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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 12:35

Ce matin, je suis décidé à retourner sur la place de brame où j'ai blessé mon cerf. Patrick m'a parlé d'un très gros cerf qu'il a pu observer dans la semaine et je croise les doigts pour qu'il s'agisse du cerf blessé. Le réveil sonne vers 5 heures, je me prépare et pars pour Sarrancolin. Le ciel est bien étoilé, une belle journée s'annonce. Arrivé à l'entrée de Sarrancolin, je prends le chemin de hèches qui monte jusqu'au lieu-dit "A Panès" et me gare dans le dernier virage près du ruisseau. J’entrouvre la portière et tends l'oreille mais pas de brame dans le secteur, seul le bruit du ruisseau qui emplit l'air frais du matin.

Vers 6h30, je quitte ma voiture pour monter vers la place de brame et alors que je m'éloigne du bruit du ruisseau, je commence à entendre au loin, sur le versant opposé de la montagne les premiers brames. Le jour se lève petit à petit alors que je me rapproche du sommet de la montagne. Des sonos crachent un son techno sur le flanc opposé de la montagne, de l'autre côté de la route et cette musique poussée au maximum vient un peu gâcher la quiétude de ma matinée. C'est en fait une rêve-party. Le chemin bordé de fougères débouche sur une placette enherbée. Les chevaux broutent au milieu des genets sur le chemin de crête qui part dans mon dos. Le son de leurs cloches trouble le calme montagnard. Je traverse tranquillement la zone d'herbe rase puis rattrape un chemin de terre pierreux qui débouche un peu plus loin sur la place de brame. Le côté droit du chemin borde une zone boisée clôturée avec des fils électriques alors que le côté gauche descend sur une zone de fougères. 2 chevreuils démarrent à moins de 10 mètres sur ma droite et disparaissent dans les repousses de hêtres. Le chemin fait un léger arrondi autour de quelques arbres et alors que je les contourne doucement. Un grondement me fait lever les yeux. J'ai juste le temps d'apercevoir l'arrière train d'un grand cervidé non déterminé qui se jette dans la pente du côté des fougères. Je m'avance doucement quand des craquements me font tourner la tête vers le bois. Un jeune cerf, 6 cors dont seule la tête dépasse de la végétation m'observe à 15 mètres environ puis fait volte-face et s'éloigne à grand bruit dans la pente. Je reste un instant à l'écoute puis reprends ma progression lentement et en essayant de rester silencieux alors que les craquements viennent de s'interrompre. Le bruit reprend et s'arrête régulièrement en longeant à environ 30 mètres du chemin, je progresse lentement pour tenter d'apercevoir les animaux car il semble y avoir plusieurs cervidés à les entendre. Les animaux finissent par plonger dans la pente.

Je débouche sur la place de brame au bout du tunnel de noisetiers. Le son techno est toujours aussi présent. Des brames puissants se font entendre dans le creux sur la droite. Ces cerfs doivent être impressionnants mais sont hors de mon territoire de chasse sur la société de Hèches-Rebouc. Je m'avance doucement sur le chemin qui longe dans les genets clairsemés où j'ai fléché le cerf la semaine dernière quand un brame retentit dans les fougères, dans la pente de gauche. Je me décale rapidement dans les genets. Un cerf surgit à découvert dans une zone d'herbe rase à environ 80 mètres et pousse un brame léger. C'est un beau cerf mais son trophée ne semble pas exceptionnel et, à sa carrure, il est certain que ce n'est pas mon cerf de dimanche dernier.

Il semble vouloir traverser vers l'autre société de chasse et je décide de tenter une approche en prenant le parti de lui couper la route un peu plus bas. Je bouge à peine vers la droite alors que le cerf brame à nouveau sans conviction mais ce dernier repère le mouvement et regarde vers moi. Je me fige à moitié caché derrière un genet. Le cerf intrigué commence à venir vers moi mais le vent qui biaise vers lui le rappelle vite à l'ordre et il démarre, tête haute pour traverser dans les genets au petit trot avec la grasse du roi. Il stoppe en dessous de moi et ne peux plus me sentir, je suis maintenant à bon vent. Je sais que mes chances sont faibles mais je tente un coup de brame, effet immédiat, le cerf fonce dans la pente hors du territoire de chasse, ce qui est sûr c'est qu'il n'est pas le dominent du secteur. Je tente de l'apercevoir en m'avançant dans le sous-bois mais il doit déjà être loin.

Je pars faire un tour vers la grande piste taillée dans le rocher sur le flanc de la montagne opposée. Je coupe les virages du chemin en passant par une grosse coulée dans des fougères et des buis, le sol est jonché de traces. En arrivant au départ de la piste, j'entends un raire dans le bois au-dessus du chemin. Je me cale contre un talus de plusieurs mètres et avance ainsi à couvert puis commence à monter caché par des petits hêtres qui bordent une petite clairière enherbée. Encore un raire, je m'avance doucement mais le cerf que je ne peux pas encore voir m'a aperçu au travers des feuillages et pousse un grondement d’alerte. Je me fige et tente de l'apercevoir mais un second grognement précède un départ qui casse du bois sans que je puisse le voir. Je redescends rapidement du talus et m'avance rapidement vers un virage du chemin à 50 mètres environ avant de remonter dans la coulée la plus fréquentée en espérant voir arriver le cerf mais il est monté vers les sommets. Je coupe lentement à travers bois pour rejoindre la piste et il me semble entendre tousser en dessous. Je ressors sur la piste puis la longe en surveillant le dessous à la recherche d'un cerf. J'arrive à l'abreuvoir au bout de la piste quand je croise le même chasseur que dimanche dernier, il fait le pied et vient de trouver les sangliers qui semblent remisés au-dessus de nous. Il part vérifier la piste du dessus pour voir s’ils ne sont pas montés alors que je pars jeter un coup d’œil dans l'enclos un peu plus loin. Rien ce matin, si ce n'est un chevreuil qui démarre 40 mètres plus bas sans se montrer et en aboyant. Le son techno rugit toujours au milieu de quelques brames lointains. 

Je retourne vers la place de brame. Les cerfs ne brament que sur le penchant de la société voisine, je décide de cacher mon arc sous des feuilles mortes et de tenter de m'approcher de ces cerfs pour les voir. Je descends le long du chemin de terre, plusieurs cerfs à la voix impressionnante brament soit sous le chemin soit contre le flanc opposé de la montagne mais la végétation est trop dense et je ne parviens pas à les voir. Je reste un moment à les écouter puis remonte vers le col pour récupérer mon arc. Je reste un moment à l'écoute pour tenter de repérer un cerf chassable mais le temps passe et toujours rien. La sono finit par se taire alors que le soleil commence déjà à taper. Je me pose sur un rocher à l'écoute. Vers 11 heures,  un brame timide se fait entendre vers la piste taillée dans le rocher et je me relève pour tenter une approche mais au même moment la voix d'un chien retentis en haut de la montagne. Je me rapproche tranquillement de l'endroit estimé du brame quand des pneus crissent sur les graviers de du chemin. C'est l'équipe de Sarrancolin qui vient pour les sangliers.

3 4x4 s'arrêtent à ma portée, ce sont les piqueurs avec les chiens, ils m'informent que les lignes de postés sont en place et qu’ils vont lâcher vers l'abreuvoir. L'un des piqueurs me parle d'un gros cerf vu vendredi soir et qu'il a photographié puis ils partent lâcher et je décide de me poster au-dessus de la piste sur une grosse coulée de cerf. Les 4x4 s’éloignent et je remonte doucement au-dessus de la piste mais j'aperçois un posté un peu plus haut. Je le salue et fais demi-tour pour ne pas le déranger. Je vais longer la piste et surveiller les traversées au cas où la battue dérangerait un grand cerf.

Je m'avance doucement sur la piste vers un passage obligé dans le rocher quand un coup de carabine venant du posté que je viens de saluer me fait sursauter. Des animaux descendent vers la piste dans un bruit de feuilles sèches piétinées et retournées. Le bruit s'arrête juste en haut du talus rocheux puis 3 sangliers sautent d'un trait sur la piste et la traverse dans la foulée. Une bête rousse en tête de 40 kg environ et 2 petits d'à peine plus de 10 kg qui la suivent. Ils sont presque plus noirs que la bête de tête ce qui est curieux à leur âge. Les sangliers se débinent dans la pente et passent à 30 ou 40 mètres en dessous de moi avant de prendre la descente. La voix des chiens se fait maintenant entendre, ils arrivent vite à la piste et la traverse à 10 mètres plus loin, que les sangliers pour éviter l’à pic rocheux puis reprennent le pied et foncent vers la vallée. Une biche dérangée par les chiens remonte vers moi puis se cale dans une boule de buis. Rapidement 2 autres coups de carabine résonnent sur le flanc opposé de la vallée et les chiens s'arrêtent.

Je continue à longer la piste en cherchant du regard vers le bas. Rien, je retrouve les piqueurs un peu plus loin, ils n'ont pas eu le temps de lâcher seuls quelques chiens qui ont échappés ont fait la chasse à 10 minutes. Sur le flanc de montagne opposée, un posté qui a tué un des petits sangliers peine à séparer 2 courants qui se le disputent. Le petit sanglier finit par rouler vers le chemin un peu plus bas où un autre chien l'intercepte. Le premier coup de carabine a été mortel lui aussi d'après ce que je comprends. Le piqueur qui a pris le cerf en photo me propose de venir le voir au 4x4 sur son APN. Je le suis, les images défilent puis s'arrête sur un cerf énorme à la robe chocolat et bien coiffé, j'en suis presque sûr, il semble s'agir de mon cerf. Je n'avais pas noté le détail de la couleur particulière de son pelage car il était trempé à cause des précipitations de dimanche dernier mais ses bois... il me faut tout faire pour le retrouver, je vais me focalisé sur cet animal durant ma semaine de congés, au moins les premiers temps.

Les 4x4 font demi-tour et je retourne vers le bout de la piste, j'en fais de même et retrouve une partie des postés et les piqueurs autour d'une laie de près de 50 kg environ. Vu les tétines c'était la mère des petits. Les allaites sont sèches, ils étaient donc sevrés. Les chasseurs quittent les lieux et la montagne retrouve son calme mais les cerfs dérangés par la battue se sont tus. Je décide de sauter le repas de midi et de rester en montagne jusqu'au soir. Il est 12h30 environ et je m’allonge au soleil pour une petite sieste.

Vers 14h30, les premiers cerfs recommencent à bramer mais sur la société voisine. Ils semblent remonter vers le col, je décide d'aller me poster au coin du bois, à l'endroit où j'ai perdu de vu mon cerf fléché. Je me pose, assis sur une vielle souche à moitié pourrie. J'ai une bonne vue d'ensemble du col devant moi et écoute les cerfs qui remontent doucement à donnant de la voix.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

Sur ma droite, le bois de hêtres clairsemés me permet de voir assez loin.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

L'un des cerfs bifurque pour remonter en montagne au loin, un autre passe à moins de 30 mètres sous la piste empierrée en dessous de moi puis redescends dans la vallée. Je profite de ce chant que j'aime tant quand tout à coup un grondement me réveille. Un cerf est à 40 mètres environ derrière moi, je me lève doucement et pars me poster sur la pointe des pieds derrière un gros houx. 2 grognements de plus et le cerf se tait, plus un bruit, je ne l'ai pas entendu s'éloigner mais je pense qu'il est parti et m'a repéré.

Je me décale au milieu des genets et surveille le dessous de la piste mais les cerfs semblent descendre vers le fond de la vallée. Le temps passe et le secteur reste calme pas le moindre cerf. Le soleil est passé derrière la montagne et le jour décline lentement. Je décide de partir à l'approche. Je longe très lentement la piste côté pente quand tout à coup un léger craquement me fait stopper net. Un faon me regarde, il est à 7 ou 8 mètres de 3/4 arrière. Sa mère broute tranquillement en remontant vers la piste à 12 mètres environ. Il regarde alternativement sa mère et moi mais voyant qu'elle est tranquille il ne s'inquiète pas et s'avance doucement vers sa mère puis ils remontent doucement vers la piste. Je m'avance doucement pour leur couper la route quand le faon surgit de la végétation à moins de 10 mètres devant moi. Je tente de le prendre en photo avec un APN de prêt car je ne récupère le mien que dans une semaine au mieux.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

Au flash, le faon fait volte-face et fonce dans la pente avec sa mère qui fuit sans vraiment savoir pourquoi. Ils s'arrêtent 30 mètres plus bas et la biche commence à pousser des cris d’alerte.

Je m'éclipse doucement et rattrape la piste à flanc de montagne, rien jusqu'à l'abreuvoir. Je fais demi-tour et reviens doucement quand, arrivé presque au bout de la piste, un brame tout proche retentit. Je m'avance lentement et aperçois un jeune cerf qui arrive. Je me cale rapidement contre la paroi rocheuse et attrape l'APN. Je pose mon arc et m'avance doucement prêt à prendre une photo, le cerf est à moins de 20 mètres, il broute paisiblement sur la bordure de la piste. Je le prends en photo mais malgré le flash il ne bronche pas. Je me rapproche encore un peu et prends un autre cliché, le flash lui fait lever la tête. Il regarde un instant vers moi puis rebaisse la tête et se remet à brouter. Je m'approche encore un peu et recommence à prendre une photo, à nouveau le cerf redresse la tête et regarde vers moi sans comprendre avant de se remettre à brouter.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

L’opération se répète plusieurs fois et je me rapproche petit à petit sans qu'il ne soit inquiété. A environ 15 mètres, je me prépare et fait claquer ma langue contre mon palet, le cerf redresse la tête et je le prends en photo,

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

cette fois l'éclair lumineux le fait démarrer. Il s'arrête 50 mètres plus loin. Je vais chercher mon arc puis retourne vers le col alors que le jeune 6 me regarde m'éloigner sans peur.

Toujours pas de cerf sur la place de brame. Je traverse le tunnel de noisetiers puis redescends vers le chemin au milieu des fougères. Un brame retentit à 150 mètres environ. Je m'avance rapidement jusqu'à avoir vue sur une zone de fougères coincée entre un bois de hêtres et une bande de genets et aperçois un beau cerf, 8 ou 10 cors mais je bouge à peine alors qu'il brame et il démarre pour rentrer au bois où il se remet à bramer. Je tente de me rapprocher doucement mais le vent n'est pas bon et le sol craquant quand tout à coup un bruit me fait tourner la tête à droite dans les fougères. Une biche, inquiétée par les chevaux, vient vers moi et s'arrête à 20 mètres de face en regardant derrière elle. Je la regarde un instant puis tente une approche jusqu'à la lisière du bois, elle démarre et rentre au bois. Je ne reverrai pas le cerf. Cette fois la nuit tombe, il me faut rentrer. En chemin, je dérange un sanglier dans les fougères qui se débine sous la piste. J'arrive à ma voiture à la lueur de ma lampe.

 

Alex

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 04:30

Ce soir, nous avons décidé d'aller chasser avec Manu le chevreuil sur Labéjan. Le territoire est grand et nous chasserons à l'approche chacun de notre côté. Nous partons de chez moi vers 18 heures, il a plu ce matin et nous pensons voir sortir les chevreuils de bonne heure. En route, en longeant le bas du bois du Turc, j'aperçois un chevrillard seul au gagnage au bord d'un maïs étroit, coincé entre la route et le Sousson. Je me gare un peu plus loin et propose à Manu de se tenter une approche. Il est ok. Le vent est bon et soutenu. Manu s'équipe et je le suis sans arc, juste en observateur. J'ai perdu ma cagoule en ramenant mon sanglier à la voiture jeudi, je mets donc une casquette avec un voile pour dissimuler mon visage et nous voilà parti par la route. Manu passe devant et semble très décontracté, nous arrivons presque à l'angle du maïs et je suggère à Manu d'encocher une flèche car, je pense que le chevrillard est à portée de tir de la route. Nous l'apercevons par-dessus le maïs, il broute tranquillement. Nous faisons demi-tour et Manu descend doucement le talus du fossé à 10 mètres de l'angle du maïs, par chance le bruit des feuilles de maïs sèches agitées par le vent cachent le bruit de sa descente. Je me cale en observateur au bord de la route alors que Manu longe doucement le maïs. Le chevrillard broute toujours tranquillement.

Manu arrive sans difficulté à l'angle de la culture. Il observe un instant puis s'avance tout doucement en longeant le maïs. Le chevrillard relève la tête, Manu se fige. Des voitures passent sur la route et j'ai peur du coup de klaxon mais non, personne n'est décidé à nous casser la chasse. Le chevrillard rebaisse la tête et Manu tente encore quelques pas mais, tout à coup, le chevrillard semble nerveux. Il redresse la tête puis commence à s'avancer droit sur Manu ! Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo qui est en réparation, ça aurait valu un petit film. Manu reste immobile alors que le chevrillard se rapproche au pas. Il est maintenant à portée de tir et Manu ne bouge toujours pas, il a laissé passer plusieurs fois sa chance d'armer et il va être trop tard. Je lui chuchote un : "Arme Manu, arme" et Manu arme mais il est déjà trop tard, le chevrillard qui n'a rien compris biaise au petit trot vers la route, laisse passer une voiture puis traverse pour rentrer dans le bois du Turc. Dommage, je trouvais pourtant l'occasion belle mais Manu ne l'a pas senti.

Nous retournons à la voiture pour finir d'arriver sur notre secteur de chasse. Je me gare sous la digue du lac et nous partons en chasse. Je laisse Manu choisir son secteur et pars chercher ma cagoule restée accrochée dans les ronces. Ma cagoule sur la tête, je fais un grand tour pour contourner le secteur de Manu et ne pas le déranger puis rattrape le chemin de terre en crête de la colline. J’espérai recroiser le chevrillard pour l'approcher cette fois à bon vent mais il n'est pas de sortie. J'observe la maïs où se trouve certainement Manu actuellement et poursuis jusqu'à une autre parcelle de céréale séparée de la première par le chemin qui bifurque à 90°. Je n'ai jamais chassé ce maïs et ne le connais que vu de loin. Au coin du maïs, je quitte le chemin et continue tout droit vers le premier passage de canon. Pensant voir loin dans ce passage, je m'avance en face du passage. Erreur grossière, la visibilité n'est que de 20 mètres à cause du relief du champ et je viens de perdre une occasion de tir magnifique. A 5 mètres devant moi, le petit brocard daguet vu jeudi broute tranquillement mais sentant ma présence il relève la tête et fait volte-face dans la foulée pour disparaître dans le maïs. Sur ce coup j'ai pas été bon !

Je continue vers le second passage de canon, ma dernière chance sur ce champ étroit car il n'y en a que 2.  J'arrive tout doucement et tente de voir au travers du maïs quand tout à coup j'aperçois un dos dans la végétation qui pousse dans le passage de canon. Un chevreuil broute plein travers à moins de 10 mètres de moi. Je suis juste caché par quelques pieds de maïs et si le chevreuil redresse la tête... Trop tard, je n'ai pas eu le temps d'armer, la jeune chevrette a relevé la tête et me fixe. Je reste parfaitement immobile. Le temps passe et ses yeux me fixent toujours puis son attention baisse et elle commence à tourner la tête dans l'axe du corps puis encore un peu, c'est le moment d'armer. Je monte mon arc et commence à armer mais elle retourne la tête vers moi. Je me fige à nouveau l'arc tenu devant moi. La position n'est pas très confortable. a chevrette fait quelques mouvements de tête pour mieux voir puis reste un moment immobile à me fixer.  Le temps passe puis elle tourne la tête pour regarder par-dessus son dos. Cette fois c'est ma chance.

J'arme rapidement mon arc mais finis l'armement au moment où ses yeux se reposent sur moi. Je reste armé et immobile un moment puis la chevrette tourne à nouveau la tête dans l'axe du corps et je sens bien que je vais devoir être très rapide car elle va démarrer d'un instant à l'autre. Je cale mon viseur sur son coffre et décoche. A l'impact, la chevrette démarre en trombe, ressort au bout du maïs sur ma droite, traverse la bande enherbée et rentre dans le bois. Du sang jaillissait de son épaule, je suis confiant. Rapidement, un gros bruit retentit, le chevreuil vient de rentrer dans un arbre. Le calme revient, je pars faire ma recherche. Je vais d'abord chercher ma flèche qui est cassée au ras des empennages. Il y a beaucoup de sang dès l'impact et je par directement à l’entrée du bois. Beaucoup de sang ici aussi, je le suis facilement et retrouve rapidement ma chevrette morte en lisière du bois à 20 mètres sur ma gauche. Ma flèche passe au travers du cœur. Une grosse masse de sang bulleux sort de son épaule.

Je la récupère pose le bracelet et pars la poser à la voiture. Il est encore tôt et je décide d'aller faire un tour à l'opposé du lac. Je passe par un passage de canon dans une parcelle de maïs semée très tard sur un blé grillé par la sécheresse. Il est encore très vert et irrigué régulièrement mais il semble peu fréquenté aux vues du peu de traces au sol. En sortant du maïs, il me semble apercevoir au loin un chevreuil au gagnage de l'autre côté d'une haie. Je me colle au ru du déversoir du lac et longe le bois en direction de la haie. Je tente d'apercevoir le chevreuil au travers mais ne vois rien, j'ai du mal voir. Je longe la haie vers un passage pour la traverser et fais déguerpir une grosse chevrette non suitée. Je la regarde partir puis reprends ma progression. Je franchis un peu plus loin le ru par un passage busé et remonte en crête de la colline dans un champ travaillé quand j'aperçois la chevrette elle est de nouveau au gagnage dans la friche à 70 mètres sur ma gauche. Je vais tenter une approche, je remonte le champ travaillé le plus voûté possible et parviens au sommet grâce au relief du terrain qui me cache à la vue du chevreuil. Je bifurque et rentre dans la friche au milieu d'une végétation haute mais sèche et craquante. La chevrette semble se diriger vers un petit bois un peu plus loin et je vais essayer de lui couper la route mais les craquements répétés me font repérer et la chevrette se fige pour regarder dans ma direction, elle est 60 mètres sous moi et je suis caché dans la végétation. Intriguée elle change de trajectoire et remonte vers moi puis biaise à nouveau pour prendre le vent. Il me faut descendre pour tenter de l'approcher mais je fais trop de bruit et elle regarde à nouveau vers moi. Perdu pour perdu, je tente de l'aboyer mais elle démarre et s’arrête 150 mètres plus loin pour me regarder remonter vers la crête avant de rentrer au bois.

De la crête j'aperçois dans le creux du champ, encore en chaume, au-dessous de moi, un animal qui se débine et passe sous un gros arbre oublié au milieu du champ. Le relief du champ me le cache sans que je n’aie le temps de l'identifier. Je m'avance doucement au travers du chaume de blé et finis par apercevoir un gros chat qui détale en me voyant. En le regardant fuir, j'aperçois un couple de chevreuil à 150 mètres sur ma droite. Je profite du relief du champ vallonné pour tenter une approche puis traverse un rond de tournesols rabougris non moissonnés au milieu du blé pour masquer ma silhouette alors que le jour décline vite. Je repasse derrière la crête puis reviens vers les chevreuils mais je n'en vois qu'un qui broute et le second m'aperçois durant mon approche et donne l'alerte. Ils détalent en direction du bois. Il fera vite nuit, je retourne à la voiture.

Manu a eu moins de chance que moi mais a tout de même eu 3 chevreuils à moins de 10 mètres sans pouvoir les flécher.

Une chevrette à l'approche, 24 septembre 2011

Alex

 

Atteinte :

Une chevrette à l'approche, 24 septembre 2011

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:58

Ce soir, je retourne sur le secteur chassé mardi en espérant revoir le renard galeux ou les sangliers. Arrivé sur place, je commence à longer le maïs qui borde le lac mais le renard n'est pas là. Je dépasse le maïs et surveille le chaume du tournesol semence qui a été récemment broyé mais toujours rien. Je poursuis en longeant le lac, puis le ruisseau d'alimentation et le traverse par le passage busé en direction du second maïs. J'arrive prudemment au coin de la culture au cas où un chevreuil se trouverait sur la bande enherbée mais rien ne bouge. Je longe tranquillement entre le bois et les céréales. En arrivant près du coin du bois, au niveau de mon poste à blaireau, je décide de me rapprocher du bois pour inspecter une souille dans le fossé qui longe la bande enherbée. Alors que j'ai fait quelques pas et que je me retrouve à découvert, j'ai une impression bizarre et tourne la tête à droite. Un jeune brocard daguet m'observe, immobile, plein travers à environ 50 mètres. Je me fige mais il est trop tard. Nous gardons la pause un moment mais le petit cervidé décide de mettre fin à ce jeu et gravit le talus du champ travaillé d'un bon puis s'éloigne en remontant vers l'angle du bois.

Je le regarde s'éloigner puis remonte le champ travaillé pour rattraper le chemin de terre en crête de la colline. Du chemin, je regarde la combe suivante espérant voir quelque chose mais rien ne bouge. Je poursuis mon chemin en direction de la grande luzerne au fond de laquelle se trouve le petit bosquet où se gîtent les sangliers. Du chemin de crête j'observe la combe quand j'aperçois la silhouette furtive d'un petit chevreuil qui avance en broutant dans la luzerne. Il me faudrait arriver sans être vu jusqu'à une ligne de balles rondes laissées à environ 20 mètres de la bordure du bois. Je longe rapidement le chemin pour que le chevreuil se trouve masqué par le bosquet, puis je m'avance dans la luzerne en direction du bosquet que je longe doucement en descendant vers l'angle. Arrivé au coin du bosquet, j'observe un instant le chevreuil qui est en fait un chevrillard, certainement celui qui s'est séparé de sa mère mardi. Comment me rapprocher en plein découvert ? Le chevrillard me tourne le dos et avance lentement en louvoyant au grès de ses prises de nourriture, puis il disparaît derrière une bosse du champ. C'est le moment, je me décale rapidement vers les balles rondes mais le vent est dans mon dos, il me faut me décaler plus à droite pour espérer réussir mon approche. Je suis en plein découvert et j'avance très doucement car la luzerne craque sous mes pas. Petit à petit, je me rapproche de la bosse qui me cache le chevreuil quand, tout à coup, la tête du chevrillard surgie de la végétation. Il était couché et vient de me sentir. Je me fige mais il détale aussitôt vers la bande de bois sur ma droite.

Bon passons aux choses sérieuses. J'ai repéré le weekend dernier une belle souille dans le fossé qui borde le bosquet, elle se trouve au bout d'une très grosse coulée qui descend du bois. La remise est à 40 mètres environ de là. Le vent est très mauvais, je rentre par la coulée et me cale à sa droite derrière un petit noisetier juste en bordure du bois en espérant que les sangliers sont gîtés plus haut et qu'ils ne vont pas me sentir. Plusieurs coulées descendent vers la souille et se réunissent pour sortir du bois, d'autres coulées passent plus haut parallèlement à la bordure du bosquet. Le poste me plait bien et l'attente va être brève, au bout de 5 minutes environs, il me semble entendre un craquement parmi le bruit des glands qui tombent au sol. Les craquements deviennent de plus en plus audibles, c'est sûr ce sont les sangliers. Tout à coup, les craquements semblent descendre droit sur moi et j'arme mon arc mais le temps passe et le bruit fait du sur place.

Je désarme. Au bout d'un moment, les sangliers décident cette fois de descendre d'une traite. Je réarme. Un sanglier d'environ 70 kg se présente à environ 12 mètres plein travers. Mon viseur se cale et je le suis alors qu'il s'avance pas à pas en fouillant le sol, un autre sanglier de la même taille se présente 3/4 arrière, plus haut, à 15 mètres sur une grosse coulée qui longe dans le bosquet et je devine un autre sanglier plus petit qui descend vers moi par une coulée plus proche. Je me ravise, le premier sanglier doit être la laie meneuse, je désarme et laisse faire. Les 2 premiers sangliers sont maintenant dans les branchages et non tirables mais le plus petit descend de plus en plus en fouillant le sol. Je réarme et le suis, il est à moins de 10 mètres, j'attends de bien voir son coffre se dégager. Mon viseur est calé, je décoche.

A l'impact, le sanglier tombe sur place et se met à couiner sans bouger. Les autres sangliers qui n'ont pas compris le regardent d'un peu plus haut. C'est une flèche de colonne, il me faut rapidement l'achever. Je prends mon couteau et m'avance vers lui mais un des sangliers fonce sur moi et stoppe à 3 mètres face à moi. Je range mon couteau et réencoche une flèche au cas où mais ce dernier semble comprendre et fait demi-tour en poussant un souffle rauque puis s'immobilise à 12 mètres environ au-dessus de moi pour m'observer alors que son collègue s'éloigne en soufflant. Le sanglier, que je croyais immobilisé, se redresse sur ses patte avant et me charge. Je l'évite sans problème et le laisse passer, au passage j'ai pu voir ma sortie de flèche 30 cm avant le cuissot en plein milieu de la hauteur de l'abdomen. Ma flèche n'est pas bonne et je ne comprends pas pourquoi, a t'il bougé à la décoche ? Mon arc est pourtant bien réglé.  Le sanglier chute lourdement à 6 mètres environ et se met à tourner sur lui-même sans pouvoir se relever. Il se fatigue vite et se couche sur le flanc en me présentant son ventre. Je lui ajuste une flèche d'achèvement qui rentre 15 cm derrière la patte avant, casse la colonne et traverse les poumons. Le sanglier bronche à peine et rend rapidement son dernier souffle.

Une soirée sanglier, 22 septembre 2011

Alex

 

Atteinte :

Une soirée sanglier, 22 septembre 2011

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 23:15

Ce soir, je décide de revenir faire un tour au chevreuil mais je pars plus tard que la veille, de la route j'aperçois un chevreuil solitaire qui traverse le champ travaillé en direction des maïs mais à plus de 100 mètres et en roulant je n'arrive pas à distinguer son sexe. Je me gare un peu plus loin et reviens tranquillement vers l'angle du maïs puis commence à le longer par la bande enherbée. Je surveille également le ruisseau à ma gauche au cas où un ragondin imprudent voudrait jouer avec sa vie. Le chevreuil n'est plus là, il a dû rentrer dans le maïs ou revenir vers les bois.

Je longe un moment le champ sans voir de chevreuil quand, tout à coup, j'aperçois au loin 2 chevreuils. Je me rapproche doucement à genoux dans les hautes herbes du bord du fossé et finis par identifier un brocard et une chevrette. Ils sont encore à plus de 80 mètres en plein découvert et l'approche risque d'être difficile. Je tente de me rapprocher encore un peu en longeant le fossé. Les orties me piquent au travers de mes vêtements et je suis pris de fortes démangeaisons mais il faut résister. Je progresse très lentement mais la chevrette tourne la tête juste au moment où je bouge. je me fige mais ses yeux restent braqués sur moi. Le brocard inquiet cherche lui aussi ce qu'a pu voir la chevrette et ses 2 paires d'yeux qui me fixent. Je tente de rester un moment immobile quand une chevrette et ses 2 chevrillards prennent le galop au loin sans raison apparente. Le brocard et la chevrette les observent puis prennent le galop pour les rejoindre et tout ce petit monde rentre dans le maïs. Je tente de me rapprocher de l'endroit où je les ai vu rentrer mais impossible de les retrouver.

La luminosité baisse doucement et je décide de revenir tranquillement vers la voiture. Un tache sombre m'interpelle au bord d'un bosquet sur ma droite et je tente une approche sans trop y croire au travers d'un chaume de blé très craquant. J'approche en aveugle en restant dissimuler derrière le bosquet pour ne pas être vu mais à mon arrivée, je me penche doucement à l'angle du bosquet pour constater que l'animal n'est plus là. J'ai perdu du temps et maintenant la nuit tombe rapidement.

Je longe le maïs d'un pas assez rapide quand un chevreuil démarre à 5 mètres devant moi et franchit le ruisseau. Je m'agenouille rapidement au bord du fossé et l'aboie. Le chevreuil s'arrête net à 20 mètres et regarde vers moi. Il fait sombre et le chevreuil n'arrive pas à m'identifier. je continue à l'aboyer et il commence à venir vers moi d'un pas saccadé, marquant des pauses d'observation et m'aboyant à son tour. Nous nous répondons un instant et il vient doucement pour me passer plein travers à 12 mètres environ. J'arme doucement mon arc tout en aboyant. Le chevreuil m'aboie de plus belle et se fige. Je cale mon viseur tout en lui répondant et peine un peu à prendre ma visée à cause de la faible luminosité puis décoche. Un impact cassant précède la fuite saccadé et bruyante de l'animal qu'il me semble entendre tomber à environ 50 mètres.

Je reste un moment immobile et le calme revient alors que la nuit tombe très vite. Au bout d'un moment, j'allume ma lampe et pars contrôler mon tir. Je retrouve rapidement beaucoup de sang et ma flèche.

Une chevrette trop curieuse

La piste continue et très abondante est facile à suivre

Une chevrette trop curieuse

et je retrouve rapidement ma chevrette allongée sur le flanc. Ma flèche rentre à la base du cou et ressort dans l'épaule opposée en cassant l'humérus d'où ce bruit cassant et touche le cœur. Elle n'a fait que 50 mètres environ avant de tomber. Elle n'a pas de lait, elle n'était donc pas suitée.

Une chevrette trop curieuse

Alex

 

Atteinte : 

Une chevrette trop curieuse

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 04:20

Ce soir, en sortant du boulot, je pars chasser le chevreuil sur Labéjan. Arrivé vers 18h30, je me gare sous la digue du lac et me prépare avant de partir en chasse. J'attaque en longeant le maïs sur la droite du plan d'eau. Le soleil descendant face à moi est éblouissant et il me semble apercevoir furtivement un animal qui rentre dans les céréales à 30 mètres devant moi. Je me rapproche doucement de l'endroit où je l'ai vu rentrer mais je ne vois rien. Je reprends ma progression tranquille sur la bande enherbée quand un renard surgit du maïs à 40 mètres devant moi. Il s'avance un peu vers le lac, sa silhouette est très élancée et son pelage semble mité, il doit certainement avoir la gale. Il s'assoie sur la gauche de la bande enherbée en me tournant le dos et commence à se gratter énergiquement la base du coup. Je me décale rapidement vers le maïs et me cale dans le premier sillon puis commence à faire quelques cris de souris. Le renard toujours assis arrête de se gratter et regarde vers moi puis il se lève et commence à venir au petit trot quand le vent tourne et se met à souffler dans mon dos. Il stoppe net, à 30 mètres, face à moi, et rentre rapidement dans la maïs. Je tente encore de l'appeler mais c'est peine perdue.

Je ressors du maïs et m'avance jusqu'au coin du champ. Un animal est assis presque au bout de la largeur du champ, à environ 100 mètres et je pense tout d'abord au renard mais il démarre avec une démarche qui même à cette distance ne peut pas tromper, c'est en fait un gros lièvre qui disparaît dans le chaume de tournesol semence. Je me cale derrière des gros peupliers au bord du lac et tente à nouveau des cris de souris mais rien ne vient. Je poursuis ma route vers la passage busé qui traverse le ruisseau un peu au-dessus du lac. Le trou d'eau sous le passage est boueux, un ragondin a certainement dû passer il n'y a pas très longtemps. Je longe le ruisseau, côté gauche en direction du second champ de maïs. La végétation a déjà bien séché malgré la pluie de ce weekend et elle craque sous mes pas malgré mes précautions.

En arrivant au coin du maïs, je ne suis pas assez prudent et m'avance trop rapidement sur la bande enherbée. Je stoppe net en apercevant un bocard couché à 50 mètres environ en plein découvert au bord du fossé qui longe le bois. Il regarde vers moi avec insistance, je n'ai même pas abaissé ma cagoule et il m'a repéré. Je m'attends à le voir partir rapidement. Je reste immobile et baise la tête puis abaisse doucement ma cagoule quand le brocard repose la tête au sol. Incroyable, il ne semble pas inquiet. Je fais lentement un grand pas vers le maïs mais il redresse la tête au beau milieu de mon mouvement et je me fige, les jambes très écartées en équilibre précaire. Le brocard regarde vers moi un moment et je suis obligé de ramener très lentement ma jambe pour garder mon équilibre. Une fois mes pieds réunis, je m'immobilise mais le brocard, qui a vu quelque chose sans savoir quoi, se redresse et se plante plein travers pour m'observer un instant. Je reste immobile et il décide de s'avancer vers moi pour m'observer de plus près puis il stoppe net et se gratte énergiquement le flanc avec ses bois en tournant la tête vers son arrière train. J'en profite pour me coller au maïs. Il se remet en marche et avance lentement en se collant contre la bordure des céréales puis s'arrête à nouveau pour se gratter avec sa patte arrière et tourne à nouveau la tête. J'en profite pour me poster derrière le premier rang de maïs dans une zone clairsemée. Le passage de canon tout proche me permet de l'observer en faisant une trouée dans les céréales. Il arrive tranquillement mais sûrement en s'arrêtant plusieurs fois pour observer. Il semble vouloir prendre la passage de canon à une dizaine de mètres sur ma gauche mais se ravise et revient vers la bordure du bois. Je profite de son passage derrière une partie serrée du rang de maïs pour armer mon arc, il est à 12 mètres environ. Je le suis dans mon viseur au travers des pieds de maïs. Il s'arrête encore juste avant de se dégager puis s'avance à découvert à 7 mètres environ de 3/4 face. Je cale ma visée sur son épaule et décoche. Ma flèche est un peu haute sur l'épaule, l'impact est cassant et le chevreuil s'écroule sur place. Il saigne abondement et se met à gueuler. Je pose mon arc et me précipite. Je dégage ma flèche restée en travers pour ne pas me blesser et immobilise le brocard pour l'achever rapidement. La flèche est ressortie au niveau du foie.

Il est tout juste 19 heures, je décide de ramener ma prise à la voiture et de me remettre en chasse. Une fois le brocard dans le coffre de ma voiture, je repars vers le maïs. Je longe le fossé qui borde le bois, les sangliers se sont souillés à plusieurs endroits. J'avance doucement et remonte dans chaque passage de canon pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais malgré de nombreuses traces, je ne vois pas le moindre animal. Je me dirige vers le dernier passage de canon quand je me fige au milieu de la bande enherbée. 25 mètres devant moi, un chevrillard m'observe en plein milieu de la bande enherbée et une chevrette est plein travers, à moitié sortie du maïs. Le chevreillard est inquiet et curieux à la fois. Il hésite, se rapproche d'un pas, regarde sa mère, pars vers le talus au-dessus du fossé, refait un pas vers moi et regarde à nouveau sa mère qui ne semble pas très inquiète, elle regarde vers moi sans sembler me voir et reste immobile puis se met à regarder devant elle. Il me semble entendre du bruit dans le maïs. Le petit chevrillard devient tout à coup très inquiet et remonte le talus en 2 bons pour s'avancer dans le champ travaillé et m'observer à bonne distance. Sa mère semble indécise et regarde derrière elle. Un autre chevrillard doit encore se trouver dans le maïs. Je me colle contre les céréales et profite d'une courbe du champ pour approcher sans être vu par la chevrette mais également sans la voir. Je gagne facilement et rapidement plus de 10 mètres et me penche pour apercevoir les chevreuils. Le chevrette se débine devant moi à 30 mètres et remonte le talus pour se planter plein travers derrière un gros peuplier. Un chevrillard surgit du maïs à environ 15 mètres. J'arme rapidement mon arc et prends la visée. Il avance au pas de 3/4 arrière puis stoppe. Mon viseur se cale et je vais décocher mais le chevrillard donne un coup de rein pour partir et je donne un coup de bras de côté pour tenter de ne pas le blesser. Ma flèche passe heureusement derrière lui et disparaît sous les herbes. Les chevreuils s'éloignent et m'observent au loin alors que je cherche ma flèche qui est introuvable. Un chevrillard rentre au bois alors que l'autre et sa mère, passent la crête du champ et disparaissent.

Ma flèche reste introuvable, le chevrillard séparé de sa mère va certainement chercher à la rejoindre. Je remonte en crête du champ travaillé pour tenter d'apercevoir la chevrette et me poste un instant au coin d'un petit bosquet mais rien ne bouge. Je longe le chemin de terre qui suit la crête puis reviens vers l'angle du bois mais toujours rien. Je décide de jeter un coup d’œil dans la luzerne qui couvre l'autre penchant de la colline et descends vers un petit bosquet fourré où se trouvent souvent les sangliers. Quelque chose bouge au coin du bosquet, c'est justement un sanglier qui fouille le sol, un second suidé sort du bois et le rejoint puis ils commencent à remonter en longeant la bordure du bosquet. Je contrôle le vent, il n'est pas bon et je dois faire un grand détour pour ne pas les affoler. Je fais demi-tour et m'avance par le chemin de terre pour me positionner à bon vent puis observe les sangliers. Ce sont 2 bêtes rousses. Ils retournent dans le bois. Je traverse la luzerne en crête et rejoints l'angle haut du bosquet puis descends tout doucement vers l'endroit où sont rentrés les sangliers. Arrivé au coin bas du bosquet, je recontrôle le vent qui souffle maintenant en suivant la combe parallèlement au fond du bosquet. Je m'éloigne un peu de la bordure et longe doucement le fond du petit bois. J'entends par moment les sangliers qui se déplacent en fouillant le sol. La nuit tombe doucement.

Tout à coup, j'ai une impression bizarre, je tourne la tête à droite et aperçois un blaireau qui descend en longeant une bande étroite du grand bois au s'avance vers le bosquet. Je me fige et m'agenouille, il ne m'a pas vu. Je l'observe un instant quand un second blaireau bien plus gros sort de bois et rejoint le premier pour se mettre à jouer avec lui. Je tente des cris de souris mais ils ne prêtent pas attention à moi. Je me redresse doucement et poursuis un peu mon chemin pour me soustraire à leur vue en dépassant l'alignement de la bordure du bois puis je remonte vers eux en traversant doucement la luzerne. Arrivé au coin du bois, j'accroche mon décocheur et me penche doucement pour apercevoir les blaireaux. Ils sont toujours là. Le plus gros s'avance plein travers à 10 mètres environ dans la luzerne et s'arrête régulièrement mais je ne sens pas son tir. Le second descend quant à lui droit sur moi puis s'arrête à 7 mètres environ et s'assoie pour se gratter les puces. J'arme mon arc et vise son épaule. Je décoche, l'impact est violent et très bruyant. Ma flèche est déviée en traversant l'animal et pars mourir dans la luzerne. Les blaireaux démarrent et retourne vers le bois mais mon blaireau de fera que 3 mètres. Il s'arrête et commence à râler, le sang qui remplit ses poumons émet un sang bulleux et rapidement c'est le retour du calme. Je pars chercher ma flèche et aperçois mon blaireau posé sur une grosse branche. Il est mort. Ma flèche récupérée, je ramasse mon blaireau et rentre vers la voiture alors que la nuit se fait de plus en plus noire. Ma flèche rentre sous la patte avant et ressort en bas du dos.

Une soirée d'exception, 20 septembre 2011

Alex

 

Trophée :

Une soirée d'exception, 20 septembre 2011

Atteinte :

Une soirée d'exception, 20 septembre 2011

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:41

Aujourd'hui c'est l'ouverture de la chasse en zone de montagne. Je décide d'aller chasser mon cerf à Sarrancolin, cette année j'ai eu, grâce à mon ami Patrick, un bracelet pour un plus de 10 cors. 5 heures le réveil sonne, je me prépare tranquillement, 5 heure 30, je charge la voiture et démarre de chez moi. Le temps est incertain et en route mes essuies-glaces balayent mon pare-brise au rythme des petites averses. Je vais chasser le secteur où j'ai prélevé mon 8 cors l'an dernier. Je connais un cerf magnifique que je croise depuis 3 ans et j'espère tomber sur lui ce matin. Je remonte les lacets du chemin qui conduit à la ferme aux patous. Il a plu ici aussi, mes phares éclairent une montagne bien humide. Arrivé au dernier virage avant la ferme, je me gare au bord de la piste et me prépare avant de remonter vers la ferme à pied pour rattraper le chemin de terre qui grimpe jusqu'à la place de brame. Je tends l'oreille dans la nuit encore bien noire mais le chant du ruisseau couvre les sons de la montagne. Le chemin qui remonte tranquillement s'éloigne peu à peu du bruit de l'eau et un premier brame retentit dans mon dos. Un beau sourire illumine mon visage.

En arrivant près de la ferme, un des 2 patous barre le chemin, j'aperçois sa masse blanche couchée en travers du passage. Il m'a vu et se redresse et commence à grogner, je décide de ne pas tester ses talents de gardien et remonte dans le pré au-dessus de la piste en escaladant le talus du chemin. Je remonte à travers la pâture pour retrouver le chemin de terre bien plus haut. Le calme de la nuit et ponctué de brames espacés et lointains. Le carillon de vaches retentit devant moi, mon arrivée a dérangé le troupeau endormi. Je me fraye un passage au milieu des bovins quand un brame retentit à 100 mètres au-dessus de moi dans les fougères près de la crête. Je continue à monter, un moment se passe, puis un second brame plus proche se fait entendre. La voie ne semble pas celle d'un grand cerf et je décide de ne pas tenter l'approche. De plus, il me faudrait attendre encore un moment que le jour se lève. Je décide de continuer sur mon idée première et rattrape le chemin de terre. Il commence à tomber une légère bruine, dans mon dos Sarroncolin encore endormi brille de tous ses lampadaires. Je fais une pose pour quitter ma veste polaire et la noue autour de mes hanches car je commence, malgré la fraîcheur du matin, a bien transpirer.

Le cerf que je laisse dans ses fougères me salue d'un dernier brame avant de remonter vers la crête. Je reprends mon ascension d'un pas lent et silencieux. Tout à coup, alors que j'arrive près d'un boulot solitaire qui pousse sur la gauche du chemin, le souffle rauque d'un sanglier me fait lever les yeux. Je me fige. L'animal se débine dans les fougères sur ma droite à quelques mètres de moi puis s'arrête à 15 ou 20 mètres de la piste. J'attends un moment immobile à l'écoute puis m'éclipse sans bruit. La luminosité croit doucement et je commence à bien y voir alors que j'arrive au bout du chemin sur la plateau. Les brames sont toujours lointains. Je remets ma veste polaire car le vent, qui devient tout à coup assez fort, n'est pas chaud. Je continue ma route vers la place de brame et passe le tunnel de noisetiers pour déboucher sur les souvenirs de l'an dernier. C'est un coin que j'adore.

Le vent est très soutenu et balaye des écrans de bruine épaisse de ma droite vers ma gauche. Je suis vite trempé. J'avance doucement au milieu des genets en direction de la piste de cailloux gris. Le secteur est très calme, pas le moindre brame si ce n'est au loin. Je décide de descendre un chemin de terre qui redescend vers ma voiture pour me mettre à l'abri de ce vent qui est assez pénible quand, tout à coup, un brame retentit à 150 mètres environ dans mon dos. Je me retourne et observe la zone de genet. Je ne vois rien, j'attends un moment, hésitant, puis décide tout de même de descendre le chemin quand un second brame retentit. Je me retourne à nouveau et balaye du regard les genets clairsemés quand mes yeux se posent sur un énorme cerf qui tête basse semble malmener un genet. C'est lui j'en suis sûr, c'est pile son secteur, c'est ce cerf auquel j'ai pensé si fort ce matin. Je me rapproche d'une bosse rocheuse couverte de genets à 100 mètres environ du cerf et l'observe. Il passe derrière une grosse touffe de genets et disparaît. C'est le moment, j'ai 70 mètres de découvert à traverser pour avoir une chance de l'approcher. Je m'élance au pas de course, comptant sur le vent fort et le sol détrempé pour effacer les bruits de mon arrivée. J'arrive rapidement près des premiers genets et commence à me faufiler entres les grosses touffes puis me cale derrière la touffe où j'ai vu disparaître le grand cerf. Je me penche doucement à gauche et je l'aperçois, il est énorme, juste à 3 mètres devant moi mais de cul, tête basse entrain de brouter. Je me décale doucement vers la droite alors qu'il pousse un brame impressionnant. Je regarde discrètement sur la gauche du genet, il broute tranquillement. J'arme mon arc et me décale doucement à découvert. Il est maintenant de 3/4 arrière, à 4 mètres devant moi l'occasion est trop belle, mon viseur se cale un peu en arrière de son épaule, assez bas pour traverser le cœur et je décoche. Ma flèche est pile où je la voulais, l'impact est très bruyant mais la flèche ne semble pas être beaucoup rentée, le cerf fait un bon spectaculaire, en raidissant ses pattes et en faisant le dos rond, normalement signe d'un flèche de cœur puis démarre en trombe en cassant ma flèche. Il franchit la zone de genets au grand galop puis s'arrête au bord du bois plein travers pour observer et comprendre ce qui vient de se passer. Puis, il fait quelques pas et se retourne à nouveau avant de s'enfoncer tête basse dans le bois. La faible pénétration de ma flèche m'inquiète un peu. Au bout d'un moment je vais récupérer le morceau de flèche resté au sol et le compare avec mes autres fléchés. Il manque 15 cm de tube et la lame. Je décide d'attendre 1 heure avant de faire ma recherche et met le réveil sur mon portable. Un grand doute m'envahit, j'aurais peut-être dû tirer plus en arrière, l'épaisseur des côtes m'a peut être joué un sale tour vu l'angle de mon tir. L'attente est longue sous la pluie et le vent, le froid m'engourdit quand un chasseur arrive avec son chien de pied. Je l'interpelle et lui demande s'il a trouvé le sanglier que j'ai croisé ce matin. Il semble que non et je lui explique où il se trouve, il repart contrôler le pied.

Il est l'heure, je pars contrôler mon cerf, la pluie ne joue pas en ma faveur pour la piste de sang. J'arrive à suivre son pied jusqu'au bois sans réellement voir du sang. Je commence à trouver les premières gouttes à l'entrée du bois et les suis doucement. Le sang ne coule que du côté droit de l'animal, je n'ai donc pas traversé comme je m'en doutais. Petit à petit, je suis la piste qui descend droit vers la piste de hèches et je la perds un moment au bord du chemin de hèches puis la retrouve sur un chemin de terre qui longe un grillage d'un enclos de régénération pour la perdre à nouveau dans une zone de fougères. Je tente de la recouper en vain sur la piste au-dessous des fougères mais la pluie est en train d'effacer tous les indices. J'appelle Patrick pour lui exposer la situation et pour qu'il me trouve un numéro de téléphone d'un chien de sang. Impossible de trouver un chien de sang dans le 65, je me rabats donc sur le Gers et finit par avoir un rendez-vous pour cet après-midi.

Patrick monte à ma rencontre alors que je redescends de la montagne. Les chasseurs de Sarrancolin ont trouvé le sanglier et je me retrouve au milieu d'une battue. Les chiens passent juste à 15 mètres sous la piste dans les fougères puis plonge dans la vallée. Je retrouve Patrick avec Pilou et d'autres chasseurs un peu plus bas. Nous discutons un peu et Patrick veut tenter une recherche avec Pilou, je ne suis pas trop favorable à cette idée mais finis par céder en lui laissant une chance sur les 40 premiers mètres de sang. Arrivé sur place, Pilou prends bien le pied du cerf puis marque une goutte de sang que je n'avais pas vu avant le bois mais il progresse ensuite trop vite et se trompe de plus en plus. Je stoppe Patrick pour ne pas perturber la future recherche. Nous recoupons juste par la piste du dessous et Pilou semble marquer un coulée qui descend droit par en bas le long d'un autre grillage. Nous arrêtons là, je ne veux pas diminuer mes chances de retrouver ce bel animal.

Nous partons pour le restaurant de Patrick, en route je passe chercher la clef de la barrière qui ouvre la piste qui nous permettra de remonter sur la zone du tir en voiture. Je ne suis pas serein, le film passe et repasse dans ma tête et je regrette de plus en plus mon choix de tir. La pizza faite par Patrick ne parvient pas à me distraire de ce mal être. Le seul point qui me semble positif c'est que le cerf ne fait que descendre alors qu'habituellement il fuit en montant. Le temps est long jusqu'à 14h30. Patrick invite le conducteur à prendre un café puis nous partons. Arrivés à la barrière, je me rends compte que j'ai oublié la clef dans ma voiture. Il nous faut faire demi-tour, la clef récupérée nous franchissons la barrière et remontons jusqu'à la zone de tir. Nous attaquons la recherche à 30 mètres avant la zone de fougères mais Rabolio (teckel à poil dur) semble décontenancé et peine à prendre la piste rincée par la pluie. Je tiens Dudule en laisse, l'herdale terrier au cas où le cerf ne serait pas mort. Le conducteur a pris sa 44 Marlin. Rabolio peine énormément dans les fougères et met beaucoup de temps à prendre la piste, il hésite revient plusieurs fois sur ses pas puis finit par prendre la voix. Il n'y a plus la moindre trace de sang et il faut faire confiance au chien. Nous ressortons sur la piste puis Rabolio tourne un peu en rond avant d'attaquer la montée. Cette fois, je n'y crois plus, nous remontons dans la montagne. Au bout d'un long moment le conducteur trouve une goutte de sang sur un bout de bois. Rabolio ne se trompe donc pas et nous continuons à monter. Je peux oublier une atteinte au cœur, j'en suis malade, comment ai-je pu blesser ce cerf à 4 mètres, comment n'ai-je pas pensé à la robustesse des côtes, mes 65 livres n'auront pas suffi, j'enrage contre moi. J'ai été trop sûr de moi au moment du tir, je le voyais trop facile. Au bout d'un moment Rabolio commence à donner de la voie et monte de plus en plus raide quand j'aperçois un animal qui se débine en prenant la courbe de niveau sur la gauche. Je pense qu'il s'agit du cerf et l'annonce au conducteur mais je me rends vite compte qu'il s'agit d'une biche qui vient de mettre Rabolio en défaut. Nous reprenons la piste au dernier sang et cette fois Rabolio la reprend bien et nous conduit à un rond de 15 cm de diamètre composée de gouttes de sang. Le cerf s'est arrêté debout à cet endroit. A nouveau plus de sang et nous suivons Rabolio qui finit par redescendre vers une grosse couche derrière un rocher mais pas un de goutte de sang, puis nous redescendons vers la piste en contrebas et Rabolio tire sur sa longe pour sauter vers le bas dans une draille fraîche au milieu des fougères. Nous décidons d'arrêter là car le cerf est certainement sur pied devant nous et il ne semble pas trop handicapé par ma flèche qui a certainement due se longer entre l'épaule et les côtes. Je suis au fond du gouffre, dure leçon que je viens de prendre en pleine figure, j'espère que ma flèche n'est pas mortelle mais qui peut le dire, comment savoir ce qui s'est passé si ce n'est en retrouvant cet animal que je crains bien de ne jamais revoir.

Je te demande pardon grand cerf....

 

Alex

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:59

Ce soir, en sortant du boulot, je décide d'aller faire un tour à Labéjan pour tenter de flécher un brocard ou un chevrillard. Je me gare sous la digue du grand lac puis commence à descendre le long du ru alimenté par le déversoir du lac en surveillant alternativement le maïs sur ma gauche et la bordure des bois sur ma droite. Une buse se lève dans la haie qui borde le ru par intermittence, au loin un vol de geais rentre au bois. Je finis par arriver près du bois et décide de m'avancer dans le passage de débardage quand, j'aperçois du coin de l’œil, un brocard qui arrive du sommet du coteau par ma gauche. Il semble sortir du coin du champ de maïs et arrive au trot. Je me recule un peu e me cale au bout de la haie, espérant le voir venir vers moi car le passage de débardage est un bon poste. Je suis à mauvais vent, il souffle dans mon dos et j'espère pouvoir décocher avant qu'il ne me sente. Mais mon chevreuil en décide autrement, il s'arrête, observe, reprend sa progression à pas lent, s'arrête à nouveau, observe à nouveau puis démarre au trot pour biaiser vers une rentrée à 80 mètres plus devant moi. Je l'observe, sachant que mes chances sont quasi nulles et, tout à coup, il stoppe au ras du bois, fait volte-face et remonte au galop vers le coin du maïs pour disparaître derrière la colline. M'a t'il senti, je n'en ai pas l'impression. Je me décale doucement pour voir ce qui lui a fait peur mais je ne vois rien. Je remonte rapidement vers l'angle du maïs mais rien, il s'est volatilisé.

Je reviens sur mes pas et tente de rentrer par le passage de débardage dans le bois mais le sol est trop bruyant, je fais demi-tour et repars vers le lac. Une cane donne des vocalises dans le maïs puis s'envole et part vers le lac. Je remonte par l'angle droit de la digue et aperçois quelque chose qui se débine pour venir se cacher dans les branches du peuplier mort tombé au coin du lac. C'est une cane colvert, certainement celle de tout à l'heure. Elle avance plaqué sur l'eau, le cou tendu à la surface du lac. Je me fige pour l'observer, elle hésite un moment puis fait demi-tour et s'éloigne avant de décoller pour partir vers le bout du lac ou stationnent 2 hérons à l'affût d'une proie. Je poursuis ma route et longe le lac. Les ragondins ont fait quelques dégâts sur le maïs à ma droite. Les hérons décollent en m'apercevant. Vers le milieu du lac, j'ai une impression bizarre, je m'arrête net et baisse les yeux sur une chevrette tapie dans les herbes hautes du bord du lac. Elle est à 3 mètres de moi et m'observe un court instant avant de surgir de son gîte en faisant un bon de côté. Elle se prend les pattes dans les joncs et chute lourdement sur le dos. J'assiste incrédule à la scène sans bouger. La chevrette se débat au sol, sur le dos, les 4 pattes en l'air pendant un petit moment puis elle se redresse et s'éloigne rapidement en quelques bons qui la propulsent à 20 mètres environ puis elle s'arrête et part au pas, l'arrière train tout ébouriffé pour rentrer tranquillement dans le maïs sans me regarder.? Ce comportement me semble suspect et je la trouve un peu maigre, je tente de me rapprocher pour essayer de l'apercevoir mais la végétation est trop épaisse. Je longe tranquillement le maïs quant 100 mètres plus loin un chevrette s'avance sur la bande enherbée à 10 mètres devant moi puis fais volte-face et s'enfuit dans le maïs, je n'ai pas pu voir s'il s'agissait de celle de tout à l'heure.

Je poursuis mon chemin en longeant sur la droite du ruisseau mais j'aperçois les vaches qui broutent dans le pré un peu plus loin, les chevreuils n'apprécient pas trop cette compagnie et les prés souillés par les bouses. Je fais donc demi-tour pour revenir vers le passage busé et traverse pour me diriger vers le maïs. En arrivant au coin du maïs, je sens un regard posé sur moi et pose mes yeux sur un chevrillard qui m'observe à 20 mètres environ au bord du maïs. Je l'observe un moment sans oser bouger puis il rentre tranquillement dans le champ. Je m'avance tout doucement pour tenter de l'apercevoir au travers des pieds de maïs mais il a disparu. La soirée est déjà bien avancée et je décide de tenter de me poster près d'une coulée de blaireau en attendant la tombée de la nuit. Je m'avance d'abord jusqu'au bout du champ et constate que les blaireaux ont creusé un nouveau terrier dans le talus du champ qui remonte sur la droite. Je fais demi-tour pour me poster. Les sangliers ont fait un beau carnage dans l'angle du champ, ils ont couché un sacré rond de céréales.

Je regagne mon poste, je me colle contre un gros roncier, au bord d'un fossé qui rejoint le ruisseau en longeant le bois. Dans mon dos, les sangliers se sont souillés cette semaine dans un petit trou d'eau. Devant moi, à 7 ou 8 mètres une coulée de blaireau très marquée sort du roncier pour rejoindre le maïs. J'ai bien inspecté toutes les coulées et elles semblent beaucoup moins marquées. Je me cal en essayant de rester silencieux et l'attente commence. Le vent qui agite un peu les feuilles de maïs trouble un peu ma perception auditive mais il me semble entendre marcher dans la culture et je me tiens près. Rien ne sort quand, tout à coup, le roncier s'anime violemment juste à côté de moi. Un souffle rauque retentit puis l'animal démarre et se dirige bruyamment vers la coulée. Je doute qu'il s'agisse d'un blaireau et pense plutôt à un sanglier; J'arme mon arc mais le bruit continue et j'aperçois le sanglier sortir dans le champ au coin du roncier puis bifurquer pour rentrer dans le maïs. C'était un jeune sanglier de 45 à 50 kg environ encore un peu roux. Il n'était certainement pas seul.

L'attente reprend, à nouveau des bruits de pas dans le maïs, je surveille la bande enherbée quand un bruit furtif ramène mon regard vers le roncier. Un bruit de végétation froissée et un blaireau surgit sur la coulée. Il stoppe et hume l'air en tournant la tête sur la droite. J'en profite pour armer mon arc et aligner ma visée. Je sais que je n'aurais pas beaucoup de temps pour ajuster ma flèche avant qu'il ne rentre dans la culture. La visée prise je décoche. L'impact est bizarrement très audible et claquant. Le blaireau démarre en trombe et rentre dans le maïs. Il fait beaucoup de bruit sur le départ puis il me semble l'entendre se débattre sur place puis plus rien.

Je reste posté un moment en espérant en voir sortir un autre, ils font beaucoup de dégât sur le maïs et j'ai consigne du propriétaire d'en éliminer un maximum. L'an dernier au même poste, j'en avais vu sortir 8 un derrière l'autre. La luminosité baisse doucement quand, tout à coup, un blaireau surgit du maïs à 25 mètres environ et s'assoie un instant puis se relève, tourne en rond, s'arrête à nouveau puis démarre d'un coup et rentre dans le roncier. Cette attitude me fait douter, ne s'agirait-il pas de mon blaireau fléché tout à l'heure.

Le roncier s'anime et craque de toute part, certainement le reste de la compagnie des sangliers. La luminosité n'étant plus suffisante pour tirer je décide de quitter mon poste pour attaquer ma recherche. Ma flèche reste introuvable mais je trouve rapidement les premières gouttes de sang sur la coulée de fuite. Un pied de maïs en bordure du champ est marqué très haut par une goutte de sang sombre. La piste de sang est assez discrète

Un beau blaireau lors d'une sortie chevreuil

mais j'arrive à la suivre dans la faisceau de ma lampe à mesure que j'avance, l'odeur du blaireau se fait de plus en plus forte et je finis par le retrouvé allongé sur le flanc, calé contre des pieds de maïs.

Un beau blaireau lors d'une sortie chevreuil

Ma flèche est rentrée au milieu de la cage thoracique et ressort derrière l'épaule opposée.

Un beau blaireau lors d'une sortie chevreuil

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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