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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:33

Ce matin, après une nouvelle nuit presque blanche à visionner mes échecs dans ma tête, je me lève vers 6 heures pour aller encore une fois vers le col essayer de revoir un cerf blessé. Je n'ai pas faim et pars à peine en tenue de chasse. Je fais je trajet habituel à la lueur de la lampe et alors que j'arrive au bois au bout du pré en long, un grand cerf se met à bramer à 20 mètres en dessous de moi. Je me fige et attends un peu le cerf monte un moment sur moi puis redescend doucement toujours en bramant mais dans la nuit noire, impossible de le voir. Je reprends ma route. J'ai l'impression qu'un brame vient des fougères au-dessus de la placette enherbée. Avec un peu de chance ce sera le cerf que je cherche.

Le jour se lève alors que j'arrive au col où les chevaux broutent dans les genêts.

Gazette pyrénéenne : Mardi 4 octobre 2011, jamais 2 sans 3 !

Un brame résonne à nouveau vers les fougères. Je presse le pas et traverse le col puis remonte sous les noisetiers pour redescendre vers les fougères. Cette fois, je vais procéder différemment de d'habitude. Au lieu de m'avancer sur la place enherbée, je descends directement vers le coin des fougères par un chemin enherbée qui longe la clôture électrique qui protège la régénération.

Gazette pyrénéenne : Mardi 4 octobre 2011, jamais 2 sans 3 !

La végétation m'empêche de voir ce cerf qui brame dans le secteur. Je débouche dans les fougères et l'aperçois, il s'éloigne vers la crête au milieu des fougères à 100 mètres environ.

Gazette pyrénéenne : Mardi 4 octobre 2011, jamais 2 sans 3 !

Je biaise rapidement pour me coller au bois quand un souffle rauque retentit suivi d'une débandade qui agite les fougères. Une compagnie de sangliers qui mangeait dans les fougères vient de rentrer au bois. Je récupère la bordure du bois et la longe voûté pour me soustraire à la vue du cerf. J'avance le plus rapidement possible tout en restant le plus silencieux pour tenter de rattraper le cerf qui s'éloigne d'un pas nonchalant.

J'arrive derrière un bouquet de houx, le cerf est à 50 mètres quand, tout à coup, il fait volte-face et regarde vers la placette enherbée. Cette ramure, ces 3 pointes au bout du bois gauche, c'est le cerf de vendredi soir, c'est lui que je cherche, de la végétation est encore coincée dans ses bois. La tension monte, il me faut gagner cette fois. Il s'élance au petit trot sur quelques foulées, s'arrête, observe, repart sur quelques foulées, s'arrête, brame puis repart au pas. Je me décale rapidement sur la droite, caché par les houx et m'avance un peu pour me caler à moins de 15 mètres de son passage estimé.

J'arme mon arc, le cerf passe lentement au pas à 12 mètres. Mon viseur se cale et je décoche. Ma flèche passe au ras sous son poitrail. "Mais, ce n'est pas possible, je suis maudit !" Le cerf sursaute de côté puis brame un grand coup avant de se remettre en marche. Je me décale rapidement en réencochant. J'arme et me positionne 20 mètres plus loin. Le cerf s'arrête au bord des genets de 3/4 arrière, il est un peu loin, 25 mètres environ, mais je décide tout de même de décocher. En temps normal, je n'aurais pas décoché mais là... Mon viseur se cale devant le cuissot et je décoche mais au même moment le cerf fait un pas en avant et ma flèche qui pour une fois aurait été bonne vient se ficher à 15 cm de l'anus et ne rentre pas plus loin que les empennages. A l'impact, un bruit de fracture retentit et le cerf s'affaisse un peu du train arrière avant de se jeter dans les genets sur sa gauche. Je le perds de suite de vue.

Je ne l'entends pas non plus. Je n'en peux plus, quand est-ce que ça va s'arrêter? Encore une mauvaise flèche. La colère est si forte que les larmes me montent aux yeux. J'attends un moment et cogite puis je pars chercher les indices. Ma première flèche est introuvable et ce matin, je ne suis parti qu'avec 2 flèches ! Une forte odeur de cerf se dégage des genets où il rentre mais impossible de trouver du sang. Une biche s'élance sur la placette enherbée et saute dans les fougères, dans la pente. Je vais tourner pendant plus de 30 minutes avant de trouver un peu de sang à l'entrée des genêts sur une fougère.

Gazette pyrénéenne : Mardi 4 octobre 2011, jamais 2 sans 3 !

Puis plus d'une heure pour faire 40 mètres dans les genets en trouvant seulement quelques gouttes de sang. Le sang n'est que sur le sol, pas un seul frotté, c'est curieux vu la hauteur de la blessure. Je perds sa piste un peu avant le chemin qui monte de "Panès". Je casse une branche de genet à chaque goutte de sang puis tente de le recouper sans succès sur le chemin. Je tente de le recouper sur 40 mètres dans les fougères mais impossible de retrouver du sang. Je tombe sur une biche qui me regarde un peu plus bas.

Gazette pyrénéenne : Mardi 4 octobre 2011, jamais 2 sans 3 !

Quand elle démarre, 3 autres biches surgissent de la végétation et la suivent. Je renonce et remonte sur le chemin puis appelle le conducteur de chien de sang. Il va venir en début d'après-midi. J'appelle Patrick qui vient me chercher au bout du chemin à "Panès". Je descends à sa rencontre. Je suis complètement abattu, démoralisé et ne peux m'empêcher de penser que ce cerf est encore perdu. Mon seul espoir est une atteinte à la fémorale où que le cerf finisse de s'enfoncer la flèche.

Je n'ai pas le courage de manger ce midi et le temps me semble long. Le conducteur m'appelle enfin il va arriver. Nous partons à sa rencontre puis nous allons nous garer dans le dernier virage du chemin pour finir à pied jusqu'à la placette enherbée. Il fait très chaud, les teckels (Rabolio et Fannie) et l'herdale terrier (Dudule) souffre beaucoup. Nous faisons plusieurs pauses en montant et il nous faut faire boire et rafraîchir les chiens en arrivant en haut.

Rabolio ne semble pas vouloir prendre de descente sous le chemin et je vois déjà une recherche avortée avec cette chaleur. Je conduis Rabolio et son maître au premier sang mais là encore Rabolio ne semble pas vouloir prendre le sang, ni le sang dans l'herbe marqué de 2 battons. Rabolio tourne et retourne dans les fougères et les genets alors que j'attends avec Dudule et Fannie en me rongeant les sangs quand, d'un coup, il prend la piste et suit parfaitement mes repères dans les genets. Je pars sur le chemin et attends de les voir traverser mais à l'endroit où je perds le sang Rabolio bifurque à 90° et longe à 30 mètres au-dessus du chemin puis il descend, traverse le chemin et prend la descente dans les fougères. Il tire sur sa laisse, sûr de lui. Et nous commençons à trouver du sang. Patrick est parti se poster sur une refuite possible avec sa 270.

Nous descendons droit vers le ruisseau et nous trouvons de plus en plus de sang haut sur la végétation quand, tout à coup, Rabolio se met au ferme sur un roncier. Le conducteur me dit : "Il est là ton cerf" mais j'ai du mal à y croire, les ronces sont trop basses. Il prépare sa carabine et me demande de lâcher les chiens. Je m'exécute mais ces derniers contournent le roncier et cherchent un peu sans succès puis nous les rappelons. Je me rapproche et trouve un gros morceau de sang caillé devant le roncier. On dirait que le cerf a sauté par-dessus. Nous rattachons les chiens puis faisons passer Rabolio qui reprend la piste de plus belle en donnant par moment. Un peu plus loin, il donne à nouveau et nous lâchons à nouveau les chiens. Qui finissent par revenir sans rien lever. Nous désaltérons les chiens à l'ombre d'un gros arbre et la recherche reprend par moment on dirait que le cerf se traîne sur l'arrière train et laisse un sillon très large dans la végétation. Il y a toujours régulièrement de grosses traces de sang. La piste semble bifurquer vers une zone de noisetier et Rabolio toujours aussi sûr tire sur sa laisse.

Nous rentrons dans les noisetiers et apercevons mon cerf, il est couché, immobile, calé contre des noisetiers, la position de sa cuisse droite me fait vite penser que ma flèche a bien cassé le fémur. Le conducteur hésite mais il faut se rendre à l'évidence, il est mort. Ce que je prenais pour de la végétation ce matin est en fait de la clôture électrique enchevêtrée dans les bois.

Gazette pyrénéenne : Mardi 4 octobre 2011, jamais 2 sans 3 !

Nous laissons les chiens le piller un peu pour les récompenser et j'appelle Patrick pour lui annoncer la nouvelle. Je félicite vivement le conducteur et son chien mais je ne peux éprouver que de la tristesse face à ce roi qui aurait mérité bien mieux. Ce séjour de chasse restera pour moi l'un des pires souvenirs de plus de 12 ans de chasse à l'arc. Il n'y a vraiment pas de quoi être fier d'une telle réussite. Chance pour nous, le cerf est mort à 50 mètres au-dessus d'un pré où débouche une piste. La mort du cerf n'est due qu'a une artère fémorale entaillée, je retrouve un bout de flèche avec la lame dans la panse, elle s'est arrêté juste avant le foie, le cerf a parcouru entre 300 et 400 mètres.

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Alex

 

Atteinte :

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commentaires

Pat 10/10/2011 13:48


J'espère que la venue de 2 amis en début d'année prochaine te redonnera le sourire !!! (y en a bien un des deux qui va venir avant mais c'est un tristus ...;-)

Je ne peux qu'être d'accord avec les commentaires plein de bons sens de Cyril et Franck ... toutes mes félicitations !!!


Franck M 06/10/2011 07:33


Quand on a pas la tête à ce que l'on fait ce n'est pas facile de concentrer...cela ira mieux l'an prochain...après un séjour en sologne...


cyril 06/10/2011 07:09


nous somme tous désoler pour la déception que l'on ressent a la fin de ton récit tu et déçu mais il n'y a vraiment pas de quoi
tu a approcher ton cerf,tu a flécher ton cerf , et tu l'a retrouver
il n'y a pas de honte a cela les condition dans les quel cela s'est passer ne sont pas l'idéal mais si tout se passer toujours comme on le désir il y aurait beaucoup mois d'intérêt a chasser a
l'arc

magnifique photos tout au long de ton escapade pyrénéenne bravo vraiment bravo


cyril 05/10/2011 18:51


nous somme tous pendu a nos ordi
on veut des nouvelles plein de nouvelles


Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Il n'est pas nécessaire que j'essaie de me justifier à propos de ma passion car mes arguments, quels qu'ils soient, ne convaincront jamais un anti-chasse acharné. Je ne souhaite d'ailleurs convaincre personne, juste partager ma passion et regrette profondément l’attitude de certaines personnes qui, derrière leur anonymat, se permettent de m'insulter ou de souhaiter ma mort. Ces messages ne sont d'ailleurs pas publiés sur mon blog, par contre je publie les messages non injurieux même s'il sont en désaccord avec ce que je fais.

Pour les messages injurieux et autres, j'ai créé, à la demande des pauvres auteurs brimés, une rubrique à laquelle vous pouvez accéder en cliquant sur le lien suivant :

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