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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 07:45

Dimanche soir, vers 19h30, je me décide à aller faire un tour sur un nouveau territoire ou j’ai réussi à avoir un bracelet en tir d’hiver.

Arrivé sur place, j’aperçois un beau brocard entrain de brouter paisiblement en bordure du bois, il se tourne et se met face au vent. Il me tourne le dos, je me serre contre le bois et je commence mon approche, il est à 200 mètres environ mais une faute d’inattention me fait marcher sur une brindille un peu trop bruyante. Je suis repéré, un chevrette sort du bois d’en face et se dirige vers mon brocard en faisant de courtes pauses pour brouter quelques touffes d’herbe tandis que le brocard me regarde par-dessus son épaule durant quelques secondes avant de partir en faisant de grands bons en entraînant la chevrette vers la sécurité du bois.

Je décide de prospecter l’intérieur du bois pour voir s’il est fréquenté par les sangliers, il a plu tout samedi et les traces doivent être bien visibles. Malheureusement, 40 minutes de marche ne me font pas espérer grand-chose. Pas une trace, pas un arbre couvert de boue, aucun indice de présence et a luminosité commence à tomber.

Je ressors en bas du bois et remonte par le talus boisé en face de moi pour arriver sur un chemin forestier que je décide de suivre pour retourner à la voiture.  

Mais alors que le chemin débouche sur un chaume de blé, je tombe nez à nez avec un deuxième brocard plus jeune que le premier mais qui m’a repéré bien avant que j’ai eu le temps de faire un seul mouvement. Il me fausse compagnie, rapide comme l’éclair, après m’avoir toisé un court instant. Je le regarde s’éloigner puis je reprends ma marche.  

200 mètres plus loin un troisième brocard se détache sur l’horizon, il avance lentement vers le chemin sur lequel je suis. Il va le traverser si je ne l’intercepte pas avant. Je profite d’un moment où sa tête baissée est cachée derrière un grosse touffe d’herbe pour faire une approche rapide sur environ 150 mètres pour atteindre une petite haie qui borde le chemin de terre pour venir mourir à 5 mètres de l’endroit par lequel je pense qu’il va passer pour traverser.

Le dos voûté, l’œil fixé sur mon brocard, je progresse rapidement vers le bout de la haie où je marque une petite pause le temps que mon brocard se remette à brouter. Ça y est, il broute, je fais 10 mètres de plus, voûté, pour me positionner à genoux sur le bord du champ. La courbure du terrain ne me permet plus de voir que le dos du chevreuil qui se rapproche lentement en me faisant voir par intermittence ses jolis bois.

J’accroche doucement mon décocheur, il n’est plus qu’à 10 mètres, je le vois maintenant dans toute sa splendeur, mais alors que je lève doucement mon arc dans sa direction il tourne brutalement la tête dans ma direction. Il ne semble pas me voir et je ne bouge pas d’un millimètre. Je commence à calculer mon angle de tir et à visionner mon point de visée. Il me tourne la tête pour regarder derrière lui et j’en profite pour armer mon arc. Son épaule, mon viseur, ma visette et mon œil sont alignés. 

Il se remet à brouter et c’est là que ma flèche part pour le frapper au milieu de son repas au niveau de l’épaule dans un bruit d’os étrange qui me surprend un peu et m’inquiète, c’est la première fois que ça m’arrive. Dans l’action je n’ai pas  vraiment vu le point d’impact. Mon chevreuil détale à grandes enjambées vers le bois en contre bas.

Je ne bouge pas alors que je le vois disparaître dans le pré de l’autre côté du chemin. J’attends là en écoutant chaque bruit qui pourrait me renseigner, mais rien, peu confiant sur le résultat de mon tir, je laisse s’écouler les minutes qui me rapprochent de la nuit et maintenant je ne vois plus assez pour faire ma recherche.

Je pars donc chercher une lampe torche et je reviens rapidement sur les lieux, 30 minutes se sont écoulées, le terrain humide doit avoir marqué sous le sabot de mon chevreuil au moment où il a traversé le chemin mais je vais faire 10 aller-retour sur le chemin sans rien voir et surtout sans voir la moindre goutte de sang ce qui commence à sérieusement me tracasser. Puis, comme une apparition dans la nuit noire, le faisceau de ma lampe tombe sur une trace. Je me penche et là, je la vois, une goutte de sang pas plus grosse qu’une tête d’épingle à 5 cm du pied de chevreuil. Je décide alors d’essayer de voir si la piste de mon chevreuil est visible. Je descends dans le pré à 4 pattes et je commence à trouver de petites gouttes de sang clair. Je reprends confiance bien que la tache soit ardue (suivre une piste à la lampe torche). Tout à coup, je bloque et reste près de 5 minutes sur la même goutte sans trouver la suivante.  Je finis tout de même par la trouver, la piste devient alors de plus en plus importante et me mène au bord du bois. Une traînée sanglante de 10 mètres de long sur 10 cm de large conduit à une coulée où mon chevreuil repose à 2 mètres du bord du bois. Ma flèche a tapé l’os de la patte avant (ce qui explique le bruit d’os) et a dévié vers le bas du cou. Je verrais plus tard que les deux poumons sont touchés très légèrement. Mon brocard a fait 80 mètres.

Brocard du soir, 30 septembre 2006

Alex

 

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Brocard du soir, 30 septembre 2006

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Brocard du soir, 30 septembre 2006

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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 07:21
Mon premier brocard en tir d'été, 28 juin 2006

Cette année, pour ma deuxième saison de chasse dans le Gers, j’ai réussi à me procurer un bracelet pour tirer un brocard en tir d’été ce qui n’est pas chose facile dans le département depuis que certaines organisations monopolisent tous les tirs d’été pour les revendre à des tarifs exorbitants à de riches chasseurs étrangers pour la plupart.    

Mon bracelet est attribué à une société privée sur la commune de Pavie dont le territoire est composé de deux exploitations agricoles éloignées de quelques kilomètres, j’ai commencé ces deux dernières semaines à explorer la partie la plus proche de chez moi mais la population de chevreuils semble y être plus que réduite (beaucoup de prés fauchés, peu de bois), nous avons donc prévu, avec le président de la société, cet après-midi, d’aller faire un tour sur la deuxième partie du territoire. J’enfile donc ma tenue des grands jours, j’embarque mon Hoyt Ultramag et nous voilà parti.      

Dès notre arrivée, le territoire me plait, un bois de sapins, un bois de chênes, des cultures (tournesols et orge) et des prés en jachère non fauchés. Cet environnement me semble plus propice pour réussir une belle approche. Après avoir fait le tour de tout ce qui pouvait se voir en voiture nous descendons au bord d’un champ de tournesols pour que M. MILHAS finisse de m’expliquer les limites du territoire.

Nous sommes en train de nous étonner de l’absence de chevreuils dans notre champ de vision quand un magnifique brocard surgit du bois d’en face, je retourne rapidement à la voiture et empoigne mon arc pour tenter une approche. Il est bien à 200 mètres, le champ en pente descend jusqu’à la lisière du bois, je commence par me décaler  d’une cinquantaine de mètres sur ma gauche pour me retrouver à bon vent, il souffle à ma droite, plein travers, une vraie bénédiction.    

Je parcours les premiers 100 mètres assez rapidement tout en essayant d’être le plus discret possible. Mon brocard s’avance dans le tournesol, je ne vois plus que sa tête mais déjà à 100 mètres, je peux dire que ses bois sont vraiment splendides. Je commence alors une approche très lente, le dos voûte pour éviter d’attirer son attention car il est tourné face à moi. Je profite de chaque instant où sa tête disparaît dans le tournesol pour faire quelques pas.

Je finis par me retrouver à 50 mètres de mon brocard, je suis accroupi au bord du champ de tournesol qui fait un L à cet endroit, je suis juste dans le coin intérieur du champ et mon brocard vient droit vers moi, lentement mais surement, ses bois sont magnifiques, très sombres avec de belles pointes blanches. Mon cœur se met à battre de plus en plus vite, mon décocheur est accroché, mes bras prêt à armer d’un moment à l’autre. Je tremble comme une feuille. Il approche, il n’est plus qu’à 25 ou 30 mètres.

J’arme, aligne ma visée et j’essaie de me calmer quand mon brocard qui avançait vers moi bifurque brutalement pour s’enfoncer sur ma gauche au milieu des tournesols où seuls quelques mouvements espacés des grosses fleurs jaunes m’indiquent sa présence. La végétation est trop haute et je ne le vois plus du tout, je désarme.    

Après quelques secondes d’attente, voyant qu’il s’éloigne toujours d'avantage, je décide d’aller me remettre à bon vent car, si son mouvement se poursuit, je vais me retrouver à lui envoyer mon odeur.  

Je parcours donc très lentement 40 mètres vers la gauche et c’est alors que je m’aperçois que mon brocard s’est volatilisé, plus un mouvement dans le tournesol. Je décide alors de traverser la barre du L pour me retrouver en bordure du bois. Pour ne pas faire trop de bruit ma progression est lente, très lente et à mon arrivée en lisière de bois toujours rien. Je retourne donc lentement vers la droite en jetant un coup d’œil au président resté immobile en haut du champ, il me fait signe qu’il est devant moi au milieu du champ mais je n’arrive pas à le voir.

Je rentre donc à nouveau tout doucement dans ce champ mais mon brocard c’est définitivement volatilisé. Perdu pour perdu, alors que je suis en plein milieu du champ, je décide de lancer quelques longs sifflements pour tenter de l’apercevoir une dernière fois mais toujours rien, il n’est plus là. Je remonte donc vers le président tout en regardant dans tous les sens et au moment où j’arrive à sa hauteur j’aperçois mon animal qui sort tranquillement des tournesols dans la jachère complètement à droite du champ.

Il revient sur la gauche et rentre dans le bois. Il me semble que le bois est coupé à 10 mètres de la lisière par une bande d’herbes, je retourne donc très vite sur mes pas pour tenter de l’intercepter en longeant cette bande d’herbe, un passage dans la bande de bois me permet d’accéder à cette bande d’herbe que je croyais continue mais, à ma grande déception, je me rends compte que le bois de sapin l’interrompt en son centre. Je dois donc le traverser, les branches basses sèches sont très cassantes ce qui ne facilite pas mon approche mais je finis par retomber sur la bande d’herbe.

Des bruits de pas viennent vers moi dans la bordure du bois. Je pense naturellement à mon brocard mais alors que ces pas se rapprochent de plus en plus et que mon cœur recommence à s’emballer, je comprends en entendant ce souffle rauque qui les accompagne que c’est certainement un sanglier. En me retournant, je m’aperçois que les sapins sont marqués par le frottement répété de certains sangliers ce qui les a totalement dépourvu de leur écorce, sachant que sanglier et chevreuil ne font pas bon ménage, je comprends vite qu’il est vain d’espérer voir ressortir mon brocard. Ce sanglier n’est vraiment pas loin juste quelques mètres de végétation dense nous séparent mais le sanglier n’étant pas ouvert pour le moment, je m’éclipse doucement en me disant que ce n’est que partie remise.

Je retourne au passage sans prêter attention au bruit de mes pas pensant que la chasse est terminée pour aujourd’hui. Mais, juste au moment où je rentre dans le champ de tournesol, j’aperçois un brocard filant à toute allure et faisant de grands bonds au-dessus des pieds de tournesol. Il file droit vers le président qui s’est assis en m’attendant. Il va lui rentrer dedans et ce dernier ne l’a apparemment même pas encore remarqué, mais il oblique brusquement et entame une boucle qui le ramène vers la lisière du bois.

Il marque un arrêt, 2 bonds puis un autre arrêt puis il se met à avancer doucement sous le couvert végétal.

N’ayant plus rien à perdre, je m’élance à toutes jambes vers l’endroit où je pense le voir sortir du champ, je m’arrête net en voyant les tournesols bouger à seulement 30 mètres devant moi, mon chevreuil se rapproche doucement. Curieusement cette fois je reste très calme. J’arme mon arc, il est à moins de 10 mètres et vient de s’arrêter, mon viseur se pose sur son coffre et ma flèche part déjà pour le frapper en plein travers dans un bruit très sourd. 

A cet instant je sais, je sais qu’aujourd’hui j’ai prélevé un brocard à l’arc, pas aussi beau que le premier que j’ai vu mais il est tout de même magnifique à sa façon, il ressemble curieusement à un de mes dessins. Mon chevreuil part dans un bruit de feuilles et de petit bois qui casse, fait une boucle dans le champ puis plus rien. En moi-même je me dis c’est bon, il y est et je fais de grand signe au président qui comprend de suite et qui commence à venir me rejoindre.

Sûr de moi, je commence immédiatement à suivre la piste bien visible de sang noir. le président vient vers moi alors que j’arrive à l’endroit où je crois mon chevreuil mort mais à ma grande surprise, il a bifurqué sans que je le vois et est rentré au bois.

En voyant un feuille de tournesol en bordure du champ couverte de sang mélangé à du contenu stomacal, je commence à paniquer, je me dis « ce coup-ci, tu as vraiment déconné, tu as certainement perdu ton chevreuil ». Mais c’est alors que je l’aperçois, il est là juste à l’entrée du bois, immobile et bien mort. Il a parcouru 50 mètres, ma flèche a touché le foie, les deux poumons très légèrement et sectionné l’entrée de l’estomac. Après la pose du bracelet et une fois les honneurs rendus, il ne reste plus qu’à rentrer. En remerciant dame nature pour sa générosité et pour ces belles images de chasse.

 

Alex 

Mon premier brocard en tir d'été, 28 juin 2006

Atteinte :

Mon premier brocard en tir d'été, 28 juin 2006

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Mon premier brocard en tir d'été, 28 juin 2006

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 07:57

Depuis samedi dernier, j'ai récupéré deux nouveaux bracelets pour tirer le chevreuil à l'approche avec autorisation de tirer le sanglier sur Traversères, une bonne partie de cette commune n'est pas autorisée à la chasse à cause de mésententes avec des chasseurs de sangliers, vu que, par mon travail, j'ai rencontré une propriétaire qui ne veut pas de chasseur sur ses terres, je lui ai demandé l'autorisation de chasser seulement à l'arc et elle m'a donné son accord. Je me retrouve donc être le seul chasseur sur une enclave de 35 hectares au milieu de 300 hectares non chassables avec des sangliers et des chevreuils en grand nombre.

Après un repérage du territoire ce weekend, je pars faire un tour à l'approche ce mercredi matin. Je gare ma voiture près des habitations et j'attends le lever du jour, le ciel est dégagé, il a gelé cette nuit. Vers 8 heures, je commence à me préparer puis pars en direction des bois. Un pré en crête du coteau s'étend derrière la ferme, bordé par un bois en forme de U. Je n'ai pas fait 150 mètres dans le pré que je me retrouve à découvert à 60 mètres d'un chevreuil couché au milieu de la prairie. Je suis repéré, il prend la fuite.

Je continue et arrive en lisière du bois ou cette fois deux chevreuils prennent la fuite en aboyant, il va me falloir ralentir le rythme de ma progression. Je rentre dans le bois sur une coulée très fréquentée que je suis pour me frayer un chemin au milieux des épines, ma progression et lente et j'essaie, tant bien que mal, de la rendre la plus silencieuse possible.

Je m'enfonce de 70 mètres environ dans le bois quand, alors que j'écarte un genévrier pour passer, un gros sanglier se lève à 5 mètres devant moi, je lâche le genévrier et tente d'encocher une flèche quand un deuxième se lève pour prendre la fuite. Ils viennent de disparaître dans le fourré en contrebas sur ma gauche quand, sur mes arrières, un bruit de pas me fait me retourner, un sanglier de 65 kg environ, remonte le penchant de droite et rejoint la coulée sur laquelle je progresse puis, le poil hérissé, il commence à suivre mes traces. Il se rapproche en grognant, j'arme mon arc alors qu'il devient menaçant, il est à 10 mètres environ, je ne comprends pas sa réaction, il ne fuit pas et se rapproche encore, il est à 5 mètres maintenant, de 3/4 face.

Sans trop réfléchir, je vise l'avant de l'épaule et lui décoche une flèche qui pénètre au 2/3, il fait volte-face et tourne en rond avant de s'éloigner dans les fourrés. Le bruit de sa fuite cesse, j'ai juste le temps d'encocher une nouvelle flèche quand il fait demi-tour et revient droit sur moi au trot, je ne vois plus dépasser mon empennage. J'arme mon arc et d'un mouvement brusque vers l'avant je détourne sa route, il se présente alors plein travers à quelques mètres. Je décoche au coup de bras, ma flèche l'atteint plein poumons. Il fait environ 5 mètres et se couche à vue avec une respiration très forte et sifflante.

Je n'ose pas trop m'approcher malgré mon poignard de belle taille. En moi-même je me dis qu'il va bien finir par rendre l'âme. Des petits marcassins de 2 ou 3 kg arrivent alors à mes pieds en couinant, ils tournent un court instant puis s'éloignent. Je comprends alors le comportement du sanglier que je viens de flécher qui est en fait une laie, elle voulait certainement défendre ses petits. Tout à coup, sur les traces de mon premier sanglier, un deuxième arrive en grognant, j'arme mon arc, il est plus petit, il fait une quarantaine de kg environ. Il arrive au pas à 6 ou 7 mètres, j'arme, vise et décoche. A l'impact, mon sanglier tombe foudroyé sur place et se met à couiner, ma flèche lui a brisé la colonne vertébrale au-dessus de l'épaule.

Je me saisis de mon poignard, saisis le petit sanglier par une patte arrière et d'un coup au cœur j'abrège ces souffrances, la mort est très rapide. Entre temps, mon premier sanglier se relève pour faire 20 mètres vers moi en claquant des dents et s'effondre à nouveau dans un petit roncier. Je laisse mon arc près du petit sanglier car je n'ai plus de flèche. Je m'approche doucement de l'autre sanglier par derrière mais, alors que je m'en saisis, il se relève et tente de me faire face pour retomber en roulant dans le travers.

La pente est raide, je l'attrape par une patte arrière et l'attache à un petit chêne, avec un bout de corde que j'ai dans ma poche, le temps de l'achever et surtout pour éviter d'avoir à le remonter de trop une fois mort. Au bout d'un petit moment de lutte, je parviens à le coucher sur le flanc et à l'achever d'un coup de poignard au cœur. Ma chasse n'aura duré que 45 minutes environ mais elles auront été riches en émotions.

Une fois les honneurs rendus, je traîne les sangliers un après l'autre jusqu'en bordure du bois puis les attache par le groin, un à chaque bout de mon bout de corde et les tire ainsi jusqu'à ma voiture. A moitié pré, je fais une pause pour reposer mon dos et mes bras et en profite pour ramener mon arc à la voiture. Je tombe alors sur le fils de la propriétaire et lui explique la situation. Il me propose alors de me prêter sa brouette pour ramener mes prises. J'accepte volontiers sa proposition et repars donc changer mes sangliers sur la brouette pour finir de rentrer à ma voiture. Ce sont 2 laies.

Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005

Alex

 

Atteintes :

Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005
Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005

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25 septembre 2005 7 25 /09 /septembre /2005 06:56

Ce soir, comme presque tous les jours, je pars faire un tour au chevreuil. Je gare ma voiture chez une connaissance qui m'avait signalé la présence d'un grand brocard qui mange ses salades et qu'il aimerait bien voir brouter un peu plus loin. J’enfile mes gants, ma cagoule et ferme le bracelet de mon décocheur et me voilà parti.

Je n’ai fait que 300 mètres quand, à 50 mètres de la lisière du bois dans lequel je viens de pénétrer, des bruits de pas attirent mon attention, quelque chose se déplace dans le fragon. Je m'approche silencieusement sur le chemin forestier et m'immobilise brusquement en apercevant, à 40 mètres environ, la tête d'un sanglier qui vient de surgir du fragon sur la gauche du sentier. J’arme mon arc au cas où. Il sort à découvert sur le chemin, s’immobilise plein travers en regardant dans ma direction « suis-je repéré ? », mon immobilité a l’air d’avoir fait illusion mais l'animal est beaucoup trop loin pour tenter une flèche.

Il fait demi-tour et remonte tranquillement dans le bois, je me rapproche de l’entrée de la coulée qu’il vient d’emprunter et, alors que je peux encore l’apercevoir se faufiler dans le fragon, je monte à mon tour dans le bois pour tenter une approche. Cela fait 30 mètres que je le suis en essayant de ne pas faire trop de bruit quand je m’aperçois qu’il n’est pas seul, des bruits de pas sur le tapis de feuilles mortes attire mon attention sur un gros sanglier mâle qui doit bien faire plus de 100 kg. Il vient droit sur moi et passe au pas à une dizaine de mètres, j’arme mon arc mais la végétation trop dense me dissuade de le tirer, il s’éloigne un peu puis revient sur ses pas pour repasser exactement sur ses pas toujours au pas sans faire attention à moi. Alors que je désarme mon arc en le regardant s’éloigner, j'aperçois trois autres gros mâles qui chahutent se donnant des coups de butoir par les flancs. Ils viennent vers moi mais s’arrêtent à 60 mètres et n’approcheront pas plus.

Un mouvement en bordure du bois au-dessus de moi me fait tourner la tête, j'aperçois une grosse laie suivie d’une compagnie de jeunes entre 30 et 50 kg qui passent la crête à la lisière du bois. Vu les différences de taille entre eux, ils ne sont certainement pas tous de la même portée. Tout ce petit monde descend dans le bois mais la laie s’immobilise ne me laissant voir que sa tête qui regarde dans ma direction pendant un petit moment avant de reprendre sa route. Tout ce remue-ménage m’avait presque fait perdre de vue mon objectif premier qui c’est maintenant bien éloigné sur ma gauche.

Je tente de m'approche au milieu du fragon en me faufilant silencieusement et couvert par le bruit des sangliers mais il reste hors d’atteinte et poursuit sa marche. Il est vraiment trop loin, je ne peux pas le rattraper sans presser le pas et me faire repérer. Les animaux sont tout autour de moi, je décide donc de changer de tactique, je m’appuie contre un gros chêne et m’immobilise. Mon regard se promène dans le sous-bois sur toutes ces crinières rousses et noires qui dépassent de la végétation, je compte entre 20 et 25 sangliers, et c’est alors qu’une bousculade intervient. Les jeunes animaux qui s’étaient un peu trop rapprochés du gros mâle se sont fait charger.

Dans sa fuite, un sanglier de 30 ou 40 kg vient s'arrêter à 10 mètres de moi, à demi caché par la végétation, j’arme d’un mouvement rapide et lui décoche une flèche. Dans le feu de l’action, je n’ai pas vu réellement où est partie ma flèche et je n’ai pas prêté attention au son de l'impact c’est donc sans vraiment savoir si mon sanglier est touché que je le regarde s'éloigner. Il s'éloigne doucement en remontant vers la harde puis se met à descendre avant de disparaître de mon champ de vision.

J'attends un moment, certainement 10 minutes, voire 15, puis je vais vérifier mon tir. Mon sanglier laisse une bonne piste au sang (sang sombre). Je commence à suivre les gouttes très visibles et en très grand nombre. Ses congénères sont encore tout autour de moi, 30 mètres plus loin, je m’aperçois qu’un deuxième sanglier vient dans ma direction. Je m’immobilise et attends la suite, il se rapproche doucement et vient finalement se placer plein profil à 15 mètres. J’arme mon Hoyt et décoche ma deuxième flèche de la soirée en plein dans l’épaule du sanglier qui couine et démarre en trombe en percutant un petit chêne qui rabat la flèche sur son flanc.

C'est la débandade toute la harde s’enfuit dans un craquement de branches et un bruissement de feuilles mortes, après les avoir regardé s’éloigner, je marque l'emplacement de mon deuxième tir et je continue à suivre ma première piste qui est vraiment bien marquée, à chaque saut d’arbre couché, le frottement du poitrail laisse une trainée de sang. Je vais la suivre sur 200 mètres environ, jusqu'à un saut de chemin. Mon sanglier rentre alors dans un fourré et descend vers le ruisseau, il s’est apparemment roulé sur un tapis de feuilles mortes ou il a laissé beaucoup de sang puis est reparti sans laisser une seule goutte sur 20 mètres. Ce n’est qu'au moment de ressauter le sentier forestier que je recommence à voir du sang mais les gouttes sont plus espacées.

La nuit me rattrape et le bas du chemin est un taillis très épais bordé en lisière du bois par le ruisseau, il me faut abandonner, je marque l’entrée d’une brisée et je reviendrai demain matin avec le président de la chasse d'Haulies. Je contacte le président le soir même et nous nous donnons rendez-vous pour 8h30. Je n'ai pas dormi cette nuit, la peur de perdre ces 2 sangliers, le remord d’en avoir tiré deux, l’excitation et les visions de cette chasse qui me revenaient sans cesse en tête. 

Le lendemain matin, je suis au rendez-vous avec ma 280 Rémington et peu de temps après le président arrive avec son chien de pied, je lui propose de commencer par chercher le premier sanglier que j’ai tiré et nous voilà partis. Arrivé sur ma brisée, le chien ne marque même pas l’entrée, il va et vient, il tourne en rond puis rentre dans le taillis mais sans suivre la piste de mon sanglier.

Stupéfait, je décide de poursuivre tout seul la piste en suivant le sang à vue alors que le président de la chasse suit son chien qui le même bien loin de mon sanglier. Bien que les gouttes soient moins importantes que la veille, j’arrive à suivre la piste jusqu’au ruisseau où mon sanglier semble s’être baigné avant de sortir plein champ en traversant un épais mur de ronces. La coulée est bien marqué et le tunnel couvert de boue fraîche.

Ne pouvant pas traverser ce mur, je décide de le contourner et j’arrive ainsi sur la sortie, l’herbe est couchée et un peu boueuse mais le sang a disparu. Voyant arriver le chien et son maître je décide d’arrêter là la comédie et de faire appel à un conducteur de chien de sang, c’est d’ailleurs par là que j’aurais dû commencer. Le président de la chasse m’ayant donné son numéro je l’appelle mais il est malheureusement pris par une recherche sur un cerf blessé dans les Pyrénées et ne pourra être disponible qu’en milieu d’après-midi.

Je retourne tout de même sur les lieux de mon second tir, mais, à ma grande surprise, je ne retrouve qu’une partie (la lame et 20 cm de tube) de ma flèche cassée à 20 m de l'endroit où je tire mon sanglier et bien que je revois bien ma flèche rentrer au niveau de l'épaule, je ne trouve pas de sang même pas sur la flèche (pour celui-là je n'ai pas trop d’espoir). J'ai bien marqué la coulée et j'attends avec impatience le chien de sang.

Vers 15 heures, le conducteur de chien m’appelle pour qu’on se retrouve sur les lieux, nous nous retrouvons vers 15h30, il est accompagné d’un teckel à poil dur "Rabolio" et d’un airedale terrier qui lui sert de chien "forceur" pour les sangliers sur pied. C'est moi qui vais tenir cette boule de nerf en laisse. Le conducteur veut repartir du départ, je l’amène donc à la zone où j'ai tiré mon sanglier. Je le suis à distance (c'est ma première recherche au sang) tout en contrôlant que le chien ne prenne pas la piste d'un autre sanglier. Il y en avait tellement que le pauvre a été tenté plusieurs fois de prendre un autre animal mais je ne le remettrai qu'une fois sur la piste que j'ai faite tellement minutieusement hier soir que je la revois encore.

Rabolio arrive sans problème jusqu'au pré où je perds mon sanglier ce matin. La suite sera magique, il prend une des nombreuses coulées dans l'herbe et se dirige vers un bois d'épineux très dense où son maître le suit. J'ai encore mal pour lui, il progresse difficilement à quatre pattes sous les épines. Je contourne le bois avec la carabine à la main au cas où. Rabolio donne maintenant de la voix de plus en plus. Son maître l'encourageant et le guidant en lui disant par intermittence "le sang Rabolio, le sang…"

Tout à coup, le conducteur me cri : "il s'est couché là", juste avant la sortie du bois il s'est reposé un moment et a laissé une belle flaque de sang. Rabolio sort du fourré suivit par son maître dans un crissement d'épines acérées. Il me fait comme ça :" là je n'y crois plus trop, le bosquet devant toi c'est notre dernière carte..." je suis abattu, les doutes m'envahissent au fur et à mesure que les pas se cumulent. Il prend le pré et se dirige vers un petit bosquet, l'herbe est couverte par endroit de traînées de sang.

Rabolio semble perdre la trace en lisière du bosquet, il se tourne vers son maître et s'assied, son maître lui sort alors une écuelle et de l'eau et après l'avoir désaltéré, ils reprennent la traque. Le maître lâche la longe et Rabolio tourne et retourne dans l'herbe avant de s'enfoncer dans le bosquet mais sans conviction. Il va tourner et retourner sur 50 m² pour finalement sortir du bosquet. Je les suis mais, pour éviter les épines, je prends une coulée bien plus dégagée et c'est alors qu'en me baissant je pose la main dans une grosse tache de sang.

Je n'ai pas eu le temps de sortir du bosquet que j'entends une voix me disant alors que je n'y croyais plus : "il est là ". Après avoir laissé les chiens l'un après l'autre mordiller un peu leur sanglier, je me suis mis à genoux devant ce corps sans vie, comme un gamin qui ouvre ses premiers cadeaux de noël et je me suis mis à caresser mon sanglier et les chiens. Ce sentiment de bonheur qui m'envahit, je crois que je ne l'avais jamais ressenti aussi fort.

Comme pour me faire un peu culpabiliser dans ce moment si fort le conducteur de chien me lance : "tu as vraiment du bol, ta flèche était trop basse". En vidant le sanglier, je constaterai que la rate est entaillée ainsi que le foie très légèrement, c'est vrai que ma flèche n’est pas terrible. Je charge mon paquetage sur mes épaules et me voilà parti avec la petite troupe vers la voiture. Les 800 mètres qui nous séparent de la voiture en légère pente et l'ascension finale assez raide me font attraper une bonne suée mais quel bonheur d'avoir retrouvé mon sanglier.

 
Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005
Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005

La piste de mon second sanglier ne donnera rien. Rabolio ne voudra pas la suivre mais, vu les indices, le conducteur de chien de sang pense que ma flèche a heurté l’os de la patte avant et que les jours de mon sanglier ne sont pas en danger.

Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005

Alex

 

Atteinte :

Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005

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18 septembre 2005 7 18 /09 /septembre /2005 06:54

Ce soir, 19h30, de retour d’Albi, je décide d’aller faire un tour à Haulies, pour tenter d’approcher un chevreuil. 19h45, j’arrive à l’embranchement en Y d’Auterrive, d’Haulies et de Pessan, je gare ma voiture au pied du chêne sur le terre-plein du croisement. Après avoir enfilé mes gants et ma cagoule, j’empoigne mon hoyt ultramag XT 2000 qui n’a, jusqu’à aujourd’hui, fléché que des cibles papiers et je me dirige vers le fond d’une combe où, depuis le début de la semaine, mes rencontres avec des chevreuils ont été nombreuses.

Le vent est en ma faveur, je sens son souffle léger me caresser le visage, les deux versants de la combe sont boisés, plantés de chênes en majorité et parcourus de nombreuses coulées bien marquées, le font de la combe en S est un chaume de blé reverdi par les repousses. J’encoche une flèche et je me dirige vers le bord du bois à ma gauche.

Aucun chevreuil dans mon champ de vision, je commence ma progression que je tente de rendre le plus silencieuse possible en marchant sur la terre souple et l’herbe bien verte. Cela fait à peine 5 minutes que je marche, en arrivant dans le virage de la combe j’aperçois ce que je pense être la tête d’un brocard couché à une trentaine de mètres du bord du bois, il est bien à 150 mètres minimum.

Il tourne la tête de droite à gauche, je peux voir ses oreilles bouger, suis-je repéré ? Je reste immobile à l’observer, le temps passe, il vient de poser sa tête au sol, je recommence à avancer, lentement, très lentement, ma cagoule m’empêche de voir les petites ronces et les brindilles au sol qui sont des sources de bruit. Je n’ai pas parcouru 15 mètres qu’une ronce crisse légèrement sur mon pantalon.

Mon brocard vient de redresser la tête et il regarde dans ma direction, je m’immobilise à nouveau. Le temps passe et son attention semblant diminuer, je recommence à avancer avec une extrême lenteur mais je n’ai pas fait deux mètres que mon brocard se lève, il m’observe sans comprendre ce que je suis vraiment, il est encore à plus de 100 mètres, il balance sa tête de droite à gauche en essayant de comprendre, puis se met à avancer droit vers moi en frappant ses pas.

Il se tourne de profil comme pour rentrer au bois, feignant de ne plus m’observer puis tourne brusquement la tête dans ma direction, il va répéter plusieurs fois ce geste. Il recommence à s’approcher toujours en frappant ses pas mais cette fois il feint de se mettre à brouter et se redresse d’un mouvement rapide, cette feinte va se répéter plusieurs fois. Il continue à avancer, il n’est plus qu’à 80 mètres et depuis tout ce temps je ne bouge plus mais il fait brusquement volte face et part au galop, il ne parcourt pas plus de 10 mètres et recommence son manège en venant vers moi, de nouveau à 80 mètres, il part au galop sur ma droite sur une trentaine de mètres et recommence à venir vers moi.

Il est de plus en plus près mais, alors qu’il n’est plus qu’à une soixantaine de mètres, il part au petit trop vers la lisière du bois contre laquelle je suis sans bouger depuis plusieurs minutes. Il marque un arrêt se tourne vers moi, fait deux pas, s’arrête puis disparaît dans le bois ne se laissant trahir que par ses pas sur les feuilles mortes.

J’avance de 15 mètres, une trouée dans la végétation me permet d’observer l’intérieur du bois et c’est alors que j’aperçois mon brocard qui se rapproche à petit pas à mi-pente, il est à 40 mètres mais vient vers moi, je ne pense pas avoir la chance de pouvoir le tirer mais j’arme mon arc. Un petit trot et le voilà à trente mètres, les secondes passent et ma position n’est pas des plus confortable, il se rapproche pour venir à 10 mètres de moi en frappant toujours ses pas et en balançant sa tête de gauche à droite. Sa position à 3 mètres au-dessus de moi ne présage pas un tir facile, je n’ai jamais tiré de gibier dans cette position, de plus je crains qu’une branche ne dévie ma flèche.

Il fait un pas de plus, son coffre vient se placer pile dans une trouée au milieu des branches, sa tête est cachée derrière le tronc d’un chêne, mon viseur se cale sur son épaule et je décoche ma flèche armée d’une tri-lames de 125 grains. Je ne peux pas dire à cet instant si ma flèche est bonne mais la réaction de mon brocard va répondre à cette interrogation. Il tente un démarrage mais ses pattes avant se dérobent et il dégringole le talus dans un grand fracas.

Il roule et vient s’arrêter à 3 mètres de moi. Aillant peur qu’il se relève, je suis resté sans savoir comment réagir durant quelques secondes mais le voyant incapable de se relever, je décide d’abréger ses souffrances, je pose mon arc, retire mes gants et saisis mon couteau. Ma flèche lui a cassé l’épaule et la colonne vertébrale est touchée. C’est un vrai coup de chance, car seul un poumon est percé. La flèche carbone CXL Hunter 350 s’est brisée net durant la chute. Malgré les 60 livres de mon compound, elle n’est pas ressortie.

Il est 20h15. C’est mon premier chevreuil à l’arc et je n’en reviens toujours pas de cette chasse à l’approche durant laquelle c’est la curiosité de mon brocard qui m’a permis cette réussite que j’ai encore du mal à réaliser.

Mon premier chevreuil à l'arc, 18 septembre 2005

Alex

 

Atteinte :

Mon premier chevreuil à l'arc, 18 septembre 2005

Trophée :

Mon premier chevreuil à l'arc, 18 septembre 2005

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2 janvier 2005 7 02 /01 /janvier /2005 12:22

Cet été, comme tous les étés depuis l'an 2000,  je suis parti arpenter les bosquets et les prés de Roumégoux, petit village tarnais, pour tenter de tirer un brocard, mais revenons en arrière :

Flash-back : L'été 2000, j'ai tiré mon premier brocard à l'arc. J’étais parti avec un collègue de BTS qui lui ne chasse qu'au fusil, il tenait absolument à venir avec moi pour avoir un aperçu de la chasse à l'arc, franchement, je n'aurais jamais pensé pouvoir approcher un chevreuil avec un accompagnateur.

Nous avons visité une bonne partie des sites stratégiques dont j'ai la connaissance et où j'ai pu apercevoir lors de mes précédentes sorties quelques jolis culs blancs, mais rien à faire. Vers 21 heures nous en sommes à 3 heures de marche sur un terrain plutôt vallonné et aucun chevreuil n'a voulu se montrer.

Depuis une semaine, à la tombée de la nuit, une famille de blaireaux se laisse observer, je lui propose donc d'attendre 22 heures pour tenter de les approcher, manière d'au moins lui montrer une approche même si ce n'est pas pour chasser. Nous sommes tranquillement en train de discuter, assis dans l'herbe quand, vers 22 heures, je commence à me lever et, du coin de l'œil, j'aperçois un beau brocard entrain de brouter tranquillement à une cinquantaine de mètres de nous. Je m'immobilise et fais signe à mon collègue de ne pas bouger.

J'attrape mon arc compound et je me mets à ramper dans les hautes herbes sèches en tentant de faire le moins de bruit possible, mon cœur bat tellement fort. Après une vingtaine de mètres d'approche je m'aperçois que notre brocard se dirige droit vers moi. Je me redresse et me mets à genoux dans l'herbe haute. Mètre par mètre, le voilà à une dizaine de mètres. Il se tourne et me présente son flan. En moi-même je me dis :"là mon petit tu en fais trop!" Profitant d'un moment d'inattention, j'arme mais le malin a perçu mon mouvement et nous voilà face à face. Lui en train de me fixer et moi en train de le viser. Ces secondes me paraissent durer une éternité.

Au bout d'un moment, il feint de se remettre à manger et alors que je m’apprête a lui décocher ma flèche, il se redresse à nouveau manière de vérifier que cette souche ne lui veut pas de mal et assez rapidement il se remet à son activité.

Je n’en peux plus et je commence à trembler de plus en plus, mon collègue resté en arrière me murmure : « tire, mais tire », la tension de la corde devient insupportable, il me faut absolument tenter ma chance.

Je vise l’arrière de l’épaule et je décoche. Malgré la courte distance qui nous sépare, le brocard évite ma flèche d'un bon. Cette dernière ne lui coupe que quelques poils sous le poitrail et en un éclair je vois s’éloigner mon chevreuil. A une cinquantaine de mètres, il se retourne comme pour me narguer une dernière fois avant de disparaître derrière la crête du mamelon.

Après m'être remis de mes émotions, je me mets à chercher ma flèche manière de vérifier que je ne l’ai pas blessé, mais non, seuls quelques poils clairs s’étaient accrochés à ma lame, pas de trace de sang. Mon collègue qui accourt en riant tout ce qu’il peut me lance : « mais comment tu as fait pour le manquer ? »… je ne réponds pas je suis toujours dans ma chasse qui repasse en boucle dans ma tête.

 

       L’été suivant, j'ai fléché mon premier chevreuil à l'arc mais je ne l’ai malheureusement pas retrouvé.

J'ai commencé à chasser mi-juillet, comme chaque année un petit repérage s’impose. Je commence par arpenter le territoire en entier pour estimer un peu la population, puis je m’attarde de plus en plus sur quelques coins qui me semblent prometteurs et j’étudie les habitudes de quelques brocards.

En variant mes heures de sortie et en repérant les signes de passages, les apparitions de brocards deviennent très courantes. Sur cette saison, j’ai jeté mon dévolu sur 4 brocards, un jeune daguet, un vieux et grand brocard au cou très massif avec des meules énormes mais des bois trapus et courts (je pense qu’il commençait à ravaler) et deux brocards en pleine force de l’âge avec de très jolis bois (6 pointes qui dépassent bien au-dessus des oreilles).

Je n’ai pas passé un jour sans apercevoir un chevreuil et j’ai fait de belles sorties où j’ai pu observer 4 à 5 cervidés.

 

Mon récit va se concentrer sur la semaine la plus riche en événements :

La première approche a été « involontaire », le lundi soir vers 19 heures, je viens de quitter ma voiture, j’ai parcouru à peine 500 mètres, les maisons du village sont encore en vue, je descends vers le lac de la Bancalié par un sentier, encaissé entre deux mamelons, bordé de deux grandes haies de frênes dont les interruptions marquent les passages aménagés pour le bétail. Je marche d’un pas rapide sans faire attention au bruit que je produis, la haie de droite commence à se clairsemer, les frênes faisant petit à petit place à des buissons noirs qui par leur taille me permettent de voir la lisière du bois qui borde le lac. Une bande d’herbe grasse coincée entre la haie et la lisière du bois se termine 20 mètres plus loin à la hauteur d’un passage qui perce la haie.

Pensant déjà au déroulement de la chasse, je n’ai pas encore encoché ma flèche quand je suis arrivé à la hauteur du passage. Le vieux brocard surgit alors devant moi comme sortant de nulle part. Je suis nez à nez avec ce vieux mâle, assez pré pour le toucher. Lequel est le plus surpris, je ne sais pas mais nous restons une fraction de seconde à nous observer puis c’est lui qui se décide. D’un bon, il franchit le chemin pour se réfugier dans le bois côté gauche. Après avoir effectué une boucle, il resurgit 30 mètres plus loin, marque un temps d’arrêt me laissant observer sa beauté avant de disparaître sans bruit dans le bois. Je reste immobile à le regarder sans même penser à encocher ma flèche, juste la magie d’une rencontre.

Je poursuis ma marche en direction du ruisseau qui alimente le lac par un sentier pédestre qui longe le plan d'eau et abouti à une petite route qui serpente au milieu des bois.

Je traverse la route pour arriver à mon coin préféré, un pré tout en long bordé sur la droite par le Lezer (petit ruisseau) et encaissé en lisière de deux bois de feuillus très pentus qui s’étendent sur quelques centaines de mètres, c’est ici que mes rencontres sont les plus fréquentes.

Encochant ma première flèche de la soirée, je traverse le Lezer pour tenter une approche sur le jeune daguet repéré sue ce secteur. Malgré tous mes efforts (slalomant entre les brindilles et les feuilles mortes que la sécheresse avait rendues particulièrement craquantes) pour ne pas attirer son attention, le malin m’a repéré. Quand je l’aperçois à 100 mètres entre deux chênes, il me regarde certainement faire depuis quelque temps. Il s’élance et passe comme à son habitude entre deux très gros chênes (ils auront leur importance plus tard dans mon récit) et, dévalant la pente, il franchit le ruisseau d’un bon pour terminer sa course dans le bois d’en face, sans oublier de pousser son cri roque manière de dire à tous ces pots : « faites gaffe Alex est dans le coin ».

Il faut dire que nous n’en sommes pas à notre premier coup d’essai cette scène c’est au moins la 4ième fois que je la vis. La nuit arrivant, je  retourne sur Albi.

Mardi soir, 20h30, alors qu’il a plu un peu durant la nuit dernière, je suis les traces fraîches et bien marquées sur le sol forestier d’un chevreuil qui me menaient à la lisière du bois. Encore à moitié caché par un arbuste, je scrute le pré quand, au milieu des herbes hautes, j’aperçois ce qui pour moi est une branche mais qui curieusement attire mon regard. Quand je me rends compte que cette branche n’est pas moins que la ramure d’un magnifique chevreuil il était trop tard. Il se lève d’un bon, m’observe quelques secondes et sans me laisser le temps de réagir disparaît en lançant son cri caractéristique.

Mercredi matin, 5h30, me voilà de nouveau au rendez-vous, même scénario que lundi, le daguet est encore plus malin que moi, mais cette fois je décide de ne pas en rester là.

Après quelques minutes, le temps que notre lascar se calme et arrête de lancer ces cris, je tente de le contourner et de le retrouver un peu plus tard. Une heure de marche m'est nécessaire pour me replacer à bon vent et retenter une approche dans le bois d’en face, mais là la végétation est assez touffue et c’est mission impossible. C’est encore lui qui me repère sans même que je puisse l’apercevoir.

Dépité, je décide de changer de coin et, marchant d’un pas rapide, je tente de trouver le chemin qui remonte vers la Cassagnée. Au milieu du bois je tombe sur une coupe récente dans laquelle je marque un temps d’arrêt pour reprendre mon souffle après une dure montée. Dans le silence un bruit de pas commence à se faire entendre, de plus en plus fort, de plus en plus prêt.

Appuyé contre un petit chêne, je tends l’oreille et, ma flèche encochée, j’attends, immobile sans un bruit. Le bruit s’arrête puis reprend, c’est alors que 25 mètres en contrebas, surgissant des taillis, j’aperçois un magnifique brocard traversant le coupe-feu, reniflant au sol comme le ferait un chien sur la piste d’un gibier (je pense qu’il s’agissait du maître des lieux et que l’intrusion de notre jeune daguet n’était pas de son goût ou peut-être suivait-il la trace de sa promise). Je profite de sa disparition dans la végétation pour armer mon arc sans trop y croire. 

A ma grande surprise, le voilà qui revient et qui cette fois-ci prend la coupe et se dirige droit sur moi, à 10 mètres il s’arrête et dresse sa tête dans ma direction, le poitrail est dégagé, je lui décoche ma flèche mais juste à ce moment il rebaisse la tête. Ma flèche le frappe en plein sur le dessus du crâne, entre les deux bois, ce qui la stoppe net, elle retombe devant le brocard qui, poussant des cris effroyables, se met à courir à toutes pattes vers le bois d’en face. Alors que je l’entends encore, je me précipite vers ma flèche gisant dans les ronces (mon arc développe tout de même 54 livres). A ma grande surprise, il manque 1.5 cm de la pointe de la lame et au niveau de la cassure il y a un peu de sang et des poils. En levant la tête j’aperçois le brocard courant dans une clairière en face

Je décide alors de faire appel à mon président de société pour retrouver ce chevreuil que je pensais condamné, mais malgré toutes nos recherches, impossible de le retrouver. Je dois dire que je n’en ai pas dormi de la nuit, j’ai même été à la limite de ne plus chasser de la saison.

Après plusieurs jours sans sortie, arrive dimanche soir, encore contrarié par ma mésaventure du mercredi, je décide de retourner faire un tour. La rencontre bien que furtive que je fais ce soir-là me remonte le moral, notre compère, reconnaissable à ses bois, broute tranquillement en lisière du bois et, alors que je le regarde dans mes jumelles, il ne me laisse pas plus de temps pour l’observer et disparaît à grandes enjambées. Je pense que le morceau de lame est resté fiché dans l’os qui est assez épais entre les bois sans atteindre le cerveau. J’espère que cet objet ne lui causera pas de problème de santé dans l’avenir.

Je décide donc de retenter une approche sur notre jeune daguet. Je traverse donc le ruisseau et commence l’ascension du bois de chênes, cette fois-ci c’est moi qui le vois en premier, il est occupé à brouter quelques jeunes pousses de ronces. Je me dirige donc vers nos deux gros chênes, le passage par lequel il m’a tant de fois échappé et je me poste à genoux contre l’un d’entre eux, hors de sa vue tout t’en l’épiant de temps à autre.

Au bout d’un petit quart d’heure notre compère quitte son gagnage et se dirige vers moi, et alors qu’il ne passe qu’à 3 mètres de moi je lui décoche ma flèche de ¾ arrière. 50 mètres de course, il s’arrête, s’appuie contre un arbre mais les secondes s’égrainent puis les minutes et il ne tombe toujours pas. Je décide d’aller cherche le président de la chasse alors que mon chevreuil se remet en marche et disparaît dans le fourré, je ramasse ma flèche restée à quelques mètres après l’avoir traversé, elle est couverte d'un sang visqueux.

Nous arrivons sur place 45 minutes plus tard alors qu’il ne fait pas tout à fait nuit avec un des chiens que nous utilisons pour chasser le chevreuil mais ce dernier tourne et retourne sans réaction. Son maître décide de le lâcher mais c’est une grosse erreur, il finit par relancer le chevreuil, le perd puis le relance et finit par le perdre complètement alors qu’il fait nuit noire et que nous suivons à la lumière de nos lampes torche. Je viens de perdre définitivement mon chevreuil.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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