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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 17:09
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017
Un beau doublé de caïmans, 23 mars 2017

Alex

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 16:45
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017
Second séjour en forêt, 22 mars 2017

Alex

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 15:48

Ce matin nous nous levons tranquillement alors que le jour commence à se lever. J'ai passé une bonne partie de la nuit à me démanger, mon corps est couvert de piqûres de moustiques et de poux d'agouti. Alors que je m'habille, je remarque un bouton bizarre au milieu du côté gauche de ma cuisse gauche, très prononcé, un petit trou bien rond en son centre est très propre comme s'il n'avait pas cicatrisé depuis hier. J'ai un mauvais pressentiment et m'imagine déjà infecté par un ver macaque ou une puce chique (malheureusement l'avenir me donnera raison). Je finis de me m'habiller et pars déjeuner avant de faire quelques photos de mes caïmans attrapés la veille. Je rééquipe mon arc pour la chasse en forêt en enlevant mon moulinet de pêche avant de finir de me préparer. Nous allons repartir avec Xavier pour une chasse en forêt un peu plus loin sur le fleuve. Une fois prêt nous embarquons pour descendre un peu le fleuve alors que le soleil se lève sur la cascade.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous accostons un peu plus loin et je descends pour attacher la barque avant de débarquer nos affaires. Il nous faut remonter un talus abrupt pour atteindre une belle clairière, emplacement d'un ancien campement d'où nous allons partir pour chasser. Une grande colline démarre à environ 70 mètres devant nous.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

La jungle ne semble pas très dense et les grands arbres aux troncs fins sont assez hauts.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous faisons notre point GPS puis Xavier nous réparti les secteurs de chasse. Je vais partir sur la gauche pour contourner la colline en suivant plus ou moins une crique. Nous nous séparons donc et je commence ma chasse, comme à mon habitude, en avançant lentement tout en faisant de petites pauses observatoires très fréquentes. Je rattrape le bord de la petite crique et suis sa vallée assez large côté droit qui est le plus dégagé. Les moustiques commencent déjà à m'assaillir, un colibri vrombissant vient me saluer. Un peu plus loin, je tombe sur quelques fruits verts au sol ressemblant à des mangues allongées. J'ai déjà trouvé de tels fruits l'an dernier lors d'une chasse et quelques-uns étaient mangés mais ici aucun n'a été touché. J'en ramasse un pour l'observer de plus près.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Il est très ferme et ne semble pas mur. Je découpe une lamelle avec mon couteau pour voir la chair mais une laitance blanche immaculée commence à s'écouler et je jette ce fruit au sol pour ne pas être en contact avec cette substance dont je ne connais pas les propriétés. J'essuie bien mon coupeau et le range dans son étui avant de me remettre en route. Un peu plus loin, j'aperçois à environ 20 mètres, une grosse tortue charbonnière immobile le long d'un petit tronc tombé au sol. Stoppé par cet obstacle, elle avait commencé à le longer avant mon arrivée mais elle s'est arrêtée. Je me rapproche pour l'observer de plus près, c'est un beau mâle qui doit faire plusieurs kilos.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

De belles écailles d'un jaune orangé ornent sa tête et ses pattes et un peu de pulpe de fruit est coincé dans son bec. Elle a certainement mangé il y a peu de temps. Je me pose un moment sur le tronc pour l'observer mais la tête rentrée elle ne veut pas bouger.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Elle me fait penser à cette histoire amérindienne que Xavier m'a raconté, Il semble que les amérindiens, lors de leurs chasses, ramassent parfois une tortue trouvée sur leur chemin en lui promettant de la manger s'il n'attrape pas de gibier et de la relâcher dans le cas contraire. L'esprit de la tortue, voulant échapper à la marmite, ferait alors venir le gibier. Cette tortue fait partie des espèces non commercialisables mais que l'on peut chasser pour sa consommation personnelle. Je laisse monsieur tortue à sa journée pour reprendre ma chasse mais le gibier n'est pas au rendez-vous. J'en profite pour faire quelques photos de cette nature magnifique. Je croise une liane ressemblant à un haricot géant torturé,  elle est plate avec des renfoncements, certains en demi-sphères de la taille de boules de pétanque.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un peu plus loin ma route croise celle d'une petite mante religieuse immature dont le camouflage, sur les feuilles mortes du sol forestier n'est trahi que par sa tentative d'esquiver mon pied en s'enfuyant.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je continue mon chemin, alors que je m'arrête un instant pour observer la forêt autour de moi, du bruit me fait lever la tête c'est alors que j'aperçois des tamarins à mains dorées sautant dans les arbres. J'allume mon appareil photo pour les filmer un instant ce qui donne l'occasion aux moustiques de dévorer ma main immobile et tendue vers le ciel. Je finis par éteindre mon appareil photos pour me débarrasser de ces insectes suceurs de sang.

Je m'aperçois alors que juste un peu plus à gauche, des singes hurleurs se déplacent dans les branches de la canopée. Je recommence à filmer un instant les singes hurleurs et les tamarins ce qui permet aux moustiques de revenir m'assaillir.

Je finis par renoncer et me remettre en mouvement pour échapper à ses piqûres incessantes. Je me pose un peu plus loin pour boire et manger un bout car il est midi passé. Cette pause, comme les autres, ne sera pas très longue à cause des insectes suceurs de sang, il est temps de se remettre en chemin. En remontant une colline, je reconnais le chant des hoccos

et commence une approche très lente pour tenter de les surprendre. En arrivant au sommet, j'en aperçois un posé à environs 6 mètres du sol sur une branche à environ 30 mètres. Je tente de me rapprocher un peu mais il m'a vu et se débine dans les branchages en poussant son cri d'alerte : "pic pic pic...". Arrivé au pied d'un gros arbre, je me cache et observe, j'aperçois alors les 2 autres hoccos perchés un peu plus loin. Le plus proche est à environ 15 mètres au-dessus de moi. J'hésite un peu puis décide de tenter une flèche. J'arme vite un moment et décoche mais ma flèche rate complètement sa cible. Je réencoche et tente une approche sur l'oiseau qui s'est envolé et reposé un peu plus loin. J'arrive à me rapprocher à nouveau à portée de tir d'un oiseau branché. J'arme, vise et décoche mais encore une fois ma flèche n'est pas où je la voulais. Je laisse partir les hoccos et décide d'en rester là, j'ai déjà perdu 2 flèches et je ne comprends pas pourquoi mes flèches ne volent pas bien. Je m'éloigne des hoccos qui remontent vers les cimes en poussant des cris d'alerte et croise sur ma route une nouvelle liane plate ressemblant celle fois à une bande de tissu.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

En remontant sur la colline, je tombe sur une très grande bande de capucins bruns avec lesquels je joue un moment en les appelant pour aiguiser leur curiosité en imitant un de leur sifflement. Je ne sais pas combien ils sont mais leur bande est étalée sur plusieurs dizaines de mètres dans les arbres.

Ne voyant pas d'autre gibier et voyant l'heure du rendez-vous à la barque se rapprocher, je décide de commencer à me rapprocher du fleuve et prends mon cap à la boussole et au GPS.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un petit mouvement au sol attire mon regard sur un petit papillon noir portant une belle ceinture dorée.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Cette année, beaucoup de secteurs de la forêt sont tapissés de fleurs tombées des arbres, elles sont souvent de couleur mauve ou violette.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Une magnifique liane rainurée de plus de 15 à 20 centimètres de diamètre semble avoir voulu faire quelques nœuds au sol avant de s'élever vers les cimes.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un grondement caractéristique se fait entendre au loin et la pluie me rattrape vite. Une grosse averse s'abat sur la jungle, je suis vite trempé et c'est ce moment-là que choisissent un tinamou pour décoller près de moi puis, un peu plus loin, un petit agouti pour démarrer devant moi et foncer vers un tas de branchages à une vitesse hallucinante. Je ralenti donc un peu mon allure mais aucun autre animal ne pointera le bout de son nez. La pluie finit par se calmer alors que je me rapproche de la barque. Mon regard est attiré au sol par des petits fruits oranges ou verts pour ceux qui ne sont pas mûrs. Ils semblent tombés d'un arbuste tout proche et certains ont été grignotés.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

J'arrive à la barque,

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

je suis trempé et décide de quitter ma veste 3D, mes gants et ma cagoule que je laisse à la barque avec mon arc puis remonte vers la clairière pour m’asseoir sur un rondin de bois en attendant Xavier qui n'est pas encore revenu. Le temps passe, je me lève donc pour faire quelques photos autour de moi : une broméliacée (famille des ananas) que l'on rencontre souvent chez les fleuristes.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Un mille pattes sur le tronc d'un arbre, cet arthropode à la fâcheuse manie de s'accrocher à ma cagoule et je le retire régulièrement entrain de rentrer dans ma cagoule pendant mes chasses en forêt, ce qui fait généralement une impression bizarre quand on ne sait pas de quoi il s'agit avant de le retirer et que l'on sait que la forêt est peuplée de petites créatures beaucoup moins sympathiques.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je reprends ma place sur mon rondin alors que la pluie qui s'était arrêtée recommence à tomber de plus belle. Au bout d'un moment un mouvement attire mon regard sur ma gauche en limite de la clairière. Une tourterelle à front gris se promène tranquillement au sol entre les arbres à environ 20 mètres sur ma gauche et mon arc est à la barque. Je tente de m'éclipser doucement et descends vers la barque où je remets mon décocheur et attrape mon arc avant de revenir vers la clairière. Je me fige un instant et observe mais l'oiseau a disparu, je reste immobile quand un léger mouvement trahit l'oiseau juste avant qu'il disparaisse dans un creux. Je tente une approche mais il a disparu et je n'arrive pas à le retrouver. 

Les averses se succèdent et Xavier finit par arriver, il a manqué un agouti, sa flèche bien partie a été déviée par une brindille. Nous discutons un peu de notre chasse puis reprenons la barque pour revenir vers le camp alors que le soleil est revenu et inonde la cascade.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous accostons et rangeons nos affaires avant de discuter un peu avec nos collègues. Nous mangeons un bout avant de partir nous laver à la cascade. J'en profite pour retirer quelques tiques qui se sont accrochées durant ma chasse. Mon bouton sur la cuisse fait environ 3 cm de diamètre et le trou central ne se referme toujours pas. Nous décidons ensuite d'aller explorer le palier au-dessus de la cascade avec Xavier pendant que Daniel pêche l'aymara sous la cascade. Xavier qui est pieds nus pose le pied sur une grosse fourmi noire dont le dos est couvert de piquants acérés qui viennent se planter dans son gros orteil. Il la retire vite et je remarque alors que ces fourmis sont nombreuses sur le rocher glissant qui borde la cascade.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous remontons en longeant la cascade. Les rochers mouillés par la pluie de cet après-midi sont glissants et nous prenons garde à ne pas tomber.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Sur le haut de la cascade, ne subsiste qu'un très étroit passage glissant, je préfère passer par la forêt pour évite de tomber dans le fleuve. D'étranges fleurs poussent sur le sol.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Elles ont une forme ovoïde écailleuse et allongée, de couleur rouge, elles font environ 10 à 15 centimètres de long.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Juste un peu plus loin poussent de petits ananas sauvages.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Le passage périlleux dépassé, je reviens vers la roche qui borde le fleuve. Le secteur est presque plat mais la roche mouillée glisse et il faut avancer doucement pour ne pas tomber.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous trouvons avec Xavier les 2 trous d'eau creusés dans la roche dont parlaient Bryan et Loïc hier soir. Il semble que, la nuit, ils soient habités par 2 caïmans de belle taille qu'ils ont vu lors de leur exploration du secteur.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je remonte un peu plus haut pour prendre quelques photos d'un petit saut baigné par cette belle lumière.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017
Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous décidons ensuite de redescendre voir Daniel qui pêche toujours.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je remarque alors que de petites flaques sont colonisées par des centaines de petits têtards dont la vie ne tient qu'aux prochaines pluies car le peu d'eau qui les maintient en vie peu vite s'évaporer si les jours sans pluie se succèdent.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je remarque aussi quelques grappes de fleurs violettes qui ressemblent à celles de l'arbre à papillon en lisière de forêt.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017
Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous repassons par la forêt puis rejoignons la roche et descendons voir Daniel.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Nous restons un moment à le regarder pêcher et il finit par piquer un gros aymara et entamer un rude combat avec ce poisson qui saute en tous sens et finira par se décrocher. Xavier a filmé la scène. Un arbre penché est couvert de végétation, c'est un jardin à lui tout seul.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

La luminosité commence à baisser et je décide de préparer mes affaires pour aller faire un petit tour à la chasse derrière le camp en espérant croiser un tatou en rentrant de nuit. Le secteur, d'après ce que j'ai pu voir lors de mon premier jour de chasse, semble très fréquenté par ces animaux (traces, grattés, coulées...)

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Je me prépare et tri mes flèches dont plusieurs perdent leurs vannes. La colle superglue que j'ai utilisée pour l'empennage ne supporte pas l'humidité et je comprends maintenant pourquoi mes flèches ne volent pas droit. Mes vannes ont tendance à se décoller à la décoche en passant mon repose flèche biscuit. J'ai repéré, le premier jour de chasse, un secteur où le sol est couvert de fruits mangés et je décide d'aller m'y poster un moment en attendant la nuit. Je prends le cap sur ce point marqué sur mon GPS et pars dans sa direction. Les cris des aras, qui se regroupent sur leur perchoir pour passer la nuit, résonnent dans la forêt. Ma route me conduit juste au pied d'un immense arbre au tronc clair sur lequel ces magnifiques oiseaux se sont posés. En levant la tête je parviens à en apercevoir 2, posés à plus de 50 mètres de haut. Je les observe un moment et aperçois une zone verte sur leurs ailes, leurs corps sont rouges, ce sont des aras chloroptère.

L'un d'eux finit par s'envoler en criant mais l'autre reste perché tout en criant. D'autres sont perchés plus haut mais je ne peux pas les voir. J'essaie de filmer ce ara un moment mais les moustiques m'assaillent de partout et je n'arrive pas à rester bien stable, je renonce vite et reprends ma progression.

La luminosité baise vite en forêt, je tourne et retourne sur le secteur où j'ai marqué le point localisant la zone de fruit mais sans arriver à la trouver. Au bout d'un moment, je finis par la trouver alors qu'il fait presque nuit et me poste mais j'ai beaucoup tourné sur le secteur et je crains que ce dérangement ne soit pas propice à voir un animal. Je reste un moment posté alors que la nuit noire s'installe. Les moustiques m'assaillent de toute part et l'attente dans le noir, frontale éteinte est de plus en plus insupportable. Je renonce et décide de partir à l'approche sur le secteur. Je rallume ma frontale pour partir en chasse mais je tourne un moment dans le secteur sans rien voir et, découragé, je décide de rentrer sur le camp. Une grosse sauterelle brune se laisse prendre en photo.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

En route, je croise Loïc qui part en chasse. Arrivé au camp, je me pose sur le coin cuisine et discute avec Daniel avant de partir refaire un tour près des 2 trous d'eau au-dessus de la cascade. Je suis parti sans mon arc car nous avons décidé de na par tirer les caïmans de la cascade durant notre séjour. 2 paires d'yeux rouges apparaissent vite. En me rapprochant, je distingue alors 2 gros caïmans gris calés contre la roche bordant l'autre côté des trous d'eau. Chacun à l'entrée d'une petite cavité passant sous cette grosse roche. Je les observe un moment, l'un des 2 finit par rentrer dans son trou. Je décide de ne pas les déranger plus et fais demi-tour pour revenir vers le camp et tombe sur un crapaud de couleur beige rosé, ponctué de tâches vertes.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Bryan, qui était parti de son côté, finit par revenir avec un magnifique tatou mâle qu'il a fléché avec son arc traditionnel. Il se pose pour nous raconter sa chasse. Il a tiré une première flèche sur le tatou mais cette dernière a ricochée sur la carapace de l'animal l'écorchant à peine. Il a eu le temps de réencocher et de décocher une seconde flèche sur l'animal qui n'a pas eu le réflexe de s'enfuir tout de suite. Mortellement touché l'animal est très vite mort après avoir laissé derrière lui une belle piste de sang qui a permise à Bryan de la retrouver sans mal. Il nous montre également la bilame, qui semblait pourtant très solide, de sa première flèche qui a littéralement explosé en heurtant la carapace de l'animal.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Son histoire m'a remotivé et je décide de repartir en chasse dans le secteur où il a fléché le tatou. Je me rééquipe et pars dans la jungle, en longeant le fleuve, éclairé par ma frontale. Le secteur est très épais, les lianes entremêlées dans les troncs et le bois mort sont parfois difficilement franchissables et je dois me frayer tant bien que mal un chemin. Tout à coup, des yeux brillants attirent mon attention. C'est un pian qui reste un moment bloqué dans le faisceau de ma frontale avant de se débiner dans l'épaisse végétation. Je continue ma progression, j'ai remis ma flèche au carquois pour arriver à me faufiler au travers des obstacles. Un peu plus loin deux gros yeux rouges s'illuminent dans un entrelacs de lianes à environ 15 mètres devant moi. C'est un pac, je tente d'encocher une flèche mais cesse un instant d'éclairé le gros rongeur qui en profite pour s'éclipser avant que je sois prêt à armer. Je ne peux que le regarder se débiner impuissant. Je tente de m'approcher pour essayer de l'apercevoir à nouveau mais il a disparu. Je continue ma route et finis par rejoindre le marécage asséché qui borde une petite crique. Le secteur est bien plus dégagé et ma progression est bien plus facile au milieu des palmiers.

Je me rapproche de la petite crique bordée par une zone couverte de sortes de petits palmiers sans tronc d'environ 1 mètre de haut et dont les feuilles font un bruit cartonné quand on les bouscule. Je m'avance dans cette végétation bruyante quand j'aperçois 2 yeux rouges dans l'eau. C'est un caïman gris, il me semble de belle taille et je tente de me rapprocher au travers des petits palmiers mais il prend peur et se débine en remontant le courant dans l'eau peu profonde qui ne couvre même pas son dos. Je presse le pas pour le contourner sans le voir à cause de la végétation et lui couper la route un peu plus en amont. En revenant vers l'eau, je l'aperçois, il arrive sur moi de 3/4 face et stoppe net à quelques mètres, pris dans le faisceau de ma frontale. J'arme vite mon arc et vise la tête pour tenter de le sécher sur place. Je décoche, ma flèche un peu trop à gauche rentre sur le côté de la tête et ressort dans le cou, restant en travers de l'animal qui tente de faire demi-tour mais s'empêtre dans la végétation de la crique et se débat pour se dégager de ma flèche qui l'entrave. Je réencoche rapidement et lui décoche une seconde flèche qui lui ouvre le dessous du poitrail et lui casse une patte avant. Je pose mon arc et me jette sur lui en lui fermant la gueule à la main avant de dégager ma première flèche et de récupérer ma seconde. J'achève ensuite mon caïman et le mets dans mon sac à dos avant de revenir vers le camp. Pas le moindre tatou vu sur le retour. En arrivant au camp, je vide mon caïman et le mets dans la glacière puis discute un peu avec mes amis avant de partir me coucher. Je ferai les photos demain matin.

Un caïman lors d'une chasse de nuit au tatou, 17 mars 2017

Alex

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 06:12

Ce matin, je pars avec Xavier pour chasser sur la gauche du fleuve un peu en aval du camp. Nous déjeunons tranquillement alors que le jour s'est levé et nous préparons puis prenons sa barque pour rejoindre le secteur de chasse. En arrivant sur le secteur où nous allons chasser nous dérangeons un caïman qui se jette à l'eau à notre approche. Nous accostons, en remontant le talus de la berge j'aperçois des traces de tapirs qui en font de même. Elles datent de quelques jours.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017
Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017
Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

J'attache la barque à un arbre et nous faisons notre point GPS puis Xavier distribue les secteurs de chasse, il partira sur la droite en longeant plus ou moins le fleuve alors que je partirai sur la gauche. Nous nous donnons rendez-vous à 15 heures à la barque. Je finis de me préparer puis nous partons en chasse. Je m'avance doucement dans la jungle qui semble peu dense dans le secteur. Je m'arrête régulièrement pour écouter et observer. Rapidement, alors que je fais une petite pause, un petit animal roux clair avec une longue queue se débine sur un tronc tombé au sol et disparaît au bout de ce dernier sans que j'arrive à l'identifier. Je m'approche doucement mais il a disparu. Une crique encaissée me barre le passage sur ma droite et je longe à faible distance de cette dernière mais la végétation s'épaissie et je m'éloigne de plus en plus du fleuve et commence à remonter avec le relief qui s'élève rapidement. Le gibier semble absent du secteur mais je sais qu'il est souvent très discret et je continue à faire mes pauses observatoires et en profite pour observer les petits oiseaux, insectes ou araignées tout en bataillant contre les moustiques qui profitent de mes arrêts pour me tomber dessus ou décrocher un mille pattes tombé sur ma cagoule de camouflage.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Le secteur est très vallonné, je tourne depuis environ 2 heures sur le secteur sans avoir vu le moindre gibier. Je remonte tranquillement vers la crête d'une grande colline. Sur ma droite, une grande combe creuse le relief jusqu'à la crête et je progresse doucement en la suivant quand j'aperçois à environ 15 mètres devant moi une tache blanche qui attire mon regard. Il s'agit d'un crâne posé au sol au milieu d'ossements divers et je m'approche tranquillement et reconnaît vite un crâne de pécari à collier. Cette découverte me conforte dans la présence de ces animaux sur le secteur. Leur territoire occupe en général une surface d'environ 3 km² et cette découverte signifie certainement que je suis sur leur territoire malgré l'absence d'indices de présence. Je m'agenouille près des ossements pour les observer de plus près, ce crâne ne porte ni trace de croc ni trace de plomb. Des radicelles ont collé la partie supérieure au sol. Cette dernière est colonisée par des fourmis qui consomment encore les dernières brides de chairs desséchées qui subsistent sur les os.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

En levant les yeux, j'aperçois un gros terrier dans le flanc de la colline, en haute de la combe. Il me conforte encore dans l'espoir de voir les pécaris dans le secteur. Je décide de garder ce crâne intacte malgré qu'il lui manque quelques dents en commence à lier les 2 parties, avec un bout de cordelette sorti de ma poche, pour l'attacher à ma ceinture quand un bruit dans mon dos attire mon attention. Je tourne la tête et aperçois une masse sombre se dépassant au milieu de petits palmiers qui en s'agitant font un bruit caractéristique. Je me saisis rapidement de mon arc en lâchant le crâne et me redresse doucement en me retournant tout en accrochant mon décocheur. Le pécari est à environ 20 ou 25 mètres et se présente plein travers dans la végétation en avançant d'un pas lent, nez au sol. Il me semble entendre des bruits et grognements un peu plus bas, certainement d'autres pécaris. J'arme mon arc et le suis dans mon viseur en attendant une fenêtre de tir tout en espérant le voir se rapprocher mais il passe derrière le bout d'un gros tronc d'environ 25 mètres, couché au sol, très légèrement en biais par rapport au sens de la pente. Le pécari commence à remonter en suivant ce tronc couché sur ma droite, ce dernier va le conduire à moins de 10 mètres sur ma droite et je le suis toujours dans mon viseur mais seuls les poils de son dos dépassent du tronc qui le protège. Il avance toujours tranquillement tout en agitant la végétation par moment. J'espère le voir sortir au bout du tronc à environ 8 mètres mais il bifurque sans me donner de fenêtre de tir pour se mettre à longer un autre tronc presque parallèle à la courbe de niveau et qui l'éloigne peu à peu de moi. Je ne tarde pas là le perdre du vu derrière une butte du terrain mais arrive à le suivre un instant aux mouvements de la végétation et hésite à bouger, espérant le voir revenir ou apparaître un autre pécari dans son sillage. Les bruits cessent et le calme revient, je reste un peu immobile mais toujours rien, je décide de quitter mon poste pour tenter de le recouper. J'attache le crâne à ma ceinture puis commence à m'avancer doucement vers où le pécari a disparu et à chercher des indices sans succès tout en tendant l'oreille. Rien, je tente de m'avancer doucement en forêt mais il a disparu.

Au bout d'un moment, je décide de faire demi-tour pour revenir vers le terrier au cas où mais impossible de le retrouver, je ne reconnais plus le secteur et, plus je tourne, plus je perds mes repères malgré mon GPS et ne retrouve même plus la combe pourtant très large. Je redescends un peu vers le bas de la colline en biais sans plus de réussite. Un grondement familier se fait entendre au loin. La pluie se rapproche et ne tarde pas à me rattraper. L'averse n'est pas violente mais elle transperce vite la canopée et les grosses gouttes commencent à m'atteindre. Le bruit des grosses gouttes emplit la jungle et couvre les autres bruits, ceux de ma progression y compris, ce sont des conditions d'approche idéales. Je remonte tranquillement vers le sommet de la colline, la végétation est assez dense et je progresse assez rapidement quand, alors que je vais déboucher sur une petite clairière en crête de la colline. Un mouvement sur ma gauche à environ 20 mètres me fait stopper net. Il me semble identifier un gros agouti, de 3/4 face, qui vient vers moi nez au sol. Du mouvement derrière lui me fait tourner les yeux et apercevoir un pécari plein travers un peu plus en arrière. Le premier animal se tourne et relève la tête, c'est aussi un pécari, d'autres arrivent sur leurs traces. Et rapidement c'est une dizaine d'animaux qui arrivent tranquillement en fouillant le sol. Le spectacle est magique mais je reprends vite mon instinct de chasse. La pluie cesse vite. Je me prépare en accrochant mon décocheur et observe un instant les animaux. Les 3 premiers sont 5 ou 6 mètres plus proches que le reste de la bande, où se trouve un gros mâle au moins 1/3 plus imposant que ses congénères. 2 d'entre eux se positionnent plein travers, flanc contre flanc, chacun la tête contre l'arrière train de son partenaire. Ils frottent énergiquement leurs têtes contre la cuisse de leur partenaire pendant quelques secondes puis se remettent en mouvement.

La végétation ne me laisse pas de belles fenêtres de tir et les animaux bougent souvent. Une flèche me semble risquée. Le premier pécari s'avance tout à coup et se rapproche d'un pas tranquille vers moi. Je tente de me décaler un peu pour passer un palmier à 2 mètres devant moi qui ferme plusieurs de mes fenêtres de tir. Je me faufile avec une extrême lenteur sans me faire remarquer  et arrive à me caller juste devant le petit palmier où je me fige. Le pécari se rapproche toujours par ma gauche, j'arme doucement mon arc mais le premier pécari ne s'arrête pas et passe derrière un gros arbre pour disparaître dans la pente sur l'autre flanc de la colline. Je désarme doucement. Les autres pécaris se sont rapprochés, le gros mâle se frotte contre un de ses congénères comme les 2 autres précédemment. Les 2 pécaris suivants s'avancent sur les traces du premiers, j'arme doucement, le premier s'arrête plein travers juste avant le gros arbre. Sa tête est cachée derrière une touffe de végétation. Il est à moins de 10 mètres, le gros pécari, à peine un peu plus éloigné sur ma gauche et pas trop mal positionné également et j'hésite une fraction de seconde mais le premier est mieux placé et je ne veux pas risquer de faire échouer mon approche. J'aligne donc ma visée sur ce dernier et décoche. Un impact cassant retentit et le pécari s'effondre sur place en poussant un couinement. Les autres pécaris démarrent et se dispersent mais s'arrêtent rapidement. L'un d'eux est passé derrière la pente de la colline sur les traces du premier mais les autres reviennent curieux sur ma gauche alors que je réencoche. Ils cherchent à comprendre et tournent sur place. J'arme et tente de prendre ma visée sur l'un d'eux mais leur positionnement où les fenêtres de tir ne me satisfont pas et ils finissent peu à peu par s'éloigner par où ils sont venus.

Pendant ce temps, mon pécari s'est relevé et je l'ai vu disparaître dans la pente, passant derrière le gros arbre, en se trainant sur les pattes avant. Je désarme, j'ai préféré ne pas décocher plutôt que de risquer de blesser un pécari et de le perdre. J'attends un peu au cas où un pécari reviendrait mais ne voyant rien bouger je me dirige vers l'endroit du tir.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

A l'endroit du tir, je ne trouve ne sang ni flèche ce qui me parait bizarre vu que le pécari est tombé et resté un moment sur place. Je tourne un petit moment autour de la zone du tir et finis par trouver une tache de sang sur les feuilles mortes au sol.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Impossible de trouver d'autres indices à proximité de ce dernier. Mon impression était que mon pécari était parti vers la droite en passant derrière le gros arbre mais l'ayant vite perdu de vue je ne peux rien affirmer, par contre, il est parti en traînant le train arrière, il a certainement dû prendre la pente pour faciliter sa fuite. Me tenant au niveau de la tâche de sang, je scrute les alentours à 180 ° en dessous de moi et aperçois vite une touffe de végétation écrasée un peu plus bas à ma gauche et comprends vite que c'est mon pécari qui l'a couché et se traînant. Je m'avance donc dans cette direction et aperçois vite mon pécari mort quelques mètres en contrebas. Il est mort la tête vers moi comme s'il avait voulu se retourner dans sa fuite pour attendre son assaillant et en découdre.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Arrivé au niveau de mon pécari, je me retourne pour voir si je trouve d'autres traces de sang mais n'en vois pas. J'aperçois alors ma flèche posée en travers de la trajectoire de fuite dans les feuilles mortes. 2 vannes sur 3 sont partiellement décollées.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

J'attrape mon pécari par les pattes avant et commence à remonter la pente très raide vers la crête de la colline. Arrivé au sommet, j'examine mon pécari, ma flèche est trop haute et plus en arrière que ma visée. Je ne comprends pas pourquoi sur le moment mais la suite du séjour me donnera l'explication. Elle coupe la colonne vertébrale et l'artère passant dessous sans toucher les organes vitaux et ressort au niveau de la pense dont une bosse sort par le trou de sortie empêchant l'hémorragie externe. L’hémorragie a tout de même était importante et la mort rapide car il n'a parcouru que 15 mètres. Le soleil est ressorti et j'en profite pour faire quelques photos souvenir. C'est un jeune mâle et mon premier pécari. Il est bientôt 13 heures et je décide de revenir avec mon pécari vers la barque pour le mettre au frais dans la glacière.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

J'attache donc les 4 pattes de mon pécari à l'aide d'une cordelette pour faciliter son transport puis attrape mon GPS et ma boussole pour déterminer mon cap avant de commencer à me diriger vers la barque. Le pécari, malgré sa petite taille pèse lourd et je change régulièrement de main pour le porter. Je profite de ses pauses régulières pour me rediriger avec mon GPS et ma boussole. Au bout d'un moment les pattes du pécari se détachent et je décide de changer de technique et de l'attacher par le cou pour le traîner à l'aide d'une poignée improvisée dans un bout de branche attaché à l'autre bout de la corde. Ma descente me conduit vers un petit ruisseau asséché dont les dernières flaques sont colonisées par un très grand nombre de petits têtards noirs

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je m'aperçois vite que le ruisseau ne suit pas mon cap et je dois remonter la pente raide sur ma gauche et tirant mon pécari qui s'accroche à la végétation et m'en fait voir. Ma progression trop bruyante ne me permet plus de chasser mais j'en profite tout de même pour observer le paysage. Je croise sur ma route une grande bande de capucins bruns que j'observe un moment avant de reprendre mon chemin. Sur une feuille de palmier au ras du sol, j'aperçois un nid plat étrange, formé de brindilles tressées dans la feuille de palmier. Je me demande quel oiseau ou autre animal a pu confectionner ce nid qui semble peu stable et peu apte à recevoir des œufs vu sa forme plate ou même à les tenir à l'abri vu son exposition. 

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je finis par rejoindre le bord du fleuve mais la barque est un peu plus loin en amont.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je commence donc à suivre le cours d'eau pour la rejoindre. En passant une crique asséchée j'aperçois un magnifique arbre à contrefort au bord du fleuve.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Petit à petit, la barque se rapproche et je finis par l'apercevoir au travers de la végétation. Un denier entrelacs de lianes et je l’atteins. Je commence à enlever ma veste 3D, mes gants, ma cagoule, mes guêtres et mon décocheur puis range mon arc dans sa housse. Le caïman vu à notre arrivée s'était recalé contre la berge un peu plus en aval et plonge quand je monte sur la barque avec le pécari pour le mettre dans la glacière. Ne sachant pas si je peux le vider avant de le gratter, je le mets entier dans la glace. En Guyane, beaucoup d'animaux sont grattés, c'est à dire qu'on retire le poil et qu'on garde la peau. Assis dans la barque, je retire mes chaussures et chaussettes pour mettre mes pieds à l'eau un instant pour les rafraichir.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Sachant que quelques piranhas et aymaras doivent roder dans le secteur, je garde un œil sur mes pieds mais seuls quelques petits poissons passent en dessous. Je profite de cette pause pour boire et manger une barre de céréale et une boite de maquereau emportées dans mon petit camel-bag mais que je n'ai pas pris le temps de manger en forêt. Un beau morpho barré passe sur le fleuve et rentre en forêt en passant à côté de moi. Il est un peu plus de 14 heures et je sais que Xavier est rarement en avance, je décide dont de partir faire un petit tour dans le secteur. Je remets mes chaussettes, mes chaussures et mes guêtres, enfile ma cagoule et mes gants et mon décocheur puis attrape mon arc et repars en forêt.

Je pars lentement sur la gauche en direction de la crique tout en m'arrêtant souvent pour observer et écouter. Rapidement, des agamis se font entendre. Leurs cris caractéristiques ressemblant un peu à ceux des pintades trahissent leur présence. Je tente de me rapprocher très lentement. Des sorte de mugissement gravent se font vite entendre, lus puissant que ceux des hoccos. J'ai déjà entendu ce son produit par les agamis lors d'un séjour précédent. Je finis par les apercevoir au travers de la végétation, ils sont à environ 30 mètres.

Ils volettent d'une branche à l'autre sur un gros chablis inondé de soleil près de la crique asséchée et formé par la chute d'un gros arbre qui a ouvert un puits de lumière en s'abattant au sol. Je tente de ma faufiler très lentement dans la végétation mais les agamis nerveux s'agitent et finissent par s'envoler au-dessus de la crique tout en poussant leur sorte de mugissement et de caquètement pour disparaître dans la végétation épaisse sur l'autre rive. Je tente de les rejoindre en traversant à mon tour mais ils me distancent vite et je finis par les perdre de vue et ne plus les entendre. Je tourne un peu sur le secteur sans trouver autre chose. Il sera vite 15 heures, je décide de revenir vers la barque pour attendre Xavier qui arrivera un peu plus tard.

Xavier rentre bredouille et nous discutons un moment de nos chasses respectives avant de rentrer au camp où nous retrouvons nos collègues, Daniel, Loïc et Bryan. Ils n'ont rien fléché. Nous discutons de notre journée en mangeons un bout avant de nous attaquer à la préparation de mon pécari. Daniel et Xavier plus expérimentés nous montrent comment il faut procéder pour gratter un pécari. Daniel découpe la  grosse glande située sur la croupe de l'animal puis Loïc verse peu à peu de l'eau très chaude sur l'animal dont la peau se contracte sous l'effet de la chaleur. Je gratte ensuite la peau du pécari à l'aide d'un couteau pour retirer les poils rêches de l'animal. C'est Daniel qui s'occupera des finitions et de vider l'animal. J'en profite pour aller me laver dans la cascade près de laquelle nous avons établi notre camp.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Une grande dalle de roche peu pentue permet d'accéder à l'eau peu profonde du pied de la cascade qui nous sert de salle de bain depuis notre arrivée.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Au bord de l'eau des traces laissées par les premiers chasseurs à l'arc du secteur ont marqué la roche à jamais. Les amérindiens venaient ici aiguiser leurs pointes de flèche sur cette roche il y des siècles. Cette découverte est assez touchante sachant que d'autres chasseurs à l'arc sont venus ici bien avant nous et seulement équipés d'arcs traditionnels et non aidées par notre technologie actuelle, pour se livrer à la chasse nourricière dont leur vie dépendait.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je profite de ma baignade pour m'examiner et retirer près de 10 tiques accrochées un peu partout sur mon corps qui est couvert de boutons de moustiques. Ils ont pris des dimensions impressionnantes sur mon torse blanc qui ne voit pas souvent le soleil et forment de grosses taches rouges. Mes chevilles sont couvertes de grosses cloques jaunâtres et la plupart ont éclaté et percent au moindre contact laissant mes chevilles à vif. C'est le résultat des attaques des poux d'agouti. 

Une fois séché et changé, je reviens vers le camp. Xavier décide de retourner chasser sur le secteur où j'ai vu les pécaris en emportant son tree-stand auto-grimpant pour tenter un affût près d'un arbre produisant des gros fruits oranges dont certains étaient mangés et qu'il a repéré ce matin. Nous nous préparons, nous rentrerons de nuit en chassant sur le fleuve, j'équipe donc mon arc avec ma bowlight et prends ma flèche pêche et mon moulinet dans la barque.  Une fois prêt nous repartons pour la chasse alors que Daniel finit de découper le pécari et ses abats. Une fois sur place Xavier m'explique où il veut chasser, je décide donc d'aller chasser sur ses traces de ce matin car il semble avoir vu quelques animaux et des traces de présence de gibier sur ce secteur. Xavier part avec son tree-stand dans la forêt alors que je pars en longeant le fleuve sur la droite. Malgré ma progression lente impossible de voir le moindre gibier et la luminosité baissant en sous-bois je décide de revenir vers la barque en faisant une boucle par la colline que j'ai contournée par le marécage en suivant le fleuve. j'aperçois un curieux dessin sur un gros arbre et constate en m'approchant qu'il s'agit de tunnels de terre fabriqués par des termites ou des fourmis sur plusieurs mètres de haut pour permettre leur déplacement à couvert du sol vers la cime de l'arbre.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Plus loin, je tombe sur un nid de colibri abandonné, posé sur une feuille de palmier. Il a pris l'eau et s'est un peu affaissé mais a encore sa forme arrondie. Il est minuscule et ne fait que quelques centimètres de diamètre.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

En redescendant de la colline, j'entends siffler et aperçois furtivement Xavier perché à plusieurs mètres de haut dans un arbre sur ma gauche. Il me fait signe de venir. Je me dirige donc vers lui mais le perds ainsi de vue et peine à le retrouver, heureusement qu'il me guide vers lui car, avec sa tenue 3D, il est difficile de le voir dans la végétation.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Je l'aide à ranger ses affaires avant que nous repartions vers la barque. Xavier me monte un gros lézard au camouflage presque parfait qui a passé une partie de la soirée à l'affût sur l'arbre en face de lui.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Nous repartons vers la barque en nous suivant alors que la luminosité baisse vite dans la jungle. Arrivé à notre embarcation, nous montons à bord et je prépare mon arc pour la chasse au caïman en positionnant mon moulinet et en préparant ma flèche pêche. Nous partons ensuite en redescendant le fleuve un moment, passant quelques obstacles mineurs. Nous faisons halte sur une petite plage sableuse pour attendre la nuit.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Lors de la remonté du fleuve nous avions remarqué des traces sur cette plage qui ressemblaient à celle d'un capibara et je pars les voir de plus près. Ce sont bien traces de capibara en plein milieu de la jungle, pour l'instant je n'ai vu ces animaux que dans les marécages de la savane côtière. Nous attendons un moment la nuit qui vient doucement avec le ballet des chauves-souris survolant le fleuve. L'obscurité s'installant et nous reprenons la barque pour remonter vers notre campement. Nous repérons rapidement un beau caïman, sur la droite du fleuve, à son œil rouge qui brille dans le faisceau de nos frontales et se repère ainsi de loin. En nous rapprochant, nous nous apercevons qu'il est posé sur un petit banc de sable en retrait sous des branches basses. Xavier manœuvre pour me positionner favorablement et trouver une fenêtre de tir au travers des branchages. Je suis prêt, debout, lampe et pin's de mon viseur allumés et arc armé. Ma visée s'aligne et je décoche mais passe juste sous le caïman qui était à 6 ou 7 mètres presque plein travers, il saute à l'eau.

Je réussis à récupérer ma flèche à tirant sur le câble pour la dégager du sable mais, alors que je veux la reencocher, je m'aperçois que l'encoche s'est cassée et est tombée. Je n'ai pas pris ma flèche pêche de rechange avec moi et je vois notre sortie compromise et en informe Xavier qui est dépité. Tout à coup, une idée me vient, je sais que Xavier a un peu de matériel dans sa housse d'arc et je lui demande s'il n'a pas une encoche de rechange. Il en trouve quelques-unes mais impossible de l'enfoncer car j'avais déjà abîmé ma flèche pêche en 2014 lors de mon premier séjour en Guyane et dans l'urgence j'avais dû remplacer l'encoche par une encoche lumineuse collée à la superglue, la partie allumage de l'encoche est toujours collée dans le fût. Me vient alors une autre idée, je découpe un petit bout du tube d'abord au couteau puis à l'aide de pinces appartenant à Xavier et parvient à retirer ce morceau d'encoche obstruant le tube. Je parviens ainsi à remettre une encoche. Nous pouvons reprendre la chasse. Le Caïman est remonté un peu plus en aval et Xavier manœuvre pour me positionné alors que je suis déjà prêt et armé. Cette fois le caïman est touché au coffre et plonge avec ma flèche. Je rembobine mon câble et le ramène contre la barque puis demande le rouleau de scotch à Xavier. Je lui ferme partiellement la gueule à l'aide du câble de ma flèche pêche puis lui saisis la gueule que je lui maintiens fermement fermée pour le remonter dans la barque et lui fermer la gueule à l'aide de quelques tours de scotch. Je dégage ensuite la flèche qui est en travers du saurien en dévissant la lame de pêche, avant d'achever mon caïman d'un coup de poignard dans les cervicales, juste derrière le crâne.

Je rembobine mon câble, revisse ma lame de pêche et remets ma flèche pêche sur l'arc puis je cale le caïman de 8 à 10 kg dans la barque, nous repartons. Nous approchons plusieurs caïmans prêt à décocher mais Xavier les juge trop petits pour être tirés, nous les laissons donc tranquilles. Au bout d'un moment un caïman est repéré sur la gauche. Je me prépare et Xavier me rapproche. Nous hésitons un peu en essayant de juger sa taille mais, nous apercevant qu'il semble pas mal, Xavier me donne l'autorisation de tirer. Il est plein travers dans quelques centimètres d'eau, sur un banc de sable, tête vers le milieu du fleuve. Je vise le coffre et décoche à quelques mètres. Il sursaute à peine et glisse inerte dans l'eau tête la première. Ma flèche lui a cassé la colonne vertébrale au niveau de l'épaule et l'a paralysé. Tout en lui fermant, à la main, la gueule qui reste active, je le remonte dans la barque et lui ferme la gueule avec le scotch avant de l'achever d'un coup de poignard derrière la tête comme tout à l'heure. Ce dernier fait entre 10 et 12 kg. Je le cale avec son compère dans la barque et rembobine mon câble, revisse ma lame de pêche avant de repartir en chasse mais nous arrivons vite au camp. Nous mangeons un peu de fricassée d'abats de pécari préparée par Daniel avec nos amis puis je pars mettre les caïmans dans la glacière après les avoir vidé. Ce sont 2 mâles  caïmans gris comme presque tous les caïmans que j'ai fléché sur le fleuve, les femelles sont souvent dans les criques en forêt. Je réaliserai les photos souvenir demain matin avant d'aller chasser.

Mon premier pécari à collier, 16 mars 2017

Alex

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 16:41

Aujourd'hui, c'est notre dernier jour de chasse en Guyane, nous nous réveillons tranquillement alors que le jour se lève, la nuit a été courte. Je prépare un peu mes affaires puis pars faire la vaisselle de la veille au bord de la crique. En arrivant près du fleuve, je dérange des dizaines de petites grenouilles feuilles qui sautent en tous sens devant mes pieds. Les petits poissons se regroupent pour venir manger les derniers grains de riz qui tombent dans l'eau. Nous nous retrouvons ensuite pour déjeuner et discuter de la chasse d'aujourd'hui. Nous allons partir pour une journée de chasse non-stop et nous retrouverons vers 17 heures pour plier le camp avant le retour. "Scarabée" partira chasser, comme hier, de l'autre côté de la crique, Xavier partira en longeant le fleuve et je vais m'enfoncer dans la forêt à 90° de la crique. Le déjeuner terminé, nous préparons nos affaires puis partons en chasse. Xavier est parti devant, en arrivant près du marais évité hier, je tombe sur ses traces dans la boue fraîche ainsi que sur les traces d'une grosse biche rouge.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je n'ai pas dû prendre assez à gauche et longe donc le marais pour m'éloigner des traces de Xavier et ne pas le déranger dans sa chasse.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Vu son allure de marche, il doit de toute façon être déjà loin. Je tombe rapidement sur les traces pas bien vieilles d'un tapir qui a traversé le marais et biaise vers le fleuve.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je longe un moment le marais en partant vers la gauche pour trouver un passage à sec et tombe sur une belle libellule bleue.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

J'avance doucement en chassant mais pas le moindre gibier en vue. Les zones de végétation épaisse alternent avec des zones bien dégagées au bord desquelles je me poste parfois un moment pour observer avant de me remettre en marche. Plus loin, je remonte sur une colline puis redescends doucement vers un nouveau marais où l'eau est moins présente et qui pourra être traversé sans me mouiller les pieds. Je me positionne un moment au bord du marais pour observer les alentours. De nombreux grands palmiers ont colonisé le secteur, le sol est couvert de grandes palmes sèches tombées, l'eau qui ruisselle doucement de flaque en flaque est très peu profonde. Au bout d'un moment, je décide de traverser pour aller jeter un coup d'œil de l'autre côté. J'avance doucement en cherchant les zones sèches et les racines pour poser mes pieds. Au moment où j'arrive sur l'autre rive, un fracas terrible retentit dans mon dos. Je me retourne alors et constate qu'une très grosse branche couverte de plante épiphytes vient de s'abattre au sol à l'endroit même où j'étais posté il y moins de 2 minutes. J'aurais pu être écrasé.

Je reprends ma progression lente et mes pauses d'observation mais le gibier est absent aujourd'hui. J'en profite pour observer la forêt et profiter, pour mon dernier jour, de cette ambiance particulière. Un petit lézard se camouflant parfaitement avec le sol forestier se débine devant moi.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Il fait très beau et chaud aujourd'hui, le sol couvert de feuilles mortes est craquant et bruyant. L'effet de surprise d’une approche est compliqué, je continue tout de même ma technique de chasse en essayant d'éviter les débris végétaux craquants. Un papillon transparent volette à mes pieds et se repose sur les feuilles mortes.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

En continuant, je tombe sur une petite crique étroite qui serpente dans la forêt, je la suis pour tenter de trouver un passage pour la traverser à sec et lève un grand tinamou sur la berge opposée dans une zone de végétation très dense. Je finis par trouver un passage et traverse, je pars dans la direction de fuite du grand tinamou mais il m’aperçoit trop tôt et se relève à quelques mètres sans que je puisse le voir au sol pour disparaître dans la forêt. Plus loin, je tombe sur un motmot houtouc perché à quelques mètres du sol devant moi. J'ai déjà vu ce bel oiseau très coloré lors du premier séjour en forêt mais je n'avais pas remarqué que les 2 plumes centrales de sa queue avaient une forme très particulière car elles sont plus longues que les autres mais possèdent une partie où la tige centrale est à nu. 

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je filme un moment ce motmot houtouc

puis éteins mon appareil photo, c'est alors que j'aperçois un second motmot juste un peu plus haut dans l'arbre. Ces oiseaux peu farouches me laissent passer près d'eux alors que je reprends ma progression. Le temps passe et je décide de faire une pause vers midi, Je m'assoie sur un tronc tombé au sol pour tenter un petit affût. Rapidement une ronde d'oiseau arrive et commence à tourner en piaillant autour de moi. Plusieurs petits oiseaux de différentes espèces s'agitent tout autour de moi quand un trogon à queue blanche vient se poser dans mon dos.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je tente de le filmer un peu et essaie de filmer aussi les autres oiseaux autour de lui.

Le temps passe à observer ces oiseaux mais rien ne vient à part eux. Je décide de quitter mon poste pour tenter de trouver la cascade dont m'a parlé Xavier. J'avance tranquillement quand je tombe sur une petite grenouille feuille dont le camouflage, sur le sol forestier est quasi parfait, je la prends dans ma main mais n'arrive pas à faire la netteté sur elle avec mon appareil photo.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je la relâche et continue. Un bruit d'eau emplit peu à peu la forêt et je finis par arriver à la fameuse cascade qui est en fait plus un petit rapide. Le décor est magnifique, un premier passage rocailleux

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

en précède un second plus court.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

En remontant un peu le long de la crique, je tombe sur une sorte de saignée fraîche bien maquée dans les feuilles mortes et la terre humide. En me rapprochant, je constate qu'il s'agit en fait d'une coulée fraîche de tapir dont les traces descendent de la colline vers la crique. Il a dû passer cette nuit. 

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je remonte un instant en suivant les traces vers le sommet de la colline mais le sol devenant plus sec, je perds vite les empreintes et abandonne cette piste pour continuer ma chasse en progressant tranquillement. Un peu plus loin, un bruit de feuilles me fait lever la tête. J'entre-aperçois alors des singes hurleurs qui se déplacent dans les branchages au-dessus de moi. Je me fige et les observe un moment. L'un d'eux vient alors vers moi et s'arrête dans une trouée des branchages au-dessus de moi à environ 20 mètres de haut. J'hésite, le singe hurleur est chassable en Guyane pour la consommation, plusieurs chasseurs ayant chassé dans le département m'ont dit qu'il fallait avoir chassé et mangé du singe pour avoir fait l'expérience de la Guyane. Le singe n'a toujours pas bougé, je sais qu'en tirant, je vais perdre ma flèche mais je me décide. J'arme mon arc et prends la visée, je ne crois pas trop à la réussite de mon tir. Le singe n'a toujours pas bougé, je décoche. Je vois bien partir ma flèche et entends distinctement l'impact. Elle a traversé le singe mais trop en arrière. Je l'ai bien vu rentrer dans l'abdomen et regrette déjà d'avoir lâché cette flèche. Touché par ma trilame Q.A.D exodus, le singe avance d'à peine 1 mètre sur la branche et s'immobilise en faisant le dos rond. Je l'observe impuissant en maudissant ma décision d'avoir décoché sur cet animal.

Des gouttes tombent sur les feuillages du sol forestier. Ses congénères se mettent alors à pousser les cris de fureur et s'agitent au-dessus de moi sans comprendre ce qui vient de se passer. Le singe se remet à avancer un peu et je le perds de vue dans le feuillage des arbres. Je décide d'enregistrer le cri des autres singes hurleurs qui est vraiment impressionnant.

Je m'en veux vraiment d'avoir décoché mais maintenant, il va me falloir récupérer mon singe hurleur et assumer jusqu'au bout. Je pars vers les gouttes tombées au sol et constate qu'il s'agit de contenu stomacal, pas la moindre goutte de sang. Au bout d'un moment à le chercher du regard, je finis par l'apercevoir. Il est immobile, tête vers le bas, dans la fourche d'un arbre d'environ 30 mètres de haut, à environ 20 mètres du sol. Sa queue s'est enroulée autour du tronc et sa main s'est crispée sur une branche. Il est mort mais est calé de telle façon qu'il ne peut pas tomber. Je décide d'attendre un moment en espérant le voir tout de même chuter. Le vent se lève et agite les arbres et j'ai bon espoir mais il est bien accroché et ne bouge pas d'un millimètre.

Les autres singes finissent par s'éloigner peu à peu et les cris s'estompent. Je regarde l'heure, il est 14 heures passé, le rendez-vous au camp est à 17 heures, je prends le point GPS du pied de l'arbre sur lequel est mort mon singe, jette un coup d’œil autour de moi pour mémoriser les alentours et prends en repère un gros arbre à contrefort puis pars d'un pas rapide vers le camp en me dirigeant avec ma boussole et mon GPS. En route, je fais décoller un gros oiseau et certainement démarrer un cariacou mais sans pouvoir réellement les identifier. Je finis par arriver au camp 750 mètres plus loin. Je suis trempe de sueur, je pose mon arc, enlève ma tenue 3D et attrape le sabre avant de repartir d'un pas rapide vers mon point GPS pris sous le singe. De retour sur la zone du tir, je ne retrouve pas mon singe, mon GPS m'annonce sa présence à quelques mètres, je m'éloigne, reviens, m'éloigne à nouveau et constate peu à peu que tous les arbres se ressemblent. Je finis tout de même par apercevoir mon singe toujours calé dans la fourche de son arbre. Il est 14h45, je commence à attaquer de couper l'arbre de plus de 20 cm de diamètre, au sabre, à environ 1,5 mètre du sol. Les coups de sabre s'enchaînent et je finis par venir à bout de l'arbre qui commence à craquer. Je me méfie pour ne pas qu'il me tombe dessus. Je le secoue et il finit par se rompre et tomber au sol mais il se cale en biais sur d'autres arbres. Malgré l'impact violent, le singe n'est pas tomber au sol et je l'ai perdu de vue dans les feuillages.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je tente de pousser le tronc pour le faire tomber au sol mais il s'est planté dans la terre et est trop lourd. Je décide d'en recouper un morceau et recommence à attaquer le tronc en biais à environ 2,5 mètres de la première coupe mais je tombe sur un nœud dans le bois et peine beaucoup plus que la première fois à en venir à bout. Au bout de 20 minutes environ, l'arbre commence à craquer et je finis de le casser en le secouant, le morceau tombe au sol et l'arbre descend un peu mais il est encore trop lourd pour que je puisse le faire bouger. 

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je recommence donc à couper le tronc incliné à 2,5 mètres du sol. Les coups s'enchaînent et la peau de ma main commence à se détacher, de grosses ampoules qui se sont formées commencent à se percer et à se déchirer et le contact du manche du sabre devient de plus en plus douloureux mais je dois continuer et récupérer mon singe pour revenir au camp à l'heure. La douleur de plus en plus vive m'oblige tout de même à changer parfois de main et à faire de courtes pauses. Je finis par venir à bout du tronc. Cela fait plus d'une heure que je donne des coups de sabre.

Je tente à nouveau de pousser le tronc, je le cale sur mon épaule et pousse de toutes mes forces et cette fois, il bouge. J'arrive ainsi à le pousser sur environ 5 mètres ce qui le fait encore descendre un peu mais les branches de 2 autres arbres plus petits le retiennent. Je ne peux pas le pousser plus. Je reprends donc le sabre pour commencer à couper les arbres qui le retiennent. Je m'attaque au premier, les vibrations provoquées par mes coups dérangent un iule de près de 20 cm de long qui grimpe sur le tronc jusqu'à la zone de coupe.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je l'attrape et le pose au sol alors qu'il s'est roulé en boule pour éviter de le couper puis je reprends mes coups de sabre et finis par tomber ce 2ième arbre qui libère un peu l'autre tronc qui descend encore un peu mais toujours pas de singe en vue. Je m'attaque donc à un troisième arbre qui retient encore mon arbre. A croire que ce singe veut vraiment me faire payer mon tir. Ma main est très douloureuse, la peau est partie à 4 endroits. Le temps passe et je tente de couper le plus vite possible, déjà presque 2 heures que je coupe des arbres. Entre 2 coups, il me semble entendre une voix puis je reconnais la voix de Xavier et lui répond. Il était dans son hamac au camp quand je suis passé chercher le sabre tout à l'heure et m'entendant taper depuis tout à l'heure il a décidé de venir à ma rencontre. Je le guide à la voix tout en finissant de couper le 3ième arbre.

L'arbre à terre, je recommence à pousser le gros tronc et parviens à le descendre encore un peu et recommence à en couper un bout. Quand Xavier arrive je lui explique la situation. Il décide de me remplacer pour terminer de couper le morceau du tronc qui en s'abattant au sol dégage cette fois le singe qui n'est maintenant plus qu'à 5 ou 6 mètres du sol. Xavier décide alors de couper une longue perche et parvient ainsi à dégager le singe qui tombe alors au sol. Je ramasse ma prise et nous rentrons, Xavier avance sans même consulter le GPS. En chemin Xavier entend démarrer un gros animal sans que nous puissions le voir. "Scarabée" tape au loin sur un arbre à contrefort et cri pour nous guider vers le camp. Nous finissons par arriver. Je suis exténué. "Scarabée" est dégoûté de me voir rentrer avec un singe : "tu as tué ton cousin !", "Je préfère être bredouille que d'avoir fléché un singe". Je suis loin d'être fier de ma prise et de ma mauvaise flèche et ces paroles finissent de me conforter dans cette amertume et de me faire encore plus regretter mon tir. Jamais dans ma vie d'archer je n'ai regretté à ce point d'avoir tiré un animal.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

En m'attendant, mes collègues ont déjà plié le camp et nous finissons de charger la barque avant de partir. Je quitte mon T-shirt trempé et enfile un sweet pour le retour. Je mets ensuite mon singe au frais dans la glacière avec les 2 aïmaras. Xavier pensait pouvoir chasser les cochons bois sur le retour mais il est déjà tard et il fera très vite nuit. Sur le chemin du retour, Xavier m'explique que bien que les singes soient chassables, il se bat depuis des années pour que ses amis chasseurs ne les tirent plus et m'explique également que les singes hurleurs ont un faible taux de reproduction et un fort attrait touristique et que leur présence en forêt permet de faire tomber des fruits pour les autres animaux et permet une dissémination des graines contenues dans leurs excréments. Je ne suis pas prêt de recommencer à tirer un singe. Xavier est tombé sur un secteur où les pécaris étaient passés peu de temps avant

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

mais il n'a pas réussi à les recouper, il a également vu beaucoup de traces de biche rouge dont une qui est venue manger des fruits à 50 mètres du camp pendant la nuit dernière. "Scarabée", de son côté a réussi à prendre une très belle photo du même lézard que celui que j'ai photographié sur le premier séjour,

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il a également trouvé de belles traces de tapir

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et a pu également photographier une très belle tortue charbonnière.

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Cependant, il n'a pas eu d'occasion de tir. La barque file sur le fleuve et j'ai l'impression que j'ai un peu plombé l'ambiance du séjour. "Scarabée" est silencieux à l'avant de la barque alors que le ciel se teinte de couleurs rosées alors que le soleil se couche peu à peu.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

La nuit finit par tomber et un très fin croissant de lune orienté vers le bas et accolé à une grosse étoile se lève. Je n'avais jamais vu un tel croissant de lune et une étoile si brillante et si proche de cet astre.

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La nuit noire s'installe et "Scarabée" doit éclairer l'avant de la barque pour surveiller les rochers. Nous arrivons au débarcadère éclairé par une très forte lumière produite par un éclairage situé sous le pont. Xavier nous explique que ce dispositif est destiné à piéger une sorte de papillon produisant une sorte de poudre très irritante pendant son volet provoquant la papillonite. Nous accostons et déchargeons nos affaires pour charger le pickup que Xavier part chercher. Ce soir "Scarabée" a prévu d'aller voir des amis à lui présents en Guyane et nous le laissons donc ici où ses amis vont venir le chercher. Xavier a décidé que nous allions aller faire une petite virée au caïman avant de rentrer. Nous partons donc tous les 2 pour un coin que Xavier connaît bien. Arrivés sur place, nous mettons la barque à l'eau et embarquons toutes les affaires pour éviter de nous les faire voler puis commençons à remonter le fleuve. Les nuages ont remplacé les étoiles et il tombe quelques gouttes par moment. Nous naviguons un moment sans voir de caïman puis en repérons un, je me prépare et me lève pour le flécher. Je ne vois pas s'il est gros, j'arme, allume ma lampe et commence à viser mais Xavier me parle et je comprends qu'il est trop petit. Je ne décoche donc pas et le caïman plonge, Xavier me demande pourquoi je n'ai pas tiré et je lui explique que j'ai compris qu'il était petit. Il me disait en fait de ne pas tirer s'il était petit mais il était bien plus gros que tous ceux que j'ai fléchés sur ce séjour. Je me rassoie dépité.

Un peu plus loin, Xavier repère un autre caïman posé sur la berge, tête orientée vers l'eau. Nous le dépassons sans qu'il bouge, je me prépare alors que Xavier manœuvre pour faire demi-tour. Il revient doucement sur l'animal qui ne bouge toujours pas. Je me lève, et arme mon arc puis allume ma lampe d'arc et prends la visée sur le saurien. Je laisse la barque se rapprocher doucement en pensant à ce que m'a dit Xavier. Nous ne sommes plus qu'à 2 ou 3 mètres du caïman et une fenêtre large s'ouvre au travers des branchages. Je décoche et touche ma cible qui plonge avec ma flèche. Je rembobine mon câble et décide d'accoster pour l'achever. Xavier avance le nez de la barque sur la petite plage de sable où je descends avec le sabre. Je remonte alors le caïman sur la berge, lui ferme la gueule avec la main, dégage ma flèche en dévissant la pointe puis lui tranche la nuque avec le sabre. Je lui scotche ensuite le museau, revisse ma pointe et remonte sur la barque en vérifiant bien que je n'oublie pas le sabre. Je cale le caïman entre la glacière et la coque de la barque.

Une pluie épaisse commence à tomber et il nous faut nous équiper de nos tenues pluie. Un peu plus loin Xavier repère un œil rouge à l'entrée d'une crique et me l'annonce avant de faire demi-tour. Je me prépare, nous rentrons doucement dans la crique sous une pluie battante en balayant le secteur avec les faisceaux de nos frontales sans voir le caïman quand, tout à coup, je l'aperçois contre la berge de gauche. Il est tourné face à moi et je ne vois que sa tête. J'arme, allume ma lampe d'arc, vise et décoche. Touché, le caïman plonge. Il sera plus facile de le maîtriser sur la rive, je demande donc à Xavier s'il peut me rapprocher du bord mais les troncs bloquent le moteur, je rame donc pour accoster.

Une fois à terre, je rembobine mon câble. Le caïman lute et zigzague sous l'eau avant de refaire surface contre la berge à mes pieds. Le câble est tendu, je l'attrape à la main pour empêcher le caïman de repartir. Xavier qui a vu que le reptile était piqué juste à une patte me dit de faire attention qu'il ne se dégage pas. J'attrape la flèche et la pique dans le sable pour ne pas prendre le risque de la voir se détacher. Le reptile se débat furieusement gueule ouverte et je cherche un bâton pour le lui faire mordre et en profiter pour lui fermer la gueule mais, le bâton trouvé, je n'arrive pas à le lui faire mordre. Xavier veut me faire passer le sabre mais je saisis le museau du caïman et le soulève puis retire ma flèche qui ne le tenais que par l'épaule en dévissant ma pointe.

Je relâche alors un peu ma garde et le caïman en profite pour se débattre et une de ses dents m'enlève un petit bout de peau au bout d'un doigt. Je ne l'ai pas lâché et lui ferme la gueule avec du scotch puis récupère le sabre et l'achève en lui tranchant la nuque. Je rembobine mon câble, revisse ma pointe et remonte dans la barque avec mon arc et le caïman que je pose sur un côté de la barque. M'apercevant que j'ai oublié le sabre, je fais demi-tour pour le récupérer puis nous repartons.

Plus loin Xavier repère un autre caïman, le plus gros de la soirée. Il est contre la berge de gauche et nous laisse passer. Xavier manœuvre alors que je me prépare. Je me lève alors que Xavier revient vers le caïman. Il est plein travers contre la berge. J'arme, allume ma lampe et prends la visée puis décoche sur lui à 3 ou 4 mètres mais je passe dessous. Il n'a même pas bougé, je rembobine mon câble mais ma flèche est plantée dans la rive et j'ai beaucoup de mal à la récupérer. Je décide de flécher le caïman à la flèche chasse mais Xavier m'en dissuade car il craint qu'on perde le reptile qui risque de couler. J'insiste donc pour récupérer ma flèche pêche et finis par faire plonger le caïman. Je lutte encore un instant car ma flèche qui finit par sortir de la berge s'accroche à une branche. Xavier m'annonce que le caïman est ressorti un peu plus loin. Il me rapproche et je dégage ma flèche.

Je me reprépare et nous recommençons une approche sur le caïman à nouveau plein travers. Je me lève, arme, allume ma lampe, vise et décoche de près mais le manque encore. Cette fois, il plonge rapidement et je récupère ma flèche sans comprendre comment j'ai fait pour manquer 2 flèches aussi faciles. Xavier m'annonce que le caïman est à nouveau en surface, je n'en reviens pas, il est complètement inconscient. Nous l'approchons doucement alors qu'il nage en surface pour se caler sur une branche qui descend dans l'eau. Il est calé et se présente de dos, dépassant de l'eau jusqu'aux épaules. Je vise au-dessus des épaules et décoche. Cette fois, ma flèche a touché le caïman qui plonge mais remonte vite en surface. Ma flèche a, pour la première fois, complètement traversé le reptile qui est enfilé sur le câble. Je tente de le ramener mais le câble est emmêlé dans les branches. Je finis par dégager le câble et ma flèche libérant le reptile qui s'avance en pleine eau sur le fleuve tout en restant en surface. Je rembobine mon câble mais il se débat furieusement et vient se caler contre la barque. Je décide de le laisser repartit et de le flécher avec une lame de chasse pour en finir. J'attrape la première flèche de mon carquois, c'est une lame mécanique, je décide de la tirer quand même. Le caïman qui s'est avancé un peu sur le fleuve est un peu loin. Je le ramène un peu en tirant sur le câble. Me redresse, arme allume ma lampe d'arc, vise et décoche le touchant comme je le voulais au cou. Ma flèche remonte en surface avec son encoche lumineuse rouge. Le caïman, qui a plongé, remonte un peu plus loin mais saigne beaucoup. Il tente de se maintenir en surface mais coule à pic.

Je le ramène avec mon câble et le remonte facilement sur la barque car il est mal en point. Il ouvre tout de même la gueule et je la lui ferme avec le rouleau de scotch avant de dégager ma flèche que je dois repasser au travers de l'animal en enlevant la pointe.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Je pose ensuite le caïman dans la barque et l'achève avec mon opinel puis revisse ma pointe et rembobine mon câble. Les 3 caïmans auxquels j'ai droit sont morts, nous rentrons. Sur le retour, nous ne verrons pas d'autre caïman. La barque sur la remorque, nous reprenons la route pour Kourou. Xavier repère un gros pian sur le bord de la route et me le montre. En arrivant chez Xavier nous retrouvons "Scarabée" qui est déjà rentré. Nous déchargeons les affaires et rangeons un peu puis je pars vider mon singe avant de le remettre au frais. Je m'occuperai de le préparer demain ainsi que mes caïmans.

Nous partons manger un bout, de bonnes ailes de poulets préparés par la Doudou de Xavier et le reste du pac du repas avec les chasseurs. La chasse m'avait fait un peu oublier ma main mais alors que, après ce bon repas, je pars me doucher le contact du savon sur la chair a vif est très désagréable.

Chroniques Guyanaises, dernier jour en forêt, 22 mars 2015

Ma douche terminée, je pars me coucher.

 

Alex

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 13:13

Cette nuit, il a beaucoup plu et les gouttes d'eau tombent encore des feuillages sur la bâche qui abrite mon hamac. J'ai dormi habillé pour ne pas prendre froid mais aussi pour sécher un peu mes affaires. Je me suis réveillé plusieurs fois pendant la nuit. Le jour commence à se lever, le camp est encore calme, j'en profite pour tenter de faire une prise d'ambiance avec mon caméscope que je pose sur son trépied près de mon hamac à l'abri des gouttes.

Je profite du calme pour me préparer et rééquiper mon arc pour la chasse. Je sors mon moulinet de pêche et remets mon carquois que j'équipe de 5 flèches, 2 avec des lames mécaniques "Rage Hypodermic", 2 avec des "Q.A.D Exodus" et une avec une blunt "Cut Edge" pour les oiseaux. Mes collègues se réveillent tranquillement. Nous partons déjeuner sous la bâche prévue à cet effet. Nous rediscutons de nos prises de la veille et je ne manque pas de me faire chambrer gentiment sur la taille de mes "lézards", il est vrai que le caïman de "Scarabée" est énorme par rapport aux miens.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Nous reparlons du fait que sa pointe de pêche est ressortie du caïman et je décide de lui prêter ma seconde "Steel Force Carp" en espérant lui éviter une nouvelle mésaventure. Elle ne se vise pas sur sa flèche pêche, je lui prête donc également ma flèche pêche de secours. Mon repas terminé, je décide de tenter de reprendre quelques photos de mes caïmans avant de les mettre au frais car les photos de nuit ne me semblent pas de très bonne qualité.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je les mets ensuite dans la glacière puis pars me préparer. J'enfile ma tenue 3D par-dessus mon pantalon camo et mon T-shirt à manches longues camo, ferme mes guêtres sous la tenue 3D pour me protéger des insectes et d'une éventuelle morsure de serpent, enfile mes gants et la cagoule camo 3D que je remonte sur mon front et ferme le scratch de mon décocheur. Il me faut prendre également un peu de petit matériel dans mes poches : boussole, GPS, opinel, cordelette, appeau à pécari et 3 barres de céréale au cas où. Je ne prends pas de sac à dos car ce dernier s'accroche partout en forêt et me fait perdre en discrétion, j'ai appris de mes erreurs de l'an dernier et ne veux pas les reproduire, je retournerais au camp pour boire si nécessaire. Je suis prêt, ce matin, j'ai décidé d'aller chasser de l'autre côté de la crique pour tenter de retrouver les pécaris vu l'an dernier dans le secteur.

Je pars en direction du tronc qui fait un pont naturel pour traverser la crique mais l'eau a beaucoup monté pendant la nuit et je dois prendre la barque et manœuvrer à la pagaie pour passer sous les branches de l'arbre qui barre l'entrée de la crique avant d'accoster contre la berge d'en face. J'attache, sur les conseils de Xavier et Daniel, la barque à l'avant  d'un côté de la crique puis à l'arrière de l'autre pour pouvoir m'en servir de passerelle et traverser la crique. Cette fois, ça y est, je pars chasser. Le beau temps est avec nous ce matin après les pluies de la nuit. J'allume mon GPS, enclenche la fonction pour revenir au camp puis éteins mon GPS. Le bord de la crique est assez dégagé et plat.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Daniel partira chasser sur le même secteur que moi mais en suivant le fleuve alors que je bifurquerai plus à gauche, alors que Xavier et "Scarabée" prendront le canoë pour aller chasser plus en amont.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

J'encoche une flèche et baisse ma cagoule pour commencer ma chasse. Rapidement, le relief s'élève et je commence à remonter vers le sommet de la colline. Je constate sur ma gauche que le grand arbre qui produisait des fruits orangés, que les animaux semblaient apprécier l'an dernier, est tombé en se cassant près de sa base, ouvrant une clairière dans la forêt. J'avance tout doucement en m'arrêtant dès que j'ai fait quelques pas quand, lors d'un arrêt d'observation, il me semble voir bouger quelque chose un peu plus haut, juste avant que ça ne disparaisse derrière un arbre. Je reste immobile, il me semble entendre le chant d'un hocco que j'ai entendu imiter par Xavier. Je finis par apercevoir le volatile à environ 20 mètres un peu plus haut, il piète au sol et regarde vers moi sans arriver à me voir tout en chantant : "hhmmm hhhmmm", il s'avance pour descendre un peu, se ravise, remonte, redescend, remonte... J'hésite un instant, j'ai une flèche encochée munie d'une lame Exodus. L'an dernier mes collègues ont perdu plusieurs oiseaux suite à des tirs à la lame de chasse, je décide finalement de changer ma flèche que j'échange pour ma flèche munie de ma blunt Cut Edge. Je commence à imiter le hocco. Petit à petit, il descend tout en restant à plus de 15 mètres sur ma gauche, il fait des allers-retours, dans une zone assez dégagée, entrecoupés de pauses durant lesquelles il se dandine sur place pour tenter de m'apercevoir. Il est maintenant à 15 mètres environ sur ma gauche et s'avance sans regarder vers moi.

Je ne cesse pas l'imiter. J'arme doucement mon arc, il fait toujours des va et vient et finit par s'arrêter mais la végétation ne me permet pas d'être sûr de ma flèche, je décide de ne pas tirer. Il reprend ses va et vient. Je désarme, il se déplace un moment puis stoppe à nouveau, je réarme mais toujours pas de vraie fenêtre de tir. Je désarme à nouveau et décide de tenter de me décaler un peu. Je monte très lentement de 2 pas et m'immobilise. Cette fois la végétation est plus ouverte. Le hocco continue son manège et remonte vers la fenêtre de tir. J'arme doucement, il vient se planter de face à environ 15 mètres et chante toujours alors que je l'imite encore. Je vise un moment son poitrail et décoche. Ma flèche le frappe avec un bruit mat d'impact. Elle est stoppée net à l'impact tournoie en l'air et retombe au sol alors que le hocco fait une pirouette spectaculaire et retombe sur ses pattes avec une aile pendante pour faire vole face et fuir en courant à toute allure avant de disparaître dans la végétation épaisse et basse un peu plus loin. Je m'avance rapidement sur le lieu du tir, me piquant au passage sur un palmier à longues épines noires et retrouve ma flèche au sol. Elle n'est pas équipée d'une encoche lumineuse et mon empennage noir et vert destiné au camouflage maximum ne m'ont pas rendu la tâche facile pour la retrouver.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Pas de sang sur cette dernière mais un peu de muscle sur la moitié avant du tube et 2 ou 3 plumes collée. D'autres plumes sont coincées dans ma Cut Edge. Je fais un point GPS de l'endroit du tir. Je n'ai pas traversé l'oiseau que j'ai très certainement tout juste éraflé au niveau du poitrail mais à qui j'ai certainement cassé une aile. Je récupère ma flèche et tente de suivre la direction de fuite du hocco mais pas le moindre indice de son passage. Je tente de suivre les coulées et de fouiller les zones salles mais sans succès. Je décide de laisser tomber pour l'instant et reprends ma progression. Un peu plus loin, je dérange un beau papillon qui se repose vite sur le tapis de feuilles mortes couvrant le sol. Je m'approche doucement et le prends en photo.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

En arrivant près du sommet de la colline, je marque une pause d'observation au pied de grands arbres, les moustiques commencent à m'assaillir quand un grand oiseau passe au-dessus des cimes en poussant un cri que je n'avais jamais entendu jusque-là. Je pense à un grand rapace mais n'arrive pas à le voir. Tout à coup, un bruit lourd de battement d'ailes suivit du bruit de quelque chose de lourd qui tombe au sol retentit. Je me tourne doucement et aperçois un beau hocco posé au sol à environ 12 mètres. Il pousse son cri d'alerte : "Pic pic pic...". J'arme doucement, vise et décoche. Ma flèche le frappe où je visais et l'oiseau s'envole d'un vol lourd et mal assuré sans arriver à prendre de la hauteur. Je le perds de vue un peu plus de 10 mètres plus loin. Je m'avance rapidement et retrouve ma flèche fichée dans un bout de bois pourri grâce à mon encoche lumineuse. Ma flèche a parcouru 6 ou 7 mètres après avoir traversé l'oiseau et est couverte d'un sang bien rouge et liquide, c'est bon signe.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Malgré mon atteinte qui semble bonne, le hocco n'a pas laissé de sang en s'enfuyant. Je fais un point GPS à l'endroit du tir, éteint mon encoche lumineuse à l'aide de la pointe de ma Cut Edge avant de remettre mes flèches au carquois et commence à m'avancer dans la direction de fuite estimée mais je ne trouve ni indice, ni hocco et commence à me dire que j'ai encore perdu un oiseau. J'essaie de me refaire la scène dans ma tête est me rends compte que je suis certainement parti trop à gauche Je pars donc plus à droite tout en cassant des branche dans le sens de la marche pour repérer mon passage quand je tombe sur mon hocco mort au sol. Il est mort quand je l'ai perdu de vue et n'a pas fait plus de 15 mètres.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je suis aux anges, d'une part le hocco à l'arc n'est pas un gibier facile à prélever et de plus c'est mon premier gibier prélevé à l'approche en forêt. Quelques photos souvenir

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

puis, je l'attache par le cou à ma ceinture à l'aide d'une petite cordelette puis repars en chasse. Cette réussite m'a motivé et je continue à avancer sur de courtes distances et à m'arrêter un moment pour observer.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

J'en profite pour faire un petit film pour capter l'ambiance de la forêt.

J'avance tranquillement sans faire attention à mon GPS ou ma boussole quand j'arrive au pied d'une colline dans un paysage étrangement familier. Un amas de branchage cassé encore vert m'interpelle, il me semble avoir vu ça ce matin en partant. Je comprends rapidement en regardant plus loin que j'ai fait une boucle et que je suis revenu à mon point de départ. La crique est à 30 mètres devant moi, je décide donc d'aller poser mon hocco au camp. Je traverse la crique en me servant de la barque, met mon volatile dans un sac plastique puis dans mon hamac dont je ferme la moustiquaire puis en profite pour boire un 1/2 litre d'eau avant de repartir en sens inverse pour reprendre ma chasse. Je remonte la première colline en baisant doucement à gauche et en reprenant mes pauses d'observation. Un peu plus loin, j'aperçois un bel oiseau dont la taille et la forme rappelle un peu une pie mais beaucoup plus coloré. Le dos et le dessus de la tête sont bleu métallique, la gorge jaune et le ventre vert. C'est un motmot houtouc. Mon appareil photo ne me permet pas de faire le point sur cet oiseau qu'il n'est pourtant pas à plus 15 mètres.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je finis par renoncer à ma photo nette après plusieurs essais. Je m'avance doucement, l'oiseau s'éloigne un peu sans paraître stressé et me regarde ensuite m'éloigner. Je multiplie les pauses d'observation sans voir autre chose que quelques petits oiseaux peu craintifs. Chaque arrêt est l'occasion pour les moustiques qui me suivent à l'odeur de me rattraper et me tomber dessus pour prendre un bon repas et nombre d'entre eux finiront écrasé sur mes mains ou mon visage. Ils sont beaucoup plus nombreux que l'an dernier. Je me poste un instant près d'un amas de troncs et de branchages morts tombés au sol. Assez rapidement, un mouvement m'interpelle près de l'amas, une forme sombre me fait penser au cou et à la tête d'une perdrix (tinamou) dont le corps serait caché derrière un tronc et je me prépare à monter mon arc quand je comprends qu'il s'agit de la queue d'un écureuil qui s'agite en dépassant du tronc. Le petit rongeur finit par démarrer et passe sur l'amas pour rejoindre un arbre et disparaître derrière son tronc. Je repars. Après avoir passé plusieurs collines je tombe sur des toucans qui se mettent à crier au-dessus de moi. Je reste un moment sur place à les observer mes ils restent discret et apparaissent juste furtivement. Je décide, faute de pouvoir les filmer de les enregistrer.

Alors que je repars, je fais s'envoler un peu plus loin un gros papillon de la famille des morphos. L'intérieur de ses ailes est bleu et noir et l'extérieur de couleur brune orné d'une gosse ocelle ressemblant à un œil. Le vol du papillon fait clignoter cette couleur bleue sur quelques mètres avant qu'il se repose. Je m'approche doucement et le prends en photo, l'une de ces ailes est tordue vers l'extérieur, très certainement un problème survenue lors de la sortie de la chrysalide.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je laisse ce beau papillon et continue mon chemin, les collines se succèdent sans apercevoir de gibier. Je décide de faire une petite pause vers 13 heures pour manger mes barres de céréale. En arrivant sur un sommet, je décide de me poster et de tenter d'appeler avec mon appeau à pécari. Une fois installé au pied d'un gros arbre, je commence à souffler dans l'appeau dont la puissance sonore permet d'appeler les animaux de très loin. Assez rapidement un bruit d'aile retentit derrière moi et en me retournant, je vois une sorte d'aigle noir au bec jaune se poser sur une branche à environ 10 mètres au-dessus du sol et 20 mètres de moi. Le rapace cherche la provenance des cris en hochant la tête. Je reprends mes cris pendant plusieurs secondes puis fais une pause pour écouter. Je recommence plusieurs fois la manœuvre. Le rapace cherche toujours à identifier la provenance des cris puis finit par s'envoler et se poser un peu plus loin et se remettre à scruter le sol. Je reprends mes cris. Après 2 ou trois séries d'appels, l'aigle s'avance encore et se poste en face de moi et fixe son regard dans ma direction.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Après plusieurs minutes passées à jouer avec ce rapace et ne voyant pas venir le moindre pécari. Je décide de quitter mon poste et m'avance doucement en direction du rapace qui me regarde un instant avant de s'envoler et de disparaître dans la canopée. Ma chasse reprend, toujours avec la même technique d'approche lente et de pauses d'observation. Un colibri brun vient me frôler près de mon oreille avec ce bruit caractéristique de vrombissement qui l'an dernier me faisait sursauter régulièrement, il fait le tour de moi puis s'éloigne. Ces petits oiseaux sont très curieux et viennent voir de très près à chaque fois qu'on s'approche un peu trop de leur territoire.

Ma marche me rapproche doucement d'une zone de végétation épaisse. Alors que je suis tout près de cette zone, une silhouette se débine au sol à environ 10 mètres dans le sale. J'ai juste le temps d'identifier un oiseau dans l'ombre, très certainement une petite perdrix. Je me fige et tente un affût sur cette zone pendant un petit moment. Rapidement un beau lézard de la taille de notre lézard vert métropolitain, de couleur verte et brune surgit de derrière un tronc tombé au bord de la végétation épaisse. Il se fige sur le tronc un instant pour profiter du soleil.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

après quelques minutes, il s'avance un peu sur le tronc puis s’aplatit pour se faire bronzer.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Le temps passe et rien ne vient, je décide de rentrer. Je rallume mon GPS, active le compas, passe ma boussole autour du coup puis identifie mon cap et commence à revenir vers le camp. Pas de gibier sur le chemin du retour. Il est très difficile d'être concentré à la chasse et sur la navigation en même temps et je fais pas mal de bruit en marchant, je décide de prendre au plus droit. Près du camp, une petite chenille toute fine et annelée qui avance sur une feuille de palmier qui avance en faisant des arches. Je pars chercher à nouveau mon premier hocco mais sans plus de résultat que tout à l'heure.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

De retour au camp vers 15 heures, je retrouve Daniel qui a arrêté de chasser avant moi, il a déjà dépecé mes 2 caïmans. Nous discutons de notre chasse, il m'informe qu'il a vu une belle tortue de terre mais n'a pas vu grand-chose d'autre. Je lui dis que j'ai fléché 2 hoccos mais que j'en ai perdu un. J'enlève ma tenue 3D, enfile des habits secs (T-shirt et pantalon), en profite pour retirer une tique qui s'était logée dans ma hanche sous ma ceinture et mets les mouillés par ma sueur et l'humidité de la forêt à sécher sur la corde installée à cet effet la veille et récupère mon hocco dans mon hamac pour le montrer à Daniel qui me propose de me prendre en photo avec ma prise. 

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Après avoir pris la pause, je fais une autre photo juste avec mon hocco et mon arc avant de commencer à le plumer puis de le vider.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Malgré sa taille, cet oiseau se plume très facilement sans l'ébouillanter. Je constate en le vidant que ma flèche lui a sectionné le haut du cœur, d'où sa fuite très courte. Une fois mon hocco nettoyé, je le mets dans la glacière. Je décide de tenter un coup de pêche au piranhas avec une petite canne à pêche qu'a apporté Xavier, j'accroche un bout d’entrailles du hocco sur un gros hameçon lesté par une petite olive de plomb et pars pêcher sur le fleuve entre des branchages des arbres mais les touches sont peu marquées et je finis par accrocher une branche au fond du fleuve et casser mon bas de ligne sans avoir vu le moindre piranhas. Xavier a oublié de prendre d'autres hameçons. Je pars ranger la canne et retourne voir Daniel. Le temps passe nous discutons tranquillement alors que l'heure tourne. Daniel décide de préparer un de mes caïmans pour ce soir. Il est bientôt 17 heures et nos collègues ne sont toujours par de retour. Il le récupère dans la glacière puis commence à le découper en morceaux sur la caisse qui nous sert de table à manger.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Une fois le caïman en morceaux dans la gamelle qui nous sert à cuisiner sur le camp

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

il commence la préparation d'une délicieuse fricassée qui nous régalera ce soir. Je demande à Daniel, s'il a besoin de moi et sa réponse négative me permet d'aller me laver dans le fleuve assis dans la barque avant de me poser un peu dans mon hamac pour pouvoir retirer mes chaussures mouillées depuis hier et dans lesquelles macèrent mes pieds depuis ce matin. Mes pieds sont tout flétris et commence à me faire mal, après un petit repos dans mon hamac et mes pieds secs, je mets des chaussettes sèches, la douleur est passée. Je rejoints Daniel toujours en cuisine. Des bruits de canoë se font entendre sur le fleuve. Nos collègues sont de retour et accostent sur le bras du fleuve près de mon hamac. Nous partons à leur rencontre. Ils sont bredouilles, Ils ont chassé ensemble car Xavier avait peur que "Scarabée" se perde avec son GPS. Ils ont tout de même levé des biches rouges et ont vu des traces d'animaux. Ils partent se laver au départ de la crique dans le fleuve puis nous prenons un petit apéro autour d'un sachet de cacahuètes, "jungle juice" (rhum maracuja) pour mes collègues et jus de fuit pour moi et discutons de notre chasse alors que notre fricassée mijote sur le réchaud à gaz posé sur notre petit plan de travail improvisé avec 2 planches posées sur une armature en bois de la forêt fixée à un arbre.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Pendant la cuisson du caïman, Xavier et Daniel débattent de la meilleure recette pour cuisiner cet animal. Xavier nous promet que le prochain caïman sera cuisiné par lui-même et sera encore meilleur que celui qui mijote aujourd'hui. Je pars enfiler mon sweet camo. La cuisson terminée, il est temps de déguster cette fricassée avec du riz et du couac (semoule de manioc).

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Le service terminé nous attaquons, c'est vraiment délicieux. Daniel pour le deuxième soir nous régale de son savoir-faire culinaire. Nous attendrons impatiemment la prestation de Xavier. La bonne humeur et la plaisanterie rythme ce bon repas puis des fruits viennent finir sur une touche sucrée ce festin. Nous partons ensuite pour la partie de chasse de nuit sur le fleuve. Les équipes restent les mêmes que la veille ainsi que les secteurs de chasse.

En partant, nous dérangeons la grosse grenouille rousse fidèle à son poste qui rentre dans le terrier. Xavier démarre la barque, nous partons en marche arrière, puis manœuvrons pour prendre le sens du courant, rapidement nous apercevons un œil rouge, je me prépare en arrivant près du reptile, j'arme, allume ma lampe et me prépare à tirer mais il s'agit du caïman que j'ai pris en photo dans la crique hier. Il est posé sur la berge sur une étroite pointe enherbée délimitée par le fleuve et l'entrée de la crique face au fleuve. Il est tourné vers l'eau, je désarme et il nous laisse passer sans bouger. Les caïmans suivant plongent rapidement sans nous laisser approcher. Xavier repère un premier pac sur la berge et décide d'accoster pour le poursuivre et tenter de le flécher. Il me dit d'éteindre ma frontale et de tenir la barque puis accoste et tourne un petit moment en forêt. Au bout d'un moment, je l'entends frapper sur un tronc à ma gauche puis il finit par revenir. Le pac s'était réfugié dans un tronc creux, hors d'atteinte. Xavier n'a pu voir que sa tête en l'éclairant au fond du tronc.

Un peu plus loin, Xavier repère 2 pacs dans la végétation épaisse du bord de la berge. Il m'en informe et manœuvre pour me permettre d'en tirer un. Nous nous approchons doucement alors que j'arme mon arc avec ma flèche pêche et me prépare à allumer ma lampe d'arc mais je peine à voir les animaux dans la végétation épaisse. Je finis par repérer les gros yeux rouges qui se débinent mais les animaux ouvrent et ferment les yeux en avançant et je n'arrive pas à prendre ma visée, ils finissent par disparaître derrière une petite bute de terre. Xavier s'éloigne un peu pour trouver une zone dégagée pour accoster et jette son dévolu sur une arrivée de crique mais seule la rive opposée est dégagée. Je retiens la barque pendant qu'il part en longeant la crique. Le temps passe, je rallume ma frontale et observe les petits poissons autour de la barque. Au bout d'un moment Xavier revient et m'appelle pour localiser la barque, je lui réponds et rallume ma frontale pour le diriger. Il a retrouvé les pacs mais il s'agissait d'une mère et de son petit et a décidé de les épargner je suis finalement content de na pas avoir eu une occasion de tir.

Nous repartons, les caïmans ne sont toujours pas très coopératifs, Xavier repère encore un pac et accoste à nouveau pour partir à sa poursuite. Je tiens la barque et éteins ma frontale. Il va le retrouver rapidement, il le tire une première fois sans succès puis une seconde fois alors qu'il se cache derrière un tronc. Le pac a plongé et la flèche qui a ricoché sur le tronc est passée au-dessus du fleuve en heurtant des branchages, me faisant sursauter car j'ai eu l'impression qu'elle est passée tout près. Je ne vois pas l'encoche lumineuse, Xavier revient et nous cherchons un instant sa flèche en longeant les berges avec la barque mais sans succès, elle est introuvable. En cherchant la flèche nous repérons le pac qui est remonté sur la berge. Xavier s'avance vers lui et le rongeur s'enfonce dans la forêt. Xavier accoste et repars en chasse mais encore une fois le pac s'est réfugié dans un tronc et il doit laisser tomber. Nous continuons un peu en descendant le fleuve sans pouvoir approcher un caïman puis faisons demi-tour pour rentrer au camp.

Au bout d'un moment, Xavier annonce un pac sur notre droite et alors que je le cherche du regard, j'entends une décoche et vois l'encoche lumineuse de la flèche qui vient de se ficher sous le pac qui était de face. Il déguerpit et Xavier accoste précipitamment sans couper le moteur resté en position neutre, je m'accroche à une racine alors que ma frontale est éteinte. Xavier qui a récupéré sa flèche s'est éloigné et le temps passe quand je me dis que je n'ai même pas regardé ou j'ai posé mes mains. J'allume ma frontale et constate que ma main droite est posé à quelques centimètres d'un beau scorpion à petite pinces, les plus dangereux d'après ce que m'avait dit Xavier. Il est calme, je le prends en photo avant de le faire déguerpir.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

En regardant autour de moi, j'aperçois également une grosse araignée sur le tronc à ma droite qui penche sur le fleuve.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Tout à coup, je sens que la barque s'éloigne du bord et dois m'agripper de toutes mes forces pour la retenir contre la berge. Le moteur en neutre est passé tout seul en marche arrière et tracte la barque vers le fleuve, je lute pour rester au bord et le temps passant mes bras commencent à se tétaniser, n'en pouvant plu. J'appelle Xavier et essaye d'attacher la barque à la racine. Il me répond et pensant qu'il y a un problème revient rapidement alors que je viens de réussir à faire le tour de la racine avec la corde d'amarrage sur laquelle je tire de toute mes force pour rapprocher la barque du bord. Xavier n'a pas vu le pac, il remarque que je saigne de la main en montant dans la barque. Je rince ma main alors qu'il reprend sa place à l'arrière de l'embarcation et constate que je me suis taillé le petit doigt sur le côté extérieur de la pliure de la première phalange et que j'ai une toute petite plaie qui saigne beaucoup sur le dos de la main au départ du petit doigt. Je n'y prête pas trop attention et nous reprenons notre chasse.

Nous finissons par repérer un œil rouge sur la gauche et tentons l'approche. Le caïman nous laisse approcher, Xavier qui le voit mieux que moi m'annonce qu'il est gros. Je me prépare, encoche ma flèche, vérifie mon câble, arme, allume ma lampe et laisse la barque se rapprocher puis décoche sans me lever mais ma branche basse d'arc frappe le bord de la barque et dévie légèrement mon tir. Juste assez pour que ma flèche passe à côté du caïman. Décidément, je suis maudit avec les gros caïmans. Je rembobine mon câble et vérifie que mon arc n'ait rien puis nous repartons. Le camp se rapproche peu à peu et nous sommes toujours bredouilles malgré tous les pacs que nous avons vu. Je suis tout de même content car je n'avais pas vu de pac jusqu'à présent à part en photo.

En arrivant à la crique où j'ai pris en photo le caïman hier soir nous apercevons un œil rouge, Je me prépare rapidement, arme, allume ma lampe d'arc et prends la visée, c'est le caïman de tout à l'heure, il n'a pas bougé. La barque avance droit sur lui, la végétation me gêne pour tenter une flèche et j'attends la fenêtre de tir qui se présente à 3 mètres de percuter la berge. Ma visée est calée sur la gorge de l'animal qui me fait face, je décoche touchant le caïman qui reste cloué sur la berge. Il se débat furieusement et s'en prend à ma flèche à grands coups de mâchoire. Je m'avance vite vers lui au bout de la barque et tire sur ma flèche pour que le caïman puisse partir à l'eau et arrêter de malmener mon fût qui craque dangereusement. Il plonge à l'eau avec ma flèche. Je me dégage des branchages, rembobine mon câble de pêche et tente de maîtriser le saurien en attrapant la flèche mais ce dernier s'acharne sur cette dernière qui craque dangereusement. Impossible de lui faire lâcher la flèche, je le maîtrise donc en lui fermant la gueule, à la main, sur ma flèche et le remonte dans la barque. Je parviens à dégager ma flèche dès qu'il réouvre la gueule puis mon câble pris dans sa mâchoire. Je lui entoure le museau de scotch et dégage ensuite ma flèche, qui s'en sort miraculeusement à peine éraflée, en dévissant la lame qui retenait le reptile juste par une patte avant au niveau de l'épaule. Cette année, j'ai changé de pointe de pêche, j'ai remplacé mes "Steel Force Gator" par des "Steel Force Carp", ces nouvelles pointes de pêches volent beaucoup mieux, planent moins et ont une meilleure pénétration dans l'eau de plus leur forme permet de harponner les caïmans qui ne peuvent plus s’échapper.

J'achève mon caïman d'un coup d'opinel derrière la tête et le mets dans la barque avant de rembobiner mon câble de pêche et de revisser ma lame de pêche. Nous rentrons au camp ou nous retrouvons nos collègues qui sont bredouilles. "Scarabée a manqué un pac avec sa flèche pêche et n'a pas pu flécher de caïman.

Chroniques guyanaises, première sortie en forêt, 15 mars 2015

Je vide mon caïman, le lave dans le fleuve et le pends pour l’égoutter. Je le mettrai au frai demain matin. Comme hier, je pars me coucher habillé. Je pends également mes chaussures mouillées à la corde à linge comme hier pour éviter d'y trouver un habitant à l'intérieur demain matin.

 

Alex

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 10:24

Jeudi soir, j'ai pris l'avion à Blagnac pour rejoindre Paris où j'ai dormi chez mes beaux-parents puis vendredi matin, ils m'ont déposé à Orly où j'ai retrouvé "Scarabée", lui aussi invité par Xavier mais que je ne connais pas encore. Nous nous sommes tout juste parlés quelques fois par téléphone mais c'est la première fois que je vais voir son visage. Il arrive alors que je prends un chocolat chaud au café de l'aéroport. Il fait très sérieux mais nos discutions téléphoniques me font penser qu'il n'y aura pas de souci. Nous partons donc tous les 2 pour l'enregistrement des bagages. A ma grande surprise, alors que l'an dernier ma valise Badlands était passée en hors gabarit, cette année elle est prise comme un autre bagage. "Scarabée", lui devra passer sa valise d'arc par un tapis spécial. Nous passons la douane ou j'ai droit à une fouille au corps puis partons attendre à la porte d'embarquement. Nous sommes un vendredi 13 et le départ est prévu à 13 heures, ça ne s'invente pas... bon ou mauvais signe, nous le sauront plus tard. Notre avion aura finalement un peu de retard. Après un vol sans encombre, ça me change par rapport à l'an dernier, nous arrivons à Cayenne vers 18h30, juste avant la tombée de la nuit, ce qui nous permet de voir la forêt amazonienne dans le soleil couchant avant d'atterrir. Nous récupérons nos bagages et retrouvons Xavier qui nous conduit chez lui alors que la nuit s'installe. Il revient d'un séjour en forêt où il a fléché 2 pécaris à collier mais où il a également été infecté par plusieurs vers macaques qui ont colonisés l'arrière de ses oreilles, son bras et sa joue. Le temps est couvert mais il ne pleut pas pour le moment. Daniel, un ami guyanais de Xavier nous rejoint chez ce dernier. Une bonne assiette de fricassée de caïman, nos affaires préparées pour le lendemain matin et nous partons nous coucher. La nuit sera courte car entre le décalage horaire de 4 heures et l'excitation de la chasse, je n'arriverai pas bien à dormir.

Le réveil sonne vers 6h30, nous nous levons, déjeunons et nous préparons avant d'attaquer de préparer le matériel pour notre première chasse en forêt. Il a plu pas mal cette nuit et il pleut encore ce matin. Nos affaires sont mises dans des touques pour les protéger de l'humidité. Nous les chargeons sur le pickup, chargeons les grosses glacières remplies de glace qui serviront à conserver le gibier et sanglons le canoë sur le toit du pickup.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Un gros crapaud buffle brave la pluie, dressé sur ses pattes, en bordure du chemin de terre sous un arbuste. 

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous attelons ensuite la remorque de la barque

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

et finissons de charger nos affaires. Les chiens de Xavier viennent nous saluer avant le départ et profiter de dernières caresses.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Vers 8 heures, nous sommes prêts à partir et le soleil ressort un peu avec le jour qui se lève.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous partons, en route, les averses se succèdent et nous devons faire une halte pour remettre le capot du moteur de la barque qui est en train de tomber.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Après 1 heure et demi de route, nous arrivons au débarcadère. La marée n'est pas encore très haute et l'eau basse a laissé apparaître la vase du fleuve ce qui va nous compliquer un peu la mise à l'eau des bateaux. Xavier recule pour mettre la barque à l'eau. Les roues de la remorque s'envasent et nous devons réavancer la remorque, mettre des planches sur la vase pour pouvoir reculer d'avantage et mettre la barque à l'eau. Des crabes violonistes sortent et rentrent de leurs petits terriers creusés dans cette vase.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous vidons ensuite le pickup et déposons le canoë au sol pour que Daniel puisse aller garer la voiture et la remorque près de la gendarmerie du village un peu plus loin. Nous entreposons touques, glacières et arcs dans la barque avant de mettre le canoë à l'eau puis Xavier l'équipe de son moteur. Nous finissons de charger nos affaires dans les embarcations puis attendons le retour de Daniel sous un véritable déluge. Au retour de ce dernier, grâce un automobiliste qui l'a pris en stop, nous nous répartissons dans les bateaux, Scarabée part avec Daniel dans le canoë et moi avec Xavier dans la barque. La pluie s'est calmée. Le moteur de cette dernière est plus puissant et nous l'avons beaucoup plus chargée. Nous prenons vite de l'avance en distançant le canoë.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Après un petit moment, Xavier ralentit et s'arrête pour attendre le canoë avant de prendre un raccourci, un petit bras coupant un lacet du fleuve.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Alors que le canoë arrive, nous prenons le raccourci

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

et ressortons un peu plus loin sur le fleuve pour reprendre notre progression rapide. Nous faisons régulièrement décoller des oiseaux, martins pêcheurs, hirondelles, anis quand un vol de flamant bois (ibis) prend son envol devant nous.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Un peu plus loin, un ani, posé sur un palmier penché au-dessus de l'eau décolle alors que nous passons sous lui. 

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Le fleuve est large pour l'instant et les obstacles quasi inexistants, la végétation de la berge varie en fonction des zones, les zone humides de marais sont reconnaissables à la présence de grands palmiers.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Petit à petit, le fleuve se resserre et de plus en plus de martins pêcheurs accompagnent notre route. Nous passons devant le second raccourci qui coupe un autre méandre du fleuve mais le niveau de l'eau est trop bas et nous décidons de poursuivre.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Alors que nous arrivons à l'autre bout du passage en suivant le fleuve nous attendons le canoë sur qui nous avons pris beaucoup d'avance et les interpellons alors que nous les voyons passer. Xavier dit à Daniel de tenter de prendre le raccourci avec le canoë. Il s'élance donc une première fois mais malgré les tentatives de "Scarabée" pour l'aider à la pagaie dans une eau très peu profonde, le canoë repart en arrière et nous rigolons avec Xavier de l'infortune de nos camarades. La seconde tentative sera la bonne.

Nous repartons et reprenons vite de l'avance sur le canoë avant de nous arrêter un peu plus loin sur une petite plage où nous avions déjà fait halte avec Christophe et Olivier l'an dernier après que j'ai loupé mon premier caïman. La pluie s'est complètement arrêtée.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Un carbé a été installé sur la bande étroite de terre dans ce méandre serré du fleuve. Nous nous dégourdissons un peu les jambes en attendant l'arrivée de nos collègues. Le ronron du moteur annonce le canoë qui finit par apparaître dans un virage un peu plus en aval.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Après une petite pause, nous reprenons notre chemin et apercevons une caurale soleil

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

et un, puis 2 aningas

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qui prennent leur envol à notre arrivée. Nous sommes vite pris sous un véritable déluge de quelques minutes.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Le soleil finit par réapparaître et un peu plus loin nous tombons sur notre premier obstacle infranchissable, un tronc coupé plus en amont et venu se caler contre la berge et à pivoté pour barrer le lit du fleuve à 50 ou 60 cm au-dessus de l'eau, trop bas pour passer dessous, trop haut pour passer par-dessus. Xavier n'a pas d'autre solution que de descendre à terre pour en tronçonner l'extrémité du tronc. Il commence à tronçonner mais se rend compte que la chaîne est montée à l'envers et me demande de lui passer la clé pour la démonter et la remonter à l'endroit avant de recommencer à découper l'arbre.

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Il finit par couper le tronc qui tombe à l'eau et manque de l'entraîner avec lui. Xavier remonte dans la barque et met les gaz pour passer par-dessus le tronc qui flotte juste en surface. Nous reprenons de l'avance sur le canoë qui nous avait rattrapés mais tombons un peu plus loin sur un énorme tronc qui nous barre à nouveau la route, impossible de passer dessus ou dessous.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Sur la gauche, un passage étroit a été ouvert à la tronçonneuse contre la berge, le canoë léger passe facilement juste en le tirant un peu.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Mais pour la barque c'est une autre histoire, Xavier commence à s'engager mais une avancée de sable derrière le tronc bloque notre progression. Je dois descendre de la barque dans l'eau jusqu'à mi-cuisse pour couper au sabre la végétation de la berge et faire pivoter la barque. Aidés par nos collègues nous finissons par faire passer la barque. Le reste du voyage sera presque trop facile, sans obstacle difficile à franchir. Juste un tronc que je n'ai pas vu assez tôt et sur lequel la barque s'est calée. Je dois descendre dans l'eau sur le tronc pour pousser la barque et Xavier en profite pour repartir. Mes collègues en canoë me récupèrent, alors que je manque de perdre l'équilibre et de tomber à l'eau, ils me ramènent vers la barque qui m'attend un peu plus loin.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Je reprends ma place dans la barque.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Le fleuve est maintenant beaucoup plus étroit et notre progression est accompagnée des martins pêcheurs et des chauves-souris qui s'envolent sur notre passage.

Tout à coup, Xavier m'interpelle, je me retourne et il me tend une gousse qui ressemble à une gousse de fèves mais un peu plus courte et un peu plus large. Je connais ce fruit qui pousse au-dessus du fleuve et pend souvent dans l'eau ou au ras de la surface, j'y ai déjà goutté l'an dernier. Ces gousses vertes jaunissent en murissant, en les ouvrant on tombe sur des sortes de haricots recouverts d'une pulpe blanche sucrée qui se détache de la graine quand on la suce, on recrache ensuite cette dernière. J'ouvre la gousse, prends 2 graisses et les mets à la bouche pour manger la pulpe et tends le reste à Xavier. Ce fruit est très apprécié des tapirs qui viennent le cueillir en nageant sur le fleuve. Un peu plus loin nous dérangeons encore une caurale soleil, cet oiseau réputé rare en Guyane mais que j'ai déjà vu plusieurs fois depuis ce matin. Il part se poser sur un tronc qui dépasse de l'eau puis s'envole à nouveau pour se poser un peu plus loin  caché par une branche basse.

Un oiseau décolle à notre approche et disparaît au loin, pensant qu'il s'agit de la caurale, je coupe mon film mais alors que nous arrivons tout près de l'arbre mort qui dépasse de l'eau, cette dernière s’envole juste à côté de moi pour rentrer en forêt et disparaître. 2 gros remous agitent le fleuve dans une zone de végétation dense en bordure du cours d'eau, très certainement des caïmans. Nous finissons par arriver au départ du petit bras de fleuve qui va nous conduire à notre futur campement, le même que pour le second séjour en forêt de 2014.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous arrivons en début d'après-midi à l'entrée de la crique où nous allons accoster. Un remous attire mon attention, quelque chose vient de plonger contre la berge de gauche, un caïman ou une tortue, je n'ai pas pu voir l'animal. Un arbre est tombé en travers du bras du fleuve et ses branches barrent l'entrée de la crique mais nous arrivons à passer dessous et accostons. Nous attachons nos embarcations et commençons à débarquer nos affaires. De nombreuses "grenouilles feuilles" sautent en tous sens devant nos pieds.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015
Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Je repère une belle araignée qui transporte sa boule d’œufs empaquetée de soies sur le tapis de feuilles mortes qui couvre le sol.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Nous regroupons nos affaires sur le camp puis commençons à monter nos emplacements. Chacun tend sa bâche par-dessus une corde reliant 2 arbres entre lesquels nous tendrons notre hamac. Puis aménageons notre espace. Je tends une corde à linge à l'abri sous ma bâche et fabrique un crochet avec une branche pour suspendre mon arc. Xavier, monté sur une touque pour attacher sa corde suffisamment haut va nous faire une belle chute qui n'aura heureusement pas de conséquence. Le camp a bien pris forme.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Je finis mon coin en tendant mon hamac.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

J'allume mon GPS, attends la réception satellite et fais le point sur le camp puis pars faire un petit tour de l'autre côté de la crique. Le tronc qui permettait de traverser l'an dernier est toujours là. Je traverse donc en marchant dessus. Je pars vers l'endroit où j'ai vu le remous en arrivant. En arrivant au bord du fleuve, j'ai juste le temps de voir le remous mais je n'ai toujours pas vu l'animal responsable de cette agitation. Après avoir fait juste un petit tour dans une zone dégagée près du fleuve et constater que le secteur est ponctué de nombreux terriers de pacs ou de tatou, je retourne sur le camp. Après un temps de repos, la nuit est tombée. Il est temps de se restaurer, un bon repas, une bonne blanquette de de capibara façon Daniel nous attend. Nous décidons ensuite de partir chasser sur le fleuve. Je prépare donc mon arc et l'équipe du moulinet, de ma flèche de pêche et de ma lampe d'arc à faisceau vert pour la tester puis prends ma frontale. Je troque mon T-shirt à manches longues pour un sweet plus chaud mais surtout plus protecteur contre les piqûres de moustiques mais aussi de guêpes que la lumière de nos frontales attire souvent comme un aimant. Je jette un coup d’œil sur le fleuve et aperçois un œil rouge dans le faisceau de ma frontale. C'était donc un petit caïman qui a plongé tout à l'heure.

Je pars avec Xavier en barque pour descendre le fleuve alors que Daniel et "Scarabée" vont le remonter en canoë. Je prends également mon carquois d'arc où j'ai remplacé 2 de mes flèches de chasse par des flèches équipées de vielles lames cabela's qui me serviront, si nécessaire à achever mes caïmans d'une flèche dans la nuque. Mes autres flèches sont équipées de lames neuves au cas où nous croiserions d'autres animaux sur les berges du fleuve. En partant vers la barque nous apercevons une grosse grenouille rousse à l'entrée d'un terrier abandonné de pac au bord de l'eau, ses gros yeux brillent en rouge, elle rentre dans le terrier à notre approche. Nous embarquons et partons en marche arrière en nous baissant pour passer sous les branches de l'arbre tombé en travers de la crique puis prenons le sens du courant. Le petit caïman plonge à notre départ, arrivés sur le lit principal du fleuve nous ne tardons pas à voir les premiers yeux rouges. Les premiers caïmans sont craintifs et plongent rapidement au moindre bruit.

Nous devons slalomer entre les troncs morts qui encombrent le lit du fleuve et éviter les troncs immergés que je tente de signaler à Xavier quand je les vois. J'aide Xavier qui s'occupe du moteur à l'arrière en essayant de diriger la barque à la pagaie à l'avant. Malgré nos précautions nous heurtons régulièrement des troncs, faisant du bruit et faisant parfois plonger les caïmans. A chaque fois que nous repérons un œil, il me faut poser la pagaie, prendre mon arc posé devant moi, encocher ma flèche de pêche, vérifier que le câble est correctement mis en place, allumer la fibre de mon viseur, positionner l'interrupteur de ma lampe d'arc sur la poignée d'arc et tout ça sans heurter la barque avec mon arc ou ma pagaie et en essayant de ne pas trop éclairer la barque pour ne pas nous faire repérer. De plus, le courant nous entraîne vers les caïmans et il me faut faire très vite pour avoir le temps de viser et décocher. Finalement un premier caïman se laisse approcher. Je me prépare rapidement perdant un instant de vu l'animal. Une fois prêt, je tente de l'apercevoir à nouveau alors que nous sommes tout près, Xavier ne le voit plus non plus. Tout à coup, je l'aperçois, il est contre la berge et me tourne le dos, ces yeux ne sont donc pas visibles mais c'est la position que je préfère car elle tolère les erreurs de tir verticales. J'arme, allume ma lampe d'arc, vise et décoche. Le caïman touche au cou plonge en se débattant.

Je tente de le ramener un instant mais n'arrivant pas à le maîtriser, je décide de descendre à terre pour l'achever. Je rembobine mon câble et le caïman finit par venir se caler contre la berge, tête vers la forêt, j'encoche une flèche d'achèvement, arme vise en essayant ne pas toucher ma flèche pêche et décoche. Atteint au cou, le caïman plonge. Je n'ai pas touche les vertèbres mais cette flèche l'a tout de même affaibli. Je le ramène grâce à mon câble et après un petit moment de lutte, je finis par lui fermer la gueule à la main, dégage ma flèche pêche en dévissant la pointe et lui entourer le museau avec du scotch que j'avais pris dans ma poche. Xavier me fait passer le sabre pour l'achever d'un coup à la nuque mais je préfère l'achever avec mon opinel que je lui plante derrière la tête. Je revisse ma lame de pêche et rembobine mon câble. Je retrouve ma flèche plantée contre la berge juste avant un gros amas de végétation qui m’aurait rendu la recherche impossible. Je remonte dans la barque avec mon arc et mon caïman. Nous repartons en chasse et finissons par approcher un nouveau caïman un peu plus loin mais le temps de ma préparer la barque a dérivé et fonce, poussée par le courant, droit sur le caïman qui est sous des branches basses qui rendent le tir difficile. J'ai juste le temps d'armer, allumer ma lampe, viser et décocher au coup de bras alors que la barque passe à 50 cm du caïman dont seule la tête, tournée face à moi, dépasse de l'eau. L'action s'est passée en un éclair et je lute maintenant dans les branches pour ne pas tomber à l'eau. Une fois la barque dégagée, je commence à rembobiner mon câble.

Je n'en reviens pas, j'ai touché mon caïman qui se débat au bout du câble, le tir était quasi impossible. Ma flèche est rentrée dans le museau et ressort dans la gorge. Xavier me dit de prendre le sabre pour l'achever mais je me rends compte que je l'ai oublié sur la rive tout à l'heure. Aidé par ma flèche je n'ai pas trop de mal à fermer la gueule de mon caïman. Je lui dégage ma flèche pêche en dévissant ma pointe et en maintenant fermement sa gueule fermée dans ma main, j'entoure son museau avec quelques tours de scotch. Je constate alors qu'il lui manque le bout d'une patte avant, coupée au niveau du poignet, mais que cette blessure ou malformation est parfaitement cicatrisée. Impossible de trouver mon opinel, Je le pose dans la barque pendant que je revisse ma pointe de pêche et rembobine mon câble mais il court en tous sens et tente de sauter par-dessus bord. Je l'attrape et l'achève donc en lui tapant la tête sur le bord de la barque et le remets dans la barque. Nous décidons de faire demi-tour et de partir chercher le sabre. En route, le caïman que je pensais mort se réveille et je dois le frapper à nouveau à la tête, cette fois, il ne s'en remettra pas. En chemin, nous apercevons un gros caïman dans des branchages près de la berge. Nous tentons une approche, je me prépare, arme, allume ma lampe, tente de viser au travers des branchages et décoche mais manque la caïman qui positionné plein travers ne laissait voir que sa tête. Le tir était compliqué mais je suis un peu déçu car c'était le seul gros caïman que je pouvais flécher ce soir, nous l'avions vu plonger en descendant tout à l'heure. Je rembobine mon câble et récupère ma flèche. En remontant nous finissons par retrouver le sabre posé sur la berge.

Un peu avant le camp, nous repérons un œil rouge dans une crique sur la gauche du cours d'eau et nous avançons. Xavier me dis de ne tirer que si c'est un gros caïman. Ce dernier est posé sur la berge, tête vers l'eau et nous laisse approcher sans bouger. J'arme, allume ma lampe et vise, je demande quoi faire à Xavier mais il me dit de le laisser, il est plus gros que les 2 autres mais pas assez gros. Je désarme. Nous passons juste devant lui sans qu'il ne bouge. Nous faisons demi-tour un peu plus loin et repassons devant la caïman qui ne bouge toujours pas. J'en profite pour le prendre en photo.

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

Il finit par plonger. Nous rentrons. Sur le bras du fleuve qui nous mène au camp, le petit caïman d'environ 70 cm plonge devant nous quand Xavier m'interpelle pour me montrer 1 puis 2 tous petits caïmans posés sur la berge qui nous laissent passer sans bouger. Nous accostons dans la crique, la grosse grenouille, qui était ressorti, regagne sa tanière, le canoë n'est pas encore rentré. J'en profite pour faire des photos de mes caïmans

Chronique guyanaise, départ pour la forêt, 14 mars 2015

avant de les vider et de les pendre pour les laisser égoutter cette nuit avant de les mettre au frais demain matin dans la glacière. Ne voyant pas arriver nos collègues, nous partons nous coucher dans nos hamacs. Ils finissent par arriver. Leurs éclats de voix en disent long. Daniel lance un : "Qui c'est le papa ?".  Je me lève pour aller voir le résultat. "Scarabée" a fléché un magnifique caïman mâle qui affichera 24 kg au peson. C'est un record à l'arc pour le secteur, ceux fléchés l'an dernier n'atteignaient pas ce poids malgré leurs belles tailles. Le bout de la queue du caïman est manquant et cicatrisé et il possède un entaille récente de 4 ou 5 cm à la hanche. "Scrarabée" nous raconte sa soirée : "Quelques yeux rouges seront visibles mais le manque de rapidité dans ma préparation avec cette flèche et ce moulinet de pêche m’empêcheront de décocher.

Au détour d’un abatis, deux points rouges «s’illuminent» mais les branches ne me permettront pas de lâcher le tube. Il me faudra sortir du canoé pour progresser sur le tronc immergé jusqu’à trouver une fenêtre de tir. Le manque d’habitude me fera perdre encore du temps pour savoir de quel côté se trouve le corps de l’animal, mais le fil se délove et le «croco» se débat. Après une bagarre de plusieurs minutes avec l’aide de Daniel débarqué également, le saurien se libère laissant libre la bobine. Dégouté que je suis, mais Dan me rassure en me disant qu’il finira par remonter et effectivement cinquante mètres plus loin en aval, les yeux réapparaissent, nous obligeant à reprendre l’embarcation. L’approche à la pagaie nous permettra de le doubler et cette fois de le remonter à bord en lui apposant un lasso et un scotch sur le museau. Sur le chemin du retour nous verrons un autre très beau spécimen mais qui ne se laissera pas harponner". Daniel s'est blessé en essayant de maîtriser ce beau reptile, il nous montre son mollet, le caïman, en se débattant alors que son museau était déjà entouré avec du scotch, lui a fait une entaille de 4 cm de long, sur le côté du mollet, en le touchant avec l'une de ses dents qui dépasse de la mâchoire. Nous partons nous coucher.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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