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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:42

Lundi matin, comme convenu avec Patrick la veille, je me lève pour aller chasser à Sarrancolin. Je rassemble mes affaires mais je me rends compte que je n’ai pas préparé mes lames neuves, la chasse au ragondin de la veille a mis à rude épreuve le tranchant de mes Cabela’s Lazer Suprème.

Je me mets donc à préparer en vitesse deux lames neuves, ça devrait suffire. Et là, arrive ce qui doit arriver quand on est pressé, en serrant la bague de maintien des lames de ma seconde trilame, elle m’échappe et une des lames vient se planter profondément dans mon pouce. Aïe ! Je termine mon doigt enroulé dans de l’essuie tout et finis de me préparer en vitesse. J’ai une heure et dix minutes de route et il est déjà 6h45. Ca y est, tout est prêt, je pars.

La luminosité croit petit à petit alors que je me rapproche de Sarrancolin. Patrick m’a averti, le chemin de la Soule qui monte chez lui est totalement verglacé, je vais en profiter pour chasser en montant. Je gare ma voiture au pied de la côte et commence à monter arc à la main. Je traverse une zone d’habitations puis commence à regarder les traces dans la neige, rien de frai à part un renard. Je monte doucement pour tenter de surprendre un animal au gagnage sur le bord de la route mais les bouts de glaces et la neige sont très craquants et j’ai beaucoup de mal à monter sans bruit. La haie de laurines de la dernière maison du village a totalement perdu ses feuilles, broutées par les grands cervidés mais toujours pas de traces fraîches. J’avance toujours lentement mais le sol est de plus en plus craquant et glissant. Pas un animal, toutes les traces sont vieilles. Je passe les lacets un à un. Je fais une petite pause pour prendre en photo la pleine lune qui se couche entre les montagnes.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Le paysage enneigé est splendide.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

A 100 mètres de chez Patrick, la neige sur la route est souillée par de petites particules de terre, je m’approche et me rends compte qu’une harde de grandes pattes est passée là cette nuit ou ce matin. Les animaux, dont au moins un beau cerf, descendent vers notre zone de chasse, c’est bon signe. Je descends le chemin de terre qui arrive chez Patrick, les griffons nivernais m’accueillent avec de joyeux aboiements.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Arrivé devant chez Patrick, Pilou vient à ma rencontre. Il inspecte minutieusement mon pantalon qui doit sentir un peu le ragondin.

Nous discutons un moment avec Patrick en déjeunant, nous attendons que le soleil se lève un peu et réchauffe un l’air. Nous sommes sur le départ, le thermomètre dans la cabane devant la maison annonce -2°C. Je pars chercher Ulie que j’ai toutes les peines du monde à sortir du parc par l’échelle car les 4 griffons veulent venir chasser et me sautent dessus. Je lui mets son collier en attendant Patrick puis nous partons.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Patrick est tout en blanc, moi je suis tout en camouflage Delfwood.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Nous descendons par les pistes qu’il a tracées avec la mini pelle ces dernières années.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Rapidement nous tombons sur une couche de cerf, en plein milieu du chemin, certainement le 10 cors coutumier des lieux. Plus nous avançons et plus les traces fraîches se font nombreuses.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Patrick décide de commencer par chasser au bout du bois.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Je pars me poster pratiquement au bout du bois et lui va pousser vers moi avec sa chienne.

Je suis de nombreuses traces de la veille qui vont toutes vers mon poste. J’avance rapidement d’abord puis ralenti l’allure à 100 mètres du poste. Je descends, comme à mon habitude, par une coulée presque verticale qui s’enroule autour d’un arbre qui me sert d’appui. Je me méfie car, plusieurs fois déjà en allant me poster, j’ai levé des animaux gîtés juste en dessous dans un gros bouquet de buissons noirs.

Je descends jusqu’à une zone de replat qui me permet de voir les coulées au-dessus et au-dessous de moi. Le vent léger souffle face à moi, tout va bien. Je décide d’aller tout de même jeter un œil aux gîtes dans mon dos. Rien. Je fais demi-tour pour avancer sur le replat jusqu’à un écran d’arbustes qui me camoufleront quand, tout à coup, au travers des branchages, j’aperçois une masse inhabituelle.

Je stoppe net. C’est un grand cervidé, il broute paisiblement face à moi. Que faire, Patrick va arriver. Je l’observe un instant et m’aperçois que ce n’est pas un mais 2 puis 3 animaux qui broutent en venant vers moi. Je décide de tenter l’approche. J’avance pas à pas, calculant chaque reposée de mes pieds, marquant une courte pause à chaque pas. J’écrase doucement la neige qui craque légèrement à chaque pas.

Pas à pas, je me rapproche, 2 des animaux sont maintenant plein travers à 15 mètres, le troisième, plus haut est toujours face à moi et je ne suis toujours pas repéré. Les branchages m’empêchent de tenter une flèche propre, il me faut avancer encore pour profiter d’une belle trouée au milieu des arbustes. Je ne respire plus, je me déplace avec une lenteur extrême, chaque pas est calculé. Le temps qui passe, l’arrivée prochaine de Patrick et du chien, le léger bruissement de la neige et des fougères couchées dessous me stressent de plus en plus.

Je finis par à arriver à 10 mètres alors que les 2 animaux sont maintenant de cul, côte à côte, et le troisième est masqué par la végétation. J’identifie ces animaux comme étant 3 faons, les mères ne sont certainement pas loin, il me faut redoubler de prudence. Une branche m’empêche de tirer et la position des animaux me pose problème.

Je me décale doucement sur ma droite et parvient à m’ouvrir une fenêtre de tir. Un bref calcul, ce sera l’animal de droite, pas de bois, nous avons un bracelet biche et bracelet faon, aucun risque. J’arme et me focalise sur mon animal, sa position est ¾ arrière, bien détaché du second animal, plus rien n’existe au tour.

Je vise l’arrière de la cage thoracique, c’est la première fois que je fais un tel tir. Ma flèche part sans que je puisse la voir. Je n’ai pas entendu l’impact. Mon animal s’éloigne de son congénère au petit trop en prenant la descente rapidement suivi de son acolyte. Le troisième n’a pas bougé.

Un craquement de bois mort se fait entendre par en bas, je ne vois plus les animaux masqués par la végétation. Peu de temps s’écoule alors que 2 animaux ne semblant pas touchés remontent et sont rejoints par le troisième beaucoup plus petit avant de s’éloigner au petit trop. Je l’ai manqué, ce n’est pas possible ! Il était à peine à 8 mètres.

 J’attends un peu que les animaux s’éloignent en me refaisant le film du tir dans ma tête. Je suis fou de rage, « ce n’est pas possible d’être aussi mauvais ». Je descends vers l’endroit du tir, pas de flèche, pas de sang mes craintes se confirment. Je tourne et retourne, analyse mon tir, estime la trajectoire quand, tout à coup, une touffe de poils attire mon attention. Oui, du poil coupé jonche le sol

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

et je trouve également un petit bout de venaison.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

J’ai bien touché mais pas de sang ! Je cherche tout autour et sur la trajectoire de fuite des animaux quand, tout à coup, un mouvement, 50 mètres plus bas, attire mon regard. C’est Ulie. « Patrick ». « Ouai ». « Monte ». « Tu as fléché ? »  « Oui mais je ne trouve pas de sang ! ». En montant Patrick me demande si j’ai fléché un blaireau, je lui réponds que non, que j’ai fléché un cervidé, un faon me semble t-il et je lui explique l’histoire. Un blaireau est semble t-il passé plus bas et a marqué sa fuite d’une goutte de sang. En montant Patrick m’annonce une grande traînée de sang avec ma flèche plantée au sol. Ce n’est pas possible vu mon angle de tir. Je descends et tombe effectivement sur une belle piste de sang très abondante et bien visible dans la neige.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Il ne reste qu’un ¼ de ma flèche côté empennage, le morceau est couvert de sang et de poils. En fait la piste ne suit pas du tout la direction de fuite des animaux que j’ai vu partir. Il s’agissait d’un quatrième animal qui a donné le change.

 La piste très abondante remonte au plus raide, nous la suivons, plus de 15 minutes se sont écoulées depuis le tir. Nous arrivons à la piste en dessous des chênes américains. La piste remonte vers la route. Patrick décide de rentrer chez lui avec la chienne et de revenir avec le 4x4. Je continue seul. Je traverse la route, monte le talus et passe au coin d’une grange en ruine, le sang est toujours très abondant. Je le suis depuis bien 1 km déjà. Maintenant l’animal perd des caillots de sang coagulés de temps à autre et par endroit une tache de mousse rose (c’est signe d’une atteinte de poumon). La piste monte toujours et le sang reste très abondant. Tout à coup, l’animal se met à suivre la courbe de niveau un moment, le sang devient alors moins abondant bien que très facile à suivre.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

J’arrive au-dessus de la résidence secondaire de Tahouens, mon téléphone sonne, c’est Patrick « tu es où ?», je lui explique et il part plus loin m’attendre. Je poursuis, l’animal descend légèrement et entre dans une zone fourrée de buis. La neige obstrue mon viseur et me tombe dans le cou. Mon arc ressemble plus à un bonhomme de neige qu’à un compound. Je suis toujours aussi facilement le sang. Au bout d’un moment, je tombe sur une couche maculée de sang.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

L’animal se débine devant moi. Je tente d’avancer sans faire trop de bruit pour pouvoir le surprendre et le flécher. Je me bats pour garder mon viseur et ma visette sans neige, au cas où. J’encoche et désencoche ma flèche au gré des zones dégagées ou fourrées. La piste remonte de nouveau beaucoup de sang. Tout à coup, un mouvement dans les buis, un animal se débine au-dessus de moi, c'est un grand cervidé mais il ne semble pas blessé. Effectivement le sang ne suit pas cette direction. A nouveau une couche, que faire ? Je suis déjà depuis plus de 2 ou 3 km. Faire appel à un chien de sang ou continuer jusqu’au bout ? Il y a vraiment beaucoup de sang, je tente le coup, je vais suivre encore, il n’est pas encore midi. J’essaie tout de même de passer le moins possible sur la piste pour ne pas anéantir une possible recherche au sang. Toujours du sang mais la piste commence à redescendre, c’est peut être bon signe d’autant plus que je trouve des caillots et des taches de mousse rose assez régulièrement. Tout à coup je la perds sous un buis maculé de sang. Je tourne et retourne pour finir par me, rendre compte que l’animal est revenu en arrière avant de se mettre à descendre de plus en plus raide. Les frottés sur les buis sont de plus en plus fréquents et marqués.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Le sang marque goutte à goutte mais se suit bien sauf de brèves interruptions de quelques mètres. Une autre couche. Je suis un moment puis tombe à nouveau sur une couche puis en arrivant dans une zone très fourrée j’entends un animal démarrer dans un éboulis de pierres. L’animal s’était couché là, les pierres sont couvertes de sang et de mousse rose.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Il fatigue, ses couches sont de plus en plus rapprochées. Tout à coup, je stoppe net, une masse vient d’attirer mon regard. J’identifie le dos d’un animal dont la tête est cachée par un gros arbre. Un cervidé oui, mais lequel ? Mon animal ? Je tente tant bien que mal de dégager mon viseur et ma visette puis arme mon arc et m’approche à pas de loup. Ma visée est prise mais impossible d’identifier. L’animal fait un pas, c’est une chevrette, je suis à 8 mètre, elle a eu chaud. Je désarme. Je continue doucement quand, tout à coup, posant le pied sur une pierre glissante, je chute lourdement sur le dos. Un mouvement devant moi. Mon animal passe à quelques mètres de moi en se faufilant dans les branchages, son flanc est rouge de sang et couvert de mousse rose. Je me relève et suis le sang qui va jusqu’à sa couche avant de partir en sens inverse. Les branchages sont couverts de sang. J’avance maintenant à pas de loup quand, au milieu d’une zone dégagée, je tombe sur mon animal couché, exténué à moins de 10 mètres. Il me tourne le dos, puis me regarde un instant sans pouvoir se lever, je dégage mon viseur et la visette de cette neige collante, arme et décoche. L’animal se redresse d’un bon, vacille, prend la pente puis s’écroule pour rouler et se caler contre un bouquet de noisetiers.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Ouf, ça y est après plusieurs kilomètres de traque j’y suis enfin arrivé. Je suis trempé, gelé mais il faut maintenant redescendre.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

J'appelle Patrick qui met un moment à répondre, il me monte le bracelet et nous redescendons par un petit sentier

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

qui aboutit sur la place de Sarrancolin.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Une fois la bête attachée au 4x4 nous remontons chez Patrick pour manger un bout, faire quelques photos et dépouiller la bichette.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Ma flèche rentre en fait où je visais mais l'angle très fermé de la position de l'animal fait qu'elle ressort à la base du cou ne transperçant qu'un poumon.

Alex

 

Atteinte :

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 19:46

Cette année, grâce à mon ami Patrick, j’ai l’opportunité d’exaucer un rêve, celui de pouvoir chasser le cerf à l’arc. Je n’ai jamais prélevé de grande patte et pouvoir réaliser ce prélèvement à l’arc et dans un cadre aussi beau que les montagnes pyrénéennes quoi de plus magique.

Après en avoir discuté avec Patrick, je décide, sur ses conseils, de poser une semaine de congés entre le 28 septembre et le 4 octobre, c’est normalement la meilleure période de brame. J’ai un bracelet C1, je ne peux donc tirer qu’un cerf possédant moins de 10 cors, Patrick lui a un bracelet biche et un chevreuil.

La chasse n’ouvre que le 20 septembre en montagne et je compte les jours. Dimanche matin, je pars faire un premier repérage en haute montagne. Arrivé sur place vers 7h30, au bout du chemin de la Soule qui passe devant chez Patrick, il me faut attendre 8 heures, heure de l’ouverture pour me mettre en chasse.

Un brame puissant retentit, je m’approche doucement sur le chemin de terre qui mène à la dernière maison du chemin. Je reste caché derrière une haie de buis qui borde un sentier qui descend parallèlement à la bordure du bois. Un beau cerf brame au milieu du pré. Il me repère rapidement malgré mon camouflage et le peu de luminosité puis s’enfonce dans les bois, suivi d’une biche.

A 8 heures, je commence mon ascension et me dirige au son du brame vers un trio de cerfs se défiant au pied de la falaise tout en haut de la montagne. En rentrant dans une zone de buis, je dérange un beau brocard qui se défile tranquillement, marquant plusieurs arrêts. Continuant ma progression, en longeant la falaise, calculant chaque pas, j’arrive à m’approcher à 25 mètres de l’un des cerfs mais il me voit juste au moment où je l’aperçois et détale dans la pente dans un grand fracas.

Le silence s’installe avec le départ des animaux que je viens d’effaroucher.  Je reprends ma progression lente, 80 mètres en dessous de la falaise. Plus tard, un bruit de pas dans les feuilles mortes qui jonchent le sous-bois de hêtre, 3 biches suivies d’un grand cerf passent 40 mètres plus haut. La petite harde avance d’un pas régulier et serin, marquant ponctuellement un petit arrêt pour écouter.

Tout à coup, quelque chose semble leur faire peur et les fait brusquement changer de direction. Les animaux remontent vers la falaise, quelques secondes après, 3 coups de feu retentissent un peu plus haut et me font sursauter, je suis au milieu d’une battue. Un sanglier vient d’être abattu, c’est lui qui a fait peur aux biches. Je décide de redescendre.

Le lundi 21, ne travaillant pas ce jour-là, je décide d’aller faire un tour à la chasse. J’arrive le matin au lever du jour et remonte le chemin de la Soule comme la veille. Il ne fait pas encore tout à fait jour, j’en profite pour traverser les prés et arriver contre le bois pour écouter d’éventuels brames. Il semble qu’il n’y ait pas une grande activité ce matin.

Je commence mon ascension alors que la luminosité s’intensifie. J’avance à pas lent, faisant régulièrement des haltes pour observer et écouter mais rien, pas de cerf. Arrivé sous la falaise, au « Pas des cerfs », je fais une pose. Tout à coup, des craquements qui se rapprochent en contrebas, c’est un beau brocard. Il s’arrête à une quinzaine de mètres, tourne la tête vers moi puis s’éloigne tranquillement, marquant une brève halte avant de passer la crête et de disparaître de l’autre côté. Ce sera la seule rencontre de la matinée. 

L’après-midi, je pars en approche sur les pistes sous la maison de Patrick qui habite à flanc de montagne dans une jolie petite grange qu’il a restaurée de ses mains, il a fait du super boulot avec sa mini pelle. Son bois est parcouru de pistes idéales pour approcher sans bruit.

Pas d'animaux, je traverse le chemin et pars pour une approche en montagne. Je prends une piste de terre qui mène à une résidence secondaire perdue au milieu des bois, puis grimpe derrière cette dernière vers la crête rocheuse un peu plus haut pour tenter une approche en la longeant.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

J’avance pas à pas, la pluie de ces derniers jours atténue les craquements, le sol est jonché de feuilles mortes, de brindilles et par endroit de pierres. Arrivé sur la crête, une impression bizarre, on m'observe. Je tourne la tête, à 20 mètres sur ma droite un petit daguet à peine coiffé m'observe au travers des buis.

Nous restons tous les deux immobiles dans cette posture d'observation, les secondes s'écoulent. Il fait mine de partir, je me cale contre un chêne mais il revient immédiatement jeter un coup d'œil. N'arrivant pas à m'éventer, ni à m'identifier, il s'éloignera tranquillement dans la pente.

Je monte d'une trentaine de mètres en m'arrêtant régulièrement, puis me cale dans une zone claire au milieu de chênes et en dessous d'une zone de buis. Tout à coup, du bruit se fait entendre, j'attends sans bouger, puis cela recommence un moment plus tard, puis plus rien. J'ai du mal à croire qu'il s'agisse d'un cerf. Je décide de me remettre en marche, je fais deux ou trois pas quand un six cors sort des buis à quinze mètres, plein travers puis descend droit sur moi.

Il baisse la tête puis la redresse et avance un peu. Il est à douze mètres de face. Je ne bouge pas, il se tourne plein travers et commence à donner des coups de bois dans les buis. J'arme mon arc mais un chêne de 20 centimètres de diamètre est juste sur la zone vitale et un autre moins large sur la basse de l'encolure. J'ai juste une mini fenêtre de 20 centimètres, entre les deux arbres, pile en face de l'épaule, pour tirer, c'est trop risqué, j'attends qu'il se déplace.

Tous à coup, un gros daguet encore en velours, avec des dagues en lyre de 30 à 40 centimètres, surgit des buis à 5 ou 6 mètres de moi alors que je tente de rester caché derrière un gros chêne. Il m'a vu, il reste un moment sans bouger puis détale dans la pente en grognant. Le cerf le regarde puis se remet à frapper les buis.

Toujours pas d'occasion de tir quand, dans les buis, à nouveau du bruit, 2 biches m'observent au travers des branchages puis donnent l'alerte et détalent en montant alors que le daguet revient vers le groupe, 35 mètres plus haut. Les biches, au nombre de 3, le rejoignent.

Mon cerf se tourne vers elles et part de "cul", caché derrière le chêne qui me masquait la zone vitale. Il monte tranquillement, il n'a rien compris. Tout ce petit monde disparaît dans la pente. Plus de bruit, je commence à monter un peu quand la petite harde revient sur ses pas à environ 40 mètres plus haut puis fait demi-tour dans un gros fracas et disparaît définitivement.

La semaine de boulot, bien que courte me parait interminable. Vendredi soir vers 22h00, j’arrive à Sarrancolin chez mon ami Patrick. En montant la côte du chemin de la Soule qui arrive chez lui, j'ai vu dans les phares un beau cerf (12 ou 14 cors) avec quelques biches, il est trop gros pour mon bracelet. Un peu plus loin j'ai poussé sur 100 mètres un jeune 6 sur la route qui a fini par escalader le talus abrupt et disparaître dans le bois. Puis, un blaireau courant sur la route dans les phares et 2 autres chez Patrick affairés à chercher leur nourriture dans le pré.

Toute la montagne était animée par le brame de plusieurs cerfs. J'ai dormi bercé par cette musique dans sa cabane en bois sur pilotis posée à flanc de montagne devant l'habitation de Patrick.

Samedi matin, je suis parti à la pointe du jour mais je n'ai vu qu'un chevreuil et un petit cerf que j'ai levé en rentrant. Pas de brame de la matinée. Le soir j'ai tenté de me poster sans résultat, les cerfs se sont mis a bramer à la nuit noire et je n'ai rien vu.

Dimanche matin, je suis parti jusqu'en haut de la montagne en suivant les cerfs au son de leur brame sans jamais pouvoir les voir ni les approcher.

Le soir, je suis allé me poster où les cerfs bramaient la veille au soir mais je me suis vite ennuyé malgré la présence d’un bel écureuil presque noir qui animait le sous-bois de ses joutes acrobatiques. J'ai donc bougé 2 ou 3 fois pour de brefs affûts, puis me suis mis à descendre le flanc de la montagne à pas lent.

Le sol est très bruyant (feuilles, pierres qui roulent et brindilles), arrivé presque en bas, un bruit de bois cassé à 20 ou 30 mètres en dessous de moi, je marque un temps d'arrêt, plus rien, je recommence à descendre doucement mais le bruit reprend, c'est un cerf qui vient se planter à moins de 20 mètres, caché par les buis, et qui se met à grogner sur moi, plusieurs grondements sourds et puissants qui vous rappellent de suite que vous n’avez qu’un arc et des flèches dans les mains.

Je suis à mauvais vent et je grogne 2 fois à mon tour en tentant de l’imiter. Le cerf se débine en remontant dans les buis. Je termine ma descente, de nouveau des bruits de bois cassé sur le versant d'en face puis plus rien. Arrivé en bas, j'amorce un contournement par le bas quand j'aperçois une biche sur le versant d'en face à environ 80 mètres au milieu du pré, elle me regarde un moment puis retourne à couvert.

Je me place à bon vent et passe par une grosse coulée pour remonter vers le cerf qui se met à bramer en réponse à ses congénères situés de l'autre côté du village. J'arrive à m'approcher à environ 25 mètres de lui. Je suis à bon vent mais la végétation est trop dense et je ne peux plus avancer en silence. Je me cale au bord d'une zone dégagée mais la nuit est presque là et mon cerf reste sur sa position en bramant. Je rentre.

Lundi matin, à la nuit, je suis parti chasser le même coin que la veille au soir, j'ai pu approcher un cerf par en bas à 40 mètres mais le découvert et le sol bruyant ne m'ont pas permis d'avancer plus, j’ai donc profité un moment du spectacle, le regardant évoluer, brouter une feuille par-ci une touffe d’herbe par-là, pousser un brame puis, avançant à petits pas, il a passé la crête.

Je l'ai suivi un moment après. Les biches, que je n'avais pas vues, ont donné l'alerte et ont fui en passant la crête un peu plus haut que le cerf. En progressant à pas lents et calculés, Je réussis à rapprocher mon cerf. Au détour d’un gros buis, je me retrouve à 20 mètres de lui, il m’observe, c’est le 6 cors de l’autre jour.

Le soleil qui perce au milieu des arbres éclaire ces bois qui brillent d’un bel éclat. Il est sur l’œil, de plus, une grosse branche en travers, à hauteur d’arc, m'empêche de tenter un tir. Il finit par partir avec sa harde. Je rentre chez Patrick.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Vers 11h30, nous partons en montagne.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Nous partons des pâtures pour nous enfoncer en forêt par un tout petit sentier. En chemin nous entendons bramer un cerf en bas de la montagne,

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

il est en dehors de notre territoire de chasse. Les paysages sont magnifiques,

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

arrivés en crête

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

où paissent des brebis, nous apercevons en contrebas, un cerf poursuivant deux biches.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Je redescends et tente de le suivre, mais trop de feuilles sèches, trop de bois mort, je dois abandonner et je redescends vers mon coin du matin. Posté sur une souille, il se met à pleuvoir, j'en profite pour partir à l'approche et je me fais encore surprendre par mon cerf du matin qui était déjà en bas alors que le cherchais en haut. Patrick verra beaucoup d’animaux (cerfs, biches, daguets, chevreuils) en suivant la crête puis en redescendant.

Mardi matin, départ à la nuit, un bruit sur le bord de le route, j'allume ma frontale, une martre fuit, ses yeux luisent dans la lumière comme deux pierres précieuses puis un gros fracas et un blaireau me fonce dessus, tourne autour de moi et rentre dans une buse de collecte du pluvial qui passe sous la route. Le vent souffle très fort ce matin.

En logeant la crête, au milieu des buis et des chênes, j'aperçois un magnifique renard au pelage très fourni, il passe à 5 ou 6 mètres, j'arme mon arc, la flèche se désencoche et tombe. Le renard passe à mauvais vent et s'enfuit. Un peu plus loin, j'approche un cerf à 20 mètres sans le voir et il s'enfuit. Je ne verrai qu'une biche et un daguet.

L’après-midi, nous partons chasser un nouveau secteur. Nous garons la voiture au pied de la montagne et commençons notre ascension au milieu des vaches. Le chemin longe, par en dessous, une grande étendue de fougères et de genets qui finit par s’étendre des deux côtés du sentier un peu plus haut. Nous arrivons à un plat, un zone d’herbe au milieu des genets et des fougères, je décide de rester là, Patrick poursuit son chemin.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Des traces de biches et de cerfs ont marqué le sol, j’ai bon espoir. Je m’allonge à plat ventre sous un gros hêtre et commence mon attente, les oreilles grandes ouvertes. Un geai vient se poser au-dessus de moi avant de repartir en poussant ses cris d’alerte si caractéristiques. Les minutes passent, tout à coup, un bruit étrange me parvient du chemin par lequel nous sommes arrivés, un couple de randonneurs arrive en parlant. Puis s’éloigne, par une piste qui continue sans me voir, au milieu des genêts.

Au même moment, Patrick m’appelle, il est revenu sur ses pas, un cerf grogne et brame juste au-dessus de la piste forestière où il s’était arrêté. Je le suis mais arrivé sur place plus rien, pas de bruit. J’attends un instant puis retourne à mon poste.

Je m’avance sur la piste prise par les randonneurs pour voir où elle mène. Sur le retour, un brame puisant retentit entre ma position et celle de Patrick. Je pars en direction du son, le chemin passe sous une voûte sombre de hêtres bas puis aboutit sur une pâture où des chevaux broutent paisiblement et où poussent par paquets des fougères et des genêts.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Je suis encore dans l’ombre quand j’aperçois une biche qui sort des genets sur la gauche de la piste en broutant. Je me serre contre la végétation puis avance à pas lents et le plus silencieusement possible mais arrivé à 50 mètres environ de la biche, un véhicule montant grand train sur la piste en contrebas effraye les animaux et j’aperçois un magnifique 9 pointes qui traverse le chemin et entre dans une touffe de genets.

Je ne vois que sa tête et ses bois magnifiques. Inquiet, il tourne la tête de tous les côtés. Je tente une approche mais 3 biches le précèdent et donnent l’alerte au milieu des genêts. Tout ce petit monde démarre et entre dans le bois tout proche. J’en profite pour faire une approche rapide et me coller au bois.

Le cerf pousse les biches tête baissée puis finit par monter vers le haut du bois où il recommence à bramer. Je tente de lui répondre. Un pas se fait entendre dans les feuilles mortes, un second cerf descend pour s’arrêter en bordure du bois, au ras de la piste destinée au véhicule. Il s’arrête un moment, il est à 80 mètres environ et regarde vers moi, je ne peux rien faire c'est un beau 8 cors. Il finit par traverser la piste et se met à bramer en contrebas, d’autres cerfs lui répondent plus bas. Je tente à nouveau d’imiter le brame. Un groupe de 4 ou 5 biches sort du bois un peu plus haut puis détale dans un gros fracas pour retourner d’où il vient. Je suis sous le vent. Je me rapproche du 8 cors et l’observe, il n’est plus chassable, il est de l’autre côté de la limite du territoire de chasse.

Mercredi matin, Je pars à la nuit prospecter le coin que je chasse tous les matins.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

En progressant lentement et en faisant de petites pauses pour écouter. Arrivé près de l’endroit où j’ai failli flécher le renard mardi matin, je fais une pause pour écouter quand un bruit m’interpelle sur ma gauche. Un cerf, 8 cors, monte sur moi, il s’arrête au milieu des buis ne laissant apparaître que ses bois. J’arme mon arc, il est à 4 mètres.

Mon cœur s’affole mais le vent tourne et il fait demi-tour pour disparaître dans la pente. Arrivé en bas, un renard avec le bout de la queue bien blanc traverse le pré devant moi à une quarantaine de mètres et rentre dans les buis. Quelques bruissement furtifs puis plus rien, je tente sans succès de le faire revenir en imitant la souris. 

L’après-midi, nous repartons pour le coin de la veille. Patrick monte par le même chemin, je passe par le ruisseau qui descend du pré où j’ai vu le 9 cors. Rapidement, un brame se fait entendre sur le flanc gauche. Je monte à sa rencontre. Une approche lente, aidée par une petite pluie me rapproche petit à petit du cerf.

Un brame à 30 mètres environ, je me dirige vers lui doucement puis m’arrête pour écouter. Le silence un instant puis un autre brame à 100 mètres, il a été rapide, je ne l’ai pas entendu se déplacer. Je presse un peu l’allure pour le rattraper mais ce n’était pas mon cerf. Un grand fracas dans les buis à côté de moi, plusieurs animaux s’enfuient.

Je tente donc d’approcher le second cerf sans succès puis arrive sur une grande piste forestière taillée à flanc de montagne. Un brame retentit, ça vient de la pâture où j’ai vu le 9 cors hier. Je me dirige le plus rapidement possible vers cet endroit et aperçois le cerf d’hier couché au milieu des genets et des fougères.

Il brame, les chevaux lui passent à côté sans que cela semble le déranger. Il me faut traverser une grande zone de découvert pour l’approcher. Je me sers un moment du relief pour cacher ma progression puis tente une approche, voûté dans le fossé au bord de la piste destinée aux véhicules. Je suis repéré, Il brame un grand coup puis se lève et se met à pousser des grondements menaçants.

Je tente de poursuivre mon approche alors que les chevaux apeurés s’enfuient. Il part et entre dans les genets d’où il sortait hier. Je le laisse disparaître et me rapproche. J’entre dans la végétation par le même passage que lui et réussi à l’approcher à une trentaine de mètres, caché derrière un houx, mais je ne peux faire un pas sans que les ronces crissent et il finit par plonger dans la pente et disparaître.

Je progresse un moment dans les genets et entend Patrick qui était posté là. Il a entendu le cerf mais ne l’a pas vu. Je repars vers la piste à flanc de montagne. Un gros craquement au bord du chemin et un gros cerf me traverse à 30 mètres pour descendre vers le ruisseau. Au bout d’un moment, je retourne vers la pâture et m’assieds sur une grosse pierre pour écouter.

Tout à coup, attiré par une impression bizarre, je tourne la tête vers ma droite et aperçois un petit cerf qui me regarde en plein découvert. La scène va durer un long moment avant qu’il ne disparaisse.

Jeudi matin, n’ayant rien vu ni entendu lors de ma progression au milieu des buis, je redescends dans la petite langue de pré qui sépare les deux versants pour aller inspecter une souille qui semble fréquentée. Arrivé au niveau de la souille, les traces ne semblent pas de la nuit.    

Un buis se met à bouger en bas du bois sur ma droite. Le vent qui souffle ce matin vient de se calmer, je regarde fixement dans cette direction quand une tête de biche surgit de derrière l’arbuste. Elle me regarde un moment puis s’enfuit, entraînant avec elle un beau cerf que je n’avais pas vu. 

L’après-midi, nous retournons sur le secteur des soirs précédents. Patrick me monte en voiture au bout du chemin de la Soule et part se garer au bas de la montagne, comme d’habitude. Nous nous retrouverons à la place de brame du 9 cors.

Patrick décide de se poster au pied d’un grand frêne, sur le passage de la plupart des animaux que j’ai pu observer sur le secteur. Je progresse lentement sur un petit sentier à flanc de montagne. Les feuilles sèches et les pierres sont un peu bruyantes. J’arrive à un grand enclos clôturé à 2 mètres. Je passe sous le grillage et m’arrête un instant pour soulager une petite envie pressante quand un animal se lève sur le talus à quelques mètres de moi. C’est une chevrette, elle monte puis longe le grillage avant de redescendre hors de ma vue.

Je traverse le parc et aboutit sur la piste à flanc de montagne que je connais déjà. J’avance doucement quand, dans le virage, j’aperçois l’arrière train d’un grand cervidé, ça ne semble pas être un cerf mais il n’est peut-être pas loin. J’avance doucement, plaqué à la paroi rocheuse alors que l’animal broute en avançant tranquillement.

C’est une bichette, elle est de "cul", je m'approche lentement à 20 mètres. Elle se tourne plein travers et se positionne au milieu de la piste. Je reste immobile mais je suis à découvert, elle finit par me voir et reste figée. Un mouvement saccadé secoue un arbuste dans la pente au-dessous de la piste, certainement le cerf.    

Que faire ? Je reste sans bouger mais elle finit par donner l’alerte et se précipite dans la pente entraînant toute la harde avec elle, accompagnée d’un éboulis de pierres et de bois cassés. Les animaux s’arrêtent, je m’approche silencieusement du bord de la piste espérant voir le cerf mais seules 3 biches sont visibles à environs 50 mètres plus bas et la plus grosse pousse des cris d’alerte. J’abandonne et poursuis mon chemin.

Au son du brame, j’approche deux cerfs sans pouvoir les voir et les entends se débiner. Je fais des allers-retours entre la place de brame où pâturent les chevaux et la piste à flanc de montagne quand, tout à coup, alors que je retourne vers la piste, j’aperçois à 35 ou 40 mètres les bois d’un 8 cors qui dépassent des fougères au bord du bois.

Je me fige et me baisse, je ne vois pas le corps de l’animal et ne peux rien tenter. J’arme mon arc espérant qu’il va se déplacer un peu. L’attente semble longue, je désarme. Il bouge un peu, je réarme, il avance dans une trouée et je décoche alors qu’il marque un temps d’arrêt, j’ai trop compensé et il démarre à la décoche.

Ma flèche passe largement au-dessus. Il rentre au bois en poussant deux cris d’alerte et en cassant tout sur son passage. Les cerfs brament au loin mais le secteur est calme. Je retrouve Patrick qui en profite pour se moquer un peu de moi. Il savait que le cerf était là, il l’avait entendu bramer plusieurs fois.

Le temps passe et toujours rien, nous décidons d’aller prospecter la bordure d’un bois en revenant vers la voiture quand non loin du hêtre où je m’étais posté mardi, un brame retentit. Nous nous séparons, je rentre doucement dans les genets alors que le cerf brame furieusement et semble tout arracher sur son passage.    

J’avance un peu et aperçois ses bois magnifiques dépassant des fougères au ras du bois à environs 50 mètres. J’avance encore un peu et me cale derrière deux houx. Patrick, sur ma droite commence à faire des grognements avec un appeau que j’ai acheté cette année mais qui ne semblait pas marcher. Le cerf se rapproche et vient se planter à moins de 15 mètres de moi juste après avoir fait voler les fougères et les genets d’un coup de tête rageur.

Il est immobile, là, ¾ face, majestueux. Patrick qui est passé derrière un houx poursuit ses appels avec l’appeau. Le cerf l’observe mais ne me voit pas. L’instant est magique, si près et ne pas pouvoir lâcher une flèche, c’est un magnifique 14 cors aux bois noir et aux pointes bien blanches.

Patrick, ayant peur que je craque, secoue le houx ce qui finit par faire s’en retourner le roi de la forêt dans un petit trop qui le conduit au fond des bois. Nous rentrons la tête pleine de ces images splendides. Demain est mon dernier jour de chasse de la semaine, je dois rentrer ce weekend.

Vendredi matin, comme à mon habitude, je pars à la nuit pour arriver au lever du jour et commencer une approche. La montagne résonne du brame de nombreux cerfs. Ce matin, je décide d’attaquer au ras du village et de remonter ensuite le long de la crête rocheuse, à l’inverse des jours précédents.

Un cerf brame dans le pré vers où je me dirige. Je ne peux pas encore le voir et tente de ne pas faire de bruit en marchant sur la route. Arrivé en bas, je me cale derrière un gros buisson et attends le lever du jour. La luminosité étant maintenant suffisante, j’attaque mon approche, le secteur semble vide, pas de brame pour le moment. J’avance doucement au milieu des buis mais rien ne bouge, les cerfs brament de l’autre côté du village mais pas sur mon secteur.

Je finis par rejoindre la crête et poursuis en longeant cette dernière à pas lents. Toutes les images de la semaine se bousculent dans ma tête, je revois tous ces cerfs que j’ai vus précédemment, mais aujourd’hui, ils ne sont pas là. Je laisse la crête pour couper et revenir vers un sentier qui retombe sur le chemin de la Soule. J’avance doucement en suivant une grosse coulée.

Tout à coup, un bruit de pas, à environ 60 mètres, dans les feuilles mortes, au fond du vallon. J’entre aperçois une tête, au milieu des buis sans savoir vraiment ce que c’est, je pense d’abord à un chevreuil, puis l’animal fait demi-tour et je le vois un peu mieux c’est un daguet.

Je reste immobile sans bouger espérant qu’il va monter sur moi. Le pas régulier semble effectivement remonter. Tout à coup, je l’aperçois, un beau daguet avec des dagues de 30 à 40 cm sur la tête, je le connais, c’est celui que j’ai déjà vu le 21 septembre en velours. J’arme mon arc alors qu’il passe derrière un buis, il fait 2 pas et s’arrête à 18 mètres au milieu de branchages qui m’interdisent un tir propre.

Il fait encore quelques pas et s’arrête à 15 mètres dans une zone dégagée. Mon viseur est déjà aligné ma flèche part et le frappe. J’entends nettement le bruit d’une côte qui casse, il fait un bon et rue des pattes arrière, c’est souvent signe d’une flèche de cœur.

Il se jette dans la pente au grand galop dans un fracas terrible puis j’entends un éboulis de pierres avant un grand silence. J’attends encore un peu quand les bruits de pas reprennent. Un second daguet, plus petit, monte en suivant les pas de l’autre et s’arrête à 12 mètres avant de déguerpir, m’ayant senti ou ayant senti le sang de son congénère. Le calme revenu, j’attends un petit moment et part à la recherche de mon daguet. Dès l’impact, je trouve des gouttes de sang

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

puis à 2 mètres plus loin, ma flèche entièrement couverte d’un sang mousseux.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Je suis confiant, le sang devient de plus en plus abondant et de plus en plus mousseux. Au bout de 100 à 120 mètres de recherche, je retrouve mon daguet sur le flanc, appuyé contre un chêne.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Ma flèche entre au défaut de l’épaule et ressort au niveau du coude opposé. Elle touche les deux poumons et traverse le cœur.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Un sentiment de joie mêlé de tristesse m’envahit, je viens de réaliser un rêve mais aussi de boucler mon bracelet de l’année. Cet après-midi, je rentre dans le Gers alors que le plein-brame commence et que toute la montagne est animée de ce son si particulier qui a bercé mes nuits et mes rêves de toute la semaine. Un grand merci à mon ami Patrick pour son hospitalité et cette semaine de chasse magique.

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

Alex :


Atteinte : 

Mon premier "grandes pattes", 2 octobre 2009

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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