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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 19:00

Cette nuit, j'ai dormi chez Patrick, il est 7 heure, le réveil sonne. Je me prépare rapidement puis pars en chasse alors que les premières lueurs du jour commencent à monter derrière les montagnes. Ce matin, je vais essayer de retrouver la bande de cervidés vue jeudi matin dans les buis sous chez le voisin de Patrick. Je remonte rapidement le chemin d'accès à l'habitation puis rattrape le chemin de la Soule, je remonte les lacets jusqu'à la maison suivante puis la laisse sur ma droite et continue sur un chemin où la neige n'a pas été encore piétinée. En contre bas, à 40 mètres environ, un chevreuil broute à la cassure du talus, je ne vois que son dos mais l'approche sera impossible, je poursuis ma route. Il a gelé fort ce matin et la neige a gelé en surface et craque sous mes pas, de plus à chaque enjambée, je m'enfonce jusqu'au genou ou à mi-cuisse. La progression est très difficile et très bruyante. J'ai peu d'espoir de voir des animaux pour le moment et me concentre sur ma progression.

Au bout de 300 mètres de cette marche éprouvante, j'arrive au bord d'une zone de buis où le chemin s'interrompt. De nombreuses traces d'animaux convergent vers ces buis et je décide de les suivre. La neige est maintenant moins profonde, les animaux ont gratté par endroit la neige pour chercher de quoi manger. Les traces de sangliers côtoient les traces de biches, de cerfs, de chevreuils, de blaireaux et de renards. Un sanglier a dessiné un sillon de presque 1 mètre sur 50 mètre environ dans la neige profonde. Je suis sa trace pour éviter de trop m'enfoncer et redescends vers un petit ruisseau grossi par la fonde de cette neige. Dans mon dos le soleil qui se lève, éclaire la barre rocheuse qui se teinte d'une belle couleur dorée.

Une matinée magique,16 février 2013

Je descends en suivant le ruisseau, la pente très prononcée et la glace rendent la décente un peu périlleuse et je chute régulièrement dans la neige.

Une matinée magique,16 février 2013

Je fais quelques pauses pour observer les alentours et tenter d'apercevoir des animaux. La nature est calme.

Une matinée magique,16 février 2013

Un peu plus bas je tombe sur un enchevêtrement de chênes abattus par-dessus le cours d'eau par la tempête de 2009 et en profite pour traverser le ruisseau en marchant sur les troncs. De l'autre côté du ruisseau, les buis sont très épais et je peine à me frayer un chemin. Je tombe alors sur une bauge fraîche d'un gros sanglier, peut-être celui que je suivais jeudi matin. Je ressors ensuite des buis épais et arrive dans un zone plus claire. Je marque un petit temps d'arrêt et observe les alentours quand j'aperçois, en dessous de moi, un hère et une belle biche à 50 mètres environ. J'attrape mon appareil photo et tente de l'allumer mais il fait un bruit bizarre et refuse de s'allumer. Le bruit n'est pas resté inaperçu. La biche démarre et rentre dans les buis épais pour traverser le ruisseau, son jeune la suit puis toute une harde de biches, bichettes et jeunes. Un gros daguet ferme la marche. Je suis dégoûte. Je regarde mon appareil photo, le bloc optique ne se déploie plus et l'appareil force un peu puis s'éteint. Bon et bien, les photos sont terminées pour aujourd'hui.

Je continue à descendre doucement pour voir de plus près la zone où se trouvaient les animaux. Tout à coup, alors que je ne suis plus qu'à 15 mètres environ d'où se trouvait le hère, un mouvement sur ma gauche attire mon regard. Je me fige et me prépare. Un petit hère arrive d'un pas décidé, j'arme mon arc. Il s'arrête une première fois derrière des buis puis repart et vient s'arrêter juste en dessous de moi à 15 mètres environ. Mon pin's est calé sur son coffre mais je ne suis pas là pour lui et je le laisse repartir. Il disparaît dans la bande épaisse de buis qui longe le ruisseau. Au même moment, les animaux, qui s'étaient semble t-il arrêtés, repartent en cassant du bois. Je m'avance rapidement dans la clairière en dessous de moi pour tenter d'apercevoir les animaux dans leur fuite. J'aperçois alors une harde de plus de 20 animaux qui remonte la pente après le ruisseau.

La clairière est presque totalement déneigée par les grattages des animaux et jonchée d’empreintes. Je recontrôle mon appareil photo et tente de débloquer le bloc optique quand un bruit me fait tourner la tête. Il me semble apercevoir un mouvement au travers des buis sur ma gauche. Je range mon appareil photo et me fige pour observer. Au bout d'un moment, ça bouge à nouveau. J'aperçois le dos puis les pattes d'un animal à 50 mètres environ. Je pense qu'il s'agit d'un chevreuil. Patrick qui n'a pas encore fermé son bracelet m'a dit d'en tirer un si l'occasion se présentait. Que faire ? Je suis à découvert et le sol gelé est craquant. Je décide de rester là où je suis un petit moment. Le temps passe et l'animal ne semble pas vouloir bouger quand, tout à coup, il finit par se décider et commence à descendre la pente pour rejoindre un massif de buis. J'aperçois alors la tête de l'animal, c'est un daguet et à ma grande surprise un autre daguet que je n'avais pas vu le suit. Ils rentrent dans les buis tranquillement.

Un couloir dans la végétation en contrebas peut me permettre un tir, je décide de m'avancer tout doucement et me positionne en haut d'un talus, devant ce couloir en espérant voir passer les daguets à distance de tir mais assez rapidement du bruit attire mon attention sur ma gauche, vers les buis. Un beau Cerf portant 6 cors, remonte et sort des buis. J'arme mon arc mais il est un peu loin. Il marque une courte pause puis remonte la pente suivi par un second jeune cerf. Ils passent derrière un gros arbre mort et s'arrêtent régulièrement avant de disparaître derrière la crête un peu plus loin. Je désarme mon arc, je n'ai pu que les regarder partir impuissant. Le tir n'était vraiment pas raisonnable puis impossible. Je tente de m'avancer pour les retrouver derrière la crête mais ils sont déjà loin.

Je reprends ma progression lente pour revenir vers chez Patrick. Au bout d'un moment, je passe une combe non boisée puis remonte dans le bois de chêne clairsemé. En arrivant près d'une zone de buis, j'entends démarrer des animaux. J'arme mon arc, 3 chevreuils s'arrêtent à découvert à 30 mètres au-dessus de moi. Trop loin, je les laisse repartir et désarme mon arc. Je reprends ma progression et perçois un peu plus loin un beau brocard en velours qui remonte dans la combe suivante. Je profite du relief pour tenter de remonter à couvert derrière la crête et lui couper la route un peu plus haut. La pente devient très raide et très glissante et je peine à progresser discrètement. Arrivé au sommet de la combe, je tente d'apercevoir le brocard mais il est déjà en train de m'observer. Il démarre sur le chemin qui passe sous chez Patrick. Il s'arrête plusieurs fois pour regarder en arrière puis se jette dans la pente et disparaît. Je tente de m'approcher doucement mais je ne le reverrai pas. Je remonte chez Patrick, Je ne peux pas rester faire le coup du soir, je ne flécherai pas mon cerf cette année. C'était ma dernière saison de chasse au cerf car l'an prochain je ne reprendrai pas de bracelet. Prélever un cerf à l'arc était un rêve, je l'ai réalisé grâce à Patrick mais cette chasse ne me fait plus autant palpiter et le prix du bracelet est vraiment déraisonnable.

 

Alex

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 21:34

Ce soir, je retourne à Sarrancolin pour essayer de flécher mon cerf, je ne l'ai pas encore vraiment chassé cette année faute de temps et d'envie, Patrick a repéré 2 daguets au même endroit 2 soirs de suite. Mercredi soir, ils étaient accompagnés d'un jeune 6 cors et hier soir ils étaient tous les 2. Il semble qu'ils se trouvent vers 18 heures à 18h30 autour d'une petite ruine juste au-dessus de la route.

Je décide donc de tenter un affût ce soir pour tenter d'en flécher un. Arrivé vers 16 heures chez Patrick, nous discutons un moment puis je pars en chasse, pensant me camoufler dans la ruine, je n'ai pas pris ma tenue camo-neige. Je remonte le chemin d'accès à la maison de Patrick puis prends le chemin de la Soule comme pour redescendre vers le village. Le vent est face à moi. Un peu plus loin, j'arrive sous la petite ruine et escalade le talus au-dessus de la route pour aller m'y poster. Je n'ai jamais examiné cette ruine de près et j'en fais doucement le tour pour trouver un poste.

Mon premier choix, à l'intérieur de la ruine n'est pas judicieux : Si le daguet arrive au-dessus de la ruine, il peut me voir et s'il arrive au-dessous, l'encombrement des branches est trop important pour tirer dans de bonnes conditions. Je ressors de la ruine et reviens sur mes pas pour me poster derrière cette dernière, je me poste tout d'abord derrière l'angle bas mais me rends compte que je suis trop à découvert sur ma droite

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

et trop encombré devant moi,

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

je me poste donc derrière l'angle haut. Il est environ 17h20.

Sur le flanc opposé de la montagne, des coups de feu espacés résonnent dans toute la vallée.

Un chasseur qui doit régler son arme, je crains que ce remue-ménage fasse peur aux animaux. J'attends un peu puis décide de changer de poste, je ne sens pas mon poste actuel. Les coups de feu résonnent toujours à la même cadence. Je décide de suivre les traces des animaux dans la neige pour voir d'où ils viennent et trouver un poste pour les intercepter. Les traces se divisent alors que je sors du petit bosquet qui entoure la ruine. Une partie longe au-dessus et sur le chemin en contrebas, le long d'une bande boisée qui rejoint le bois au-dessus de la résidence secondaire de Tahouens. Une autre partie remonte pour passer au-dessus d'un bouquet de houx qui ferait un bon poste mais je décide de suivre les traces du bas pour me poster dans le bois.

Je me cale tout d'abord derrière un gros buis mais après un petit moment je ne sens toujours pas ce poste, je me décale derrière un gros chêne mais toujours pas le bon feeling. Je retourne sur mes pas et me poste finalement derrière le bouquet de houx. Je juge mes angles de tir à gauche

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

puis à droite.

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

Il est 18 heures, les coups de feu résonnent toujours et me font sursauter. Des mésanges volent d'arbre en arbre puis viennent se poser juste devant moi dans les houx avant de repartir. Quelques corbeaux arrivent dans mon dos en coassant pour regagner le bois devant moi pour y passer la nuit.

Le temps passe et le froid se fait piquant, mes pieds gelés me font souffrir et mes mains regagnent tour à tour mes poches pour se réchauffer un peu. 18h30, la voiture de Patrick descends le chemin de la Soule alors qu'un dernier coup de feu trouble le calme qui s'installait. Des merles sortent du bois peut être dérangés par un animal ? L'attente est longue dans le froid mais vers 18h40, un bruit me sort de ma torpeur. Un gros daguet se tient en crête à 40 mètres environ devant moi, sur ma gauche. Un second le rejoint et un combat commence. Tête contre tête, les 2 jeunes mâles tournent autour d'un axe imaginaire puis l'un d'eux renonce et descend.

Je le perds un instant de vue derrière les houx puis il revient à la charge et se fait à nouveau repousser. Cette fois, il descend un peu plus et rejoint une biche que je n'avais pas vue. Le vainqueur reste campé sur sa position alors que la biche et l'autre daguet commencent à venir droit sur moi. Ils se rapprochent d'un pas tranquille en émettant de petits sons comme pour communiquer puis s'arrêtent à environ 10 mètres derrière les houx. Ils semblent vouloir passer au-dessus de moi et je me tiens prêt à armer quand, tout à coup, le pas du jeune cerf se fait à nouveau entendre dans la neige. Je l'aperçois au travers des branchages, il va passer sous moi. Je pivote doucement et arme mon arc. Je suis prêt, mon viseur le suit au travers de la végétation...5 mètres, 4 mètres, 3 mètres. Il s'arrête, 3/4 face... le temps de prendre la décision de lâcher ma flèche, il regarde vers moi au moment où une bourrasque de vent souffle mon odeur vers ses naseaux, il fait brusquement volte-face et s'arrête plein travers à 10 mètres mais pile derrière les houx.

Je ne peux plus tirer, je désarme. Une fraction de seconde d'hésitation vient de me coûter cher. La biche est de face devant le daguet. Ils regardent un moment vers moi puis démarrent brusquement et rejoignent le second daguet. Tout ce petit monde regarde un moment vers moi, la biche curieuse prend même le risque de revenir un peu vers moi puis un des daguets passe la crête puis les autres le suivent.

La nuit tombe, je peste d'avoir laissé passer ma chance alors que tout semblait se dérouler à merveille. Mes pieds me font atrocement souffrir et le chemin du retour ne sera pas une partie de plaisir. Peut-être que je serais meilleur demain à l'approche.

 

Alex

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 21:32

Cette semaine, j'ai pris 2 jours de congés pour aller chasser le cerf dans les Pyrénées. J'ai toujours mon bracelet en poche et la fin de la saison approche. Je ne suis pas revenu chasser à Sarrancolin depuis ma biche de septembre. Le réveil sonne vers 5h40, je me prépare rapidement et sors mon chien avant de partir quand mon téléphone sonne, c'est Patrick. Il m'avertit qu'il pleut par chez lui et qu'il a plu toute la nuit. Hier soir, il a vu 2 daguets au bord de la route, près d'une petite ruine non loin de chez lui.

Je décide d'aller chasser malgré le mauvais temps, chez moi, il ne pleut pas. Je décide de me garer en bas du chemin de la Soule et de remonter doucement par la route en espérant qu'un cerf sera encore en train de brouter le long des bas-côtés. J'arrive sur place vers 7h10. J'attends un peu puis finis de me préparer avant d'attaquer la montée. Le secteur est bien enneigé et j'ai mis ma veste camo-neige pour l'occasion. Comme Patrick me l'avait annoncé, il pleut. J'arrive à l'entrée du chemin de chez Patrick sans avoir vu ni entendu le moindre animal.

Je prends le chemin d'accès à son habitation, passe la maison puis prends une des pistes qui remonte pour passer sous chez son voisin. Le chemin est marqué de nombreuses traces d'animaux. Au bout d'un moment, je tombe sur le pied d'un très gros sanglier, je décide de le suivre pour tenter d'apercevoir l'animal. Le pied quitte le chemin et descend dans les buis, je le suis toujours doucement. La neige imbibée d'eau est silencieuse c'est un régal pour l'approche bien que l'humidité commence à traverser mes vêtements et mes chaussures.

Un peu plus loin, en levant la tête, j'aperçois une biche suivie d'une bichette qui avancent tranquillement en cherchant leur nourriture à environ 80 mètres au-dessus de moi. Je tente de me rapprocher un peu à couvert des buis mais je suis rapidement trop à découvert. Je regarde un moment les animaux s'éloigner puis sors des buis. Les animaux pressent le pas et disparaissent derrière une crête.

Je reprends le pied du sanglier plus pour chercher un passage au travers des buis très épais que dans l'espoir de l'apercevoir. En arrivant sur une crête, un peu plus loin, je marque un temps d'arrêt et observe les alentours. Un énorme brocard descends en suivant la crête suivante à environ 90 mètres. Je reprends un peu ma progression puis regarde à nouveau alors que le brocard vient de disparaître dans les buis.

Tout à coup, 6 ou 7 grands cervidés surgissent des buis en contrebas et passent la crête au pas de course. Un autre animal beaucoup plus gros descend en longeant la crête sans que je puisse voir sa tête. Certainement un cerf. Ne voulant pas pousser plus loin les animaux, je décide de remonter vers chez le voisin de Patrick. La pente est très raide et très enneigée, j'ai de la neige jusqu'aux genoux et peine de plus en plus à monter. Au bout d'un moment, je rejoins une petite grange au milieu d'un pré où pâturent des moutons en été. Je décide de rattraper le chemin qui remonte aux habitations quand je croise la trace d'un gros cerf qui redescend vers un autre chemin qui redescend vers chez Patrick.

Je tente de suivre cette trace. Je suis de plus en plus mouillé, l'eau coule maintenant sur ma peau et la pluie n'arrête pas de tomber. Au départ du chemin, je m'arrête pour écrire un texto quand un chevreuil se lève à 30 mètres en contrebas et disparaît dans les buis. Mon texto envoyé, je reprends ma marche en suivant le pas du cerf. Au bout d'un moment je perds sa trace au milieu d'innombrables traces d'animaux.

Je redescends vers chez Patrick puis prends une des pistes qui passe sous chez lui. Je longe doucement cette piste qui descend dans le bois et alors que j'arrive au bout de cette dernière, un mouvement me fait lever la tête. Une grosse chevrette remonte la pente au pas puis s'arrête et cherche autour d'elle d'où vient le bruit qui l'a dérangé. Elle regarde vers moi sans me voir et reste un moment immobile à 40 mètres au-dessus de moi environ quand un autre mouvement attire mon regard juste un peu plus bas. Un magnifique brocard vient de démarrer et la rejoint. Tous 2 passent derrière une bosse du relief et je les perds de vue.

Je me suis trompé de piste, j'aurais dû prendre celle du dessus et je remonte au plus raide pour rejoindre l'autre piste en passant non loin d'où se trouvaient les chevreuils. Tout à coup, les 2 animaux que je pensais loin redémarrent. Le brocard s'avance au pas et se cale plein travers à 15 mètres environ au-dessus de moi. Il reste un moment immobile puis s'avance et disparaît. A son tour la chevrette s'arrête au même endroit et prend la pause. Ils ont de la chance que je ne sois pas là pour eux. Elle finit par disparaître un peu plus haut. Je rattrape la piste un peu plus haut puis la suis un bon moment sans rien voir. Je débouche sur un pré puis sur la route avant de redescendre vers ma voiture, je suis crevé et trempé, je rentre, je reviendrais demain soir.

 

Alex

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 15:34

Comme chaque année, j'ai posé une semaine de congés pour chasser le cerf dans les Pyrénées, à Sarrancolin mais cette année a un goût particulier car cette chasse ne m'enchante plus comme par le passé et je pense que ce sera ma dernière saison de chasse au cerf. Cette année j'aurais dû avoir un bracelet de C2 (plus de 10 cors) mais finalement, la société de chasse ne peut m'attribuer qu'un C1 (moins de 10 cors). En compensation, pour le même prix qu'un C2 j'ai 2 bracelets, un C1 et une biche. Cette situation ne me motive pas d'avantage car avant même de commencer la chasse se pose déjà la question du "que faire de toute cette viande" ?

Le 20 septembre au soir, après ma journée de boulot, je pars directement pour les Pyrénées pour une première soirée de chasse à l'approche qui va se révéler assez décevante, peu d'animaux vu et le brame ne semble pas avoir encore commencé. Le lendemain, je décide de passer une journée complète à chasser en montagne, parti le matin à la nuit, je ne redescendrais qu'avec la nuit mais cette journée sera le parfait reflet de la journée précédente. Seul un jeune cerf de 6 pointes semble fréquenter le col qui habituellement est très animé à cette période de l'année et je l'aperçois toujours furtivement de loin sans pouvoir tenter une approche. Le brame est très discret et épars.

Refroidi par mes mésaventures de l'année dernière et manquant sérieusement de motivation pour chasser cette année, je décide de prélever soit la biche soit le cerf et de m'arrêter là, de plus je n'ai pas la place au congélateur de stoker les 2 animaux. Au troisième jour, je repars alors qu'il fait encore nuit pour remonter vers le col. Je quitte le chemin de terre qui descend chez mon ami Patrick, suis un peu la route en redescendant vers Sarrancolin puis bifurque à gauche pour rattraper un chemin de terre qui remonte vers les sommets. Pas un brame ce matin, quelle tristesse. Je remonte tranquillement le chemin de terre en sous-bois quand quelques animaux démarrent sur ma droite sans que je puisse les voir dans l'obscurité totale. Ils s'arrêtent à l'écoute puis repartent en gravissant le penchant et en faisant rouler les pierres pour traverser le petit sentier pierreux que je vais rejoindre dans un petit moment pour monter droit vers le col.

Je reprends ma progression, un peu plus loin, je quitte le chemin et remonte un petit pré pour rattraper le petit chemin pierreux. Toujours pas de brame, c'est la première année que je vois ça, c'est certainement un signe. Je suis un moment le petit sentier à travers bois pour retomber plus loin sur un grand chemin de terre qui rejoint l'enclave grillagée. Je le suis et traverse l'enclave, fais une pause pour me désaltérer à l’abreuvoir puis attaque la piste taillée à flanc de montagne dans la roche alors que le jour commence à se lever. Rapidement, j'aperçois une bichette au gagnage sur la gauche de la piste contre la paroi rocheuse. Je tente une approche alors qu'elle s'éloigne en me tournant le dos. Je gagne peu à peu du terrain en restant plaqué contre la roche mais, tout à coup, la bichette remonte la pente très raide pour rejoindre le couvert boisé au-dessus de moi. Je m'avance pour tenter de l'apercevoir mais une biche donne l'alerte et les animaux démarrent.

Je poursuis ma route vers le col où j'espère revoir le jeune cerf vu hier matin. Le lever du soleil embrase le ciel. 

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

Pas de cerf ce matin, je passe donc le col et continue ma route pour prospecter le secteur de genets et de fougères où j'ai fléché mon cerf l'an dernier. Quelques cerfs brament timidement sur le penchant du territoire voisin mais le secteur que je chasse est vraiment très calme. Je décide de rentrer de 10 à 15 mètres dans le bois qui borde le bas des genets et progresse tout doucement en suivant une grosse collée faite par les chevaux. Un brouillard léger enveloppe le sous-bois. Je m'arrête régulièrement pour écouter et observer quand un mouvement attire mon attention. Un sanglier d'environ 70 kg vient droit sur moi. A bon vent et calé au pied d'un gros hêtre, je le laisse venir. Il avance au petit trot avant de se figer net à 10 mètre environ de 3/4 face. Il regarde vers moi et nous nous observons un moment avant qu'il ne face demi-tour et disparaissent dans le bois.

Le secteur est vraiment trop calme, je décide de descendre pour rattraper une piste un peu plus bas, elle est hors territoire mais couverte de souilles et j'aimerais bien savoir si les cerfs sont dans le secteur ou pas. Effectivement les souilles semblent bien fréquentées. Je suis doucement la piste et observe au-dessus et en dessous quand j'aperçois un brocard, il est à 15 mètres environ, tourné face à moi et m'observe sans bouger alors que je viens de me figer. Je tente d'attraper tout doucement mon appareil photo, ouvre doucement le scratch de l’étui, sort l'appareil, l'allume... le brocard n'a toujours pas bougé mais au moment où je m'apprête à le prendre en photo, il fait volte-face et disparaît dans la végétation. C'est alors qu'une chevrette et son chevrillard en profitent pour surgir des fougères à juste 10 mètres devant moi pour foncer dans la même direction que le brocard. Les fougères bougent à nouveau et j'aperçois alors la tête du second chevrillard qui n'a pas compris ce qui se passait et qui est resté sur place. J'arrive à le filmer très furtivement alors qu'il se débine dans les fougères.

Un brame retentit un peu plus loin au-dessus de la piste. Enfin ! Je quitte la piste et remonte par une petite coulée en direction du brame. Le cerf brame timidement par intermittence et je me rapproche tout doucement. J'arrive à environ 40 mètres de ce dernier mais le bois épais m'empêche de le voir quand, tout à coup, un bruit de pas retentit au-dessus de moi, un gros daguet fourchu se débine à 50 mètres au-dessus de ma position. Le sous-bois est trop découvert et le sol couvert de feuilles mortes, je ne peux que le regarder s'éloigner. Une fois le daguet parti, je tente de terminer mon approche mais le cerf me repère et se coule dans le bois sans que je puisse vraiment le voir.

Je remonte vers les genets et repars vers le col où je fais une longue pause pour écouter et profiter du paysage un peu embrumé ce matin mais très ensoleillé.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

Après un long moment passé à me promener et à écouter, Je décide en tout début d'après-midi d'aller chasser le secteur où j'avais blessé un très gros cerf l'an dernier. Je suis la piste de gravier pour arriver dans un virage au pied d'une belle combe qui descend au milieu des hêtres. Je remonte doucement vers une grosse souille pour voir si elle est fréquentée. 

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

J'avance tout doucement quand un mouvement sur ma droite me fait stopper net. Un jeune cervidé broute au milieu des repousses de hêtre sur un promontoire rocheux. Je suis à découvert et il regarde vers moi. Je reste immobile et l'observe quand un craquement se fait entendre. Alors que je cherche la provenance du bruit, j'aperçois une belle biche entrain de brouter un peu plus bas dans les petits hêtres. Elle ne m'a pas vu et mange paisiblement. Je m'avance doucement vers 3 gros hêtres à quelques mètres et me cale derrière pour réfléchir à la meilleure technique d'approche.

Le jeune cervidé s'est remis à manger, la biche avance doucement pour prendre une coulée qui descends vers la souille à 40 mètres plus haut sur ma gauche. Je profite du fait qu'elle disparaisse dans les arbustes pour descendre dans le creux de la combe à pas calculés et arrive à me positionner sous les petits hêtres. La biche est à 10 mètres environ au-dessus de moi mais je ne peux pas la voir. Je me positionne pour pouvoir la tirer à la sortie des arbustes quand, tout à coup, elle démarre et se plante à environ 15 mètres, à découvert, de 3/4 arrière au-dessus de moi. J'arme mon arc, prends rapidement la visée et décoche mais ma flèche semble passer dessous et ricoche mans les rochers. Le jeune cervidé disparaît dans la végétation. 

A ma grande surprise la biche fait volte-face et fonce droit sur moi. Le temps de réagir, elle passe à quelques mètres de moi sur ma droite. Je constate avec horreur que l'intégralité de ses viscères pend sous son abdomen. Elle s'élance d'un bon prodigieux pour franchir le fond de la combe mais se rate, sa patte arrière gauche semble traîner. Elle s'écrase au sol dans un bruit abominable puis se relève rapidement, remonte la pente opposée, fonce pour rejoindre le couvert 40 mètres plus loin et disparaître derrière le relief. Je suis dégoûté, j'aurais vraiment préféré manquer ma biche et j'espère maintenant la retrouver car je ne pense pas qu'une telle blessure soit mortelle à court terme.

Pour passer le temps et me calmer un peu, je pars tenter de retrouver ma flèche et des indices. Ma flèche est introuvable mais je trouve rapidement quelques petites gouttes de sang dès l'impact.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

Je suis la trajectoire de la biche au milieu des petits hêtres qu’elle a couverts de contenu stomacal et de sang, la piste est très facile à suivre. J'arrive rapidement à l'endroit où la biche est tombée, le feuilles mortes retournée sont couvertes d'éclaboussures de contenu stomacal sur un rond d'au moins 5 mètres de diamètres. La piste devient de plus en plus marquée en remontant le versant opposé de la combe. De grosses taches de sang jonchent le sol.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

La piste devient de plus en plus abondante et les premiers petits hêtres sont maculés de sang.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

Je suis toujours la piste d'un pas rapide sans aucune difficulté quand je tombe sur une très grosse quantité de sang et les intestins de la malheureuse biche.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

La piste traverse des petits hêtres entièrement repeints en rouge

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

puis je tombe sur la panse et la rate de l'animal.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

La biche gît un peu plus loin calée contre un jeune hêtre, elle est morte. Je suis soulagé, elle n'a pas fait plus de 130 mètres malgré cette atteinte très mauvaise.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

Ma flèche lui a en fait sectionné les tendons du genou gauche avant de lui ouvrir le ventre de juste après les tétines jusqu'au sternum. J'ai eu beaucoup de chance mais cette mauvaise expérience va me faire prendre une décision qui me trottait déjà dans la tête, je ne rechasserai pas le cerf les années prochaines et je ne vais pas continuer à chasser pour fermer mon second bracelet cette année.

Une biche Sarrancolinoise, 22 septembre 2012

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

http://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

Bonne visite, Alex

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LES INDICES APRES LE TIR :

 

LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

ORIO ADRIEN :

06 86 70 89 28

LASBATS CHISTINE : 

06 45 35 50 42

 

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CHARC Magazine

Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
Réaction du chevreuil après le tir
Recherche au sang sans chien
La chasse du ragondin à l'arc
L'appel du gibier
Après la chasse, le souvenir...
Emotions canadiennes

 

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