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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 05:48

Ayant décidé de partir en vacances à Majorque avec ma compagne, j'ai posté un message en espagnol sur Facebook demandant s'il était possible de chasser une journée le bouc des Baléares sans passer par une société de guidage. C'est le seul grand gibier de l'île et sa chasse est ouverte toute l'année. Un de mes contacts, Joan CATALA m'as mis en contact avec une de ses connaissances, Francisco qui m'a invité à chasser sur sa propriété de chasse (Coto de Caza privado). Nous nous sommes contactés par téléphone pour les derniers détails à régler. Ce matin, nous avons rendez-vous à 5h30 sur le parking près de mon l'hôtel où Francisco vient me chercher mais j'ai mal compris le lieu du rendez-vous et ne le voyant pas arriver je l'appelle. Il m'attend depuis 10 minutes, je cours le rejoindre puis nous partons pour sa zone de chasse, il fait déjà chaud alors que le jour n'est pas levé. Francisco m'explique en chemin qu'il existe 2 types de chèvres sauvages à Majorque :

- "La cabra fina" ou "cabra salbaje mallorquina" qui est la vrai chèvre sauvage des Baléares pour laquelle il est nécessaire de passer par les sociétés de guidage et qui se monnaye cher. Sa robe rousse et sa ligne noire sur le dos sont caractéristiques de l'espèce dont la présence à Majorque est très ancienne, introduite par l'homme il y a plus de 4000 ans.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

- "La cabra asilvestradas" d'origine domestique et revenue plus récemment à l'état sauvage. Ces animaux présentent un risque de pollution génétique pour l'espèce autochtone et doivent être abattus. Tout animal présentant ne serait-ce qu'une petite tache blanche ("una mancha blanca") est considéré comme non pur et peut être tiré.

Malgré ma bonne maîtrise de l'espagnol je n'ai pas tout compris sur ces subtilités de la chasse à la chèvre sauvage et des différences entre les 2 types d'animaux lors des explications de Francisco. Nous arrivons aux premières lueurs du jour sur le territoire de chasse fermé par un grand portail métallique. Nous passons le portail et nous nous garons près d'une ancienne bâtisse alors qu'un lièvre ibérique détale vers la garrigue. Francisco m'explique que sa propriété de chasse fait 5000 hectares. Nous nous préparons puis nous nous mettons en marche en nous dirigeant vers un mur de pierre blanche. Une perdrix rouge se débine en longeant ce mur. Déjà les premières crottes de chèvres sont visibles sur le sol. Nous rejoignons un passage où le mur s'est partiellement éboulé et rejoignons un chemin pierreux de l'autre côté que nous commençons à suivre. Le soleil se lève dans notre dos au-dessus de la mer. 

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Francisco m'explique que nous pouvons tomber sur les chèvres à tout moment et qu'il me faut ouvrir les yeux et les oreilles pour tenter d'entendre des bêlements qui pourraient trahir la position d'un groupe d'animaux. C'est souvent le bêlement des jeunes qui trahit la présence des adultes, Francisco étant appareillé pour l'audition, il m'explique qu'il n'entend pas bien. Je scrute le paysage et écoute mais à part quelques crottes plus ou moins fraîche je ne vois pas le moindre animal. Après un moment passé à marcher et quelques coups de jumelle donnés par Francisco sur les coteaux alentours je finis par entendre des bêlements au loin sur la droite et en fait part à Francisco. Il me fait comprendre que c'est trop lin et nous poursuivons notre chemin. Un peu plus loin, nous stoppons et Francisco m'explique que nous allons chasser 2 très bonnes zones où sont souvent les animaux. Il hésite un peu puis nous partons pour la  première zone par un petit sentier qui descend dans la garrigue. Rapidement, des bêlements se font entendre et je les signale à Francisco. Nous tentons l'approche, j'avance tout doucement sur le sentier en surveillant le secteur mais la végétation arbustive ne me permet pas de voir les animaux. Le sentier descend doucement vers le fond de la combe et je tente de repérer les animaux en regardant en direction des bêlements qui se déplacent dans la végétation. Au pied du penchant pierreux  et ponctué de buissons bas et de quelques arbres chétifs, je marque une pause pour observer un instant le secteur quand il me semble apercevoir un animal basculer derrière la crête à un peu plus de 100 mètres. Les bêlements reprennent sur notre droite, en bordure d'un bois de pins épais.

Je consulte Francisco et je décide de tenter l'approche. Le vent souffle vers la crête. Je commence mon approche voûté en me frayant tout doucement un chemin au travers de la végétation et en vérifiant chacun de mes appuis pour éviter de faire rouler les pierres. Je m'arrête souvent pour observer et écouter et me rapproche peu à peu des bêlements. Alors que j'arrive près des premiers arbres précédant le bois, j'aperçois du mouvement et stoppe derrière quelques buissons. Une trouée dans le bois me permet de voir à environ 40 mètres, un gros arbre sous lequel le sol est dénudé avant l'épaisse  végétation basse de la garrigue. Une silhouette blanche s'avance sous ce dernier et se détache à découvert. Une belle chèvre blanche s'avance dans le découvert alors que des craquements dans son entourage  trahissent la présence de d'autres animaux. Je reste perplexe devant cette rencontre à laquelle je ne m'attendais pas, toutes les images que j'avais pu voir es chèvres de Majorque étaient celles de chèvres rousses avec es zones noires dans  le pelage.  C'est alors que je comprends les explications de Francisco sur les 2 catégories de chèvres et la nécessité d'éliminer les chèvres revenues à l'état sauvage qui s'hybrident avec les "cabras finas". Francisco resté en retrait ne voit pas la chèvre, j'attire son attention, ramasse une pierre blanche et lui mime la robe blanche de la chèvre pour savoir si je dois la flécher. Il me demande par signes si c'est un mâle et je lui fais signe que non, il me fait signe de laisser tomber. Je reste tout de même en poste car d'autres animaux avancent dans la végétation et j'espère qu'il s'agit de boucs. Tout à coup, des coups de feu résonnent au loin. La chèvre lève la tête et devient inquiète, les coups de feu reprennent et elle se débine dans la pente disparaissant dans la végétation. J'attends un peu mais les autres animaux ont aussi disparus, je retourne vers Francisco agacé d'avoir entendu ces coup de feu qui n'avaient pas lieu d'être.

Je lui explique que j'ai vu une chèvre blanche et  qu'il y avait d'autres animaux mais que je n'ai pas pu les voir et lui demande ce qu'il compte faire ensuite. Comme moi il a vu des animaux en crête et décide de remonter  pour tenter de les apercevoir. Nous remontons donc jusqu'à la crête et observons un moment sans rien voir puis décidons d'avancer doucement sur notre droite dans une  zone de  garrigue basse. Tout à coup, Francisco aperçois des animaux qui nous observe au loin et me les montre avant de me dire que nous allons faire demi-tour pour les laisser tranquille un moment. Nous partons donc en sens inverse en longeant la crête pour nous poster sur une bonne zone de passage. Le temps passe et rien ne vient, le vent est un peu tournant. Francisco décide de revenir voir les chèvres vues sur notre droite, nous avançons tranquillement quand nous apercevons, à environ 300 mètres, une tête dans la végétation. Francisco m'annonce un jeune mâle après identification aux jumelles. Je pars pour tenter une approche.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Le vent souffle alternativement de ma droite ou dans mon dos, je décide donc de remonter plus à ma droite pour que mon odeur ne soit pas portée vers l'animal plus en contrebas. Je tente de me faufiler voûté dans la végétation et derrière les rochers pour me camoufler en surveillant par moment l'animal qui ne semble pas vouloir s'enfuir mais regarde souvent dans ma direction. Alors que j'ai fait presque la moitié du chemin et que je me suis arrêté baissé dans les buissons, un mouvement attire mon regard à environ 15 mètres devant moi. Les belles cornes d'un bouc qui semble venir vers moi dépassent juste du buisson. J'accroche vite mon décocheur et me prépare à armer mon arc mais les cornes disparaissent et rien ne venant, je me redresse un peu et aperçois les animaux qui se débinent de cul. Je m'approche vite du buisson qui me les cachait et les observe, ils ont stoppé à environ 50 mètres et broutent les feuilles des arbustes. J'aperçois les têtes de 2 grosses chèvres et d'un bouc au pelage roux clair et portant des marques noires. Le bouc est de dos à gauche des 2 chèvres. Je m'approche d'environ 10 mètres et me recale alors que le vent a tourné dans mon dos. La chèvre la plus à droite devient inquiète et regarde les alentours avant de démarrer pour se débiner vers le bois de pins qui borde la crête à ma droite. Elle disparaît rapidement, la seconde chèvre ayant remarqué ce départ précipité lui emboîte le pas. Le bouc absorbé par son repas met plus de temps à réagir, je tente de me rapprocher un peu mais il finit par me sentir et devient inquiet. J'arme mon arc, il est encore à environ 35 mètres, il s'avance dans la végétation en s'arrêtant plusieurs fois mais seule sa tête dépasse de la végétation. Je le suis dans mon viseur sans avoir d'opportunité de tir et doit me résoudre à le laisser partir vers les pins.

Les 3 animaux ayant disparu, je décide de repartir sur ma première cible. Je biaise à travers les buissons pour descendre vers l'endroit où se trouvait l'animal. Je l'aperçois vite en contrebas à environ 30 mètres mais seule la tête dépasse de la végétation. Le vent tourne à nouveau dans mon dos et l'animal blanc et noir se débine dans la végétation, tête basse et ne ressort à découvert qu'à 50 mètres avant de rentrer à couvert dans un bois alors que je tente de m'approcher. Je fais donc demi-tour pour revenir vers Francisco qui m'a attendu de l'endroit où nous avons vu le jeune bouc. Comme je l'ai laissé depuis un moment et que je viens de me rendre compte que j'ai oublié mon portable à la voiture, je presse le pas pour le rejoindre. Je ne l'aperçois pas tout de suite car la végétation me le cache un moment mais je finis par le voir qui me fait des grands signes avec les bras. Je presse donc le pas pour le rejoindre et regarde plus où je pose mes pieds que devant moi. Alors que je relève les yeux vers Francisco, je le vois agiter qui me fait signe de ralentir et de regarder à ma gauche. Je stoppe net et remarque vite du mouvement derrière  un petit arbre à une vingtaine de mètres devant moi. Rapidement, la chèvre blanche, que j'avais vue toute à l'heure, s'avance à découvert devant moi, à environ 25 mètres. Elle stoppe à quelques mètres de l'arbre et regarde alternativement vers moi et Francisco immobile un peu plus loin. Inquiète, elle fait demi-tour et je remarque alors une masse sombre au travers de bois morts, au pied de l'arbre puis un bouc blanc surgit de derrière l'arbre et descend le penchant à ma droite en biaisant pour passer en dessous de moi. Je biaise moi aussi pour couper sa trajectoire. 

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Il avance d'un pas lent et s'arrête souvent pour regarder vers moi, je stoppe alors pour l'observer immobile et repars quand il se remet à avancer tête basse dans la végétation. J'essaie d'avancer le plus vite possible en essayant de rester silencieux et biaise de plus en plus à gauche pour lui couper la route. Je le rattrape peu à peu, il stoppe à environ 12 mètres de moi et relève la tête. J'arme doucement mon arc, vise et décoche. Touché, il s'effondre sur place et bêle un instant avant de se relever pour tenter de s'éloigner en boitant sévèrement, il retombe plusieurs fois puis se couche en bêlant derrière des buissons sans parvenir à se relever. Je tente de m'approcher quand une impression bizarre me fait tourner la tête à droite. J'aperçois alors la chèvre blanche qui m'observe de face à moins de 10 mètres avec un bouc typique de Majorque arrêté plein travers derrière elle et lui reniflant l'arrière train. Je demande par signes à Francisco si je peux tirer et il me fait signe que non. Ils restent ainsi immobile un instant puis se débinent tranquillement.

Je m'avance vers mon bouc qui s'est immobilisé. Ma flèche l'atteint plein cœur et l'hémorragie a été massive, il n'a pas fait 20 mètres. Ma flèche restée en travers s'est cassée dans la chute de l'animal.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Francisco me rejoint et m'explique que les animaux lui tournaient autour depuis environ 20 minutes et me montre les photos qu'il a prises du bouc des Baléares en me disant que certains chasseurs sont venus plusieurs fois chasser ici sans en voir un seul.  

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Nous prenons quelques instants pour faire quelques photos souvenir de mon premier gibier des Baléares.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je pense alors que la chasse est terminée pour ce matin mais Francisco m'explique que nous allons aller chasser sur le second secteur auquel il pesait tout à l'heure et me dit que tant que j'ai des flèches à mon carquois je peux tirer des animaux. 

Nous partons donc pour le second secteur en longeant le chemin principal. Nous arrivons dans une zone de garrigue ouverte qui a brûlé il y a quelques années. Les troncs tombés au sol ont été recouverts par la végétation basse qui a repoussé. Plus bas la pente s'accentue brusquement et se boise avant le penchant boise qui remonte à notre gauche. Alors que nous avançons sur le chemin, des bêlements retentissent en contrebas sur la gauche les animaux ne sont pas visibles, certainement en dessous de la cassure brutale de la pente, dans les arbres. J'avertis Francisco qui me dit que l'approche va être très difficile. Il me fait avancer un moment sur le chemin alors que les bêlements se déplacent en parallèle du chemin. Sur les indications de mon hôte, je descends par un petit passage de chèvres vers la lisière des arbres, il m'a également indiqué qu'un torrent à sec marquait le fond de combe et qu'en le suivant je remonterai au chemin. Je progresse doucement en slalomant pour éviter les obstacles et essayer de de ne pas faire trop de bruit. Un fort vent souffle par ma droite et couvre un peu le bruit de ma progression. Les bêlements sont descendus vers le fond de combe. Arrivé aux premiers arbres je cherche un passage pour descendre vers le torrent et trouve une coulée bien fréquentée mais assez encombrée et très pentue. Je me fraye doucement un chemin en me tenant fermement à la végétation pour descendre sans tomber et arrive au torrent non sans mal mais les animaux se sont tus. J'écoute un moment mais rien, je commence à remonter dans l'épaisse végétation et les blocs rocheux du penchant boisé mais je tourne un moment sans voir d'animaux, je tente même de bêler sans succès. Je décide donc de redescendre vers le torrent pour rejoindre Francisco mais à peine suis-je arrivé dans le bas fond que les bêlements reprennent au-dessus de moi, d'où je viens. Je fais donc demi-tour et remonte doucement vers les cris qui semblent provenir d'un bouquet de pins autour duquel j'ai pourtant tourné tout à l'heure. Je remonte doucement jusqu'à un bloc rocheux vertical, les cris viennent de 15 mètres plus haut. Je remonte par une coulée sur la gauche de la roche et m'approche doucement des pins et de l'animal qui est maintenant à moins de 10 mètres mais impossible de le voir. J'avance encore un peu quand l'animal démarre brusquement pour stopper à environ 25 mètres plein travers alors que je viens d'armer mon arc. C'est un chevreau, j'ai une fenêtre de tir au travers des branchages. J'aligne ma visée et décoche mais l'animal démarre au même moment et ma flèche passe derrière. Je réencoche et pars chercher ma flèche mais elle reste introuvable.

Je redescends vers le torrent et le remonte rapidement pour rattraper le chemin avant de le longer rapidement pour rejoindre Francisco que j'ai laissé depuis un moment. Ne le voyant pas, je siffle et l'aperçois qui me fait des signes. Il a vu un bouc, il me demande si je ne l'ai pas vu en remontant et je lui dis que non. Il semble que je sois passé juste à côté sans le faire partir. Il m'amène jusqu'à un arbre au bord du chemin et me montre un gros bouc brun avec une bande blanche sur le flanc qui broute tranquillement dans la bande boisée au-dessus du torrent. Le vent souffle toujours de façons soutenu en parallèle du chemin, je reviens donc en arrière d'environ 30 ou 40 mètres puis descends au plus droit vers la bande boisée en essayant de ne pas faire trop de bruit puis commence une approche plus lente en longeant les arbres. Ne voyant plus l'animal, je surveille Francisco qui me fait signe qu'il est toujours là. J'arrive à l'aplomb du bouc et l'aperçois mais il retourne tranquillement vers le torrent en broutant. Je ne peux pas m'avancer dans le bois à cause de l'encombrement des troncs morts, le bouc est déjà à près de 30 mètres, j'arme mon arc et attends une occasion de tir. A environ 35 mètres, il se tourne plein travers. J'arme, tente de trouver une trouée puis décoche mais ma flèche passe juste sous le cœur. Le bouc démarre et une chèvre surgit de la végétation, ils se débinent tranquillement en s'arrêtant souvent. Je réencoche vite et réarme en attendant une occasion de tir mais ils sont loin et l'encombrement des branches ne m'ouvre aucune fenêtre. Ils partent maintenant sur ma gauche dans l'épaisse végétation.

Je décide de tenter de les recouper, je presse le pas et longe un moment les arbres puis biaise vers le chemin de terre et le suis pour rattraper le départ du torrent. Je biaise dans la végétation basse et épaisse au-dessus du torrent quand des bêlements se font entendre, le bouc arrive vers moi, j'entrevois sa tête puis suis ses déplacements grâce à ses cornes qui dépassent de buissons. Je tente de couper vers lui pour l'intercepter mais il biaise toujours en bêlant vers le torrent. J'avance aussi vite que je peux. Le bouc traverse le torrent et s'arrête plein travers à environ 40 mètres entre 2 arbres. J'arme, vise et décoche. Ma flèche me semble  au cœur, le bouc se cabre et démarre péniblement puis disparaît derrière un bouquet d'arbres à environ 20 mètres. J'attends un moment en surveillant l'endroit mais ne le voyant pas ressortir je me dis que c'est fini pour lui et pars en direction de la zone du tir pour tenter de retrouver ma dernière flèche.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Arrivé sur place, je ne trouve pas ma flèche, je pars donc en direction de l'endroit où a disparu le bouc mais constate avec surprise que le bouquet d'arbre cache l'entrée d'une grotte. Je m'avance doucement et commence à trouver quelques gouttes de sang avant la descente abrupte qui rentre dans la grotte. L'entrée est ombragée, couverte de végétation et j'aperçois à environ 10 mètres plus en contrebas, mon bouc couché qui m'observe. Je me fige mais il démarre et grimpe sur une grosse arrête rocheuse qui s'avance en parallèle du passage qui descend dans la grotte. Je décide de ne pas le poursuivre et retourne chercher ma dernière flèche que je finis par trouver dans la végétation. Francisco vient part le chemin et je l'interpelle pour lui expliquer la situation. Il vient me rejoindre et je lui montre l'entrée de la grotte quand des bêlements annoncent des animaux qui semblent sortir de la grotte par un autre passage de l'autre côté de l'arrête rocheuse. J'encoche vite et me précipite pour tomber sur 3 chèvres et leurs chevreaux sortant de terre à juste 10 mètres de moi. Je me fige et observe, mon bouc n'est pas dans le groupe. Je laisse les animaux partir et reviens vers Francisco puis nous descendons en suivant le passage par lequel est descendu mon bouc. Il y a du sang au sol et une belle giclée sur un gros rocher clair au milieu du passage, à l'endroit où l'animal a bifurqué pour passer la fin de la crête rocheuse. Je m'avance en suivant le sang et aperçois le bouc couché juste derrière la crête rocheuse. Il m'a vu et se lève pour descendre plus en avant dans la grotte. Je me recule et annonce à Francisco qu'il est toujours vivant. Je me réavance près à armer, le bouc traverse l'autre passage profondément creusé de l'autre côté de la grosse roche puis remonte au plus raide pour aller se coucher à 5 mètres plus haut sur un replat de la parois rocheuse de la grotte. Je me recule et dit à Francisco que je vais retenter une approche pour l'achever. Je descends plus profondément dans la grotte, caché par l'avancée rocheuse.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je m'avance en suivant le sang et aperçois le bouc couché juste derrière la crête rocheuse. Il m'a vu et se lève pour descendre plus en avant dans la grotte. Je me recule et annonce à Francisco qu'il est toujours vivant. Je me réavance près à armer, le bouc traverse l'autre passage profondément creusé de l'autre côté de la grosse roche puis remonte au plus raide pour aller se coucher à 5 mètres plus haut sur un replat de la parois rocheuse de la grotte. Je me recule et dit à Francisco que je vais retenter une approche pour l'achever. Je descends plus profondément dans la grotte, caché par l'avancée rocheuse.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je contourne le bas de la pointe rocheuse puis commence à m'approcher doucement de la paroi rocheuse. Le bouc, dont je ne vois que la tête, me regarde arriver sans bouger.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je me prépare à armer, je ne suis plus qu'à quelques mètres en dessous du bouc, il se lève brusquement, j'arme mon arc, il avance tranquillement et remonte encore sur un rocher en se dirigeant vers la sortie de la grotte. Je le suis dans mon viseur. Alors qu'il marque une pause et se tourne pratiquement plein travers à environ 10 mètres de moi. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche plein poumon est resté en travers du bouc qui démarre, saute dans le vide pour atteindre le fond du passage par lequel sont remontées les chèvres puis remonte en quelques bon la parois verticale de l'avancée rocheuse comme si de rien n'était tout en perdant beaucoup de sang. Il se faufile entre les arbustes du massif plante au sommet de la roche et commence à vaciller alors que son sang gicle jusqu'au bas des rochers avant de s'écrouler et de rouler jusqu'au replat à quelques mètres de mes pieds. Alors qu'il se débat encore un peu au sol, je dégage rapidement ma flèche toujours en travers mais ma lame de chasse s'est cassée dans l'insert. Je laisse mon bouc finir de mourir.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je m'approche ensuite de lui pour analyser mes atteintes. Ma première flèche est passée juste derrière le cœur, la seconde a traversé plus haut et touche les 2 poumons. Je n'en reviens pas que ma première flèche ne l'ai pas arrêté plus vite. Nous faisons quelques photos souvenir.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je n'ai plus de flèche car le pas de vis de ma lame est resté dans l'insert et refuse de s'en extraire, je ne peux pas changer ma lame. Il est temps de rentrer, il fait déjà très chaud, 2 vautours noirs tournent au-dessus de nous dans le ciel. Majorque est le dernier endroit où ils seraient encore présents en Europe. J'en profite pour faire une petite photo souvenir avec Francisco dont l'accueil et la gentillesse sont sans égal. Il est très rare de rencontrer une personne comme lui dans le monde de la chasse et je l'ai invité à venir chasser dans le Gers avec son épouse dès que nous pourrons trouver une date compatible à nos emplois du temps.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

La chasse des boucs des Baléares dans ce magnifique paysage de garrigue aura été une belle expérience et m'aura surtout permis de rencontrer un nouvel ami.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Encore un très grand merci à Toi Francisco pour cette très belle chasse et le superbe livre sur le "boc Baléar" que tu m'as offert, j'espère pouvoir te rendre l'ascenseur au plus vite.

 

Alex

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 06:43

Ce soir, je pars chasser sur le secteur que je n'ai pas pu chasser cette semaine à cause du fauchage et des moissons. Je me gare au bord de la route contre un bois. Je me prépare rapidement puis rejoins un chemin de terre qui remonte à travers bois vers un champ travaillé. J'avance doucement tout en surveillants les 2 côtés du sentier, à ma gauche le terrain descend à pic vers un ruisseau profondément encaissé de plusieurs mètres et sur ma droite, un talus domine le chemin. Je ressors sur le champ travaillé sans avoir vu d'animaux. Je scrute les alentours avant de sortir à découvert, rien en vue, je biaise à droite à travers champ vers une bande de féverole qui borde une haie épaisse pour rejoindre une parcelle de féverole. Alors que je longe doucement les féveroles, un animal démarre à grand bruit et me fait rapidement tourner la tête alors que je me fige. Un faon de chevreuil a fait environ 10 mètres avant de stopper à 5 mètres du bord, dans la culture. Je reste un moment immobile alors qu'il cherche autour de lui ce qui l'a dérangé puis je commence une progression très lente en longeant la culture pour arriver sans difficulté à quelques mètres de lui. Je tente de le prendre en photo mais je peine a faire la netteté dans la végétation.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

Il finit par redémarrer et s'éclipse dans les féveroles pour disparaître rapidement dans cette végétation dense. Je continue ma progression le long de la culture et rejoins une parcelle de blé. Je fais une pause pour observer le secteur mais rien en vue, je coupe l'angle des céréales pour rejoindre la bordure d'une friche prise dans un bois en U. Toujours rien, je suis la limite friche-blé jusqu'à un gros chêne qui marque le coin du blé. J'observe la friche en contrebas puis descends à travers les hautes herbes tout en surveillant la friche à ma droite et la coupe envahie de fougères et de buissons, sous la ligne à haute tension qui traverse le bois. Toujours rien alors que j'arrive au bord du fossé du fond de combe qui délimite le bas du bois. Je le franchis et le suis pour longer le bois. Le vent est face à moi, je progresse tranquillement tout en surveillant la prairie fauchée à ma droite et le sous-bois clair qui remonte vers la coupe un peu plus haut. Un peu plus loin je passe un autre fossé perpendiculaire et presque comblé par les coulées de boue de ce printemps. La souille que les sangliers fréquentes chaque année à cet endroit a été comblée. Quelques traces de sangliers de passage marquent le sol meuble. Je continue mon chemin jusqu'à un chemin forestier qui remonte vers la coupe. Il se termine dans un mur de fougères. Alors que je passe le départ du chemin, un bruit de pas se fait entendre sur la droite de ce dernier derrière un mur de végétation qui ne me permet pas de voir à l'intérieur du bois. Je me fige en lisière et écoute. L'animal n'est qu'à quelques mètres de moi, les craquements ne semblent pas vouloir prendre une direction particulière. Je tente d'avancer encore un peu avec une extrême lenteur mais le feuillage toujours aussi épais ne me laisse pas plus de vision. Les bruits stoppent par moment puis reprennent et des grognements se font entendre, me laissant penser qu'il s'agit d'un beau sanglier. Au bout d'un moment les pas s'avancent vers le chemin forestier. Je me décale derrière l'angle de bois sur la droite du chemin, accroche mon décocheur et me prépare à armer. L'animal finit par s'avancer à découvert mais quelle n'est pas ma surprise de voir sortir un beau brocard sur l'herbe verte du chemin à travers le feuillage. J'arme mon arc et le laisse s'avancer bien à découvert. Mon viseur calé sur le défaut d'épaule le suit dans son mouvement lent.

Il se dégage plein travers et j'appuis sur la détente de mon décocheur mais au même moment il m'aperçoit et amorce un demi-tour. Ma flèche le frappe pleine épaule de 3/4 arrière mais ne semble quasiment pas pénétrer. Le chevreuil fonce dans la végétation du bois à grand bruit puis le calme revient. Je ne suis pas du tout confiant sur la létalité de ma flèche.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

Les bruits stoppent par moment puis reprennent et des grognements se font entendre, me laissant penser qu'il s'agit d'un beau sanglier. Au bout d'un moment les pas s'avancent vers le chemin forestier. Je me décale derrière l'angle de bois sur la droite du chemin, accroche mon décocheur et me prépare à armer. L'animal finit par s'avancer à découvert mais quelle n'est pas ma surprise de voir sortir un beau brocard sur l'herbe verte du chemin à travers le feuillage. J'arme mon arc et le laisse s'avancer bien à découvert. Mon viseur callé sur le défaut d'épaule le suit dans son mouvement lent.

Il se dégage plein travers et j'appuis sur la détente de mon décocheur mais au même moment il m'aperçoit et amorce un demi-tour. Ma flèche le frappe pleine épaule de 3/4 arrière mais ne semble quasiment pas pénétrer. Le chevreuil fonce dans la végétation du bois à grand bruit puis le calme revient. Je ne suis pas du tout confiant sur la létalité de ma flèche.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

J'attends un peu puis monte voir l'endroit du tir où je trouve tout de suite pas mal de sang.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

L'entrée au bois est aussi bien marquée, le chevreuil a laissé de beaux frottés de sang.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

Je décide de suivre la piste de sang qui est extrêmement abondante et très facile à suivre, elle suit la coulée principale.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018
Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

Je retrouve facilement mon chevreuil, il est encore en train de se débattre au sol et finit de mourir. Il se propulse en l'air et retombe lourdement un peu plus bas sur le dos, se débat encore un peu puis s'immobilise. Je remonte par le passage ouvert par mon chevreuil dans la végétation pour éviter les ronces qui me séparent de lui 

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

puis descends apposer mon bracelet avant de faire quelques photos souvenir. Il a fait environ 100 mètres alors que ma flèche, qu'il a perdue en route, n'est même pas rentrée dans la cage thoracique. Ma lame a juste sectionné l'artère alimentant la patte avant provoquant une très forte hémorragie.

Un chevreuil qui se prends pour un sanglier, 30 juin 2018

Je repars en suivant le sang en sens inverse pour chercher ma flèche que je retrouve vite mais il manque le 10 cm côté lame. Je ramène ensuite mon brocard à la voiture en le portant sur mon épaule, les 4 pattes attachées. Il est encore tôt et je décide d'aller faire un tour autour du bois de Bourras. Je me gare un peu plus loin au départ de chemin de terre qui passe l'Osse, attrape mon arc et pars en suivant le chemin de terre. Alors que je suis sur le ponton au-dessus de la rivière qui passe à environ 3 à 4 mètres en dessous, j'aperçois un gros ragondin calé dans l'eau contre la berge de gauche. Il est immobile et j'hésite un instant à le tirer, trop longtemps car il finit par se débiner en suivant la berge à la nage et s'éloigne tranquillement à 1 mètre de la rive. Je poursuis mon chemin, Je pars à gauche pour traverser la vielle Osse après l'ancienne peupleraie pour rentrer sur le côté du bois de Bourras à bon vent. Je suis assailli par une nuée de moustiques qui me piquent de partout malgré tous ceux que j'arrive à tuer. Une petite couleuvre à collier se débine sur le sol dénudé du bois où la végétation peine à se remettre des inondations. Je la saisis par la queue pour la photo avant de la relâcher puis poursuis mon chemin à travers bois. La fréquentation des sangliers semble énorme, le sol est jonché de traces de toutes tailles mais je traverse le bois sans les voir ni les entendre. J'ai pris mon temps pour chasser en sous-bois malgré les moustiques et la luminosité commence à décroitre. Je pars faire le tour des blés entre l'Osse et la vieille Osse sans rien voir avant de rentrer à ma voiture. Alors que j'arrive sur le ponton, l'eau est très agité sur ma droite et j'aperçois vite le gros ragondin qui revient en longeant la rive de gauche. J'arme mon arc et le laisse venir, à 7 ou 8 mètres, il bifurque et commence à monter sur la berge tranquillement. J'aligne ma visée et décoche. Cloué à la berge, il saute en tous sens pour se dégager et finit par s'extraire de ma flèche d'un bon impressionnant avant de retomber lourdement dans l'eau où il disparaît un court instant dans un nuage de sang avant de refaire surface. Il se débat en cherchant son air et s'immobilise rapidement mais le courant l'emporte vers les rapides enrochés de l'autre côté du pont. Il dérive sur quelques mètres avant de couler. Je tente de l'apercevoir dans les rocher de l'autre côté du pont mais il a disparu. Je pars chercher ma flèche en descendant par une coulée très abrupte au milieu de la végétation épaisse avant de retourner à la voiture alors qu'il fera vite nuit.

 

Alex

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 09:58

Ce matin, je décide de chasser autour de chez le président de la chasse de Justian pour la première fois de la saison. Je me gare donc près de l'ancien moulin, au bord de l'Osse et attends que la luminosité soit suffisante puis me prépare rapidement et pars vers le chemin de terre qui sert de limite au territoire de chasse. J'avance doucement, le bois qui borde les 2 côtés du chemin s'ouvre un peu plus loin sur une grande friche qui remonte sur la gauche coté Justian. En arrivant au coin du bois qui remonte jusqu'à mi-pente du penchant, je scrute la friche à la recherche d'un chevreuil avant de poursuivre sur le chemin un petit moment tout en surveillant attentivement le secteur. Ne voyant pas de chevreuil, je quitte le chemin et remonte dans la friche pour rejoindre le bout d'une pointe de bois qui s'avance dans cette dernière à environ 100 mètres au-dessus du chemin. Rien en vue, je longe donc le bois qui redescend vers un ruisseau longeant la lisière. Pas de chevreuil en vue, plus loin en avant, la friche laisse place à une luzerne très haute et colonisée par divers végétaux. J'avance prudemment pensant y voir un brocard mais c'est une chevrette qui surgit de la végétation et se débine à environ 80 mètres en se retournant plusieurs fois vers moi avant de s'enfuir sur le semé qui suit et biaiser à droite pour remonter vers un îlot boisé au milieu du grand semé en forme de cirque bordé par le bois qui remonte sur ma droite pour revenir ensuite vers la route de crête à environ 400 mètres. Je Surveille un moment la luzerne au cas où j'apercevrais un brocard mais ne voyant rien je finis par m'avancer pour remonter vers la crête et c'est alors que le brocard surgit de la végétation pour remonter vers la crête en aboyant. Je suis dégoûté, je sentais qu'il était là mais je n'ai pas été assez patient.

Je remonte vers la route de crête puis la suis un peu pour atteindre le coin d'un bois qui descend jusqu'au bas du penchant suivant en prolongement du bois qui revenait jusqu'à l'autre côté de la route. Alors  que je commence à longer le bois pour descendre vers le fond de la combe, j'aperçois un chevreuil à environ 500 mètres, au bord du fossé qui marque le fond de la combe à environ 100 mètre du coin bas du bois. Il est à découvert dans une immense parcelle de luzerne fauchée et ramassée et regarde déjà vers moi, l'approche s'annonce très compliquée. J'aperçois alors un autre chevreuil de l'autre côté du fossé, plus à gauche à environ 100 mètres de l'autre chevreuil. Celui-ci broute tranquillement juste en bordure d'une bande d'épeautre se terminant au bord du bois. J'observe un moment sans bouger. Le chevreuil qui regarde vers moi finit par se tranquilliser et commence à remonter vers un bosquet à mi-pente du penchant opposé. J'en profite pour suivre le bois qui bifurque à angle droit vers la gauche un peu plus bas et couvre ainsi ma progression sur environ 40 mètres. Je stoppe au coin du bois avant de redescendre à découvert. Un petit bouquet d'arbres sortant de l'alignement du coin du bois me camoufle. Le chevreuil que j'identifie comme étant un beau brocard est inapprochable. Je décide de tenter de l'appeler en aboyant mais il devient inquiet et remonte vers le bosquet suivi de sa chevrette qui a surgit du fossé. J'insiste, il s'arrête  par moment pour regarder vers moi mais poursuit son chemin. L'autre chevreuil inquiet, rentre dans l'épeautre puis disparaît alors que je le quitte des yeux pour observer le couple de fuyards.  Il a certainement dû se coucher. Le brocard et la chevrette rejoignent la lisière, la longe un moment puis rentre plus à gauche dans le bosquet. Je quitte mon observatoire descends en suivant le bois tout en surveillant l'épeautre puis remonte vers le bout du bosquet avant de le longer tranquillement puis très doucement en me rapprochant de l'endroit où sont rentrés les chevreuils. Mon décocheur et accroché, je suis prêt à armer mais j'aperçois trop tard le brocard, au-dessus de moi, à travers les feuillages, dans le penchant boisé, à environ 20 mètres alors qu'il démarre en aboyant. 

Je presse le pas pour dépasser le bosquet et le bout de friche qui le suit avant de remonter vers la route par la luzerne fauchée pour essayer de le recouper sachant qu'il doit biaiser vers moi pour éviter l'habitation au-dessus du bosquet mais il m'a devancé et je ne le reverrai pas. Je passe la route et biaise un peu à gauche pour rejoindre le coin d'un bosquet rentrant dans la bordure d'une immense parcelle de luzerne fauchée et bordé à sa gauche par un champ semé. Je longe sur la gauche du bosquet avec le vent qui alterne entre souffler dans mon dos et sur ma gauche. Après le bosquet je suis la limite entre la luzerne et le semé qui est suivi par une parcelle de blé. Je me décale un peu à gauche pour rattraper le premier passage de tracteur qui longe à une dizaine de mètres de la bordure des céréales et le suis tranquillement en surveillant les alentours. Le passage prend à gauche au bout d'environ 50 mètres pour suivre un fossé broussailleux qui sépare cette parcelle de blé d'une autre collé à un grand bois sur sa droite. Une haie poursuit le fossé à ma droite pour rejoindre l'angle du bois à quelques dizaines de mètres. Le fossé bifurque à 90° à droite un peu plus loin pour descendre vers le fossé marquant le fond de combe et le passage de tracteur le suit. J'arrive au bord du fossé du fond de combe et sort sur la bande enherbée. Le vent a encore tourné et souffle de ma droite, je décide d'en profiter pour aller jeter un coup d'œil dans une parcelle de vigne et une friche qui la suite sur ma droite, de l'autre côté du fossé en remontant sur le penchant opposé. Pas de chevreuil, je passe le fossé contre le bois dans un passage de la haie qui le borde le long de la vigne. La parcelle de blé entre la haie et le bois a été pillée par les sangliers contre la haie que je longe. En arrivant au bout de la haie. J'aperçois les bois d'un joli 6 pointes qui dépassent du blé par lequel je suis descendu. Il est à environ 100 mètres du fossé du fond de combe en 40 mètres du fossé broussailleux. Le vent souffle dans mon dos, il me faut longer le bas du blé pour le dépassera avant de remonter vers lui pour lui couper la route. Je l'observe un instant sans bouger puis les bois disparaissent un long moment avant de réapparaître 20 mètres plus loin et disparaître à nouveau. Je presse le pas et longe voûté le bas du blé pour rejoindre le passage de tracteur le plus proche du brocard. J'arrive à dépasser le brocard sans être vu puis commence à remonter rapidement vers lui.

Arrivé à environ 40 mètres sans me faire repérer, je me positionne à genoux et poursuis mon approche sans trop de difficulté jusqu'à 10 mètres de l'endroit où le brocard devrait traverser le  passage de tracteur. Je me cale et attends prêt à armer mon arc. Le brocard est à moins de 1 mètres du passage, je ne vois toujours que ses bois, le temps passe, j'hésite plusieurs fois à armer. Au bout de plusieurs minutes, le brocard se décide et avance d'un coup sans que je n’aie le temps d'armer et tourne la tête vers moi en s'avançant à découvert. Il me voit immédiatement et s'enfuit immédiatement en faisant volte-face pour traverser le blé en bondissant et en aboyant. J'arme mon arc et l'aboie au cas où mais il s'arrête trop loin puis poursuit sa course vers le bois où il disparaît. Je me suis fait avoir comme un débutant. Je me redresse et par faire un tour dans le secteur sans rien voir avant de remonter vers la route de crête pour redescendre vers la combe où se trouve l'épeautre. Le vent soufflant de ma gauche, je décide d'attaquer la culture à l'opposé du bois. Je rentre dans les céréales très hautes et avance doucement par un passage de roue à quelques mètres de la bordure de la parcelle avec un fort vent de face. Alors que j'arrive près de l'endroit où j'ai perdu le chevreuil de vue, un jeune brocard surgit des céréales, J'arme mon arc et le suis dans mon viseur, alors qu'il démarre en trombe. Il s'arrête à environ 15 mètres et se tourne pour regarder derrière lui plein travers. Ma visée se cale alors qu'il cherche ce qui l'a dérangé, je décoche. L'impact retentit et il démarre en trombe en longeant à environ 5 mètres de la bordure gauche des céréales puis ralentit rapidement avant de s'arrêter à quelques dizaines de mètres pour regarder vers moi un instant. Il repart ensuite tranquillement et s'arrête à nouveau un peu plus loin pour regarder vers moi avant de repartir tranquillement et de s'arrêter à nouveau à en environ 120 mètres comme si de rien n'était. Je n'ai pas vu mon atteinte et commence à douter de ma flèche. Il repart tranquillement en biaisant vers le milieu de la culture puis semble de se coucher environ 30 mètres plus loin.

Je pars chercher ma flèche sans succès dans cette végétation dense et haute mais trouve un petit bout de bout de poumon accroché aux céréales. Je suis rassuré sur mon atteinte mais ne comprends pas comment ce petit brocard a pu faire tout ce chemin si lentement avant de se coucher.

Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018

La piste est très peu abondante et je la suis lentement en cherchant les indices peu visibles et la draille laissée par le chevreuil sur son passage.

Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018
Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018
Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018

La piste finit par s'intensifier un peu sur les 50 derniers mètres.

Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018

Je retrouve enfin mon brocard qui a fait environ 150 mètres. Il est mort, allongé sur le flanc. Ma flèche est au cœur, je n'en reviens pas de la résistance de ce petit brocard.

Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018

Je fais quelques photos souvenir avant de lui attacher les pattes pour le porter plus facilement.

Un jeune brocard à l'approche dans l'épeautre, 30 juin 2018

Il fait déjà chaud, il est temps de rentrer.

 

Alex

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 09:54

Ce soir, j'ai décidé d'aller chasser sur un secteur où j'ai repéré un très grand brocard lors d'une battue de la saison passée mais en arrivant sur place, je constate que la moissonneuse est affairée dans les blés dont il ne reste plus grand chose et qu'un tracteur est en train de faire des andains de foin. Cette agitation me fait changer d'avis et je fais demi-tour pour aller me garer au départ du chemin de pierres blanches sous le village de Roques. Une place à l'ombre, au bord du chemin, près d'une résidence secondaire, me semble toute indiquée mais alors que je quitte le chemin je sens que ma voiture s'enfonce et le temps d'essayer de braquer pour revenir sur le chemin il est trop tard, je suis embourbé dans la seule zone où la boue n'a pas encore séchée sous le soleil ardent de ces derniers jours. Je vais lutter près de 30 minutes pour me sortir de ce mauvais pas avant d'aller me garer plus loin près d'un petit lac près du chemin. Ma soirée commence mal. Le vent vient du coteau. Je décide de revenir vers une bande boisée proche de l'endroit où je me suis embourbé. Je prends donc le chemin puis bifurque pour longer le bois, vent de face. J'avance tranquillement en surveillant le sous-bois clair sur quelques mètres avant le taillis d'épines noires qui remontent vers la crête à ma gauche. Un ru longe à l'intérieur du bois, le long de la lisière. Vers le coin du bois, je descends le talus du ru et l'enjambe pour rejoindre une grosse coulée qui longe le bord du bout du massif quand je tombe sur le crâne d'un brocard, certainement un des "manqués" au plomb de la saison de battue.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Le sol est marqué de belles traces de sangliers. Je remonte par les coulées vers le haut du bois où je pense tomber sur une parcelle de fèveroles repérée de la route mais je débouche sur un pré fauché et constate que les féveroles sont plus à gauche, à mauvais vent, je décide de changer de plan pour ce soir et prends à droite pour redescendre vers le ru bordée d'une haie épaisse en continuité avec le bois. Je suis ce cours d'eau un moment puis le traverse alors que la bande boisée bifurque pour remonter vers la crête en longeant une vigne à sa droite. J'avance doucement en suivant les arbres coté prairie jusqu'à la crête ou je traverse la haie qui bifurque à 90° à gauche pour suivre la crête. Je biaise à gauche pour rejoindre le haut du blé où j'ai fléché mon jeune brocard au pied pourri l'autre soir. Je rejoins ainsi le passage de tracteur qui longe à environ 10 mètres du haut de la parcelle de céréale. J'avance doucement en surveillant les alentours et arrive dans un virage du passage qui remonte vers la crête en suivant la haie qui délimite le haut de la parcelle. Alors que je marque une pause observatoire, j'aperçois sur ma gauche une chevrette qui s'avance vers le blé à environ 50 mètres. Elle vient de sortir de la haie et rentre dans les céréales. Je l'observe un instant alors qu'elle fait une pose à 2 mètres du bord des céréales pour manger puis commence à remonter en suivant le passage de tracteur alors qu'elle s'avance, tête baissée dans la culture. Elle vient vers le passage de tracteur et j'avance à sa rencontre quand elle décide brusquement de bifurquer et de descendre bruyamment vers moi dans le blé et de biaiser vers la haie où je la perds brusquement de vue dans une touffe de végétation sous le vent à moins de 10 mètres à ma gauche. Elle m'a certainement senti et s'est immobilisée ou s'est débinée.

Je m'éclipse en remontant sur le passage jusqu'à ressortir en haut du champ sur une bande enherbée à droite de la parcelle qui sépare le blé d'une jeune vigne. Je descends un peu pour rattraper le bas de la parcelle de vigne, bordée par une bande enherbée bien verte qui la sépare d'une bande boisée d'environ 10 à 15 mètres de large sur 100 mètres de long. Je m'avance doucement sur la bande enherbée en suivant la vigne, dans l'ombre de la bande boisée.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

J'avance tranquillement et jette un coup d'œil sur les traces au sol. En relevant les yeux, j'aperçois une masse sombre à une cinquantaine de mètres contre le premier rang de vigne. J'identifie rapidement un sanglier d'environ 50 kilos qui semble sortir d'un bain de boue. Je me fige et constate qu'il ne m'a pas vu. Je biaise alors vers la vigne dont les rangs démarrent en décalé de quelques mètres, formant un biais en parallèle de la courbure du bois. Un autre sanglier du même poids et couvert de boue sort de la bande boisée et rejoint le premier puis un autre s'avance à son tour avant une flopée de marcassins de quelques kilos que je n'aperçois qu'au moment où ils sortent de l'herbe au bord de la vigne. J'avance ainsi doucement d'un bout de rang à un autre et gagne ainsi peu à peu du terrain. Les animaux passent le premier rang, je presse le pas, caché par la vigne et arrive facilement au bout du 3ième rang à environ 35 mètres des sangliers qui avancent tranquillement. J'identifie vite la mère des marcassins à ses tétines pendantes. Les 2 autres me semblent être des mâles. J'avance en suivant la droite du rang de vigne, le plus vite et silencieusement possible pour tenter de couper la route des suidés mais les 2 premiers traversent sans me voir à environ 25 mètres, la laie et un mâle. J'avance encore alors qu'ils ont disparu derrière le rang suivant et arme mon arc. La tête du dernier sanglier apparaît à environ 18 mètres entre les ceps et je me fige contre la vigne en alignant ma visée. Il démarre tranquillement et s'avance pour traverser. Je le suis dans mon viseur et comprends vite qu'il ne s'arrêtera pas. Je cale ma visée et décoche alors qu'il me présente un 3/4 arrière. Je vois ma flèche rentrée un peu trop en arrière à mon gout. Le sanglier réagit à peine à l'impact et traverse sans vraiment se presser alors que ma flèche est retombée 15 mètres après l'impact, entre les 2 rangs. Les marcassins traversent ensuite rapidement.

Pour tenter de recouper le mâle, je fais demi-tour et passe d'un bout de rang à un autre en surveillant entre les rangs dans mon dos. Les sangliers n'ont pas été loin, ils sont juste à 3 rangs plus loin. Je me cale au bout d'un rang et les observe à un peu plus de 40 mètres. Ils tournent sur place comme s'ils ne savaient pas où aller. Ils reviennent en arrière puis font demi-tour plusieurs fois de suite puis se décident à revenir tranquillement vers le bois pour se remettre à tourner entre 2 rangs un moment. Je me décale au bout du rang de droite et décide de tenter l'approche. J'avance tranquillement vers eux sans qu'il ne s'occupe de moi. Tout à coup, la laie devient inquiète et démarre pour foncer droit sur moi en suivant le rang de vigne contre lequel je viens de stopper. J'accroche vite mon décocheur. Je remarque une belle tache de sang sur le groin de la laie, les marcassins lui emboîtent le pas, au moins un d'entre eux a du sang sur les pattes. La laie passe, à environ 5 mètres devant moi, derrière le rang de vigne contre lequel je suis posté et passe à 2 mètres sur ma droite suivie des marcassins. Le mâle arrive derrière, j'arme mon arc et le laisse venir à moi, m'attendant le voir prendre le même chemin que les autres sangliers mais, à environ 10 mètres devant moi, il biaise et traverse les rangs de vigne pour se diriger vers la bande enherbée. Je le suis dans mon viseur espérant le voir s'arrêter dans une troué. Il stoppe derrière le dernier rang à un peu plus de 10 mètres. Son coffre est dégagé entre les feuillages de vigne. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche heurte le fil de fer, que je n'avais pas vu et qui tient les sarments de vigne. Ma flèche est déviée vers le haut et passe au-dessus du sanglier qui démarre en suivant la vigne. Je réencoche vite et pivote en le sifflant. Il stoppe à nouveau, 10 mètres plus loin à environ 12 mètres, j'arme mais un piquet tenant le fil de fer est en plein sur la zone vitale, je me penche un peu à gauche mais le sanglier démarre et saute dans le bois pour rejoindre les autres qui y sont déjà. Tout ce petit monde grogne et trépigne sur les feuilles mortes puis redémarre. Je cours pour tenter de les intercepter avant le blé, au bout de la bande boisée mais le bruit s'arrête d'un coup et les sangliers semblent s'être volatilisés. Je surveille la surface du blé mais rien ne semble bouger, je décide d'aller faire ma recherche.

Je vais chercher ma flèche. Elle est couverte de sang et ce dernier a déjà séché.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Je ne vois pas de sang sur le sol et prends la direction de fuite de mon sanglier en traversant un rang. Je trouve un peu de sang au sol et le suis puis passe 2 autres rangs de vigne avant d'apercevoir mon sanglier sur le flanc à quelques mètres sur ma droite contre le rang de vigne. Il n'a pas fait 15 mètres et je comprends maintenant ce que faisaient les sangliers. Ils ont tourné un moment autour de leur compagnon pour tenter de l'encourager à les suivre, la laie meneuse a même dû le bousculer de son groin pour le relever, ce qui explique la tache de sang sur son groin. Ce que je pensais être un mâle est en fait une laie dont une seule tétine s'est développée à l'arrière et que j'ai confondu avec l'attribut d'un mâle. Soit un des marcassins était à elle soit elle participait à l'allaitement des marcassins de la bande. Son lait est presque tarit. Ma flèche rentre entre les côtes et le cuissot et ressort derrière l'épaule opposée, elle a traversé le foie et un poumon sans toucher l'estomac.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Après quelques photos souvenir, je ramène mon sanglier jusqu'en bordure de l'autre côté du blé puis pars faire un tour avant la tombée de la nuit mais je ne pourrai pas réaliser d'approche sur les chevreuils vus. Je retourne à mon sanglier pour le tirer jusqu'en bordure de la vigne où je reviens le chercher en voiture avant de partir le peler chez le président de la société de chasse.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Alex

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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 14:35

Ce matin, j'ai décidé de chasser le secteur du bois de Bourras. Je gare ma voiture sur le chemin de terre qui rejoint le ponton enjambant l'Osse et attends les premières lueurs du jour. Dès que la luminosité est suffisante, je me prépare et pars en chasse, je passe le pont, suis la coulée de gibier très marquée dans le blé pour rejoindre le bord de la vieille Osse puis prends à droite en la suivant pour rejoindre la passerelle de la palombière. Je traverse ainsi la vielle Osse, passe le tunnel de la palombière et arrive doucement en lisière de bois quand un chevreuil aboie sur ma droite. Je tourne les yeux et aperçois une chevrette à environ 40 mètres dans le champ d'orge. Elle regarde vers moi et aboie régulièrement. Je reste un instant dans l'ombre des branches basse d'un gros chêne, en lisière du bois, pour voir si elle est seule, déjà les premiers moustiques arrivent. Je finis pas sortir à découvert ce qui la fait fuir en aboyant. Je la laisse s'éloigner puis m'avance vers le passage entre la haie qui descend du grand bois du dessus et le bois de Bourras pour aller observer le grand champ d'orge où la chevrette se trouvait. Rien en vue, je fais donc demi-tour et prends le premier passage de tracteur à 15 mètres de la haie pour remonter vers le grand bois.

Le passage bifurque à environ 10 mètres du bois et je le suis quand j'aperçois brusquement un grand brocard de face qui m'observe à environ 50 mètres. La bosse du champ me le cachait, je me fige et l'observe une très court instant puis fais très lentement marche arrière en me baissant un maximum pour repasser hors de sa vue derrière la bosse du champ. Dès que je ne le vois plus, je me décale le plus rapidement possible vers la bordure du bois en essayant de ne pas faire de bruit puis m'avance doucement en suivant le bois. Le brocard n'a pas bougé, il est toujours de face et regarde vers moi à 45 mètres environ. Je stoppe et l'observe à travers les branchages d'un gros chêne qui marque un angle droit du bois. L'approche semble très compliquée.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je décide de tenter d'aboyer, je commence mes appels, le brocard tourne la tête sur sa gauche vers le bois puis regarde vers moi à nouveau, je continue mes appels, il recommence à regarder vers le bois puis se décide et démarre pour venir se coller au bois en quelques bons, il n'est plus qu'à 25 mètres mais je peine à le voir derrière les branchages. Je poursuis mes appels, assez rapidement le brocard repart, passe l'angle du bois alors que j'arme mon arc et vient stopper plein travers à environ 12 mètres dans l'orge. J'aligne vite ma visée alors qu'il cherche d'où viennent les aboiements et décoche. Ma flèche rentre au défaut de l'épaule et le brocard s'affaisse sur place, disparaissant dans l'orge avant de se relever d'un bon et de démarrer en trombe avec un bruit mouillé venant de la blessure d'entrée de ma flèche. Il fonce en parallèle du bois sur environ 30 mètres puis amorce un virage pour rentrer au bois. A environ 5 mètres de la lisière, il trébuche, ses pattes avant s'affaissent et son poitrail vient violemment heurter le sol alors que ses pattes arrière montent au ciel. Empoté par son élan il fait un spectaculaire soleil et vient s'écraser très violemment dans les branchages du bord du bois avec un bruit de bois cassé. Le brocard a disparu dans le feuillage. Le calme revient vite et je le pense mort.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je pars tenter de retrouver ma flèche dans la direction de mon tir et tombe sur un gros rond de sang à l'endroit où le brocard s'est affaissé au sol.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je ne trouve pas ma flèche, pensant retrouver mon brocard mort au bord du bois, je pars le chercher. Je trouve vite l'endroit de sa chute. Le feuillage est couvert de sang à l'entrée du bois et une branche d'environ 2 cm de diamètre, fraîchement cassée repose au sol.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je pose mon arc en bordure du bois puis j'écarte les feuillages mais ne trouve pas mon brocard, je rentre dans le bois et trouve des gouttes de sang et constate incrédule qu'elles dessinent une piste qui s'enfonce dans le bois.

Une très belle chasse, 24 juin 2018
Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je me dis que mon brocard ne doit pas être bien loin et commence à suivre le sang. Les premiers mètres dénudés de la lisière font vite place à un parterre de fragon. Dès l'entrée dans le fragon le chevreuil a laissé un beau frotté de sang.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je rentre dans le fragon et monte une petite marche d'environ 1 mètre de haut en haut de laquelle le brocard a frotté un morceau de bois mort qu'il a partiellement repeint en rouge.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Confiant sur l'issue de ma recherche, je suis le sang qui est pour le moment assez abondant mais les mètres de recherche s'accumulent et je commence à douter d'autant que le sang est par moment presque inexistant. Après environ 80 mètres de recherche, je décide de faire demi-tour et d'aller chercher mon arc que j'ai laissé en lisière du bois. Je repars ensuite en recherche, je perds un moment la piste dans une zone de fragon épais mais en recoupant, je finis par retrouver quelques gouttes de sang. Le brocard ne suis pas vraiment les coulées principales, un peu plus loin, je franchis le ru qui longe le bord du bois, le sang semble se diriger vers la lisière comme si le brocard voulait sortir dans l'orge mais il bifurque et longe à l'intérieur du bois puis redescend pour retraverser le ruisseau. Le sang n'est pas constant, assez abondant par moment puis quasi inexistant sur plusieurs mètres. La piste me conduit maintenant vers l'intérieur du bois et un autre petit ru C'est en arrivant au bord du petit ru encaissé d'environ 1,5 mètre que j'aperçois mon brocard mort dans l'eau, couché sur le ventre, la tête reposée sur son dos.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Il a parcouru environ 150 mètres, je le dégage de l'eau et appose mon bracelet avant d'analyser le travail de ma flèche. Elle est bien rentrée au défaut de l'épaule où je visais mais, alors que le chevreuil était plein travers, elle a bifurqué dans l'animal pour ressortir dans le cuissot opposé.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je ressors du bois avec mon brocard pour l'observer plus en détail avec un peu plus de luminosité. Je constate alors qu'il possède une sorte de petite meule en dessous de bois. C'est en fait un petit pivot surnuméraire surmonté d'un bouton aplati.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je décide de chercher un peu plus ma flèche et repars de la grosse tache de sang. C'est alors que je trouve ma flèche cassée au 2/3 de sa longueur côté lame, juste à côté de la tache de sang. Je tente de retrouver l'empennage en suivant le sang dans l'orge. L'empennage est en fait resté à l'intérieur du brocard, je le retrouverai au dépeçage.

Une très belle chasse, 24 juin 2018
Une très belle chasse, 24 juin 2018
Une très belle chasse, 24 juin 2018
Une très belle chasse, 24 juin 2018

Impossible de le trouver, je laisse tomber. L'empennage est en fait resté à l'intérieur du brocard, je le retrouverai au dépeçage. Il est encore tôt, je décide de ramener le brocard à la voiture avant d'aller chasser encore un peu. Une fois mon brocard dans le coffre de la voiture et ma flèche cassée replacée, je repars en chasse. Je reviens où j'ai tiré mon brocard et continue à suivre le passage de tracteur qui me conduit dans un angle du bois d'où part une grosse haie rejoignant le bois. Je rentre par une grosse coulée qui coupe l'angle du bois et ressors dans une grande prairie. J'observe un instant mais rien en vue. Je biaise vers l'angle gauche de la vigne à ma droite quand j'aperçois 2 oreilles dans l'herbe au coin de la vigne. C'est un lièvre qui me regarde me rapprocher sans bouger. Il daigne enfin se débiner alors que je ne suis plus qu'à environ 10 mètres de lui. Il part dans les vignes. Je longe la vigne pour tenter d'apercevoir un brocard entre les rangs et reviens vers le bois que je longe ensuite jusqu'à son coin et prends à droite en suivant le bois tout en longeant une autre parcelle de vigne. J'observe alternativement devant moi et entre les rangs. Alors que j'arrive presque au bout de la vigne, des aboiements retentissent, je me décale vite en aboyant et aperçois un chevreuil qui s'enfuit dans la vigne en remontant entre 2 rangs. Il poursuit ses aboiements alors que je le perds de vue, je pense que c'est un brocard mais je n'en suis pas sûr. Je remonte entre 2 rangs vers la bande enherbée qui sépare cette parcelle de vigne de la suivante envahie par la végétation. Le chevreuil aboie vers la route de l'autre côté de la vigne. Je la traverse donc entre 2 rangs pour rejoindre la bande enherbée qui borde la route. Les aboiements qui semblent venir de l'autre côté de la route, sur le territoire voisin, stoppent. Je suis la bande enherbée jusqu'au bout de la vigne puis repars vers le bois. A mi-chemin du bois, les aboiements reprennent mais semblent venir de la parcelle de vigne envahie par la végétation. J'hésite un peu mais les aboiements persistent, je fais donc demi-tour et reviens sur la bande enherbée qui longe la route en collant la vigne. Je commence à répondre aux aboiements qui ne semblent venir de 50 mètres au plus, le chevreuil me répond et semble se rapprocher très lentement pendant de longues minutes puis stoppe à 30 ou 40 mètres environ. Je poursuis mes appels sans parvenir à le faire venir plus, je me décale donc en avançant dans la vigne entre 2 rangs au milieu des herbes hautes tout en appelant mais les aboiements cessent brusquement, je poursuis mes appels et me décale vers l'autre côté de la vigne mais rien n'y fait. Le chevreuil est devenu silencieux et le chercher dans cette végétation dense à l'aveugle est peine perdue. Je trouve de nombreuses couches de chevreuils dans la vigne avant de ressortir sur la bande enherbée.

Cette fois je rejoins le bois que je suis pour revenir vers la route que je suis un moment en lisière jusqu'à un champ de blé bordé sur 2 cotés par le bois et 2 par la route. Je stoppe au coin du bois et aperçois une chevrette à environ 100 mètres dans le blé à 15 mètres du bois. Je l'observe un peu espérant voir émerger les bois d'un brocard mais elle se débine vers le bois. Je prends le passage de tracteur qui longe près du bois et avance doucement. La chevrette a fait demi-tour et se fige à environ 60 mètres devant moi en bordure du passage de tracteur et me regarde un peu avancer avant de s'éclipser. Plus loin, un gros blaireau se débine dans le passage de tracteur à 80 mètres devant moi et disparaît dans le virage du passage qui revient vers la route en suivant le bois. Il commence à faire chaud, je décide de rentrer et retourne vers ma voiture, pas d'autre chevreuil pour ce matin.

Une très belle chasse, 24 juin 2018

Je prends le passage de tracteur qui longe près du bois et avance doucement. La chevrette a fait demi-tour, se fige à environ 60 mètres devant moi en bordure du passage de tracteur et me regarde un peu avancer avant de s'éclipser. Plus loin, un gros blaireau se débine dans le passage de tracteur à 80 mètres devant moi et disparaît dans le virage du passage qui revient vers la route en suivant le bois. Il commence à faire chaud, je décide de rentrer et retourne vers ma voiture, pas d'autre chevreuil pour ce matin.

 

Alex

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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 03:25

Ce soir, je me gare sur un petit parking de pierres blanches qui avance dans une parcelle de blé qui longe la route. Le vent souffle vers le bois en contrebas des céréales. Je vais commencer par chasser les parcelles de vignes et de blés de l'autre côté de la route. Je me prépare donc et traverse la route pour descendre à travers la vigne vers une parcelle de blé qui entoure un bosquet et un petit lac attenant côté route. Je descends tranquillement jusqu'aux céréales puis les longe par la droite derrière le premier rang de la vigne suivante. Une bande d'environ 30 mètres de blé est prise entre le bosquet et la vigne. J'avance doucement en surveillant le secteur mais arrive au bout de la culture sans avoir vu quoi que ce soit bouger. Je prends maintenant la bande enherbée qui borde le ru à ma gauche et la vigne à ma droite. Le ru venant du lac est pris dans une grosse haie qui me cache en grande partie le tournesol qui remonte vers la crête de l'autre côté. Je rejoins ainsi une grande parcelle de blé qui remonte vers la crête de droite. Je m'arrête au coin de la culture pour observer un moment la surface des céréales mais ne voyant rien, je décide d'aller vers un petit bosquet en long qui rentre dans le blé par la gauche du champ un peu plus haut. Le vent soutenu a tourné et vient maintenant de ma droite. Je m'avance donc jusqu'au bout du blé puis commence à remonter vers le bosquet tout doucement avec le vent de face. Le bord du bosquet est aligné avec le bord du blé, je le longe doucement pour arriver dans une zone sous l'ombre des arbres où j'espère voir un brocard.

En regardant droit devant, j'aperçois un mouvement des céréales juste en bordure de la culture comme si quelque chose venait d'y rentrer. Ce n'est pas le vent qui a fait bouger le blé de la sorte, un animal doit s'y trouver. J'avance tout doucement quand le bruit caractéristique d'un animal se mouvant dans le blé se fait entendre alors que j'arrive à la hauteur d'un gros frêne poussant au bord du blé. Je stoppe et observe la surface des céréales, le bruit semblait venir de devant moi mais j'aperçois les bois d'un chevreuil qui dépassent du blé à environ 12 mètres sur ma droite. Il semble couché dans le premier passage de tracteur qui fait le tour du champ. Je reste immobile et l'observe, espérant qu'il se dégage un peu. Le bruit reprend dans le blé et cette fois j'en identifie la source. Les céréales s'agitent sur place à environ 15 mètres devant moi, juste en bordure du blé. Vu l'agitation je pense plus à un sanglier d'autant que rien ne dépasse du blé. Je surveille alternativement ma droite et devant moi prêt à armer mon arc. Malgré le bruit très audible de blé qui s'agite par moment le brocard ne réagit pas et reste stoïque. Plusieurs fois, j'arme mon arc pensant que l'animal va sortir du blé mais il finit par s'immobiliser et l'agitation cesse.

Je décide d'avancer encore un peu et passe au-dessus du frêne pour me poster et surveiller le brocard qui finit par se mettre en mouvement. Je me prépare espérant voir son dos mais seule sa tête dépasse de la culture. C'est un jeune 6 pointes plus haut que les oreilles aux bois foncés et aux andouillets peu développés. Il avance d'un pas, recule, avance encore un peu, se lèche le dos… Au bout d'un moment, il se décide et s'avance de quelques pas vers le bosquet vers une zone dégagée dans le virage du passage de tracteur mais, avant de l'atteindre, il bifurque et vient vers la bordure du blé comme pour sortir sous le frêne à mauvais vent. Il avance d'un pas lent et disparaît par moment en baissant la tête mais sa trajectoire est bien visible grâce à l'agitation du blé. Je me tiens prêt. Il vient stopper à juste 6 mètres de moi et redresse la tête mais ses yeux sont sous le niveau des épis. J'arme mon arc et hésite, s'il avance encore il va me sentir mais le blé est dense et me le cache presque totalement. Le temps passe et le brocard commence à humer l'air avant de se figer à nouveau. Je décide de tenter ma chance, aligne ma visée sur la position estimée de son coffre et décoche mais je le manque et il démarre en aboyant pour disparaître dans le bosquet tout proche. Je n'aurais jamais dû décocher. Je contrôle la zone de tir, la trajectoire de fuite et l'entrée au bosquet sans trouver de sang. Mon impression était bonne c'est bien manqué. Ma flèche est introuvable.

Je décide de tenter de me rapprocher de l'endroit où le blé bougeait tout à l'heure. Je ressors du blé et le longe très très lentement alors que le mouvement reprend en faisant du surplace. A 3 mètres, je ne vois toujours pas l'animal, 2 mètres, impossible de voir au travers du blé, 1,5 mètres, je me fige et observe à travers le blé jusqu'à apercevoir un bout d'oreille. Je ne sais pas dire à quel animal elle appartient. Renard ? Chevreuil ? En me concentrant, j'aperçois alors un petit bois près de l'oreille, c'est un brocard. J'arme très doucement mon arc et aligne ma visée en descendant vers la base du coup puis décoche. A l'impact, l'animal ne démarre pas puis ma flèche se positionne à la verticale alors que le blé s'écrase vers le haut. Je m'avance vite d'un grand pas et aperçois mon chevreuil avec ma flèche plantée entre les yeux. Il a dû bouger au moment où j'ai décoché. Ma lame mécanique a ouvert le crâne sur plusieurs centimètres. Le chevreuil retombé sur le dos commence à battre des pattes. J'attrape vite ma flèche pour l'extraire avant qu'il ne la casse mais elle ne sort pas. Chose que je verrai à la découpe, ma lame est fichée dans l'atlas. Je dévisse donc ma lame pour extraire ma flèche. Le chevreuil s'immobilise vite et je me prépare à apposer le bracelet quand je me rends compte que quelque chose ne va pas. Je remarque que le bout de sa patte est pourri, les onglons et le poil sont tombés et ne reste qu'un pied rose à moitié nécrosé. Un anneau de fil de fer s'est formé autour de sa patte et a coupé la chair jusqu'à l'os, coupant la circulation sanguine et entraînant le pourrissement des tissus.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

Il s'est certainement coincé la patte dans un fil de fer tenant les vignes du secteur et se l'est torsadé autour de la patte en essayant de se dégager jusqu'à former cette bague avant que le fil de fer ne casse. Je suis vraiment content d'avoir réalisé ce tir sanitaire même si ma flèche n'est pas très académique. J'appose mon bracelet. Le chevreuil semble dans un état de santé correct à part ce problème et une atrophie de la cuisse de la patte blessée. 

Enfin les brocards, 23 juin 2018

Je décide de le vider avant de le ramener à la voiture. Avant de partir, je décide de tenter de retrouver ma flèche pour être vraiment sûr de mon loupé. J'analyse la direction du tir et fait des allers-retours dans le blé quand quelque chose traverse la semelle de mon chausson de plongée et rentre dans la plante de mon pied d'environ 1 centimètre. La douleur me fait vite relever le pied et, en écartant la végétation, je constate que je viens de marcher sur ma lame mécanique ouverte, lame vers le haut. Je récupère donc ma flèche et la regarde sous toutes ces coutures. Pas le moindre indice de sang, de poil ou de viande. C'est bon, me voilà rassuré. Je la remets au carquois et ressors du blé. Mon pied ne me fait pas trop souffrir, j'attrape mon chevreuil et retourne vers la voiture. Il n'est pas encore 20 heures, je vais encore chasser un peu. En arrivant près de la route, je lève, dans la vigne, un lièvre qui passe devant moi. Une fois mon chevreuil dans le coffre de ma voiture, je décide d'aller chasser l'autre côté de la route que je n'ai pas encore chassé ce soir. Mais avant, je pars faire, sans succès le tout du blé autour du bosquet attenant au petit lac. Je retourne vers la route. Un chemin de terre descend le long d'une haie épaisse à sa droite et du champ de blé au bord duquel je suis garé à gauche, le vent soufflant vers le blé, je décide de passer dans la friche derrière la haie pour ne pas déranger un éventuel brocard qui serait couché dans le blé. Je traverse la route et biaise à travers la friche vers la bordure d'un champ de blé qui descend vers le bois quand je me fais surprendre par une chevrette qui surgit des herbes hautes qui bordent le blé. Elle détale vers le bois en contrebas et y rentre pour disparaître. Je descends dans les herbes hautes en suivant les céréales puis longe le bois pour rattraper le chemin forestier au bout de la haie.

Je traverse doucement le bois par ce chemin en surveillant le sous-bois puis ressors entre 2 parcelles de blé séparées par le sentier. Je prends à gauche à mauvais vent en suivant le passage de tracteur dans le blé à environ 10 à 15 mètres de la lisière du bois et avance tout doucement en espérant voir un brocard sur ma droite. Rien, je rejoins le coin d'une vigne qui longe le bois et suis la bande enherbée qui longe ce dernier pour rattraper un autre passage qui traverse à nouveau le bois. J'avance doucement en observant dans la pénombre du bois épais et ressors, en traversant un ru, dans une prairie prise entre un taillis accolé au bois sur ma gauche et une grosse haie qui remontent vers la route. Je m'avance un peu dans les hautes herbes puis observe un instant sans rien voir avant de biaiser vers un passage de gibier très fréquenté qui traverse la haie au bord du ru. Je passe la haie et longe doucement le ru en surveillant le blé saccagé par les sangliers. Ne voyant rien, je bifurque sur le passage de tracteur qui remonte vers la route au milieu du blé. Ce n'est qu'arrivé presque à la route que je dérange une chevrette qui suit un peu la haie avant d'y rentrer pour disparaître. Des aboiements de brocards résonnent du côté du blé, près de ma voiture.

Je rejoins la route et la suis doucement avant de prendre entre les hangars à ma gauche pour rejoindre le bord du blé. Un chat blanc avec quelques taches noires se débine devant moi et me contourne pour s'éloigner. Arrivé au bord du blé, je m'avance pour rejoindre le premier passage de tracteur quand un animal se débine à quelques mètres de moi et s'arrête vite. Je tente de m'approcher, il repart sur quelques mètres puis s'arrête, je tente une nouvelle approche et le refais démarrer, cette fois une petite boule de poil gris surgit du blé et fonce vers les hangars dans les herbes hautes, je pense qu'il s'agissait d'un jeune chat. Je rattrape le passage de tracteur qui descend vers le taillis et le suis. Le vent souffle de ma droite. Près du taillis, le passage bifurque pour suivre le bord du bois et j'en fais de même. J'avance doucement en scrutant la surface des céréales et alors que j'arrive au coin du taillis, qui descend ensuite vers le bois, des bois de chevreuils surgissent au milieu de la parcelle de céréale à environ 100 mètres. J'analyse vite la situation, le brocard avance en mangeant vers un passage de tracteur qui remonte vers la route. Le vent est bon pour moi, je peux lui couper la route. je continue sur le passage de tracteur qui rentre dans le blé tout en stoppant et me baissant dès que le brocard relève la tête puis bifurque pour remonter dans le passage de tracteur vers lequel il se dirige. Je profite d'un moment où il baisse la tête pour remonter le plus rapidement possible puis me baisse dans le passage alors qu'il relève la tête. je me positionne à genoux et l'observe. Il se rapproche très lentement du passage. Dès qu'il baisse la tête j'avance à genoux de quelques mètres et gagne ainsi peu à peu du terrain jusqu'à arriver à environ 8 mètres du brocard. Je me positionne à genoux en attendant une hypothétique occasion de tir. Le brocard semble venir vers le passage de tracteur et j'espère le voir à découvert mais brusquement, il relève la tête et regarde vers mon arc qui dépasse du blé. Il reste un moment immobile puis reprend son repas. Peu de temps après il relève la tête et hume l'air, le vent ne semble pas avoir tourné, je reste immobile malgré la douleur imposé par ma position baissée très inconfortable et les moustiques qui m'assaillent.

Au bout d'un moment, il reprend son repas comme si de rien n'était puis fait demi-tour et commence à redescendre dans un creux du champ en s'éloignant. Il s'éloigne doucement sans vraiment relever la tête, seuls ses oreilles et ses bois dépassent des céréales. Je décide de tenter le tout pour le tout, je me relève et m'avance un peu dans le passage de tracteur en armant mon arc pour tenter d'apercevoir le dos du chevreuil légèrement en contrebas et aligner ma visée en 3/4 arrière. Une fois positionné, j'aligne ma visée sur le brocard, à  environ 12 mètres, qui n'a pas compris le danger et décoche. L'impact retentit et le brocard démarre en trombe vers la route. Après environ 50 mètres de course, il se cabre et retombe lourdement sur le dos dans le blé. C'est fini pour lui. Je pars tenter de trouver ma flèche mais c'est peine perdu dans le blé puis cherche les premières gouttes de sang. Je ne tarde pas à trouver le départ de la piste bien visible sur le doré du blé.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

Je la suis tranquillement et retrouve sans grande difficulté mon brocard mort, couché sur le flanc. Ma flèche rentre en arrière des côtes, le trou d'entrée laisse sortir une partie d'une poche de la panse, et ressort à la base du cou.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

Il n'est mort qu'à 50 mètres de la voiture, il ne reste plus qu'à le ramener à mon véhicule.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

J'appose mon bracelet et fais quelques photos alors que la nuit tombe.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

De retour à mon véhicule, je fais quelques photos de mon doublé avant de vider mon second brocard.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

L'horizon se teinte des dernières lueurs du jour, il est temps de rentrer.

Enfin les brocards, 23 juin 2018

Alex

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 06:08

Ce soir, après un tour dans les blés et vignes du coteau sans succès avec les chevreuils,

Encore et toujours les sangliers, pas de brocard, 19 juin 2018

je redescends vers le chemin de pierre blanche qui rejoint Roques et le longe un peu pour rejoindre un passage dans la haie qui le borde. Je m'avance dans une petite prairie prise entre les haies et en ressors au fond par un passage dans la haie qui débouche sur d'autres prairies avant les blés qui bordent l'Osse. J'avance dans les hautes herbes encore partiellement inondées et lutte avec les moustiques qui m'assaillent. Je rejoins tranquillement les blés quand je stoppe net en apercevant des dos et oreilles noires qui dépassent du blé à environ 100 mètres. Les sangliers sont là, c'est certainement la bande où j'ai fléché mon premier sanglier de la saison. J'avance doucement jusqu'au bord du blé, le vent est parallèle à la rivière mais légèrement tournant, j'espère qu'il ne tournera pas trop. J'observe un instant les suidés pour tenter d'analyser leur sens de déplacement. Ils semblent venir vers moi mais sans se rapprocher du bord du blé puis se regroupent dans un passage de tracteur. Le plus gros commence alors à remonter vers le bord du blé en suivant le passage qui débouche à environ 50 mètres devant moi. Je me positionne à genoux et tente de me rapprocher du bout du passage à 4 pattes tout en surveillant les sangliers qui mangent du blé. Je gagne facilement du terrain et arrive à 10 mètres du bout du passage alors que le gros sanglier n'est plus qu'à 50 mètres et vient toujours vers moi. Un autre sanglier un peu moins gros lui emboite le pas à environ 20 mètres en arrière.

Je me poste là à genoux et les laisse venir, ils lèvent régulièrement la tête pour manger les épis. Je lutte contre une nuée de moustiques qui m'assaillent de toutes parts. Le plus gros se positionne plein travers à 40 mètres et mange des épis puis repart en sens inverse avant de se chamailler bruyamment avec son suiveur. 4 autres sangliers, plus en retrait, rentrent dans les céréales puis reviennent sur le passage. Les sanglier finissent par se décider à rentrer dans le blés en direction d'une grande zone de 2 à 3 mètres de large sur laquelle une coulée de boue a emporté la semence vers l'Osse et laissé une bande bien dégagée dont le départ est à quelques mètres dans mon dos. Je décide de tenter l'approche et recule un peu pour prendre cette bande dégagée à  4 pattes. J'avance tranquillement pour tenter de couper la route des sangliers à environ 40 mètres du bord du blé. Je gagne peu à peu du terrain alors que les sangliers ne s'occupent que de leur repas mais alors que je suis à environ 20 mètres d'eux, le vent tourne et le plus gros relève le nez, hume l'air puis se retourne et démarre en grognant pour stopper à environ 70 mètres en bordure d'un grand fossé gagné par une végétation dense. Un petit sanglier l'a suivi alors que les 4 autres ont démarré et se dirigent vers la bande dégagée, à environ 40 mètres de moi, au trot. 

Je me redresse alors que les premiers passent la zone dégagée, les 2 derniers tournent et hésitent. Je comprends vite qu'ils vont tenter de rejoindre les autres. Je décide de tenter de leur couper la route en m'avançant dans le passage très boueux. Ils démarrent et foncent vers le passage. Le plus gros s'arrête à environ 50 mètres, lève la tête et me voit. Il démarre en trombe et traverse sans s'arrêter le dégagé à 40 mètres de moi faisant jaillir, sur son passage, l'eau qui stagne sur plusieurs mètres. Je presse le pas, le plus petit est trop bas et ne peut pas me voir dans le blé. Je suis ses déplacements au mouvement des céréales. Je peine à garder mes chaussons de plongée au pied car ils restent collés dans la boue et cela me ralentit alors que le petit sanglier, malgré plusieurs arrêts, me distance en biaisant plus vers la rivière. Il finit par déboucher à découvert à environ 45 mètres. Il marque un temps d'arrêt alors que j'ai armé mon arc mais il est trop loin et je le laisse redémarrer. Il disparait dans le blé. 

Je fais demi-tour et tente de courir tout en essayant de ne pas perdre mes chaussons que je dois remettre souvent. Je veux tenter de les recouper avant une remise un peu plus loin. Ils ont passé une haie qui sépare cette parcelle de la suivante. Je rattrape le passage entre 2 haies dans le coin de la parcelle suivante et suis le premier passage de tracteur qui longe la haie du haut de la parcelle. J'arrive au niveau d'un angle droit de la haie qui rentre d'environ 15 mètres dans le blé pour repartir ensuite parallèle au passage de tracteur quand un grognement sourd me fait stopper net. Je tourne les yeux et aperçois à 5 mètres de moi, le dos d'un sanglier qui dépasse du blé. Je me prépare à armer et me rapproche doucement alors que le grondement devient menaçant. Je stoppe à 3 mètres et me prépare à armer mon arc alors que le sanglier hérisse sa crinière. Il démarre vers la haie. J'arme et il ressort la tête au bord de la haie, à environ 8 à 10 mètres, pour regarder, l'air mauvais, vers moi, il avance d'un pas et dégage son poitrail en se tournant vers moi prêt à charger avec sa crinière hérissée. J'aligne ma visée et décoche avant de me faire charger. L'impact retentit et le sanglier démarre en bifurquant vers la haie où il rentre bruyamment en cassant du bois. Je l'entends faire quelques mètres puis s'arrêter un instant avant de repartir en trombe pour foncer à grand bruit dans les épines avant que le calme ne revienne. 

Je n'ai pas pu voir mon atteinte et décide de m'éclipser un instant pour voir si d'autres sangliers ne sont pas dans les parages avant d'attaquer ma recherche d'autant plus que ce sanglier ne semble pas commode. Je reviens sur les lieux du tir après quelques minutes mais alors que je m'approche de l'endroit d'où est parti le sanglier, le blé s'agite en plusieurs points sur 2 à 3 mètres de diamètre. Je comprends immédiatement, tout s'explique. L'agressivité du sanglier, sa réticence à s'éloigner, j'ai très certainement fléché une laie suitée. J'avance doucement dans le blé et vois plusieurs marcassins se débiner puis se blottir au sol. Je les approche tour à tour pour tenter de les attraper mais je les rate à plusieurs reprises n'arrivant au mieux qu'à les frôler. Après de nombreuses tentatives, ils finissent par s'échapper vers la haie où est entrée leur mère. Ils font environ 2 ou 3 kilos, je pense qu'ils peuvent s'en sortir mais je suis dégoûté, dans l'action de chasse, je n'ai pas réfléchi et pas analysé la situation. Ce que je pensais être un ragot solitaire n'en était pas un.

Je me rapproche de la haie et trouve immédiatement l'entrée du sanglier.

Encore et toujours les sangliers, pas de brocard, 19 juin 2018

Les feuillages retournés, un peu de sang sur la végétation et ma flèche cassée posée à la verticale sur la droite du trou dans la végétation ne trompent pas. J'essaie de rentrer mais un barbelé en travers du trou m'en empêche. Je cherche donc un autre passage que je trouve quelques mètres plus à gauche et entre dans la haie. Une énorme flaque occupe le creux dans la haie et je cherche du sang à la lueur de mon portable. Je trouve vite des frottés et une piste de sang très abondante, la laie a suivie l'avancée de haie puis ressort dans le blé de l'autre côté au bout de 7 ou 8 mètres. Je suis le sang et me rends compte qu'il rerentre dans la haie quelques mètres après l'entrée. Je rentre à nouveau dans les épines escorté par les moustiques et aperçois ma laie sur le flanc à quelques mètres de là. Elle n'a pas fait 20 mètres. Ses mamelles gonflées ne trompent pas c'est bien la mère des marcassins, je presse les tétines d'où ne sort presque pas de lait. Avec un peu de chance les marcassins n'étaient pas trop loin du sevrage et arriveront à se débrouiller ou peut-être se feront-il adopter par une autre laie. Je sors la laie de la haie et dégage le morceau de flèche avec ma lame restées dans 'épaule de l'animal. Les poumons, le foie et l'estomac ont été touchés.

Même si je sais que les sangliers sont en surnombre cette chasse me laisse un gout amer. Il est temps de rentrer la nuit sera vite là.

Encore et toujours les sangliers, pas de brocard, 19 juin 2018

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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Bonne visite, Alex

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La chasse à l'arc est une chasse qui tue par hémorragie ce qui inclut que les animaux tombent rarement sur place, suivant l'atteinte et la corpulence de l'animal sa fuite pourra être plus ou moins longue. Après un temps d'attente plus ou moins long suivant l'atteinte, une recherche au sang s'impose. Si la quantité de sang le permet, l'archer pourra retrouver lui même son gibier mais si les indices sont moins importants, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conducteur de chien de sang. Un bénévole qui se fera un plaisir de venir chercher votre gibier. Tout gibier mérite une mort la plus rapide possible et de se donner les moyens de le retrouver.

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