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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 23:01

Cela fait plusieurs mois que je tente de flécher mon dernier chevreuil sans résultat, ce soir en sortant du boulot, je décide d'aller faire un tour sur mon secteur favori de Labéjan. Les jours ont un peu rallongé et je vais donc avoir presque une heure pour chasser. Je me gare en haut de la côte, pas loin de la ferme, me prépare rapidement puis pars à travers champ en longeant la crête en direction du chemin de terre qui suit une crête un peu plus loin. Je me dirige vers une habitation que je pense contourner par la gauche quand j'aperçois 3 chevreuils, à environ 600 mètres, au gagnage dans le colza qui remonte en suivant la droite du grand bois. Ils sont à environ 40 mètres de la lisière et semblent descendre. Il me faut faire vite si je veux les intercepter. Je passe donc derrière l'habitation en courant, dévale de talus abrupt de 4 mètres qui surplombe le chemin de terre et le traverse pour rejoindre le haut d'un bosquet un peu plus loin. Le relief m'expose à la vue des chevreuils qui sont encore à 500 mètres environ, je décide de descendre de quelques mètres dans le bois pour passer derrière la ligne de crête et avancer rapidement à couvert, je descends en suite en courant tout en me servant du relief pour rester cacher. Il me faut ainsi descendre presque jusqu'au ruisseau d'alimentation du lac puis revenir en longeant le bas du bois pour tenter d'intercepter les chevreuils.

Je marche maintenant d'un pas rapide mais ne cours plus. En arrivant un peu avant le roncier qui forme le coin du bois, je n'aperçois pas les chevreuils et comprends qu'ils ont dû remonter comme l'autre matin. Je décide donc de remonter dans le bois par une grosse coulée de blaireau très marquée. La pente est abrupte et le sol glissant, je dois me cramponner aux arbres pour arriver à monter et éviter de chuter. Arriver sur un replat, j'écoute et observe le bois sans rien voir. Je continue à remonter en suivant la coulée de blaireau. J'avance doucement pour ne pas faire craquer les feuilles mortes et les brindilles qui jonchent le sol tout en biaisant vers la lisière du bois. Je finis par apercevoir les chevreuils dans un creux du terrain. Ils semblent remonter vers le chemin de crête. Je décide de continuer à monter vers l'angle rentrant du bois. Je perds un instant les chevreuils de vue en regardant où je pose mes pieds. J'avance doucement pour essayer de rester silencieux. Tout à coup, un mouvement attire mon regard, j'aperçois un beau brocard contre la lisière du bois après l'angle du bois, j'aperçois ensuite une chevrette près de l'angle suivant du bois. Ils sont montés très vite. Je tente d'avancer encore en suivant au maximum les coulées de blaireau plus silencieuses que le tapis de feuilles mortes tout en surveillant les animaux.

Malgré mes précautions, mes pas provoquent parfois de petits craquements et le brocard se met à regarder vers moi. Je dois rester un moment sans bouger pour me faire oublier. Pendant ce temps, la chevrette passe derrière l'angle du bois et disparaît. Le brocard finit par baisser la tête et pars en longeant le bois pour rejoindre la chevrette. Je repars et essaye d'avancer le plus vite possible sans faire de bruit et rattrape une belle coulée bien dégagée et la suis. Le brocard passe lui aussi l'angle du bois et disparaît, j'en profite pour avancer plus vite et passer l'angle rentrant du bois. La coulée rejoint le chemin forestier qui monte et ressort après l'angle que viennent de passer les chevreuils. Je suis doucement le chemin qui est silencieux en essayant d'apercevoir les chevreuils. J'aperçois un premier animal à 20 mètres à droite de l'arrivée du chemin. Il est à 30 mètres environ et sera difficile à approcher. Il avance un peu et je le perds de vue. Je continue en suivant le chemin et aperçois une chevrette qui broute des feuilles de ronces cou tendu à moins de 10 mètres de la droite du chemin, elle est à 15 mètres environ, il me faut encore avancer un peu pour tenter une flèche mais c'est alors que j'aperçois le grand brocard qui ferme la marche.

Il est plus proche, à 6 ou 7 mètres de la sortie du chemin, j'avance encore un peu. Le brocard est à 10 mètres, il s'arrête, la zone vitale est dégagée entre 2 arbustes, j'arme mais hésite un peu car il me faut tirer au travers d'un peu de végétation fine. S'il avance, je n'aurais pas de meilleure occasion, je prends la visée et décoche. Mon tir est en contre plongée. Ma flèche frappe le brocard avec un bruit de coffre mais elle me semble haute et un peu trop en arrière. Les chevreuils démarrent, le brocard longent la bordure du bois sur 10 mètres puis rentre dans le bois et descend en parallèle du chemin à environ 15 mètres de moi. Je le perds de vu après 20 où 30 mètres de course dans le bois. J'entends la fuite des chevreuils un moment puis 2 d'entre eux se mettent à aboyer sur place vers le bas du bois pendant quelques secondes avant que le calme ne revienne. Je pense que ce sont les 2 chevrettes qui aboyaient à l'endroit où le brocard est tombé. J'attends un peu puis ressors sur le champ de colza en longeant le chemin forestier. Pas de sang à l'endroit du tir, pas de sang sur la direction de fuite du brocard et pas de flèche. Elle a dû retomber plus loin dans le colza mais la nuit sera vite là, je ne perds pas de temps à la chercher et tente de trouver du sang sans succès. Je cherche donc la première grosse coulée par laquelle aurait pu rentrer le brocard en tenant compte de la distance que je l'ai vu parcourir en longeant le bois. Au départ de la grosse coulée se trouve les restes d'un jeune lièvre, il ne reste plus que la colonne vertébrale, les os et le bout encore en fourrure des pattes arrières. Je suis cette coulée, mon intuition est la bonne, je trouve quelques gouttes de sang au fond du fossé qui suit la lisière à 2 mètres dans le bois.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Je suis très étonné car j'ai fléché ce chevreuil avec une lame mécanique, "rage hypodermic", c'est la première fois que je flèche un gibier avec une lame mécanique et on m'a toujours présenté cette lame comme une source de forte hémorragie. Le brocard a fait plus de 10 mètres sans perdre de sang, je suis la coulée qui remonte le talus du fossé puis descend dans le bois. Le sang est peu abondant. 

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Un peu plus bas, le brocard au sauté un arbre tombé en travers de la coulée. 2 gouttes ont marqué le tronc un peu plus bas un gros rond de gouttes de sang marque certainement une reposée debout du chevreuil peu après l'endroit où je l'ai perdu de vue.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Je reprends confiance et me dis que la piste va maintenant être plus importante mais les gouttes sont rares et espacées et s'espacent de plus en plus. La nuit tombe vite et il fait maintenant très noir dans le bois. Je dois maquer les gouttes en plantant des bouts de branche dans le sol et suivre les coulées sur plusieurs mètres pour pouvoir trouver la suivante. Mais au bout de 50 mètres environ de recherche, je n'arrive plus à trouver de sang et je décide de laisser tomber pour aller chercher Hémo pour essayer de finir la recherche. Les dernières gouttes sont marquées par un bâton planté dans le sol. Je remonte vers la lisière du bois puis pars à travers champ vers ma voiture. 20 minutes plus tard, je suis chez moi, je prends ma frontale puissante achetée pour la Guyane, le harnais, la longe et nous voilà parti avec Hémo.

Arrivé sur place, je m'avance jusqu'à l'habitation pour gagner un peu de temps, équipe Hémo, mets ma frontale puis nous partons au pas de course vers l'endroit où le brocard est rentré dans le bois. Arrivé sur place, j'encourage Hémo : "Le sang Hémo, le sang " mais il tombe sur les restes du lièvre et commence à les manger. Je dois les lui sortir pour qu'il se reconcentre. Hémo finit par prendre la piste en donnant mais à l'endroit où je me suis arrêté, il prend à gauche, suit la courbe de niveau un instant puis remonte vers le haut du bois et ressort dans le colza. Pas de sang sur la piste et pour moi le chevreuil est mort en bas du bois. Je l'arrête et reprends au début de la piste. Il a la fâcheuse tendance à suivre les pistes chaudes ou mes pas. Nous repartons, il repart comme un fou en donnant, mais cette fois, il remonte sur mes pas par le chemin que j'ai pris pour ressortir du bois. Je le stoppe, nous remontons au départ. Nouvelle tentative, encore une fois, il part comme un fou et biaise à droite pour récupérer la coulée par laquelle je suis venu et par laquelle je sais que mon brocard n'est pas passé. Je commence à perdre patience et le stoppe à nouveau. Je n'y crois plus. Nous remontons au départ et encore une fois il part comme un fou. Cette fois, il prend la piste de la première erreur à gauche mais prend vers le bas. Je lui fais confiance et le suis bien que je ne trouve pas de sang au sol. Il donne à la longe et nous bouclons vers un roncier où les animaux blessés se remisent souvent puis il part dans tous les sens sans vraiment chercher.

Je l'arrête et repars au départ mais cette fois c'est moi qui cherche et lui qui suit. Je suis à 4 pattes les gouttes de sang mais, dans la nuit noire, je peine à trouver la suite de la piste quand, tout à coup, Hémo comprend ce que je cherche et pars devant moi pour descendre droit. Environ 60 mètres plus bas hémo devient fou et tire de plus en plus sur sa laisse en donnant comme jamais. Un œil blanc apparaît dans le faisceau de ma frontale. Mon chevreuil est couché là mais l’œil clignote. Il est toujours vivant. Je m'approche un peu, attache Hémo à environ 15 mètres du brocard qui reste immobile alors qu'Hémo tire sur sa longe en aboyant au ferme. Je pars doucement pour faire une grande boule et me rapproche tout doucement du brocard par derrière Ce dernier ne bouge pas et me laisse approcher. Arrivé au ras du chevreuil, je le saisis par les bois. La flèche est passée là où je pensais, juste derrière les côtes et sous la colonne. La lame a touché la pense, et un rein. Des plis d'intestin ressortent pas le trou de sortie et ont empêché l’hémorragie. Il a à peine la force de se relever et je l'immobilise facilement et l'achève. Je le laisse un peu mordre à Hémo puis appose le bracelet, attache ses pattes ensemble avec le bout de la longe avant de le charger sur mon épaule. Il est 21h30, nous rentrons vers la voiture mais, de nuit, je me trompe et ressors au-dessus du roncier de l'angle du bois alors que je pensais sortir au coin du ruisseau. Nous remontons vers la voiture à travers le semé de blé. Nous traversons un vol d'alouettes posé au sol. Les oiseaux décollent dans le faisceau de la frontale alors qu'Hémo leur marche presque dessus. J'aperçois un oiseau à mes pieds, pris dans le faisceau de ma frontale puissante, il ne bouge pas et je parviens à l'attraper. Je le regarde puis le relâche. Un peu plus loin, j'approche à 5 ou 6 mètres une bécasse prise dans la lumière mais Hémo la fait décoller. J'arrive enfin à la voiture, mon épaule est meurtrie et il me tarde d'aller prendre une bonne douche.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Alex

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 19:52

Ce soir, je repars chasser sur Labéjan. Je me gare en haut de la cote après le lac, me prépare et décide de partir chasser au-dessus du grand bois qui précède le lac. Je remonte le talus du fossé de la route et suis la crête tout en surveillant la pente sur ma gauche. Rien pour le moment le long de la haie qui borde le bas du champ. Je décide de tenter de décocher quelques flèches en billebaude pour vérifier si mon arc est toujours bien réglé car depuis ma chute au chamois du 5 novembre, je n'ai pas vérifié mes réglages. Tout semble normal, mes flèches vont où je veux, j'avais pris mon cube de mousse et mes clés hexagonales au cas où dans la voiture. Je continue donc l'esprit tranquille, je passe au-dessus du bosquet, le vent souffle face à moi, rien derrière ce dernier dans le chaume de maïs, je continue vers le chemin de terre qui longe la crête mais en regardant l'heure, je me ravise, il ne me reste qu'une heure avant la nuit. Je décide d'aller chasser le secteur où j'ai fléché le brocard avec l'abcès à la joue. Je descends donc en suivant le bosquet puis pars à mauvais vent pour longer sous la haie qui sépare l'ancienne parcelle de maïs de l'ancienne parcelle de tournesol, toutes les 2 aujourd'hui travaillées. La haie rejoint un bois qui remonte vers la crête, je longe le fond de ce dernier et aboutis à un passage entre lui et une grosse haie qui descend vers le ruisseau à environ 150 mètres sur ma droite. En traversant le passage je regarde alternativement à droite et à gauche en avançant tout doucement pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais rien en vue. J'avance encore sur environ 50 mètres pour jeter un coup d'œil derrière un petit bosquet tout en long qui descend aussi vers le ruisseau en s'éloignant doucement de la haie. Toujours rien, je fais demi-tour et reviens vers la haie quand je me rends compte qu'une chevrette est sortie du bois à environ 100 mètres sur ma droite. Je me fige, elle regarde vers moi, le relief du terrain me cache en partie, nous restons un moment à nous observer.

Au bout d'un moment, elle baisse la tête, j'en profite pour me baisser et me cacher derrière le relief du terrain puis avance rapidement voûté vers le bord du bois. En arrivant contre ce dernier, je jette un coup d'œil sur la chevrette qui n'a pas bougé et regarde à l'opposé de ma position. Je me cale contre le bois et commence à avancer doucement, la légère courbure sortante du bois et le relief vallonné du terrain me cache pour le moment le chevreuil et me permettent d'avancer à couvert. J'arrive ainsi à environ 45 mètres de la chevrette. Au moment où je l'aperçois, elle regarde vers moi. Je suis partiellement caché derrière une branche basse qui sort de la bordure du bois. Je me suis figé, partiellement voûté et sur mes jambes partiellement fléchies. Le temps passe et la position devient de plus en plus douloureuse. Je tente de tendre mes jambes doucement une après l'autre sans me redresser et sans bouger le haut de mon corps en les étirant vers l'arrière pour stopper cette douleur mais je dois ensuite reprendre ma position et la douleur revient. Le temps me parait interminable, le chevrette reste à regarder fixement vers moi, ses oreilles pivotent pour écouter autour d'elle. Après de longues minutes, elle finit par faire volte-face tranquillement et rentre au bois. Je me redresse alors avec un grand soulagement et m'approche doucement de l'endroit où elle est entrée à couvert pour tenter de l'apercevoir au travers des feuillages mais elle a disparu. Je m'avance alors tranquillement et rejoins une bande claire et très étroite de bois, d'environ 15 mètres, qui relie les 2 bois rectangulaires. L'un décalé à droite de la bande étroite et l'autre à gauche. Je commence à traverser la bande de bois étroite quand j'aperçois ma chevrette qui ressort, à environ 45 mètres devant moi, du bois à ma gauche qui remonte vers la crête. Elle s'avance tranquillement, s'arrête, regarde vers moi, repart tranquillement tout en biaisant doucement pour descendre vers la bordure du bois à ma droite. Je tente de m'avancer jusqu'au bord de la bande boisée pour gagner quelques mètres au cas où la chevrette déciderait de se rapprocher plus que prévu. Je fais 2 ou 3 pas et elle s'arrête net pour regarder vers moi, je me fige à nouveau. Elle finit par repartir en pressant un peu le pas puis se remet à brouter près de la bordure du bois. Je me décale au coin du second bois pour surveiller la chevrette et aperçois 3 autres chevreuils à environ 150 mètres, vers lesquels elle se dirige.

Je reste un moment caché derrière les arbres puis décide de tenter une approche alors que la chevrette qui a rejoint le petit groupe s'est tranquillisée et broute tranquillement. Je pense qu'ils mangent des glands. Je profite d'un moment d'inattention de la bande de chevreuil en plein repas pour sortir sur la luzerne et commencer à suivre tout doucement le fossé qui longe la bordure du bois. A chaque fois qu'un animal relève la tête, je me fige et attends que tous soient inattentifs pour recommencer à avancer. J'arrive ainsi à environ 70 mètres des chevreuils. Cette bande m'a déjà eu plusieurs fois mais je les ai toujours attaqués par le haut de la luzerne. Ce soir c'est différent et mes nombreux échecs m'ont permis de les observer, je sais qu’ils remontent souvent vers le chaume de maïs labouré en crête par une sorte de petite combe qui part du bois pour arriver en crête. Ce passage fréquent est situé à mi-distance entre moi et les chevreuils. J'hésite, un buisson sort du bois et me fait un bon écran de camouflage mais, même si j'ai déjà vu les chevreuils venir jusque-là, je crains de les voir bifurquer trop loin, mais je ne peux pas contourner ce buisson sans m'exposer à découvert et être repéré par l'un des 4 chevreuils dispersés sur 15 mètres dans la luzerne au bord du bois. Je décide de me poster provisoirement derrière ce buisson en attendant de voir ce que vont faire les animaux. Je les observe donc un moment, je pense identifier 2 chevrettes et 2 chevrillards. Certains des animaux remontent de 5 à 20 mètres dans la luzerne, reviennent vers le bois, viennent vers moi, repartent en arrière, 2 chevreuils jouent à se repousser tête contre tête... finalement 2 d'entre eux rentrent au bois. Les 2 restants semblent être 2 chevrillards et je pense les voir suivre les 2 autres. J'attends donc ce moment pour tenter de me rapprocher mais contre toute attente ils commencent à venir vers moi en broutant.

Le premier avance vers moi à environ 5 mètres de la bordure du bois, je me serre au maximum contre le bois mais je crains qu'il ne me voit avant que je puisse armer. Il fait régulièrement des haltes pour manger, alors qu'il se rapproche, il me semble voir des petits bois entre ses oreilles et je commence à douter de mon identification, il s'agit certainement d'un brocard. C'est donc certainement une chevrette qui le suit à environ 20 mètres en arrière. Pourtant, il me semblait beaucoup plus petit que les 2 rentrés au bois. Tout à coup, le brocard biaise vers le bois puis recommence à vernir vers moi, cette fois l'arbuste me cache d'avantage. Petit à petit, il arrive à environ 10 mètres mais le buisson m'empêche de tenter une flèche, c'est alors qu'il bifurque à nouveau pour s'avancer plein travers dans la luzerne. J'arme mais il détecte le mouvement et regarde vers moi en avançant d'un pas saccadé. Je le suis dans mon viseur en attendant que la zone vitale se dégage. Il stoppe plein travers, bien dégagée, ma visée est calée je décoche mais, inexplicablement, ma flèche dévie à droite et le frappe dans le cuissot, le brocard s'effondre sur place et se retourne en rampant pour revenir vers le bois. Je me précipite vers lui et le plaque au sol, ses 2 fémurs sont cassés, je dégage ma flèche et me positionne derrière lui pour éviter de prendre des coups de pattes. Un geyser de sang jaillit de la plaie d'entrée dans son cuissot et il s'immobilise rapidement. Ma flèche qui était restée en travers de l'animal, a sectionné les artères fémorales en plus de casser les fémurs. La chevrette qui a fui vers le bois au moment où le brocard est tombé au sol pousse une sorte d'aboiement plaintif et répétés un moment dans le bois comme pour appeler son compagnon qui ne la suivra plus. Je dois dire que c'est la première fois que j'entends un tel aboiement et qu'il ne me laisse pas indifférent. J'examine ma flèche et comprends rapidement ce qui s'est passé, il s'agit de la flèche tirée sur mon deuxième chamois manquée, la lame avait cassé au ras de l'insert et ayant réussi à sortir le bout restant, je l'avais équipé d'une lame neuve sans faite attention que l'insert s'était légèrement mis en travers ce qui a dévié ma flèche. J'ai eu beaucoup de chance aujourd'hui malgré 2 flèches douteuses que j'ai du mal à digérer, j'ai tout de même retrouvé mes 2 chevreuils.

Un chevrillard le matin, un brocard le soir, 9 novembre 2014

Alex

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 12:21

Ce matin, le temps est menaçant, il risque de pleuvoir, je décide de changer un peu de secteur de chasse. Juste avant que le jour ne se lève, je me gare près de la barrière en bois qui barre la seconde allée du bois du Turc, me prépare en enfilant ma tenue 3D puis pars à pied sur l'allée pour rejoindre le haut du bois et chasser autour des bosquets qui précèdent ce grand bois. La luminosité croit doucement alors que je suis l'allée enherbée et arrive en bordure du bois. Un coup d'œil sur la première allée qui rejoint la seconde à ma droite, rien. Un coup d'œil à droite et à gauche après la bordure du bois, dans le chaume, toujours rien. Je pars à droite, à bon vent, en longeant le bois dont la bordure fait plusieurs angles droit sortants. En arrivant tranquillement au niveau du premier angle, je me penche lentement pour tenter d'apercevoir un chevreuil caché derrière la bordure du bois quand j'aperçois un magnifique renard qui longe le bois à environ 50 mètres et se dirige vers l'angle rentrant du bois. Je me prépare et tente de l'appeler avec mes lèvres sur le dos de ma main. Il s'arrête à 10 mètres environ de la lisière à environ 50 mètres de moi, regarde un instant vers moi, J'insiste et continue à appeler, il repart tranquillement, s'arrête au ras du bois un court instant. Je continue à appeler, il rentre tranquillement au bois. J'insiste un moment mais il ne ressort pas, je décide alors de me décaler en revenant un peu sur mes pas pour tenter de trouver un passage pour rentrer sans bruit dans le bois et reprendre mes appels. C'est alors que le renard démarre juste à 1 mètre de moi au ras du découvert dans l'entrée d'une grosse coulée de sanglier qui ressort presque à mes pieds sur le champ. Je viens de me faire avoir comme un débutant.

Je reprends ma progression en longeant le bois, rien derrière l'angle suivant, un peu plus loin, je jette un coup d'œil sur une souille qui ne semble pas avoir été fréquentée de frais. Elle se compose d'un flaque persistante, formée dans une ornière laissée pas un tracteur près du second angle rentrant du bois. Je repars jusqu'à l'angle suivant où le chaume laisse sa place à une prairie qui englobe la ligne des bosquets qui démarre sur ma gauche en crête et finit en contrebas près du ruisseau qui délimite le bas du bois du Turc. Je décide de continuer à longer le bois à bon vent et pars à droite puis, ne voyant pas de chevreuil, je biaise vers le dernier bosquet. Arrivé à l'angle du petit bois, je jette un coup d'œil sur la bande de prairie délimitée par le ruisseau à environ 50 mètres à ma droite. Rien, je passe l'angle du bosquet et longe le bas du massif parallèlement au ruisseau. En arrivant au coin suivant, je me penche doucement et aperçois 3 chevreuils en train de sortir du bosquet suivant qui surplombe celui que je longe. Une chevrette s'avance à 30 mètres de la lisière en broutant, ses chevrillards sont encore au ras du bois. Ils sont à environ 90 mètres. Je ne peux pas approcher à découvert sans être vu. Je fais donc demi-tour sur environ 20 ou 30 mètres puis remonte doucement sur la bordure clairsemée du bosquet composé de genévriers espacés parsemés que quelques petits chênes rabougris. J'avance doucement car je suis presque à découvert. La chevrette regarde vers moi, je me fige. Elle reprend son repas, je me décale rapidement jusqu'à perdre les chevreuils de vue, derrière le bosquet, pour passer à couvert et tenter de m'approcher plus vite. Les chevreuils qui semblaient vouloir rejoindre une haie arrondie qui borde le talus qui remonte vers un autre bosquet qui remonte vers la crête, semblent maintenant remonter vers le haut du bosquet d'où ils semblent venir.

J'approche un moment du coin du second bosquet sans voir les chevreuils et au moment où je l'atteins, je me penche doucement et m'aperçois qu'ils ont disparu. Avec un peu de chance, ils sont juste derrière l'angle suivant, je longe donc le bosquet le plus rapidement possible en essayant de rester silencieux. Je ralentis en arrivant au coin suivant, une petite voix dans ma tête me dis d'armer mais je ne l'écoute pas et me penche doucement pour apercevoir le dernier chevrillard, planté en plein découvert, plein travers au ras du bois à environ 12 mètres. Sa tête est cachée par la végétation, je tente d'armer doucement mais il démarre et remonte dans le bois. Et oui, j'aurais dû armer avant. J'entends les chevreuils se débiner dans le bois qui remonte sur une pente assez raide. Impossible de les voir, je désarme alors que le bruit de pas cesse. Je tente de m'avancer doucement en longeant le bosquet mais les chevreuils ont disparu. Je suis à mauvais vent, je presse le pas pour tenter de les intercepter plus haut, dans l'angle opposé du bosquet mais je ne vois rien à mon arrivée. J'attends un peu sans rien voir. Je décide de redescendre vers le ruisseau bordé d'une bande boisée pour le longer tranquillement. Le terrain est vallonné, je surveille devant moi et à ma gauche les alentours de 2 bosquets qui couvrent les côtés d'une combe qui descend vers le ruisseau. Pas de chevreuil, je constate que l'eau du ruisseau est très boueuse et que le secteur semble fréquenté par les ragondins. J'avance doucement en tentant d'en voir un quand, tout à coup, je stoppe net, 2 chevreuils sont en vue à environ 300 mètres devant moi à environ 40 mètres sur la gauche du ruisseau. Continuer à longer le ruisseau sans être repéré est impossible, je fais donc demi-tour pour trouver un passage et traverse le ruisseau d'un bon et recommence à le longer à couvert de la haie épaisse qui borde sa rive droite.

J'avance ainsi un moment assez rapidement en essayant de surveiller les chevreuils au travers des trouées de la haie mais je les perds assez rapidement de vue. Je finis par retraverser le ruisseau et continue à le longer tranquillement. Le terrain est un peu vallonné, tout à coup, j'aperçois les têtes de 2 chevreuils au sommet de la bosse du terrain à moins de 40 mètres devant moi. Je me fige mais ils font volte-face et s'éloignent au galop, ils remontent du creux puis je les perds de vue derrière la bosse suivante. J'attends un peu sans bouger puis recommence à longer le ruisseau quand j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards qui avancent tranquillement en me tournant le dos et en broutant à environ 150 mètres, ils sont à environ 30 mètres de la bordure boisée du ruisseau et semblent biaiser doucement vers le cours d'eau. Je reste un instant sans bouger, ils ne m’ont pas vu, je traverse le ruisseau et la bande boisée pour tenter une approche à couvert. J'avance tranquillement en les surveillant au travers des feuillages mais alors que j'arrive à environ 70 mètres des animaux, la bande boisée qui est percée par un passage busé ne me permet pas d'avancer à couvert. Les chevreuils, au sommet de la bute, au-dessus du ruisseau, me dominent. Je suis à environ 40 mètres du passage busé. Je décide d'attendre, les chevreuils qui biaise doucement vers la bande boisée et disparaissent finalement derrière les arbres. La chevrette en tête puis un chevrillard puis le second qui en retard arrive au trot. Je repars rapidement sur environ 20 mètres quand les 2 chevrillards réapparaissent, ils longent le haut de la bande boisée et viennent vers moi. Je me fige mais ils m'ont vu. Je m'agenouille tout doucement et attends mais ils font demi-tour et disparaissent à nouveau derrière les arbres. Je tente de m'avancer rapidement et passe le passage busé pour recommencer à longer doucement la droite du ruisseau en essayant d'apercevoir les chevreuils au travers des feuillages mais je ne peux que les entendre se débiner sur le talus abrupt. Ils semblent avancer devant moi à une quarantaine de mètres puis semble remonter et les bruits de pas cessent. Ils ont dû remonter sur le champ. Effectivement, la bande boisée s'éclaircie mais les chevreuils ont disparu.

Je reste sur la droite du ruisseau, passe une haie puis passe entre un petit plan d'eau et un bois pour remonter vers une pâture ou se trouvent des vaches. Peu de chance de voir des chevreuils avec ses ruminantes dans le secteur. Je rejoins un peu plus loin la bordure d'un bois qui entoure un lac et la suis pour remonter vers un champ de tournesol bio tellement envahi par les mauvaises herbes que l'agriculteur ne s'est même pas donné la peine de le moissonné, faisant le bonheur des oiseaux qui ont déjà pratiquement mangé toutes les graines de petites têtes desséchées. Je passe une haie et débouche dans le champ quand j'aperçois 2 chiens de chasse qui vadrouillent en bordure du bois à environ 50 mètres. Je remets ma flèche au carquois, enlève ma cagoule et me mets bien en vue dans le champ en avançant. Un peu plus loin, j'aperçois un chasseur entouré de nombreux chiens. Je me dirige vers lui pour me signaler. Nous discutons un instant, il chasse le lièvre. Nous nous quittons en nous souhaitant bonne continuation. Je finis de traverser le champ, passe une clôture et redescends dans une combe parcourue de petits bois entourés de pâtures puis remonte vers la route de crête que je traverse pour redescendre vers le lac autour duquel je chasse habituellement. En descendant au travers d'une friche, je scrute le paysage très dégagé et aperçois 2 taches suspectes, sur ma gauche, à environ 700 mètres au bord du ru alimenté par le déversoir du lac. Je les fixe et m'aperçois qu’elles se déplacent. Ce sont 2 chevreuils qui longent le ru en direction du lac. Je presse le pas et rejoins le champ de colza qui remonte du lac. Arrivé au bord du lac partiellement asséché, je remonte vers le ruisseau d'alimentation et le traverse un peu plus haut pour longer le lac sur la berge d'en face, à couvert du bosquet qui borde le départ du lac. Des pieds frais de sanglier longe le ruisseau dans la boue. Le relief du terrain me cache les chevreuils, j'avance rapidement vers la digue. Arrivé au coin de cette dernière, j'aperçois 2 chevreuils arrêtés à l'entrée du chemin de débardage, au coin du grand bois en L qui remonte sur la droite du ru. Ils sont à environ 300 mètres. Ils ne semblent pas inquiets, je descends et rejoins la route pour me cacher derrière quelques arbres qui ont poussé au bord de la voirie au départ du ru coté chaume de maïs.

En regardant sur la gauche des arbres, j'aperçois de nouveau les chevreuils qui ne semblent pas vouloir bouger. Je décide de tenter l'approche. La bordure droite du ru est longée par des morceaux de haies épaisses plus ou moins espacés. Je descends doucement le talus du bord de route pour rejoindre le chaume de maïs. Les chevreuils sont toujours là. J'aligne entre eux et moi un petit morceau de haie de 5 ou 6 mètres situé à environ 90 mètres puis avance rapidement vers lui pour rester cacher du regard des animaux. Alors que j'ai fait environ la moitié du parcours, un mouvement attire mon regard à 150 mètres dans le champ à droite du ru. Je me fige, une chevrette descend vers le ru, le terrain qui formais un creux me la cachait jusqu'à présent. Je suis à découvert pour elle dans le chaume et pense qu'elle va me voir. Elle s'arrête à environ 45 mètres du ru, se lèche le dos un moment puis reprend sa progression. J'attends qu'elle passe derrière le bout de haie vers lequel je me dirige puis une fois à nouveau caché par les arbres, j'avance rapidement en décalant progressivement vers la droite pour rester cacher alors qu'elle avance vers le ru. Arrivé contre le bout de haie, je le suis doucement en essayant d'apercevoir la chevrette ou les 2 autres chevreuils mais ils ont tous disparu. Je longe doucement le ru jusqu'au morceau de haie suivant de plusieurs dizaines de mètres de long. Arrivé au bout de la haie, je me penche doucement à droite sans rien voir puis à gauche et aperçois le chevreuil qui a traversé le ru et semble s'avancer doucement dans le chaume de maïs. Je traverse le ru et longe assez rapidement par la droite de la haie. En arrivant près d'une zone où elle s'interrompt pour reprendre 30 mètres plus loin, je ralentis pour tenter d'apercevoir le chevreuil avant qu'il ne me voit. J'avance sur la pointe des pieds au milieu des feuilles mortes et des brindilles quand j'aperçois la chevrette, elle est plantée à environ 40 mètres et regarde vers moi, elle a dû m'entendre malgré mes précautions pour ne pas faire de bruit. Je me fige et l'observe au travers des branchages. Elle reste un long moment sans bouger à regarder vers moi puis finit par démarrer au pas de course en faisant de grands bons. Il y a de fortes chances qu'elle rentre dans le bois par le chemin de débardage après avoir traversé le ru par le passage busé situé juste au coin du bois.

Je la laisse disparaître derrière la haie puis prends moi aussi le pas de course pour tenter de l'intercepter au coin du bois. Alors que je cours, j'aperçois 2 chevreuils rentrer au coin du bois, une chevrette bien grise et un chevrillard roux qui ne semble pas bien gros. Arrivé au bout de la haie, au niveau du passage busé, je constate que la chevrette a disparu. Je décide donc de remonter en longeant le bois pour aller me poster sur une coulée très fréquentée qui relie 2 angles rentrants du bois. Arrivé au niveau de l'angle du bois, je rentre dans ce dernier par la coulée et la suis tout doucement en surveillant le bois tout autour de moi. J'arrive au coin rentrant du bois qui débouche sur une prairie et me poste au pied de quelques arbres. J'attends un moment en surveillant le bois autour de moi mais rien ne vient, je décide alors de continuer à longer un peu la coulée qui longe le pré à quelques mètres dans le bois. C'est alors que j'aperçois une forme qui m'interpelle immédiatement, une tache sombre, arrondie se trouve entre 2 arbres à environ 20 mètres plus dans le bois. Je suis presque sûr qu'il s'agit d'un chevreuil, j'avance doucement pour me rapprocher un peu et constate que cette silhouette bouge légèrement, c'est sûr, il s'agit d'un chevreuil. J'avance encore un peu quand il me semble que le chevreuil a relevé la tête et m'observe au travers de la végétation. Je suis à environ 15 mètres, le chevreuil est relativement dégagé dans la végétation. C'est un chevrillard. Je crains de le faire partir à vouloir m'avancer plus. J'arme doucement, vise et décoche mais ma flèche dévie, mon encoche lumineuse rouge me permet de suivre sa trajectoire. Le chevrillard démarre en poussant un cri alors que ma flèche semble être passée bien devant. Un impact sourd de ma flèche heurtant un arbre ou une grosse branche retentit. Le chevrillard se débine et je le perds rapidement de vue dans la végétation. Je réencoche une flèche. Alors que je m'apprête à m'avancer, il réapparaît en poussant de petits piaulements comme s'il appelait sa mère et vient alors vers moi. Je reste immobile et le laisse venir, il se rapproche tranquillement en appelant, j'arme doucement mon arc et il vient se planter plein travers à environ 12 mètres. Je prends la visée et décoche mais ma flèche est trop basse et le heurte au niveau du coude d'une patte avant avec un bruit caractéristique d'os qui casse. Le chevrillard déséquilibré manque de chuter puis il démarre en boitant et se débine doucement toujours en appelant. Il se dirige vers l'angle sortant du bois.

Je sors rapidement sur le pré et m'avance rapidement en longeant le bois pour lui couper la route au coin du bois, un peu plus loin. Je ralentis en arrivant au coin du bois et aperçois le chevrillard arrêté à environ 10 mètres au bord du bois. Des ronces épaisses me gênent pour décocher, j'arme mon arc en espérant pouvoir le tirer dès qu'il va s'avancer mais il démarre en trombe malgré sa patte avant cassée au niveau du coude et qui se balance complètement désarticulée. Je le suis dans mon viseur mais il est déjà trop loin et va trop vite, aucune chance de le toucher, je désarme. Il remonte vers un petit bosquet relié en crête par une haie au bois d'où je viens. Il s'arrête, au ras du bosquet, un moment, pour regarder vers moi puis je le regarde, impuissant, rentrer à couvert. Je décide de ne pas le poursuivre pour le moment. Je pars donc chercher mes flèches et vérifier si ce chevrillard qui ne semblait pas blessé avant mon second tir est bien celui tiré au départ car ce cri qu'il a poussé m'a paru bizarre, pourquoi aurais t'il crié si je l'ai manqué ? Je tourne et retourne dans le bois sans trouver ni flèche ni indice. Je décide de revenir à l'endroit du tir pour me remémorer l'angle du premier tir quand des voix se font entendre en bas du bois. Presque immédiatement, des bruits de pas se font entendre dans le bois et j'aperçois une chevrette et ses 2 petits qui se débinent assez rapidement dans le bois. A environ 30 mètres de moi, ils biaisent et remontent vers la bordure du bois pour sortir sur la prairie. J'arme mon arc, la chevrette s'arrête plein travers à 20 mètres environ mais sa zone vitale est masquée par des troncs, les chevrillards en retrait ne sont pas mieux placés. Ils repartent, la chevrette et un chevillard s'arrête au ras du pré alors que le 3ième chevreuil bifurque et longe la bordure du bois en direction de l'angle où est sorti le chevrillard blessé. Trop loin, pas de fenêtre de tir, la chevrette fait brusquement volte-face et tout ce petit monde par au galop pour sortir à l'angle du bois et disparaître. Je désarme et repars chercher un moment mes flèches mais toujours sans succès. Je décide d'aller voir si je ne retrouve pas mon chevrillard couché dans le bosquet, je ressors donc sur la prairie et remonte vers le bosquet pour remonter par la coulée qu'il a emprunté pour rentrer à couvert. Pas de sang à l'entrée du bosquet, je suis la coulée et arrive dans une zone épaisse quand des bruits de pas se font entendre. Impossible de voir l'animal. Le bruit finit par cesser. Je remonte pour ressortir sur la prairie et aperçois à environ 150 mètres, le chevrillard de 3/4 arrière, planté au dans une trouée, juste derrière une petite haie à peine marquée qui sépare 2 parcelles. Il est presque en crête et repart pour disparaître derrière le relief du terrain. Je pars en courant pour tenter de voir où il part mais à mon arrivée au sommet de la bosse, il a disparu. Je pars prospecter une zone de friche couverte de ronces avant un autre bois mais rien en vue, je reviens alors sur mes pas et traverse la haie qui longe la crête pour jeter un coup d'œil dans une autre friche mais elle est immense et j'ai peu de chance de le retrouver.

Je décide d'aller chercher Hémo qui est resté dans le coffre de ma voiture dans le bois du Turc. Je redescends donc vers le ruisseau en contrebas, le traverse puis remonte vers la route de crête avant de redescendre vers le bois du Turc où je rattrape l'allée et la longe pour retomber sur ma voiture. Je pars me garer sous la digue du lac. Puis me prépare, j'enlève ma tenue 3D qui risque de me gêner dans ma recherche, prends Hémo, lui mets son harnais et la longe. J'hésite un peu mais décide de ne pas prendre mon arc. Nous partons en longeant le ru. La meute de chiens vue ce matin et 2 chasseurs reviennent vers la route par l'autre côté du ru. Je les salue et file vers le bois où je rentre par le passage de débardage. Je biaise ensuite vers la zone du premier tir où Hémo prend vite une piste. Je le laisse faire, il tourne un peu puis remonte et part droit vers l'angle du bois où est sorti le chevrillard. Il semble motivé et tire sur sa longe. Il suit le parcourt du chevrillard jusqu'au bord du bosquet mais longe sous le bosquet au lieu de prendre la coulée. Je le laisse faire un peu puis pensant qu'il a peut être pris la piste des 3 autres chevreuils, je le coupe et lui fait prendre la coulée, il démarre tout de suite comme un fou et se met à donner à la longe, Il bifurque à gauche pour descendre dans un creux du terrain puis remonte vers le bord du bois avant de repartir en sens inverse. Il donne toujours et j'aperçois quelques gouttes de sang sur les feuilles mortes qui couvrent le sol. Je suis obligé de le freiner un peu à cause des épines qui me lacèrent les mains et le visage. Nous tournons et retournons ainsi dans le petit bosquet puis finissons par ressortir en bas du bosquet où Hémo reprend sa voie de départ qui longe sous le bosquet puis biaise vers la crête, cette fois, je le laisse faire et nous arrivons là où j'ai perdu le chevrillard de vue. Hémo commence maintenant à hésiter, il tourne et retourne puis pars vers les ronces de la friche en contrebas, je le suis mais après avoir tourné et retourné un moment dans la friche il repars en arrière, je comprends qu'il a été trompé par mon odeur quand je suis allé voir le secteur tout à l'heure. Il coupe et recoupe maintenant dans le champ mais ne retrouve pas la voie. Je décide de remonter en crête pour longer la haie car j'ai le pressentiment que ce chevrillard a passé la crête par un passage très fréquenté par les chevreuils.

Effectivement, Hémo bifurque brusquement et traverse la haie au niveau de ce passage et recommence à donner. Il fonce vers la grande friche puis biaise vers la haie et commence à chercher près d'un gros rond d'épines noires. Je le laisse faire quand, dans les herbes hautes et sèches qui bordent la haie, j'aperçois la tête de mon chevrillard qui se redresse à 3 mètres d'Hémo. Le chevrillard tente de se relever sans succès et disparaît à nouveau dans les herbes hautes. Sans réfléchir, je lâche la longe d'Hémo et cours vers le chevrillard puis me jette sur lui à la manière un rugbyman qui aplati dans le camp adverse. Je manque de peu le chevrillard qui se relève mais je lui saisis les pattes arrière et le plaque au sol. Hémo se jette sur lui et je dois un peu freiner ses ardeurs avant qu'il ne me le mette en pièces. Je tiens alors le chevrillard par le cou d'une main et lâche ses pattes arrière pour attraper Hémo avec ma main libre. Le chevrillard en profite pour me frapper de toutes ses forces avec ses pattes arrière au niveau du bras pour tenter de se dégager et je dois vite rattraper ses pattes qui me lassèrent. Je l'achève rapidement en félicitant hémo que j'ai réussi à calmer mais qui me grogne maintenant dessus pour me dire que ce chevrillard est le sien. Cette réussite d'Hémo me procure une telle joie qu'elle arriverait presque à effacer l'amertume de cette très mauvaise flèche que je ne comprends toujours pas. Je félicite mon chien puis l'attache un peu en retrait pour pouvoir apposer mon bracelet avant de rentrer avec mon chevrillard sur l'épaule vers la voiture. C'est la deuxième vraie réussite d'Hémo en recherche au sang et je suis d'autant plus fier de lui que cette recherche était loin d'être facile.

Une mauvaise flèche bien rattrapée par Hémo, 9 novembre 2014

Ma flèche n'a fait que casser la patte au niveau du coude.

Une mauvaise flèche bien rattrapée par Hémo, 9 novembre 2014

Elle aura eu le mérite de me redonner confiance dans mon chien en qui je ne croyais plus après plusieurs mauvaises recherches.

Une mauvaise flèche bien rattrapée par Hémo, 9 novembre 2014

Alex

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 21:32

Depuis que les maïs ont été moissonnés, la chasse du chevreuil est devenue assez difficile car ils me voient arriver de loin, voire de très loin et pour ne rien arranger le sol très sec, à cause des températures anormalement élevées, est très bruyant, les bordures de bois sont tapissées de glands, les champs travaillés jonchés de débris végétaux craquent sous mes pas, les sous-bois croustillent comme un tapis de chips. Il me reste encore 4 bracelets à boucler et c'est loin d'être gagné, de plus, on change bientôt d'heure et la chasse en sortant du boulot sera vite réduite à de très courtes sorties. Ce soir, il fait beau mais le vent souffle très fort et peut me permettre d'approcher plus facilement. Je décide donc de tenter ma chance en sortant du boulot. Je pars donc pour Labéjan et me gare en crête près des chaumes de maïs, me prépare puis escalade le talus du fossé de la route pour longer le haut des anciens champs de maïs dont une partie à peine récolée a déjà été retournée. Un coup d’œil sur le secteur, pas de chevreuil.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

J'avance tranquillement et passe le bosquet que les maïs entouraient il y a encore quelques temps, rien non plus dans le chaume.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Je continue un peu et jette un coup d’œil sur les chaumes au loin sur ma droite sous le lac.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Rien vu non plus, je continue en crête vers le chemin de terre un peu plus loin

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

puis le longe en direction du bosquet sous lequel j'ai fléché le brocard malade et une chevrette cette année. Je quitte le chemin et biaise vers le bosquet à travers le semé de colza puis longe le petit bois sans rien voir. Arrivé au bout de ce dernier, je jette un coup d’œil sur le bas du bosquet en me penchant doucement, caché derrière l'angle. Rien en vue, je décide de changer un peu de mon tour habituel et de faire le tour du grand bois pour revenir à bon vent vers le lac mais pas le moindre chevreuil dans le secteur, tout juste quelques palombes qui s’envolent à mon arrivée. J'arrive au passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac et le franchis pour remonter vers un bosquet près de la ferme où j'ai vu une chevrette et son chevrillard il y a quelques jours. Le haut du bosquet a subit une grosse coupe qui n'a laissé que quelques arbres mais une bande épaisse est encore présente en bas du bois, j'avance doucement dans la partie claire pour essayer de voir des animaux mais sans succès. Je remonte vers la crête. Mon téléphone sonne, je suis loin des chevreuil, je décide de répondre, c'est Renaud. Nous discutons un moment alors que j'avance en longeant la crête mais alors que je passe au-dessus du bosquet qui était dans les maïs avant la moisson, j'aperçois des chevreuils près de la haie qui bordait le bas du champ de céréale. Je coupe donc court à notre conversation pour tenter une approche.

Le vent souffle dans mon dos et les chevreuils avance nez au vent vers le bas du bosquet. Je n'ai pas le temps de les contourner, je décide donc de tenter une approche culottée. Je fais marche arrière, passe derrière le bosquet puis descends le champ au pas de course jusqu'au pied du bosquet. Un coup d’œil, les chevreuils ne sont pas encore en vue, le relief du champ me les cache, je reprends ma course à travers un champ travaillé, en direction d'une haie qui remonte, à la perpendiculaire, sur environ 70 mètres, du grand bois qui remonte sur le penchant opposé, avant de bifurquer à 90° pour suivre le fond de l'ancien champ de maïs à environ 40 mètres de l'autre angle bas du bosquet. Je pensais ensuite suivre la haie pour intercepter les chevreuils mais alors que je suis au milieu du champ, à découvert, une chevrette et ses 2 chevrillards arrivent au galop dans le champ travaillé de l'autre côté de la haie. Je me fige mais la pente du terrain leur permet de me voir par-dessus la haie. Ils se figent également et m'observent. Je ne bouge pas pendant un bon moment, ils sont à 80 ou 90 mètres, la chevrette finit par se remettre à manger, j'attends un peu mais elle ne semble plus faire attention à moi, j'avance doucement pour passer derrière la haie puis remonte vers le grand bois. Je vois toujours les chevreuils qui avancent vers le bois. Je rentre dans le bois par un chemin de débardage et me dirige doucement, en essayant de ne pas faire trop de bruit, en suivant les coulées, vers l'endroit où je pense les voir entrer dans le bois mais, malgré mes précautions, je fais trop de bruit et je ne les reverrai pas. Je traverse la bordure épaisse du bois par une grosse coulée et ressors sur le champ travaillé. Les chevreuils ont disparu.

Je rejoins la haie qui borde le haut de la parcelle puis la longe pour rejoindre le bas d'un bois et aboutis ensuite à un passage, entre le bord du bois et une grosse haie épaisse, qui débouche sur des champs labourés. J'avance doucement en passant le passage et regarde alternativement à droite et à gauche. A gauche, le champ labouré et vallonné remonte en suivant le bord du bois, à ma droite un petit bosquet, à environ 30 mètres de la grosse haie, biaise doucement pour s'éloigner de la haie sur environ 100 mètres et délimite ainsi une bande étroite de labour s'ouvrant ensuite sur un grand champ. Au fond de la parcelle, à environ 200 mètres, coule un ruisseau pris dans une bande boisée qui part du grand bois dans lequel j'ai tenté une approche tout à l'heure. En avançant tout doucement, j'aperçois, à ma droite, un brocard et une chevrette qui semble sortir de la haie pour s'avancer dans le labour en direction du bout du bosquet. Je me recule doucement au bout de la grosse haie et me poste pour les observer. Le brocard est à 30 mètres environ devant la chevrette. Pensant les voir passer derrière le bosquet, j'attends ce moment-là pour m'avancer au bout du bosquet pour tenter une approche mais 2 chevrillards surgissent de la haie et rejoignent la chevrette qui reste avec eux près de la haie alors que le brocard décide de bifurquer et de venir droit sur moi.

Je ne bouge pas et le laisse venir. Il avance tout doucement en faisant des pauses pour brouter quelques rares herbes dans le labour. Il se rapproche peu à peu alors que la chevrette biaise maintenant avec ses petits vers le ruisseau au fond du champ. Je crains de voir le brocard les rejoindre alors qu'il s'arrête pour regarder vers eux mais il se remet à brouter puis reprend sa progression vers moi, quelque chose de bizarre m'intrigue au niveau de sa tête. Il biaise maintenant vers le bosquet tout en broutant à environ 50 mètres mais, brusquement, il bifurque à nouveau et part vers la haie en biaisant pour s'éloigner doucement toujours en broutant de temps en temps. Arrivé près de la haie, il se ravise et revient vers le milieu de la bande de labour entre la haie et le bosquet puis se remet à venir doucement vers moi. Il avance doucement puis à environ 45 mètres se met à gratter le sol et se couche tourné face à moi, il semble avoir une joue gonflée. Impossible de l'approcher, le temps passe, il regarde par fois derrière lui vers la chevrette et ses petits. Après de longues minutes, il se relève mais se tourne et part de 3/4 arrière comme pour rejoindre la haie. Il avance lentement en broutant, sa tête semble déformée par une masse au niveau de la joue.

Je décide de tenter l'approche bien que je n'ai pas grand espoir la réussir. Je m'avance très lentement en collant la haie et m'arrête à chaque fois qu'il relève la tête mais il ne regarde jamais vers moi, par contre je dois surveiller également la chevrette et ses chevrillards qui broutent plus loin et m'arrêter aussi dès qu'ils relèvent la tête. De 3/4 arrière, tête basse la masse sur le côté de sa tête est bien visible. Je profite de chaque fois qu'il se tourne de cul pour avancer plus vite et gagner du terrain mais lui aussi avance doucement et je peine à le rattraper car le terrain sec est bruyant et, malgré le vent très fort, je crains d'être repéré. Tout à coup, le brocard s'immobilise de 3/4 arrière tête haute, il semble regarder vers la haie, c'est alors que j'aperçois une autre chevrette qui sort de la haie avec ses petits, j'en profite pour avancer assez rapidement et arrive à environ 30 mètres du brocard qui n'a pas bougé. Une branche qui sort de la haie va m'obliger à m'écarter de la haie pour avancer sans bruit mais je risque d'être repéré. Tout se précipite, le brocard repars plein travers vers la haie, il est malade et je n'aurais pas de meilleure occasion de tir, de plus la luminosité baisse, j'arme mon arc, prends la visée un peu en avant sur le brocard qui avance d'un pas très lent et décoche. L'impact retentit mais je n'ai pas clairement identifié mon atteinte. Le brocard fait volte-face et part vers le bout du bosquet avec une course saccadée puis s'effondre dans le labour au bout du bosquet environ 50 mètres plus loin. Il se débat un peu puis s'immobilise. Les chevrettes et les chevrillards s'enfuient et disparaissent derrière le bosquet.

Je décide de remonter pour passer derrière le bosquet pour tenter de voir où ils vont quand j'aperçois un autre chevreuil qui descend par le labour et semble venir vers moi. Je profite du relief vallonné du terrain qui me le cache pour me poster au bout du bosquet, j'attends un moment sans bouger mais la luminosité baisse et ma patience a déjà été mise à rude épreuve ce soir. Je décide de m'avancer doucement et aperçois un lièvre qui revient vers le bois, le chevreuil est encore à 100 mètres environ. Je décide de laisser tomber et pars chercher mon brocard. Je sais où il est et pars directement vers lui sans chercher le sang. Une ligne de sang est très marquée sur les 15 derniers mètres avant le chevreuil.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

C'est alors que j'aperçois les 2 chevrettes et les 4 chevrillards qui me regardent sans bouger à environ 60 mètres comme s'ils attendaient le brocard. Ils se décident enfin à partir après un moment alors que j'essaie de les photographier, sans arriver à avoir une photo nette. 

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Ils filent vers une haie à environ 400 mètres. J'observe alors mon brocard, ma flèche est plein cœur. Une masse mole de la taille d'un pamplemousse gonfle sa joue. Je m'apercevrais au dépeçage qu'il s'agit en fait d'un très gros abcès qui a creusé une cavité derrière son orbite.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

J'attache ses 4 pattes ensemble, le charge sur mon épaule puis remonte vers ma voiture alors que la nuit tombe.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Alex

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 20:14

Ce soir le temps est menaçant, en sortant du boulot, je pars chasser sur Labéjan. Sur la route, il commence à pleuvoir, en arrivant à 300 mètres de l'endroit où je me gare habituellement, j'aperçois 2 chevrillards qui sortent du bois à ma gauche et viennent vers la route. En apercevant ma voiture, ils font demi-tour et reviennent au galop vers le bois. Je ne ralentis pas et pars me garer puis je me change rapidement alors que la pluie s'est déjà calmée. Je reviens rapidement par la route vers les chevrillards, le vent souffle dans mon dos mais ils sont déjà à couvert quand j'arrive. Je quitte donc la route, j'escalade le talus du fossé puis pars à travers champ vers le bois qui domine les maïs. Je rejoins la bordure de ce dernier qui se poursuit par une grosse haie épaisse rejoignant un petit bosquet carré. Au niveau de ce bosquet, je profite d'une grosse coulée pour y rentrer. La pluie a mouillé le sol et ramolli les feuilles mortes ce qui me permet de traverser le petit bois sans trop de bruit, de plus les gouttes qui tombent des feuillages font pas mal de bruit et couvrent ma progression lente. Pas de chevreuil, je ressors dans un pré fauché et le traverse en biais pour rejoindre le coin rentrant du bois en L. Arrivé dans le coin, je rentre dans le bois par une grosse coulée et la longe doucement. A ma droite, le bois est assez dense et descend doucement vers le ru du déversoir du lac en amont. A ma gauche, il est assez clair et remonte vers la crête. J'observe le sous-bois en avançant tout doucement mais ressors de ce dernier dans un coin rentrant du bois qui borde maintenant les maïs sans avoir vu de chevreuil. Le vent s'intensifie et souffle vers moi, la pluie recommence à tomber également. Les conditions sont parfaites pour réaliser une approche.

Je descends vers le ru en longeant le maïs, rien dans le premier passage de canon, rien dans le second, rien sur la bande enherbée qui borde le ru. Je traverse ce dernier au coin du bois par un passage busé, rien de l'autre côté de la haie qui longe le ru, sur la bande enherbée qui borde l'autre parcelle de maïs. Je remonte donc en suivant la bordure du second maïs, je jette un coup d'œil rapide au trois passages de canon successifs sans succès de la bordure puis, après avoir jeté un coup d'œil sur le haut de la parcelle qui borde une parcelle travaillée, je fais demi-tour, hésite un peu puis décide de commencer par longer le passage de canon du milieu où j'ai fléché un pigeon colombin incapable de s'envoler le 5 octobre.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

La pluie s'intensifie, le vent fort se lève face à moi et je suis très vite trempé. J'ai fait à peine 40 ou 50 mètres dans le passage qu'un chevreuil surgit sur la droite du passage à environ 150 mètres devant moi. Je rentre rapidement dans le premier sillon de maïs à ma droite et commence à le remonter rapidement en profitant des conditions météo exécrables qui cachent totalement le bruit de ma progression.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Je surveille, en me penchant doucement entre les pieds de maïs à ma gauche, de temps en temps, le chevreuil qui semble vouloir venir vers moi. C'est un brocard, peut être celui vu et approché le 5 octobre dernier, au bord du bois, un peu plus loin.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres, je jette à nouveau un coup d'œil au brocard, il est toujours paisible, je reprends ma progression rapide et me repenche à environ 10 mètres de lui, il vient vers moi sur 2 mètres environ puis se tourne plein travers la tête à droite dans le maïs, j'avance d'environ 2 ou 3 mètres, me penche doucement à gauche pour tirer entre les pieds de maïs en armant mon arc et prends vite ma visée pour décocher. Ma flèche frappe le brocard en avant de l'épaule, trop en avant, j'ai tiré trop vite, un bruit de fracture retentit et le brocard sursaute en poussant un cri rauque. Il rentre dans le maïs dans un grand fracas avec ma flèche en travers et semble se débattre sur place puis démarre pour foncer à toute allure dans le sillon à ma droite et chuter juste à côté de moi en plantant son nez dans la boue. Il se débat un court instant au sol et s'immobilise. Heureusement qu'il n'a pas pris mon sillon car il m'aurait fauché au passage car tout s'est passé si vite que je n'aurais pas eu le temps de l'éviter.

Je pose mon arc dans le passage pour marquer la position de mon brocard et pars chercher ma flèche que je trouve brisée en 2 morceaux, 2 mètres après le tir dans le maïs.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Pas mal de sang est visible dès le départ du brocard malgré la pluie très forte.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Je retourne à mon brocard mort sur le flanc. Ma flèche lui a cassé les 2 pattes avant et n'a pas touché les poumons ni le cœur. Il est difficile de comprendre comment il pouvait courir aussi vite avec les 2 pattes brisées.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

J'appose mon bracelet puis le sors sur le passage pour faire quelques photos toujours sous une pluie battante. Je le traîne ensuite au bord du maïs coté route, le terrain trempé et argileux glisse et je peine à avancer. Je le laisse juste au bord du champ derrière le premier rang de maïs pour venir le chercher en voiture tout à l'heure. Le temps est idéal pour l'approche, je décide de reprendre ma chasse.

Je rejoins la route et repars vers la parcelle de l'autre côté du ru pour prospecter le long des passages de canon. Il me faut à chaque fois revenir à bon vent pour commencer mon approche et je dois contourner la parcelle pour démarrer côté bois. Des traces toutes fraîches de chevreuil me donne espoir dans le premier passage de canon mais leur propriétaire est introuvable. Une fois les 2 passages de cette parcelle faits, je retraverse le ru pour prospecter le passage le plus près du ru sur l'autre parcelle. J'arrive au bout sans rien voir, je décide donc de prospecter le dernier passage en haut de la parcelle mais je n'ai pas le courage de repartir en arrière pour attaquer à bon vent. Je remonte donc coté route le long du maïs, jette un coup d'œil sur le passage où j'ai fléché mon brocard sans rien voir puis poursuis ma route jusqu'au passage suivant et commence à le longer toujours sous une pluie assez intense. Très rapidement, un démarrage se fait entendre dans le maïs, à ma gauche, je fais rapidement demi-tour et me rends compte que le vent dans mon dos remonte un peu vers le haut du champ. j'ai dû être senti, je remonte au coin de la parcelle et aperçois une chevrette qui regarde vers moi, plein travers à 30 mètres environ dans le champ travaillé. Je suis à mauvais vent, elle m'aboie, je lui réponds, elle aboie à nouveau mais finit par démarrer, remonte vers la crête au galop et disparaît derrière le relief en se dirigeant vers la route. Je la vois réapparaître à 400 mètres environ dans le champ de colza vallonné de l'autre côté de la route alors qu’elle remonte après un creux du champ. Elle est plantée et ne bouge plus. Je décide de revenir dans le passage pour tenter d'apercevoir un autre chevreuil. J'avance doucement en surveillant les premiers rangs perpendiculaires au passage quand j'aperçois un chevrillard qui se débine dans une zone étroite d'herbes vertes, d'une 15ène de mètres de long, où le maïs n'a pas poussé. J'avance pour le suivre. Il bifurque pour remonter vers le haut du champ et s'arrête de cul à environ 12 mètres, j'arme mon arc et prends la visée mais je ne sens pas le tir et le chevrillard en profite pour repartir et disparaître dans les céréales. Je poursuis ma progression dans le maïs pour tenter d'apercevoir un autre chevreuil mais ne voyant rien je reviens à bon vent par le haut du champ mais le chevrillard ne se remontrera pas. La pluie s'est calmée, je suis complètement trempé et mes habits collent à ma peau et le frottement est assez irritant. 

Je remonte vers ma voiture par la route alors que la luminosité baisse rapidement pour tenter d'approcher un chevreuil de l'autre côté de la crête où le maïs a été presque totalement moissonné. Ne reste qu'une bande étroite sur la droite du bosquet que le maïs bordait des 2 côtés. Je passe la crête et me dirige vers ce reste de maïs. Je jette un coup d'œil sur le haut de la parcelle puis pars en longeant doucement le bosquet mais il fera vite nuit. Pas de chevreuil ce soir. En arrivant au coin bas de la bande étroite de maïs, j'aperçois 2 chevreuils sur la bande enherbée. Ils m'ont vu avant que je les vois et remonte vers le bois. Il fait presque nuit. Je les perds vite de vue, 4 autres chevreuils passe la crête longée par le chemin de terre et rejoignent les 2 chevreuils que je viens de voir mais il fait trop sombre pour que je puisse les voir sur le champ travaillé. Je retourne à ma voiture et pars chercher mon brocard avant de rentrer.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Alex

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 21:31

Ce soir, je repars chasser autour des maïs sur Labéjan. Je me gare en crête près de la ferme pour chasser la grande parcelle de maïs qui redescend vers le fond de la combe. Le vent vient de ma droite et descend légèrement vers le fond de combe, je prends donc à gauche pour revenir à bon vent sur le bas de la culture. Arrivé au bout des céréales, je les longe en bordure du champ de luzerne qui redescend vers le bois en contrebas. Pas de chevreuil dans le secteur ce soir. Une caille décolle dans mes pieds pour rejoindre la culture. Le bois rejoint maintenant le maïs et le sol devient craquant à cause des glands très nombreux cette année. Ne pensant pas voir de chevreuil dans le secteur, j'avance un peu vite quand un animal démarre, à moins de 8 mètres, en bordure de la culture et disparaît rapidement, il m'a semblé voir un petit chevreuil mais je n'en suis pas sûr. Je finis de descendre et arrive au bord de la haie qui sépare le maïs d'un champ de tournesol moissonné. Je suis maintenant à bon vent et progresse doucement en surveillant les passages de canon. Au travers d'une trouée dans la haie, j'aperçois, dans l'ancienne parcelle de tournesol qui a été travaillée, un faisan mâle qui se débine pour rejoindre le bois qui borde la parcelle, à environ 100 mètres, puis un gros lièvre assis au milieu de la parcelle à environ 50 mètres. Alors que je le regarde, du mouvement attire mon regard un peu plus à droite, 2 autres lièvres se suivent et avancent dans le champ.

Je reprends ma progression lente vers le bosquet qui remonte dans le maïs. Dans le dernier passage de canon, avant le petit bois, j'aperçois une forme qui attire mon attention à environ 150 mètres, je me fige sur le bord droit du passage et l'observe. Je constate que ça bouge mais je ne sais pas identifier l'animal. Je décide de tenter une approche. Je me cale contre la gauche du passage et commence à avancer, le vent s'est levé et agite le maïs, idéal pour couvrir ma progression. J'avance d'abord assez rapidement puis constate qu'il s'agit d'un chevreuil tourné du cul. Il n'est plus qu'à 100 mètres environ et je commence à avancer doucement, d'autant plus que le vent s'est posé. Je me serre au maximum contre la bordure des céréales, le chevreuil se tourne plein travers et relève la tête, je stoppe net et attend. Il se remet à manger, je tente d'avancer encore un peu puis stoppe à nouveau alors qu'il se tourne vers moi avant de recommencer à manger. Je gagne un peu de terrain à chaque fois qu'il mange et progresse ainsi jusqu'à un creux dans la bordure du passage de canon constitué par le manque de quelques pieds de maïs. Le chevreuil n'est plus qu'à environ 60 ou 70 mètres et semble vouloir venir vers moi.

L'approche à découvert est très compliquée et le vent s'est presque posé. Je le laisse venir, il arrive petit à petit en mangeant, zigzagant d'un côté à l'autre du passage. Je me penche doucement en avant de temps en temps pour l'observer. Alors qu'il n'est plus qu'à 30 mètres, il se décide à avancer plus rapidement, c'est un chevrillard déjà assez gros, certainement une petite femelle. Elle arrive d'un pas décidé, je me prépare à armer. Elle s'arrête à 20 mètres pour manger puis repars en serrant sur mon côté du passage. Je vais devoir tirer entre 2 pieds de maïs et le tir risque d'être compliqué. De plus, le vent perpendiculaire au passage de canon ne me permettra pas de le laisser trop avancer. 15 mètres, j'arme doucement mon arc, 12 mètres, j'aligne ma visée et le suis, 8 mètres, elle stoppe et se tourne de 3/4 face, presque plein travers, tête vers la bordure droite du passage. Ma visée se cale, je décoche mais ma flèche touche une feuille de maïs en partant et fait démarrer le chevrillard que je manque lamentablement. Il démarre en trombe pour s'arrêter plein travers contre la bordure gauche à 15 mètres devant moi. Il regarde vers moi, son arrière train caché dans le maïs. Je réencoche rapidement mais il ne me laissera pas le temps de réarmer et remonte le passage de canon pour rentrer à couvert à environ 40 mètres plus haut.

Je pars récupérer ma flèche fichée un peu plus haut, au pied d'un pied de maïs puis redescends vers la haie qui borde le bas de la parcelle. Arrivé au bord du bosquet, je le longe tranquillement sur le champ travaillé alors que le vent souffle à nouveau de façon soutenue. En arrivant à l'autre coin du bosquet, j'aperçois un autre chevrillard, plein travers, au gagnage dans une zone de maïs chétifs et clairsemés. Il est à 10 mètres environ, sa tête plongée dans la culture, il ne peut pas me voir et je suis à découvert, j'en profite pour armer rapidement et prendre la visée. Je décoche mais ma flèche passe juste derrière ses sabots des pattes arrières et se fiche au sol le faisant démarrer brusquement. Il s'arrête un peu plus loin dans le maïs sans que je puisse le voir. Je le fais redémarrer en allant chercher ma flèche. Je ne comprends pas comment j'ai pu le manquer et j'enrage d'avoir loupé une si belle occasion d'autant plus que c'est déjà le second manqué de la soirée. Je longe le maïs sur le champ travaillé et rejoins le bas de la bande de céréales que je longe en surveillant les 2 passages de canon mais rien vue.

Je remonte à travers le champ de colza retourné pour rejoindre le chemin de terre qui longe la crête puis le longe en surveillant les 2 penchants de la colline. Pas de chevreuils ce soir, un peu plus loin, je quitte le chemin qui bifurque à 90° pour descendre prospecter autour d'un bosquet pris dans le colza. Toujours rien, je fais demi-tour et remonte vers le chemin de crête que je longe pour revenir vers les maïs. C'est alors que j'aperçois une chevrette et son chevrillard sortis au gagnage dans la luzerne qui couvre la moitié du penchant de droite, du bord du chemin jusqu'à une bande de champ travaillé qui borde un bois qui couvre le penchant suivant. Je me serre sur la gauche du chemin pour ne pas être vu et reviens sur la droite tout doucement en arrivant à l'aplomb des chevreuils. Je tente quelques coups de Butollo mais ils lèvent tout juste la tête puis redescendent doucement vers le bois. L'approche est impossible, je décide de continuer vers les maïs alors qu'ils s'éloignent tranquillement.

Alors que le chemin redescend, il me semble apercevoir une silhouette sombre se dirigeant vers l'angle de la bande de maïs qui avance au milieu des champs travaillés mais je la perds rapidement de vue derrière le relief du terrain. Pensant qu'il s'agit d'un grand gibier, sanglier ou chevreuil, je décide de prendre le pas de course et descends le chemin au pas de course quand j'aperçois 3 corbeaux s'envolant du coin du maïs où je pensais avoir vu un animal. Je souris en me disant que je commence à voir des chevreuils partout. Je continue à descendre le chemin tranquillement et arrive dans le creux de ce dernier avant qu'il ne remonte vers la ferme. C'est alors que le relief me laisse à nouveau entrevoir le bas de la bande de maïs et 2 chevreuils qui s'avancent dans la bande d'herbe qui borde le bas de la parcelle de céréale. Je suis à découvert et il me faut remonter sur environ 100 mètres pour que le maïs me cache de leur regard. Je tente d'avancer comme si de rien n'était mais les chevreuils me regardent sans bouger. Une fois que je les ai perdus de vu, je quitte le chemin et traverse la parcelle de colza retournée pour rejoindre assez rapidement la bordure du maïs puis la longe tranquillement pour atteindre le bout de la parcelle. Je me cale derrière l'angle des céréales et observe les chevreuils qui sont toujours là, ils semblent vouloir venir vers moi.

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

Le vent suit la largeur du champ face à moi, je suis à bon vent.

L'un des chevreuils, s'avance dans une zone d'herbe haute alors que l'autre avance en suivant la bordure du maïs à quelques mètres de cette dernière. Ils sont à environ 90 mètres. Je me cale à genoux en espérant le voir venir. Tout à coup, il se met à courir en sautant de côté et en secouant la tête, ce petit moment de folie me fait comprendre qu'il s'agit très certainement d'un chevrillard, l'autre est de la même taille ce sont très certainement 2 chevrillards. Celui qui venait vers moi bifurque et rentre dans les hautes herbes. Les 2 chevrillards broutent un moment et semble vouloir remonter le champ travaillé qui suit la bande d'herbe. Je ne peux pas bouger sans être vu. Je décide d'attendre, finalement, les chevreuils semblent se décider à revenir vers moi mais des voix fortes se font entendre au niveau de l'habitation en haut du chemin de terre. Les chevreuils relèvent la tête et écoutent un instant puis retournent vers le maïs et semblent rentrer au niveau du second passage de canon. Je quitte mon poste pour tenter de me rapprocher doucement.

Rien dans le premier passage de canon, en arrivant au niveau du second qui commence en arrondi, découpant une pointe de maïs qui me permet d'avancer en face du passage tout en restant à couvert des céréales, j'aperçois un chevrillard à environ 10 mètres contre la bordure gauche du passage, il est plein travers mais je ne peux pas le tirer au travers du maïs, je tente d'avancer un peu mais il regarde vers moi. Je me fige mais il rentre tranquillement dans le maïs sur la gauche du passage. J'avance tranquillement pour m'engager dans le passage en suivant la bordure de droite quand un chevrillard, peut être le même sort de la gauche du passage pour se planter plein travers, au milieu du passage, à 15 mètres environ et regarde vers moi. La courbe du maïs me cache un peu, j'en profite pour armer doucement mon arc, je me décale doucement à gauche en prenant la visée et décoche. Touché, le chevrillard couine et fait volte-face pour retourner d'où il vient dans un grand fracas puis chute rapidement. Je l'entends se débattre. J'attends un peu sans bouger après avoir réencocher puis m'approche doucement. Je trouve vite le premier sang à l'endroit du tir, au milieu du passage,

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

le chevrillard est visible du passage, il a fait à peine 5 mètres dans la culture. En cherchant un instant, je retrouve ma flèche contre la bordure gauche du passage,

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

je la remets au carquois puis par chercher mon chevrillard. Le sang est bien visible à l'entrée

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

et dans le maïs.

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

Ma flèche rentre à mi-hauteur au niveau des dernières cotes mais ressort plus en avant au niveau de l'épaule opposée, touchant le foie et les poumons.

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

J'appose mon bracelet et le sors sur le passage pour faire quelques photos quand j'aperçois le second chevrillard qui vient de ressortir en haut de la parcelle, à 150 mètres environ, au milieu du passage de canon.

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

Il regarde vers moi et malgré mes mouvements, il ne semble pas vouloir partir. Je décide donc de tenter une approche en suivant la bordure gauche du passage tout en faisant de petits appels brefs et espacés au Butollo. J'avance ainsi tranquillement et arrive à environ 35 mètres du chevrillard sans qu'il ne bouge mais à ce moment il démarre sur environ 10 mètres et se recale plein travers contre la bordure de droite. Je tente de continuer mon approche mais il rentre à couvert. Je tente de me rapprocher mais il a disparu. Je redescends donc chercher mon chevrillard puis remonte vers la crête en suivant la bordure du bosquet pour ramener mon chevrillard à la voiture. Arrivé en crête, j'aperçois une quinzaine de perdreaux dans un champ travaillé à environ 150 mètres sur le penchant qui redescend vers le lac. Mon chevreuil dans la voiture, je repars faire un tour dans les maïs mais la nuit est vite là et je fais demi-tour pour rentrer à la voiture et rentrer à la maison.

Une soirée sous le signe des chevrillards, 2 octobre 2014

Alex

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 21:58

Ce soir, je retourne chasser sur la zone de maïs de Labéjan. Je me gare près des maïs en haut de la cote. Je me prépare et contrôle le vent, il souffle en suivant la bordure du maïs de droite à gauche. Je rejoins donc la bordure haute du champ de maïs pour la longer à mauvais vent en direction du champ de luzerne. Arrivée au coin du maïs, je jette un coup d'œil sur la luzerne. Pas de chevreuil, le vent me porte la bonne odeur des balles de foin qui borde le champ de maïs. Je suis la bordure du maïs et rejoins le coin du bois pour descendre vers le bas de la parcelle de maïs en longeant doucement entre la culture et le bois. Le sol est craquant à cause des nombreux glands qui le jonchent. J'avance doucement pour essayer de rester silencieux. Pas de chevreuil en vue, je rejoins le bas du champ et commence à longer la haie qui sépare le maïs d'un champ de tournesol. J'avance doucement en surveillant les passages de canon. En arrivant au niveau d'une trouée dans la haie, je constate que la parcelle de tournesol a été moissonnée. J'arrive au pied du bosquet entouré par le maïs sans avoir vu de chevreuil. Les passages de canon sont propres, le girobroyeur a bien travaillé. Je rejoins la bande de maïs qui descend vers le fond de la combe et en suis la bordure. La pointe d'herbes hautes a été broyée ainsi que la bande d'herbes en bas du maïs, j'avance doucement en la suivant, un sanglier d'environ 50 kilos est passé dans une ornière boueuse laissée par le passage du tracteur. Les passages de canon très sales ont été nettoyés et en haut du second, j'aperçois un chevreuil au gagnage, je décide de tenter une approche et commence à remonter doucement en collant au maximum la bordure de gauche. Je m'arrête régulièrement quand le chevreuil arrête de manger mais arrive à progresser assez rapidement. Il semble qu'il s'agisse d'une chevrette, au bout d'un moment elle rentre sur la gauche du passage dans le maïs. J'en profite pour avancer plus vite, couvert par le bruit des feuilles de maïs agitées par le vent. En arrivant près de la zone où elle a disparue, je ralentis et avance tout doucement pour tenter de l'apercevoir dans les rangs qui sont maintenant perpendiculaires au passage de canon. Impossible de la voir, je ressors sur le haut du champ et le longe à bon vent pour essayer de la voir en bordure du champ mais arrivé au coin du maïs pas de chevreuil en vue.

Je pars à travers le champ de colza retourné pour rejoindre le chemin de terre qui rejoint la crête. En longeant le chemin de terre, je jette un coup d'œil à droite et à gauche sans voir de chevreuil. Le chemin bifurque à 90° au-dessus du bosquet au pied duquel j'ai fléché le brocard malade l'autre jour. Je jette un coup d'œil sur le semé de colza. Toujours rien, je décide de biaiser pour rejoindre le haut du bosquet au lieu de longer le bas comme d'habitude. Arrivé au coin du bosquet, je marque une pause pour observer mais rien en vue, je longe tranquillement le bosquet jusqu'à arriver au coin bas du petit bois. Je marque une pause pour observer les alentours et en me penchant, j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards dans le semé de colza à 5 ou 6 mètres de fossé qui longe le fond de la combe, à environ 150 mètres. Le vent n'est pas bon, il souffle dans mon dos. J'ai pris mon Butollo ce soir pour l'essayer, je tente quelques appels, la chevrette regarde vers moi mais ne bouge pas, j'insiste mais toujours rien. L'approche risque d'être très difficile, impossible de longer le bosquet à découvert, ma seule chance est de rejoindre le fossé à découvert, de le traverser et de revenir vers les chevreuils en suivant derrière la bande de végétation claire-semée pour tenter de me rapprocher. J'attends un moment que la chevrette se remette à brouter puis encore un instant pour vérifier qu'elle m'a bien oublié puis je recule dans le champ caché derrière le bosquet pour rejoindre un léger creux du terrain puis je me baisse doucement et commence à avancer à 4 pattes dans le creux en surveillant par moment les chevreuils et relevant doucement la tête. Je traverse ainsi la bande de champ travaillé et arrive à la bande enherbée qui borde le fossé mais le relief du terrain ne me cache plus. Je progresse donc au plus près du sol, très lentement et stoppant à chaque fois que les chevreuils relèvent la tête. Je profite d'un moment d'inattention de la petite famille pour descende doucement dans le fossé de plus d'un mètre de profondeur, ils ne m'ont pas vu, j'escalade d'un bon le talus du fossé mais mon Butollo dans ma poche couine tout seul et puissamment avec la pression de mon pantalon. Arrivé derrière le bourrelet de ronces, j'observe les chevreuils qui n'ont pas réagi et broute toujours.

Je commence mon approche lente, voûté derrière le bourrelet de ronces et les touffes de végétation disparates. Petit à petit, en faisant des pauses à chaque fois que la chevrette relève la tête, j'arrive au niveau d'une zone de végétation derrière laquelle je peux me redresser pour observer les chevreuils.

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

Ils sont à 50 mètres environ mais la chevrette commence à biaiser vers la bordure du bosquet. les chevrillards suivent à 20 mètres en arrière environ, l'un semble 2 fois plus grand que l'autre. Je décide de retenter quelques appels au Buttolo. La chevrette s'arrête net et regarde vers moi, elle hésite un peu puis revient vers le fossé pour arriver juste au bord de ce dernier comme pour le traverser. J'arrête mes appels, le vent et toujours dans mon dos et suit le fossé mais la chevrette va me sentir si elle le traverse. Je reste immobile et observe en espérant la voir venir en longeant le fossé. Elle finit par se raviser et arrive en longeant le fossé tout en s'en éloignant de 3 mètres. Elle vient vers moi doucement en s'arrêtant par moment pour brouter. Je reste immobile, petit à petit, elle arrive, les chevrillards sont toujours en retrait mais s'avancent doucement. Elle n'est plus qu'à 15 mètres et recommence à biaiser pour se rapprocher du fossé. J'arme doucement mon arc, elle vient se planter de 3/4 face à moins de 10 mètres près du fossé. J'ai une fenêtre de tir au travers de la végétation sur son poitrail. J'aligne ma visée derrière son épaule et décoche. L'impact retentit mais je n'ai pas vu mon atteinte, elle fait volte-face et longe un peu le fossé puis le franchit d'un bon pour venir se planter plein travers à un peu plus de 20 mètres. Elle regarde autour d'elle, vacille et tombe sur le flanc. Les chevrillards ont fui vers le coin du bosquet et viennent de s'arrêter, leur arrière train ébouriffé. La chevrette s'immobilise rapidement après avoir battu un court instant des pattes. Ils finissent par passer derrière le bosquet et je les perds de vue. Je réencoche une flèche, franchis le fossé d'un bon et presse le pas pour rejoindre le coin du bosquet où je tente de les apercevoir mais ils doivent déjà être à couvert, impossible de les voir. Je longe doucement le bosquet mais toujours rien. Je retourne vers ma chevrette, de l'écume rouge clair sort de l'entrée de ma flèche,

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

j'examine la sortie juste aux dernières côtes du côté opposé, ma flèche a traversé les poumons et le foie. Je regarde ses tétines, elles sont sèches, je les presse mais rien, elle n'allaitait plus depuis un moment, les chevrillards n'étaient peut-être pas les siens. Le bas du corps encore roux contraste avec le gris du poil d'hivers qui recouvre déjà le reste de son corps.

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

Le bracelet apposé, je retraverse le fossé avec ma chevrette puis cherche un moment ma flèche mais impossible de la retrouver. J'attache donc les 4 pattes ensemble et la charge sur mon épaule pour remonter vers le chemin de crête où je la dépose derrière une haie pour venir la chercher en voiture.

Alors que le chemin redescend, j'aperçois un chevreuil près de l'angle du bois qui longe la crête puis descends vers le fond de la combe. Je descends jusqu'à le perdre de vue derrière le relief du champ puis quitte le chemin pour rejoindre l'angle de la bande de maïs, je suis ensuite doucement la bordure de la culture derrière le second rang en profitant du vent qui agite le maïs mais alors que je devrais revoir le chevreuil, je me rends compte qu'il a disparu. Je laisse donc tomber et remonte vers le bosquet en suivant le maïs puis longe entre le bosquet et les céréales pour rejoindre le haut du champ et le longer à mauvais vent pour refaire la boucle du début de soirée. En redescendant le long du maïs en suivant la bordure de la luzerne, j'aperçois un très gros lièvre qui broute en contrebas contre le bois. Il finit par me voir alors que je continue à avancer et rentre au bois. Arrivé au coin du bois qui remonte contre la maïs, je continue à longer le maïs en essayant d'éviter les glands au sol. Arrivé en bas du champ, je le longe maintenant en suivant la haie et en surveillant les passages de maïs, au troisième passage, j'aperçois une chevrette tournée vers la gauche, à un peu plus de 20 mètres sur la gauche du passage, elle mange au sol.

Je me cale derrière l'angle droit du passage et tente des appels au Butollo mais elle redresse la tête et regarde vers moi sans vouloir venir. J'insiste un peu mais impossible de la faire venir. Je remets donc l'appeau à la poche. Et attends un bon moment qu'elle m'oublie et rebaisse la tête. La luminosité commence à baisser. Le temps passe puis la chevrette se remet à manger. J'attends un court instant pour être sûr qu'il ne s'agit pas d'une feinte puis tente d'avancer un peu pour me positionner en condition de tir. J'arrive à gagner 3 rangs de maïs et me cale contre la bordure dans le creux laissé par le manque de quelques pieds de maïs mais la chevrette redresse la tête au même moment. Elle a dû détecter le mouvement et regarde fixement vers moi. Je reste immobile et attends qu'elle se remette à manger mais elle finit par se tourner de cul pour remonter de 2 mètres, d'un pas saccadé, en suivant la gauche du passage. J'en profite pour armer mon arc et aligner ma visée. La chevrette bifurque et se tourne plein travers pour s'arrêter à environ 20 mètres au milieu du passage de canon. Ma visée calée, je décoche. Au même moment la chevrette fait volte-face pour repartir vers la gauche dans le maïs. Ma flèche la heurte avec un bruit de fracture dans l'arrière train alors qu'elle vient de se retourner. Elle s'effondre au sol puis se traîne dans le maïs avec ma flèche encore en travers de ses cuissots. Je me précipite mais l'aperçois dans le maïs, elle n'a fait que 5 mètres et finit de mourir. Je laisse donc faire et constate que le sang est abondant dès l'impact

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

et très abondant à l'entrée dans le maïs.

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

Rapidement la chevrette s'immobilise. Je m'avance donc pour aller la chercher, ma flèche, que je retrouve cassée en 2 morceaux sur la trajectoire de fuite, a cassé le fémur à l'entrée et sectionné les artère fémorales provoquant une hémorragie massive et une mort très rapide.

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

J'ai eu pas mal de chance malgré ma très mauvaise flèche. Le bracelet apposé, je la charge sur mon dos pour remonter à ma voiture alors que la nuit tombe. Une fois à ma voiture, je pars chercher ma première chevrette avant de rentrer chez moi.

Un doublé de chevrette à l'approche, 30 septembre 2014

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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Bonne visite, Alex

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LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

LASBATS CHISTINE : 

06 45 35 50 42

 

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CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

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