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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 13:13

Cette nuit, il a beaucoup plu et les gouttes d'eau tombent encore des feuillages sur la bâche qui abrite mon hamac. J'ai dormi habillé pour ne pas prendre froid mais aussi pour sécher un peu mes affaires. Je me suis réveillé plusieurs fois pendant la nuit. Le jour commence à se lever, le camp est encore calme, j'en profite pour tenter de faire une prise d'ambiance avec mon caméscope que je pose sur son trépied près de mon hamac à l'abri des gouttes.

Je profite du calme pour me préparer et rééquiper mon arc pour la chasse. Je sors mon moulinet de pêche et remets mon carquois que j'équipe de 5 flèches, 2 avec des lames mécaniques "Rage Hypodermic", 2 avec des "Q.A.D Exodus" et une avec une blunt "Cut Edge" pour les oiseaux. Mes collègues se réveillent tranquillement. Nous partons déjeuner sous la bâche prévue à cet effet. Nous rediscutons de nos prises de la veille et je ne manque pas de me faire chambrer gentiment sur la taille de mes "lézards", il est vrai que le caïman de "Scarabée" est énorme par rapport aux miens.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Nous reparlons du fait que sa pointe de pêche est ressortie du caïman et je décide de lui prêter ma seconde "Steel Force Carp" en espérant lui éviter une nouvelle mésaventure. Elle ne se vise pas sur sa flèche pêche, je lui prête donc également ma flèche pêche de secours. Mon repas terminé, je décide de tenter de reprendre quelques photos de mes caïmans avant de les mettre au frais car les photos de nuit ne me semblent pas de très bonne qualité.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je les mets ensuite dans la glacière puis pars me préparer. J'enfile ma tenue 3D par-dessus mon pantalon camo et mon T-shirt à manches longues camo, ferme mes guêtres sous la tenue 3D pour me protéger des insectes et d'une éventuelle morsure de serpent, enfile mes gants et la cagoule camo 3D que je remonte sur mon front et ferme le scratch de mon décocheur. Il me faut prendre également un peu de petit matériel dans mes poches : boussole, GPS, opinel, cordelette, appeau à pécari et 3 barres de céréale au cas où. Je ne prends pas de sac à dos car ce dernier s'accroche partout en forêt et me fait perdre en discrétion, j'ai appris de mes erreurs de l'an dernier et ne veux pas les reproduire, je retournerais au camp pour boire si nécessaire. Je suis prêt, ce matin, j'ai décidé d'aller chasser de l'autre côté de la crique pour tenter de retrouver les pécaris vu l'an dernier dans le secteur.

Je pars en direction du tronc qui fait un pont naturel pour traverser la crique mais l'eau a beaucoup monté pendant la nuit et je dois prendre la barque et manœuvrer à la pagaie pour passer sous les branches de l'arbre qui barre l'entrée de la crique avant d'accoster contre la berge d'en face. J'attache, sur les conseils de Xavier et Daniel, la barque à l'avant  d'un côté de la crique puis à l'arrière de l'autre pour pouvoir m'en servir de passerelle et traverser la crique. Cette fois, ça y est, je pars chasser. Le beau temps est avec nous ce matin après les pluies de la nuit. J'allume mon GPS, enclenche la fonction pour revenir au camp puis éteins mon GPS. Le bord de la crique est assez dégagé et plat.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Daniel partira chasser sur le même secteur que moi mais en suivant le fleuve alors que je bifurquerai plus à gauche, alors que Xavier et "Scarabée" prendront le canoë pour aller chasser plus en amont.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

J'encoche une flèche et baisse ma cagoule pour commencer ma chasse. Rapidement, le relief s'élève et je commence à remonter vers le sommet de la colline. Je constate sur ma gauche que le grand arbre qui produisait des fruits orangés, que les animaux semblaient apprécier l'an dernier, est tombé en se cassant près de sa base, ouvrant une clairière dans la forêt. J'avance tout doucement en m'arrêtant dès que j'ai fait quelques pas quand, lors d'un arrêt d'observation, il me semble voir bouger quelque chose un peu plus haut, juste avant que ça ne disparaisse derrière un arbre. Je reste immobile, il me semble entendre le chant d'un hocco que j'ai entendu imiter par Xavier. Je finis par apercevoir le volatile à environ 20 mètres un peu plus haut, il piète au sol et regarde vers moi sans arriver à me voir tout en chantant : "hhmmm hhhmmm", il s'avance pour descendre un peu, se ravise, remonte, redescend, remonte... J'hésite un instant, j'ai une flèche encochée munie d'une lame Exodus. L'an dernier mes collègues ont perdu plusieurs oiseaux suite à des tirs à la lame de chasse, je décide finalement de changer ma flèche que j'échange pour ma flèche munie de ma blunt Cut Edge. Je commence à imiter le hocco. Petit à petit, il descend tout en restant à plus de 15 mètres sur ma gauche, il fait des allers-retours, dans une zone assez dégagée, entrecoupés de pauses durant lesquelles il se dandine sur place pour tenter de m'apercevoir. Il est maintenant à 15 mètres environ sur ma gauche et s'avance sans regarder vers moi.

Je ne cesse pas l'imiter. J'arme doucement mon arc, il fait toujours des va et vient et finit par s'arrêter mais la végétation ne me permet pas d'être sûr de ma flèche, je décide de ne pas tirer. Il reprend ses va et vient. Je désarme, il se déplace un moment puis stoppe à nouveau, je réarme mais toujours pas de vraie fenêtre de tir. Je désarme à nouveau et décide de tenter de me décaler un peu. Je monte très lentement de 2 pas et m'immobilise. Cette fois la végétation est plus ouverte. Le hocco continue son manège et remonte vers la fenêtre de tir. J'arme doucement, il vient se planter de face à environ 15 mètres et chante toujours alors que je l'imite encore. Je vise un moment son poitrail et décoche. Ma flèche le frappe avec un bruit mat d'impact. Elle est stoppée net à l'impact tournoie en l'air et retombe au sol alors que le hocco fait une pirouette spectaculaire et retombe sur ses pattes avec une aile pendante pour faire vole face et fuir en courant à toute allure avant de disparaître dans la végétation épaisse et basse un peu plus loin. Je m'avance rapidement sur le lieu du tir, me piquant au passage sur un palmier à longues épines noires et retrouve ma flèche au sol. Elle n'est pas équipée d'une encoche lumineuse et mon empennage noir et vert destiné au camouflage maximum ne m'ont pas rendu la tâche facile pour la retrouver.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Pas de sang sur cette dernière mais un peu de muscle sur la moitié avant du tube et 2 ou 3 plumes collée. D'autres plumes sont coincées dans ma Cut Edge. Je fais un point GPS de l'endroit du tir. Je n'ai pas traversé l'oiseau que j'ai très certainement tout juste éraflé au niveau du poitrail mais à qui j'ai certainement cassé une aile. Je récupère ma flèche et tente de suivre la direction de fuite du hocco mais pas le moindre indice de son passage. Je tente de suivre les coulées et de fouiller les zones salles mais sans succès. Je décide de laisser tomber pour l'instant et reprends ma progression. Un peu plus loin, je dérange un beau papillon qui se repose vite sur le tapis de feuilles mortes couvrant le sol. Je m'approche doucement et le prends en photo.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

En arrivant près du sommet de la colline, je marque une pause d'observation au pied de grands arbres, les moustiques commencent à m'assaillir quand un grand oiseau passe au-dessus des cimes en poussant un cri que je n'avais jamais entendu jusque-là. Je pense à un grand rapace mais n'arrive pas à le voir. Tout à coup, un bruit lourd de battement d'ailes suivit du bruit de quelque chose de lourd qui tombe au sol retentit. Je me tourne doucement et aperçois un beau hocco posé au sol à environ 12 mètres. Il pousse son cri d'alerte : "Pic pic pic...". J'arme doucement, vise et décoche. Ma flèche le frappe où je visais et l'oiseau s'envole d'un vol lourd et mal assuré sans arriver à prendre de la hauteur. Je le perds de vue un peu plus de 10 mètres plus loin. Je m'avance rapidement et retrouve ma flèche fichée dans un bout de bois pourri grâce à mon encoche lumineuse. Ma flèche a parcouru 6 ou 7 mètres après avoir traversé l'oiseau et est couverte d'un sang bien rouge et liquide, c'est bon signe.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Malgré mon atteinte qui semble bonne, le hocco n'a pas laissé de sang en s'enfuyant. Je fais un point GPS à l'endroit du tir, éteint mon encoche lumineuse à l'aide de la pointe de ma Cut Edge avant de remettre mes flèches au carquois et commence à m'avancer dans la direction de fuite estimée mais je ne trouve ni indice, ni hocco et commence à me dire que j'ai encore perdu un oiseau. J'essaie de me refaire la scène dans ma tête est me rends compte que je suis certainement parti trop à gauche Je pars donc plus à droite tout en cassant des branche dans le sens de la marche pour repérer mon passage quand je tombe sur mon hocco mort au sol. Il est mort quand je l'ai perdu de vue et n'a pas fait plus de 15 mètres.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je suis aux anges, d'une part le hocco à l'arc n'est pas un gibier facile à prélever et de plus c'est mon premier gibier prélevé à l'approche en forêt. Quelques photos souvenir

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

puis, je l'attache par le cou à ma ceinture à l'aide d'une petite cordelette puis repars en chasse. Cette réussite m'a motivé et je continue à avancer sur de courtes distances et à m'arrêter un moment pour observer.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

J'en profite pour faire un petit film pour capter l'ambiance de la forêt.

J'avance tranquillement sans faire attention à mon GPS ou ma boussole quand j'arrive au pied d'une colline dans un paysage étrangement familier. Un amas de branchage cassé encore vert m'interpelle, il me semble avoir vu ça ce matin en partant. Je comprends rapidement en regardant plus loin que j'ai fait une boucle et que je suis revenu à mon point de départ. La crique est à 30 mètres devant moi, je décide donc d'aller poser mon hocco au camp. Je traverse la crique en me servant de la barque, met mon volatile dans un sac plastique puis dans mon hamac dont je ferme la moustiquaire puis en profite pour boire un 1/2 litre d'eau avant de repartir en sens inverse pour reprendre ma chasse. Je remonte la première colline en baisant doucement à gauche et en reprenant mes pauses d'observation. Un peu plus loin, j'aperçois un bel oiseau dont la taille et la forme rappelle un peu une pie mais beaucoup plus coloré. Le dos et le dessus de la tête sont bleu métallique, la gorge jaune et le ventre vert. C'est un motmot houtouc. Mon appareil photo ne me permet pas de faire le point sur cet oiseau qu'il n'est pourtant pas à plus 15 mètres.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je finis par renoncer à ma photo nette après plusieurs essais. Je m'avance doucement, l'oiseau s'éloigne un peu sans paraître stressé et me regarde ensuite m'éloigner. Je multiplie les pauses d'observation sans voir autre chose que quelques petits oiseaux peu craintifs. Chaque arrêt est l'occasion pour les moustiques qui me suivent à l'odeur de me rattraper et me tomber dessus pour prendre un bon repas et nombre d'entre eux finiront écrasé sur mes mains ou mon visage. Ils sont beaucoup plus nombreux que l'an dernier. Je me poste un instant près d'un amas de troncs et de branchages morts tombés au sol. Assez rapidement, un mouvement m'interpelle près de l'amas, une forme sombre me fait penser au cou et à la tête d'une perdrix (tinamou) dont le corps serait caché derrière un tronc et je me prépare à monter mon arc quand je comprends qu'il s'agit de la queue d'un écureuil qui s'agite en dépassant du tronc. Le petit rongeur finit par démarrer et passe sur l'amas pour rejoindre un arbre et disparaître derrière son tronc. Je repars. Après avoir passé plusieurs collines je tombe sur des toucans qui se mettent à crier au-dessus de moi. Je reste un moment sur place à les observer mes ils restent discret et apparaissent juste furtivement. Je décide, faute de pouvoir les filmer de les enregistrer.

Alors que je repars, je fais s'envoler un peu plus loin un gros papillon de la famille des morphos. L'intérieur de ses ailes est bleu et noir et l'extérieur de couleur brune orné d'une gosse ocelle ressemblant à un œil. Le vol du papillon fait clignoter cette couleur bleue sur quelques mètres avant qu'il se repose. Je m'approche doucement et le prends en photo, l'une de ces ailes est tordue vers l'extérieur, très certainement un problème survenue lors de la sortie de la chrysalide.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je laisse ce beau papillon et continue mon chemin, les collines se succèdent sans apercevoir de gibier. Je décide de faire une petite pause vers 13 heures pour manger mes barres de céréale. En arrivant sur un sommet, je décide de me poster et de tenter d'appeler avec mon appeau à pécari. Une fois installé au pied d'un gros arbre, je commence à souffler dans l'appeau dont la puissance sonore permet d'appeler les animaux de très loin. Assez rapidement un bruit d'aile retentit derrière moi et en me retournant, je vois une sorte d'aigle noir au bec jaune se poser sur une branche à environ 10 mètres au-dessus du sol et 20 mètres de moi. Le rapace cherche la provenance des cris en hochant la tête. Je reprends mes cris pendant plusieurs secondes puis fais une pause pour écouter. Je recommence plusieurs fois la manœuvre. Le rapace cherche toujours à identifier la provenance des cris puis finit par s'envoler et se poser un peu plus loin et se remettre à scruter le sol. Je reprends mes cris. Après 2 ou trois séries d'appels, l'aigle s'avance encore et se poste en face de moi et fixe son regard dans ma direction.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Après plusieurs minutes passées à jouer avec ce rapace et ne voyant pas venir le moindre pécari. Je décide de quitter mon poste et m'avance doucement en direction du rapace qui me regarde un instant avant de s'envoler et de disparaître dans la canopée. Ma chasse reprend, toujours avec la même technique d'approche lente et de pauses d'observation. Un colibri brun vient me frôler près de mon oreille avec ce bruit caractéristique de vrombissement qui l'an dernier me faisait sursauter régulièrement, il fait le tour de moi puis s'éloigne. Ces petits oiseaux sont très curieux et viennent voir de très près à chaque fois qu'on s'approche un peu trop de leur territoire.

Ma marche me rapproche doucement d'une zone de végétation épaisse. Alors que je suis tout près de cette zone, une silhouette se débine au sol à environ 10 mètres dans le sale. J'ai juste le temps d'identifier un oiseau dans l'ombre, très certainement une petite perdrix. Je me fige et tente un affût sur cette zone pendant un petit moment. Rapidement un beau lézard de la taille de notre lézard vert métropolitain, de couleur verte et brune surgit de derrière un tronc tombé au bord de la végétation épaisse. Il se fige sur le tronc un instant pour profiter du soleil.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

après quelques minutes, il s'avance un peu sur le tronc puis s’aplatit pour se faire bronzer.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Le temps passe et rien ne vient, je décide de rentrer. Je rallume mon GPS, active le compas, passe ma boussole autour du coup puis identifie mon cap et commence à revenir vers le camp. Pas de gibier sur le chemin du retour. Il est très difficile d'être concentré à la chasse et sur la navigation en même temps et je fais pas mal de bruit en marchant, je décide de prendre au plus droit. Près du camp, une petite chenille toute fine et annelée qui avance sur une feuille de palmier qui avance en faisant des arches. Je pars chercher à nouveau mon premier hocco mais sans plus de résultat que tout à l'heure.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

De retour au camp vers 15 heures, je retrouve Daniel qui a arrêté de chasser avant moi, il a déjà dépecé mes 2 caïmans. Nous discutons de notre chasse, il m'informe qu'il a vu une belle tortue de terre mais n'a pas vu grand-chose d'autre. Je lui dis que j'ai fléché 2 hoccos mais que j'en ai perdu un. J'enlève ma tenue 3D, enfile des habits secs (T-shirt et pantalon), en profite pour retirer une tique qui s'était logée dans ma hanche sous ma ceinture et mets les mouillés par ma sueur et l'humidité de la forêt à sécher sur la corde installée à cet effet la veille et récupère mon hocco dans mon hamac pour le montrer à Daniel qui me propose de me prendre en photo avec ma prise. 

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Après avoir pris la pause, je fais une autre photo juste avec mon hocco et mon arc avant de commencer à le plumer puis de le vider.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Malgré sa taille, cet oiseau se plume très facilement sans l'ébouillanter. Je constate en le vidant que ma flèche lui a sectionné le haut du cœur, d'où sa fuite très courte. Une fois mon hocco nettoyé, je le mets dans la glacière. Je décide de tenter un coup de pêche au piranhas avec une petite canne à pêche qu'a apporté Xavier, j'accroche un bout d’entrailles du hocco sur un gros hameçon lesté par une petite olive de plomb et pars pêcher sur le fleuve entre des branchages des arbres mais les touches sont peu marquées et je finis par accrocher une branche au fond du fleuve et casser mon bas de ligne sans avoir vu le moindre piranhas. Xavier a oublié de prendre d'autres hameçons. Je pars ranger la canne et retourne voir Daniel. Le temps passe nous discutons tranquillement alors que l'heure tourne. Daniel décide de préparer un de mes caïmans pour ce soir. Il est bientôt 17 heures et nos collègues ne sont toujours par de retour. Il le récupère dans la glacière puis commence à le découper en morceaux sur la caisse qui nous sert de table à manger.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Une fois le caïman en morceaux dans la gamelle qui nous sert à cuisiner sur le camp

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

il commence la préparation d'une délicieuse fricassée qui nous régalera ce soir. Je demande à Daniel, s'il a besoin de moi et sa réponse négative me permet d'aller me laver dans le fleuve assis dans la barque avant de me poser un peu dans mon hamac pour pouvoir retirer mes chaussures mouillées depuis hier et dans lesquelles macèrent mes pieds depuis ce matin. Mes pieds sont tout flétris et commence à me faire mal, après un petit repos dans mon hamac et mes pieds secs, je mets des chaussettes sèches, la douleur est passée. Je rejoints Daniel toujours en cuisine. Des bruits de canoë se font entendre sur le fleuve. Nos collègues sont de retour et accostent sur le bras du fleuve près de mon hamac. Nous partons à leur rencontre. Ils sont bredouilles, Ils ont chassé ensemble car Xavier avait peur que "Scarabée" se perde avec son GPS. Ils ont tout de même levé des biches rouges et ont vu des traces d'animaux. Ils partent se laver au départ de la crique dans le fleuve puis nous prenons un petit apéro autour d'un sachet de cacahuètes, "jungle juice" (rhum maracuja) pour mes collègues et jus de fuit pour moi et discutons de notre chasse alors que notre fricassée mijote sur le réchaud à gaz posé sur notre petit plan de travail improvisé avec 2 planches posées sur une armature en bois de la forêt fixée à un arbre.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Pendant la cuisson du caïman, Xavier et Daniel débattent de la meilleure recette pour cuisiner cet animal. Xavier nous promet que le prochain caïman sera cuisiné par lui-même et sera encore meilleur que celui qui mijote aujourd'hui. Je pars enfiler mon sweet camo. La cuisson terminée, il est temps de déguster cette fricassée avec du riz et du couac (semoule de manioc).

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Le service terminé nous attaquons, c'est vraiment délicieux. Daniel pour le deuxième soir nous régale de son savoir-faire culinaire. Nous attendrons impatiemment la prestation de Xavier. La bonne humeur et la plaisanterie rythme ce bon repas puis des fruits viennent finir sur une touche sucrée ce festin. Nous partons ensuite pour la partie de chasse de nuit sur le fleuve. Les équipes restent les mêmes que la veille ainsi que les secteurs de chasse.

En partant, nous dérangeons la grosse grenouille rousse fidèle à son poste qui rentre dans le terrier. Xavier démarre la barque, nous partons en marche arrière, puis manœuvrons pour prendre le sens du courant, rapidement nous apercevons un œil rouge, je me prépare en arrivant près du reptile, j'arme, allume ma lampe et me prépare à tirer mais il s'agit du caïman que j'ai pris en photo dans la crique hier. Il est posé sur la berge sur une étroite pointe enherbée délimitée par le fleuve et l'entrée de la crique face au fleuve. Il est tourné vers l'eau, je désarme et il nous laisse passer sans bouger. Les caïmans suivant plongent rapidement sans nous laisser approcher. Xavier repère un premier pac sur la berge et décide d'accoster pour le poursuivre et tenter de le flécher. Il me dit d'éteindre ma frontale et de tenir la barque puis accoste et tourne un petit moment en forêt. Au bout d'un moment, je l'entends frapper sur un tronc à ma gauche puis il finit par revenir. Le pac s'était réfugié dans un tronc creux, hors d'atteinte. Xavier n'a pu voir que sa tête en l'éclairant au fond du tronc.

Un peu plus loin, Xavier repère 2 pacs dans la végétation épaisse du bord de la berge. Il m'en informe et manœuvre pour me permettre d'en tirer un. Nous nous approchons doucement alors que j'arme mon arc avec ma flèche pêche et me prépare à allumer ma lampe d'arc mais je peine à voir les animaux dans la végétation épaisse. Je finis par repérer les gros yeux rouges qui se débinent mais les animaux ouvrent et ferment les yeux en avançant et je n'arrive pas à prendre ma visée, ils finissent par disparaître derrière une petite bute de terre. Xavier s'éloigne un peu pour trouver une zone dégagée pour accoster et jette son dévolu sur une arrivée de crique mais seule la rive opposée est dégagée. Je retiens la barque pendant qu'il part en longeant la crique. Le temps passe, je rallume ma frontale et observe les petits poissons autour de la barque. Au bout d'un moment Xavier revient et m'appelle pour localiser la barque, je lui réponds et rallume ma frontale pour le diriger. Il a retrouvé les pacs mais il s'agissait d'une mère et de son petit et a décidé de les épargner je suis finalement content de na pas avoir eu une occasion de tir.

Nous repartons, les caïmans ne sont toujours pas très coopératifs, Xavier repère encore un pac et accoste à nouveau pour partir à sa poursuite. Je tiens la barque et éteins ma frontale. Il va le retrouver rapidement, il le tire une première fois sans succès puis une seconde fois alors qu'il se cache derrière un tronc. Le pac a plongé et la flèche qui a ricoché sur le tronc est passée au-dessus du fleuve en heurtant des branchages, me faisant sursauter car j'ai eu l'impression qu'elle est passée tout près. Je ne vois pas l'encoche lumineuse, Xavier revient et nous cherchons un instant sa flèche en longeant les berges avec la barque mais sans succès, elle est introuvable. En cherchant la flèche nous repérons le pac qui est remonté sur la berge. Xavier s'avance vers lui et le rongeur s'enfonce dans la forêt. Xavier accoste et repars en chasse mais encore une fois le pac s'est réfugié dans un tronc et il doit laisser tomber. Nous continuons un peu en descendant le fleuve sans pouvoir approcher un caïman puis faisons demi-tour pour rentrer au camp.

Au bout d'un moment, Xavier annonce un pac sur notre droite et alors que je le cherche du regard, j'entends une décoche et vois l'encoche lumineuse de la flèche qui vient de se ficher sous le pac qui était de face. Il déguerpit et Xavier accoste précipitamment sans couper le moteur resté en position neutre, je m'accroche à une racine alors que ma frontale est éteinte. Xavier qui a récupéré sa flèche s'est éloigné et le temps passe quand je me dis que je n'ai même pas regardé ou j'ai posé mes mains. J'allume ma frontale et constate que ma main droite est posé à quelques centimètres d'un beau scorpion à petite pinces, les plus dangereux d'après ce que m'avait dit Xavier. Il est calme, je le prends en photo avant de le faire déguerpir.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

En regardant autour de moi, j'aperçois également une grosse araignée sur le tronc à ma droite qui penche sur le fleuve.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Tout à coup, je sens que la barque s'éloigne du bord et dois m'agripper de toutes mes forces pour la retenir contre la berge. Le moteur en neutre est passé tout seul en marche arrière et tracte la barque vers le fleuve, je lute pour rester au bord et le temps passant mes bras commencent à se tétaniser, n'en pouvant plu. J'appelle Xavier et essaye d'attacher la barque à la racine. Il me répond et pensant qu'il y a un problème revient rapidement alors que je viens de réussir à faire le tour de la racine avec la corde d'amarrage sur laquelle je tire de toute mes force pour rapprocher la barque du bord. Xavier n'a pas vu le pac, il remarque que je saigne de la main en montant dans la barque. Je rince ma main alors qu'il reprend sa place à l'arrière de l'embarcation et constate que je me suis taillé le petit doigt sur le côté extérieur de la pliure de la première phalange et que j'ai une toute petite plaie qui saigne beaucoup sur le dos de la main au départ du petit doigt. Je n'y prête pas trop attention et nous reprenons notre chasse.

Nous finissons par repérer un œil rouge sur la gauche et tentons l'approche. Le caïman nous laisse approcher, Xavier qui le voit mieux que moi m'annonce qu'il est gros. Je me prépare, encoche ma flèche, vérifie mon câble, arme, allume ma lampe et laisse la barque se rapprocher puis décoche sans me lever mais ma branche basse d'arc frappe le bord de la barque et dévie légèrement mon tir. Juste assez pour que ma flèche passe à côté du caïman. Décidément, je suis maudit avec les gros caïmans. Je rembobine mon câble et vérifie que mon arc n'ait rien puis nous repartons. Le camp se rapproche peu à peu et nous sommes toujours bredouilles malgré tous les pacs que nous avons vu. Je suis tout de même content car je n'avais pas vu de pac jusqu'à présent à part en photo.

En arrivant à la crique où j'ai pris en photo le caïman hier soir nous apercevons un œil rouge, Je me prépare rapidement, arme, allume ma lampe d'arc et prends la visée, c'est le caïman de tout à l'heure, il n'a pas bougé. La barque avance droit sur lui, la végétation me gêne pour tenter une flèche et j'attends la fenêtre de tir qui se présente à 3 mètres de percuter la berge. Ma visée est calée sur la gorge de l'animal qui me fait face, je décoche touchant le caïman qui reste cloué sur la berge. Il se débat furieusement et s'en prend à ma flèche à grands coups de mâchoire. Je m'avance vite vers lui au bout de la barque et tire sur ma flèche pour que le caïman puisse partir à l'eau et arrêter de malmener mon fût qui craque dangereusement. Il plonge à l'eau avec ma flèche. Je me dégage des branchages, rembobine mon câble de pêche et tente de maîtriser le saurien en attrapant la flèche mais ce dernier s'acharne sur cette dernière qui craque dangereusement. Impossible de lui faire lâcher la flèche, je le maîtrise donc en lui fermant la gueule, à la main, sur ma flèche et le remonte dans la barque. Je parviens à dégager ma flèche dès qu'il réouvre la gueule puis mon câble pris dans sa mâchoire. Je lui entoure le museau de scotch et dégage ensuite ma flèche, qui s'en sort miraculeusement à peine éraflée, en dévissant la lame qui retenait le reptile juste par une patte avant au niveau de l'épaule. Cette année, j'ai changé de pointe de pêche, j'ai remplacé mes "Steel Force Gator" par des "Steel Force Carp", ces nouvelles pointes de pêches volent beaucoup mieux, planent moins et ont une meilleure pénétration dans l'eau de plus leur forme permet de harponner les caïmans qui ne peuvent plus s’échapper.

J'achève mon caïman d'un coup d'opinel derrière la tête et le mets dans la barque avant de rembobiner mon câble de pêche et de revisser ma lame de pêche. Nous rentrons au camp ou nous retrouvons nos collègues qui sont bredouilles. "Scarabée a manqué un pac avec sa flèche pêche et n'a pas pu flécher de caïman.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je vide mon caïman, le lave dans le fleuve et le pends pour l’égoutter. Je le mettrai au frai demain matin. Comme hier, je pars me coucher habillé. Je pends également mes chaussures mouillées à la corde à linge comme hier pour éviter d'y trouver un habitant à l'intérieur demain matin.

 

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

LASBATS CHISTINE : 

06 45 35 50 42

 

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CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

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