui il va passer 15 jours car je pars en Corse le lendemain matin. Heureuse coïncidence, une battue au sanglier est organisée ce matin et je suis donc invité. Rendez-vous est pris à 7 heures chez le président de la chasse puis nous partons pour le rendez-vous des chasseurs vers 7h30. Le temps de remplir le carnet de battue en attendant les retardataires et de donner les consignes de sécurité, chacun part vers son poste. Je vais prendre mon poste habituel qui ne m'a pour le moment pas réussi. Une bande boisée étroite au milieu de laquelle coule un petit ruisseau asséché cet été et qui prolonge le bois dans les champs. L'endroit est parcouru de belles coulées et représente un couloir de fuite idéal pour les animaux. Je le cale derrière un gros arbre au carrefour de 2 grosses coulées très marquées. Les autres chasseurs se postent.

Rapidement nous entendons le traqueur qui commence à donner de la voix, les teckels donnent quelques coups de gueule d'excitation. Immédiatement, 2 gros chiens des habitations en contrebas foncent vers nous et se mettent à aboyer en tournant autour de la ligne. Les aboiements durent depuis 20 minutes quand leur maître les rappelle d'un coup de sifflet. Les teckels ne trouvent rien et très vite les 2 chiens reviennent aboyer sur la ligne à moins de 20 mètres de mon poste, ce manège insupportable va durer presque jusqu'à la fin de la traque avant que le propriétaire ne daigne à nouveau rappeler ses chiens qui n'ont rien à faire là car nous chassons ce matin dans une réserve de chasse (dans le Gers les réserves de chasse ne s'appliquent pas aux nuisibles et aux grands gibiers). Vers 9h30, la fin de battue est sonnée de 3 coups de trompe de chasse, les chiens n'ont même pas levé un chevreuil. En discutant avec les chasseurs riverains nous apprenons que ces chiens, qui m'ont d'ailleurs posé problème lors de mon second tir d'été sur ce secteur, chassent en fait tous les jours dans le secteur. Ils ont gâché notre battue.

Le président nous annonce que nous allons arrêter de chasser pour aujourd'hui mais un des chasseurs remotivent les troupes pour aller chasser un petit carré de bois rempli de ronces sur un autre secteur du territoire. Nous reprenons donc les voitures pour nous garer au bord de la route à quelques kilomètres de là. Mon poste, je le connais, j'y ai manqué un renard il y a 2 ans. Le carré que nous allons chasser est relié par un angle à une longère de bois par laquelle les animaux passent pour fuir sans être vue, je vais donc me positionner dans cet angle. J'informe les chasseurs de la position de mon poste puis pars rapidement car j'ai quelques minutes de marche pour y arriver. Je traverse le bois par un chemin forestier croisé de très nombreuses coulées très marquées où certains chasseurs vont se poster puis je ressors entre 2 parcelles de tournesol et prends à gauche pour longueur entre le tournesol et le bois. Des chasseurs sont déjà postés et je constate en arrivant dans l'angle du bois qu'un chasseur est posté là. Je lui explique mon poste et il me dit que ça ne lui pose pas de problème, je traverse donc le ruisseau asséché qui borde l'intérieur du bois puis m'avance doucement dans le bois, j'hésite un peu puis me poste sur un point où se rejoignent 3 grosses coulées, au milieu des branches mortes et des buissons. L'endroit est à la fois assez clair pour pouvoir tirer et assez salle pour me camoufler.

Très rapidement le piqueur arrive avec les chiens qui ne tardent pas à lancer. Presque aussitôt, un premier coup de feu retentit devant moi sur la ligne qui remonte à la route et une voix annonce "trop petit manqué !" puis les chiens s'éparpillent en plusieurs petites menées et les coups de feu commencent à claquer sur ma gauche puis les chiens continuent de mener mais les coups de feu s'arrêtent un peu. Au bout d'un moment, les chiens reviennent vers moi et un pas craquant et régulier se fait entendre dans le bois, mon cœur se met à taper plus fort. Je me tiens prêt quand un mouvement attire mon regard, un petit sanglier arrive dans le sale et vient s'arrêter à 15 mètres environ devant moi. Je cherche rapidement du regard les trouées pour tenter un tir quand il va repartir et quitte rapidement le sanglier des yeux mais quand je reviens dessus, je ne le vois plus et entends un bruit de trot. Le sanglier réapparaît sur la coulée qui passe à mes pieds, il fonce droit sur moi, j'arme rapidement mon arc et le mets dans le viseur, je suis son mouvement et lui décoche une flèche à moins de 2 mètres de mes pieds. L'animal touché à l'épaule lève la patte mais poursuit sa course sans ralentir et me passe à 1 mètre sur ma droite. Je vois ma flèche plantée au sol et de grosse gouttes de sang sur la trajectoire de fuite, le temps de me retourner, j'entends le sanglier qui se met à couiner et qui se débat au sol pour s'immobiliser rapidement, il n'a pas fait 20 mètres.

Je réencoche et me reconcentre sur la chasse. Un chien arrive sur la trace du sanglier et le rejoint pour le piller, je quitte donc mon poste pour aller le ramasser avant qu'il ne commence à le manger. Je récupère mon sanglier et le ramène près de moi au poste. Ma flèche est rentrée sur le haut de l'épaule et ressort dans le sternum au niveau du cœur en le traversant et en touchant un poumon au passage. La menée finit par se calmer, les teckels passent et repassent près de moi. Le posté le plus proche vient me voir pour savoir si j'ai vu quelque chose et je lui dis que j'ai tué un sanglier, du coup, un autre posté se manifeste dans mon dos et malgré moi la discussion s'installe. Le piqueur nous cri de nous taire et qu'il y a encore des sangliers. Chacun revient à son poste et effectivement les chiens ne tardent pas à relancer. La menée tourne pas mal dans les fourrés puis arrive droit sur moi, je me prépare mais j'aperçois les chiens sans avoir vu de sanglier, il hésite un peu devant moi puis passent à 20 mètres environ dans le sale et reprenne la menée, un coup de feu claque plus loin sur ma droite.

Le piqueur sonne pour rappeler les chiens qui mettent un petit moment à revenir puis les remet au fourré mais, cette fois, ils ne prendront pas d'autres sangliers. Un peu plus tard, la fin de battue est sonnée de 3 coups, je récupère mon sanglier et sors sur le tournesol où un chasseur a tué 2 sangliers, un joli mâle de 50 kg environ et une petite femelle de 16.5 kg, certainement la sœur de mon petit mâle de 18.5 kg. Je reviens au chemin forestier avec mon sanglier et apprends qu'un autre gros sanglier a été blessé, le tireur me demande de faire la recherche. Je laisse donc mon sanglier et nous voilà partis avec le tireur et le chasseur qui vient de tuer 2 sangliers pour suivre le sang dans le tournesol de l'autre côté du chemin. Rapidement après le tir, nous trouvons un bout de viande puis du sang que nous allons suivre sur environ 200 mètres, jusqu'à la sortie du tournesol mais la piste est caractéristique d'une atteinte de muscle, le sang diminue de plus en plus pour n'être que de micro gouttes et les frottés assez régulier contre les pieds de tournesol sont assez bas. En ressortant dans une vigne le sang se termine par une minuscule goutte sur une feuille de vigne. Les chasseurs veulent que je tente la recherche avec Hémo et partent me le chercher mais il fait trop chaud et le sang est très peu marqué, cette recherche ne donnera rien. 

3 sangliers ont été tués lors de cette battue et un blessé, le reste a été manqué.

Première battue de la saison, 31 août 2013

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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