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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 20:17

La semaine dernière, le président de la chasse d'Haulies, commune sur laquelle je réside depuis fin 2018, m'appelle pour me proposer un bracelet de chevreuil. Il reste 5 bracelets qui n'ont pas été réalisés en battue. J'avais demandé à l'assemblée générale, en début de saison s'il serait possible de chasser un chevreuil à l'approche mais les réactions du bureau n'avait pas semblé très favorable. La chasse à l'approche et à l'affût sur ma commune ne sont pas favorisée, le tir du sanglier ne se fait qu'en battue et la chasse du chevreuil se fait principalement en battue, seules les dernières attributions se font parfois à l'approche pour éviter un dépassement de quotas. Nouveau sur la société de chasse, je n'avais pas insisté et avais laissé tomber l'idée. Cette proposition bien que très tardive m'a donc beaucoup surpris et j'ai décidé de relevé le défi de prélever ce chevreuil à l'arc en moins de 2 semaines, avant la fermeture de la chasse. Les consignes sont de ne pas tirer de joli brocard car ils sont réservés pour le tir d'été, vendu un bon pris à Actéon. Cela fait 15 ans que je n'ai pas chassé sur Haulies où j'ai prélevé mon premier chevreuil à l'arc en 2005, année de mon arrivée dans le Gers. A l'époque, mon mode de chasse silencieux et ma réussite étaient mal passés auprès de l'ancien président, je n'avais donc plus tenté de reprendre des bracelet chevreuils en tir d'hiver sur la commune.

Ce weekend, ayant un peu de temps, j'ai réalisé quelques sorties à l'approche pour faire un peu de repérage autour de ma maison. Quel plaisir de pouvoir partir à pied de chez soi. J'ai repéré 4 brocards dont 3 bien trop gros pour être tirés. Un jeune brocard, accompagné d'une jeune chevrette traînent en limite de la société de chasse et je les ai approché 2 fois presque à distance de tir. J'ai même armé le jeune brocard à un peu plus de 20 mètres mais ce dernier était de face et je n'ai donc pas décoché. Ces sorties m'ont appris que, tous les soirs, quelques chevreuils passent à l'angle d'un bois pour rejoindre une langue de prairie prise entre les massifs boisés. Ce soir, en sortant du boulot, je décide d'aller m'y poster. Je me prépare rapidement puis part de chez moi à pied, à travers champ pour rejoindre mon poste. Arrivé au coin du bois, je constate que le vent vient du semé de blé et rentre dans le bois, j'hésite un peu car si les chevreuils arrivent dans mon dos ils vont me sentir mais je décide de tout de même tenter le coup. Je remonte un peu en longeant le bois et y rentre de quelques mètres par une très grosse coulée. Je dégage le sol pour pouvoir pivoter en silence et me cale contre un chêne. De nombreuses coulées très marquées convergent dans le bois vers mon poste. L'attente commence, des petits rongeurs agitent les feuilles mortes qui recouvrent le sol du sous-bois. Le vent venant du semé a un peu forci, je le contrôle régulièrement et sa direction reste constante. J'observe dans le bois et dans le champ quand je suis surpris par l’apparition du jeune brocard sur lequel j'ai armé samedi. Un chêne en lisière m'a masqué son arrivé. Il est à environ 60 mètres dans le semé de blé et regarde vers moi. Je reste immobile, il se met à brouter. Mon cœur s'emballe un peu ce qui ne m'arrive jamais à l'approche mais il se calme vite. Je me penche doucement pour voir si la chevrette le suit et l'aperçois plus en arrière en crête du champ mais j'aperçois aussi 3 autres chevreuils qui arrivent du bois derrière la crête. Un autre jeune brocard et 2 jeunes chevrettes. Tous sont tirables, il n'y a plus qu'à espérer qu'ils se rapprochent.

Le premier brocard broute tranquillement mais s'éloigne lentement de 3/4 arrière. La jeune chevrette, rejointe par le second brocard qui commence à la coller de trop près, démarre rapidement pour rejoindre l'autre brocard qui se retourne et semble biaiser vers moi. Une autre chevrette commence à venir vers eux en baisant doucement vers mon poste. Le second brocard revient vers la crête pour rejoindre la dernière chevrette. Ils collent leur têtes et semble se frotter front contre front. L'autre brocard est pris d’éternuements puissants qui font jaillir des gouttes de liquide brumisé de son nez. Je l'ai déjà vu éternuer de la sorte samedi ainsi qu'une autre chevrette approchée à 25 mètres. Les 3 chevreuils les plus proches s'approchent lentement en broutant tranquillement. La chevrette la plus à droite commence à venir droit sur moi d'un pas lent mais décidé alors que le jeune brocard et sa chevrette un peu plus en retrait s'avancent également mais plus lentement. La chevrette n'est plus qu'à 20 mètres, arrêtée de face, cachée derrière un chêne, le brocard un peu plus à gauche est à environ 25 mètres et sa chevrette plus en retrait. J'arme doucement mon arc, elle repart toujours d'un pas lent et arrive de face sur la droite du chêne. Je la suis dans mon viseur. Elle biaise légèrement, passe derrière le chêne et vient stopper de 3/4 face (presque de face) à 5 mètres de moi sur la gauche du chêne, derrière un genet peu touffu. Je cale ma visée sur le défaut avant d'épaule dans une fenêtre au travers du genet. La chevrette tranquille regarde à droite. Je décoche. Ma flèche la frappe bruyamment. Elle fait volte-face alors que ses camarades se dispersent au galop. Elle fuit au galop en perdant énormément de sang, son estomac pend par le trou de sortie de ma flèche qui est restée en travers de l'animal. Elle décrit une boucle d'environ 35 mètres dans le semé de blé pour revenir vers le bois à ma droite à environ 20 mètres. Alors qu'elle arrive près de la lisière son arrière train flanche et je l'entends se fracasser dans la végétation au moment où je la perds de vue. 

Je quitte mon affût, les autres chevreuils, dispersés au loin et regardant vers moi, redémarrent pour rejoindre les bois. Un chevreuil aboie dans mon dos, dans le bois où j'était posté avant de détaller. Une piste de sang très abondante de 50 cm à 1 mètres de large me conduit sans aucune difficulté à ma chevrette morte sur le dos, calé contre des petits buissons, juste en lisière. Elle a perdu la moitié de sa panse à un mètre de la lisière. Ma flèche rentre au cœur devant l'épaule droite et ouvre les 2/3 de la cage thoracique, à mi-hauteur, sur le flanc opposé. Ce trou béant est impressionnant et laisse sortir les viscères. Ma flèche n'est plus dans la chevrette. Je refais la piste à l'envers et la retrouve quelques mètres après le tir, posée au sol. La chevrette l'a expulsée dans sa course. Je la remets au carquois et par baguer ma chevrette. J'ai oublié mon appareil photo et mon portable à la maison. Je rentre donc faire quelques photos souvenir alors que la nuit tombe doucement.

Une chevrette haulienne à l'affût, 24 février 2020

Alex

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 19:53

Aujourd'hui, j'organise la battue annuelle de Justian. 6 archers ont répondu favorablement à mon invitation, Renaud et Thierry sont arrivés hier soir et ont dormi à la maison. Nous retrouvons Jacques à Auterrive vers 7 heures puis partons pour le rendez-vous à Lagardère où nous retrouvons Gilles, Lionel et Christophe vers 8 heures. Mon ami Adrien a invité Christine qui est, comme lui, conductrice de chien de sang et habite près de Vic Fezensac. Après l'inscription au cahier de battue, un bon petit déjeuner et les consignes du jour, nous partons nous poster. Le Gers est en alerte orange inondations, le responsable de la battue est allé vérifier le niveau de l'Osse ce matin et il semble qu'elle soit à ras bord mais qu'elle n'ait pas débordé. C'est la première année que j'ai si peu d'archers pour ma battue. Nous nous regroupons dans 3 voitures, normalement nous nous garons tous sur le chemin qui traverse l'Osse mais sachant que Thierry et Renaud ne pourrons pas traverser la vieille Osse qui est en crue pour aller se poster, je les envoie avec d'autres chasseurs au fusil par la route de Courensan en leur expliquant le chemin pour aller se poster et je pars avec le reste des archers pour le chemin de terre qui traverse l'Osse. Nous nous garons avant le pont. Tous les archers présents viennent chaque année et connaissent les postes, je les laisse donc se répartir le long de la vieille Osse alors que je pars me poster dans le bois par la passerelle de la palombière. La ligne des archers formera un U autour de la zone la plus fourrée du bois de Bourras.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Les traqueurs vont attaquer par le bois de Bourras autour duquel les fusils vont se poster puis monterons plus haut sur un second bois en suite, la ligne des archers restera en place alors que les fusils encercleront le bois du haut sur 3 côtés, laissant le bas ouvert sur notre ligne. Je passe la passerelle en pylônes EDF puis longe le vieux tunnel de la palombière pour rentrer un peu dans le bois, dans une zone de petits frênes plus ou moins dense. Le bois est assez étroit à cet endroit, environ 30 mètres de clair pris entre la vieille Osse et un gros roncier. Je m'avance pour me poster près du roncier quand des craquements se font entendre. Un sanglier se débine sur quelques mètres dans les ronces en direction du champ de sorgho à environ 20 mètres plus à ma droite. Il stoppe vite alors que les chasseurs au fusil se postent le long du roncier. Les culasses claquent, les voix des chiens et des piqueurs qui arrivent dans mon dos se font entendre. La corne de Serge sonne le début de traque. Les teckels arrivent dans mon dos suivis de Serge et rentrent dans le roncier où ils se mettent presque immédiatement au ferme. Serge les encourage au bord du roncier à 15 mètres sur ma droite. Les chiens finissent par déloger le sanglier qui démarre en faisant craquer le roncier. J'arme mon arc et dirige la flèche vers le sol en espérant voir sortir le sanglier mais rapidement 2 coups de feu claquent. Le sanglier est sorti sur le sorgho en entraînant les chiens à ses trousses.

Les piqueurs tentent de rappeler la meute mais les teckels filent vers l'autre bois où un ferme roulant s'installe. Le sanglier légèrement blessé s'éloigne doucement en faisant régulièrement face aux chiens. Les piqueurs tentent de les rejoindre mais les voix s'éloignent peu à peu et le calme s'installe. Au bout d'un moment, un léger bruit attire mon regard vers le roncier. Un superbe renard surgit des ronces à environ 10 mètres et s'élance vers la vieille Osse au trot. Surpris, je mets un court instant à réagir pour armer mon arc. Le renard fait environ 15 mètres à découvert puis fait brusquement demi-tour pour revenir vers le roncier alors que j'arme mon arc. Je tente de le ralentir en sifflant mais il fonce dans le roncier où je le perds de vue. Je désarme. Rapidement, le renard ressort des ronces de cul, à environ 40 mètres de moi et fonce vers les postes de Renaud et Thierry qui, je l'espère, auront plus de chance que moi. Je contrôle le vent et comprends que le renard m'a senti, je me décale donc plus à gauche pour me poster dans un bouquet de petits frênes à mi-distance du roncier

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

et de la vieille Osse.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Le temps passe, les piqueurs finissent par revenir avec quelques chiens et réattaquent le roncier mais il n'y a pas d'autre sanglier. Ils partent donc à travers bois pour poursuivre la traque. Plus loin les chiens donnent à nouveaux et rapidement, la voix d'un teckel se rapproche. J'aperçois alors un chevrillard mâle qui se débine en suivant la rivière à environ 70 mètres.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Il biaise en suite pour venir sur ma droite en direction du roncier. J'arme mon arc et le laisse venir. Il stoppe à environ 15 mètres, partiellement masqué par des branches. J'aligne ma visée mais ne décoche pas, préférant attendre une meilleure occasion. Il écoute le chien qui est très en retard puis repart au pas. Je le suis dans mon viseur, il passe plein travers, bien dégagé à 8 mètres sur la droite. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche a traversé très en arrière, dans les tripes. Le chevreuil accélère sur 10 mètres, bifurque à droite en direction de l'Osse puis se ravise un peu plus loin et prends à gauche en direction de la lisière où je le perds de vue.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma flèche est mortelle mais très mauvaise. Le teckel arrivé sur les traces de mon chevreuil et je m'interpose plusieurs fois pour lui couper la route avant de le renvoyer vers les piqueurs en espérant que mon chevreuil se couche vite s'il n'est pas poursuivi. Pendant ce temps, un autre chevreuil a sauté la vieille Osse au poste de Gilles qui n'a pas pu le flécher et Thierry a pu flécher un jeune sanglier de face, le séchant sur place d'une flèche de colonne. Renaud manque un autre sanglier de la même taille qui lui passe à quelques mètres, à cause d'un arbuste qui stoppe sa flèche. Ce sanglier sera en suite tué à balle sur la route de Courensan. 5 autres sangliers et un renard sortiront à la route de Courensan où le poste avait été abandonné par le chasseur au fusil. Un gros sanglier revenant dans le dos de Renaud est passé trop vite pour être fléché et a sauté la vieille Osse, hors de vue des archers, pour ensuite longer l'Osse et être manqué par un chasseur au fusil près du ponton qui enjambe le cours d'eau.

Le calme revient et la fin de traque est sonnée pour que les fusils se reposent plus haut. Les archers ne bougent pas. Renaud en profite pour m'envoyer les photos du sanglier du Thierry et m'expliquer comment s'est passé leur chasse. Je suis super content car c'est le premier sanglier de Thierry et le premier gibier qu'il flèche dans le Gers à part un gros ragondin fléché l'an dernier. J'ai pu flécher 4 chevreuils et 2 renards chez lui mais je n'avais jamais pu lui faire tirer un animal chez moi. C'est peut être mon T-shirt fluo que je lui ai prêté pour la battue qui lui a porté chance.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019
Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je pars contrôler mon tir. Ma flèche est plantée au pied d'un frêne. Je cherche du sang sur la trajectoire de fuite de mon chevreuil sans succès. Je coupe plusieurs fois la trajectoire de fuite et finit par trouver une goutte de sang sur une feuille à 50 mètres environ du tir.  Je marque l'endroit de 2 branches plantées dans le sol. Les tripes ont dû boucher les trous de ma flèche et empêcher l'hémorragie externe. Je reviens vers ma flèche que j'ai laissée sur place. Elle est couverte de contenu intestinal.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je remarque alors des touffes de poils tombées à l'endroit du tir mais pas la moindre goutte de sang.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

J'appelle Adrien pour l'informer que j'aurai besoin de lui en fin de chasse pour une recherche. La deuxième traque laisse échapper quelques chevreuils et une chevrette sera tuée au plomb par un posté. Les archers n'auront pas d’autres occasions de tir. Nous aurions dû attaquer la chasse directement par le haut. 

Nous partons pour les silos de Roques où nous décidons de chasser un autre petit bois avant de manger.  Un piqueur m'informe qu'il a trouvé du sang dans la seconde traque au coin gauche du bois côté Bourras mais je ne sais pas s'il s'agit de mon chevreuil ou du premier sanglier. Je me poste au milieu du bois, Renaud et Thierry sont en lisière du bois sur ma droite les autres archers en lisière sur ma gauche. Les chiens lancent dès le début de traque, un beau brocard passe à Lionel en pleine course à 5 mètres et il le laisse passer sans tirer pour éviter de faire une mauvaise flèche. Un renard passe au-dessus de moi en lisière du bois à environ 80 mètres, un autre passe à Thierry dans le sale et sera manqué par un posté au fusil à la sortie du bois. Une chevrette blessée au plomb sera perdu en entrant dans le bois de Bourras malgré pas mal de sang trouvé.

La traque terminée, les chasseurs partent manger alors que je rejoins Christine et Adrien pour faire ma recherche. Adrien décide de laisser faire Christine. Nous partons l'attendre au ponton car il lui faut aller chercher son chien chez elle. Le temps me semble interminable et elle n'arrive que vers 15h30. Je conduis Adrien, Christine et son teckel Léo vers l'endroit du tir en les avertissant que nous allons forcément couper la trajectoire de fuite avant d'arriver sur la zone du tir. J'ai pris mon arc et Adrien son fusil. L'eau a beaucoup monté depuis ce matin et coule sur le champ entre la vieille Osse et l'Osse. Nous passons la palombière et je décide de sortir en bordure du sorgho pour rerentrer dans le bois au bord du roncier en espérant ne pas trop piétiner la piste. En lisière, Léo veut partir vers le sorgho mais sa maîtresse le retient. Nous rentrons au bois et j'indique l'endroit du tir et le premier sang qui a été recouvert de quelques centimètres d'eau depuis ce matin puis laisse commencer la recherche mais Léo tourne et retourne dans le bois sans prendre la piste. Je récupère ma flèche et la remets au carquois. Cela fait plus de 5 heures que j'ai fléché mon chevrillard.

Le temps passe et toujours rien, Adrien décide d'aller chercher Igor son rouge. Pendant ce temps, je décide de longer le sorgho pour tenter de trouver des indices. Je tombe sur un pied relativement frais de chevreuil dans la boue. Les traces viennent d'une grosse coulée qui sort du bois qui pourrait correspondre avec la trajectoire de fuite de mon animal. J'inspecte le sorgho quant une tâche rouge et ronde attire mon regard sur une feuille de sorgho en bordure de la culture. Les feuilles de sorgho sont partiellement teintées de rouge mais cette tâche circulaire, d'environ 1 centimètre de diamètre, m'intrigue. Je la frotté entre mes doigts et confirme que c'est du sang. J'appelle Adrien qui est en train d'arriver. Il met Igor sur le sang et il démarre immédiatement. Léo part aussi mais plus à gauche et au pas de course alors qu'Igor avance doucement en contrôlant chaque coulée. Au milieu du sorgho, Igor commence à venter et Adrien me dit que le chevreuil ne doit pas être loin. Léo rentre par le coin du bois ou le piqueur avait trouvé du sang. J'encoche une flèche et me tiens prêt mais Igor fait ses arrières et refait une boucle dans la culture. Je ne bouge plus pour je pas le perturber quand des cris plaintifs de chevreuil retentissent. Igor a manqué le chevreuil au démarrage, celui-ci part à la course, en criant, sur 40 mètres environ en direction du bois de Bourras alors qu'Adrien retient Igor par sa longe. Le chevillard se tait et se tétanise sur ses pattes tremblantes puis se laisse tomber au sol. Je m'approche à quelques mètres et lui décoche une flèche au jugé au travers de la végétation. Touché en arrière du coffre il n'essaie pas de se redresser et je me jette sur lui pour le plaquer au sol. Il s'immobilise presque aussitôt, il était à bout. Nous rappelons Christine et Léo qui sont partis sur les traces du sanglier blessé. 

Il est temps d'aller manger. J'appelle pour qu'on m'apporte un bracelet avant de partir rejoindre les autres chasseurs qui ont fini de manger. J'en profite pour faire quelques photos souvenir.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma première flèche était, comme je l'avais vu, très en arrière et les tripes n'ont pas permis l'écoulement du sang. Thierry et Renaud qui ont de la route pour rentrer dans le Lot et la Corrèze sont déjà partis quand j'arrive à la salle. Après avoir mangé un bout, je pars peler alors que le reste des archers rentre chez eux. Je commence un sangliers mais 2 chasseurs prennent le relais, je pars donc m'occuper des 2 chevreuils. D'autres chasseurs s'attaquent à l'autre sanglier. Une fois les 4 animaux pelés et nettoyés, nous discutons un peu de la chasse avant que je prenne la route pour rentrer chez moi. La journée s'achève sur une égalité, un sanglier et un chevreuil à l'arc et la même chose au fusil. Le chevreuil et le sanglier blessé seront recherchés le lendemain par Christine et Léo mais sans succès.

 

Alex

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 20:35

Ce soir, je pars chasser à l'appeau un petit secteur où un ami m'a signalé un brocard casanier que je ne connais pas. Nous partons tous les 2, lui ira chasser un peu plus loin. Il me conduit sur la zone où nous laissons nos voitures sur un chemin de terre au-dessus d'une friche arborée en pente prononcée où se gîte généralement le brocard. Cette friche domine une parcelle de soja, plus à droite, le versant opposé est couvert par un tournesol. La friche se poursuit par un bois en long qui couvre le penchant sur environ 60 à 70 mètres, jusqu'au fond de la combe. Le vent monte vers nous, je me prépare et décide d'aller appeler en haut du bois, à environ 40 mètres sur la gauche de la friche. Je laisse mon ami qui n'a pas fini de se préparer et suis le chemin pour trouver un passage pour rentrer au bois avant de me poster pour appeler.

Je me cale contre des arbres, près d'une zone assez dégagée et commence mes appels au Buttolo. Je fais des séries de quelques appels brefs espacées de pauses pour écouter pendant quelques minutes puis passe au Rottumteller avec la même technique mais toujours rien. J'attends un instant immobile au cas où un brocard arriverait puis descends un peu plus bas dans le bois et trouve un beau poste, au pied de gros arbres, devant un arbre mort tombé au sol. Je reprends mes appels au Buttolo et, presque immédiatement, un galop de fait entendre sur ma droite un peu plus bas. J'aperçois vite un beau brocard arrivant sur moi dans une zone dégagée à 30 mètres en contrebas. Il stoppe à environ 20 mètres derrière un arbre. J'accroche mon décocheur, pose mon appeau sur la poignée d'arc, arme mon arc et presse mon appeau sur mon arc pour faire un petit appel bref. Le brocard démarre et fonce sur moi à grande vitesse, ça s'annonce mal. Je le suis dans mon viseur et, à ma grande surprise, il stoppe à 6 mètres de 3/4 face. Je pose ma visée sur son épaule et décoche. Touché, le brocard fait un bon spectaculaire sur place, retombe au sol, démarre pour stopper à environ 15 mètres, vacille, avance en titubant, recule en titubant et s'effondre. C'est fini pour lui. La chasse n'aura duré que 15 minutes. 

Je pars chercher ma flèche plantée au sol sur la zone de tir. Elle est couverte de sang et de contenu stomacal.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

Le chevreuil a perdu énormément de sang dès l'impact.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

Je pars le chercher. Ma flèche rentre plein cœur et ressort sous le ventre en entaillant à peine la peau d'un cuissot au niveau du genou.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

J'appose mon bracelet, lui rends les honneurs puis fais quelques photos souvenir avant de remonter à la voiture et rentrer chez moi après avoir averti mon ami par SMS.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

Alex

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 18:39

Après la fête d'anniversaire de Renaud d'hier soir, la nuit a été courte. Le réveil sonne vers 5h15, je me prépare rapidement puis nous sortons avec Thierry. Renaud nous rejoint rapidement, il a encore moins dormi que nous. Nous embarquons dans la voiture de Thierry et nous voilà partis. Nous décidons de chasser près du stade où l'an dernier je me suis fait avoir par un gros brocard. Thierry se gare près du stade et alors que le jour commence à peine à se lever, nous partons par un chemin de pierre dans les bois. Rapidement, nous dérangeons un animal qui s'enfuit dans la pénombre du sous bois. Au bout du chemin, nous débouchons sur une grande prairie fauchée prise entre un bosquet sur notre gauche et un grand bois à droite. Nous prenons sur la gauche pour longer le bosquet pour en rejoindre le coin droit qui marque la fin de la prairie fauchée et le début d'une parcelle de luzerne prise entre le grand bois et un blé non moissonné qui entoure le reste du bosquet. En arrivant au coin du bosquet, il me semble apercevoir un cou de chevreuil dépassant des céréales, en bordure de la luzerne à environ 70 mètres. Nous décidons de nous repartir autour de l'angle du bosquet. Je me poste sur l'angle alors que Thierry se poste à environ 10 mètres à ma droite, en lisière, un peu à l'intérieur du bosquet, côté prairie alors que Renaud se poste sur ma gauche en lisière du bosquet, en face du blé. Je décide d'attendre un peu avant d'appeler pour que la luminosité soit un peu plus favorable pour décocher une flèche. Un arbre entouré d'un petit bouquet d'arbustes est planté contre l'angle du blé, en alignement de l'angle du bosquet, à quelques mètres de moi. Dans le calme du matin, un léger bruit le fait tourner la tête vers cet îlot arbustif. J'aperçois alors la tête d'un jeune brocard qui s'avance vers moi juste derrière les arbustes. Il n'est qu'à 6 mètres et je n'ai pas le temps de réagir. Il avance d'un pas lent en poussant des petits piaulements comme le ferait un faon pour venir se planter à 4 mètres devant moi, plein travers, cou bas, tête relevée. Il a 2 dagues bien blanches qui dépassent des oreilles, son cou est très fin, il doit avoir à peine 2 ans. Je reste immobile, il repars vers le poste de Thierry, je décide de ne pas bouger pour ne pas l'effrayer. Une fois que le bosquet me masque, je chuchote pour Thierry : " c'est un mâle". Thierry arme son arc mais le brocard, qui n'est qu'à moins de 10 mètres sur la droite de son poste, juste en bordure du bosquet, dans la prairie, est masqué par les branches basses. Comprenant que Thierry ne peut pas décocher faute de fenêtre de tir, je tente quelques appels pour faire revenir le brocard vers mon poste mais il sent Thierry et déguerpi vers le bois qui avance dans la luzerne.

Je commence mes appels au Buttolo puis enchaîne avec le Rottumteller. Assez rapidement un galop et une respiration forte retentissent dans l'avancée de bois de l'autre côté de la luzerne à environ 60 mètres. Je poursuis mes appels. 2 chevreuils sortent du bois et viennent vers moi dans la luzerne. Je reconnais vite une chevrette et un brocard. Je les guide tranquillement vers moi et arme mon arc alors qu'ils sont à environ 20 mètres mais j'accroche la cordelette de mon appeau que j'ai autour du cou et me l'arrache des lèvres dans le mouvement. Je ne peux plus appeler. Le brocard est quasiment de face et j'espère le voir se présenter dans un meilleure position. Il reste un instant immobile puis commence à avancer en biaisant à droite pour venir se présenter de 3/4 face à un peu plus de 15 mètres juste en bordure de la prairie. Mon viseur qui le suivait dans son mouvement, se cale sur son épaule, je décoche. L'impact retentit, le brocard démarre en trombe pour se mettre à décrire des ronds et des 8 dans la luzerne en courant à toute vitesse. Il finit par s'effondrer à environ 60 mètres au bout de quelques secondes. La chevrette est retournée au bois et aboie en lisière.

Je tente d'aboyer un moment et reprends mes appels à l'appeau espérant que ce remue-ménage attire un grand brocard mais le temps passe sans que rien ne bouge. Je fais signe à mes collègues qui me rejoignent et nous partons chercher mon brocard. Comme je l'ai vu tomber, je vais directement sur lui sans chercher le sang. Je le retrouve sans difficulté grâce au rond de luzerne qu'il a couché dans sa chute. Ma flèche est encore en travers, elle ressort du cuissot. Je la dégage.

Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019

Ma flèche est entrée derrière l'épaule, ressort entre les pattes arrières puis traverse le cuissot. Des plis d'intestin sortent entre les cuissots. J'appose le bracelet avant de ramener mon brocard près du bois pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos souvenir.

Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019
Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019

Nous ramenons ensuite mon brocard sur le chemin de pierre où nous le laissons, camouflé par de petits buissons avant de partir faire une grande boucle en appelant régulièrement sur ce secteur sans avoir de réponse. Nous retournons vers mon brocard que je vide alors que Thierry part chercher la voiture. Nous chargeons mon brocard et décidons de partir faire un autre secteur. Vu ma réussite de ces 2 jours de chasse, je décide de ne plus prendre mon arc et d'appeler en arrière de Renaud pour essayer de lui faire tirer un brocard car c'est aujourd'hui son anniversaire.

Thierry nous conduit près de bâtiments agricoles où se trouve un élevage de canards. Alors que nous nous préparons, l'agriculteur qui connait Thierry vient discuter un moment avec nous. Nous partons ensuite par un sentier pierreux pour nous poster un peu plus loin en bordure de ce dernier. Thierry se poste un peu plus bas à quelques mètres dans le bois alors Renaud rentre dans le bois clair, en bordure d'un ancien chemin forestier qui est en train de se combler. Une fois mes amis postés, je commence mes appels juste derrière Renaud. Les séries s'enchaînent au Buttolo sans résultat, je décide de tenter le Rottumteller quand Renaud me fait signe qu'il a entendu des pas dans le bois en dessous de lui. Je reprends donc au Buttolo mais le chevreuil tourne sans vouloir sortir. Je tente le Rottumteller, un bruit de pas se fait entendre. Le chevreuil arrive par notre droite, je finis par l'entrapercevoir au travers de la végétation alors que Renaud arme son arc. Le chevreuil avance pas à pas, lentement, jusqu'à ce que Renaud ait une fenêtre de tir. Il décoche alors que je ne vois pas l'animal. L'impact retentit et le chevreuil part vers Thierry puis le calme revient. Renaud est aux anges, il tremble comme une feuille morte. Il me remercie pour se moment de chasse et nous nous tapons dans la main. Je suis tellement heureux pour lui. Il semble content de sa flèche et Thierry qui nous rejoint confirme que la flèche semble bonne. 

Nous attaquons la recherche, je trouve vite la flèche de Renaud cassée côté empennage, il en manque la moitié. Le sang est difficile à trouver et très peu abondant. Nous peinons à suivre les toutes petites gouttes. Thierry cherche plus en avant et tombe sur un peu de sang qu'il nous signale. Je marque chaque goutte avec un bout de bois planté au sol puis avance au sang signalé par Thierry. Nous reprenons la recherche toujours aussi compliquée et avançons doucement en descendant dans le bois très pentu maintenant quand Renaud aperçoit de loin une tâche rousse dans le bas fond, à environ 60 mètres, il me l'indique et en l'apercevant je comprends qu'il s'agit de son chevreuil. Nous descendons à sa rencontre.

La flèche de Renaud est 3/4 avant alors qu'il la pensait plein travers. Elle n'est pas ressortie de l'animal, un peu de sang coule près de l'anus et nous nous rendrons compte, au dépeçage, que c'est juste la pointe de sa flèche qui a percé la peau à cet endroit. Nous faisons quelques photos souvenir avant de remonter vers la voiture.

Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019

Nous partons pour un nouveau secteur de châtaigners magnifique mais aucun chevreuil ne se montrera, à l'exception d'un petit brocard qui nous faussera compagnie au moment de nous poster sur la première zone d'appel. Il était dans la prairie, en bordure du bois, à environ 70 mètres mais je l'ai vu trop tard. Après plusieurs tentatives nous renonçons et rentrons pour préparer nos 2 chevreuils. J'ai de la route et je dois rentrer dans le Gers pour le début d'après midi.

Alex

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 15:32

Cette semaine mon ami Francisco est venu de Majorque pour chasser le chevreuil avec moi sur mon territoire de tir d'été. Ce matin, nous avons repéré un beau brocard avec sa chevrette qui sont rentrés dans une grosse haie entre une parcelle de tournesol et un chaume de féveroles, le tout au milieu des vignes de des tournesols à un peu plus de 100 mètres d'un grand bois en long où j'ai réussi à lui faire flécher un petit brocard à boutons venu au Rottumteller. Ce soir, nous décidons de chasser séparément. Francisco ira se poster sur la zone où nous avons repéré le beau brocard alors que j'irai chasser à l'opposé. Je me gare au bord de la route, au départ d'un chemin de terre qui longe une grosse haie pour rejoindre puis traverser le bois. Je laisse partir Francisco par le chemin et traverse la route pour rejoindre une zone de vignes. Je commence ma chasse en longeant les parcelles de vigne tout en surveillant les intervalles entre les rangs pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais le secteur semble très calme. Je me rapproche peu à peu d'un petit bosquet derrière lequel se trouve un petit chaume de colza. Je contourne le bosquet, rien derrière, je fais demi-tour pour descendre vers un autre petit bosquet en longeant une parcelle de vigne. Rien, je longe ensuite le bosquet en tentant d'apercevoir du mouvement, sans succès, au travers des feuillages. J'arrive ainsi à l'autre bout de la parcelle de vigne, au bord d'un très grand chaume de colza. Un coup d'œil sur cette grande étendue, rien ne bouge, je remonte en suivant l'autre côté des rangs de vigne et recontrôle, au cas où, les intervalles entre les rangs bien que je sois maintenant à mauvais vent. Arrivé au coin de la parcelle, j'aperçois une chevrette venant de la bande de chênes qui délimitent la crête de la colline. Elle se dirige vers la vigne à une vingtaine de mètres de moi. Je me fige au bout du dernier rang et l'observe à mauvais vent. Elle rejoint le bord de la vigne, s'arrête un instant, plein travers à un peu moins de 20 mètres, la tête dans la vigne avant de faire volte-face pour repartir au galop vers les chênes où je la perds de vue.

Je me retourne pour longer les chênes et suivre la bordure du chaume de colza, je rejoins ainsi une haie qui borde le chaume et la suis. Je descends un moment pour ensuite prendre à droite, le long de la haie qui suit maintenant la courbe de niveau quand j'aperçois au loin, un chevreuil qui semble arriver d'un chaume d'orge à plus de 200 mètres, il passe dans une trouée d'une haie qui descend vers le ru en contrebas et rentre dans la grande parcelle de petits poids qui fait suite au chaume que je longe. Je m'arrête un instant pour l'observer, il bifurque pour descendre en suivant la haie qui s'avance un peu dans les petits poids avant de descendre à angle droit vers le ru. Je le perds vite de vue dans la pente de la culture. Je presse alors le pas pour rejoindre puis traverser les poids et rejoindre la haie que je traverse pour descendre vers le passage emprunté par le chevreuil avant de m'avancer doucement dans le petits poids jusqu'à l'angle de la haie qui descend vers le ru. J'aperçois alors le chevreuil. C'est un jeune brocard, il longe la bordure boisée du ru à environ 100 mètres en contrebas. J'attrape mon Buttolo et tente quelques appels mais il regarde vers moi puis démarre pour fuir au galop. Il longe le ru jusqu'au bout des poids puis biaise pour remonter dans le chaume, en direction d'un petit bosquet en long pris dans le chaume et partant de la bordure des petits poids. Je le perds de vue derrière ce bosquet et décide de le laisser tranquille pour le moment.

Je fais demi-tour, longe le chaume d'orge en direction de bâtiments agricoles abandonnés près d'un petit lac puis longe ces derniers pour revenir vers les vignes. Je longe un instant la vigne et arrive au départ d'un passage qui permet de revenir vers la haie qui longe les petits poids et descend à ma gauche vers un bosquet. Je regarde entre les rangs à ma gauche et à ma droite en me rapprochant de la haie, rien en vue à part 2 lièvres. Je descends ensuite le long de la haie en suivant la vigne et prends à gauche, en contrebas, au coin de la vigne. Je suis la haie qui rejoint le bosquet. Arrivé au coin du bosquet, je décide de me poster pour appeler au Buttolo. Je descends le talus abrupt pour rejoindre le ru à sec qui passe à quelques mètres dans le bois, le traverse et me poste au pied d'un arbre. J'ai une bonne visibilité à 20 à 30 mètres sur 90 degrés. Le vent vient de ma gauche, sur ma droite le bosquet se termine à environ 15 mètres en bordure d'une prairie fauchée. Le bois remonte devant moi en pente moyenne. Je commence à appeler en espaçant des petites séries d'appels brefs de silences me permettant d'écouter.

Assez rapidement une respiration forte se fait entendre mais je n'arrive pas à en déterminer la provenance, il me semble entendre un bruit de pas. Je pense qu'un chevreuil arrive sur ma gauche, j'accroche mon décocheur, appuie mon appeau sur la poignée de mon arc et reprends mes appelés brefs en les espaçant. La respiration se rapproche mais je ne vois rien quand un léger bruit me fait tourner la tête. Une tête de brocard m'observe à quelques mètres dans mon dos, en hau du talus. Le chevreuil qui a passé son cou dans la végétation, regarde vers moi les yeux écarquillés une fraction de seconde avant de faire une brusque marche arrière alors que je l'observe figé. Il part au galop sur environ 10 mètres en suivant le bosquet puis stoppe. Je me tourne doucement vers la lisière et arme mon arc. J'aligne la visée sur le chevreuil qui me domine à environ 15 mètres mais la végétation est un peu trop épaisse, ma flèche risque d'être déviée. Je décide d'attendre que le chevreuil bouge un peu quand, à ma grande surprise, il fait volte-face et repasse devant moi, plein travers à environ 12 mètres. Une trouée dans la végétation me fait une belle fenêtre de tir, au moment où le chevreuil s'avance au pas devant cette trouée, je cale ma visée et décoche. L'impact retentit et le chevreuil démarre en trombe.

Je le laisse filer puis remonte au bord du bois. Je trouve vite de grosses gouttes de sang noir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

À l'endroit du tir, le chevreuil a laissé tomber un peu de contenu stomacal mêlé à du sang noir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je tente de retrouver ma flèche en suivant la direction de mon tir et la retrouve posée au sol dans le chaume de blé, juste à quelques mètres sur la droite de la vigne. Elle est couverte de sang foncé. 

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je la récupère et la remets au carquois puis descends vers le premier sang pour commencer ma recherche. Le sang foncé est bien visible sur le sol clair de la vigne et la végétation clairsemée. La piste biaise en remontant tranquillement tout en coupant sous les rangs de vigne sur quelques mètres puis stoppe brusquement. Je tourne un peu pour m'apercevoir que le chevreuil est remonté au plus raide en suivant le rang sur environ 15 à 20 mètres puis la piste reprend à gauche pour passer sous les rangs de vigne. Le sang devient de plus en plus abondant. 

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Alors que je tombe sur une grosse giclée sur un gros pied de plantin,

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

J'aperçois mon chevreuil couché un peu plus loin contre un rang de vigne. Je vais directement à sa rencontre. Ma flèche est un peu trop en arrière, elle est entrée au niveau du foie.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

La sortie est plus en arrière au niveau de la panse. Je rends les honneurs à mon chevreuil et appose mon bracelet avant de faire quelques photos souvenir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

J'attache les 4 pattes de mon chevreuil ensemble pour le porter plus facilement et remonte dans la vigne puis rejoins le bord de la haie par le passage et la suis jusqu'au passage pris tout à l'heure pour suivre le petit brocard au bord des petits poids. Je traverse ensuite la culture en direction du bosquet pris dans le chaume de colza avant de descendre entre les poids et le chaume, en direction du ru. Je passe le petit cours d'eau par un passage busé pour longer la bande boisée qui l'enveloppe en direction d'un petit bois. Un arrondi de tournesol mélangé de poids qui borde une grande parcelle de maïs longe la haie jusqu'au coin du bois. Je suis tranquillement cette culture et arrive au coin du bois. La luminosité baisse tranquillement. Je décide de me poster dans les tournesols, à 15 mètres de l'angle du bois pour tenter quelques appels. Je pose mon chevreuil dans la culture au coin du bois et me décale un peu pour me poster.

Je commence mes appels, rapidement un bruit de galop retentit dans le bois. J'accroche mon décocheur, cale mon appeau contre la poignée de mon arc et recommence mes appels. Le petit brocard que j'avais vu plus tôt dans la soirée surgit du bois à une cinquantaine de mètres. Il stoppe en lisière observe le secteur. Je relance un appel, il redémarre et fonce sur moi. J'arme mon arc et le laisse venir mais il arrive de face et trop vite. Il passe à 4 mètres devant moi et rentre dans le tournesol alors que je le suis dans mon viseur. Il stoppe net à 3 mètres de moi plein travers. Sa zone vitale est dégagée entre 2 pieds de tournesol, j'aligne vite ma visée et décoche. L'impact retentit, le brocard démarre en trombe et me contourne pour foncer dans les tournesols, en remontant la pente, à environ 15 mètres de la bordure de la culture. Il ralentit, se cabre puis retombe au sol et se débat bruyamment au sol un instant avant de s'immobiliser. Je m'avance vers la zone du tir et trouve immédiatement beaucoup de sang.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je cherche ma flèche dans la direction de tir et la retrouve rapidement plantée au sol 3 mètres après l'endroit du tir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je la récupère et la remet au carquois puis suis la piste de sang très marquée. Les feuilles de tournesol sont marquées de beaux frottés et le sang projeté sur la végétation est facile à suivre malgré la pénombre qui s'installe.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je retrouve facilement mon chevreuil. Ma flèche est passée au niveau du cœur. Le poil de mon chevreuil est noirci et collant comme si le chevreuil s'était roulé dans un liquide visqueux et collant.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

J'appose mon bracelet et rends les honneurs à mon bocard puis le sors de la culture pour faire quelques photos souvenir en bordure du plantié de vigne qui borde le bois.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je pars chercher mon second brocard pour une photo de groupe.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je pars ensuite chercher ma voiture alors que nuit s'installe doucement. Francisco m'y attend déjà il n'a pas vu le brocard, juste 2 chevrettes et un renard et n'a pas pu faire de flèche. Nous partons chercher mes brocards avant de rentrer, je suis un peu honteux d'avoir fait une si belle chasse alors que mon invité rentre bredouille.

Alex

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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 17:57

Ce soir, je retourne chasser autour des féveroles. Après plusieurs jours très chaud, un orage tombé la veille a rafraichi l'atmosphère, ce soir il fait un vent soutenu, le temps est idéal pour aller chasser. Je me gare, comme à mon habitude, près des silos de Roques, je me prépare rapidement et traverse la route pour longer les féveroles en partant à gauche pour rejoindre la haie qui délimite le territoire et remonte vers les vignes. Pas d'animaux en vue ce soir, je prends la bande enherbée et remonte doucement en suivant la culture et en faisant des arrêts fréquents pour observer et écouter. Le secteur est calme pour le moment. Alors que j'arrive à l'endroit où je me suis fait avoir par le petit brocard l'autre jour, je redouble d'attention et remarque une boule noire à environ 15 mètres sur la bande enherbée, contre la culture. C'est un gros ragondin qui broute tranquillement, plein travers, tête vers la culture. Je m'avance tout doucement. Alors que j'arrive à 8 mètres, il relève la tête et semble inquiet. Je me fige et accroché doucement mon décocheur. Le ragondin, au bout de quelques secondes, finit par se tranquilliser et reprend son repas. J'arme doucement, vise l'épaule et décoche. Touché, le ragondin s'effondre sur place et se débat au sol. Je m'approche tranquillement et récupère ma flèche plantée au sol à 2 mètres du ragondin alors que ce dernier finit de mourir. C'est un beau mâle mais ces dents sont étranges, elles semblent très longues vu de côté. Je me baisse pour l'examiner de plus près, ma flèche est entrée où je visais et ressort plein estomac. Les dents du haut et du bas poussent de façon anormale, la dent gauche du haut est trop longue et la droite plus courte et inversement en bas. Je décide de garder la tête de l'animal pour garder le crâne et trouver l'explication à cette anomalie.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

Je fais quelques photos souvenirs et laisse le ragondin sur place avant de reprendre ma chasse, je le récupérerai tout à l'heure.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

Je longe doucement le haut des féveroles mais rien ne bouge. Arrivé au niveau des bâtiments agricoles, je redescends tranquillement sur le chemin blanc pour rejoindre la bordure du chaume d'orge. Tout à coup, un mouvement attire mon regard sur la gauche, une silhouette rousse arrive au trot par ma gauche. Je reconnais vite un brocard au travers du feuillage d'un gros noyer planté au bord du chaume. Il vient pour passer plein travers à environ 40 mètres devant moi. J'accroche mon décocheur et m'avance rapidement d'environ 10 mètres. Le chevreuil ralenti et stoppe plein travers à environ 25 mètres en regardant vers la route. J'arme mon arc rapidement et aligné ma visée sur son coffre et décoche mais il me fait un saut de corde et s'écrase pour redémarrer, évitant ainsi ma flèche qui lui passe au-dessus. Il démarre en trombe et fonce dans les féveroles. Je cours pour contourner les bâtiments agricoles et repasser au-dessus de la culture espérant l'apercevoir à nouveau mais il a disparu. Je suis dégoûté, j'aurais dû m'avancer un peu plus. Je me suis trop pressé pour tirer. Je pars chercher ma flèche dans le chaume mais impossible de la trouver.

Je remonte en bordure du chaume pour longer la vigne en dessous du bosquet un peu plus haut. Je jette un coup d'œil à une mare bordée de grands arbres et prise dans la vigne. Les sangliers sont venus se souiller contre la berge sur un petit replat tenu par des anciens pylônes EDF en béton. Je longe tranquillement la vigne en observant le secteur quand j'aperçois un chevreuil à environ 150 mètres, en lisière dur la droite du bosquet. Il broute tranquillement. Je m'approche rapidement du bois en passant sous les fils de fer qui maintiennent les rangs de vigne et perds ainsi le chevreuil de vue. Arrivé au coin du bosquet, le vent vient du haut, il est parfait. Je m'avance doucement pour regarder derrière le coin du bosquet mais des branches basses avançant sur le pré à environ 40 mètres font écran. Je remonte doucement un petit talus qui sépare la vigne du pré en écartant doucement les ronces pour éviter de faire trop de bruit puis me colle au bois. J'aperçois alors le chevreuil qui broute tranquillement à environ 15 mètres derrière les branches basses. C'est un petit brocard, j'attaque mon approche en serrant contre le bois, j'avance tranquillement. Le vent soutenu masque bien le léger bruit de mes pas. J'arrive sans difficulté aux branches basses. Il me faut juste me décaler un peu à droite pour pouvoir décocher. Je commence à me décaler mais le brocard rentre tranquillement dans le bois en broutant. Je passe devant les branches basses et me recolle au bois. J'attends un peu espérant le voir sortir à nouveau. Une trouée dans les feuillages me permet aussi de surveiller l'intérieur du bois mais rien ne bouge. Je décide de tenter de m'avancer un peu pour essayer de le voir au travers des feuillages mais, après quelques pas, je me rends compte que la végétation est trop épaisse. Je fais doucement marche arrière mais le brocard démarre en aboyant dans le bois, je l'entrevois sur quelques mètres mais le perds vite de vue. Il n'a pas stoppé loin, 15 mètres environ mais impossible de le voir, j'entends juste ses aboiements. Je tente de lui répondre pour essayer de le faire bouger mais il se tait et impossible de le voir. Je renonce et décide de changer de secteur.

Je continue droit vers la route, la traverse et rejoins, un peu plus loin à ma droite, un chemin de terre qui longe le bas d'un bois pour ressortir dans une grande prairie. J'avance doucement en surveillant le sous-bois mais rien. En débouchant dans la prairie je regarde bien autour de moi, toujours rien. Je remonte au coin du bois un peu plus haut et d'où j'ai une bonne vision sur la grande prairie herbes hautes grillées par le soleil. Rien ne bouge, je rejoins la bordure du bois d'en face en ouvrant bien les yeux et passe ainsi sous une vigne dont les branches n'ont pas été encore taillées et dont les rangs sont colonisés par l'herbe haute. Je surveille chaque intervalle entre les rangs mais l'encombrement végétal ne facilite pas ma tâche. J'arrive au bord du bois sans avoir vu de chevreuil. Je suis la lisière sur la bande enherbée qui borde la vigne et remonte vers une jeune vigne en friche qui précède une vigne mature. Une fois arrivé au coin du bois, au bord de la vigne jeune, je prends à droite pour continuer à longer le bois et surveiller les rangs de vignes qui sont perpendiculaires à la lisière. J'avance doucement avec un fort vent qui vient par moment de face et par moment de ma gauche. La vigne n'a pas été encore taillée et l'herbe n'a pas été fauchée, c'est idéal pour les chevreuils mais j'arrive au bout de la parcelle sans en avoir vu un. Je remonte entre le dernier rang et le bois puis prends à gauche entre la vigne que je viens de longer par le bas et une vigne en friche qui borde la route. Je surveille alternativement les 2 côtés du sentier, la vigne en friche est très sale et voir un chevreuil n'est pas gagné. En regardant à droite, j'aperçois un beau brocard au gagnage à 45 mètres dans la vigne que j'ai longée par le bas. Le vent tourne et bien qu'il soit face à moi pour le moment il risque de rapidement me trahir, j'hésite à faire demi-tour pour repasser par le bas de la parcelle ou à devancer le brocard pour tenter de le recouper en m’avançant dans la vigne. Le chevreuil avance sous les rangs en broutant et en biaisant légèrement vers le bas de la parcelle, je ne l'ai pas vu, très certainement, à cause du relief du terrain en passant par le bas, je décide de tenter de le recouper par le haut, je suis le brocard qui avance en avançant d'un rang au suivant pour ne pas le perdre de vue mais en restant caché puis le dépasse de 3 rangs pour m'avancer dans la vigne. Le vent a tourné et je n'ai pas le temps de faire un pas dans la vigne que le brocard démarre, il vient se planter plein travers entre les rangs à 50 mètres de moi puis fonce en aboyant vers le bois en contrebas. Encore raté, décidément je suis abonné aux erreurs ce soir.

Dépité, je décide de revenir vers les féveroles et avance d'un bon pas entre les vignes, ne pensant pas voir un autre chevreuil sur ce secteur. Je regarde tout de même machinalement autour de moi. En arrivant à la jeune vigne en friche j'aperçois à environ 50 mètres sur ma gauche, un jeune brocard figé qui regarde vers moi, plein travers. J'ai stoppé derrière une touffe de végétation haute. Je me baisse doucement pour me mettre à genoux. Le chevreuil reste immobile et je l'observe sans bouger un moment. Il finit par se tranquilliser et se remettre à manger. J'en profite pour tenter une approche. J'avance doucement à 4 pattes dans la végétation haute, j'ai le vent dans le dos mais le chevreuil est plus à droite, si le vent reste constant ça devrait être bon. Je stoppe à chaque fois que le chevreuil relève la tête et gagne peu à peu une vingtaine de mètres. Le brocard se met alors en marche, il avance doucement en broutant, je bifurque à droite et biaise vers lui pour tenter de me rapprocher au maximum et profite de chaque prise de nourriture pour gagner du terrain. La végétation est bruyante et je ne peux pas avancer très vite, j'ai du mal à réduire la distance. Un peu plus loin, le chevreuil disparaît dans une touffe de végétation épaisse ce qui me permet de bien avancer. Il réapparaît à environ 18 mètres. Il est de 3/4 arrière et regarde vers moi. Je profite de la végétation pour me redresser doucement et me mettre à genoux avant d'armer doucement mon arc. Je prends la visée et décoche. Ma flèche semble voler droit vers son but mais le petit brocard démarre sans que ne retentisse l'impact caractéristique. Il s'éloigne d'une vingtaine de mètres puis stoppe pour revenir vers la zone du tir. Je réencoche rapidement et arme à nouveau mais le brocard ne s'approche pas suffisamment pour que je retente ma chance. Il démarre pour disparaître dans la vigne en contrebas. Je me redresse et pars chercher ma flèche mais impossible de la trouver dans ce fouillis végétal.

Je retourne vers le chemin entre les vignes puis pars faire le tour de 2 petites parcelles de vigne et une petite friche prises dans la bordure du bois. Pas de chevreuil, je longe le bois pour revenir vers la route. Alors que j'approuve de cette dernière, les aboiements d'un chevreuil retentissent à environ 200 mètres, à l'autre bout du champ de tournesol, de l'autre côté de la route, proche d'un autre bois. Je suis à bon vent et assez éloigné, je peine à croire qu'il m'ait vu mais il continue d'aboyer rageusement alors que je m'éloigne par la route qui longe le haut du bois. Arrivé au coin du bois, je débouche sur 2 parcelles de sorgho, une de chaque côté de la route. À ma droite, elle est séparée du tournesol par une bande boisée épaisse, je jette, de la route, un coup d'œil entre la bande boisée et la culture, rien en vue. Sur ma gauche, le sorgho est bordé par la route sur 2 côtés et par le bois sur les 2 autres. Rien en vue, je décide de longer le bois bien que le vent souffle dans mon dos. 

J'avance tranquillement en collant le bois alors que je suis à environ 70 mètres de la route, j'aperçois, à environ 15 mètres de la lisière du bois et 35 mètres de moi, une tâche rousse dans la culture clairsemée par endroit. Je me fige, le chevreuil relève la tête. C'est un brocard. Je reste immobile, il rebaisse la tête et commence à d'avancer dans la culture d'un pas tranquille. La culture n'est pas haute mais je dois réagir rapidement pour ne pas le laisser trop s'éloigner. Je dois rester en arrière pour ne pas être trahi par le vent mais avance le plus vite possible pour ne pas me faire distancer et biaise doucement vers le brocard qui avance tête baissée pour tenter d'arriver à portée de tir. Je le perds de vu dans une zone plus dense de la culture et arme mon arc pour continuer mon approche. Il réapparaît 5 mètres plus loin, il a gagné un peu de terrain. Je presse le pas et le rattrape, il n'est plus qu'à environ 12 mètres, de 3/4 arrière et avance d'un pas lent. Je stoppe, aligné mon viseur derrière ses cotes et décoche alors qu'il est à environ 15 mètres. Le temps que ma flèche arrive, il bifurque un peu et ma flèche le touche dans le cuissot, plus en arrière que prévu. Le brocard fait volte-face et fonce vers le coin du sorgho pour rejoindre le bois. Une tâche rouge juste derrière l'épaule me rassure sur mon atteinte. Il traîne sa patte arrière touchée par la flèche et disparaît dans un grand fracas dans le sorgho plus dense du bord du bois. Je tente d'aller retrouver ma flèche mais encore une fois, impossible de la retrouver, c'est la troisième perdue ce soir. Je tente ensuite de trouver du sang mais sans plus de succès. Je pars donc vers la zone où je l'ai perdu de vue. J'y trouve vite de belles traces de sang sur le feuillage de la culture et commence à les suivre.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019
Un orage et ça repart, 9 juillet 2019
Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

Alors que je pensais mon chevreuil mort dans la culture, la piste de sang se poursuit sur la végétation en bordure du bois.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

Un petit ru très encaissé longe la lisière à quelques mètres dans le bois, je m'avance doucement et tombe sur mon chevreuil en train de mourir au fond de ce dernier, il est encore agité de quelques soubresauts. L'eau du ruisseau est rouge du sang qui s'écoule de la plaie d'entrée de ma flèche sur plusieurs mètres.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

Je pose mon arc et descends le talus abrupt pour rejoindre mon chevreuil qui s'est immobilisé.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

J'appose mon bracelet et remonte le chevreuil sur la bordure de la culture. Ma flèche ressort bien derrière l'épaule comme je le pensais. Après quelques photos souvenir,

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

J'attache les pattes de mon chevreuil pour pouvoir le porter plus facilement puis retourne tenter de retrouver ma flèche  en suivant le sang et les traces de pas laissés par le chevreuil dans sa course mais sans plus de succès.

Un orage et ça repart, 9 juillet 2019

Je retourne chercher mon chevreuil et repars vers la zone de féveroles. Je suis le bois, Un peu avant la roue, je vide mon chevreuil et laisse les viscères au bord du bois. Le contenu stomacal a pas mal coulé dans l'abdomen. Je traverse la route et reviens vers les vignes quand j'aperçois une chevrette et son faon, dans la prairie, au bord du bois où j'ai manqué mon approche tout à l'heure. En m'apercevant, ils foncent vers le bois et disparaissent rapidement. Je fais une pose à la mare pour nettoyer un maximum mon chevreuil puis le pose près des bâtiments agricoles puis descends le chemin blanc vers la route pour refaire le tour des féveroles à bon vent. Je longe les platanes au bord de la route en surveillant la culture pis remonte tranquillement par la bande enherbée, le long de la haie. Je m'arrête souvent pour observer mais rien en vue. Alors que j'arrive près de mon ragondin, j'aperçois un chevreuil qui arrive par la bande enherbée entre la haie et la vigne. Il fonce vers moi au galop, je m'agenouille au bord de la culture et arme mon arc. Le chevreuil arrivé au galop et stoppe à 3 mètres de moi, c'est un faon, un autre chevreuil passe au grand galop sur la droite dans la culture, certainement sa mère. Le faon repart et rentre dans les féveroles pour disparaître un peu plus loin dans de grands craquements.

Je me redresse et finit de remonter au coin de la culture, récupérant mon ragondin au passage, puis la longe en direction des bâtiments agricoles en suivant la vigne. Un peu plus loin, un mouvement attire mon attention en bordure de la culture, sur la bande enherbée. Je me cache contre la vigne, je pense d'abord à un lièvre mais, en m’avançant un peu, j'identifie un renard qui mulote, je m'avance au bout du rang de vigne, à 30 mètres du renard, pose mon ragondin au sol et tente de l'attirer avec des cris de souris mais il rentre dans la culture. J'insiste un peu mais il ne vient pas. Je récupère mon ragondin et me remets en marche jusqu'au chemin blanc, laisse mon ragondin avec le chevreuil et redescends vers la route, doucement, en suivant les féveroles. Alors que je suis à 80 mètres de la route, un sanglier d'environ 50 kilos sort de la culture à environ 40 mètres devant moi et s'avance dans le chaume. Il fouille, nez au sol, je m'avance en suivant la culture mais le vent tourne un peu et me trahi. Le sanglier fait volte-face et fonce dans la culture en cassant tous les pieds de féveroles sur son passage. Il s'enfonce d'environ 16 mètres dans la culture puis ralenti et bifurque pour remonter vers les bâtiments en longeant à environ 15 mètres de la culture. Il semble biaiser doucement vers le chemin et je le suis doucement mais le vent tourne à nouveau et il stoppe net. La nuit tombe peu à peu, je décide de rentrer et retourne à ma voiture. Je remonte ben voiture chercher mes prises avant de rentrer.

 

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

Bonne visite, Alex

LA CHASSE A L'ARC

HISTOIRE DE LA CHASSE A L'ARC :

LA CHASSE A L'ARC DANS LE MONDE :

ANATOMIE DU GIBIER :

LE TIR DU SANGLIER A LA COURSE :

LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

LASBATS CHISTINE : 

06 45 35 50 42

 

FORUMS SPECIALISES :

 

 

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CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

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