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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 21:21

Ce soir, en sortant du boulot, je pars chasser dans les maïs autour de mon lac favori, sur Labéjan. Je ma gare en haut de la côte, près de la ferme. Le vent souffle encore fort ce soir, je me prépare rapidement puis teste le vent. Il va vers la ferme, à l'opposé de d'habitude. Je décide donc d'attaquer ma chasse dans le sens opposé à mon habitude. Je remonte le talus de la route pour longer le maïs en direction de la ferme tout en contrôlant les passages de canon. Je passe le chemin enherbé qui descend vers le bosquet pris dans la culture puis rejoins le dernier passage de canon de la parcelle et commence à descendre en le suivant. Ce passage est encombré de pieds de maïs et de végétation par moment, ce qui ne facilite pas la progression et la vision des animaux. Le vent fort couvre le bruit des pieds de maïs qui frottent sur mes vêtements et je descends tranquillement en cherchant bien du regard un éventuel chevreuil. En arrivant à environ 50 mètres du bas de la parcelle et ne voyant aucun animal devant moi, mon attention se relâche un peu quand un chevreuil, couché à 4 mètres devant moi, se lève et fonce dans le maïs. Je viens de manquer ma première occasion de la soirée. Je finis de descendre jusqu'au fond de la parcelle puis la longe avec le vent de face, dans une végétation haute et très épaisse, parcourue de coulées de sangliers, jusqu'au passage de canon suivant. En arrivant au bout de ce dernier, je me penche doucement et aperçois un chevreuil plein travers à environ 20 mètres sur la gauche du passage, la tête tournée vers la gauche. J'accroche mon décocheur et commence l'approche en serrant la gauche du passage. J'avance très très lentement en faisant une pause observatoire à chaque pas. Maintenant que je vois mieux la tête de l'animal, j'identifie une chevrette. Je gagne ainsi 3 ou 4 mètres quand elle tourne la tête vers moi. Je me fige un moment puis recommence à avancer toujours avec la même technique. Je gagne à nouveau 2 mètres et elle regarde à nouveau vers moi. Je me fige à nouveau et recommence à avancer alors qu'elle retourne la tête vers le maïs Je parviens ainsi à me rapprocher à 10 mètres d'elle et me fige. Elle regarde un instant vers moi puis tourne la tête, j'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Ma flèche part droit vers le défaut de son épaule mais je n'entends aucun impact et la chevrette démarre en trombe pour rentrer dans le maïs, disparaît, ressort sur le passage, fonce pour rentrer dans le maïs sur la droite du passage, se ravise puis fonce en remontant sur environ 30 ou 40 mètres dans le passage de canon avant que je ne la perde de vue.

J'attends un instant en essayant d'analyser la scène puis pars chercher ma flèche et d'éventuelles traces de sang mais impossible de trouver ni l'une ni les autres, je chercher plus de 30 minutes sans rien trouver et doit me rendre à l'évidence, j'ai loupé mon chevreuil. Ma flèche a peut-être été déviée par un pied de maïs qui se trouvait dans l'axe de la chevrette. Je repars donc en chasse, je rejoins le bas du maïs et le longe pour arriver un peu plus loin au coin de la culture qui remonte sur 100 mètres environ vers le bosquet. Je la longe donc et rejoins le bosquet pour le longer et rejoindre le reste du champ aligné avec le petit bois. Je progresse doucement en surveillant les passages de canon mais pas de chevreuil dans le secteur ce soir. En arrivant à 30 mètres du coin de la parcelle qui remonte ensuite en longeant un bois, les pieds de maïs deviennent plus petits et plus verts. J'avance doucement en essayant de voir un chevreuil au travers des céréales quand une petite chevrette se lève à 5 mètres de moi et se débine en suivant la bordure de la culture. J'arme mon arc, elle s'arrête à 15 mètres dans mon dos, je pivote et tente de prendre la visée mais je n'arrive pas à la voir suffisamment pour distinguer la zone vitale. A ma grande surprise elle fait brusquement demi-tour comme si quelque chose lui avait fait peur et fonce vers moi. Je la suis dans mon viseur mais elle bifurque à 5 ou 6 mètres de moi et remonte dans le maïs où je la perds de vue. J'attends un peu mais plus rien ne bouge, je désarme et reprends ma progression. Je remonte en suivant le bois jusqu'à rejoindre, un peu plus haut, un passage de canon qui rentre dans le maïs puis bifurque pour remonter vers le haut du champ. Je décide de la suivre tranquillement. Environ 100 mètres plus loin, un animal démarre dans un grand fracas sur ma droite dans le maïs sans que je puisse le voir. Le bruit cesse vite et je reprends ma progression. Arrivé en haut du champ, je le longe en direction de la ferme en recontrôlant les passages de canon.

Pas de chevreuil, je descends vers le ruisseau d'alimentation du lac en passant près de la ferme, rejoins le passage busé, le traverse et reviens vers le lac en longeant la parcelle de colza qui précède la parcelle de maïs. En arrivant à 40 mètres du coin de la parcelle de maïs qui borde le départ du lac, j'aperçois un ragondin qui surgit du colza et fonce vers le ruisseau où il disparaît. Je m'avance doucement et le voit en surface du ruisseau avant qu'il ne plonge. Je continue mon chemin jusqu'au bord du maïs puis je commence à remonter en la suivant pour contrôler les passages de canon. Le vent souffle du maïs vers moi toujours de façon soutenue. Le contrôle des passages de canon n'ayant rien donné, je longe le dernier passage tranquillement pour traverser la parcelle puis commence à redescendre par l'autre côté vers le lac. Un gros lièvre démarre à environ 60 mètres contre le maïs et rentre dans la culture en plaquant ses oreilles sur son dos. Le vent souffle vers le maïs tout en remontant légèrement. Je progresse rapidement d'un passage de canon à l'autre pour les recontrôler. En arrivant au passage suivant, je me penche doucement et aperçois à environ 10 mètres, côté droit du passage, les 2/3 arrière d'un jeune chevreuil que je pense être un chevrillard. Il est tout tordu, en appuis sur une patte arrière il est arqué, la tête tournée à l'opposé de moi et se gratte la tête avec son autre patte arrière. Le léger angle montant du vent me permet de ne pas être senti mais il me faut faire vite car il peut vite tourner. Je me recule à couvert, accroche mon décocheur, arme mon arc et m'avance doucement. Le chevreuil se gratte toujours, je vise et décoche mais au même moment le chevreuil se remet sur ses quatre pattes et je vois rentrer ma flèche trop basse et trop en arrière. Un gros jet de liquide accompagne le passage de la flèche et le chevreuil fonce dans le maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'attends un moment sans bouger puis pars chercher ma flèche et les premiers indices. Je longe doucement la bordure droite du passage et trouve une tâche de contenu stomacal sur les feuilles sèches de maïs au sol. C'est bien ce que je pensais ma flèche n'est pas bonne, je continue et trouve, un peu plus loin, ma flèche fichée au sol et ne présentant quasiment pas de sang mais souillée de contenu stomacal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je remets ma flèche au carquois puis repars contrôler la tâche de contenu stomacal. Elle se composé de végétaux broyés et de grains de maïs concassés, de petites gouttes de sang ont été projetées sur les pieds de maïs au passage de l'animal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je décide d'aller chasser sur la parcelle de maïs située sous la digue du lac, de l'autre côté de la route et de revenir faire la recherche tout à l'heure pour laisser le temps à l'animal de se coucher et de faire son hémorragie. Je repère mon passage de canon grâce à la borne d'arrosage située au bout de ce dernier puis je finis de longer cette parcelle de maïs en descendant vers le lac tout en contrôlant les autres passages de canon. Pas d'autre chevreuil, je pars donc en longeant le lac pour rejoindre l'autre parcelle un peu plus loin. Je passe sous la digue et rejoins la route puis la traverse, franchis le fossé puis longe la bande enherbée en contrôlant les passages de canon et remonte à gauche vers le premier passage de canon du haut du champ. Une fois le passage atteint, je me penche doucement, pas de chevreuil, je commence donc à le longer en serrant à droite tout en regardant dans le maïs des 2 côtés. Un peu plus loin, j'aperçois, sur la droite, une avancée dans le maïs, d'environ 10 mètres de long sur 6 ou 7 mètres de profondeur où le maïs n'a pas poussé. Je m'avance tout doucement jusqu'au bord du renfoncement quand j'aperçois une belle chevrette au travers des pieds de maïs. Je m'approche très lentement jusqu'au coin du renfoncement, en accrochant mon décocheur puis m'immobilise pour observer. La chevrette n'est qu'à 5 mètres de moi en léger 3/4 face. Je cherche du regard d'éventuels chevrillards quand j'aperçois un chevrillard mâle qui broute en bordure du renfoncement, au milieu du côté, en face de moi. Il est de 3/4 face. Je décide de me focaliser sur lui plutôt que sur sa mère. Je me positionne pour attendre qu'il s'avance un peu plus à découvert car son arrière train est encore dans le maïs et espérant qu'il se tourne un peu mais c'est alors que sa mère décide de monter droit sur moi. Elle s'avance de quelques pas puis se remet à brouter, elle n'est plus qu'à 3 mètres et risque de me repérer. J'arme donc doucement mon arc, prends la visée sur l'épaule du chevrillard qui n'a pas bougé et décoche. Je vois ma flèche le frapper où je visais. Les chevreuils démarrent et foncent dans le maïs. Le bruit de leur fuite cesse vite et je reste un instant à l'écoute alors que le calme revient.  

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je pars ensuite chercher ma flèche que je trouve plantée dans un pied de maïs à quelques mètres de la zone du tir, dans la culture. Elle ne porte pas beaucoup de traces de sang.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Confiant sur la létalité de ma flèche, je commence ma recherche et trouve, juste après la zone de tir, des éclaboussures de sang sur les pieds de maïs qui bordent le fond du renfoncement.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Les gouttes de sang ne sont pas très grosses mais nombreuses et continues. Elles ponctuent le sol et les pieds de maïs et je n'ai pas de peine à les suivre.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

La piste rentre dans le maïs pour suivre un moment le même rang, les gouttes sont toujours régulières mais moins nombreuses et surtout concentrées au sol.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je suis tranquillement la piste sans me presser.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je tombe un peu plus loin sur une petite reposée debout

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

puis sur une autre.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Au bout d'une trentaine de mètres environ, les gouttes au sol s'interrompent et je cherche la direction de fuite quand un frotté, une feuille de maïs à ma gauche, m'indique que mon chevrillard a bifurqué pour s'enfoncer dans la culture.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Juste avant le pied de maïs frotté, je remarque 2 gouttes de contenu stomacal sur une feuille bien verte

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

et une autre juste derrière le pied de maïs qui contient du sang.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je m'avance doucement en suivant le sang qui marque en frottés sur les pieds de maïs, la piste est maintenant perpendiculaire aux rangs. Je n'ai pas fait 15 mètres de plus qu'un chevreuil se lève devant moi et fonce dans la culture. Le bruit de la fuite cesse vite. Je décide d'attendre un petit moment sans bouger avant de reprendre ma progression en suivant le sang. Après quelques minutes, je m'avance vers l'endroit où se trouvait le chevreuil et trouve une reposée sanguinolente d'où repars la piste de sang, c'était bien mon chevrillard. Je reprends mes recherches mais en avançant tout doucement et en faisant une pause à chaque pas pour regarder devant moi. Je fais à peine 15 mètres avant d'apercevoir, au travers des pieds de maïs, un chevreuil à 10 mètres devant moi. Je me fige et l'observe.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Le chevreuil semble assis et tremble très fortement. Je reste immobile un instant mais très vite, il chute et commence à se débattre au sol. C'est fini pour lui, je le laisse s'immobiliser puis m'avance à sa rencontre pour lui apposer le bracelet et le sortir du maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Arrivé à mon chevrillard, je lui appose le bracelet puis le prends par les pattes pour ressortir de la culture en rejoignant le passage de canon que je longe jusqu'au bord de la route. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie basse au niveau de la panse avant de traverser l'arrière du cuissot. Après quelques photos souvenir,

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

je laisse mon chevrillard dans la végétation haute du bord de la culture puis repars vers la parcelle de maïs précédente en longeant le lac. Arrivé au coin de la culture, je remonte​ en la suivant pour rejoindre le départ du passage de canon. Je commence ensuite à chercher la tâche de contenu stomacal mais impossible de la retrouver, je contrôle et recontrôle mais rien, je finis par me rendre compte que je ne suis pas dans le bon passage de canon et rejoins le suivant où je trouve rapidement ma tâche de contenu stomacal et m'aperçois, qu'à l'endroit du tir, se trouve une autre tâche bien plus grosse. Je ne l'avais pas vu tout à l'heure.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je rentre dans le maïs en m'avançant entre 2 rangs et en suivant les petites éclaboussures de sang et de contenu stomacal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

La piste est peu abondante et difficile à suivre, de plus les pieds de maïs sont enchevêtrés au sol à quelques mètres du passage de canon et compliquent encore mes recherches. Je finis par trouver un peu de contenu stomacal en petites gouttes, la piste biaise à droite puis je la perds à nouveau. Je tourne et retourne et finis par la retrouver, elle prend maintenant à gauche et traverse les rangs de maïs. Je suis lentement les frottés à peine marqués sur les pieds de maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Petit à petit, la piste devient plus abondantes et les frottés plus importants. Je dois allumer ma frontale pour poursuivre la recherche car la luminosité baise vite dans le maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je rejoins le début des rangs parallèles au passage de canon. La piste est maintenant plus facile à suivre. Les tâches de sang au sol alternent avec les frottés et je progresse un peu plus vite​. Je fais ainsi une quarantaine de mètres

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

et trouve une succession de de reposée bien marquées de sang à quelques mètres les unes des autres.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'avance tout doucement en regardant bien autour de moi. Le sang semble prendre à gauche pour changer de rang de maïs quand j'aperçois mon chevreuil couché à 2 rangs sur ma gauche. Il n'est pas mort et me regarde couché de 3/4 arrière. J'arme doucement et tente un moment de prendre la visée en essayant d'écarter les pieds de maïs avec mon arc. Ma visée prise, je décoche au travers des pieds de maïs et atteints le chevreuil qui se lève d'un bon en gueulant puis fait volte-face et fonce en suivant le rang. Le maïs claque sur son passage sur environ 30 mètres puis un grand fracas retentit. Les pieds de maïs claquent sur place un instant signe que le chevreuil se débat au sol. Le calme revient au bout d'un moment, je commence à suivre la piste maintenant très abondante. Le sang couvre le sol et les pieds de maïs en grosse tâches et je le suis facilement.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je trouve facilement mon chevreuil étendu sur le flanc. Un bout de la panse et des plis d'intestin sortent de la blessure de ma première flèche.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'examine mon chevreuil, ma première flèche le traverse très bas en arrière des côtes comme il me semblait après mon tir, ma seconde flèche rentre derrière les côtes et ressort dans l'épaule opposée. C'est une petite chevrette de l'an dernier et pas un chevrillard comme je le pensais en tirant. J'appose mon bracelet, le dernier de la saison d'approche de tir d'hiver à part que je me décide à en reprendre d'ici la fin de la saison puis attache les pattes de mon chevreuil pour le sortir de la culture et faire quelques photos souvenir.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je pars poser mon chevreuil avec le premier avant d'aller chercher ma voiture pour les charger et rentrer chez moi.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Alex

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 06:09

Ce matin, j'ai décidé d'aller chasser à Sarrancolin pour essayer de faire ma biche. Je me lève vers 5 heures pour me préparer, en sortant pour prendre ma voiture, je jette un coup d'œil à la lune dont les informations nous ont beaucoup parlé la veille. L'éclipse est encore partielle mais la lune recommence à s'éclairée petit à petit. Sur le trajet vers les Pyrénées, je pourrai profiter de ce phénomène en regardant par moment par la vitre de ma voiture. Arrivé à Sarrancolin, je prends un chemin de pierre qui remonte vers une ferme perdue dans la montagne et me gare dans le dernier virage. Je me prépare rapidement puis remonte à pied vers la ferme. Les lumières de Sarrancolin scintillent dans la vallée, un brame retentit sur le penchant de droite. Arrivé à la ferme, je prends à gauche et commence à remonter pour rejoindre un chemin de terre qui va me conduire au col, le début de la montée est assez raide puis bifurque à 90° et la pente devient moins raide. Je passe une grange devant laquelle pousse un gros châtaigner puis passe sous la clôture électrique qui délimite la pâture des vaches et commence à avancer sur un chemin enherbée qui remonte vers le col au milieu d'un penchant de fougères. Pas de biche dans le secteur ce matin. Arrivé au sommet, je jette un coup d'œil sur une petite esplanade enherbée au milieu des fougères et des genêts, toujours rien. Je continue donc en suivant un petit chemin de terre qui remonte vers un bois de hêtre. Alors que le chemin s'aplani puis commence à redescendre tout doucement, je passe à côté d'une bande de régénération de hêtres à ma droite. J'avance tout doucement en la surveillant quand j'aperçois un animal, à environ 12 mètres, au milieu des jeunes hêtres, la luminosité n'est pas encore très bonne et je pense un instant à un chevreuil mais alors que je m'approche doucement, je me rends compte qu'il s'agit d'un jeune cerf de l'année en train de manger des feuilles. Je me fige à 5 ou 6 mètres de lui pour l'observer mais il lève brusquement la tête vers moi, m'observe un court instant puis disparaît dans la régénération.

Je reprends ma progression lente mais il n'y a pas d'autres animaux dans ce secteur ce matin. Le chemin tourne à gauche pour redescendre vers le col en passant dans un tunnel formé par des houx et des noisetiers. J'avance tout doucement car les brindilles et les petits graviers sont bruyants. En débouchant sur le col enherbé et ponctué de genets. Je scrute le paysage à la recherche d'un animal sans succès. Plusieurs cerfs brament dans les bois du penchant de droite qui fait partie de la société de chasse voisine. Je m'attarde un instant à les écouter avant de rejoindre la piste pour remonter plus haut, vers un chemin forestier qui suit la courbe de niveau au milieu de la hêtraie. Je suis un instant la piste jusqu'à rejoindre une autre piste, taillée dans la roche qui prend à gauche pour rejoindre un enclos de régénération. Je la suis un moment puis arrivé au niveau d'un abreuvoir alimenté par une source captée plus haut, je commence à remonter au plus raide pour rejoindre la piste forestière. C'est un passage très emprunté par les animaux qui viennent boire et se baigner dans les nombreuses sources qui ressortent dans le secteur et longent le grillage de l'enclos que je rencontre très vite à ma gauche. Les sangliers ont donné pas mal de coups de nez dans une zone de buis. J'arrive enfin à la piste et commence à la suivre.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Au-dessus du chemin, le bois de hêtres est clair et permet de voir presque jusqu'à la crête à environ 200 mètres alors que sous le chemin les grands arbres dominent des zones de régénération épaisses où les animaux peuvent se cacher. J'avance doucement en surveillant alternativement les 2 côtés du chemin. Le sol est marqué de nombreuses traces et projections de boue, toutes les flaques du chemin servent de souilles pour les cervidés et les sangliers et le secteur semble très fréquenté.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Malgré les nombreux indices de présence, je n'arrive pas à voir le moindre animal, le brame des cerfs retentit çà et là dans la montagne et je décide de redescendre vers le col par la piste et profitant de cette belle musique automnale. Arrivé au col, je remonte vers le tunnel d'arbre et reprends le chemin de terre en direction de l'esplanade enherbée de laquelle part le chemin que j'ai pris pour monter ce matin. Le brame puissant d'un cerf retentit, il semble venir des fougères sur la gauche de l'esplanade.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Je descends rapidement vers la zone de fougères alors que le cerf continue à bramer et qu'un second se met à lui répondre plus bas dans la pente mais semble se rapprocher. Je me faufile à travers les genets et les fougères pour rejoindre le bord du bois puis commence à le longer doucement en me dirigeant vers le brame. J'aperçois vite le cerf au-dessus de moi dans les genêts, il ne me semble pas très gros mais j'espère qu'il est accompagné de biches.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Je commence une approche en avançant sur la pointe des pieds et en allant d'un gros hêtre à un autre. Le cerf semble revenir vers le bois en bramant et je le perds un instant de vue. Je continue mon approche jusqu'à un très gros hêtre derrière lequel je me cale pour observer le cerf qui est maintenant à 15 mètres devant moi dans les genets. Il tourne brusquement la tête vers moi, il a vu quelque chose mais ne m'a pas identifié. Il est beaucoup plus gros que ce que je pensais, c'est un magnifique 9 cors.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Je tente de le filmer avec mon appareil photo mais je n'ai plus assez de batterie et le film s'interrompt à peine commencer. Son concurrent, en contrebas sur ma gauche, se tait et semble s'éloigner. Le cerf me fixe un moment puis pousse un long brame comme pour me défier puis un plante ses bois dans les genets et balance sa tête, d'un côté à l'autre un instant, détruisant ainsi la végétation devant lui avant de redresser la tête et de regarder à nouveau fixement vers moi. Il commence ensuite à s'avancer doucement vers moi de quelques mètres puis se fige à nouveau et me fixe avant de se remettre à pousser un brame puissant. Il recommence à balancer sa tête dans les genets. Le spectacle est magnifique, ce cerf majestueux n'est qu'à 10 ou 12 mètres devant moi et n'arrive pas à comprendre ce que je suis. La présence proche, juste à ma droite, du gros hêtre est tout de même assez rassurante car, en cas de charge, il fera un bon écran.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Le face à face dure ainsi plusieurs minutes.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Finalement, le grand roi décide de faire demi-tour et de remonter tranquillement dans les genêts. Alors qu'il s'est éloigné de quelques mètres, je pousse un raire puissant qui le stoppe net et lui fait faire un demi-tour sur place. Il me fixe un moment intrigué puis bifurque et biaise pour me contourner par ma droite et tenter de me prendre au vent. Il avance tranquillement dans les genêts et les fougères, seul le haut de sa tête et ses bois dépassent de la végétation.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Je pousse plusieurs raires successifs qui finissent par le stopper mais le vent qui a tourné finit par me trahir et il fait brusquement volte-face et remonte dans la végétation au petit trot, portant fièrement sa tête haute. Je finis par le perdre de vue à environ 35 mètres dans la végétation plus haute et épaisse. Je quitte donc mon poste et remonte moi aussi dans les genets pour l'apercevoir à nouveau. Il s'est arrêté en crête et regarde vers moi un instant

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

puis se tourne et plonge dans le bois sur la gauche. Le soleil est déjà haut et la température de plus en plus élevée, je décide de rentre. Je pars donc rejoindre le chemin enherbée qui redescend vers la ferme et appelle ma compagne pour l'avertir que je vais rentrer d'ici 1h30. Nous discutons un peu alors que j'attaque ma descente par le chemin quand un galop retentit plus de 100 mètres en contrebas dans les fougères. Je tourne la tête et aperçois une belle biche qui fonce vers le bois plus en contrebas. Elle fait une pause à environ 200 mètres et tourne la tête vers moi pour identifier la menasse

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

puis repart et plonge dans le bois. Je continue mon chemin tout en discutant un moment. Il fait un soleil magnifique et je profite encore un peu de paysage en chemin.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Le chemin bifurque maintenant à 90 ° à droite pour descendre droit vers la ferme.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Je passe la ferme puis retombe sur le chemin de pierre sur lequel je suis garé un peu plus bas. A mi-chemin entre la ferme et ma voiture, je surprends un écureuil affairé à fouiller les feuilles mortes sur la gauche du chemin. Il fonce se réfugier dans la fourche d'un arbre tout proche. Je reste un moment à l'observer alors qu'il reste plaqué contre le tronc.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Il finit par décoller sa tête et regarder vers moi en battant nerveusement de la queue tout en poussant des petits cris de protestation.

Rencontre avec un roi, 28 septembre 2015

Je décide de le laisser tranquille et reprends ma marche ce qui le fait fuir. Je rejoins ma voiture un peu plus bas, il est temps de rentrer à la maison.

 

Alex

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 20:14

Ce soir, comme la veille, je pars pour Labéjan en sortant du boulot. Je me gare au même endroit que la veille et me prépare rapidement. Le vent soutenu souffle comme hier et je décide donc de réattaquer ma chasse comme la veille, autour du grand champ de maïs. Je longe donc le haut du maïs à mauvais vent, rejoins la luzerne, longe cette dernière en suivant le maïs, rejoins le coin du bois, continue entre le bois et le maïs tranquillement pour arriver en bas de la culture et commencer à la longer en surveillant les passages de canon. Au premier passage de canon, j'entends chanter des perdreaux dans le maïs sans pouvoir les voir, pas de chevreuil pour le moment et je vais longer tous le bas du champ sans voir d'animaux. Je décide donc de partir chasser vers le grand champ de tournesol qui a été moissonné la veille. Je remonte, à travers le champ travaillé, vers le chemin de terre qui suit la crête et le longe pour arriver au-dessus du bosquet où j'ai retrouvé mon chevrillard du 17 septembre. Je descends dans la combe travaillée par la droite du bosquet, jette un coup d'œil sur le bas de ce dernier puis traverse le fossé du bas de combe et commence à remonter tranquillement en suivant le bord droit du champ de soja, en limite de la grande friche. Toujours pas de chevreuil en vue. Je passe le premier petit bosquet à ma droite puis descend par la bande d'herbe qui le sépare du second et rejoins l'angle bas du deuxième bosquet. Je me penche doucement pour tenter de surprendre le brocard du secteur mais il n'est pas de sortie. Je remonte doucement en longeant le bosquet et arrive au bord du soja sans voir de chevreuil. Je m'avance donc dans la culture en enjambant les rangs pour ne pas les abimer et rejoins une grosse haie qui sépare cette parcelle d'une autre parcelle de soja qui s'étend jusqu'à la route de crête à environ 200 mètres. Une trouée me permet de regarder derrière la haie. J’observe un instant sans voir de chevreuil. Je pars à gauche vers une petite mare asséchée, prise dans la culture et où je me suis fait surprendre un matin par une chevrette et ses chevrillards. Toujours rien, je reviens donc contre la haie et la suis doucement en redescendant vers une mare en contrebas d'où part un petit ru.

Alors que je ne suis plus qu'à 70 mètres du bas du champ, un chevrillard surgit su soja à 20 mètres environ, presque immédiatement suivi par sa mère et tout d'eux prennent le galop. J'arme vite mon arc et les suis dans mon viseur mais ils s'éloignent vite et je désarme. C'est alors qu'un mouvement attire mon regard un peu plus bas. La tête d'un jeune brocard dépasse du soja à environ 30 mètres. Il regarde fuir les 2 autres chevreuils sans bouger puis se met à regarder tout autour de lui pour essayer de comprendre ce qui les a fait fuir. Je le surveille un instant immobile puis profite d'un moment où il regarde à l'opposé de ma direction pour commencer une approche très lente en me baissant au maximum. Je gagne facilement 10 mètres, aidé par le fort vent qui couvre le bruit de ma progression et en m'arrêtant à chaque fois qu'il tourne la tête vers moi. Tout à coup, le brocard fait demi-tour et commence à descendre tranquillement vers le fond du champ. Je me baisse le plus possible et presse un peu le pas en biaisant pour le recouper. Je parviens à me rapprocher ainsi à 10 mètres du brocard qui se présente maintenant de 3/4 arrière. J'arme mon arc baissé dans le soja, me redresse doucement en prenant la visée et décoche. Le bruit de l'impact retentit mais il m'a semblé que ma flèche était un peu trop en avant, peut être déviée par le fort vent. Le brocard fait à nouveau demi-tour et fonce à travers le soja en remontant la pente. Il biaise vers les 2 petits bosquets autour desquels j'ai chassé tout à l'heure. Il me semble voir un trou au niveau de son cou sans en être sûr. Je le perds de vue à environ 150 mètres, derrière la crête, en limite de la friche. Je descends chercher ma flèche mais c'est peine perdue dans toute cette végétation. Je cherche un moment sans succès puis tente de recouper la direction de fuite pour essayer de trouver des indices. Je trouve rapidement des gouttes de sang projetées sur les feuilles de soja.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

La piste est assez facile à suivre même si elle n'est pas très abondante. Je suis les gouttes qui biaisent vers la friche mais arrivé au bord de cette dernière le sang devient alors peu abondant et les gouttes beaucoup plus petites.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je peine un peu à suivre la piste et dois parfois marquer la dernière goutte pour m'avancer de plusieurs mètres et chercher un moment pour retrouver du sang. Je finis tout de même à arriver au coin du bosquet de crête où je trouve l'entrée du chevreuil. L'entrée est bien marquée par de belles tâches de sang.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je prends mon sécateur et coupe quelques ronces pour pouvoir rentrer dans le bosquet et suivre le sang. Une fois en sous-bois le sang devient abondant, de grosses gouttes jonchent le sol et la piste devient très facile à suivre. J'ai souvent remarqué que les animaux se relâchent en rentrant à couvert et que le sang est très souvent plus abondant. Le sous-bois est assez clair et je suis tranquillement la piste, une flèche encochée sur mon arc au cas où. Je passe 2 reposées debout (ronds de gouttes de sang). La piste biaise vers le haut du bois et je tombe sur une reposée bien marquée de sang à quelques mètres de sortir du bosquet. Après cette grosse tâche de sang, la piste semble s'interrompre totalement et je cherche un moment sur les coulées pour retrouver du sang qui remonte à ma droite pour sortir du bois à travers des épines noires. Je le suis et retombe sur des herbes hautes. Le sang est très peu abondant et je peine à le suivre, la piste biaise à gauche et remonte vers le soja qui redescend vers le fond de combe. Une pluie fine mais intense se met à tomber et mes chances de suivre cette piste difficile s'amenuisent. Je tourne et retourne sans trouver de sang et j'ai oublié mon portable à la voiture. Je décide de laisser tomber. Je prends donc la limite du soja pour redescendre dans le fond de la combe. Alors que je pose les yeux au sol, environ 40 mètres après avoir perdu le sang, j'aperçois un petit caillot de sang sur la terre à nu qui borde le soja et, en continuant à longer la culture, je commence à tomber sur des gouttes de sang que je suis facilement sur environ 50 mètres avant de perdre à nouveau la piste.

Je bifurque donc vers la friche à gauche et rejoins le bas de combe où je traverse le fossé pour rentrer dans le grand bois qui m'abritera un peu de la pluie. Je longe la grosse coulée et rejoins le chemin de terre qui me fait déboucher à 100 mètres du passage busé. La pluie s'est un peu calmée et tombe en grosse gouttes espacées. Je suis le ruisseau d'alimentation du lac, traverse le passage busé puis me dirige vers la parcelle de maïs. Arrivé au coin de cette dernière, je la longe par le bas en suivant la bande enherbée qui borde le lac jusqu'au coin suivant. Je suis maintenant à bon vent pour chasser en suivant les passages de canon car le vent souffle vers la digue. Je m'avance dans le premier passage de canon jusqu'à la bosse du champ qui me cachait la fin du passage. Pas de chevreuil, je fais demi-tour. Je longe encore un peu la parcelle et contrôle le second passage de canon, toujours rien. Demi-tour et direction le 3ième passage de canon. En arrivant au départ de ce dernier, je me penche doucement et aperçois un brocard au gagnage sur la droite du passage à environ 30 mètres. Il est de cul et regarde vers moi, je reste immobile. Il baisse la tête dans la végétation épaisse du centre du passage pour brouter, le vent souffle fort. J'en profite pour m'avancer dans le passage de canon. Les premiers rangs sont perpendiculaires au passage, je passe les 3 premiers puis me cale entre les 2 suivants pour observer. Le brocard relève la tête, observe tranquillement les alentours et se remet à brouter. Je m'avance à nouveau de quelques rangs puis me recale entre les suivants. Le brocard relève la tête, regarde autour de lui puis se remet à manger. Je recommence à avancer de quelques mètres et me recale. Cette fois le brocard redresse la tête, regarde autour de lui puis commence à avancer en suivant le maïs. Les rangs sont maintenant parallèles au passage de canon. Il me tourne le dos, j'en profite pour avancer plus rapidement mais voyant qu'il s'arrête, je stoppe net et m'accroupis juste à temps car il tourne la tête et regarde un instant vers moi sans me voir avant de se remettre en marche en broutant tranquillement. Je me remets à avancer assez rapidement, prêt à m'accroupir à tout moment. Mon décocheur est accroché et je gagne vite du terrain. J'arrive ainsi à 9 ou 10 mètres du brocard qui broute toujours paisiblement en 3/4 arrière. J'arme mon arc baissé pour être prêt à m'accroupir mais voyant qu'il ne fait pas attention à moi, je prends rapidement ma visée derrière ses côtes et décoche.

L'impact retentit et il me semble que ma flèche est rentrée où je voulais. Le brocard démarre en trombe dans le passage sur environ 20 mètres puis bifurque  à droite pour rentrer dans la culture. J'attends un peu puis pars à l'endroit du tir sans trouver de sang. Je m'avance un peu sur la direction de fuite en commence à trouver de maigres traces de sang et de contenu stomacal sur la végétation du centre du passage. La piste est très difficile à suivre dans cette végétation détrempée mais je remarque que la végétation est légèrement couchée sur le passage de l'animal ce qui me permet de localiser à peu près sa trajectoire et l'entrée dans le maïs où je trouve enfin une belle tâche de sang sur les feuilles de maïs au sol.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je suis le sang plus abondant au sol et sur les pieds de maïs sur environ 15 ou 20 mètres de plus et retrouve mon brocard couché sur le flanc. Ma flèche est bien en arrière des côtes.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

La sortie est pile au défaut de l'épaule, panse, foie et poumon sont touchés. Je remarque en apposant mon bracelet que mon brocard à l'arrière train couvert d'excrément séché. Encore un chevreuil malade mais il n'est pas encore amaigri. Le bracelet apposé, je fais quelques photos souvenir sous la pluie

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

puis attache les pattes de mon chevreuil et le charge sur mon épaule pour revenir vers la voiture. Je le laisse au bord de la route, à environ 300 mètres du tir, dans le fossé puis pars chercher ma voiture où j'en profite pour appeler le conducteur de chien de sang. Rendez-vous est pris pour une recherche demain pendant ma pause déjeuner. Je récupère mon brocard en passant et rentre chez moi. Je n'ai que peu d'espoir de retrouver mon premier brocard et la recherche du lendemain ne donnera rien, le chien perdant la piste à la sortie du bosquet et le contrôle des bordures de tous les bosquets et bois environnant restant infructueux.

 

Alex

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 20:20

Ce soir, en sortant du boulot, je pars directement pour Labéjan. Je me gare près de la ferme, au carrefour au-dessus du lac, me prépare rapidement puis teste le vent. Ce soir il vient de la ferme et souffle assez fort, je traverse donc la route, escalade le talus abrupt et pars vers la droite avec le vent dans le dos en longeant le maïs qui descend vers le fond de la combe. Je jette un coup d'œil à chaque passage de canon en passant. Pas de chevreuil en vue jusqu'au coin du maïs, je descends donc en le suivant doucement et en surveillant la luzerne à ma gauche qui descend vers bois qui en ferme le bas. Pas de chevreuil ce soir, j'arrive au coin de la luzerne fermée par le bois qui remonte contre le maïs. Je continue à descendre tranquillement entre le bois et le maïs sans rien voir. Arrivé en bas, je continue à longer le maïs qui est maintenant bordé par une grosse haie qui le sépare d'un champ travaillé. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux. Le vent fort, qui agite à culture et souffle face à moi, masque le bruit de ma progression, il me faut juste voir avant d'être vu. Je jette un coup d'œil à chaque passage de canon et en arrivant au 4ième et dernier passage avant le bosquet qui rentre dans le maïs, j'aperçois, en me penchant doucement, un chevreuil à environ 20 mètres dans le passage. Il regarde vers le haut du champ, je me recule doucement, accroche mon décocheur puis me penche doucement à nouveau. J'aperçois alors 2 petits bois entre ses oreilles.

C'est un jeune brocard de l'an dernier. Il est de face puis tourne à nouveau la tête en arrière. J'en profite pour m'avancer de 2 mètres dans le passage de canon et me caler entre 2 rangs de maïs, légèrement en retrait par rapport aux autres et perpendiculaires au passage. Je surveille le brocard au travers des pieds de maïs. Il commence à descendre vers moi en longeant l'autre côté du passage. Il s'arrête régulièrement pour brouter la végétation bien verte. Il avance ainsi mètre par mètre entre des pauses plus ou moins longues pour manger. Le vent bifurque brusquement et souffle par moment vers le haut du maïs mais en biaisant pour l'instant vers mes arrières, j'espère qu'il ne va pas tourner plus et me trahir. Le brocard regarde souvent derrière lui et je tente de voir s'il ne serait pas accompagné mais rien en vue. Alors qu'il n'est plus qu'à 15 mètres environ, il traverse tranquillement le passage de canon et vient se coller contre mon côté du passage me compliquant ainsi la tâche. Je n'ai plus d'angle de tir et devrais le tirer juste au moment où il passera devant moi. Il continue à descendre tranquillement en faisant des pauses alimentaires ou observatoires. Il n'est plus qu'à 7 mètres environ, j'arme doucement mon arc et me prépare mais tout à coup, il se décide à retraverser le passage de canon mais, cette fois, il commence à rentrer dans la culture. Je n'ai pas trop le temps de réfléchir, je me penche, aligne la visée alors qu'il rentre au pas à couvert et décoche alors qu'il est à moitié rentré dans le maïs en visant entre les pieds de maïs. Touché, le brocard fait volte-face, un jet d'un mètre de sang jaillit de sa blessure et il traverse le passage de canon pour fuir dans le maïs que j'entends claqué sur son passage, dans mon dos, sur 10 à 15 mètres avant de l'entendre chuter et se débattre au sol. C'est fini pour lui.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Sachant mon chevreuil mort, je décide d'aller chercher ma flèche. Je trouve immédiatement du sang à l'endroit du tir.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

En avançant dans le maïs dans la direction du tir, je trouve rapidement ma flèche posée sur le sol. Elle présente peu de sang et serait plus caractéristique d'une atteinte musculaire.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Je remets ma flèche au carquois puis repars vers le premier sang. De l'autre côté du passage le chevreuil a laissé une belle tâche de sang sur un pied de maïs couché et au sol.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Je m'avance entre 2 rangs de maïs que le sang du chevreuil a teinté de rouge au passage. L'hémorragie semble très abondante.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Au bout d'environ 7 mètres de recherche, le sang devient très très abondant, une grosse tâche de sang au sol marque une chute du brocard.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Le sang traverse le rang de droite, je le suis et aperçois le chevreuil à juste quelques mètres devant moi. Il est couché sur le flanc et a repeint les alentours en rouge.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

En examinant le brocard, je constate que ma flèche est trop en arrière et trop haute, elle passe juste sous la colonne vertébrale au niveau des reins. Cette flèche n'est pas un cas d'école mais elle est toujours mortelle à très court terme car elle sectionne la grosse artère passant sous la colonne et provoque une hémorragie très massive. Au dépeçage, je m'apercevrai que ma lame de chasse a en fait complètement exploser une vertèbre en plus de sectionner l'artère, cette fuite même courte et la volte-face du chevreuil n'était physiquement pas possible et il est incroyable qu'il ait pu faire ces 15 mètres de fuite. Après quelques photos souvenir,

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

j'attache les pattes du chevreuil et le remonte vers ma voiture en suivant le passage de canon. En haut du champ de maïs, je tombe sur la propriétaire des terres qu'elle loue en fermage. Nous discutons un bon moment puis elle me montre des terriers de blaireaux et de renards situés dans le parc clôturé autour de son habitation pour que je vienne essayer d'en flécher quelques-uns car ils font des dégâts réguliers sur ses volailles.

Je pose mon chevreuil à ma voiture et repars en chasse. Au loin, le bruit d'une moissonneuse et un nuage de poussière me signale que le grand champ de tournesol où j'ai fléché mon chevrillard le 17 septembre est en train d'être moissonné. En passant par la ferme, je descends vers le passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac puis reviens vers ce dernier et la parcelle de maïs qui borde la droite du plan d'eau. Arrivé au coin du maïs, je longe la parcelle sur la bande enherbée qui la sépare du lac pour la dépasser et remonter en la longeant à bon vent.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Alors que je commence à m'avancer dans le premier passage de canon, mon téléphone vibre dans ma poche. C'est ma compagne qui rentre du boulot et qui me pensait à la maison. Je comprends qu'il est temps de rentrer, il est encore tôt mais je reviendrais un autre jour, je repars vers la voiture.

 

Alex

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 21:19

Ce soir, je pars chasser sur Labéjan en sortant du Boulot. Je me gare en haut de la côte, près de la ferme qui surplombe le lac. Je me prépare rapidement puis descends vers le lac, ce soir le temps est incertain et le vent souffle fort du bout du lac vers la digue. Je décide d'en profiter pour commencer par chasser dans la parcelle de maïs au bout du lac, côté droit. Je rattrape rapidement la berge de droite puis marche rapidement jusqu'au maïs et commence à remonter en le suivant pour rejoindre le premier passage de canon. Je m'avance tranquillement dans ce dernier en contrôlant des 2 côtés, les premiers rangs qui sont perpendiculaires aux passages et me donnent une vision de 10 à 15 mètres de part et d'autre. Les sillons deviennent ensuite parallèles aux passages et forment un mur au travers duquel il est difficile de voir un animal. Je presse donc le pas pour arriver au sommet de la bosse qui coupe le champ en 2 et voir ainsi de l'autre côté jusqu'au bout du passage. Rien en vue, je fais demi-tour et rejoins le second passage de canon rapidement pour procéder de la même façon. Les passages sont marqués de pieds de chevreuils et de sangliers plus ou moins frais. Je fais de même pour tous les autres passages jusqu'à arriver au dernier. Cette fois, je continue ma progression jusqu'au bout du passage et finis ma progression tout doucement pour contrôler les derniers rangs qui sont perpendiculaires aux passages. Tout à coup, un gros chevreuil démarre à 6 ou 7 mètres sur ma droite et j'ai à peine le temps de le voir se débiner sans voir sa tête. Le bruit de sa fuite cesse presque immédiatement et je continue à avancer tout doucement, prêt à armer, pensant le revoir mais j'arrive au bout du passage sans le voir. Je remonte pour jeter un coup d'œil sur le haut du champ mais pas de chevreuil.

Je redescends en longeant le maïs quand je me rends compte qu'au milieu du chant se trouve un rond de 50 m² environ ou le maïs n'a pas poussé et où se trouve une végétation dense idéale pour abriter un animal. Je suis à mauvais vent mais je décide de tenter d'y jeter un coup d'œil. Je prends un sillon aligné avec le bas de la zone et le longe jusqu'à cette zone ou je trouve des coulées de sangliers mais pas de chevreuil. Demi-tour, je finis de rejoindre le bord du ruisseau d'alimentation du lac et le longe jusqu'au passage busé où je le traverse. Je rejoins ensuite la bordure du grand bois et la suis rapidement pour rejoindre une zone de tournesol plus loin. En arrivant à 100 mètres de l'angle du bois, je remarque une tâche rousse entourée de tâches plus grises sur la bande enherbée qui borde le roncier qui marque l'angle du bois. Je pense à des chevreuils mais n'y croit pas trop et me dis qu'il s'agit certainement d'une grosse branche morte tombée là à cause des vents forts de ces derniers jours. Je continue à avancer rapidement sans me cacher quand il me semble voir bouger et distinguer un chevreuil couché, peut-être 2. Je stoppe net mais une chevrette et ses 2 petits en profitent pour se lever et détaler. Je n'ai pas assuré, la chevrette et un jeune remontent à droite en passant l'angle du bois alors que le second chevrillard continue tout droit puis se rendant compte de son erreur il stoppe 100 mètres plus loin et regarde vers moi puis cherche sa famille. J'attends un peu mais il prend à l'opposé du bois et je le perds de vue derrière le relief du champ. J'avance doucement au cas où la chevrette et le chevrillard seraient restés derrière les ronces mais, arrivé au coin du bois, je ne les vois pas, par contre le chevrillard est en crête du champ sur ma gauche et regarde vers moi. Je remonte le talus abrupt à ma droite, par un passage de blaireau pour suivre le bois et commence à remonter quand, le relief se dégageant, j'aperçois la chevrette et son jeune qui m'observent plus de 100 mètres plus haut avant de déguerpir pour rentrer au bois.

Je continue à remonter et biaise à gauche pour rattraper le chemin de terre qui longe la crête. Une fois sur le chemin, je le longe en direction du tournesol. Je jette un coup d'œil dans la combe travaillée de droite entre le grand bois et un bosquet. Rien en vue, je continue et arrive au bord des tournesols desséchés sous lesquels pousse de la luzerne. C'est un secteur très fréquenté par les chevreuils. J'avance jusqu'à arriver en face d'une longue pointe de ronce d'environ 100 mètres qui démarre du coin du bosquet entouré par le tournesol et situé à environ 200 mètres en contrebas. Elle remonte vers le chemin et couvre un talus trop pentu pour être cultivé. Je m'avance doucement dans le tournesol et rejoins la droite de la bande de ronces pour la longer doucement en scrutant les alentours. Pas de chevreuil ce soir, je passe le coin du bois et prends à gauche en le suivant. Le tournesol n'a pas bien poussé dans le secteur et la luzerne fait une bande de 10 mètres environ entre le bois et le tournesol. Je surveille aussi l'intérieur du bois assez clair. Toujours rien, le bois bifurque à nouveau à droite vers le fond de la combe. J'aperçois, à environ 300 mètres, 2 chevreuils qui descendent du champ de soja vers le fond de la combe. Je descends vers le fossé qui longe le fond de la combe à travers le tournesol envahi, dans le secteur, par de la végétation haute puis le suis pour me rapprocher des animaux. Une haie épaisse qui descend du versant gauche bifurque ensuite pour suivre la gauche du fossé en longeant le soja. Elle me fait un écran me permettant d'avancer à couvert un moment. Arrivé au coin de la haie, le fossé devient plus profond et se remplit d'eau, je passe donc sur la bande enherbée à sa droite. Au moins un des chevreuils que j'avais perdu de vu un moment est toujours là mais il semble remonter. Je m'avance voûté en surveillant le chevreuil mais le perds brusquement du vu, est-il passé dans la végétation haute de la friche qui borde le soja ou s'est-il couché ? Je finis par apercevoir ses oreilles dépassant de la culture. Il s'est donc couché et regarde vers moi. La haie s'éclaircie et devient de moins en moins haute en se rapprochant des chevreuils et je décide de finir l'approche à genoux mais je me rends vite compte que je fais trop de bruit en progressant ainsi. Les chevreuils sont encore à 100 mètres, je me redresse et tente de continuer à progresser voûté mais les chevreuils me repèrent et se lèvent pour filer à travers la friche pour bifurquer rapidement en direction du fossé, ils vont certainement le traverser au niveau du passage le plus fréquenté, derrière un arbre isolé.

Les derniers buissons de la haie leur cache ma silhouette, je prends le pas de course pour tenter de les couper mais ils sautent le fossé et passent derrière la bande étroite de tournesol que je longe et qui est bordée par un bosquet environ 10 à 12 mètres sur ma droite. Un autre chevreuil surgit de la friche et file droit devant lui. Je ralentis mais continue à avancer rapidement au cas où les animaux seraient toujours dans le secteur. Au moment où j'arrive au bout du tournesol, avant la combe travaillée qui remonte vers le chemin de crête, j'entends des piaulements caractéristiques et aperçois le chevrillard qui revient en longeant le bosquet au-dessus de moi. Je m'avance rapidement de 2 mètres dans le tournesol et me prépare. Le chevrillard vient s'arrêter pile en face de moi, au niveau d'une grosse trouée qui rentrer dans le bosquet. Il regarde derrière lui. J'arme rapidement et prends tout aussi vite la visée avant de décocher. Un impact sourd retentit mais ma flèche me semble trop en arrière. Le chevrillard fonce dans le bosquet en faisant craquer la végétation sèche. Le calme revient.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je contourne le tournesol et me rapproche doucement de l'endroit où se trouvait le chevrillard. Je trouve rapidement un peu de contenu intestinal ou stomacal mélangé avec du sang et posé sur une branche à l'endroit où est rentré mon chevreuil. C'est bien ce que je craignais, ma flèche est trop en arrière.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

En regardant un peu plus à gauche, je trouve des projections de sang, c'est l'endroit du tir.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Le vent souffle dans mon dos et, rapidement, les ronces sèches de l'épais taillis se mettent à craquer, le chevreuil n'était pas loin et il vient de redémarrer. Le bruit se déplace lentement vers la lisière gauche du bois et je décide m'éclipser pour revenir plus tard. Je pars donc vers la combe travaillée à ma gauche et en arrivant au coin du bosquet, un mouvement attire mon regard dans le bois d'en face. Je me fige et aperçois le chevrillard au travers des branchages. Une tâche sombre colore son flanc en arrière des côtes et il fait le dos rond. Immobile un moment, il regarde vers moi.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je reste un moment immobile en espérant le voir tomber mais il finit par s'enfoncer péniblement dans le bois. Je décide de le laisser tranquille un bon moment avant d'attaquer la recherche. Je fais demi-tour et pars chercher ma flèche puisque je ne risque plus de déranger le chevrillard. Je rentre par la coulée prise par le chevrillard et aperçois ma flèche à environ 4 mètres de la lisière, fichée au sol. Le sang qui la couvre n'est pas propre.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je décide de continuer à chasser pour passer le temps. Je traverse le fossé du fond de combe et prends à droite dans la friche pour longer le fond du grand bois mais en regardant vers la crête, j'aperçois un gros chevreuil qui dépasse à peine du coin droit du bosquet de crête. Je fais donc demi-tour pour repasser à couvert derrière le bosquet. Une fois en alignement avec le bosquet, le chevreuil ne peut plus me voir. Le vent s'est beaucoup calmé et ne souffle plus que par intermittence. Je remonte vers un premier bosquet juste séparé du bosquet derrière lequel se trouve le chevreuil par une bande d'herbe.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je progresse rapidement jusqu'au bord du premier bosquet puis me décale doucement vers l'angle droit où je me penche doucement. Le chevreuil est toujours là, c'est un brocard, il est coutumier du secteur, je le vois régulièrement autour de ce bosquet. Il dépasse à moitié de derrière le bosquet suivant et est encore partiellement caché derrière une petite pointe de ronces qui part de l'angle du bosquet et avance sur environ 10 mètres en suivant la cassure de la pente qui sépare la parcelle de soja qui couvre le plat au-dessus du bosquet et la friche pentue qui descend jusqu'au fond de la combe. Je longe doucement le premier bosquet en m'arrêtant à chaque fois que le brocard relève la tête pour regarder autour de lui et arrive facilement jusqu'à la bande d'herbe qui sépare les 2 bosquets. Je me décale à gauche pour la traverser, caché par le bosquet suivant, puis rejoins à nouveau l'angle droit pour tenter d'apercevoir le brocard. Il est toujours là. Je commence donc à longer très lentement le second bosquet mais le brocard finit par faire demi-tour et disparaît tranquillement derrière le bosquet. Je continue à remonter tranquillement en espérant le surprendre en arrivant au bord du soja mais au moment où je peux voir le dessus du bosquet, je ne vois pas le brocard. Je commence donc à longer tout doucement le haut du bosquet dont l'arrondi sortant me cache l'angle suivant. Tout à coup, un animal démarre dans le bosquet puis un second, certainement que le brocard était rentré à couvert et qu'il était comme souvent avec la chevrette du secteur. Je presse le pas jusqu'à l'angle suivant mais ne vois rien sortir. Le ciel devient très menaçant et un vent fort se relève, il va pleuvoir dans pas longtemps. Cela fait 40 minutes que j'ai tiré mon chevrillard, je décide d'attaquer la recherche pour ne pas risquer de perdre les traces de sang s'il se met à pleuvoir. Je redescends vers le fond de la combe. Un chevreuil surgit du bois de gauche et traverse la combe au galop pour rentrer dans le bosquet de droite, il n'a pas l'air blessé. C'est peut-être la chevrette de tout à l'heure. Je franchis le fossé puis biaise à gauche vers le bordure du bois en direction d'une grosse coulée où le sol est dégagé et par laquelle le chevrillard est certainement rentré au bois.

Arrivé au départ de la coulée, je cherche d'éventuelle traces de sang mais n'en vois pas, je remonte cette dernière pour rentrer dans le bois et tombe sur une première goutte de sang sur les feuilles mortes qui tapissent le sol.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Au sommet du talus, je tombe sur 2 gouttes de sang sur la coulée, malgré les 50 mètres de fuite déjà parcouru par le chevreuil, le sang est peu abondant.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

A l'endroit où le chevreuil était arrêté, quelques gouttes de sang sont tombées au sol mais par rapport au temps que le chevreuil a passé à cet endroit, il n'y a pas grand-chose, la piste au sang ne s'annonce pas facile et pour rajouter à la difficulté, j'ai oublié ma frontale à la voiture et en sous-bois il fait déjà sombre.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Les gouttes sont espacés de 1 ou plusieurs mètres et je n'arrive pas à suivre facilement la piste. Le chevreuil qui semblait partir en longeant la lisière sur une grosse coulée a finalement bifurqué à droite pour remonter dans le bois sur une coulée peu marquée. J'avance presque avec les nez au sol pour palier à la luminosité décroissante et au peu d'indices. Ma chance est que les gouttes sont souvent grosses.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Un peu plus loin, je retombe sur une autre reposée debout.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Tout à coup, il me semble entendre un bruit de pas au-dessus de moi dans le bois. Je me fige et tends l'oreille mais le bruit cesse rapidement et je ne vois rien. Je pense qu'il s'agit peut-être du vent. La piste monte un peu sur 20 mètres puis biaise doucement à gauche sans vraiment suivre de coulée avant de rattraper une grosse coulée et de la suivre un moment. J'avance goutte par goutte d'environ 50 mètres sur cette coulée puis perds la piste. Je marque le dernier sang puis contrôle les coulées qui partent en éventail dans le bois mais impossible de trouver du sang. Je contrôle et recontrôle chaque coulée en avançant de plus en plus lentement et de plus en plus près du sol puis finis, après de longues minutes, à me poser pour réfléchir. Une coulée marquée part à 90° sur ma droite, je commence à m'avancer doucement en la suivant et finis par trouver du sang à environ 10 mètres de la dernière goutte. La recherche repart, les gouttes sont espacées de plusieurs mètres puis 2 ou 3 gouttes se suivent parfois mais, dans la pénombre croissante, je progresse assez lentement. Petit à petit, j'avance. Au bout d'environ 80 mètres sur cette coulée qui biaise vers l'angle du bois, le sang devient un peu plus abondant et ma recherche s'accélère un peu pour me faire ressortir sur la combe travaillée au coin du bois mais, sorti du bois, impossible de retrouver du sang. Je décide d'aller contrôler les entrées des coulées du bosquet de l'autre côté de la combe. Je commence par une très grosse coulée au milieu du bosquet qui traverse un fossé au fond duquel les sangliers viennent souvent se baigner. Des tâches sombres attirent mon regard sur la lisière du bois, sur le sol, dans la coulée. Je franchis le fossé d'un bon et trouve des gouttes de sang. Il fait trop sombre pour reprendre la recherche sans éclairage. Je décide de repartir chercher ma voiture où j'ai laissé ma frontale. Je remonte donc vers le chemin de crête puis le suis jusqu'à ma voiture qui se trouve à plus 1 km. Je reviens ensuite avec mon véhicule et me gare sur le chemin de terre au-dessus du bosquet, prends mon arc et ma frontale et redescends pour reprendre ma recherche.

Arrivé à la coulée, j'allume ma frontale, retraverse le fossé et commence à suivre le sang qui remonte en biaisant à droite sur une grosse coulée mais au bout de 30 mètres environ le sang s'arrête, je continue un peu sur la coulée sans le retrouver. Je reviens donc aux dernières gouttes, cherche sur les côtés de la coulée et finis par me rendre compte que le sang descend dans le sale sur la droite de la coulée. Les gouttes sont assez régulières et je les suis facilement sur environ 30 mètres de plus quand 2 yeux blancs s'allument dans le faisceau de ma frontale. Mon chevrillard est là couché devant moi. Il est toujours vivant. Je m'approche tout doucement jusqu'à 6 ou 7 mètres, arme mon arc et tente de viser mais son ombre portée me cache mon chevrillard, je désarme. Je prends donc ma frontale dans ma main qui tient l'arc, réarme mon arc et tente de diriger le faisceau pour éclairer le chevrillard. Je cherche ensuite une fenêtre de tir au travers des branchages et tente de prendre ma visée puis décoche. L'impact cassant retenti mais le chevrillard ne se relève pas. Il se débat à peine au sol puis s'immobilise. Je me rapproche et me rends compte que ma flèche est rentrée plus en arrière que je voulais. Elle rentre dans le cuissot en cassant le fémur et ressort dans l'épaule opposée pour se ficher au sol ce qui l'a empêché de ressortir de plus de 15 cm et a maintenu le chevrillard affaibli au sol.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Je n'avais pas réalisé que l'animal était de 3/4 arrière et le pensais plus plein travers. La nuit est trompeuse. Je dégage mon chevrillard puis récupère ma flèche avant de réaliser quelques photos souvenir avant le retour à ma voiture.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

La recherche aura été longue et compliquée et le chevrillard est venu se coucher prés de son point de départ.

Une flèche trop en arrière et une recherche difficile, 17 septembre 2015

Alex

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 22:01

Ce soir, je décide d'aller faire un tour sur une commune où j'ai hérité d'un bracelet de tir d'été non réalisé, j'y ai chassé quelques fois durant le mois d'août mais mes sorties n'ont rien donné. Je ne connais pas ce territoire et chasse en me repérant sur une vue aérienne que j'ai imprimée et faite validée par le président de la société de chasse. Le territoire est peu boisé et les champs de tournesol et de maïs arrosés au pivot alternent avec des champs travaillés et des chaumes, c'est à dire que soit les chevreuils sont invisibles, soit ils me voient arriver de loin. De plus, je n'ai pas vu beaucoup de brocard durant cette période. Ce soir, je décide de chasser autour d'une zone entourant une bande de bois serpentant en crête. Je me gare près de la route, au coin d'un champ de tournesol et me prépare, le vent est dans mon dos, je vais marcher un moment jusqu'à un grand bois à 2 ou 3 km puis reviendrai en chassant par-dessus la ligne de bois qui serpente en crête pour chasser à bon vent. Je pars donc en longeant la bande enherbée entre le tournesol et un petit ruisseau.

Tir sanitaire d'une chevrette à 3 pattes

J'avance tranquillement en surveillant les alentours sans voir d'animaux jusqu'à arriver à une route goudronnée. Je continue donc en suivant la route. Au loin, le grand bois est bordé par une grande parcelle de tournesol. Tout à coup, j'aperçois 2 chevreuils à 400 mètres environ, dans l'ombre de bois qui longe la crête, dans un chaume de blé reverdit par les repousses. Je ne peux pas les approcher directement et décide de continuer un peu pour faire une boucle en suivant des haies qui se trouvent un peu plus loin et revenir ainsi vers eux à couvert. Je continue donc à suivre la route un moment pour passer derrière une grosse haie qui part de la route et suit la bordure d'une parcelle de tournesol. De l'autre côté de cette haie, les parcelles sont des chaumes entrecoupés de haies ou de bandes de ronces. En jetant un coup de d'œil sur ce secteur, j'aperçois au loin, à environ 600 mètres, une tâche rousse au milieu d'un chaume couvrant un penchant situé sous un bois de crête. Je décide de me rapprocher, je commence à longer la haie un moment quand du bruit dans cette dernière me fait stopper net, je regarde à ma droite et aperçois plusieurs gros rats se débinant dans la haie, l'un d'eux se plante plein travers près de moi mais je ne suis pas là pour lui et je reprends ma progression. La haie qui borde le bas du grand chaume me cache maintenant la tâche rousse et je décide de couper à travers chaume, à découvert pour rejoindre cette haie qui se termine en bourrelet de ronce de 1,5 m de haut environ. J'avance tranquillement en essayant de ne pas trop faire craquer la végétation sous mes pas et rejoins ainsi la haie.

Je me décale doucement à droite, jusqu'à ce que la hauteur de la haie me permette de voir le grand chaume derrière puis me poste pour observer un moment. La tâche rousse a disparue, j'insiste et cherche encore au cas où un chevreuil serait couché au milieu de ce grand chaume quand j'aperçois une toute petite tache rousse qui dépasse à peine du chaume. Peut-être des oreilles mais cette tâche est à 300 mètres environ et, sans jumelle, je ne suis pas sûr de mon interprétation. J'ai pris mon Buttolo à la poche et décide de tenter quelques appels. Dès les premiers couinements, un chevreuil se lève dans le chaume à environ 300 mètres mais plus à gauche que la tâche rousse. Il regarde vers moi sans me voir et je n'arrive pas à dire si c’est une chevrette ou un jeune brocard. Je tente encore des appels, le chevreuil fait péniblement un pas vers moi. Quelque chose ne va pas, il semble déséquilibré du train arrière. Je continue à appeler mais après 2 ou 3 pas pénibles dans ma direction, le chevreuil fait demi-tour et commence à remonter vers le bois en broutant. Je le regarde un instant s'éloigner puis décide de tenter le tout pour le tout, je change l'intonation de mes appels qui deviennent brefs et puissants. Le chevreuil se retourne et commence à venir vers moi en boitant sévèrement. Je continue mes appels, le chevreuil arrive quelques pas par quelques pas, en marquants des pauses pour regarder vers moi. Je garde son attention en continuant mes appels et petit à petit, il arrive sur moi. Je finis par identifier une chevrette. Le vent souffle dans mon dos et j'espère qu'elle ne va pas couper la direction du vent en descendant.

Elle vient s'arrêter à environ 50 mètres, presque dans la direction du vent et je crains de la voir partir mais alors que j'appelle encore elle reprend sa marche vers moi. Elle arrive de plus en plus décidée mais toujours en boitant sévèrement et je finis par me rendre compte qu'une de ses pattes arrière est amputée au niveau de l'articulation. Ses pauses s'espacent et elle se rapproche de plus en plus rapidement malgré le vent qui ne m'est pas favorable. Je décide de la filmer un peu mais la voyant arriver rapidement, je coupe rapidement mon appareil photo pour reprendre mon arc.

La chevrette qui marquait jusqu'à présent des arrêts fréquents vient maintenant droit sur moi sans arrêter mais en boitant sévèrement et je crains de ne pas pouvoir tirer sil elle s'arrête derrière les ronces. J'arme doucement mon arc alors qu'elle est à moins de 5 mètres derrière les ronces et elle finit par s'arrêter à moins de 4 mètres de 3/4 face. Je la distingue au travers des ronces mais ma fenêtre de tir est minuscule. J'aligne ma visée sur son épaule et décoche. Sans voir mon atteinte, j'ai bien entendu l'impact et la chevrette file derrière la haie sur ma gauche. 20 mètres sur ma gauche, la haie fait un angle droit et bifurque à droite. La chevrette qui a suivi la haie réapparaît à environ 40 mètres, elle titube et tend la tête vers le ciel, pousse quelques sortes d'aboiement éraillés puis s'effondre. Un brocard surgit alors du bois en crête et traverse le chaume pour rentrer à environ 80 mètres dans la haie en aboyant. Il aboie un moment derrière la haie. La chevrette se débat un peu au sol puis s'immobilise. Je quitte mon poste et pars à sa rencontre. Je récupère au passage ma flèche fichée au sol. Un morceau de poumon sort par la plaie d'entrée de ma flèche. Le brocard aboie encore un moment avant de s'éloigner.

Tir sanitaire d'une chevrette à 3 pattes

L'état sanitaire de l'animal ne semble pas très bon, elle pèse à peine le poids d'un gros chevrillard de fin d'année, ses côtes sont dessinées sous son pelage. Je me rends alors compte que j'ai oublié le bracelet à ma voiture, je repars donc la chercher après une petite séance de photos souvenir en laissant la chevrette sur place.

Tir sanitaire d'une chevrette à 3 pattes

Je reviens, un moment après, pour apposer le bracelet alors que la nuit tombe et en profite pour examiner un peu plus son moignon. La patte est coupée 10 centimètres sous l'articulation

Tir sanitaire d'une chevrette à 3 pattes

la blessure est ancienne, certainement due à une balle ou des plombs. Le moignon est bien cicatrisé et la chevrette s'appuyait dessus pour marcher.

Tir sanitaire d'une chevrette à 3 pattes

Au dépeçage, je constate que la patte arrière amputée est atrophiée au niveau de la cuisse et que les poumons de l'animal sont infestés de long vers blanc d'environ 10 cm et très fins. Je suis très content d'avoir fléché cette chevrette plutôt qu'un brocard en pleine santé.

 

Alex

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 10:42

Ce matin, je décide d'aller faire un tour sur Labéjan pour faire un petit tour de repérage avant l'ouverture de demain. J'ai récupéré 5 bracelets de tir d'hiver pour cette saison et cela fait plusieurs jours que je tourne dans le secteur pour chasser le renard mais aussi pour connaître un peu la population de chevreuil qui a pas mal baissé. Je me gare sous la digue du lac un peu avant 7 heures, me prépare et pars en longeant la droite du lac. Des canards décollent en cancanant et font une boucle pour revenir me passer au-dessus par petits groupes. Dans la faible luminosité, j'aperçois une masse sombre qui longe la berge opposée puis surgit de l'eau en un éclair pour foncer vers le pied d'un arbuste dont les branches basses tombent généralement dans l'eau quand le niveau du lac est plus haut. Je continue tranquillement et rejoins le bord de la parcelle de maïs et commence à la longer. Arrivé au bout de la culture sans avoir vu d'animaux, je longe maintenant le ruisseau d'alimentation et aperçois un ragondin qui se débine dans l'eau boueuse. Pas le temps d'armer, il passe derrière des arbustes, je presse le pas et me poste après les arbres en espérant qu'il ne sera pas rentré dans un des terriers du secteur mais rien ne vient, je tente quelques cris de petits ragondin mais toujours rien. Je reprends ma progression quand j'aperçois un renard qui remonte vers la crête de droite au travers d'un champ travaillé. La luminosité est encore faible et je décide de tenter de longer un peu la haie qui borde le ruisseau pour me rapprocher un peu alors que le renard vient de passer dans un creux du champ. 2 buses décollent de l'endroit où doit se trouvait le renard. Arrivé au niveau du passage busé qui traverse le ruisseau, je tente des cris de souris, posté contre la haie mais le renard que je vois à nouveau ne semble pas réceptif et il finit par me repérer alors que je bouge et file vers la crête au trot où il disparaît.

Je reste sur la droite du ruisseau et continue à le longer alors qu'il borde maintenant un grand bois. Plus loin, je rejoins une grosse haie qui part du bois et rejoint un gros bosquet. Je la suis, regarde, un peu plus loin, au travers de cette dernière au niveau d'un passage. Rien en vue, je fais le tour du bosquet en remontant vers la crête sans rien voir. Je redescends vers une mare en contrebas. L'eau bouge, je m'approche doucement mais ne vois pas de ragondin, seules des grenouilles animent le petit plan d'eau. Je suis le fossé du déversoir de la mare jusqu'à un petit lac entouré d'une bande boisée. Je rentre dans cette bande et arrive au bord du lac. Rien ne bouge, je tente des cris de petit ragondin, une poule d'eau vient vers moi sur 5 mètres en longeant la berge puis rentre à couvert à environ 40 mètres. Une autre poule d'eau s'avance sur l'eau un peu plus loin puis revient à couvert. Pas de ragondin, je fais demi-tour puis remonte vers la crête suivante à travers un semé. Je redescends à découvert vers un ru qui rejoint le grand bois quand j'aperçois 4 chevreuils près d'un bosquet sous le crête suivante dans une grande friche qui borde le grand bois. Je scrute la friche et aperçois un autre chevreuil à ma droite, à environ 400 mètres, contre la haie qui sépare la friche d'une parcelle de soja et qui remonte vers la crête. Je décide de me rapprocher pour savoir si c'est un mâle ou une femelle. Je passe derrière la crête du champ et avance ainsi à couvert jusqu'à avoir dépassé la haie puis redescends vers une mare qui se trouve au départ de la haie et d'où part le ru qui rejoint le bois. 2 autres chevreuils arrivent par le milieu de la pente côté droit. Je continue à descendre, ils finissent par m'apercevoir et se figent pour m'observer alors que je descends toujours puis finissent par fuir vers un petit bosquet en long qui longe la crête au-dessus du soja. C'est une chevrette et son jeune.

En arrivant près de la mare, je constate que l'eau bouge derrière la végétation. Je m'approche doucement en me préparant à armer mais une cane colvert me repère avant que je ne puisse la voir et s'envole alors que j'étais à peine à 5 mètres. Je m'avance vers la haie au travers d'une végétation très haute et très dense. Un sanglier et venu se rouler dans le coin et a écrasé une partie de cette végétation luxuriante. Arrivé à la haie, je me décale doucement vers la gauche pour tenter de surprendre le chevreuil mais aperçois juste furtivement sa tête qui passe la crête, c'était une chevrette. Je remonte en suivant la haie, passe la crête, traverse un retour du soja et débouche sur un champ travaillé. Je redescends à gauche vers un champ de tournesol en suivant une haie épaisse. La haie bifurque à droite sur 40 mètres puis reprend sa direction d'origine. Dans cet angle le tournesol a été complètement couché sur 200 m² environ, certainement par les sangliers. Je passe les 2 angles de la haie puis continue à descendre vers le fond de la combe. En arrivant à 30 mètres du bout de la haie, je fais démarrer un animal sur environ 20 mètres dans le tournesol, qui remonte sur le penchant suivant, sans pouvoir le voir. Je continue à descendre doucement et finis par apercevoir un jeune brocard, plein travers à 40 mètres dans le tournesol complètement envahi par une végétation haute et épaisse. Il m'observe un moment puis de débine et disparaît dans le tournesol. Je finis de descendre puis remonte à travers le tournesol par un passage d'environ 1 mètre de large où le sol est à nu suite à un ravinement provoqué par un orage au moment du semi. Je biaise maintenant à droite vers un petit bois pris dans le tournesol et se poursuivant par une grande pointe de ronces couvrant un talus abrupt qui fait une cassure dans le champ de tournesol. 2 chevreuils démarrent à environ 40 mètres, foncent vers les ronces, s'arrêtent un instant puis font demi-tour pour se débiner dans le tournesol vers un autre bois sur l'autre côté du champ. Je continue à remonter vers la crête en suivant les ronces et en regardant s'éloigner la chevrette et son petit qui finissent par disparaître.

Je rejoins le chemin de crête qui délimite le territoire de chasse et le suis. J'aperçois sous le bois où sont partis les 2 chevreuils, 2 autres chevreuils qui broutent le long du fossé qui borde le bas du bois. Je descends vers le bois et me poste à l'angle pour observer les chevreuils. Il y en a 3 en fait, une chevrette et ses 2 jeunes. Je ramasse une herbe, pose mon arc au sol, coince l'herbe entre mes pouces et tente d'appeler. La chevrette fonce vers moi sur 10 mètres puis se fige, regarde ses jeunes puis tout ce petit monde rentre au bois. Le tonnerre gronde au loin et des éclairs commencent à fendre le ciel, je décide de revenir vers la voiture. Je descends vers le fond de la combe et rentre dans le grand bois par un passage que j'ai ouvert au sécateur la semaine dernière pour suivre une coulée sur le bord de laquelle des arbres sont couverts de boue sèche, un sanglier passe par là. Cette coulée me conduit vers un chemin forestier qui longe le bas du bois et me fait ressortir au bord du ruisseau qui alimente le lac. Je suis le ruisseau par la droite puis rentre dans le bosquet qui borde le départ du lac. Je rentre par une grosse coulée qui longe le lac et la dégage avec mon sécateur pour pouvoir progresser facilement durant la chasse.

Un bruit de voiture se rapproche et j'aperçois des chasseurs qui viennent lâcher des faisans pour l'ouverture au coin du maïs. Ils repartent tranquillement alors que je ressors du bois et me dirige vers où j'ai vu rentrer le ragondin ce matin. Arrivé à l'arbuste, je me fraye un passage dans les branches basses, en suivant une coulée marquée sur laquelle je trouve des crottes toutes fraîches de ragondin, au sécateur et aperçois un terrier qui n'existait pas l'an dernier. Il semble longer la berge derrière une grosse racine. Je décide d'aller chercher mon sac à dos à la voiture, il contient une petite pelle pliante, une petite gaffe et mon lancer. Je reviens ensuite avec mon matériel, Je lève un lièvre dans le champ, il part vers le bois. Il m'a laissé passer à 5 mètres de lui sans bouger tout à l'heure. En arrivant au terrier, j'enlève mon décocheur pour ne pas l’abîmer et prends ma pelle pour creuser derrière la racine. Je tombe vite sur le terrier mais constate qu'il bifurque à 90° et part sous la bande enherbée. Il n'est pas vieux et ne doit pas être très profond. Je tente de boucher le terrier par le trou que je viens de creuser puis ressors de sous l'arbuste puis recommence à creuser à 1.5 mètres du premier trou, sur la direction du terrier. 70 cm plus bas, je retombe sur la galerie qui continue vers le champ. Je dégage un maximum l'accès au terrier puis le sonde avec ma gaffe mais côté champ, elle est trop courte, je pars donc chercher une branche de peuplier un peu plus loin et sonde le terrier qui n'est en fait pas très profond. Rapidement, je touche le ragondin qui démarre et passe au ras de ma main. Je me redresse vite pour attraper mon décocheur et mon arc mais trop tard, je ne peux que regarder le ragondin disparaître, tranquillement, coté entrée du terrier. Je tente de le déloger avec la gaffe mais il défonce la terre qui bouchait l'entrée et sort du terrier pour se caler sous les branches basses. Je me précipite et le cherche en faisant le tour du buisson mais ne le vois pas. Je rentre sous le buisson, il démarre et je l'entends, sans le voir, plonger dans le lac.

Je me précipite au bord du lac et surveille la surface de l'eau un moment. Rien ne bougeant, je décide de me décaler doucement vers les terriers du départ du lac pour barrer cette possibilité de fuite mais le ragondin finit par refaire surface près de la berge opposé au milieu du lac, à environ 100 mètres. Je pars en courant vers le départ du lac, traverse à grandes enjambée le terrain boueux ou ruisselle un filet d'eau en espérant ne pas me planter dans la vase puis cours au bord de l'eau vers le ragondin en le surveillant. Il plonge régulièrement et remonte vite en se rapprochant peu à peu de la berge, je profite de chaque plongée pour avancer en courant et stoppe à chaque remontée. Je finis par arriver près de l'endroit où il a plongé la dernière fois. Je m'avance un peu et me poste. Je suis complètement essoufflé et tente de reprendre mon souffle avant d'armer. Le ragondin remonte à quelques mètres et regarde vers moi puis replonge, j'arme mon arc, il remonte près de moi mais replonge aussitôt sans que j’aie le temps de décocher. Je désarme et surveille un moment la surface du lac. Il finit par remonter au milieu du lac plus près de la digue. Il replonge, je remonte sur la bande enherbée qui longe le lac et cours vers la digue en le surveillant. Il plonge et remonte tous les 10 mètres environ. Je stoppe à chaque remontée et finis par passer derrière la digue où je cours à couvert pour me positionner en face d'une grosse coulée qui traverse le milieu de la digue pour rejoindre le départ du ru sous la cabane de pompage. Je me poste à moitié caché derrière la digue, le vent souffle dans mon dos. Le ragondin remonte à environ 60 mètres et se fige sur l'eau un long moment. Il m'a repéré, je décide de m'avancer vers lui pour le faire repartir et jette un gros caillou à l'eau, il replonge et repars vers où je n'ai pas pu le tirer tout à l'heure toujours en plongeant et remontant régulièrement.

Demi-tour, je repars en courant pour aller me poster derrière les grands peupliers qui bordent le lac. Le ragondin remonte à 30 mètres de la berge et replonge, je descends rapidement vers le bord de l'eau. Il remonte à 12 mètres de la berge et m'aperçois, il commence à pivoter de 3/4 arrière en surface. J'arme, vise et décoche mais ma flèche ricoche sur l'eau et le manque. Il plonge et disparaît un moment puis finit par réapparaître, comme tout à l'heure, au milieu du lac à 60 ou 70 mètres de la digue. Je repars en courant mais cette fois je me poste à l'angle de la digue derrière quelques arbustes. Le vent qui agite la surface de l'eau rend difficile le repérage du ragondin au milieu des vaguelettes. Au bout d'un moment, je le perds de vue après un plongeon. Le temps passe et impossible de le revoir, je finis par décider de longer la digue pour tenter de le retrouver. J'avance tranquillement en scrutant la surface de l'eau et le bord de la berge. J'ai passé la grosse coulée de 20 mètres quand une impression bizarre me fait regarder en arrière. Le ragondin est calé contre la berge juste en face de la coulée. Je repasse vite derrière la digue, avance rapidement jusqu'à la coulée, arme mon arc et m'avance doucement vers le lac. Le ragondin est là en contrebas, ma visée s'aligne, je décoche. Touché, il plonge dans un gros nuage de sang et remonte rapidement à 10 mètres de la digue, se débat à peine et s'immobilise. Le vent le ramènera au bord, je pars chercher mon sac à dos laissé au terrier. Arrivé sur place, je rebouche mon trou puis attrape mon lancer pour tenter d'attraper ma première flèche qui dérive vers la digue, poussée par le vent. Elle est trop loin. Elle semble plus proche de l'autre rive, je fais donc le tour par la digue et récupère au passage ma flèche plantée sous l'eau près de la berge et mon ragondin revenu au bord puis pars chercher mon autre flèche. Je dois m'avancer de 10 mètres dans l'eau peu profonde pour arriver à l'atteindre avec mon lancer et finir après plusieurs lancers à la ramener au bord. Il est bientôt 11 heures, ce ragondin m'aura bien fait courir et je sais que les chevreuils sont dans le secteur, il est temps de rentrer.

Triathlon ragondinesque pour préparer l'ouverture, 12 septembre 2015

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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