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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 06:51

Ce matin, j'ai convenu avec mon ami Patrick d'aller chasser chez lui à Sarrancolin. Réveil à 5h30, le temps de dégivrer la voiture et me voilà parti. J'ai décidé de chasser au tour de la place de brame où j'ai fléché mon cerf cette année. Arrivé avant le lever du jour, je me gare près du ruisseau du fond de vallée et j'attends un peu dans la voiture puis je sors affronter le froid vif et me préparer. La lueur du jour commence à poindre, tout est calme et le silence n'est perturbé que par le bruit de l'eau. Les Pyrénées me manquaient, nous étions abonnés aux lundis pluvieux depuis plusieurs semaines et je ne suis revenu qu'une fois depuis le brame. Le paysage a changé et la neige a commencé recouvrir la montagne d'un manteau blanc.

Je finis le reste du chemin à pied et rejoint la dernière habitation avant d'attaqué mon ascension par un petit sentier qui remonte d'abord assez raide puis à flanc de montagne pour rejoindre la place de brame. Arrivé en haut de la partie la plus raide, je marque une pause et me retourne vers la ferme en contrebas. 3 animaux arrivent des fougères sur ma gauche, 150 mètres plus bas. La biche suivie de la bichette et du hère, ils passent juste devant la maison puis plongent dans la pente. Je regarde un moment pour essayer de les voir remonter sur le flanc d'en face mais rien.

Je reprends mon ascension. Un peu plus loin, je marque à nouveau une pause pour observer les fougères en dessous et au-dessus du chemin. Derrière moi, Sarrancolin se réveille et le bruit de la route vient perturber la quiétude ambiante.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je monte doucement en essayant de ne pas faire trop craquer la neige et le sol gelé. Les premières empreintes fraîches dans la neige. Une biche est passée de frai. Je fais régulièrement des pauses d'observation quand, tout à coup, un bruissement dans les genets au-dessus de moi me met en alerte. J'essaye de voir de quoi il s'agit quand un aboiement retentit. C'est un chevreuil que j'ai dérangé et qui se coule au travers des genets et des fougères pour regagner la crête. J'ai beau me déplacer un peu et me fatiguer les yeux, impossible de le voir. Je reprends ma route.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Le sol est de plus en plus craquant et il est impossible d'avancer sans bruit. Je rejoints finalement la place de brame ou j'ai manqué un cerf cette année. Je marque une pause, et jette un coup d'œil en contre bas dans les fougères. Une biche et son jeune arrivent de derrière moi à 100 mètres plus bas pour rentrer dans l'épais. Ils marquent une pause et observent tout autour d'eux sans me voir avant de disparaître derrière les arbres.

Je m'avance sur la place de brame. Beaucoup de traces traversent la zone dégagée. Biches, cerfs, sangliers, chevreuils et renards se sont croisés ses derniers jours. Une meute de chien est aussi passée ces derniers jours, Patrick m'a dit que Sarrancolin était venu chasser le sanglier dans le secteur.

Je continue vers la place de brame où la réussite m'a souri. Mes pas font craquer le sol et je crains que ma matinée d'approche ne soit bien compromise. Le chemin monte un peu puis redescend sous la voute de noisetiers défeuillés. Cette place est aussi marquée de nombreuses traces plus ou moins fraîches. La neige plus poudreuse est moins craquante dans le secteur. Je m'avance puis me cale derrière des genets en observation. Des vols successifs de petits passereaux passent bruyamment au-dessus de ma tête. Tout est calme, la nature semble endormie et rien ne bouge. Je tente un petit cri de souris pour essayer d'apercevoir maître goupil mais rien. Quelques merles batifolent dans les buis.

Je quitte mon poste pour rejoindre la piste à flanc de montagne qui me conduira à la zone grillagée. Je passe par la piste où le sol est moins craquant.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je rejoins la piste taillée à flanc de montagne, les premiers rayons de soleil passent la montagne et rendent le paysage encore plus magique.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

J'avance doucement sur la piste, la neige poudreuse n'est pas bruyante. De temps à autre, je me rapproche du bord pour tenter de surprendre un animal en contrebas. La piste est jonchée de traces d'animaux. Au bout d'un moment, en me rapprochant du bord, je perçois un mouvement près d'un massif de buis. C'est un chevreuil qui s'avance doucement en mangeant, 50 mètres plus bas, ses pas étouffés par la neige. Je reste immobile à l'observer. Au bout de 5 mètres environ, il stoppe net derrière un hêtre, je ne vois plus que son arrière train puis fait brusquement demi-tour et s'arrête pour regarder nerveusement autour de lui avant de disparaître dans les buis. Je n'avais pas remarqué que j'avais le vent dans le dos. Je me décale à la sortie des buis et attends un moment. J'entends un moment ses pas puis plus rien.

Je continue jusqu'à la zone clôturée. J'ouvre et passe le portail et traverse doucement l'enclos. Beaucoup de traces de renard traversent l'enclos mais pas une trace de cervidé. Je regarde l'heure, il est bientôt 9 heures, Patrick devrait bientôt émerger. Je décide de faire demi-tour pour tenter de voir quelque chose en dessous de la piste d'où je viens. Arrivé au portail, Patrick m'appelle, il n'est pas trop motivé pour traquer en haute montagne, il a la crève. De plus, les chiennes sont en chaleur et Atar ne fait pas le grand cervidé. Nous décidons de chasser sous chez Patrick.

Je reprends donc la piste vers la place de brame et pour raccourcir un peu et me donner une dernière chance je redescends par une piste qui longe 100 mètres environ sous la piste qui mène à l'enclos. Elle est aussi très fréquentée. J'avance doucement et surveille alternativement au-dessus et au-dessous de la piste.

Je ralentis en dessous d'une zone épaisse de buis. Un animal démarre, c'est un chevreuil qui marque un temps d'arrêt au sommet d'un rocher avant de redémarrer et de disparaître dans les buis. Au bout de la piste, je pars en biaisant dans la pente pour rejoindre ma voiture.

Je retombe sur une piste forestière et retombe sur le chemin prêt de mon véhicule. Je redescends vers Sarrancolin puis me gare en bas du chemin de la Soule. Des travaux de mise en place du tout à l'égout m’empêchent de monter chez Patrick. J'appelle mon ami pour lui dire que j'arrive, il me faut 15 à 20 minutes pour arriver à mon poste. Lui va arriver de chez lui par le bois avec Atar en espérant lever des animaux.

Les ouvriers du chantier me regarde passer bizarrement... ils ont jamais vu un arc ? Après quelques virages, je quitte la route pour remonter à travers pré vers une zone de fougère très passagère où je vais me poster.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Arrivé dans les fougères, je me faufile par les coulées pour prospecter au niveau des gîtes, on ne sait jamais. Le vent est bon et assez soutenu. J'avance presque sans bruit, je monte un talus très raide et passe devant  les gîtes sans rien voir. J'avance encore un peu vers l'endroit où j'ai fléché ma bichette l'an dernier.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Tout à coup, une grande patte se dérobe devant moi et disparaît sans bruit dans le bois. Je décide de faire demi-tour et de me poster un peu en retrait derrière un gros buisson au bord d'une coulée très fréquentée. Je commence à préparer mon poste avec mes sécateurs puis me ravise. Je vais avancer un peu plus et me poster sur la coulée mais un peu plus dans le sale.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Une grosse coulée au-dessus à portée de tir et les coulées en dessous aussi à portée de tir, c'est un bon poste. Je n'ai pas longtemps à attendre, déjà au loin j'entends Atar qui rapproche sur le pied d'un chevreuil. Il se rapproche rapidement. Je suis prêt, décocheur accroché. Tout à coup, ce que j'identifie comme étant un chevreuil surgit du bois et arrive sur la coulée du dessus et disparaît dans le sale à moins de 30 mètres. J'arme au cas où, si c'est un chevreuil je laisserais passer mais si c'est autre chose, je serais prêt. Atar se rapproche de plus en plus. Des craquements se font entendre dans le sale, ça se rapproche. Je désarme pour ne pas trop forcer sur mes bras. Ça va sortir vers en bas, je réarme. Ce n'est plus un chevreuil mais un hère qui dévale la pente et prend la coulée qui monte droit dans mes pieds. Je le suis dans mon viseur. Il se baisse et passe sous les branches pour ressortir tête haute à 5 mètres de moi en relevant la tête. Il est presque de face et arrive au trot. Je prends la visée à la base du coup et décoche. Il me voit mais trop tard, il n'a pas le temps d'esquiver. Ma flèche disparaît dans son épaule. Il fait demi-tour, ralentit progressivement sur 40 mètres environ, commence à vaciller, baisse la tête puis se couche. Atar est passé au-dessus avec le chevreuil.

J'attends un peu avant d'aller voir. Pas de flèche sur le lieu du tir mais rapidement beau coup de sang dans la coulée sur les fougères

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

et au sol.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

En arrivant où j'avais vu tomber mon hère, je le retrouve mort. Ma flèche rentre dans l'épaule et ressort près de l'anus d'où elle dépasse encore de 60 cm. C'est un jeune mâle. Patrick arrive, je lui annonce la mort de mon hère et monte chercher le bracelet et lui donner mon arc. Il repart chercher le pickup.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

J'appose le bracelet et tire le hère jusqu'à la route en attendant Patrick.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Au dépeçage, je constate que ma flèche a touché les 2 poumons et le foie. Une fois le hère peler et vidé nous partons manger, ce soir nous allons chasser dans le Gers à Traversères sur un territoire à sanglier. En milieu d'après-midi nous levons le camp, déjà 4 vautours, un milan royal et des grands corbeaux tournent à basse altitude. Et nous faisons décoller les 4 grands rapaces en passant en voiture. Patrick laisse son pickup pour ce soir et nous finissons à pied au travers du chantier pour récupérer nos voitures au pied du chemin de la Soule.

Nous arrivons sur le territoire de chasse vers 16h30, sur la route, à l'entrée du chemin qui mène à la ferme où je me gare, un renard nous regarde arriver assis, puis finit par sauter dans le ruisseau à l'approche de la voiture. Je tourne et prends le chemin pour aller me garer. Patrick décide de démarrer du début du chemin. Je le dépose et pars me garer avant de remonter la combe en direction de la route de crête. Je n'ai pas prospecté cette partie du territoire depuis longtemps. A peine la ferme dépassée que j'aperçois 2 chevreuils au gagnage près du parc de la LPO. Je continue ma route vers un massif de genets au bout d'un bois où se remisent très souvent les sangliers.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je passe la haie qui sépare les 2 prés et remonte en la longeant vers les genets. Au coin du bois, je remonte par une grosse coulée très fréquentées vers mon poste. Je vais rester un moment entre le bois et les genets sur cette bande de clair. Le vent est bon, il souffle des genets vers le bois. L'attente commence et comme d'habitude les petits rongeurs font un bruit du tonnerre dans les feuilles mortes en sous-bois. Je les vois parfois passer.

Tout à coup, j'aperçois du mouvement à 250 mètres environ, il me semble qu'il s'agit d'u renard ou d'un chat. Dans le doute, je quitte mon poste et redescends vers le pré. Du coin du bois, je tente un cri de souris mais l'animal ne se laisse pas perturber et se rapproche du talus d'herbes hautes. Je finis par clairement identifier un chat. Je traverse donc le pré et me poste au coin de la haie pour surveiller à la vue et à l'écoute le secteur.

Les sangliers ont donné pas mal de coups de nez dans le secteur. Un second chat traverse le pré sur les traces du premier. J'ai bon espoir mais le temps passe, la luminosité baisse. Un bruit dans la haie se fait entendre, au bout d'un moment, un animal sort mais je n'arrive pas à l'identifier. Il relève la tête et s'assoie, il est à 35 mètres environ. C'est un lièvre, il commence à se rapprocher en zigzagant. Il s'arrête régulièrement, entre dans un petit roncier, ressort, s'assoie à nouveau, se rapproche par petit bons, revient vers la haie et disparaît puis ressort, s'assoie et décrit un arc de cercle pour venir s'assoir à 5 mètres de moi alors que je viens d'armer. La visée prise sur son coffre, je décoche. Le lièvre pousse un petit cri à l'impact et démarre en trombe sur 10 mètres puis ralentit, s'arrête à 20 mètres, s'assoie, se quille droit sur ses pattes arrières puis retombe sur le dos. C'est fini pour lui. Ma flèche l'a frappé en plein cœur.

La nuit tombe, je ramasse mon lièvre et je rentre. C'est mon troisième à l'arc et mon 4ième de ma vie de chasseur. Patrick a vu 2 sangliers mais n'a pas pu tirer. Nous rentrons.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Alex

 

Atteintes :

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010
Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:36

Ce matin, je suis retourné faire le même tour que la veille au soir. Au bout du petit pré, un cerf me grogne dessus alors que je passe sous une zone de buis épaisse. Je m'éclipse tranquillement pour ne pas le déranger plus. Je ne verrai pas un seul animal de toute la matinée à par un vautour qui va me décoller juste au-dessus de la tête alors que je remonte la piste avant d'arriver chez Patrick.

Cet après-midi, nous avions décidé de partir tôt mais le temps s'est bien détérioré, il pleut dans la vallée et les nuages remontent dans la montagne apportant par moment une petite bruine. Nous partirons finalement en fin d'après-midi pour chasser un morceau du territoire situé de l'autre côté de la départementale. Une zone de forêt de hêtres et de plantations de résineux. Nous faisons un petit tour en voiture de ce territoire magnifique et Patrick en profite pour m'expliquer les limites qui sont un peu compliquées entre les enclaves des autres sociétés de chasse et les différentes domaniales.

Nous décidons de chasser une grande plantation de résineux. Un troupeau de belles gasconnes nous accueille.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Nous commençons par remonter sur la bordure gauche du territoire pour ensuite nous séparer et chasser en redescendant en biais vers la piste.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Peu d'indices de présence jusqu'à présent. Je laisse Patrick et continue à monter. Il m'a parlé d'une crête plus haut. Je monte tranquillement, le sol, souvent couvert de mousse et encore humide, est assez silencieux. Je monte toujours quand le brouillard commence à descendre à ma rencontre. L'ambiance est magique, chasser dans un décor aussi beau, dans un silence qui n'est troublé que par le chant de quelques oiseaux et maintenant dans un silence total enveloppé dans ce brouillard.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Je slalome entre les sapins quand, tout à coup, en relevant la tête, j'aperçois une belle biche solitaire à 20 mètres devant moi. Je ne suis pas là pour elle mais je décide de me tenter l'approche. Elle regarde un long moment vers moi alors que je reste immobile, accolé à un gros sapin. Elle finit par se désintéresser de moi et se remettre en marche tranquillement en me tournant le dos. J'en profite pour me décaler vers un autre sapin. Je m'immobilise, elle regarde à nouveau vers moi, elle est cette fois à 30 mètres. Puis elle reprend son ascension d'un pas lent. Je me redécale vers un autre arbre. Elle bifurque à gauche puis s'arrête à nouveau et regarde aux alentours sans vraiment me chercher. Elle se remet en marche et passe derrière une rangée serrée de petits sapins. J'en profite pour rapidement partir me positionner au bout de la rangée.

Je m'avance doucement et tombe, nez à nez, à 5 mètres de la biche que je ne pensais pas si près. Surprise, elle fait demi-tour au petit trot puis s'immobilise rapidement pour regarder vers moi avant de redescendre un peu dans la pente. Je la laisse disparaître puis recommence mon approche en allant d'une cache à une autre mais elle reste à plus de 40 mètres et je n'arrive plus à approcher d'avantage. Elle finit par se retourner vers moi. Un geai vient de se poser derrière moi et, s'apercevant de ma présence, il décolle en poussant un cri, la biche se met alors à pousser quelques cris d'alerte et  disparaît dans le brouillard.

Je reprends mon ascension, je commence à trouver pas mal de crottes de grands cervidés et un peu de chevreuils. Je pars un peu en biais pour rejoindre la crête La forêt s'éclaircie de plus en plus et je ne peux plus avancer en me cachant, je décide de redescendre un peu puis de repartir en biaisant vers la piste où la voiture de Patrick est garée. En descendant, je fais redémarrer la biche qui s'était arrêtée un peu plus bas.

Je progresse lentement. Les vaches semblent monter jusqu’ici, de nombreuses bouses jonchent le sol, il y a de nombreux laissés de grands cervidés mais je progresse un long moment à pas lent en observant bien les alentours sans rien voir. Il me semble entendre bramer au loin.  Je finis par rejoindre une piste de terre et il me semble voir passer quelque chose entre les arbres, 50 mètres plus bas. Je reste un moment sans bouger à observer mais rien ne bouge. Je me remets en marche, un biche démarre et descend sous la piste au milieu d'une zone très claire de grands sapins. Je rejoints la piste et la longe un moment en suivant la biche qui longe 80 mètres plus bas. Je décide de la dépasser puis de tenter de lui couper la route mais je tombe sur une zone plus prometteuse tapissée de fougères. Plusieurs cerfs brament plus bas.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Je m'avance doucement dans les fougères en direction d'un brame qui semble tout de même assez lointain quand plus bas un autre cerf se met à bramer plus près de moi. Je descends donc vers lui. Je retourne sous les hauts sapins où le sol est moins bruyant et descends droit sur le cerf. Tout à coup, j'aperçois une biche à 45/50 mètres, elle regarde vers moi. Plein travers au milieu des fougères, juste à gauche d'une petite crête rocheuse elle fait demi-tour et descends dans les fougères et le relief me la cache vite. Au milieu des arbres, il me semble voir une autre tâche rousse de l'autre côté de la petite barre rocheuse. Je me décale lentement et aperçois le cerf qui me regarde. Je n'ai pas le temps de le prendre en photo, il descend en suivant la biche.

Sur ma droite un brame puissant retentit. Je me dirige vers ce cerf qui à la voix semble impressionnant. Très lentement j'arrive au pied d'un petite bute et entends un bruit de pas qui monte de l'autre côté. J'allume mon appareil photo, alors que le cerf se met à bramer, pour couvrir le bruit de la sonnerie d'allumage. Je m'avance très lentement vers le sommet de la bute quand j'aperçois les bois magnifique de ce cerf. Il regarde vers moi, je ne suis qu'à 5 mètres de lui. Je décide de m'avancer doucement pour voir plus que ses bois et tenter une photo mais il pousse un grondement sourd et fait demi-tour pour s'arrêter plein travers à 15 mètres, la tête cachée derrière un arbre. Je me tiens prêt à le prendre en photo dès qu'il va s'avancer mais les batteries me lâchent et mon appareil s'éteint !

Je range mon appareil maintenant inutile et reste à regarder ce cerf magnifique quand, devant lui, à 30 mètres, j'aperçois une biche et son faon. Ils ne m'ont pas repéré. Je recule doucement, repasse derrière la bute et la contourne doucement et sans bruit pour ressortir un peu plus loin sur un piste forestière. Le cerf pousse quelque grondement sans s'enfuir puis énervé par un congénère qui brame plus bas, il se remet à bramer. Je ne vois pas la biche et le hère. A chaque fois que le cerf regarde par en bas ou se met à bramer, je m'avance d'un pas lent et gagne ainsi, petit à petit, du terrain. Quelques sapins bas me servent d'écran de camouflage. En arrivant au dernier sapin, alors que le cerf pousse un brame, j'aperçois la biche et le hère un peu en retrait, il sont à 15 mètres sous moi. La biche qui est de cul regarde vers moi, le hère et 3 mètres plus à gauche, plein travers mais un tout petit sapin masque un peu la zone vitale.

Je me décale extrêmement lentement, la biche est nerveuse et descend un peu dans la pente puis se tourne plein travers. La zone vitale du hère est bien dégagée maintenant, il n'a pas bougé. Le cerf brame toujours. J'arme très doucement mon arc, prends la visée sur le coffre du hère et décoche. L'impact est bien audible. Je vois ma flèche haute et le hère se raidit puis démarre avec sa mère. Je reste immobile. Le cerf n’a rien compris et met un moment à démarrer alors que la biche et son petit sont déjà bien descendus. 100 mètres plus loin environ, je les entends ralentir puis hésiter dans leur route en zigzagant un peu puis plus rien. Le cerf démarre à son tour et descend pour passer entre 2 gros sapins, un sapin mort couché barrant sa route au-dessus.

J'attends un moment puis descends voir la zone du tir. La luminosité baisse rapidement et je n'arrive pas à voir grand-chose. Une forte odeur de cerf en rut se dégage de la végétation. Je finis par chercher à la lueur de mon portable mais impossible de trouver du sang quand tout à coup je trouve ma flèche posée à la verticale sur des fougères, lame vers le bas. Je la ramasse, elle est toute poisseuse au touché, je la sens sans trouver d'odeur de contenu stomacal, je l'éclaire avec mon portable, elle est couverte de fibres musculaires et ne présente que très peu de sang. Je tente d'appeler Patrick au portable mais il ne capte pas. Je siffle et hurle de toutes mes forces mais pas de réponses. Je plante ma flèche au sol et repère les environs pour la recherche.

Au bout d'un long moment, je finis par avoir Patrick au téléphone. Je lui explique la situation et il me dit de descendre vers la piste en dessous de moi. Je descends droit et marque la piste de plusieurs brisées bien vertes. Je me refais la scène dans ma tête en attendant Patrick et arrive à la conclusion que ma flèche n'est pas mortelle, j'ai dû passer dans les muscles du dos. Nous rentrons chez Patrick chercher ma frontale et une lampe avant de revenir sur place avec Pilou pour faire la recherche.

Je remonte directement vers la zone de tir, trouvant au passage un vieux bois de cerf tout rongé, puis je commence à chercher le sang au départ. Pas une goutte, j'inspecte la flèche. C'est bien de la fibre musculaire. Patrick lui me rejoint par une piste de débardage qui remonte de la piste carrossable puis coupe à travers bois pour me rejoindre. Je le guide avec ma lampe et en lui parlant. En venant vers moi, il tombe sur le sang et m'appelle. Je le rejoins et nous commençons à suivre le sang avec Pilou mais la piste s'éternise. Les zones où l'animal s'est arrêté sont très marquées mais en général il y a peu de sang et c'est du sang de muscle. Nous croisons régulièrement des salamandres. Au bout de plusieurs centaines de mètres nous perdons tous la piste. Je suis démoralisé, j'espère que cet animal s'en sortira sans trop de séquelles. Demain, je rentre dans le Gers et cette mauvaise flèche est dure à encaisser. Nous redescendons à travers bois vers la piste de débardage puis la voiture. Nous rentrons.

 

Alex

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 08:49

Après une matinée passée à débiter le cerf et à le porter en chambre froide, nous rentrons du restaurant de Patrick vers 14 h. En arrivant une nuée de grands corbeaux et quelques vautours sont perchés autour des restes du cerf.

Durant l'après-midi, je pose les yeux sur 2 silhouettes sombres au milieu d'un petit pré sur le versant d'en face, sur le tiers supérieur de la pente. Il me semble reconnaître des biches mais plus de 700 mètres nous séparent.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Tout à coup, un autre animal 2 fois plus gros surgit de derrière la montagne. Je suis en train de dire à Marie France qu'on dirait un cerf coursant 2 biches quand nous l'entendons bramer. J'appelle Patrick qui est devant l'ordinateur à l'étage. Il prend ses jumelles et observe les animaux. C’est bien cerf et il est énorme. Je monte rejoindre Patrick alors que le cerf s'est couché au milieu du pré. Je l'observe un moment avec les jumelles puis il disparaît en rentrant au bois.

Ce soir, nous allons chasser sous chez Patrick, je me donne comme objectif de flécher le hère si je le rencontre à portée de flèche. Patrick part de son côté et moi du mien. Je descends par les pistes, que Patrick a faites à la pelle mécanique, jusqu'au bord du ruisseau que je vais suivre un moment en le descendant. Je sens bien le tout petit pré au bout des noisetiers. J'avance tout doucement en regardant le plus loin possible mais ce soir le daguet et la bichette ne sont pas là.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Mon attention se relâche un peu quand une biche et son petit surgissent du ruisseau et traversent à 20 mètres devant moi pour rejoindre le bois. Je m'avance doucement pour tenter de les voir au travers de la végétation. La biche pousse 2 grondements puis je les entends démarrer et les aperçois, par une trouée, en train de remonter la pente du bois. Avec un peu de chance ils iront sur Patrick.

J'avance toujours tranquillement mais rien en vue. Je remonte alors vers le pré où se trouvent les poiriers et les pommiers. Je traverse une zone abrupte de fougères dans un sous-bois clair et ressors sur le pré que je commence à remonter en direction de la route. Tout à coup, j'aperçois une chevrette, au bord des genêts, un peu plus haut.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Je la prends en photo mais elle est loin, je tente une approche à genoux alors qu'elle me regarde approcher puis tente une seconde photo mais trop tard elle rentre dans les genêts.

Je rejoins la route et remonte vers chez Patrick alors que la luminosité baisse. Je jette un coup d'œil en bas dans la langue de pré et, à ma grande surprise, j'aperçois le cerf que je cherche depuis vendredi. En plein découvert, il regarde vers moi. Le temps de sortir mon appareil photo et de me décaler un peu, il retourne tranquillement au bois. Je l'aperçois remonté dans un clair puis obliquer à droite pour biaiser, disparaître sous les feuillages, ressortir sur un clair pour s'arrêter et regarder vers moi en grognant. Je tente une photo mais la luminosité et l'éloignement me donne un résultat minable.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Il rentre à couvert et grogne encore. Je m'éclipse et rentre doucement chez Patrick sans voir autre chose.

 

Alex

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 14:17

Cet après-midi, après un petit entrainement qui m'a bien réussi et redonné confiance, nous décidons d'aller chasser sur la place de brame. Ne supportant plus mes chaussures de randonnée, je suis obligé de partir chasser avec mes vieux tennis tous troués mais très silencieux pour l'approche. Pour économiser mon tendon douloureux, nous allons attaquer par le flanc opposé à mon habitude. Patrick se gare près d'une habitation gardée par 2 beaux patous des Pyrénées. Je passe devant, Patrick va commencer à chasser un bois sur la droite alors que je pars directement vers la place de brame. Il fait chaud cet après-midi et le chant des criquets et des sauterelles emplit la montagne. Je monte par un chemin enherbée au milieu des fougères et des genêts.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

En face, je peux voir l'enclos à l'ombre d'un gros nuage qui passe.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Au bout d'un moment, je tombe sur la place enherbée avec le chemin que le cerf cendré a traversé hier.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Un vautour passe juste au-dessus de moi et fait un gros écart en m'apercevant. Un milan royal décrit des cercles dans le ciel. Je ne résiste pas à rejeter un petit coup d'œil plein de souvenirs à la zone de mon tir manqué d'hier

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

avant de partir vers la place de brame que j'aime tant. Je passe le passage sous la belle voûte arborée que je croyais, dans mes souvenirs faite de hêtres mais qui est en fait constituée de noisetiers et de houx pour déboucher sur la place au milieu des genets clairsemés.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Cet après-midi, les cloches tintent un peu plus loin de magnifiques chevaux noirs pâturent au milieu des fougères.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Les cerfs brament déjà à tout rompre. Je ne me lasse pas d'écouter ce chant magnifique.

Je décide de commencer par me poster un moment derrière un gros hêtre au coin de la clôture de régénération en observation et à l'écoute.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Les cerfs brament bien plus bas et au bout d'un moment j'entends un cerf qui brame plus haut vers la limite du territoire. Plus rien pendant un moment, puis un long brame à nouveau, je décide de me diriger vers ce brame qui semble venir vers le bon côté de la piste. Je décide de me poster au bord d'un chemin forestier par lequel est sorti le cerf qui se payait ma tête hier après-midi. Je cherche un moment mon poste, hésite un peu puis décide de reste derrière des houx contre un gros hêtre, au-dessus d'une belle zone de fougères où j'ai manqué un cerf l'an dernier.

L'attente commence quand des appels de Butollo me font tourner la tête vers Patrick qui est posté sur une butte, en bordure de la place de brame, au milieu de la bruyère et des fougères. Je pense tout d'abord qu'il s'amuse, le connaissant rien ne m'étonne mais il insiste un moment. Peut-être me cherche t-il ? Je tente de lui faire signe de la main puis en agitant mon arc. Il insiste de plus en plus. Je lui réponds alors d'un aboiement de chevreuil. Il commence alors à s'agiter et à faire des signes pour me montrer quelque chose devant lui puis se coule derrière la bute. Je comprends alors ce qui se trame, le cerf que j'entendais était déjà passé de l'autre côté de la piste. Je quitte mon poste et guidé par les signes de Patrick, je tente d'approcher le cerf mais il a déjà fait un peu de chemin. Je me coule au travers des buis sous les grands hêtres. Rien en vue, quand tout à coup, un bruit de bois cassé. Mes yeux se posent sur un gros cerf qui se faufile au travers des buis et remonte vers la piste taillée dans le rocher. Je remonte rapidement mais le plus silencieusement possible vers la piste puis la longe pour tenter d'aller couper la route du cerf. En arrivant presque au niveau de la piste taillée dans le rocher, j'aperçois le cerf qui a déjà traversé et qui longe 60 mètres plus haut à travers une zone clairsemée du bois de hêtre. Il part droit devant lui et accélère en me devinant. Je le laisse rentrer dans l'épais et part en courant sur la bordure enherbée de la piste pour le devancer et remonter lui couper la route. Je me plaque contre le talus du bois, le longe un peu puis remonte dans le bois par une coulée marquée par les sabots des chevaux qui ont fait des marches dans le talus. J'escalade doucement en cherchant le cerf du regard mais mon pied glisse sur le terrain encore humide et je me rattrape bruyamment. Je tente tout de même de rentrer doucement de 50 mètres dans le bois mais il me semble entendre le cerf qui monte droit vers le sommet de la montagne. Je laisse tomber.

Je retourne à mon dernier poste mais me ravise sur l'emplacement. Je me décale un peu plus vers l'intérieur du bois et me rapproche un peu du bord du chemin forestier. Un belle coulée arrive sur ma gauche, au-dessus de moi mais je pense voir arriver le cerf par en bas. Un petit bouquet de houx fait écran sur ma gauche par contre j'ai une belle fenêtre de tir pour tirer sur le chemin forestier. Je suis peu camoufler devant moi et je me colle contre les houx pour casser ma silhouette. Le vent vient de gauche comme les cerfs, tout va bien. L'attente commence, 2 ou 3 cerfs brament plus bas et semblent remonter vers moi mais le temps passe et ils ne bougent pas beaucoup. Je regarde régulièrement mon portable pour regarder l'avancement de l'heure. Je m'impatiente, il est vrai que la patience au poste n'est pas mon fort. Je suis plutôt amateur d'approche. L'excuse que j'attendais pour quitter mon poste vient d'arriver. Le cerf de tout à l'heure brame à nouveau plus haut, je quitte à nouveau mon poste et pars vers le cerf qui cesse vite de bramer. Plus rien pendant un moment alors que près de mon ancien poste ça semble se rapprocher.

J'ai un pressentiment, je n'aime pas ça mais il me faut revenir à ce poste, je le sens bien. Je retourne donc au dernier poste.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

L'attente immobile recommence. Les brames se rapprochent doucement mais sûrement. Deux cerfs se répondent, un sur ma gauche et un autre un peu plus bas. Je surveille alternativement la coulée au-dessus et le dessous du chemin. Chaque brame puissant me fait tressaillir. Je ne sais pas pourquoi mais je vois bien arriver un cerf à ce poste. Au bout d'un moment, il me semble entendre un grognement assez proche. Je tends l'oreille mais plus rien pendant un moment alors que les 2 autres cerfs semblent faire du surplace. Le temps passe puis un autre grognement à 50 mètres maximum. Cette fois mon cœur se met à battre plus fort, j'accroche mon décocheur et mes yeux cherchent à distinguer ce cerf en dessous du chemin. Au bout d'un bon moment à chercher du regard, tous mes sens à l'affût, j'entends un léger craquement dans les fougères en dessous du chemin sur ma gauche. Mes yeux se posent sur une paire de bois au travers des houx. J'essaie de compter. Le cerf arrive d'un pas tranquille au bord du chemin. 1, 2, 3, 4... 8 non 1, 2... oui c'est un 8, 9 maximum. C'est mon cerf, un CEM1. Le cerf rentre dans un bouquet de houx clairs, j'arme mon arc. Il s'arrête, lève la tête puis se remet en marche de son pas lent. " Allez, avance encore, sort à découvert". Le cerf sort la tête des houx et la tourne vers moi. Mon sang se glace, mon cœur s'arrête, je suis en apnée... le temps vient de s'arrêter. Il m'a repéré c'est sûr. Je reste immobile. Il finit par se remettre en marche doucement et sort au pas, plein travers, à 12 mètres, au milieu de fougères qui ne cachent que ses pattes. Mon viseur se cale sur son coude. Je décoche.

Mon cerf, à l'impact, fait un bon impressionnant en l'air, c'est signe d'une flèche de cœur comme mon daguet de l'an passé. Ma flèche plantée en travers (20 à 30 cm sortent encore de mon côté) mon cerf fait demi-tour et se jette au galop dans la végétation. Ma flèche est pile où je la voulais et je ne peux contenir ma joie. Je laisse le cerf s'éloigner et quitte mon poste pour appeler Patrick qui me rejoint rapidement. Je lui raconte ma chasse et nous partons à la recherche de mon cerf. Je suis confiant. Le cerf a basculé vers le territoire d'en face.

Arrivée sur la zone du tir nous retrouvons rapidement ma flèche cassée côté empennage.

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Je ne pense pas qu'elle ait traversé vue ce qui dépassait. Une première goutte de sang.

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La piste n'est pas très marquée, quelques gouttes sur un petit houx,

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un peu plus loin, un peu de sang sur les fougères

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puis une belle trace de sang.

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Je reste à la dernière trace de sang et Patrick mène la recherche, je le laisse faire tout en essayant de l'aider.

On peut facilement suivre le trajet du cerf aux feuilles retournées quand ce n'est pas au sang.

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De goutte en goutte, nous finissons par tomber sur mon cerf, il est mort, couché sur le flanc.

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Je suis aux anges, c'est mon plus gros prélèvement à l'arc, il est magnifique je le contemple un moment, c'est un rêve réalisé. Ma flèche est en fait ressortie 10 cm derrière la patte opposée. Le cerf a chuté

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puis est tombé un peu plus loin, juste au-dessus d'un belle zone de souilles.

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Je ne me lasse pas de le contempler, quel bel animal ! Il a fait à peine 70 mètres.

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Patrick me sort de mon rêve éveillé. Il nous faut maintenant le sortir et il faut que Patrick aille chercher des clefs pour ouvrir les barrières qui nous permettrons de venir chercher le cerf par la piste. Il récupère nos arcs et rentre à la voiture. Pendant ce temps, je mets le bracelet à sa patte et je traîne le cerf jusqu'à la piste. Je pars ensuite boire un coup à l'abreuvoir au bout de la piste taillée dans la roche. Un cerf au brame impressionnant semble être au bout de l'enclos. Je retourne à mon cerf et attends Patrick. Rapidement un bruit de pneus qui crissent sur le gravier puis des coups de klaxon. C'est Patrick qui arrive avec un chasseur du coin venu nous aider à sortir mon cerf.

Nous chargeons, non sans peine, l'animal puis rentrons par la piste. Plus bas un beau cerf saute d'un bon par-dessus la route et alors que nous nous arrêtons pour tenter de le voir en sous-bois, un autre cerf avec un bois cassé arrive droit sur nous puis s'arrête, nous regarde et fait demi-tour pour rentrer au bois. Nous arrivons chez Patrick à la nuit et allons passer un bon moment à peller et vider l'animal.

Ma flèche a traversé le cœur et à peine touché les poumons.

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Un bout de tube est même resté en travers du cœur. Un drôle de cadeau pour l'anniversaire de mon ami Patrick.

Encore merci à toi mon ami. Il nous reste encore une biche, un hère et un chevreuil à boucler.

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Alex

 

Atteinte :

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 12:17

Ce matin, réveil à 7 heures, j'ai très mal à un tendon d’Achille. Je vais faire une petite sortie pour m'économiser pour ce soir.  Les vaches sont couchées au bord de la route dans un virage. Je descends vers le bas du chemin de la Soule, dans le dernier virage avant les maisons une chevrette me regarde au bord de la route. Je me serre contre le talus et attrape mon appareil photo puis tente une approche mais elle remonte en un bon le talus et disparaît.

Je descends à travers les prés, puis remonte pour regagner une crête rocheuse et caillouteuse. Je progresse lentement au milieu au milieu des buis et des chaînes mais rien en vue ce matin.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010

Quelques buis et genévriers sont marqués par les bois du cerf résident.

Je redescends au-dessus de la grange de Tahouens, ici aussi la tempête a laissé des traces.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010

Je tombe sur le chemin de la grange

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010

et ressors dans les prés, au-dessus d'une autre grange autour de laquelle paissent les vaches.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010

J'ai vraiment trop mal, je remonte vers chez Patrick, 2 cervidés traversent, en courant, le pré au-dessus du cimetière.

En descendant le chemin de chez Patrick, j'aperçois l'arrière train d'un grand cervidé qui rentre au bois dans le pré d'en face.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010

Les griffons m'accueillent en concert.

 

Alex

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 19:42

Ce Matin, départ avant le lever du jour comme d'habitude. Je pars pour la place de brame. Je passe l'habitation du haut du chemin de la Soule, descends au font du pré où bramait le cerf hier matin puis remonte contre le bois pour rattraper le petit sentier caillouteux qui longe, à travers les buis et les chênes, le flanc de la montagne.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Le jour se lève à peine quand les cris d'un animal me font m'arrêter, je cherche du regard l'origine du bruit mais je ne vois rien. On dirait les cris d'une fouine sur la défensive. Au bout d'un moment, je fais un petit cri de souris qui fait taire l'animal. Le silence s'installe.

Je me remets en marche. Un peu plus loin, alors que je viens juste d'encocher une flèche, un animal arrive au galop droit sur moi par le sentier. C'est un blaireau. Juste le temps d'armer qu'il s'arrête, de face, juste devant moi à 2 mètres. Mon viseur se pose sur l'animal et ma décoche est instinctive. L'animal touché par avec la flèche qu'un caillou a stoppé net. 15 mètres plus loin, il se roule par terre en bondissant et grogne furieusement au bord du chemin avant de casser la flèche et de chuter dans la pente. Un grand fracas de pierres qui roulent puis plus rien. Le calme revient. Je tends l'oreille mais je n'entends plus rien. Confiant, je pars faire ma recherche. Je vais directement à l'endroit où le blaireau se roulait par terre.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Du sang bien rouge et un bout de ma flèche (côté lame) qui ne présente pas du tout de sang ! Je pose mon arc pour le récupérer tout à l'heure car je ne fais pas trop d'illusions sur la réussite de ma recherche.

Je descends par où est passé le blaireau et retrouve l'autre partie de ma flèche couverte de sang.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

La piste est relativement facile à suivre et descend droit au plus raire, de nombreuses gouttes de sang plus ou moins grosses sont réparties sur les feuilles et les pierres.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Je descends un moment en suivant le sang, le blaireau passe au ras d'un terrier sans s'y arrêter puis la piste finit par obliquer à gauche et prendre la courbe de niveau avant de remonter au plus raide.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Incroyable, le blaireau est remonté droit, au plus raide et perd de plus en plus de sang. La piste croise à nouveau le sentier caillouteux. Ça commence à sentir mauvais, je marque l'endroit et pars chercher mon arc, le blaireau a bien parcouru déjà 150 mètres. Je reprends la piste qui suit le sentier avant de remonter au plus raide vers le sommet de la montagne. Le blaireau perd énormément de sang, c'est incroyable la résistance d'un animal de cette taille. Au bout de 200 mètres de montée environ au milieu des chênes et des buis la piste oblique sur ma droite pour se diriger vers un amas rocheux. Une cavité au milieu des cocher présente du sang à l'entrée, j'inspecte le fond avec ma frontale, il y a aussi du sang.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

La cavité bifurque presque de suite à 90°. Je regarde par d'autres ouvertures, le sang s'enfonce sous les rochers. Impossible de récupérer mon blaireau. Je suis dégouté. Je fais demi-tour la mort dans l'âme, j'essaierai de revenir ce soir en rentrant.

Je reprends le sentier qui m'amène jusqu'au grand pré tout en long que je remonte pour rattraper le chemin forestier. Pas de cerf ce matin. J'avance doucement pour rester silencieux et finit par arriver à l'enclos. Un brocard détale, juste en dessous du grillage, à mon arrivé et descend dans la forêt. La souille avant le parc a été fréquentée depuis ma dernière visite.

Je passe le grillage et remonte doucement, rien ne bouge ce matin. Aujourd'hui le portail est grand ouvert, je le franchis et fais une pose pour me désaltérer à l'abreuvoir avant de prendre le chemin taillé dans le rocher.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

J'avance doucement pour ne pas faire crisser les pierres. A mesure que je m'approche de la place de brame je commence à entendre résonner ces chants virils. En chemin, j'aperçois plusieurs animaux sur le flanc de montagne d'en face, ils avancent au milieu des genets et des fougères vers un petit bois. Je débouche sur le chemin empierré qui monte de la vallée et qui fait limite avec la chasse voisine.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Je descends vers la place de brame en longeant ce chemin. Arrivé sur place c'est un véritable concert, de nombreux cerfs brament du mauvais côté du chemin. Je décide de me poster en bas du bois en limite de l'angle du grillage qui clos une zone de régénération forestière sur la chasse d'à côté. Le vent latéral pousse mon odeur vers l'enclos mais j'ai bon espoir de voir monter un cerf car les brames semblent se rapprocher. L'attente est longue, le vent glacial engourdit mes doigts.

Je décide de bouger car les cerfs ne semblent pas disposés à venir, je remonte en longeant le grillage et tombe sur des coups de nez de sangliers qui ont labouré le chemin. Au bout d'un moment, je bifurque sur ma droite pour traverser le bois à bon vent. J'avance doucement mais pas assez, en passant sous une branche basse j'entends un démarrage devant moi et lève les yeux sur 2 biches qui détalent. Je finis de traverser le bois sans rien voir d'autre.

De retour sur la place de brame, j'écoute un moment cette ambiance magnifique en contemplant la beauté de la montagne.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Je décide d'aller voir comment est l'intérieur du bois sur la chasse d'à côté. Je range ma flèche et m'avance doucement par un sentier forestier. De nombreuses souilles marquent le sol de la forêt. Les cerfs semblent descendus plus bas, je retourne sur la place de brame.

Au bout d'un moment, je ne peux résister à tenter une approche sur un cerf qui semble bramer plus proche que ses confrères. Je rentre dans le bois par un chemin forestier et avance doucement en direction des brames. J’arrive au-dessus d'une zone enherbée. Le cerf brame au-dessus à moins de 50 mètres dans le bois. Je me faufile au milieu des buis en m'arrêtant régulièrement, je ne suis plus très loin. Je pose mon arc et prends mon appareil photo. Tout à coup, j'aperçois les pattes d'un grand cervidé au travers de la végétation. Je me fige et observe, le vent capricieux est bon pour l'instant. Je me décale encore un peu, un brame puissant retentit et  20 mètres au-dessus, j'aperçois une biche qui vient pour passer juste à 5 mètres au-dessus de moi mais elle s'arrête. Le cerf arrive juste derrière, il est magnifique. Au moment où il arrive au cul de la biche, celle-ci démarre et descend droit dans la pente pour passer 10 mètres devant moi. Le cerf se tourne vers la pente et pousse un brame en réponse à ses congénères qui brament plus bas avant de commencer à descendre doucement. Je tente de me décaler légèrement pour essayer de trouver une fenêtre dans la végétation pour le prendre en photo mais il détecte mon léger mouvement et vient droit sur moi. Je reste immobile. Le cerf s'arrête 3/4 face à 10 mètres de moi mais les buis me font écran et je ne peux pas prendre de photo. Nous restons un moment à nous observer puis il commence à être inquiet et finit par faire demi-tour et à remonter. Il s'arrête, se retourne sur moi puis remonte au pas pour disparaître dans le bois.

Je reste un moment sans bouger quand une biche descend au galop à 50 mètres devant moi. Elle s'arrête un peu plus bas puis au bout d'un moment, descend un talus pour s'arrêter au milieu d'une petite zone dégagée et ensoleillée.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

Elle reste un moment immobile, se gratte derrière l'oreille avec sa patte arrière puis tourne la tête vers le bas de la montagne pour écouter. Je tente de me rapprocher, très lentement, posant délicatement mes pas amortis par les feuilles mortes mouillées. J'arrive à gagner 10 à 15 mètres. La biche n'est plus qu'à 30 mètres et se décide à bouger. Je me fige. Elle avance doucement en biaisant légèrement vers le haut et si elle continue sur cette coulée, elle  va passer à 15 mètres en dessous de moi mais le vent tourne et porte mon odeur droit sur la biche. La réaction est immédiate, elle se tourne dans la pente puis, après un bref arrêt, descend au petit trot dans les buis.

Je retourne cherche mon arc et décide de retourner à la place de brame quand, en sortant sur la zone enherbée, je tombe nez à nez avec un beau daguet qui aussi surpris que moi met un moment à déguerpir.

Je retourne vers la place de brame puis décide d'essayer de m'avancer sur un chemin forestier qui s'enfonce  dans le bois au-dessous du chemin taillé dans le rocher par lequel je suis arrivé. Pas un brame de ce côté, j'avance doucement quand, au loin, un aboiement de chevreuil retentit. Je poursuis doucement. Le coin semble bien calme. Tout à coup, en dessous du chemin, un chevreuil démarre et disparaît immédiatement dans la végétation.

Le chemin se termine, je regarde en bas quand un craquement me fait tourner la tête derrière moi au-dessus du chemin. Un animal gîté dans les buis m'a laissé passer et vient de se lever, je le suis du regard un moment grâce au mouvement de la végétation puis à l'oreille grâce aux craquements de bois mort. Il passe 50 mètres au-dessus en longeant la courbe de niveau. Impossible de le voir vraiment, je ne sais pas ce que c'était.

Je fais demi-tour et trouve une mue de chevreuil au milieu du chemin avant de retourner sur la place de brame. Je fais une petite pose et écoute un moment avant de me décider à aller plus loin où l'an passé Patrick avait fait venir un magnifique cerf. Je traverse donc la place de brame passe sous une voûte de hêtres puis redescends vers la zone où j'ai aperçu les animaux ce matin en arrivant. Je débouche sur une grande zone d'herbe entourée de genets et de fougères puis remonte par un passage enherbé vers les bois. Je débouche sur le bois dont la bordure est constituée de houx, le sol est propre, les chevaux ont tout nettoyé, ne reste que du crottin. Je longe le bois en bordure quand un bruit de pas se fait entendre plus bas mais impossible de voir ce que c'est. J'attends un peu mais le calme revient. Je continue ma progression et ressort sur la place de brame où Patrick avait fait venir le 14 cors l'an passé.

Le brame a repris vers le chemin taillé dans le rocher, je repars rapidement en me guidant au son mais les brames s'interrompent alors que je traverse la place de brame. Je continue vers l'endroit estimé où j'espère rencontrer le cerf. Arrivé près du chemin, j'entends quelques grognements, j'avance tout doucement en essayant de rester le plus à couvert possible. Un bruit de bois frappant un arbre me parvient au-dessus du chemin alors que je pensais le cerf en dessous. Je traverse le chemin doucement, me plaque contre le talus et l'escalade pour rentrer dans le bois. Le vent est bon. Le bruit s'interrompt puis à nouveau des grognements. J'avance doucement pour me caler derrière un gros hêtre et attends un peu. A nouveau des grognements, le cerf semble monter en biais pour passer au-dessus de moi. Je me décale d'un gros hêtre à un autre le plus silencieusement possible pour tenter de couper la route à ce cerf. Arrivé derrière le dernier gros hêtre avant un zone de découvert, je reste un moment immobile à cherche le cerf du regard et à écouter mais plus rien. Le temps passe et je me demande si l'animal ne s'est pas débiné. Je quitte ma position et m'avance un peu, erreur fatale. Je vois trop tard le cerf qui lui m'a déjà vu, c'est un beau huit au bois serrés et assez hauts. Il fait volte-face et s'en va au trot. Je reste un moment immobile puis tente de me rapprocher au cas où il serait resté pas trop loin. Je tombe sur une zone toute piétinée avec un petit sapin massacré. Je ne reverrai pas le cerf.

Je retourne sur la place de brame et décide de faire une petite sieste au soleil, bercé par le brame des cerfs de la chasse d'en face. Au bout d'un moment, il me semble entendre un cerf pas loin, je décide de tenter un approche photo mais le cerf me voit avant que je ne l'aperçoive et détale dans la pente. Je retourne à ma sieste.

Au bout d'un moment, un brame retentit vers le bosquet où sont rentrés les animaux ce matin. Je me lève et décide de tenter de me poster au-dessus de la place de brame pour tenter de voir sortir le cerf. Je fais un grand détour pour passer à couvert dans le bois. Le vent est très mauvais, il est en direction du bosquet. Je décide de me poster assez haut pour laisser sortir le cerf à découvert. Je m'assieds derrière un genet quand je crois rêver ! Un cerf vient de sortir à découvert en plein où je faisais ma sieste il y a 5 minutes.

Gazette pyrénéenne : lundi 27 septembre 2010

"Mais il se fout de moi!" Il regarde vers moi.

Je décide de laisser faire et d'attendre à mon poste. Le cerf reste un bon moment en plein découvert puis se dirige vers les fougères en traversant la piste. Il s'arrête un long moment plein travers en bordure des fougères comme pour me narguer puis s'avance tranquillement s'arrête encore, repart au petit trot sur 30 mètres et disparaît dans le bois. Je détourne mon regard puis regarde à nouveau vers les fougères. Il a réapparu, face à moi, en bordure des fougères et commence à massacrer la végétation à grands coups de bois. Il s'arrête un instant et pousse un grand brame face à moi. Le cerf que j'attendais semble s'éloigner, son brame part à l'opposé. Le cerf face à moi continue à massacrer les fougères. Je craque, je me coule à quatre pattes derrière les genets puis, une fois caché par le relief, je redescends droit sur ce fanfaron à qui je compte bien donner une leçon.

Je contourne la bute par la gauche pour lui tomber dessus à bon vent mais il a disparu. Je longe doucement par le chemin en dessous des fougères mais il n'est plus là. Derrière moi les brames me rappellent à l'ordre. Je me retourne et aperçois un animal dans les genets en haut de pente après le bosquet. Je décide de tenter ma chance par là. Je m'avance au travers des genets par les passages des chevaux et retombe sur la crête. Les brames puissants viennent de la zone d'herbe plus bas. Je m'avance doucement en restant le plus caché passible et en cherchant le cerf du regard. Un bouquet de hêtre me fait un bon écran pour approcher mais me cache aussi le cerf.

Je finis par le voir, il rentre dans les genets au départ du passage enherbé. Dès qu'il a disparu je m'avance rapidement alors qu'il donne de grands coups de bois dans les genets. Il s'avance et passe dans les fougères derrière les genets. Il brame mais je ne le vois plus. J'arrive presque en courant contre les genets et regarde au travers d'une trouée alors que le cerf brame. Ca y est je le vois, c'est un 8 cors, impeccable, c'est ma chance. Je me décale rapidement sur ma droite, rentre par une trouée des genets au milieu des fougères et commence à essayer de rattraper le cerf qui me présente un bon 3/4 arrière à 40 mètres. J'avance baissé d'un genêt à un autre. Le cerf marche tête baissé et ne fait pas attention à moi. Je me coule dans les fougères et gagne du terrain, je suis à 30 mètres. Il s'arrête pour bramer, j'en profite pour m'avancer encore jusqu’à 20 mètres. Je suis en apnée, mon sang bas dans mes tempes, plus rien n'existe à par ce cerf. Il est magnifique, son pelage très particulier est gris cendré, ses bois sont très clairs, presque blancs. Il part vers le bois et je dois prendre ma chance avant mais il bifurque et remonte dans les fougères. Je m'agenouille alors qu'il pousse un long brame. Il va passer à 20 mètres plein travers, je tente de me rapprocher à genoux jusqu’à un genet. Le cerf s'arrête et regarde vers moi sans me voir car un genet le gêne, seuls ses bois dépassent. Ca y est, je suis en place, à genoux derrière le genet. Mon sang tape de plus en plus fort dans ma tête. Le cerf se remet en marche et me cherche, j'arme mon arc. Il s'arrête plein travers à 15 mètres et regarde vers moi. Mon viseur se cale au défaut de l'épaule. Je décoche. Ma flèche part là où je la voulais mais, à la décoche, le cerf s'écrase pour démarrer et ma flèche lui passe au ras au-dessus du dos.

Le cerf détale et s'arrête au milieu des genêts. Dépité, je me redresse, il est arrêté et regarde vers moi, je ne vois que ses bois. Il redémarre faisant des bons impressionnants pour passer par-dessus les genets et disparaît définitivement. Je pars chercher ma flèche qui a perdu une lame en heurtant le sol. Il est 18 heures, je n'avais que 2 lames neuves sur mon carquois, la chasse est terminée pour aujourd'hui. Je rentre.

Peu après avoir traversé l'enclos, un chevrette démarre devant moi et traverse le chemin forestier pour s'enfoncer dans le bois en aboyant. J'entends quelques coups de Butollo et comprends que Patrick est au-dessus de moi. Je siffle pour lui indiquer ma présence puis traverse le pré et rattrape le sentier caillouteux. Je reprends la piste au sang du matin pour regagner le terrier. Le blaireau ne semble pas être ressorti. Une fois sur place, je tente de dégager un accès au terrier. Je bouge tous les rochers déplaçables et finis par ouvrir une petite fenêtre sur le côté du terrier. Du sang à l'intérieur. Je tente de creuser, à main nu et avec un bâton, un peu plus loin, mais je tombe après 40 minutes d'effort sur le rocher. Je ne peux rien faire, mon blaireau est perdu. Cette fois, je rentre avec le gout amer d'avoir gâché une si belle journée.

 

Alex

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 19:57

Ce soir, vers 17h30, je décide d'aller me poster en observation près d'une zone de souilles non loin de l'endroit où j'ai approché le cerf vendredi soir sans le voir. Je descends le talus sous la route et me poste au-dessus des souilles.

Gazette pyrénéenne : dimanche 26 septembre 2010 (suite)

Sur ma gauche une autre souille, l'endroit semble bien fréquenté.

Gazette pyrénéenne : dimanche 26 septembre 2010 (suite)

Je m'assois sur un tronc de bouleau couché au sol, coupe quelques branchettes au sécateur et l'attente commence. Les clarines tintent au-dessus de moi et le bruit de la route en bas de la vallée est assez pénible. Au bout d'un moment, les geais s'affolent un peu plus haut, je me prépare pensant voir arriver quelque chose mais non, le temps passe et rien ne vient.

Je décide de changer de poste, je descends encore un peu en slalomant entre les arbres abattus par la tempête et me poste derrière la souche d'un gros arbre déraciné, juste au-dessus de la zone où broutait la biche au milieu des fougères vendredi soir. J'attends un moment sans que rien ne bouge quand, tout à coup, il me semble entendre des pas dans mon dos, je me prépare et l'attente commence, encore un peu de bruit puis plus rien pendant un long moment.

Je décide d'aller voir si le faon blessé ne serait pas au gagnage. Je quitte mon poste et me faufile au travers de la ramure de l'arbre déraciné pour atteindre la langue de pré. Je remonte ensuite par le talus pour rejoindre la route. Le faon n'est pas là.

Je pars vers les pommiers et les poiriers un peu plus loin dans un virage de la route. Rien non plus. Patrick a vu un cerf certainement tirable, couché près du poirier, en rentrant de son restaurant. Je décide de me poster près de la zone de fougère où je me suis empêtré hier pour attendre la nuit mais rien ne bouge, pas un brame aux alentours, la montagne est bien calme ce soir !

La nuit tombe et je n'y vois plus assez pour tenter une flèche, je décide de quitter mon poste et de rentrer. En revenant vers la route, j'aperçois une grosse biche de l'autre côté de la route qui vient droit sur moi. Je me fige. Elle s'arrête et regarde vers moi puis s'approche doucement en me fixant avant de se raviser et de faire demi-tour pour s'enfuir au galop dans la pente. C'est peut être les pas entendus tout à l'heure au poste ?

Comme pour finir de me dégoûter, au moment où j'arrive à la route, un cerf se met à bramer dans la langue de pré à côté d'où j'étais posté tout à l'heure. Cette fois je rentre alors que toute la montagne s'anime de brames puissants.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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