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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 01:17

Ce soir, le temps pluvieux et très venté est idéal pour l'approche, je décide de partir donc chasser dans les maïs. Arrivé près des maïs, je me gare, alors que sur la route les averses se succédaient avec plus ou moins d'intensité, la pluie semble vouloir se calmer. Il est 18h30, encore un peu tôt pour voir du sanglier, je décide donc de faire un tour sur le territoire pour voir les indices de présence. Je pars en longeant une bande enherbée entre 2 parcelles de maïs en direction d'une mare bien fournie en ragondin. En arrivant sur le petit plan d'eau qui est désert ce soir, je constate qu'un sanglier s'est souillé de frai, certainement de cette nuit vu que l'eau est encore un peu trouble, dans le fossé d'évacuation du trop-plein de la mare.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je quitte le secteur en longeant la bande enherbé qui borde les maïs en direction de la route, le vent souffle de ma gauche assez fort. Je traverse la route et me dirige vers une autre parcelle de maïs en longeant la gauche d'un petit ru. Au coin du maïs, j'aperçois une tache sombre à 40 mètres environ et constate qu'il s'agit d'un ragondin. Sa tête relevée me fait penser qu'il m'a repéré.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je suis à découvert mais décide de rester parfaitement immobile un moment en espérant qu'il reprenne son repas. Au bout d'un moment, il rebaisse la tête et se remet à manger. Je biaise doucement pour rejoindre l'angle du maïs en m'éloignant du ru. Mais alors que je tente de me rapprocher, il regagne tranquillement les ronces qui couvrent le talus du ru. Je continue à m'avancer doucement et aperçois un second ragondin à environ 8 mètres dans un léger creux du terrain au ras des ronces. J'arme doucement et décoche. Ma flèche semble bonne, le ragondin sursaute et plonge dans les ronces. Je me rapproche rapidement mais ne trouve pas mon ragondin, j'entends par contres des ragondins qui fuient, sous les ronces qui couvrent le ru, en galopant dans l'eau, un autre ragondin fait craquer les ronces de la berge opposée, s'arrête et alors que je le cherche du regard dans les ronces, il saute dans le ru où je l'entends mais ne peux pas le voir.

Je tente un moment d'apercevoir mon ragondin que je pense avoir touché en écartant les ronces mais je ne vois rien. Je tente donc de retrouver ma flèche partie se fichée dans la berge opposée au milieu des ronces. Je fouille un bon moment les ronces en équilibre, jambes écartées au-dessus du ru et finis par la retrouver. Pas de sang sur l’empennage, j'ai peut-être maqué finalement. Je repars en longeant les maïs sur ma gauche. Quelques pieds de sangliers frais ont marqué le sol, un peu plus loin, j'aperçois une avancée complètement ravagée par les sangliers dans le maïs qui semble assez fraîche aussi.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je décide de presser le pas pour m'éloigner rapidement car le vent n'est pas bon, il souffle vers cette parcelle de maïs et risque de me faire repérer si les animaux sont dans le secteur.

J'avance rapidement vers le ruisseau un peu plus loin et constate que de nombreux pieds de sangliers un peu moins frais marquent le sol, je reviendrai plus tard dans le secteur. Je passe le ruisseau puis contourne une autre parcelle de maïs pour la longer en suivant les bois, cette fois avec le vent de face. J'avance ainsi un bon moment et rejoins un chemin de terre qui sépare cette parcelle de la suivante. Je le traverse et commence à longer la parcelle suivant qui touche presque le bois. J'avance doucement quand, 30 mètres plus loin environ, j'aperçois un gros brocard entrain de brouter quelques feuilles hautes sur le talus du bois. Il est de 3/4 arrière à moins de 20 mètres mais plusieurs branches basses m’empêchent de tirer. Je tente de m'avancer doucement mais il tourne brusquement la tête vers moi. Je me fige et attends, il finit par se tranquilliser et se met à gratter le sol de sa patte avant en frottant ses bois dans la végétation basse. Je tente de me rapprocher un peu encore mais il relève la tête et regarde à nouveau vers moi un instant puis se remet en marche. Il longe le bois de cul et je tente de le suivre mais il bifurque un peu plus loin pour se présenter plein travers à 22 mètres, tête à gauche vers le bois, gratte à nouveau le sol puis rentre à couvert en remontant dans le bois.

Je sors vite mon Butollo et tente quelques appels puis attends un peu mais rien ne vient. Je décide de me rapprocher doucement, je rejoins tranquillement l'endroit où il est rentré au bois et constate qu'une grosse coulée très marquée et bien dégagée remonte dans le bois. Je tente de la suivre très lentement en cherchant le brocard du regard dans le sous-bois mais rien en vue. Un peu plus haut, je biaise à droite et ressors sur une bande de friche qui avance dans le bois et longe le maïs. Je m'avance doucement dans les herbes hautes quand j'aperçois un beau brocard de cul, entrain de frotter ses bois contre un buisson à environ 100 mètres, au bord de la friche, en contrebas, contre le maïs. Je recule et repasse derrière le relief du terrain qui me cache du brocard. Je descends au pas de course et rejoins la bordure du maïs. Le vent souffle toujours aussi fort et face à moi. J'en profite pour avancer rapidement vers le brocard en longeant derrière le premier rang de maïs. Le brocard quitte le buisson et avance doucement dans les herbes hautes en parallèle du maïs puis commence à remonter dans la friche alors que je tente de le rattraper. Il est à moins de 40 mètres. Je le quitte un instant des yeux mais au moment où je tente de l'apercevoir à nouveau, il a disparu.

Je sors du maïs et commence à longer doucement le talus de la friche. Je suppose qu'il s'est couché, j'arrive doucement au niveau du buisson auquel il frottait ses bois tout à l'heure et aperçois sa tête à environ 10 mètres au milieu des hautes herbes. Je pensais bien, il est couché dans une légère dépression du terrain. Je finis par distinguer son corps, il est de 3/4 arrière. J'arme, prends la visée derrière l'épaule et décoche. Un impact retentit, le brocard se lève d'un bon ses pattes se raidissent, il titube et s'écroule. Je m'avance rapidement pour tenter de comprendre et pour voir si je dois l'achever mais quand j'arrive, il est mort. Une entaille de 30 centimètres est ouverte sur son dos parallèlement à la colonne vertébrale.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je constate que ma flèche lui a traversé le cou et coupé une vertèbre, je comprends alors que mon tir en contre-plongée, un peu trop haut, a provoqué un ricochet de ma flèche sur son dos et cette dernière a fini dans son cou. Une grosse tache de sang marque l'endroit du tir

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

et je retrouve ma flèche dans la trajectoire du tir, maculée de sang dans les herbes sèche, plantée au sol.

J’appose le bracelet à mon chevreuil et le serre en bordure du maïs pour une petite séance photo.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je lui attache ensuite les 4 pattes, passe sa tête entre ses pattes avant et le charge sur mon épaule pour le ramener au bord du chemin de terre qui accède au maïs et par lequel je pourrai venir le chercher en voiture. Je laisse donc mon brocard et pars en longeant le ruisseau côté droit pour revenir vers la zone où les sangliers semblaient se trouver. La luminosité commence à baisser un peu et le vent s'est posé. J'avance en surveillant les passages de canon mais rien en vue. Je traverse le ruisseau, passe un fossé et longe une parcelle de maïs plus petite, arrivé au coin de cette dernière, je bifurque pour remonter vers la route en longeant le ru côté gauche.

J'avance doucement quand un chevreuil démarre au galop sur ma gauche en faisant claquer les pieds de maïs. Je me fige et tente de l'apercevoir mais le bruit s'estompe, je fais 1 ou 2 pas de plus et entends un autre chevreuil qui démarre de l'autre côté du ru sur ma droite. Il file en longeant le cours d'eau puis se ravise et le traverse pour venir se planter à 12 mètres plein travers, sa tête dans le maïs. C’est un brocard. Il me nargue ainsi un court instant, comme s'il savait que je venais de fermer mon dernier bracelet de tir d'été puis rentre tranquillement dans la culture. Je tente de l'appeler au Butollo pour le fun mais il ne reviendra pas. Je continue donc à longer le ru puis le traverse un peu plus loin pour longer la parcelle prometteuse. Rien en vue pour le moment et ma concentration baisse un peu quand, tout à coup, alors que je viens de me rendre compte que je suis en train de passer un passage de canon que je n'avais pas vu, une impression bizarre me fait stopper net en plein découvert au milieu du départ du passage. Je tourne doucement ma tête vers la droite et aperçois 3 sangliers à 10 ou 12 mètres arrêtés dans le passage de canon. Une laie de 50 kilos, plein travers qui regarde à droite et 2 bêtes rousses de 30 kg, tournées dans l'autre sens, en train de manger un épi de maïs dont elles ont couché le pied sur le passage. Ils ne m'ont pas repéré, je tente d'armer doucement mon arc mais c'est alors que la laie tourne la tête vers moi et en m'apercevant elle fait volte-face pour rentrer dans le maïs sur la gauche en grognant, provoquant la fuite des bêtes rousses qui elles rentrent sur la droite.

Je rigole intérieurement de ma bêtise mais aussi de celle des sangliers qui viennent de commettre une grave erreur car ils vont certainement chercher maintenant à se regrouper et devront d'un côté ou de l'autre retraverser le passage de canon à découvert. Je reste un instant immobile puis m'avance tout doucement de 10 mètres dans le passage de canon et me poste côté gauche contre la culture. Rapidement, j'entends sur la gauche, à environ 10 mètres devant moi, la laie qui grogne pour appeler les jeunes. Je m'avance à nouveau de quelques mètres et me reposte. Très rapidement, le maïs se met à craquer sur ma droite. Je me prépare. Une bête rousse sort à 10 mètres devant moi mais se positionne dans un 3/4 arrière très fermé contre la culture. J'arme mon arc pour attendre une position plus confortable pour la tirer mais elle démarre et rentre sur ma gauche dans le maïs. Sort alors un gros mâle qui traverse tranquillement le passage à environ 15 mètres devant moi, je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il stoppe plein travers, rentrant juste son groin dans le maïs. Il démarre à l'arrivée de ma flèche qui le traverse mais elle me semble un peu en arrière, j'ai bien vu disparaître puis réapparaître mon encoche lumineuse rouge. Ma flèche l'a complètement traversé. Le sanglier fonce dans le maïs dans un grand fracas qui s'arrête très vite puis je l'entends se débattre au sol. Il n'a pas fait 30 mètres. Je m'avance rapidement car la luminosité baisse et fait démarrer un sanglier qui s'apprêtait à sortir sur ma droite, il fait demi-tour en cassant des pieds de maïs sur environ 10 mètres puis s'immobilise.

J'aurais pu attendre pour tenter de flécher d'autres sangliers mais, j'ai déjà 2 animaux et je préfère retrouver mon sanglier avant qu'il fasse nuit. Il a arrêté de se débattre et souffle encore par moment. Impossible de trouver du sang à l'impact et la luminosité baisse vite. Je décide de tenter de le retrouver au bruit, j’attends un court instant et l'entends donner un dernier coup de patte dans le maïs, je pose mon arc et pars droit vers le bruit à la lumière de mon portable et le retrouve à à peine 20 mètres de l'endroit du tir. Du sang mousseux sort du trou d'entrée de ma flèche qui est en fait très bien placée puisque elle a traversé les 2 poumons. 

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je l'attrape par une patte arrière et le traîne vers le ru dans le sens des rangs de maïs, le pose au bord de la culture puis pars chercher mon arc et ma flèche mais malgré mon encoche lumineuse, impossible de la retrouver. Je longe le passage de canon et fait à nouveau démarrer des sangliers sur ma droite. Je finis par renoncer et pars chercher ma voiture alors que la nuit s’installe.

Je commence par charger le brocard puis pars me garer près du maïs où se trouve mon sanglier et pars avec la longe d'Hémo pour chercher mon ragot.  En partant vers le maïs, je dérange un chevreuil qui s'éloigne en bondissant dans la nuit. En passant le premier passage de canon du champ, j'aperçois, en ombre chinoise, une chevrette de cul qui regarde vers moi au milieu du passage. Je rejoins mon sanglier et l'attache par le groin pour le tirer jusqu'à ma voiture qui est à environ 400 mètres. En repassant devant le passage de canon, je constate que la chevrette n'a pas bougé mais cette fois elle s'enfuit. Mon sanglier chargé, je rentre, j'ai encore du boulot pour conditionner la viande de mes 2 prises.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Alex

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2 janvier 2005 7 02 /01 /janvier /2005 12:22

Cet été, comme tous les étés depuis l'an 2000,  je suis parti arpenter les bosquets et les prés de Roumégoux, petit village tarnais, pour tenter de tirer un brocard, mais revenons en arrière :

 

Flash-back : L'été 2000, j'ai tiré mon premier brocard à l'arc. J’étais parti avec un collègue de BTS qui lui ne chasse qu'au fusil, il tenait absolument à venir avec moi pour avoir un aperçu de la chasse à l'arc, franchement, je n'aurais jamais pensé pouvoir approcher un chevreuil avec un accompagnateur.

Nous avons visité une bonne partie des sites stratégiques dont j'ai la connaissance et où j'ai pu apercevoir lors de mes précédentes sorties quelques jolis culs blancs, mais rien à faire. Vers 21 heures nous en sommes à 3 heures de marche sur un terrain plutôt vallonné et aucun chevreuil n'a voulu se montrer.

Depuis une semaine, à la tombée de la nuit, une famille de blaireaux se laisse observer, je lui propose donc d'attendre 22 heures pour tenter de les approcher, manière d'au moins lui montrer une approche même si ce n'est pas pour chasser. Nous sommes tranquillement en train de discuter, assis dans l'herbe quand, vers 22 heures, je commence à me lever et, du coin de l'œil, j'aperçois un beau brocard entrain de brouter tranquillement à une cinquantaine de mètres de nous. Je m'immobilise et fais signe à mon collègue de ne pas bouger.

J'attrape mon arc compound et je me mets à ramper dans les hautes herbes sèches en tentant de faire le moins de bruit possible, mon cœur bat tellement fort. Après une vingtaine de mètres d'approche je m'aperçois que notre brocard se dirige droit vers moi. Je me redresse et me mets à genoux dans l'herbe haute. Mètre par mètre, le voilà à une dizaine de mètres. Il se tourne et me présente son flan. En moi-même je me dis :"là mon petit tu en fais trop!" Profitant d'un moment d'inattention, j'arme mais le malin a perçu mon mouvement et nous voilà face à face. Lui en train de me fixer et moi en train de le viser. Ces secondes me paraissent durer une éternité.

Au bout d'un moment, il feint de se remettre à manger et alors que je m’apprête a lui décocher ma flèche, il se redresse à nouveau manière de vérifier que cette souche ne lui veut pas de mal et assez rapidement il se remet à son activité.

Je n’en peux plus et je commence à trembler de plus en plus, mon collègue resté en arrière me murmure : « tire, mais tire », la tension de la corde devient insupportable, il me faut absolument tenter ma chance.

Je vise l’arrière de l’épaule et je décoche. Malgré la courte distance qui nous sépare, le brocard évite ma flèche d'un bon. Cette dernière ne lui coupe que quelques poils sous le poitrail et en un éclair je vois s’éloigner mon chevreuil. A une cinquantaine de mètres, il se retourne comme pour me narguer une dernière fois avant de disparaître derrière la crête du mamelon.

Après m'être remis de mes émotions, je me mets à chercher ma flèche manière de vérifier que je ne l’ai pas blessé, mais non, seuls quelques poils clairs s’étaient accrochés à ma lame, pas de trace de sang. Mon collègue qui accourt en riant tout ce qu’il peut me lance : « mais comment tu as fait pour le manquer ? »… je ne réponds pas je suis toujours dans ma chasse qui repasse en boucle dans ma tête.

 

       L’été suivant, j'ai fléché mon premier chevreuil à l'arc mais je ne l’ai malheureusement pas retrouvé.

J'ai commencé à chasser mi-juillet, comme chaque année un petit repérage s’impose. Je commence par arpenter le territoire en entier pour estimer un peu la population, puis je m’attarde de plus en plus sur quelques coins qui me semblent prometteurs et j’étudie les habitudes de quelques brocards.

En variant mes heures de sortie et en repérant les signes de passages, les apparitions de brocards deviennent très courantes. Sur cette saison, j’ai jeté mon dévolu sur 4 brocards, un jeune daguet, un vieux et grand brocard au cou très massif avec des meules énormes mais des bois trapus et courts (je pense qu’il commençait à ravaler) et deux brocards en pleine force de l’âge avec de très jolis bois (6 pointes qui dépassent bien au-dessus des oreilles).

Je n’ai pas passé un jour sans apercevoir un chevreuil et j’ai fait de belles sorties où j’ai pu observer 4 à 5 cervidés.

 

Mon récit va se concentrer sur la semaine la plus riche en événements :

La première approche a été « involontaire », le lundi soir vers 19 heures, je viens de quitter ma voiture, j’ai parcouru à peine 500 mètres, les maisons du village sont encore en vue, je descends vers le lac de la Bancalié par un sentier, encaissé entre deux mamelons, bordé de deux grandes haies de frênes dont les interruptions marquent les passages aménagés pour le bétail. Je marche d’un pas rapide sans faire attention au bruit que je produis, la haie de droite commence à se clairsemer, les frênes faisant petit à petit place à des buissons noirs qui par leur taille me permettent de voir la lisière du bois qui borde le lac. Une bande d’herbe grasse coincée entre la haie et la lisière du bois se termine 20 mètres plus loin à la hauteur d’un passage qui perce la haie.

Pensant déjà au déroulement de la chasse, je n’ai pas encore encoché ma flèche quand je suis arrivé à la hauteur du passage. Le vieux brocard surgit alors devant moi comme sortant de nulle part. Je suis nez à nez avec ce vieux mâle, assez pré pour le toucher. Lequel est le plus surpris, je ne sais pas mais nous restons une fraction de seconde à nous observer puis c’est lui qui se décide. D’un bon, il franchit le chemin pour se réfugier dans le bois côté gauche. Après avoir effectué une boucle, il resurgit 30 mètres plus loin, marque un temps d’arrêt me laissant observer sa beauté avant de disparaître sans bruit dans le bois. Je reste immobile à le regarder sans même penser à encocher ma flèche, juste la magie d’une rencontre.

Je poursuis ma marche en direction du ruisseau qui alimente le lac par un sentier pédestre qui longe le plan d'eau et abouti à une petite route qui serpente au milieu des bois.

Je traverse la route pour arriver à mon coin préféré, un pré tout en long bordé sur la droite par le Lezer (petit ruisseau) et encaissé en lisière de deux bois de feuillus très pentus qui s’étendent sur quelques centaines de mètres, c’est ici que mes rencontres sont les plus fréquentes.

Encochant ma première flèche de la soirée, je traverse le Lezer pour tenter une approche sur le jeune daguet repéré sue ce secteur. Malgré tous mes efforts (slalomant entre les brindilles et les feuilles mortes que la sécheresse avait rendues particulièrement craquantes) pour ne pas attirer son attention, le malin m’a repéré. Quand je l’aperçois à 100 mètres entre deux chênes, il me regarde certainement faire depuis quelque temps. Il s’élance et passe comme à son habitude entre deux très gros chênes (ils auront leur importance plus tard dans mon récit) et, dévalant la pente, il franchit le ruisseau d’un bon pour terminer sa course dans le bois d’en face, sans oublier de pousser son cri roque manière de dire à tous ces pots : « faites gaffe Alex est dans le coin ».

Il faut dire que nous n’en sommes pas à notre premier coup d’essai cette scène c’est au moins la 4ième fois que je la vis. La nuit arrivant, je  retourne sur Albi.

Mardi soir, 20h30, alors qu’il a plu un peu durant la nuit dernière, je suis les traces fraîches et bien marquées sur le sol forestier d’un chevreuil qui me menaient à la lisière du bois. Encore à moitié caché par un arbuste, je scrute le pré quand, au milieu des herbes hautes, j’aperçois ce qui pour moi est une branche mais qui curieusement attire mon regard. Quand je me rends compte que cette branche n’est pas moins que la ramure d’un magnifique chevreuil il était trop tard. Il se lève d’un bon, m’observe quelques secondes et sans me laisser le temps de réagir disparaît en lançant son cri caractéristique.

Mercredi matin, 5h30, me voilà de nouveau au rendez-vous, même scénario que lundi, le daguet est encore plus malin que moi, mais cette fois je décide de ne pas en rester là.

Après quelques minutes, le temps que notre lascar se calme et arrête de lancer ces cris, je tente de le contourner et de le retrouver un peu plus tard. Une heure de marche m'est nécessaire pour me replacer à bon vent et retenter une approche dans le bois d’en face, mais là la végétation est assez touffue et c’est mission impossible. C’est encore lui qui me repère sans même que je puisse l’apercevoir.

Dépité, je décide de changer de coin et, marchant d’un pas rapide, je tente de trouver le chemin qui remonte vers la Cassagnée. Au milieu du bois je tombe sur une coupe récente dans laquelle je marque un temps d’arrêt pour reprendre mon souffle après une dure montée. Dans le silence un bruit de pas commence à se faire entendre, de plus en plus fort, de plus en plus prêt.

Appuyé contre un petit chêne, je tends l’oreille et, ma flèche encochée, j’attends, immobile sans un bruit. Le bruit s’arrête puis reprend, c’est alors que 25 mètres en contrebas, surgissant des taillis, j’aperçois un magnifique brocard traversant le coupe-feu, reniflant au sol comme le ferait un chien sur la piste d’un gibier (je pense qu’il s’agissait du maître des lieux et que l’intrusion de notre jeune daguet n’était pas de son goût ou peut-être suivait-il la trace de sa promise). Je profite de sa disparition dans la végétation pour armer mon arc sans trop y croire. 

A ma grande surprise, le voilà qui revient et qui cette fois-ci prend la coupe et se dirige droit sur moi, à 10 mètres il s’arrête et dresse sa tête dans ma direction, le poitrail est dégagé, je lui décoche ma flèche mais juste à ce moment il rebaisse la tête. Ma flèche le frappe en plein sur le dessus du crâne, entre les deux bois, ce qui la stoppe net, elle retombe devant le brocard qui, poussant des cris effroyables, se met à courir à toutes pattes vers le bois d’en face. Alors que je l’entends encore, je me précipite vers ma flèche gisant dans les ronces (mon arc développe tout de même 54 livres). A ma grande surprise, il manque 1.5 cm de la pointe de la lame et au niveau de la cassure il y a un peu de sang et des poils. En levant la tête j’aperçois le brocard courant dans une clairière en face

Je décide alors de faire appel à mon président de société pour retrouver ce chevreuil que je pensais condamné, mais malgré toutes nos recherches, impossible de le retrouver. Je dois dire que je n’en ai pas dormi de la nuit, j’ai même été à la limite de ne plus chasser de la saison.

Après plusieurs jours sans sortie, arrive dimanche soir, encore contrarié par ma mésaventure du mercredi, je décide de retourner faire un tour. La rencontre bien que furtive que je fais ce soir-là me remonte le moral, notre compère, reconnaissable à ses bois, broute tranquillement en lisière du bois et, alors que je le regarde dans mes jumelles, il ne me laisse pas plus de temps pour l’observer et disparaît à grandes enjambées. Je pense que le morceau de lame est resté fiché dans l’os qui est assez épais entre les bois sans atteindre le cerveau. J’espère que cet objet ne lui causera pas de problème de santé dans l’avenir.

Je décide donc de retenter une approche sur notre jeune daguet. Je traverse donc le ruisseau et commence l’ascension du bois de chênes, cette fois-ci c’est moi qui le vois en premier, il est occupé à brouter quelques jeunes pousses de ronces. Je me dirige donc vers nos deux gros chênes, le passage par lequel il m’a tant de fois échappé et je me poste à genoux contre l’un d’entre eux, hors de sa vue tout t’en l’épiant de temps à autre.

Au bout d’un petit quart d’heure notre compère quitte son gagnage et se dirige vers moi, et alors qu’il ne passe qu’à 3 mètres de moi je lui décoche ma flèche de ¾ arrière. 50 mètres de course, il s’arrête, s’appuie contre un arbre mais les secondes s’égrainent puis les minutes et il ne tombe toujours pas. Je décide d’aller cherche le président de la chasse alors que mon chevreuil se remet en marche et disparaît dans le fourré, je ramasse ma flèche restée à quelques mètres après l’avoir traversé, elle est couverte d'un sang visqueux.

Nous arrivons sur place 45 minutes plus tard alors qu’il ne fait pas tout à fait nuit avec un des chiens que nous utilisons pour chasser le chevreuil mais ce dernier tourne et retourne sans réaction. Son maître décide de le lâcher mais c’est une grosse erreur, il finit par relancer le chevreuil, le perd puis le relance et finit par le perdre complètement alors qu’il fait nuit noire et que nous suivons à la lumière de nos lampes torche. Je viens de perdre définitivement mon chevreuil.

 

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

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http://www.unucr.fr/conducteurs.html

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