Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 20:16

Ce matin, je suis invité à une battue au chevreuil sur la société de chasse de Justian/Roques/ Lagardère. Après un bon petit déjeuner (saucisse et copa de sanglier) les consignes sont données (seuls les brocards peuvent être tirés) et le plan de battue élaboré. Nous allons chasser une longue vallée. Je serai posté tout au bout de la traque et les postés vont se déplacer lentement en venant vers moi et en suivant la progression des chiens et des traqueurs.

Je pars avec le président de la chasse et les traqueurs. J'embarque avec un traqueur et les chiens à l'arrière du Cady. Les teckels donnent déjà de la voix. On me débarque sur la route au bord d'un bois de chênes d'environ 150 mètres de large avec comme consigne de me trouver un bon poste dans le bois que je vais garder à moi tout seul. Le président part poser les traqueurs et les chiens puis revient se poster sur ma droite au bord du ruisseau pour garder un poste à renard.

Je rentre dans le bois et commence à me chercher un bon poste avec de la visibilité mais où je puisse aussi me camoufler suffisamment. J'ai tout mon temps, les traqueurs vont mettre un moment à arriver car ils partent d'assez loin. Le bois descend dans une sorte de grand fossé assez profond puis remonte sur une zone de grands chênes clairsemés suite à la dernière tempête. Si je me poste dans le fossé, je peux me camoufler, la végétation le permet, mais je ne vois et entends pas grand-chose. De nombreuses coulées descendent dans le fossé et, si je n'aperçois l'animal qu'au dernier moment, il sera difficile d'anticiper.

Je remonte le talus du fossé et me poste au pied d'un gros chêne, je dégage le sol pour éviter un bruit de feuilles ou un craquement s'il me faut pivoter puis j'attends un peu. Tout est calme, quelques palombes volent d'arbre en arbre. Je scrute le bois et décide de m'avancer encore un peu pour avoir une meilleure vue d'ensemble pour me poster au pied d'un très gros pin mort que la tempête a appuyé sur un chêne. Je dégage à nouveau le sol et l'attente commence. Le sous-bois est très animé, un troglodyte joue à cache-cache dans les ronces, une sitelle grimpe en tournant autour d'un tronc, les gaies gazouillent et volettent d'arbre en arbre. Des vols de corbeaux me survolent en coassant et quelques palombes tournent dans le bois.

Au bout d'un moment un petit éclair roux me fait tourner la tête sur ma droite. Un écureuil fouille les feuilles mortes à la recherche de son déjeuner. Je balaye se sous-bois du regard, le vent est bon, il vient sur ma droite. Tout à coup, j'aperçois un mouvement à 200 mètres environ et distingue un chevreuil qui passe furtivement en cherchant sa pitance entre deux gros chênes puis je le perds de vue. En balayant le sous-bois du regard, j'aperçois 2 gros chênes à la gauche desquels un autre chêne, que la tempête a cassé par le milieu, s'est couché et fait un bon écran de camouflage. Je n'entends toujours pas les chiens et décide de m'avancer doucement vers ce poste qui me parait plus adapté.

J'avance doucement en essayant de ne pas faire de bruit puis je me poste. L'espace entre les chênes me donne une bonne vision d'ensemble du bois.

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Je dégage les feuilles mortes et brindilles à mes pieds et me cale après avoir essayé d'armer l'arc sur différents angles de tirs possibles. L'attente commence, je balaye le sous-bois du regard quand mes yeux tombent sur une silhouette qui se détache sur le fond vert d'un roncier. Un chevreuil ! Il est juste à 40 mètres sur ma droite. Il relève la tête, c'est un brocard et il est magnifique, il avance pas à pas, prenant son temps et broutant un peu les feuilles des ronces.

Je le regarde fixement quand un second brocard, moins imposant surgit de derrière un roncier et dépasse le premier brocard pour  s'avancer en biaisant légèrement vers le ruisseau où est posté le président de la société de chasse. Le grand brocard se tourne vers moi et je pense le voir venir mais il fait du surplace et gratte le sol de son sabot. Le second brocard, qui avait disparu un instant dans la végétation, semble revenir sensiblement vers moi. Je pivote très lentement de 90° pour me préparer au cas où. Mon cœur commence à s’emballer un peu alors que cela ne m'arrive jamais à l'approche. Je suis en place, prêt à armer si besoin, immobile dans l'espoir d'en voir se rapprocher un à distance de tir.

Je regarde alternativement les 2 animaux, le premier brocard ne bouge toujours pas puis alors que je le quitte des yeux pour regarder l'autre, il disparaît.

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Impossible d'y remettre les yeux dessus. Le second brocard se décide, il s'avance comme pour s'engager sur une grosse coulée qui biaise pour se rapprocher de moi et me passer à 10 mètres environ mais, arrivé derrière un gros chêne situé à un peu plus d'une trentaine de mètres, il ne ressort pas. Le temps passe et toujours rien ! Un gros écureuil s'agite sur un tas de branche à quelques mètres de moi, il ne m'a pas repéré.

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Je me penche légèrement et l'aperçois, il est couché juste derrière le gros chêne et fait sa toilette, je comprends alors ce qui se passe, l'autre chevreuil doit être couché lui aussi. Le gros chêne me masque pour approcher mais le grand brocard risque de me repérer rapidement. Je quitte mon poste et avance très doucement vers le gros chêne. Je n'ai pas fait 5 mètres que le grand brocard m'a repéré. Il m'observe couché derrière un petit roncier. Je me fige mais il se lève et balance sa tête de droite à gauche en étirant le coup au-dessus des ronces avant de se retourner et de s'enfuir.

Je pense alors que tout est perdu mais le second brocard n'a pas bougé. Je m'avance encore un peu et arme mon arc. Je l'aperçois maintenant, il regarde son congénère s'enfuir puis se redresse laissant dépasser juste son poitrail de derrière l'a gros chêne. Mon viseur est calé et avant qu'il ne comprenne ma présence ma flèche part et le frappe à la basse du coup le séchant sur place à ma grande surprise car ma flèche n'était pas sensée arriver à cet endroit.

Le brocard s'agite et ses ruades le font tourner en rond au sol. Je me précipite au cas où il se redresserait mais s'en est fini pour lui, il ne s'en relèvera pas.

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Je retourne à mon poste et rapidement j'aperçois, au bout du bois, 3 chevreuils qui semblent se diriger vers la bordure du bois sur ma droite. Je me décale un peu pensant les voir venir au même endroit que les brocards mais remontant d'un creux je les vois surgir sur ma gauche à 45 mètres, une chevrette et ses 2 chevrillards, pour aller droit vers mon poste. Je profite de leur passage derrière des ronces pour retourner à mon poste mais après un moment à les attendre je les vois sortir dans le pré sur la gauche du bois et partir droit vers la ferme avant de disparaître. Les chevrillards semblaient être 2 femelles, ils n'auraient donc pas pu être fléchés de toute façon.

Les voies des chiens et des traqueurs se font maintenant entendre et les coups de feu commencent à claquer, les chevreuils sortent de tous les côtés sur les postés qui réussiront à en abattre 3. Fin de traque, je retourne à mon brocard, il n'est pas mal du tout, l'autre devait vraiment être fabuleux.

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Je rejoins les chasseurs qui se réunissent au bord de la route. Une grosse chevrette revient des vignes vers le ruisseau, le longe un peu puis rentre au bois pour passer pas loin de mon poste que je viens d'abandonner.

Nous rassemblons les chevreuils et partons pour une petite traque au sanglier et au renard sur un autre secteur du territoire. Je rejoins mon poste ou j'ai manqué un renard cette année (http://flash back : http://chasse-a-l-arc-dans-le-gers.over-blog.com/article-battue-au-sanglier-a-roques-28-aout-56487674.html)

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Au bord d'un petit ruisseau, enfoncé dans la végétation je me cale et attends. Les chiens ont lancé dès le départ mais personne ne tire et les traqueurs tentent de les arrêter, ce sont des chevreuils. Le plan de chasse est terminé nous ne les tirons plus. Les traqueurs et les chiens se rapprochent mais les teckels restent muets, un éclair roux surgit sur ma droite, je tourne la tête mais il s'agit d'un écureuil qui, de branche en branche, vient me passer juste à moins d'un mètres au-dessus de la tête pour disparaître dans le bois aussi vite qu'il était apparu. Les teckels vont me passer très près à plusieurs reprises mais rien, pas un coup de gueule, les sangliers et le renard sont aux abonnés absents. Les 3 coups de corne retentissent, fin de chasse, nous rentrons.

 

Alex

 

Atteinte :

Mon premier chevreuil à l'arc en battue, 13 février 2011

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 22:21

Les jours rallongent et le ciel dégagé de ce soir me laisse encore un peu plus de temps pour chasser en sortant du boulot. Je décide d'aller faire un tour au ragondin du côté de Labéjan où j'ai mes bracelets chevreuils comme ça si les ragondins ne sont pas de sortie ce soir, je tenterais un petit coup de Butollo.

Je commence par faire une halte à Loubersan pour jeter un œil à la mare sous les serres. Je me gare, enfile ma tenue de combat et descends vers la mare que son propriétaire a totalement nettoyé, plus de ronce pour se cacher en arrivant. Je longe donc le petit bosquet d'épine en amont de la mare pour arriver sans bruit et à couvert. L'eau remue au coin du bosquet. Je me tiens prêt et avance doucement mais ce sont 2 poules d'eau qui démarrent. Le reste de la mare semble calme quand je pose les yeux sur un jeune ragondin en surface sur ma droite. Il est à 6 ou 7 mètres, j'arme mais une grosse ronce me gêne pour tirer, je me décale un peu en le visant mais il en fait de même en se rapprochant du bord et de son terrier, tout doucement comme pour me narguer puis rentre doucement au terrier sans que je puisse décocher. Rien d'autre en vue, je remonte.

De la route, je jette un rapide coup d’œil sur le lac en contrebas mais rien ne bouge. Je décide d'aller chasser en longeant un petit ruisseau sur ma zone de chasse au chevreuil. Je me gare au bord de la route, rattrape la berge du ruisseau et la suis doucement. Un petit remous attire mon attention, je tente une approche et aperçois juste une poule d'eau se remettre à couvert. Je longe le ruisseau mais le coin est très calme. Un peu plus loin, un chôme de maïs, partiellement labouré, borde la berge opposée et un bosquet situé à environ 150 mètres du ruisseau.

La haie qui borde le ruisseau fait place un instant à de petits arbustes défeuillés qui laissent de bonnes fenêtres de tir. Je me cale derrière ses arbustes au niveau d’une belle fenêtre de tir, je contrôle le vent puis sort mon Butollo et commence à appeler. Immédiatement, un mouvement attire mon regard au coin droit du bosquet à 200 mètres environ. Je poursuis mes appels. Une chevrette seule arrive en longeant le bois dans le chôme, elle avance d'un pas certain mais sans courir. Je continue mes appels. Elle bifurque en arrivant en face de moi pour venir droit sur ma fenêtre de tir et rentre dans la partie labourée. J'accroche mon décocheur et continue à appeler. Elle arrive à 50 mètres environ, je garde le Butollo à la main et arme mon arc. Je continue à appeler en espaçant un peu mes appels.

Elle se rapproche, reniflant parfois le sol mais biaise légèrement et je comprends qu'elle ne va pas se positionner où je l'attendais, elle est toute proche mais pas moyen de décocher au travers du branchage. Je pousse encore quelques timides appels très espacés et la suis dans mon viseur quand elle se présente avec un léger 3/4 face dans une fenêtre de tir.

C'est le moment ou jamais, mon pin's est posé sur le défaut de l'épaule, la chevrette est à 9 mètres environ, je décoche. L'impact est bien audible mais au bruit, je ne reconnais pas un impact de coffre. La chevrette fait volteface et s'enfuit d'un galop saccadé, le dos arrondi et l'arrière train bas. Je n'ai pas vu mon impact, où est ma flèche ?

Au bout de 20 mètres environ, la chevrette stoppe net et vacille sur place. Je reste immobile et attends, les minutes passent et la chevrette ne bouge pas de place, sa tête s'abaisse régulièrement puis se redresse lentement. La nuit tombe et je force de plus en plus pour la voir. Au bout d'un long moment elle fait quelques pas chancelants vers le bois puis s'immobilise à nouveau. Je n'arrive presque plus à la voir, je décide de tenter de la contourner, je longe un moment le ruisseau tout doucement et en me cachant pour ne pas être vu tout en essayant de ne pas la perdre de vue. Elle semble revenir vers la partie en chôme avec d'énormes difficultés.

Au bout d'un moment, je trouve un passage et traverse le ruisseau pour biaiser vers le bois puis revenir vers la position estimée de la chevrette. La pénombre croissante fait place, grâce au ciel clair à un léger éclairage des astres nocturnes et ma vision revient un peu. J'avance prudemment à pas de loup quand je distingue une masse sombre dans le chôme. Cela fait pas loin de 30 minutes que j'ai effectué mon tir et je pense qu'il s'agit de ma chevrette morte mais alors que je fais quelques pas à sa rencontre, ses yeux s'orientent vers mois et j'ai juste le temps de les voir briller sous la lumière des astres qu'elle se relève pour fuir au galop vers le bois, toujours avec cette posture voûtée.

Je laisse tomber pour le moment, je l'entends rentrer au bois puis la suis un peu au bruit avant le retour au calme. Je reviens à la voiture chercher ma lampe. Je prends mon temps pour la charger en tournant plusieurs minutes la manivelle et écoute un peu la radio pour tuer le temps. Bon cette fois, je pense que j'ai assez attendu, je retourne à mes recherches, j'avance tranquillement pour perdre un maximum de temps. Je commence par aller chercher ma flèche que je retrouve rapidement. Pas de sang, une forte odeur de contenu stomacal, quelques poils et le tube bien humide et légèrement verdâtre.

Un coup de lampe dans le labour et de suite les premières gouttes de sang foncé mais elles sont très espacées et je pers la piste au bout de 10 mètres. Je décide d'aller chercher l'entrée au bois pour une recherche du lendemain si nécessaire. Le bois est longé par un fossé profond curé récemment et donc bien net. Je rentre dans le fossé au coin gauche du bois et le longe en éclairant les parois jusqu’à tomber sur des gouttes de sang rapprochées. Le bord du bois est jonché de grosses gouttes de sang. Je marque la traversée du fossé et décide au vu du sang très abondant de tenter une recherche. Je rentre dans le bois, la piste suis les passages dégagés au milieu des fragons, j'avance très lentement et éclaire tout autour de moi régulièrement pour vérifier que la chevrette n'est pas couchée à côté et risquer de la lever. La piste est très marquée, je retrouve un gros caillot de sang, le sang continue et se dirige vers un cratère laissé par le racinaire d'un gros chêne tombé par la tempête. Je m'attends à la voir dans ce trou mais la piste bifurque et rentre dans les fragons. J’éclaire les alentours avec insistance, rien.

Je continue la piste toujours en éclairant régulièrement, le sang est toujours très abondant mais les taches s'espacent. La chevrette a marqués plusieurs arrêts marqués par des gros ronds de sang en gouttes serrées, je cherche dans mon faisceau et avance tout doucement quand à 10 mètres un masse claire se détache dans l'obscurité. Ma lumière se pose sur elle, ma flèche est entrée au niveau du cœur et ressort à 20 cm derrière l'épaule assez bas. La chevrette à parcouru pas loin de 250 mètres.

Une chevrette au Butollo, 13 janvier 2011

Au dépeçage, en inspectant les organes vitaux, je constate que ma lame a entaillé profondément le cœur, traversé un poumon et entaillé le foie traversant la panse. Comment a t-elle trouvé la force de faire tant de chemin ? Chaque flèche est une leçon mais ce soir j'en ai pris une belle, cette belle princesse maintenant étendue sur le flanc est un exemple de courage devant lequel on ne peut que s'incliner. Je la contemple un instant puis la charge sur le dos pour rentrer à la voiture.

Une chevrette au Butollo, 13 janvier 2011

Alex

 

Atteinte :

Une chevrette au Butollo, 13 janvier 2011

Partager cet article

Repost0
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 07:32

Ce soir, Patrick qui part en Afrique pour près de 3 semaines a amené son petit Pilou que je vais garder pendant ses vacances et nous en avons profité pour aller faire un tour à la chasse sur un secteur où je pense lui faire voir ou mieux tirer un sanglier. J'ai repéré une zone bien fréquentée et je pense savoir où se remise les animaux.

Arrivé sur place, j'explique à Patrick mon plan et nous partons en chasse, il passe d'un côté d'un mamelon boisé et moi de l'autre. Il va se poster sur les coulées de sortie et moi je vais attaquer par la crête pour redescendre doucement en chassant vers lui. Je contourne un moment le mamelon alors que Patrick se met en place puis je remonte à travers un penchant boisé vers la crête. Arrivé sur le plateau enherbé, je jette un œil aux coups de nez récents des sangliers. Ils ont tout retourné dans le secteur. Puis je rentre dans le bois en suivant une coulée qui longe la crête. Là aussi des coups de nez.

Je fais une vingtaine de mètres en suivant la coulée en calculant mes pas pour ne pas faire de bruit puis je redescends doucement vers Patrick. J'avance très doucement de quelques mètres en quelques mètres pour ne pas faire trop de bruit dans les débris végétaux et fais de petites pauses pour tendre l'oreille.

La végétation s'épaissie un peu et je dois jouer des sécateurs pour éviter que les branches ne crissent sur mes vêtements. Arrivé à un carrefour de coulées, je m'arrête un instant et étudie un peu le terrain. Des traces fraîches jonchent le sol. Le coin me semble bon, je me décale encore un peu pour pouvoir voir venir sans être vu. Le vent est bon je vais rester là un moment.

Je suis à peine en place qu'un bruit de pas me fait tourner la tête vers la crête. Un brocard arrive par la coulée, il avance d'un pas tranquille s'arrêtant de temps à autre, je pense le voir s'éloigner et sortir sur le pré quand il bifurque brusquement en arrivant sur mes traces pour descendre en biaisant dans les broussailles. M'a t'il senti ? Il semble très calme et descend tranquillement.

J'arme mon arc. Il descend toujours puis s'arrête dans la seule trouée du secteur, paisible, plein travers, tête haute. Mon viseur se cale, plus rien n'existe à part lui, ma visée sur son coffre, je décoche. Le bruit caractéristique d'une bonne flèche de coffre retentit. Le brocard fait volte-face et remonte en biaisant d'où je l'ai vu arriver. Je le regarde disparaître derrière la crête sans bouger puis le suis un court instant au bruit avant de l'entendre chuter lourdement et se débattre un très court instant avant le retour au calme.

Je reprends alors mes esprits et me repasse la scène dans ma tête. Je repose les yeux sur la zone du tir et n'en reviens pas, la distance me semble tout à coup assez importante alors que tout à l'heure le chevreuil me semblait plus proche. Une courte attente et je pars chercher ma flèche. 22 pas me séparent de ma zone de tir ! Je ne tire jamais à cette distance si ce n'est à l'entrainement.

Je retrouve rapidement ma flèche couverte de sang mais pas moyen de trouver la piste de sang !

Le brocard de la chance et du hazard, 2 janvier 2011

Je cherche un peu sur les trajectoires de fuite estimées mais rien. Je marque la zone du tir en plantant ma flèche puis remonte à la crête pour essayer de recouper le sang. Rapidement, je tombe sur une grosse goutte puis pas mal de sang au moment où le chevreuil passe la crête.

Le brocard de la chance et du hazard, 2 janvier 2011

La suite de la piste est en pointillés, le sang n'est pas constant, parfois beaucoup de sang, parfois de très petites gouttes de plus le chevreuil se coule dans la végétation qui est parfois assez épaisse. Je suis tout de même assez bien la piste pour continuer seul. Un frotté impressionnant a repeint un arbrisseau.

Le brocard de la chance et du hazard, 2 janvier 2011

Je marque d'une flèche l'entrée d'une zone épaisse, la contourne pour reprendre le sang un peu plus loin et tombe sur mon chevreuil étendu sur le flanc. Un sang bulleux s'échappe du défaut de son épaule. Il n'a pas parcouru plus de 60 mètres.

Le brocard de la chance et du hazard, 2 janvier 2011

L'instinct du prédateur a été plus fort que la raison et heureusement pour moi cela se termine bien, je ne saurai pas expliquer pourquoi j'ai lâché cette flèche et d'une façon si fluide et naturelle mais le résultat est là. Sur l'instant du tir tout c'est enchaîner avec la simplicité d'un tir que l'on sait réussit avant de l'avoir fait alors que j'ai souvent laissé passer des chevreuils bien plus prêts parce que je ne les sentais pas.

Je rentre avec mon brocard sur l'épaule, c'est le premier en velours que je prélève à l'arc. Patrick n'a rien vu de tirable, des promeneurs lui ont envoyé des chevreuils mais bien trop loin et au pas de course.

Le brocard de la chance et du hazard, 2 janvier 2011

Alex

 

Atteinte :

Le brocard de la chance et du hazard, 2 janvier 2011

Partager cet article

Repost0
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 15:16

Ce matin, je pars décidé à flécher un ou plusieurs chevreuils, il me reste encore 5 bracelets sur Labéjan et le temps passe. Les conditions sont de moins en moins favorable, les champs sont pelés, les bois couverts d'un tapis de feuilles mortes quand ce n'est pas le gel qui s'y met... Ce sera donc une matinée au Butollo. Je vais chasser le "bois du Turc" qui est le plus grand bois du secteur et un réservoir impressionnant à chevreuils. En route, je croise un magnifique renard dans mes phares, arrivé sur la zone de chasse juste avant le lever du soleil, je me gare sur le petit parking contre la barrière qui ferme la piste forestière. Je contrôle le vent et me prépare puis je reviens à pied vers la route, la longe un moment puis remonte la piste suivante pour commencer à chasser.

Je longe, sur ma gauche, une zone plantée de petits pins assez sale avec des passages girobroyés. Je me poste en essayant de ne pas faire trop de bruit derrière un écran de branchages, de fougères et de ronces puis je commence mes appels au Butollo. Je n'insiste pas trop, j'ai beau tendre l'oreille, je n'entends rien venir. Le secteur habituellement assez fourni en chevreuils semble désert ce matin. Peut-être à cause de la forte odeur de cochon venant de l'élevage en plein air de l'autre côté de la route.

Je reprends la piste qui humide est assez silencieuse. La plantation fait place à une zone de bois de chênes assez clairsemée. Je rentre un peu dans le bois sur ma gauche pour être à bon vent, je me positionne derrière un bouquet d'arbres et commence mes appels. Très rapidement le galop caractéristique d'un chevreuil retentit dans les feuilles mortes mais je n'arrive pas à le localiser. Devant ou derrière moi ? Il me semble que c'est derrière, je stoppe un peu mes appels pour me décaler légèrement de façon à être un minimum camouflé si un chevreuil arrive puis je reprends mes appels. Erreur, le chevreuil était sur la gauche de la piste et mon manège n'est pas passé inaperçu. Il s'éloigne puis commence à aboyer et mes appels ne le duperont plus.

Je quitte à nouveau mon poste et reprends la piste, un peu plus loin le chevreuil redémarre en aboyant et s'éloigne. Je continue un peu puis je décide de m'enfoncer un peu plus dans le bois pour appeler. Les chênes se resserrent un peu mais le bois est encore assez clair. Je me positionne derrière un bouquet d'arbres. En face, le relief remonte après un petit ruisseau à sec et la végétation s'épaissie. Je recommence à appeler un moment mais rien ne vient. Je retourne à la piste et recommence à la longer.

Le bois s'épaissit de plus en plus pour devenir très touffu surtout sur la gauche. Je m'avance un peu dans un petit clair et appelle sans succès. Un peu plus loin, je me reposte au ras du bois et commence à appeler. Immédiatement un bruit dans les feuilles mortes se rapproche. J'accroche mon décocheur et continue mes appels. Le pas se rapproche sans s'arrêter mais je n'arrive pas à juger la distance qui me sépare de l'animal quand tout à coup, à 5 mètres sur ma droite et à juste 3 mètres du bord du bois, j'aperçois un renard qui arrive d'un pas décidé. J'ai juste le temps d'armer alors qu'il passe derrière un tronc mais je n'ai pas le temps d'ajuster ma visée. Le renard qui vient de se planter dans la fourche d'un arbre exposant son poitrail gris foncé pour m'observer comprend vite qu'il faut filer et fait demi-tour avant que je n'ai le temps de caler mon viseur. Je me suis fait avoir comme un bleu mais, attendant un chevreuil, je pensais le voir dépasser plus vite au-dessus des fougères et avoir le temps d'armer.

Une telle occasion manquée c'est rageant mais bon, le spectacle de ce beau renard est tout de même une belle compensation. Je reprends ma route en rigolant intérieurement de ma bêtise. Un peu plus loin, je me cale au bord du bois derrière un sapin sur la droite de la piste ou le bois est maintenant planté de résineux et je commence mes appels. Au bout d'un petit moment, il me semble entendre un pas dans le sous-bois. Je poursuis mes appels en modulant sensiblement les sonorités.

Le pas se rapproche pas paliers puis réagit vivement à un appel un peu plaintif et prend un court instant le galop. J'entre-aperçois un chevreuil se coulant dans la végétation puis obliquant à 90 ° pour venir droit sur moi et se planter à 10 mètres de face alors que je viens d'armer. Le sapin ne me laisse qu'une petite fenêtre de tir au travers du branchage et la position de face n'est pas très favorable. Je continue à appeler en restant armé, le Butollo dans ma main droite. Mais le chevrette finit par faire demi-tour et s'éloigne pour disparaître sans bruit.

Je reprends ma route pour arriver au bout de la piste qui bifurque à droite en longeant le bord du bois. Devant moi s'étendent des semés de blé mais ce matin pas un chevreuil en vue. Je suis la piste et longe une zone dévastée par la tempête où les sapins ont fait place à une zone d'arbustes, de fougères et de ronces. Je me poste derrière une touffe de végétation et commence à appeler mais le chevreuil, que je pensais voir surgir des ronces, arrive par la piste droit sur moi. Il s'arrête à 50 mètres et regarde vers moi sans me voir. C'est un brocard en velours. Cette semaine, j'ai observé, durant une tournée matinale, un brocard qui suivait une chevrette, sa truffe collée à son postérieur. Peut-être s'agit-il de ce fameux second rut hivernal dont j'ai entendu parler ? Ceci expliquerait qu'un brocard réagisse au Butollo en cette saison. Je cesse les appels un instant, le brocard baisse la tête pour flairer le sol un instant. J'en profite pour m'agenouiller dans la végétation avant de reprendre mes appels mais le brocard rentre d'un bon dans la végétation dense et au bout d'un moment sans l'entendre, je me redresse et observe sans rien voir. J'avance très doucement par la piste pour essayer de le surprendre mais des aboiements finissent par retentir en même temps qu'un bruit de fuite. Le brocard s'était enfoncé de 40 mètres dans le sale pour m'observer immobile. Encore manqué !

Je poursuis ma route en longeant la piste, j'essaie de marcher sur les zones sans feuilles mortes pour éviter le bruit. La piste descend un moment puis s'aplanit à nouveau. Sur ma gauche, une zone avec des arbres au sol, du fragon et des buissons.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Le secteur m'inspire, je décide de me poster derrière un gros arbre et commence mes appels. Très rapidement plusieurs chevreuils arrivent au galop. Un lièvre surgit de sous les arbres morts et détale à grand bruit dans le sous-bois. Une chevrette quille la tête par-dessus les branchages, à 35 mètres environ, pour identifier la provenance du bruit. Je reprends mes appels et la voilà qui redémarre pour se rapprocher rapidement. Elle bifurque pour passer derrière les arbres morts. J'arme en gardant le Butollo à la main et lance encore un ou 2 appels qui font surgir 2 petites chevrettes à 8 mètres devant moi dans une zone assez claire. Je jette mon dévolu sur l'animal le plus dégagé. Je vise le coffre et décoche. Ma flèche disparaît dans l'épaule de la chevrette qui démarre entraînant son consœur à ses trousses. Mon tir me semble bon, je suis assez confiant.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Les 2 chevrettes rentrent dans le sale puis ressortent sur la piste qu'elles traversent en un éclair et franchissent le talus assez raide sans difficulté pour disparaître dans les sapins. L'aisance de l'animal blessé me surprend un peu mais bon chaque flèche est une leçon de chasse.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

J'attends un peu puis commence à quitter mon poste quand du mouvement dans les arbres morts me fait faire marche arrière. Un  gros brocard en velours et une grosse chevrette sont encore là. Ils semblent ne pas m'avoir vraiment vu et s'éloignent doucement. Je tente de les faire revenir par de petits appels mais cela les arrête juste un instant avant qu'ils reprennent tranquillement leur route et disparaissent. Encore quelques appels infructueux et je quitte mon poste à la recherche de ma flèche et d'indices. La flèche ne porte pas de traces de sang mais est couverte de fibres musculaires ! Je n'aurais pas vu mon atteinte je commencerais à m'inquiéter mais bon les indices sont parfois trompeurs. Je récupère ma flèche.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Dès 3 mètres après l'impact, je trouve les premières traces de sang et du poil et la piste semble très abondante.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Effectivement, je la suis facilement au travers du sale, traverse la piste, remonte le talus puis continue dans le bois, le sang est quasiment en continue, de grosses gouttes jonchent le sol, les branches, les souches. Je tombe parfois sur des frottés impressionnants mais la piste s'éternise. Elle suit d'abord la courbe de niveau puis redescend de plus en plus.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Dans les sapin la luminosité est moindre et je perds un court instant le fil de la piste sur une zone couverte de mousse puis je retombe sur le sang; Au bout de 150 mètres environ je trouve ce que j'identifie comme étant un petit morceau de poumon puis 30 mètres plus loin environ je trouve une grosse quantité de sang et à nouveau un petit bout de poumon.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

A partir de là, la piste devient très zigzagante, il y a du sang dans tous les sens et il est difficile de démêler la piste. Je tombe finalement sur ma chevrette, couchée sur le flanc, arrêtée dans sa chute par un petit arbre. Ma flèche est un peu trop en avant, ce qui explique cette distance de fuite d'environ 200 mètres. Au dépeçage, j'examinerai les poumons qui ne sont en fait que légèrement touchés.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Le bracelet apposé et la chevrette prête pour le portage, je fais ne petite photo souvenir avant de repartir en chasse.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Je descends l'allée de sapin et pose la chevrette au bout puis rattrape un petit sentier qui longe le bas du bois pour me diriger vers un pré enclavé dans le bois. 

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Arrivé dans le pré, je constate que les chevreuils ne sont pas de sortie où sont rentrés à couvert à cause du bruit que j'ai fait pendant ma recherche au sang. Je traverse donc le pré puis rentre dans le bois par une coulée fraîchement fréquentée par une compagnie de sangliers. Je tente quelques appels infructueux puis fait demi-tour.  

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Je récupère ma chevrette puis longe le sentier pour rattraper une piste de traverse qui devrait me ramener à la piste sur laquelle je suis garé. Je fais plusieurs pauses pour appeler au Butollo mais rien ne bouge. Je finis par rattraper la piste qui traverse un bois clair semé et la remonte vers la voiture. Je fais également régulièrement des pauses pour appeler mais sans succès.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Arrivé dans une zone de pins et de fougères, je tente à nouveaux des appels mais je n'arrive qu'à faire crier les geais et à attirer une buse qui repart en suivant la piste puis bifurque dans le bois. 

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

De retour à la voiture, je charge la chevrette et tente une dernière série d'appel près d'un petit lac à 50 mètres de la voiture. Rien, je reprends la voiture et pars pour un autre secteur près de 3 lacs. Sur la route, je m'arrête plusieurs fois et tente quelques appels mais rien ne vient. Arrivé au-dessus du premier le lac, je me gare et descend vers le plan d'eau où l'eau semble très agitée.

Une volée de colverts et de sarcelles s'envole, un ragondin s'éloigne du bord pour rejoindre la berge opposée, je descends au pas de course et en arrivant au coin du lac, j’aperçois un ragondin qui longe la bande de terre plantée de peupliers.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Je le prends en chasse mais il plonge et disparaît. Trop tard pour le premier ragondin qui a disparu, je longe tranquillement le lac vers la digue quand j'aperçois un autre ragondin dans l'angle opposé du lac, sous le gros saule pleureur. Je m'avance vers lui mais constate qu'un autre ragondin vient droit sur moi en longeant la bande de terre. Je n'agenouille derrière les joncs et le laisse venir mais je suis à mauvais vent et il commence à zigzaguer en levant le nez avant de faire demi-tour.  

Je me redresse et avance doucement vers le ragondin rester en surface sous le saule. 2 ragondins plongent le long de la zone fourrée et se poursuivent en surface. Le premier plonge régulièrement bruyamment pour éviter son poursuivant, certainement un mâle qui poursuit une femelle. Ils font leur vie sans se rendre compte de ma présence. Je parviens à approcher à environ 7 mètres le ragondin qui est en fait tout petit. J'arme alors qu'il se rapproche un peu de moi. Les branches basses du saule pleureur me gênent pour tirer. Je cherche une fenêtre de tir et la trouvant, j'aligne ma visée et décoche mais le ragondin plonge au même moment puis remonte pour rejoindre la berge opposée.

Je récupère ma flèche avec mon lancer que j'avais pris au cas où. Les amoureux font toujours leur vie et un autre ragondin traverse tranquillement vers mon côté du lac à 45 mètres plus sur ma gauche. Ma flèche récupérée, je le laisse arriver au bord puis me rapproche doucement. Arrivé là où il devrait se trouver, je ne le vois pas. Je descends le talus et me rapproche du bord quand il plonge. Il était juste contre le bord et regagne la berge opposée sous l'eau. La transparence de l'eau me permet de le voir un moment puis je le perds de vue.

Les amoureux sont dans un arbre mort très touffu qui est tombé dans l'eau contre la berge opposée. Je me positionne en face de l'arbre mais l'un des ragondins plonge et ressort sous les branches hors de portée pour rentrer au terrier. L'autre ne ressort pas.

Je fais le tour et longe doucement au-dessus du fourré sans rien voir. La berge fait un angle droit avant de rejoindre la bande de terre. Le petit ragondin de tout à l'heure repart en surface et commence à s'éloigner du bord. J'arme vise et décoche. Touché, il se débat et meurt très rapidement.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Je récupère ma flèche et le ragondin.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Je laisse mon ragondin posé dans la fourche d'une branche pour le récupérer à mon retour puis je descends vers le second lac qui est juste au pied de la digue du premier. L'eau bouge contre la berge opposée, je finis par apercevoir un ragondin qui vient de remonter sur la berge et qui s'affaire à sa toilette. Je descends le talus du lac pour me rapprocher un peu. Le ragondin qui m'a repéré se fige. Je me cale, arme et décoche mais à presque 20 mètres je passe juste au-dessous. Le ragondin se met à l'eau sans hâte. J'irai récupérer ma flèche au retour, je continue à longer le lac quand, au moment où je dépasse l'île, une femelle ragondin et ses 4 petits se jettent à l'eau.

Ils s'immobilisent en surface, je reste immobile. Que faire, je ne veux pas abîmer mes lame neuves et ma lame usagée est plantée dans la berge opposée. Un autre ragondin se met à l'eau au milieu de la digue et vient tranquillement se joindre aux autres. Les ragondins finissent par contourner l'île. Je fais demi-tour pour revenir par la berge opposée et récupérer ma flèche.

Alors que je vais récupérer ma flèche un ragondin remonte sur l'île mais il me repère avant que je n'ai pu récupérer ma flèche et repars en sens inverse. Je longe le lac par la berge boisée. Les ragondins se remettent à l'eau et contournent l'île pour disparaître. Je longe jusqu'à la digue puis reviens par la berge opposée mais ils ont disparu.

Je pars vers les bois un peu plus loin. Au coin de l'un d'eux je tente des appels sans succès puis remonte un peu plus haut et recommence sans plus de réussite. J'ai une vue imprenable sur le lac en contrebas. Des canards prennent le soleil contre la berge opposée. Je remonte encore un peu et recommence mes appels le long d'un chemin forestier. Toujours rien.

Je redescends vers le lac ce qui fait décoller les canards par vagues successives. En me rapprochant j'aperçois un ragondin qui se dirige vers le bout du lac. Il plonge alors que je descends vers lui. Je tente de me faire un passage au travers d'un énorme roncier pour arriver au bord de l'eau mais je dois renoncer à 3 mètres du bord tellement les ronces sont hautes. Je m'apprête à faire demi-tour quand je perçois du mouvement à 10 mètres sur ma gauche, juste à l'angle du lac. Une foulque démarre de sous les ronces et se coule sous la végétation du bord 3 mètres plus loin. Mes yeux se posent alors sur une petite forme, au milieu d'un petit remous, au pied d'un des saules qui poussent les pieds dans l'eau. Je crois reconnaître une tête de ragondin. Je fais demi-tour alors que la forme a disparu sous l'eau.

Je contourne le roncier puis reviens vers le bord du lac au niveau des saules. Je cherche à repérer le ragondin et me poste au ras de l'eau à 4 mètres d'où était la tête tout à l'heure.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Au bout d'un moment un léger mouvement sous la surface de l'eau me fait repérer le ragondin blotti dans les racines du saule. Il commence à s'agiter et ne va pas tarder à refaire surface. J'arme mon arc et attends. Le ragondin a juste le temps de faire surface que ma flèche est déjà partie et le frappe. Il plonge dans un nuage rouge au milieu des racines. 

Ma flèche ne remonte pas, le ragondin non plus quand un mouvement attire mon regard vers le roncier. Je me décale rapidement au ras des ronces alors que mon ragondin passe péniblement sous les ronces qui tombent sur l'eau. Je pose mon arc et me dépêche d'aller à sa rencontre pour l'empêcher de passer dans le roncier. J'écrase les ronces pour progresser tant bien que mal et parviens à l'endroit où j'ai vu rentrer le ragondin.

Il est là immobile, à mes pieds sous 1 mètre de ronces entremêlées et incapable de bouger. Je dois jouer un moment des sécateurs pour parvenir à le saisir par la queue et à l'achever. 

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Ma flèche rentrée au défaut de l'épaule est ressortie entre les pattes avant et n'a pas du toucher les 2 poumons. Je retourne avec ma prise vers le premier ragondin. Un petit vol de sarcelles décolle alors que je longe le second lac. Je remonte la digue du premier lac quand un vol de colverts décolle du bout du lac et un gros plouf retentit. Un ragondin vient de se mettre à l'eau devant moi. Il remonte un peu plus loin et longe la bande de terre. Je tente de le contourner en longeant le bord de l'eau derrière la bande de terre mais le ragondin me repère et traverse vers la berge opposée.

Je prends le pas de course pour l'intercepter en face mais je le perds un instant de vu en passant derrière des arbres et, à mon arrivée, il est déjà calé contre le bord. J'avance doucement en me tenant prêt quand il démarre au pied d'un arbre à 7 ou 8 mètres. J'arme, vise et décoche mais il plonge au même moment et remonte contre la berge opposée pour la longer et rentrer au terrier alors que je récupère ma flèche. 

Après avoir fait une petite photo de mes 2 petites prises je remonte vers la voiture.

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Je jette un coup d’œil en arrière et aperçois 4 chevreuils qui se dirigent vers l'angle du bois où j'ai joué du Butollo tout à l'heure. Je me dépêche de poser les ragondins et repars en chasse mais je perds les chevreuils de vu derrière des arbres et à mon arrivée je ne les vois plus. Je tente des appels mais rien n'y fait, ils sont rentrés et ne ressortiront pas. Cette fois ci, je rentre.

 

Alex

 

Atteinte :

Le "bois du Turc" au Butollo, 31 décembre 2010

Partager cet article

Repost0
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 13:17

Ce matin, j'ai décidé de revenir faire un tour au chevreuil à Labéjan. Il a bien gelé à nouveau cette nuit et je sais que l'approche sera difficile. Ayant remarqué la veille que les chevrettes étaient réceptives aux appels, je décide de me faire une petite sortie avec mon Butollo. En arrivant, je constate qu'en plus du gel je vais avoir droit au brouillard. Je me gare comme à mon habitude, me prépare puis remonte un peu par la route, escalade le talus et me dirige vers le bosquet où je m'étais posté hier matin. Tout est calme, les chevreuils doivent être encore en vadrouille. Je longe doucement le bosquet en essayant de ne pas faire trop craquer le sol gelé sous mes pas. 2 merles, se poursuivent au sol un peu plus loin puis décollent à mon arrivée. Le soleil se lève dans de jolis teints roses sur la campagne gersoise gelée. 

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Arrivé au coin du bosquet, je jette un coup d’œil vers le ru mais il est noyé dans le brouillard et je ne vois pas plus loin qu'à 50 mètres, où commence la nappe de brume. Je décide de continuer en crête vers où j'ai vu les premiers chevreuils hier matin. J'avance doucement mais mes pas font un bruit terrible malgré mes précautions. Arrivé au coin du bois, toujours rien, le pré gelé en dessous est désert et ma visibilité ne va même pas jusqu'à la haie du bas. Je décide d'avancer vers la petite haie qui borde la friche un peu plus loin. Je me positionne au bout de la haie. L'ambiance est magique, le givre recouvre tout, pas un bruit dans l'air et ce brouillard qui m'enveloppe.

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Je lance quelques appels. Immédiatement 2 silhouettes se mettent à se rapprocher dans la brume. Je continue un peu mes appels. Une chevrette et son chevrillard, déjà presque aussi grand quelle, se rapproche rapidement et biaise pour venir se coller contre la haie. Ils montent droit sur moi. Je cesse les appels alors qu'ils sont à 40 mètres. Ils continuent à avancer. Je me penche doucement pour les apercevoir car la haie me les masque. Je finis par les perdre de vue. Vont-ils sortir à droite ou à gauche ? Je regarde alternativement les 2 côtés de la haie, quand je distingue à peine un mouvement qui semble traverser la haie. J'arme mon arc. La chevrette sort à moitié de la haie côté gauche, à 12 mètres et regarde vers moi, mon viseur se pose sur son coffre, elle détourne le regard pour s'avancer. Je décoche mais elle perçoit le mouvement et tente de faire demi-tour. Ma flèche qui la frappe juste sous le menton en sectionnant les cervicales la couche sur place. Je reste un instant sans bouger puis me rapproche doucement. Le chevrillard n'a pas bougé, il est juste à 30 mètres de moi et regarde sa mère.

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Il finit par s'avancer, traverse la haie et me contourne à bonne distance. Je tente des appels de Butollo mais malgré sa curiosité, il reste hors de portée mais ne semble pas vouloir partir. Je laisse tomber et par voir ma chevrette couchée plus bas. Il finit par s'éloigner doucement en descendant en biais vers le bois, s'arrêtant sans cesse pour regarder vers moi et sa mère. 

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Ma flèche est en fait rentrée sous le menton, est ressortie au milieu du coup pour se ficher dans l'épaule de la chevrette. Une flèche foudroyante même si ce n'était pas la flèche que je visais. Impossible de ressortir la flèche, je dévisse donc la lame  pour dégager ma flèche puis traîne ma chevrette pour la ramener vers la voiture.

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Je descends vers la haie pour rattraper le bord du ru et sa bande enherbée. A peine la haie traversée, j'aperçois 3 silhouettes de chevreuils dans le brouillard à 300 mètres sur ma gauche. Je rejoints rapidement une petite haie perpendiculaire au bois, dépose ma chevrette et reprends mon Butollo. Le relief du champ me cache les chevreuils. Je me poste au bord d'une trouée dans la haie, près d'une belle coulée et commence mes appels. Très rapidement, j'aperçois les chevreuils qui arrivent au galop, la chevrette en tête. Ils viennent se planter à 30 mètres de la haie et ne semblent plus vouloir avancer. Les 2 jeunes restent figés alors que la chevrette fait des va et vient parallèlement à la haie au grès de mes appels. J'ai beau tout essayer comme style d'appel, elle ne veut plus venir d'avantage. Je tente des aboiements qui la font venir un peu plus mais elle finit par partir avec ses rejetons vers le sommet du coteau et disparaître dans le brouillard. 

Je reprends ma route en traînant ma chevrette, pas d'autres chevreuils dans le secteur. Je dépose la chevrette à la voiture et pars chasser après le lac que je longe pour aller vers le grand bois.

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

En arrivant au départ du ruisseau, je fais détaler du bosquet 3 chevreuils dont un brocard en velours. Je ne les avais pas vus et mon approche bruyante les a mis en fuite. Je me positionne rapidement au bout de la haie qui longe le ruisseau et commence à appeler au Butollo. Une chevrette qui vient de passer le passage busé 150 mètres en amont regarde immobile dans ma direction. Focalisé par cette dernière, je suis surpris par un grand fracas sur ma gauche à l'angle du bosquet.

Une grosse chevrette vient d'arriver au galop et cherche la provenance des appels. Elle tourne à 25 mètres de moi environ dans le fragon puis fait demi-tour pour rejoindre ses congénères. Je la perds de vue. L'autre chevrette a été rejointe par le brocard et la seconde chevrette arrive. Je continue mes appels mais ils finissent par faire demi-tour et retourne vers le chôme de maïs un peu plus loin.

Je décide d'aller faire le tour du grand bois, plusieurs hérons et aigrettes sont posés à mi-pente dans le champ au-dessus de moi. Je traverse un pâturage au milieu des vaches puis traverse une haie et rattrape la bordure du bois que je suis en faisant des haltes d'observation. Pas de chevreuils.

Je saute un fossé et remonte en longeant un petit bosquet planté au milieu d'une luzerne qui longe le bois. En arrivant au coin du bosquet, une chevrette et son jeune traverse la luzerne au galop pour rejoindre le bois. je m'agenouille et tente le Butollo mais les chevreuils s'arrêtent en crête au ras du bois, regardent vers moi mais ne sont pas décidés à revenir. Je me redresse ce qui les fait fuir immédiatement.

Pas d'autres chevreuils, je reviens vers la voiture en traversant les chômes de maïs levant au passage 2 vanneaux et des alouettes. De retour à la voiture, je pars pour le bois du Turc.

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Le soleil a chassé le brouillard, un beau vol de vanneaux est posé au milieu de la réserve. Je me gare et par à travers champ vers la crête pour redescendre en longeant les petits bosquets sur la gauche du bois du Turc. Rien en vue, je descends puis contourne le 2ième bosquet par le bas. Arrivé de l'autre côté du bosquet vers l'angle, j'aperçois un chevreuil en haut d'un talus en friche bordé d'une haie de chênes. Je me recule pour observer. Le chevreuil, descend le talus et se met à brouter la tête cachée derrière un genévrier.

Je tente quelques appels de Butollo mais le chevreuil ne réagit pas, je tente donc une approche. Je longe doucement le bosquet, le chevreuil occupé à son repas ne me remarque même pas. Mon approche est assez silencieuse et je gagne mètre après mètres quand un chevreuil démarre juste au-dessus de moi dans le bois et son galop fait démarrer mon chevreuil qui remonte et rejoint 2 autres chevreuils en haut du talus. Je suis repéré, j'attends un moment mais toujours l'un des animaux me regarde puis ils finissent par passer derrière des arbres.

Je tente le tout pour le tout et traverse le pré à découvert pour rejoindre le pied du talus. Les chevreuils aboient et remontent vers la crête. Je longe le dessous du bosquet puis remonte à la crête. Les chevreuils se dirigent vers la route où j'ai fait mon approche quand les chiens de la ferme arrivent à leur rencontre en aboyant. Les chevreuils s'arrêtent puis font demi-tour et reviennent droit sur moi. Je me poste à l'angle d'une mare asséchée et attends un peu mais les chevreuils décident de partir vers le bois du Turc. Je les regarde disparaître puis retourne à la voiture.

Sur le retour, je croise un lièvre se dorant au soleil au coin d'un bosquet et 2 autres chevreuils rentrant au bois.

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Alex

 

Atteinte :

Une sortie au butollo, 13 décembre 2010

Partager cet article

Repost0
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 13:14

Ce matin, j'ai décidé d'aller faire un tour à l'approche sur Labéjan. Il y a quelques temps Cyril qui lit souvent mon blog m'avais contacté pour savoir si je donnais "des cours d'approche", Il veut se mettre à la chasse à l'arc, je lui avais répondu que non mais que, s'il voulait, je pourrais le prendre chasser avec moi dès que possible. Vendredi soir, je l'ai donc contacté et nous avons pris rendez-vous ce matin à 7 h sur la place d'Auterrive.

Nous partons donc pour Labéjan, les conditions ne sont pas favorables ce matin, il a gelé très fort et tout va craquer pendant les premières heures de la matinée. Arrivés sur place, nous nous garons sous la digue du lac et attendons que le jour se lève. Je propose à Cyril une petite poussée silencieuse pour commencer. Je lui explique mon plan et pars me poster au coin d'un petit bosquet en crête, au milieu des champs. Cyril doit attaquer par le coin opposé et venir doucement vers moi en longeant le bois. 

Sortie chevreuil avec Cyril, 12 décembre 2010

Je suis posté et l'attente commence, rien ne bouge. Au bout d'un moment, j'entends du bruit en bas du bosquet et aperçois Cyril qui longe par le bas. Il n'a pas compris ce que je lui avais expliqué, ce n'est pas grave, il semble que de toute façon les chevreuils n'étaient pas là ce matin. Je quitte mon poste en sifflant pour l'avertir et nous nous rejoignons au coin du bosquet.

Nous allons avancer doucement en crête pour tenter de repérer un chevreuil à grande distance puis essayer de l'approcher. Le sol craque terriblement sous nos pas et la veste en nylon de Cyril fait un bruit terrible. Nous sommes assez mal partis pour approcher un chevreuil.

Au coin du bois suivant, je décide de couper droit à travers champ pour rejoindre une friche devant nous, quand, alors que nous sommes en plein découvert, 2 chevreuils déboulent au galop en bas du champ, à 150 mètres environ, en traversant la haie et nous repèrent aussitôt. Ils détalent vers la friche en suivant la haie. Nous prenons le pas de course pour rejoindre une petite haie qui borde la friche et voir où vont les chevreuils mais ils ne remontent pas et continuent sur leur lancée.

Nous apercevons alors 2 autres chevreuils, qui suivaient certainement les 2 premiers, s'éloignant de la haie en remontant dans le champ d'en face et, alors qu'ils viennent aussi de nous repérer, ils prennent le galop pour se diriger vers un bosquet un peu plus haut sur notre droite. Ça commence mal !

Tout à coup, alors que je m'apprête à descendre vers le bas du champ, j'aperçois à 600 mètres environs 3 chevreuils puis 4 qui détalent sur la crête vers la résidence secondaire. Je pense savoir où ils vont et fait prendre le pas de course à Cyril pour revenir vers l'angle du bosquet où j'étais posté ce matin.

Nous arrivons au coin du bois, 2 chevreuils arrivent par le chaume de maïs et descendent vers le ru. Impossible de traverser à découvert vers le coin du bosquet sans être repéré, je décide de rester là, c'est aussi un bon passage. Je me poste, Cyril est juste à quelques mètres derrière moi. L'attente commence, les chevreuils qui arrivaient au galop ont franchi le petit ru et sont masqués par le relief du champ, nous en profitons pour nous déplacer vers un des chênes qui forment une haie espacée qui rejoint le bosquet. Nous nous postons. Une voix retentit au bas du bois "viens ici, viens ici", certainement un chasseur qui rappelle en hurlant son chien parti derrière les chevreuils. Les deux chevreuils remontent vers nous puis s'arrêtent à 20 mètre du ru. Ils sont inquiets et observent.

3 autres chevreuils arrivent par le chaume de maïs à l'angle du lac et finissent par traverser la route pour rentrer dans le chaume de maïs à 40 ou 50 mètres au-dessus du ru. Ils avancent tranquillement en mangeant.

Tout à coup, les 2 chevreuils partent au galop vers l'autre côté du bosquet. Je tente le tout pour le tout, nous nous dépostons pour nous reposter dans le bosquet sur le passage des chevreuils et nous attendons un moment. Rien ne vient, ils ont dû couper droit le long du grillage de l'habitation. Nous quittons notre poste et nous nous décalons vers l'angle opposé. 3 chevreuils longent le ru de notre côté et vont vers le passage de débardage. Demi-tour, nous repartons nous poster derrière le chêne de tout à l'heure mais nous arrivons trop tard, les chevreuils sont déjà en bas et nous ne pouvons pas traverser à découvert pour atteindre le chêne. Nous restons à observer, cachés derrière l'angle du bosquet. Les chevreuils, une chevrette et ses chevrillards longent le ru doucement en s'arrêtant pour brouter mais ne semble pas vouloir remonter vers nous.

Je décide de tenter d'appeler la chevrette avec une herbe coincée entre mes pouces. Il me faut un moment pour trouver la bonne herbe mais cette fois c'est bon, je fais des petits appels brefs et espacés. La chevrette se tourne vers nous et démarre. Elle fonce droit vers nous au galop, suivie de ses rejetons. Elle marque quelques poses mais redémarre à chaque appel puis viens d'un pas décidé droit sur nous.

Elle n'est plus qu'à 70 mètres environ et, la voyant monter droit sur nous, je me saisis de mon arc, laissant tomber mon herbe précieuse. La chevrette s'arrête un long moment et observe vers nous. Impossible de retrouver mon herbe et les herbes gelées ne font pas le bon son.

La chevrette commence à devenir méfiante et se met à tourner pour repartir en sens inverse. Je l'arrête un moment et la fait revenir légèrement en l'aboyant mais rien à faire, elle se doute de quelque chose. Cyril tente de me donner un coup de pouce en coinçant une herbe entre ses pouces et en lançant des appels. Le chevrette revient un peu puis fait volteface et redescend. Je retrouve une herbe convenable et réessaye mais cette fois la chevrette a compris et elle redescend en biais vers le passage de débardage. 2 autres chevreuils surgissent du coin du bois en sens inverse de la chevrette puis font demi-tour et s'enfuient en remontant à travers le chôme de maïs d'en face.

Je décide de tenter de couper la route de la chevrette et des chevrillards en contournant le bois. Nous pressons le pas, traversons une haie puis descendons à travers une prairie gelée vers un passage au travers de la haie qui borde le ru. Arrivé au passage, nous apercevons les 3 chevreuils qui nous ont déjà repérés et qui s'enfuient en marquant des arrêts fréquents pour nous observer. Ils finissent par disparaître au loin derrière la résidence secondaire.

Nous partons maintenant vers le lac et apercevons 5 chevreuils dans le chôme de maïs au-dessus du lac, ils démarrent et s'enfuient vers un petit bosquet en sommet de coteau. Nous longeons le lac puis le ruisseau avant d'arriver contre le bois. Nous avançons tranquillement quand nous apercevons 3 chevreuils qui reviennent en sommet de coteau vers le bosquet que nous venons de dépasser. Ils passent derrière la crête. Nous remontons rapidement vers le bosquet mais une fois en haut les chevreuils sont à plus de 200 mètres en contrebas dans le chôme de maïs et partent vers l'angle du lac.

En me retournant vers le lac, j'aperçois 3 autres chevreuils qui sortent tranquillement du bois à 400 ou 500 mètres. Nous redescendons, passons le passage busé du ruisseau et partons nous poster dans le petit bosquet au-dessus du lac. Je laisse Cyril derrière un gros chêne et je monte juste un peu plus haut derrière des buissons. L'attente ne va pas durer bien longtemps. Nous apercevons les 3 chevreuils arrivant au galop et traversant le ruisseau par le passage busé pour remonter vers le bosquet en sommet de coteau où nous étions il y a juste un instant. Dommage, quelque chose ou quelqu'un leur a fait peur.

Nous nous dépostons et traversons le bosquet en diagonale pour ressortir à l'angle contre le lac. Je jette, au cas où, un œil dans les terriers de ragondins éventrés par mes déterrages successifs et alors que je passe au ras du dernier mes yeux se posent sur une queue de ragondin. Je dis à Cyril de ne pas faire de bruit, je change ma flèche pour une avec une lame moins neuve, m'agenouille à juste 1.5 mètres du terrier pour prendre de l'angle. Vise au bout de la queue et décoche.

Le ragondin touché à l'arrière train se débat et grogne furieusement. Je pose mon arc et me précipite pour l'attraper par la queue avant qu'il ne parvienne à se dégager et l'achève d'un coup sec.

Sortie chevreuil avec Cyril, 12 décembre 2010

Nous retournons à la voiture avec ma prise et apercevons un chasseur et son chien qui arrivent par le passage busé, c'est lui qui a affolé les chevreuils. La matinée est déjà bien avancée mais je décide de tenter le bois du Turc. Avant d'arriver à l'emplacement où je me gare d'habitude, j'aperçois 4 chevreuils au gagnage près d'une petite mare en contrebas de la route. Je pars me garer, donne ma polaire moins bruyante que sa veste à Cyril et nous voilà parti pour une nouvelle approche. Nous avançons vers un gros roncier qui nous cache à la vue des chevreuils et parvenons assez facilement à une cinquantaine de mètres de la mare.

Je me penche alors sur la gauche du roncier pour tenter de voir les chevreuils que je pense voir venir vers nous mais je me découvre un peu trop et une chevrette me remarque. Je reste figé pensant la voir fuir mais elle regarde ses congénères très calmes et finit par se remettre à brouter. Le petit groupe ne réagit pas comme je le pensais, au lieu de revenir vers le bois la chevrette de tête commence à remonter vers la route. Elle disparaît derrière une bordure de ronces qui longe un chemin de terre perpendiculaire à la route.

Nous devons laisser passer les 3 autres avant de bouger car une zone de découvert dans la bordure de ronces pourrait nous trahir. Au bout d'un moment les 3 autres suivent. Demi-tour, en gardant le gros roncier comme écran nous revenons vers la route puis la longeons, cachés derrière un talus assez haut. La route fait un angle droit avant de revenir vers l'arrivée du chemin de terre. Je ralentis doucement et me voûte de plus en plus en me rapprochant du chemin car le talus baisse et les graviers crisses sur le goudron. Je ne prête pas trop attention à Cyril qui me suit mais lui lance un petit "essaie de pas faire trop de bruit" sans me retourner. Arrivé au niveau du chemin, je me redresse un peu et aperçois un brocard avec 2 petites bosses en velours qui biaise pour rejoindre la route 30 mètres plus devant nous. 

Le relief du chemin qui fait une bosse nous camoufle, j'avance rapidement en serrant le plus possible le talus et voûté au maximum. Quand je me redresse un peu, j'entrevois la chevrette de tête qui arrive à la route. Je m'agenouille et arme dans le mouvement mais le temps passe et rien ne vient. Sans me retourner et toujours armé vers la sortie espérée de la chevrette, je demande en chuchotant à Cyril s'il a été vu et il me répond négativement mais toujours rien. Je me redresse doucement et aperçois les chevreuils en bas du champ en train de s'enfuir. Cyril qui était sur la route, trop décalé par rapport au talus a été vu. Dommage, c'était une belle approche.

Nous partons à travers champ pour tenter de repérer un autre chevreuil. Nous biaisons vers les bosquets où Arnaud a fléché sa chevrette. Juste en arrivant à la crête du pré, j'aperçois en contrebas une chevrette qui arrive vers le bosquet. Je le signale à Cyril et nous nous plaquons contre le bosquet cachés derrière la crête puis je commence mon approche, suivi par Cyril, en descendant le long du bosquet. La chevrette a déjà passé l'angle du bosquet et ne peut pas me voir arriver, j'essaie de rester au maximum silencieux, arme mon arc avant d'arriver à l'angle mais alors que je pense tomber sur la chevrette, je constate qu'elle est déjà rentrée au bois.

Cyril me signale qu'il a vu 3 chevreuils dans le pré d'en face mais ils sont passés derrière la cime des arbres du bois du Turc. Nous descendons au cas où mais ils sont rentrés au bois. Nous retournons à la voiture.  

 

Alex

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:56

VENDREDI :

Ce weekend Laurent et Arnaud viennent chasser cher moi, j'ai quelques bracelets chevreuil et je vais tenter de leur faire flécher un chevreuil chacun. Nous chasserons sur le territoire de Labejan.

Vendredi soir, je rentre du boulot vers 17h45, Laurent et son père m'attendent devant chez moi. Nous discutons un peu et nous nous préparons pour la chasse du soir. Le père de Laurent nous quitte pour rejoindre Bazugues où je lui ai trouvé une palombière pour chasser tout le weekend. Une fois prêts, nous partons donc avec Laurent pour un secteur très giboyeux de Labejan. J'essaie d'expliquer au mieux le territoire à Laurent, puis le laisse près d'un maïs, où j'ai fléché mon chevrillard cette année, alors que je pars en repérage. Laurent passe le passage busé et longe le ruisseau sur la gauche alors que je reste sur la droite et poursuis en longeant le bois. Je longe tout d'abord un champ travaillé puis passe une clôture électrique pour arriver dans un pré encore pâturé récemment par des vaches. Les sangliers sont passés cette semaine, de nombreux coups de nez jonchent le sol et les bouses sèches ont été retournées. Une partie de ce remue-ménage semble assez frais.

Je longe un moment le bois puis une haie perpendiculaire pour trouver un passage vers le pré de l'autre côté. Les coups de nez se dirigent vers un petit bosquet que je n'ai jamais visité. Je décide d'y jeter un coup d'œil avant de poursuivre. Une bordure d'arbres délimite une zone humide piétinée par les vaches et où les sangliers semblent venir se souiller, je longe la bordure d'arbres pour trouver un passage pas trop marécageux. Un énorme nid de frelons asiatiques occupe la cime d'un arbre à 4 ou 5 mètres du sol, il ne semble pas actif. Je poursuis ma route et trouve une coulée faite par les vaches. Je traverse la bande arborée et débouche sur la zone humide qui semble très fréquentée. Elle précède un gros roncier épais qui doit faire un gîte idéal pour les sangliers, au-dessus un talus boisé assez clair.

Je décide de rester un moment posté au bout du roncier, à bon vent. J'ai une bonne vue sur la zone humide et sur le bois clair. Le temps passe, rien ne bouge si ce n'est quelques mulots et quelques passereaux. La luminosité commence à baisser et je décide de poursuivre mon chemin pour rejoindre Laurent en contournant le bois. Je remonte dans le bosquet et ressors sur le pré, de l'autre côté de la haie. J'avance tranquillement vers le bois en longeant la clôture électrique. Je constate qu'ici aussi les sangliers ont donné des coups de nez. Tout à coup, alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres de la bordure du bois, le sous-bois s'anime. Des bruits de pas nombreux, des bruits d'eau, des craquements de bois et des feuilles froissées... Le vent dans mon dos vient de me trahir, une bande de sangliers, affairée à patauger dans le lit du ruisseau, vient de démarrer et remonte dans le bois. A mesure que je me rapproche, les retardataires rejoignent les premiers partis et le calme finit par s'installer au moment où j'atteins la bordure du bois.

La luminosité tombe vite, je me dépêche de rejoindre un chemin de terre qui traverse le bois en diagonale pour tenter de couper la fuite des sangliers. Je rentre dans le bois par ce chemin et le suis le plus rapidement et discrètement possible. La luminosité en sous-bois est faible et ne permet un tir qu'à faible distance. Au bout d'un moment j'entends à nouveau les sangliers, ils ont déjà traversé le chemin et avancent tranquillement en lisière haute du bois en retournant les feuilles mortes. Je laisse tomber pour ce soir, il fait trop sombre. Je ressors du bois et descends vers le maïs pour retrouver Laurent. Il fait nuit quand j'arrive au maïs et mes sifflements restent sans réponse.

Je rentre vers la voiture. Pas de canard sur le lac, Laurent est déjà passé. Je finis par le rattraper au coin du maïs qui borde le lac. Il a vu quelques chevreuils mais n'a rien pu faire. Nous rentrons.

SAMEDI :

Ce matin, je dépose Laurent au "bois du Turc", J'ai repéré de nombreux chevreuils lors de mes sorties matinales et j'ai bon espoir pour la réussite de sa matinée d'approche. Je lui explique un peu le territoire puis pars chasser le ragondin en attendant de venir le récupérer.

Je commence par le lac du "Fourcès", sous le village de Labejan. Je me gare au bord de la route à l'aplomb de la digue du lac puis descends vers le lac qui semble calme mis à part de nombreux canards qui prennent leur envol. Je décide de longer la berge côté route où se trouve la grande majorité des terriers. J'avance doucement, le sol est jonché de crottes de ragondins. Tout à coup, du mouvement dans les ronces puis plusieurs plongeons successifs. Des traînées de bulles s'éloignent du bord et je me tiens prêt espérant voir ressortir des ragondins. Au bout d'un moment, un ragondin de taille moyenne refait surface à 8 mètres environ. J'arme, il se remet à nager vers la berge opposée, je vise et décoche avec un léger 3/4 arrière. L'impact est net, il plonge et je m'attends à le voir remonter rapidement car ma flèche semble bonne. Effectivement il refait surface assez rapidement et s'immobilise à 12 mètres du bord environ.

L'eau rougit autour de lui mais il reste paisible. Que faire, tenter une seconde flèche ou attendre. Je décide d'attendre un peu puis commence à comprendre que ma flèche n'est pas mortelle à brève échéance. Je me décale un peu et essaie d'armer sans qu'il ne s'enfuit mais il plonge puis remonte hors de portée et file vers la berge opposée. Je n'ai pas le temps de l'intercepter en courant vers son point d'arrivée. Je décide de le laisser se poser et d'aller voir dans un moment. Je recommence à avancer doucement. L'eau bouge à l'entrée des terriers sous mes pieds puis de nouveau plusieurs ragondins plongent sans se montrer. L'un d'eux remonte à 10 mètres environ. J'arme vise et décoche alors qu'il s'éloigne sur l'eau. Je le frôle, il plonge et ne refera pas surface.

L'eau bouge le long de la berge, les ragondins sont à l'abri. J'attends un peu mais rien ne ressort. Je décide d'aller voir si je retrouve le ragondin blessé mais rien, il est lui aussi rentré dans un terrier.

Je pars voir la mare juste au-dessus et fais décoller 2 colverts. Pas de ragondin, je retourne à la voiture. De la route en crête, j'ai une vue imprenable sur la zone de chasse de Laurent et je regarde vers le bois en croisant les doigts pour lui.

Je vais faire un tour sur un autre lac en revenant vers le "bois du Turc". Je me gare au bord de la route et descends vers le lac dont l'eau semble agitée au pied du gros saule dont les racines abritent les terriers du lac. Un gros roncier ainsi que le saule m'empêchent de voir la cause de cette agitation. En me rapprochant doucement, je constate qu'il s'agit d'une foulque. Je longe le roncier et enjambe la clôture électrique qui borde le lac quand un animal démarre dans les ronces. Je m'avance rapidement au bord de l'eau et aperçois juste un ragondin qui plonge. L'eau du lac a bien baissé et les terriers que je garde sur ma gauche sont hors d'eau, il ne peut pas m'échapper sans se montrer à découvert. Devant moi, un saule mort trempe dans l'eau et j'ai souvent vu les ragondins s'y réfugier, je surveille donc alternativement les terriers et l'arbre mort noyé.

 

 

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Tout à coup, mon ragondin refait surface à 6 ou 7 mètres plein travers. J'arme doucement mais il s'éloigne sur l'eau en me tournant le dos. Je vise devant et décoche. L'impact est impressionnant, un craquement effroyable qui stoppe net mon ragondin. Ma flèche est entrée à l'arrière de la tête. Je le récupère ainsi que ma flèche à l'aide de mon petit lancer alors que la foulque se promène sur le lac.

Je décide d'aller jeter un œil sur la petite mare de l'autre côté du roncier. Je m'approche doucement, je n'ai jamais vu de ragondin dans cette mare mais elle semble assez fréquentée. Arrivée au bord, une bécassine, posée sur un troc d'arbre couché en travers de la mare dont le niveau d'eau est très bas, décolle à 2 ou 3 mètres de moi et me distrait un instant. Et alors que mes yeux redescendent sur la mare, j'aperçois un ragondin qui rentre au terrier. Le temps d'armer je ne le vois plus. Il me semble le distinguer vaguement à l'entrée du terrier et, le temps d'hésiter à décocher, il rentre définitivement à l'abri.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

J'inspecte minutieusement le reste de la mare sans succès puis la contourne et pars examiner les joncs et un autre arbre mort en bordure du lac. L'eau bouge à mon arrivée mais j'ai vu la foulque tout près tout à l'heure. Je m'approche doucement et la vois décoller pour se reposer un peu plus loin sur le lac. Je remonte à la voiture avec ma prise.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Je pars pour un autre lac situé au milieu des bois toujours en revenant vers Laurent. Je me gare au bout du chemin de terre qui conduit au lac, près de la route, puis descends en longeant le bois. A mon arrivée plusieurs colverts décollent mais l'eau qui se calme ne laisse voir aucun ragondin. Le paysage est magnifique dans ses couleurs d'automne.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Je tente de descendre sous la digue vers un tout petit lac mais il est totalement à sec et désert ce matin.

Je remonte à la voiture. Cette position en crête donne une vue imprenable sur le territoire où nous chassions hier soir. Le maïs où chassait Laurent hier soir est à environ 800 mètres. Le long de la bordure du champ, qui se poursuit par un champ travaillé en revenant vers le lac, une petite tache luisante par intermittence capte mon regard. Je fixe cette direction avec insistance et finis par comprendre qu'il s'agit d'un chevreuil au moment où il se met à avancer sur le champ travaillé. Un second chevreuil sort du maïs et le suit en direction du petit bosquet au-dessus du lac.

La matinée est déjà avancée, il est plus de 10 heures, je décide d'appeler Laurent pour savoir où il en est. Il me répond en chuchotant, je n'insiste pas et raccroche rapidement. Je descends vers le lac pour aller faire du repérage et en me garant j'aperçois 2 chevreuils, à 300 mètres environ sur ma gauche, en train de manger dans un chaume de maïs fraîchement moissonné. Je suis en train de sortir de la voiture quand Laurent me rappelle. Il est sur le retour, je lui explique la situation et pars le chercher pour lui faire tenter une approche.

Je le retrouve où je l'avais laissé ce matin, il a vu 9 chevreuils dont 2 bandes de 4 et 2 renards ses approches n'ont pas pu aboutir mais il a tout de même réussi à faire quelques belles tentatives.

De retour au lac, je me gare sous la digue et montre les chevreuils à Laurent. Ils ont à peine bougé. Je réfléchis rapidement et nous mettons au point la technique d'approche. Je sais d'avance où les chevreuils vont se diriger à la fin de leur repas. Ils rentrent normalement par un chemin de débardage au coin du bois. 2 possibilités pour Laurent, soit il longe le ruisseau du déversoir du lac derrière une haie épaisse mais souvent interrompue sur des distances importantes soit il remonte par la route puis coupe à travers champ pour rejoindre la bordure du bois en L et la suivre en sous-bois pour redescendre par les coulées vers l'entrée du chemin de débardage. Nous optons pour la seconde solution.

Je laisse partir Laurent et pars jeter un œil au maïs. Je biaise en remontant pour passer au-dessus du petit bois qui borde le lac puis redescends pour rejoindre la bordure du maïs. Pas de chevreuil en vue, ils doivent être rentés au bois. Je rejoints la bordure du maïs et remonte vers l'angle du champ quand un chevreuil démarre a milieu des pieds couchés par les intempéries. Je n'ai pas pu le voir.

Arrivé au coin du maïs, je longe le champ par un chemin de terre et inspecte les passages de canon sans rien voir. Arrivé au dernier passage, je redescends vers la bande enherbée et retourne vers le lac. Mon portable sonne alors que j'arrive au bout du lac, c'est Laurent. Son portable passe mal et j'ai du mal à le comprendre, ça n'arrête pas de couper. Je comprends tout de même qu'il a tiré et qu'il cherche sa flèche mais qu'il semble ne pas avoir tiré sur les chevreuils ?!

Je le rejoints, il a en fait réussi une très belle approche sur une belle chevrette mais il a été trahi par son décocheur qui a lâché à l'armement envoyant sa flèche dans le chaume de maïs bien au-dessus du chevreuil. Laurent me mime la scène, il a réussi à se rapprocher de la bordure du bois où il a aperçu la chevrette qui venait vers lui puis s'est calé pour l'attendre mais il la perd de vue un instant à cause d'un talus et se décalant un peu pour l'apercevoir, il la revoit sortir à 4 mètres de lui. Il commence à armer et le décocheur lâche. Quel dommage, il est dégoûté d'avoir raté une si belle occasion et je ne sais pas trop quoi lui dire, cela fait 4 ans que Laurent vient chasser chez moi et le Gers ne lui réussit pas vraiment.

Ne retrouvant pas la flèche, nous décidons de rentrer faire les courses pour le weekend, il est bientôt l'heure de manger. Sur le retour Laurent ressasse sa mésaventure quand j'aperçois 2 chevreuils au fond d'une combe qui reviennent vers une bordure de bois qui longe la route qui remonte vers l'endroit où j'ai laissé Laurent ce matin. Je me gare et jette un coup d’œil avant de tenter le tout pour le tout. Je remonte en voiture par la route et tente d'estimer la zone où les chevreuils devraient traverser puis je poste Laurent et pars plus loin pour tenter de les dissuader de traverser plus haut. Je m'avance dans un pré qui suit le bosquet puis rentre en sous-bois par une grosse coulée qui me mène vers la combe où étaient les chevreuils tout à l'heure. Ils ne sont plus là, je longe tranquillement le bosquet un moment puis remonte, pour retrouver Laurent qui comme moi n'a rien vu. Cette fois nous rentrons.

En milieux d'après-midi, nous repartons pour Labejan. Laurent veut poser son tree-stand le long du maïs et sachant que les chevreuils sortent assez tôt dans le secteur, il vaut mieux qu'il soit prêt assez tôt. Nous nous garons sous la digue du lac et je l'accompagne pour lui montrer les coins que je pense les plus favorables et l'aider à porter son attirail. Nous longeons le lac puis le ruisseau d'alimentation en discutant quand j'aperçois 2 chevreuils à environ 100 mètres devant nous. J'attrape Laurent et le serre avec moi contre la haie qui borde le ruisseau. Je lui montre les chevreuils et lui demande ce qu'il en pense. L'approche est trop difficile, nous laissons tomber et continuons, faisant détaler les chevreuils en passant le passage busé.

Sur la bande enherbée nous cherchons un poste pour Laurent. Le gros peuplier est trop à découvert à l'angle du champ, nous cherchons donc un hêtre assez gros pour poser le tree-stand. Des coulées très marquées sortent sur toute la longueur du bois et très proches les unes des autres. Le mieux est de se positionner près d'un passage de canon, c'est par là qu'arrive souvent les animaux. Laurent décide de se poster sur l'arbre ou Patrick avait fléché sa chevrette l'an passé.

Je le laisse s'installer et pars pour le "bois du Turc" pour tenter de revoir les renards ou les sangliers. Je me gare et pars vers 2 petits bosquets sur ma gauche. Je contourne le premier et examine un petit lac qui ne semble pas fréquenté par les ragondins puis remonte vers le second bosquet. Je reste un moment en haut d'un talus et observe le biotope. En face le bosquet se termine par une bande de friche sale avec des ronces des aubépines et des genévriers mais assez clair semé tout de même, un coin sympathique pour le gibier. Je décide de longer le second bois pour voir les passages. L'aspect touffu de l'extérieur est trompeur, il semble que l'intérieur soit assez praticable.

Je reviens vers le bois du Turc et tombe sur une source où les sangliers semblent venir régulièrement se souiller. Je suis le fossé dans lequel se déverse la source, il est marqué de nombreuses empreintes de sangliers et me conduit vers l'angle du premier bosquet à une belle coulée qui remonte dans le bois. Je la suis et m'installe dans le bois assez clair pour attendre un peu en observation. Le temps passe, rythmé par l'observation des passereaux qui font beaucoup de bruit que ce soit dans les arbres ou sur les feuilles mortes au sol.

Quand la luminosité commence à décroître, je quitte mon poste et pars pour l'approche. Je commence à descendre dans la friche salle quand j'aperçois 4 chevreuils en bordure du bosquet d'en face. Ils m’ont repéré, l'un d'entre eux est encore couché. Ils m'observent un moment alors que je reste immobile puis s'éloignent doucement avant de prendre le galop pour disparaître derrière le bois.

Je quitte le bosquet et rejoints la bordure du bois du Turc que je longe un moment avant de rejoindre par une grosse coulée un chemin forestier, levant au passage un chevreuil sans l'apercevoir. Je descends, passe l'angle du bois puis longe par une bande enherbée un semé de colza. Plus loin une tache rousse attire mon regard, un renard ? Je reste un moment sans bouger et finis par me rendre compte qu'il s'agit d'un chat. Je tente des cris de souris pour m'amuser mais il est focalisé sur sa chasse et cherche une proie bondissant puis se tapissant et bondissant à nouveau de part et d'autre d'une grosse branche. Il est tellement pris par sa chasse que je m'approche sans grande difficulté à 20 mètres sans qu'il ne me repère puis il finit par me voir et rentre au bois. La récréation terminée, je reprends ma chasse.

Un peu plus loin, je bifurque pour rentrer dans un pré enclavé dans le bois. Une chevrette, plantée face à moi à 60 mètres environ m'observe puis s'enfuit. Je longe la gauche du pré puis remonte par un chemin de terre vers la bordure du bois et la voiture alors que la luminosité baisse rapidement. Je longe la bordure du bois par l'intérieur puis ressors sur le champ travaillé. Près de ma voiture une chevrette mange des glands en bordure du bois. Je tente une approche pour m'amuser mais, à mauvais vent, je suis vite repéré.

Je rejoints ma voiture et pars retrouver Laurent. Je l'attends assis au coin du lac quand une chouette effraie vient me frôler la tête en arrivant par derrière avant de s'éloigner en survolant les maïs. Mon téléphone sonne, Arnaud vient d'arriver chez moi. L'envol des colverts en trois bandes successives annonce l'arrivée de quelque chose ou de quelqu'un. C'est Laurent qui arrive, nous rentrons. Il a eu une occasion sur une chevrette et son chevrillard mais, focalisé sur le chevrillard qui n'est pas passé où il l’attendait, il a laissé passer la chevrette ce qui est tout à son honneur.

DIMANCHE :

Ce matin, nous partons pour Labejan alors qu'il fait encore bien nuit. Il a plu cette nuit mais pour l'instant il ne pleut pas, les prévisions météo ne sont pas bonnes, je croise les doigts. En arrivant près du bois du Turc vers l'endroit où j'ai laissé Laurent hier matin, un lièvre déboule du pré, traverse la route et rentre au bois devant la voiture. Je me gare et Arnaud qui nous suit avec sa voiture en fait de même, il a pris Back, son teckel pour une éventuelle recherche. Je lui explique un peu le territoire déjà visionné la veille sur google earth et nous le laissons avant que le jour se lève pour que j'amène Laurent sur sa zone de chasse. Il retourne ce matin à son tree-stand. En descendant vers le lac, un autre lièvre, que j'ai l'habitude de voir, traverse la route et rentre dans le maïs.

Je me gare, Laurent part en longeant la droite du lac pour rejoindre son tree-stand alors qu'une lueur timide commence à me permettre de voir un peu mieux. Je regarde partir Laurent du coin droit de la digue quand des sillons à la surface du lac m'interpellent. Je force mes yeux et il me semble voir des ragondins à 70 mètres environ, 3 d'entre eux nagent en diagonale vers l'angle opposé de la digue, d'autres partent vers les terriers au bout du lac. C'est Laurent en passant qui les a fait démarrer. Je les observe un peu et comprends vite, ce sont des ragondins du ruisseau qu'alimente le déversoir du lac. Ils vont remonter sur la digue au passage habituel et redescendre vers la cabane de pompage pour rejoindre la buse qui traverse la route. Ils avancent vite et sont à 30 mètres environ de la digue. Je pars en courant en longeant à mi-pente de la digue, côté route, pour ne pas être repéré puis remonte doucement vers le lac. Les ragondins sont déjà là ! Je vois le dernier des 3 qui vient vers moi mais qui fait demi-tour en m'apercevant. Focalisé sur ce ragondin, j'aperçois trop tard les 2 autres qui étaient déjà contre la digue. Ils plongent et remontent à 12 mètres environ de ma position.

Je reste figé un moment, ils en font de même, à un ou deux mètres les uns des autres. Ils émettent les cris caractéristiques du mécontentement et font du sur place ou se déplace à peine de l'un vers l'autres. Je m'avance tout doucement vers eux et gagne 2 mètres environ sans qu'ils ne démarrent. J'arme doucement mon arc et vise le plus proche quand un second ragondin vient se coller juste devant lui. Je domine du haut de la digue, 2 ragondins tournés en sens inverse l'un de l'autre, plein travers, à 10 mètres environ. Je garde ma visée initiale et décoche. Les ragondins plongent. Je suis sûr d'avoir touché celui que je visais et, effectivement, il remonte rapidement en surface et tente de nager sans y parvenir.

Le pensant condamné, je vais me concentrer sur les 2 autres qui viennent de remonter sur ma droite à 15 mètres du bord et qui filent vers l'angle de la digue pour se réfugier dans la ramure d'un peuplier mort couché dans le lac. Je ne sais pas si je n'ai pas également touché le second ragondin. Je repasse du côté route de la digue et pars au pas de course pour devancer les ragondins. Je remonte doucement 2 fois pour contrôler leur trajectoire mais, comme prévu, ils vont vers l'arbre mort. Je me positionne derrière la digue et le regarde revenir vers le bord puis remonte doucement, arc armé, alors qu'ils sont à portée. Je prends ma visée sur celui de droite qui vient de s’immobiliser, plein travers, à 10 mètres environ du bord. Je décoche et le touche. Il plonge et remonte dans les branches de l'arbre mort alors que son compère fait demi-tour.

Il tente de remonter sur une branche avec difficulté. Je décide d'en finir avec lui et me rapproche en cherchant une fenêtre de tir au travers des branches. Le second ragondin revient vers moi puis à 20 mètres comprend le danger et fait demi-tour. Le ragondin blessé tourne au milieu de la ramure et je peine à pouvoir lui décocher une flèche d'achèvement puis il finit par plonger et remonter contre une grosse branche à 6 ou 7 mètres, ne laissant dépasser que sa tête. J'arme, vise et décoche. Je suis sûr de l'avoir touché mais alors que je le cherche et récupère ma flèche dans les branches, je l'aperçois remonter à 15 mètres environ et filer en diagonale vers la rive opposée puis il se ravise et se dirige vers l'endroit où j'ai touché l'autre ragondin.

J'avance doucement derrière la digue après l'avoir rattrapé et le laisse se rapprocher doucement mais il finit par me repérer et fait demi-tour pour s'enfuir en diagonale vers la berge côté gauche. J'arme et vise rapidement pour lui décocher une flèche qui passe à côté. Il plonge et remonte trop loin. Je le laisse partir, il n'y a pas de terrier vers son point de chute. Le premier ragondin blessé n'est pas mort il tente de fuir en me voyant mais peine à avancer. Sa colonne est touchée, il tente de longer la digue. J'arme vise et décoche une première fois à côté puis le sèche plein cœur à ma seconde flèche.

Je récupère ma seconde flèche plantée dans la vase puis ma troisième avec mon ragondin mort mais la première est introuvable, fichée au fond du lac. Je pose le ragondin sur la rive et pars tenter d'en finir avec le second ragondin blessé qui a rejoint la rive. J'approche doucement mais il me repère et plonge. Je cours et me positionne au bord de l'eau. J'arme alors qu'il remonte à 10 mètres environ, vise la tête et décoche. Ma lame lui entaille tout juste le menton et mon ragondin s'enfuit en nageant au plus droit vers la berge opposée. Je récupère ma flèche avec mon lancer puis pars au pas de course pour intercepter le ragondin alors qu'il se remet à pleuvoir.

Il tombe une bruine très épaisse, j'arrive doucement vers le ragondin qui a regagné la berge mais ce dernier m'a repéré et glisse doucement le long de la berge en faisant de brefs arrêts. Je me décale contre le maïs pour profiter du talus du lac pour me cacher de sa vision puis longe un peu pour finir par être camouflé par un écran de peupliers. Un autre ragondin vient droit sur moi depuis les terriers. Je me cale derrière un buisson et attends. Le ragondin blessé m'a repéré et ne bouge plus à la surface de l'eau sur ma gauche et l'autre arrive doucement mais il comprend le piège et bifurque pour repartir vers la berge opposée.

Je quitte ma cachette et avance droit vers le ragondin qui reste à m'observer en surface, plein travers à 7 ou 8 mètres du bord. Arrivé au bord de l'eau, j'arme, prends mon temps pour viser et décoche. Touché le ragondin se presse de revenir au bord puis commence à ralentir, ses mouvements deviennent saccadés, il se met à tourner en rond près du bord puis s'immobilise. Cette fois c'est fini. Je récupère ma flèche et mon ragondin puis pars à la rencontre du ragondin qui vient de traverser.

De la digue j'aperçois une masse noire en surface, pas très loin de la berge à environ 150 mètres, c'est certainement mon ragondin. Je longe la berge doucement dans sa direction et parviens à m'approcher suffisamment pour le tiré, il est au milieu d'une touffe d'algue. Mais au moment d'armer il plonge. Je reste au bord du lac sans bouger car il me semble qu'il est toujours dans la touffe d'algue mais il finit par refaire surface au milieu du lac. Puis plonge et ressort pour se diriger vers la berge opposée. Je repars vers la digue au pas de course pour tenter de l'intercepter mais arrivé sur la digue je ne le vois plus. Je ralentis et avance tranquillement le long de la berge quand 40 mètres après l'arbre mort un ragondin refait surface à côté de moi et replonge immédiatement.

La traînée de bulles se dirige vers le passage du coin opposé de la digue. Je cours et me positionne au milieu de la digue où j'attends un moment surveillant alternativement à gauche et à droite. Tout à coup il refait surface dans les branches de l'arbre mort. Je m'approche doucement mais il plonge. Je me positionne près de l'arbre mort et attends.

Le temps passe sans que mon ragondin ne refasse surface, je pense qu'il est caché sous l'arbre et attend que je m'éloigne. Je reste donc sans bouger, de nombreux petits poissons forment un ban autour des branches. Au bout de plusieurs minutes des bulles commencent à remonter dans les branches, d'abord espacées puis de plus en plus rapprochées. Puis une masse sombre remonte doucement, j'arme mais c'est une galette de vase. Je vais désarmer quand mon ragondin refait surface à 1 mètre sur la droite des bulles.

Je ne vois que le haut de sa tête qui dépasse au-dessus d'une grosse branche et une autre branche réduit ma fenêtre de tir au-dessus de lui. Je m'applique pour viser, il est à 6 ou 7 mètres. Je vise entre l’œil et l'oreille et décoche. Ma flèche pile où je la voulais vient de sécher net ce ragondin malin.

Je me rapproche et constate qu'il est très gros alors qu'il me semblait poursuivre un ragondin bien plus petit, de la taille des 2 autres. Ont-ils donné le change où aie je mal vu ? Je me penche pour récupérer ce gros ragondin quand un éclair bleu passe devant mes yeux, c'est un matin pêcheur qui vient de se poser sur une branche de l'arbre mort, juste à 2 mètres de moi. Le temps de relever les yeux sur lui il est déjà reparti. Mon ragondin récupéré, je pars faire le tour du lac mais plus un ragondin dehors.

Du bout du lac, j'aperçois un chasseur et son chien qui longe le maïs et je pense d'abord à Arnaud mais le chien semble plus haut sur patte, je me rapproche par la berge opposée en sondant les tas de bois à la recherche d'un autre ragondin et salut le chasseur en arrivant à sa portée puis pars le rejoindre par la digue. Nous discutons un peu puis nous nous séparons. Je rassemble mes ragondins et regarde mon portable.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Laurent a essayé de me joindre, je le rappelle. De son tree-stand, sous la frondaison il a l'impression qu'il tombe des cordes et pensait abandonner pour ce matin. Je le remotive un peu en lui disant qu'il ne pleut pas tant que ça puis nous raccrochons. Je remets mon portable en mode sonnerie quand Arnaud m'appelle. Il vient de flécher une chevrette et revient vers la voiture chercher Back.

Je rappelle Laurent qui revient. Pendant que je l'attends le chasseur tire dans le maïs et j'aperçois un faisan voler un peu puis tomber dans le champ. Je le signale au chasseur et signale ma présence au passage. En s'approchant pour récupérer sa prise il fait partir un second faisan sans le voir. Je décide de descendre sous le talus du lac on ne sait jamais.

Laurent arrive, il n'a rien vu, nous partons aider Arnaud à chercher sa chevrette mais, juste en arrivant au bois du Turc, mon téléphone sonne. La recherche est terminée. Arnaud et Back ont retrouvé la chevrette après un peu moins de 200 mètres de recherche. Nous les rejoignons alors que Back pille un peu le chevreuil.  Arnaud nous raconte sa matinée, il se dirigeait vers le petit lac que j'avais inspecté hier quand il a vu un brocard le long du bois où j'étais posté hier soir. Il a joué un moment à cache-cache avec ce brocard accompagné de 2 chevrettes, parvenant plusieurs fois à se rapprocher très près sans pouvoir tirer à causes de l'encombrement puis il a fini par avoir une occasion à 8 mètres. Sa flèche a traversé les 2 poumons et le haut du cœur, la distance de fuite de l'animal est incroyable ! Avec une telle atteinte il aurait dû tomber au bout de 40 mètres !

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Atteinte :

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Le temps est idéal pour l'approche, nous décidons de laisser Laurent chasser à l'approche sur ce secteur et de partir faire un tour au ragondin avec Arnaud. Arnaud me raconte à nouveau sa chasse en revenant vers la voiture, son chevreuil sur l'épaule : il a vu filer un renard apeuré par il ne sait quoi puis ses 3 chevreuils dont un a rejoint le paradis des chevreuils. Rendez-vous à 11h30 avec Laurent à ma voiture que je laisse sur place avec les ragondins et le chevreuil dans la malle.

Nous partons faire un petit tour de quelques lacs de Labéjan où les ragondins sortent un peu toute la journée. En arrivant au lac du Tuco nous constatons que le propriétaire vient de passer avec son quad au bord de l'eau, ce n'est même pas la peine de descendre, les ragondins doivent tous être à l'abri. Nous faisons demi-tour et partons un peu plus loin chasser sur une mare de l'autre côté de la N21, sous un belle résidence secondaire. Arnaud se gare puis nous descendons à travers un pré vers le bord de la mare. J'aperçois une chevrette à 100 mètres environ, elle mange des glands au bord d'un bosquet à mi pente du travers d'en face. Je la montre à Arnaud puis nous continuons alors qu'elle rentre au bois.

Nous nous séparons, je laisse Arnaud partir du côté des terriers où la probabilité de flécher un ragondin est plus importante et je longe la rive d'en face derrière une bande de joncs. Rien ne bouge ce matin. Je poursuis un peu vers un petit point d'eau tout en long seulement séparé de la mare par une bande de terre étroite. L'eau est trouble et bouge devant un terrier. J'aperçois par une mise à l'air du terrier l'eau qui bouge signe qu'un ragondin vient de rentrer. Ce n'est que partie remise, nous retournons à la voiture.

Nous partons en suite pour une autre mare au bord de la N21 en direction de Saint Jean Le Comtal mais là aussi c'est le calme plat.

Nous revenons vers Labejan, dans un pré, un beau coq faisan au ras d'un grand fossé, au bord du Sousson. Arnaud décide de se tenter une approche pour s'amuser. Nous nous garons un peu plus loin. Je reste au bord de la route en observation et Arnaud part à travers de petits prés séparés par des haies. Je me positionne au coin d'une haie au bord de la route pour surveiller le faisan et observer la progression d'Arnaud. Il longe le Sousson et se rapproche lentement, caché par une haie perpendiculaire au ruisseau. Une voiture passe dans mon dos, je me retourne une fraction de seconde pour voir de qui il s'agit et au moment où je reviens à mon faisan il a disparu ! Une poule faisane décolle du champ de tournesol moissonné, derrière la haie, en haut du talus, de l'autre côté de la route et part se poser au bord du Sousson sans qu'Arnaud ne la voit.

Arnaud finit par sortir sur la luzerne et ne voit pas le faisan, je lui fais signe qu'il doit être dans le fossé mais il ne comprend pas. Je descends vers l'endroit où je pense voir le faisan et Arnaud vient à ma rencontre quand le coq, qui avait juste franchi le fossé pour se tapir dans la luzerne, me décolle au ras des pieds et part vers la voiture. Il nous a bien eu celui-là !

Laurent m'appelle, il a fini de chasser, nous partons le chercher. En chemin, nous apercevons 3 chevreuils au bord du Sousson à 150 mètres de la route. Arrivé au bois du Turc nous l'annonçons à Laurent, de son côté il a vu un petit brocard sans pouvoir l'approcher. Nous partons tous les 3 vers ces chevreuils mais Laurent en les voyant pense que l'approche est trop compliquée, nous rentrons.

Après le repas nous partons peler le chevreuil, l'occasion de faire une photo souvenir

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

puis nous rentrons retrouver Laurent qui dort comme un bébé. Il a bruiné tout ce matin mais maintenant le temps semble vouloir se mettre à la pluie et les fortes averses sont de plus en plus rapprochées.

 

Cet après-midi, je dois dire que je ne suis pas très motivé pour aller chasser, il fait de grosses averses et quelques "accalmies" c'est à dire des moments où il pleut moins. Nous repartons pour Labejan, Laurent part pour son tree-stand, je reste avec Arnaud pour faire un tour tranquille du territoire car il est encore tôt. A peine arrivés au bout du lac qu'il se remet à pleuvoir et qu'un vent fort se lève.

En progressant, j'aperçois au loin un chevreuil en haut du coteau, sous un bosquet. Nous décidons de tenter une approche. Je tente par la droite et Arnaud par la gauche. Nous nous séparons à l'angle d'une clôture électrique. Arnaud part en longeant le bois, je pars en longeant la clôture, voûté le plus possible et souvent caché par la haie qui longe la clôture. Je parviens sans me faire voir derrière une petite bute qui me cache. Le chevreuil est encore à 200 mètres mais je ne le vois plus. J'en profite pour sauter la clôture puis la longe pour remonter en suite, toujours masqué par le relief, vers le sommet du coteau. Le vent de travers est très mauvais et arrivé au coin du bosquet le chevreuil n'est plus là.

Je descends en longeant le bord du bois avec le vent dans le dos. Je surveille l'intérieur du bois et avance très lentement mais rien en vue. Arrivé au coin du bosquet, je remonte pour voir si le chevreuil n'aurait pas traversé quand une impression bizarre me fait tourner la tête sur la gauche vers un petit fourré. Mes yeux se posent sur une forme indéterminée que je fixe avec insistance. Qu'est-ce que c'est ? J'avance encore un peu en longeant doucement le bois et devine une casquette, c'est Arnaud qui était venu se poster là. Je vérifie si le chevreuil n'est pas au-dessus du bosquet puis pars vers Arnaud qui vient à ma rencontre. Il me dit que la chevrette a traversé depuis longtemps.

Nous avançons dans un chaume de blé pour arriver sur la crête du coteau qui nous donnera un bon point de vue, une caille démarre dans mes pieds en poussant un petit cri. Nous regardons autour de nous. Le désert, rien en vue sur 360°.

Nous décidons d'aller faire le pied au bord du fourré d'en bas. Nous redescendons donc, le vent fort n'arrête pas de tourner et nous pensons à Laurent qui doit avoir le mal de mer sur son tree-stand. Arrivé au bord du bosquet nous commençons à faire le tour par le bas du bosquet sur le champ travaillé, le côté gauche étant en luzerne. De nombreux pieds de chevreuil mais pas possible de dire si c'est frais ou pas à cause des intempéries. La pluie se remet à tomber de plus belle et le vent forcit, c'est un calvaire, je suis trempé et le froid me pénètre. Je dis à Arnaud que je n'en peux plus et que je rentre à la voiture, il est de mon avis. Nous rentrons à travers bois, ressortons sur la Luzerne puis rerentrons dans le grand bois pour ressortir au ruisseau et revenir vers le lac. Plus nous nous rapprochons de la voiture plus le temps s'améliore.

Alors que nous approchons de la digue j'aperçois un chevreuil en haut du coteau d'en face, je le montre à Arnaud et lui explique la marche à suivre. La chasse reprend le dessus sur le froid. Arnaud va rejoindre le coin du bosquet et remonter doucement vers l'angle du bosquet en crête alors que je contournerai le bois pour me positionner à l'angle opposé, au cas où. Nous remontons à travers champ puis nous nous séparons. Je rattrape rapidement le bord du bois et le suis en me dépêchant car Arnaud a moins de chemin que moi à parcourir.

Arrivé au coin du bois en crête, j'hésite un peu... rester là ou m'avancer doucement vers la position d'Arnaud. Je choisis la seconde solution. Je progresse doucement vers Arnaud quand alors que j'arrive à moitié chemin, un aboiement retentit dans le bois et je comprends ce qui se passe. Je fais vite demi-tour pour revenir vers l'angle du bois mais les chevreuils sont plus rapides. Un brocard et 2 chevrettes que j'ai déjà vu sortent tranquillement du bois et remontent dans le champ travaillé à 30 mètres de moi avant de me voir et de détaler. Si j'étais resté à l'angle....

Je remonte dans le champ travaillé pour voir vers où sont partis les chevreuils quand j'aperçois, en tournant la tête, vers la droite, une chevrette à l'angle du bois où devrait se trouver Arnaud. Je m'agenouille et m'écrase le plus possible au sol. La chevrette n'a pas réagi. Elle reste un moment sans bouger puis revient en biaisant d'un pas tranquille vers la bordure du bois qu'elle commence à longer en venant vers moi tout en mangeant. Elle approche doucement, pas à pas et redresse souvent la tête pour scruter les alentours. Je suis à 30 mètres du bois, en plein découvert, à genoux et il m'est difficile de bouger sans attirer l'attention. Je me demande même comment ma silhouette qui se détache du champ n'a pas encore mis la chevrette en fuite.

Elle s'avance doucement et je tente de me rapprocher du bois en avançant de quelques centimètres sur les genoux à chaque fois quelle baisse la tête où quelle regarde en arrière mais on ne peut pas dire que j'avance vite. Alors que mon genou s'avance à la vitesse d'un escargot, la chevrette relève la tête sur moi et me fixe. Je ne bouge plus. Elle finit par venir droit sur moi d'un pas serein ! Elle s'arrête puis continue à se rapprocher, s'arrête encore... je l'intrigue mais ne l'inquiète pas le moins du monde. Je suis à bon vent et commence à croire qu'elle va venir jusqu'à moi mais elle finit, à 50 mètres environ, par revenir tranquillement vers le bois.

Arnaud fait son apparition au coin du bois et commence son approche. La chevrette avance toujours très lentement et je grappille des centimètres qui me rapprochent de la lisière du bois. Je finis par arriver à 20 mètres du bois, il me faut encore gagner plus de 5 mètres mais la chevrette avance trop vite et elle va arriver avant que je ne sois prêt. De plus sa proximité croissante complique mes manœuvres. Arnaud, lui gagne assez rapidement du terrain car la chevrette regarde rarement en arrière. Elle est à 30 mètres de moi quand son attitude change et je comprends qu'elle va rentrer au bois.

Effectivement elle rentre doucement à couvert. Je reste immobile, espérant qu'elle descende assez dans le bois pour ne pas me voir approcher. Arnaud lui se rapproche à grand pas. Au bout d'un moment, comprenant qu'Arnaud va me faire rater mon approche, je me lève et m'approche doucement mais la chevrette était juste en lisière et elle démarre pour passer près d'Arnaud sans qu'il ne puisse la voir.

Je pars vers Arnaud et aperçois une dame qui se rapproche de nous. Je réencoche ma flèche et enlève ma cagoule. C'est la propriétaire qui vient voir ce que nous faisons. Nous discutons un moment avec elle puis nous la laissons pour redescendre vers le ruisseau quand j'aperçois à nouveau 2 chevreuils longeant le chaume de maïs pour venir vers l'angle du bois où Laurent a fait sa belle approche samedi matin. J'explique à Arnaud mon plan. Les chevreuils remontent dans le chaume au galop puis s'arrêtent à la limite du champ travaillé et se mettent à manger. Nous regagnons la bordure du bois puis longeons à l’intérieur en observant les chevreuils avant de redescendre par une coulée vers le chemin de débardage pour nous poster.

Nous observons les chevreuils mais ils semblent remonter, je décide donc de forcer la chance et laisse Arnaud au poste, partant à travers bois pour ressortir plus loin, longer une haie pour rejoindre la crête du champ. Je progresse derrière la crête vers le pylône EDF qui est un autre point de passage fréquenté. Je tends la tête par-dessus la crête et aperçois les chevreuils qui ont fait demi-tour et qui remontent en biais vers le pylône suivant. Je pousse donc au pas de course vers le second pylône un peu plus haut et me poste derrière le buisson qui pousse à son pied.

Le vent est très mauvais, il souffle dans mon dos. Les chevreuils finissent par me sentir et commencent à montrer des signes d'inquiétude avant de redescendre vers le ruisseau. Je tente le tout pour le tout, je quitte mon poste et pars en courant à travers champ sur la droite des chevreuils pour tenter de les rabattre vers Arnaud, mais ils filent vers le ruisseau et remontent le coteau d'en face. Je cours en sifflant ce qui les arrête un instant et je me rapproche en courant sans qu'ils ne bougent, mais arrivé à 150 mètres d'eux, ils repartent et biaisent vers le bosquet où nous étions tout à l'heure. La nuit tombe, Arnaud me rejoint et nous partons vers les voitures attendre Laurent qui finit par arriver. Il a lui aussi vu quelques animaux mais n'a pas eu d'occasion de tir.

LUNDI :

 

Cette nuit, le ciel était bien dégagé et j'avais bon espoir pour ce matin mais nous nous levons sous la pluie ! Nous nous préparons puis repartons poser Laurent qui veut revenir à son tree-stand. Arrivés sur place, c'est un déluge qui s'abat sur nous, il tombe même de la grêle ! Nous attendons un moment que l'averse cesse puis Laurent part vers son poste. Je lui laisse mes clefs de voiture au cas où et nous partons avec Arnaud pour faire un tour au ragondin bien que, vu le temps, j'ai peu d'espoir de les voir dehors.

Je décide d'amener Arnaud au lac du Tuco, s'il n'y a rien là ce n'est même pas la peine de vouloir chasser le ragondin ce matin. Arrivé sur place, l'agriculteur est déjà au travail, il fait des va et vient le long du lac pour porter de l'ensilage à ses vaches. Décidément c’est mon jour. Nous nous garons et tentons tout de même un tour de lac. J'explique à Arnaud comment fonctionnent les ragondins sur le lac et le laisse partir en faire le tour. L'eau bouge devant les terriers mais pas de ragondin dehors. J'attends Arnaud au coin du lac près de la mare. Il finit par arriver. Un ragondin vu mais pas de flèche décochée.

La mare est déserte, je décide de tenter le lac du Lion un peu plus loin. Nous longeons le ru d'alimentation du lac vers le lac en amont. Nous apercevons un chevreuil dans le pré vallonné sur notre droite. Il disparaît derrière le relief du pré puis ressort avec 3 autres chevreuils et ils prennent le galop pour sauter le ru au coin de la mare puis remonter vers un petit bosquet à l'angle du lac. Donc ce n'est plus la peine d'espérer voir un ragondin dans la petite mare au pied de la digue du lac... ça continue.

Nous poursuivons et comme prévu pas de ragondin dans la mare. Nous remontons la digue et tirons la tête pour voir le lac. Un vol de colverts est posé et leur envol fera rentrer les ragondins qui ont les terriers à l'autre bout du lac. C'est vraiment un scénario catastrophe pour le ragondin ce matin ! Nous tentons tout de même. Les colverts décollent et nous partons vers le bout du lac par le côté droit mais comme prévu nous arrivons aux terriers sans avoir vu un seul ragondin.

Je décide de laisser tomber les ragondins, nous retournons vers la voiture alors qu'il se remet à pleuvoir. 2 colverts se lèvent sur la mare puis se reposent sur le lac avant de décoller à nouveau et de s'éloigner.

Nous retournons au lac, où nous avons laissé Laurent, en passant par la route reliant Saint Jean le Comtal à Clermont Pouyguilles. En passant devant le chemin que nous prenons d'habitude pour rejoindre le lac, j'aperçois 2 chevreuils au milieu de la route entre le bois du Turc sur la droite et le petit bosquet qui longe la route sur la gauche. Nous poursuivons car il n'y a rien faire. Pas d'autre chevreuil au bord de la route nous bifurquons en suite à droite pour rejoindre le lac. En descendant vers le lac, nous apercevons 2 chevreuils au gagnage dans le chaume de maïs. Je dis à Arnaud de continuer et de me poser en haut du coteau d'en face puis de faire demi-tour et de se garer sans se faire voir pour rejoindre son poste d'hier soir.

Il me dépose, je longe un chemin qui conduit à une résidence secondaire au coin d'un bosquet et rejoints ainsi la crête et les pylônes EDF. il fait maintenant un soleil radieux. Les chevreuils ne semblent plus là mais, tout à coup, alors que j'avance doucement en crête, j'aperçois, côté gauche, une chevrette et ses 2 chevrillards qui longent le sorgho en bas de la pente. Je passe dans le champ labouré, sous le niveau de la crête, pour avancer rapidement vers un pylône EDF à 30 mètres environ. Je me cale ensuite derrière mais je constate que je suis trop loin, je pousse donc avec la même technique jusqu'au second pylône et me poste derrière le buisson qui pousse à son pied. Les chevreuils avancent doucement, faisant des haltes régulières pour manger et remontant sensiblement vers moi. Le pylône est à 20 mètres du sorgho, avec un peu de chance les chevreuils qui biaisent vont se rapprocher suffisamment.

Petit à petit, ils se rapprochent, le vent de travers est bon. Ils arrivent, ils ne sont plus qu'à 15 mètres. J'accroche mon décocheur et me prépare, la tension sur la corde croît à mesure que les chevreuils se rapprochent. C'est bon, c'est le moment, la chevrette est inattentive, je commence à armer quand mon portable, que je n'avais pas mis en silencieux au cas où Laurent m'appellerait, se met à sonner. Je m'accroupis rapidement et réponds en chuchotant. C'est Arnaud mais il raccroche sans répondre, il a dû comprendre. Je me redresse lentement pour voir si les chevreuils n'ont pas bougé. Ils sont inquiets mais n'ont pas bougé. J'attends qu'ils se calment quand le téléphone résonne. Cette fois c'est la débandade. Les 3 chevreuils, chevrette en tête, retournent vers le bosquet.

J'explique à Arnaud qu'il vient de sauver la vie d'un chevreuil, il voulait me dire que les chevreuils étaient partis avant qu'il n'arrive mais je le savais déjà et je redescends à travers champ vers la voiture pour le rejoindre. Nous longeons le lac côté gauche puis traversons le ruisseau d'alimentation quand j'aperçois au coin du maïs, à environ 350 mètres 3 chevreuils que je montre à Arnaud. Nous élaborons un plan. Je l'envoie se poster au pied d'un pylône EDF, au ras du champ contre la route. C'est le passage quasi systématique. Mais alors qu'Arnaud se dépêche d'aller se poster les chevreuils nous repèrent et font demi-tour partant vers un bosquet sur la gauche.

Je rappelle Arnaud. Avec un peu de chance, ils seront restés dans le bosquet. Je l'envoie se poster au bosquet suivant. Il part en longeant le bois et j'attends un moment pour lui laisser le temps de se poster puis je remonte vers le bosquet tranquillement avant de le traverser mais, les chevreuils ne sont plus là et je retrouve Arnaud en redescendant vers l'autre bosquet. Le nid de frelons asiatiques est très actif aujourd'hui.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Nous nous posons un peu pour réfléchir puis avec le retour du soleil nous décidons de tenter le lac du Fourcès où les ragondins n'ont pas d'heure pour sortir. Retour à la voiture pour aller nous garer au bord de la route à l'aplomb de la digue du lac. De nombreux colverts se mettent à l'eau. Je descends doucement vers la digue et Arnaud part vers l'autre extrémité du lac pour rejoindre la mare en amont. De nombreux colverts décollent par vagues successives alors que je me rapproche du lac jusqu'à ce que les 2 derniers décollent alors que j'arrive au bord de l'eau.

Je longe la rive du lac côté route très doucement et fais plonger quelques ragondins qui rentrent immédiatement au terrier sans se montrer. Arnaud n'a rien vu, nous retournons à la voiture. Laurent appelle, sa chasse du matin est terminée, il a vu quelques chevreuils sans avoir d'occasion de tir. Nous partons le retrouver avant de rentrer manger.

 

Durant le repas, Arnaud nous annonce qu'il va partir en début d'après-midi. Je me retrouve donc avec Laurent pour la chasse du soir. Nous décidons de profiter du retour du soleil. Avec ce beau temps, il y a de fortes chances que les chevreuils sortent en milieu d'après-midi. Nous partons donc faire un tour de repérage en voiture. Au fond d'une combe, entre 2 bois, 3 chevreuils sont au gagnage. Je me gare au bord de la route, ils sont bien à 250 mètres et se dirige vers le bois de droite. Pas de chance, s'ils avaient été dans l'autre sens j'aurais su comment les appréhender mais alors que nous nous préparons tranquillement, les chevreuils font demi-tour et cette fois je sais exactement où ils vont.

J'explique sommairement à Laurent mon plan, nous allons descendre par un chemin de terre qui rentre dans le bois et longe en bordure au-dessus d'un talus boisé assez étroit qui nous camouflera mais nous permettra de voir les chevreuils en avançant. Nous progressons assez rapidement car les chevreuils sont encore loin. Tout à coup, ils pressent le pas et reviennent vers le bout du talus boisé. Je presse le pas et pars presque en courant. Laurent a compris, il me suit. Nous passons derrière une bute boisée qui prolonge le talus. Sur notre gauche un petit pré qui s'enfonce dans le bois. En arrivant à 30 mètres environ du bout de la bute, je stoppe Laurent et lui dit de prendre une coulée très fréquentée qui remonte sur la bute puis débouche dans le pré.

Il s'exécute, je le suis à quelques mètres derrière et arrivé au sommet de la bute nous apercevons les chevreuils à 30 mètres devant dans le pré. Au milieu des arbres, nous sommes assez bien camouflés et ils ne nous ont pas vus. Laurent s'avance doucement, je le suis un peu puis le laisse avancer et reste un peu en retrait pour l'observer. Laurent s'arrête et se positionne alors que les chevreuils viennent droit sur nous en broutant. Ils sont entre 20 et 15 mètres mais biaisent pour rentrer au bois sur notre droite derrière les arbres. Laurent arme sur le dernier chevrillard mais trop tard. Mais alors que je pense les choses jouées, le chevrillard se ravise et revient. Laurent toujours armé le suit. Le chevrillard passe au pas à 17 mètres environ et arrive devant la fenêtre de tir de Laurent qui décoche. L'impact est masqué par sa tête mais bien audible et je vois la flèche se ficher au sol.

Le chevrillard fait demi-tour en s'affaissant légèrement de l'arrière train puis se précipite pour rejoindre sa mère et disparaît dans le bois. Laurent se retourne et me dit que sa flèche est trop en arrière mais pour moi son chevrillard est mort.

Nous attendons un peu puis nous allons voir la flèche. Elle est couverte d'un sang poisseux. Je pense tout de suite à une atteinte de foie ou de rate. Je suis très content pour Laurent car, si nous le retrouvons, ce sera son premier gibier gersois. Nous suivons le sang jusqu'au bois, la piste remonte le talus en biais. Laurent peu confiant sur le résultat de sa flèche me freine un peu. Il veut laisser faire un moment et revenir plus tard. Nous nous posons dans un coin en attendant. Les minutes me semblent des heures.

Finalement, nous partons faire la recherche. Nous suivons le sang qui remonte le talus. Je décide de passer en haut du talus et laisse Laurent suivre le sang. Tout à coup, Laurent me dit avoir entendu quelque chose démarrer dans le sale. Je n'ai rien vu ni entendu mais je traversais les buissons ce qui a pu couvrir le bruit. Je retrouve le sang sur le chemin de terre et l'annonce à Laurent puis un bout d'intestin accroché à un petit buisson. Le sang abondant traverse le chemin et rentre dans le bois. Laurent me rattrape et me suit. J'avance les yeux rivés au sol quand une impression bizarre me fait lever les yeux. Le chevrillard est là en plein découvert à quelques mètres devant moi. Il n'est pas mort mais est incapable de repartir. Laurent est juste derrière moi.  "Laurent devant moi". Laurent se fige et arme son arc. "Alex, le scotch du cache de mon viseur me gêne" Je me retourne et écarte le scotch de devant le viseur. Laurent vise et décoche. Sa flèche glisse contre le poitrail du chevreuil, faisant voler le poil et laissant une trace de 30 cm, et lui traverse le cou. Le chevrillard se contracte. Laurent réencoche pensant l'avoir manqué mais je lui dis que c'est fini. La tête du chevrillard retombe.

Je suis tellement heureux pour Laurent ! Sa flèche rentre au niveau du foie mais ressort sous le ventre, au niveau du début du cuissot, puis traverse l'antérieur en ressortant, avec un trou impressionnant, au niveau du genou. Cette trajectoire est difficile à expliquer vu l'atteinte plein travers !

Nous retournons à la voiture poser le chevreuil. Laurent passe quelques coups de téléphone pour annoncer la bonne nouvelle puis nous repartons pour changer de secteur.

Nous allons finir la soirée à Traversères à chasser le sanglier. Garé au bout du chemin de randonnée, nous partons en le suivant puis nous descendons à travers les genets pour rejoindre un joli territoire en dessous d'un lac. En longeant le lac, Laurent aperçois un gros ragondin qui se met à l'eau sur la berge opposée. Nous ne sommes pas là pour lui-même si ma flèche me démange. Nous passons la digue du lac et descendons vers les souilles. J'aurais bien posté Laurent au bord des souilles mais le vent est mauvais. Les sangliers vont normalement arriver face à lui et le vent est dans notre dos.

Nous traversons donc le ruisseau et remontons à travers les passages broyés au milieu des genets pour rejoindre le talus boisé. Une coulée monte en biais dans le bois de petits chênes et de genévriers. Je décide de poster Laurent au bord de cette coulée, il domine une autre grosse coulée qui longe les genets au pied du talus boisé.

Je pars me poster un peu plus loin. Je suis la grosse coulée et arrive au coin supérieur d'une grande bande de genêts très touffue où les sangliers sont souvent gîtés. Je me poste derrière quelques buissons et l'attente commence. Une grosse libellule tachetée de bleu et de vert est posée sur une branche, engourdie par la fraîcheur qui tombe doucement. Le temps passe à observer, les geais, les palombes... au bout d'un moment un bruit de trot dans les feuilles mortes derrière moi. Je me retourne lentement. Un beau brocard descend au trot vers les genets, il arrive d'au-dessus du poste de Laurent. A t'il été dérangé par les sangliers ? Il rentre dans les genets à 30 mètres de moi puis ressort dans le pré en bas, qu'il traverse au même rythme puis traverse la haie du ruisseau où je le perds de vue.

L'attente reprend, la luminosité baisse lentement quand devant moi un bruissement oriente mon regard sur un beau sanglier qui remonte des genets à 45 mètres. Que faire, je reste immobile, un second suit, puis un autre et encore un autre. Il semble remonter le talus. Que faire ? Les retardataires traversent le découvert au trot faisant craquer la végétation. Les sangliers rassemblés tournent un peu sur place, j'estime la harde à 10 individus, tous entre 60 et 70 kg. Ils soufflent, grognent puis se remettent à bouger et semblent s'éloigner. Je décide de tenter l'approche. Erreur, j'ai à peine quitté mon poste que les sangliers prennent la fuite. Le meneur revenait en fait vers moi. Je tente tout de même un approche silencieuse en longeant le haut des genets mais plus rien, le calme s'installe et la nuit tombe de plus en plus vite.

Je décide de revenir tranquillement vers Laurent. En arrivant près de lui, je vois qu'il me fait des signes et me chuchote quelque chose. Les sangliers sont juste en dessous de lui. Une autre compagnie que la mienne car, d'après les dires de Laurent, ils sont arrivés de nulle part en même temps que les miens qui eux sont partis à l'opposé. Cela fait un moment que ça grogne et que ça bouge sous Laurent et effectivement en tendant l'oreille je les entends encore se déplacer. Je décide de tenter une approche avant qu'il fasse nuit mais les sangliers se dispersent et je ne pourrais pas les voir. Nous rentrons.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Atteinte:

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Alex

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

Bonne visite, Alex

LA CHASSE A L'ARC

HISTOIRE DE LA CHASSE A L'ARC :

LA CHASSE A L'ARC DANS LE MONDE :

ANATOMIE DU GIBIER :

LE TIR DU SANGLIER A LA COURSE :

LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

UNUCR :

http://www.unucr.fr/conducteurs.html

Conducteurs proches (ARGGB 31) :

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

FORUMS SPECIALISES :

 

 

SITES UTILES

 


 

Albums

CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

FOURNISSEURS