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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 18:09

Cela fait 5 saisons que je cours après les daims ariègeois avec mon arc, leur chasse est très difficile, surtout à l'approche et sachant que le territoire ouvert sur lequel ils se trouvent est limité en surface contrairement au territoire de ces animaux qui tournent sur plusieurs ACCA et ne sont donc pas toujours présents sur le secteur que je chasse en plus d'avoir le don de se rendre invisibles (les biens nommés fallow deer par les anglophones).

Cette année, j'ai pris un bracelet sur la zone "réserve" qui est une réserve de chasse sur laquelle seul le tir du daim et à l'arc est autorisé. C'est une zone bourrée de sangliers. Cette saison ne commençait pas trop mal car j'ai vu 8 daims dont 2 leuciques lors de ma dernière sortie. La météo annonce de la pluie ce matin sur les Pyrénées mais quelque chose me dit de quand même aller chasser malgré les 2 heures de route qui m'attendent. Le réveil sonne à 4h50, je me prépare rapidement et déjeune avant de prendre la voiture. Il pleut des trombes d'eau sur presque tout le trajet mais la pluie stoppe alors que j'arrive en Ariège. Je me gare vers 7h25 au bord de la route, au-dessus d'un ruisseau qui délimite le bas de la zone de chasse. Je me prépare tranquillement puis descends le talus abrupt du ruisseau avant de me rendre compte que les fortes pluies ont fait beaucoup monter le petit cours d'eau dont le courant est aujourd'hui assez fort. Je cherche un passage peu profond pour traverser dans cette d'eau boueuse mais rempli une de mes bottes en posant le pied dans un trou d'eau peu profond. Ma seconde tentative sera la bonne. Je réussi à traverser et vide ma botte avant de poursuivre ma chasse. La zone est parcourue par des chevaux dont le passage répété au ouvert des sentiers dans la végétation du sous-bois. Je suis ces chemins et remonte jusqu'à un chemin forestier que je traverse pour arriver réellement sur la zone où se trouve généralement les daims. Je passe sous une clôture électrique et commence à remonter doucement à travers un bois clair vers une zone plus touffue où les daims viennent souvent manger des glands.

Ma botte mouillée fait du bruit, je la retire ainsi que ma chaussette trempée, essore cette dernière et remets le tout avant de poursuivre ma chasse. J'avance très doucement, m'arrêtant à chaque pas pour observer mais je me fais repérer par un chevreuil à environ 40 mètres plus. Il démarre en aboyant sans que je puisse le voir et aboie un moment en s'éloignant. Le calme revenu je reprends ma progression, je crains que les daims aient été affolés par ce raffut. Ils ne sont pas sur le secteur. Je ressors doucement sur un petit pré au-dessus. Rien en vue, je le traverse et biaise à droite pour remonter sur une petite crête. Alors que j'arrive au sommet doucement, je surprends 2 chevreuils à 20 mètres sur ma droite. Ils démarrent et foncent dans les fourrés où ils disparaissent. Ils aboient un peu en contrebas puis le calme revient. Je longe maintenant doucement la crête en scrutant le paysage. Pas de daim, un peu plus loin je descends à travers bois pour rejoindre la bordure d'une grande faille très profonde d'environ 200 mètres de long sur plus de 30 mètres de profondeur où j'ai vu les daims lors de ma dernière sortie. Je m'avance tout doucement au bord du penchant abrupt, pas de daim ce matin. Je suis le bord du penchant qui redescend vers le bout de la faille où passe une énorme coulée très fréquentée qui passe devant l'entrée de la faille. Je prends la coulée qui bifurque à gauche derrière la bute qui délimite l'autre côté de la faille. J'avance doucement en m'arrêtant souvent pour observer le talus boisé assez dense à la gauche et la pente de bois clair à ma droite qui descend vers une prairie gagnée par les fougères et les ronces.

Arrivé à la fin de la prairie, je descends sur ma droite par un passage pour longer cette dernière en lisière d'une zone plane de châtaigniers. Sur ma droite, un mouvement attire mon regard, un bel écureuil noir descend le long d'un gros tronc avant de disparaître derrière. J'avance doucement jusqu'à la bordure d'une zone très pentue et boisée qui descend vers des prairies en contrebas. Je prends à droite pour longer la prairie et surveiller cette pente quand j'aperçois du mouvement à environ 100 mètres en contrebas en limite du pré. Je stoppe et observe pour me rendre compte qu'il s'agit d'un gros chat noir s'avançant dans la prairie. Je fais demi-tour et rentre à nouveau dans le bois pour ensuite descendre en travers dans la pente pour rejoindre le fond une faille d'environ 5 mètres de profondeur qui descend vers les prés. J'avance ensuite tout doucement en suivant les coulée de daims et sangliers en lisière du bois. Je remonte doucement un talus un peu plus loin pour rejoindre une petite zone dégagée et stoppe pour observer les alentours quand, au travers des branchages, il me semble apercevoir du mouvement dans les ronces en bordure d'une autre petite zone dégagée à environ 70 mètres. Je fixe 2 taches sombres pensant d'abord à des sangliers mais c'est alors que l'animal rebouge et se déplie. Je n'en crois pas mes yeux, c'est un daim mâle, il est énorme, il porte des bois à palette majestueux. C'est l'animal d'une vie. Il avance doucement en suivant les ronces et rejoint une coulée qui s'enfonce dans la végétation et disparait derrière une touffe de noisetiers.

Je décide de tenter une approche, j'avance doucement jusqu'au un arbre mort couché au-dessus du passage qui relie la zone dégagée où je me trouve de celle où se trouvait le daim. Je passe ensuite tout doucement sous l'arbre mort à quatre pattes en essayant de ne pas heurter les branches pour ne pas faire de bruit. J'aperçois le cul du daim qui finit de disparaître dans le rideau de ronce qui tombe sur la coulée. Une fois ce dernier perdu de vue, je m'avance tout doucement vers la touffe de noisetier qui me le masque. Arrivé à environ 20 mètres de cette dernière, je me fige en apercevant du mouvement derrière cette dernière. Le daim vient de relever la tête. Je reste un moment immobile presque en apnée et alors que le daim rebaisse la tête je décide de tente d'avancer un peu plus pour trouver une fenêtre de tir au travers des branchages. J'avance tout doucement et gagne encore 5 mètres, je devine le daim qui glane sa nourriture au sol. Pas de fenêtre de tir, il me faut encore avancer sous le rideau de ronce. Je finis mon approche à 4 pattes sur encore 5 mètres et trouve enfin une fenêtre de tir. Le daim est à 10 mètres de cul. Je me redresse tout doucement sur mes genoux et arme lentement mon arc. L'animal se tourne un peu et me présente un 3/4 arrière assez fermé mais risque de sortir de ma fenêtre de tir. Je vise son flanc en avant du cuissot et décoche. L'impact retentit et mon daim démarre, il semble touché au cuissot. Je le perds très vite de vue dans la végétation puis entends un bruit comme s'il venait de chuter lourdement au sol à environ 50 mètres sur ma gauche avant le retour du calme.

J'écoute encore un peu puis traverse les ronces pour ressortir sur la zone de chair derrière. Il est 8h45. Je cherche ma flèche sans succès puis tente de voir le sang sans plus de réussite. J'attends un peu puis tente de recouper les trajectoires de fuite possibles. Je trouve alors 2 petites gouttes de sang sur une coulée qui remonte sur un talus d'environ 1 mètre, à droite du creux laissé par la chute d'un arbre mort. Des empreintes qui me semblent trop grosses pour être celle d'un daim ont marquées le talus. Je décide d'aller chercher ma flèche pour patienter un peu avant d'attaquer ma recherche car je ne suis vraiment pas sur de mon atteinte. Les images du tir tournent dans ma tête. Ma flèche est introuvable et j'imagine qu'il a dû partir avec, je retourne au premier sang et trouve vite 2 ou 3 grosse gouttes sur le replat au-dessus du talus mais le sang s'arrête aussitôt et je peine à retrouver du sang un peu plus à gauche. Les gouttes sont difficiles a voir sur les feuilles brunes et le sol sombre de plus l'eau tombée cette nuit et restée sur les feuilles mortes dilue le sang le rendant parfois encore plus discret. Les grosse empreintes suivent souvent la piste de sang et je dois me rendre à l'évidence qu'il s'agit du pied de mon daim, il est aussi gros qu'un pied de daguet de cerf. J'avance peu à peu en plantant des bouts de bois à chaque goutte pour avoir la direction de fuite. Le piste remonte vers un talus abrupt puis bifurque brusquement à gauche et passe au-dessus de la crevasse qui descend vers le pré, les grosses gouttes sont alors très marquées et resserrées sur 25 mètres environ puis le sang s'amenuise à nouveau. La piste suit le bas du talus à ma droite, tout à coup un bruit intense me fait tourner la tête vers le bas, les branches basse s'agitent encore comme si animal venait de les percuter en démarrant. J'encoche une flèche et descends doucement vers le sommet du talus qui domine le pré mais à mon arrivée je ne vois pas d'animal, je cherche d'éventuelles traces de sang sans succès puis retourne à ma piste de sang. Cette dernière oblique à 30 mètres de la lisière et descend, le pied du daim marque bien au sol et malgré les gouttes de sang espacées j'arrive à suivre sa piste qui bifurque à nouveau pour sortir sur le pré dans les fougères et les ronces. Des bruits de fracas retentissent dans mon dos à nouveau et je comprends alors qu'il s'agit de chutes de châtaignes, certainement le bruit et l'agitation perçu tout à l'heure. 3 grosses gouttes marquent l'entrée au pré puis le sang stoppe net et je regarde un peu autour de la dernière goutte avant de décider de stopper la recherche.

Une bruine épaisse se met à tomber et je crains qu'elle ne lessive le sang. J'appelle Christophe qui guide au mouflon en montagne. Il m'annonce qu'il ne sera pas là avant 12h30. Je contrôle, pour en avoir le cœur net, le talus où j'ai entendu du bruit tout à l'heure et remarque des traces fraiches d'une bande de daines qui ont dû arriver dans mon dos après mon passage de ce matin. Ne trouvant ni le pied du gros daim ni de sang, je pars ensuite attendre Christophe chez lui. Il arrive vers 13h30 et nous partons avec Olivier un autre ami archer et Lysie, la fille d'Hémo pour tenter de retrouver mon Daim. Nous nous garons sous la zone où j'ai tiré mon daim puis remontons vers la zone du tir que je retrouve facilement. Lysie tourne un peu avant de prendre la piste puis une fois le sang pris elle le suis assez bien, nous suivons à peu près les bâtons que j'ai plantés et finissons par ressortir sur le pré où Lysie trouve la trace du daim. Christophe retrouve ma flèche vers le bout du pré, une de mes lame est pliée à 90 °, le sang a marqué le tube sur environ 15 cm. Ce n'est pas bon signe. Lysie perd un peu la piste puis finit par la reprendre et remonte par une coulée au travers du talus de droite puis rejoint le bout de la grande faille où le pied du daim est bien marqué. La piste biaise ensuite vers la route en contrebas. Plus loin la piste est marquée de grosses giclées de sang très visibles et très rapprochées. Je reprends espoir mais un peu plus loin le daim a fait une boucle et nous peinons à reprendre sa trace. Une forte odeur de sanglier flotte dans l'air, ils ont dû effrayer le daim. Lysie finit par retrouver sa trace qui remonte pour s'éloigner de la route. Peu à peu le sans s'amenuise et finit par marquer juste par petits frottés puis ne subsiste que le pied de l'animal. Nous avons fait plus de 600 mètres de recherche, Christophe décide d'arrêter, l'animal ne s'est jamais couché, la blessure n'est pas mortelle. Mon daim est perdu, je suis abattu et décide de rendre le bracelet à Christophe tellement cet échec m'a remué. J'espère que cet animal magnifique s'en sortira...

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

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