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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 14:10

Après un bon petit déjeuner œuf ventrèche, il est temps d'aller se poster. Je suis le seul archer ce matin. La première traque aura lieu dans un bois bordant la route de Valence sur Baïse. Le président de la chasse m'a attribué un poste en bout de battue, au coin d'un petit plan d'eau. Arrivé sur place, 3 chevreuils se débinent dans la vigne, de l'autre côté du bois, en direction de la route. Je choisis de me positionner sur une bande enherbée coincée entre le plan d'eau et une petite mare encombrée enfoncée dans le bois. Je me cale contre un arbuste et coupe quelques branches gênantes.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

La traque commence au bord de la route, à part quelques coups de gueule des teckels et les merles et geais dérangés par la traque le secteur restera calme et aucun coup de feu ne sera tiré. La fin de traque est sonnée, je pars vite me poster sur mon second poste avant les autres postés. La traque va maintenant pousser un grand bois et se terminer au niveau d'un taillis très dense et envahi par les ronces et les épines qui fait une très bonne remise.

Mon poste se trouve en bout de traque, au coin de ce taillis prolongé par une bande de bois étroite par laquelle les animaux fuient très souvent.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Je me gare au bord de la route sur un petit parking puis pars à travers champ, traverse la bande boisée avant le taillis puis le petit ruisseau qui longe le bois et longe le taillis au bord du ruisseau pour rejoindre mon poste. Je retraverse le ruisseau qui prend à droite et arrive à mon poste. La bande de bois qui fait suite au taillis est moins dense. Je me positionne à environ 10 mètres du sale derrière un gros arbre mort et commence à couper les branchettes autour de moi pour dégager mes angles de tir. Je dégage ensuite le sol à mes pieds, l'attente commence. La traque attaque loin de moi, le vent est face à moi. Je surveille attentivement les alentours en attendant l'arrivée des traqueurs et des chiens. Les geais s'agitent à 20 mètres de moi sans prêter attention à ma présence.

Tout à coup, un mouvement furtif attire mon regard sur ma droite dans le taillis. Une petite silhouette vient de s'arrêter dans le sale puis repart. Au loin, un teckel donne de la voix. C'est un renard, il est à environ 30 mètres. J'arme mon arc alors que je l'ai perdu de vu. Il semblait venir vers moi. Je surveille le bois sur ma droite quand je l'aperçois. Il vient s'arrêter aplati à moins de 5 mètres sur ma droite, sous un arbre mort couvert de lierre et tombé au sol. Je prends la visée mais l'encombrement végétal ne me permet pas de placer correctement ma flèche. Mon hésitation à décocher permet au renard de se redresser en humant l'air. Je ne vois plus que ses pattes et le dessous de son ventre, je me rends alors compte que le vent a tourné et qu'il vient de me trahir. Le renard repars sur ses pas sans un bruit et je désarme et le regardant se débiner dans le taillis.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Alors que le teckel se rapproche, un écureuil arrive sur les traces du renard puis monte dans un gros chêne sur ma droite. Le teckel finit par arriver en donnant de la voix, passe sous le tronc où s'est arrêté le renard qui est déjà loin et poursuit dans son élan dans le bois derrière moi, tourne et retourne puis revient sur ses pas et repart d'où il vient. Au loin, je commence à entendre la meute et les traqueurs. Une dispute éclate entre 2 écureuils dans le gros arbre à ma droite. Ils se coursent en tournant autour de l'arbre et descendent au sol où une course poursuite commence. Ils tournent un instant autour de moi puis foncent vers le ruisseau. Le poursuivi tombe à l'eau puis remonte de l'autre côté, remonte le ruisseau puis le traverse pour fuir dans le taillis à environ 40 mètres devant moi. Son assaillant revient vers moi et tourne un moment au tour de moi en cherchant son collègue puis remonte dans son arbre. Tout à coup, alors que je regarde sur ma gauche, je suis surpris par l'arrivée sans bruit d'un second renard qui longe le ruisseau côté champ. Il est à 12 mètres environ. J'arme vite mon arc mais il continue à avancer en suivant le ruisseau et commence à s'éloigner. Je tente de l'arrêter en en faisant claquer ma langue contre mon palais mais le renard qui stoppe net de 3/4 arrière ne me laisse pas le temps de décocher. Il m’a vu grâce à ma belle veste polaire fluo et fait demi-tour traverse un peu plus loin le ruisseau et file dans le taillis.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Les teckels échappent sur la gauche de la traque et les piqueurs les appellent un moment puis un des piqueurs arrivent en longeant le ruisseau côté champ. Deux coups de feu retentissent de l'autre côté du taillis et un renard est annoncé blessé. Des postés de l'autre bout de la traque se sont décalés pour se poster le long du ruisseau. Le piqueur traverse le ruisseau pour arriver à mon poste. Je lui explique que 2 renards sont rentrés dans le taillis, quelques teckels l’accompagnent. Il traverse la bande boisée et sort dans le pré à ma droite pour longer le taillis à la recherche d'un passage pour y rentrer. Il finit par rentrer avec les teckels qui lancent immédiatement et se mettent au ferme. Je pense à un sanglier et assez rapidement un bruit de bois cassé retentit à ma droite. Je me prépare et une silhouette noire se débine dans le taillis où je la perds de vue. Un chien couine dans le taillis, les aboiements s'espacent puis s'arrêtent. Des teckels passent près de moi puis repartent dans le taillis. Au bout d'u moment, le piqueur annonce un animal mais je ne comprends pas​ son annonce. Je scrute le taillis quand un mouvement attire mon regard, l'animal s'est arrêté et je peine à distinguer un beau brocard arrêter de face au milieu des troncs.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Il repart d'un pas lent et slalome entre les troncs. Il s'avance vers une trouée à 15 mètres devant moi, s'arrête un moment derrière des arbres, j'arme mon arc, il repart mais s'arrête au ras de la trouée et bifurque à 90°. Il vient maintenant vers moi en s'arrêtant régulièrement pour écouter les chiens dans le taillis. Petit à petit, il arrive en contournant les troncs. Je le suis dans mon viseur sans avoir de fenêtre de tir. Il s'arrête à 6 ou 7 mètres, écoute puis repars et me sort à découvert de 3/4 face à 4 mètres. Mon viseur se pose sur son épaule et je décoche. Touché, il démarre en trombe et passe juste à ma droite pour foncer dans la bande boisée.

Les chiens arrivent sur les traces du chevreuil en donnant et foncent à sa poursuite. Je quitte vite mon poste pour tenter de les suivre. Je sors sur le pré à ma droite et suis les chiens à la voix mais ils se séparent et je ne comprends plus trop bien ce qu’ils suivent quand à environ 100 mètres de mon poste, j'entends aboyer un chien au ferme dans le fragon. Je m'avance rapidement et aperçois mon brocard sur sa fin, couché sur le ventre avec le teckel qui l'assaille. Je me précipite pour l'achever et sortir le chien avant qu'il ne l'ait abîmé. Je caresse le chien et le félicite tout de même. Ma flèche rentre au défaut de l'épaule et sort devant le cuissot opposé. Je retourne ensuite à mon poste avec mon brocard et retrouve ma flèche plantée au sol et couverte de sang et de contenu stomacal.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

La fin de traque est sonnée rapidement et je ramène mon chevreuil aux voitures. C'est le seul animal prélevé ce matin.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Alex

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 20:09

Aujourd'hui, j'organise une battue pour les archers sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère. Xavier, mon ami guyanais et Franck avec qui je suis parti chasser cette année en Guyane sont venus passer quelques jours à la maison pour chasser et cela fait plusieurs jours que nous chassons sur cette société de chasse où j'ai pris 4 bracelets de chevreuil. Les contacts avec les chevreuils et les sangliers ont été nombreux mais je n'ai pas réussi à leur faire flécher un animal si ce n'est un ragondin à Franck le samedi soir. Vendredi, je suis allé, avec Xavier, préparer les postes de la première traque en coupant des branches gênantes au sécateur. Seul Xavier avait pris son arc. En quittant la voiture je lui avais demandé s'il voulait le prendre et il m'avait répondu que oui, je lui avais alors répondu que c'était toujours quand on le prenait pas qu'on le regrettait, je ne croyais pas si bien dire. Garé, vers 10 heures, sur le chemin de terre qui traverse l'Osse en direction du bois de Bourras, nous partons à pied vers le bois. A peine le pont franchi, nous tombons sur de belles traces de sangliers se dirigeant vers le bois, je les suis en faisant des commentaires à voix haute quand arrivé à moins de 10 mètres de l'Osse qui borde le bois, je lève les yeux et aperçois une grosse chevrette, juste sur la rive en face, au milieu d'une trouée dans la végétation, plein travers. Elle reste sans bouger, assez de temps pour me permettre de placer une belle flèche, mais je n'ai pas mon arc. Je l'annonce à Xavier un peu plus en retrait et plus à droite, mais il n'a pas de fenêtre de tir et la chevrette se débine tranquillement sur la droite dans la broussaille. Xavier tente de se rapprocher puis de suivre l'animal. Je le laisse faire et pars sur la gauche pour préparer les postes.

Je longe l'Osse à la recherche d'endroits propices pour poster un archer. Alors que je commence à préparer le premier poste. J'aperçois un beau colvert qui me regarde, posé sur l'eau à quelques mètres de moi. Il me regarde un instant puis décolle entraînant avec un lui un congénère plus à gauche que je n'avais pas vu. Je finis de préparer ce poste puis passe au suivant un peu plus loin alors que Xavier revient. Il décide de continuer en longeant la rivière pendant que je continue à préparer les postes. Le second poste préparé, je passe au suivant, une très grosse coulée descend dans la rivière sur la berge opposée et remonte à mes pieds, des traces fraiches remontent sur la berge devant moi. Je commence à couper les branches gênantes quand un bruit de fond commence à m'intriguer. Je tends l'oreille et entends maintenant distinctement des grognements, je pense qu'il s'agit d'un plaisantin réalisant une mauvaise imitation de sanglier et je reprends la taille des banches. Mais ces grognements puissants se rapprochent tranquillement et semblent maintenant très proches. Je cherche leur source dans le bois de la berge opposée quand j'aperçois un sanglier d'environ 30 kilos à environ 12 mètres, arrivant par ma droite. Je n'en crois pas mes yeux, à plus de 10 heures du matin et ses grognements qui ne s'arrêtent pas. J'attrape vite mon portable et appelle Xavier pour lui dire de revenir vers moi puis je raccroche. Ayant parlé, je pense voir le sanglier qui m'a dépassé d'environ 10 mètres sur ma gauche, s'éloigner mais au contraire, il se rapproche pour venir se planter de face, juste en face de moi, à 6 ou 7 mètres. Nous nous observons un instant, un autre sanglier grogne plus loin dans le bois. Le petit sanglier encore partiellement roux descend sur la grosse coulée puis hésite et se cale plein travers à 5 mètres devant moi. Pourquoi je n'ai pas pris mon arc ? Cette scène surréaliste dure quelques secondes puis le jeune suidé remonte sur la berge pour continuer à longer la berge et s'éloigner sur ma gauche en direction de Xavier qui arrive vers moi. Je lui fais des signes mais il a déjà entendu les sangliers et les suit en longeant doucement la berge pour tenter de les apercevoir.

Xavier s'étant éloigné, je reprends la préparation de mes postes. J'arrive au coin de la plantation de peuplier quand Xavier revient. Les sangliers se sont enfoncés dans le bois. Je prépare les postes de la peupleraie avec Xavier et en profite pour lui montrer les différents postes le laissant choisir celui qui l'inspire le plus. Il opte pour le poste du coin du bois, au pied d'un gros arbre, c'est le dernier poste de la peupleraie. Je traverse la rivière pour finir ma ligne de poste sur la gauche du bois. Je ne sais pas encore exactement combien de chasseurs vont venir dimanche et je décide de prévoir 17 postes au cas où. Je découpe des entrées dans le bois pour créer des accès à des postes à 5 ou 10 mètres à l'intérieur du bois jusqu'à arriver au coin suivant. Je reviens ensuite vers Xavier et retraverse la rivière. Mon invité n'est plus dans la plantation de peuplier et je le retrouve plus loin, posté au bord de l'Osse. Il vient de faire une belle approche sur le sanglier revenu se dorer au soleil sur la berge opposée mais gêné par les branches, il n'a pas pu décocher et le sanglier et retourné dans le bois. Il est temps de rentrer manger, nous retournons à la voiture plein d'espoir pour dimanche.

Dimanche matin, le rendez-vous est pris sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère à 8 heures. J'attends 14 archers, le réveil sonne vers 6h20. Nous nous préparons avec Xavier et Franck qui ont dormi à la maison. L'heure tourne et le stress monte un peu, mes collègues ne sont toujours pas prêt, je leur demande de s'activer un peu, Jacques nous attends déjà près de ma voiture. Tout se bouscule un peu dans ma tête, Hémo veut venir avec nous et je l'embarque. Au moment de fermer la porte je me rends compte que j'ai oublié son harnais et reviens le chercher, cette fois nous partons et miracle, alors que je n'y croyais pas nous sommes à l'heure. Il est 7 heures. Après 45 minutes de route, nous arrivons au rendez-vous. Claude et Phil sont déjà là et les autres archers ne tardent pas à arriver. Claude m'annonce qu'un archer ne viendra pas, nous serons donc 13 pour cette battue. Christophe, Lionel, Lilian, Fred, Jacques et moi-même pour les gersois, Laurent et 2 amis à lui pour les Hautes- Pyrénées, Phil du Vaucluse, Chaude de la Haute -Garonne, Franck de Vendée et Xavier venu de Guyane. J'ai également invité Adrien pour les recherches au sang. Tout le monde étant arrivé, nous partons pour déjeuner à la salle des chasseurs de Lagardère, un peu plus loin dans le village où nous attendent des œufs et de la ventrèche cuits à la plancha ainsi que du pâté et du café. Le carnet de battue rempli, le déjeuner pris, et mes consignes données aux archers nous partons pour le bois de Bouras ou se déroulera la première traque.

En arrivant, nous apercevons 3 chevreuils au gagnage entre un bosquet en long et le bois de Bourras, de l'autre côté de l'Osse. Nous nous garons sur le chemin de terre qui traverse l'Osse et commençons à nous préparer quand un doute affreux m'envahit, je jette un rapide coup d'œil dans la voiture et me rends vite à l'évidence, j'ai oublié mon arc chez moi. Avec le stress de l'organisation de cette journée, j'ai complètement oublié l'essentiel. J'annonce la nouvelle à mes collègues et décide de repartir le chercher chez moi. Les fusils se postent le long de la route alors qu'un chevreuil se débine dans leur dos. Je pars d'abord poster mes invités avant de revenir à ma voiture et de retourner chez moi. Les sangliers ont donné des coups de nez frais tout le long des premiers postes.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

45 minutes de route pour récupérer mon arc et autant pour revenir. A mon retour les chasseurs sont en train de se déposter, la traque est terminée et les archers m'annoncent qu'ils n'ont rien tiré. Les sangliers n’étaient pas de la partie et je suis un peu dégoûté car je croyais fort dans cette première traque. Nous partons pour la seconde traque, le rendez-vous était calé aux silos de Roques où je conduis mes invités. Le président de la chasse nous demande d'aller nous poster autour d'un bosquet plus haut de l'autre côté de la route où nous avons levé beaucoup de sangliers il y a 2 ans. Nous reprenons donc nos véhicules pour aller nous garer près des bâtiments à environ 200 mètres du bois. Les chasseurs déjà présents les années précédentes connaissant les lieux je les laisse aller se poster et poster quelques archers pendant que je m'occupe de poster le reste des troupes sur le bas et la droite du bosquet. En bas du bosquet, Claude lève un chevreuil en prenant son poste. Arrivé en haut du bosquet, ma ligne postée, je tombe sur Fred, arrivé par l'autre côté et qui n'a pas de poste, je le prends donc avec moi et le poste entre Lionel et Phil puis redescends en longeant le bosquet pour me trouver un poste.

Le bord du bosquet est longé par un petit talus de terre que je longe à la recherche d'un passage. Je finis par trouver une entrée dans le bois et m'avance sans voir de posté. Le poste que je ne connaissais pas me semble parfait. Je me place sur le talus de terre dans une petite zone dégagée de ronce. Devant moi un écran de ronces me camoufle un peu, une grosse coulée sort des épines et monte droit sur moi pour bifurquer à droite juste à mes pieds derrière les ronces qui me camouflent.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je suis à peine posté que les piqueurs arrivent avec les teckels. Ils attaquent par le bas du bois et les chiens lancent rapidement. Très vite, des décoches successives retentissent sur les postes du bas du bois, 4 flèches sont décochées en suivant mais aucun impact prometteur ne retentit. Je n'entends que le claquement des flèches dans la végétation ou les branchages. Un archer annonce "chevreuil". Des coups de feu claquent au loin. Un peu plus tard, j'entends distinctement une décoche puis un impact bien audible, un archer vient de flécher quelque chose. J'entends ensuite Christophe annoncer : "Je le vois, il est mort". Il vient de flécher un jeune brocard portant encore ces bois. Les chiens donnent toujours puis un teckel se met au ferme près des archers du bas. Au bout d'un petit moment, j'entends démarrer un animal qui semble lourd et casse du bois sur le départ. Un chasseur annonce "sanglier". L'animal se débine dans les épines et s'arrête régulièrement.
Le teckel recommence à aboyer au ferme. Un piqueur se met à donner de la voix près du poste de Lionel pour appuyer le chien puis rentre dans le bois. Je suis sa progression au crissement des épines. Il finit par tirer un coup en l'air car le ferme s'éternise. Jacques en face de moi annonce "cochon". Le sanglier repart, j'entends craquer la végétation et arme mon arc en gardant ma flèche dirigée vers le sol. Le sanglier semble se rapprocher puis je l'aperçois déboucher sur la coulée qui vient vers moi. Il semble très gros, il avance doucement puis s'arrête de 3/4 face, derrière un arbuste qui masque sa zone vitale. J'aligne ma visée mais attends qu'il se dégage. Il écoute un instant le chien qui se rapproche puis redémarre et vient droit sur moi. Je le suis dans mon viseur et le flèche quasiment de face à environ 5 mètres. Il est énorme et je peux voir ses défenses qui me font penser qu'il s'agit d'un gros solitaire. Ma flèche est rentrée jusqu'à l'empennage sur le haut de son épaule. L'animal accuse le coup et bifurque brusquement à gauche pour rentrer dans les épines en direction de Phil un peu plus haut. Phil n'a pas d'occasion de tir et le sanglier sort du bosquet, essuyant 2 coups de feu avant de foncer dans la vigne où je le regarde un instant s'éloigner. J'annonce : "Il est fléché". 2 teckels se lancent à sa poursuite et craignant pour leur santé, je décide de me déposter pour aller achever, si possible mon sanglier.
J'annonce mon départ puis pars au pas de course sur les traces de l'animal blessé. Je cours dans la vigne, me dirigeant au son de la voix des chiens. Il me semble les entendre au ferme un instant puis s'éloigner. Un coup de feu retentit en bas de la vigne sur la ligne des fusils et pensant mon sanglier mort, je ralentis. Je m'annonce en arrivant à la ligne puis pars voir le tireur qui me dit avoir touché le sanglier juste avant qu'il ne rentre dans le roncier derrière lui. Les 2 teckels sont au ferme et le sanglier ne semble plus bouger. Un second chasseur fait le tour pour se poster de l'autre côté du roncier. Je décide d'aller voir si le sanglier est mort ou pour l'achever si nécessaire. Je descends, par une grosse coulée, dans un fossé profond qui borde le roncier puis le traverse et rattrape la coulée barrée de ronces qui traverse le roncier. Je progresse voûté et péniblement en écartant les ronces tout en cherchant le sanglier du regard. Il est sur ma gauche à moins de 5 mètres mais je n'arrive pas à le voir. Je distingue à peine les teckels au ferme car il bougent un peu. Je rejoins une zone à peine plus dégagée, à environ 7 ou 8 mètres du fossé, me permettant de me redresser et d'encocher une flèche. Je finis par voir un morceau du flanc du sanglier au travers des ronces. Il me semble mort et j'annonce : "Il me semble qu'il est mort". Je commence à m'avancer un peu en écrasant les ronces quand j'aperçois son œil furibond qui m'observe à environ 3 mètres. "Il est toujours vivant". Il est couché sur le ventre et tourne le dos aux chiens situés sur ma droite, à environ 3 mètres de lui.

Il me présente presque un plein travers. J'arme mon arc et cherche une micro-fenêtre au travers des ronces pour lui décocher une flèche. Je finis par décocher mais ne vois pas si ma flèche a atteint l'animal. Le sanglier se redresse et se tourne face au chien en claquant des dents. J'encoche rapidement une autre flèche, arme et vise son épaule qui s'est sensiblement dégagée. Je décoche. Touché, le sanglier claque des dents, ma flèche est restée en travers de l'animal qui se contracte alors que du sang mousse sur ses babines puis se cabre très rapidement et retombe sur le dos en cassant ma flèche. Il se débat un peu sur le flanc alors que les teckels se taisent et se jettent sur lui pour le piller. J'annonce sa mort aux chasseurs de part et d'autre de ma position. Un autre chasseur arrivé entre temps me rejoint pour m'aider à sortir l'animal alors que je commence à écraser et écarter les ronces pour atteindre mon sanglier. Je récupère les empennages de ma première flèche près du sanglier. Le chasseur me rejoint, nous écartons les ronces pour attraper le sanglier et je dégage rapidement le morceau de flèche avec la lame qui dépasse du flanc de l'animal. Je l'éloigne pour éviter la blessure et la pose près de mon arc resté dans la zone dégagée derrière nous.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous attrapons le sanglier par les pattes avant et le dégageons pour l'extraire des ronces. Nous le traînons mètre par mètres vers la coulée et prenons mon arc au passage puis nous dirigeons par à-coup vers la sortie du roncier. Aidée par les autres chasseurs nous lui faisons passer le talus abrupt du fossé. Je remonte ensuite pour examiner mon sanglier, c'est le plus gros de ma vie d'archer. Contrairement à ce que je pensais il s'agit d'une laie. Ma première flèche est restée à l'intérieur sans percer de sortie dans l'animal. Ma seconde flèche est semble t-il passée à côté et je ne l'ai pas retrouvé dans les ronces. Ma troisième flèche rentre dans l'épaule et ressort 30 cm derrière l'épaule opposée en traversant les poumons. Les 2 premiers coups de fusil sont passés à côté, le troisième rentre et ressort juste au-dessus de la peau du ventre, au milieu de la longueur de l'animal, sans toucher les organes. Nous prenons quelques photos souvenir en attendant le 4 x 4 qui doit venir charger le sanglier.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le chasseur ayant légèrement blessé mon sanglier m'explique qu'il a eu juste le temps de changer ses cartouches de plomb pour des balles et de tirer sur l'animal avant qu'il ne rentre dans le fossé. En examinant les traces du sanglier nous tombons, à l'endroit du tir sur de la graisses projetée sur l'herbe au sol.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 finit par arriver et nous ne sommes pas trop de 4 pour charger mon sanglier sur le véhicule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 repart à travers la vigne vers le bosquet et je retourne vers mon poste pour attendre la fin de la battue. A mon arrivée, les chiens sont encore derrière un renard mais nous n'arriverons pas à l'avoir à portée de tir et arrêtons la battue. Nous discutons un moment de notre chasse puis redescendons aux silos de Roques.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les animaux abattus, mon sanglier, le brocard de Christophe et une chevrette tuée au fusil ont été apportés à Justian chez le président de la chasse. Nous décidons de partir sur place pour faire une belle photo de groupe avant d'aller manger à la salle de Lagardère. A notre arrivée les chasseurs de la société sont en train de peser le sanglier que je pense faire plus de 90 kg alors que beaucoup d'archers me l'annonce bien en dessous. La pesée affiche finalement 91 kg. Nous prenons quelques photos de groupe puis repartons pour Lagardère où un bon repas nous attend.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Après un petit apéritif, nous passons à table.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le repas, comme le début de la journée se déroule dans la bonne humeur et la convivialité, comme chaque année, l'hospitalité de la société de chasse est toujours aussi exceptionnelle. Le repas démarre par une bonne garbure au cou de canard.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous aurons ensuite droit à un bon civet de chevreuil accompagné de pattes puis au traditionnel flanc aux œufs qui mérite à lui seul de participer à cette battue mixte annuelle.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Notre repas et le café pris vers 15 heures nous décidons de repartir pour une dernière petite traque avant la nuit. Le président de la chasse me demande d'aller poster les archers autour d'un bois coupé par une ligne à haute tension sous laquelle les ronces et les fougères font une très bonne remise à sanglier et en chassant cette semaine avec mes invités nous avons repéré une forte activité des suidés dans ce secteur. J'ai bon espoir que mes invités puissent en tirer un. J'envoie 8 archers se poster sur le bas du bois et prends le reste des archers avec moi pour poster le haut du bois. En chemin, Xavier qui constate que je n'ai plus que 2 flèches sur mon carquois, me propose de m'en prêter d'autres. Je refuse lui disant que j'ai déjà tiré ce matin et qu'avec 2 flèches j'en ai bien assez. Je laisse Frank en chenin dans un angle de bois ou sortent souvent les animaux puis pars poster les autres archers sur le haut du bois. Les premiers se postent près d'un chemin forestier qui traverse une bande étroite du bois qui, en forme du U, borde sur 3 côtés une prairie. J'ai décidé de ne poster les archers que sur la zone coupée par la ligne haute tension. Avec Jacques nous partons nous poster un peu plus loin sur la même ligne mais au bord de la prairie en rentrant tout de même un peu dans le bois. Je prends encore une fois un poste au hasard qui ne me laisse qu'une visibilité réduite à environ 10 à 15 mètres autour de moi. Derrière moi, une bande de buissons noirs borde la prairie et je me poste dans une bande étroite buissonneuse plus claire avant les ronces sous la ligne à haute tension.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En bas, un gros écureuil foncé escalade un chêne près de la ligne des archers. Rapidement, un piqueur arrive par le bas du bois avec les teckels et rentre dans le bois par un passage pour rejoindre les ronces sous la ligne électrique. Les chiens lancent vite un animal qui traverse au niveau des premiers postes de ma ligne sur ma gauche.

Le calme revient et le piqueur s'avance ensuite en longeant les ronces tout en encourageant les chiens. Ils finissent par lancer un chevreuil qu'il annonce. Les chiens poussent un instant puis le calme revient. Un autre piqueur arrive dans mon dos en longeant la prairie puis rentre derrière moi dans les épines pour repartir en sens inverse. Il ne tarde pas à lever un chevreuil qu'il tire au plomb sur la prairie, le blessant à une patte. "Attention, chevreuil blessé, en bas...". Le chevreuil, coursé par les chiens, fonce dans la partie de bois non postée. Les chiens finissent par l'attraper en contrebas et nous l'entendons gueuler un moment avant que le piqueur ne l'atteigne pour l'achever. Le piqueur et les chiens du bas lève, en bout de traque, un chevreuil qui se débine sans être poursuivi. "Chevreuil". Je scrute mon entourage et tend l'oreille quand un bruit furtif m'interpelle derrière moi. Je tourne doucement la tête et aperçois un chevreuil qui me semble d'abord très petit. Ses bosses sur la tête me font penser à un chevrillard. Il s'arrête à environ 10 mètres et écoute le traqueur et les chiens. Je pivote doucement pour me retourner. Le chevreuil ne m'a toujours pas vu. Il s'avance de quelques pas et s'arrête à nouveau pour écouter et regarder vers le bas. C'est un beau brocard qui a perdu ses bois. Une trouée dans les épines m'ouvre une fenêtre de tir sur la coulée sur laquelle il progresse. Il faut qu'il avance encore de quelques mètres. Il fait un pas, écoute à nouveau, j'arme doucement mon arc et aligne mon viseur sur la coulée. Encore un pas et il écoute à nouveau à 1 mètre de la trouée. Il s'avance d'un pas très lent, mon viseur se cale sur son épaule. Il est à environ 6 ou 7 mètres, je décoche. Touché bas au niveau de l'épaule, il réagit à peine et continue à avancer d'un pas lent tout en boitant sévèrement. Il fait 6 ou 7 mètres et tourne sur lui-même pour se coucher calmement face à son arrivée. A peine couché, il tombe sur le flanc et s'immobilise rapidement.

Je me retourne et reprends mon attente. Les chiens poussent au loin et des coups de feu répétés retentissent. Les sangliers viennent d'être levés hors de la zone cernée par les archers. Un chien vient se mettre au ferme sur ma droite mais finit par renoncer et s'éloigne. Le temps passe et le calme s'installe. J'appelle un des piqueurs pour lui demander si la chasse est terminée et il me dit de déposter le bois car les sangliers ont filé sous le village de Roques dans le bois de pin. Je pars donc cherché ma flèche que je peine à retrouver. Je retrouve la zone du tir avec le premier sang et une touffe de poil.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En progressant dans l'alignement du tir, je finis par trouver ma flèche posée sur le sol et couverte de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je la récupère et la remets au carquois. La piste de sang est courte mais bien marquée. Je rejoins mon chevreuil pour lui apposer le bracelet. 

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Comme je l'avais vu, ma flèche rentre basse au niveau de la patte avant et ressort au milieu de la cage thoracique. J'appelle Lionel pour qu'il déposte la ligne du bas puis tente d'appeler Jacques mais il ne répond pas. Je tire mon chevreuil hors des épines sur la prairie et lui attache mes pattes pour le charger sur mon épaule et partir déposter ma ligne. J'entends Phil et Claude discuter et comprends qu’ils ont tiré. C'est en fait Claude qui tire un chevreuil mais sa flèche est passée dans le poil du dos pour aller se ficher dans un arbre.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Une fois la lame dégagée, il trouvera du poil sur cette dernière mais pas de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Alors que Je passe devant Xavier, ce dernier en profite pour immortaliser mon retour, chevreuil sur l'épaule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous récupérons ensuite Frank à qui 3 chevreuils passent trop vite. Alors que nous rentrons aux voitures où nous attendent déjà la ligne du bas. Mon téléphone sonne, c'est le piqueur qui m'avertit qu'un sanglier blessé vient vers nous. J'en averti mes collègues qui repartent vite se poster et je finis d'arriver aux voitures avec mon chevreuil où je fais quelques photos souvenir.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les chiens arrivent au ferme et la bagarre s'engage avec le sanglier venu se caler dans les ronces sous la ligne électrique. Des chasseurs au fusil arrivent en renfort et se précipitent vers le bois. Pendant ce temps un beau renard surgit du bois et fonce à travers champ vers la digue d'un petit lac sur notre droite puis traverse la route à environ 150 mètres sur ma droite pour foncer vers les terriers situés un peu plus loin dans le bois. Le ferme s'éternise un peu puis le sanglier finit par s'éclipser et nous échapper. La luminosité baisse doucement et les archers venus de loin commencent à nous quitter. Sur cette traque en plus de mon brocard, un autre brocard et une laie de 64 kg ont été prélevée au fusil. La journée s'achève sur un exæquo fusil/arc.

Jacques raccompagne mes invités chez moi car Xavier est invité à manger ce soir et Frank doit repartir et il a de la route. Pour ma part, je vais peler mon sanglier et mon chevreuil avant de rentrer.

Un grand merci à tous les participants, à la société de chasse, les cuistots et cuisinières pour cette belle journée.

 

Alex

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 21:03

Ce soir, je pars me poster près d'un lac au pied d'un arbre. Le temps passe, quelques ragondins sortent et rentrent des terriers qui percent la berge de gauche qui borde le bois. Des canards arrivent par vagues successives et repartent si j'ai le malheur de bouger à peine. La luminosité baisse doucement quand un bruit de pas rapide se fait entendre dans le bois à ma gauche. L'animal se dirige vers le pré dans mon dos et pris dans le bois. Je me retourne doucement. L'animal descend dans le ruisseau qui alimente le lac puis remonte et se présente de face en lisière du bois dans une grosse trouée. C'est un petit brocard, il reste un instant sans bouger à observer. Il est à environ 20 mètres. Il surgit sur le pré au trot et s'arrête à environ 15 mètres. Il regarde autour de lui puis s'avance au pas et se rapproche doucement sans venir vers moi. Il traverse tranquillement le pré. Je profite d'un moment d'inattention et arme mon arc. Je cale ma visée et décoche alors qu'il marque un temps d'arrêt plein travers à 12 mètres environ.

Un gros crac retentit et mon brocard part avec la flèche en travers des épaules. Je reste immobile et le regarde partir. Il rentre au bois où je l'entends un court instant avant que le calme ne revienne. J'attends un moment sans bouger à l'écoute. La nuit tombe peu à peu et les canards arrivent pour se poser à l'autre bout du lac. Il fait presque nuit quand une sorte de chouette ou de hibou vient se poser près du lac, je ne vois presque plus dans la pénombre, puis s'avance jusqu'à l'eau et y reste un petit moment avant de s'envoler. Je décide d'aller cherche mon chevreuil. Avec ma lampe, je cherche du sang à l'endroit du tir mais ne retrouve que la moitié de ma flèche côté empennage à quelques mètres sur la trajectoire de fuite. Je pars donc à l'entrée du bois où est rentré le brocard et trouve du sang. Le brocard est monté au plus raide au niveau d'un talus très pentu. Le sang est assez abondant.

Un petit brocard à l'affût, 6 novembre 2015

Il s’amenuise ensuite alors que la pente diminue mais reste très facile à suivre et je retrouve assez rapidement mon brocard couché, comme endormi dans la végétation. Ma flèche traverse en avant des 2 poumons. La partie lame de ma flèche restera introuvable.

Un petit brocard à l'affût, 6 novembre 2015

Alex

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 21:21

Ce soir, en sortant du boulot, je pars chasser dans les maïs autour de mon lac favori, sur Labéjan. Je ma gare en haut de la côte, près de la ferme. Le vent souffle encore fort ce soir, je me prépare rapidement puis teste le vent. Il va vers la ferme, à l'opposé de d'habitude. Je décide donc d'attaquer ma chasse dans le sens opposé à mon habitude. Je remonte le talus de la route pour longer le maïs en direction de la ferme tout en contrôlant les passages de canon. Je passe le chemin enherbé qui descend vers le bosquet pris dans la culture puis rejoins le dernier passage de canon de la parcelle et commence à descendre en le suivant. Ce passage est encombré de pieds de maïs et de végétation par moment, ce qui ne facilite pas la progression et la vision des animaux. Le vent fort couvre le bruit des pieds de maïs qui frottent sur mes vêtements et je descends tranquillement en cherchant bien du regard un éventuel chevreuil. En arrivant à environ 50 mètres du bas de la parcelle et ne voyant aucun animal devant moi, mon attention se relâche un peu quand un chevreuil, couché à 4 mètres devant moi, se lève et fonce dans le maïs. Je viens de manquer ma première occasion de la soirée. Je finis de descendre jusqu'au fond de la parcelle puis la longe avec le vent de face, dans une végétation haute et très épaisse, parcourue de coulées de sangliers, jusqu'au passage de canon suivant. En arrivant au bout de ce dernier, je me penche doucement et aperçois un chevreuil plein travers à environ 20 mètres sur la gauche du passage, la tête tournée vers la gauche. J'accroche mon décocheur et commence l'approche en serrant la gauche du passage. J'avance très très lentement en faisant une pause observatoire à chaque pas. Maintenant que je vois mieux la tête de l'animal, j'identifie une chevrette. Je gagne ainsi 3 ou 4 mètres quand elle tourne la tête vers moi. Je me fige un moment puis recommence à avancer toujours avec la même technique. Je gagne à nouveau 2 mètres et elle regarde à nouveau vers moi. Je me fige à nouveau et recommence à avancer alors qu'elle retourne la tête vers le maïs Je parviens ainsi à me rapprocher à 10 mètres d'elle et me fige. Elle regarde un instant vers moi puis tourne la tête, j'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Ma flèche part droit vers le défaut de son épaule mais je n'entends aucun impact et la chevrette démarre en trombe pour rentrer dans le maïs, disparaît, ressort sur le passage, fonce pour rentrer dans le maïs sur la droite du passage, se ravise puis fonce en remontant sur environ 30 ou 40 mètres dans le passage de canon avant que je ne la perde de vue.

J'attends un instant en essayant d'analyser la scène puis pars chercher ma flèche et d'éventuelles traces de sang mais impossible de trouver ni l'une ni les autres, je chercher plus de 30 minutes sans rien trouver et doit me rendre à l'évidence, j'ai loupé mon chevreuil. Ma flèche a peut-être été déviée par un pied de maïs qui se trouvait dans l'axe de la chevrette. Je repars donc en chasse, je rejoins le bas du maïs et le longe pour arriver un peu plus loin au coin de la culture qui remonte sur 100 mètres environ vers le bosquet. Je la longe donc et rejoins le bosquet pour le longer et rejoindre le reste du champ aligné avec le petit bois. Je progresse doucement en surveillant les passages de canon mais pas de chevreuil dans le secteur ce soir. En arrivant à 30 mètres du coin de la parcelle qui remonte ensuite en longeant un bois, les pieds de maïs deviennent plus petits et plus verts. J'avance doucement en essayant de voir un chevreuil au travers des céréales quand une petite chevrette se lève à 5 mètres de moi et se débine en suivant la bordure de la culture. J'arme mon arc, elle s'arrête à 15 mètres dans mon dos, je pivote et tente de prendre la visée mais je n'arrive pas à la voir suffisamment pour distinguer la zone vitale. A ma grande surprise elle fait brusquement demi-tour comme si quelque chose lui avait fait peur et fonce vers moi. Je la suis dans mon viseur mais elle bifurque à 5 ou 6 mètres de moi et remonte dans le maïs où je la perds de vue. J'attends un peu mais plus rien ne bouge, je désarme et reprends ma progression. Je remonte en suivant le bois jusqu'à rejoindre, un peu plus haut, un passage de canon qui rentre dans le maïs puis bifurque pour remonter vers le haut du champ. Je décide de la suivre tranquillement. Environ 100 mètres plus loin, un animal démarre dans un grand fracas sur ma droite dans le maïs sans que je puisse le voir. Le bruit cesse vite et je reprends ma progression. Arrivé en haut du champ, je le longe en direction de la ferme en recontrôlant les passages de canon.

Pas de chevreuil, je descends vers le ruisseau d'alimentation du lac en passant près de la ferme, rejoins le passage busé, le traverse et reviens vers le lac en longeant la parcelle de colza qui précède la parcelle de maïs. En arrivant à 40 mètres du coin de la parcelle de maïs qui borde le départ du lac, j'aperçois un ragondin qui surgit du colza et fonce vers le ruisseau où il disparaît. Je m'avance doucement et le voit en surface du ruisseau avant qu'il ne plonge. Je continue mon chemin jusqu'au bord du maïs puis je commence à remonter en la suivant pour contrôler les passages de canon. Le vent souffle du maïs vers moi toujours de façon soutenue. Le contrôle des passages de canon n'ayant rien donné, je longe le dernier passage tranquillement pour traverser la parcelle puis commence à redescendre par l'autre côté vers le lac. Un gros lièvre démarre à environ 60 mètres contre le maïs et rentre dans la culture en plaquant ses oreilles sur son dos. Le vent souffle vers le maïs tout en remontant légèrement. Je progresse rapidement d'un passage de canon à l'autre pour les recontrôler. En arrivant au passage suivant, je me penche doucement et aperçois à environ 10 mètres, côté droit du passage, les 2/3 arrière d'un jeune chevreuil que je pense être un chevrillard. Il est tout tordu, en appuis sur une patte arrière il est arqué, la tête tournée à l'opposé de moi et se gratte la tête avec son autre patte arrière. Le léger angle montant du vent me permet de ne pas être senti mais il me faut faire vite car il peut vite tourner. Je me recule à couvert, accroche mon décocheur, arme mon arc et m'avance doucement. Le chevreuil se gratte toujours, je vise et décoche mais au même moment le chevreuil se remet sur ses quatre pattes et je vois rentrer ma flèche trop basse et trop en arrière. Un gros jet de liquide accompagne le passage de la flèche et le chevreuil fonce dans le maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'attends un moment sans bouger puis pars chercher ma flèche et les premiers indices. Je longe doucement la bordure droite du passage et trouve une tâche de contenu stomacal sur les feuilles sèches de maïs au sol. C'est bien ce que je pensais ma flèche n'est pas bonne, je continue et trouve, un peu plus loin, ma flèche fichée au sol et ne présentant quasiment pas de sang mais souillée de contenu stomacal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je remets ma flèche au carquois puis repars contrôler la tâche de contenu stomacal. Elle se composé de végétaux broyés et de grains de maïs concassés, de petites gouttes de sang ont été projetées sur les pieds de maïs au passage de l'animal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je décide d'aller chasser sur la parcelle de maïs située sous la digue du lac, de l'autre côté de la route et de revenir faire la recherche tout à l'heure pour laisser le temps à l'animal de se coucher et de faire son hémorragie. Je repère mon passage de canon grâce à la borne d'arrosage située au bout de ce dernier puis je finis de longer cette parcelle de maïs en descendant vers le lac tout en contrôlant les autres passages de canon. Pas d'autre chevreuil, je pars donc en longeant le lac pour rejoindre l'autre parcelle un peu plus loin. Je passe sous la digue et rejoins la route puis la traverse, franchis le fossé puis longe la bande enherbée en contrôlant les passages de canon et remonte à gauche vers le premier passage de canon du haut du champ. Une fois le passage atteint, je me penche doucement, pas de chevreuil, je commence donc à le longer en serrant à droite tout en regardant dans le maïs des 2 côtés. Un peu plus loin, j'aperçois, sur la droite, une avancée dans le maïs, d'environ 10 mètres de long sur 6 ou 7 mètres de profondeur où le maïs n'a pas poussé. Je m'avance tout doucement jusqu'au bord du renfoncement quand j'aperçois une belle chevrette au travers des pieds de maïs. Je m'approche très lentement jusqu'au coin du renfoncement, en accrochant mon décocheur puis m'immobilise pour observer. La chevrette n'est qu'à 5 mètres de moi en léger 3/4 face. Je cherche du regard d'éventuels chevrillards quand j'aperçois un chevrillard mâle qui broute en bordure du renfoncement, au milieu du côté, en face de moi. Il est de 3/4 face. Je décide de me focaliser sur lui plutôt que sur sa mère. Je me positionne pour attendre qu'il s'avance un peu plus à découvert car son arrière train est encore dans le maïs et espérant qu'il se tourne un peu mais c'est alors que sa mère décide de monter droit sur moi. Elle s'avance de quelques pas puis se remet à brouter, elle n'est plus qu'à 3 mètres et risque de me repérer. J'arme donc doucement mon arc, prends la visée sur l'épaule du chevrillard qui n'a pas bougé et décoche. Je vois ma flèche le frapper où je visais. Les chevreuils démarrent et foncent dans le maïs. Le bruit de leur fuite cesse vite et je reste un instant à l'écoute alors que le calme revient.  

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je pars ensuite chercher ma flèche que je trouve plantée dans un pied de maïs à quelques mètres de la zone du tir, dans la culture. Elle ne porte pas beaucoup de traces de sang.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Confiant sur la létalité de ma flèche, je commence ma recherche et trouve, juste après la zone de tir, des éclaboussures de sang sur les pieds de maïs qui bordent le fond du renfoncement.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Les gouttes de sang ne sont pas très grosses mais nombreuses et continues. Elles ponctuent le sol et les pieds de maïs et je n'ai pas de peine à les suivre.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

La piste rentre dans le maïs pour suivre un moment le même rang, les gouttes sont toujours régulières mais moins nombreuses et surtout concentrées au sol.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je suis tranquillement la piste sans me presser.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je tombe un peu plus loin sur une petite reposée debout

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

puis sur une autre.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Au bout d'une trentaine de mètres environ, les gouttes au sol s'interrompent et je cherche la direction de fuite quand un frotté, une feuille de maïs à ma gauche, m'indique que mon chevrillard a bifurqué pour s'enfoncer dans la culture.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Juste avant le pied de maïs frotté, je remarque 2 gouttes de contenu stomacal sur une feuille bien verte

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

et une autre juste derrière le pied de maïs qui contient du sang.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je m'avance doucement en suivant le sang qui marque en frottés sur les pieds de maïs, la piste est maintenant perpendiculaire aux rangs. Je n'ai pas fait 15 mètres de plus qu'un chevreuil se lève devant moi et fonce dans la culture. Le bruit de la fuite cesse vite. Je décide d'attendre un petit moment sans bouger avant de reprendre ma progression en suivant le sang. Après quelques minutes, je m'avance vers l'endroit où se trouvait le chevreuil et trouve une reposée sanguinolente d'où repars la piste de sang, c'était bien mon chevrillard. Je reprends mes recherches mais en avançant tout doucement et en faisant une pause à chaque pas pour regarder devant moi. Je fais à peine 15 mètres avant d'apercevoir, au travers des pieds de maïs, un chevreuil à 10 mètres devant moi. Je me fige et l'observe.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Le chevreuil semble assis et tremble très fortement. Je reste immobile un instant mais très vite, il chute et commence à se débattre au sol. C'est fini pour lui, je le laisse s'immobiliser puis m'avance à sa rencontre pour lui apposer le bracelet et le sortir du maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Arrivé à mon chevrillard, je lui appose le bracelet puis le prends par les pattes pour ressortir de la culture en rejoignant le passage de canon que je longe jusqu'au bord de la route. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie basse au niveau de la panse avant de traverser l'arrière du cuissot. Après quelques photos souvenir,

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

je laisse mon chevrillard dans la végétation haute du bord de la culture puis repars vers la parcelle de maïs précédente en longeant le lac. Arrivé au coin de la culture, je remonte​ en la suivant pour rejoindre le départ du passage de canon. Je commence ensuite à chercher la tâche de contenu stomacal mais impossible de la retrouver, je contrôle et recontrôle mais rien, je finis par me rendre compte que je ne suis pas dans le bon passage de canon et rejoins le suivant où je trouve rapidement ma tâche de contenu stomacal et m'aperçois, qu'à l'endroit du tir, se trouve une autre tâche bien plus grosse. Je ne l'avais pas vu tout à l'heure.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je rentre dans le maïs en m'avançant entre 2 rangs et en suivant les petites éclaboussures de sang et de contenu stomacal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

La piste est peu abondante et difficile à suivre, de plus les pieds de maïs sont enchevêtrés au sol à quelques mètres du passage de canon et compliquent encore mes recherches. Je finis par trouver un peu de contenu stomacal en petites gouttes, la piste biaise à droite puis je la perds à nouveau. Je tourne et retourne et finis par la retrouver, elle prend maintenant à gauche et traverse les rangs de maïs. Je suis lentement les frottés à peine marqués sur les pieds de maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Petit à petit, la piste devient plus abondantes et les frottés plus importants. Je dois allumer ma frontale pour poursuivre la recherche car la luminosité baise vite dans le maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je rejoins le début des rangs parallèles au passage de canon. La piste est maintenant plus facile à suivre. Les tâches de sang au sol alternent avec les frottés et je progresse un peu plus vite​. Je fais ainsi une quarantaine de mètres

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

et trouve une succession de de reposée bien marquées de sang à quelques mètres les unes des autres.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'avance tout doucement en regardant bien autour de moi. Le sang semble prendre à gauche pour changer de rang de maïs quand j'aperçois mon chevreuil couché à 2 rangs sur ma gauche. Il n'est pas mort et me regarde couché de 3/4 arrière. J'arme doucement et tente un moment de prendre la visée en essayant d'écarter les pieds de maïs avec mon arc. Ma visée prise, je décoche au travers des pieds de maïs et atteints le chevreuil qui se lève d'un bon en gueulant puis fait volte-face et fonce en suivant le rang. Le maïs claque sur son passage sur environ 30 mètres puis un grand fracas retentit. Les pieds de maïs claquent sur place un instant signe que le chevreuil se débat au sol. Le calme revient au bout d'un moment, je commence à suivre la piste maintenant très abondante. Le sang couvre le sol et les pieds de maïs en grosse tâches et je le suis facilement.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je trouve facilement mon chevreuil étendu sur le flanc. Un bout de la panse et des plis d'intestin sortent de la blessure de ma première flèche.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'examine mon chevreuil, ma première flèche le traverse très bas en arrière des côtes comme il me semblait après mon tir, ma seconde flèche rentre derrière les côtes et ressort dans l'épaule opposée. C'est une petite chevrette de l'an dernier et pas un chevrillard comme je le pensais en tirant. J'appose mon bracelet, le dernier de la saison d'approche de tir d'hiver à part que je me décide à en reprendre d'ici la fin de la saison puis attache les pattes de mon chevreuil pour le sortir de la culture et faire quelques photos souvenir.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je pars poser mon chevreuil avec le premier avant d'aller chercher ma voiture pour les charger et rentrer chez moi.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Alex

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 20:14

Ce soir, comme la veille, je pars pour Labéjan en sortant du boulot. Je me gare au même endroit que la veille et me prépare rapidement. Le vent soutenu souffle comme hier et je décide donc de réattaquer ma chasse comme la veille, autour du grand champ de maïs. Je longe donc le haut du maïs à mauvais vent, rejoins la luzerne, longe cette dernière en suivant le maïs, rejoins le coin du bois, continue entre le bois et le maïs tranquillement pour arriver en bas de la culture et commencer à la longer en surveillant les passages de canon. Au premier passage de canon, j'entends chanter des perdreaux dans le maïs sans pouvoir les voir, pas de chevreuil pour le moment et je vais longer tous le bas du champ sans voir d'animaux. Je décide donc de partir chasser vers le grand champ de tournesol qui a été moissonné la veille. Je remonte, à travers le champ travaillé, vers le chemin de terre qui suit la crête et le longe pour arriver au-dessus du bosquet où j'ai retrouvé mon chevrillard du 17 septembre. Je descends dans la combe travaillée par la droite du bosquet, jette un coup d'œil sur le bas de ce dernier puis traverse le fossé du bas de combe et commence à remonter tranquillement en suivant le bord droit du champ de soja, en limite de la grande friche. Toujours pas de chevreuil en vue. Je passe le premier petit bosquet à ma droite puis descend par la bande d'herbe qui le sépare du second et rejoins l'angle bas du deuxième bosquet. Je me penche doucement pour tenter de surprendre le brocard du secteur mais il n'est pas de sortie. Je remonte doucement en longeant le bosquet et arrive au bord du soja sans voir de chevreuil. Je m'avance donc dans la culture en enjambant les rangs pour ne pas les abimer et rejoins une grosse haie qui sépare cette parcelle d'une autre parcelle de soja qui s'étend jusqu'à la route de crête à environ 200 mètres. Une trouée me permet de regarder derrière la haie. J’observe un instant sans voir de chevreuil. Je pars à gauche vers une petite mare asséchée, prise dans la culture et où je me suis fait surprendre un matin par une chevrette et ses chevrillards. Toujours rien, je reviens donc contre la haie et la suis doucement en redescendant vers une mare en contrebas d'où part un petit ru.

Alors que je ne suis plus qu'à 70 mètres du bas du champ, un chevrillard surgit su soja à 20 mètres environ, presque immédiatement suivi par sa mère et tout d'eux prennent le galop. J'arme vite mon arc et les suis dans mon viseur mais ils s'éloignent vite et je désarme. C'est alors qu'un mouvement attire mon regard un peu plus bas. La tête d'un jeune brocard dépasse du soja à environ 30 mètres. Il regarde fuir les 2 autres chevreuils sans bouger puis se met à regarder tout autour de lui pour essayer de comprendre ce qui les a fait fuir. Je le surveille un instant immobile puis profite d'un moment où il regarde à l'opposé de ma direction pour commencer une approche très lente en me baissant au maximum. Je gagne facilement 10 mètres, aidé par le fort vent qui couvre le bruit de ma progression et en m'arrêtant à chaque fois qu'il tourne la tête vers moi. Tout à coup, le brocard fait demi-tour et commence à descendre tranquillement vers le fond du champ. Je me baisse le plus possible et presse un peu le pas en biaisant pour le recouper. Je parviens à me rapprocher ainsi à 10 mètres du brocard qui se présente maintenant de 3/4 arrière. J'arme mon arc baissé dans le soja, me redresse doucement en prenant la visée et décoche. Le bruit de l'impact retentit mais il m'a semblé que ma flèche était un peu trop en avant, peut être déviée par le fort vent. Le brocard fait à nouveau demi-tour et fonce à travers le soja en remontant la pente. Il biaise vers les 2 petits bosquets autour desquels j'ai chassé tout à l'heure. Il me semble voir un trou au niveau de son cou sans en être sûr. Je le perds de vue à environ 150 mètres, derrière la crête, en limite de la friche. Je descends chercher ma flèche mais c'est peine perdue dans toute cette végétation. Je cherche un moment sans succès puis tente de recouper la direction de fuite pour essayer de trouver des indices. Je trouve rapidement des gouttes de sang projetées sur les feuilles de soja.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

La piste est assez facile à suivre même si elle n'est pas très abondante. Je suis les gouttes qui biaisent vers la friche mais arrivé au bord de cette dernière le sang devient alors peu abondant et les gouttes beaucoup plus petites.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je peine un peu à suivre la piste et dois parfois marquer la dernière goutte pour m'avancer de plusieurs mètres et chercher un moment pour retrouver du sang. Je finis tout de même à arriver au coin du bosquet de crête où je trouve l'entrée du chevreuil. L'entrée est bien marquée par de belles tâches de sang.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je prends mon sécateur et coupe quelques ronces pour pouvoir rentrer dans le bosquet et suivre le sang. Une fois en sous-bois le sang devient abondant, de grosses gouttes jonchent le sol et la piste devient très facile à suivre. J'ai souvent remarqué que les animaux se relâchent en rentrant à couvert et que le sang est très souvent plus abondant. Le sous-bois est assez clair et je suis tranquillement la piste, une flèche encochée sur mon arc au cas où. Je passe 2 reposées debout (ronds de gouttes de sang). La piste biaise vers le haut du bois et je tombe sur une reposée bien marquée de sang à quelques mètres de sortir du bosquet. Après cette grosse tâche de sang, la piste semble s'interrompre totalement et je cherche un moment sur les coulées pour retrouver du sang qui remonte à ma droite pour sortir du bois à travers des épines noires. Je le suis et retombe sur des herbes hautes. Le sang est très peu abondant et je peine à le suivre, la piste biaise à gauche et remonte vers le soja qui redescend vers le fond de combe. Une pluie fine mais intense se met à tomber et mes chances de suivre cette piste difficile s'amenuisent. Je tourne et retourne sans trouver de sang et j'ai oublié mon portable à la voiture. Je décide de laisser tomber. Je prends donc la limite du soja pour redescendre dans le fond de la combe. Alors que je pose les yeux au sol, environ 40 mètres après avoir perdu le sang, j'aperçois un petit caillot de sang sur la terre à nu qui borde le soja et, en continuant à longer la culture, je commence à tomber sur des gouttes de sang que je suis facilement sur environ 50 mètres avant de perdre à nouveau la piste.

Je bifurque donc vers la friche à gauche et rejoins le bas de combe où je traverse le fossé pour rentrer dans le grand bois qui m'abritera un peu de la pluie. Je longe la grosse coulée et rejoins le chemin de terre qui me fait déboucher à 100 mètres du passage busé. La pluie s'est un peu calmée et tombe en grosse gouttes espacées. Je suis le ruisseau d'alimentation du lac, traverse le passage busé puis me dirige vers la parcelle de maïs. Arrivé au coin de cette dernière, je la longe par le bas en suivant la bande enherbée qui borde le lac jusqu'au coin suivant. Je suis maintenant à bon vent pour chasser en suivant les passages de canon car le vent souffle vers la digue. Je m'avance dans le premier passage de canon jusqu'à la bosse du champ qui me cachait la fin du passage. Pas de chevreuil, je fais demi-tour. Je longe encore un peu la parcelle et contrôle le second passage de canon, toujours rien. Demi-tour et direction le 3ième passage de canon. En arrivant au départ de ce dernier, je me penche doucement et aperçois un brocard au gagnage sur la droite du passage à environ 30 mètres. Il est de cul et regarde vers moi, je reste immobile. Il baisse la tête dans la végétation épaisse du centre du passage pour brouter, le vent souffle fort. J'en profite pour m'avancer dans le passage de canon. Les premiers rangs sont perpendiculaires au passage, je passe les 3 premiers puis me cale entre les 2 suivants pour observer. Le brocard relève la tête, observe tranquillement les alentours et se remet à brouter. Je m'avance à nouveau de quelques rangs puis me recale entre les suivants. Le brocard relève la tête, regarde autour de lui puis se remet à manger. Je recommence à avancer de quelques mètres et me recale. Cette fois le brocard redresse la tête, regarde autour de lui puis commence à avancer en suivant le maïs. Les rangs sont maintenant parallèles au passage de canon. Il me tourne le dos, j'en profite pour avancer plus rapidement mais voyant qu'il s'arrête, je stoppe net et m'accroupis juste à temps car il tourne la tête et regarde un instant vers moi sans me voir avant de se remettre en marche en broutant tranquillement. Je me remets à avancer assez rapidement, prêt à m'accroupir à tout moment. Mon décocheur est accroché et je gagne vite du terrain. J'arrive ainsi à 9 ou 10 mètres du brocard qui broute toujours paisiblement en 3/4 arrière. J'arme mon arc baissé pour être prêt à m'accroupir mais voyant qu'il ne fait pas attention à moi, je prends rapidement ma visée derrière ses côtes et décoche.

L'impact retentit et il me semble que ma flèche est rentrée où je voulais. Le brocard démarre en trombe dans le passage sur environ 20 mètres puis bifurque  à droite pour rentrer dans la culture. J'attends un peu puis pars à l'endroit du tir sans trouver de sang. Je m'avance un peu sur la direction de fuite en commence à trouver de maigres traces de sang et de contenu stomacal sur la végétation du centre du passage. La piste est très difficile à suivre dans cette végétation détrempée mais je remarque que la végétation est légèrement couchée sur le passage de l'animal ce qui me permet de localiser à peu près sa trajectoire et l'entrée dans le maïs où je trouve enfin une belle tâche de sang sur les feuilles de maïs au sol.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je suis le sang plus abondant au sol et sur les pieds de maïs sur environ 15 ou 20 mètres de plus et retrouve mon brocard couché sur le flanc. Ma flèche est bien en arrière des côtes.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

La sortie est pile au défaut de l'épaule, panse, foie et poumon sont touchés. Je remarque en apposant mon bracelet que mon brocard à l'arrière train couvert d'excrément séché. Encore un chevreuil malade mais il n'est pas encore amaigri. Le bracelet apposé, je fais quelques photos souvenir sous la pluie

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

puis attache les pattes de mon chevreuil et le charge sur mon épaule pour revenir vers la voiture. Je le laisse au bord de la route, à environ 300 mètres du tir, dans le fossé puis pars chercher ma voiture où j'en profite pour appeler le conducteur de chien de sang. Rendez-vous est pris pour une recherche demain pendant ma pause déjeuner. Je récupère mon brocard en passant et rentre chez moi. Je n'ai que peu d'espoir de retrouver mon premier brocard et la recherche du lendemain ne donnera rien, le chien perdant la piste à la sortie du bosquet et le contrôle des bordures de tous les bosquets et bois environnant restant infructueux.

 

Alex

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 20:20

Ce soir, en sortant du boulot, je pars directement pour Labéjan. Je me gare près de la ferme, au carrefour au-dessus du lac, me prépare rapidement puis teste le vent. Ce soir il vient de la ferme et souffle assez fort, je traverse donc la route, escalade le talus abrupt et pars vers la droite avec le vent dans le dos en longeant le maïs qui descend vers le fond de la combe. Je jette un coup d'œil à chaque passage de canon en passant. Pas de chevreuil en vue jusqu'au coin du maïs, je descends donc en le suivant doucement et en surveillant la luzerne à ma gauche qui descend vers bois qui en ferme le bas. Pas de chevreuil ce soir, j'arrive au coin de la luzerne fermée par le bois qui remonte contre le maïs. Je continue à descendre tranquillement entre le bois et le maïs sans rien voir. Arrivé en bas, je continue à longer le maïs qui est maintenant bordé par une grosse haie qui le sépare d'un champ travaillé. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux. Le vent fort, qui agite à culture et souffle face à moi, masque le bruit de ma progression, il me faut juste voir avant d'être vu. Je jette un coup d'œil à chaque passage de canon et en arrivant au 4ième et dernier passage avant le bosquet qui rentre dans le maïs, j'aperçois, en me penchant doucement, un chevreuil à environ 20 mètres dans le passage. Il regarde vers le haut du champ, je me recule doucement, accroche mon décocheur puis me penche doucement à nouveau. J'aperçois alors 2 petits bois entre ses oreilles.

C'est un jeune brocard de l'an dernier. Il est de face puis tourne à nouveau la tête en arrière. J'en profite pour m'avancer de 2 mètres dans le passage de canon et me caler entre 2 rangs de maïs, légèrement en retrait par rapport aux autres et perpendiculaires au passage. Je surveille le brocard au travers des pieds de maïs. Il commence à descendre vers moi en longeant l'autre côté du passage. Il s'arrête régulièrement pour brouter la végétation bien verte. Il avance ainsi mètre par mètre entre des pauses plus ou moins longues pour manger. Le vent bifurque brusquement et souffle par moment vers le haut du maïs mais en biaisant pour l'instant vers mes arrières, j'espère qu'il ne va pas tourner plus et me trahir. Le brocard regarde souvent derrière lui et je tente de voir s'il ne serait pas accompagné mais rien en vue. Alors qu'il n'est plus qu'à 15 mètres environ, il traverse tranquillement le passage de canon et vient se coller contre mon côté du passage me compliquant ainsi la tâche. Je n'ai plus d'angle de tir et devrais le tirer juste au moment où il passera devant moi. Il continue à descendre tranquillement en faisant des pauses alimentaires ou observatoires. Il n'est plus qu'à 7 mètres environ, j'arme doucement mon arc et me prépare mais tout à coup, il se décide à retraverser le passage de canon mais, cette fois, il commence à rentrer dans la culture. Je n'ai pas trop le temps de réfléchir, je me penche, aligne la visée alors qu'il rentre au pas à couvert et décoche alors qu'il est à moitié rentré dans le maïs en visant entre les pieds de maïs. Touché, le brocard fait volte-face, un jet d'un mètre de sang jaillit de sa blessure et il traverse le passage de canon pour fuir dans le maïs que j'entends claqué sur son passage, dans mon dos, sur 10 à 15 mètres avant de l'entendre chuter et se débattre au sol. C'est fini pour lui.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Sachant mon chevreuil mort, je décide d'aller chercher ma flèche. Je trouve immédiatement du sang à l'endroit du tir.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

En avançant dans le maïs dans la direction du tir, je trouve rapidement ma flèche posée sur le sol. Elle présente peu de sang et serait plus caractéristique d'une atteinte musculaire.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Je remets ma flèche au carquois puis repars vers le premier sang. De l'autre côté du passage le chevreuil a laissé une belle tâche de sang sur un pied de maïs couché et au sol.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Je m'avance entre 2 rangs de maïs que le sang du chevreuil a teinté de rouge au passage. L'hémorragie semble très abondante.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Au bout d'environ 7 mètres de recherche, le sang devient très très abondant, une grosse tâche de sang au sol marque une chute du brocard.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Le sang traverse le rang de droite, je le suis et aperçois le chevreuil à juste quelques mètres devant moi. Il est couché sur le flanc et a repeint les alentours en rouge.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

En examinant le brocard, je constate que ma flèche est trop en arrière et trop haute, elle passe juste sous la colonne vertébrale au niveau des reins. Cette flèche n'est pas un cas d'école mais elle est toujours mortelle à très court terme car elle sectionne la grosse artère passant sous la colonne et provoque une hémorragie très massive. Au dépeçage, je m'apercevrai que ma lame de chasse a en fait complètement exploser une vertèbre en plus de sectionner l'artère, cette fuite même courte et la volte-face du chevreuil n'était physiquement pas possible et il est incroyable qu'il ait pu faire ces 15 mètres de fuite. Après quelques photos souvenir,

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

j'attache les pattes du chevreuil et le remonte vers ma voiture en suivant le passage de canon. En haut du champ de maïs, je tombe sur la propriétaire des terres qu'elle loue en fermage. Nous discutons un bon moment puis elle me montre des terriers de blaireaux et de renards situés dans le parc clôturé autour de son habitation pour que je vienne essayer d'en flécher quelques-uns car ils font des dégâts réguliers sur ses volailles.

Je pose mon chevreuil à ma voiture et repars en chasse. Au loin, le bruit d'une moissonneuse et un nuage de poussière me signale que le grand champ de tournesol où j'ai fléché mon chevrillard le 17 septembre est en train d'être moissonné. En passant par la ferme, je descends vers le passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac puis reviens vers ce dernier et la parcelle de maïs qui borde la droite du plan d'eau. Arrivé au coin du maïs, je longe la parcelle sur la bande enherbée qui la sépare du lac pour la dépasser et remonter en la longeant à bon vent.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Alors que je commence à m'avancer dans le premier passage de canon, mon téléphone vibre dans ma poche. C'est ma compagne qui rentre du boulot et qui me pensait à la maison. Je comprends qu'il est temps de rentrer, il est encore tôt mais je reviendrais un autre jour, je repars vers la voiture.

 

Alex

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 21:19

Ce soir, je pars chasser sur Labéjan en sortant du Boulot. Je me gare en haut de la côte, près de la ferme qui surplombe le lac. Je me prépare rapidement puis descends vers le lac, ce soir le temps est incertain et le vent souffle fort du bout du lac vers la digue. Je décide d'en profiter pour commencer par chasser dans la parcelle de maïs au bout du lac, côté droit. Je rattrape rapidement la berge de droite puis marche rapidement jusqu'au maïs et commence à remonter en le suivant pour rejoindre le premier passage de canon. Je m'avance tranquillement dans ce dernier en contrôlant des 2 côtés, les premiers rangs qui sont perpendiculaires aux passages et me donnent une vision de 10 à 15 mètres de part et d'autre. Les sillons deviennent ensuite parallèles aux passages et forment un mur au travers duquel il est difficile de voir un animal. Je presse donc le pas pour arriver au sommet de la bosse qui coupe le champ en 2 et voir ainsi de l'autre côté jusqu'au bout du passage. Rien en vue, je fais demi-tour et rejoins le second passage de canon rapidement pour procéder de la même façon. Les passages sont marqués de pieds de chevreuils et de sangliers plus ou moins frais. Je fais de même pour tous les autres passages jusqu'à arriver au dernier. Cette fois, je continue ma progression jusqu'au bout du passage et finis ma progression tout doucement pour contrôler les derniers rangs qui sont perpendiculaires aux passages. Tout à coup, un gros chevreuil démarre à 6 ou 7 mètres sur ma droite et j'ai à peine le temps de le voir se débiner sans voir sa tête. Le bruit de sa fuite cesse presque immédiatement et je continue à avancer tout doucement, prêt à armer, pensant le revoir mais j'arrive au bout du passage sans le voir. Je remonte pour jeter un coup d'œil sur le haut du champ mais pas de chevreuil.

Je redescends en longeant le maïs quand je me rends compte qu'au milieu du chant se trouve un rond de 50 m² environ ou le maïs n'a pas poussé et où se trouve une végétation dense idéale pour abriter un animal. Je suis à mauvais vent mais je décide de tenter d'y jeter un coup d'œil. Je prends un sillon aligné avec le bas de la zone et le longe jusqu'à cette zone ou je trouve des coulées de sangliers mais pas de chevreuil. Demi-tour, je finis de rejoindre le bord du ruisseau d'alimentation du lac et le longe jusqu'au passage busé où je le traverse. Je rejoins ensuite la bordure du grand bois et la suis rapidement pour rejoindre une zone de tournesol plus loin. En arrivant à 100 mètres de l'angle du bois, je remarque une tâche rousse entourée de tâches plus grises sur la bande enherbée qui borde le roncier qui marque l'angle du bois. Je pense à des chevreuils mais n'y croit pas trop et me dis qu'il s'agit certainement d'une grosse branche morte tombée là à cause des vents forts de ces derniers jours. Je continue à avancer rapidement sans me cacher quand il me semble voir bouger et distinguer un chevreuil couché, peut-être 2. Je stoppe net mais une chevrette et ses 2 petits en profitent pour se lever et détaler. Je n'ai pas assuré, la chevrette et un jeune remontent à droite en passant l'angle du bois alors que le second chevrillard continue tout droit puis se rendant compte de son erreur il stoppe 100 mètres plus loin et regarde vers moi puis cherche sa famille. J'attends un peu mais il prend à l'opposé du bois et je le perds de vue derrière le relief du champ. J'avance doucement au cas où la chevrette et le chevrillard seraient restés derrière les ronces mais, arrivé au coin du bois, je ne les vois pas, par contre le chevrillard est en crête du champ sur ma gauche et regarde vers moi. Je remonte le talus abrupt à ma droite, par un passage de blaireau pour suivre le bois et commence à remonter quand, le relief se dégageant, j'aperçois la chevrette et son jeune qui m'observent plus de 100 mètres plus haut avant de déguerpir pour rentrer au bois.

Je continue à remonter et biaise à gauche pour rattraper le chemin de terre qui longe la crête. Une fois sur le chemin, je le longe en direction du tournesol. Je jette un coup d'œil dans la combe travaillée de droite entre le grand bois et un bosquet. Rien en vue, je continue et arrive au bord des tournesols desséchés sous lesquels pousse de la luzerne. C'est un secteur très fréquenté par les chevreuils. J'avance jusqu'à arriver en face d'une longue pointe de ronce d'environ 100 mètres qui démarre du coin du bosquet entouré par le tournesol et situé à environ 200 mètres en contrebas. Elle remonte vers le chemin et couvre un talus trop pentu pour être cultivé. Je m'avance doucement dans le tournesol et rejoins la droite de la bande de ronces pour la longer doucement en scrutant les alentours. Pas de chevreuil ce soir, je passe le coin du bois et prends à gauche en le suivant. Le tournesol n'a pas bien poussé dans le secteur et la luzerne fait une bande de 10 mètres environ entre le bois et le tournesol. Je surveille aussi l'intérieur du bois assez clair. Toujours rien, le bois bifurque à nouveau à droite vers le fond de la combe. J'aperçois, à environ 300 mètres, 2 chevreuils qui descendent du champ de soja vers le fond de la combe. Je descends vers le fossé qui longe le fond de la combe à travers le tournesol envahi, dans le secteur, par de la végétation haute puis le suis pour me rapprocher des animaux. Une haie épaisse qui descend du versant gauche bifurque ensuite pour suivre la gauche du fossé en longeant le soja. Elle me fait un écran me permettant d'avancer à couvert un moment. Arrivé au coin de la haie, le fossé devient plus profond et se remplit d'eau, je passe donc sur la bande enherbée à sa droite. Au moins un des chevreuils que j'avais perdu de vu un moment est toujours là mais il semble remonter. Je m'avance voûté en surveillant le chevreuil mais le perds brusquement du vu, est-il passé dans la végétation haute de la friche qui borde le soja ou s'est-il couché ? Je finis par apercevoir ses oreilles dépassant de la culture. Il s'est donc couché et regarde vers moi. La haie s'éclaircie et devient de moins en moins haute en se rapprochant des chevreuils et je décide de finir l'approche à genoux mais je me rends vite compte que je fais trop de bruit en progressant ainsi. Les chevreuils sont encore à 100 mètres, je me redresse et tente de continuer à progresser voûté mais les chevreuils me repèrent et se lèvent pour filer à travers la friche pour bifurquer rapidement en direction du fossé, ils vont certainement le traverser au niveau du passage le plus fréquenté, derrière un arbre isolé.

Les derniers buissons de la haie leur cache ma silhouette, je prends le pas de course pour tenter de les couper mais ils sautent le fossé et passent derrière la bande étroite de tournesol que je longe et qui est bordée par un bosquet environ 10 à 12 mètres sur ma droite. Un autre chevreuil surgit de la friche et file droit devant lui. Je ralentis mais continue à avancer rapidement au cas où les animaux seraient toujours dans le secteur. Au moment où j'arrive au bout du tournesol, avant la combe travaillée qui remonte vers le chemin de crête, j'entends des piaulements caractéristiques et aperçois le chevrillard qui revient en longeant le bosquet au-dessus de moi. Je m'avance rapidement de 2 mètres dans le tournesol et me prépare. Le chevrillard vient s'arrêter pile en face de moi, au niveau d'une grosse trouée qui rentrer dans le bosquet. Il regarde derrière lui. J'arme rapidement et prends tout aussi vite la visée avant de décocher. Un impact sourd retentit mais ma flèche me semble trop en arrière. Le chevrillard fonce dans le bosquet en faisant craquer la végétation sèche. Le calme revient.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je contourne le tournesol et me rapproche doucement de l'endroit où se trouvait le chevrillard. Je trouve rapidement un peu de contenu intestinal ou stomacal mélangé avec du sang et posé sur une branche à l'endroit où est rentré mon chevreuil. C'est bien ce que je craignais, ma flèche est trop en arrière.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

En regardant un peu plus à gauche, je trouve des projections de sang, c'est l'endroit du tir.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Le vent souffle dans mon dos et, rapidement, les ronces sèches de l'épais taillis se mettent à craquer, le chevreuil n'était pas loin et il vient de redémarrer. Le bruit se déplace lentement vers la lisière gauche du bois et je décide m'éclipser pour revenir plus tard. Je pars donc vers la combe travaillée à ma gauche et en arrivant au coin du bosquet, un mouvement attire mon regard dans le bois d'en face. Je me fige et aperçois le chevrillard au travers des branchages. Une tâche sombre colore son flanc en arrière des côtes et il fait le dos rond. Immobile un moment, il regarde vers moi.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je reste un moment immobile en espérant le voir tomber mais il finit par s'enfoncer péniblement dans le bois. Je décide de le laisser tranquille un bon moment avant d'attaquer la recherche. Je fais demi-tour et pars chercher ma flèche puisque je ne risque plus de déranger le chevrillard. Je rentre par la coulée prise par le chevrillard et aperçois ma flèche à environ 4 mètres de la lisière, fichée au sol. Le sang qui la couvre n'est pas propre.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je décide de continuer à chasser pour passer le temps. Je traverse le fossé du fond de combe et prends à droite dans la friche pour longer le fond du grand bois mais en regardant vers la crête, j'aperçois un gros chevreuil qui dépasse à peine du coin droit du bosquet de crête. Je fais donc demi-tour pour repasser à couvert derrière le bosquet. Une fois en alignement avec le bosquet, le chevreuil ne peut plus me voir. Le vent s'est beaucoup calmé et ne souffle plus que par intermittence. Je remonte vers un premier bosquet juste séparé du bosquet derrière lequel se trouve le chevreuil par une bande d'herbe.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je progresse rapidement jusqu'au bord du premier bosquet puis me décale doucement vers l'angle droit où je me penche doucement. Le chevreuil est toujours là, c'est un brocard, il est coutumier du secteur, je le vois régulièrement autour de ce bosquet. Il dépasse à moitié de derrière le bosquet suivant et est encore partiellement caché derrière une petite pointe de ronces qui part de l'angle du bosquet et avance sur environ 10 mètres en suivant la cassure de la pente qui sépare la parcelle de soja qui couvre le plat au-dessus du bosquet et la friche pentue qui descend jusqu'au fond de la combe. Je longe doucement le premier bosquet en m'arrêtant à chaque fois que le brocard relève la tête pour regarder autour de lui et arrive facilement jusqu'à la bande d'herbe qui sépare les 2 bosquets. Je me décale à gauche pour la traverser, caché par le bosquet suivant, puis rejoins à nouveau l'angle droit pour tenter d'apercevoir le brocard. Il est toujours là. Je commence donc à longer très lentement le second bosquet mais le brocard finit par faire demi-tour et disparaît tranquillement derrière le bosquet. Je continue à remonter tranquillement en espérant le surprendre en arrivant au bord du soja mais au moment où je peux voir le dessus du bosquet, je ne vois pas le brocard. Je commence donc à longer tout doucement le haut du bosquet dont l'arrondi sortant me cache l'angle suivant. Tout à coup, un animal démarre dans le bosquet puis un second, certainement que le brocard était rentré à couvert et qu'il était comme souvent avec la chevrette du secteur. Je presse le pas jusqu'à l'angle suivant mais ne vois rien sortir. Le ciel devient très menaçant et un vent fort se relève, il va pleuvoir dans pas longtemps. Cela fait 40 minutes que j'ai tiré mon chevrillard, je décide d'attaquer la recherche pour ne pas risquer de perdre les traces de sang s'il se met à pleuvoir. Je redescends vers le fond de la combe. Un chevreuil surgit du bois de gauche et traverse la combe au galop pour rentrer dans le bosquet de droite, il n'a pas l'air blessé. C'est peut-être la chevrette de tout à l'heure. Je franchis le fossé puis biaise à gauche vers le bordure du bois en direction d'une grosse coulée où le sol est dégagé et par laquelle le chevrillard est certainement rentré au bois.

Arrivé au départ de la coulée, je cherche d'éventuelle traces de sang mais n'en vois pas, je remonte cette dernière pour rentrer dans le bois et tombe sur une première goutte de sang sur les feuilles mortes qui tapissent le sol.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Au sommet du talus, je tombe sur 2 gouttes de sang sur la coulée, malgré les 50 mètres de fuite déjà parcouru par le chevreuil, le sang est peu abondant.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

A l'endroit où le chevreuil était arrêté, quelques gouttes de sang sont tombées au sol mais par rapport au temps que le chevreuil a passé à cet endroit, il n'y a pas grand-chose, la piste au sang ne s'annonce pas facile et pour rajouter à la difficulté, j'ai oublié ma frontale à la voiture et en sous-bois il fait déjà sombre.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Les gouttes sont espacés de 1 ou plusieurs mètres et je n'arrive pas à suivre facilement la piste. Le chevreuil qui semblait partir en longeant la lisière sur une grosse coulée a finalement bifurqué à droite pour remonter dans le bois sur une coulée peu marquée. J'avance presque avec les nez au sol pour palier à la luminosité décroissante et au peu d'indices. Ma chance est que les gouttes sont souvent grosses.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Un peu plus loin, je retombe sur une autre reposée debout.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Tout à coup, il me semble entendre un bruit de pas au-dessus de moi dans le bois. Je me fige et tends l'oreille mais le bruit cesse rapidement et je ne vois rien. Je pense qu'il s'agit peut-être du vent. La piste monte un peu sur 20 mètres puis biaise doucement à gauche sans vraiment suivre de coulée avant de rattraper une grosse coulée et de la suivre un moment. J'avance goutte par goutte d'environ 50 mètres sur cette coulée puis perds la piste. Je marque le dernier sang puis contrôle les coulées qui partent en éventail dans le bois mais impossible de trouver du sang. Je contrôle et recontrôle chaque coulée en avançant de plus en plus lentement et de plus en plus près du sol puis finis, après de longues minutes, à me poser pour réfléchir. Une coulée marquée part à 90° sur ma droite, je commence à m'avancer doucement en la suivant et finis par trouver du sang à environ 10 mètres de la dernière goutte. La recherche repart, les gouttes sont espacées de plusieurs mètres puis 2 ou 3 gouttes se suivent parfois mais, dans la pénombre croissante, je progresse assez lentement. Petit à petit, j'avance. Au bout d'environ 80 mètres sur cette coulée qui biaise vers l'angle du bois, le sang devient un peu plus abondant et ma recherche s'accélère un peu pour me faire ressortir sur la combe travaillée au coin du bois mais, sorti du bois, impossible de retrouver du sang. Je décide d'aller contrôler les entrées des coulées du bosquet de l'autre côté de la combe. Je commence par une très grosse coulée au milieu du bosquet qui traverse un fossé au fond duquel les sangliers viennent souvent se baigner. Des tâches sombres attirent mon regard sur la lisière du bois, sur le sol, dans la coulée. Je franchis le fossé d'un bon et trouve des gouttes de sang. Il fait trop sombre pour reprendre la recherche sans éclairage. Je décide de repartir chercher ma voiture où j'ai laissé ma frontale. Je remonte donc vers le chemin de crête puis le suis jusqu'à ma voiture qui se trouve à plus 1 km. Je reviens ensuite avec mon véhicule et me gare sur le chemin de terre au-dessus du bosquet, prends mon arc et ma frontale et redescends pour reprendre ma recherche.

Arrivé à la coulée, j'allume ma frontale, retraverse le fossé et commence à suivre le sang qui remonte en biaisant à droite sur une grosse coulée mais au bout de 30 mètres environ le sang s'arrête, je continue un peu sur la coulée sans le retrouver. Je reviens donc aux dernières gouttes, cherche sur les côtés de la coulée et finis par me rendre compte que le sang descend dans le sale sur la droite de la coulée. Les gouttes sont assez régulières et je les suis facilement sur environ 30 mètres de plus quand 2 yeux blancs s'allument dans le faisceau de ma frontale. Mon chevrillard est là couché devant moi. Il est toujours vivant. Je m'approche tout doucement jusqu'à 6 ou 7 mètres, arme mon arc et tente de viser mais son ombre portée me cache mon chevrillard, je désarme. Je prends donc ma frontale dans ma main qui tient l'arc, réarme mon arc et tente de diriger le faisceau pour éclairer le chevrillard. Je cherche ensuite une fenêtre de tir au travers des branchages et tente de prendre ma visée puis décoche. L'impact cassant retenti mais le chevrillard ne se relève pas. Il se débat à peine au sol puis s'immobilise. Je me rapproche et me rends compte que ma flèche est rentrée plus en arrière que je voulais. Elle rentre dans le cuissot en cassant le fémur et ressort dans l'épaule opposée pour se ficher au sol ce qui l'a empêché de ressortir de plus de 15 cm et a maintenu le chevrillard affaibli au sol.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je n'avais pas réalisé que l'animal était de 3/4 arrière et le pensais plus plein travers. La nuit est trompeuse. Je dégage mon chevrillard puis récupère ma flèche avant de réaliser quelques photos souvenir avant le retour à ma voiture.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

La recherche aura été longue et compliquée et le chevrillard est venu se coucher prés de son point de départ.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

Bonne visite, Alex

LA CHASSE A L'ARC

HISTOIRE DE LA CHASSE A L'ARC :

LA CHASSE A L'ARC DANS LE MONDE :

ANATOMIE DU GIBIER :

LE TIR DU SANGLIER A LA COURSE :

LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

LASBATS CHISTINE : 

06 45 35 50 42

 

FORUMS SPECIALISES :

 

 

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CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

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