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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 07:11

Ce soir, je décide d'aller me poster à Traversères, au bout d'une petite combe boisée. En chemin pour mon poste je dérange un chevreuil au gagnage qui rentre dans le bois vers lequel je me dirige. Je le laisse s'éloigner avant de biaiser vers le bois. Je traverse une bande de friche herbeuse et rejoins une grosse coulée qui rentre dans le bois pour suivre le fond de la petite combe. Je marche rapidement sans prêter attention au bruit car je n'ai pas beaucoup de temps avant qu'il ne fasse nuit. Tout à coup un léger mouvement, à quelques mètres devant moi, sur le tapis de feuilles mortes me fait stopper net. Mes yeux se posent sur un oiseau de dos, arrêté. Je l'observe un instant pour comprendre qu'il s'agit d'une bécasse. J'encoche doucement une flèche, la bécasse se décale d'environ 30 cm sur ma gauche puis se fige à nouveau de dos. J'arme doucement mon arc, aligne ma visée sur l'oiseau à environ 8 mètres et décoche. Ma flèche le traverse en projetant des plumes autour de l'impact et ricoche au sol pour stopper environ 20 mètres plus loin, posée au sol. La bécasse est tombée sur place sans bouger. Je m'avance rapidement vers elle au cas où mais constate que c'est bien fini pour elle, ma flèche rentre entre les ailes sous la base du cou. Je récupère ma petite prise, c'est ma première bécasse. Je récupère ma flèche un peu plus loin, la remets au carquois et réencoche.

Je pars me poster un peu plus loin, au bout de la combe sur le penchant de gauche, tourné vers la crête en U qui délimite la combe, contre un petit arbre dont quelques branches pendantes mortes vont me cacher un peu. L'attente commence, le temps passe et je me dis que rien ne va sortir avant qu'il ne fasse nuit quand des bruits de pas se font entendre. Vu le bruit, je suis sûr qu'il s'agit d'un sanglier, il me semble l'entendre arriver en crête à 40 mètres dans mon dos, je pivote donc doucement en accrochant mon décocheur. Il me semble qu'il vient vers moi dans le sale mais je n'arrive pas à le voir quand le bruit semble brusquement venir dans mon dos. Je me retourne à nouveau dans le sens initial et aperçois l'énorme masse noire qui arrive sur ma gauche d'un pas lent dans la végétation. Un gros solitaire avance vers moi, j'arme mon arc et le laisse approcher. Il stoppe dans un clair, plein travers à 5 mètres, j'aligne ma visée au défaut de son épaule et décoche. Ma lame mécanique produit une étincelle bien visible en s'ouvrant au moment où elle frappe le coffre de l'animal. Le sanglier démarre en trombe droit devant lui en fonce dans la végétation plus dense sur ma droite puis bifurque pour décrire une boucle autour de mon poste et repasser dans mon dos pour retourner dans le sale. Je suis sa fuite à l'oreille sur quelques dizaines de mètres puis le sanglier stoppe et souffle plusieurs fois bruyamment sur place avant que le silence ne s'installe. 

Je reste un moment immobile à l'écoute mais rien, la nuit s'installe et je décide d'aller contrôler mon tir. Je m'avance doucement vers l'endroit du tir où je ne trouve ni flèche ni sang. Un peu plus à droite, je trouve une giclée de sang sur 2 mètres, au moment où le sanglier est rentré dans la végétation.

Ma première mordorée et un sanglier perdu, 19 janvier 2019

Il a emporté la végétation et cassé quelques branchettes entre deux gros troncs de chênes espacés de moins de 1 mètre. Après ce passage dans la végétation épaisse plus une seule goutte de sang en vue. J'ai un très mauvais pressentiment, la dernière fois que j'ai entendu souffler un gros sanglier comme celui-ci, ma flèche n'était pas rentrée à cause de l'omoplate. Je revisionne le tir dans ma tête et revois bien ma flèche au défaut de l'épaule. Je cherche un moment sans trouver la suite de la piste, je tente alors de recouper la direction de fuite de l'animal et tombe sur une belle coulée marquée de grosses gouttes de sang sur au moins 20 mètres. Vu la pente du terrain je dirai que mon sanglier descend, le sang s'arrête net et je préfère ne pas trop remuer le secteur et appeler un chien de sang car je ne suis pas du tout confiant sur la suite de ma recherche. J’appelle donc mon ami Adrien mais il ne sera pas disponible demain matin, j'appelle ensuite mon ami Lionel mais lui non plus ne sera pas disponible et son chien ne fait pas le sanglier mais il me parle d'un conducteur de chien de sang du Tarn et Garonne qui lui a retrouvé un sanglier. Je me souviens alors que j'avais pris son numéro lors d'une expo canine à Auch il y a quelques années. Je recherche donc le numéro dans mon répertoire et le contacte. Il ne pourra pas venir de bonne heure mais viendra demain matin. Je rentre donc chez moi mais je ne sens pas bien cette recherche, en général quand je ne retrouve pas mon animal seul, il est très rare que la recherche au sang soit fructueuse. Malgré ma première bécasse, je n'arrive pas à me réjouir.

N° de prélèvement du carnet bécasse 8174819

N° de prélèvement du carnet bécasse 8174819

Après une très mauvaise nuit, je me lève vers 6 heures et tente de m'occuper jusqu'à avoir des nouvelles du conducteur de chien de sang vers 10 heures. Il ne sera pas là avant 11h30, il a aussi demandé à un autre conducteur de venir et ce dernier doit arriver un peu avant lui. Vers 11 heures ce dernier m'appelle, nous nous donnons rendez-vous sur le parking d'Auterrive vers 11h15. Je pars à sa rencontre puis nous attendons son collègue en discutant. Il s'appelle Thierry et fait de la recherche avec des teckels. Le second conducteur finit par arriver vers 11h40, nous partons immédiatement vers la zone de recherche. Le propriétaire de la ferme m'informe qu'il y a eu des battues dans le secteur ce matin, ça ne va pas arranger mon histoire. Le temps que les conducteurs se préparent nous partons avec le jeune rouge de Bavière de Didier, Thierry reviendra chercher son vieux teckel si ça tourne mal. Ma confiance baisse de plus en plus. Je les conduis sur la zone du tir et leur montre le premier sang. Le rouge peine à prendre la voix et se disperse dans tout le bois pendant de longues minutes. Il finit par recouper la coulée avec le sang vu hier soir et la remonte. Didier nous annonce du sang en crête. Nous le suivons et effectivement le sanglier semble perdre pas mal de sang jusqu'en crête. Ce que je pensais être une descente hier était une montée. La piste semble facile à suivre et nous trouvons du sang au sol et des frottés réguliers. La piste redescend vers une friche. Le chien la suit mais le sang se fait vite rare voire inexistant.

Alors que nous cherchons à dénouer la piste, le tintement de grelots se fait entendre, 2 fox terriers arrivent vers notre penchant de bois en traversant la friche puis remonte vers une bande de ronces en haut du penchant en limite d'un plateau en prairie, pâturé par des chevaux. Arrivés au roncier les 2 chiens se mettent au ferme et donne de la voix un moment avant de se dégoûter et de baiser vers nous. Didier les interpelle pour les faire fuir avant de reprendre sa recherche. Son rouge finit par sortir dans la friche mais semble perdu, il tourne et retourne sans vraiment marquer sa recherche et finit par remonter dans le penchant opposé. Son maître le pensant perdu le rappelle et tente de refaire leurs arrières mais le temps passe et la recherche est au point mort. Didier demande à Thierry d'aller chercher son chien. Je l'accompagne jusqu'aux voitures puis nous revenons à l'endroit du tir et reprenons la recherche du départ. Caramel démêle rapidement la piste et nous conduit rapidement à l'endroit où le sang s'interrompt. Dans la première montée nous trouvons ma flèche posée au sol, marquée sur 20 cm de sang et légèrement tordue au nouveau de l'adaptateur de l'insert. Pendant ce temps le rouge a repris la piste là où son maître l'avait arrêté tout à l'heure. Didier a retrouvé 2 fois du sang en remontant le penchant boisé de l'autre côté de la friche. Le sanglier semble s'être roulé 2 fois pour colmater sa blessure. Caramel tourne un peu dans le bois mais finit par sortir sur la friche, tourne encore un peu et trouve l'entrée du penchant opposé et nous conduit sur un plateau travaillé, au-dessus, où nous attend Didier. Nous avons trouvé le sang mais sur le plateau nous ne trouvons plus que le pied et le suivons à vue derrière Caramel qui est toujours collé à la piste.

Arrivé au bord d'un chemin de terre bordant le penchant boisé suivant qui redescend vers des prés, le pied de sanglier prend à gauche mais Caramel part à droite, je le fais remarquer au conducteur mais Didier me dit de laisser faire le chien. Le teckel longe le bois et cherche l'entrée du sanglier, il rentre et sort plusieurs fois puis finit par se lancer sur une piste. Nous entrons dans le bois, traversons une bande fourré d'épines puis suivons le chien qui biaise à gauche en descendant doucement avant de faire ses arrière et de reprendre la bande d'épine en tirant comme un fou pour se mette au ferme un peu plus loin en donnant de la voix. Didier me laisse son chien qui tire comme un fou et tente d'aller au ferme mais l'animal n'est plus là et nous repartons sur la piste qui va nous faire passer dans des zones très sales. Thierry décide de lâcher son chien qui donne un moment puis se calme, seul son grelot le trahit et nous le suivons mais il semble perdu. En le suivant nous tombons sur les laissés de biche qui ne sont pas censés se trouver dans le secteur. Nous le récupérons, je pars contrôler une souille plus à droite par rapport à l'entrée en bordure du pré avec Didier. Un gros pied rentre de frai et une traînée de boue remonte vers le plateau. Nous la suivons mais finissons par la perdre. Les fox nous rejoignent et restent avec nous un moment. Nous tentons de reprendre la recherche dans le champ travaillé et cette fois Caramel suit le pied à gauche sur environ 60 mètres sur le chemin et se remet au ferme en rentrant dans le bois, au même endroit que tout à l'heure. Nous trouvons 2 beaux frottés de sang en rentrant dans le bois. 

Nous reprenons le piste prise tout à l'heure par Caramel. Didier me reconfie son chien qui m'arrache les mains dans les ronces et tire comme un fou pour suivre son maître plus en avant. Nous débouchons plus bas dans semé sans trouver ni sang ni pied mais les conducteurs décident de suivre le chien qui nous amène à environ 1 kilomètre sur la commune suivante où je décide de stopper la recherche pour ne pas avoir d'ennuis avec les voisins et de toute façon un gros sanglier laisse rait un pied dans ce semé. Nous partons contrôler un autre pied sur le champ travaillé et le suivons jusqu'à l'endroit où les fox ont fait le ferme. Caramel se met à son tour au ferme puis traîne son mettre dans les ronces en donnant de la voix jusqu'au bout du roncier en direction de l'endroit où nous avons démarré la recherche. Il est près de 16h30, nous arrêtons la recherche. Je suis dégoûté, je ne comprends pas comment ce sanglier n'est pas mort. J'espère que mon interprétation de l’atteinte n'est pas bonne et que sa blessure n'est pas mortelle mais je peine à le croire.

 

Alex

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 14:39

Ce matin, la société de chasse de Saint Paul de Baïse organise sa seconde battue au chevreuil de la saison et le président m'a autorisé à inviter Christophe et Lionel. Nous arrivons sur place vers 8 heures pour le déjeuner. Ce dernier pris et les consignes de battue données, nous partons nous poster pour la première traque. Nous nous garons près d'une stabulation et remontons au travers du champ de colza vers un chemin forestier le long duquel nous devons nous poster. Le sol est jonché de traces plus ou moins fraîches de chevreuils. Je ne connais pas ce secteur, en contrebas sur notre droite, nous apercevons le petit bois de pins attenant au bois de la palombière que nous avons chassé lors de la battue précédente. D'après les dires des chasseurs de Saint Paul, le meilleur poste semble être celui dans la friche ponctuée de petits chênes au bout du chemin forestier. Christophe n'ayant pas eu encore d'occasion de tir cette année en battue, nous décidons avec Lionel de lui laisser ce poste prometteur. Nous rentrons dans le bois de chênes par le chemin forestier, je prends un premier poste à environ 50 mètres de la lisière sur la gauche du chemin, Lionel se poste un peu plus loin et Christophe poursuit jusqu'à la friche. Je m'avance d'environ 15 mètres dans le bois et me cale à droite d'une zone bien dégagée, au pied d'un gros arbre. Je casse quelques branchettes pour dégager mes angles de tir, le bois est assez salle sur ma droite et devant moi. Je ne vois qu'une réelle coulée à environ 10 mètres dans le sale devant moi.

La sonnerie de début de traque ne tarde pas à retentir et presque immédiatement les chiens se mettent à donner de la voix. Les menées s'enchaînent et les coups de feu également. Plusieurs fois, les chiens semblent aller vers Christophe et je croise les doigts pour lui. Au bout d'un bon moment, des bruit de pas résonnent derrière moi, je tente d'apercevoir l'animal sans succès. Il semble plus ou moins suivre le chemin quand une chevrette s'avance tranquillement à environ 40 mètres sur ma droite au bout de la zone dégagée. Pensant qu'elle va prendre vers moi, j'arme mon arc mais elle fait 2 pas et stoppe en 3/4 arrière pour écouter les chiens. J'aligne ma visée un peu au-dessus du défaut d'épaule et décoche. Ma flèche vole parfaitement et rentre là où je voulais, au défaut d'épaule de l'animal qui démarre en trombe et se retournant pour ressortir sur le chemin forestier, le traverser et fuir dans le penchant boisé qui redescend vers les pins.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Il m'a semblé que la chevrette est partie avec ma flèche en travers du corps. Je l'entends fuir quelques secondes puis se débattre au sol. Elle est morte, je suis soulagé car je me rends compte maintenant que mon tir était quand même osé, vu la distance qui me séparait de la chevrette. Je réencoche et me reconcentre sur la chasse. Les menées s'enchaînent et les coups de feu se succèdent. Au bout d'un moment, une menée semble arriver sur les traces de ma chevrette et je crains que les chiens n'y tombent dessus et n'entament la carcasse. Je quitte donc mon poste pour tenter de la retrouver avant eux. Je me dirige rapidement vers l'endroit du tir et trouve facilement ma flèche couverte de sang et fichée au sol à quelques mètres de l'endroit où se trouvait la chevrette.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Je la laisse sur place et sors sur le chemin plus en amont pour le suivre un peu à la recherche de la piste de sang. Je trouve vite de grosses gouttes de sang qui traversent le chemin et rentre dans le penchant boisé en biaisant sur ma gauche.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019
Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019
Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Une menée passe dans le colza, à environ 50 mètres, au pied du bois avec 3 chevreuils au grand galop qui avec un peu de chance remonteront sur Lionel ou Christophe. Je retrouve très facilement ma chevrette qui n'a fait qu'un peu plus de 30 mètres avant de s'effondrer.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Les chiens ne tardent pas à arriver sur ma chevrette et je les en détourne et fait quelques photos souvenir avant de repartir me poster rapidement.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et ressort devant l'épaule opposée. Le temps passe et la voix des chiens se calme progressivement jusqu'au signal de fin de battue. J'appelle un piqueur pour avoir un bracelet puis pars rejoindre mes collègues qui n'ont pas eu ma chance. Lionel a vu courir des chevreuils au loin et Christophe a eu la malchance qu'un piqueur retourne les chevreuils qui venait sur lui. Je leur raconte ma chasse et partons chercher ma chevrette et ma flèche en attendant le bracelet avant de redescendre au voiture où je laisse ma chevrette à un des chasseurs de la commune avant de partir pour le rendez-vous de chasse pour les instruction de la seconde traque. Au moins 5 chevreuils ont été tués, je m'attendais à plus vu le nombre de coups de feu tirés. Les "peleurs" sont déjà à l'œuvre.

Serge et les teckels ne sont pas encore arrivés et le président de la chasse décide de chasser la bande boisée qui borde la rivière (Baïse) en les attendant. Nous partons nous poster le long de la butte de l'ancienne voie ferrée avec quelques chasseurs de la société. Nous nous garons au cimetière et partons à pied vers nos postes. Nous laissons Christophe au poste dit "le trou" qui est en fait un ancien passage sous la voie ferrée qui est devenu juste un passage dans la butte avec la disparition du pont et des rails. Christophe monte pour se poster en haut de la butte, au ras du passage alors que nous continuons le long d'une haie de ronces et d'arbustes en parallèle de la butte. Les chasseurs prennent les postes à chaque grosse coulée alors que le chef de ligne poursuit avec nous pour nous poster au bord de la Baïse, au bout de la butte. Lionel prend le poste au bord de la rivière pour barrer la route des animaux qui tenteraient de fuir en longeant l'eau à mi pente du talus de la rivière et je contourne la butte pour me trouver un poste alors que le chef de ligne revient sur ses pas pour rejoindre le sien. Alors que je contourne la butte, un bruit de pas dans les feuilles mortes me fait stopper mais le calme revient sans que je puisse voir l'animal. Je trouve une grosse coulée remontant sur la butte dernière à 20 mètres de la rivière et la suis pour aller me poster au sommet. Alors que j'arrive en crête, j'aperçois une boule de poils blottie coutre un arbre mort tombé au sol. Je l'observe un instant pour me rendre compte qu'il s'agit en fait d'un lièvre gîté. Il m'observe, son œil grand ouvert mais ne daigne pas bouger alors que je suis à peine à 5 mètres en train de le prendre en photo.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Je m'éloigne un peu pour me poster un peu plus près du bout de la butte. Les traqueurs et les chiens arrivent au loin en longeant la Baïse. Les chiens donnent timidement de la voix puis se calment un moment avant de lancer, à grands cris, 4 chevreuils qui filent en plaine en direction du cimetière. Alors que les animaux passent la ligne les coups de feu claquent et la menée cesse. 2 chevreuils sont tombés, les traqueurs rappelle les grands chiens qui peinent à revenir puis finissent la traque sans lever d'autres animaux. Nous rentrons en suivant la butte quand les chien prennent la voie du lièvre qui s'est débiné sans bruit pendant la chasse. Les chasseurs les arrêtent vite et nous retournons au rendez-vous de chasse.

Le président décide d'une dernière traque, nous partons avec un des chasseurs, photographe attitré des battues pour aller nous poster dans des petits bosquets en bordure d'une grande traque. Nous nous garons près d'une habitation abandonnée puis remontons le coteau. Le chasseur de Saint Paul nous explique que les sangliers ont labouré une petite parcelle près de l'habitation. Arrivés en haut du coteau, je reconnais le secteur où Christophe a fléché un brocard il y a 2 ans. Christophe reprend son poste qui lui avait réussi en sommet de coteau, en bordure d'un bosquet fourré qui redescend vers les voitures, sur notre droite. Lionel se poste au bord d'un autre bosquet sur notre gauche et je descends dans un autre bosquet en contrebas. Alors que je suis à environ 100 mètres de ce bosquet, le bruit du galop de 2 animaux retentit dans la pente boisée en face de moi. Une chevrette et son chevrillard stoppent à découvert, à mi-pente. Le chevrillard se débine dans le sale sur la droite et disparaît. La chevrette reste figée alors que je l'observe immobile. Elle ne me prête pas attention. Je reste un moment sans bouger, elle regarde par moment vers son chevrillard. Je décide d'y aller au culot. Je commence à aboyer, la chevrette regarde vers moi sans bouger comme hypnotisée, j'aboie plusieurs fois sans qu'elle ne réagisse puis commence à avancer doucement droit sur elle en aboyant. Elle me regarde sans bouger d'un millimètre et me laisse approcher à 40 mètres, j'arme mon arc et tente d'approcher encore un peu alors que la chevrette regarde en arrière mais elle se coule dans le sale sur les traces de son jeune. Est-ce l’arrivée des piqueurs sur la ligne ou le petit bruit de métal fait par ma lame à l’armement ou encore juste le moment de partir pour elle ? Dommage, je presse le pas pour rejoindre le bosquet. Les 2 chevreuils sortent du bosquet à environ 80 mètres et remontent la pente du champ. J'aboie et ils se figent, m'observent un instant puis passent de l'autre côté de la butte et disparaissent.

Je presse le pas pour remonter me poster à mi-pente, en bordure du sale alors que j'entends déjà chiens et piqueurs au bout de mon bosquet. Je me place vite, rapidement, les teckels arrivent et passent mon poste, 2 traqueurs passent sous moi puis s'arrêtent pour observer les chiens alors qu'un autre traqueur passe au-dessus de moi en bordure du bosquet à environ 20 mètres. Les chiens tournent et donnent un peu de la voix quand un beau lièvre démarre sur ma droite et se débine au travers des buissons pour venir me passer tranquillement à 3 mètres sur ma droite et stopper, assis, à 10 mètres en dessous de moi à environ 15 mètres des traqueurs qui l'observent. Les chiens arrivant, il démarre et sort sur le découvert pour remonter le penchant du champ en face de moi et disparaître de l'autre côté alors que les teckels s'élancent, avec 150 mètres de retard, à sa poursuite. Les traqueurs crient pour les stopper mais ils passent la crête puis revient un peu après. La traque reprend et s'éloigne vers Christophe puis Lionel puis passe derrière la cime du champ alors qu'un des traqueurs au téléphone semble parler de sangliers. Le calme s'installe et le temps semble long. Des coups de feu se font entendre puis le calme revient. Le lièvre revient et passe la crête avant de descendre vers le bosquet à environ 80 mètres sur ma gauche puis le longe en direction de la route en contrebas. Les postés commentent la scène à voix haute et s'interpellent les uns les autres puis le lièvre fait une boucle et remonte pour repasser la crête en face de moi. Les chasseurs commentent toujours l'apparition de ce lièvre.

Au bout d'un moment, des craquements m’interpellent plus haut sur ma droite. Je me retourne face à la pente et écoute, les yeux grands ouverts. Est-ce un chien ? Les craquements se rapprochent et je finis par apercevoir un petit sanglier qui va passer au trot à 15 mètres au-dessus de moi dans le sale. J'arme mon arc, il stoppe juste au-dessus de moi à 15 mètres dans la broussaille, j'aligne ma visée sur son épaule dans une petite trouée au travers de la végétation. Je décoche, le bruit de l'impact retentit et le choc libère de la poussière du poil de l'animal qui repart en trombe vers le bout du bosquet. Je ne suis pas sûr de mon atteinte et les chasseurs étant toujours à leur discussion et certainement encore chargés au plomb 1 ou 2, je crie : "sanglier". Les chasseurs reprennent en cœur "sanglier" au lieu de se taire. Les minutes passent et je n'entends pas tirer. Par moment, des craquements retentissent sur ma droite, peut être mon sanglier en train de se déplacer dans le sale. Au bout d'un moment, plus un bruit quand mon téléphone sonne, le président de Justian m'appelle pour me demander où est le sanglier, je lui explique qu'il est parti vers lui après mon tir, il m'indique que les chiens et les traqueurs vont arriver. Je remonte la pente en lui parlant et trouve du sang, je décide de le suivre et avertis le président de la chasse de Justian que la ligne se tienne prête au cas où. Je raccroche et suis le sang assez abondant. La piste est assez facile à suivre et biaise doucement à gauche. Dans mon dos les chiens commencent à donner de la voix au loin mais ils seront vite là. Arrivé dans une zone dégagée d'herbe haute couchée au milieu des pins, je perds la piste et les chiens me rattrapent. Alors qu'ils arrivent à 10 mètres sur ma droite, j'entends démarrer le sanglier et tourne la tête pour juste le voir sortir de quelques genévriers et disparaître derrière les pins. Je cri "Attention, sanglier" sans me rendre compte que la route est juste à quelques mètres de moi au pied d'un talus abrupt.

Le sanglier dévale le talus et s'élance entre 2 chasseurs en traversant le goudron de la route. Les coups de feu pleuvent, 4 ou 5 chasseurs vident leurs fusils mais le sanglier passe sans une égratignure et fonce au travers du champ travaillé avec les chiens à ses trousses. Je sors du bois et descends le talus incrédule. Comment ils ont pu louper ce sanglier ? La plupart des chasseurs m’affirment que le sanglier n'était pas blessé mais un a vu ma flèche sur le côté de l'animal. En arrivant à la route j'aperçois alors ma flèche couverte de sang posée sur le goudron, je la ramasse et tente de trouver du sang en demandant aux chasseurs la direction de fuite. Je m'élance en suite au pas de course dans la direction indiquée sans vraiment y croire, le champ monte raide puis redescend. Alors que j'attaque la descente un chasseur dans mon dos me crie que les chiens sont au ferme plus loin. Dans le creux du champ je suis incapable de déterminer la provenance des cris, il m'indique tout droit. Je reprends le pas de course en crachant mes poumons alors que le terrain remonte raire avant de redescendre vers la route d'où j'entends le ferme plus haut le long d'une haie. Je prends sur la droite de la haie mais comprends vite que les chiens sont sur la gauche, je remonte le talus pour traverser la haie puis la suis et remonte la pente prononcée vers les cris. 

Les chiens et le sanglier se dessinent peu à peu derrière la butte. Le sanglier tourne sur lui-même pour repousser alternativement un chien contre la haie et 2 dans le champ qui l'assaillent. J'encoche une flèche et m'approche tranquillement. A quelques mètres du sanglier, j'arme mon arc et donne un peu de la voix pour tenter d'écarter les chiens qui marquent un temps d'arrêt et me laissent une bonne ouverture pour tirer. Le sanglier se tourne face à moi. En essayant de reprendre mon souffle, je vise sur le côté de la tête et décoche. Ma flèche semble traverser le sanglier et se fiche au sol mail il ne réagit pas. Je réencoche, il se retourne et s'éloigne péniblement de cul. Je le suis, arme mon arc et donne de la voix pour le stopper, il se tourne à gauche de 3/4 arrière. Je vise derrière l'épaule et décoche. Ma flèche rentre où je visais et ressort dans la gorge à l'opposé en restant en travers de l'animal, le sanglier saigne abondement, tente de repartir mais s'écroule vite. Je m'approche vite et dégage ma flèche pour éviter qu'il ne la casse en se débattant. Je récupère mon autre flèche et laisse s'immobiliser mon sanglier puis l'attrape par une patte arrière et redescends vers la route avec les chiens que je félicite vivement. Le chasseur qui me suivait arrive pour m'aider. Arrivé à la route d'autres chasseurs arrivent pour récupérer les chiens et j'en profite pour regarder mon sanglier, ma première flèche d’achèvement a en fait juste une grosse entaille dans le muscle de l'épaule. Ma première flèche est rentrée en avant de l'épaule mais je ne trouve pas la sortie.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Je suis mort mais je ramène mon sanglier jusqu'au carrefour, 150 mètres plus loin où nous le chargeons avant de revenir vers la ligne des postés. Mes collègues m'attendent à la voiture, je remonte vers le poste de Christophe puis redescend vers la voiture où je retrouve mes collègues à qui je raconte mes aventures. Nous partons vers le rendez-vous de chasse, 2 autres sangliers ont été tués, un gros mâle de 70 à 80 kg et un autre jeune comme le mien. Mon sanglier arrive à son tour, je prends quelques photo souvenir avant de rentrer.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Alex

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8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 14:48

Ce matin, j'ai donné rendez-vous à Auterrive à Christophe et Lionel pour aller chasser à Saint Paul de Baïse qui fait sa première battue chevreuil de la saison. Nous arrivons sur place vers 8 heures pour prendre le petit déjeuner avec les autres postés puis après les consignes de battue et la distribution des postes nous partons nous poster. Le premier secteur est composé d'une immense combe dominée en crête par des bandes boisée et des bosquets. Nous allons nous poster en ligne sur la gauche près d'une palombière. En montant le chemin de terre pour aller nous garer, une chevrette et son jeune nous traverse devant la voiture en sortant de la chasse. Nous regagnons nos postes. Lionel prend le premier poste sur un beau carrefour de coulée où je me poste habituellement sur ce secteur, je prends le suivant et Christophe poursuit pour aller se poster près de la palombière. Au bout d'un moment, les chiens et les traqueurs commencent à se faire entendre mais la battue peine à démarrer, les chien ne donneront presque pas, quelques coups de feu se font tout de même entendre et à la fin de cette première traque 3 chevreuils auront été prélevés. Côté archers, je n'ai rien vu, Lionel a vu passer un chevreuil au loin et Christophe a eu la visite d'un gros lièvre.

Nous retournons à l'ancienne gare, au bord de la départementale pour les consignes de la seconde traque. Cette fois nous partons pour un grand bois. Les archers seront postés le long d'un coupe-feu qui sépare une pente de feuillus d'un bosquet de résineux. Nous partons les premiers pour aller nous poster. Je me gare sur le parking de la palombière. Christophe part se poster au poste qu'il a l'habitude de prendre quand il vient chasser sur ce secteur et part directement à travers bois. Je pas avec Lionel par le chemin forestier qui longe les installations de la palombière jusqu'à trouver un petit sentier qui descend vers le coupe-feu. Nous débouchons sur la gauche de ce dernier qui débouche sur une grande prairie dans laquelle vont se poster les autres chasseurs. Une file de voiture arrive au loin sur la route sinueuse. Lionel qui est venu chasser l'an dernier sur ce secteur m'explique qu'il sait où se poster au départ du coupe-feu. Je le laisse donc se poster et pars chercher un bon poste. Je suis le chemin jusqu'au trouver une grosse coulée qui baise dans la végétation vers l'angle rentrant du bois en alignement du bosquet de résineux où j'ai fait un sanglier l'an dernier. 

En arrivant dans l'angle du bois au travers d'une zone de bois clairsemée, j'aperçois la veste fluo de Christophe qui est descendu se poster plus bas que l'an dernier et plus près de l'angle du bois. Je décide de me décaler plus vers Lionel pour ne pas le gêner. Je trouve alors une très grosse coulée qui descend vers le bois de conifères. Je remonte de quelques mètres sur la pente boisée et me poste au pied d'un gros arbre, à quelques mètres sur la droite de la coulée. Le vent souffle maintenant de façon soutenue et efface les bruit de la forêt, il ne sera pas facile d'entendre arriver les animaux. Dans mon dos un replat boisé, clairsemé, d'environ 10 mètres de large, sépare la pente boisée du coupe-feu. Sur ma droite le bois est assez épais les petites fenêtres de tir sont rare. Sur ma gauche, la zone est plus dégagée. L'attente commence mais, très rapidement, un mouvement attire mon attention à environ 15 mètres au-dessus de moi, une petite silhouette basse progresse par bons dans la végétation et il me semble reconnaître un teckel. L'animal arrive de la gauche puis rejoint la grosse coulée et bifurque à 90° pour la prendre en descendant pour se rapprocher de moi. La végétation me le cache un instant et je le devine juste jusqu'à ce qui sorte à environ 6 mètres. Resté sur mon idée qu'il s'agissait d'un teckel, je n'ai pas armé mon arc et c'est en fait un beau renard qui arrive sur moi. Il stoppe à environ 4 mètres sur la coulée et regarde vers moi alors que je tente d'armer mon arc et fait demi-tour en se débinant, rasant le sol pour retourner dans la végétation et m'interdire toute opportunité de tir. Il accélère à environ 15 mètres puis bifurque pour repartir d'où il venait et semble se diriger vers Christophe.

Je râle, c'était une occasion en or et ce n'est pas la première fois que je me fais avoir de la sorte car les teckels n'ont pas de clochette et il n'est pas toujours facile d'identifier le mouvement dans la végétation. Quelques minutes plus tard, les traqueurs et les chiens commencent à se faire entendre et je me concentre sur la pente boisée. Rapidement, il me semble entendre quelque chose sur la gauche au milieu de l'agitation de la végétation par le fort vent. Je tourne la tête et aperçois une chevrette qui passe juste au poste que je voulais prendre tout à l'heure dans le coin du bois et prend la coulée dans mon dos au trot, pas le temps de réagir et de toute façon elle va trop vite, je ne peux que la regarder partir vers les résineux. Les coups de feu commencent à claquer. Les chiens donnent au-dessus de moi mais aussi dans mon dos et je ne sais plus où regarder. La menée la plus proche étant dans mon dos, je me retourne, espérant voir revenir la chevrette mais, assez rapidement, il me semble entendre un léger bruit dans mon dos, je tourne la tête et aperçois une chevrette qui se débine tranquillement dans la végétation à environ 15 mètres plus haut en suivant la courbe de niveau dans la pente.

J'arme mon arc et tente de trouver une fenêtre de tir mais trop tard, elle est dans le sale. Elle stoppe à environ 20 mètres de 3/4 arrière. Je tente de trouver une ouverture dans la végétation mais elle repart et disparaît pour de bon. Je désarme. Elle semble partir en direction de Lionel et je croise les doigts pour lui mais très rapidement la voix d'un traqueur et de chien se font entendre dans la direction de fuite de la chevrette. Je me prépare car elle risque de revenir. Effectivement, je la vois revenir tranquillement sur ses pas au travers de la végétation. Elle écoute par moment les chiens et rejoint la grosse coulée à ma gauche où elle bifurque pour descendre. J'arme mon arc et la suis dans mon viseur en attendant une occasion de tir, elle avance tranquillement et j'attends la la voir s'arrêter. Elle va passer derrière un gros arbre à 4 mètres sur ma gauche, je la devance en alignant ma visée à 2 mètres après l'arbre mais elle stoppe 1 mètre avant. Je réaligne ma visée rapidement et décoche. Ma flèche me semble un peu basse et un peu en arrière, j'ai tiré trop vite. La chevrette démarre en trombe, le sang coule de façon très abondante et elle prend la grosse coulée dans mon dos par laquelle a fui l'autre chevrette pour rejoindre les résineux. Je la perds de vue quand elle traverse le coupe-feu alors que les premiers grands chiens courants arrivent. Je tente de les stopper en vain et apercevant le traqueur je lui crie : "Arrête les chien, j'ai tiré le chevreuil il est touché". Rien à faire, la meute se lance en poursuite.

Je décide de quitter mon poste pour tenter de rattraper les chiens. Je cours jusqu'au coupe-feu et longe les résineux jusqu'à trouver l'entrée de la chevrette marquée de grosses gouttes de sang.

Battue à Saint Paul de Baïse, 8 décembre 2018

Je suis la piste de sang très marquée au travers de la végétation épaisse qui couvre le sous-bois. Le sang très abondant est très facile à suivre et je progresse aussi vite que l'encombrement végétal me le permet. La piste descend un moment puis prend à gauche en parallèle du coupe-feu en direction de la prairie. Arrivé à quelques mètres de cette dernière, je perds un court instant le sang pour m'apercevoir que la chevrette a bifurqué à gauche, au travers d'une zone très épaisse, pour remonter vers le coupe-feu. Je me fraye un passage à 4 pattes dans les épines quand la voix de Lionel retentit : " Il est là le chevreuil". Je m'extirpe de la végétation et me redresse et lui demande s'il est mort. Il me dit que oui, je suis soulagé mais il m'annonce que c'est lui qui l'a fléché. Je lui dis qu'il s'agit de celui que je viens de flécher mais il n'a pas vu de blessure au moment du tir. Je m'avance vers le chevreuil et l'inspecte. C'est bien ma chevrette, ma flèche est plus haute que je ne l’avais vue, entrée en arrière des poumons et sortie foie, elle gît dans une grosse flaque de sang. J'atteinte de Lionel sur le haut des poumons n'a même pas saigné. La chevrette à bout et ayant réussi à semer le chien est venue se caler à quelques mètres de Lionel qui la tiré ne sachant pas que je venais de la flécher mortellement. Elle a tourné sur elle-même et est tombée sur place. Je n'avais pas compris que Lionel devait se poster de ce côté du coupe-feu.

Nous laissons la chevrette sur place et je repars me poster. Les menées s’enchaînent et les piqueurs tombent sur les sangliers, les coups de feu claquent. Un sanglier passe à 10 mètres de Lionel mais trop vite. Rien ne viendra vers moi. En fin de traque, nous demandons un bracelet pour baguer la chevrette avant de remonter vers la voiture. Il semble que 2 sangliers au moins aient été tués à balle mais il est tard, presque 15 heures et nous devions rentrer pour 12h30 au plus tard. Nous partons directement sans passer voir le tableau de chasse, laissant la chevrette à chasseur de la société de chasse au parking après quelques photos souvenir.

Battue à Saint Paul de Baïse, 8 décembre 2018

Alex

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 21:31

Les jours ont bien raccourcis et il ne me reste plus beaucoup de temps pour chasser en sortant du boulot. Ce soir, je décide d'aller tout de même faire un rapide affût au sanglier à Traversères. Samedi 17 novembre, j'ai posté Thierry près d'une souille très fréquentée que je laissais tranquille depuis des mois et j'ai alors remarqué un récent passage de sangliers, Thierry n'avait rien vu ce jour-là mais je croyais en ce poste, un brocard m'y est passé à quelques mètres lors d'un affût plus tôt dans la saison.

Les jours ont bien raccourcis et il ne me reste plus beaucoup de temps pour chasser en sortant du boulot. Ce soir, je décide d'aller tout de même faire un rapide affût au sanglier à Traversères. Samedi 17 novembre, j'ai posté Thierry près d'une souille très fréquentée que je laissais tranquille depuis des mois et j'ai alors remarqué un récent passage de sangliers, Thierry n'avait rien vu ce jour-là mais je croyais en ce poste, un brocard m'y est passé à quelques mètres lors d'un affût plus tôt dans la saison. Je m'avance en voiture au-dessus du lac pour gagner un peu de temps, me change rapidement et me prépare puis pars d'un pas rapide pour aller me poster prés de cette mare asséchée située au bord d'un chemin forestier. Les feuilles sèches du chemin sont très bruyantes mais je n'ai pas le temps de faire attention au bruit. Arrivé à la mare, je la longe et quitte le chemin au bout de cette dernière pour rejoindre mon poste, au pied d'un chêne, au coin de la mare côté bois. Une des souilles contient de l'eau boueuse et je crains que les sangliers soient passés avant mon arrivée. Le vent est face à moi mais je sais que mon poste n'est pas idéal. Je suis reculé de 2 mètres environ du coin de la mare et de la grosse coulée qui rentre dans le coin de cette dernière, sur une grosse coulée qui longe la mare, à 2 ou 3 mètres d'un massif d'épines noires bordé par une grosse coulée à ma droite qui revient vers le coin de la mare. Je n'ai pas d'autre possibilité pour me poster sachant que le chemin, qui longe l'autre côté de la mare, marque la limite du territoire. Dans mon dos la végétation est très dense et ne permet pas de voir à plus de quelques mètres. Il n'y a plus qu'à espérer arrive devant moi et se tourne plein travers. Toutes les coulées sont maculées de boue et les arbres frottés. Je me place rapidement et le calme s'installe.

Rapidement, après seulement quelques minutes d'attente, j'entends tousser un sanglier dans les épines sur ma droite un peu plus en avant. J'espère qu'il va sortir à découvert avant la nuit qui arrive à grand pas. Il est presque 6 heures et je vais vite plus rien voir quand des craquements se font entendre devant moi. J'accroche mon décocheur et me prépare à armer tout en essayant d'apercevoir l'animal. Rapidement une masse sombre sort des épines à environ 15 mètres et bifurque pour venir droit sur moi. J'arme mon arc et laisse venir ce beau ragot. Il s'approche d'un pas nonchalant et j'espère le voir bifurquer pour que j'ai un angle de tir mais il vient se planter de face à 2 mètres de mes pieds. Je n'hésite pas longtemps car c'est maintenant ou jamais, il tourne la tête vers les épines puis la repositionne face à moi. Je vise entre l'épaule et la colonne vertébrale et décoche. L'impact sourd retentit et le sanglier fonce à une vitesse incroyable pour prendre la coulée qui rentre dans la mare à même pas 2 mètres de moi. Il s'écrase dans le lit boueux du point d'eau asséché et encaissé d'environ 1,5 mètre puis tente de remonter la berge abrupte opposée sans y parvenir, il se débat un peu dans la végétation dense du bord de la mare puis revient dans le lit boueux où je le perds de vue mais l'entends tomber dans mon dos et rendre son dernier souffle. Il n'a fait que 6 mètres depuis l'endroit du tir.

J'attends le retour du calme puis reviens vers le chemin alors qu'il fait maintenant nuit noire puis le longe sur quelques mètres pour rejoindre une grosse coulée qui descend dans la mare au travers des épines. J'allume la lumière de mon portable et aperçois mon sanglier mort sur le flanc. L'entrée de flèche est bien où je visais.

Une flèche incroyable, 29 novembre 2018

J'examine mon sanglier et constate que la flèche n'est pas ressortie mais elle n'est plus sur le sanglier. Je reviendrai la chercher un autre jour, il est temps de rentrer. Je fais quelques photos souvenir

Une flèche incroyable, 29 novembre 2018

Puis tente de sortir le sanglier de la mare en le tirant par les pattes arrière. Il est couvert de boue et glisse beaucoup, de plus il me faut passer le talus abrupt de la mare d'un mètre de haut. Impossible, je pars donc poser mon arc à la voiture et la rapproche à environ 300 mètres du sanglier puis repars avec une corde que j’attache au groin de l'animal et parviens ainsi à le sortir de la mare et à le traîner jusqu'à ma voiture. Il fait pas loin de 90 kilos et le hisser seul dans le coffre de ma voiture ne sera pas chose aisée. Au dépeçage, je constate que les derniers 15 centimètres de flèche sont restés à l’intérieur de l'animal. Ma lame s'est arrêtée dans les gros vaisseaux au-dessus du cœur. Toute la cage thoracique est occupée par du sang caillé, l'hémorragie est restée totalement à l'intérieur j'ai eu 2 fois de la chance, celle que le sanglier ne fonce pas tout droit et me fauche sur son passage et celle qu'il n'aille pas loin car la recherche au sang aurait été compliquée.

 

Alex

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 17:55

Ce matin, je me gare au départ du chemin desservant le hameau au-dessus de chez Patrick vers 7h15 et me prépare tranquillement en attendant que la luminosité soit suffisante pour commencer à chasser. Vers 7h30, je quitte ma voiture et longe tranquillement le chemin en surveillant alternativement les petites prairies qui alternent avec des zones boisées de part et d'autre du chemin. Alors que j'arrive près du hameau, j'aperçois un animal en train de brouter à environ 8 mètres, dans la pente herbeuse, sous le chemin qui passe sous le hameau, à environ 40 mètres devant moi. Il semble que ce soit une biche, elle est de 3/4 face.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je serre sur la droite du chemin contre le talus pour avancer doucement, caché par le plat du chemin. J'avance sans voir l'animal en essayant de ne pas faire de bruit. Normalement, l'animal se trouve sous 2 arbres sur lesquels ont été cloués des panneaux par un des occupants du hameau. Arrivé à hauteur des arbres, je m'avance doucement vers le bord du chemin. La biche est toujours là et broute tranquillement. Elle se présente maintenant presque plein travers, à 9 mètres en contrebas. J'arme doucement mon arc et prends ma visée entre le sol et le dernier fil de la clôture électrique. Des bruits de pas se font entendre plus bas dans la pente boisée au dessous de la biche. Je positionne mon pin's assez en avant du coffre pour compenser le léger angle de l'animal et décoche. Touchée, la biche sursaute et fonce au plus raide de la pente puis prend à gauche en parallèle de la pente boisée qui borde le bas de la prairie.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Elle fonce au grand galop vers la fin de la prairie et, au bout d'environ 50 mètres de fuite, s'affaisse du train avant pour glisser sur le poitrail sur quelques mètres avant de se redresser et poursuivre sa course folle. Je la perds un instant de vue derrière un arbuste qui pousse dans la prairie et me décale sur ma gauche pour l'apercevoir à nouveau. Elle stoppe, environ 50 mètres plus loin, au bout de la prairie, puis saute dans la pente boisée où je l'entends rapidement chuter dans un grand fracas.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Les bruits de pas résonnent toujours dans le sous-bois quand une seconde biche s'avance en biaisant vers la droite pour rattraper la bordure de la prairie. Elle apparaît peu à peu derrière la cassure du terrain et passe sous la clôture électrique qui borde la lisière avant de bifurquer à 180 ° pour revenir en suivant la clôture vers l'endroit où est descendue ma biche. Elle avance inquiète, tête haute et hume l'air, environ 25 mètres en dessous de moi. D'autres animaux bougent cachés en dessous. Elle finit certainement par sentir le sens et fait brusquement demi-tour au trop, repasse sous la clôture et disparaît à grand bruit dans la pente. Je presse le pas et longe le chemin pour tenter d'apercevoir les animaux un peu plus loin. Environ 40 à 50 mètres plus loin, je ne peux que voir passer 4 grand cervidés à 40 mètres en contrebas dans le bois clairsemé. La biche, une bichette et un faon suivis d'un jeune cerf ou un très gros daguet que je peux reconnaître à sa carrure sans pouvoir identifier ses bois au travers des branchages. Je les perds vite de vue dans le bois et tente d'avancer encore sur le chemin en espérant les recouper un peu plus loin s'ils décidaient de remonter. Un peu plus loin, ce sont 2 chevreuils que je fais démarrer dans le bois, juste en dessus du chemin. Ils aboient en fuyant dans la pente et je les perds vite de vue.  J'avance encore un peu sur le chemin et aperçois l'un des chevreuils qui regarde vers le chemin en limite d'une bande d'arbres couvrant un talus en bas d'une prairie. La pointe de bois qui longe le chemin au-dessus du chevreuil me masque un instant puis il me repère et fuit en contrebas.

Je pense que ma biche est morte mais je n'ai pas vu mon atteinte, je décide donc de chasser un peu avant de commencer ma recherche. Je me dirige vers une crête rocheuse qui démarre au bout du chemin et remonte vers un chemin de randonné plus haut en montagne. Pas d'autres animaux dans le secteur. J'arrive dans la dernière prairie avant la crête et d'où j'ai une belle vue sur la falaise qui domine le haut de la montagne.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Au bout du chemin où est garé un bulldozer forestier, je remonte doucement en suivant la crête et en faisant de nombreux arrêts observatoires pour arriver à l'endroit où j'ai fléché mon chevrillard l'autre jour mais le secteur est très calme, je décide de redescendre pour aller faire ma recherche. Je reprends le chemin en sens inverse, un écureuil noir traverse de gauche à droite, à environ 50 mètres devant moi et remonte dans un des arbres qui borde le chemin. Il me gratifie de quelques cris de mécontentement alors que je passe en dessous de lui. Arrivé au départ de la prairie où j'ai fléché ma biche, je passe par le passage ouvert dans la clôture électrique pour entrer dans la parcelle en direction de la zone de tir. J'aperçois vite ma flèche plantée au sol au bord de la clôture électrique qui borde la lisière du bois, dans l'axe de mon tir. Elle est couverte de sang qui a déjà séché.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je tente de recouper la direction de fuite de la biche pour trouver ma piste de sang mais impossible de trouver ne serait-ce qu'une seule goutte de sang. Je pars dans la direction de fuite de la biche toujours sans rien voir puis je décris des zigzagues perpendiculaires en couvrant le bas de la pente et finis par tomber sur une belle trace de sang, la piste est plus basse que ce que je pensais.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je commence à suivre la piste de sang rouge qui se suit assez facilement sans être très abondante. Les gouttes sont parfois espacées de 1 ou 2 mètres. J'avance tranquillement de goutte en goutte.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je pensais trouver une trace au sol de la chute de ma biche mais il n'en est rien. La piste s'intensifie peu à peu en me rapprochant de l'endroit où la biche a sauté dans la pente boisée.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Près de l'endroit où la biche a stoppé un instant avant de sauter par en bas, le sang devient très abondant.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je cherche l'endroit exact où la biche au sauté, elle n'a pas pris la belle coulée qui descend en biaisant sur la gauche entre 2 arbres. De grosses taches de sang sont visibles sur des branchages jetés dans la pente lors de l'entretien du bord de la prairie. La biche a sauté au plus raide de la pente. Du sang est visible un peu plus bas. Je prends la belle coulée pour descendre en contourner la pente raide puis reviens vers le sang laissé sur les branches.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

La piste très abondante et maintenant facile à suivre et je ne tarde pas à apercevoir ma biche morte sur le dos, environ 30 mètres en contrebas.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je la rejoins rapidement, elle est plus grosse que ce que je pensais au moment du tir.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

La sortie de ma flèche semble plein cœur, je n'ai pas le bracelet sur moi, je décide de ne pas la bouger et de partir le chercher avant de revenir pour la sortir du bois.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je remonte donc vers le chemin et ma voiture pour aller chercher le bracelet chez Patrick qui dort encore puis reviens me garer au même endroit avant de partir apposer le bracelet à la patte de la biche. Je repasse par l'ouverture dans la clôture électrique pour rejoindre ma biche et coupe en chemin le sang au départ de la piste quand la biche a pris vers le bas de la prairie après le tir. Elle est en fait descendu tout de suite près de la lisière du bois, mes souvenirs étaient trompeurs, je la voyais fuir plus haut dans la pente.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je rejoins ma biche et appose le bracelet avant de la positionner sur le flanc pour observer mon atteinte. Ma flèche rentre bien un peu plus en avant comme je le voulais et je suis sûr qu'elle a traversé le cœur. Les allaites sont sèches, elle n'allaitait donc plus, tant mieux. Je sais qu'il y a une piste en contrebas qui me mènera chez Patrick, il me faut donc la rejoindre mais je décide de ne pas descendre trop vite pour éviter d'avoir à remonter. Le secteur n'étant pas propice à une belle photo, je commence donc à suivre la courbe de niveau en suivant une belle coulée tout en traînant ma biche qui est vraiment énorme. J'essaie de la caler contre un arbre un peu plus loin mais impossible de la tourner comme je veux, elle est trop lourde et le sol penche. Je continue à la traîner par les pattes avant mais la coulée fleurte de plus en plus avec une forte pente et commence à remonter de plus en plus. La biche finit par m'échapper et rouler pour se caler 40 mètres plus bas dans un creux créé par le déracinement d'un arbre. Je descends à sa rencontre et réussi à la caler pour faire quelques photos souvenir. 

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Il me faut maintenant la sortir de ce trou et baiser à gauche pour retrouver la piste au travers des arbres tombés au sol et autres obstacles.

Après environ 150 mètres d'efforts je parviens à la piste mais elle remonte un peu et la tête de la biche accroche et je m'épuise vite. Il me faut changer de technique. Je récupère une barre de bois et la rentre entre les tendons et les os des pattes arrière pour avoir une meilleure prise et tirer la biche par l'arrière pour éviter que la tête ne me gêne.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je tire ainsi la biche sur le chemin qui monte un peu par moment, un autre écureuil noir traverse la piste devant moi . Après 2 heures d'efforts, j'arrive à 200 mètres de chez Patrick et stoppe avant une zone où l'eau coule sur le chemin pour éviter de souiller la biche. Je pars chercher mon ami qui m'annonce qu'il peut venir chercher la biche par une piste avec son pickup, qu'il me faut la descendre 50 mètres plus bas sur une autre piste. Nous partons récupérer ma voiture que je gare devant chez lui avant d'aller descendre encore un peu ma biche le temps que Patrick arrive avec son véhicule qu'il a fait équiper pour charger du bois et les grand cervidés. Nous chargeons ensuite la biche

Puis retournons chez Patrick pour que je pelle, vide et découpe l'animal avant de rentrer chez moi.

La préparation des abats confirmera mon sentiment, ma flèche a touché le bas des poumons et traversé le cœur.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Alex

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 11:02

Hier, j'organisais la traditionnelle battue des archers à Justian, 13 archers étaient présent dont Renaud et Thierry venus passer le weekend chez moi. 3 Chevreuils et 2 sangliers ont été fléchés, je flèche le premier chevreuil, un jeune brocard lors de la première traque alors qu'il passe à 1,5 mètres de moi mais ma flèche passe juste au-dessus de la colonne vertébrale et reste en travers des muscles du dos de l'animal qui sera tué au fusil un peu plus loin. Une jeune chevrette de l'année sera fléchée à la 3ième traque par Gilles mais trop en arrière, elle sera ensuite doublée par Jérôme d'une flèche de cuissots avant d'être achevée par les traqueurs. Lors de la quatrième traque de nombreux sangliers et chevreuils seront vus, Lionnel flèche un très gros sanglier mais sa lame ne pénétrera que de quelques centimètres, arrêtée très certainement par l'omoplate de l'animal qui partira avec la lame plantée, cassant le reste de la flèche dans sa fuite. Son voisin manque un autre sanglier et sa flèche termine dans un arbre, Benjamin flèche une chevrette un peu plus loin avec un tir de tête qui la laissera sur place, Stef manquera un gros sanglier et un autre archer fléchera un sanglier d'une quarantaine de kilos qui ne sera retrouvé que le lendemain matin à plus de 1.5 km de l'endroit du tir. Le tableau final (arc/fusil) sera de 6 chevreuils et 2 sangliers mais je suis très déçu par toutes nos mauvaises flèches en commençant par la mienne.

Ce matin, il a gelé et il nous faut gratter le pare-brise, nous décidons d'aller faire un petit tour sur mes secteur à ragondins avant que mes invités ne s'en aille. Nous commençons par le canal de Labarthe au lever du jour. Pendant que mes invités se préparent je repère, de la route, 2 canards sur le canal un peu plus en amont. Renaud tentera une approche mais les volatiles se sont éclipsés sans que nous les voyions partir. Nous commençons à longer le bord du canal. Un peu plus loin, sous une passerelle composée d'une grosse conduite accolée à un ancien Pylône EDF qui enjambe l'eau, un gros remous attire mon attention et j'en alerte mes convives. Nous nous positionnons autour de ce secteur en espérant apercevoir un ragondin mais rien ne remonte. Nous poursuivons, un peu plus loin, un ragondin démarre de notre côté du canal pour biaiser vers la berge opposée. J'interpelle Renaud qui est devant nous et plus proche du ragondin mais ne l'a pas vu, le temps de voir l'animal, il arme son arc et décoche mais sa flèche semble passer juste au-dessus avant d'aller se planter bruyamment dans la bande boisée de l'autre côté du canal. Voyant que ni Thierry ni Renaud ne réagissent, je les interpelle avant de prendre la pas de course pour tenter d'intercepter le fuyard un peu plus en amont. Je stoppe un peu plus loin quand un gros remous agite l'en contre la berge à moins de 2 mètres de moi. J'arme mon arc et avance d'un pas pour apercevoir le ragondin calé contre la berge à mes pieds. Je vise et décoche, traversé, il plonge dans un nuage verdâtre de contenu stomacal. Renaud et Thierry me devance et Renaud le cloue à la berge d'une flèche de tête alors que je récupère ma flèche fichée à 1 mètre sous l'eau à la verticale. Le ragondin se débat et finit par se dégager puis se débat en surface et nous le perdons de vue. Je le cherche un moment du regard puis l'aperçois et le cloue définitivement à la berge opposée pour éviter de le perdre.

Renaud n'a plus que 2 flèches, je décide d'aller chercher les flèches qu'il a tirées. Nous remontons tranquillement le canal quand un gros ragondin s'élance d'un fossé perpendiculaire qui arrive sur la berge opposée au bout de la bande boisée. Il longe la berge opposée, je l'annonce et pars en courant mais trop tard, il est déjà au terrier. Nous laissons Thierry en poste au terrier, je dis à Renaud de revenir en face de ses flèches et je remonte le long du canal pour rattraper un ponton et traverser pour revenir par la berge opposée pour récupérer flèches et ragondin. Alors que je remonte le talus du chemin qui fait suite au ponton, 5 canards décollent du petit plan d'eau étroit en parallèle du canal. Un remous agite l'eau juste un peu plus loin contre mon côté de berge, je m'avance doucement quand un ragondin s'élance sur l'eau avant de plonger avant que je n'ai le temps d'armer. Je surveille la berge opposée, espérant le voir ressortir quand un remous boueux sort d'un terrier. Il est déjà à couvert, un autre gros ragondin sort d'un terrier plus à droite et longe la berge pour rentrer à couvert avant que je n'ai eu le temps d'armer. Je surveille les terriers quand un très gros ragondin se présente à l'entrée émergée du gros terrier d'où vient de sortir le second ragondin. Il se plante de face, j'arme mon arc et lui décoche une flèche à environ 20 mètres mais je passe juste sous son menton. Le ragondin plonge et fonce au terrier suivant.

Je pars récupérer nos flèches et le ragondin cloué à la berge guidé par Renaud et lui fais passer ces flèches avant de partir chercher ma flèche à l'entrée du grand terrier en me frayant un passage au travers des ronces et en descendant la berge abrupte. Heureusement que le plan d'eau très bas a dégagé un petit replat le long de la berge. Mes invités ont continué le long du canal. Une fois remonté sur la berge, je tente de rattraper mes invités. Un ragondin qui les a laissé passer plonge devant moi sous la berge opposée et rentre dans un terrier devant moi. Renaud a pris le long du ru qui arrive sur la gauche du canal et Thierry a continué à longer le canal par la gauche. En arrivant au niveau de la buse qui permet le passage au-dessus du ru entre, je constate que l'eau de ce dernier et très boueuse. Je me poste donc peu après la buse et commence à imiter des cris de petit ragondin. Rien ne bouge mais il me semble entendre un léger ronnement dans la buse. Je m'en rapproche donc et recommence à appeler. Le ragondin finit par arriver à l'entrée de la buse mais fait demi-tour en un éclair. Je cours vers le canal mais ne peux qu'apercevoir un remous. Le ragondin a fui. Je me reposte et appelle un moment sans succès en attendant le retour de mes invités.

Nous faisons demi-tour et retournons vers la voiture. Avant le ponton, Renaud qui marche devant moi aperçoit un ragondin, de face, à l'entrée de son terrier. Il stoppe et nous signale, Thierry stoppe sur la berge d'en face. Je stoppe également et aperçois le ragondin. Renaud le flèche en pleine tête et le cloue à l'entrée du terrier mais le ragondin se débat et avance un peu sur son tube et s'immobilise en saignant abondamment. Sa flèche n'est pas au cerveau ni à la nuque, je lui conseille dont de réencocher et de se tenir prêt à retirer si nécessaire. Je reviens en arrière pour traverser sur une petite passerelle composée de pylônes EDF et pars chercher  la flèche et le ragondin que Renaud a dû doubler car il menaçait de se dégager. Quelques dizaines de mètres avant la passerelle où nous avons vu le remous tout à l'heure, un gros remous attire notre attention. L'eau bouge, un ragondin longe la berge opposée sous la végétation tombant puis le remous stoppe sous un amas de branches. Renaud est posté plus à droite et Thierry plus à gauche, je m'avance doucement en face des branches et aperçois la tête du ragondin au travers d'une trouée d'environ 15 cm de diamètre. J’appelle Thierry et tente de lui montrer le ragondin mais il n'arrive pas à le voir, je décide de prendre donc ce tir. J'arme, vise et décoche. Le ragondin cloué à la berge se débat violemment puis  se dégage et plonge. Un autre petit ragondin surgit du fourré et plonge pour disparaître. Nous nous décalons vite en amont pour tenter de le voir ressortir quand mon ragondin remonte dans un nuage de sang. Il se débat en surface, cherchant son air avant de disparaître derrière des branchages alors que Thierry avait armé pour le doubler. L'autre ragondin ne refaisant pas surface, je redescends jusqu'à la passerelle pour traverse et aller chercher ma flèche et mon ragondin qui est mort contre la berge. Nous partons vers la voiture sans voir d'autres ragondins puis partons pour les berges de Sousson à Saint Arroman.

En route, je laisse Renaud au bord d'un petit ru qui descend vers le Sousson et lui indique 2 mare plus en amont puis part avec Thierry pour me garer un peu plus loin près du Sousson au niveau d'un ponton bétonné. Nous commençons par remonter le cours d'eau agité plus en amont par des remous devant les terriers. Malgré mes appels et une agitation de l'eau à l'aide d'une de mes flèches nous ne verrons sortir qu'une poule d'eau. L'eau en amont n'est pas boueuse, nous tentons de remonter un peu sans rien voir puis descendons le cours d'eau, un de chaque côté. Pas le moindre ragondin dehors, au niveau d'un autre ponton un peu plus loin, nous tombons sur une carcasse de héron à moitié dévorée. Thierry traverse et viens de mon côté plus praticable. Nous longeons le cours d'eau tranquillement en tentant d'appeler sans résultat devant certains terriers. Un remous sous la berge opposée me fait reprendre espoir mais il s'agit d'une poule d'eau. Plus loin près du pont de route de Masseube, un remous boueux à l'entrée d'un terrier trahit l'entrée récente d'un ragondin mais mes appels ne le feront pas ressortir. Nous retournons à la voiture alors que Renaud arrive dans notre dos et nous appelle. Je lui donne rendez-vous à la route et nous le récupérons en chemin avant de revenir vers chez moi. Renaud a vu 3 chevreuils et une poule d'eau a ruiné son approche sur des colverts.

Mes invités veulent partir avant midi, je décide donc de rouler tranquillement en faisant une boucle pour revenir vers la maison tout en essayant d'apercevoir des ragondins de la route. Le soleil qui se lève réchauffe un peu l'atmosphère et j'espère voir sortir quelques ragondins. Du côté d'Idrac Respaillès, j'aperçois un gros ragondin près d'un fossé perpendiculaire à la route. Je me gare un peu plus loin pour que Thierry, qui n'a pas encore pu flécher ce matin, tente une approche. Je le suis, nous avançons voûté par l'autre côté de la route, le champ est un peu en contrebas de la voirie et le talus de la route nous cache un peu. Le ragondin nous tourne le dos et Thierry en profite pour traverser la route en baisant pour rejoindre le bord du fossé. Arrivé en face du ragondin qui se présente plein travers à environ 15 mètres, il arme son arc mais le ragondin se met en marche, il avance d'un bon pas en parallèle du fossé et Thierry le suis un moment arc armé en attendant qu'il s'arrête puis désarme et continue à longer le fossé. Le ragondin marque un arrêt, Thierry arme à nouveau mais l'animal repart. Il désarme et le suit. Le ragondin s'arrête à nouveau mais sans laisser le temps à Thierry de décocher.  Un peu plus loin, il stoppe à nouveau, cette fois Thierry a le temps de décocher. L'impact retentit, le ragondin accuse le coup et fait le dos rond, ayant peut qu'il ne démarre et s'enfuit, je cors vers Thierry mais le rongeur chute sur le flanc en démarrant et se débat au sol en perdant beaucoup de sang. Je le ramasse et nous retournons à la voiture.

En chemin nous apercevons d’autres ragondins au gagnage au bord d'un ruisseau du côté de Saint Jean le Comtal. Je me gare un peu plus loin, Renaud élabore une stratégie, il va partir sur la gauche du ruisseau où se trouve les ragondins alors que je vais partir avec Thierry sur la droite pour leur couper la route si jamais ils démarrent. Nous approchons assez rapidement jusqu'aux premiers arbres qui bordent le ruisseau à environ 80 mètres des 2 ragondins puis ralentissons notre approche en surveillant les animaux alors que le talus de gauche du ruisseau se surélève peu à peu. Thierry s'arrête environ 10 à 15 mètres avant d'arriver en face des ragondins. Je continue un peu pour me poster en face d'eux mais brusquement le plus gros des 2, qui est de face à environ 15 mètres, lève la tête et semble inquiet. Je le laisse se calmer et reprendre son repas puis relever à nouveau la tête avant de se tranquilliser totalement puis avance encore un peu pour me positionner en dessous d'eux. Je cherche Renaud du regard à gauche quand un bruit me fait retourner la tête à droite, le plus gros des ragondins a démarré et court vers le ruisseau. J'arme mon arc mais il biaise plus à ma droite et rentre dans la végétation à plus de 20 mètres, le petit lui emboîte le pas. Je presse le pas pour tenter de les intercepter dans l'eau mais l'eau bouge sous la berge, ils sont certainement au terrier. Renaud avance, arc armé, en faisant craquer les feuilles mortes au-dessus de moi quand un gros remous attire mon regard sur ma gauche. Un ragondin revenu à l'entrée d'un terrier que le tronc d'un peuplier me cachait vient de fuir apeuré par les pas de Renaud. J'attends encore un peu puis désarme. Ils nous ont eus, nous rentrons sans voir d'autres ragondins sur notre chemin.

 

Alex

Une sortie ragondin avec Renaud et Thierry, 19 novembre 2018

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 12:37

Hier matin, je suis allé chasser sur Sarrancolin, parti du bas du chemin de la Soule sous une averse de neige, je suis remonté le long de la crête rocheuse

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

jusqu'au dessus de la grange de Tahouens pour ensuite prendre à gauche pour redescendre doucement vers le chemin de randonnée qui rejoint le col de Beyrède

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

et rejoindre par ce dernier une autre crête rocheuse redescendant vers un massif de buis et où j'ai fléché mon premier daguet l'an dernier. Malgré une progression lente et de nombreuses pauses observatoires je n'ai rien vu en plus de 2 heures de marche. Je suis trempé. Alors que je descends doucement en suivant la crête, une masse rousse m'interpelle, environ 80 mètres en contrebas. Je marque un temps d'arrêt et l'observe attentivement. Je distingue alors la tâche claire caractéristique de l'arrière train des grands cervidés, l’arrondi du cuissot, le cou relevé et une oreille, le reste de la tête étant caché par le tronc d'un gros arbre. Vu son gabarit il s'agit très certainement d'un cerf, il est couché plein travers, à découvert, tête vers la droite et cachée par un arbre. Je tente d'apercevoir des bois en me penchant à gauche mais j'aperçois juste ce qui ressemble beaucoup à une branche sans pouvoir affirmer qu'il s'agit du bois. Je tente donc une approche très lente sur un sol couvert de feuilles mortes, de brindilles et de cailloux que l'humidité n'a pas encore rendus silencieux. Malgré toutes mes précautions mon approche n'est pas totalement silencieuse mais l'animal reste immobile. J'avance en essayant d'aligner l'arbre qui cache sa tête entre moi et son regard pour ne pas être vu tout en calculant chacun de mes pas. J'arrive facilement à gagner environ 30 mètres et arrive au pied d'un gros hêtre. Alors que je calcule si je dois le contourner par la gauche ou la droite pour que le cerf ne me voit pas, l'animal se lève d'un bon et fait volte face pour foncer dans la pente à ma gauche, Je vois maintenant ces bois, ils sont assez haut mais presque dépourvus d'andouillets. Alors que mes yeux suivent sa course, ils se posent sur un autre beau cerf, dans le creux à ma gauche à environ 60 mètres de moi, il semble que ce soit un 8 cors. Il est arrêté plein travers et regarde l'autre cerf lui foncer dessus jusqu'à ce que ce dernier, arrivé au contact, tente de lui donner un coup de tête, Les deux cerfs se lancent alors dans une course poursuite en prenant la descente au plus raide et disparaissent derrières les roches de la crête.

Le calme revenu et les cerfs ne semblant pas m'avoir repéré, je reprends ma progression lente pour arriver au bord d'un à pic d'environ 15 mètres, sur la droite de la crête, qui domine une zone dégagée de hêtres avant les buis. J'aperçois trop tard un animal qui démarre, environ 50 mètres en contrebas, au bord des buis en fonce dans la pente sans que je puisse dire s'il s'agit d'un cerf, un daguet ou une grosse biche. J'attends un instant et observe mais le secteur reste calme, je continue à suivre doucement la crête pour descendre encore un peu et marque un temps d'arrêt à 30 mètres environ au dessus des premiers buis. Mon regard balaye le paysage en contrebas quand un léger mouvement m'interpelle à environ 60 mètres plus bas dans une trouée entre les buis. Je regarde un instant sans vraiment comprendre ce que je vois bouger. Un buis s'agite quand un bois s'en détache. C'est un cerf qui frotte ses bois contre l'arbuste. Il redresse brusquement sa tête qui me semble très sombre, presque noire alors que ces bois très clairs en lyre, semblant porter 8 pointes, m’apparaissent nettement. Je reste immobile, il baisse la tête et se met à manger. L'approche semble très complexe mais je décide de tenter le coup. Je descends très doucement en biaisant à gauche pour être à couvert derrière les buis et rejoindre une grosse coulée qui descend vers l'animal. Malgré mon application à calculer chacun de mes pas, mon approche et loin d'être silencieuse mais les gouttes qui tombent des arbres ainsi que quelques blocs de neige de temps à autre me font espérer. En avançant je tente de l'apercevoir au travers de la végétation mais sans succès. Alors que j'arrive à 15 mètres de sa dernière position vue, je me rends compte qu'il n'est plus là. Je m'avance encore un peu vers une zone dégagée sous les hêtres mais rien non plus. Je descends en biaisant à gauche dans les buis et tombe sur le pied frais et quelques laissés du cerf et les suis doucement sur environ 40 mètres quand il redémarre devant moi dans les buis sans que je puisse le voir. 

Je décide de continuer à descendre pour rejoindre une piste ouverte par Patrick en contrebas avant de la suivre pour revenir vers chez mon ami. Un peu plus bas, je glisse et chute lourdement sur le dos, tapant mon coude sur un rocher pour protéger mon arc. La neige et l'eau rendent le sol très glissant et je m'accroche aux buis pour descendre cette pente assez raide. Arrivé à la petite piste, je la suis dans les buis. Plus loin, elle s'ouvre sur une belle clairière enherbée qui la domine et je regarde un instant au dessus de moi tenter d'apercevoir un animal. Je m'avance ensuite un peu sur la piste quand un animal démarre à environ 15 mètres au dessus de moi. C'est un beau cerf de 14 cors qui fonce droit devant lui, tête en arrière pour passer des branchages, en suivant la courbe de niveau. Je le perds vite de vue. Je ne verrai pas d'autres animaux sur la descente jusqu'à ma voiture alors que la neige tombe maintenant de façon soutenue.

Ce matin, je décide de revenir chasser le secteur où j'ai vu les cerfs. Pour gagner du temps, je remonte en voiture vers le sommet du chemin de la Soule et me gare au départ du chemin qui dessert le hameau d'habitations au dessus de chez Patrick et rejoint le bas de la crête que j'ai descendu hier matin. La neige a tenu, grâce à la nuit froide, sur la végétation mais pas sur le chemin, il fait -1°C. Je décide d'enfiler ma sur-veste camo-neige mais pas mon sur-pantalon. Je pars en longeant doucement le chemin tout en surveillant au dessus et en dessous de ce dernier où alternent les zones de bois et de prairies enneigées. Un peu plus loin, des craquements se font entendre sur ma gauche, en dessous du chemin. Un animal se débine tranquillement dans la pente boisée mais la faible luminosité du sous bois ne me permet pas de le voir. Je poursuis sur le chemin craquant à cause du gel en espérant le voir sortir sur la prairie un peu plus loin. Je me poste un instant dessus de cette dernière sans succès avant de poursuivre. Le chemin se sépare en 2, tout droit il dessert le hameau, je prends la branche que descend vers les prairies. J'avance doucement et rejoins une zone où le bois vient toucher le chemin sur ma gauche avant de faire à nouveau place à la prairie. En arrivant à la fin de cette zone boisée, je m'avance tout doucement pour tenter de surprendre un animal au gagnage dans le découvert en contrebas. J'observe caché par une petite pointe d'arbres qui longe le chemin et domine la prairie. Un mouvement attire mon regard à environ 60 mètres en contrebas, dans une bande arborée de quelques mètres qui couvre un talus raide et domine la pente herbeuse où j'ai vu le 14 cors hier. J'observe un instant l'animal et identifie une biche qui broute de 3/4 face. L'approche va être compliquée, je reviens un peu en arrière, perdant la biche de vue, puis attaque de descendre la pente très raide par une sorte de grosse coulée qui biaise dans la pente entre les arbres en essayant d'apercevoir la biche entre les branchages mais elle semble avoir disparue. Alors que j'ai un peu plus de visibilité, avant de sortir plus à découvert, j'observe un moment amis la biche n'est plus là. 

Je remonte sur le chemin et recommence à le suivre doucement en direction de la crête à environ 250 mètres. J'avance droit sur une petite grange en pierre derrière laquelle broutent souvent des animaux dans la pente. Alors que je ne suis plus qu'à 15 mètres du bâtiment je me fais surprendre par un faon ou une bichette qui démarre du coin gauche du petit bâtiment à environ 15 mètres de moi, derrière un tracteur garé de cul. L'animal peine à se retourner pour fuir dans le passage étroit, barré par le petit tracteur qui interdit l'accès de mon côté, entre le mur de la grange et une haie épaisse qui délimite un replat d'environ 2 mètres avant le départ de la pente enherbée sous la haie. Il doit pencher la tête en arrière pour ne pas percuter le tronc d'un gros arbre couvert de lierre. Je me décale à droite pour tenter de voir passer l'animal mais rien. Le grondement d'alerte d'une biche retentit dans la pente derrière la grange. J'avance doucement le long du mur et aperçois une biche et son faon juste sur ses talons qui regardent vers moi sans vraiment me voir à environ 70 mètres. Ils démarrent au petit trot en rejoignent le bord du chemin à environ 100 mètres. Ils marquent une pause alors qu'une bichette surgit dans la pente derrière la grange et remonte les rejoindre au trot. Je suis trop loin et à découvert, je ne peux rien faire sans les affoler d'avantage. Les animaux traversent le chemin et le suivent puis prennent à droite pour remonter dans une combe qui longe la droite de la crête. Je les perds vite de vue derrière le relief du terrain et en profite pour m'avancer le plus rapidement possible en essayant de ne pas faire trop de bruit sur le chemin gelé. Arrivé au bas de la combe, je constate que les animaux sont déjà au bois. Je les entends avancer dans la feuille morte gelée, la biche pousse par moment un cri d'alerte, elle va me vider le secteur de chasse.

Je décide de tenter ma dernière chance, j'avance rapidement vers le bout du chemin qui se termine au départ de la crête puis commence à remonter au plus raide en la suivant. Je m'arrête tout les 4 à 5 mètres pour observer et écouter. Ma progression sur ce sol de feuilles mortes et de gravier est très bruyante et m'arrêter souvent permet de casser le rythme de mes pas. 40 mètres plus haut environ, alors que j'écoute, un bruit de pas dans les feuilles se fait entendre sur la gauche de la crête. Je reste un moment immobile, ne sachant pas vers où se dirige le ou les animaux mais le silence s'installe. Je remonte encore un peu en baisant à gauche pour voir derrière la crête mais rien. Les chute de paquet de neige de la cime des arbres me font souvent croire à l'arrivé d'un animal. Un mouvement m'interpelle plus de 100 mètres plus haut sans que je comprenne ce que je viens de voir, vu la hauteur par rapport au sol et la taille je pense à un oiseau. Je continue mon ascension ponctuée de halte contemplative quand c'est un bel écureuil presque noir qui biaise au sol, à environ 50 mètres au dessus de moi, s'arrêtant derrière chaque tronc pour descendre dans le creux à ma droite et rejoindre une touffe de noisetiers où je le perds de vue. Certainement la silhouette furtive vue tout à l'heure. Alors que j'observe les alentours, l'écureuil commence à ronger bruyamment. Je remonte encore un peu et me cale contre un gros arbre juste à ma droite pour observer. Je balaye le secteur du regard quand un mouvement furtif arrête mes yeux sur 2 têtes de chevreuils qui s'agitent derrière des troncs tombés en travers de la pente à environ 25 mètres.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Je me fige et observe, la chevrette en tête saute par dessus le dernier tronc et s'avance un peu vers moi puis prends à droite à environ 18 mètres, plein travers, pour descendre dans le creux à ma droite tout en baisant doucement, se rapprochant ainsi peu à peu de moi en glanant sa nourriture au sol. Je désencoche ma flèche équipée d'une lame QAD Exodus et la remets au carquois puis prends une autre flèche équipée d'une lame mécanique et l'encoche. Son chevrillard se fraye un chemin entre les troncs puis se tourne de cul pour grignoter quelque chose contre l'un d'eux. La chevrette se retourne et passe à environ 15 mètres plein travers se dirigeant vers la gauche de la crête. Le chevrillard se tourne face à moi et descend droit sur moi, passe derrière sa mère, descend encore de quelques mètres puis se tourne plein travers à environ 12 mètres et se met à manger tête au sol. 

Je suis à découvert à gauche de l'arbre mais les animaux ne me voit pas, ce camo neige est impressionnant. Patrick ayant un bracelet chevreuil en plus du C1, de la biche et du jeune cervidé, je décide de tirer ce chevrillard. J'arme mon arc et aligne ma visée derrière l'épaule avant de décocher. Ma flèche le frappe plus en arrière que prévu et j'entends l'impact de ma flèche dans du bois derrière l'animal. Le chevrillard cri puis fonce pour disparaître dans la pente à droite. Sa mère part en sens inverse, fait une bouche puis revient derrière les troncs et observe le secteur en aboyant un moment sans bouger. Elle longe ensuite derrière les troncs en aboyant puis remonte un peu et s'arrête en aboyant, revient un peu sur ses pas, hésite puis finit par remonter en s'arrêtant régulièrement et en aboyant. Il me semble entendre brièvement les piaulements de son jeune. Je la laisse s'éloigner sans bouger puis quand les aboiements sont suffisamment loin, je m'avance vers les troncs à la recherche de ma flèche que je trouve rapidement grâce au cresting et aux vannes rouges. Elle ne semble pas porter de sang mais sa couleur légèrement verdie est signe d'une atteinte de panse.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Je la ramasse, replie les lame et la réencoche. Pensant le chevrillard parti droit dans la pente je tente de couper sa piste de sang sans succès. Je tourne et retourne, reviens à l'endroit du tir pour me remémorer la scène mais rien n'y fait. Je tente alors de recouper plus haut et trouve une belle piste de sang qui remonte sur une pente peu prononcée, en contournant un avancement très raide de la crête. Le sang en grosses gouttes est bien visible sur les feuilles mortes et la neige.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Je le suis sur environ 10 mètres en prenant des photos du sang quand j'aperçois une boule suspecte partiellement cachée par les troncs de quelques arbustes à environ 15 mètres. Je me fige et observe, je finis par distinguer mon chevrillard toujours vivant. Il est de 3/4 face et regarde vers moi.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

J'ai posé mon arc au sol pour prendre les photos. Je reste immobile espérant le voir s'affaisser mais il garde sa tête haute et me fixe. Les minutes passent, il regarde sur la droite, j'attrape doucement mon arc, il tourne vite la tête vers moi. Je reste immobile, l'encombrement des troncs ne me permet pas de tenter une flèche et le temps joue pour moi. Le chevrillard finit par retourner la tête à droite et fait mine de se lever à plusieurs reprise puis regarde à nouveau vers moi un instant avant de recommencer à tenter de se lever. Cette fois il finit par réussir et part de cul à travers les arbustes puis décrit une boucle à droite, me présentant son flanc et la blessure d'entrée de ma flèche qui ne semble pas saigner, pour aller se recoucher 30 mètres plus loin. Je le distingue à travers les branchages et décide de tente une approche. Je me faufile tranquillement entre les arbustes mais perds le chevrillard de vue. Impossible de trouver sa couche. Une seule goutte de sang est visible 10 mètres plus loin dans la neige. Je suis sa trajectoire et arrive sur une zone dégagée à la sortie des arbustes. Le chevrillard est couché de 3/4 arrière, au pied d'une petite montée raide et me regarde sans bouger à 8 mètres. J'arme doucement mon arc sans qu'il ne bouge puis hésite, un tir de cage thoracique serait dévastateur pour la venaison, Chose que je n'ai jamais faite, je décide de viser la tête. J'aligne ma visée et décoche. Ma flèche le frappe à la tête. Il cri, se lève d'un bon et fuit en remontant la pente avec ma flèche en travers de la tête. Je suis horrifié, ma flèche n'a pas du tout eu l'effet escompté. Je me rapproche de la zone du tir et constate que le chevrillard perd maintenant pas mal de sang. Je suis la piste qui remonte sur quelques mètres puis descend droit dans la pente. La neige et les feuilles retournées permettent de voir la piste de loin et je la suis facilement sur environ 60 mètres, elle contourne maintenant un bouquet de noisetier puis rentre sous un gros buis où j'aperçois mon chevrillard qui s'est affaissé sur le ventre, tête au sol. Je m'avance sur lui, il donne alors un dernier coup de patte arrière pour tomber sur le côté, je le saisis, c'est fini à mon grand soulagement.

Je dégage ma seconde flèche qui rentre sur la droite du museau et ressort dans la gorge côté opposé. Je fais quelques photos souvenir avant de le vider.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Ma première flèche a atteint le foie et la panse. Il est temps de redescendre chez Patrick en suivant la combe qui longe la crête.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Alors que je longe le chemin pris pour venir tout à l'heure, une biche suivie d'une bichette démarrent en trombe de la bande d'arbre où se trouvait la biche ce matin. Pas de cerf ce matin mais que la montagne est belle quand elle s'habille de neige.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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Bonne visite, Alex

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LA RECHERCHE AU SANG

La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

GERS 32

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Chevreuil, ses points forts et ses points faibles
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