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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:25

Cette après-midi, nous avons décidé d'aller chasser les capibara avec Xavier et Daniel. J'ai ciblé mon arc ce matin et refais quelques flèches car depuis le début de mon séjour toutes mes vannes se décollent en passant mon repose flèche biscuit. J'ai installé ce repose flèche à la place de mon "révolution" car aucun repose flèche mécanique ne survit au climat guyanais mais la colle que j'ai utilisé pour coller mes vannes est cassante et ne résiste pas à l'humidité, du coup mes vannes se décollent en traversant les poils du repose flèche. Mes vannes, recollées avec une colle adaptée, tiennent maintenant beaucoup mieux et résistent au passage du repose flèche. Depuis la casse de mon stop-corde lors de notre retour du premier séjour en forêt mon arc est bruyant mais les capibara ne sautent pas la corde et je tire en général assez prêt. Alors que je me prépare avant de partir un vol d'urubus noirs s'est posé dans l'herbe devant chez Xavier pour grappiller quelques restes de poisson laissé par les chiens de Xavier. Ces oiseaux qui annoncent la mort sont peut être bon signe.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Nous partons avec Xavier et retrouvons Daniel au barrage puis partons vers la ferme. Arrivés sur place, nous nous préparons tranquillement tout en nous distribuant les secteurs de chasse. Je vais partir chasser mon secteur favori, un peu plus loin sur la gauche du chemin de terre alors que mes collègues chasseront de part et d'autre d'un marécage sur la droite du chemin. Une fois prêts, nous prenons le chemin. Daniel bifurque à droite avant le marécage et je continue jusqu’au bout du chemin avec Xavier. Le sol est jonché de traces et de crottes de capibaras, je surveille le marécage sur la gauche du chemin avant le départ des moucoumoucous puis m'avance tout doucement pour tenter d'apercevoir un capibara au travers des arbres du petit bois qui borde la droite du marécage mais rien en vue. Le vent est face à nous pour le moment. En arrivant au bout du chemin de terre nous nous séparons et je pars comme prévu sur la gauche pour rentrer dans le petit bois en suivant le bord du marécage à ma gauche. Les capibaras ont marqué le sol de grosses coulées pour venir manger les fruits oranges des hawaras (sorte de palmier) et le secteur est riche d'indices de présence. J'avance très lentement en observant bien les alentours. Je me rapproche d'un tas de branches derrière lequel j'ai souvent fait démarrer des animaux. Rien ce soir, je contourne l'obstacle par la droite quand un bruit de feuilles sèches accompagné d'un mouvement au ras de mon pied me font stopper net et river les yeux au sol. Je viens de passer à quelques centimètres de poser mon pied sur un gros iguane vert qui démarre et part vers l'eau. Habituellement, ces gros lézards fuient de loin et je ne m'attendais pas à en voir un de si près. Il marque un temps d'arrêt au bord de l'eau à moins de 10 mètres avant d'y entrer pour disparaître.

Je continue à longer tout doucement le marécage en sous-bois. Quelques gros iguanes se laissent tomber bruyamment à l'eau dans les moucoumoucous mais les capibaras semblent absents. La prairie s'avance vers le marécage sur quelques dizaines de mètres puis c'est le bois qui s'avance dans la prairie de plusieurs dizaines de mètres. Je traverse le découvert puis rentre dans la langue de bois par un passage dégagé pour revenir vers le bord de l'eau. Les capibaras ont fait de grosses souilles dans la boue noire du sous-bois et le sol est marqué de très nombreuses traces. Je rejoins la lisière du bois sans voir un capibara, je m'avance tout doucement en sortant du bois pour longer le marais surmonté d'une grande butte. Plusieurs gros iguanes se débinent dans l'herbe hautes et rejoignent l'eau sans hâte, ils prennent même le luxe de s'arrêter plusieurs fois avant de rejoindre la sécurité des moucoumoucous. En m'avançant un peu, j'aperçois une tête de capibara dépassant de l'herbe à environ 60 mètres devant moi, au pied de la butte, à environ 20 mètres de l'eau, à l'aplomb d'une touffe de palmiers qui pousse au-dessus de la butte. Je me baisse pour me camoufler derrière le relief du terrain puis remonte la butte contre le bois pour tenter une approche à couvert par le dessus. Le vent n'est pas bon pour surprendre l'animal, il souffle du sommet de la butte vers l'eau et je vais devoir rester décalé pour ne pas être repéré. J'approche un peu voûté et aperçois un capibara qui nage pour traverser la bande d'eau libre séparant la berge des moucoumoucous. Je finis mon approche à genoux en revenant vers la cassure de la butte. J'aperçois vite quelques capibaras assis au pied de cette dernière à un peu plus de 20 mètres. Je me baisse pour m'approcher encore un peu tout doucement, le vent est un peu changeant et alors que j'arrive à environ 20 mètres des animaux ceux-ci se lèvent et commencent à se débiner vers l'eau. J'arme mon arc et vise le plus proche puis décoche. Ma flèche me semble bonne et tous les capibaras se jettent à l'eau pour rejoindre rapidement les moucoumoucous. Je reste un instant sans bouger, à l'écoute mais le calme revient vite et je n'attends pas mon capibaras se débattre. Je pars contrôler mon tir pour m'apercevoir que ma flèche ne porte aucun indice, elle a juste ricoché sur le poitrail de l'animal. Je la récupère et la remets au carquois avant de repartir en longeant le marais qui bifurque à 90° vers ma droite.

Je progresse maintenant face au vent et aperçois vite une grosse bande de capibaras qui broutent au bord d'une hanse du marais. J'en compte au moins 50. Certains sont dans l'eau, les autres sont éparpillés jusqu'au sommet de la butte. 

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Etant à découvert pour attaquer mon approche, je décide de faire une grande boucle pour les approcher par le sommet de la butte. Je fais donc marche arrière doucement et le plus voûté possible tout en surveillant les capibaras qui ne semblent pas m'avoir repéré. Une fois caché par le relief, je presse le pas pour rejoindre la bordure du bois que je longe en direction du sommet de la butte et des animaux. Je traverse tranquillement le sommet de la butte tout en restant voûté et parcours ainsi une grosse centaine de mètres en direction du marais puis, en me rapprochant de la cassure de la pente qui descend vers l'eau, je finis mon approche à genoux, baissé en me redressant doucement par moment pour tenter de les apercevoir. Je devrais maintenant les voir mais pas un capibara n'est visible, en continuant mon approche, je finis par comprendre en sentant le vent dans mon dos. Ce dernier a tourné et les capibaras m'ont senti, seul un retardataire m'observe à environ 50 mètres, dans l'eau, près de la berge et il finit par s'élancer vers les moucoumoucous. 

Je redescends au bord de l'eau pour continuer ma progression. Je longe un instant le marécage et aperçois un autre troupeau de capibaras sur les pâtures de l'autre côté de l'étendue d'eau. Je me baisse au maximum pour tenter de profiter de la hauteur des moucoumoucous du centre du marécage pour me camoufler et progresse ainsi en surveillant par moment les animaux qui ne semblent pas faire attention à ma présence. Revenu en face de l'arrivée du chemin de terre par lequel nous sommes arrivés toute à l'heure, j'aperçois encore d'autres capibaras au loin de l'autre côté du marécage, je décide de tenter de contourner ce dernier pour les atteindre. Je pars tranquillement vers le chemin de terre en m'éloignant de l'eau tout en surveillant les animaux qui semblent toujours paisibles et rejoins ainsi une grosse coulée, en crête de la butte, parallèle au marécage et marquée par le passage du bétail à environ 100 mètres de l'eau. Les capibaras broutent toujours, ils sont très nombreux. Au loin, 2 animaux isolés broutent près d'un bouquet d'arbre, non loin du marécage qui contourne une langue de prairie, au bord d'une clôture de barbelé. Je décide de me focaliser en premier sur eux. Je passe derrière la butte et avance rapidement vers les clôtures puis passe dessous, rejoins le chemin de terre qui passe au bout de l'avancée du marécage que je suivais tout à l'heure, puis biaise vers la clôture qui se dirige droit vers l'endroit où j'ai repéré les animaux que le relief du terrain me cache maintenant. Je passe sous la clôture et avance voûté pour me cacher derrière la végétation pas très haute mais plus épaisse qui borde la clôture tout en surveillant les troupeaux de capibaras qui broutent toujours entre 200 et 300 mètres sur ma gauche.

Je progresse tranquillement et passe plusieurs trous dans la végétation bordant la clôture sans être repéré. La pente du terrain s'accentue vers le marécage et je m'attends à voir les animaux mais ils ne sont plus là. Je m'avance tout doucement en continuant à suivre la bande de végétation qui borde la clôture quand j'aperçois un capibara sur la gauche de cette dernière à environ 50 mètres. Il broute de 3/4 arrière et ne m'a pas vu. Je regarde bien tout autour de moi, les autres capibaras sont loin sur ma gauche. Je commence à me rapprocher en restant baisser. Le capibara commence à avancer en broutant et s'éloigne de la clôture. Un petit bouquet d'arbre poussant près de cette dernière me faisant un petit écran de camouflage, je profite pour presser un peu le pas. Le vent est bon et j'arrive vite à environ 20 mètres du capibara. J'arme mon arc et poursuis mon approche tout en me redressant un peu et en alignant ma visée, les arbres ne me cachent plus et je risque d'être repéré à tout moment. A environ 12 mètres du capibara, je stoppe, cale ma visée en avant sa cuisse et décoche alors qu'il avance d'un pas très lent. Ma flèche est à peine plus en arrière mais le capibara chute lourdement au sol et commence à se débattre. Je passe vite sous la clôture et me précipite vers lui mais le sang coule par ses naseaux et son œil se révulse. C’est fini pour lui, c'est un joli mâle reconnaissable à sa grosse glande sur son museau.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Les autres capibaras au loin n'ont pas bougé. Je décide de laisser mon capibara sur place pour tenter d'aller en flécher un second. Les animaux sont séparés en 2 troupeaux, un en crête et l'autre au bord de l'eau sur la droite. Je m'aligne avec un bouquet d'arbres que je rejoins pour me cacher derrière et observer les animaux. Le groupe en crête semble compliqué à approcher.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Je décide de tenter l'approche sur les capibaras situés au bord du marécage.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Un gros capibara couché plein travers à environ 50 mètres, tourné vers l'eau, à l'ombre de quelques arbres semble se douter de quelque chose. Je rampe sur ma droite, vers la bande de végétation épaisse d'environ 1 mètre de haut et de 1 à 2 mètres de large qui borde l'eau et y entre. Le capibara semble toujours m'observer mais n'a pas bougé. J'observe un instant les capibaras du secteur, un énorme vient vers moi à environ 150 mètres, il marche dans l'eau en longeant la bande de végétation épaisse. Je décide de commencer mon approche. Je progresse à quatre pattes  dans la bande de végétation en poussant mon arc devant moi tout en surveillant le capibara le plus proche qui semble m'avoir repéré mais qui reste immobile. J'avance tranquillement noyé dans la végétation, les mains et les genoux plongés dans la boue noirâtre du marécage et gagne peu à peu du terrain en suivant la bande de végétation sinueuse. Le capibara finit par se lever alors que j'arrive à environ 30 mètres de lui. Je me fige et l'observe un instant puis tente d'avancer encore un peu. Il me laisse gagner quelques mètres puis pousse un cri d'alerte et se débine tranquillement vers l'eau où je le perds du vue dans la végétation. Les autres capibaras n'ont pas réagi. Je laisse le capibara s'éloigner pour ne pas l'affoler plus puis reprends mon approche à 4 pattes. Une vingtaine de gros capibaras sont arrêtés près de l'eau à environ 70 mètres. Je décide de me focaliser sur eux et reprends mon approche dans la végétation épaisse. Le vent soutenu est toujours bon, je progresse tranquillement le plus baissé possible pour me fondre dans la végétation et me redresse tout doucement par moment pour observer les animaux que je ne vois pas en approchant. Ils ne bougent pas et me laissent m'approcher. A 12 mètres, j'hésite à tirer mais je décide de gagner encore quelques mètres. A 8 mètres, j'encoche ma flèche, accroche mon décocheur, jette un coup d'œil aux animaux et décide de tirer le plus proche. Il est assis et semble énorme. J'arme doucement mon arc dans la végétation et me redresse tout doucement en prenant ma visée. Le capibara se lève et se positionne plein travers. Mon pin’s se pose bas sur son coffre et je décoche. Ma flèche le traverse dans la zone du cœur avec un jet de sang. Il se précipite à l'eau avec toute sa bande au milieu des gerbes d'eau et des bruits de plongeons. Je me redresse vite pour tenter de le voir fuir. L'eau se soulève, provoquant un soulèvement des jacinthes d'eau sur le trajet des capibaras jusqu'au moucoumoucous situés à environ 30 mètres de la berge.

Les capibaras à couvert, le calme revient vite et je tente de tendre l'oreille pour essayer d'entendre mon capibara se débattre mais avec le vent soutenu, impossible de l'entendre. J'attends un peu puis pars chercher ma flèche. Un groupe de capibaras arrêté au bord de l'eau, sous quelques arbres à environ 45 mètres, me regarde me rapprocher sans bouger. Je retrouve ma flèche couverte de sang posé sur le sol et me dis que mon capibara n'a pas dû aller très loin.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Les capibaras ne bougent toujours pas et tenter une nouvelle approche est très tentant mais j'ai atteint mon quota de 2 capibaras pour aujourd'hui. Je cherche donc des traces de sang pour tenter de m'aider dans ma recherche mais sans succès. Xavier a essayé de m'appeler, je tente de le rappeler sans succès puis lui laisse un message pour lui dire que j'ai tiré 2 capibaras et que je pars chercher le second. Je quitte ma veste de tenue 3D, ma cagoule, mes gants, mon décocheur et laisse mon arc et mon appareil photo puis m'avance dans l'eau noire et mal odorante du marécage qui monte vite jusqu'à ma taille en poussant une masse impressionnante de jacinthes d'eau devant moi, mon portable à la main. Pas la moindre trace de sang. J'arrive au ras des moucoumoucous à l'endroit où il me semble voir rentrer mon capibara mais la "forêt" de moucoumoucou est très dense et je peine à trouver un passage pour y rentrer au milieu des troncs épineux. Je dois me battre contre les racines et les troncs pour me frayer un chemin dans cette jungle aquatique. Je surveille les alentours en avançant mais impossible de voir à plus de 5 mètres et mon capibaras est introuvable. Le temps passe et ma progression est toujours aussi compliquée avec de l'eau souvent jusqu'à la taille et parfois plus haut. Je décide d'aller poser mon portable sur la berge et envoie un massage à Xavier toujours injoignable car il a laissé son portable sur le bord du marécage avec son sac à dos pour approcher, avec de l'eau jusqu'au cou, un groupe de capibaras. Mon portable au sec, je retourne à ma recherche et tente de rentrer plus à gauche dans les moucoumoucous. Après plusieurs dizaines de mètres la végétation très dense fait place à une zone plus claire et je tente de rejoindre cette zone quand de terribles brûlures m'enflamment les dos. C'est alors que je reconnais ce bourdonnement caractéristique et que je me jette en avant pour échapper à cette douleur très vive tout en m'agitant pour me débarrasser des guêpes qui m'assaillent. Heureusement, elles ne me suivent pas sur plus de 10 mètres et rejoignent leur nid que j'aperçois en me retournant. Ce sont des petites guêpes, elles sont très nombreuses sur leur nid de la taille d'un melon.

La douleur vive m'accompagne un moment dans ma recherche qui s'éternise. Je comprends que c'est très mal engagé mais persiste, tourne et tourne encore dans ces moucoumoucos qui griffent mes bras et cette eau pourrie et puante. La luminosité commençant à baisser dans l'épaisse végétation, je dois me rendre à l'évidence que mon capibara est perdu. Je tente de revenir vers la berge et récupère mon portable. Xavier a essayé de me joindre et je le rappelle, il n'a pas compris mon message où j'essayé de me localiser et me cherche avec Daniel depuis un bon moment. Je lui réexplique ou je suis. Ils viennent à ma rencontre avec le 4x4 de Daniel pendant que je vais chercher mon premier capibara. Alors que je dégage ma flèche restée plantée dans mon capibara, je vois arriver mes amis. Je me signale et tire le capibara pour le mettre dans une zone où Daniel pourra l'atteindre en 4x4. Nous chargeons mon capibara dans la benne avec la grosse femelle qu'a fléché Xavier puis partons récupérer mes affaires et avant de partir à 3 pour chercher mon capibara jusqu'à la nuit noire sans plus de succès. Je suis dégoûté surtout sachant que ma flèche était très bonne et que mon capibara ne doit pas être bien loin. Il est peut être mort sous l'eau ou je suis passé tout près sans le voir. Il fait maintenant nuit, je prends tout de même quelques photos de mon capibara avant de le recharger dans le pickup puis nous rentrons.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Sur le chemin du retour nous dérangeons un beau caïman qui plonge dans le marécage au passage de la voiture. Arrivé à la ferme nous prenons quelques photos de nos capibaras avant de rentrer pour préparer la viande.

Une sortie au capibara qui aurait dû être exeptionnelle, 25 mars 2017

Malgré ma belle prise, je suis très amer d'avoir perdu ce second capibara que je sais mort. Cette chasse n'est pas la plus difficile en Guyane mais retrouver son animal après le tir dans ce biotope est parfois très difficile.

 

Alex

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 17:09
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
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Alex

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 16:45
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
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Second séjour en forêt, 22 mars 2017
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Second séjour en forêt, 22 mars 2017

Alex

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 15:48

Ce matin nous nous levons tranquillement alors que le jour commence à se lever. J'ai passé une bonne partie de la nuit à me démanger, mon corps est couvert de piqûres de moustiques et de poux d'agouti. Alors que je m'habille, je remarque un bouton bizarre au milieu du côté gauche de ma cuisse gauche, très prononcé, un petit trou bien rond en son centre est très propre comme s'il n'avait pas cicatrisé depuis hier. J'ai un mauvais pressentiment et m'imagine déjà infecté par un ver macaque ou une puce chique (malheureusement l'avenir me donnera raison). Je finis de me m'habiller et pars déjeuner avant de faire quelques photos de mes caïmans attrapés la veille. Je rééquipe mon arc pour la chasse en forêt en enlevant mon moulinet de pêche avant de finir de me préparer. Nous allons repartir avec Xavier pour une chasse en forêt un peu plus loin sur le fleuve. Une fois prêt nous embarquons pour descendre un peu le fleuve alors que le soleil se lève sur la cascade.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous accostons un peu plus loin et je descends pour attacher la barque avant de débarquer nos affaires. Il nous faut remonter un talus abrupt pour atteindre une belle clairière, emplacement d'un ancien campement d'où nous allons partir pour chasser. Une grande colline démarre à environ 70 mètres devant nous.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

La jungle ne semble pas très dense et les grands arbres aux troncs fins sont assez hauts.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous faisons notre point GPS puis Xavier nous réparti les secteurs de chasse. Je vais partir sur la gauche pour contourner la colline en suivant plus ou moins une crique. Nous nous séparons donc et je commence ma chasse, comme à mon habitude, en avançant lentement tout en faisant de petites pauses observatoires très fréquentes. Je rattrape le bord de la petite crique et suis sa vallée assez large côté droit qui est le plus dégagé. Les moustiques commencent déjà à m'assaillir, un colibri vrombissant vient me saluer. Un peu plus loin, je tombe sur quelques fruits verts au sol ressemblant à des mangues allongées. J'ai déjà trouvé de tels fruits l'an dernier lors d'une chasse et quelques-uns étaient mangés mais ici aucun n'a été touché. J'en ramasse un pour l'observer de plus près.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Il est très ferme et ne semble pas mur. Je découpe une lamelle avec mon couteau pour voir la chair mais une laitance blanche immaculée commence à s'écouler et je jette ce fruit au sol pour ne pas être en contact avec cette substance dont je ne connais pas les propriétés. J'essuie bien mon coupeau et le range dans son étui avant de me remettre en route. Un peu plus loin, j'aperçois à environ 20 mètres, une grosse tortue charbonnière immobile le long d'un petit tronc tombé au sol. Stoppé par cet obstacle, elle avait commencé à le longer avant mon arrivée mais elle s'est arrêtée. Je me rapproche pour l'observer de plus près, c'est un beau mâle qui doit faire plusieurs kilos.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

De belles écailles d'un jaune orangé ornent sa tête et ses pattes et un peu de pulpe de fruit est coincé dans son bec. Elle a certainement mangé il y a peu de temps. Je me pose un moment sur le tronc pour l'observer mais la tête rentrée elle ne veut pas bouger.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Elle me fait penser à cette histoire amérindienne que Xavier m'a raconté, Il semble que les amérindiens, lors de leurs chasses, ramassent parfois une tortue trouvée sur leur chemin en lui promettant de la manger s'il n'attrape pas de gibier et de la relâcher dans le cas contraire. L'esprit de la tortue, voulant échapper à la marmite, ferait alors venir le gibier. Cette tortue fait partie des espèces non commercialisables mais que l'on peut chasser pour sa consommation personnelle. Je laisse monsieur tortue à sa journée pour reprendre ma chasse mais le gibier n'est pas au rendez-vous. J'en profite pour faire quelques photos de cette nature magnifique. Je croise une liane ressemblant à un haricot géant torturé,  elle est plate avec des renfoncements, certains en demi-sphères de la taille de boules de pétanque.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un peu plus loin ma route croise celle d'une petite mante religieuse immature dont le camouflage, sur les feuilles mortes du sol forestier n'est trahi que par sa tentative d'esquiver mon pied en s'enfuyant.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je continue mon chemin, alors que je m'arrête un instant pour observer la forêt autour de moi, du bruit me fait lever la tête c'est alors que j'aperçois des tamarins à mains dorées sautant dans les arbres. J'allume mon appareil photo pour les filmer un instant ce qui donne l'occasion aux moustiques de dévorer ma main immobile et tendue vers le ciel. Je finis par éteindre mon appareil photos pour me débarrasser de ces insectes suceurs de sang.

Je m'aperçois alors que juste un peu plus à gauche, des singes hurleurs se déplacent dans les branches de la canopée. Je recommence à filmer un instant les singes hurleurs et les tamarins ce qui permet aux moustiques de revenir m'assaillir.

Je finis par renoncer et me remettre en mouvement pour échapper à ses piqûres incessantes. Je me pose un peu plus loin pour boire et manger un bout car il est midi passé. Cette pause, comme les autres, ne sera pas très longue à cause des insectes suceurs de sang, il est temps de se remettre en chemin. En remontant une colline, je reconnais le chant des hoccos

et commence une approche très lente pour tenter de les surprendre. En arrivant au sommet, j'en aperçois un posé à environs 6 mètres du sol sur une branche à environ 30 mètres. Je tente de me rapprocher un peu mais il m'a vu et se débine dans les branchages en poussant son cri d'alerte : "pic pic pic...". Arrivé au pied d'un gros arbre, je me cache et observe, j'aperçois alors les 2 autres hoccos perchés un peu plus loin. Le plus proche est à environ 15 mètres au-dessus de moi. J'hésite un peu puis décide de tenter une flèche. J'arme vite un moment et décoche mais ma flèche rate complètement sa cible. Je réencoche et tente une approche sur l'oiseau qui s'est envolé et reposé un peu plus loin. J'arrive à me rapprocher à nouveau à portée de tir d'un oiseau branché. J'arme, vise et décoche mais encore une fois ma flèche n'est pas où je la voulais. Je laisse partir les hoccos et décide d'en rester là, j'ai déjà perdu 2 flèches et je ne comprends pas pourquoi mes flèches ne volent pas bien. Je m'éloigne des hoccos qui remontent vers les cimes en poussant des cris d'alerte et croise sur ma route une nouvelle liane plate ressemblant celle fois à une bande de tissu.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

En remontant sur la colline, je tombe sur une très grande bande de capucins bruns avec lesquels je joue un moment en les appelant pour aiguiser leur curiosité en imitant un de leur sifflement. Je ne sais pas combien ils sont mais leur bande est étalée sur plusieurs dizaines de mètres dans les arbres.

Ne voyant pas d'autre gibier et voyant l'heure du rendez-vous à la barque se rapprocher, je décide de commencer à me rapprocher du fleuve et prends mon cap à la boussole et au GPS.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un petit mouvement au sol attire mon regard sur un petit papillon noir portant une belle ceinture dorée.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Cette année, beaucoup de secteurs de la forêt sont tapissés de fleurs tombées des arbres, elles sont souvent de couleur mauve ou violette.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Une magnifique liane rainurée de plus de 15 à 20 centimètres de diamètre semble avoir voulu faire quelques nœuds au sol avant de s'élever vers les cimes.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un grondement caractéristique se fait entendre au loin et la pluie me rattrape vite. Une grosse averse s'abat sur la jungle, je suis vite trempé et c'est ce moment-là que choisissent un tinamou pour décoller près de moi puis, un peu plus loin, un petit agouti pour démarrer devant moi et foncer vers un tas de branchages à une vitesse hallucinante. Je ralenti donc un peu mon allure mais aucun autre animal ne pointera le bout de son nez. La pluie finit par se calmer alors que je me rapproche de la barque. Mon regard est attiré au sol par des petits fruits oranges ou verts pour ceux qui ne sont pas mûrs. Ils semblent tombés d'un arbuste tout proche et certains ont été grignotés.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

J'arrive à la barque,

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

je suis trempé et décide de quitter ma veste 3D, mes gants et ma cagoule que je laisse à la barque avec mon arc puis remonte vers la clairière pour m’asseoir sur un rondin de bois en attendant Xavier qui n'est pas encore revenu. Le temps passe, je me lève donc pour faire quelques photos autour de moi : une broméliacée (famille des ananas) que l'on rencontre souvent chez les fleuristes.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un mille pattes sur le tronc d'un arbre, cet arthropode à la fâcheuse manie de s'accrocher à ma cagoule et je le retire régulièrement entrain de rentrer dans ma cagoule pendant mes chasses en forêt, ce qui fait généralement une impression bizarre quand on ne sait pas de quoi il s'agit avant de le retirer et que l'on sait que la forêt est peuplée de petites créatures beaucoup moins sympathiques.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je reprends ma place sur mon rondin alors que la pluie qui s'était arrêtée recommence à tomber de plus belle. Au bout d'un moment un mouvement attire mon regard sur ma gauche en limite de la clairière. Une tourterelle à front gris se promène tranquillement au sol entre les arbres à environ 20 mètres sur ma gauche et mon arc est à la barque. Je tente de m'éclipser doucement et descends vers la barque où je remets mon décocheur et attrape mon arc avant de revenir vers la clairière. Je me fige un instant et observe mais l'oiseau a disparu, je reste immobile quand un léger mouvement trahit l'oiseau juste avant qu'il disparaisse dans un creux. Je tente une approche mais il a disparu et je n'arrive pas à le retrouver. 

Les averses se succèdent et Xavier finit par arriver, il a manqué un agouti, sa flèche bien partie a été déviée par une brindille. Nous discutons un peu de notre chasse puis reprenons la barque pour revenir vers le camp alors que le soleil est revenu et inonde la cascade.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous accostons et rangeons nos affaires avant de discuter un peu avec nos collègues. Nous mangeons un bout avant de partir nous laver à la cascade. J'en profite pour retirer quelques tiques qui se sont accrochées durant ma chasse. Mon bouton sur la cuisse fait environ 3 cm de diamètre et le trou central ne se referme toujours pas. Nous décidons ensuite d'aller explorer le palier au-dessus de la cascade avec Xavier pendant que Daniel pêche l'aymara sous la cascade. Xavier qui est pieds nus pose le pied sur une grosse fourmi noire dont le dos est couvert de piquants acérés qui viennent se planter dans son gros orteil. Il la retire vite et je remarque alors que ces fourmis sont nombreuses sur le rocher glissant qui borde la cascade.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous remontons en longeant la cascade. Les rochers mouillés par la pluie de cet après-midi sont glissants et nous prenons garde à ne pas tomber.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Sur le haut de la cascade, ne subsiste qu'un très étroit passage glissant, je préfère passer par la forêt pour évite de tomber dans le fleuve. D'étranges fleurs poussent sur le sol.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Elles ont une forme ovoïde écailleuse et allongée, de couleur rouge, elles font environ 10 à 15 centimètres de long.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Juste un peu plus loin poussent de petits ananas sauvages.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Le passage périlleux dépassé, je reviens vers la roche qui borde le fleuve. Le secteur est presque plat mais la roche mouillée glisse et il faut avancer doucement pour ne pas tomber.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous trouvons avec Xavier les 2 trous d'eau creusés dans la roche dont parlaient Bryan et Loïc hier soir. Il semble que, la nuit, ils soient habités par 2 caïmans de belle taille qu'ils ont vu lors de leur exploration du secteur.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je remonte un peu plus haut pour prendre quelques photos d'un petit saut baigné par cette belle lumière.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017
Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous décidons ensuite de redescendre voir Daniel qui pêche toujours.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je remarque alors que de petites flaques sont colonisées par des centaines de petits têtards dont la vie ne tient qu'aux prochaines pluies car le peu d'eau qui les maintient en vie peu vite s'évaporer si les jours sans pluie se succèdent.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je remarque aussi quelques grappes de fleurs violettes qui ressemblent à celles de l'arbre à papillon en lisière de forêt.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017
Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous repassons par la forêt puis rejoignons la roche et descendons voir Daniel.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous restons un moment à le regarder pêcher et il finit par piquer un gros aymara et entamer un rude combat avec ce poisson qui saute en tous sens et finira par se décrocher. Xavier a filmé la scène. Un arbre penché est couvert de végétation, c'est un jardin à lui tout seul.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

La luminosité commence à baisser et je décide de préparer mes affaires pour aller faire un petit tour à la chasse derrière le camp en espérant croiser un tatou en rentrant de nuit. Le secteur, d'après ce que j'ai pu voir lors de mon premier jour de chasse, semble très fréquenté par ces animaux (traces, grattés, coulées...)

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je me prépare et tri mes flèches dont plusieurs perdent leurs vannes. La colle superglue que j'ai utilisée pour l'empennage ne supporte pas l'humidité et je comprends maintenant pourquoi mes flèches ne volent pas droit. Mes vannes ont tendance à se décoller à la décoche en passant mon repose flèche biscuit. J'ai repéré, le premier jour de chasse, un secteur où le sol est couvert de fruits mangés et je décide d'aller m'y poster un moment en attendant la nuit. Je prends le cap sur ce point marqué sur mon GPS et pars dans sa direction. Les cris des aras, qui se regroupent sur leur perchoir pour passer la nuit, résonnent dans la forêt. Ma route me conduit juste au pied d'un immense arbre au tronc clair sur lequel ces magnifiques oiseaux se sont posés. En levant la tête je parviens à en apercevoir 2, posés à plus de 50 mètres de haut. Je les observe un moment et aperçois une zone verte sur leurs ailes, leurs corps sont rouges, ce sont des aras chloroptère.

L'un d'eux finit par s'envoler en criant mais l'autre reste perché tout en criant. D'autres sont perchés plus haut mais je ne peux pas les voir. J'essaie de filmer ce ara un moment mais les moustiques m'assaillent de partout et je n'arrive pas à rester bien stable, je renonce vite et reprends ma progression.

La luminosité baise vite en forêt, je tourne et retourne sur le secteur où j'ai marqué le point localisant la zone de fruit mais sans arriver à la trouver. Au bout d'un moment, je finis par la trouver alors qu'il fait presque nuit et me poste mais j'ai beaucoup tourné sur le secteur et je crains que ce dérangement ne soit pas propice à voir un animal. Je reste un moment posté alors que la nuit noire s'installe. Les moustiques m'assaillent de toute part et l'attente dans le noir, frontale éteinte est de plus en plus insupportable. Je renonce et décide de partir à l'approche sur le secteur. Je rallume ma frontale pour partir en chasse mais je tourne un moment dans le secteur sans rien voir et, découragé, je décide de rentrer sur le camp. Une grosse sauterelle brune se laisse prendre en photo.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

En route, je croise Loïc qui part en chasse. Arrivé au camp, je me pose sur le coin cuisine et discute avec Daniel avant de partir refaire un tour près des 2 trous d'eau au-dessus de la cascade. Je suis parti sans mon arc car nous avons décidé de na par tirer les caïmans de la cascade durant notre séjour. 2 paires d'yeux rouges apparaissent vite. En me rapprochant, je distingue alors 2 gros caïmans gris calés contre la roche bordant l'autre côté des trous d'eau. Chacun à l'entrée d'une petite cavité passant sous cette grosse roche. Je les observe un moment, l'un des 2 finit par rentrer dans son trou. Je décide de ne pas les déranger plus et fais demi-tour pour revenir vers le camp et tombe sur un crapaud de couleur beige rosé, ponctué de tâches vertes.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Bryan, qui était parti de son côté, finit par revenir avec un magnifique tatou mâle qu'il a fléché avec son arc traditionnel. Il se pose pour nous raconter sa chasse. Il a tiré une première flèche sur le tatou mais cette dernière a ricochée sur la carapace de l'animal l'écorchant à peine. Il a eu le temps de réencocher et de décocher une seconde flèche sur l'animal qui n'a pas eu le réflexe de s'enfuir tout de suite. Mortellement touché l'animal est très vite mort après avoir laissé derrière lui une belle piste de sang qui a permise à Bryan de la retrouver sans mal. Il nous montre également la bilame, qui semblait pourtant très solide, de sa première flèche qui a littéralement explosé en heurtant la carapace de l'animal.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Son histoire m'a remotivé et je décide de repartir en chasse dans le secteur où il a fléché le tatou. Je me rééquipe et pars dans la jungle, en longeant le fleuve, éclairé par ma frontale. Le secteur est très épais, les lianes entremêlées dans les troncs et le bois mort sont parfois difficilement franchissables et je dois me frayer tant bien que mal un chemin. Tout à coup, des yeux brillants attirent mon attention. C'est un pian qui reste un moment bloqué dans le faisceau de ma frontale avant de se débiner dans l'épaisse végétation. Je continue ma progression, j'ai remis ma flèche au carquois pour arriver à me faufiler au travers des obstacles. Un peu plus loin deux gros yeux rouges s'illuminent dans un entrelacs de lianes à environ 15 mètres devant moi. C'est un pac, je tente d'encocher une flèche mais cesse un instant d'éclairé le gros rongeur qui en profite pour s'éclipser avant que je sois prêt à armer. Je ne peux que le regarder se débiner impuissant. Je tente de m'approcher pour essayer de l'apercevoir à nouveau mais il a disparu. Je continue ma route et finis par rejoindre le marécage asséché qui borde une petite crique. Le secteur est bien plus dégagé et ma progression est bien plus facile au milieu des palmiers.

Je me rapproche de la petite crique bordée par une zone couverte de sortes de petits palmiers sans tronc d'environ 1 mètre de haut et dont les feuilles font un bruit cartonné quand on les bouscule. Je m'avance dans cette végétation bruyante quand j'aperçois 2 yeux rouges dans l'eau. C'est un caïman gris, il me semble de belle taille et je tente de me rapprocher au travers des petits palmiers mais il prend peur et se débine en remontant le courant dans l'eau peu profonde qui ne couvre même pas son dos. Je presse le pas pour le contourner sans le voir à cause de la végétation et lui couper la route un peu plus en amont. En revenant vers l'eau, je l'aperçois, il arrive sur moi de 3/4 face et stoppe net à quelques mètres, pris dans le faisceau de ma frontale. J'arme vite mon arc et vise la tête pour tenter de le sécher sur place. Je décoche, ma flèche un peu trop à gauche rentre sur le côté de la tête et ressort dans le cou, restant en travers de l'animal qui tente de faire demi-tour mais s'empêtre dans la végétation de la crique et se débat pour se dégager de ma flèche qui l'entrave. Je réencoche rapidement et lui décoche une seconde flèche qui lui ouvre le dessous du poitrail et lui casse une patte avant. Je pose mon arc et me jette sur lui en lui fermant la gueule à la main avant de dégager ma première flèche et de récupérer ma seconde. J'achève ensuite mon caïman et le mets dans mon sac à dos avant de revenir vers le camp. Pas le moindre tatou vu sur le retour. En arrivant au camp, je vide mon caïman et le mets dans la glacière puis discute un peu avec mes amis avant de partir me coucher. Je ferai les photos demain matin.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Alex

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 06:12

Ce matin, je pars avec Xavier pour chasser sur la gauche du fleuve un peu en aval du camp. Nous déjeunons tranquillement alors que le jour s'est levé et nous préparons puis prenons sa barque pour rejoindre le secteur de chasse. En arrivant sur le secteur où nous allons chasser nous dérangeons un caïman qui se jette à l'eau à notre approche. Nous accostons, en remontant le talus de la berge j'aperçois des traces de tapirs qui en font de même. Elles datent de quelques jours.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017
Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017
Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

J'attache la barque à un arbre et nous faisons notre point GPS puis Xavier distribue les secteurs de chasse, il partira sur la droite en longeant plus ou moins le fleuve alors que je partirai sur la gauche. Nous nous donnons rendez-vous à 15 heures à la barque. Je finis de me préparer puis nous partons en chasse. Je m'avance doucement dans la jungle qui semble peu dense dans le secteur. Je m'arrête régulièrement pour écouter et observer. Rapidement, alors que je fais une petite pause, un petit animal roux clair avec une longue queue se débine sur un tronc tombé au sol et disparaît au bout de ce dernier sans que j'arrive à l'identifier. Je m'approche doucement mais il a disparu. Une crique encaissée me barre le passage sur ma droite et je longe à faible distance de cette dernière mais la végétation s'épaissie et je m'éloigne de plus en plus du fleuve et commence à remonter avec le relief qui s'élève rapidement. Le gibier semble absent du secteur mais je sais qu'il est souvent très discret et je continue à faire mes pauses observatoires et en profite pour observer les petits oiseaux, insectes ou araignées tout en bataillant contre les moustiques qui profitent de mes arrêts pour me tomber dessus ou décrocher un mille pattes tombé sur ma cagoule de camouflage.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Le secteur est très vallonné, je tourne depuis environ 2 heures sur le secteur sans avoir vu le moindre gibier. Je remonte tranquillement vers la crête d'une grande colline. Sur ma droite, une grande combe creuse le relief jusqu'à la crête et je progresse doucement en la suivant quand j'aperçois à environ 15 mètres devant moi une tache blanche qui attire mon regard. Il s'agit d'un crâne posé au sol au milieu d'ossements divers et je m'approche tranquillement et reconnaît vite un crâne de pécari à collier. Cette découverte me conforte dans la présence de ces animaux sur le secteur. Leur territoire occupe en général une surface d'environ 3 km² et cette découverte signifie certainement que je suis sur leur territoire malgré l'absence d'indices de présence. Je m'agenouille près des ossements pour les observer de plus près, ce crâne ne porte ni trace de croc ni trace de plomb. Des radicelles ont collé la partie supérieure au sol. Cette dernière est colonisée par des fourmis qui consomment encore les dernières brides de chairs desséchées qui subsistent sur les os.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

En levant les yeux, j'aperçois un gros terrier dans le flanc de la colline, en haute de la combe. Il me conforte encore dans l'espoir de voir les pécaris dans le secteur. Je décide de garder ce crâne intacte malgré qu'il lui manque quelques dents en commence à lier les 2 parties, avec un bout de cordelette sorti de ma poche, pour l'attacher à ma ceinture quand un bruit dans mon dos attire mon attention. Je tourne la tête et aperçois une masse sombre se dépassant au milieu de petits palmiers qui en s'agitant font un bruit caractéristique. Je me saisis rapidement de mon arc en lâchant le crâne et me redresse doucement en me retournant tout en accrochant mon décocheur. Le pécari est à environ 20 ou 25 mètres et se présente plein travers dans la végétation en avançant d'un pas lent, nez au sol. Il me semble entendre des bruits et grognements un peu plus bas, certainement d'autres pécaris. J'arme mon arc et le suis dans mon viseur en attendant une fenêtre de tir tout en espérant le voir se rapprocher mais il passe derrière le bout d'un gros tronc d'environ 25 mètres, couché au sol, très légèrement en biais par rapport au sens de la pente. Le pécari commence à remonter en suivant ce tronc couché sur ma droite, ce dernier va le conduire à moins de 10 mètres sur ma droite et je le suis toujours dans mon viseur mais seuls les poils de son dos dépassent du tronc qui le protège. Il avance toujours tranquillement tout en agitant la végétation par moment. J'espère le voir sortir au bout du tronc à environ 8 mètres mais il bifurque sans me donner de fenêtre de tir pour se mettre à longer un autre tronc presque parallèle à la courbe de niveau et qui l'éloigne peu à peu de moi. Je ne tarde pas là le perdre du vu derrière une butte du terrain mais arrive à le suivre un instant aux mouvements de la végétation et hésite à bouger, espérant le voir revenir ou apparaître un autre pécari dans son sillage. Les bruits cessent et le calme revient, je reste un peu immobile mais toujours rien, je décide de quitter mon poste pour tenter de le recouper. J'attache le crâne à ma ceinture puis commence à m'avancer doucement vers où le pécari a disparu et à chercher des indices sans succès tout en tendant l'oreille. Rien, je tente de m'avancer doucement en forêt mais il a disparu.

Au bout d'un moment, je décide de faire demi-tour pour revenir vers le terrier au cas où mais impossible de le retrouver, je ne reconnais plus le secteur et, plus je tourne, plus je perds mes repères malgré mon GPS et ne retrouve même plus la combe pourtant très large. Je redescends un peu vers le bas de la colline en biais sans plus de réussite. Un grondement familier se fait entendre au loin. La pluie se rapproche et ne tarde pas à me rattraper. L'averse n'est pas violente mais elle transperce vite la canopée et les grosses gouttes commencent à m'atteindre. Le bruit des grosses gouttes emplit la jungle et couvre les autres bruits, ceux de ma progression y compris, ce sont des conditions d'approche idéales. Je remonte tranquillement vers le sommet de la colline, la végétation est assez dense et je progresse assez rapidement quand, alors que je vais déboucher sur une petite clairière en crête de la colline. Un mouvement sur ma gauche à environ 20 mètres me fait stopper net. Il me semble identifier un gros agouti, de 3/4 face, qui vient vers moi nez au sol. Du mouvement derrière lui me fait tourner les yeux et apercevoir un pécari plein travers un peu plus en arrière. Le premier animal se tourne et relève la tête, c'est aussi un pécari, d'autres arrivent sur leurs traces. Et rapidement c'est une dizaine d'animaux qui arrivent tranquillement en fouillant le sol. Le spectacle est magique mais je reprends vite mon instinct de chasse. La pluie cesse vite. Je me prépare en accrochant mon décocheur et observe un instant les animaux. Les 3 premiers sont 5 ou 6 mètres plus proches que le reste de la bande, où se trouve un gros mâle au moins 1/3 plus imposant que ses congénères. 2 d'entre eux se positionnent plein travers, flanc contre flanc, chacun la tête contre l'arrière train de son partenaire. Ils frottent énergiquement leurs têtes contre la cuisse de leur partenaire pendant quelques secondes puis se remettent en mouvement.

La végétation ne me laisse pas de belles fenêtres de tir et les animaux bougent souvent. Une flèche me semble risquée. Le premier pécari s'avance tout à coup et se rapproche d'un pas tranquille vers moi. Je tente de me décaler un peu pour passer un palmier à 2 mètres devant moi qui ferme plusieurs de mes fenêtres de tir. Je me faufile avec une extrême lenteur sans me faire remarquer  et arrive à me caller juste devant le petit palmier où je me fige. Le pécari se rapproche toujours par ma gauche, j'arme doucement mon arc mais le premier pécari ne s'arrête pas et passe derrière un gros arbre pour disparaître dans la pente sur l'autre flanc de la colline. Je désarme doucement. Les autres pécaris se sont rapprochés, le gros mâle se frotte contre un de ses congénères comme les 2 autres précédemment. Les 2 pécaris suivants s'avancent sur les traces du premiers, j'arme doucement, le premier s'arrête plein travers juste avant le gros arbre. Sa tête est cachée derrière une touffe de végétation. Il est à moins de 10 mètres, le gros pécari, à peine un peu plus éloigné sur ma gauche et pas trop mal positionné également et j'hésite une fraction de seconde mais le premier est mieux placé et je ne veux pas risquer de faire échouer mon approche. J'aligne donc ma visée sur ce dernier et décoche. Un impact cassant retentit et le pécari s'effondre sur place en poussant un couinement. Les autres pécaris démarrent et se dispersent mais s'arrêtent rapidement. L'un d'eux est passé derrière la pente de la colline sur les traces du premier mais les autres reviennent curieux sur ma gauche alors que je réencoche. Ils cherchent à comprendre et tournent sur place. J'arme et tente de prendre ma visée sur l'un d'eux mais leur positionnement où les fenêtres de tir ne me satisfont pas et ils finissent peu à peu par s'éloigner par où ils sont venus.

Pendant ce temps, mon pécari s'est relevé et je l'ai vu disparaître dans la pente, passant derrière le gros arbre, en se trainant sur les pattes avant. Je désarme, j'ai préféré ne pas décocher plutôt que de risquer de blesser un pécari et de le perdre. J'attends un peu au cas où un pécari reviendrait mais ne voyant rien bouger je me dirige vers l'endroit du tir.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

A l'endroit du tir, je ne trouve ne sang ni flèche ce qui me parait bizarre vu que le pécari est tombé et resté un moment sur place. Je tourne un petit moment autour de la zone du tir et finis par trouver une tache de sang sur les feuilles mortes au sol.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Impossible de trouver d'autres indices à proximité de ce dernier. Mon impression était que mon pécari était parti vers la droite en passant derrière le gros arbre mais l'ayant vite perdu de vue je ne peux rien affirmer, par contre, il est parti en traînant le train arrière, il a certainement dû prendre la pente pour faciliter sa fuite. Me tenant au niveau de la tâche de sang, je scrute les alentours à 180 ° en dessous de moi et aperçois vite une touffe de végétation écrasée un peu plus bas à ma gauche et comprends vite que c'est mon pécari qui l'a couché et se traînant. Je m'avance donc dans cette direction et aperçois vite mon pécari mort quelques mètres en contrebas. Il est mort la tête vers moi comme s'il avait voulu se retourner dans sa fuite pour attendre son assaillant et en découdre.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Arrivé au niveau de mon pécari, je me retourne pour voir si je trouve d'autres traces de sang mais n'en vois pas. J'aperçois alors ma flèche posée en travers de la trajectoire de fuite dans les feuilles mortes. 2 vannes sur 3 sont partiellement décollées.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

J'attrape mon pécari par les pattes avant et commence à remonter la pente très raide vers la crête de la colline. Arrivé au sommet, j'examine mon pécari, ma flèche est trop haute et plus en arrière que ma visée. Je ne comprends pas pourquoi sur le moment mais la suite du séjour me donnera l'explication. Elle coupe la colonne vertébrale et l'artère passant dessous sans toucher les organes vitaux et ressort au niveau de la pense dont une bosse sort par le trou de sortie empêchant l'hémorragie externe. L’hémorragie a tout de même était importante et la mort rapide car il n'a parcouru que 15 mètres. Le soleil est ressorti et j'en profite pour faire quelques photos souvenir. C'est un jeune mâle et mon premier pécari. Il est bientôt 13 heures et je décide de revenir avec mon pécari vers la barque pour le mettre au frais dans la glacière.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

J'attache donc les 4 pattes de mon pécari à l'aide d'une cordelette pour faciliter son transport puis attrape mon GPS et ma boussole pour déterminer mon cap avant de commencer à me diriger vers la barque. Le pécari, malgré sa petite taille pèse lourd et je change régulièrement de main pour le porter. Je profite de ses pauses régulières pour me rediriger avec mon GPS et ma boussole. Au bout d'un moment les pattes du pécari se détachent et je décide de changer de technique et de l'attacher par le cou pour le traîner à l'aide d'une poignée improvisée dans un bout de branche attaché à l'autre bout de la corde. Ma descente me conduit vers un petit ruisseau asséché dont les dernières flaques sont colonisées par un très grand nombre de petits têtards noirs

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je m'aperçois vite que le ruisseau ne suit pas mon cap et je dois remonter la pente raide sur ma gauche et tirant mon pécari qui s'accroche à la végétation et m'en fait voir. Ma progression trop bruyante ne me permet plus de chasser mais j'en profite tout de même pour observer le paysage. Je croise sur ma route une grande bande de capucins bruns que j'observe un moment avant de reprendre mon chemin. Sur une feuille de palmier au ras du sol, j'aperçois un nid plat étrange, formé de brindilles tressées dans la feuille de palmier. Je me demande quel oiseau ou autre animal a pu confectionner ce nid qui semble peu stable et peu apte à recevoir des œufs vu sa forme plate ou même à les tenir à l'abri vu son exposition. 

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je finis par rejoindre le bord du fleuve mais la barque est un peu plus loin en amont.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je commence donc à suivre le cours d'eau pour la rejoindre. En passant une crique asséchée j'aperçois un magnifique arbre à contrefort au bord du fleuve.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Petit à petit, la barque se rapproche et je finis par l'apercevoir au travers de la végétation. Un denier entrelacs de lianes et je l’atteins. Je commence à enlever ma veste 3D, mes gants, ma cagoule, mes guêtres et mon décocheur puis range mon arc dans sa housse. Le caïman vu à notre arrivée s'était recalé contre la berge un peu plus en aval et plonge quand je monte sur la barque avec le pécari pour le mettre dans la glacière. Ne sachant pas si je peux le vider avant de le gratter, je le mets entier dans la glace. En Guyane, beaucoup d'animaux sont grattés, c'est à dire qu'on retire le poil et qu'on garde la peau. Assis dans la barque, je retire mes chaussures et chaussettes pour mettre mes pieds à l'eau un instant pour les rafraichir.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Sachant que quelques piranhas et aymaras doivent roder dans le secteur, je garde un œil sur mes pieds mais seuls quelques petits poissons passent en dessous. Je profite de cette pause pour boire et manger une barre de céréale et une boite de maquereau emportées dans mon petit camel-bag mais que je n'ai pas pris le temps de manger en forêt. Un beau morpho barré passe sur le fleuve et rentre en forêt en passant à côté de moi. Il est un peu plus de 14 heures et je sais que Xavier est rarement en avance, je décide dont de partir faire un petit tour dans le secteur. Je remets mes chaussettes, mes chaussures et mes guêtres, enfile ma cagoule et mes gants et mon décocheur puis attrape mon arc et repars en forêt.

Je pars lentement sur la gauche en direction de la crique tout en m'arrêtant souvent pour observer et écouter. Rapidement, des agamis se font entendre. Leurs cris caractéristiques ressemblant un peu à ceux des pintades trahissent leur présence. Je tente de me rapprocher très lentement. Des sorte de mugissement gravent se font vite entendre, lus puissant que ceux des hoccos. J'ai déjà entendu ce son produit par les agamis lors d'un séjour précédent. Je finis par les apercevoir au travers de la végétation, ils sont à environ 30 mètres.

Ils volettent d'une branche à l'autre sur un gros chablis inondé de soleil près de la crique asséchée et formé par la chute d'un gros arbre qui a ouvert un puits de lumière en s'abattant au sol. Je tente de ma faufiler très lentement dans la végétation mais les agamis nerveux s'agitent et finissent par s'envoler au-dessus de la crique tout en poussant leur sorte de mugissement et de caquètement pour disparaître dans la végétation épaisse sur l'autre rive. Je tente de les rejoindre en traversant à mon tour mais ils me distancent vite et je finis par les perdre de vue et ne plus les entendre. Je tourne un peu sur le secteur sans trouver autre chose. Il sera vite 15 heures, je décide de revenir vers la barque pour attendre Xavier qui arrivera un peu plus tard.

Xavier rentre bredouille et nous discutons un moment de nos chasses respectives avant de rentrer au camp où nous retrouvons nos collègues, Daniel, Loïc et Bryan. Ils n'ont rien fléché. Nous discutons de notre journée en mangeons un bout avant de nous attaquer à la préparation de mon pécari. Daniel et Xavier plus expérimentés nous montrent comment il faut procéder pour gratter un pécari. Daniel découpe la  grosse glande située sur la croupe de l'animal puis Loïc verse peu à peu de l'eau très chaude sur l'animal dont la peau se contracte sous l'effet de la chaleur. Je gratte ensuite la peau du pécari à l'aide d'un couteau pour retirer les poils rêches de l'animal. C'est Daniel qui s'occupera des finitions et de vider l'animal. J'en profite pour aller me laver dans la cascade près de laquelle nous avons établi notre camp.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Une grande dalle de roche peu pentue permet d'accéder à l'eau peu profonde du pied de la cascade qui nous sert de salle de bain depuis notre arrivée.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Au bord de l'eau des traces laissées par les premiers chasseurs à l'arc du secteur ont marqué la roche à jamais. Les amérindiens venaient ici aiguiser leurs pointes de flèche sur cette roche il y des siècles. Cette découverte est assez touchante sachant que d'autres chasseurs à l'arc sont venus ici bien avant nous et seulement équipés d'arcs traditionnels et non aidées par notre technologie actuelle, pour se livrer à la chasse nourricière dont leur vie dépendait.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je profite de ma baignade pour m'examiner et retirer près de 10 tiques accrochées un peu partout sur mon corps qui est couvert de boutons de moustiques. Ils ont pris des dimensions impressionnantes sur mon torse blanc qui ne voit pas souvent le soleil et forment de grosses taches rouges. Mes chevilles sont couvertes de grosses cloques jaunâtres et la plupart ont éclaté et percent au moindre contact laissant mes chevilles à vif. C'est le résultat des attaques des poux d'agouti. 

Une fois séché et changé, je reviens vers le camp. Xavier décide de retourner chasser sur le secteur où j'ai vu les pécaris en emportant son tree-stand auto-grimpant pour tenter un affût près d'un arbre produisant des gros fruits oranges dont certains étaient mangés et qu'il a repéré ce matin. Nous nous préparons, nous rentrerons de nuit en chassant sur le fleuve, j'équipe donc mon arc avec ma bowlight et prends ma flèche pêche et mon moulinet dans la barque.  Une fois prêt nous repartons pour la chasse alors que Daniel finit de découper le pécari et ses abats. Une fois sur place Xavier m'explique où il veut chasser, je décide donc d'aller chasser sur ses traces de ce matin car il semble avoir vu quelques animaux et des traces de présence de gibier sur ce secteur. Xavier part avec son tree-stand dans la forêt alors que je pars en longeant le fleuve sur la droite. Malgré ma progression lente impossible de voir le moindre gibier et la luminosité baissant en sous-bois je décide de revenir vers la barque en faisant une boucle par la colline que j'ai contournée par le marécage en suivant le fleuve. j'aperçois un curieux dessin sur un gros arbre et constate en m'approchant qu'il s'agit de tunnels de terre fabriqués par des termites ou des fourmis sur plusieurs mètres de haut pour permettre leur déplacement à couvert du sol vers la cime de l'arbre.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Plus loin, je tombe sur un nid de colibri abandonné, posé sur une feuille de palmier. Il a pris l'eau et s'est un peu affaissé mais a encore sa forme arrondie. Il est minuscule et ne fait que quelques centimètres de diamètre.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

En redescendant de la colline, j'entends siffler et aperçois furtivement Xavier perché à plusieurs mètres de haut dans un arbre sur ma gauche. Il me fait signe de venir. Je me dirige donc vers lui mais le perds ainsi de vue et peine à le retrouver, heureusement qu'il me guide vers lui car, avec sa tenue 3D, il est difficile de le voir dans la végétation.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je l'aide à ranger ses affaires avant que nous repartions vers la barque. Xavier me monte un gros lézard au camouflage presque parfait qui a passé une partie de la soirée à l'affût sur l'arbre en face de lui.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Nous repartons vers la barque en nous suivant alors que la luminosité baisse vite dans la jungle. Arrivé à notre embarcation, nous montons à bord et je prépare mon arc pour la chasse au caïman en positionnant mon moulinet et en préparant ma flèche pêche. Nous partons ensuite en redescendant le fleuve un moment, passant quelques obstacles mineurs. Nous faisons halte sur une petite plage sableuse pour attendre la nuit.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Lors de la remonté du fleuve nous avions remarqué des traces sur cette plage qui ressemblaient à celle d'un capibara et je pars les voir de plus près. Ce sont bien traces de capibara en plein milieu de la jungle, pour l'instant je n'ai vu ces animaux que dans les marécages de la savane côtière. Nous attendons un moment la nuit qui vient doucement avec le ballet des chauves-souris survolant le fleuve. L'obscurité s'installant et nous reprenons la barque pour remonter vers notre campement. Nous repérons rapidement un beau caïman, sur la droite du fleuve, à son œil rouge qui brille dans le faisceau de nos frontales et se repère ainsi de loin. En nous rapprochant, nous nous apercevons qu'il est posé sur un petit banc de sable en retrait sous des branches basses. Xavier manœuvre pour me positionner favorablement et trouver une fenêtre de tir au travers des branchages. Je suis prêt, debout, lampe et pin's de mon viseur allumés et arc armé. Ma visée s'aligne et je décoche mais passe juste sous le caïman qui était à 6 ou 7 mètres presque plein travers, il saute à l'eau.

Je réussis à récupérer ma flèche à tirant sur le câble pour la dégager du sable mais, alors que je veux la reencocher, je m'aperçois que l'encoche s'est cassée et est tombée. Je n'ai pas pris ma flèche pêche de rechange avec moi et je vois notre sortie compromise et en informe Xavier qui est dépité. Tout à coup, une idée me vient, je sais que Xavier a un peu de matériel dans sa housse d'arc et je lui demande s'il n'a pas une encoche de rechange. Il en trouve quelques-unes mais impossible de l'enfoncer car j'avais déjà abîmé ma flèche pêche en 2014 lors de mon premier séjour en Guyane et dans l'urgence j'avais dû remplacer l'encoche par une encoche lumineuse collée à la superglue, la partie allumage de l'encoche est toujours collée dans le fût. Me vient alors une autre idée, je découpe un petit bout du tube d'abord au couteau puis à l'aide de pinces appartenant à Xavier et parvient à retirer ce morceau d'encoche obstruant le tube. Je parviens ainsi à remettre une encoche. Nous pouvons reprendre la chasse. Le Caïman est remonté un peu plus en aval et Xavier manœuvre pour me positionné alors que je suis déjà prêt et armé. Cette fois le caïman est touché au coffre et plonge avec ma flèche. Je rembobine mon câble et le ramène contre la barque puis demande le rouleau de scotch à Xavier. Je lui ferme partiellement la gueule à l'aide du câble de ma flèche pêche puis lui saisis la gueule que je lui maintiens fermement fermée pour le remonter dans la barque et lui fermer la gueule à l'aide de quelques tours de scotch. Je dégage ensuite la flèche qui est en travers du saurien en dévissant la lame de pêche, avant d'achever mon caïman d'un coup de poignard dans les cervicales, juste derrière le crâne.

Je rembobine mon câble, revisse ma lame de pêche et remets ma flèche pêche sur l'arc puis je cale le caïman de 8 à 10 kg dans la barque, nous repartons. Nous approchons plusieurs caïmans prêt à décocher mais Xavier les juge trop petits pour être tirés, nous les laissons donc tranquilles. Au bout d'un moment un caïman est repéré sur la gauche. Je me prépare et Xavier me rapproche. Nous hésitons un peu en essayant de juger sa taille mais, nous apercevant qu'il semble pas mal, Xavier me donne l'autorisation de tirer. Il est plein travers dans quelques centimètres d'eau, sur un banc de sable, tête vers le milieu du fleuve. Je vise le coffre et décoche à quelques mètres. Il sursaute à peine et glisse inerte dans l'eau tête la première. Ma flèche lui a cassé la colonne vertébrale au niveau de l'épaule et l'a paralysé. Tout en lui fermant, à la main, la gueule qui reste active, je le remonte dans la barque et lui ferme la gueule avec le scotch avant de l'achever d'un coup de poignard derrière la tête comme tout à l'heure. Ce dernier fait entre 10 et 12 kg. Je le cale avec son compère dans la barque et rembobine mon câble, revisse ma lame de pêche avant de repartir en chasse mais nous arrivons vite au camp. Nous mangeons un peu de fricassée d'abats de pécari préparée par Daniel avec nos amis puis je pars mettre les caïmans dans la glacière après les avoir vidé. Ce sont 2 mâles  caïmans gris comme presque tous les caïmans que j'ai fléché sur le fleuve, les femelles sont souvent dans les criques en forêt. Je réaliserai les photos souvenir demain matin avant d'aller chasser.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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